Benoit Voyer
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mission possible
Abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission
Benoît Voyer
La personne issue de la « génération i » (1), née dans les années 1980, est, selon de nombreux spécialistes, une « démunie en intériorité ». Indécision, incertitude et crise identitaire caractérisent son existence. L'abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission, qui a pignon sur « rang » dans la municipalité du Canton-de-Shefford, à la limite de Granby, travaille activement à donner à la présente jeunesse une chance de surmonter son drame intérieur. Son action contribue à instituer une « nouvelle génération de bâtisseurs » (2), selon un vœu du pape Jean-Paul II. Chaque individu qu'il forme avec son équipe pourra dire dans quelques années, comme l'animateur de télévision François Paradis, « Je veux être un petit engrenage ... » (3) et s'engagera comme Raid Fahmi (4) et sœur Nicole Fournier (5) jusqu'au risque de donner sa vie ou de la perdre. Voici la manière de Christian Simoneau de « se soucier de la qualité de cette vie » (6) qui nous est « prêtée » et de « se centrer sur le coeur du message chrétien » (7). C'est sa façon bien à lui de « parler de l'essentiel sans se taire ». (8).
Comment découvrir sa mission de vie ?
Il faut commencer par prendre le temps de s'arrêter et de descendre en soi. C'est une démarche intérieure, une démarche spirituelle.
Plus on apprend à se connaître plus on réalise le besoin de spiritualité qu'il y a en soi. On découvre que Dieu a semé quelque chose de grand en nous. Il nous invite à aller toujours plus loin. Tu ne peux pas plafonner avec lui. Avec la spiritualité, tu t'ouvres à toutes les possibilités. Il est donc important de ne pas seulement chercher dans la psychologie et l'intellectualisme.
Est-ce qu'il est possible de trouver sa mission sans l'aide de Dieu?
En rejetant la réalité religieuse de ce qui nous forme, on rejette une partie de soi. Les dimensions religiologique et spirituelle façonnent l'homme et la femme. Les évacuer de son existence, c'est rejeter une partie de son avenir, de son devenir. Sans ces réalités, un jour ou l'autre, au moment de la crise de vie, le vide surgit en soi.
Un des problèmes de l'humain qui forme la présente société c'est qu'il s'enferme dans certaines parties de ce qu'il est. Cette difficulté n'est pas unique aux jeunes. Pour être heureux, il faut retrouver son unité intérieure.
Ce que je vous dis, c'est ce que Jésus nous a enseigné. Il disait : « Ne vous enfermez pas ! Restez vivant ! Soyez ouverts ! »
Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société. Je le répète, pour avancer dans la vie et être heureux, il faut qu'il y ait en soi une unité et une direction.
Avec l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, et une équipe, vous avez fondé Parcours-Mission, un organisme qui désire aider les 18 à 35.
Nous voulons permettre au jeune de se ressourcer et de découvrir quelle est sa mission de vie à partir de ce qu'il est. Nous voulons être un lieu propice pour qu'il puisse grandir intérieurement et découvrir ce que Dieu a semé en lui. Au baptême, nous avons reçu une semence. Nous voulons lui permettre qu'elle porte des fruits.
De plus, nous favorisons des expériences de guérisons intérieure et d'intériorisation. Nous voulons lui permettre de retrouver l'essentiel dans sa vie, c'est-à-dire un retour à sa source interne
Quel est votre programme ?
Il touche chaque facette de l'humain : intellectuelle, religieuse et psychologique. Il comprend aussi une initiation aux petites choses du quotidien.
Concrètement, nous offrons des retraites spirituelles, des conférences, des fins de semaine de croissance et de connaissances spirituelles. Il y a aussi des implications dans le bénévolat, notamment auprès de sidéens. Enfin, le jeune doit apporter son soutien matériel dans la maison et dans la cuisine. En arrivant ici, il bâtit son propre programme de vie et nous cheminons avec lui.
Nous voulons former au leadership. Au retour dans son milieu, nous souhaitons qu'il prenne une place importante dans sa communauté de vie.
Est-ce qu'il s'agit d'une nouvelle approche vocationnelle ?
Nous sommes préoccupés par la vocation fondamentale de la vie. Toutefois, si la démarche débouche sur une vocation religieuse ou presbytérale, nous accompagnons la personne vers son appel intérieur.
Quelle est votre spiritualité ou votre école spirituelle?
Nous sommes à l'école des profondeurs. Nous partons de ce qu'il y a en soi. Nous voulons découvrir, faire grandir et faire voir que Dieu agit dans notre monde. Nous cherchons à le découvrir au quotidien
Notre approche s'inspire de celles de saint Ignace de Loyola, de Jean Montbourquette et du récit biblique des disciples d'Emmaüs.
Enfin, puisque nous sommes un organisme diocésain, notre évêque nous invite sporadiquement à porter notre regard sur une dimension ou l'autre de la foi, particulièrement autour de la Parole de Dieu.
Combien de temps dure un séjour chez vous ?
D'une heure à neuf mois
De quelle manière est né Parcours-Mission ?
Tout a débuté durant l'année jubilaire. En janvier 2000, Mgr François Lapierre, qui a une grande préoccupation pour la jeunesse, m'a demandé de commencer une réflexion sur un projet concret pour aider la jeunesse.
Sans tarder, j'ai invité plusieurs jeunes de milieux différents à une réflexion communautaire. Durant ce temps, une équipe s'est formée à l'initiative de notre évêque avec Mario Jacques et Francine Babin qui travaillent aux services diocésains
Qui est le fondateur ?
C'est officiellement Mgr François Lapierre qui a le titre de fondateur de Parcours- Misision. C'est lui qui a donné les orientations fondamentales.
Mon initiative s'est limitée à l'amorce de la réflexion avec l'équipe et à concrétiser le projet.
À quel moment le centre Parcours-Mission a-t-il officiellement ouvert ses portes ?
En septembre 2000.
Est-ce que vous avez une formation particulière pour bien orienter les jeunes qui fréquentent votre organisme ?
J'ai obtenu une maîtrise en travail pastoral de groupe de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Jean Montbourquette m'a donné une solide formation. Son cours « Comment se brancher à sa mission » a eu une grande influence sur moi. Il m'a considérablement aidé à découvrir ma véritable ligne de vie
Enfin, je chemine avec les jeunes depuis une quinzaine d'années. En plus de mon travail à Parcours-Mission, je travaille au service de la vie spirituelle au Cégep de Granby
Personnellement, quelle est votre mission de vie ?
Rassembler des jeunes et des nouvelles familles pour discuter et grandir ensemble. Je veux faire un bout de chemin avec eux. Je souhaite être dans leur existence un signe de la présence de Dieu. Je veux leur faire découvrir que malgré les souffrances, les peurs et les moments difficiles de la vie, plus on se branche à lui, plus on se découvre et on est capable de se dépasser. En résumé je veux une présence aimante au service de la jeunesse. Je suis un volcan plein d'amour qui veut transmettre son feu.
Centre Parcours-Mission
350, chemin Ostiguy
Canton-de-Shefford
(450) 372-2440
____________________
(1) La « génération i », Revue Sainte Anne, juin 2003;
(2) Jean-Paul II, 27 juillet 2002, Journée mondiale de la jeunesse, Toronto;
(3) François Paradis, Revue Sainte Anne, juin 2003;
(4) Raid Fahmi, Revue Sainte Anne, mars 2003;
(5) Nicole Fournier, Revue Sainte Anne, janvier 2003;
(6) Mgr François Lapierre, Revue Sainte Anne, avril 2003;
(7) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003;
(8) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003
Mission possible
Benoît Voyer
« Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société »
La personne issue de la « génération i » (1), née dans les années 1980, est, selon de nombreux spécialistes, une « démunie en intériorité ». Indécision, incertitude et crise identitaire caractérisent son existence. L'abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission, qui a pignon sur « rang » dans la municipalité du Canton-de-Shefford, à la limite de Granby, travaille activement à donner à la présente jeunesse une chance de surmonter son drame intérieur. Son action contribue à instituer une « nouvelle génération de bâtisseurs » (2), selon un vœu du pape Jean-Paul II. Chaque individu qu'il forme avec son équipe pourra dire dans quelques années, comme l'animateur de télévision François Paradis, « Je veux être un petit engrenage ... » (3) et s'engagera comme Raid Fahmi (4) et sœur Nicole Fournier (5) jusqu'au risque de donner sa vie ou de la perdre. Voici la manière de Christian Simoneau de « se soucier de la qualité de cette vie » (6) qui nous est « prêtée » et de « se centrer sur le coeur du message chrétien » (7). C'est sa façon bien à lui de « parler de l'essentiel sans se taire ». (8).
Comment découvrir sa mission de vie ?
Il faut commencer par prendre le temps de s'arrêter et de descendre en soi. C'est une démarche intérieure, une démarche spirituelle.
Plus on apprend à se connaître plus on réalise le besoin de spiritualité qu'il y a en soi. On découvre que Dieu a semé quelque chose de grand en nous. Il nous invite à aller toujours plus loin. Tu ne peux pas plafonner avec lui. Avec la spiritualité, tu t'ouvres à toutes les possibilités. Il est donc important de ne pas seulement chercher dans la psychologie et l'intellectualisme.
Est-ce qu'il est possible de trouver sa mission sans l'aide de Dieu?
En rejetant la réalité religieuse de ce qui nous forme, on rejette une partie de soi. Les dimensions religiologique et spirituelle façonnent l'homme et la femme. Les évacuer de son existence, c'est rejeter une partie de son avenir, de son devenir. Sans ces réalités, un jour ou l'autre, au moment de la crise de vie, le vide surgit en soi.
Un des problèmes de l'humain qui forme la présente société c'est qu'il s'enferme dans certaines parties de ce qu'il est. Cette difficulté n'est pas unique aux jeunes. Pour être heureux, il faut retrouver son unité intérieure.
Ce que je vous dis, c'est ce que Jésus nous a enseigné. Il disait : « Ne vous enfermez pas ! Restez vivant ! Soyez ouverts ! »
Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société. Je le répète, pour avancer dans la vie et être heureux, il faut qu'il y ait en soi une unité et une direction.
Avec l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, et une équipe, vous avez fondé Parcours-Mission, un organisme qui désire aider les 18 à 35.
Nous voulons permettre au jeune de se ressourcer et de découvrir quelle est sa mission de vie à partir de ce qu'il est. Nous voulons être un lieu propice pour qu'il puisse grandir intérieurement et découvrir ce que Dieu a semé en lui. Au baptême, nous avons reçu une semence. Nous voulons lui permettre qu'elle porte des fruits.
De plus, nous favorisons des expériences de guérisons intérieure et d'intériorisation. Nous voulons lui permettre de retrouver l'essentiel dans sa vie, c'est-à-dire un retour à sa source interne
Quel est votre programme ?
Il touche chaque facette de l'humain : intellectuelle, religieuse et psychologique. Il comprend aussi une initiation aux petites choses du quotidien.
Concrètement, nous offrons des retraites spirituelles, des conférences, des fins de semaine de croissance et de connaissances spirituelles. Il y a aussi des implications dans le bénévolat, notamment auprès de sidéens. Enfin, le jeune doit apporter son soutien matériel dans la maison et dans la cuisine. En arrivant ici, il bâtit son propre programme de vie et nous cheminons avec lui.
Nous voulons former au leadership. Au retour dans son milieu, nous souhaitons qu'il prenne une place importante dans sa communauté de vie.
Est-ce qu'il s'agit d'une nouvelle approche vocationnelle ?
Nous sommes préoccupés par la vocation fondamentale de la vie. Toutefois, si la démarche débouche sur une vocation religieuse ou presbytérale, nous accompagnons la personne vers son appel intérieur.
Quelle est votre spiritualité ou votre école spirituelle?
Nous sommes à l'école des profondeurs. Nous partons de ce qu'il y a en soi. Nous voulons découvrir, faire grandir et faire voir que Dieu agit dans notre monde. Nous cherchons à le découvrir au quotidien
Notre approche s'inspire de celles de saint Ignace de Loyola, de Jean Montbourquette et du récit biblique des disciples d'Emmaüs.
Enfin, puisque nous sommes un organisme diocésain, notre évêque nous invite sporadiquement à porter notre regard sur une dimension ou l'autre de la foi, particulièrement autour de la Parole de Dieu.
Combien de temps dure un séjour chez vous ?
D'une heure à neuf mois
De quelle manière est né Parcours-Mission ?
Tout a débuté durant l'année jubilaire. En janvier 2000, Mgr François Lapierre, qui a une grande préoccupation pour la jeunesse, m'a demandé de commencer une réflexion sur un projet concret pour aider la jeunesse.
Sans tarder, j'ai invité plusieurs jeunes de milieux différents à une réflexion communautaire. Durant ce temps, une équipe s'est formée à l'initiative de notre évêque avec Mario Jacques et Francine Babin qui travaillent aux services diocésains
Qui est le fondateur ?
C'est officiellement Mgr François Lapierre qui a le titre de fondateur de Parcours- Misision. C'est lui qui a donné les orientations fondamentales.
Mon initiative s'est limitée à l'amorce de la réflexion avec l'équipe et à concrétiser le projet.
À quel moment le centre Parcours-Mission a-t-il officiellement ouvert ses portes ?
En septembre 2000.
Est-ce que vous avez une formation particulière pour bien orienter les jeunes qui fréquentent votre organisme ?
J'ai obtenu une maîtrise en travail pastoral de groupe de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Jean Montbourquette m'a donné une solide formation. Son cours « Comment se brancher à sa mission » a eu une grande influence sur moi. Il m'a considérablement aidé à découvrir ma véritable ligne de vie
Enfin, je chemine avec les jeunes depuis une quinzaine d'années. En plus de mon travail à Parcours-Mission, je travaille au service de la vie spirituelle au Cégep de Granby
Personnellement, quelle est votre mission de vie ?
Rassembler des jeunes et des nouvelles familles pour discuter et grandir ensemble. Je veux faire un bout de chemin avec eux. Je souhaite être dans leur existence un signe de la présence de Dieu. Je veux leur faire découvrir que malgré les souffrances, les peurs et les moments difficiles de la vie, plus on se branche à lui, plus on se découvre et on est capable de se dépasser. En résumé je veux une présence aimante au service de la jeunesse. Je suis un volcan plein d'amour qui veut transmettre son feu.
Centre Parcours-Mission
350, chemin Ostiguy
Canton-de-Shefford
(450) 372-2440
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(1) La « génération i », Revue Sainte Anne, juin 2003;
(2) Jean-Paul II, 27 juillet 2002, Journée mondiale de la jeunesse, Toronto;
(3) François Paradis, Revue Sainte Anne, juin 2003;
(4) Raid Fahmi, Revue Sainte Anne, mars 2003;
(5) Nicole Fournier, Revue Sainte Anne, janvier 2003;
(6) Mgr François Lapierre, Revue Sainte Anne, avril 2003;
(7) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003;
(8) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003
(Revue Sainte Anne, Mai 2003, pages 201 et 206)
ICI ET LA: Le travail de nuit
« Les horaires de nuit ne sont pas sans conséquences pour la santé. Plusieurs études ont notamment mis en évidence une augmentation du risque de décès par accident vasculaire cérébral ou par maladie cardiovasculaire, mais aussi davantage de troubles de la santé mentale, de perturbations du sommeil, de fatigue chronique et de somnolence. Ces dérèglements s’accompagnent également d’un risque accru d’accidents, ainsi que de troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète.
Ne pas dormir la nuit supprime aussi le pic nocturne de mélatonine, hormone aux propriétés anticancéreuses, et affaiblit le système immunitaire, qui lutte normalement contre les cellules cancéreuses produites par l’organisme. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent donc à son rôle possible dans l’apparition de certains cancers, en particulier les cancers dits « hormono- dépendants » (sein, prostate, etc.), en raison des perturbations durables du rythme biologique. […] Le travail de nuit perturbe l’horloge interne et les sécrétions hormonales, notamment celles liées au cortisol. Normalement, le pic se produit le matin, mais lorsqu’on travaille la nuit, le corps ne sait plus quand le déclenche.
La Croix [1]
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[1] Esther Serrajordia. « Ce que dit la science sur le lien entre travail de nuit et cancer », La Croix, 6 mars 2026, p. 7. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/7
VISION CATHOLIQUE: Jésus et la Samaritaine
Par Benoit Voyer
8 mars 2026
Jésus et ses élèves sont de passage en Samarie. Ils sont en route vers la Galilée. Ils ont quitté la Judée parce que les pharisiens ont commencé à surveiller le maître.
Ils font un arrêt au puits de Jacob. Les disciples partent se ravitailler a Sykar, le patelin le plus proche. Jésus reste sur place afin de se reposer. Il est fatigué par la longue route. Puis, cette chaleur intense du milieu du jour n’aide en rien sa condition physique. Il s’assoit près de la source. Une Samaritaine se présente. Il la regarde et lui demande à boire.
Elle est sarcastique avec lui : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » […] Pauvre p’tit gars, t’as rien pour puiser et le puits est profond. Est-ce que tu serais « plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus connaît les querelles qu’il y a entre les habitants de la Judée et ceux de la Samarie. Les Judéens considèrent les Samaritains comme des hérétiques, des païens. Leur désaccord porte principalement sur l’emplacement du temple : pour les Judéens, il est à Jérusalem ; pour les Samaritains, il est sur le mont Garizim [1].
Du tac au tac, Jésus lui répond : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » […] « Crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
Au fil de leur entretien, elle comprend que Jésus n’est pas un voyageur ordinaire. Il lui révèle que le culte n’est plus une affaire de temple ou de montagne. C’est d’abord une affaire de cœur. C’est principalement à cet endroit que l’on adore Dieu.
Ce jour-là, Jésus « libère en elle ce qui l’entrave. Désormais, elle porte en elle une source d’eau jaillissante pour la vie éternelle »[2].
En relisant ce récit, je me questionne : Lorsque je rencontre Jésus, est-ce que sa Parole est pour moi une source vive?
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[1] Cf. La Croix, 6 mars 2026, p.14. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/14
[2] Anne Da. « Avec nous », Prions en Église (application), 8 mars 2026.
[1] Cf. La Croix, 6 mars 2026, p.14. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/14
[2] Anne Da. « Avec nous », Prions en Église (application), 8 mars 2026.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Affectation difficile
Mgr Pierre Melki, le prêtre qui a fondé et dirigé, pendant 25 ans, la paroisse catholique syriaque Saint-Ephrem de Montréal, dit que son nouveau poste d'archevêque de Jérusalem est une affectation difficile puisque sa voiture est automatiquement fouillée par les soldats israéliens à chaque fois qu'il se rend à l'une ou l'autre de ses deux paroisses à Jérusalem et à Bethléem. Mgr Melki est devenu officiellement évêque de Jérusalem, le 1er septembre.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, avril 2003, page 161)
VISION CATHOLIQUE: Le fils prodigue
Par Benoit Voyer
7 mars 2026
La parabole du père qui avait deux fils est assurément une des plus célèbres de Jésus. En même temps, il s’adresse « à deux publics bien différents : d’un côté les publicains et les pécheurs et de l’autre les pharisiens et les scribes. Deux publics qui ne se côtoient pas et n’entretiennent pas de bonnes relations : les uns se savent pécheurs, les autres se croient justes. Les uns écoutent et les autres récriminent. Deux attitudes radicalement différentes »[1]. Jésus s’adresse « aux deux sans discrimination car il est venu pour les bons et les méchants. Il espère la conversion des uns et des autres, à la manière du Père qui dispense sa miséricorde à tous sans exception. [...] Il raconte la parabole du père qui avait deux fils afin que les uns et les autres en tirent profit, et nous aussi par la même occasion. »[2]
Le plus jeune fils dilapide le bien de son père et « mène une vie de misère qui lui fait regretter de s’être éloigné de son père. »[3] « Imaginant son retour à la maison, [il] se voit déjà prendre la place d’un simple ouvrier pour pouvoir manger à sa faim »[4]. « Alors il se lève et revient vers son père qui l’accueille les bras ouverts tant il est heureux que son fils soit revenu vers lui. »[5] « Le père fait preuve d’une générosité sans limite : rien n’est trop beau pour fêter son retour »[6]. « Il organise une fête qui rend le fils aîné jaloux. Celui-ci refuse de se réjouir de la joie de son père et de son jeune frère. Il se ferme et n’entre pas dans la fête, comme les pharisiens et les scribes qui s’offusquent de voir Jésus manger avec les publicains et les pécheurs. »[7]
Pour le chrétien de tradition catholique, chaque dimanche, c’est Jésus qui rassemble tous ceux qui marchent à sa suite autour d’une même table pour nous communiquer sa vie et s’unir les uns aux autres. « Osons croire en un Père dont la joie est de nous surprendre ! »[8]
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[1] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[2] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[3] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[4] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
[5] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[6] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
[7] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[8] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
[1] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[2] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[3] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[4] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
[5] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[6] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
[7] Anne-Marie Aitken. « Méditation - Samedi de la 2e semaine du temps ordinaire », La Croix, 6 mars 2026, p. 20. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/20
[8] Bénédicte de la Croix. « Joie surprenante », Prions en Église (application), 7 mars 2026.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges chasse les vieux fantômes
MONTRÉAL - Le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, qui fêtera son 150e anniversaire en 2004, multiplie ses efforts pour changer la perception populaire de la mort. Il y a quelques années, la direction a mis en place des moyens pour changer la vision de ce qu'est un cimetière. « Ce n'est pas si lugubre que ça! »
« À Notre-Dame-des-Neiges, nous travaillons à démystifier la mort afin de la rendre plus sympathique. Ici on vient apprendre des choses ... C'est un musée à ciel ouvert. Et ça ne coûte rien pour le visiter! », dit Yoland Tremblay, directeur général du cimetière au représentant de la Revue Sainte Anne.
Le premier travail a été la recension de tous les personnages importants inhumés en ce lieu. Rapidement, un guide à l'intention des visiteurs a été publié. Plus de 320 noms ont été identifiés. Parmi eux figurent des Pères de la Confédération canadienne, des gouverneurs généraux, des premiers ministres du Canada et du Québec, des artistes, des athlètes et des gens de plusieurs milieux importants de la société. Le cimetière s'est révélé comme étant le Montmartre de Montréal.
« On a aussi créé une bonne interactivité pour faire connaître la personne moins célèbre qui repose ici et qui est importante pour sa famille. La journée de l'anniversaire de son décès, on va voir sa photo à la une de la borne et on raconte qui il a été », spécifie M.Tremblay.
De plus, quatre fois par année, la revue Dialogue permet de garder le contact avec les familles des personnes inhumées. En plus des articles de fond sur des problématiques autour du deuil, elle les invite à des rendez-vous pour les aider à vivre leur deuil.
Puisqu'il s'agit toujours d'un cimetière catholique, il offre aux familles des repères spirituels. Pour les catholiques, des messes commémoratives sont célébrées à chaque mois.
« Et après on les invite à se promener dans les jardins. On offre même des visites guidées adaptées aux intérêts des gens », ajoute Yoland Tremblay.
Enfin, parce qu'on veut vraiment s'occuper de ceux qui restent, un congrès sur le deuil est organisé à chaque année. La 9e édition aura lieu en septembre. Ce rassemblement qui est ouvert à tous est sous la responsabilité de Johanne De Montigny, psychologue spécialisée en suivis de deuil. Elle réunit autour d'elle des spécialistes de la question. Le cimetière assure tous les frais afin de permettre à ceux qui ont vécu la blessure du départ d'un être cher de trouver des clés pour passer à travers leur épreuve.
En plus de créer des activités spéciales, d'offrir des ressources et de démontrer qu'un cimetière est un grand parc-jardin, ce cimetière travaille à changer le langage mortuaire. Aujourd'hui, on « célèbre une vie » et on se « commémore celle-ci. Aussi, on ne parle plus d'un « défunt », mais de «la perte d'un être cher ».
Tout comme il n'est plus question d'« enterrer » quelqu'un, mais plutôt de l’ « inhumer ». Chaque époque a son vocabulaire. Celui d'aujourd'hui a pour but de dédramatiser cette de la vie qui est souvent considérée comme un tabou qu'il faut fuir.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, avril 2003, pages 156)
ICI ET LA: Les dangers des médias sociaux pour les adolescents
Dans un article paru dans Le Figaro, le 28 février 2026 [1], à l’occasion de la publication, en français, de son livre « La Supériorité morale » (Éditions Arpa), Jonathan Haidt, psychologue social, qui a connu un succès mondial avec son précédent essai, « Génération Anxieuse », livre qui nous éclaire sur le danger que représentent les réseaux sociaux pour la santé mentale de la jeunesse, explique qu'« un enfant moyen passe environ cinq heures par jour sur les réseaux sociaux (Youtube inclus) et trois à cinq heures supplémentaires sur son téléphone. Avec le sommeil et l’école, il ne reste presque rien pour le reste. Sont évincés : le sommeil (en baisse de trente minutes en moyenne, parfois de deux à trois heures) ; l’exposition au soleil ; l’exercice physique ; le jeu libre, non supervisé, physique et en groupe (essentiel pour tous les mammifères) ; la lecture ; le contact physique. Sur les réseaux, ce n’est pas du jeu, c’est de la performance et de la gestion de marque. L’ennui aussi disparaît : le cerveau a besoin d’absorber des patterns puis de moments sans stimulation. Les meilleurs patterns viennent de la vraie vie, de la littérature ou de récits longs. Or les enfants consomment, sur ces plateformes, des fragments de cinq à trente secondes. L’enfance téléphonique se noie sous le divertissement, mais évince le vrai plaisir et les histoires qui forment un adulte culturellement compétent à terme. »
Il ajoute : « Chaque plateforme a ses mécanismes spécifiques. Chez les membres les plus âgés de la génération Z (nés entre 1997 et 2012, NDLR), l’explosion de dépressions, d’anxiétés et d’automutilations chez les filles coïncide avec l’arrivée de la puberté. Les enquêtes montrent que les adolescentes associent Instagram à une anxiété accrue. Instagram, lancé en 2010 comme site de photos, était peu utilisé par les enfants. En 2012, Facebook a racheté ce réseau social et en a fait massivement sa publicité, c’est l’année où les filles s’y sont précipitées. Leur vie sociale passe alors des conversations, des ragots et des appels téléphoniques, bénéfiques pour leur développement, à la publication permanente, à la surveillance des likes et des non-likes. Elles deviennent des gestionnaires de leur marque personnelle 24 heures sur 24. C’est exactement en 2012 que les indicateurs de santé mentale s’effondrent. Instagram en porte la responsabilité principale au sein de cette frange de la population. TikTok est, à terme, plus destructeur. Il est extrêmement addictif et détruit la capacité d’attention chez les garçons comme chez les filles. Si Instagram a surtout généré de l’anxiété et accentué la dépression chez les filles, TikTok, lui, provoque une addiction massive. Beaucoup de mes étudiants à l’université de New York passent six à neuf heures par jour sur TikTok, au détriment de toute autre forme de loisir. Ils peinent à lire un livre. Dès qu’une phrase les ennuie, ils retournent sur TikTok. Cette plateforme forme des esprits impitoyables. Au bout de huit secondes, si le contenu n’est pas captivant, ils « swipent ». C’est la principale cause du déclin des scores aux tests cognitifs et au déclin de l’attention en général. »
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[1] Ronan Planchon. « Instagram porte la responsabilité principale de l’effondrement de la santé mentale des adolescentes », Le Figaro, 28 février 2026, p. 18. https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20260228/page/18
[1] Ronan Planchon. « Instagram porte la responsabilité principale de l’effondrement de la santé mentale des adolescentes », Le Figaro, 28 février 2026, p. 18. https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20260228/page/18
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
Le pape au Québec en 2008 ?
QUÉBEC - Le congrès eucharistique 2008 pourrait avoir lieu au Canada. Le conseil pontifical responsable de cet événement qui a lieu à chaque quatre ans, a accepté la candidature du diocèse de Québec, actuellement seul dans la course. Ce rassemblement pourrait amener le pape Jean-Paul II ou son successeur dans la province québécoise. La décision finale du Saint-Père sera annoncée en 2004 à Guadalajara, au Mexique, lors du prochain congrès. Cette fête de la foi présente des conférences, des spectacles et des célébrations. En moyenne, entre 10 000 et 15 000 personnes prennent part à chaque rendez-vous et la messe papale, qui termine la semaine, attire de 100 000 à 150 000 fidèles. En 2008, la ville de Québec aura 400 ans.
Taux d'avortements à la hausse
MONTRÉAL - Le taux d'avortements a grimpé du tiers en 10 ans au Québec. En 2001, il s'est situé à 17,9 pour 1000 femmes de 15 à 44 ans. Une hausse de 1,7% par rapport à 2000 et de 30 % depuis 10 ans. Les groupes d'âges qui ont le plus recours à ce moyen de contraception sont, dans l'ordre, les 20 à 24 ans, les 25 à 29 ans et les 15 à 19 ans.
Décès de Mgr Michael Rusnak
OTTAWA - Le 16 janvier 2003, à l'âge de 81 ans, est décédé Mgr Michael Rusnak, rédemptoriste, évêque éparchial à la retraite des Slovaques de rite byzantin au Canada. Les funérailles ont été célébrées le 25 janvier 2003. Il était originaire de Beaverdale, en Pennsylvanie. Il a été ordonné prêtre rédemptoriste à Presov, en Slovaquie, en 1949, par le bienheureux Paul Gojic. Peu de temps après son ordination, il fut arrêté et envoyé dans un camp de concentration en compagnie d'autres prêtres slovaques de rites byzantin et latin qui refusaient de collaborer avec le régime communiste en Tchécoslovaquie. Après 14 mois de réclusion, il s'évadait de la prison qui le tenait captif.
Déficit de la JMJ 2002
OTTAWA - Le déficit de 38M$ de la Journée mondiale de la jeunesse 2002 est presque entièrement remboursé. Il est encore temps d'apporter sa contribution.
Nouvel évêque
TORONTO - Mgr Nicolas Angelis a été nommé évêque du diocèse de Peterborough, en Ontario. Depuis 1992, il était évêque auxiliaire à Toronto.
40e anniversaire du Rapport Parent
MONTRÉAL - Du 31 mars au 4 avril, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et sa faculté d'éducation permanente soulignent, par une semaine d'activités et un colloque scientifique de portée internationale, les 40 ans du Rapport Parent. « Cette rencontre majeure permettra de faire le point sur les acquis de cette grande réforme qui a révolutionné notre système éducatif », explique le communiqué qui annonce l'événement. Celui-ci a lieu à l'UQAM et au Palais des Congrès à Montréal. De nombreux experts, acteurs et responsables du milieu de l'éducation du Québec et de l'étranger participent à ces rencontres, dont le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, deux anciens ministres de l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie et Claude Ryan, ainsi que pierre Lucier, président de l'Université du Québec, Jean-Pierre Proulx et Céline Saint-Pierre, respectivement président et ex-présidente du Conseil supérieur de l'éducation.
Visite pastorale du nouvel archevêque de Québec
QUÉBEC - En février, Mgr Marc Ouellet, nouvel archevêque de Québec, a entrepris une grande visite pastorale de son nouveau diocèse. Il a visité les régions pastorales de Lévis, Saint-Marie de Beauce, Vanier, La Malbaie, Beauport, La Guadeloupe, Saint-George-de -Beauce, Plessiville et Québec. À chaque endroit, il a célébré l'eucharistie et rencontré ses diocésains. Le 26 janvier, lors de la célébration de l'inauguration de sa charge pastorale, il a annoncé son intention d'instaurer une nouvelle évangélisation pour son diocèse et a exhorté ses diocésains à vivre plus intensément les valeurs de l'Évangile. « Aimons les bonnes choses et protégeons la création, mais ne tombons point dans l'idolâtrie de l'argent, du sexe et du pouvoir médiatique. Écoutons le message de la Croix qui jalonne l'histoire du monde et l'histoire de la Nouvelle-France, de Gaspé à Montréal, de Notre-Dame-du-Cap à Notre-Dame-de-Québec. Cette croix glorieuse n'est-elle pas notre lumière et notre espérance au milieu des errances de ce temps? N'est-elle pas notre phare pour repérer les valeurs authentiques ! », a-t-il dit dans son homélie.
Jean Vanier au Canada
OTTAWA - Des rencontres avec Jean Vanier et les maisons de l'Arche auront lieu du 27 au 29 juin 2003. Elles se tiendront dans le diocèse d'Ottawa.
En faveur de la paix en IRAK
OTTAWA - Mgr Jacques Berthelet, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada et évêque de Saint-Jean-Longueuil, s'est joint à d'autres leaders d'Églises et dirigeants d'organismes ecclésiaux afin de lancer un appel en faveur de la paix en Irak. La demande consiste à « donner à la population irakienne, non pas des bombes et des missiles, mais un appui moral, politique et matériel. »
Faire le choix de l'école catholique
OTTAWA - Mgr Marcel Gervais, archevêque d'Ottawa, demande aux parents catholiques d'opter en faveur de l'école... catholique. Il y a quelques semaines, il a publié une lettre pastorale sur le sujet. « Dans le contexte de l'éducation en Ontario où les parents ont la possibilité de choisir entre différents conseils scolaires, nous sommes bien conscients qu'ils considèrent plusieurs facteurs avant d'arrêter leur choix sur une école. Nous voulons insister ici sur le choix d'une école catholique de votre langue. L'école catholique est la seule qui se propose explicitement de remplir la mission d'une éducation catholique réelle », introduit-il avant de défendre son point de vue.
4e Rencontre mondiale des familles
WATERLOO - C'est Monique et André Normand de Gatineau, au Québec et Janet et Grant Ertel de Waterloo, en Ontario, qui étaient les délégués de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) à la 4e Rencontre mondiale des familles qui a eu lieu du 22 au 26 janvier. 75 pays étaient représentés.
Honneur rendu à Rose Mathieu
TROIS-RIVIÈRES - Au nom du pape, Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a remis l'insigne « Pro-Ecclesia et Pontifice » à Rose Mathieu, membre de l'institut séculier des Oblates missionnaires de Marie Immaculée, pour les services qu'elle a rendus pendant plus de 30 ans à l'Église catholique des Antilles, particulièrement en République Dominicaine, mais aussi à Cuba.
Mgr Berthelet en Terre Sainte
LONGUEUIL - En janvier, Mgr Jacques Berthelet, évêque de Saint-Jean Longueuil, a participé à la troisième rencontre portant sur l'avenir de la Terre Sainte, organisée par le patriarcat latin de Jérusalem. À cette occasion, il a rencontré Yasser Arafat, président de l'autorité palestinienne, et Moshe Katsav, président de l'État d'Israël. « Un an après mon dernier voyage en Terre Sainte j'ai constaté qu'il y a plus de violence et de pauvreté, plus de chômage, plus d'émigration, que les mesures de sécurité sont plus oppressives et les points de contrôle plus nombreux. La souffrance et le désespoir sont encore plus présents dans la population d'où un sentiment général de résignation », a-t-il dit lors de son point de presse à son retour au Canada
Le diocèse de Rimouski en difficultés financières
RIMOUSKI - Le diocèse de Rimouski, au Québec, éprouve de sérieuses difficultés financières. Afin de diminuer son déficit d'opération de 2003 il a fait des coupures dans les heures de travail de ses employés des services diocésains. Chacun a été coupé de 2 heures de travail par semaine.
Pas question de vendre d'Églises
VALLEYFIELD - Mgr Luc Cyr, évêque de Valleyfield, n'a pas l'intention de vendre d'églises dans son diocèse pour l'instant. C'est ce qu'il a déclaré lors d'un point de presse afin de faire taire toutes rumeurs. Cependant, rien n'est impossible dans le futur. Une étude est présentement en cours. « Il est important de bien saisir la réalité de chacune des paroisses. Il faut que les paroissiens réfléchissent sur la façon d'assumer leur mission », a-t-il dit.
(Revue Sainte Anne, avril 2003, pages 155 à 157)
VISION CATHOLIQUE: Une vie à la recherche du trésor
Par Benoit Voyer
5 mars 2026
Au fil des ans, ma vision de Dieu et de Jésus a considérablement changé. Pour y parvenir, j’ai dû traverser plusieurs crises de vie et de foi. Tout comme ma compréhension de la vie en général et de celle de ceux qui m’ont donné naissance dans cette humanité, ma conception des choses divines a changé.
Durant les étapes que j’ai traversées, il m’est arrivé de dire : « Je suis agnostique » ou « Je suis chrétien à la limite de l’agnosticisme ». Il est bon de rappeler que l’agnostique n’est pas un athée. L’athéisme nie l’existence de Dieu. L’agnostique se questionne sur son existence. C’est quelqu’un qui doute. Il pose des questions. On ne lui fera pas gober n’importe quoi.
Depuis 2023, je dis : « Je suis chrétien… Je suis un chrétien de tradition catholique. Oui, je crois ! Mais pas en n’importe quoi ! ».
Ainsi donc, à presque 60 ans, l’image que j’ai de Dieu et de Jésus n’est plus celle de mon enfance, de mon adolescence et de celle que mes parents m’ont transmise. Au fil des ans, il m’a fallu à quelques occasions abandonner Dieu pour mieux le trouver ou le retrouver.
Et je sais déjà que lorsque je serai un centenaire, mes certitudes actuelles n’auront plus la même saveur qu’aujourd’hui.
Si je me fie à plusieurs grands psychologues, comme Erik Erikson, mon cheminement spirituel et religieux est normal et sain.
Ils nous enseignent que l’homme et la femme passent par des étapes de développement à mesure qu’ils mûrissent. D’ailleurs, les grands mystiques catholiques ont enseigné la même chose pendant des siècles. C’est ce qui a conduit à des concepts comme les voies purgative, contemplative et unitive. De plus, plus près de nous, des auteurs spirituels comme James Fowler ont utilisé la psychologie moderne pour enrichir notre compréhension du développement spirituel.
Si on simplifie les choses à leur plus simple expression, le développement spirituel comporte trois grandes étapes : 1– Le détournement de nos mauvais penchants ou de nos péchés ; 2– La pratique de la vertu ; 3– Se sentir embrassé par l’amour divin. Ces étapes ne sont pas fermes, mais plutôt des périodes d’accentuation. Il y a une fluidité entre les trois. Selon les étapes de notre existence, nous serons plus ou moins dans l'une ou l’autre.
Malheureusement, bien des gens s’attardent à la première étape. On doit rapidement en venir à se focaliser sur la pratique de la vertu. Il faut passer du négatif au positif. On doit passer de « Comment puis-je arrêter de pécher ? » à « Comment puis-je être un meilleur chrétien ? »
Lorsqu’on prie et on lit les Évangiles, on ne se concentre pas sur le péché, mais sur Jésus comme la personne qu’on veut suivre et imiter : « Que puis-je faire pour plaire à Dieu ? » « Comment puis-je être meilleur ? »
La majorité des chrétiens passent la plus grande partie de leur vie dans cette étape du développement spirituel. Je ne suis pas un grand pécheur, mais pas non plus quelqu’un de parfait. Je tente d’être meilleur, même si j’échoue souvent. On fait ce qu’on peut.
Dans la troisième étape du développement, on ne se concentre pas sur soi, mais sur Dieu. En regardant Jésus dans les Évangiles, on verra une personne qui ne se contente pas de dire aux gens d’arrêter de pécher et de le suivre. On découvre plutôt quelqu’un de merveilleux qui nous parle de son Père, qui est aimant et compatissant. À cette étape du développement, on regarde les textes anciens pour constater à quel point Dieu est impressionnant et merveilleux.
Rendu là, l’acte de foi le plus difficile à faire est de croire que Dieu nous aime inconditionnellement et qu’il est un Dieu bienveillant.
Un auteur dont je ne me souviens plus du nom disait qu’à chaque étape du développement spirituel, notre vie de prière est différente. Dans la première étape, c’est surtout la contrition (je suis désolé), dans la deuxième étape, c’est surtout la supplication (aide-moi) et dans la troisième étape, c’est surtout l’action de grâce et l’adoration (Tu es incroyable, mon Dieu).
Dans la dernière étape du développement spirituel, on tombe véritablement amoureux et on s’engage. En vieillissant, mon dialogue avec le bon Dieu se résume de plus en plus à l’essentiel : « Salut ! Je suis là ! Merci d’être là, toi aussi ! Je t’aime, tu le sais bien… »
Pour produire de bons fruits spirituels, il est important de travailler à son développement. Pour reprendre Jésus, « le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ». En d’autres termes, le bonheur ou le trésor sera donné à celui qui travaille à le trouver. N’oublions pas, la vie est une course au trésor. Elle nous conduit vers lui dans la mesure où on se donne les moyens de le trouver. (Mt 21,33-43. 45-46)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: François, l'évêque ressuscité
Benoît Voyer
« L'assassinat de mon ami Raoul Léger, avec qui j'ai travaillé au Guatemala, a engendré dans ma vie et dans ma foi une grande période d'obscurité. Ce fut une terrible épreuve pour moi. J'ai douté jusqu'à remettre en question mon apostolat. »
Le doute est une réalité humaine. Chaque saint a vécu des périodes d'obscurité au fil de son existence. Quelques jours après la résurrection de Jésus, Thomas a été un des premiers à douter de ce qu'affirmaient les gens. « Si je ne vois pas, [...] je ne croirai pas » (Jn 20,25) Croire en la résurrection du maître n'est pas toujours facile. Qu'est-ce que la résurrection? Comment faire un acte de foi en période de doutes? Jésus est-il vraiment revenu à la vie, en chair et en os? Mgr François Lapierre, évêque catholique de Saint-Hyacinthe, tente de donner quelques pistes pour vivre à plein au cœur de l'expérience chrétienne.
Qu'est-ce que la résurrection?
C'est « être vivant »! C'est ce qu'affirme les évangiles. « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts? » (Lc 24,5)
Cette réalité ne se vit pas uniquement lors de notre passage de la vie à trépas au terme de notre chemin humain. Nous la vivons déjà durant notre existence quotidienne. Toute personne vit des moments de mort et de résurrection. Au moment des ténèbres que nous traversons, au moment où nous croyons qu'il n'y a plus rien de possible, il y a toujours l'espérance d'une vie nouvelle. Déjà cette espérance est très présente dans les psaumes. Je dois vous avouer que c'est ce qui soutient ma foi.
Cela est le sens philosophique de la résurrection. Après la pluie, vient toujours le beau temps. Au bout d'un long tunnel obscur, il y a toujours la lumière qui nous attend...
Pour représenter la résurrection, j'aime l'image de l'enfant qui vient au monde Lorsqu'il naît, il y a rapidement une rupture avec la mère. Ainsi, nous vivons une expérience nouvelle. La résurrection chrétienne c'est faire l'expérience de devenir une nouvelle création dans le Christ. J'aime beaucoup cette pensée de Pascal : « Quelle raison ont-ils de dire qu'on ne peut ressusciter? Quel est plus le difficile, de naître ou de ressusciter, que ce qui n'a jamais été soit, ou que ce qui a été soit encore? [...] La coutume nous rend l'un facile, le manque de coutume rend l'autre impossible: populaire façon de juger! » (Pascal, Pensées, 222-882) Son questionnement est intéressant : Celui qui a créé le monde peut aussi nous re-créer!
Thomas dit avoir touché concrètement à Jésus après sa mort. Cela pose un doute pour l'intelligence. Est-ce que vous êtes à l'aise avec son affirmation?
Jésus lui dit « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru ». Je crois fermement que nous sommes appelés à vivre cette béatitude des gens qui ne l'ont pas vu et qui sont appelés à la foi. Cependant, on peut penser que cette foi ne repose pas uniquement sur une réalité vraiment rationnelle ou logique parce que toute la spiritualité chrétienne nous invite à ressusciter chaque jour, à vivre la résurrection au quotidien.
Voici une autre image de la résurrection que j'aime beaucoup. À la fin d'une journée de ma vie, il m'arrive d'être très fatigué. Je me couche et je ne fais rien pendant huit heures. Le matin, je me réveille reposé. L'Écriture nous parle à plusieurs reprises de la résurrection comme d'un réveil.
Peut-on faire ce parallèle avec la réalité de la résurrection du Christ qui est le fondement du christianisme?
Ces images sont des réalités qui peuvent nous aider à découvrir le mystère de la résurrection et à le vivre au présent.
La grande question n'est pas seulement de la vie après la mort, mais de la vie avant la mort. Nous avons à nous soucier de la qualité de cette vie. C'est là que l'expérience chrétienne, quand elle est bien vécue, devient une expérience de vie. Tout le cheminement de la foi est un art de vivre. La résurrection c'est l'expérimentation de la vie en abondance
Revenons à Thomas. Est-ce qu'il a vraiment touché le Christ en chair et en os? Est-ce qu'il serait plus simple pour l'intelligence d'affirmer que c'était un corps métaphysique?
C'est le corps du Christ ressuscité.
Comment décrire ce corps du Christ ressuscité?
C'est une réalité qui dépasse notre entendement. La résurrection n'est pas simplement comme dans le cas de Lazare un retour à la vie antérieure. Lazare a été réanimé.
La résurrection est une nouvelle création, c'est une réalité nouvelle qui dépasse notre raisonnement humain.
Est-ce que nous pourrions comparer la résurrection du christ à une apparition?
Vous avez bien compris. C'est un phénomène mystique. Ce n'était plus le corps de chair du Seigneur. C'était son corps transformé, ressuscité.
Sans vouloir amenuiser l'importance de la nécessité d'une compréhension rationnelle de ce phénomène, je pense c'est une réalité qui se comprend surtout avec le cœur.
Comment surmonter le doute?
Le récit de la rencontre du Christ avec les disciples d'Emmaüs vous donne la recette. Il faut commencer par se mettre en route. En marchant, Jésus se présente et engage un dialogue à l'aide des Écritures. La Parole de Dieu a le pouvoir d'animer ou de réanimer un élan en soi. Parfois, il faut juste une parole.
Les étapes de leur cheminement nous montrent que la première chose qui ressuscite, c'est le cœur. Il s'ouvre à de nouvelles capacités. Une nouvelle espérance s'installe. L'amour qui renaît nous amène à nous engager davantage au service des autres et à pardonner.
De plus, les jours saints que nous vivrons dans peu de temps peuvent être une source pour retrouver l'élan. Par cette commémoration du passage de Jésus de l'épreuve à la mort et de la mort à la vie nouvelle, chacun célèbre ses vendredis saints et ses matins de Pâques.
Qu'est-ce qu'il faut penser du doute?
Il est normal de douter et de passer par des périodes ténébreuses. Les plus grands saints sont passés par des périodes de grande obscurité. Ce sont des étapes charnières dans notre vie. Elles ne se traversent pas toujours avec les âges de la vie.
Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de ces périodes de doutes?
[Il fait silence. Il scrute du regard les yeux du journaliste. Il comprend que la question a pour principal but d'aider son interlocuteur à traverser ses propres doutes. D'une voix mi éteinte, comme lorsqu'on confie un grand secret, il poursuit…]
L'assassinat de mon ami Raoul Léger, avec qui j'ai travaillé au Guatemala, a engendré dans ma vie et dans ma foi une grande période d'obscurité. Ce fut une terrible épreuve pour moi. J'ai douté jusqu'à remettre en question mon apostolat.
Il y a quelques mois, lors de la présentation du nouveau film de l'ONF qui porte sur sa vie, j'ai vu un parallèle entre celle-ci et celle de Jésus. Raoul n'avait que 30 ans.
Pourquoi avez-vous douté?
C'est toujours la question du pourquoi qui hante l'esprit, surtout lorsqu'on a l'impression d'avoir été fidèle à l'appel reçu et qu'on a donné le meilleur de soi-même. J'ai beaucoup questionné Dieu.
Qu'est-ce que l'épreuve a transformé en vous?
L'expérience a été pour moi un tournant important. J'ai découvert une réalité nouvelle dans la spiritualité. Elle n'est pas une fuite, mais un au-delà. J'ai découvert une lumière dans ma nuit. C'est difficile à exprimer. C'est une expérience qui s'explique difficilement avec des mots. Si je n'avais pas vécu cet événement, mon cheminement n'aurait pas été le même. Après quelques pas dans la nuit, j'ai vu le soleil se lever. J'ai vécu l'expérience d'une vie nouvelle. La résurrection c'est le soleil qui se lève après la nuit obscure.
(Revue Sainte Anne, avril 2003, page 153)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mgr Raymond Dumais veut redevenir laïc
Par Benoît Voyer
RIMOUSKI - L'évêque émérite de Gaspé, Mgr Raymond Dumais, a créé une commotion chez les catholiques canadiens en annonçant qu'il demande au Vatican d'être relevé de ses fonctions épiscopales et presbytérales, après 26 années de services, afin de retourner au laïcat. Par la suite, il souhaite unifier sa vie par les liens du sacrement du mariage à celle qu'il aime et avec qui il partage sa vie dans la municipalité du Bic.
Interviewé par le journaliste Harold Michaud de la station CJBR, la filiale de la Première chaîne de Radio-Canada à Rimouski, il a confié que sa décision ne remet pas en question sa position au sujet du célibat des prêtres.
« Je suis toujours en faveur du célibat des prêtres. Ce n'est pas parce que moi je ne peux pas le vivre que je renie la discipline ecclésiale et que je ne reconnais pas que les prêtres ne la vivent pas honnêtement », a expliqué cet homme qui insiste pour qu'on l'appelle maintenant « Monsieur Dumais », malgré qu'il soit encore officiellement évêque.
Si sa demande est acceptée par la curie vaticane, il sera le premier évêque canadien à quitter le célibat apostolique.
Aux États-Unis, deux prêtres ont « défroqué », il y a 30 ans. James Shannon, évêque de Minneapolis de 1965 à 1968, et Bernard Kelly, évêque de Providence de 1963 à 1971. Leurs parcours sont similaires à celui de Raymond Dumais.
James Shannon, notamment, a quitté parce qu'il n'était pas en accord avec l'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI, publiée le 25 juillet 1968. Comme Bernard Kelly, il s'est marié. Les deux sont devenus avocats. M. Shannon a maintenant 81 ans et habite Minneapolis avec sa femme Ruth Wilkinson qu'il a épousée en 1968.
Raymond Dumais a quitté sa charge d'évêque de Gaspé en juillet 2001 pour cause d'épuisement professionnel. Il décidait ainsi d'écouter les recommandations de son médecin en procédant à un changement dans son rythme de vie parce que sa charge épiscopale était devenue trop lourde pour ses capacités physiques et psychologiques.
En août 2000, il avait pris congé de ses diocésains pour sept mois de repos.
En 1994, le journal L'Informateur catholique a failli faire dérailler la nomination au poste d'évêque de l'abbé Raymond Dumais en révélant qu'il était l'un des signataires d'une lettre ouverte qui dénonçait l'encyclique Veritatis Splendor. Dumais avait dû se rendre au Saint-Siège pour donner des explications. Au Canada, l'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) déclarait qu'il s'agissait d'une simple opinion ayant pour but d'alimenter le débat. Sa consécration avait été retardée d'un mois. Il a été élevé à l'épiscopat le 20 mai 1994.
Né le 4 juin 1950 à Amqui et ordonné prêtre le 26 juin 1976, il est actuellement chargé de cours, c'est-à-dire professeur, à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et consultant bibliste. Il y a quelques mois, Mgr Jean Gagnon lui a succédé à la tête du diocèse gaspésien.
(Revue Sainte Anne, mars 2003, page 112)
VISION CATHOLIQUE: Le pape en Afrique du 13 au 23 avril
Par Benoit Voyer
3 mars 2026
Le pape Léon se rendra en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale du 13 au 23 avril. Ce sera la première fois qu’un pape foule le sol de l’Algérie. Sa présence en ce lieu sera très observée et donnera le ton au reste de son périple.
Pour l’évêque de Rome, l’Afrique n’est pas un terrain inconnu. Avant son élection, lorsqu’il était à la tête des Augustiniens, Robert Francis Prevost avait multiplié les déplacements pour y visiter les communautés de son ordre religieux. Il profitait de ses séjours pour soutenir des initiatives locales, notamment au Nigeria. Dans ce pays, des religieuses augustiniennes étaient engagées contre les mutilations génitales féminines. Il n’attendait pas les influences du Vatican pour bouger. La méthode du père Prévost a toujours été de « soutenir ce qui naît sur place ».
Le Vatican a également confirmé que le pape Léon se déplacera à Monaco le 28 mars et fera un voyage en Espagne, à Madrid, Barcelone et dans les îles Canaries, du 6 au 12 juin.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez-nous
Par Benoît Voyer
Les Canadiens sont moins religieux que les Américains
Selon un sondage international, 30% des Canadiens affirment que la religion est très importante pour eux, alors que ce chiffre atteint 59% chez leurs voisins américains. En France et en République Tchèque, seulement 11% des habitants accordent une telle importance à la religion, alors qu'ils sont 12% au Japon, 21% en Allemagne, 27% en Italie et 33% en Grande-Bretagne. À l'opposé, 97% des Sénégalais se disent très religieux. Trente-huit mille personnes parlant 46 langues ont participé à ce sondage. En Chine, il n'a pas été possible de questionner la population.
Divorces à la hausse
Pour une troisième année consécutive le taux de divorces est à la hausse au Canada. Ainsi, 71 000 couples ont mis fin à leur relation, soit une hausse de 0,3% par rapport à 1999 et de 3% par rapport à 1998. Statistiques Canada indique que c'est dans la première année de mariage qu'il y a le moins d'échec conjugaux, avec moins d'un divorce pour 1000 unions matrimoniales. Après le quatrième anniversaire d'engagement, le taux de divorces est de 25,5 pour 1000 mariages.
Entente : sévices sexuels
Le gouvernement du Canada et l'Église anglicane du Canada indemniseront les victimes de sévices sexuels et physiques dans les pensionnats amérindiens entre 1940 et 1970. L'Église anglicane versera 25M$, c'est-à-dire 30% de ce qui est réclamé par les victimes. Ottawa versera les 70% qui restent. Plus de 12 000 membres des premières nations recevront une compensation financière.
Baisse du nombre d'agriculteurs
Selon Statistiques Canada, le nombre d'exploitants agricoles a diminué de 10,2% au Canada, entre 1996 et 2001. Chez les producteurs de moins de 35 ans, la baisse est du tiers.
Mgr Drainville marche sur les eaux
L'évêque d'Amos, au Québec, s'est prononcé en faveur de l'instauration du parc hydrique de Saint-Mathieu-d'Harricana. « L'avenir de Saint-Mathieu passe par la protection de l'eau. Il faut avoir à cœur la création et les biens communs dont nous sommes responsables, tous ensemble. En faisant fermer les gravières, certains se sont fait enlever une partie de leur gagne-pain, mais il faut penser au bien commun. Entretenir cette idée, c'est faire de la grande politique », a dit cet homme qui possède une formation de biologiste. Selon lui, le projet poursuit trois objectifs, soit la protection de l'eau et de l'environnement, l'éducation et la sensibilisation à l'importance de cette ressource et le développement récréo-touristique.
Le nouvel évêque de Gaspé
Les diocésains de Gaspé ont procédé à l'accueil de leur nouvel évêque, Mgr Jean Gagnon, le 17 janvier, à la cathédrale gaspésienne dédié au Christ-Roi. C'est Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, qui a présidé cette célébration spéciale. Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique au Canada, était présent à l'événement.
Paul Martin ramasse des dollars pour sa paroisse
L'ex-ministre Paul Martin, candidat à la succession du premier ministre Jean Chrétien, est le président d'honneur de la campagne de financement de la paroisse Saint-Jean-de-Matha à Montréal, la communauté chrétienne qu'il fréquente régulièrement. « Je connais fort bien cette paroisse et surtout ses paroissiens. J'admire la congrégation des Pères Trinitaires qui, depuis des générations, ont su vulgariser cette foi et ses valeurs humaines », a-t-il lancé lors d'un dîner bénéfices qui a eu lieu en décembre. En plus de son implication, M.Martin a remis un important don au père Marc Allaire pour les travaux de réfection de l'église de la rue Allard, à Montréal.
Nouveau document de l'AÉQ
L'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) vient de publier le document Orientations pour la formation à la vie chrétienne.
Rénovations à l'Oratoire Saint-Joseph
Le gouvernement du Québec injectera 8M$ dans les projets de rénovations de l'Oratoire Saint-Joseph dans le cadre du grand projet de remise en beauté du lieu de culte qui en coûtera 45M$. L'argent servira surtout à la réfection des accès du centre de pèlerinages. La basilique, la crypte et les édifices avoisinants demeureront intacts. Lors de l'annonce de la subvention, le ministre des Affaires municipales du Québec, André Boisclair, a lancé : « La France à Notre-Dame de Paris et le Sacré-Cœur de Montmartre. Montréal a l'Oratoire St-Joseph. » Le projet s'inscrit dans le cadre des préparatifs au centenaire de l'Oratoire qui aura lieu en 2004.
Communication et société
L'organisme Communication et Société, qui joue le rôle d'Office des communications sociales pour les francophones du Canada, a tenu une journée d'études à Montréal, le 21 février, afin de réfléchir à la place de l'Église sur la place publique. La rencontre visait à réfléchir aux atouts que les catholiques ont en poche pour mieux diffuser leurs valeurs dans la société.
Restauration de l'orgue à Saints-Anges-Gardiens de Lachine
D'ici la fin de 2003, la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de l'arrondissement Lachine, à Montréal terminera la deuxième phase de la restauration de l'orgue de son église. Les travaux consistent à transférer un grand nombre de tuyaux de chaque côté du vitrail et à rajouter 85 trompettes en chamade. Les travaux sont possibles grâce à une subvention de 150 000$ de la Fondation du patrimoine religieux du Québec et à plusieurs petits dons de fondations privées et de nombreux donateurs. L'arrondissement de Lachine a donné 25 000$.
Filles de la Sagesse
Fondée en 1703, la congrégation des Filles de la Sagesse célèbre en 2003 son 300e anniversaire de fondation. Elles sont arrivées au Canada en 1884 pour œuvrer dans les hôpitaux. Leur première affectation fut l'hôpital Sainte-Justine à Montréal. Autour de la planète la communauté regroupe 2500 femmes dans 23 pays sur cinq continents. Leur site Internet est www.sagesse.ca
Guy Levac est promu
Depuis le 1er janvier, Guy Levac, adjoint administratif principal et directeur des communications de l'archidiocèse d'Ottawa, est devenu directeur général de l'administration diocésaine. C'est donc lui qui veille maintenant à l'administration des affaires quotidiennes de la juridiction canonique et à la responsabilité des cimetières catholiques du diocèse.
Les évêques déménagent
Après 44 ans sur la rue Parent à Ottawa, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) est déménagée, à la mi-décembre, au 2500, Promenade Don Reid, à Ottawa, en Ontario.
Mgr Ernest Léger
L'ex-archevêque catholique de Moncton, au Nouveau-Brunswick, Mgr Ernest Léger, est devenu vicaire à la paroisse anglophone Resurrection of Our Lord à Ottawa, en Ontario.
Nouvelle paroisse catholique
Depuis le 1er décembre, le quartier de Barrhaven, à Ottawa, a une nouvelle communauté catholique anglophone. L'abbé William Penney est le premier curé de cette paroisse qui, jadis, en comptait cinq.
40e anniversaire du concile Vatican II
Afin de souligner le 40e anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II, l'archevêque d'Ottawa, Mgr Marcel Gervais, a remis des honneurs pontificaux à quatre personnes de son diocèse. Il s'agit de Danielle Bourgie, du diacre permanent Gérard-E. Brunelle, de sœur Jean Goulet, c.s.c. et de Heribert Riesbe
Les Spiritains
Cette année, la communauté religieuse des Spiritains célèbre son 300e anniversaire de fondation. La communauté veut continuer à s'impliquer dans la lutte contre la pauvreté et elle souhaite élargir son champ d'action hors de l'Afrique. Actuellement plus de 600 jeunes africains se préparent à l'engagement spiritain.
Nouveau livre pour Mgr Plourde
L'archevêque émérite d'Ottawa, Mgr Joseph-Aurèle Plourde, vient de publier chez Fides le livre Pour vivre pleinement sa foi.
Cours universitaire sur Internet
L'Université Saint-Paul d'Ottawa offre maintenant des cours universitaires sur Internet. Depuis le début de janvier, le professeur Guy Marchessault y donne la série « Médias et foi chrétienne, deux univers culturels à concilier; divergences et convergences ».
Mgr Marc Ouellet visite le pape
Le 14 décembre, le pape a reçu en audience privée le nouvel archevêque de Québec, Mgr. Marc Ouellet. Il était en séjour dans la Cité du Vatican pour participer à la Commission pontificale pour la promotion de l'unité chrétienne. Le nouvel archevêque québécois a été introduit dans son diocèse le 26 janvier, en après-midi, à la basilique Notre-Dame, située en plein cœur du Vieux-Québec.
(Revue Sainte Anne, mars 2003, pages 107 à 110)
SANTÉ: Les femmes et leurs douleurs
Par Benoit Voyer
2 mars 2026
Lorsqu’un homme a une vilaine grippe, les femmes sourient en leur disant : « Ce n’est vraiment pas drôle une grippe d’homme, hein ! » Messieurs, vous pourrez maintenant vous faire taquins envers elles. Vous pourrez dire : « Je sais que ce n’est pas dans ton imaginaire et que tu as vraiment mal. Ce n’est vraiment pas jojo les petits bobos féminins ! » Bien qu’il n’y ait rien de prouvé au sujet de « la grippe d’hommes », c’est une autre affaire pour les douleurs de la gent féminine.
En effet, les femmes sont plus exposées à certaines douleurs chroniques que les hommes – notamment plus de céphalées (comme la migraine) et la fibromyalgie – en raison d’une différence dans leur système immunitaire. C’est ce que révèle une récente étude américaine publiée dans Science Immunology. La nouvelle a été reprise par plusieurs médias, dont Le Figaro et La Croix.
Les douleurs féminines proviendraient notamment d’une moins bonne efficacité de leur système immunitaire à la résolution de la douleur. À ce chapitre, la génétique masculine est mieux équipée.
Au Figaro, Geoffroy Laumet, professeur de physiologie à l’université d’État du Michigan (États-Unis) et auteur de l’étude, rappelle que « les femmes représentent 60 % à 70 % des patients souffrant de douleurs chroniques […] Elles ont plus de risques d’en développer après une même blessure et ont besoin de doses plus élevées de morphine pour obtenir le même effet. Pourtant, il existe encore une forme de discrimination. Certaines femmes se voient encore reprocher d’exagérer leur douleur. Or, notre étude montre que cette différence est physiologique, inscrite dans le système immunitaire. »
On a découvert qu’un certain type de globules blancs essentiels au système immunitaire libère une molécule faisant taire les neurones sensibles à la douleur dans les tissus blessés. Les chercheurs ont observé que ce mécanisme est plus prononcé chez les mâles, et l’expliquent par la présence de la testostérone. Cette hormone sexuelle masculine « favoriserait » la production de globules blancs, qui sont associés à la molécule soupçonnée de calmer les neurones. On a fait la même observation chez des patients humains ayant subi un traumatisme physique. Le niveau de ce type de globules blancs dans le sang était bien plus élevé chez l’homme.
L’ibuprofène ou l’aspirine demeurent de bons moyens pour effacer les douleurs aiguës. Ce n’est toutefois pas le cas pour les douleurs chroniques.
Il s’agit d’une découverte qui permettra de développer de nouveaux traitements contre la douleur chez les femmes.
Plus de détails dans Le Figaro
https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20260227/281689736292151
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Raid Fahmi
Raid Fahmi
Raid Fahmi est condamné à mort. Malgré qu'il soit en exil depuis près de 30 ans, Hussein aimerait bien lui mettre la main au collet. Un retour en Irak, le pays qui l'a vu naître, lui vaudrait d'horribles persécutions qui le conduiraient inévitablement à la mort. Professeur d'économie à Paris, il milite en faveur d'un retour à la démocratie dans sa patrie. En plus d'avoir collaboré à la création de plusieurs organisations humanitaires au Kurdistan, pays voisin de l'Irak, il est rédacteur en chef de la revue culturell progressiste irakienne « Al Thakafa Al Jadida » (La nouvelle culture), un magazine engagé vendu dans plusieurs kiosques à journaux d'Europe et qui, régulièrement, traverse clandestinement la frontière irakienne.
Par Benoît Voyer
Raid Fahmi, en quelle année et pourquoi avez-vous fui votre pays?
J'ai quitté l'Irak en 1979 parce que je m'oppose au régime de Parti Baas, la formation politique de Saddam Hussein. Ma lutte est en faveur de la démocratisation du pays.
Le régime Hussein exige que tous soient membres du parti. Puisque j'ai longtemps travaillé pour le gouvernement, je me suis opposé à cette idée. Tous ceux qui ont fait comme moi se sont exposés à de sévères représailles. Ils ont été arrêtés et torturés. D'ailleurs, toute forme d'opposition est passible de sanctions. J'ai quitté mon pays clandestinement.
Si vous étiez resté en Irak, qu'est-ce qui vous attendait?
J'aurais été arrêté. Si j'avais résisté, la torture aurait durée jusqu'à la mort.
Quelles sortes de tortures inflige Saddam Hussein?
Laissez simplement aller votre imagination et dites-vous que le régime de Saddam Hussein l'inflige ... torture électrique et à l'aide d'instruments, frappes physiques, tourments psychologiques et, plus encore, il va jusqu'à menacer les proches et la famille. Je ne veux pas vous effrayer! Je fais juste vous résumer ce qui est arrivé à plusieurs de mes amis.
Est-ce qu'ils ont résisté?
Certains n'ont pas été capables. Ils ont dû signer des engagements afin de renier appartenir à un autre parti politique que Baas et ils ont dû accepter de devenir membres du parti. Au meilleur des cas, ils ont renoncé à toutes formes d'actions politiques ou syndicales.
Est-ce que votre famille a subi des représailles?
Mon frère qui a milité dans un mouvement étudiant qui s'opposait au pouvoir a dû abandonner le mouvement. Depuis ce temps, il est régulièrement convoqué par les services de renseignements. Dernièrement, ils cherchaient à savoir s'il a eu de mes nouvelles. Il a répondu qu'il n'a pas de contact avec moi depuis que j'ai quitté l'Irak.
De quelle manière obtenez-vous de ses nouvelles?
Tout se fait par des intermédiaires. Je ne peux pas parler ou écrire à ma famille depuis mon départ sinon il y aura des répercussions nuisibles pour leur vie.
Pourquoi continuez-vous votre action politique après tant d'années?
Parce que je poursuis toujours l'objectif de travailler à la démocratisation de l'Irak, que mon peuple vive une prospérité économique et qu'il soit en paix avec le reste de la planète. L'action militante est l'affaire de toute ma vie. J'ai commencé à l'âge de 20 ans, soit une dizaine d'années avant de quitter l'Irak.
Est-ce que vous menez ce combat à cause d'une blessure que vous portez en vous?
Non. Lorsque je me suis engagé dans cette voie, je savais qu'elle m'amènerait des conséquences difficiles et que je risquais la prison. J'estime avoir toujours travaillé pour une juste cause et elle mérite que je continue le combat à partir de Paris. C'est ma manière de contribuer à l'avancement de mon pays.
Est-ce que vous voyez des résultats concrets de votre militantisme?
Nous avons créé des cercles d'opinions qui grandissent et qui prennent conscience que l'Irak est actuellement au centre de l'intérêt international. Nos idées font du chemin. Comme nous, l'ONU et l'Assemblée des Nations constatent que l'Irak mérite un meilleur régime politique.
Est-ce que Saddam Hussein pourrait éventuellement accepter de quitter la direction du pays?
J'en douterais. Saddam n'a pas l'habitude d'abandonner la partie. Cependant, si la tension continue de s'intensifier jusqu'à un point où les menaces d'interventions militaires soient réelles et que des cercles de pouvoir commencent à s'inquiéter de leur sort, alors il y aura une combinaison d'éléments qui pourrait le déloger, mais, au moment où nous nous parlons, cela est peu probable
Vous affirmez donc que Saddam Hussein restera au pouvoir
Il restera au pouvoir sauf si les Américains encouragent, comme ils le font habituellement, l'entourage de Saddam à se séparer de lui. En ce moment, on voit à quel point les Américains sont déterminés à déstabiliser Hussein. Ils ne lui laissent pas beaucoup de portes pour s'en sortir.
Est-ce que Saddam Hussein est une menace pour la paix mondiale?
Il est plutôt une menace pour le peuple irakien. Il a démontré, à l'occasion de quelques guerres qu'il a menées, que ses victimes sont souvent ses propres soldats. Pour ce qui est de l'actuel conflit, il va éviter de poser des menaces aux pays de sa région et sur le plan international. Ce n'est vraiment pas dans son intérêt.
Pourquoi?
Son régime militaire n'est pas suicidaire. Il constate que la survie de son pouvoir pourrait être en jeu. Il va donc éviter toutes formes d'actions qui pourraient précipiter une intervention militaire internationale et provoquer la fin de son pouvoir.
Il n'y aura donc pas de guerre...
Cette question est différente de la dernière. Pour arriver à cette conclusion, il faut découvrir ce que veulent exactement les États-Unis. Est-ce qu'ils désirent uniquement le désarmement de l'Irak? Si c'est le cas, ils iront peut-être plus loin que des inspections. Si l'objectif est un changement de régime politique, alors ce ne sera pas seulement le désarmement du pays qui comptera. Les Américains chercheront à savoir dans quelle mesure le processus de désarmement favorisera le changement de régime. Et s'ils ne réussissent guère à obtenir ce qu'ils veulent, alors la guerre en Irak sera un recours pour en finir avec Saddam Hussein.
Est-ce que le pétrole est l'enjeu fondamental des problèmes des Américains avec l'Irak?
Bien entendu, mais je n'affirmerai pas que le pétrole explique tout. Le régime irakien est prêt à signer tous les contrats d'approvisionnement que les États-Unis voudront. Il n'y a pas d'objections majeures dans ce dossier.
La question est que, si les Américains signent des contrats, une partie des recettes vont servir le régime. Elles pourraient renforcer économiquement Saddam. Dans cette perspective, il m'apparaît évident que les États-Unis ne veulent pas d'un tel partenariat d'affaires. Ils cherchent d'autres partenaires.
C'est pour cette raison qu'un changement de régime politique en Irak est une solution à l'économie américaine et, aussi, une solution stratégique. D'ailleurs, celle-ci ne se limite pas uniquement à l'Irak, mais à toute la zone arabe.
L'homme que Saddam Hussein aimerait exécuter
« L'action militante est l'affaire de toute ma vie. J'ai commencé à l'âge de 20 ans, soit une dizaine d'années avant de fuir l'Irak. »
Raid Fahmi est condamné à mort. Malgré qu'il soit en exil depuis près de 30 ans, Hussein aimerait bien lui mettre la main au collet. Un retour en Irak, le pays qui l'a vu naître, lui vaudrait d'horribles persécutions qui le conduiraient inévitablement à la mort. Professeur d'économie à Paris, il milite en faveur d'un retour à la démocratie dans sa patrie. En plus d'avoir collaboré à la création de plusieurs organisations humanitaires au Kurdistan, pays voisin de l'Irak, il est rédacteur en chef de la revue culturell progressiste irakienne « Al Thakafa Al Jadida » (La nouvelle culture), un magazine engagé vendu dans plusieurs kiosques à journaux d'Europe et qui, régulièrement, traverse clandestinement la frontière irakienne.
Par Benoît Voyer
Raid Fahmi, en quelle année et pourquoi avez-vous fui votre pays?
J'ai quitté l'Irak en 1979 parce que je m'oppose au régime de Parti Baas, la formation politique de Saddam Hussein. Ma lutte est en faveur de la démocratisation du pays.
Le régime Hussein exige que tous soient membres du parti. Puisque j'ai longtemps travaillé pour le gouvernement, je me suis opposé à cette idée. Tous ceux qui ont fait comme moi se sont exposés à de sévères représailles. Ils ont été arrêtés et torturés. D'ailleurs, toute forme d'opposition est passible de sanctions. J'ai quitté mon pays clandestinement.
Si vous étiez resté en Irak, qu'est-ce qui vous attendait?
J'aurais été arrêté. Si j'avais résisté, la torture aurait durée jusqu'à la mort.
Quelles sortes de tortures inflige Saddam Hussein?
Laissez simplement aller votre imagination et dites-vous que le régime de Saddam Hussein l'inflige ... torture électrique et à l'aide d'instruments, frappes physiques, tourments psychologiques et, plus encore, il va jusqu'à menacer les proches et la famille. Je ne veux pas vous effrayer! Je fais juste vous résumer ce qui est arrivé à plusieurs de mes amis.
Est-ce qu'ils ont résisté?
Certains n'ont pas été capables. Ils ont dû signer des engagements afin de renier appartenir à un autre parti politique que Baas et ils ont dû accepter de devenir membres du parti. Au meilleur des cas, ils ont renoncé à toutes formes d'actions politiques ou syndicales.
Est-ce que votre famille a subi des représailles?
Mon frère qui a milité dans un mouvement étudiant qui s'opposait au pouvoir a dû abandonner le mouvement. Depuis ce temps, il est régulièrement convoqué par les services de renseignements. Dernièrement, ils cherchaient à savoir s'il a eu de mes nouvelles. Il a répondu qu'il n'a pas de contact avec moi depuis que j'ai quitté l'Irak.
De quelle manière obtenez-vous de ses nouvelles?
Tout se fait par des intermédiaires. Je ne peux pas parler ou écrire à ma famille depuis mon départ sinon il y aura des répercussions nuisibles pour leur vie.
Pourquoi continuez-vous votre action politique après tant d'années?
Parce que je poursuis toujours l'objectif de travailler à la démocratisation de l'Irak, que mon peuple vive une prospérité économique et qu'il soit en paix avec le reste de la planète. L'action militante est l'affaire de toute ma vie. J'ai commencé à l'âge de 20 ans, soit une dizaine d'années avant de quitter l'Irak.
Est-ce que vous menez ce combat à cause d'une blessure que vous portez en vous?
Non. Lorsque je me suis engagé dans cette voie, je savais qu'elle m'amènerait des conséquences difficiles et que je risquais la prison. J'estime avoir toujours travaillé pour une juste cause et elle mérite que je continue le combat à partir de Paris. C'est ma manière de contribuer à l'avancement de mon pays.
Est-ce que vous voyez des résultats concrets de votre militantisme?
Nous avons créé des cercles d'opinions qui grandissent et qui prennent conscience que l'Irak est actuellement au centre de l'intérêt international. Nos idées font du chemin. Comme nous, l'ONU et l'Assemblée des Nations constatent que l'Irak mérite un meilleur régime politique.
Est-ce que Saddam Hussein pourrait éventuellement accepter de quitter la direction du pays?
J'en douterais. Saddam n'a pas l'habitude d'abandonner la partie. Cependant, si la tension continue de s'intensifier jusqu'à un point où les menaces d'interventions militaires soient réelles et que des cercles de pouvoir commencent à s'inquiéter de leur sort, alors il y aura une combinaison d'éléments qui pourrait le déloger, mais, au moment où nous nous parlons, cela est peu probable
Vous affirmez donc que Saddam Hussein restera au pouvoir
Il restera au pouvoir sauf si les Américains encouragent, comme ils le font habituellement, l'entourage de Saddam à se séparer de lui. En ce moment, on voit à quel point les Américains sont déterminés à déstabiliser Hussein. Ils ne lui laissent pas beaucoup de portes pour s'en sortir.
Est-ce que Saddam Hussein est une menace pour la paix mondiale?
Il est plutôt une menace pour le peuple irakien. Il a démontré, à l'occasion de quelques guerres qu'il a menées, que ses victimes sont souvent ses propres soldats. Pour ce qui est de l'actuel conflit, il va éviter de poser des menaces aux pays de sa région et sur le plan international. Ce n'est vraiment pas dans son intérêt.
Pourquoi?
Son régime militaire n'est pas suicidaire. Il constate que la survie de son pouvoir pourrait être en jeu. Il va donc éviter toutes formes d'actions qui pourraient précipiter une intervention militaire internationale et provoquer la fin de son pouvoir.
Il n'y aura donc pas de guerre...
Cette question est différente de la dernière. Pour arriver à cette conclusion, il faut découvrir ce que veulent exactement les États-Unis. Est-ce qu'ils désirent uniquement le désarmement de l'Irak? Si c'est le cas, ils iront peut-être plus loin que des inspections. Si l'objectif est un changement de régime politique, alors ce ne sera pas seulement le désarmement du pays qui comptera. Les Américains chercheront à savoir dans quelle mesure le processus de désarmement favorisera le changement de régime. Et s'ils ne réussissent guère à obtenir ce qu'ils veulent, alors la guerre en Irak sera un recours pour en finir avec Saddam Hussein.
Est-ce que le pétrole est l'enjeu fondamental des problèmes des Américains avec l'Irak?
Bien entendu, mais je n'affirmerai pas que le pétrole explique tout. Le régime irakien est prêt à signer tous les contrats d'approvisionnement que les États-Unis voudront. Il n'y a pas d'objections majeures dans ce dossier.
La question est que, si les Américains signent des contrats, une partie des recettes vont servir le régime. Elles pourraient renforcer économiquement Saddam. Dans cette perspective, il m'apparaît évident que les États-Unis ne veulent pas d'un tel partenariat d'affaires. Ils cherchent d'autres partenaires.
C'est pour cette raison qu'un changement de régime politique en Irak est une solution à l'économie américaine et, aussi, une solution stratégique. D'ailleurs, celle-ci ne se limite pas uniquement à l'Irak, mais à toute la zone arabe.
(Revue Sainte Anne, mars 2003, pages 105 et 125)
LE PRÉSENT DU PASSÉ:
Benoît Voyer
Décès de Mgr Thomas Fulton et de Mgr Jean-Marie Fortier
L'épiscopat canadien vient de perdre deux évêques à la retraite, Mgr Thomas Fulton, évêque émérite du diocèse de Sainte-Catherines, en Ontario, et Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque émérite de Sherbrooke dans la province québécoise. Mgr Fulton avait 84 ans et Mgr Fortier, 82 ans.
Dimanche Pro-Vie
Mgr Marcel Gervais, archevêque d'Ottawa, n'a pas tenu en janvier le traditionnel Dimanche Pro-vie. Pour 2003, il reporte l'événement en mai à l'occasion d'une Semaine pour la vie qui comprendra le Dimanche Pro-Vie le 25 mai, un banquet avec Alliance pour la Vie (Ontario) le 27 mai et la célébration diocésaine de la fête de la Visitation le 29 mai, à 19 h 30, à la Grotte de Lourdes à Vanier.
Les évêques canadiens chez le pape
En novembre, Mgr Jacques Berthelet, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada et évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, a conduit une délégation d'évêques canadiens au Vatican pour une série de rencontres annuelles avec les représentants du Saint-Siège. Il y a notamment eu des réunions à la Secrétairerie d'État, à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, à la Congrégation pour les Évêques, à la Congrégation pour l'Évangélisation des peuples, à la Congrégation pour l'Éducation catholique, à la Congrégation pour le Clergé, au Conseil pour les Laïcs, au Conseil « Justice et paix » et au Conseil pour le Dialogue interreligieux. Les évêques canadiens ont également été reçus par le pape Jean-Paul II, le 15 novembre
Nouveaux évêques auxiliaires
Jean-Paul II a nommé deux nouveaux évêques auxiliaires pour des diocèses canadiens. Mgr Donald Lapointe ira aider l'évêque de Saint-Jérôme, au Québec, et Mgr Robert Harris, celui de Sault Sainte-Marie, en Ontario. Mgr Lapointe est originaire de Disraéli, dans le diocèse de Sherbrooke. Quant à Mgr Harris, il est né à Montréal.
Un évêque démissionne
Le pape Jean-Paul II a accepté la démission de Mgr Colin Campbell, évêque d'Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Il se retire à cause de problèmes de santé
Messe de la Sainte-Cécile
Le 21 novembre à l'occasion de la fête de sainte Cécile, patronne des musiciens l'archevêque d'Ottawa, Mgr Marcel Gervais, a présidé une messe spéciale à la cathédrale Notre-Dame
Prix Communication et société
En novembre, Communication et société, organisme qui joue le rôle d'office des communications sociales pour les francophones du Canada, a remis ses prix littéraires pour le livre religieux. Les lauréats sont: Mgr Maurice Couture et Pierre Maisonneuve pour le livre « Maurice Couture. Encore un mot... »; L'abbé Jacques Otis, prêtre du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, pour « La vie en abondance, une relecture des évangiles pour aujourd'hui »; Le comédien Jean François Casabonne a reçu une mention spéciale pour son livre « Jésus de Chicoutimi »; et, Andrée Quiviger a également reçu une mention spéciale pour « Des petits d'éternité».
Pour les enfants qui souffrent de la faim
Le comédien, chanteur et auteur Guy Sévigny a jeûné, en novembre, à l'occasion de la semaine mondiale de l'enfant. Par ce geste, il voulait se montrer solidaire des 150 millions d'enfants qui souffrent de la faim sur la planète. Il a profité de cette semaine pour présenter, à la salle du ZEST à Montréal, la pièce « Pourtant quand je rêve ... », écrite par la juge Andrée Ruffo. Sévigny est le fondateur du Théâtre contre la violence. Le site Internet de l'organisme est : www.theatrecv.org
Centenaire des Sœurs des Saints-Cœurs de Jésus et de Marie au Canada
Jusqu'au 9 novembre 2003, les Sœurs des Saints-Cœurs de Jésus et Marie célèbrent leur centième anniversaire de présence à Joliette, au Québec. Pour souligner l'événement, diverses activités seront présentées au fil de l'année. C'est le 6 novembre 1903, sollicitées par le père Cyrille Beaudry, c.s.v., supérieur du Collège de Joliette, que ces religieuses viennent de Paramé/St-Malo (Bretagne, France) pour prendre en charge les services domestiques du Collège qui regroupait à l'époque près de 300 personnes. Depuis ce temps, elles sont actives dans plusieurs paroisses du diocèse.
Mariages homosexuels
La Conférence des évêques catholiques de l'Ontario (CECO) est très déçue de la décision de la Cour divisionnaire de l'Ontario qui demande que la définition du mariage soit modifiée afin d'inclure l'union de partenaires du même sexe dans le texte de la loi du mariage. Les évêques ontariens craignent qu'il y ait des répercussions négatives dans la province. Pour eux, cette décision déforme la nature fondamentale du mariage et de la famille. « Le temps est-il venu de faire connaître votre opinion à ce sujet à vos députés des paliers fédéral et provincial, si vous souhaitez préserver ce fondement de notre société. Nous vous demandons avec instance de le faire à votre façon et dans vos propres mots », écrivent-ils dans une lettre pastorale.
Nouveaux prêtres
Mgr Raymond Lahey, évêque du diocèse de Saint-Georges, à Terre-Neuve, a ordonné deux nouveaux prêtres pour son diocèse. Il s'agit de Roger Poblete et de Edmund Carnacho. Ils sont originaires des Philippines.
75e anniversaire des Sœurs Missionnaires du Christ-Roi
Le 28 octobre, les Sœurs Missionnaires du Christ-Roi célébreront leur 75 anniversaire sur le sol gaspésien. Sur les 213 membres de la communauté religieuse qui vivent autour de la planète, 84 sont des canadiennes. Trente religieuses proviennent de la Gaspésie et des îles-de-la-Madeleine et, sur ce nombre, une quinzaine sont encore actives dans les pays de mission. « Ces quelques chiffres vous prouvent que notre congrégation est encore bien vivante et que nous avons toutes le goût de continuer la mission », a dit Colombe Martin, supérieure générale de la congrégation, lors de l'ouverture de l'année jubilaire.
Nouveaux évêques au Québec
Le Québec compte maintenant deux nouveaux évêques. Mgr Marc Ouellet a été nommé archevêque de Québec. Il remplace Mgr Maurice Couture qui a donné sa démission, il y a quelques mois. Éventuellement, cette nomination pourrait l'amener à devenir Cardinal de Québec. Au diocèse de Gaspé, Mgr Jean Gagnon est devenu évêque du diocèse. Mgr Ouellet est originaire de Lamotte dans le diocèse d'Amos, au Québec. Quant à Mgr Gagnon, il est né à Saint-Joseph-de-Lauzon (Lévis), dans le diocèse de Québec.
(Revue Sainte Anne, février 2003, pages 59, 60 et 61)
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