UN PEU DE MOI : Le berceau de Sainte-Anne-de-La-Pocatière
Par Benoit Voyer
18 juillet 2026
Le 29 novembre 1669, dans la basilique Notre-Dame, à Québec, Marie-Anne Juchereau, fille de Nicolas Juchereau, seigneur de la Grande-Anse [1], et Marie-Thérèse Giffard, épouse François Pollet de la Combe Pocatière, maréchal des logis et capitaine réformé du régiment de Carignan-Salières. La célébration par l’abbé Charles de Lauzon.
Le 18 septembre 1670, Nicolas Juchereau rétrocède à son gendre une portion de terre à l'est de sa seigneurie, c’est-à-dire le fief Saint-Denis de Sainte-Anne.
François Pollet y décède accidentellement le 20 mars 1672. Marie-Anne devient propriétaire des terres cédées par son père à son défunt mari et, par concession, de la seigneurie de Saint-Denis. Les premiers colons arriveront sur le territoire de la seigneuresse à partir de 1674.
En 1678, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de la Nouvelle-France, crée, dans la région de Kamouraska, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, la paroisse de La Combe. L’endroit sera aussi appelé Grande-Anse, Sainte-Anne-du-Sud et Sainte-Anne-de-la-Grande-Anse. Le nom fait référence au fleuve qui, de la pointe Saint-Roch à la pointe de la rivière Ouelle, forme une anse d’environ 14 km.
De leur côté, les Amérindiens appelaient ce lieu Kamitsitsit ou Kannissigit, c’est-à-dire l'« endroit où il y a beaucoup de castors ».
En 1715, à la paroisse de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, on ouvre les registres où on commence à inscrire les baptêmes, les mariages et les sépultures. et on construit une chapelle de « colombage » de 60 pieds de long dans le secteur du « Haut Sainte-Anne ». La technique du « colombage » consiste à placer entre les solives des murs extérieurs des cailloux noyés dans le mortier ou de la glaise mêlée d’aigrettes. Pour la première fois, un prêtre s’installe à Sainte-Anne. Il s’agit de l’abbé Jacques de Lesclache.
Le recensement de 1723 rappelle qu’il y a, sur le domaine, une maison de pièces sur pièces de 30 pieds de long, une grange de 60 pieds de long, une écurie de 10 pieds de long, 120 arpents de terre labourable, 20 arpents de prairie, un moulin de pièces sur pièces de 25 pieds de long et une église de colombage de 60 pieds de long.
En 1731, on débute la construction d’une nouvelle église en pierre. Elle ouvrira au culte en 1735. Elle sera incendiée en 1766 et reconstruite sur les mêmes murs.
Jusqu’en 1800, le domaine seigneurial, le premier moulin banal et la première église sont situés dans le haut de Sainte-Anne. En cette année, on ouvre au culte une nouvelle église catholique située au centre de la paroisse.
À 1845, pour donner suite à l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada, on créera à cet endroit la municipalité de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, nom du bureau de poste du lieu depuis 1831. Le 1ᵉʳ janvier 1960, la municipalité sera scindée en deux afin de créer la municipalité de La Pocatière. En 2025, avec Saint-Onésime-d’Ixworth, ils redeviendront une même ville.
La petite chapelle sur le site du Berceau de Sainte-Anne a été construite par la Société Saint-Jean-Baptiste en 1952 avec des pierres de l’ancienne église. Autour de la petite chapelle reposent 1512 hommes et femmes inhumés du 8 février 1715 au 5 octobre 1799. En réalité, ce nombre est assurément plus élevé puisque les registres paroissiaux de 1755 à 1759 ont disparu. On pense qu’ils seraient plutôt autour de 1550 personnes.
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Mes ancêtres dans le berceau de Sainte-Anne
Mes 4ᵉˢ arrière-grands-parents
Augustin Gauvin (1768-)
Charlotte Pelletier (1781-1817)
Honoré Dionne (1776-1846)
Madeleine Mignier Lagacé (1763-1846)
Thérèse Bérubé (1766-1863)
Mes 5ᵉˢ arrière-grands-parents
Angélique Desanges Caron (1720-1807)
Basile Mignier Lagacé (1747-1816)
Madeleine Leclerc Francoeur (1750-1779), mes 5ᵉˢ ;
Mes 6ᵉˢ arrière-grands-parents
Alexandre Dubé (1732-1806)
Ambroise Lebrun Lebreux Brun (1726-1810)
Anne Lizotte (1715-1768)
Anne Roy (1713-1799)
Antoine Dionne (1707-1779)
Catherine Soucy (1716-1769)
François Lévesque (1680-1765)
Françoise Marguerite Durand (1702-1751)
Jacques Miville-Deschênes (1709-1789)
Joachim Leclerc Francoeur (-1772)
Joseph Leclerc Francoeur (1693-1759)
Joseph Lizotte (1685-1768)
Joseph Soucy (1704-1745)
Josephte Bergeron (1725-1808)
Madeleine Leclerc (1735-1816)
Madeleine Mignier Lagacé (1706-1777)
Marguerite Pelletier (1717-1795)
Michel Mignier Lagacé (1714-1773)
Pierre Jean (1715-1788)
Mes 8ᵉˢ arrière-grands-parents
René Ouellet (1644-1722)
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[1] Qui deviendra la seigneurie des Aulnaies
RÉFLEXION SPIRITUELLE : La résistance du cœur humain
Par Benoit Voyer
4 septembre 2026
Les évangélistes ne choisissent jamais leurs mots au hasard. En général, avec quelques variantes, les récits se ressemblent dans les quatre évangiles canoniques, particulièrement dans les trois que l’on dit « synoptiques » : Matthieu, Marc et Luc. Chacun possède des détails qui lui sont propres. Ces différences sont souvent révélatrices. En voici un exemple : « Personne, après avoir bu du vin vieux, n'en désire du nouveau. Il dit en effet : "Le vieux est bon." » (Lc 5,39)
L’auteur précise une réalité importante de la vie spirituelle : la résistance du cœur humain. Ce n’est pas pour rien.
Jésus ne condamne personne. Il ne fait qu'un constat. Il connaît le cœur humain. Il sait qu’il préfère spontanément ce qui lui est familier. Il se complaît dans ses habitudes, ses certitudes et ses sécurités. Si Dieu, dans sa bonté, lui ouvre un chemin de bonheur, quelque chose en lui murmure : « Le vieux est bon. »
Chez Luc, la foi avance rarement en ligne droite. Elle progresse par étapes. Comme si Dieu respectait le rythme de chacun : les disciples entendent Jésus sans toujours le comprendre. Ils assistent aux miracles sans saisir pleinement sa signification. Après les derniers moments de Jésus sur la croix, les disciples d'Emmaüs marchent plusieurs kilomètres avec le Ressuscité sans le reconnaître. Plus tard, dans les Actes des Apôtres, Pierre hésitera longtemps avant d'accepter que l'Esprit Saint soit donné aux païens.
Le 8 septembre marquera l’anniversaire de décès du père Jean-Paul Regimbal. En marche vers ce jour de mémoire, j’ai relu l’article « La psycho-dynamique de la conversion », un texte oublié, paru dans la revue Trinité Liberté en décembre 1974. Détenteur d’une maîtrise en criminologie, le Trinitaire commence sa dissertation par une observation qui surprend.
Afin de bien faire comprendre ce qu’est la conversion chrétienne, il reprend une idée centrale de sa thèse universitaire sur la délinquance juvénile. Il écrit : « Le criminel ne parviendra jamais à se réinsérer dans le circuit social qu'à la condition de changer son comportement et de réviser le système de valeurs qui sous-tend ce comportement criminel. Changer de comportement, réviser son système de valeurs, réajuster son mode d'agir à un nouveau système de valeurs, qu'est-ce donc sinon la description du phénomène extraordinaire qu'on appelle la CONVERSION? »
Ainsi, comme il l’indique, le problème n'est pas d'abord le comportement. Le problème est le système de valeurs. N'est-ce pas précisément de cela que parle Jésus? Celui qui a bu le vieux vin ne refuse pas le nouveau parce qu'il serait mauvais. Il continue de préférer l'ancien parce que son goût n'a pas encore changé.
La conversion chrétienne est donc beaucoup plus qu'une réforme morale. Jean-Paul Regimbal le rappelait avec force : « La conversion chrétienne repose essentiellement sur la découverte de QUELQU'UN vers qui on se retourne... Cet AUTRE, c'est DIEU. »
La conversion chrétienne est exigeante. Elle ne consiste pas seulement à améliorer quelques comportements. Elle oblige toute notre existence à changer de paradigme. Or, ce déplacement intérieur rencontre inévitablement une résistance.
Puis, Jean-Paul Regimbal décrit avec finesse les étapes de cette transformation : « On pourrait distinguer cinq phases dans la démarche de retour qu'est la conversion : la révolte contre l'ordre existant; la prise de conscience que cette révolte est sans issue; la prise de conscience des valeurs proposées; la prise de position en face de ces valeurs; enfin, la mise en pratique de ces nouvelles valeurs. On remarquera que la conversion ne suit pas une démarche rectiligne et ascensionnelle vers un sommet. Au contraire, il s'agit plutôt d'un mouvement d'oscillation pendulaire… C'est une marche dialectique qui procède par mode de négation et d'affirmation… Ce n'est qu'au terme de ce mouvement d'oscillation que le sujet finit par retrouver son équilibre dans la paix. »
Comment ne pas penser à la phrase unique du livre de Luc ? « Personne, après avoir bu du vin vieux… » Jésus ne décrit pas simplement une préférence. Il insiste sur la difficulté de quitter un ancien système de valeurs, même lorsqu'un monde nouveau s'ouvre devant soi. La résistance n'est pas le contraire de la conversion. Elle en est souvent le commencement.
Jésus ne brusque jamais les consciences. Il accompagne. Il explique. Il recommence. Il marche avec les disciples d'Emmaüs. Il reprend doucement Pierre. Il laisse le temps à la grâce de transformer les cœurs.
Nous parlons souvent de la conversion comme d'un changement spectaculaire. Luc nous montre plutôt un Dieu infiniment patient. Il sait que nous aimons le vieux vin. Il ne s'en scandalise pas. Il continue simplement à nous offrir le vin nouveau.
À cause d’une série de conférences qu’il a données en 1983 afin de mettre en garde le public contre les dérives du système monétaire international et contre ce qu'il considérait comme les effets pervers de la musique rock chez les jeunes, notamment la présence de messages subliminaux, on a démonisé Jean-Paul Regimbal. On lui a attribué des étiquettes de fanatique, de radical et de conspirationniste. Pour l’avoir côtoyé plusieurs années, je peux dire que cette image ne correspondait pas à l'homme que j'ai connu.
Le Trinitaire avait une âme d’artiste. Avant son entrée en communauté, c’était un pianiste virtuose. Au piano, il était sublime. Jean-Paul a toujours eu une sensibilité hors de l’ordinaire. Avec finesse, il savait lire dans les cœurs. Et jamais il n’a imposé sa manière de penser. Il proposait l’idéal de l’évangile et il laissait chacun faire ses choix selon ses capacités.
En le relisant, j’ai l’impression qu’il avait saisi quelque chose d'essentiel : la grâce de Dieu ne détruit pas nos résistances. Elle les traverse. Elle les éclaire. Elle les transforme de l'intérieur. Et peut-être qu'un jour, presque sans s’en rendre compte, on découvrira que notre cœur a changé de goût. Le vin nouveau nous paraîtra alors meilleur.
Alors, ne craignons pas le vin nouveau. Laissons-le nous convertir lentement, patiemment. Dieu connaît nos résistances mieux que nous-mêmes. Il ne se décourage jamais. Après tout, c'est lui le meilleur des sommeliers.
Allez! Levons nos verres à la grâce de Dieu! Chin! Chin!
MA FOI DU BON DIEU : Messe à Saint-Henri, à Mascouche
Chaque lundi, mardi, jeudi et vendredi, à 8 h 15, à l'église catholique Saint-Henri, à Mascouche, il est possible de participer à la messe du jour. J'aime arriver tôt pour profiter de la quiétude du lieu de prière. C'est ce que j'ai fait, hier.
JEAN-PAUL REGIMBAL : Le renouveau charismatique catholique
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| Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t. |
Par Benoit Voyer
4 septembre 2026
Thérèse Corriveau [1], proche collaboratrice du père Jean-Paul Regimbal dans les années 1970 et 1980, explique que « le Renouveau charismatique dans son ensemble, c'est l'approfondissement de la vie chrétienne… C'est le plein épanouissement de la vie chrétienne, mais sous la mouvance de l'Esprit saint. C'est pourquoi l'Esprit saint joue un rôle tellement important comme il devrait le jouer dans la vie de tout chrétien. Le baptême dans l'Esprit saint, c'est comme une nouvelle effusion de la vie de l'Esprit saint en nous, qui libère les dons qu'on reçoit au baptême. Il n'y a pas de nouveaux dons, ce sont les mêmes dons mais qui prennent vie […]. Le père Regìmbal disait souvent… [Il] compare ça un peu à un cadeau que l'on reçoit au baptême. Il est bien enveloppé [avec] des beaux rubans, mais à un moment donné il faut le déballer et c'est ce qui se produit au moment du baptême dans l'Esprit saint ou, comme on l'appelle aussi, l'effusion de l'Esprit saint » […]. C'est l'enseignement traditionnel, si vous voulez, mais inspiré de cette foi nouvelle qui est découverte sous la mouvance de l'Esprit saint. C'est ajouter cette dimension de vie dans l'Esprit saint qui donne une coloration tout à fait nouvelle, une vie, ça devient plus vivant. »
En effet, cette pensée sur l’Esprit saint n’est pas nouvelle. En 1899 [2], dans sa neuvaine au Saint-Esprit, le bienheureux Frédéric Janssoone écrivait : « Nous savons, en outre, par la foi, que le Saint-Esprit est l’amour que se portent mutuellement Dieu le Père et le Verbe Éternel ; c’est pourquoi le don de l’amour que le Seigneur accorde à nos âmes et qui est le plus grand de tous les dons est spécialement attribué au Saint-Esprit, selon ce que dit l’Apôtre que la charité de Dieu est répandue en nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné. »
Thérèse Corriveau insiste sur le fait que « le père Regimbal ne [donnait jamais] de cadre à personne. Il communiquait cette vie dans l'Esprit Saint et ensuite chacun devait y aller selon ce qu'il était et selon l'inspiration de l'Esprit Saint. »
En 1971, dans son document « Signes et témoins du royaume », Jean-Paul Regimbal attribuait cette manière d’être à l’Esprit saint : « Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de "souffler où Il veut". Il agit parfois de façon très étonnante car "ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies." C'est pourquoi il faut davantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise, bien entendu – que de s'en méfier ou encore de "le contrister" lorsqu'Il daigne se manifester. Un passage du décret sur les missions (Ad Gentes, nᵒ 29) nous avertit d'ailleurs que l'Esprit-Saint prend souvent l'initiative dans bien des domaines et qu'il n'y a pas lieu de s'en surprendre puisqu'Il est souverain : "Bien que l'Esprit-Saint suscite de diverses manières l'esprit missionnaire dans l'Église de Dieu ; bien qu'il ne soit pas rare que l’action de l’Esprit saint prévienne (précède) l’action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l’Église, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire." Oui, l'Esprit souffle où Il veut et quand Il veut. C'est donc, pour chacun de nous, l'occasion de constater avec "gratitude et joie spirituelle" ce que l'Esprit-Saint daigne faire dans l'Église et dans le cœur des hommes de notre temps. Puisque c'est par le renouveau charismatique que l'Esprit saint a choisi de se manifester de nos jours, il est utile d'examiner cette action de l'Esprit à la lumière des Écritures, des Pères de l'Église, des théologiens et du Magistère officiel de l'Église, notamment dans les textes conciliaires de Vatican II. »
Comme l’explique Francis Kohn dans sa biographie sur le vénérable Pierre Goursat [3] : « L’émergence du mouvement charismatique dans l’Église catholique remet en valeur la personne et l’action de l’Esprit saint qui, pour bien des gens en Occident, est le grand inconnu. »
L’histoire
Le renouveau charismatique est fortement marqué par ses origines pentecôtistes.
Le père Valérien Gaudet raconte [4] : « Un an après le concile, en 1967, l’étincelle prit feu dans l’université catholique de Duquesne, Pittsburg, Ohio, aux États-Unis, et à l’instar du renouveau liturgique, il couvrit progressivement tous les continents de ses groupes de prière et de ses ministères charismatiques. Puisque c’était le même Esprit qui était à l’origine de ces deux événements à portée ecclésiale, l’un sous l’impulsion hautement directive du concile, il était tout normal que progressivement ils se rencontrent et se fécondent l’un l’autre. En effet, l’impact de la liturgie sur le renouveau charismatique et celui du renouveau charismatique sur la liturgie ne tarda pas à se faire sentir ».
En effet, l’expérience des 17 et 18 février 1967 à l’université Duquesne, à Pittsburgs, aux États-Unis, est considérée par plusieurs comme étant le point de naissance du renouveau charismatique dans l’Église catholique.
Durant cette fin de semaine de ressourcement spirituel, plusieurs étudiants font l’expérience du « baptême dans l’Esprit », comme cela se vit dans les groupes pentecôtistes. Ce moment transforme leur existence et influencera le reste de leur vie.
Ce qu’ils vivent ressemble à ce qu’auraient vécu les apôtres au jour de la Pentecôte : une « rencontre personnelle avec le Christ », une compréhension nouvelle des textes bibliques, une Parole qui devient vivante et agissante dans leur vie, une redécouverte de l’Église, une force et une assurance pour témoigner de leur foi, la joie, l’amour fraternel et l’exercice des charismes qui sont donnés pour édifier la communauté chrétienne ». Cela est raconté dans une lettre de Paul : « C’est pourquoi je vous le rappelle : si quelqu’un parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, il ne dira jamais : « Jésus est anathème » ; et personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter. Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. »[5]
Très rapidement, et de manière spontanée, naissent des groupes de prières aux États-Unis, sans lien et sans coordination entre eux.
D’ailleurs, en 1970, un groupe de taille très modeste existe à Montréal, mais il ne connait pas un grand succès. À l’été de cette année-là, le retour au Québec du père Jean-Paul Regimbal à la suite de sa rencontre avec l’anglicane Sandy Winter, le 9 septembre 1969, à 9 h, au presbytère Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, à Phoenix, en Arizona, et son leadership remarquable contribueront, à partir de la maison des Trinitaires de Granby où il est nommé à la direction des retraites spirituelles, à l’expansion de ce renouveau au Canada, en France et dans plusieurs pays. Il a été l’étincelle qui a contribué à un embrasement du feu de l’Esprit saint.
Néanmoins, pour Jean-Paul Regimbal, la petite histoire du renouveau charismatique catholique débute avec le pape Jean XXIII lors du lancement du concile Vatican II. En 1971, il écrivait : « Cependant, c'est au cours de ce même concile Vatican II que l'Église entière […] a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII : "Renouvelez en notre temps les merveilles de la pentecôte". Or voici que Dieu, fidèle à la promesse de Jésus-Christ : "Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera…" réalise concrètement, bien au-delà de toute attente, ce vœu si ardemment formulé. Depuis 1967, il se passe dans l'Église catholique à travers le monde entier le même phénomène qu'au jour de la Pentecôte […] L'Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique ; tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. Mais Dieu, infiniment libéral dans son amour et sa miséricorde, lui accorde, par surcroît, un renouveau charismatique d'envergure… Et au lieu de s'en réjouir, beaucoup s'affolent, s'apeurent et tendent à attribuer à Béelzébul, le Prince des Démons, ce qui manifestement vient de l'Esprit-Saint, conformément aux Actes des Apôtres et aux Épîtres de Paul, sans parler des promesses de Jésus lui-même que rapportent les Évangélistes ».[6]
Problématiques
Dans le renouveau charismatique, on donne une grande importance à « expérience spirituelle intense », pour reprendre l’auteur Jean-Luc Hétu qui m’a jadis enseigné. Pour le vénérable Pierre Goursat, il faut demeurer prudent afin d’éviter les dérives émotives, de l’illuminisme et du fidéisme. Il disait que pour y parvenir, il faut former l’intelligence des chrétiens. D’ailleurs, les évêques catholiques du Québec abondaient en ce sens dans un document sur le renouveau charismatique paru le 11 avril 1975.
Que ce soit au Québec, en France ou ailleurs, un des problèmes des groupes de prière charismatique est la tendance à « spiritualiser » et à se replier sur eux-mêmes. Hier, tout comme de nos jours, ces groupes doivent s’ouvrir aux autres en allant vers eux et en se mettant au service des malades et des pauvres.
Le vénérable Pierre Goursat disait, le 23 juillet 1975, lors d’une session à Paray-le-Monial [7] : « Il faut annoncer le Seigneur parce que nous avons reçu un esprit de Pentecôte, un esprit de puissance et de hardiesse […] Parce que si nous restons bien au chaud, gentiment dans nos communautés, on pourrira dans nos communautés ».
Francis Kohn explique : « Grâce au Renouveau charismatique qui se développe rapidement en France et dans le monde en ces années 1970, de nombreux chrétiens reçoivent l’effusion de l’Esprit et redécouvrent une foi vivante, fondée sur la prière et une relation personnelle avec le Christ. Certains groupes ont cependant tendance à privilégier l’expérience sensible et une lecture fondamentaliste de la parole de Dieu, pas suffisamment éclairée par la connaissance des Écritures, la tradition et le magistère de l’Église, comme le concile Vatican II l’a préconisé »[8], dans la constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum [9] publiée le 18 novembre 1965.
Tout comme le disait jadis le père Regimbal - et comme le rediront Pierre Goursat et Francis Kohn - : le renouveau charismatique n’est pas un « mouvement » ecclésial. [Le renouveau charismatique] a cette particularité d’être né spontanément sous des formes multiples, en différents endroits du monde. [Il faut] sauvegarder l’identité spécifique de chaque communauté, considérant que la richesse du renouveau tient précisément aux charismes variés que Dieu a suscités en son sein ».[10]
Il y a aussi le fidéisme qui cause problème. Comme le disait le philosophe Michel Serres, l’humain ne peut accéder à une saine spiritualité que par l'intermédiaire du savoir. « Je crois que la spiritualité sans le savoir, c'est décidément vouloir tout avoir sans rien payer, c'est vouloir tout accueillir sans rien débourser », me disait-il en 2001 [11].
Actuellement, au sein de la société occidentale, il y a une forte tendance au fidéisme, c'est-à-dire à la tentation d'une spiritualité sans savoir ou d'un accès à la contemplation sans la connaissance.
Le fidéisme est une tendance chez plusieurs adeptes du renouveau charismatique. D’ailleurs, le vénérable Pierre Goursat s’est attaqué à ce problème dès l’instauration des premiers groupes de prière charismatique de l’Emmanuel, à Paris.
« Depuis quelques années, la connaissance a mauvaise réputation. Je vous mets en garde de ce danger. Il est sérieux, car c'est lui qui ouvre la voie à tous les mouvements comme le Nouvel Âge et toutes les sectes possibles et imaginables », insistait Michel Serres.
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[1] Les propos de Thérèse Corriveau sont tirés d’un entretien qu’elle accordait à la journaliste Lise Lapalme dans le cadre de la chronique « Visage d’Église » diffusée durant l’émission télévisée « Parole et Vie », animée par Roland Leclerc. Document conservé dans le fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby. https://shhy.info L’émission est disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=breLPkfypAc&list=PL9wL_zxleKDY-8uzaZtDHV810ik7a7f2_&index=5&t=1529s
[2] Frédéric Janssoone. Neuvaine au Saint-Esprit, 1899, pp. 7 et 8. https://dn790001.ca.archive.org/0/items/cihm_46408/cihm_46408.pdf
[3] Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, 2025, p. 169.
[4] Valérien Gaudet. « La célébration charismatique des sacrements », conférence prononcée au Congrès national de juin 1979, Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique, 1980. BANQ 264.0208 G266c 1980.
[5] 1 Co 12, 3-11
[6] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement).
[7] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, pp. 231 et 232.
[8] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 317.
[9] Paul VI. Constitution dogmatique sur la révélation divine Dei Verbum, 18 novembre 1965. https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html
[10] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 365.
[11] Benoît Voyer. « Savoir et spiritualité », Revue Sainte-Anne, janvier 2002, p. 17. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-savoir-et.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Des concours pour le Jubilé des artistes
Benoit Voyer
collaboration spéciale
GRANBY - Dans le cadre du Jubilé des artistes, qui aura lieu du 18 au 27 février, à l'église Notre-Dame, Arts et Patrimoine, le secteur des manifestations culturelles du Comité foi et culture Granby et région, invite toute la population à participer à des concours de photographies, de peintures et d'écriture.
Le thème « visage de Dieu » propose à l'artiste d'illustrer à sa façon la vision qu'il a de Dieu. Il est entendu que les organisateurs souhaitent surtout voir illustrer le Dieu des chrétiens puisqu'il est un organisme catholique reconnu.
Cependant, puisque Arts et Patrimoine veut être en dialogue avec l'actuelle culture canadienne, il accepte aussi tous les « visages de Dieu » (Dieu mythique, Dieu créateur et sa création, etc.). Les artistes ne seront pas jugés sur le thème, mais sur divers critères, dont l'originalité.
Critères
Les peintures seront jugées sur les points suivants : 70 % pour l'originalité, 20 % pour l'appréciation technique et 10 % pour l'utilisation du médium. La dimension des toiles se situera entre 11"14 et 16"20. Les œuvres ne devront pas être signées et encadrées.
Le jury est formé des peintres Anna Laberge et Michèle Krämer, présidente du Conseil de Boréart. Les prix à gagner, totalisant 275 $, seront remis par le Complexe funéraire LeSieur et le Studio Robillard.
Toutes les pièces de ces catégories seront exposées dans le cadre du Jubilé des artistes. Chaque visiteur sera invité à participer au prix du public. La finale aura lieu le 27 février, à 19 h.
Écriture
Enfin, le concours d'écriture, dont le gagnant sera couronné le 21 février, à 19 h, est ouvert à tous les styles : poèmes, nouvelles, contes, commentaires, prières, etc.
Les critères du jury formé de Gérald Ouellette et Luce Bérard sont simples : 70 % pour l'originalité et 30 % pour la qualité du français. Les textes auront une demi-page à trois pages et ne seront pas signés. Un prix de 50 $ sera remis par le député Bernard Brodeur. De leur côté, les élèves du secondaire auront leurs propres critères, prix et jury.
Le public a jusqu'au 17 février, à midi, pour s'inscrire. Il est possible d'obtenir des renseignements supplémentaires au 375-5111 ou en consultant le site Internet du Jubilé des artistes à l'adresse : http://foietculture.cathoweb.org/ap/ja
(Le Plus de La Voix de l'Est, 29 janvier 2000, p. 9)
POLITIQUE : Quel est le coût réel des dépenses dans les infrastructures ?
Par Benoit Voyer
3 septembre 2026
Dans son Plan québécois des infrastructures (PQI) 2025-2035, le gouvernement du Québec prévoit des investissements qui totalisent 164 G$ sur une décennie. Cette somme regroupe les projets en cours, planifiés ou à venir.
Une particularité de ce plan est que ces investissements ne concernent pas seulement la construction de nouvelles infrastructures. Une part des sommes annoncées est consacrée au maintien des actifs existants, comme l'entretien, la réparation et la mise à niveau d'un vaste patrimoine collectif composé de routes, d'écoles, d'hôpitaux, de ponts et de bâtiments publics.
Il y a lieu de s’interroger : au-delà des sommes annoncées, l'État québécois connaît-il réellement le coût de ses projets, les raisons des écarts entre les prévisions et les résultats, ainsi que les moyens d'améliorer ses pratiques de gestion?
L’entrepreneur Martin Charron de Broughton-Chatham se demande si le gouvernement québécois a des outils efficaces pour bien mesurer, bien comparer et bien utiliser les fonds publics.
Le fondateur d’Osons Québec, un nouveau mouvement politique québécois qui sera bientôt reconnu par le Directeur général des élections du Québec, écrit : « La vraie question n’est pas seulement : est-ce qu’on investit assez ? La vraie question devrait être : est-ce qu’on sait exactement ce que ça coûte, pourquoi ça coûte ce prix-là, et où l’argent se perd ? »
Pour Martin Charron, le Québec devrait adopter une approche davantage inspirée de la gestion industrielle, notamment par l'utilisation d'une véritable comptabilité de coût de revient appliquée aux projets publics. Il propose la création d'une base de données publique permettant de comparer les coûts réels de différents projets : kilomètres de routes, mètres carrés d'écoles, lits d'hôpitaux, ponts ou bâtiments administratifs.
L'objectif serait de répondre à une question fondamentale : pourquoi deux projets semblables peuvent-ils présenter des écarts importants de coûts?
La proposition de cet homme d’affaires qui espère pouvoir se présenter dans la circonscription d’Argenteuil, le 5 octobre, rejoint les travaux de plusieurs chercheurs spécialisés dans la gestion des grands projets publics.
Le chercheur Bent Flyvbjerg, professeur à l'Université d'Oxford et spécialiste reconnu des infrastructures, a démontré que les grands projets souffrent fréquemment d'un biais d'optimisme : les coûts initiaux sont souvent sous-estimés alors que les risques et les difficultés sont minimisés.
Selon ses travaux, les dépassements de coûts et les retards ne sont pas simplement des accidents imprévus. Ils peuvent être liés à des problèmes récurrents dans la planification, l'évaluation des risques et la prise de décision.
Pour répondre à cette problématique, Bent Flyvbjerg a notamment contribué à développer l'approche du « reference class forecasting ». Cette méthode consiste à comparer un nouveau projet avec une catégorie de projets semblables déjà réalisés afin d'obtenir une prévision plus réaliste des coûts et des délais.
Cette approche rejoint directement la proposition de Martin Charron, qui souhaite que l'État québécois développe une véritable mémoire de ses projets : combien ils devaient coûter, combien ils ont réellement coûté, quels risques avaient été sous-estimés et quels facteurs expliquent les écarts.
Une étude de Jung Eun Park publiée en 2021 dans l’European Journal of Transport and Infrastructure Research a notamment analysé l'utilisation du reference class forecasting dans les projets d'infrastructures et a examiné son potentiel pour réduire les écarts entre les prévisions et les coûts réels.
Comme cela est indiqué dans le manifeste d’Osons Québec, Martin Charron propose également une comparaison systématique des projets : une route contre une autre, une école contre une autre, une région contre une autre, ou encore le Québec par rapport à d'autres administrations lorsque les comparaisons sont pertinentes.
À ses yeux, un État moderne ne devrait pas seulement annoncer le coût global d'un projet. Il devrait également être capable d'expliquer précisément la composition de cette facture : « Un projet public ne devrait pas être évalué seulement sur son prix de construction, mais sur son coût réel sur 30 ans. »
Cette approche rejoint une tendance internationale en gestion publique : évaluer les investissements non seulement selon leur coût initial, mais selon leur valeur à long terme pour les citoyens.
Martin Charron reconnaît toutefois que tous les dépassements de coûts ne résultent pas nécessairement d'une mauvaise gestion. Les projets publics doivent composer avec des facteurs réels : pénurie de main-d'œuvre, hausse des matériaux, contraintes environnementales, normes de construction, complexité technique et difficultés d'approvisionnement.
Justement, une meilleure connaissance des coûts permettrait de distinguer ce qui relève de contraintes inévitables de ce qui découle d'inefficacités pouvant être corrigées.
« Le Québec n’a pas seulement besoin de plus d’argent en infrastructures. Il a besoin d’une comptabilité industrielle de ses infrastructures », insiste-t-il.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : J’ai confiance : « Sur! ta Parole… »
Par Benoit Voyer
3 septembre 2026
Sur le bord du lac de Génésareth, Jésus monte dans la barque de Simon, celui à qui Jésus a donné le nom de Pierre, s'assoit et enseigne les gens venus l’entendre. Puis, contre toute logique, il se tourne vers lui et lui demande d’aller sur les eaux du lac : « Avance au large, et jette tes filets à l’eau ».
Pierre connaît son métier. Il sait qu'une nuit entière de travail n'a rien donné. Humainement, la demande de Jésus lui paraît inutile. Pourtant, il répond : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
« Sur ta parole… » Ces petits mots de Pierre montrent la confiance qu’il porte à Jésus. Ainsi en est-il de la vie chrétienne. La foi ne consiste pas à tout comprendre, mais à faire confiance. Elle invite à repartir, même après les échecs, les déceptions et les nuits où rien ne semble porter du fruit.
Lorsque Pierre écoute Jésus avec une confiance sincère, la pêche devient surabondante. Mais le véritable miracle n'est pas celui des poissons. C’est plutôt celui qui se produit dans son cœur. Devant la présence de Jésus, il découvre sa propre pauvreté : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Et Jésus lui répond par un appel : « Sois sans crainte ; désormais, ce sont des humains que tu prendras. »
La rencontre avec Jésus ne nous humilie jamais. Elle nous révèle à nous-mêmes pour nous envoyer plus loin.
Un jour, Pauline Roy, une femme de Sainte-Cécile-de-Milton qui a longtemps cheminé dans les groupes du renouveau charismatique initiés par le père Jean-Paul Regimbal, notamment lors des « soirées de prière » du lundi soir qui ont eu lieu pendant plus de 25 ans, chez les Trinitaires, à Granby, en Montérégie, me racontait qu'un jour Dieu a complètement renouvelé sa vie intérieure : « Dieu m'a fait goûter son amour. L'eucharistie, la prière et la Parole de Dieu n'avaient plus la même saveur pour moi. »[1]
N'est-ce pas exactement ce qui est arrivé à Pierre ? Les poissons sont les mêmes, le lac est le même, la barque est la même. Pourtant, après sa rencontre avec Jésus, plus rien n'a la même saveur. La réalité extérieure n'a presque pas changé, mais son cœur, lui, est devenu nouveau.
En parlant des soirées charismatiques, Pauline Roy me disait : Tu sais, « c'est mieux qu'un remède... ça m'aide à embellir ma vie. C'est ma nourriture. Quand je n'y vais pas, il y a un vide en moi. »
Voilà ce qui arrive quand on rencontre Jésus : on ne peut plus vivre comme avant. La prière cesse d'être un devoir. L'eucharistie n'est plus une simple habitude. La Parole de Dieu devient une nourriture. Ce qui semblait ordinaire devient essentiel.
Pauline parlait du père Jean-Paul Regimbal avec des mots d'une grande simplicité : « Ce qui m'a frappée chez lui, c'est sa simplicité. Il avait un véritable cœur d'enfant. Je suis sûre qu'il aide encore les gens au ciel. C'est un saint, j'en suis certaine. »
Jésus n'appelle pas des héros. Il choisit des hommes capables de se laisser transformer. La sainteté commence toujours par un cœur qui accepte de faire confiance, un cœur qui ose avancer au large malgré ses peurs.
Jésus nous demande, aujourd'hui, de jeter une nouvelle fois nos filets. Peut-être avons-nous l'impression d'avoir déjà tout essayé. Peut-être traversons-nous une nuit où rien ne semble porter du fruit. Il nous invite simplement à répondre comme Pierre : « Sur ta parole... » Le reste appartient à Dieu.
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[1] Benoit Voyer, « C'est mieux qu'un remède… Pauline Roy chemine avec le Renouveau charismatique depuis 21 ans… », Le Plus de La Voix de l'Est, 22 septembre 1996, p. 18.
MA FOI DU BON DIEU : Le Sanctuaire de la Réparation
Ce mercredi 2 septembre 2026, j'ai participé à la messe de 19 h 30 au Sanctuaire de la Réparation, à Montréal.
SAINTS ET SAINTES : La bienheureuse Dina Bélanger
Par Benoit Voyer
3 septembre 2026
Il y a maintenant quelques années que je m’intéresse à Dina Bélanger. En premier lieu, parce qu’il s’agit d’une lointaine petite cousine de sang [1]. Mon arrière-arrière-grand-mère du côté des Voyer s’appelle Joséphine Bélanger (1838-1878). Dans la ligne de ma grand-mère Alice Chenard, figure Timothée Bélanger (1833-1920), mon arrière-arrière-grand-père. Plus loin dans mon arbre, la mère de René Voyer, celui qu’on a longtemps appelé Étienne à cause d’une calligraphie difficile à lire dans les registres, s’appelle Marie Bellanger (née en 1676). Il s’agit de ma sixième arrière-grand-mère. C’est la mère du premier Voyer de sa lignée en Amérique. Je suis donc un descendant de la famille Bélanger tout comme Dina.
Cependant, plus je m’intéresse à elle, notamment en lisant à son sujet ou ce qu’elle a écrit et en visitant des lieux où elle a vécu, elle est devenue une personne proche de mon quotidien.
Son histoire est simple, comme celle de bien des francophones d’Amérique.
Il était une fois
Dina Bélanger est la fille d’Octave Bélanger (1871-1952) et Séraphia Matte (1870-1951). Elle est née le 30 avril 1897, « à 9 heures moins dix minutes le matin »[2], au 168, rue Notre-Dame-des-Anges, à Québec. Elle est de la même génération que mes grands-parents.
Elle a été baptisée le même jour, en après-midi [3], dans la belle église catholique Saint-Roch, à Québec [4]. On lui a donné les prénoms de Marie, Marguerite, Adelaïde et Dina. On inscrit au registre paroissial [5] que son père est « tireur de livres ». Son parrain est Olivier Bélanger, son grand-père, et sa marraine est Adelaïde Bélanger, sa tante. Le célébrant est l’abbé L.P. Côté.
Ses parents sont des gens à l’aise, au-dessus de la moyenne de la population de leur époque. Ce sont des gens appréciés dans leur entourage. Ils s’impliquent dans leur communauté en aidant les gens du mieux qu’ils peuvent. Octave est comptable. Il est reconnu pour sa droiture et ses valeurs religieuses. Séraphia a la réputation d’une sainte femme. D’ailleurs, un jour, lorsqu’il entend qu’on songeait à béatifier Dina, Adjutor Faucher, curé à Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, dira : « On devrait d’abord béatifier la mère ». Cela en dit long.
Au sujet de sa naissance à la veille du mois de mai, qu’on disait à cette époque être le « mois de Marie », Dina écrira : « Le bon Dieu, à l’aube de ma vie, m’a enveloppée, il me semble, d’un manteau protecteur de la Vierge bénie; mes yeux virent la lumière le jour de l’ouverture du mois de Marie, un vendredi, et ce soir-là même, la grâce du saint baptême chassait le démon de mon âme pour y laisser régner en maître l’Esprit divin »[6]. Toute sa vie, elle aura une grande dévotion à la mère de Jésus. Le « mois de Marie » était important pour elle.
Enfance
De 1899 à 1906, Séraphia, Octave et Dina Bélanger habitent le 311 ½, rue Saint-Joseph [7], près de la rue Dorchester. Ce lieu est disparu. Il a fait place au Théâtre de la Bordée. C’est ce que confirme le recensement de 1901. D’ailleurs, cette année-là est érigée la paroisse Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier d’un détachement de Saint-Roch [8].
Par la suite, de 1906 à 1927, ils habitent le 429, rue du Roi (devenu le numéro 129)[9], un autre lieu disparu.
Le 2 mai 1907, Dina fait sa première communion dans l’église Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, à Québec.[10]
Dans son livre « Sur les traces de Dina », Ghislaine Boucher décrit ainsi le caractère de Dina Bélanger : « D’une nature très droite, d’un caractère timide, extrêmement sensible, ordonnée en tout, tenace, opiniâtre même, Dina montre dès ses premières années une extraordinaire constance dans la recherche de Dieu. De son père, elle tient le goût de l’ordre, de l’exactitude mathématique, de la mise au point. Elle décrira sa vie intérieure avec une précision qui ne laisse rien à désirer. De sa mère, elle a la tendre piété, la modestie, la discrétion et une abnégation toute chrétienne »[11].
On pourrait aussi ajouter qu’elle a une belle imagination. On le voit dans sa piété et son récit autobiographique où elle écrit ses dialogues intérieurs avec Jésus. C’est aussi une grande artiste.
Dina fait l’admiration de ses parents. Octave, son père, lui voue une affection particulière. Il est très présent auprès d’elle, beaucoup plus que la moyenne des pères de son époque. Elle écrira dans ses mémoires : « Quelle joie lorsque mon père rentrait à la maison, le soir! Il ne pouvait que très rarement venir le midi. Il me prenait dans ses bras, m’embrassait, me caressait, parfois longtemps, après le souper, alors qu’il devait être fatigué. J’étais son adoration. Il passait des heures à jouer avec moi, à répondre à mes innombrables questions. Son bonheur était de me fournir quelque surprise agréable : une promenade, un objet quelconque, chapelet, statuette, jouet, bijou. À propos de ce dernier mot, les premiers bijoux dont je me souviens sont un petit cœur en or et une petite croix »[12].
Petite fille, on lui apprend à chanter : « P’tit Jésus Bonjour! Mes délices, Mes délices […] J’ai rêvé cette nuit que j’étais au paradis; mais c’était un songe, un si beau mensonge que mon âme est attristée ». Cette chanson, tirée des cahiers de la Bonne chanson, a connu un certain succès grâce à son interprétation sur disque par Arthur Lapierre.
En se souvenant de cette chansonnette, Dina écrit dans son autobiographie : « Ce beau songe au paradis, cette image tant évoquée peut-elle être une des causes de la nostalgie du ciel qui m’a poursuivie toute ma vie? Nostalgie douce parce qu’elle est un des fruits de l’amour, mais aussi nostalgie cruelle comme un martyre parce qu’elle est le tourment de l’exil. Et je puis dire : « Mon Dieu, je m’ennuie et me suis toujours ennuyée loin de vous, ici-bas »[13]. « P’tit Jésus bonjour! Mes délices et mes amours… »
Adolescence
À l’école, Dina Bélanger est une élève modèle. De 6 à 12 ans, elle fait son primaire à l’école Saint-Roch, à Québec. À partir de 8 ans, elle commence l’étude du piano. De 12 à 14 ans, son secondaire se fait au couvent Jacques-Cartier, dans sa paroisse.
À 14 ans, Dina Bélanger devient étudiante au Collège de Bellevue. L’établissement est tenu par la Congrégation de Notre-Dame fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.
En octobre 1911, elle consacre sa virginité au bon Dieu. Elle écrira à ce sujet : « Je fis une offrande à Notre Seigneur : Je lui consacrai entièrement et pour toujours ma virginité; et j’ajoutai : en autant que cette promesse pouvait lui être agréable. […] Cet acte me désaltérait un peu de l’ardente soif que j’éprouvais de me livrer à son amour ».[14]
La vie au couvent n’est pas facile pour Dina. Elle a ses habitudes d’enfant unique et d’avoir sa chambre bien à elle. Sœur Mathilde, son professeur, racontera que « sa mère tenait à la mettre pensionnaire pour la mettre en contact avec les jeunes filles de son âge. Pour la former à la vie commune, on lui confia des initiatives l’obligeant à prendre part aux récréations, aux divertissements. Il lui fallut du renoncement pour se plier à cela, car son tempérament était plutôt méditatif ». Dina a tenu bon malgré les embûches…
En 1913, à l’âge de 16 ans, Dina Bélanger vient à peine de sortir du couvent qu’elle se dresse un programme de « respiration spirituelle ». Cela étonne à un âge où on songe habituellement à des activités frivoles. Son plan consiste à la prière du matin et du soir, la participation quotidienne à la messe, le chapelet, au moins dix minutes de méditation et un examen de conscience matin et soir. Décidée, elle tiendra ferme à ce programme, mais en demeurant discrète sur sa pratique de l’ascèse chrétienne.
New York
De 16 à 19 ans, elle s’investit à fond dans l’étude du piano. En six mois, elle parcourt toutes les étapes et obtient le diplôme de « classe supérieure ». Puis elle passe au niveau « lauréat » et, finalement, atteint le degré « professeur ou enseignement ».
Dans son récit autobiographique, Dina Bélanger ne parle pas de ses professeurs de musique. Malgré tout, on sait qu’elle a suivi les cours d’Arthur Bernier, organiste à Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, à Québec, de 1914 à 1917. Suivra ceux de Bernadette Létourneau, qui deviendra d’ailleurs son amie intime et religieuse de Jésus-Marie.
Dans ses mémoires, Dina écrit : « Vers la fin de l’année 1915, la question de me faire étudier le piano dans un conservatoire, à l’étranger, commença à devenir sérieuse. New York était la ville désignée, et la maison des Dames de Jésus-Marie, « Our Lady of Peace », la pension idéale. Mes bons parents hésitèrent longtemps. Leur sollicitude s’alarmait. Ils examinèrent avantages et dangers. Mgr [Omer Cloutier] les conseillait fortement. De plus, j’aurais deux compagnes québécoises et je serais confiée à la surveillance de religieuses dévouées. En février, mon père et ma mère me donnèrent leur consentement et me promirent le généreux cadeau de deux années d’étude; les cours duraient près de huit mois, chaque année ».[15]
Au conservatoire, elle est une très bonne élève, même si elle dit le contraire. Dans son autobiographie, elle se plaint de son « jeu sec, nerveux et froid », de ses problèmes de mémoire qui arrivent parfois, de son inaptitude à l’enseignement… Elle est très critique envers elle-même. Peut-être un peu trop. Durant ses années à New York, elle remporte plusieurs prix et est ovationnée par le public.
En octobre 1916, Dina Bélanger passe la frontière canado-américaine, à St. Albans, au Vermont, en compagnie de Bernadette Létourneau. Elles sont en direction de New York pour une deuxième année au Conservatoire. D’ailleurs, depuis le début de leurs études, elles cohabitent dans la même chambre.
Dina est très attachée à ses parents. À New York, où elle passe 470 jours en tout, elle écrira à ses parents 280 lettres, ce qui en fait une à tous les deux jours.[16]
Dans son récit, Ghislaine Boucher [17] écrit : « Lettres très affectueuses, débordantes d’entrain, d’enthousiasme, de gaieté, d’optimisme… Le souci de précision, toutefois, étonne le lecteur. En 1916-1918, Dina était une vraie jeune fille, pleine de vie, et elle tenait à ne paraître que cela. Si ces lettres ne rendent pas le même son que l’autobiographie, il n’y a cependant aucune contradiction entre les deux documents. Les amies new-yorkaises, en attente toutes deux de la vie religieuse, n’en parlaient point entre elles; elles se laissaient aller sans contrainte à cette joie exubérante que la paix d’une bonne conscience procure aux cœurs de vingt ans. Dans ses lettres, Dina prend le ton d’aimable badinage en écrivant à ses parents pour les rassurer, les réjouir et les consoler d’une longue séparation. Aucune plainte, aucune critique dans ces lettres qui ne contiennent pas l’ombre d’une malice ou d’une médisance. Une joyeuse Dina étudiant avec enthousiasme, tel est le portrait tracé dans sa correspondance à ses parents ».
C’est un peu ce que Dina confirme dans son autobiographie en écrivant « J’étais en plein milieu de jouissances artistiques. Il fallait parler anglais, écouter, comprendre, étudier en anglais! C’était amusant, surtout au début. Heureusement que les pianos possèdent la même sonorité dans les différents pays »[18].
Même si elle ne se sent pas à la hauteur pour l’interprétation musicale, elle excelle en « harmonie », une discipline difficile. Elle écrit à ce sujet : « J’avais commencé l’étude de l’harmonie encore à Québec. Dès la première leçon, je sentis un attrait spécial pour cette branche de la musique. Dans la suite, par tendance, j’aurais négligé le piano pour enchaîner les accords »[19]. Ayant hérité de «l’esprit mathématique » de son père, elle retrouvait dans cette discipline quelque chose de plus cartésien et logique.
À son retour à Québec, Dina donnera quelques concerts, la plupart au profit d’œuvres de charité.
Dina Bélanger, la musicienne, a composé deux pièces mémorables, dont « Rêverie sur le Saguenay » et « Les cloches de l’abbaye ».
Religieuse
Le 1er juin 1921, le recensement indique que Dina et ses parents habitent toujours le 429, rue du Roi, à Québec.[20]
Le jeudi 11 août 1921, Dina fait son entrée au Noviciat de Jésus-Marie à Sillery. Le 15 février 1922, Dina revêt l'habit religieux et reçoit le nom de Marie Sainte-Cécile de Rome. Le 15 août 1923, Dina fait sa profession temporaire dans la congrégation de Jésus-Marie.
Rapidement, on envoie sœur Marie Cécile de Rome au Collège de Saint-Michel de Bellechasse afin de remplacer une religieuse. En septembre et octobre 1923, elle enseigne la musique.[21]
Durant la deuxième semaine d’octobre 1923, elle contracte la scarlatine en soignant une élève. Elle passera quelques mois à l’infirmerie des religieuses, à Sillery. Durant ces mois, elle développe sa vie spirituelle.
De janvier à avril 1924, Dina retourne enseigner à Saint-Michel de Bellechasse [22]. Le 2 avril, elle retourne à l’infirmerie, à Sillery. La scarlatine s’est transformée en tuberculose.
Du 24 mars au 30 juin 1924, à la demande de sa supérieure, elle écrit le parcours de sa vie. Ghislaine Boucher raconte : « La supérieure recueillait un à un les cahiers de Dina. Elle les prenait en remerciant, les mettait dans un tiroir de son bureau sans les lire. Et Dina continuait; elle continuera à noter par la suite, au jour le jour, […] jusqu’à sa mort en 1929 »[23].
En juillet 1926, elle fera son dernier séjour à Saint-Michel de Bellechasse.[24]
En 1927, afin de se rapprocher du couvent Jésus-Marie, où demeure leur fille unique, ses parents achètent une maison au 1376, avenue des Grands-Pins, à Sillery [25].
Atteinte de tuberculose, le 4 septembre 1929, Dina meurt à l'infirmerie des religieuses de Jésus-Marie, à Sillery. Elle a 32 ans.
Le 7 septembre 1929, Dina est inhumée dans le cimetière des religieuses de Jésus-Marie, à Sillery.
Et après…
Ses parents continueront d’habiter le secteur jusqu’en 1945. Par la suite, jusqu’à leur mort, ils logeront au 1240, avenue Maguire [26].
De nos jours, Dina repose dans la chapelle des Religieuses Jésus-Marie, 2049, chemin Saint-Louis, à Québec.[27] Octave Bélanger et Séraphia Matte, ses parents, sont inhumés dans le lot "B 25 St-Joseph" du Cimetière Saint-Charles, à Québec, section du Cimetière Saint-Vallier.[28]
Dina Bélanger a été élevée au rang de bienheureuse par le pape Jean-Paul II le 20 mars 1993, devenant ainsi la première « Sainte » née à Québec, berceau de la civilisation chrétienne et française en Amérique.
Le 4 septembre de chaque année, l’Église catholique du Canada commémore sa mémoire.
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[1] Benoit Voyer. Je suis un lointain parent de la bienheureuse Dina Bélanger, 4 septembre 2023 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2023/09/je-suis-un-lointain-parent-de-la.html
[2] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.5
[3] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.6
[4] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[5] Cf. Registres d’état civil et registres paroissiaux (Collection Drouin), Québec, Canada, 1621 à 1968 pour Marie Marguerite Dina Adelinde Belanger https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_1699a1282?pId=636682
[6] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[7] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[8] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.10
[9] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[10] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[11] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, pp.8-9
[12] Cité dans: Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.12
[13] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.14
[14] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.15
[15] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, pp. 31-32
[16] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[17] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[18] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[19] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.37
[20] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[21] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[22] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[23] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.56
[24] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[25] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.8
[26] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.8
[27] Benoit Voyer. La bienheureuse Dina Bélanger, 15 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/la-bienheureuse-dina-belanger.html
[28] Benoit Voyer. Les parents de la bienheureuse Dina Bélanger, 24 juillet 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/07/les-parents-de-la-bienheureuse-dina.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Du nouveau chez les Trinitaires
GRANBY – Pour l’an 2000, année de la Trinité, le monastère des Trinitaires de Granby se lance dans la publicité dans le but de faire connaître ses services à titre de maison de ressourcement spirituel catholique.
Ainsi, la congrégation a fait imprimer pas moins de 25 000 dépliants couleurs « avec un look nouveau », explique le père Armand Gagné, supérieur des Trinitaires de Granby, de passage au Plus cette semaine pour annoncer la programmation 1999-2000 des Trinitaires.
« On fait ça pour rappeler aux gens qu’on existe, qu’on est là et qu’on s’adapte aux nouvelles réalités », dit-il.
Ainsi, désirant poursuivre sa mission « au service de la libération et de la paix dans les cœurs », le monastère des Trinitaires a mis sur pied cette année une foule de nouveautés et d’activités à surveiller.
Les désormais célèbres retraites spirituelles demeurent au programme, mais viseront une clientèle plus ciblée, notamment les couples, les gens d’affaires, etc. Des soirées de prière, avec invités spéciaux (Raymond Beaugrand-Champagne, de Radio Ville-Marie; Jean-Guy Dubuc, prêtre et ancien éditeur de La Voix de l’Est, etc.), sont également prévues en 1999-2000.
Il en va de même pour les journées des aînés, où on attend cet automne la visite de la lieutenant-gouverneure Lise Thibault. Les jeunes ne sont pas en reste puisqu’ils auront aussi des retraites spirituelles bien à eux.
Parmi les autres événements spéciaux à surveiller : le « Bye Bye du millénaire », « où on veut que les gens passent minuit le 31 décembre 1999 avec Dieu », dit le père Armand Gagné, et une retraite pour tous en avril, en compagnie de Mgr François Lapierre, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe.
Les gens intéressés à obtenir de plus amples informations au sujet de la programmation des Trinitaires peuvent communiquer avec la congrégation au 372-5125.
(Le Plus de la Voix de l'Est, 3 juillet 1999, p. 2)
POLITIQUE : Être un artisan de changements
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
En septembre 2009, en citoyen et observateur de la politique québécoise et canadienne, dans Le Devoir [1], je faisais le constat que dans ce pays on a besoin d’un projet politique qui fera espérer en des jours meilleurs. Cela m’apparaissait, et m’apparait toujours, le seul moyen pour contrer le cynisme actuel envers le système démocratique.
J’écrivais : « Pour intéresser les gens à la politique, il faut surtout créer un rêve collectif. Proposons un grand débat collectif sur le Canada et le Québec que les générations de moins de 45 ans veulent pour l'avenir et nous aurons des surprises. Ils nous parleront probablement de l'élimination des dettes collectives, d'environnement, de la transformation de l'armée en police de nos frontières (surtout celles du Nord), de diminution du fardeau fiscal et d'une réforme des institutions démocratiques du pays, voire de l'abolition du Sénat et du modèle canadien tel que nous le connaissons actuellement. Aussi, ils nous parleront de la possible accessibilité à la souveraineté de chaque province canadienne regroupée, par la suite, autour d'un Conseil de la fédération avec une présidence par alternance. Les Canadiens rêvent d'un nouveau Canada » et d’un nouveau Québec. C’était où j’en étais, il y a une quinzaine d’années.
Ma vision des choses a changé un peu au fil des ans, mais pas tant que ça !
Je demeure convaincu que pour qu’il y ait de véritables changements dans notre société, il faut un choc des valeurs. C’est un peu ce que me disait le journaliste Paul-André Comeau, en 2001 : « Pour traiter notre relativisme, il faut provoquer nos valeurs avec d’autres valeurs »[2]. Mais quelles valeurs ?
Il m’apparait que le socialisme, le multiculturalisme, le communisme, le wokisme et les 1001 nouvelles théories philosophiques au goût du jour sont dépassées. Le passé est dorénavant à gauche. L’avenir est à droite. La société doit revenir à des valeurs plus conservatrices. Je ne parle pas ici d’extrémisme, mais d’un retour au réalisme des choses, loin des utopies, à l’équilibre dans la balance et à l’essentiel. En fait, ce qu’il faut, c’est un retour aux valeurs du cœur, une sorte de révolution spirituelle. Jean-Paul Regimbal [3], à la suite du saint pape Jean-Paul II, parlait d’une « révolution de l’amour » qui mènerait à une nouvelle « civilisation de l’amour ». Qu’importe le terme ou l'expression. L’important est qu’il faut au Québec et au Canada un important changement de paradigme, sinon on s'en va directement dans un mur.
Pour que les choses changent, il faut être patients et persévérants. Pour reprendre ce que Claude Ryan me disait en 1999 : « Je crois […] à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. [Mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »[4]
Je veux être un artisan de vrais changements pour notre société. J’aimerais vous savoir du nombre. Ensemble nous pouvons redonner à notre société et aux enfants de demain un peu d’espoir et des jours meilleurs. Ils n’ont pas à porter le poids des mauvais choix de nos actuels décideurs. Ils méritent beaucoup mieux.
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[1] Benoit Voyer. « Comment intéresser les gens à la politique ? », Le Devoir, 1ᵉʳ septembre 2009, www.ledevoir.com/opinion/lettres/265342/comment-interesser-les-gens-a-la-politique
[2] Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », 2005, p. 74.
[3] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanke, 1981.
[4] Benoit Voyer. « Lettre : Encore vivant… », Le Devoir, 10 février 2004 www.ledevoir.com/opinion/idees/47210/lettre-encore-vivant
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Les « démons » de l'Évangile : une question de contexte
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
Il y dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.
En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise les mots « esprit impur » ou « démon » pour désigner la maladie. Ici on insinue cet esprit parce que Jésus dialogue avec lui : « Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. » (Lc 4,39).
En hébreu, on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. À ce sujet, le bibliste André Myre écrivait : « Le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, malades dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[1]
Il ne faut toutefois pas perdre de vue le cœur du récit. Au-delà du vocabulaire propre à son époque, l’évangéliste veut montrer que Jésus est celui qui redonne la vie. La belle-mère de Simon est couchée, incapable d’agir. Dès qu’elle est libérée de sa fièvre, elle se lève et se met au service des autres. Chez Luc, ce détail est loin d’être anodin. La guérison n’est jamais une fin en soi; elle conduit à une vie renouvelée où la personne retrouve sa capacité d’aimer, de servir et de prendre sa place au sein de la communauté.
La scène suivante va dans le même sens. Jésus accueille tous les malades que l’on amène à lui et prend le temps d’imposer les mains à chacun. Personne n’est anonyme à ses yeux. Puis, au lever du jour, il se retire dans un lieu désert pour prier avant de reprendre sa route. Malgré le succès rencontré à Capharnaüm, il refuse de s’y installer. Sa mission est plus vaste : annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu à tous. Les guérisons racontées par Luc ne sont donc pas seulement des récits de miracles; elles sont les signes d’un monde nouveau où Dieu relève l’être humain et l’envoie vivre pour les autres.
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[1] André Myre, Les démons, ancêtres des virus et des microbes, InterBible, 25 mars 2019. https://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html
MA FOI DU BON DIEU : Adoration de Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette
Temps de prière devant le Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette chaque mercredi et vendredi de 10 h à 16 h et tous les soirs de 16 h à 21 h. J'y ai fait un arrêt hier.
SAINTS ET SAINTES : Le bienheureux André Grasset
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
Le 3 avril 1758, sur la Place du Marché à Montréal, devenue la Place Royale, naît André Grasset. Il est le deuxième de cinq enfants.
Son père, qui porte aussi le prénom d’André, est originaire de Montpellier, en France. Il deviendra secrétaire général des Colonies et s’installera à Montréal en 1749. Il épousera Marie-Josephte Quesnel-Fonblanche, la future mère du petit André.
Ils déménageront tout près de la chapelle du Bon Secours.
Le 10 février 1763, après la signature du traité de Paris, son père vend sa propriété et repart en France avec toute sa famille. André a six ans.
De retour en France, son père l’inscrit au collège Sainte-Barbe à Paris où il termine ses études classiques avant de s’orienter vers le sacerdoce. L’archevêque de Sens remarque ses qualités et sa grande piété. Il le nomme chanoine de sa cathédrale. Deux ans plus tard, en 1783, il est ordonné prêtre.
En 1789, au moment où éclate la Révolution française, André a 31 ans.
En 1790, l’Assemblée nationale constituante supprime les chapitres des cathédrales et, en 1791, demande à tous les membres du clergé de souscrire à la « Constitution civile du clergé ».
André se réfugie chez les Pères Eudistes de Paris, dans leur maison des Tourettes. C’est là qu’il est saisi, en août 1792, pour être conduit prisonnier au couvent des Carmes, l’actuel Institut catholique de Paris.
Le 2 septembre 1792, au cours d’un simulacre de procès, chacun des 92 prêtres et des 3 évêques prisonniers des Carmes doit répondre à la question: « Avez-vous prêté le serment à la Constitution civile du clergé? ». À la suite de sa réponse négative : « Ma conscience me le défend », il est jeté au bas du petit perron qui donne dans le jardin où l’attendent des sbires avec baïonnettes, sabres et piques jusqu'à ce qu'il rende son dernier soupir
Le pape Pie XI le béatifie avec les autres Martyrs de septembre, le 17 octobre 1926.
Sa fête liturgique est le 2 septembre.
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