Benoit Voyer
VISION CATHOLIQUE : La bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin
Par Benoit Voyer
4 mai 2026
Catherine Longpré est née le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, en basse Normandie. Elle est la fille de Françoise Jourdan de Launay et Jacques Symon, sieur de Longprey, avocat de profession. Elle est la troisième d’une famille de quatre enfants, composée de trois filles et un garçon.
Dans les heures qui suivent son entrée dans ce monde, elle est baptisée dans la tradition catholique. Son parrain est Jean Jourdan, son grand-père maternel, et sa marraine Catherine de Maires, femme du bailli de Saint-Sauveur-le-Vicomte.
Vers l’âge de deux ans, Catherine est confiée aux soins de ses grands-parents maternels, Renée et Jean Jourdan, des gens reconnus pour leur grande piété. Un jour, Jean Jourdan prédira au sujet de Catherine: « Cette petite sera religieuse et servante de Dieu ».
À douze ans et demi, après de grandes hésitations parentales, on lui donne la permission d'entrer au monastère des Augustines hospitalières de Bayeux, en même temps que Françoise, sa sœur. Le 24 octobre 1646, elle devient officiellement religieuse.
On demande du renfort chez les Augustines, à Québec, qui ont fondé le premier hôpital en Amérique du Nord, en 1639, par sœur Marie Guenet de Saint-Ignace. Catherine et sa sœur Françoise répondent positivement à la demande.
Malheureusement, leur père s’objecte et convainc Françoise de retirer sa demande, mais Catherine refuse et reste centrée sur ce projet, ayant la certitude intérieure qu’il s’agit de la volonté de Dieu pour sa vie.
Après avoir lu « Les Relations des Jésuites » racontant le martyre du Père Isaac Jogues, Jacques Symon, sieur de Longprey, accepte de la laisser partir.
À Nantes, le 4 mai 1648, le lendemain de ses seize ans, Catherine fait profession solennelle devant le père jésuite Barthelémy Vimont. Elle fait notamment le « vœu de vivre et de mourir au Canada si Dieu lui en ouvre la porte ».
Le 31 mai 1648, sœur Catherine de Saint-Augustin, alors âgée de 16 ans, quitte le port de La Rochelle à bord du Cardinal en direction de celui de Québec. Elle arrive à destination le 19 août.
Sans tarder, elle apprend les langues des premières nations et soigne les malades. On dit qu’elle était une excellente infirmière. Rapidement, elle prendra du gallon. Successivement, elle deviendra économe, directrice générale de l’hôpital et maitresse des novices.
Ses bonnes relations avec les premiers peuples lui valent le surnom de « Iakonikonriiostha », qui veut dire « celle qui rend l’intérieur plus beau » [1] Lorsque Catherine était en présence des gens, elle percevait ce qui se passait en eux. Elle avait le don de lire dans les cœurs.
Elle décède le 8 mai 1668, dans sa 36e année.
Et après…
Elle continue de vivre malgré sa mort physique.
Après son décès, à travers son journal intime qu’elle tenait à la demande de son accompagnateur spirituel, on découvre une sainte.
En 1671, le père jésuite Paul Ragueneau rédige et publie « La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin ». Il y révèle les détails de la vie Catherine et « ses tourments mystiques ». Il y parle de ses vingt ans dans le silence du cloître au service des malades.
En 1689, on exhume son corps. Ses ossements sont déposés dans une « châsse », que les Augustines placent au pied de la croix d'un oratoire, à l'intérieur du cloître. Bien entendu, quelques ossements sont envoyés au monastère des Augustines de Bayeux où Catherine a fait son noviciat et vécu avant son départ pour l’Amérique.
Catherine de Saint-Augustin est déclarée vénérable le 9 mars 1984 et bienheureuse le 23 avril 1989 par le Pape Jean-Paul II.
Lieu de sépulture
Ses restes reposent dans la chapelle historique du monastère des Augustines, dans le Vieux-Québec, juste à côté d’un reliquaire contenant la moitié du crâne de saint Jean de Brébeuf.
Elle est dans un grand reliquaire. Il est constitué de deux compartiments : La partie du bas contient notamment son crâne et sa cage thoracique. Celle du haut est vitrée. S’y retrouve une vertèbre cervicale. Cette section qu’on appelle une « châsse » est de couleur or, œuvre du sculpteur Noël Levasseur (1717). Sa base est supportée par douze pattes sphériques et est décorée d'une bande d'instruments de la Passion : tenailles, échelles, croix, lances et calices sculptés en bas-relief. Au centre se trouve une phrase en latin qui se traduit par : « Précieuse dans l'esprit de Dieu la mort de ses saints ». L'intérieur est tapissé de tissu rouge décoré de galons en fil doré et de paillettes. Les reliques sont déposées sur un coussin recouvert de tissu blanc.
Cette « châsse » et les ossements ont été sauvés de l'incendie qui a détruit l'hôpital et le monastère en 1755. Elle a subi plusieurs altérations depuis sa réalisation.
La mémoire de la bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin est le 8 mai.
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Pour en savoir davantage :
www.centrecatherine.ca
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[1] Simon Lessard. « Iakonikonriiostha - Catherine de Saint-Augustin 1632-1668 », Le Verbe, Juillet-aout 2024, p. 17.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Notre-Dame d’Ottawa
Notre patrimoine religieux
OTTAWA – Impressionnant ! Magnifique ! Entrer dans la Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, c'est entrer au cœur d'une aventure intérieure insoupçonnée. Dès qu'on y pénètre, on se sent envahi par une présence christique pacifiante. Le lieu sacré invite au recueillement. Notre-Dame d'Ottawa, construite à partir de 1841, offre vraiment le charme des cathédrales d'Europe au cœur de la capitale canadienne.
Tout d'abord, on est impressionné par la noblesse du temple et par les magnifiques vitraux installés par Harwood en 1879, surtout celui du jubé de l'orgue. Il y a aussi les magnifiques vitraux historifiés de l'artiste Guido Ninchiri (1956-1961) qui charment l'œil. Ninchiri est le véritable Michel-Ange du Canada.
Ici, le nombre de pièces artistiques qui méritent l'attention du visiteur est assez grand.
Le maître-autel est constitué de trois arches avec bas-reliefs polychromes qui représentent la nativité, Jésus enseignant et la résurrection.
Le tabernacle est en bronze. La porte est sculptée avec finesse.
Au deuxième étage figure une splendide statue du Christ-Roi entourée des symboles des quatre évangélistes et, aussi, des statues de Marie, Joseph et Jean-Baptiste.
Au troisième niveau, c'est la voûte évangélique. On y retrouve les neuf chœurs des anges : séraphins, chérubins, trônes, dominations, vertus, pouvoirs, principautés, archanges et anges.
Dans le chœur, on retrouve des oeuvres des sculpteurs canadiens Louis-Philippe Hébert, Flavien Rochon et Philippe Parizeau. Aussi, trente grandes statues qui représentent les patriarches, les prophètes, les apôtres, les évangélistes et Pierre et Paul. De plus, on y voit seize pères et docteurs de l'Église, seize fondateurs d'ordres religieux et cinquante anges.
Il y a aussi le trône de l'évêque qui mérite l'attention. Il date de 1874. Il a été construit en acajou. Au-dessus de celui-ci est aménagé un baldaquin de huit mètres.
Et ce n'est pas tout! Il faut aussi voir les stalles, l'autel du Sacré-Cœur (1879), l'autel de l'Immaculée-Conception (1885), les voûtes et l'orgue.
Les visiteurs les plus audacieux demandent une visite de la sacristie. La grande pièce de 24 m x 11 m est de style gothique. Les belles armoires en chêne sont un délice pour l'œil.
À l'extérieur, autour de la cathédrale, on peut voir des monuments qui ont été érigés à la mémoire de Mgr Eugène Bruno Guigues, premier évêque de Bytown (1847-1874) et de Mgr Joseph Thomas Duhamel, deuxième évêque de Bytown et premier archevêque d'Ottawa (1874-1909).
Cependant, ce qui est indéniable en visitant ce temple, c'est prendre le temps de s'asseoir pour prier et méditer. L'endroit inspire la sainteté de l'âme et du corps.
La Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, consacrée à l'Immaculée-Conception, est un véritable petit bijou du patrimoine religieux d'Ottawa qu'il est aussi possible de visiter virtuellement - sans en vivre l'émotion qu'offre une visite réelle - grâce au site Internet du diocèse d'Ottawa. www.ecclesia-ottawa.org/vtour/ftourguide.html
Elle est située aux coins des rues Sussex et Saint-Patrick, juste en face du musée des beaux-arts du Canada et à quelques minutes de marche du Parlement canadien.
www.notredame.ottawa.on.ca
Notre-Dame d’Ottawa
OTTAWA – Impressionnant ! Magnifique ! Entrer dans la Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, c'est entrer au cœur d'une aventure intérieure insoupçonnée. Dès qu'on y pénètre, on se sent envahi par une présence christique pacifiante. Le lieu sacré invite au recueillement. Notre-Dame d'Ottawa, construite à partir de 1841, offre vraiment le charme des cathédrales d'Europe au cœur de la capitale canadienne.
Tout d'abord, on est impressionné par la noblesse du temple et par les magnifiques vitraux installés par Harwood en 1879, surtout celui du jubé de l'orgue. Il y a aussi les magnifiques vitraux historifiés de l'artiste Guido Ninchiri (1956-1961) qui charment l'œil. Ninchiri est le véritable Michel-Ange du Canada.
Ici, le nombre de pièces artistiques qui méritent l'attention du visiteur est assez grand.
Le maître-autel est constitué de trois arches avec bas-reliefs polychromes qui représentent la nativité, Jésus enseignant et la résurrection.
Le tabernacle est en bronze. La porte est sculptée avec finesse.
Au deuxième étage figure une splendide statue du Christ-Roi entourée des symboles des quatre évangélistes et, aussi, des statues de Marie, Joseph et Jean-Baptiste.
Au troisième niveau, c'est la voûte évangélique. On y retrouve les neuf chœurs des anges : séraphins, chérubins, trônes, dominations, vertus, pouvoirs, principautés, archanges et anges.
Dans le chœur, on retrouve des oeuvres des sculpteurs canadiens Louis-Philippe Hébert, Flavien Rochon et Philippe Parizeau. Aussi, trente grandes statues qui représentent les patriarches, les prophètes, les apôtres, les évangélistes et Pierre et Paul. De plus, on y voit seize pères et docteurs de l'Église, seize fondateurs d'ordres religieux et cinquante anges.
Il y a aussi le trône de l'évêque qui mérite l'attention. Il date de 1874. Il a été construit en acajou. Au-dessus de celui-ci est aménagé un baldaquin de huit mètres.
Et ce n'est pas tout! Il faut aussi voir les stalles, l'autel du Sacré-Cœur (1879), l'autel de l'Immaculée-Conception (1885), les voûtes et l'orgue.
Les visiteurs les plus audacieux demandent une visite de la sacristie. La grande pièce de 24 m x 11 m est de style gothique. Les belles armoires en chêne sont un délice pour l'œil.
À l'extérieur, autour de la cathédrale, on peut voir des monuments qui ont été érigés à la mémoire de Mgr Eugène Bruno Guigues, premier évêque de Bytown (1847-1874) et de Mgr Joseph Thomas Duhamel, deuxième évêque de Bytown et premier archevêque d'Ottawa (1874-1909).
Cependant, ce qui est indéniable en visitant ce temple, c'est prendre le temps de s'asseoir pour prier et méditer. L'endroit inspire la sainteté de l'âme et du corps.
La Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, consacrée à l'Immaculée-Conception, est un véritable petit bijou du patrimoine religieux d'Ottawa qu'il est aussi possible de visiter virtuellement - sans en vivre l'émotion qu'offre une visite réelle - grâce au site Internet du diocèse d'Ottawa. www.ecclesia-ottawa.org/vtour/ftourguide.html
Elle est située aux coins des rues Sussex et Saint-Patrick, juste en face du musée des beaux-arts du Canada et à quelques minutes de marche du Parlement canadien.
www.notredame.ottawa.on.ca
Benoît Voyer
(Revue Sainte-Anne, juillet-août 2005, p. 298)
VISION CATHOLIQUE: Saint François de Laval (1623-1708)
Par Benoit Voyer
3 mai 2026
Le 30 avril 1623, François de Laval naît au sein d’une grande famille de la noblesse française.
À la suite du décès de son père et de ses frères aînés, il devient l’héritier légal, mais il décide de consacrer ses avoirs au service des missions.
À quatorze ans, il devient membre de la Congrégation mariale du Collège de La Flèche où il s'initie aux bases de la vie spirituelle et est sensibilisé aux missions en Nouvelle-France.
Après son ordination sacerdotale, il adhère à la Société des Bons Amis. Dans cette association, il approfondit sa vie spirituelle : prière, ascèse, mise en commun des biens et engagement auprès des plus pauvres.
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| Vitrail du manoir Mauvide-Genest sur l'île d'Orléans |
L'influence spirituelle de Jean de Bernières, un laïc, est déterminante. Il lui inspire de se consacrer à l'œuvre d'évangélisation des Amériques.
Durant ces années, en France, François fréquente de grands réformateurs spirituels comme saint Vincent de Paul et Jean-Jacques Olier.
À la recherche d'un évêque pour les missions du Canada, on pense naturellement à cet homme à la forte personnalité, à la grande piété et entièrement donné à Dieu.
À son arrivée en Nouvelle-France, en 1659, sainte Marie Guyart de l'Incarnation, la supérieure du monastère des Ursulines, écrit à son sujet : « C'est un homme saint, le père des pauvres et du public. C'est un seigneur de la maison de Laval qui s'est donné à Dieu dès sa jeunesse. Le Roi l'aime beaucoup pour son mérite et ses qualités. Sa Majesté voulait le retenir en France, mais l'amour que ce bon prélat porte à cette nouvelle Église a fait qu'il a supplié pour y revenir. »
Dès son arrivée à Québec à titre d’évêque, il entreprend de connaître ses fidèles. À pied, à travers les forêts, il effectue des visites pastorales de Gaspé à Montréal, à pied, en canot ou en raquettes l'hiver. Ces périples lui font prendre conscience des besoins de la population. Tous, les premiers peuples comme les Français, sont l'objet de sa sollicitude.
À l'annonce d'une nouvelle fondation missionnaire, les Jésuites témoignent : « Sitôt que Monseigneur l'Évêque de Pétrée eut appris le dessein que nous avions de commencer cette Mission (au lac de la Nation maritime et au lac Supérieur), on ne peut croire combien il y parut affectionné. »
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| Il repose dans la basilique-cathédrale Notre-Dame, à Québec |
Soucieux d'établir une Église qui se perpétue à la grandeur de l'Amérique, il prévoit la mise en place les institutions nécessaires. Il commence en soutenant les trois grandes communautés déjà présentes pour l'éducation (les Jésuites et les Ursulines) et pour la santé (les Augustines).
François donne son approbation à des initiatives nouvelles fondées à Montréal, par sainte Marguerite Bourgeoys pour l'éducation et la vénérable Jeanne Mance pour les soins de santé.
Enfin, Mgr de Laval fonde le Séminaire de Québec pour la formation du clergé local qui s'occupera de propager la foi chrétienne dans tous les recoins connus de son vaste diocèse.
Il ajoutera pour les jeunes le Petit Séminaire et l'école d'arts et métiers de Saint-Joachim.
Sa préoccupation d'une foi vivante chez toutes les catégories de fidèles lui inspire d'autoriser la création de différentes associations de formation chrétienne et de piété.
Comme soutien spirituel aux familles, il appuie particulièrement la fondation de la Confrérie de la Sainte Famille. Cette dernière est toujours vivante à la paroisse cathédrale Notre-Dame-de-Québec.
Mgr de Laval est également sensible à la beauté de la liturgie. Malgré les modestes moyens financiers de la colonie, il investit dans de grandes manifestations religieuses au point que les Amérindiens éblouis le surnomment « l'homme de la grande affaire ».
De 1662 à 1668, Mgr de Laval achète les terres des huit propriétaires de l’île d’Orléans ou de leurs descendants. À partir de 1638, on avait commencé à concéder des terres sur l’île, mais plus intéressés par le commerce que par l’agriculture, les concessionnaires firent peu d’efforts pour développer l’île. Il restera propriétaire pendant treize ans, c’est-à-dire le temps qu’il lui faudra pour établir une petite communauté. C’est grâce à l’évêque que l’île commence son réel développement.
En 1664, il consacre la petite église locale érigée par les colons de Québec avant son arrivée comme la première église paroissiale de son diocèse et en fait sa cathédrale en 1674.
En 1668, dans une lettre qu'il adresse à des missionnaires sulpiciens, il donne les conseils suivants : « Qu'ils tâchent d'éviter deux extrémités qui sont à craindre en ceux qui s'appliquent à la conversion des âmes : de trop espérer ou de trop désespérer. Ceux qui espèrent trop sont souvent les premiers à désespérer de tout à la vue des grandes difficultés qui se trouvent dans l'entreprise de la conversion des infidèles, qui est plutôt l'ouvrage de Dieu que de l'industrie des hommes. Qu'ils se souviennent que la semence de la parole de Dieu porte son fruit dans la patience… »
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| Monument dans le Vieux-Québec |
Le père Denis Gagnon disait à son sujet : « C'était le bonhomme qui allait régulièrement à l'Hôtel-Dieu. Il veillait les malades, changeait leurs lits et les aidait à manger. Souvent, le soir, il arrivait et disait à l'infirmière : "Vous pouvez aller dormir, je vais veiller…" Et puis, quand il a pris sa retraite, il s'est consacré à aider les pauvres. À bout d'argent, il allait en demander au Séminaire de Québec. Un jour, ils ont commencé à refuser. »[2]
Saint François de Laval décède le 6 mai 1708. On se souviendra toujours de ce qu’il écrivait : « La semence de la Parole de Dieu porte du fruit dans la patience ».
Le 6 juin 1708, dans son oraison funèbre, La Colombière laisse cette note sur la sainteté du premier évêque catholique d’Amérique du Nord : « Se lever tous les jours et en tout temps à 3 heures du matin malgré la rigueur du climat, faire les fonctions de portier dans l'église tous les jours, en ouvrir les portes, allumer les lampes, s'acquitter parfaitement bien des fonctions d'infirmier dans le séminaire, faire les lits des malades, les lever, les coucher, toucher, crever les fistules de ceux qui avaient la petite vérole, passer tous les jours plusieurs heures devant le Saint-Sacrement, assister à tout l'office divin avec une exactitude inviolable ; c'était la manière dont ce premier évêque se délassait des fatigues que lui procurait son zèle. »
Les catholiques de la planète soulignent sa mémoire le 6 mai de chaque année.
« L'esprit de Dieu demande un cœur paisible, recueilli et non pas un cœur inquiet et dissipé ; il faut un visage joyeux et modeste, il faut éviter les railleries et les ris déréglés et généralement tout ce qui est contraire à une sainte et joyeuse modestie. » (Instructions aux missionnaires, 15 septembre 1668)
« Notre Seigneur, par sa miséricorde, me fait la grâce de jouir d'une grande paix intérieure de cœur et d'esprit, ayant une entière confiance [...] qu'il fera tout réussir pour sa gloire. » (Lettre de Laval à Denonville, 16 avril 1691)
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[1] Benoit Voyer. Les évêques en retraite, Revue Sainte Anne, février 1996, page 57. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-les-eveques.html
[2] Benoit Voyer. Les évêques en retraite, Revue Sainte Anne, février 1996, page 57. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-les-eveques.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
Remise d'un prix pour la restauration du couvent Outremont
MONTRÉAL – En novembre, à l'occasion de son gala annuel, l'Association des constructeurs du Québec a remis le Prix Qualité Habitation à Développement McGill, pour le recyclage du couvent Outremont. « La restauration minutieuse du couvent Outremont par Développement McGill contribue, aujourd'hui, à enrichir le patrimoine architectural de l'arrondissement d'Outremont et de la métropole. Ainsi, la vénérable institution datant de 1911, que fut ce couvent dirigé par la congrégation des Sœurs de Marie-Réparatrice, continue d'être une source de fierté collective aux abords du mont Royal », explique le communiqué de l'organisme publié sur le fil de presse CNW-Telbec. Développement McGill travaille actuellement sur un autre projet patrimonial, Le Orléans, situé dans le Vieux-Montréal. Le complexe offrira une vue grandiose sur la belle basilique Notre-Dame.
Le séminaire de Nicolet reçoit une subvention
NICOLET – Le ministère de la Culture et des Communications du Québec remettra une aide financière de près de 20 000$ aux Archives du Séminaire de Nicolet dans le cadre du programme Soutien aux archives privées. Les archives du Séminaire comptent 100 000 volumes et brochures, dont 2 600 sont antérieurs au 19ᵉ siècle. L'organisme a pignon sur rue au musée des religions et possède, notamment, des documents exclusifs sur la vie du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, 4ᵉ évêque de Saint-Hyacinthe.
La faculté de théologie de l'université de Montréal fête son 125ᵉ anniversaire
MONTRÉAL – La faculté de théologie de l'Université de Montréal célèbre cette année son 125ᵉ anniversaire de fondation. C'est en 1878 qu'elle était fondée avec les facultés de droit et de médecine sous la gouverne de l'université Laval, jusqu'à la fondation de l'université de Montréal en 1920. En 1925, elle devenait officiellement une faculté canonique, avec pour mission de former le clergé catholique et, en 1954, elle s'ouvrait aux laïcs. L'anniversaire est souligné, depuis quelques mois, par des colloques, des congrès et des conférences. www.theo.umontreal.ca/
Mgr Roger Ébacher en Afrique
GATINEAU – Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, a participé à un voyage, organisé par Développement et Paix, au Zambie et en République démocratique du Congo, du 7 au 24 novembre. Il a visité plusieurs projets appuyés par l'organisme, une filiale de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). C'est la première fois que Mgr Ébacher foulait le continent africain.
Les Fraternités monastiques de Jérusalem s'installent à Montréal
MONTRÉAL – À la demande du cardinal Jean-Claude Turcotte, les Fraternités monastiques de Jérusalem s'installeront à Montréal à l'automne 2004. Elles auront pignon sur rue au Sanctuaire du Saint-Sacrement, sur le Plateau Mont-Royal. Les membres des Fraternités monastiques de Jérusalem vivent au cœur de la ville et y travaillent quelques jours par semaine afin d'y gagner un salaire, tout en gardant leurs activités monastiques. Ils sont des contemplatifs dans la ville. Propriétaires de rien et libres de toute clôture, ils vivent la fraternité évangélique et témoignent de la possibilité de contempler Dieu dans la cité des hommes.
Nouvel évêque melkite catholique
MONTRÉAL – Mgr Ibrahim Ibrahim est le nouvel évêque melkite-catholique pour le Québec et le Canada. Âgé de 41 ans, Mgr Ibrahim devient le pasteur de 43 000 fidèles de l'Éparchie Saint-Sauveur de Montréal.
Joseph Verlinde au Canada
TROIS-RIVIÈRES – En plus d'être l'invité principal du Congrès national du Renouveau charismatique qui aura lieu à l'auditorium de Verdun, à Montréal, à l'été 2004, le père Joseph Verlinde animera une retraite spirituelle pour les prêtres, du 1ᵉʳ au 5 août, au Centre de prière l'Alliance à Trois-Rivières.
Ordination au diaconat
TROIS-RIVIÈRES – Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a ordonné au diaconat permanent Marc Poirier, le 26 octobre, à l'église de Pointe-du-Lac. Le projet diaconal du nouveau membre du clergé est de se faire proche des membres du mouvement des Alcooliques anonymes (A.A.). Il est l'époux de Louise Turcotte.
Travaux majeurs au Séminaire de Sherbrooke
SHERBROOKE – Depuis une année, d'importants travaux de restauration ont été exécutés sur les façades anciennes du Séminaire de Sherbrooke. Le clocheton a même été descendu du sommet de l'établissement afin de le remettre en bon état.
La musique adoucit les mœurs
SASKATOON – Afin de décourager les attroupements de jeunes dans le secteur de la 23ᵉ Rue, la Société de transport de Saskatoon a décidé d'améliorer le système d'éclairage, d'ajouter des gardiens et… de faire jouer de la musique classique. Les mesures sont efficaces, car on assiste à un déplacement des adolescents vers d'autres secteurs de la municipalité.
Décès de l'abbé Roland Leclerc
TROIS-RIVIÈRES – En novembre, l'abbé Roland Leclerc, prêtre du diocèse de Trois-Rivières et artisan du monde des communications, figure bien connue des francophones canadiens, est décédé, à l'âge de 57 ans. Il s'est fait connaître grâce à l'animation des séries télévisées « 2000 ans après Jésus-Christ » et « En toute amitié » diffusées, il y a quelques années, au Réseau TVA. Au moment de son départ, il animait l'émission « Le Jour du Seigneur » à la Société Radio-Canada et « Parole et vie » sur VOX, signait des chroniques dans de nombreux hebdomadaires de la Mauricie et était directeur d'une collection aux Éditions Logiques. Il était aussi l'auteur de nombreux livres. Ses funérailles ont été célébrées, le 29 novembre, à la basilique Notre-Dame-du-Cap, située dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières.
Une église transformée en centre communautaire
LONGUEUIL – L'église Saint-Josaphat de Longueuil a été transformée en centre communautaire, il y a environ une année. Le Centre d'action bénévole Mosaïque a payé 400 000$ pour ce temple construit en 1950 alors que l'évaluation municipale dépassait le million de dollars. Le bâtiment compte 14 000 pieds carrés. La restauration du lieu a coûté un peu plus de 600 000 $. L'organisme dessert l'arrondissement Saint-Lambert-LeMoyne à Longueuil.
40 malades mentaux habitent un ancien presbytère
GRANBY – La Fondation Roger Talbot est devenue propriétaire du presbytère Sainte-Famille de Granby, construit dans les années 1940. Le bâtiment a été vendu au prix de 270 000 $. L'organisme accueille maintenant, dans cette grande maison, une quarantaine de personnes aux prises avec des problèmes en santé mentale.
150ᵉ anniversaire
PAPINEAUVILLE-JOLIETTE – À l'occasion de son 150ᵉ anniversaire, la paroisse Sainte-Angélique-de-Papineauville a lancé un album souvenir. Il contient 535 pages. Ailleurs, à Joliette, les Sœurs des Saints-Cœurs-de-Jésus et de Marie fêtent cette année leur 150ᵉ anniversaire de fondation et leur centième anniversaire de présence dans le diocèse de Joliette.
30ᵉ anniversaire d'épiscopat
RIMOUSKI – Le 8 décembre, Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, a célébré son 30ᵉ anniversaire d'ordination épiscopale. Une messe d'action de grâces a été célébrée à la cathédrale rimouskoise.
Robert Lebel
PONTBRIAND – L'abbé Robert Lebel, auteur, compositeur et interprète de chansons religieuses et pour enfants, a maintenant son site Internet. Il y publie des textes de ses chansons, des extraits sonores, une discographie, l'agenda de ses concerts et une notice biographique. Il est même question de la Fondation Robert Lebel. www.robertlebel.com
Campagne de financement diocésaine
GASPÉ – Dans le cadre de sa campagne annuelle de financement, le diocèse de Gaspé désire recueillir 250 000 $. L'argent servira à venir en aide aux 66 paroisses de la Gaspésie et des Îles Malgré que la situation financière précaire que le diocèse a vécue en 2000 soit passée, la situation demeure très fragile. Le diocèse lance un appel à l'aide à ses diocésains et à toutes personnes ayant un sentiment d'appartenance à cette région.
Couvent à vendre
STANSTEAD – Le couvent des Ursulines de Stanstead, dans le diocèse de Sherbrooke, est à vendre. Il s'agit d'une des plus anciennes communautés religieuses des Cantons-de-l'Est. Les religieuses n'ont plus les moyens financiers de l'habiter. Érigé en 1883, le monastère a déjà accueilli plus de 60 religieuses. Il n'en reste que 13. Les religieuses déménageront à Magog, plus près des services de santé.
TERRE-NEUVE
Les évêques canadiens à Rome
SAINT-JEAN – En novembre, une délégation, sous la présidence de Mgr Brendan M. O'Brien, nouveau président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et archevêque de Saint-Jean de Terre-Neuve-Labrador, a amorcé une série de rencontres avec les représentants du Saint-Siège, au Vatican.
MANITOBA
Le déménagement des archives des Sœurs grises
SAINT-BONIFACE – Les archivistes des Sœurs grises font actuellement le tri des archives de la congrégation à Winnipeg afin de déterminer l'héritage documentaire qu'elle laissera dans cette région. Le tri est effectué à l'occasion du départ des archives des religieuses de partout au Canada vers la maison mère, à Montréal. Au Manitoba, le travail devrait être terminé d'ici la fin de juin.
Les problèmes en santé mentale des aînés, une nouvelle préoccupation
VANCOUVER – Une équipe en soins gériatriques de l'hôpital général de Vancouver travaille de concert avec trois autres hôpitaux de la ville dans le but d'améliorer les services fournis aux aînés, surtout du côté des troubles en santé mentale. Ces problèmes passent souvent inaperçus. Ils sont souvent associés au vieillissement. Au moins le tiers des plus de 65 ans souffrent de problèmes tels que l'anxiété, problématiques non traitées. Le projet de recherche, qui est financé par le gouvernement du Canada, est estimé à 41 000 $.
(Revue Sainte-Anne, février 2004, pp. 61 et 62)
VISION CATHOLIQUE: Sainte Marie-Léonie Paradis
Par Benoit Voyer
2 mai 2026
On la connaît sous le nom de Marie-Léonie Paradis, mais le prénom qu’elle reçoit à sa naissance et son baptême est Alodie, mais qu’on appellera familièrement Élodie.
Elle est née le 12 mai 1840, à l’Acadie, sur la rive sud de Montréal, au Bas-Canada. Elle est la fille unique de Joseph Paradis et Émilie Grégoire.
Vers 1845, dans le rang de la tortue, pas très loin du village de Saint-Philippe-de-Laprairie, Joseph Paradis loue un moulin désaffecté, Il y moud le grain, scie du bois et carde la laine.
À neuf ans, elle devient pensionnaire chez les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, à Laprairie. Mais ce n’est que pour une courte durée, la famille déménage à Napierville où elle continue d’aller à l’école pendant que Joseph s’exile en Californie afin de se faire chercheur d’or. Elle retournera au pensionnat de Laprairie en 1850.
Vie religieuse
Le 28 février 1854, elle entre chez les Sœurs Marianites, la branche féminine de la Congrégation de Sainte-Croix, à Ville Saint-Laurent. Elle a 13 ans. En communauté, elle porte le nom de sœur Marie-de-sainte-Léonie.
À son retour de Californie, son père tente de la faire rentrer à la maison. En vain. Son choix est ferme et définitif.
En 1956, elle enseigne aux enfants dans le patelin de Sainte-Scholastique, devenu de nos jours un arrondissement de la ville de Mirabel.
Le fondateur, le père Basile-Antoine Moreau, de passage au Canada, lui permet, le 22 août 1857, de prononcer des vœux permanents de vie religieuse en dépit d'une faible santé. Elle a 17 ans.
Elle se consacre à l'éducation. À Varennes, Saint-Laurent et Saint-Martin (devenu un quartier de Laval), elle est enseignante, surveillante et secrétaire de la supérieure.
En 1862, on l'envoie travailler à l'orphelinat Saint-Vincent-de-Paul, à New York.
En 1870, en Indiana, Élodie choisit de passer définitivement à la branche américaine des Sœurs de Sainte-Croix. Aux États-Unis, elle enseigne les travaux à l'aiguille et le français à l'Académie Sainte-Marie. Son immersion dans la langue de Shakespeare lui permet d’en venir à maîtriser la langue anglaise.
Après un séjour au Michigan, à l'automne de 1874, on la nomme à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, afin de diriger un groupe de postulantes et de novices au Collège Saint-Joseph dirigé par le père Camille Lefebvre, de la Congrégation de Sainte-Croix. Elle est affectée aux soins de l’économie domestique et de la bonne tenue du département culinaire de la maison. Le collège est un nouvel établissement qui a ouvert ses portes en 1864.
Les petites sœurs de la Sainte-Famille
En 1880, la direction de la communauté religieuse accepte l’idée qu’un groupe de filles, portant le nom de « Petites Sœurs de la Sainte-Famille », s'organise en institut autonome sous la direction de Léonie. L’idée de cette dernière. La mission de son groupe est et restera le soutien spirituel et matériel des prêtres. Les femmes célibataires qui marchent à sa suite se consacrent aux tâches domestiques dans un grand nombre de presbytères et d’évêchés, et travaillent aussi au secrétariat, à la comptabilité et à la gestion des archives.
En 1895, la mort du père Lefebvre laisse l'œuvre sans approbation canonique. L’évêque du lieu refuse toute reconnaissance.
Mgr Paul Larocque, évêque de Sherbrooke, étant à la recherche de religieuses pour son séminaire et son évêché, fait une offre au groupe de femmes. Léonie consulte, réfléchit et décide de transférer la maison-mère et le noviciat des Petites Sœurs de la Sainte-Famille à Sherbrooke.
Le 5 octobre 1895, Marie-Léonie et ses filles déménagent au 10, rue Peel, à Sherbrooke.
Le 26 janvier 1896, Mgr Paul Larocque donne une approbation diocésaine à la nouvelle communauté des Petites Sœurs de la Sainte-Famille.
En 1905, le pape Pie X la relève de ses obligations envers sa première communauté et lui donne la permission d’être, elle aussi, une petite sœur de la Sainte-Famille.
Décès
Marie-Léonie Paradis décède le 3 mai 1912, à la veille de ses 72 ans. En ce jour, 635 femmes célibataires marchent à sa suite dans les trois Amériques et en Italie.
Béatification
Le 11 septembre 1984, elle est béatifiée lors d’une messe présidée par le pape Jean-Paul II au parc Jarry, à Montréal. Mes parents sont présents au rassemblement.
Un autre miracle
En 1986, à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, un miracle aurait eu lieu par son intercession. Il s’agit d’un nouveau-né de sexe féminin, à la suite d’une asphyxie périnatale prolongée avec défaillance de plusieurs organes et encéphalopathie.
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| La cathédrale Saint-Michel |
Le tombeau de Marie-Léonie Paradis repose au couvent des Petites Sœurs de la Sainte-Famille jusqu’au 31 mai 2017. Ce jour-là, on déménage sa dépouille dans la basilique-cathédrale Saint-Michel, à Sherbrooke, à l’occasion d’une cérémonie officielle présidée par Mgr Luc Cyr. Une partie du musée du centre Marie-Léonie y est également transférée durant la même année.
Canonisation
Le 20 octobre 2024, sur la place Saint-Pierre, dans la Cité du Vatican, Marie-Léonie Paradis est canonisée.
Dans son homélie, le pape François, qui préside la célébration, rappelle l’importance du service, une caractéristique des chrétiens :
« Jésus dévoile les pensées, dévoile les désirs et les projets de notre cœur, démasquant parfois nos attentes de gloire, de domination, de pouvoir, de vanité. Il nous aide à penser, non plus selon les critères du monde, mais selon le style de Dieu qui se fait dernier pour que les derniers soient élevés et deviennent les premiers. Et souvent ces questions de Jésus, avec son enseignement sur le service, sont aussi incompréhensibles, incompréhensibles pour nous qu’elles l’étaient pour les disciples. Mais en le suivant, en marchant sur ses pas et en acceptant le don de son amour qui transforme notre façon de penser, nous pouvons nous aussi apprendre le style de Dieu : le style de Dieu, le service. N’oublions pas les trois mots qui illustrent le style de service de Dieu : proximité, compassion et tendresse. Dieu se fait proche pour servir ; il se fait compatissant pour servir ; il se fait tendre pour servir. Proximité, compassion et tendresse…
C’est ce que nous devons viser : non pas le pouvoir, mais le service. Le service est le mode de vie chrétien. Il ne s’agit pas d’une liste de choses à faire, comme si, une fois faites, nous pouvions considérer que notre tour est fini ; celui qui sert avec amour ne dit pas : “maintenant, ce sera le tour de quelqu’un d’autre”. Cela, c’est la pensée d’employés, pas celle de témoins. Le service naît de l’amour et l’amour ne connaît pas de limites, il ne fait pas de calculs, il dépense et donne. L’amour ne se contente pas de produire pour obtenir des résultats, il n’est pas une performance occasionnelle, il naît du cœur, un cœur renouvelé par l’amour et dans l’amour.
Lorsque nous apprenons à servir, chaque geste d’attention et de soin, chaque expression de tendresse, chaque œuvre de miséricorde devient un reflet de l’amour de Dieu. Et ainsi nous tous – et chacun de nous – nous poursuivons l’œuvre de Jésus dans le monde. »
Mémoire
Chaque année, la mémoire liturgique de sainte Marie-Léonie Paradis est soulignée le 4 mai dans toutes les messes de la planète.
-1-
« Ma foi venait de la présence de Dieu que je sentais en moi. Il a toujours eu la première place dans ma vie. J’étais convaincue que l’âme qui ne perdait pas la présence de Dieu en elle avait trouvé un trésor que personne ne pouvait lui ravir »
-2-
« Vous ne pouvez dire et redire assez souvent, pendant la journée, le Notre Père, en allant, en venant, en travaillant sans cesse, car Dieu est pour nous le plus tendre des pères et jamais nous ne pourrons assez lui marquer notre profonde reconnaissance ».
-3-
« Ayez confiance au bon Dieu comme à un bon père N’allez pas croire que le bon Dieu vous perdra si vous mettez toute votre confiance en Lui. Tenez-vous en paix, quoi qu’il arrive ! »
-4-
« Je ne demande pas la perfection, elle n’est pas de ce monde, mais des efforts constants pour bien remplir nos devoirs, pratiquer surtout les grandes vertus : la charité, l’humilité, sans lesquelles il n’y a pas de bonheur possible sur la terre ; c’est notre orgueil froissé qui cause tous nos chagrins, nous fait verser des larmes. »
-5-
« Je suis décidée à laisser faire tranquillement le bon Dieu. À quoi bon se tourmenter en pure perte ? C’est Dieu qui conduit toutes choses et il sait mieux que nous ce qu’il nous faut ».
-6-
Combien de fois vous ai-je vue vous lamenter, ne plus entendre la voix de ceux qui cherchaient à vous calmer, parce que, disiez-vous, c'est moi qui ai forcé le bon Dieu à m'abandonner. Eh bien ! laissons ce passé, oubliez-le comme Dieu lui-même l'oublie et dites avec bonheur : J'ai trouvé celui que j'aime, je le tiens et ne le laisserai point aller.
Ce n'est pas seulement dans le repos de la contemplation, dans une paix exempte de trouble que vous devez chercher Dieu ; c'est dans les rues et les places publiques, c'est au milieu du bruit de votre imagination, du désordre de vos pensées, des attaques de vos passions et de l'ennemi de votre salut.
Il faut, pour trouver le bien-aimé de votre âme, vous élever au-dessus de tout cela ; il ne dépend pas de vous de n'avoir point de tentation, de n'être pas sujette à toutes les peines de l'imagination, à tous les soulèvements de la nature ; votre âme est quelquefois semblable aux rues et places publiques d'une grande ville ; mais, lorsqu'on cherche un objet chéri, on ne pense qu'à Lui, on entend le bruit mais on ne l'écoute pas et c'est là la grande science de la vie spirituelle : aller en avant malgré ce qui se passe en nous et hors de nous, demandant sans cesse le bien-aimé, ne se lassant jamais quoiqu'on ne le trouve pas ; ne s'effrayant point de ce tumulte, de cette confusion de pensées qui, tour à tour, envahissent l'âme.
Dieu ne change point, et c'est Lui que je veux ; l'unique nécessaire ; je l'ai compris, il s'agit maintenant de me lever. Oui, je me lèverai ; je parcourrai les rues de la ville, parce que rien ne me coûtera pour parvenir jusqu'à Lui. C'est Lui que je veux à tout prix, et fallut-il passer ma vie à la recherche de cet objet unique, la passer au milieu de ce bruit intérieur qui me fatigue. C'en est fait. Je me lève. Je cours. Je vole, je le cherche et suis sûre de le trouver enfin. (Dans une lettre à sœur Maria Petipas)
-1-
« Très doux cœur de Jésus, je vous consacre aujourd’hui et pour toujours : mon esprit pour méditer vos commandements et vos conseils, mon cœur pour les aimer, mon corps et toutes mes puissances pour les mettre en pratique. Mon Jésus, miséricorde. »
-2-
« Vous savez, Seigneur, que je vous aime… tout pour vous, mon Dieu ; tout par amour pour vous. Tout ce que je demande, c’est que toutes les palpitations de mon cœur à chaque instant de ma vie soient des actes d’amour ».
Sur le plan généalogique, sainte Marie-Léonie Paradis est ma 3ᵉ arrière-petite-cousine éloignée au troisième degré.
D’elle à moi :
Marie Léonie Élodie Paradis (1840-1912) ;
Joseph Paradis (1816-1871), son père ;
Jean-Baptiste Paradis (-1843), son grand-père ;
Jean-Baptiste Paradis, son arrière-grand-père ;
Pierre Paradis (1718-), son 2ᵉ arrière-grand-père ;
Joseph Paradis (1679-1749), son 3ᵉ arrière-grand-père ;
Pierre Paradis (1647-1700), son 4ᵉ arrière-grand-père ;
Pierre Paradis (1604-1675), son 5ᵉ arrière-grand-père ;
Guillaume Paradis (1644-1716), son 6ᵉ arrière-grand-père ;
Gabriel Paradis (1675-1755), son 7ᵉ arrière-grand-père ;
Louise Paradis (1728-1810), son 8ᵉ arrière-grand-mère et ma 5ᵉ arrière-grand-mère ;
Marie Anne Soucy (1769-1809), ma 4ᵉ arrière-grand-mère ;
Félicité Chamberland (1805-1893), ma 3ᵉ arrière-grand-mère ;
Jérémie Rémi Chenard (1829-1908), mon 2ᵉ arrière-grand-père ;
Rémi Chenard (1864-1918), mon arrière-grand-père ;
Alice Chenard 1889-1981, ma grand-mère
Roméo Voyer (1930-2021), mon père
Benoit Voyer (moi)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
QUÉBEC
Le comédien Gérard Depardieu devient curé
MONTRÉAL – Le comédien français, Gérard Depardieu, incarnera le rôle d'un curé dans le long-métrage Nouvelle-France qui sera à l'affiche dans quelques semaines dans les salles de cinéma. Premier film québécois à prendre pour toile de fond l'époque de la Conquête (1758-1761).
La cathédrale de Chicoutimi retrouve ses lumières
CHICOUTIMI – Après une trentaine d'années d'inactivité, les 1450 ampoules de la cathédrale de Chicoutimi, qui bordent les arches délimitant le transept, ainsi que la fresque baptisée « La glorification du Christ ressuscité », se sont illuminées durant les messes célébrées à Noël. Le système a été installé lors de la construction du temple, en 1922.
La paix et la guerre
MONTRÉAL – Le 26 octobre, le cardinal Jean-Claude Turcotte écrivait dans sa chronique hebdomadaire publiée dans le Journal de Montréal : « La paix n'est pas seulement l'absence de guerre ; c'est aussi la mise en place de conditions économiques, sociales et politiques qui permettent de répondre aux besoins vitaux d'une nation. Il existe dans notre monde une trop grande disparité dans la répartition de la richesse entre les pays. La pauvreté et la misère sont toujours une source de violence et une terre propice à faire naître les conflits ».
Sanctuaire à la radio
TROIS-RIVIÈRES – Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, situé dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, présente une émission radiophonique dominicale sur les ondes de CHLN 550, chaque dimanche, de 9 heures à 9 h 30 www.chln550.com
Mérite diocésain
JOLIETTE – Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette, a remis la médaille du mérite diocésain à Gilles Tessier, spécialiste des communications, à l'abbé François Lanoue, éducateur et historien, et aux Sœurs des Saints-Cœurs-de-Jésus-et-de-Marie, pour 100 ans d'engagement dans le diocèse de Joliette.
Oratoire Saint-Joseph
MONTRÉAL – L'Oratoire Saint-Joseph aura 100 ans le 19 octobre 2004. Le lancement des festivités du centenaire a eu lieu à l'automne, à l'occasion d'une célébration présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte. « Avec tout l'amour du monde depuis 1904 » est le thème retenu pour marquer cet événement. www.saint-joseph.org
Il faut protéger le patrimoine funéraire
GRANBY – Afin de créer un répertoire des cimetières du Québec, dans le but de recenser les personnes inhumées et les œuvres d'art qui dorment dans ces lieux de repos éternel, un groupe d'une centaine d'historiens, préoccupés par le patrimoine funéraire du Québec, réunis en colloque à Granby, en novembre, demande au gouvernement de la province d'accorder une subvention de 100 000$ pour ce projet. La lettre envoyée au ministre de la Culture, il y a plusieurs mois, est toujours sans réponse.
Le pape trop vieux ?
MONTRÉAL – Environ 41 % des Canadiens croient qu'un âge limite devrait être imposé pour être pape, selon un sondage Léger Marketing. Au Québec, un répondant sur deux est favorable à une limite d'âge. C'est dans les Prairies et en Ontario que les répondants sont les moins nombreux à croire qu'un âge maximum devrait être imposé, soit 32 % et 34 % respectivement. Le sondage révèle aussi qu'un Canadien sur deux estime que Jean-Paul II n'est plus en mesure de bien jouer son rôle. Cependant, ce sont les jeunes de 18 à 24 ans qui sont les moins critiques envers le pape, puisque 55 % d'entre eux jugent qu'il est encore en mesure de bien remplir son rôle. Le sondage a été réalisé auprès de 1502 répondants du 21 au 26 octobre. Sa marge d'erreur est de 2,6 %, 19 fois sur 20.
TERRE-NEUVE
Nouveau président de la CECC
SAINT-JEAN – Mgr Brendan O'Brien, archevêque de Saint-Jean, Terre-Neuve, a été nommé président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Il devient ainsi le 30ᵉ président de la CECC et le premier évêque d'un diocèse terre-neuvien à occuper cette fonction.
ONTARIO
Situation linguistique des enfants
OTTAWA – Partout au Canada, le nombre d'enfants qui ont le droit à une éducation en français est en diminution. Depuis 15 ans, un rapport de l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques montre une diminution remarquée de 27 % des enfants de 0 à 4 ans et de presque 17 % pour les 5 à 17 ans. Une fécondité à la baisse et l'absence presque totale d'immigrants francophones à l'extérieur du Québec expliqueraient la situation. De plus, les mariages mixtes contribuent grandement à l'assimilation des francophones. Les enfants issus de ces unions entre anglophone et francophone fréquentent en général des écoles anglophones. Au pays, 63 % des enfants de la minorité francophone sont nés de mariages mixtes. À peine 15 % des enfants issus de ces mariages parlent plus souvent le français que l'anglais à la maison et seulement 44 % de ces enfants connaissent assez bien la langue française pour soutenir une conversation. Au Nouveau-Brunswick, 81 % des enfants francophones qui y ont droit fréquentent une école française. Cette proportion s'élève à 38 % en Nouvelle-Écosse, à 35 % à l'Île-du-Prince-Édouard et à 31 % à Terre-Neuve-et-Labrador. Cependant, en Colombie-Britannique, il ne s'élève qu'à 10 %
(Revue Sainte-Anne, janvier 2004, p. 14)
HISTOIRE: À Saint-Jean-Vianney, c’était comme si l'enfer s’était ouvert
Par Benoit Voyer
1er mai 2026
Le 4 mai 1971 est un mardi soir qui ressemble à tous les autres dans la municipalité de Saint-Jean-Vianney. En pleine série éliminatoire de hockey, ils sont nombreux à se coucher tard afin de regarder à la télévision le match opposant les Canadiens de Montréal aux Blackhawks de Chicago.
Tout à coup, à 22 h 50, le village sombre dans l’obscurité totale. C’était « comme si l’enfer s’était ouvert, les flammes en moins » [1]. Le sol se met à bouger… et s’ouvre soudainement. 56 maisons neuves sur un total de 701 habitations qu’il y a dans la municipalité sont englouties dans une mer de boue. À cela s’ajoutent les nombreuses demeures demeurées juchées sur les bords de la falaise dans un équilibre précaire. En tout, 31 personnes sont emportées avec les maisons [2]. C’est beaucoup pour une population de 2600 habitants. Dans ce hameau, tous se connaissent.
Le cratère est immense. Il fait autour de 320 000 mètres carrés et sa profondeur est de 15 à 31 mètres. On estimera qu'un milliard cinq cents millions de kilogrammes d’argile et de sable sont emportés jusqu’à la rivière Saguenay. [3]
Au loin, provenant des maisons qui s’engouffrent, on entend gémir des cris de détresse, d’angoisse et d’appels au secours. C’est à crever le cœur. Les témoins de la scène se sentent démunis, ne pouvant rien faire.
Un autobus, avec à bord des employés de l’ALCAN, a dégringolé dans le cratère. Par chance, la majorité d’entre eux a réussi à sortir juste à temps du véhicule et à se rendre en lieu sûr.
Alertés de la situation, les secours arrivent de partout : tous les services de police des municipalités avoisinantes, notamment de Chicoutimi, Jonquière, Kénogami et Arvida, la Protection civile, la Croix-Rouge et même des membres des Forces armées canadiennes de la base de Bagotville.
Les sinistrés trouvent refuge dans la salle municipale de Kénogami, devenue un dispensaire où on administre les premiers soins, et chez des parents et amis.
En cette nuit d’horreur aux allures de fin du monde, « les blessures corporelles, au dire de la police, ne sont pas nombreuses, mais les chocs nerveux ne se comptent pas ». [4] Cette nuit, les citoyens de Saint-Jean-Vianney ont vu les couloirs de l’enfer.
____________________
[1] Le propos est d’un policier à qui le journaliste de La Presse a parlé. Cf. Jean de Guise et Thomas Duhaime. Cataclysme au Saguenay, La Presse, 5 mai 1971, pp. 1 et 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2716629
[2] Wikipédia, l'encyclopédie libre. Saint-Jean-Vianney. http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saint-Jean-Vianney&oldid=224146725
[3] Wikipédia, l'encyclopédie libre. Saint-Jean-Vianney. http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saint-Jean-Vianney&oldid=224146725
[4] Cf. Jean de Guise et Thomas Duhaime. Cataclysme au Saguenay, La Presse, 5 mai 1971, pp. 1 et 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2716629
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Jacques Ménard
Le secret caché d'un homme qui brasse des milliards de dollars. « Dans mon travail de gestionnaire, Jésus est un cadre supérieur qui a la responsabilité du contrôle de la qualité »
Benoît Voyer
MONTRÉAL – L. Jacques Ménard, un homme qui brasse annuellement des milliards de dollars, se réfugie, au moins une fois par semaine, dans la quiétude de la magnifique basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, pour méditer, demander conseil à Dieu et participer à l'eucharistie. De plus, en avion, lors de ses très nombreux déplacements entre ses deux bureaux de Montréal et celui de Toronto, il médite les mystères de la foi à l'aide du chapelet et invoque la Vierge Marie.
La réputation de cet homme n'est plus à faire. L. Jacques Ménard est un des plus importants gestionnaires en Amérique et le patron de près de 10 000 employés. En plus de ses fonctions de président des conseils d'administration de BMO Nesbitt Burns et de BMO Groupe financier, il est administrateur de Rona inc., de Bowater incorporated, d'Ontario Power Generation (OPG) et de nTrein Technologies inc. De plus, il a notamment été président du conseil d'administration d'Hydro-Québec de 1996 à 2001 et est très connu des amateurs de baseball professionnel puisqu'il a été impliqué dans l'administration des Expos. Enfin, il a reçu de nombreuses distinctions pour son apport à la collectivité. La plus prestigieuse est sans aucun doute celle d'officier de l'Ordre du Canada.
Appelé à prendre régulièrement la parole sur différents sujets de la vie publique, il est très pudique lorsqu'il s'agit de parler de lui, surtout de sa vie religieuse. D'ailleurs, il a fallu faire preuve de vertu de persévérance pour le convaincre. Les messages laissés à son bureau ont été multipliés et l'intervention de Robert Dutton, président exécutif et chef de direction de Rona, a été sollicitée. Après tout, c'est lui qui a suggéré le sujet ! « Ne crains pas ! C'est un excellent journaliste ! », lui a lancé son fidèle ami pour le rassurer.
« Si le fait d'accepter de parler de mes valeurs avec vous pouvait convaincre d'autres leaders économiques à faire de même, j'en serais heureux. Cela aiderait l'Église du Québec à retrouver ses lettres de noblesse », a-t-il confié à la fin de cette interview exclusive accordée à la Revue Sainte Anne, en limousine, en transit entre le siège social de la Banque de Montréal, situé en face de la Place d'Armes, et son bureau principal au 6ᵉ étage du 1800 avenue McGill College.
Au nom du père
Né à Chicoutimi le 29 janvier 1946, L. Jacques Ménard doit beaucoup à l'influence de ses parents, surtout à son père.
Cet homme, né dans la région d'Ottawa, était peu scolarisé lorsqu'il a quitté la ferme familiale à l'âge de 16 ans. Malgré tout, il se trouve un emploi de messager à la Banque royale Afin d'améliorer sa condition sociale, il décide de suivre des cours par correspondance avec l'Institution canadienne des banquiers. Il réalise son rêve en devenant gérant de succursales. C'est pour cette raison que ses deux aînés, Jean-Pierre et Jacques, sont nés au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Toutefois, Jacques garde peu de souvenirs de ce magnifique patelin puisqu'il revient à Montréal vers l'âge de 5 ans.
Cet homme qui a passé 43 ans à l'emploi de la Banque Royale était un passionné pour le monde de la finance et du crédit.
« Dans l'intimité, je le voyais prier souvent. Il avait une grande foi en Dieu », se souvient L. Jacques Ménard.
Au nom de la mère
La tendre mère du clan Ménard a consacré toute sa vie à l'éducation de sa famille. Ses deux fils, nés à onze mois l'un de l'autre, et ses jumelles, Louise et Denise, occupent toute son attention.
La foi et la pratique religieuse sont également des valeurs importantes pour elle. Elle est attachée aux rites du catholicisme. Elle ne manque pas une occasion de faire vivre à ses protégés les célébrations du calendrier liturgique et elle décore pieusement la résidence d'images religieuses, d'icônes et de statues.
Dans la résidence montréalaise, située dans la paroisse des Dominicains, il y a trois chambres à l'étage. Jacques partage la sienne avec son frère. Dans le corridor, il y a une statue du Sacré-Cœur. La mère y allume occasionnellement un lampion afin de souligner les grandes occasions. « Puisqu'elle a failli mettre le feu à la maison, papa a décidé, un jour, d'électrifier tout cela. Il a installé une espèce de veilleuse que, finalement, nous allumions souvent en soirée et la nuit pour se rendre au cabinet d'aisances », raconte le gestionnaire, l'étincelle dans les yeux et le sourire aux lèvres.
Il poursuit : « Lorsque nous vivions des moments tendus en classe à cause des examens, maman nous disait toujours de ne pas s'en faire… « Je vais allumer le Sacré-Cœur et tout va bien se passer ! » Je dois vous avouer que parfois, en salle d'examen, j'avais l'impression qu'il y avait une panne de courant à la maison ! » (rires)
Au nom du fils
Afin d'éviter l'oisiveté à leurs enfants, Jacques est inscrit, comme son frère, au sein du mouvement scout Il évolue huit ans dans la formation de Baden Powel. Toujours prêt, c'est à cet endroit qu'il vit ses premières implications au service de la communauté.
De plus, au Collège Sainte-Marie, sous l'influence des Jésuites, il vit des expériences intercalées de valeurs évangéliques et universelles qui le marquent.
Après avoir complété un baccalauréat ès arts au Collège Sainte-Marie (1966) et un baccalauréat en commerce, spécialisé en économie au Collège Loyola (1967), il décide de se perfectionner davantage en complétant un M.B.A. à l'université Western Ontario, de 1967 à 1970.
« Il y avait, là-bas, une petite communauté chrétienne où j'allais me réfugier un peu le dimanche matin pour prier et participer à l'eucharistie. Tout de suite après, j'allais dîner avec Claude Bachand, et son épouse Nathalie, qui était en deuxième année de maîtrise, alors que j'en étais encore à ma première. Tout de suite après le repas, je retournais chez moi pour poursuivre mon travail de maîtrise. « J'étudiais presque tout le temps », se remémore-t-il.
À son retour à Montréal, il se trouve un boulot de courtier en valeurs mobilières et commence à s'impliquer bénévolement pour aider ceux qui en ont besoin.
Il est touché par l'action sociale de Raymond Bachand (actuel président et directeur général de Secor) au sein d'OXFAM Québec. L'organisme en est à ses débuts. Il se joint à son ami et à Yvon Deschamps, Pierre-Marc Johnson et Claude Fillion. Ceux-ci lui demandent de s'occuper des aspects économiques de l'institution.
Au nom de l'amour
« Le meilleur coup de ma vie, je l'ai fait à 29 ans. Il s'agit de ma rencontre avec Marie-Josée Ratelle, la femme qui est devenue mon épouse en 1975, après trois années de fréquentations.
Elle avait 23 ans lorsque je l'ai connue. C'est l'abbé Pierre Saint-Cyr, actuel curé à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, qui a célébré notre mariage et qui, par la suite, a baptisé nos enfants. En Marie-Josée, j'ai trouvé une chrétienne engagée et qui vit ses convictions. Elle le fait avec beaucoup de réserve, de pudeur et de discrétion », lance-t-il.
Sa manière de vivre l'a considérablement touché. Lorsque son frère Gilles est décédé à l'âge de 34 ans, elle a été pour lui d'une exemplarité hors du commun.
La foi de sa vieille complice le nourrit également. Elle lui a fait redécouvrir l'Évangile, notamment à la lecture de l'Évangile romancé de Maria Valtorta. « Souvent, elle m'en lisait de longs extraits, le soir, après mes longues heures de travail », ajoute Jacques Ménard. Souvent, ils prient ensemble.
Il n'a que des éloges pour SA Marie-Josée : « C'est une dame d'une grande élégance, d'une grande générosité, d'une intensité hors de l'ordinaire, courageuse, qui a une écoute extraordinaire et son implication communautaire est vraiment inspirante. J'ai beaucoup d'admiration pour elle. Elle est pour moi un modèle et une conseillère très franche et très patiente. »
Au nom de la Trinité
Il faut savoir vivre le risque de ses convictions. Cette idée revient régulièrement au fil de ses confidences.
Pourquoi la foi est-elle si importante pour lui ? « Cette question est difficile pour moi, parce que ma foi je l'ai reçue dans mon héritage parental. Elle forme un tout harmonieux avec tout ce que je suis. Cependant, je peux affirmer que la foi est pour moi un point de repère important et elle m'amène à vouloir être, avec mes petits moyens et mes talents, un agent de changements pour enrichir la vie des autres, dans toutes les facettes de l'expression, et améliorer celle de ceux que je côtoie », explique l'homme.
La parabole des talents est sa préférée. Il en parle souvent. Est-ce qu'elle lui sert à justifier sa richesse financière et le niveau économique dans lequel il vit? Peut-être. Cependant, son explication de la parabole interpelle.
« Le Seigneur a distribué les ressources, les talents et les capacités de manière fort inégale dans la société. La parabole des talents me rappelle que ceux qui ont reçu beaucoup, que la vie a choyés en abondance, le Seigneur attend davantage. Les personnes en position d'autorité dans le monde des affaires doivent mettre à contribution leurs talents au service de la société. En ce sens, il est nécessaire que les agents économiques se sentent responsabilisés au devoir de s'exercer à être des agents de changement avec les capacités et les ressources auxquelles ils ont accès. » Ces paroles, c'est à son expérience qu'il les puise.
Même s'il est un homme d'affaires qui brasse des milliards de dollars par année, il se défend bien de « l'avoir acheté » ce Jésus auquel il croit. Mais que peut bien représenter le Christ pour ce gestionnaire ? Qu'est-ce que cette relation apporte de différent à sa manière de gérer ses entreprises ? « Dans mon travail de gestionnaire, Jésus est un cadre supérieur qui a la responsabilité du contrôle de la qualité », rien de moins ! Et c'est pour cette raison qu'il visite souvent Jésus dans le somptueux décor de la basilique Notre-Dame et qu'il trouve du réconfort auprès de sa mère.
(Revue Sainte-Anne, 9 janvier 2004, pp. 9 et 46)
PSYCHOLOGIE: La sexualité, c'est toute la pulsion qu'il y a en soi qui nous pousse à aimer
Par Benoit Voyer
30 avril 2026
Un jour, la docteure en sexologie clinique, Marie-Paule Ross [1], me donnait une définition intéressante de ce qu’est la sexualité humaine. Il s’agit d’un beau complément à la première lettre de Paul aux chrétiens de Corinthe [2]:
« La sexualité, c'est toute la pulsion qu'il y a en soi qui nous pousse à aimer, à créer et à entrer en relation avec les autres. Quand on parle du vrai sens de la sexualité, quand on parle de processus de sexualisation, cela signifie que l'être humain est né de la fusion et que, tout au long de son processus de sexualisation, il doit atteindre l'autonomie et la liberté. C'est une dynamique intérieure qui nous pousse à la croissance et à grandir sur les plans affectif et spirituel.
C'est pour cette raison que, s'il n'y a pas tout ce lien affectif, toute cette relation profonde à l'intérieur d'un couple, l'intimité érotique n'a pas de sens.
Mes collègues, qui sont aussi des sexologues cliniciens, sont en accord avec moi. Nous vivons dans une société qui est tellement hédoniste, tellement pro-sensuelle, qu'on est en train de défaire notre humanité. Il est urgent d'intervenir pour que cette situation change. […]
Les blessures causées, à cause d'une sexualité défaillante qui ne respecte pas l'ordre des choses, et la consommation érotique, créent un vide dans l'affectivité humaine. »
Et puis, je lui demandais si de nos jours il est encore possible de vivre la chasteté ».
Il m’expliquait qu’ « atteindre la chasteté fait partie d'une dynamique de croissance chez tout humain. La chasteté signifie vivre des relations sexuelles conformes à l'amour, c'est-à-dire dans le respect, la liberté, la fidélité et la vérité. Elle nous garde loin de la fusion, de la dépendance et de la symbiose.
De son côté, le célibat qui inclut l'abstinence sexuelle, est une autre affaire ! La chasteté est pour tous ceux qui acceptent de devenir des personnes plus matures sur les plans affectif et spirituel et qui se rendent de plus en plus capables de vivre la chasteté. Celle-ci a pour but d'atteindre la liberté dans nos relations et ne pas utiliser l'autre à nos fins.
Ce n'est pas juste un idéal ! La chasteté est la réalisation à son apogée d'une personne humaine. Quand elle est vécue dans l'amour, c’est la vertu qui nous permet de vivre notre sexualité de façon constructive et non destructive. »
Dans son propos, elle insistait sur l’importance de la formation : « Comment se forme-t-on ? En apprenant comment fonctionne l'érotisme et en traitant nos angoisses, parce que celles-ci amènent à des compulsivisés incontrôlables. Que l'on soit célibataire ou marié, c'est la même chose… »
« Mais s’ils ne peuvent pas se maîtriser, qu’ils se marient, car mieux vaut se marier que brûler de désir » (1 Co 9, 9). Marie-Paule Ross éprouvait un grand malaise devant les propos de Paul: « Je ne suis pas en accord avec saint Paul. Ce n'est pas vrai que le mariage est la solution à ceux qui ne sont pas capables de vivre le célibat. Une personne qui ne peut pas vivre seule n'est pas plus apte à se marier ! Le célibat consacré, ce n'est pas seulement vivre sans relation sexuelle ! C'est aussi toute une proposition à vivre dans la liberté intérieure. Je me répète : les plus grands ennemis à une sexualité mature sont les angoisses non résolues en soi. »
Elle insistait : « Ce n'est pas avec des caresses, des tendresses et des embrassades qu'on résout les anxiétés humaines. Ces comportements se concluent par de la généralisation de conflits. Contrairement à l'enfant, l'adulte mature est capable de vivre sans caresses, comme il est capable d'en donner et d'en recevoir en conformité avec son engagement vocationnel. Je trouve vraiment regrettable que, ces dernières années, on ait créé toute une génération d'esclaves sur le plan sensuel. Pour être bien en soi, il est très important de traiter rapidement ses angoisses pour trouver le chemin vers la liberté. »
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[1] Cf. Benoit Voyer. “La passion d’une religieuse pour la sexualité », Revue Sainte-Anne, février 2004, pp. 57 et 73.
[2] 1 Co 7, 1-40
LE PRÉSENT DU PASSÉ: En chassant du paysage toutes nos croix, on procède à un suicide identitaire
Une autre histoire de crucifix refait surface dans l'actualité. C'est à un vrai chemin de croix auquel nous participons depuis quelques années. Cette fois-ci, Claude Talbot de l'arrondissement Verdun, à Montréal, a demandé au Mouvement laïque québécois (MLQ) de déposer une plainte, en son nom, à la Commission des droits de la personne, afin d'obliger le maire à enlever la croix, un symbole de notre héritage chrétien, du mur de la salle du conseil d'arrondissement.
Après avoir vécu dans une société chrétienne, le « fondamentalisme laïc », dont le MLQ en est un excellent porte-parole, a pris toute la place. Celui-ci n'admet pas la présence d'aucune religion dans l'espace public, les reléguant au domaine privé. On est passé d'un extrême à l'autre. Ce « fondamentalisme laïc » est aussi grosse menace aux libertés individuelles que le « fondamentalisme religieux ». Serait-il possible de trouver un juste milieu ?
Aussi, en retirant tous ces crucifix, nous sommes en train d'évacuer notre histoire nationale qui a été tricotée serrée avec le christianisme. En évacuant ce passé qui donnait sens à nos luttes quotidiennes, à notre survie, nous sommes en train d'offrir le vide à mes enfants. Ce vide, ils vont le remplacer par quoi ? Rien de très satisfaisant. Tant qu'à ne rien offrir en échange qui ne soit valable, je préférerais qu'on laisse à la vue des signes de la bergerie qui, jadis, nous a tous rassemblés.
Mais allons plus loin. Pourquoi s'attaquer à un symbole qui n'a de pouvoir que dans l'esprit des gens qui veulent bien lui en donner ? Aujourd'hui, sauf exception, c'est moins les religions qui menacent nos libertés que des croyances contemporaines déguisées en savoir. Ainsi, la science, les techniques, la publicité, l'économie, les médias... sont devenus de véritables idoles. Ces nouveaux cléricalismes tablent désormais sur leurs prêtres et diacres, dont les discours sont assénés et reçus sans aucun esprit critique, comme d'Évangile.
Comme l'écrivait Jean-Claude Guillebaud dans son livre « La Force de conviction » (Seuil, Paris, 2005), on dit que « les croyances, c'est quelque chose d'archaïque, maintenant ce qui compte, c'est le savoir. Le savoir de l'économie, le savoir de la technique, le savoir transgénique ... Le fait de donner à ces secteurs-là le statut de savoir, ça leur permet de toiser avec un brin de condescendance les croyances et de les considérer comme des choses vétustes. Mais ce n'est qu'un mensonge, un subterfuge »
Nous sommes entourés de savoirs qui n'en sont pas réellement. Ceux-ci sont des croyances qui se déguisent en savoir. Il y a autant de croyances, en d'autres mots de superstitions, dans l'économie et la politique que dans le religieux et le spirituel. On essaie pourtant de nous faire croire que ce sont des sciences, comme c'est le cas des mathématiques. On nous berne !
Ces secteurs, dont le libéralisme fondé par Adam Smith et d'autres penseurs, ne sont rien d'autres que des choix éthiques, voire des philosophies. Ce n'est pas de la mathématique. On choisit une option économique ou politique dans le seul but d'en arriver à un résultat sur l'humain. Il en va de même pour la technique. Elle n'est pas objective. Elle contient une part de croyances.
Ainsi, face à ces faux savoirs, l'humain ne doit pas sacrifier son sens critique et se soumettre aveuglément. S'il le fait, il devient esclave de systèmes de pensée.
En chassant le religieux institutionnel, on a favorisé le retour des idoles. Je crois, comme Jean-Claude Guillebault, que les idoles peuvent être demain encore plus meurtrières que l'était le religieux. En chassant du paysage toutes nos croix, on procède à un suicide identitaire.
Benoit Voyer
(Revue Sainte-Anne, juillet-août 2008, p. 302)
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