31 octobre 2026


POLITIQUE : Pour un dialogue harmonieux entre Québec et Ottawa

Martin Charron
Pour un dialogue harmonieux entre Québec et Ottawa

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

Martin Charron, leader et porte-parole d’Osons Québec, une nouvelle formation politique approuvée par le Directeur général des élections du Québec le 2 septembre, en appelle à un esprit de collaboration entre Québec et Ottawa.

Il ne passe pas par quatre chemins : « Le premier ministre du Parti québécois va toujours chercher les embrouilles avec le fédéral. C’est son jeu. Il veut démontrer à la population que le Québec dans le Canada, ça ne fonctionne pas. Il ne faut pas se laisser berner : ce n’est rien de moins que de la manipulation de l’opinion publique. Les citoyens du Québec en ont marre de cette manière opportuniste de faire de la politique. »

Il ajoute : « Le Québec doit pouvoir défendre ses intérêts nationaux. Chez Osons Québec, nous croyons que le dialogue et les alliances avec les autres provinces peuvent donner plus de poids à leurs gouvernements lorsqu’ils discutent avec Ottawa ».

Martin Charron et Osons Québec souhaitent incarner une voix provinciale mieux coordonnée dans les discussions avec Ottawa.

Néanmoins, il déplore que le premier ministre du Québec n’ait pas obtenu de droit de parole aux travaux du Sommet Canada–Union européenne, tenu à Montréal : « Le jeu de la chaise vide n’est jamais bon. »

Dans le programme fondateur d’Osons Québec, il est écrit : « Osons Québec considère le gouvernement du Canada comme un ami et un partenaire institutionnel. Cette relation n'exige ni soumission ni conflit permanent : elle exige une négociation franche entre deux gouvernements légitimes. »

Martin Charron ajoute : « C’est inscrit dans notre ADN : Nous souhaitons un dialogue de coopération entre les partis politiques des provinces et des territoires sur la façon de mieux coordonner leurs positions et de renforcer leur poids dans les échanges avec Ottawa. Le Conseil de la fédération réunit déjà les premiers ministres des provinces et des territoires. Il pourrait servir davantage à porter leurs préoccupations communes, dans le respect des responsabilités de chaque gouvernement. »

HISTOIRE : Les funérailles de René Lévesque

Funérailles de René Lévesque, à Québec
Les funérailles de René Lévesque

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

En 1995, à plusieurs reprises, j'ai eu le privilège de rencontrer Mgr Jean-Marie Fortier, alors archevêque de Sherbrooke. À cette époque, je travaillais pour la Revue Notre-Dame du Cap à titre de journaliste et de rédacteur en chef par intérim.

Un matin, j’apprends qu’il a remis sa démission au pape. Il venait de célébrer son 75e anniversaire de naissance. Le droit canonique l’oblige à rappeler « aux officines vaticanes » son âge. Sur un coup de tête, sans trop réfléchir – c’était peut-être une lumière de l’Esprit saint – je prends le téléphone et je l’appelle.

Au bout du fil, il est visiblement heureux qu’un journaliste spécialisé au service de « la sainte Église » lui demande une interview afin de faire le point avec lui sur ses années à la tête du diocèse sherbrookois et pour parler de quelques sujets d’actualité. « J’accepte à une condition », me lance-t-il taquin. Je lui demande laquelle. Il me répond : « Vous allez arriver vers 11 h. Vous venez à mon bureau. Vous déposez vos affaires et nous irons manger dans un bon restaurant! Nous bavarderons amicalement Off the record. Par la suite, nous reviendrons à mon bureau et nous ferons l’entrevue officielle. C’est moi qui paie ! Vous serez mon invité… ».

Il était rare qu’un évêque m’accueille de cette manière. J’accepte volontiers.

Mgr Jean-Marie Fortier
Nous mangerons dans un des meilleurs restaurants de Sherbrooke, visiblement un endroit qu’il fréquente régulièrement : « Pour moi, ça va être comme d’habitude. Puis apportez-nous ce p’tit rouge que vous m’avez fait goûter l’autre jour! Il était délicieux… » Je me suis contenté de deux petites coupes; il s'est chargé du reste du vin.

Après une série de questions sur mon jeune parcours de journaliste, les sujets s’enchaînent. À plusieurs occasions, il me lance : « Gardez ça pour vous! Je ne pourrai pas redire cela publiquement par solidarité avec mes confrères évêques ». Un jour, je vous raconterai peut-être une de ces confidences qui m’ont fait voir la morale chrétienne d’une nouvelle manière.

Je me souviendrai jusqu’à ma mort de ces précieux moments. Ce jour-là, j’ai fait la rencontre d’un homme de grande culture, mais surtout d'une profonde bonté. Il ne jugeait pas les personnes à partir des étiquettes qu'on leur collait.

Dans son bureau, nous nous mettons rapidement au boulot. Je mets mon magnétophone sur « record » et, sans prendre le plan d’entrevue que j’avais préparé, je choisis de simplement poursuivre la conversation avec la même fluidité et la même bonhomie qui avaient marqué notre repas. Bien entendu, je tenterai de revenir sur quelques sujets abordés au repas, mais lorsqu'il devinait la direction que je prenais, il me faisait un signe de la main pour indiquer son refus d’aller plus loin dans cette direction.

L’entretien officiel [1] s’ouvrira sur une boutade sarcastique : Comme ça, « si je me souviens bien, c'est vous qui avez célébré les funérailles de René Lévesque... »

Il n’en fallait pas plus pour lui faire parler d’un des grands instants de sa vie. Il n’en a jamais parlé publiquement, mais au repas il m’avait confié être en faveur de la souveraineté politique du Québec…

« ...ça c'est une belle histoire! Il meurt le dimanche soir... Évidemment, le lundi matin, nous parlions de cela à l'archevêché. Raymond, un confrère, me dit : « Monseigneur, je n'aimerais pas être dans les bottes de celui qui fera l'homélie de la cérémonie de l'ex-premier ministre. » Je lui ai répondu : « C'est entendu que ça ne sera pas facile, mais le cardinal Vachon a une grande expérience. Je vais y aller comme président de l'Assemblée des évêques du Québec (AEQ). Je vais m'asseoir dans le chœur de la cathédrale et écouter l'homélie. »

La journée se passe normalement et, à 22 h 30, l'évêque auxiliaire de Québec me téléphone et dit : « Écoutez, monseigneur, on est vraiment mal pris! L'archevêque est à Victoria. Il est malade et ne peut absolument pas être présent aux funérailles. Pourriez-vous venir? »

Après avoir accepté, je me suis dit : « Jean-Marie Fortier, tu es un pasteur, tu es évêque, tu auras un peuple chrétien qui sera là. Alors, tu vas parler de la Parole de Dieu. »
René Lévesque, le cardinal Louis-Albert Vachon et saint Jean-Paul II
Les téléphones des journalistes ont commencé à arriver : « Pourquoi est-ce que c'est vous qui présiderez les funérailles? Vous allez célébrer les funérailles d'un divorcé-remarié ? » J'ai répondu que ce n'était pas une béatification et que c'est l'Église qui intercède pour le salut de l'âme de son fils qui est décédé. Quand je vais avoir mes funérailles, ils vont prier pour l'âme de leur pauvre évêque, le recommandant à la miséricorde de Dieu. Pour monsieur Lévesque, c'est la même chose !

L'après-midi du mercredi, Jacques Côté, le responsable des communications au diocèse de Québec, me demandait d'assister à une conférence de presse.

Au fond, les journalistes voulaient savoir le déroulement de la cérémonie. J'ai répondu à leurs questions. J'ai finalement dit : « Mon homélie est prête, je vous en remets une copie. Je vous demanderais seulement de respecter l'embargo jusqu'à demain après-midi après la célébration. Ils ont accepté. »

C’est effectivement ce qu’il a fait.

Le 5 novembre 1987, il commencera l’homélie des funérailles de René Lévesque s’ouvrira en disant : « Frères et sœurs dans le Christ, M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus! Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier. René Lévesque n'est plus! Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen. La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond. Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons. Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu. »[2]

Après avoir longuement commenté les textes bibliques lus précédemment, il conclura en lançant : « Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René. Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. »

Mgr Jean-Marie Fortier a refusé d'entrer dans le débat sur les mœurs de l’ancien premier ministre. Son regard était ailleurs. Il voyait d'abord un homme confié à la miséricorde de Dieu.

En relisant l'Évangile de Luc (Lc 6, 1-5), le souvenir de l’attitude de cet évêque m'est revenu avec force.

Les pharisiens reprochent aux disciples d'arracher quelques épis un jour de sabbat. La question semble porter sur une règle religieuse. En réalité, Jésus dévoile quelque chose de beaucoup plus profond : notre tendance à laisser les règles prendre toute la place, jusqu'à oublier la personne.

Le sabbat est un don de Dieu. Jésus ne le méprise pas. Mais lorsque son interprétation devient un obstacle au bien, il rappelle sa véritable raison d'être. Les disciples ont faim. Avant de voir une infraction, Jésus voit des hommes.

Jean-Marie Fortier a fait un peu la même chose. Avant de voir le « divorcé-remarié » ou de s'arrêter aux jugements portés sur sa vie, il voyait d'abord un homme décédé pour lequel l'Église était appelée à prier. Il ne rejetait pas l'enseignement de l'Église. Il refusait simplement que celui-ci fasse oublier la première mission de l'Église : conduire les êtres humains vers la miséricorde de Dieu.

C’est peut-être là l'une des plus grandes résistances de notre cœur. Nous sommes souvent plus rapides à revendiquer une règle qu'à discerner ce que Dieu attend de nous dans une situation concrète. L'Évangile ne nous demande pas de mépriser les règles. Il nous invite à ne jamais oublier pourquoi elles existent.

Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Dieu n'est peut-être pas de gagner un débat, mais de savoir reconnaître, au moment opportun, qu'il est toujours temps de faire le bien.

Comme le disait Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque : « la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions ». Oui, même à l’heure de l’abandon absolu.

____________________

[1] Benoit Voyer, « Le temps d'une paix », Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 20-21.
[2] FORTIER, Jean-Marie. L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.

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FLASH : Une augmentation de salaire des élus sous Duplessis

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec
Une augmentation de salaire des élus sous Duplessis

En 1954, le premier ministre Maurice Duplessis reçoit un salaire annuel de 14 000 $. Cinq ans plus tard, en 1959, ce montant atteint 16 000 $. Cette augmentation provient du traitement de base des députés, qui passe de 4 000 $ à 6 000 $. Le supplément de 10 000 $ accordé au premier ministre reste inchangé. Les deux montants figurent dans les anciens Annuaires du Canada. Ces documents permettent de suivre l'évolution de la rémunération des élus québécois au fil des décennies. (Benoit Voyer, 31 octobre 2024)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : L’humilité est un art qui se cultive

L’humilité est un art qui se cultive

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

Jésus pense souvent à l’opposé de chacun de nous. Il invite chacun à ne pas s’élever soi-même, à accepter de ne pas être au premier rang, de ne pas recevoir tous les honneurs et de ne pas être la personne que l’on remarque (cf. Lc 14, 7-11).

Selon le maître, l’humilité consiste à ne pas avoir besoin de se placer au-dessus des autres pour connaître sa propre valeur. Pour lui, le bonheur parfait vient du service, de la simplicité et de l’amour.

Est-ce que j’agis pour être reconnu, félicité et remarqué ou suis-je capable de faire le bien même lorsque personne ne le voit ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le pape fera un voyage en Amérique du Sud

Le pape fera un voyage en Amérique du Sud

Par Benoit Voyer
31 octobre 2026

Du 6 au 17 novembre, Léon XIV visitera l’Uruguay, l’Argentine et le Pérou.

Le voyage débutera en Uruguay, du 6 au 8 novembre. Le pape américain visitera notamment Montevideo, Paysandú et Florida. À titre d’évêque catholique de Rome, il présidera plusieurs célébrations et, dans le cadre de ses fonctions de chef de l’État du Vatican, il rencontrera le président de la République, Yamandú Orsi, et les représentants de la société civile.

Du 8 au 11 novembre, le successeur de Pierre se rendra en Argentine. Son agenda prévoit des visites à Buenos Aires, Córdoba et Luján. Il rencontrera notamment les jeunes, les travailleurs et les responsables religieux.

Enfin, du 11 au 16 novembre, il sera à Lima, Chiclayo, Cusco et Pucallpa, au Pérou. Durant ce séjour, du 13 au 15 novembre, il retrouvera à Chiclayo, dans le nord du pays, les gens avec qui il a tant aimé vivre et travailler de 2014 à 2023, lorsqu’il était administrateur apostolique, puis évêque du diocèse.

Malgré son intervention chirurgicale du 13 octobre, son équipe a confirmé que le voyage aura bel et bien lieu.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Pèlerins de Marie

Pèlerins de Marie

Le directeur des pèlerinages du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, père Marc Lortie o.m.i., accueillait, le 14 août dernier, plus de 400 pèlerins à la Basilique.

Provenant de plusieurs régions du Québec, et même des États-Unis, ces visiteurs sont venus à Cap-de-la-Madeleine à la marche, comme le faisaient les croyants de l’antiquité.

À l’arrivée, l’émotion et la piété étaient intenses. La paix au fond du cœur, les bras levés au ciel, les ampoules aux pieds, la fatigue dans les yeux, tous ont prié Notre-Dame du Cap.

Des instants qui ne s’oublient pas ! Qu’importe l’âge, tous les moyens sont bons pour implorer la Vierge (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 6)

30 octobre 2026


 

POLITIQUE : John A. MacDonald

John A MacDonald,
1er premier ministre du Canada

Par Benoit Voyer

30 octobre 2026

John A. MacDonald (1815-1891) est le premier à avoir dirigé le Canada lors de la création du pays en 1867.

Mackenzie dirige le Canada de novembre 1873 à octobre 1878. Il succède à John A. Macdonald à la suite du scandale du Pacifique. Réformateur intègre, il instaure notamment le vote secret lors des élections fédérales, crée la Cour suprême du Canada en 1875 et encourage l'édification d'institutions nationales. Son gouvernement est cependant affaibli par une grave récession économique, ce qui permet le retour de Macdonald en 1878.

La campagne de 1891
En 1891, John A. MacDonald part en campagne électorale. Cette année-là, le principal enjeu politique est le rapprochement économique du Canada avec les États-Unis. Les libéraux de Wilfrid Laurier défendent une forme de réciprocité commerciale avec les Américains. Les conservateurs de MacDonald soutiennent que cette politique risque d’entraîner peu à peu le Canada dans l’orbite des États-Unis, ce qui pourrait favoriser l’annexion.

Durant un discours, MacDonald lancera : « Quant à moi, ma voie est claire. Je suis né sujet britannique, je mourrai sujet britannique. De toutes mes forces, jusqu’à mon dernier souffle, je m’opposerai à cette trahison voilée qui tente, par des moyens sordides et des offres intéressées, de détourner notre peuple de son allégeance. »

Ainsi donc, Macdonald fait de cette élection une question non seulement économique, mais aussi d’identité nationale et de fidélité à l’Empire britannique. Les conservateurs exploiteront grandement ce thème en brandissant le slogan : « The Old Flag, the Old Policy, the Old Leader », c’est-à-dire « le vieux drapeau, la vieille politique, le vieux chef ».

Le 5 mars 1891, John A. MacDonald, 76 ans et malade, remporte le scrutin.

Le premier ministre décédera en fonction le 6 juin 1891, à Ottawa. Il sera inhumé dans le cimetière Cataraqui, à Kingston, en Ontario.

Au décès du premier ministre John A. MacDonald, John Abbott appuie la candidature de John Thompson. À cause de conflits internes au Parti conservateur du Canada, en homme de devoirs, John Abbott accepte d’être une solution de compromis. Le 15 juin 1891, il devient le troisième premier ministre du Canada. Il est le premier leader du Canada à être né au pays.

L’année suivante, viendra le rejoindre son vieil ami Alexander Campbell. Il sera enterré pas très loin de lui.

LA ROCHEFOUCAULT - Pensée


 

FLASH : Une décision accueillie favorablement

Une décision accueillie favorablement

En octobre 2026, le Collège des médecins du Québec et Héma-Québec accueillent favorablement une décision des Témoins de Jéhovah. Leur direction permet désormais aux fidèles de recevoir certains composants sanguins selon leur conscience. Pour les professionnels de la santé, cet assouplissement ouvre de nouvelles possibilités de traitement. Les transfusions jouent notamment un rôle important en chirurgie, en obstétrique et en médecine d'urgence. Elles permettent parfois de traiter des hémorragies graves. Les médecins disposent ainsi de nouvelles possibilités pour soigner les patients de cette communauté qui acceptent ces traitements. (Benoit Voyer, 30 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Avec les yeux du cœur


Avec les yeux du cœur

Par Benoit Voyer

30 octobre 2026

Qu’est-ce que la fidélité à Dieu ? Pour Jésus, elle ne consiste pas uniquement à respecter les règles ou les lois (cf. Lc 14, 1-6). Cette fidélité est d’abord une question d’amour. Une règle, qu’elle soit civile ou religieuse, qui conduirait à rester indifférent face à la souffrance des autres manquerait son but.

Est-ce que nos principes, nos habitudes ou notre manière de vivre nous empêchent de voir les personnes que nous rencontrons avec le cœur ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Mgr Jean-Marie Fortier

Mgr Jean-Marie Fortier

Par Benoit Voyer

30 octobre 2026

En 1995, à plusieurs reprises, j'ai eu le privilège de rencontrer Mgr Jean-Marie Fortier, alors archevêque de Sherbrooke. À cette époque, je travaillais pour la Revue Notre-Dame du Cap à titre de journaliste et de rédacteur en chef par intérim.

Un matin, j’apprends qu’il a remis sa démission au pape. Il venait de célébrer son 75e anniversaire de naissance. Le droit canonique l’oblige à rappeler « aux officines vaticanes » son âge. Sur un coup de tête, sans trop réfléchir – c’était peut-être une lumière de l’Esprit saint – je prends le téléphone et je l’appelle.

Au bout du fil, il est visiblement heureux qu’un journaliste spécialisé au service de « la sainte Église » lui demande une interview afin de faire le point avec lui sur ses années à la tête du diocèse sherbrookois et pour parler de quelques sujets d’actualité. « J’accepte à une condition », me lance-t-il taquin. Je lui demande laquelle. Il me répond : « Vous allez arriver vers 11 h. Vous venez à mon bureau. Vous déposez vos affaires et nous irons manger dans un bon restaurant! Nous bavarderons amicalement « off the record ». Par la suite, nous reviendrons à mon bureau et nous ferons l’entrevue officielle. C’est moi qui paie! Vous serez mon invité… ».

Il était rare qu’un évêque m’accueille de cette manière. J’accepte volontiers.

Nous mangerons dans un des meilleurs restaurants de Sherbrooke, visiblement un endroit qu’il fréquente régulièrement : « Pour moi, ça va être comme d’habitude. Puis apportez-nous ce p’tit rouge que vous m’avez fait goûter l’autre jour! Il était délicieux… » Je me suis contenté de deux petites coupes; il s'est chargé du reste du vin.

Après une série de questions sur mon jeune parcours de journaliste, les sujets s’enchaînent. À plusieurs occasions, il me lance : « Gardez ça pour vous! Je ne pourrai pas redire cela publiquement par solidarité avec mes confrères évêques ». Un jour, je vous raconterai peut-être une de ces confidences qui m’ont fait voir la morale chrétienne d’une nouvelle manière.

Je me souviendrai jusqu’à ma mort de ces précieux moments. Ce jour-là, j’ai fait la rencontre d’un homme de grande culture, mais surtout d'une profonde bonté. Il ne jugeait pas les personnes à partir des étiquettes qu'on leur collait.

Dans son bureau, nous nous mettons rapidement au boulot. Je mets mon magnétophone sur « record » et, sans prendre le plan d’entrevue que j’avais préparé, j’ai choisi de simplement poursuivre la conversation avec la même fluidité et bonhomie qui avait marqué notre repas. Bien entendu, je tenterai de revenir sur quelques conversations, mais lorsqu'il devinait la direction que je prenais, il me faisait un signe de la main pour indiquer son refus d’aller plus loin dans cette direction.

L’entretien officiel [1] s’ouvrira sur une boutade sarcastique : Comme ça, « si je me souviens bien, c'est vous qui avez célébré les funérailles de René Lévesque... »

Il n’en fallait pas plus pour lui faire parler d’un des grands instants de sa vie. Il n’en a jamais parlé publiquement, mais au repas il m’avait confié être en faveur de la souveraineté politique du Québec…

« ...ça c'est une belle histoire! Il meurt le dimanche soir... Évidemment, le lundi matin, nous parlions de cela à l'archevêché. Raymond, un confrère, me dit : « Monseigneur, je n'aimerais pas être dans les bottes de celui qui fera l'homélie de la cérémonie de l'ex-premier ministre. » Je lui ai répondu : « C'est entendu que ça ne sera pas facile, mais le cardinal Vachon a une grande expérience. Je vais y aller comme président de l'Assemblée des évêques du Québec (AEQ). Je vais m'asseoir dans le chœur de la cathédrale et écouter l'homélie. »

La journée se passe normalement et, à 22 h 30, l'évêque auxiliaire de Québec me téléphone et dit : « Écoutez, monseigneur, on est vraiment mal pris! L'archevêque est à Victoria. Il est malade et ne peut absolument pas être présent aux funérailles. Pourriez-vous venir? »

Après avoir accepté, je me suis dit : « Jean-Marie Fortier, tu es un pasteur, tu es évêque, tu auras un peuple chrétien qui sera là. Alors, tu vas parler de la Parole de Dieu. »

Les téléphones des journalistes ont commencé à arriver : « Pourquoi est-ce que c'est vous qui présiderez les funérailles? Vous allez célébrer les funérailles d'un divorcé-remarié? » J'ai répondu que ce n'était pas une béatification et que c'est l'Église qui intercède pour le salut de l'âme de son fils qui est décédé. Quand je vais avoir mes funérailles, ils vont prier pour l'âme de leur pauvre évêque, le recommandant à la miséricorde de Dieu. Pour monsieur Lévesque, c'est la même chose!

L'après-midi du mercredi, Jacques Côté, le responsable des communications au diocèse de Québec, me demandait d'assister à une conférence de presse.

Au fond, les journalistes voulaient savoir le déroulement de la cérémonie. J'ai répondu à leurs questions. J'ai finalement dit : « Mon homélie est prête, je vous en remets une copie. Je vous demanderais seulement de respecter l'embargo jusqu'à demain après-midi après la célébration. » Ils ont accepté.

C’est effectivement ce qu’il a fait.

Le 5 novembre 1987, son homélie des funérailles de René Lévesque s’ouvrira en disant : « Frères et sœurs dans le Christ, M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus! Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier. René Lévesque n'est plus! Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen. La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond. Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons. Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu. »[2]

Après avoir longuement commenté les textes bibliques lus précédemment, il conclura en lançant : « Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René. Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. »

Mgr Jean-Marie Fortier a refusé d'entrer dans le débat sur les mœurs de l’ancien premier ministre. Son regard était ailleurs. Il voyait d'abord un homme confié à la miséricorde de Dieu.

En relisant l'Évangile de Luc (Lc 6, 1-5), le souvenir de l’attitude de cet évêque m'est revenu avec force.

Les pharisiens reprochent aux disciples d'arracher quelques épis un jour de sabbat. La question semble porter sur une règle religieuse. En réalité, Jésus dévoile quelque chose de beaucoup plus profond : notre tendance à laisser les règles prendre toute la place, jusqu'à oublier la personne.

Le sabbat est un don de Dieu. Jésus ne le méprise pas. Mais lorsque son interprétation devient un obstacle au bien, il rappelle sa véritable raison d'être. Les disciples ont faim. Avant de voir une infraction, Jésus voit des hommes.

Jean-Marie Fortier a fait un peu la même chose. Avant de voir le « divorcé-remarié » ou de s'arrêter aux jugements portés sur sa vie, il voyait d'abord un homme décédé pour lequel l'Église était appelée à prier. Il ne rejetait pas l'enseignement de l'Église. Il refusait simplement que celui-ci fasse oublier la première mission de l'Église : conduire les êtres humains vers la miséricorde de Dieu.

C’est peut-être là l'une des plus grandes résistances de notre cœur. Nous sommes souvent plus rapides à revendiquer une règle qu'à discerner ce que Dieu attend de nous dans une situation concrète. L'Évangile ne nous demande pas de mépriser les règles. Il nous invite à ne jamais oublier pourquoi elles existent.

Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Dieu n'est peut-être pas de gagner un débat, mais de savoir reconnaître, au moment opportun, qu'il est toujours temps de faire le bien.

Comme disait Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque : « la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions ». Oui, même à l’heure des grands instants d’abandon absolu.

Devenir un saint évêque
Mgr Jean-Marie Fortier a été sacré évêque le 23 janvier 1961 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Après quelques années comme évêque auxiliaire de ce diocèse, il devint berger de l'Église diocésaine de Gaspé en 1965 et, un peu plus tard, en 1968, prit la tête de l'archidiocèse de Sherbrooke.

En 1999, il me racontait : « Quand je suis devenu évêque, je me souviens avoir dit à mon directeur spirituel : « Je veux devenir un saint évêque! » J'ai toujours eu ce projet-là. Ce que je suis devenu, c'est à Dieu d'en juger. Aussi, un vieil évêque de mes amis me disait : « Jean-Marie, tu vas devenir évêque, tu seras un homme seul. » Je me suis dit, peut-être prétentieusement, non je ne serai pas un homme seul. Tout évêque éprouve naturellement une certaine solitude à cause des dossiers qu'il porte. Je n'ai jamais été un homme seul cependant. Je suis toujours au centre d'un réseau d'amitiés. J'en ai besoin comme de l'air que je respire. »

Durant l’entretien off the record, Jean-Marie Fortier me dira avoir participé au concile Vatican II : « J'étais un jeune évêque. On était au fond de l'église St-Pierre. Je ne suis pas intervenu lors des périodes orales. » Le jeune journaliste que j’étais ne connaissait pas ce détail de sa vie. Voyant mon intérêt, il m’en a dressé un récit vivant. Malheureusement, durant l’entretien officiel, le sujet n’est pas revenu sur la table puisque les funérailles nationales de René Lévesque ont occupé bien du temps. Cela fera toujours partie de mes regrets.

Mgr Jean-Marie Fortier est décédé le 31 octobre 2002.

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[1] Benoit Voyer, « Le temps d'une paix », Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 20-21.
[2] FORTIER, Jean-Marie. L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les recettes de madame curé

Les recettes de madame curé

Il y a des titres de livres qui mettent le sourire aux lèvres. C’est le cas de celui-ci. Il s’agit, cependant, d’un bouquin sérieux et délicieux. Ce recueil deviendra probablement un classique de la bonne cuisine.

Autrefois, les petits plats concoctés par la servante du curé étaient réputés. Rendre hommage à cette profession en voie de disparition est une excellente idée. Vous apprécierez cette rencontre toute simple à la cuisine du presbytère et les petits témoignages de ces femmes. « Vous vous en lécherez les babines » !

Pierrette BEAUDIN, Les recettes de madame curé, Éditions Logiques, Montréal, 1995, 208 pages. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 5)

29 octobre 2026


HISTOIRE : Un ancien premier ministre du Canada en faveur de l’annexion aux États-Unis

Un ancien premier ministre du Canada en faveur de l’annexion aux États-Unis

Par Benoit Voyer

29 octobre 2026

En 1849, avec un groupe de politiciens canadiens-français et d’hommes d’affaires anglophones, John Abbott cosigne le « manifeste de Montréal » qui exhorte le Canada à fusionner avec les États-Unis afin de profiter de meilleures conditions économiques et d'institutions politiques moins rétrogrades que la monarchie.

Par la suite, lorsqu’on lui reprochera son manque de fidélité à la couronne britannique, il dira qu'à titre de lieutenant-colonel du onzième régiment d'Argenteuil, il a dirigé 300 « miliciens », qui ont eu pour mission de protéger la colonie durant l'incident du Trent au début des années 1860.

Premier ministre du Canada malgré lui

John Abbott ne souhaitait pas devenir premier ministre. D’ailleurs, il méprisait la fonction. À ce sujet, il disait : « Je déteste la politique et ce qu’on juge comme ses méthodes appropriées. Je déteste la notoriété, les réunions publiques, les discours en public, les caucus et toutes les servitudes qui semblent attachées à la politique, sauf l’obligation de servir le public du mieux que je peux. »

Au décès du premier ministre John A. Macdonald, il appuie la candidature de John Thompson. À cause de conflits internes au Parti conservateur du Canada, en homme de devoir, John Abbott accepte d’être une solution de compromis. Le 15 juin 1891, il devient le troisième premier ministre du Canada. Il est le premier premier ministre du Canada à être né au pays.

Son mandat est de courte durée. Malade, il se retire en août 1892, sur la recommandation de son médecin. Il désigne John Thompson comme successeur. Il part pour l'Angleterre, la France et l'Italie, espérant retrouver la santé. Le gouverneur général accepte sa démission le 4 décembre. Thompson est assermenté trois jours plus tard.

Il décède le 30 octobre 1893. Ses funérailles sont célébrées le 2 novembre à la cathédrale anglicane Christ Church, à Montréal. Il est inhumé dans le cimetière Mont-Royal, à Montréal.

MME DE SÉVIGNÉ - Pensée

 


FLASH : Les quatre composants du sang

Les quatre composants du sang

Saviez-vous que notre sang comprend quatre grands composants ? Les globules rouges transportent l'oxygène vers les organes. Les globules blancs participent à la défense contre les infections. Les plaquettes permettent au sang de coaguler pour arrêter les saignements. Enfin, le plasma est un liquide qui transporte notamment des protéines et d'autres substances. Ces différents composants peuvent être séparés et utilisés lors de traitements médicaux. En septembre 2026, les Témoins de Jéhovah autorisent leurs fidèles à décider individuellement s'ils acceptent ou non de recevoir ces produits sanguins. (Benoit Voyer, 29 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Poursuivre son chemin coûte que coûte

Poursuivre son chemin coûte que coûte

Par Benoit Voyer

29 octobre 2026

La peur ne devrait pas décider de la route que chacun de nous doit suivre, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas décider à notre place. Il est important de ne pas laisser celle-ci nous détourner de ce que l'on croit important.

On voit bien cela dans la vie de Jésus. Il apprend qu’Hérode veut le tuer. Il ne fait pas comme si le danger n’existe pas. Il refuse de laisser cette menace déterminer sa conduite. Il sait ce qu’il doit accomplir. Il poursuit sa route coûte que coûte. (cf. Lc 13, 31-35)

Il arrive que la peur nous pousse à nous taire alors qu’il faudrait parler, à renoncer alors qu’il faudrait persévérer, à éviter une personne alors qu’il faudrait aller vers elle ou à abandonner une décision parce qu’elle nous expose au jugement, au rejet ou à l’incompréhension.

PORTRAIT : Alexis-Louis Mangin

Alexis-Louis Mangin

Par Benoit Voyer

29 octobre 2026

Le 4 septembre 1856, à Liège, en Belgique, naît Alexis-Louis Mangin. Quelques mois plus tard, sa famille s’établira à Rambervillers, en France.

Enfant espiègle et agité, il manifeste assez tôt un intérêt pour la vie religieuse. Il rêve être missionnaire. Il n’a que huit ans lorsque son père décède.

Élève doué, il obtient à 19 ans un baccalauréat ès lettres et un baccalauréat ès sciences.

Il entre au Séminaire de Saint-Dié.

Le 16 avril 1881, il est ordonné prêtre dans la chapelle des Carmélites de Velletri, près de Rome. Par la suite, il devient professeur au collège de Metz, puis à celui de Rambervillers, où il fonde un cercle destiné à la jeunesse.

En 1885, à la suite d’un appel téléphonique de l’abbé Antoine Labelle (le célèbre curé Labelle), il quitte la France pour le Canada. Il travaille à Chénéville pendant trois ans et, en 1889, il devient curé fondateur de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges, à Masson, devenu de nos jours un secteur de Gatineau.

À cet endroit, il consacre son temps à la prière. Il cherche à renouveler la vie spirituelle de ses paroissiens. Éléonore Potvin, sa ménagère, devient sa précieuse collaboratrice. Ensemble, ils développent le projet d’une nouvelle communauté religieuse consacrée, notamment, à l’adoration eucharistique et à la prière pour les prêtres. Le 23 mai 1895, la Congrégation des Servantes de Jésus-Marie voit le jour.

L’année suivante, Alexis-Louis Mangin quitte sa paroisse afin de se consacrer entièrement à la nouvelle communauté. Au couvent, il choisit de vivre pauvrement. Il laisse derrière lui ses biens personnels, jusqu’au calice reçu à son ordination sacerdotale.

Homme cultivé, il s’intéresse à la physique, à la chimie, à la menuiserie, à la sculpture et à la photographie. Habile de ses mains, il conçoit plusieurs outils pour favoriser le travail des religieuses.

Alexis-Louis Mangin est avant tout un intellectuel. Il écrit de la poésie et des textes dans le domaine de la théologie chrétienne. Il laisse une centaine de cahiers d’instructions, de sermons, de lettres et d’opuscules. On lui doit la première publication canadienne du Traité de la vraie dévotion à Marie, de saint Louis-Marie de Montfort.

Il a une santé fragile. Il deviendra totalement sourd.

En janvier 1914, il rencontre le pape Pie X, à Rome, afin de solliciter l’approbation des Constitutions des Servantes de Jésus-Marie. En 1918, une nouvelle fondation de la communauté voit le jour à Rimouski.

En janvier 1920, la grippe frappe plusieurs religieuses. Il contracte la maladie. Malgré tout, il poursuit son travail auprès de ses sœurs.

La veille de sa mort, il affirme n’avoir « pas perdu un seul instant la présence de Dieu pendant cette maladie ».

Alexis-Louis Mangin décède le 26 février 1920, à 1 h 10 du matin. Peu avant sa mort, il résume ainsi l'enseignement qu’il estime avoir transmis à sa communauté : « Maintenant, j’ai fini d’expliquer le règne du Saint-Esprit dans les âmes, son action quotidienne par Marie, sous l’influence de la sainte Liturgie. »

Il repose dans le cimetière Notre-Dame, à Gatineau.


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Musée Marie-Rose Durocher


Musée Marie-Rose Durocher

Le Musée Marie-Rose Durocher est déménagé au 80, rue St-Charles est, à Longueuil. L’inauguration aura lieu prochainement. Les instigatrices espéraient le faire le 6 octobre à l’occasion de la fête liturgique de la bienheureuse fondatrice des Sœurs des Saints noms de Jésus et de Marie. Les visiteurs pourront visiter la première maison de cette congrégation : escalier en bois du 18e siècle, chambre et salle de travail de sœur Marie-Rose Durocher, salle du chapitre et premier caveau où était inhumée la « sainte ». Dans la chapelle communautaire, le public pourra prier au lieu où elle se recueillait. Marie-Rose voyait le jour le 6 octobre 1811 et décédait à la même date en 1849. Elle fonda cette communauté en 1843. Sa dépouille repose à Montréal. Informations : (514) 651-8104. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 4)

28 octobre 2026


POLITIQUE : Arthur Meighen

Arthur Meighen
Arthur Meighen

Par Benoit Voyer

28 octobre 2026

Arthur Meighen est né sur une ferme le 16 juin 1874. Au Manitoba, il pratiquera le droit. Le 24 juin 1904, à Birtle, il épousera Jessie Isabel Cox. Cette dernière est née à Granby, au Québec, le 18 avril 1883 et est décédée le 6 septembre 1985. Elle était la fille de Charles Cox et de Lilian Booth ainsi que la nièce du célèbre écrivain et illustrateur Palmer Cox.

En 1908, Meighen est élu à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice. Il est un orateur remarquable. Il deviendra premier ministre du Canada à deux reprises, soit de juillet 1920 à décembre 1921 et de juin à septembre 1926. Il est le 9ᵉ à occuper la fonction à partir de 1867.

Isabelle Cox
On se souvient de lui comme étant l'un des plus brillants parlementaires de son époque. Successeur de Robert Borden, il a dû gérer les séquelles de la Première Guerre mondiale, les tensions linguistiques, les revendications agricoles de l'Ouest et l'évolution des rapports entre Ottawa et les provinces. Son bref gouvernement de 1926 a été renversé à la suite de la crise King-Byng, une crise constitutionnelle qui a contribué à préciser les conventions entourant le rôle du gouverneur général et le principe du gouvernement responsable.

En 1932, il revient à la vie publique comme leader du gouvernement au Sénat. Il prendra sa retraite en 1942.

Arthur Meighen décède à Toronto le 5 août 1960.

Il repose dans le cimetière de la petite municipalité de St.Marys, en Ontario. S’il n’y avait pas le drapeau du Canada pour indiquer l’endroit où il est, il serait difficile de le retrouver. Devant sa pierre tombale, le gouvernement canadien a installé une plaque commémorative officielle. Un peu plus loin dans le cimetière, près de la chapelle, se trouve une fiche qui rappelle son parcours.

Meighen rappelle l'importance des institutions parlementaires du Canada. En ces temps où les gouvernements minoritaires, les débats constitutionnels et les relations fédérales-provinciales demeurent complexes, son parcours nous enseigne que la stabilité démocratique dépend autant du respect des règles non écrites que des lois elles-mêmes. Son exemple invite également à réfléchir à la qualité du débat parlementaire et à la recherche de compromis.


Cimetière de St.Marys, en Ontario

VOLTAIRE - Pensée


FLASH : Quand les dents racontent une autre histoire

Quand les dents racontent une autre histoire

Pendant longtemps, les archéologues utilisent la forme des crânes et des dents pour étudier les origines des populations anciennes. Ces méthodes permettent de formuler des hypothèses, mais elles comportent certaines limites. À Montréal, des analyses réalisées sur des dépouilles du cimetière Notre-Dame suggèrent notamment la possibilité d'un métissage entre colons et Autochtones. En 2026, la chercheuse Diane Martin-Moya utilise plutôt l'ADN ancien pour vérifier cette hypothèse. Les 45 personnes étudiées présentent uniquement des origines européennes. Une découverte qui montre comment les nouvelles technologies peuvent modifier notre compréhension de l'histoire. (Benoit Voyer, 28 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Est-ce que je prends le temps de prier ?

Avant de prendre une décision importante,
est-ce que je prends le temps de prier ?

Par Benoit Voyer

28 octobre 2026

Luc nous raconte dans son évangile qu’un jour Jésus gravit une montagne afin d’y passer la nuit à prier. On ne sait pas quelle montagne et à quelle hauteur. De toute manière, cela n’apporterait rien d’intéressant au récit. Dans la Bible, gravir une montagne signifie habituellement se rapprocher de Dieu, qui, à cette époque, on s’image qu’il habite là-haut dans le ciel derrière les nuages.

Au matin, il redescend afin de s’entretenir avec ceux qui le suivent. Il choisit douze disciples « auxquels il donna le nom d'Apôtres » et à Simon il donne le nom de Pierre (cf. Lc 6, 12-19). Le chiffre est significatif. Il renvoie aux douze tribus d’Israël, donc symboliquement au peuple d’Israël en entier et, dans une perspective chrétienne, à toutes les nations.

Ainsi donc, avant de choisir, Jésus s’arrête pour prier.

Cela interpelle : Avant de prendre une décision importante, est-ce que je prends le temps de prier ? Est-ce que je prends vraiment le temps de me placer en présence de Dieu et de tenter d’écouter ce qui surgit ?

En 1931, le père Eugène Prévost écrivait un petit opus spirituel sur le bonheur. Depuis quelques semaines, il alimente ma méditation. Bien entendu, le langage et la vision de Dieu sont d’une autre époque, mais le propos demeure d’intérêt.

Eugène Prévost écrit : « Tout consiste à regarder dans la bonne direction, à entrevoir le terme de la vie, et à se servir des moyens surnaturels mis à notre disposition pour marcher toujours dans le chemin de la vertu, appuyé sur la grâce de Jésus qui ne fait jamais défaut, mais qui réclame le concours de notre bonne volonté. »

Il ajoute : « Ne sont vraiment heureux que ceux qui suivent les règles de la conscience, qui se soumettent à l’autorité divine pour en accomplir la loi et en suivre les saintes inspirations, et qui, fidèles à tous leurs devoirs, ne poursuivent pas d’autre idéal que celui de glorifier Jésus par la pratique de toutes les vertus. »

« Suivre les saintes inspirations ». L’expression n’est pas de notre temps, mais elle dit quelque chose…

Pour entendre « les inspirations » en question, il faut faire silence. La nuit de Jésus dans la prière rappelle que le discernement demande parfois du temps. Il ne s’agit pas seulement de demander à Dieu d’approuver ce que je décide. Il s’agit surtout de me rendre disponible à ce qu’il peut me demander. La nuance est importante.

Le récit biblique ne s’arrête pas sur la montagne : après avoir prié et choisi les Douze, Jésus redescend. Une foule immense l’attend. Des personnes sont venues pour l’entendre, d’autres pour être guéries. Certaines sont tourmentées. Toutes cherchent à s’approcher de lui et même à le toucher.

La leçon est importante : la prière conduit Jésus vers les autres.

À propos du cœur humain, le père Eugène Prévost écrivait : « Il doit en être ainsi, puisque le cœur de l’homme n’est point fait pour la créature, mais pour Dieu. L’immensité l’attire, l’éternité le réclame ; l’amour divin seul est capable de combler les lacunes inévitables des affections terrestres. Pourquoi alors se contenter d’affections qui ne contiennent que des parcelles de bonheur, lorsqu’il est si facile de les surnaturaliser par un amour qui prend sa source en Jésus et se prolonge dans l’éternité ? »

Cet amour prend sa source en Jésus, lui qui, à travers ses paroles et ses actions, nous révèle Dieu, source de toute paternité.

On le voit dans le récit de Luc, Jésus monte vers Dieu dans la prière et redescend vers les humains. Sa relation avec Dieu et sa présence auprès des autres ne s’opposent pas.

Je reviens à Eugène Prévost. Il disait : « Si nous voulons n’être jamais déçus, mettons Jésus à la place de la créature, et laissons-Le inspirer et diriger toutes les affections de notre cœur. Aimons ceux que nous devons aimer, mais chrétiennement, saintement, et notre bonheur, comme nos affections, sera durable. »

La montagne est bien là. On monte vers Dieu non pour oublier les autres, mais pour apprendre à mieux les aimer. On prie pour que Jésus puisse « inspirer et diriger » son cœur. Par la suite, comme Jésus dans l’Évangile, il faut savoir redescendre.

Au pied de ma montagne, il y a toujours une personne à écouter, à accueillir, qui souffre ou qui a besoin de ma présence.

SAINTS ET SAINTES : Marie Guyart

Sainte Marie de l’Incarnation

Par Benoit Voyer

28 octobre 2026

Le 28 octobre 1599, à Tours, en France, naît Marie Guyart. Elle est la quatrième enfant de Jeanne Michelet et de Florent Guyart, boulanger.

Dès l’âge de sept ans, elle vit une première expérience spirituelle marquante. Dans un songe, elle voit Jésus venir vers elle et lui demander : « Voulez-vous être à moi ? » Elle lui répond simplement : « Oui ! »

À dix-sept ans, elle épouse Claude Martin, marchand en soieries. Deux ans plus tard, son mari meurt, la laissant avec leur fils Claude, âgé de six mois, et un commerce en faillite.

Le 24 mars 1620, veille de l’Annonciation, elle vit une expérience spirituelle déterminante. En marchant dans la rue, elle prend soudainement conscience de ses péchés et de ses imperfections et se voit, selon son propre cheminement mystique, plongée dans le Sang du Christ et sauvée par son amour miséricordieux. Cette expérience transforme profondément sa vie spirituelle.

En 1621, elle commence à travailler dans l’entreprise de transport de son beau-frère. Celui-ci reconnaît rapidement ses talents d’administratrice et lui confie parfois la direction de l’entreprise. Marie négocie, s’occupe des employés et prend soin d’une soixantaine de chevaux. Il lui arrive même de travailler tard dans la nuit sur les quais pour faire charger et décharger les marchandises. Elle mène ainsi une vie spirituelle intense au cœur d’une existence particulièrement active.

En 1627, elle vit une profonde expérience mystique de la Trinité. Puis, en 1631, elle entre chez les Ursulines de Tours et prend le nom de Marie de l’Incarnation.

En 1634, dans un nouveau songe, elle voit « un lieu très difficile » qu’elle reconnaîtra plus tard à son arrivée à Québec. Sa vocation missionnaire se précise. Elle entre notamment en contact avec des jésuites missionnaires de la Nouvelle-France.

Le 25 janvier 1639, elle quitte son monastère de Tours pour entreprendre son voyage vers la Nouvelle-France. Elle est accompagnée de Madame de la Peltrie, une veuve qui soutient financièrement son projet de fonder une école destinée aux jeunes filles amérindiennes et françaises.

Le 4 mai 1639, Marie Guyart, devenue Marie de l’Incarnation, s’embarque à Dieppe, en France, en direction de Québec, en Nouvelle-France. Elle arrivera à destination deux mois plus tard dans le but de fonder le premier monastère d'Ursulines en Amérique.

Malgré une bonne traversée, l’arrivée ne fut pas de tout repos. La marée et des vents contraires obligèrent l’Ursuline et l’équipage à débarquer sur l’île d’Orléans. Mère Juchereau de Saint-Ignace, venue fonder l’Hôtel-Dieu de Québec, décrit ainsi la mésaventure : « […] On mit à terre à l’île d’Orléans, qui pour lors n’était point habitée; On fit cabanes à la façon des sauvages; les religieuses se mirent dans l’une; Les religieux dans l’autre; […] Nous avions une joie qui ne se peut exprimer de nous voir dans ces grands bois, que nous fîmes retentir par nos cantiques, donnant mille louanges à Dieu […] »

De 1639 à 1672, Marie de l’Incarnation vit dans son monastère de Québec et participe activement à l’établissement de la jeune Église canadienne. Elle accueille des jeunes filles pour leur enseigner les fondements de la religion chrétienne et reçoit également de nombreux visiteurs amérindiens et français.

Elle étudie les langues du pays et compose des dictionnaires, des catéchismes et des histoires saintes dans au moins trois langues amérindiennes. Elle doit aussi veiller aux besoins matériels de sa communauté et à la construction du monastère, puis à sa reconstruction après l’incendie de 1650.

Le soir, à la chandelle, elle entretient une abondante correspondance avec son fils, ses amis et les bienfaiteurs demeurés en France. En 1654, à la demande de son fils Claude, devenu bénédictin, elle lui fait parvenir la Relation de sa vie, récit de son cheminement spirituel.

Grande mystique et éducatrice, elle est considérée comme la « Thérèse du Nouveau Monde et de notre temps », selon Bossuet. Elle est également appelée « mère de l’Église canadienne » en raison de son engagement dans la jeune colonie de 1639 à 1672.

Le 30 avril 1672, elle décède à Québec.

En 1980, le pape Jean-Paul II la proclame bienheureuse.

En 2014, elle est canonisée par le pape François.

Sa fête liturgique est célébrée le 30 avril.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Papa célèbre le mariage de fiston

Papa célèbre le mariage de fiston

Michel Gravel, un diacre de Granby, a uni son fils Alexandre, 22 ans, à sa fiancée, Isabelle Cadorette, 19 ans, par les liens du mariage. C’était une première dans cette ville de la Montérégie. Un hebdomadaire local n’a pas hésité à publier la nouvelle en première page. Le curé de la paroisse Assomption, l’abbé Lionel Deslandes, présidait l’eucharistie. Le père et diacre a prononcé l’homélie, présidé l’échange des vœux et béni les alliances. M. Gravel est professeur de soudure et membre du clergé depuis deux ans. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 4)

27 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Le microbiote intestinal, un nouvel acteur de la santé mentale

Le microbiote intestinal, un nouvel acteur de la santé mentale

Par Benoit Voyer

27 octobre 2026

Notre ventre serait-il aussi un acteur de notre équilibre psychologique ? La question est en ce moment d’une grande actualité.

Depuis quelques années, des chercheurs étudient le lien entre le fonctionnement du cerveau et le microbiote intestinal humain, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries présentes dans notre système digestif.

Surnommé le « deuxième cerveau » en raison de ses nombreuses connexions nerveuses, l’intestin communique en permanence avec le système nerveux central. Un nouveau champ de recherche, appelé « psychomicrobiotique », tente de mieux comprendre comment les perturbations du microbiote pourraient être associées à certains troubles comme l’anxiété, l’irritabilité ou la dépression.

Dans l’édition du 20 mai 2026 de Santé Magazine, le psychiatre Guillaume Fond explique que « lorsque les bactéries de l’intestin sont perturbées, elles vont déclencher différents systèmes d’alarme qui peuvent provoquer de l’anxiété, de l’irritabilité, voire de la dépression ».

Ainsi donc, l’alimentation joue un rôle important : une consommation élevée de sucres raffinés et de graisses saturées favoriserait l’inflammation de l’organisme, alors qu’une alimentation riche en fibres, en légumes, en légumineuses et en protéines contribuerait à maintenir un microbiote plus diversifié.

Certains aliments font l’objet d’un intérêt particulier, notamment les aliments fermentés comme la choucroute, les cornichons, les pickles ou les yogourts, qui apportent des bactéries bénéfiques.

Les aliments riches en tryptophane, comme les amandes, la banane, le chocolat ou certains poissons, sont également étudiés pour leur rôle dans la production de sérotonine, un neurotransmetteur associé à la régulation de l’humeur.

La prudence est tout de même de mise. Dans Santé Magazine, le psychiatre Michel Lejoyeux disait : « Aucun aliment n’a d’effet psychotrope. Le changement d’alimentation peut améliorer l’état de santé mentale, mais pas remplacer les autres traitements ».

LAMARTINE - Pensée


FLASH : Un cimetière sous le Vieux-Montréal

Un cimetière sous le Vieux-Montréal

Saviez-vous qu'un ancien cimetière se trouve sous une partie du Vieux-Montréal ? Le cimetière Notre-Dame accueille des défunts de 1683 à 1796, près de l'emplacement actuel de la basilique Notre-Dame. Avec le développement de la ville, ses terrains disparaissent progressivement sous les rues et les bâtiments. Des travaux archéologiques permettent de retrouver plusieurs sépultures. Entre les années 1990 et 2013, les chercheurs mettent au jour les restes d'environ 200 personnes. En 2026, une étude génétique de 45 de ces dépouilles apporte de nouvelles informations sur les origines des habitants de Montréal à l'époque coloniale. (Benoit Voyer, 27 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Humblement avec un cœur ouvert

Humblement avec un cœur ouvert

Par Benoit Voyer

27 octobre 2026

Le royaume de Dieu en soi commence humblement, grandit progressivement et transforme l’être de l’intérieur. Son action n’est pas toujours spectaculaire, ni immédiatement visible.

Jésus le compare à une graine de moutarde et à du levain (cf. Lc 13, 18-21). Dans les deux cas, quelque chose de petit et presque invisible finit par produire une grande transformation. La graine insiste sur la croissance : ce qui est minuscule peut devenir grand et accueillir la vie. Le levain mise sur la transformation : une petite quantité suffit pour faire lever toute la pâte.

Ainsi en est-il de la Parole de Dieu semée en soi.

Lorsqu’on lit les textes de la Bible, pour que la Parole de Dieu porte des fruits dans sa vie, il faut un cœur ouvert. Il faut aussi que tout notre être soit ouvert.

On doit faire nôtre cette attitude, tout comme elle l’était chez la femme et l’homme bibliques. Ils sont des gens éminemment ouverts. On le voit à travers plusieurs textes bibliques.

François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, auteur du livre « Quand la Parole prend feu », que j’ai lu à deux occasions en septembre, écrit à ce sujet : « Ainsi ouvert, disponible, réceptif, tu es à pied d’œuvre pour entrer en action, pour entrer en travail. Car encore une fois la lectio divina est action et travail ; un acte extrêmement riche et complet qui mobilise, sous la grâce, toutes les ressources, toutes les dimensions, toutes les puissances, toutes les énergies de la personnalité humaine et spirituelle. « Il faut aller à la vérité de toute son âme », disait Platon ; de même il faut aller à la Parole, au texte, non pas du bout des lèvres ou avec des yeux distraits, mais tout entier : c’est une rencontre personnelle. »