VISION CATHOLIQUE: Les Franciscains de l’Emmanuel

Les Franciscains de l’Emmanuel

Par Benoit Voyer

4 janvier 2026

Le 5 janvier 1985, avec un groupe d'amis, Denis Lévesque fonde les Franciscains de l'Emmanuel, une fraternité communautaire dans l'esprit du saint d'Assise. Le groupe prend naissance avec la permission de l'archevêque de Montréal. La mission des Franciscains de l’Emmanuel est l’évangélisation des jeunes, des pauvres, des gens en difficulté ou carrément dans la rue.

Être un religieux au sein de cette fraternité n’est pas de tout repos. Les membres de la fraternité ne doivent rien posséder, se sauver du confort et de la vie facile et être matériellement les plus pauvres parmi les pauvres. Ainsi donc, les quatre des cinq premiers compagnons du début décideront finalement de quitter la communauté après quelques mois.

En 1986, François Garon se joint à Denis Lévesque.

De 1990 à 1995, ils résident à Roxton-Pond, situé à quelques kilomètres de Granby, mais aucune nouvelle recrue à la fraternité. C’est à cet endroit que je les ai connus.

De 1995 à 1997, ils vivent une expérience avec les Franciscains du Renouveau dans le Bronx, en pleine jungle new-yorkaise. Ils songent à se joindre à cette nouvelle fraternité franciscaine prospère. Ils reviennent finalement au Canada et décident de s'établir à Montréal.

Là-bas, le duo a souvent rencontré sainte Térésa de Calcutta. Elle jouera un rôle déterminant dans la décision de revenir au Québec. Un jour, Denis Lévesque me racontait : « À New York, on rencontrait souvent Mère Teresa parce que ses religieuses habitent à 10 minutes de marche de chez les Franciscains du Renouveau. Les frères prêtres vont souvent célébrer la messe dans leur maison. Il y a beaucoup d'échanges entre les deux communautés. Quand elle venait à New York, elle habitait toujours à cet endroit. Nous allions souvent prier avec elle. […] « En juin 1997, avant qu'elle parte pour Calcutta, deux mois avant qu'elle décède, je lui donne une petite lettre lui expliquant que François et moi étions en réflexion pour savoir si nous revenions au Québec. Si nous restions à New York, il n'y avait pas de retour possible au Canada avant une quinzaine d'années. Je lui demandais donc conseil. Elle prend la lettre, elle l'amène à Calcutta et elle décède le 6 septembre 1997. Une semaine plus tard, nous recevions sa réponse. C'est donc une des dernières lettres écrites avant son départ. » Mère Teresa écrivait : « Dieu vous a sûrement amenés à New York afin de pouvoir mieux aimer et apprécier le don de votre communauté au Québec. »

Après quelques années difficiles, d’autres hommes se joindront à eux. De plus, un évêque camerounais, en plein cœur de l’Afrique, invite les membres de la fraternité à s’établir dans son diocèse. Percevant cela comme un clin d’œil du bon Dieu, ils acceptent. De nombreux Africains décident de les suivre.

En novembre 2003, le cardinal Jean-Claude Turcotte, l’archevêque de Montréal, donne une reconnaissance canonique aux Franciscains de l'Emmanuel, à titre d'association de fidèles.