Benoit Voyer
VISION CATHOLIQUE : Selon le père Jean-Paul Regimbal, « les chrétiens sont trop lâches...»
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| Jean-Paul Regimbal |
Par Benoit Voyer
30 mai 2026
Le 1er juin 1980, à la maison des Trinitaires de Granby, on célèbre le 10e anniversaire du renouveau charismatique au Canada. La fête a lieu sur le parterre, à l’arrière de la maison, au coin des rues Avery et Robitaille.
La journée est constituée de temps de prière, de causeries spirituelles du père Jean-Paul Regimbal et d’une grande célébration eucharistique présidée par Mgr Louis Langevin, évêque de Saint-Hyacinthe. Dans la foule, incognito figure la journaliste Geneviève Tavernier du quotidien La Voix de l’Est. Elle participe à l’événement comme tous les autres participants. Le lendemain, en page 2, elle permet aux lecteurs du journal de revivre les moments forts de la journée. Son reportage comporte trois volets : quelques propos forts du père Jean-Paul Regimbal [1], un retour sur la messe anniversaire [2] et quelques « observations et réflexions » [3].
D’ailleurs, la reporter qui connaît peu l’univers du renouveau charismatique, livre deux réflexions intéressantes et honnêtes.
D’abord au sujet du Trinitaire : « La puissance de persuasion du père Jean-Paul Regimbal n’est cependant pas liée à ces critères civils et universellement reconnus. Elle procède de sa foi et de sa simplicité d’expression: il est accessible à tous, croyants ou infidèles, pratiquants ou non. »
Et puis, au sujet du « charismatisme catholique » : « Pour le non-initié qui s’égare dans une réunion de prière d’un groupe du renouveau charismatique il y a plusieurs éléments de surprise: la joie rayonnant sur les visages, oh! pas sur tous, certes, mais sur la plupart, et principalement sur ceux des handicapés. C’est la sérénité des visages âgés. C’est l’abandon de la foule dans le chant et la prière. C'est aussi, et surtout, la présence de nombreux jeunes qui ont l’air heureux et non pas désabusés! »
Exhortation à l’engagement
En cette journée spéciale, le père Jean-Paul Regimbal n’y va pas avec le dos de la cuiller envers les participants : « C'est de votre faute, à vous, chrétiens, si nos gouvernements adoptent des lois permettant la vasectomie et l’hystérectomie à volonté, si l'avortement devient libre, si dans nos écoles nos enfants reçoivent une éducation sexuelle basée sur le plaisir et non plus sur l’amour partagé du couple... »
Mais la journaliste excuse le trinitaire du ton qu’il utilise : « Mais cette harangue en fut une d’amour avant tout : qui aime bien châtie bien, et si le père Jean-Paul a fait de cuisants reproches aux tièdes, il a encouragé les fidèles et louangé ceux qui, reprenant le bâton de pèlerin des premiers chrétiens, ont le courage de remonter aux sources même de l’évangile et de vivre les écritures en nos temps modernes ».
Le père Jean-Paul explique que « la négation de la Trinité est à la source de la destruction de la cellule familiale et la substitution de la volonté de l’homme à celle de Dieu est la négation même du droit de l’être à la vie. C’est le génocide de notre peuple à une époque où on parle de liberté, d'indépendance, de fondation d’une nation. C‘est un non-sens né du matérialisme d’une poignée d’individus qui sont suivis par une masse tiède et peureuse de vivre et de proclamer sa foi. »
Selon lui, la seule chance de survie de l'humanité est de reconnaître par chacun de l’importance de la Trinité, de lui rendre sa valeur afin que chaque couple puisse accomplir sa triple mission : donner la vie, l'éducation et l’évangélisation par l'amour, sans faiblesse, librement, et publiquement, le geste suivant la parole, l’acte procédant de la foi.
À ses yeux, les problèmes vécus dans la société proviennent de l'effondrement des familles, des attitudes égoïstes, possessives, étouffantes des mères qui ne savent pas éduquer leurs enfants dans un climat de confiance, d’amour et de liberté, des influences maladroites des pères qui ne démontrent à leurs enfants que l’ambition qui les habite, leur goût du luxe et la puissance stérile. Pour lui, les enfants ont besoin de valeurs surnaturelles, voire transcendantales.
Les problèmes sociaux vécus par les jeunes découlent de leur difficulté d’identification avec leurs parents. Cela est prouvé par la science : c'est de 4 ou 6 ans que la personnalité profonde de l'enfant se forme. C’est à cet âge que l’influence du père sur le garçonnet, de la mère sur la fillette, en fait un homme ou une femme épanoui.
Dans son plaidoyer, il met en évidence que si le garçon n’a que sa mère comme base d’identification, si la fille n’a que son père comme « objet d’admiration », il ne faut guère s’étonner à voir l’homosexualité se développer au grand jour et sans vergogne comme c’est le cas à travers le monde. À ses yeux, il n’y a plus de barrière à l’immoralité.
Dans la pensée du père Regimbal : en abandonnant la foi en la Trinité, homosexualité, délinquance, violence et usage abusif des drogues sont l’héritage promis à la jeunesse.
Jean-Paul tente d’ébranler ses auditeurs : « Les chrétiens sont trop lâches pour faire connaître et reconnaître leurs droits sur la place publique, pour afficher leur foi aux yeux du monde. Ils laissent aux forces minoritaires du mal la possibilité de se manifester et de les étouffer. L’absence des ‘‘bons’’ dans ce combat pour les droits de Dieu laisse la porte ouverte à toutes les calamités ».
Comme il le dit depuis des années dans ses conférences, et comme il l’écrira dans son livre « La Révolution de l’amour » qui paraîtra dans la deuxième partie de 1981, ce n’est pas seulement au sein de l’Église que le chrétien doit se manifester, mais à tous les niveaux de la société : à l’hôtel de ville, dans les commissions scolaires et auprès des gouvernements municipal, provincial et fédéral pour que soient adoptées des lois qui suivent les valeurs de l’Évangile.
Jean-Paul insiste : le chrétien se doit, et doit à Dieu, d’être présent et actif partout, actif et vigilant. « Ce n’est que par le mystère de la Trinité que pourra être sauvegardée la paix dans le monde ».
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| Mgr Louis Langevin, en 1986 |
Selon l’évêque de Saint-Hyacinthe, le chrétien a trois devoirs: la justice, la miséricorde et la droiture. Geneviève Tavernier résume : « Celui de justice, parce qu’est l’amour sans la justice ? Celui de miséricorde, parce que peut-on espérer pour soi si on ne peut avoir quelque charité pour autrui ? Celui de droiture parce que c’est dans l’authenticité de la foi que le chrétien se reconnait. »
Dans ses réflexions personnelles, la journaliste lance : « Vivre au plus près des écritures, c’est avant tout bien connaître l’évangile, les actes des apôtres, être familier avec Jésus dans les agissements de chaque jour. C’est vivre comme les premiers chrétiens, sans peur, sans fausse honte, tendant la main aux inconnus comme à des amis, acceptant l’humanité pour ce qu’elle est tout en tentant de lui faire connaître la source de la joie vécue. »
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[1] Geneviève Tavernier. Au 10e anniversaire du Renouveau charismatique - Le Père Regimbal accuse les fidèles de laisser-aller, Voix de l’Est, 2 juin 1980, p. 2
[2] Geneviève Tavernier. Mgr Louis Langevin rend hommage aux pionniers du Renouveau charismatique, Voix de l’Est, 2 juin 1980, p. 2
[3] Geneviève Tavernier. Observations et réflexions, Voix de l’Est, 2 juin 1980, p. 2
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com
Qui l'aurait cru !
MONTRÉAL – Qui, de mes pairs, aurait imaginé que l'un des successeurs au siège du grand inquisiteur en viendrait à déclarer : « Les chrétiens peuvent apprendre beaucoup de l'exégèse juive pratiquée depuis 2000 ans », lance avec étonnement le rabbin Jacquot Gruneald, journaliste, écrivain et fondateur de Tribune Juive dans l'introduction de son article « Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne – Point de vue d'un rabbin », paru dans le dernier numéro de Théologiques, la revue de la faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal.
Saints, bienheureux et vénérables de mai
QUÉBEC – Une belle manière de stimuler sa vie spirituelle est de visiter un saint, un bienheureux ou un vénérable de chez nous. En mai, l'Église canadienne se souvient de plusieurs personnages à la foi exemplaire. Voici leurs noms, les dates de leurs anniversaires de décès ou celles qui sont inscrites au calendrier liturgique et les adresses où reposent leurs sépultures : le 4 mai : la bienheureuse Marie-Léonie Paradis (Petites Sœurs de la Sainte-Famille, 1820, rue Galt ouest, Sherbrooke) ; 6 mai : le bienheureux François de Laval (Basilique-Cathédrale de Québec, 16, rue De Buade, Québec) ; 8 mai : la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin (Hôtel-Dieu de Québec, 10, rue Donnacona, Québec) ; 16 mai : Marie-Clément Staubb (Sœurs de Sainte-Jeanne-d'Arc, 1505, rue de l'Assomption, Sillery – Cause à l'étude) ; 24 mai : le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau (Cathédrale de Saint-Hyacinthe, 1900, rue Girouard ouest, Saint-Hyacinthe) ; 30 mai : Éléonore Potvin (Servantes de Jésus-Marie-crypte, 210, rue Laurier, Gatineau – Cause à l'étude). Il est préférable de téléphoner avant la visite : 819-777-1744).
Le curé chantant
GRANDE-RIVIÈRE – Dans le diocèse de Gaspé, l'abbé Rémi Bouchard, curé de la paroisse de Grande-Rivière, a trouvé une manière originale de réchauffer l'atmosphère de la vie paroissiale et de financer les activités de sa communauté chrétienne. Régulièrement, après les célébrations, le curé fait un tour de chants. Il fredonne aux paroissiens des chansons profanes. Il attire un grand nombre de personnes – souvent l'église est pleine à craquer – et, du même coup, fait grimper le nombre de participants à la célébration eucharistique qui précède son récital.
Nouvelle paroisse à Drummondville
DRUMMONDVILLE – Les paroisses Saint-Simon, Christ-Roi et Saint-Philippe, à Drummondville, dans le diocèse de Nicolet, forment maintenant une seule paroisse. Aucune église ne sera fermée. La fusion sera complétée d'ici le début de l'été.
Réforme à la faculté de théologie
MONTRÉAL – La faculté de théologie et de sciences des religions de l'université de Montréal a procédé à une réforme majeure de ses programmes d'études aux cycles supérieurs. Ils entreront en vigueur à l'automne.
Journée des musées montréalais
MONTRÉAL – C'est le 29 mai qu'aura lieu la Journée des musées montréalais. Plusieurs musées seront ouverts gratuitement. Sur la scène religieuse, des visites sont à ne pas manquer au musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu (201, avenue des Pins ouest), au musée Marguerite-Bourgeoys (400, rue Saint-Paul est), au musée des crèches de l'Oratoire Saint-Joseph (3800, chemin Queen-Mary) et au musée commémoratif de l'Holocauste à Montréal (5151, chemin de la Côte-Sainte-Catherine).
Le monastère des Carmélites
MONTRÉAL – Le monastère, que les Carmélites quittent à Montréal, qui compte 21 chambres, est évalué par la ville de Montréal à 2,2 M$. C'est au coût de 5,5 M qu'elles viennent de le vendre. Ce qui constitue un bon marché. Le montant de la vente servira à l'achat d'une ferme à Lanoraie où elles s'établiront dans peu de temps. Cette maison de cloîtrées sera habitée par 18 contemplatives. La ferme qu'elles exploiteront servira à produire une partie de la matière première requise pour la fabrication d'hosties.
Les Canadiens et l'Holocauste
OTTAWA – Selon un sondage mené pour le compte de l'Association d'études canadiennes, 71 % des Canadiens reconnaissent que c'est le peuple juif qui a le plus souffert du régime nazi. De plus, 40 % des Canadiens savent que six millions de Juifs sont morts sous ce régime. Le sondage a été mené par la firme Environics.
Égalité femme-homme
MONTRÉAL – Dans un mémoire sur le document « Vers un nouveau contrat social pour l'égalité entre les femmes et les hommes », présenté à la commission des affaires sociales du gouvernement du Québec, l'AFÉAS (Association féminine d'éducation et d'action sociale) rappelle que les femmes sont encore les plus pauvres de notre société, qu'elles sont toujours victimes de violence et qu'une faible proportion d'entre elles fait partie de nos institutions démocratiques. Elle réclame que l'État fasse de l'égalité un engagement ferme et une priorité d'action à travers toutes ses instances, sans oublier d'y mettre les ressources nécessaires. C'est seulement à ces conditions que les Québécoises et les Québécois atteindront, dans les années à venir, une réelle égalité sur laquelle la société pourra construire son identité, son développement et sa richesse. L'AFEAS regroupe 14 000 Québécoises.
Vie consacrée
GATINEAU – Le 2 février, à l'occasion de la Journée de la vie consacrée, Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, a profité de l'occasion pour rendre hommage aux religieuses et aux religieux engagés dans son diocèse. Il les remercie de manière particulière « de relever d'autres défis en allant s'établir dans de nouveaux secteurs du diocèse pour contribuer à faire du neuf ou simplement être à l'écoute de la vie », écrit-il.
Autre « son de cloche » à la télévision
JOLIETTE – L'abbé Claude Sauvageau anime l'émission télévisée « Son de cloche » sur les ondes de la télévision communautaire de Joliette. Il s'agit d'une émission pastorale fort intéressante où l'on fait parfois des découvertes. En février, on a présenté un reportage sur le Vieux-Séminaire de Montréal, érigé en 1685. On a montré aux téléspectateurs la plus vieille cave à vin d'Amérique, érigée sous la basilique Notre-Dame.
Absolution collective : c'est fini !
QUÉBEC – L'archevêque de Québec, le cardinal Marc Ouellet, a annoncé sa décision de mettre fin à la pratique de l'absolution collective. « Veuillez croire que cette décision veut favoriser, non pas un retour en arrière, mais un approfondissement de la conversion personnelle dans l'esprit de l'Église », a-t-il indiqué.
Développement et Paix
MONTRÉAL – Michael Casey est le nouveau directeur général de Développement et Paix, organisme de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) en matière de coopération internationale.
Espérance de vie
IVUJIVIK – La région du Nunavik, au Québec, est l'endroit où l'on meurt le plus jeune au Canada. L'espérance de vie est de 66,7 ans en moyenne, soit moins de 10 ans que la moyenne nationale qui est de 79,3 ans. Cette région, qui est située à l'extrême nord du Québec, comprend 14 municipalités amérindiennes. Ivujivik est la plus au nord du territoire et de la province. À l'opposé, la région de Richmond, en Colombie-Britannique, est celle où l'espérance de vie est la plus élevée, avec 83,4 ans.
Une maison pour Alzheimer
LONGUEUIL – La Maison au Campanile est le quatrième établissement spécialisé dans le soin des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer à ouvrir ses portes au Québec. Elle vient d'ouvrir ses portes à Longueuil (1160, boul. Nobert). Lors de l'ouverture officielle, Mgr Jacques Berthelet, évêque de Saint-Jean-Longueil, a béni les lieux. Dans son allocution, il a rappelé que l'endroit a jadis été le monastère des Servantes de Jésus-Marie. « C'est plus qu'une maison que je veux bénir, ce sont toutes les personnes atteintes par la maladie », a-t-il lancé.
Le Patro en campagne
LÉVIS – Mgr Maurice Couture, archevêque émérite de Québec, est le coprésident de la campagne de financement du nouveau Patro de Lévis avec Me Clément Samson. D'ici le 30 novembre, l'organisme, qui est installé dans l'ancien monastère des Visitandines, espère recueillir 2,9 M$.
40 paroisses au bord de la faillite
QUÉBEC – 40 des 200 paroisses du diocèse de Québec sont en difficultés financières, c'est-à-dire au bord de la faillite. Selon les chiffres de 2003, les paroisses du diocèse ont accumulé un déficit de 600 000 $. Rien de dramatique si l'on répartit ce montant entre les 200 paroisses et si l'on tient compte que les dépenses ont atteint 37 millions $.
Santé : Mgr Vienneau invite à la prudence
BATHURST – Dans le débat sur les soins de santé et l'éventuelle réforme que le gouvernement du Nouveau-Brunswick, dirigé par le premier ministre Bernard Lord, veut mettre en place, Mgr Valery Vienneau, évêque de Bathurst, demande de faire acte de prudence : « Actuellement, il se vit de sérieux malaises dans la péninsule acadienne touchant les soins de santé. Préoccupé par cette situation, je viens [ …] lancer un appel au calme et au dialogue. J'invite les responsables, dans le domaine de la santé, les chefs politiques et les citoyens et citoyennes à puiser dans le bagage de leurs valeurs afin que leur prise de positions respectives se vive dans le respect, l'honnêteté et la vérité.
Nouveaux évêques auxiliaires à Québec
QUÉBEC – Le pape Jean-Paul II a nommé deux évêques auxiliaires à Québec : les abbés Pierre-André Fournier et Gilles Lemay. Ils alerteront le cardinal Marc Ouellet. Avec Mgr Jean-Pierre Blais, ils seront maintenant trois auxiliaires dans ce diocèse. Pierre-André Fournier est né à Plessisville en 1943. Gilles Lemay est né en 1948 à Sainte-Emmélie, Leclercville, dans la région de Lotbinière.
À l'ère espagnole
DRUMMONDVILLE – Afin de répondre aux besoins particuliers des 800 nouveaux arrivants hispanophones, les paroisses de Drummondville offrent maintenant des services en espagnol. La paroisse Saint-Joseph est particulièrement touchée. Depuis l'automne, la messe du dimanche, à 16 h, est célébrée dans cette langue.
Père-fils
OTTAWA – La paroisse Saint-Richard, dans le diocèse d'Ottawa, a mis sur pied un « club » père-fils. Le groupe favorise l'apprentissage de la foi et la formation du caractère tout en pratiquant des activités sportives.
DÉBAT SUR LE MARIAGE ENTRE PERSONNES DE MÊME SEXE : Il y a lieu de se questionner
ST. JOHN'S – Dans une lettre adressée au premier ministre du Canada, Paul Martin, au sujet du projet de loi sur la redéfinition du mariage, Mgr Brendan M. O'Brien, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada et archevêque de St. John's, Terre-Neuve, écrit : « L'intérêt que porte l'État envers l'institution du mariage a toujours été fondé et il devrait continuer d'en être ainsi – sur l'intégration des sexes dans une cellule sociale idéale dans laquelle naissent et sont élevés des enfants, non seulement pour le bénéfice des enfants, mais pour celui de la société dans son ensemble. »
Lettre ouverte du cardinal de Québec
QUÉBEC – Dans une lettre ouverte, publiée dans quelques journaux du Québec, au sujet du projet de loi favorisant le mariage entre personnes de même sexe, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat de l'Église canadienne, écrit : « Même au risque d'être jugé "politiquement incorrect", je rappelle qu'un tel projet de loi heurte le sens moral et la sensibilité religieuse d'un grand nombre de citoyennes et de citoyens, catholiques ou non catholiques. »
Lettre des évêques aux chefs de partis politiques
ST. JOHN'S, TERRE-NEUVE – Mgr Brendan M. O'Brien, archevêque de St. John's et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), a écrit aux chefs des partis politiques présents à la Chambre des communes à Ottawa pour leur demander de défendre le mariage traditionnel et a encouragé le chef du Parti conservateur à continuer son travail de défense du mariage traditionnel.
ÉDUCATION :
Éducation aux religions : position du PQ
QUÉBEC – Pour la porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, Pauline Marois, le gouvernement doit s'engager dès maintenant dans une transition vers un cours d'éducation aux différentes religions. Elle dit que le gouvernement devrait s'abstenir de déroger aux chartes et planchers, pendant un an, sur les nouveaux programmes. Durant ce temps, les cours d'enseignement religieux seraient maintenus. « Si on reconduit la clause nonobstant, le gouvernement se place dans une position où il se rend vulnérable aux lobbys. Il y a déjà des pétitions de groupes pro-religion déposées », croit Mme Marois, soulignant qu'il était clair pour son parti, à l'époque, que les clauses étaient renouvelées pour la dernière fois en 2000.
Loi 118
BAIE-COMEAU – Dans une entrevue parue dans Le Devoir, le président du comité d'éducation chrétienne de l'Assemblée des évêques, Mgr Pierre Morissette, s'est dit très sceptique face à un tel cours non confessionnel « Il ne l'écarte cependant pas définitivement, le voyant comme un pis-aller si le gouvernement mettait un terme à l'enseignement catholique et protestant », écrit la journaliste Clairandrée Cauchy. Mgr Morissette réclame le statu quo afin que la loi 118 sur la déconfessionnalisation puisse avoir le temps de porter ses fruits.
ANNIVERSAIRES :
125ᵉ anniversaire
EDMUNDSTON – La paroisse de l'Immaculée-Conception d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, célèbre son 125ᵉ anniversaire de fondation. Le coup d'envoi des activités a été donné en février lors d'une messe célébrée par Mgr François Thibodeau, à la cathédrale d'Edmundston.
Mouvement « Portes ouvertes » : 25 ans
KAPUSKASING – Le mouvement « Porte ouverte » fête cette année son 25ᵉ anniversaire de fondation. Le 30 novembre 1979, le père Nazaire Auger, c.j.m., et un couple commençaient leur première fin de semaine de ressourcement consacrée aux personnes dans le deuil d'un conjoint. Depuis ce temps, l'organisation n'a pas cessé de prendre de l'expansion. Près de 340 groupes de l'Ontario et du Québec ont vécu l'expérience.
Cinquantième anniversaire
OTTAWA – La paroisse Saint-René-Goupil, dans le diocèse d'Ottawa, célèbre son 50ᵉ anniversaire de fondation.
La communauté de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis a 125 ans
SHERBROOKE – Les Petites Sœurs de la Sainte-Famille fêteront leur 125ᵉ anniversaire de fondation, le 31 mai, et leur 110ᵉ anniversaire de présence à Sherbrooke. L'institut a été fondé au Nouveau-Brunswick par la bienheureuse Marie Léonie Paradis. La supérieure générale est Sœur Denise Pomerleau. Les Sœurs ont beaucoup travaillé dans le milieu de l'éducation. Par leur implication, les religieuses ont ainsi permis que les frais de scolarité soient réduits et, du même coup, elles ont encouragé les familles à faibles revenus à envoyer leurs enfants à l'école.
150ᵉ anniversaire
SAINT-JEAN-DE-MATHA – La municipalité et la paroisse de Saint-Jean-de-Matha, dans le diocèse de Joliette, célèbrent leur 150ᵉ anniversaire. Les citoyens doivent le souvenir de leurs origines grâce au bouquin « Histoire d'un établissement paroissial de colonisation. Saint-Jean-de-Matha » de l'abbé Théophile Stanislas Provost, curé de ce territoire de 1885 à 1899. Le 8 février, jour de l'anniversaire du saint patron de la paroisse, une grande fête de la lumière a été animée par le père Michel Goupil, provincial de la communauté des Trinitaires au Canada.
(Revue Sainte-Anne, mai 2005, pp. 204 à 206)
UN PEU DE MOI : Ma première animation à la télévision

La Voix de l'Est, 3 mars 1983, p. 4
Ma première animation à la télévision
Par Benoit Voyer
29 mai 2026
Le 3 mars 1983, j'animais ma première émission à la télévision. L'émission "Bienvenue au Café d'accueil chrétien" était produite et présentée par Transvision – Câble 11, la télévision communautaire de la région de Granby. Transvision a été acquis par Vidéotron.
Ce jour-là, je débutais une série de sept émissions sur les sacrements dans l'Église catholique. Pour me parler du baptême, je recevais le diacre permanent Gérard Chabot. Serge Champagne et Lucie Cournoyer chantaient une chanson. De plus, sur le plateau, il y avait monsieur et madame Ménard. Je ne me souviens plus de leurs prénoms et du sujet abordé avec eux.
J'avais 17 ans.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le pluralisme religieux : un défi pour le christianisme d'aujourd'hui
MONTRÉAL - Le pluralisme religieux est une question encore plus difficile que celle de l'athéisme et de l'indifférence religieuse qui a fait couler bien de l'encre, il y a quelques années. Il amène un challenge de taille au christianisme. Ce dernier doit veiller à maintenir le privilège de sa singularité comme étant LA vraie religion et trouver une manière de dialoguer avec les autres traditions religieuses dans le respect des visions de l'autre et de la sienne.
Le pluralisme religieux interpelle la théologie chrétienne en plusieurs aspects.
Premièrement, il a le défi de concilier en même temps : la permanence de la sécularisation, l'athéisme, l'indifférence religieuse, le retour du religieux et du sacré et un engouement pour des sagesses autres que celles des religions de la Bible, notamment celles de l'Orient. Le travail est imposant parce que les conciliations sont parfois quasi impossibles. L'heure est donc au dialogue.
En second lieu, il interpelle à répondre à une nouvelle question théologique fondamentale: Est-ce que d'un pluralisme nous ne sommes pas théologiquement invités à envisager un pluralisme de principe qui relèverait de la volonté de Dieu ? En d'autres mots, est-ce que le pluralisme correspondrait à la volonté de Dieu ? Le théologien Claude Geffré écrit dans son ouvrage « Croire et interpréter - Le tournant herméneutique de la théologie » (Cerf, 2001) que cela est possible, mais que nous n'en savons guère la signification : « On peut penser que [ ... ] les multiples expressions du phénomène religieux tout au long de l'histoire concourent à une meilleure manifestation de la plénitude inépuisable de l'Esprit de Dieu. »
Aussi, sans compromettre le privilège unique du christianisme, nous devons chercher à penser la pluralité insurmontable des voies vers Dieu. C'est un autre beau défi qui demande de concilier l'affirmation fondamentale de la volonté universelle de salut de Dieu avec tous les textes du Deuxième Testament qui, pour leur part, attestent qu'il n'y a pas de salut en dehors de la connaissance explicite de Jésus. Insurmontable? Claude Geffré spécifie que cela n'est peut-être pas si insurmontable qu'on le croit.
De plus, le pluralisme religieux amène à devoir réinterpréter tous les textes de la Bible et le témoignage de la tradition chrétienne à partir de sa réalité. Le pluralisme est une nouvelle expérience historique.
Enfin, il faut replacer les textes de la longue tradition patristique et théologique dans leur contexte historique. À part le judaïsme, à l'époque des Pères de l'Église, aux premiers siècles de notre ère, on n'était pas très ouvert aux autres religions. Elles formaient des groupes de païens inspirés du diable. On était extrêmement sévère. Les Pères de l'Eglise avaient une expérience historique très différente de la nôtre. Des religions comme celles de la Mésopotamie, de l'Égypte et de Rome de cette partie de l'histoire sont disparues. De plus, l'Islam n'était pas encore né et ils connaissent vaguement les autres religions d'Orient. Aujourd'hui, nous faisons appel à des systèmes religiologiques nouveaux, pour les plus importants de forme théiste, qui amènent une vision différente des relations interreligieuses.
Malgré leur sévérité, les Pères de l'Église montraient tout de même jugement fort positif à l'égard de la « Sagesse des Nations » qu'on peut aussi appeler la « sagesse philosophique des Nations ». Ces philosophies sont une théologie des semences du verbe, car elles parlent de Dieu.
Pour un œcuménisme interreligieux efficace
Trois conditions sont essentielles pour que le dialogue œcuménique interreligieux soit efficace et porteur d'avenir.
Premièrement, il faut respecter l'autre dans son identité propre. Ainsi, il faut commencer par dépasser ses préjugés historiques non critiqués. Il s'agit plutôt de faire un acte d'imagination analogique, c'est-à-dire de déceler la ressemblance dans la différence. Il s'agit d'une attitude herméneutique dans l'esprit du document de la Commission biblique pontificale sur l'interprétation de la Bible dans l'Église. Avant de juger l'autre, il faut vraiment le connaître. Ce n'est qu'en apprenant profondément le langage de la religion de l'autre que cela est possible, mais pour cela il faut du temps et un effort intellectuel.
Deuxièmement, il faut rester fidèle à sa propre identité religieuse. Cela est simple : pour accéder à l'autre, il faut être fidèle à soi, c'est-à-dire à sa propre tradition. Si cette idée n'est pas au rendez-vous, le dialogue est impossible. On se dirige vers le confusionnisme.
Le problème est que, actuellement, il est de plus en plus difficile pour un chrétien de réfléchir à ce qu'est véritablement sa propre identité et de comprendre que toutes les vérités religieuses ne sont pas toutes complémentaires et, parfois même, elles sont inconciliables.
Faire abstraction de sa propre foi n'est pas une véritable attitude d'ouverture à l'autre, car pour s'ouvrir à l'autre le dialogue est nécessaire. Celui-ci implique la divulgation et l'accueil de ses différences mutuelles.
Enfin, pour qu'il y ait un dialogue efficace, il faut qu'il y ait une une certaine égalité entre les interlocuteurs. Le dialogue implique donc que chaque personne ait un engagement absolu à sa vérité propre. Dialoguer, c'est s'ouvrir à l'autre sans faire abstraction de soi. Chacun a une vérité qui est différente. L'accueil de l'autre se fait toujours à travers le respect de la différence des idées qui s'affrontent.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juillet-août 2005, p. 302)
POLITIQUE : Pour la droite québécoise, Éric Duhaime n’est plus l’homme de la situation
Par Benoit Voyer
28 mai 2026
Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), n’est plus l’homme de la situation pour faire avancer les idées politiques de droite et de centre-droit. Il ne défend pas le programme politique qui a été adopté par consensus par ses membres. Voici quelques exemples…
L’idée qui était inscrite au programme du PCQ d’instaurer des référendums d’initiatives populaires a été l’élément qui m’a décidé à prendre ma carte de membre. Je voyais en cela la possibilité pour la population québécoise d’avoir son mot à dire sur les politiques gouvernementales en place et, si elle le désire, de s'exprimer sur son avenir constitutionnel. Bien que je pense que le contexte n’est pas idéal pour la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec, je crois de tout cœur que le peuple a le droit de s’exprimer sur le sujet. Cela fait partie de tout exercice démocratique. D’ailleurs, puisque ma devise est « le Québec d’abord », si le Parti québécois prend le pouvoir cet automne et qu’il déclenche son référendum, je voterai en faveur de celui-ci pour les mêmes motifs que l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors du dernier grand sondage sur la question initiée par le premier ministre Jacques Parizeau. Le « oui » ne concerne pas uniquement les socialistes du Québec, c’est aussi l’affaire de ceux qui sont de centre-droit sur l’échiquier économique, social et politique. Malheureusement, Éric Duhaime ne parle jamais de ce sujet en public et affiche un non catégorique pour la tenue d’une telle consultation populaire sur l’avenir du Québec.
L’idée de « la proportionnelle », votée par les membres du PCQ et mise en tête des priorités au programme du parti, semble avoir été balayée haut la main par l’establishment du PCQ. C’est pourtant le deuxième élément qui m’a le plus séduit au PCQ. Encore une fois, le chef n’en parle jamais. D’ailleurs, je l’ai même entendu dire ne pas être à l’aise avec l’idée.
Enfin, une des premières actions d’Éric Duhaime à la tête du PCQ a été de décréter que le PCQ est nationaliste. Pour parler de celui-ci, il utilise le terme flou « autonomiste », un terme qui ne veut absolument rien dire dans l’esprit de monsieur et madame tout le monde. Concrètement, dans les faits, depuis qu’il est chef du PCQ, je n’ai jamais autant entendu parler du beau risque canadien. En d’autres mots, pour Duhaime, le Québec doit trouver sa place dans « le Canada d’abord », un Canada bleu.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique (2)
Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique
Dernière partie
« Le Saint-Père n'oblige jamais. Il est très respectueux de la conscience de chacun. Pour lui, la liberté est très importante. »
Par Benoît Voyer
Régulièrement, les catholiques canadiens sont informes de la nomination de nouveaux évêques pour diriger les diocèses du pays. Avant l'annonce publique, il aura fallu au nonce apostolique, le représentant de Benoît XVI chez nous, entre six et douze mois d'enquête discrète sur les prospects à l'épiscopat. Dans cette deuxième partie d'une entrevue exclusive qu'il a accordée à la Revue Sainte-Anne, Mgr Luigi Ventura parle de cette délicate mission qui lui est confiée.
RSA — Comment se déroule le processus de nomination d'un évêque ?
L.V. - Je veux commencer par souligner que ce n'est pas moi qui décide qu'un tel ou tel prêtre deviendra évêque ! Mon rôle est plutôt de recueillir des informations sur le prospect à l'épiscopat afin que le Saint-Père puisse faire un choix éclairé.
RSA — Néanmoins, on dit que vous avez une bonne influence !
L.V. - Disons que je fais des recommandations, mais je ne suis pas le seul à le faire ! J'effectue un travail qu'on ne voit pas publiquement. Je dois, notamment, recueillir toute une brochette d'informations sur le candidat, dont son histoire personnelle. Je procede de manière discrète par respect pour la personne.
RSA - De quelle manière trouvez-vous un bon prospect ?
L.V. – Des noms de candidats me sont suggérés par les évêques d'ici. Par la suite, la nonciature apostolique fait une enquête pour vérifier s'ils ont les qualités et la dignité requises.
Lorsque nous avons une provision de candidats pour un diocèse, nous demandons la collaboration de beaucoup d'évêques, de prêtres, de religieux et de religieuses et de laïcs pour connaître l'état du diocèse pour lequel nous cherchons un prélat. Nous voulons connaître les problématiques et les besoins.
Sur la base de cette synthèse, nous demandons des suggestions de noms aptes à devenir évêques. Lors de cette consultation, nous voyons émerger jusqu'à 50 et 60 noms de personnes suggérées. Nous faisons donc la sélection d'un candidat qui répondra aux besoins exprimés et aux propositions. Ce n'est donc pas un choix personnel que je fais !
Par la suite, avec mon équipe, je dois présenter trois noms qui soient aptes pour porter la charge d'évêque. Tout cela fait un dossier très long et parfois un peu compliqué qui prend souvent plusieurs mois à traiter ... quand tout va bien. Parfois, il faut jusqu'à une année quand ça se complique !
Lorsque toute la procédure est terminée, on envoie les trois dossiers complétés à la Congrégation pour les évêques au Vatican. Ce dicastère regroupe des cardinaux qui sont nommés par le Saint-Père. Ils se réunissent habituellement le jeudi de chaque semaine ou aux deux semaines, selon la disponibilité de tous. La Congrégation examine les dossiers de prospects qui ont été acheminés par les nonces apostoliques. Ils vérifient si la procédure a été respectée et le contenu des dossiers des candidats. Enfin, ils discutent et votent pour un candidat qu'ils recommanderont au Saint-Père. Le préfet de la congrégation rencontre le pape une fois par semaine.
RSA - À quel moment rencontrez-vous le candidat pour lui annoncer qu'il a été nommé évêque ?
L.V. – Dès que le pape a nommé officiellement un candidat, le Vatican m'informe de la nomination. Par la suite, je dois rencontrer le nouvel évêque pour lui demander s'il accepte le poste. Parfois, il me demandera quelques jours de réflexion. Lorsque j'obtiens sa réponse, nous fixons la date de la publication. C'est habituellement le journal du midi, à Rome, qui en fait la première annonce. C'est donc la salle de presse du Vatican qui diffuse la nouvelle en premier. Entretemps, la Conférence des évêques canadiens est informée de la nouvelle.
RSA - Est-ce qu'il y a des candidats qui refusent ? Est-ce qu'on est obligé d'accepter une telle nomination ?
L.V. – Le Saint-Père n'oblige jamais. Il est très respectueux de la conscience de chacun. Pour lui, la liberté est très importante. Cependant, depuis que je suis nonce apostolique, il y a très peu de candidats qui ont refusé de devenir évêque.
RSA - Quelles sont les qualités que le Saint-Père recherche chez un futur évêque ?
L.V. – Il doit être un bon chrétien et un bon prêtre qui a une santé suffisante pour prendre la responsabilité d'évêque. Il doit aussi avoir une culture suffisante et que toute sa vie soit consacrée à l'Église. En plus, il doit avoir des aptitudes de direction, d'animation et d'administration.
Vous savez, lorsque je fais la compilation et l'analyse de toutes les recommandations qui me sont faites, je me dis souvent que si je trouve ce candidat idéal, avec toutes les qualités espérées, je débuterai en même temps son procès de canonisation ! (rires)
Mgr Luigi Ventura
Nonciature apostolique au Canada
724, avenue Manor
Ottawa, Ontario, Canada
K1M OE3
(613) 746-4914
Téléc. : (613) 746-4786
(Revue Sainte Anne, février 2006, p. 57)
POLITIQUE : Le parti d’Éric Duhaime ne respecte pas ses membres
Par Benoit Voyer
27 mai 2026
Depuis 2022, je constate le manque de respect du bureau de direction du Parti conservateur du Québec (PCQ) envers ses membres actifs. En exemple, un grand nombre de ceux et celles qui ont mis leur face sur les poteaux lors du dernier scrutin ont été cavalièrement remerciés. On a décidé de les remplacer par des soi-disant vedettes. D’ailleurs, Éric Duhaime peut en nommer personnellement une vingtaine sans que les membres aient leur mot à dire.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : La passion d'une religieuse pour la sexualité
« Je ne suis pas en accord avec saint Paul. Ce n'est pas vrai que le mariage est la solution à ceux qui ne sont pas capables de vivre le célibat. Une personne qui ne peut pas vivre seule n'est pas plus apte à se marier ! »
Benoît Voyer
QUÉBEC – Sœur Marie- Paule Ross parle de sexualité avec autant d'aisance que le jardinier parle de ses fleurs. Le sujet n'est pas tabou pour elle. Chaque jour, elle en discute aussi avec ses nombreux clients qui prennent rendez-vous avec elle pour résoudre des difficultés sexuelles problématiques. Depuis 1989, cette missionnaire de l'Immaculée-Conception est docteure en sexologie clinique, la première à être diplômée dans cette discipline, à l'université Laval. Elle est la seule religieuse canadienne à pratiquer cette profession. Il y a quelques mois, elle a fondé l'Institut international de développement intégral. Toute son intervention a pour but de diagnostiquer et de traiter les malaises de ses clients et de faire de la prévention. La passion de cette religieuse pour la sexualité est contagieuse. Son approche est solide et complète. Elle n'a rien d'une banale partie de jambes en l'air consommée avec gloutonnerie.
Qu'est-ce que la sexualité ?
La sexualité, c'est toute la pulsion qu'il y a en soi qui nous pousse à aimer, à créer et à entrer en relation avec les autres. Quand on parle du vrai sens de la sexualité, quand on parle de processus de sexualisation, cela signifie que l'être humain est né de la fusion et que, tout au long de son processus de sexualisation, il doit atteindre l'autonomie et la liberté. C'est une dynamique intérieure qui nous pousse à la croissance et à grandir sur les plans affectif et spirituel.
C'est pour cette raison que, s'il n'y a pas tout ce lien affectif, toute cette relation profonde à l'intérieur d'un couple, l'intimité érotique n'a pas de sens.
Mes collègues, qui sont aussi des sexologues cliniciens, sont en accord avec moi. Nous vivons dans une société qui est tellement hédoniste, tellement pro-sensuelle, qu'on est en train de défaire notre humanité. Il est urgent d'intervenir pour que cette situation change.
Quelles sont les conséquences d'une société du culte du plaisir ?
Les blessures causées, à cause d'une sexualité défaillante qui ne respecte pas l'ordre des choses, et la consommation érotique, créent un vide dans l'affectivité humaine.
Je ne peux pas rester tranquille et en silence devant une autre génération qui continue à se briser sur le plan sexuel. Avant, les intervenants faisaient de la répression sexuelle, aujourd'hui ces mêmes intervenants sociaux font la promotion d'une sexualité très érotique, très sensuelle. Si on compare les générations, ce n'est guère mieux la façon dont on traite la sexualité en ce moment.
Un grand nombre de catholiques, de chrétiens, disent que le sexe, voire l'acte sexuel, et la vie religieuse sont incompatibles. Par malaise, des gens refusent même de prier après un rapport sexuel…
Vous illustrez bien le problème de la manière qu'on traite la sexualité. Comme autrefois, l'érotisme est opposé à la réalisation spirituelle. À l'époque de vos parents, le corps était même devenu l'ennemi de la réalisation spirituelle. Et on continue dans la même ligne… Cette dissociation du corps et de la spiritualité n'a aucun sens.
Ce que je propose en tant que sexologue, c'est justement l'intégration des dimensions qui font partie de l'expérience humaine, incluant l'expérience sexuelle.
De nos jours, est-ce qu'il est encore possible de vivre la chasteté ?
Commençons par distinguer deux termes.
Atteindre la chasteté fait partie d'une dynamique de croissance chez tout humain. La chasteté signifie vivre des relations sexuelles conformes à l'amour, c'est-à-dire dans le respect, la liberté, la fidélité et la vérité. Elle nous garde loin de la fusion, de la dépendance et de la symbiose.
De son côté, le célibat qui inclut l'abstinence sexuelle, est une autre affaire ! La chasteté est pour tous ceux qui acceptent de devenir des personnes plus matures sur les plans affectif et spirituel et qui se rendent de plus en plus capables de vivre la chasteté. Celle-ci a pour but d'atteindre la liberté dans nos relations et ne pas utiliser l'autre à nos fins.
Ce n'est pas juste un idéal ! La chasteté est la réalisation à son apogée d'une personne humaine. Quand elle est vécue dans l'amour, c’est la vertu qui nous permet de vivre notre sexualité de façon constructive et non destructive.
Alors, est-ce que le célibat avec abstinence sexuelle est encore possible ?
Bien entendu ! Mais cela prend une formation. D'ailleurs celle-ci est la même qu'il faut pour vivre en couple !
Comment se forme-t-on ?
En apprenant comment fonctionne l'érotisme et en traitant nos angoisses, parce que celles-ci amènent à des compulsivisés incontrôlables. Que l'on soit célibataire ou marié, c'est la même chose…
Je ne suis pas en accord avec saint Paul. Ce n'est pas vrai que le mariage est la solution à ceux qui ne sont pas capables de vivre le célibat. Une personne qui ne peut pas vivre seule n'est pas plus apte à se marier !
Le célibat consacré, ce n'est pas seulement vivre sans relation sexuelle ! C'est aussi toute une proposition à vivre dans la liberté intérieure. Je me répète : les plus grands ennemis à une sexualité mature sont les angoisses non résolues en soi.
Mais où apprendre à apprivoiser ses angoisses ?
Malheureusement, il y a très peu d'endroits pour le faire dans la société canadienne. C'est pour cela que j'ai fondé, avec des collègues, l'Institut international de développement intégral.
Dans son bouquin Père manquant, Fils manqué, le psychologue Guy Corneau écrit que la problématique humaine de cette société pro-sexuelle est que nous vivons des rapports humains sans câlin et sans la pleine expression de ses émotions. Selon lui, c'est cela qui amènerait à un grand nombre de relations extramaritales et extraconjugales…
Je ne suis pas en accord avec Corneau. Je l'ai écouté à plusieurs reprises lors de conférences et je trouve que plusieurs de ses propos déraillent.
Je suis en accord avec lui quand il affirme qu'un père manquant fait un fils manqué. Sur ce point, il dit vrai. Son propos est une simple copie du sexo-analyse.
Toutefois, il oublie de dire qu'un père manquant crée un fils qui, devenu adulte, sera aux prises avec des fortes angoisses. Et si son fils ne résout pas celles-ci, il sera pris avec des compulsivisés érotiques incontrôlables.
Et puis ce n'est pas avec des caresses, des tendresses et des embrassades qu'on résout les anxiétés humaines. Ces comportements se concluent par de la généralisation de conflits. Contrairement à l'enfant, l'adulte mature est capable de vivre sans caresses, comme il est capable d'en donner et d'en recevoir en conformité avec son engagement vocationnel.
Je trouve vraiment regrettable que, ces dernières années, on ait créé toute une génération d'esclaves sur le plan sensuel. Pour être bien en soi, il est très important de traiter rapidement ses angoisses pour trouver le chemin vers la liberté.
Qui est Jésus pour vous ?
Il est vraiment ressuscité ! C'est lui qui donne le salut et qui assure qu'aucune épreuve, voire aucune mort, ne puisse m'enlever ce qui est essentiel à ma vie, c'est-à-dire la vie et l'amour.
Pour moi, il est la sécurité maximale. Il est une présence qui assure le vital en moi. Il est vraiment présent et agissant, peu importe ce qui arrive, peu importe les échecs, même la mort. La vie et l'amour sont assurés en lui dans sa résurrection. Pour moi, il est quelqu'un qui fait partie de la promesse du salut. Il est venu. Il est réel ! Il s'est incarné ! Il est mort et ressuscité…
Qu'est-ce qu'il apporte de plus à votre profession de sexologue ?
Dans ce travail, je suis toujours en train de rencontrer des personnes souffrantes et désespérées qui portent des grosses blessures en elles. Les blessures causées à la sexualité marquent beaucoup l'humain. Elles sont très profondes et donnent beaucoup de désespoir. Elles vont jusqu'à créer une perte du sens de la vie. Quand je rencontre les gens, Jésus est essentiel, car il agit à l'intérieur du processus thérapeutique.
Institut international de développement intégral (I.I.D.I.)
2285, chemin Saint-Louis, local 300
Sillery, Québec, Canada
G1T 1R5 – (418) 650-1184
www.circulationquebec.com/sante/sexologie
*L'I.I.D.I. offre des services sexologique, psychologique et d'accompagnement humain
(Revue Sainte-Anne, février 2004, pp. 57 et 73)
PATRIMOINE : La maison Gauvreau, à Rimouski
Par Benoit Voyer
26 mai 2026
Si vous êtes dans la région de Rimouski, il faut absolument voir la maison Joseph-Gauvreau, une très belle maison d’autrefois. Elle est située au coin des rues de l’Évêché et de la Cathédrale.
Selon un document du ministère de la Culture et des Communications du Québec, « la maison Joseph-Gauvreau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à son style architectural. Elle est un témoin rare, dans la région de Rimouski, de l'éclectisme victorien qui se manifeste au Québec au tournant du 20ᵉ siècle. La maison emprunte ses qualités formelles au style néo-Queen Anne et son ornementation au classicisme afin d'exprimer la réussite professionnelle de ses occupants. L'édifice est dans un état de conservation satisfaisant, malgré les modifications importantes qui ont altéré son unité stylistique, dont la perte de sa grande galerie sur trois côtés.
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| Le Dr Joseph Gauvreau dictant une lettre |
Le document du ministère de la Culture et des Communications du Québec ajoute qu'« entre 1930 et 1947, la résidence appartient à Jules-André Brillant [né en 1888 et décédé en 1973], le plus important financier-entrepreneur de la région du Bas-Saint-Laurent, fondateur de Québec-Téléphone et membre du Conseil législatif.
La maison Joseph-Gauvreau présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à la diversité des fonctions qui y sont associées. De 1907 à 1909, le docteur Gauvreau l'utilise comme résidence et cabinet médical. Il aménage au rez-de-chaussée la Pharmacie Les Bains, une clinique d'hydrothérapie dont la renommée s'étend à tout le Québec. De 1950 à 1984, la maison cumule les fonctions résidentielle et commerciale, alors que l'entreprise J. E. Mailloux, Ornements d'église, loge au rez-de-chaussée et au sous-sol. Les pièces de l'étage et des combles sont louées à des pensionnaires. »
La Maison Joseph-Gauvreau est une des belles maisons de la ville de Rimouski.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com
Hommage à Samuel de Champlain
NOUVELLE-ÉCOSSE – La Société nationale de l'Acadie en collaboration avec Power Corporation Canada et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse a rendu hommage à Samuel de Champlain en érigeant un buste du marin coulé dans le bronze. L'œuvre a été érigée au site national historique de Port-Royal.
Le cardinal Ouellet fête sainte Anne
CARAQUET – Le cardinal Marc Ouellet, de Québec, a présidé les cérémonies de la fête de sainte Anne, le 26 juillet, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. Sa présence voulait souligner le 400ᵉ anniversaire de présence française en Amérique.
Une religieuse fête ses 100 ans
CARAQUET – Sœur Cécilia Boudreau, en religion Marie-de-la-miséricorde, une religieuse de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, a célébré au début de l'été son centième anniversaire de naissance.
Les amis de l'orgue
EDMUNDSTON – La 10ᵉ édition des Amis de l'orgue d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, a eu lieu les 28, 29 et 30 juillet à la cathédrale de l'Immaculée-Conception. Cette manifestation culturelle accueille chaque année quelque 2 000 spectateurs, c'est-à-dire plus de 500 par récital.
Un livre sur l'histoire du diocèse de Rimouski
RIMOUSKI – « Le clergé de l'archidiocèse de Rimouski » est le nouveau livre d'histoire du diocèse rimouskois. Celui-ci jette un regard sur l'histoire du clergé séculier de 1867 à 2002 Il contient 571 pages et compte 445 notices biographiques avec photographies. Le livre est publié sous la direction de l'archiviste Sylvain Gosselin et de l'historien Nive Voisine.
Une femme célèbre un mariage religieux
SAINT-CYPRIEN – Denise Caron est la première femme du diocèse de Rimouski à présider la célébration d'un mariage religieux. Cette ancienne agricultrice est devenue animatrice de pastorale il y a un peu plus d'une année. Elle a eu ce privilège parce que le curé avec qui elle travaille a dû s'absenter de la paroisse. Les nouveaux mariés étaient Chantal Plourde et Stéphane Dubé.
Départ de Mgr Jean-Guy Couture
CHICOUTIMI – Puisque Mgr Jean-Guy Couture, évêque de Chicoutimi durant 25 ans, vient d'avoir 75 ans, il a remis sa démission de son poste. Dans une interview accordée au Progrès-Dimanche, il dit que l'Église d'ici a bien changé : « Quand je suis arrivé, il y a 25 ans, il y avait des curés dans toutes les paroisses et plusieurs vicaires. Aujourd'hui, il y a un prêtre pour trois paroisses. En contrepartie, les laïcs ont pris une place beaucoup plus importante. Ils sont une centaine dans le diocèse, en plus d'une quarantaine de diacres ».
Membres émérites de l'hôpital de Chicoutimi
CHICOUTIMI – Parmi ses premiers membres émérites, l'hôpital de Chicoutimi a honoré son fondateur, Mgr Dominique Racine, et les cinq Augustines qui sont arrivées à Chicoutimi le 24 mai 1884, pour prendre en charge l'hôpital de la marine qui deviendra l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier.
Les 100 ans des Antoniennes
CHICOUTIMI – Les Antoniennes de Marie ont célébré le 100ᵉ anniversaire de fondation de leur communauté.
Nouvel évêque à Chicoutimi
CHICOUTIMI – Mgr André Rivest a été nommé évêque du diocèse de Chicoutimi. Il a été intronisé dans sa nouvelle terre en septembre. Il était le collaborateur du cardinal Jean-Claude Turcotte.
8 M$ pour un couvent
QUÉBEC – La Ville de Québec investit 4 M$ dans l'acquisition et la mise aux normes du couvent Notre-Dame, situé dans l'arrondissement Beauport. Elle souhaite lui donner une nouvelle vocation. Le couvent deviendra un centre culturel, touristique et communautaire. Il a été construit en 1886.
Église illuminée
QUÉBEC – C'est cet automne que devrait se réaliser le projet d'éclairage de l'église de Cap-Rouge, construite en 1889. Le coût du projet est évalué à 100 000 $.
Concours d'orgue
QUÉBEC – L'organiste Ryan Enright a gagné le grand prix du Concours d'orgue de Québec. Il a reçu une bourse de 15 000 s. Il a également obtenu un prix spécial pour la meilleure interprétation de l'œuvre commandée pour le concours « Étude héroïque » de la compositeur Rachel Laurin. Enright est assistant organiste à la cathédrale anglicane Christ Church, à Montréal.
Rénovations au centre diocésain
TROIS-RIVIÈRES- Le diocèse de Trois-Rivières a profité des beaux jours de l'été pour rénover son centre diocésain de pastorale, situé sur la rue Laviolette, en face du palais de justice. Le chantier comprenait des travaux de peinture autour de l'immeuble qui a plus de 100 ans et le décapage de la brique au jet d'eau. La principale section de l'immeuble a servi d'hôpital à la fin du 19ᵉ siècle.
Congrès de l'AFEAS
TROIS-RIVIÈRES – Le 38ᵉ congrès provincial de l'Association féminine et d'action sociale (AFEAS) a eu lieu, les 19, 20 et 21 août, à l'hôtel Delta, à Trois-Rivières. Le rassemblement avait pour but de discuter de 43 résolutions que les douze groupes régionaux de l'AFEAS ont choisies. Les membres ont profité de l'occasion pour honorer le travail de plusieurs d'entre elles. L'AFEAS a pour but de surveiller les intérêts des femmes.
La fierté des gens de Sainte-Angèle
SAINTE-ANGÈLE-DE-PRÉMONT – Il n'y a pas d'attraits touristiques et de méga-entreprises dans la municipalité de Sainte-Angèle-de-Prémont. Sa force réside en ses résidents et la fierté qui habite chacun d'eux. Lorsqu'il est question de solidarité, ils sont imbattables. L'église qu'ils ont construite en 1992 au coût de 165 000 S en est la preuve. Elle est entièrement payée. « Il n'y avait plus d'église […]. Et quand il n'y a plus d'église, tout est mort. Alors, il fallait faire quelque chose. Les gens se sont donc serré les coudes. On a donné un coup… », a expliqué Lévis Saint-Yves, un citoyen du village, au quotidien Le Nouvelliste.
Centenaire
SAINTE-THÈCLE – Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a présidé la célébration de clôture des festivités du centenaire de la construction de l'église de Sainte-Thècle. Le thème principal de ces fêtes était : « l'église, pivot de la vie communautaire. »
Réflexions de Roland Leclerc
TROIS-RIVIÈRES – Décédé il y a près d'une année, l'abbé Roland Leclerc demeure présent dans les médias. Ces jours-ci, son dernier livre paraît dans les librairies. Il contient 85 textes choisis parmi ses chroniques qu'il a rédigées, entre janvier 1998 et novembre 2003. Les profits de la vente des 5 000 exemplaires du livre seront versés au Fonds Roland-Leclerc.
Un nouveau centre de spiritualité
DRUMMONDVILLE – Le presbytère de la paroisse Sainte-Thérèse, à Drummondville, pourrait devenir un centre de spiritualité destiné aux personnes en difficulté. Il est actuellement désaffecté. Pour le comité fondateur, formé de gens de tous les milieux, il s'agit d'une façon innovatrice de contrer le déclin du christianisme et de la spiritualité chrétienne en Occident, et plus particulièrement au Québec. Le nouveau centre serait unique puisqu'il ne serait pas chapeauté par l'Église et il pourrait offrir ses services aux gens de partout à travers la province. Le presbytère, construit en 1937, compte 15 chambres prêtes à être aménagées.
Le maire remercie Dieu
SHERBROOKE – Le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, a frôlé la mort lors d'une excursion de pêche au saumon sur la rivière Magog. Dans une descente de rafting, l'embarcation dans laquelle il prenait place a chaviré. Lorsqu'il est sorti de l'eau, échoué sur un rocher, il a remercié Dieu de lui avoir laissé la vie. Dans les heures qui ont suivi le drame, il a décidé de remplacer sa traditionnelle joute de golf par une visite à l'église Saint-Roch où il a participé à une messe célébrée par l'abbé Robert Jolicoeur. « Je devais un merci à Dieu… », a-t-il confié au quotidien La Tribune.
Le Concile des jeunes
SHERBROOKE – Du 2 au 6 juillet, le 16ᵉ Concile des jeunes, organisé par Marie-Jeunesse, a attiré plus de 400 jeunes du Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et d'outre-mer dans la région de Sherbrooke.
Fondation de la surdité
LONGUEUIL – Mgr Jacques Berthelet, évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, et Tony Leroux, de l'Institut Raymond-Dewar, sont les patrons d'honneur de la campagne de financement annuelle de la Fondation de la surdité de Montréal.
Neuvaine de neuf semaines
SAINT-CAMILLE – Inauguré en 1900, le sanctuaire Saint-Antoine, situé à Saint-Camille dans la région d'Asbestos, a accueilli un grand nombre de fidèles à l'occasion de sa neuvaine annuelle de neuf semaines à saint Antoine, appelée « Mardis de saint Antoine », du 15 juin au 10 août.
Des nouvelles de Dieu
MONTRÉAL – Cet automne, Télé-Québec donne « Des nouvelles de Dieu ». La série fait le point sur différents aspects de la question religieuse, de la transmission traditionnelle de la pratique religieuse jusqu'à l'apparition au Canada de nouvelles religions, en passant par la place de la science dans la perception du divin, l'expérience spirituelle, les notions de bien et de mal, etc. Même si cette série n'est pas la meilleure sur le sujet, elle mérite néanmoins d'être regardée.
La restauration du patrimoine religieux
MONTRÉAL – La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamps, explique que le gouvernement du Québec n'a pas les moyens financiers pour contribuer financièrement à tous les projets de restauration d'églises et de lieux du patrimoine. Elle invite tous les intervenants à une réflexion afin de trouver d'autres moyens pour aider à la réalisation de ces travaux.
Le Carmel est à vendre
MONTRÉAL – Suite à des rumeurs de vente du Carmel de Montréal à un promoteur privé qui veut transformer le site en condominium, Action Solidarité Grand Plateau (ASGP) a demandé au conseil de son arrondissement, situé sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, de tenir un débat public au sujet du développement du bâtiment et du terrain des Carmélites afin qu'il ne soit pas privatisé.
Presbytère à vendre
NOTRE-DAME-DE-LA-LORETTE- Suite au départ à la retraite de la dernière religieuse des Sœurs Notre-Dame du Bon Conseil, le presbytère catholique de la municipalité de Notre-Dame-de-Lorette, dans le diocèse de Chicoutimi, est à vendre.
Il manque 8 M$ pour rénover la cathédrale de Valleyfield
VALLEYFIELD – Estimés à 18 M$, les travaux de rénovation de la cathédrale de Valleyfield ont été arrêtés à cause de l'insuffisance des fonds. Il manque encore 8 M$ pour pouvoir les compléter. Jusqu'à maintenant, les assurances ont payé 5 M$, le gouvernement du Québec 3 M$, divers retours de taxes, TPS et TVQ ont permis d'amasser un autre million et un donateur anonyme de la région a également donné 1 M$.
L'Écho d'un peuple
OTTAWA – Mgr Marcel Gervais figurait parmi les invités d'honneur de la grande première du spectacle à grand déploiement : « L'Écho d'un peuple », présenté par Francoscénie. Le spectacle met en scène quatre siècles d'histoire francophone en Amérique. Il a été présenté durant l'été dans la capitale.
Des femmes s'opposent à l'établissement d'un tribunal islamique
TORONTO – Des imams de Toronto permettent le mariage de jeunes filles musulmanes de moins de 16 ans et la polygamie. C'est pour cette raison que des groupes de femmes musulmanes s'opposent à l'établissement de tribunaux islamiques en Ontario. Ce tribunal appliquerait au Canada la charia, c'est-à-dire la loi de l'islam. Les opposants font remarquer que les femmes qui refuseraient risquent d'être frappées d'ostracisme par la communauté.
Jean Pliya au Canada
WINDSOR – Jean Pliya, prédicateur laïc très connu en Europe et en Afrique, était de passage au Canada, en juin, pour une tournée d'évangélisation. Il a notamment visité les gens de Windsor, au Québec. Originaire du Bénin, il est l'auteur de plusieurs volumes de spiritualité, dont « Des ténèbres à la lumière ». Père de sept enfants, il est membre du Comité international du renouveau charismatique, au Vatican.
Mgr Roussin honoré par le Vatican
VANCOUVER - 44 archevêques métropolitains ont reçu le Pallium des mains du pape Jean-Paul II. Parmi ces prélats figure Mgr Raymond Roussin, archevêque de Vancouver.
Les langues amérindiennes menacées
YELLOWKNIFE – Seulement trois des soixante langues amérindiennes parlées au Canada survivront. C'est ce qu'estime un groupe de travail canadien sur la préservation des langues au pays.
Religieuse décorée par la Police Montée
CALGARY – Sœur Dorothy Levandosky, bénédictine, a reçu la médaille de l'Association de la police de Calgary pour son travail d'écoute et d'assistance. Elle est actuellement la seule personne non-policière à recevoir pareil honneur. Son centre d'écoute aide et soutient psychologiquement et moralement les agents de police qui affrontent des situations de stress à leur travail.
(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, pp. 396 à 398)
PATRIMOINE : La chapelle Sainte Anne
Par Benoit Voyer
16 mai 2026
La chapelle Sainte-Anne est construite en 1891 selon les plans de l’architecte Georges-Émile Tanguay.
La chapelle peut accueillir 400 personnes et est faite de pierres des champs taillées.
Dans le lieu de culte on peut y « vénérer » deux soi-disant reliques de sainte Anne : l’une donnée par l’archevêque de Québec en 1949 et « un petit doigt de sainte Anne » donné en 1943 par l’évêque de Carcassonne, en France.
Et puis deux vieilles statues représentant sainte Anne. La première de bois peint œuvre de François-Noel Levasseur donnée en 1778 par « M. Magnan ». On lui attribue plusieurs miracles. La deuxième, située au-dessus du portail en bois sculpté et doré, œuvre d’Henri Angers, réalisée en 1928.
Elle est la troisième chapelle construite sur cette terre. Les deux précédentes étaient en bois. Elles ont été bâties en 1778 et 1832.
Ce lieu de piété a toujours eu pour but de satisfaire la dévotion envers la grand-mère de Jésus des catholiques de la seigneurie et, jadis, d’implorer cette dernière de les préserver des dégâts d’inondations. À l’époque, le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré était difficile d’accès. La construction voulait contrer « la distance infranchissable » qu’il y avait pour y aller.
Suite à la pandémie de la Covid 19, le Diocèse de Québec a désacralisée la chapelle et elle a été vendue à des intérêts privés.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Jean Gratton, Évêque émérite de Mont-Laurier
Évêque émérite de Mont-Laurier
Benoît Voyer
OTTAWA – Il y a déjà cinq ans que Mgr Jean Gratton n'est plus à la tête du diocèse de Mont-Laurier. Malgré lui, il a bien fallu qu'il donne sa démission puisque le Droit canon, la loi vaticane, stipule qu'un évêque, sauf celui de Rome puisqu'il est pape, doit démissionner à l'âge de 75 ans.
L'évêque à la retraite vit maintenant au centre diocésain d'Ottawa. Il a choisi d'habiter la capitale canadienne parce qu'il n'a pas trouvé d'endroit convenable pour se loger dans son ancien diocèse et, aussi, pour ne pas être une ombre pour son successeur, Mgr Vital Massé.
Malgré ses 80 ans, il demeure un homme à l'esprit vif et assez actif.
Même s'il habite la région ottavienne, il est beaucoup plus au fait de l'actualité du Québec, surtout celle de Mont-Laurier, que de celle de l'Ontario et d'Ottawa. Il ne peut pas nier ce fait, son cœur est encore à Mont-Laurier.
Il m'aborde, le sourire aux lèvres, et me sert chaleureusement la main. Il est content de saluer un francophone du Québec.
La vieillesse commence à laisser des traces sur son corps. Le teint de sa peau est un peu plus grisâtre, il boîte un peu et respire un peu plus difficilement. Il a aussi l'ouïe plus fatiguée. Cela se constate rapidement puisqu'il faut lui parler un peu plus fort. Il est conscient de tout cela.
Il en a des choses à dire ! Tout se bouscule sur ses lèvres. Il parle vite, vite, vite. Il veut tout dire en même temps et passe d'une idée à l'autre. Il y a aussi longtemps qu'il n'a pas accordé une entrevue à un journaliste.
Il veut surtout parler de la situation de l'Église au Canada, particulièrement de celle de la province québécoise. Qu'importe les questions, il revient sur le sujet. Il est visiblement préoccupé par elle, car elle traverse un bien mauvais moment, de manière particulière au Québec. Pour lui, il n'y a aucun doute sur ce point, elle vit une profonde période de changements qui l'amène vers un ailleurs qu'on ne connaît pas encore.
BENOÎT VOYER – La situation de l'Église du Québec n'est pas facile en ce moment… Cela semble beaucoup vous préoccuper !
JEAN GRATTON – C'est dramatique ! Et je ne parle pas juste de statistiques, là ! Au Québec, on a été forcé, plus qu'ailleurs, de se prendre en main. La mise en application de la loi 118 dans les écoles a été un moment fort difficile. Maintenant, ce n'est pas juste le fait que nos enfants fréquentent une école catholique qu'ils le sont. C'est fini l'époque où on est catholique uniquement de nom !
B.V. – Est-ce que c'est une crise unique ?
J.G. – Non ! Je pense que nos vies et le monde en général vivent une époque difficile. Et ça n'a rien à voir avec les événements du 11 septembre 2001. Le monde se pose beaucoup de questions…
B.V. – Le théologien Normand Provencher (Revue Sainte-Anne, novembre 2004) pose la question : « Trop tard ? L'avenir de l'Église… » Est-ce que c'est la fin du catholicisme au Québec ?
J.G. – Bien au contraire ! Je pense qu'en ce moment l'Église vit une belle chance… Je ne suis pas du genre à la voir disparaître, à la manière de Provencher que je connais bien. Je ne suis pas pessimiste. C'est une époque comme il y en a eu d'autres dans l'histoire de l'Église, époque où nous sommes obligés d'agir dans l'ombre et non pas seulement à partir de structures qui existent déjà, notamment l'école et la paroisse.
Il faut que l'Église retrouve un chantier nouveau dans l'Évangélisation. Évidemment, cela demande un esprit de pauvreté. On fera de plus en plus de petits gestes qui paraîtront moins qu'autrefois.
B.V. – Vous semblez dire que les nouvelles richesses de l'Église d'ici sont la foi et les valeurs qu'elle transmet…
J.G. – Exactement ! C'est une période qui ressemble, selon mes observations, à celle des premiers chrétiens. Jusqu'à la conversion de Constantin en 337, les chrétiens ont agi dans l'ombre. C'est ainsi qu'ils ont fait l'éducation de la foi. Ils allaient dans les catacombes. Ne nous imaginons pas que les catacombes étaient des cachettes ! Ces endroits étaient connus des gens. Ils ont fait leur bout de chemin dans un monde qui était fatigué. Le monde romain l'était !
Cette période de l'histoire m'inspire beaucoup. Elle me dit qu'il faut travailler où nous pouvons le faire ; dans l'ombre, mais réellement ! Il faut embarquer énormément de monde !
B.V. – Est-ce que vous êtes en train de dire qu'il faut développer une pastorale de l'amitié et de la proximité ?
J.G. – Je dis plutôt qu'il faut créer une pastorale qui accepte une certaine humilité, mais sans s'arrêter d'évangéliser. Cette pastorale établira des contacts et des formes nouvelles. Il va falloir vivre des pauvretés et, en même temps, des générosités. Cette nouvelle façon de voir devra s'instaurer, pas seulement au Québec où la crise est actuellement plus visible, mais partout au Canada et en Occident.
B.V. – La crise est profonde !
J.G. – C'est une période d'humilité et d'engagement. Pour un bout, plusieurs vont voir ce qui se passe comme un échec, voire une crise sévère. Alors, si c'est une crise, on va se soigner et prendre les moyens pour s'en sortir.
La période que l'Église d'ici traverse n'est pas négative. Je prie beaucoup pour elle ! Elle doit retrouver l'essentiel. C'est la période d'une nouvelle évangélisation.
Il y a un effort nouveau à faire et il doit se faire (!). Il faut parfois des événements comme la Loi 118 au Québec pour nous pousser un peu. Il en sera de même avec la crise des vocations. Il faut une plus grande générosité et que la femme et les laïcs prennent davantage de place.
On parle beaucoup de l'Église du Québec, mais sa situation difficile n'est pas unique ! La crise commence aussi à se transporter ici, en Ontario, notamment à Toronto. Et pas juste dans le milieu francophone !
Mgr Jean Gratton,
évêque émérite de Mont-Laurier
Centre diocésain
1247, place Kilborn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
(613) 738-5025
(613) 738-0130 – télécopieur
rparent@ecclesia-ottawa.org
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(Revue Sainte-Anne, mai 2005, p. 201)
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