21 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Ouvrir aux médicaments les portes du cerveau

Ouvrir aux médicaments les portes du cerveau

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Dans Le Point du 19 février 2026, on raconte que TheraSonic s’attaque à l’un des grands défis de la médecine : faire pénétrer les médicaments dans le cerveau. La barrière hémato-encéphalique, ce bouclier naturel qui protège notre système nerveux, bloque aussi 98 % des traitements destinés aux maladies neurologiques. Ainsi donc, l’entreprise française a développé une solution non invasive pour ouvrir temporairement cette barrière là où c’est nécessaire.

Le procédé repose sur des ultrasons focalisés et de minuscules bulles de gaz injectées dans le sang. Sous l’effet des ondes, ces microbulles vibrent et écartent légèrement les cellules de la barrière, créant des passages temporaires de quelques heures. Le dispositif comprend un système de navigation pour cibler les zones à traiter, une technologie robotique pour intervenir sur plusieurs régions du cerveau et un contrôle en temps réel pour assurer la sécurité du patient. Le tout sans chirurgie ni anesthésie générale.

Créée à la fin de 2023 par deux chercheurs, Benoît Larrat et Anthony Novell , TheraSonic s’appuie sur plus de quinze ans de recherche. L’équipe compte aussi Hamid Ouamara et Joseph André, responsables des volets technologique et opérationnel. La start-up bénéficie du soutien de CEA Investissement, de M2care et de Gustave Roussy Transfert pour accélérer son passage aux essais cliniques.

DIDEROT - Pensée


FLASH : Au hockey comme en politique

Au hockey comme en politique,
l’écusson est près du cœur!

Le 19 octobre 2026, lors de l’assermentation des 40 députés du Parti libéral du Québec à l’Assemblée nationale, à Québec, le nouveau chef de l’opposition officielle, Charles Milliard, a emprunté une image au hockey pour rappeler à ses joueurs l’importance de l’esprit d’équipe : « Au hockey, chaque joueur porte son nom dans le dos. Il a travaillé fort pour mériter sa place dans l’équipe parce qu’il possède du talent, une personnalité propre et une manière de jouer qui lui est propre. »

Il a rappelé que les joueurs qui sautent sur la glace portent tous le même chandail et que ce qu’ils défendent se trouve à l’avant.

Le chef libéral a reconnu que ses députés auront des débats et ne seront pas toujours d’accord. Il leur faudra parfois accepter de ne pas avoir le dernier mot et faire passer l’intérêt de l’équipe avant leurs préférences personnelles : « Parce qu’au hockey, le nom est dans le dos, mais l’écusson est près du cœur. » Une image que Charles Milliard souhaite voir accompagner ses députés tout au long de la législature. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

FLASH : La montée Hamilton

La montée Hamilton, à Sainte-Julienne, le 20 octobre 2026


FLASH : L'infertilité n'est pas qu'une affaire de femmes

L'infertilité n'est pas qu'une affaire de femmes

Pendant longtemps, les problèmes de fertilité ont surtout été associés aux femmes. Pourtant, les hommes jouent un rôle important dans cette réalité. Selon des recherches médicales publiées en 2023, des facteurs masculins interviennent dans environ 30 à 50 % des situations d'infertilité des couples. Les causes sont nombreuses. Elles comprennent notamment des troubles hormonaux, des anomalies génétiques, certains traitements médicaux et des problèmes de production des spermatozoïdes. Voilà pourquoi les spécialistes recommandent généralement d'examiner les deux partenaires lorsqu'un couple éprouve des difficultés à concevoir un enfant. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

FLASH : Le rang Saint-Jacques

Rang Saint-Jacques (route 341), à Saint-Jacques-de-Montcalm, le 20 octobre 2026


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Veiller, c’est faire le bien

Veiller, c’est faire le bien

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Comme je l’écrivais, hier, chaque jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « La lettre du Dieu tout-puissant à sa créature appelle une réponse ». L’affaire est logique : lorsque je reçois une lettre ou un courriel, la moindre chose est de répondre… minimalement un accusé de réception.

Grégoire Le Grand écrivait à son époque : « Dieu ne nous parle à travers la sainte Écriture que dans un seul but : Nous entraîner à l’amour de lui-même et du prochain ».[1]

De son côté, Pascal écrivait : « Tout ce qui ne va point à la charité est figure. L’unique objet de l’Écriture est la charité. Tout ce qui ne va point à l’unique but en est la figure. Car, puisqu’il n’y a qu’un but, tout ce qui n’y va point en mots propres est figuré ».[2]

La réponse attendue à une lettre d’amour n’est autre qu’une lettre d’amour. Et pour Dieu, cette lettre attendue doit s’écrire à même ma vie. Comment ? En veillant. C’est du moins ce qu’il y a d’écrit dans le mot du jour (cf. Lc 12, 39-48).

Veiller, ce n’est pas simplement attendre Dieu; c’est vivre et agir fidèlement pendant son absence apparente. Veiller, c’est faire le bien.

Je me questionne : Qu'est-ce que Dieu m'a confié ? S'il venait aujourd'hui, me trouverait-il en train d'en prendre soin ?

____________________

[1] Grégoire Le Grand. Homélie X, « sur Ézéchiel », 14, SC 327, p. 398.
[2] Pascal. Pensées, éd. H. Massis, 1935, p. 409.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Pour la paix sociale en France

Pour la paix sociale en France

Ce mardi 20 octobre, lors de l'eucharistie de 9 h à l'église catholique de Saint-Lin–Laurentides, dans la région de Lanaudière, les participants ont notamment prié pour que la paix sociale s'installe en France, particulièrement à Limoges, ville d'origine de l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant de l’équipe pastorale missionnaire de la région de Montcalm. La célébration était présidée par l'abbé Paul Léveillé, prêtre associé. Sur la photo : L'abbé Paul Léveillé, accompagné de deux religieuses. À gauche, sœur Chantal Desmarais, responsable de la communauté chrétienne Bienheureuse-Émilie-Gamelin. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

POINT DE VUE CATHOLIQUE : L’identité chrétienne, entre patriotisme et nationalisme

Père Benoist de Sinety
L’identité chrétienne, entre patriotisme et nationalisme

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Il y a quelques mois, le père Benoist de Sinety, curé de la paroisse Sain­t-Eu­bert, à Lille, a écrit un livre sur la question de l’identité chrétienne, paru chez Grasset : « La Cause du Christ - L’évan­gile contre l’iden­tité chré­tienne ».

Dans un entretien qu’il accordait à Marguerite de Lasa, du quotidien La Croix, le 6 juin, il faisait un constat de situation : « Depuis une quin­zaine d’années, on sent chez un certain nombre de chré­tiens un besoin de mani­fes­ter une iden­tité de manière plus visible, plus sin­gu­lière. Ce phé­no­mène est sans doute en lien avec le grand flou dans lequel on se trouve sur toutes les ques­tions de « construc­tion » et de « décons­truc­tion » de l’identité. Cela vient aussi peu­t-être d’une inquié­tude géo­po­li­tique, en rai­son des mou­ve­ments de popu­la­tion, de l’impor­tance de nou­veaux cou­rants reli­gieux, notamment l’islam, dans notre pays. Tout cela pro­voque des inquié­tudes chez cer­tains. D’où ce sen­ti­ment qu’il serait bon de pou­voir mani­fes­ter de manière plus visible une identité chrétienne ».

Il ajoutait : « Sur le plan du com­bat poli­tique, res­sort, de manière de plus en plus forte et de moins en moins com­plexée, une espèce de néo-maur­ras­sisme qui consi­dère que le chris­tia­nisme est un bon vec­teur poli­tique parce qu’il incar­ne­rait l’iden­tité du pays. Ce cou­rant affirme que la France est chré­tienne, que les Français sont chré­tiens et que les autres ne sont qu’un reste qui pose ques­tion. On mobi­lise donc l’image d’un passé chré­tien, très magni­fié et idéa­lisé, cette « France chré­tienne de tou­jours », qui n’a en fait jamais existé telle qu’on la décrit. Pour les tenants de ces dis­cours, le Christ et les Évan­giles n’ont pas beau­coup d’impor­tance. Ce qui est impor­tant, c’est la façade chrétienne qui struc­ture une nation et qui évoque un passé qu’on aime­rait voir demeurer à jamais. »

Puis, en pensant à haute voix, il affirmait : « Il me semble que le chris­tia­nisme n’a pas de sens sans le Christ. Et en déta­chant le chris­tia­nisme de Jésus et de l’évan­gile, en essayant d’entraî­ner des chré­tiens dans cette dérive, on tra­hit l’iden­tité chré­tienne au sens fort. Et on s’ouvre à des dérives ter­ribles, parce que le chris­tia­nisme sans le Christ devient une idéo­lo­gie, mar­quée par une forme de repli sur soi, de rejet de ce qui est autre, et de méfiance, voire de détes­ta­tion, pour ce qui est étran­ger. »

Au cours de l’entretien accordé au quotidien La Croix, il en a profité pour faire une distinction entre le patriotisme et le nationalisme : « Il faut le dis­tin­guer du patrio­tisme, qui est l’amour de sa patrie, de sa terre, du lieu où on a grandi, de la langue qu’on parle, de la culture de laquelle on est pétri. Le patrio­tisme est légi­time et louable. Le natio­na­lisme, c’est la pen­sée que ma patrie, ma culture, est non seule­ment supé­rieure aux autres, mais qu’elle doit s’impo­ser aux autres. Il conduit à la guerre. Or le chris­tia­nisme ne cherche pas à appuyer un État ou à asseoir une visi­bi­lité géo­po­li­tique parmi les États du monde. Il ne pro­voque pas un désir de créer un pays ou un conti­nent de chré­tiens. Le chris­tia­nisme vient infu­ser par­tout dans le monde, dans tous les sys­tèmes poli­tiques, dans toutes les cultures, dans toutes les langues, la bonne nou­velle de l’évan­gile. »

Et le transmetteur de l’évangile se révélait : « Je ne suis pas là pour défendre un système de valeurs, je suis là pour suivre Jésus, le Christ. Et Jésus n’a pas besoin d’être défendu. Il le dit même très clai­re­ment à Pilate lors de son pro­cès. Jésus est mort sur la croix, donc il a accepté que son hon­neur soit bafoué. Nous ne sommes pas là pour empê­cher que Jésus soit cru­ci­fié, mais pour témoi­gner de la puis­sance de l’amour que Dieu nous mani­feste à tra­vers le visage de Jésus. »

Il semblait triste en disant : « Cer­tains nou­veaux venus dans l’Église cherchent cette iden­tité chré­tienne en réac­tion à une société en mou­ve­ment, dont les mœurs évoluent, et qui se diver­si­fie. Com­ment l’Église devrait-elle les accom­pa­gner ? Le rôle de l’Église [est d’] aider à conver­tir […] pour se mettre au ser­vice de l’évan­gile. Il faut […] faire com­prendre [qu’elle n’est] pas là pour une recon­quête, pour récu­pé­rer des parts de mar­ché. [Elle est] là pour ser­vir ».

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques en tournée

Les évêques en tournée

La Conférence des évêques catholiques du Canada a décidé, à titre expérimental, de ne point tenir son assemblée plénière annuelle à Ottawa pour les quatre prochaines années. Du 12 au 17 octobre 1995, elle se déroulera à Edmonton chez les Sœurs grises. L’année prochaine elle bifurquera vers Halifax et l’année suivante à Cap-de-la-Madeleine. Quant à 1998, les évêques aimeraient se rassembler en Ontario. La région de Toronto est une présente possibilité.

Pour cette année, ils porteront leur réflexion sur une spiritualité à l’aube de l’an 2000. Dans ce dossier, les évêques réfléchiront sur le phénomène des sectes, des communautés nouvelles et de l’évangélisation au cœur du monde contemporain.

Parmi les autres sujets, il sera question du synode des Amériques qui se déroulera à Rome en 1997 et qui rassemblera les pays des trois Amériques. Enfin, un comité sera mis sur pied pour préparer le Jubilé de l’an 2000 au Canada. Cette grande fête a été lancée à la demande du pape Jean-Paul II.

Comme à l’habitude, les sujets abordés par les évêques canadiens orienteront la vie pastorale des diocèses du pays. De nombreux pasteurs diocésains canadiens s’en inspireront pour déterminer leurs priorités d’actions. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 4)

20 octobre 2026


FLASH : Décès de Thérèse Jean (1943-2026)

 

C'est avec regret que je viens d'apprendre le décès de Thérèse Jean, ma tante. Son ange gardien est venu la chercher pour la conduire à sa dernière demeure, cet après-midi. Elle était la soeur de ma mère. Mes condoléances à mon cousin François et mes cousines Julie, Guylaine et Mélanie.

SANTÉ MENTALE : Voici pourquoi la marche favorise les idées et l’apaisement du cerveau

Voici pourquoi la marche favorise les idées et l’apaisement du cerveau

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

La marche ne fait pas seulement bouger le corps. Elle transforme aussi notre manière de penser.

Dans l’édition du 21 mai 2026 du magazine Sciences et Avenir, Benoît Bardy, professeur en sciences du mouvement à l’Université de Montpellier, rappelle que « notre cognition, c’est-à-dire notre manière de penser, est liée à la façon dont nous bougeons ».

Contrairement à une activité physique intense qui mobilise fortement l’effort et la performance, la marche laisse l’esprit disponible. Elle permet une forme de réflexion libre et favorise l’apparition d’idées nouvelles.

Une étude de l’Université Stanford publiée en 2014 dans le Journal of Experimental Psychology avait montré que la marche pouvait augmenter la créativité de 60 %.

De plus, le déplacement régulier du regard pendant la marche aurait un effet apaisant sur l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans l’anxiété. La marche ne supprimerait donc pas les pensées difficiles, mais aiderait plutôt à les organiser.

DIDEROT - Pensée

FLASH : L'infertilité touche une personne sur six

L'infertilité touche une personne sur six

En 2023, l'Organisation mondiale de la santé publie une étude sur l'infertilité dans le monde. Les résultats indiquent qu'environ une personne adulte sur six connaît des problèmes de fertilité au cours de sa vie. Cette situation touche les populations de tous les continents, peu importe leur niveau de richesse. L'infertilité se définit généralement par l'absence de grossesse après douze mois de relations sexuelles régulières sans contraception. Elle peut avoir des causes masculines, féminines ou mixtes. Les chercheurs rappellent également que certains problèmes de fertilité demeurent inexpliqués. (Benoit Voyer, 20 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Rester éveillé et disponible pour Dieu

Rester éveillé et disponible pour Dieu

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

Au jour le jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « Il faut absolument acquérir et entretenir en nous […] une mentalité de destinataire, c’est-à-dire être bien persuadé que l’Écriture nous est personnellement adressée ».

Il ajoute un peu plus loin, en faisant référence à l’évangile de Jean (Jn 4, 26; 9, 37) : la lecture biblique est le lieu d’une rencontre personnelle avec « Celui-qui-te-parle » : « À la lecture livresque, superficielle, doit alors se substituer une lecture-contact, une lecture-rencontre. »

Les textes de la Bible sont comme une lettre d’amour de Dieu écrite pour moi ou pour chacun de nous, personnellement.

Ainsi donc, dans la lettre d’amour de Dieu que je reçois aujourd’hui (cf. Lc 12, 35-38), Jésus emploie trois images très concrètes : la tenue de service, la lampe allumée et l’attente du maître. Il ne s’agit pas de vivre dans la peur de son retour, mais de ne pas s’endormir spirituellement. La personne qui marche à sa suite doit demeurer prête à accueillir Dieu lorsqu’il se présente, parfois au moment où elle s’y attend le moins. Veiller, ce n’est pas attendre sans rien faire; c’est vivre aujourd’hui de manière à être prêt à accueillir Dieu lorsqu’il passe.

Quelque chose frappe en lisant ce texte : lorsque le maître revient et trouve ses serviteurs en train de veiller, les rôles s’inversent. Il les fait s’asseoir à table et vient les servir. En d’autres mots, la fidélité de celui ou celle qui tente de marcher à sa suite débouche sur une communion avec Dieu qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer.

Je me questionne : est-ce que ma lampe est encore allumée ? Est-ce que, dans ma vie quotidienne, je demeure attentif à Dieu, disponible à sa présence et prêt à répondre lorsqu’il frappe à ma porte ?

Je fais mienne cette petite prière tirée du livre « Le Pâtre blessé » de Daniel-Ange, un livre qui a marqué mon adolescence : « De tes mains, Père, nous recevons tout, et ce que nous mangerons demain, tu veilles la nuit, pour le préparer. »

RELIGIOLOGIQUE : Dieu n’est jamais parti

Dieu n’est jamais parti

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

Dans plusieurs sociétés occidentales, pendant de nombreuses années, la question religieuse semblait appartenir au passé. La foi chrétienne paraissait doucement disparaître, emportée par la sécularisation, la transformation des modes de vie et l’effacement progressif des références religieuses dans l’espace public. En ce moment, certains signes troublent cette lecture trop simple de l’histoire.

En France, l’augmentation récente des demandes de baptême chez les adolescents et les adultes témoigne d’une réalité inattendue : chez certains jeunes, une recherche spirituelle renaît.

Le 25 mai 2026, dans un entretien paru dans Le Figaro, le théologien dominicain Thierry-Dominique Humbrecht explique qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un simple retour du passé, mais d’une réponse à un manque : « Dieu revient ? Il n’est jamais parti, mais il se fait discret jusqu’à la timidité ».

Selon lui, ces nouveaux baptisés révèlent « une soif spirituelle chez ceux qui n’ont rien reçu des générations qui les précèdent ». Il y a lieu de se questionner : que devient une société lorsqu’elle cesse de transmettre une partie de son héritage spirituel et culturel ?

Une quête de sens et d’identité
Pour Thierry-Dominique Humbrecht, le phénomène actuel ne peut pas être réduit à une seule explication. Certains cherchent Dieu, d’autres cherchent des racines, une histoire, une appartenance. Souvent, les deux dimensions se croisent.

Il dit au journaliste du Figaro : « S’agit-il d’un réveil religieux ou d’une quête d’identité ? D’un peu des deux, mais pourquoi pas ? »

On le sait depuis toujours, la vie de foi ne se limite effectivement pas à une pratique personnelle d’un courant religieux. Elle porte aussi une culture, un langage, des symboles, une manière de comprendre le monde. Le théologien rappelle qu’il est normal qu’une tradition religieuse transmette une vision de l’être humain et de la société : « Il est anormal que l’on stigmatise la culture chrétienne qui est la nôtre depuis des siècles ».

Cette réflexion amène une autre question. Le théologien se demande : « Tout le monde aurait-il droit à son identité, sauf les chrétiens ? »

La transmission de la foi
Mais redécouvrir un héritage ne suffit pas. Encore faut-il le connaître. Thierry-Dominique Humbrecht insiste sur cette faiblesse majeure des dernières décennies : une rupture dans la transmission. Il rappelle une réalité fondamentale : « On n’aime que ce qu’on connaît, dit saint Augustin. Faire aimer Dieu sans le faire connaître, c’est aller droit à l’échec »

D’ailleurs, sa réflexion dépasse le seul domaine religieux. Elle touche toutes les sociétés : une culture qui ne transmet plus ses références laisse les générations suivantes chercher seules des réponses aux grandes questions humaines.

Pour le théologien, la foi ne peut pas uniquement reposer sur une émotion ou une recherche personnelle. Elle demande une formation, une communauté et une expérience vécue.

Une foi minoritaire, mais appelée à témoigner
Le christianisme occidental n’est plus une évidence sociale. Il est devenu minoritaire. Pour Thierry-Dominique Humbrecht, cette situation peut aussi devenir une occasion de retrouver une foi plus consciente. Il affirme une vérité qui fait réfléchir : « Ces dernières décennies, on a enseigné que la foi ne s’enseigne pas. C’est un succès, la voilà ignorée : apostasie silencieuse »

Ainsi donc l’avenir de la foi chrétienne dépendrait moins du nombre que de la capacité des croyants à témoigner avec cohérence : « Foi instruite, vie de prière, parole puissante, action inventive » : voilà, selon lui, les moyens nécessaires pour que le christianisme retrouve une présence dans la société.

Il n’a pas la nostalgie d’un passé révolu, mais il est conscient qu’une civilisation ne peut vivre longtemps sans mémoire. Derrière la question religieuse apparaît une interrogation plus profonde : que devient une société lorsqu’elle oublie les récits, les symboles et les convictions qui ont contribué à la construire ?

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques à Baie-Comeau

Les évêques à Baie-Comeau

L’Assemblée plénière de l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) a eu lieu du 12 au 14 septembre à Baie Comeau. La rencontre annuelle n’était pas à Cap-de-la-Madeleine comme c’est le cas depuis de nombreuses années. Les évêques renoueront avec la tradition dès 1996. Ce déplacement spécial voulait souligner le 50e anniversaire du diocèse de Baie Comeau. Il a notamment été question des états généraux sur l’éducation décrétés par le ministère de l’Éducation du Québec. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 4)

19 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Des symptômes de la démence peuvent apparaître des années avant les pertes de mémoire

Des symptômes de la démence peuvent apparaître des années avant les pertes de mémoire

Par Benoît Voyer

19 octobre 2026

Les pertes de mémoire ne sont pas toujours les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Plusieurs symptômes émotionnels, physiques et sensoriels peuvent apparaître de nombreuses années, c’est-à-dire des décennies, avant qu'un diagnostic de démence soit posé.

La maladie d'Alzheimer, qui représente de 60 à 80 % des cas de démence, évoluerait en trois phases : la première, dite préclinique, peut débuter de 15 à 20 ans avant les premiers troubles cognitifs. Durant cette période, le cerveau commence déjà à subir des modifications biologiques, notamment l'accumulation de plaques de bêta-amyloïde et d'enchevêtrements de protéine tau.

Dans un article publié le 22 juillet 2026 dans Le Devoir, reprenant une enquête du Washington Post, le neurologue Timothy Chang, professeur agrégé à l'Université de Californie, à Los Angeles dit que ces changements cérébraux précoces peuvent provoquer des manifestations qui ne touchent pas directement la mémoire.

Dépression, anxiété et changements de comportement
Parmi les premiers indices possibles figurent une dépression ou une anxiété apparaissant tardivement, généralement vers 55 ou 60 ans. Selon Timothy Chang, « certaines modifications des réseaux cérébraux qui surviennent aux premiers stades de la démence touchent également la santé mentale ». Ces changements pourraient donc représenter « le signe de possibles modifications précoces du fonctionnement cérébral ». Des recherches suggèrent également que ces troubles de l'humeur pourraient accélérer l'évolution de la maladie.

L'irritabilité, l'apathie et l'agitation font aussi partie des symptômes neuropsychiatriques fréquemment observés avant le déclin cognitif. Selon le psychiatre Adam Turnbull, de l'Université de Stanford, environ 50 à 60 % des personnes présentant déjà des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer manifestent au moins un de ces symptômes.

Sommeil, odorat, marche et force musculaire
Les chercheurs soulignent également l'importance des troubles du sommeil. Une méta-analyse publiée en 2025 associe notamment l'apnée du sommeil, la somnolence diurne excessive et l'insomnie à un risque accru de démence. À l'inverse, chaque heure supplémentaire de sommeil nocturne serait liée à une diminution des dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau.

La perte de l'odorat constitue un autre signal d'alarme. Environ 85 % des personnes aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer présentent des troubles olfactifs. Les chercheurs rappellent toutefois que l'odorat peut parfois être amélioré grâce à un entraînement spécifique.

Enfin, un ralentissement de la marche ainsi qu'une diminution de la force de préhension pourraient également annoncer un futur déclin cognitif plusieurs années avant les premiers troubles de mémoire. Une étude portant sur plus de 190 000 adultes a même montré qu'une baisse de cinq kilogrammes de la force de préhension était associée à une hausse du risque de démence de 20 % chez les hommes et de 12 % chez les femmes.

Les spécialistes invitent toutefois à la prudence. Adam Turnbull rappelle que chacun de ces symptômes peut avoir de nombreuses autres causes.

GUERLAC - Pensée


FLASH : Deux fois moins de spermatozoïdes

Deux fois moins de spermatozoïdes

Une étude internationale publiée en 2022 révèle une baisse importante du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. Les chercheurs analysent 223 études portant sur des échantillons recueillis entre 1973 et 2018. Au cours de cette période, la concentration moyenne passe de 101 à 49 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme chez les hommes étudiés sans distinction de fertilité. C'est une diminution de plus de 50 %. Les chercheurs observent aussi une accélération de cette baisse après l'année 2000. Une évolution qui soulève de nombreuses questions sur la santé reproductive masculine. (Benoit Voyer, 19 octobre 226)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

Par Benoit Voyer

19 octobre 2026

Saint Grégoire définissait les textes de la Bible comme étant une « lettre envoyée par le Dieu tout-puissant à sa créature ».[1]

De son côté, François Cassingena-Trévedy, moine catholique de Ligugé, écrit dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’Abbaye de Bellefontaine, livre que j’ai lu en septembre : « Si tu attends depuis longtemps une lettre en provenance d’un ami très cher, tu guettes, avec une certaine anxiété, l’arrivée du courrier, et si la lettre est arrivée, tu t’empresses de la décacheter et de la lire. Dieu t’a écrit une lettre d’amour, une longue lettre, il t’en renouvelle quotidiennement l’envoi, et tu n’aurais pas hâte de la recevoir, tu ne t’empresserais pas de la lire, de la relire, de l’apprendre par cœur ? »

Søren Kierkegaard (1813-1855), philosophe et théologien danois, un chrétien de tradition luthérienne, écrivait à son époque : « Comme un fiancé lit une lettre de sa bien-aimée, c’est ainsi que tu dois te mettre à lire l’Écriture ».

Dans sa lettre du jour (cf. Lc 12, 13-21), une phrase m’a grandement interpellé : « cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

Jésus dit aussi : « La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »

Soyons clairs : Jésus ne condamne pas le fait d’avoir des biens ou d’avoir une bonne récolte. Le problème est qu’on finit par faire de ses possessions le fondement de sa sécurité et le but de son existence.

Aujourd’hui, dans sa lettre d’amour, Jésus me questionne : Qu'est-ce qui me donne réellement le sentiment d'être en sécurité : ce que j'ai accumulé ou Celui en qui j'ai placé ma confiance ?

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[1] Grégoire le Grand. Epist. V, 46, « À Théodose, médecin de l’empereur » (CCSL 140), p. 339.

PATRIMOINE : La fresque de l’église catholique de Rawdon

Église catholique Marie-Reine-de-la-Paix
La fresque de l’église catholique de Rawdon

Par Benoit Voyer

19 octobre 2026

Lorsqu’on entre dans l'église catholique Marie-Reine-de-la-Paix, à Rawdon, on est toujours impressionné par l’imposante fresque peinte dans le chœur du temple.

Le symbolisme de l’œuvre transporte le visiteur vers le cœur de la foi chrétienne.

Toute la composition s'organise autour du Christ, représenté sur la croix, les bras largement ouverts.

Au-dessus de lui, Dieu le Père déploie lui aussi les bras dans un geste d'accueil et de bénédiction, tandis que la colombe de l'Esprit Saint descend entre le Père et le Fils, rappelant le baptême de Jésus au Jourdain où « l'Esprit Saint descendit sur lui sous une apparence corporelle, comme une colombe » (Lc 3, 22). À elle seule, cette scène exprime le mystère de la Sainte Trinité, au nom de laquelle les disciples sont envoyés baptiser toutes les nations (Mt 28, 19).

Autour du Christ, quatre anges vêtus de blanc participent à une véritable liturgie céleste. Deux d'entre eux présentent des calices, évoquant les paroles de Jésus lors de la dernière Cène : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude » (Mc 14, 24). Les autres déploient des banderoles portant des inscriptions latines inspirées de la liturgie. On y distingue notamment le mot Sanctus, qui fait écho à la vision du prophète Isaïe : « Saint, saint, saint est le Seigneur de l'univers » (Is 6, 3), reprise également par les quatre Vivants dans l'Apocalypse (Ap 4, 8). Le ciel tout entier semble ainsi s'unir à la célébration qui se déroule au pied de cette œuvre.

Dans la partie inférieure de la fresque, une assemblée de personnages auréolés prend place de part et d'autre du sanctuaire. Ils représentent vraisemblablement les apôtres, les saints et l'Église glorifiée, réunis autour de l'Agneau. Cette vision rappelle les paroles de l'Apocalypse : « J'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7, 9). Leurs regards convergent vers la croix, signe que toute l'histoire du salut trouve son accomplissement dans le Christ, selon cette parole de Jésus : « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32).

Placée directement derrière l'autel, cette fresque prend tout son sens au moment de la célébration eucharistique. Elle rappelle que la messe n'est pas seulement une assemblée de fidèles, mais une participation à la liturgie du ciel. La Lettre aux Hébreux affirme que le Christ est entré « dans le sanctuaire du ciel lui-même » (He 9, 24), tandis que le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que, dans chaque Eucharistie, l'Église s'unit à la liturgie céleste. Le regard passe naturellement de l'autel au Christ, puis s'élève vers le Père, guidé par l'Esprit Saint. Devant cette fresque, les paroles proclamées après la consécration prennent une résonance toute particulière : « Il est grand, le mystère de la foi ! »

On contemple avec les yeux de son époque
On ne regarde jamais une œuvre avec les yeux de son époque initiale; on la regarde toujours avec les nôtres. Nos sensibilités, nos débats de société, nos références culturelles influencent inévitablement notre interprétation. Une même œuvre peut donc susciter des lectures très différentes selon le siècle où elle est contemplée.

Prenons justement ce visage du Christ de Wilfrid Corbeil. En 1956, un fidèle y voyait probablement un Christ empreint de douceur, de paix et de majesté. Aujourd'hui, dans une société où les questions d'identité, de genre et de représentation occupent une place importante, certains peuvent spontanément y percevoir des traits qu'ils qualifieraient de féminins ou d'androgynes. Ce regard n'est pas « faux » : il nous renseigne sur notre époque. Mais il ne faut pas le confondre avec l'intention de l'artiste.

C'est l'un des défis de l'histoire de l'art. Il faut constamment faire dialoguer deux regards : celui du spectateur d'aujourd'hui et celui de l'époque où l'œuvre a été créée. Comprendre une œuvre, ce n'est pas seulement dire ce qu'elle nous inspire; c'est aussi tenter de retrouver le langage, les symboles et les préoccupations de son auteur. Autrement, nous risquons de projeter nos propres catégories sur une création qui répondait à d'autres codes.

En ce sens, une œuvre d'art est comme un témoin silencieux de son temps. Elle continue de parler à chaque génération, mais elle ne dit pas toujours la même chose. Le regard que nous portons sur elle révèle autant notre propre époque que celle de l'artiste. C'est précisément ce dialogue entre le passé et le présent qui rend l'histoire de l'art si passionnante.

Père Wilfrid Corbeil
Wilfrid Corbeil

Le créateur de la fresque de l’église Marie-Reine-de-la-Paix est le père Wilfrid Corbeil, c.s.v. Il est l'une des grandes figures de l'art sacré québécois du XXe siècle. Religieux des Clercs de Saint-Viateur, il fut à la fois peintre, architecte, enseignant, décorateur, écrivain, collectionneur et animateur culturel. Toute sa vie a été guidée par une conviction profonde : la beauté possède une force évangélisatrice et peut conduire l'être humain vers Dieu.

Né le 20 mars 1893 à Saint-Lin-des-Laurentides, il entreprend ses études classiques au Séminaire de Joliette avant d'entrer chez les Clercs de Saint-Viateur en 1912. Ordonné prêtre en 1918, il poursuit ensuite des études de lettres à la Sorbonne et à l'Institut catholique de Paris. De retour au Québec, il enseigne au Séminaire de Joliette, où il fonde un studio de dessin, organise des expositions et transmet son amour de l'art à plusieurs générations d'étudiants. Ceux qui l'ont connu décrivent un homme cultivé, passionné et animé d'un désir constant d'élever le regard de ses contemporains vers le beau.

Artiste prolifique, Wilfrid Corbeil réalise plus d'un millier d'œuvres et d'ébauches au cours de sa carrière. Ses talents ne se limitent pas à la peinture. Il participe également à la conception d'édifices religieux, à la restauration de lieux de culte et au renouvellement de l'art sacré au Québec. En 1946, avec l'artiste français André Lecoutey, il fonde le mouvement Le Retable, qui souhaite redonner à l'art religieux toute sa place dans la vie de l'Église, dans un langage artistique adapté à son époque.

Son héritage dépasse largement le domaine religieux. Dès 1943, il met sur pied une galerie d'art au Séminaire de Joliette, initiative qui deviendra le point de départ du Musée d'art de Joliette. Il consacrera ensuite des décennies à enrichir ses collections, à mobiliser des donateurs et à faire construire l'édifice inauguré en 1976. Encore aujourd'hui, le Musée d'art de Joliette est le plus important musée d'art en région au Québec, un héritage qui porte indéniablement la marque de sa vision et de sa persévérance.

Le père Wilfrid Corbeil décède le 20 octobre 1979. Il laisse derrière lui un patrimoine artistique et culturel exceptionnel. Malheureusement, son nom demeure encore trop peu connu du grand public. Ses tableaux, ses décors d'églises, ses projets architecturaux et son engagement envers la diffusion de l'art témoignent d'une même intuition : la beauté n'est jamais une fin en soi. Pour lui, elle était une porte ouverte sur le mystère, un chemin vers la contemplation et une manière discrète, mais profondément éloquente, d'annoncer l'Évangile. Plus de quarante ans après sa disparition, son œuvre continue de rappeler que l'art peut être à la fois une expression de la foi et un précieux héritage pour toute la société québécoise.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Politique quand tu nous tiens

Politique quand tu nous tiens

L’article de Benoît Voyer dans le numéro d’avril a suscité de nombreuses réactions. Les unes étaient des avertissements alors que d’autres étaient virulentes. De véritables condamnations aux enfers !

La direction de la revue Notre-Dame du Cap n’a voulu en aucun temps prendre position à l’occasion du futur référendum. Cela n’a jamais fait partie de la tradition de la revue et ne le sera pas. Notre désir était de faire connaître la position des évêques à l’occasion de ce débat de société. En ce sens, nous croyons que l’article était légitime puisque les évêques ont toujours tenu des positions non-partisanes faisant appel au respect des personnes au sens de la justice.

La position de M. Beauchamp est personnelle. Nous aurions dû aussi donner la parole à une personne qui aurait émis une opinion différente.

Notre but n’est pas de faire de la politique mais de nous situer dans la ligne proposée par le pape Jean-Paul II : « Une démocratie authentique n’est possible que dans un État de droit et sur la base d’une conception correcte de la personne humaine. (...) L’Église respecte l’autonomie légitime de l’ordre démocratique et elle n’a pas de qualité pour exprimer une préférence de l’une ou l’autre solution institutionnelle ou constitutionnelle. La contribution qu’elle offre à ce titre est justement celle de sa conception de la dignité de la personne qui apparaît en toute plénitude dans le mystère du Verbe incarné. »

Une lecture de la lettre encyclique Centesimus annus du pape Jean-Paul II est d’une grande richesse concernant l’apport de l’Église aux débats sociaux et politiques.

Quant aux condamnations virulentes, la direction de la revue rappelle que nous vivons présentement durant l’année de la tolérance. Nous n’en voulons à personne...

Paul Arsenault, o.m.i., directeur
Jérôme Martineau, rédacteur en chef


(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1995, p. 25)

18 octobre 2026


SANTÉ : Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Les montres connectées, capteurs et autres dispositifs portables cherchent à faciliter le dépistage de l’apnée du sommeil, une maladie fréquente, mais encore largement sous-diagnostiquée. Alors que l’examen de référence, la polysomnographie, nécessite souvent une nuit à l’hôpital avec de nombreux capteurs, ces nouvelles technologies permettent un suivi plus simple à domicile.

Le magazine Sciences et avenir de février 2026 explique que certains appareils montrent des résultats encourageants, mais les spécialistes rappellent qu’ils ne remplacent pas encore les examens médicaux complets. Leur intérêt principal serait de mieux orienter les patients et de repérer rapidement ceux qui nécessitent une prise en charge. Une nouvelle approche utilisant simplement un téléphone intelligent fixé sur la poitrine pendant le sommeil aurait même montré une forte concordance avec les examens traditionnels.

L’article souligne aussi les limites des traitements actuels : plusieurs patients abandonnent la machine de ventilation nocturne (PPC). De nouvelles solutions, comme des implants de neurostimulation qui maintiennent les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil, sont développées pour certains patients sélectionnés. La tendance générale est claire : la technologie pourrait améliorer le dépistage et personnaliser davantage les traitements de l’apnée du sommeil.

JEAN-JACQUES ROUSSEAU - Pensée


FLASH : Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

Le célèbre spin doctor Kasper Jull dans la télésérie Borgen


Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

En politique, le spin doctor est un spécialiste de la communication. Son travail consiste à influencer la manière dont les médias et la population interprètent les décisions et les déclarations d'un politicien. Il prépare les messages, conseille les élus et intervient lors des controverses. Son objectif est de présenter les événements sous un angle favorable à son parti. Le terme vient de l'anglais et désigne un conseiller en communication stratégique. Le spin doctor ne cherche donc pas nécessairement à changer les faits. Il cherche surtout à influencer la perception qu'on en a. (Benoit Voyer, 18 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : À César, ma salade !

À César, ma salade !
À Dieu, tout l’amour de mon cœur !

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Depuis trois ans maintenant, lorsque j’ouvre la bibliothèque des chrétiens, la Bible, j’ai toujours l’impression que ces textes anciens ont été écrits spécialement pour moi. Je ne suis pas le seul à vivre ce sentiment. Il y a longtemps, le roi David écrivait quelque chose de similaire dans le livre des Psaumes : « Dans le rouleau du livre, il est écrit pour moi – Bimegillat séphèr Katûb ‘alaï. » (Ps 40, 8)

C’est aussi ce qu’écrivait François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’abbaye de Bellefontaine : « Voilà précisément la différence fondamentale entre ce livre-là et tous les autres. Ce livre-là est tout spécialement écrit pour moi, et tout entier ! Il m’est, il t’est adressé à toi en particulier. »

Aujourd’hui, une phrase m’interpelle : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (cf. Mt 22, 15-21)

Dans un récit de Matthieu, un livre au style littéraire dit évangélique, on voit Jésus refuser le piège qu’on lui tend. On voudrait l’obliger à choisir entre l’autorité politique et Dieu. Il répond en faisant des distinctions, mais sans les opposer complètement.

D’abord, Jésus rappelle que nous exerçons des responsabilités dans la société : payer nos impôts, respecter les règles communes et participer à la vie collective.

Puis, il rappelle que tout n’appartient pas à César. Ainsi donc le pouvoir politique n’a pas de droit absolu sur la conscience, la foi ou la relation à Dieu.

Enfin, Jésus invite ainsi à discerner : qu’est-ce que je dois à la société, et qu’est-ce qui, dans ma vie, appartient d’abord à Dieu ?

Aujourd’hui, je me questionne : Est-ce que je donne réellement à Dieu ce qui lui appartient, ou seulement ce qui me reste après avoir donné mon temps, mon énergie et mes préoccupations à tout le reste ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le retour des messianismes

Le retour des messianismes

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Dans un entretien publié le 10 mars 2026 dans La Croix, l’historien et théologien Jean-François Colosimo propose une réflexion sur la montée des courants messianiques dans les conflits contemporains, particulièrement au Moyen-Orient. Pour lui, il faut d’abord distinguer deux notions souvent confondues : l’eschatologie et le messianisme. L’eschatologie concerne les fins dernières, l’accomplissement ultime de l’histoire. Le messianisme, lui, désigne l’attente d’un événement ou d’un personnage qui inaugurera une nouvelle étape de cette histoire.

« Ce qu’il y a de commun au judaïsme, au christianisme et à l’islam, explique-t-il, c’est que l’histoire a un sens. » Ces traditions religieuses partagent l’idée que l’histoire humaine n’est pas absurde, mais orientée vers un accomplissement. Le problème apparaît lorsque certains groupes cherchent non seulement à attendre cet accomplissement, mais à « précipiter » la fin des temps par l’action politique ou militaire.

Selon Colosimo, le conflit au Moyen-Orient ne peut pas être expliqué uniquement par la religion. Cependant, sa radicalisation devient difficile à comprendre sans tenir compte du retour des discours eschatologiques dans l’espace politique. « Dans l’Apocalypse, il y a évidemment la promesse de la destruction de l’ennemi, mais il y a aussi la promesse de l’avènement d’un règne juste, vrai et bon », rappelle-t-il.

L’historien situe un tournant à la fin des années 1970. « Ce qu’on a souvent appelé à tort le “retour du religieux” se produit en fait en 1979, et non en 1989. » Cette période voit simultanément la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeyni, la montée des mouvements religieux en Israël et le retour de l’influence politique des évangéliques aux États-Unis. Depuis, estime-t-il, une impatience nouvelle s’est développée : l’idée que l’histoire doit être accélérée pour provoquer l’accomplissement attendu.

C’est là que se trouve, selon Colosimo, le danger du messianisme politique : « Le messianisme, le millénarisme et l’eschatologisme apportent le feu de Dieu à cette apologie de la force. » L’attente religieuse d’un monde nouveau peut alors être détournée pour justifier la domination, la violence ou la destruction de l’adversaire.

Mais l’entretien ne se limite pas à une critique des dérives religieuses. Jean-François Colosimo rappelle aussi que les grandes traditions spirituelles portent en elles des ressources de paix. « Dans toutes les grandes religions, il y a ce qu’on pourrait appeler un Christ qui dort », affirme-t-il, évoquant l’idée d’une présence divine qui transforme l’être humain plutôt que de conquérir le monde par la force.

Sa réflexion se termine par une lecture profondément chrétienne du messianisme : « La couronne du roi du monde, c’est une couronne d’épines. Il n’y a que l’innocent absolu qui puisse la porter. » Pour lui, le message du Christ introduit une rupture radicale avec les logiques de puissance : le règne de Dieu ne s’impose pas par la violence, mais par le don de soi.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La prière de Chantal Pary

La prière de Chantal Pary

Dans sa résidence de Longueuil où elle habite en compagnie de Jacques, son mari, Chantal Pary a accepté de faire le point et de nous livrer ce qui habite son âme.

Par Benoit Voyer

« La prière c’est tellement grand ! dit-elle avec enthousiasme. Cela pourrait changer la planète si les gens commençaient à prier parce que quand on le fait nous devenons très inspirés ».

Pour elle, la prière ce sont des rencontres, comme si Marie et Jésus étaient là auprès d’elle. « Ils ne m’endormiront jamais. Sur la terre, un jour c’est ami, l’autre c’est ennemi. Tu ne peux jamais te fier... un jour les gens t’aiment, le lendemain ils ne t’aiment plus. Avec Dieu, Marie et Jésus c’est différent ! » raconte Chantal Pary.

Mais quand on est éloigné de l’Église et de la spiritualité depuis longtemps ce n’est pas facile de prier. Comment faire ? Pour l’artiste qui a connu la gloire à la fin des années 60, c’est très simple.

« Je commence toujours par remercier Dieu pour le monde et la vie qu’il me donne : Merci, mon Dieu, tu m’as donné la vie. Merci de me donner la foi... Par la suite, j’ouvre la Parole de Dieu et je médite sur un texte. La Parole vient se graver dans mon cœur : “Tu as du prix à mes yeux et je t’aime”. À la suite de cela, il y a toujours des lumières nouvelles. C’est comme un réconfort », explique-t-elle les yeux pétillants. Le passage de la Bible qu’elle a lu, finit toujours par refaire surface au long de sa journée lorsque surgit une épreuve ou une rencontre difficile. Cela lui donne de la force. La Bible c’est sa vitamine.

Enfin, elle offre sa journée et ce qu’elle voudrait faire pour le Bon Dieu. Néanmoins, elle ne demande jamais de changer les autres. Elle préfère demander que la conversion se fasse dans sa vie car elle croit que le changement des autres survient quand nous l’avons nous même fait. C’est clair, plus on reçoit dans la prière, plus on peut donner.

« La foi ça ne s’impose pas, ajoute la chanteuse. On ne peut pas forcer la porte, l’ouvrir... C’est ce que je trouve difficile. J’ai tellement de choses que j’aimerais faire découvrir aux gens. Pourtant, je ne me sens pas meilleure qu’une autre personne », avoue-t-elle tout simplement.

Ce qui la fait vivre au jour le jour, c’est sa participation à l’eucharistie. Pour elle, c’est un besoin vital comme le geste de manger. Elle croit à la présence réelle de Jésus dans l’hostie. « Ce qui m’attriste c’est que Jésus est là, vivant, et personne ne va le chercher » confie-t-elle.

Celle qui porte le véritable nom de Lucie Bernier prie trois heures par jour. Le matin une demi-heure pour offrir sa journée ; l’après-midi, c’est le chapelet et la messe à la paroisse de son enfance ; et, une autre heure, le soir, à la maison. Il s’agit d’un second chapelet.

« C’est entendu qu’il y a des journées que j’ai moins le goût de prier. C’est juste l’idée que, parfois, je pourrais écouter une bonne émission à la télévision. Mais pour moi, le Bon Dieu est plus important que la t.v. » révèle Chantal Pary maintenant âgée de 44 ans.

Est-elle charismatique ? Elle n’aime pas les gestes trop extérieurs et elle demeure prudente face à certains groupes où l’émotivité pourrait prendre le dessus. La foi, la prière ça se passe en-dedans. Elle admet, tout de même, qu’il y a plein de bonnes choses dans ces groupes du renouveau spirituel, mais ceux-ci ne l’attirent guère.

Medjugorje
« J’aime beaucoup Medjugorje, rétorque Chantal Pary. J’y suis allée trois fois. Là-bas, j’ai appris que Medjugorje c’est dans chacune de nos paroisses. »

En ex-Yougoslavie, où apparaît la Vierge, semble-t-il, ça sent la paix. Elle le dit avec un tel engouement dans sa voix : « C’est vraiment un coin de ciel sur la terre ! ».

Mais, selon les mariologues, il y aurait au-delà de 600 apparitions de la Vierge dans le monde actuellement. N’est-ce pas un peu exagéré ?

« Je ne savais pas, pense-t-elle à haute voix. Je crois qu’elle peut apparaître à différents endroits, mais autant... je suis réservée. Je trouve que c’est beaucoup, mais rien n’est impossible à Dieu ! Cela demande beaucoup de prudence ».

Les premières fois qu’elle a entendu parler de Medjugorje, ce fut l’étonnement. Elle est allée en Europe de l’Est par un concours de circonstance.

Celle qui a chanté auprès de Mère Teresa raconte son aventure providentielle : « Je ne voulais pas y aller parce que c’était trop cher. Imagine, nous sommes trois ! À un moment donné, j’ai reçu un chèque à la suite de la rediffusion d’une émission télévisée, quelques jours avant le départ, au montant exact du prix des billets. On avait demandé un signe pour y aller... Nous l’avions devant nos yeux ! C’était évident qu’il fallait y aller ».

Elle a aimé l’expérience. Ce qui l’intéressait plus particulièrement c’était de vivre avec le peuple yougoslave. Elle a découvert que pour ces gens, leur oxygène quotidien c’est la prière.

« Je suis convaincue que Marie apparaît vraiment là-bas, même si l’Église ne s’est pas encore prononcée. Elle se doit d’être prudente, très prudente. C’est vraiment un endroit de grâce ! Il y a beaucoup de conversions et les gens retrouvent, à Medjugorje, la simplicité de la prière ».

Un livre
Elle a rencontré les voyants. Il y a quelques mois, Ivan est même allé chez elle à Longueuil pour un repas. Elle se souvient de lui comme un gars qui aime avoir du plaisir. Un être équilibré. Il a même longuement taquiné son mari, Jacques.

Elle n’a pas écrit pour parler d’elle. L’histoire de sa vie est un prétexte pour parler des merveilles de Dieu dans son quotidien. « Je voulais dire qu’il y a toujours quelque chose de bien à tirer d’une épreuve, des souffrances qu’on a vécues... Je dis que la souffrance a été une bénédiction pour moi parce qu’elle m’a fait chercher Dieu », poursuit Chantal Pary.

Roland Leclerc, un ami de longue date, a écrit la préface du livre. Il dit que Chantal Pary n’est pas une écrivaine, qu’elle n’a aucune ambition littéraire, qu’elle veut simplement livrer son témoignage et sa pensée comme s’il s’agissait d’un journal intime.

(Revue Notre-Dame du Cap, mai 1995, pp. 11 et 12)

17 octobre 2026


POLITIQUE : Qui entourera le nouveau premier ministre du Québec ?

Qui entourera le nouveau premier ministre du Québec ?

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Derrière chaque premier ministre se trouve une équipe de conseillers qui participent aux décisions politiques, préparent les stratégies et organisent les communications avec les médias. Paul St-Pierre Plamondon, qui prendra officiellement les commandes du gouvernement du Québec le 21 octobre, ne fait pas exception.

Le 6 octobre, au lendemain de sa victoire électorale, le chef du Parti québécois annonce deux nominations importantes. Ce jour-là, il confie la direction de son cabinet à Nadine Koussa, une avocate qui présidait jusqu'à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle sera notamment responsable de coordonner le travail de son entourage politique.

Le nouveau premier ministre choisit également Frédéric Guay, économiste et ancien sous-ministre des Transports et de l'Environnement, comme secrétaire général et greffier du Conseil exécutif. Il deviendra ainsi le plus haut fonctionnaire de l'État québécois. Sa nomination officielle devra être confirmée par le Conseil des ministres.

Laura Chouinard-Thuly, qui dirigeait jusqu'ici le cabinet de St-Pierre Plamondon, demeurera l'une de ses plus proches conseillères. Collaboratrice de longue date, elle a notamment été directrice des communications et des opérations du Parti québécois.

Une autre personnalité connaît bien les rouages du pouvoir. France Amyot, revenue au cabinet du chef péquiste en février 2026 comme conseillère spéciale, possède plus de 30 ans d'expérience politique. Elle a dirigé plusieurs cabinets ministériels et participé à des campagnes électorales provinciales et fédérales. Son rôle dans le nouveau gouvernement reste toutefois à confirmer.

Dans le domaine des communications, Louis Lyonnais occupe le poste de directeur de la planification stratégique du Parti québécois. Il participe notamment à la préparation des discours. Il a d'ailleurs expliqué récemment comment son équipe avait préparé le discours de victoire du 5 octobre.

Emmanuel Renaud est pour sa part l'attaché de presse du chef péquiste. Pendant la campagne électorale, il accompagne quotidiennement St-Pierre Plamondon dans ses déplacements et ses rencontres avec les journalistes.

Ces deux derniers collaborateurs exercent des fonctions qui se rapprochent de celles des spin doctors, ces spécialistes qui travaillent à préparer les messages politiques et à influencer la manière dont ils sont reçus par les médias et le public. Leur place dans le futur cabinet du premier ministre n'est cependant pas encore confirmée.

D'autres nominations pourraient suivre. Le 21 octobre, Paul St-Pierre Plamondon présentera son Conseil des ministres. Il devra alors diriger un gouvernement minoritaire et composer avec les autres formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.

PATRIMOINE : Quand le temps menace la mémoire collective

25e ann.de sacerdoce de l'abbé Guy Joyal à Saint-Eugène en 1978
Quand le temps menace la mémoire collective

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Certains bâtiments disparaissent sous le bruit des démolisseurs. D’autres plus silencieusement, lorsque l’absence d’entretien et de projet finit par fragiliser leur avenir.

C’est cette inquiétude qui m’habite lorsque je pense au sort qui attend l’église Saint-Eugène, à Granby. En 2022, ce bâtiment qui est désacralisé et vendu à un entrepreneur qui tarde à le rénover. C’est le lieu où j’ai été baptisé dans la tradition catholique le 11 décembre 1966 et où Mgr Louis Langevin a présidé mon sacrement de la confirmation, le 5 avril 1978.

Pendant des décennies, cette église a été bien plus qu’un bâtiment religieux. Comme tant d’autres lieux de culte au Québec, elle a été un lieu de rassemblement, de célébrations, de rencontres et de mémoire. Ses murs ont accompagné la vie de générations de citoyens. Un bâtiment patrimonial n’est pas uniquement fait de pierres, de bois ou de vitraux : il porte une partie de l’histoire d’une communauté.

Ces dernières années, plusieurs lieux chargés d’histoire ont connu un triste destin. Certains ont été sauvés grâce à des projets de reconversion. D’autres sont disparus après une longue période de détérioration. Le phénomène est parfois appelé « démolition par abandon ». Ainsi, volontairement, on laisse un bâtiment se dégrader au point où sa conservation devient de plus en plus difficile, voire présentée comme impossible.

Pour ce qui est de Saint-Eugène, je reste prudent avant de porter un jugement sévère sur les intentions des propriétaires. En revanche, je demeure inquiet pour l’avenir de ce bâtiment, particulièrement parce qu’il héberge les magnifiques vitraux de l’artiste Guido Nincheri qui ne semblent pas encore avoir trouvé preneur pour les intégrer dans la construction d’un nouveau projet.

L’église Saint-Eugène a été construite en 1941.