LE PRÉSENT DU PASSÉ : Jean-Paul II à l’ONU

Jean-Paul II à l’ONU

Le 50e anniversaire de l’Organisation des nations unies (ONU) a amené le pape Jean-Paul II aux États-Unis du 4 au 8 octobre. Il a adressé une vibrante allocution aux membres de l’Assemblée générale et au personnel du Secrétariat de l’ONU, le 5 octobre. Mgr Jean-Guy Hamelin, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), y a participé à l’invitation de Mgr Roberto Martineau, nonce apostolique à l’ONU. Le souverain pontife profitait de l’occasion pour effectuer deux rendez-vous œcuméniques. Le 7 octobre, il a participé à une rencontre informelle avec les dirigeants des autres Églises et communautés ecclésiales et visité les dirigeants de la communauté juive. Jean-Paul II célébrait son 17e anniversaire à la tête de l’Église universelle le 16 octobre dernier. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 4)

24 octobre 2026


SOCIÉTÉ : Le Québec, champion mondial de l’aide à mourir

Cimetière de Saint-Jacques-de-Montcal, dans Lanaudière
Le Québec, champion mondial de l’aide à mourir

Benoit Voyer

24 octobre 2026

Il y a eu 6 268 décès au Québec en 2024-2025. L’aide médicale à mourir contribue maintenant à 7,9 % de l’ensemble des décès, un taux beaucoup plus élevé que la moyenne canadienne qui se situe à 5,1 % et un des taux les plus élevés sur la planète bleue. C’est ce que révèlent les données de la Commission sur les soins de fin de vie du Québec. Au Canada, selon Statistique Canada, il y aurait eu 16 499 décès pour la même période.

Ces chiffres soulèvent aussi une question fondamentale : cette forte proportion de recours à l’aide à mourir traduit-elle une adhésion sociale profonde à cette pratique ou révèle-t-elle plutôt certaines limites dans l’accompagnement des personnes en fin de vie?

Les données indiquent que la majorité des personnes ayant recours à l’aide à mourir avaient reçu des soins palliatifs. Ainsi donc, l’aide médicale à mourir ne serait pas simplement la réponse à un manque d’accès aux soins, mais plutôt un choix effectué par certaines personnes malgré un accompagnement médical et humain.

A. NICOLAS - Pensée

FLASH : Le salaire de Maurice Duplessis

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec

Le salaire de Maurice Duplessis

En 1959, Maurice Duplessis reçoit un salaire annuel de 16 000 $ comme premier ministre du Québec. L'homme politique, qui dirige le gouvernement de l'Union nationale depuis 1944, touche 6 000 $ comme député et 10 000 $ pour ses fonctions de premier ministre. À ce salaire s'ajoutent des allocations pour ses dépenses et son logement. Les montants figurent dans l'Annuaire du Canada publié par Statistique Canada. Maurice Duplessis meurt en fonction le 7 septembre 1959. Paul Sauvé lui succède quelques jours plus tard. (Benoit Voyer, 24 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Il y a une urgence à changer

Il y a une urgence à changer

Par Benoit Voyer

24 octobre 2026

Comme toujours, Jésus appelle à changer son cœur. À ses yeux, il y a même une urgence à le faire, mais Dieu ne s’impose jamais. Il laisse le temps. À travers l’Évangile (cf. Lc 13, 1-9), il nous rappelle la patience de Dieu et sa miséricorde.

Il me dit aussi que le malheur vécu par une personne n’est pas nécessairement la preuve d’une faute commise ou d’un péché.

Ce qui m’étonne surtout, c’est que Jésus nous dit que regarder les autres doit conduire à regarder sa propre vie. Au fond, pour être honnête, on n’est pas mieux que les autres.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Les cathos et les nouveaux rites funéraires

Les cathos et les nouveaux rites funéraires

Par Benoit Voyer

24 octobre 2026

L'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré. Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois [1].

Dans une « Instruction de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur la sépulture », publiée le 25 octobre 2016, l'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré : « Suivant la tradition chrétienne immémoriale, l'Église recommande avec insistance que les corps des défunts soient ensevelis dans un cimetière ou en un lieu sacré ».

Elle ajoute : « En ensevelissant les corps des fidèles, l'Église confirme la foi en la résurrection de la chair et veut mettre l'accent sur la grande dignité du corps humain, en tant que partie intégrante de la personne, dont le corps partage l'histoire. Elle ne peut donc tolérer des attitudes et des rites impliquant des conceptions erronées de la mort, considérée soit comme l'anéantissement définitif de la personne, soit comme un moment de sa fusion avec la mère Nature ou avec l'univers, soit comme une étape dans le processus de réincarnation, ou encore comme la libération définitive de la "prison" du corps. »

Aussi, même si elle ne préfère pas cette option, l'instance qui aide le pape François en matière morale et éthique, ne dit pas non à l'incinération et à l’aquamation. Elle ajoute : « Là où des raisons de type hygiénique, économique ou social poussent à choisir l'incinération [...] l'Église ne voit pas de raisons doctrinales pour prohiber cette pratique ».

Le texte signé par le cardinal Gerhard Müller, préfet du dicastère au Vatican - l'équivalent d'un ministère au gouvernement du Canada -, et par Mgr Luis F. Ladaria, son secrétaire, implore les cathos de ne pas garder d'urne à la maison ou les restes d'un être cher à l'intérieur de souvenirs, bijoux ou autres objets. Et les invite sérieusement à ne guère disperser de cendres aux quatre vents, « dans l'air, sur terre, dans l'eau ou de toute autre manière ».

Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois.

Si on tente de simplifier, disons que ces dernières années sont apparues en Occident de nouvelles pratiques de type panthéiste, naturiste et nihiliste qui ne cadrent pas avec la tradition chrétienne. Celles-ci sont en contradiction avec la foi en la résurrection du Christ et celle espérée par les chrétiens depuis 21 siècles.

Le sujet n'est donc pas d'un grand intérêt pour la personne qui n'est pas de confession chrétienne, mais il est au sommet des priorités pour le chrétien de tradition catholique ou autre qui désire avoir harmonie ou concordance entre ce qu'il croit et l'intégration concrète de cette croyance dans sa vie de chaque jour.

Si on veut mieux comprendre, il faut retourner aux sources de la chrétienté.

Le fondement du christianisme est la résurrection du Christ. Tout le second testament de la bible converge vers cette vérité de foi.

Dès sa première phrase, l'instruction « Ad resurgendum cum Christo » sur la sépulture des défunts et la conservation des cendres en cas d'incinération, on affirme haut la main cette idée maîtresse en citant une lettre de l'Apôtre Paul : pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut « quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur » (2 Co 5, 8).

Le document rappelle : « La résurrection de Jésus est la vérité suprême de la foi chrétienne, prêchée comme une partie essentielle du mystère pascal depuis les origines du christianisme : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Co 15, 3-4).

Et puis, on cite de nombreux autres passages des premiers écrits du christianisme contenus dans la bible, la bibliothèque commune des chrétiens et, pour ce qui a trait à la majeure partie du premier testament, du judaïsme.

Enfin, on résume : « Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. Dans la liturgie, l'Église prie ainsi : pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. Par la mort, l'âme est séparée du corps, mais, dans la résurrection, Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé, en le réunissant à notre âme. Même de nos jours, l'Église est appelée à proclamer la foi en la résurrection » Et on cite Tertullien : « La foi des chrétiens, c'est la résurrection des morts : y croire, c'est ressusciter ».

Dans une entrevue publiée dans « Les Témoins de l'Essentiel » (Éditions Logique, 2005), Mgr François Lapierre, évêque catholique de Saint-Hyacinthe, avouait que la résurrection est difficile à comprendre sur le plan rationnel : « C’est une réalité qui dépasse notre entendement. La résurrection n'est pas simplement comme dans le cas de Lazare un retour à la vie antérieure. Lazare a été réanimé. La résurrection est une nouvelle création. C'est une réalité nouvelle qui dépasse notre raisonnement humain. [...] C'est un phénomène mystique. Ce n'était plus le corps de chair du Seigneur. C'était son corps transformé, ressuscité. Sans vouloir amenuiser l'importance de la nécessité d'une compréhension rationnelle de ce phénomène, je pense que c'est une réalité qui se comprend surtout avec le cœur. [...] La résurrection, c'est le soleil qui se lève après la nuit obscure. »

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[1] Benoit Voyer. « Les cathos et les nouveaux rites funéraires », Huffington Post, 5 novembre 2016 https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/les-cathos-et-les-nouveaux-rites-funeraires_b_12753464


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Juifs

Juifs

Les juifs souligneront l’Hanoukkah du 18 au 25 décembre 1995. Il s’agit de la Fête des lumières, de la dédicace du Temple. De plus, ils ont célébré le Rosh Hashanah (la Nouvelle année juive), les 25 et 26 septembre. Ils sont en l’an 5766. L’ORDO rappelle que « ces célébrations sont l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour toutes les merveilles accomplies par lui en faveur d’Israël et de prier pour que Dieu conduise à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l’Alliance » (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 4)

23 octobre 2026


SANTÉ MENTALE : Le sommeil de rattrapage de la fin de semaine

Le sommeil de rattrapage de la fin de semaine pourrait protéger la santé mentale des adolescents

Par Benoit Voyer

23 octobre 2026

Permettre aux adolescents de dormir davantage la fin de semaine aurait des effets bénéfiques sur leur santé mentale. Ceux qui compensent une partie de leur manque de sommeil accumulé durant la semaine présentent un risque plus faible de dépression.

Une étude rapportée par Psychologies UK explique que l’adolescence est une période où l’horloge biologique se modifie. Les adolescents ont naturellement tendance à s’endormir plus tard, ce qui rend difficile un sommeil suffisant lorsque les horaires scolaires imposent un réveil matinal. Même si une routine régulière reste importante, le sommeil de récupération durant les jours de congé jouerait un rôle protecteur, surtout pour une génération confrontée à une hausse de l’anxiété et des problèmes de santé mentale.

LEMANS - Pensée


FLASH : Les habitudes de vie et la fertilité masculine

Les habitudes de vie et la fertilité masculine

Le mode de vie peut influencer la fertilité des hommes. Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'obésité figurent parmi les facteurs associés à des difficultés de reproduction. L'activité physique et une alimentation équilibrée contribuent à une meilleure santé générale. Les chercheurs étudient également les effets du cannabis sur la qualité du sperme, mais les résultats demeurent parfois contradictoires. Les spécialistes recommandent donc aux hommes qui souhaitent devenir pères de porter attention à leurs habitudes de vie. La préparation à une grossesse ne concerne pas uniquement les femmes. (Benoit Voyer, 23 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Discerner le temps présent

Discerner le temps présent

Par Benoit Voyer

23 octobre 2026

« Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » (cf. Lc 12, 54-57). Cette question de Jésus nous invite à regarder notre temps avec d’autres yeux. Il ne faut pas seulement constater ce qui se passe autour de nous : il faut reconnaître ce que Dieu nous demande aujourd’hui et ne pas remettre à plus tard le changement de notre regard et les gestes de justice réparatrice qui s’imposent.

Dans son encyclique Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV reprend avec force cette invitation. Il affirme que nous devons demander à Dieu « la sagesse nécessaire pour interpréter les grandes tendances de notre époque ». En termes simples, il invite chacun à penser, discerner et agir. Ce n’est pas très loin de la méthode « voir, juger, agir » du cardinal belge Joseph Cardijn, qui l'a formulée et développée au milieu des années 1920 pour guider l'action de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Selon lui, le danger serait de vivre d’urgence en urgence sans jamais se demander où nous allons. Léon XIV écrit qu’« il faut engager un discernement commun » car, autrement, « nous risquons de laisser la succession des urgences décider à notre place de la direction à prendre ». Il pose alors trois questions essentielles : « où allons-nous ? Vers quel but souhaitons-nous nous orienter ? Quelle direction choisir en tant que communauté humaine et en tant que peuples ? »

Ces questions peuvent devenir les nôtres : où vais-je ? Qu’est-ce que Dieu me demande maintenant ? Quelle réconciliation est-ce que je repousse ? Quelle injustice ai-je appris à ne plus voir ? Quel geste puis-je poser aujourd’hui ?

Dans l’exhortation apostolique Dilexi te, Léon XIV nous rappelait la manière dont Dieu réagit devant la souffrance de son peuple : « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». Discerner les signes des temps, c’est donc aussi entendre les cris que nous risquons de ne plus entendre et voir les personnes que notre regard finit parfois par éviter. Comme je le dis souvent : À force de trop voir la souffrance, elle finit par nous endurcir le cœur. Est-ce que notre époque serait en panne d’empathie ?

Pour paraphraser François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé : L’Évangile, comme les autres textes de la Bible, est « écrit pour moi, cela veut dire […] que je suis la matière du livre ; il me raconte ma propre histoire, depuis ma genèse jusqu’à mon apocalypse ».

PORTRAIT : Le frère Alphonse juin

Frère Alphonse juin, moine cistercien
On lui doit le célèbre fromage d’Oka

Par Benoit Voyer
23 octobre 2026

Alphonse Juin est né le 25 mars 1842 à Laval, en Mayenne (France).

Le 26 décembre 1859, il entre au monastère cistercien de Port-du-Salut.

Puisque la situation en France est difficile pour les communautés religieuses, il cherche refuge en Amérique du Nord.

Le 18 février 1893, il s’installe à Oka, où il poursuit sa vie monastique.

Puisqu’il a travaillé pendant 19 ans à la fabrication du célèbre fromage de Port-du-Salut, il reprend ce métier à Oka. Il créera à cet endroit un fromage qui acquerra une réputation internationale. On finira par le surnommer le « frère fromage ».

Il s'occupe de tout… même de faire connaître ses fromages et de trouver des grossistes de Québec à New York.

Avec les progrès de la biochimie, acquis grâce à l'École d'agriculture qui est installée sur la propriété de l’abbaye d’Oka, la fabrication du fromage d’Alphonse se précise.

Le religieux décède le 23 juin 1910, à Oka.

Après sa mort, on poursuit la fabrication du fromage selon les techniques développées par Alphonse Juin.

Dans les années 1920, la qualité du fromage d'Oka s'affine et prend de plus en plus de place sur le marché.

En 1981, la fromagerie d’Oka est vendue à Agropur. En juillet 2026, la coopérative agricole a annoncé la vente de cette activité, incluant la marque et l’usine d’Oka, à Lactalis Canada. La vente de l’entreprise a été soumise à l’approbation du Bureau de la concurrence et aux conditions habituelles de clôture. Une décision est attendue.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Bienvenue à Benoit Voyer

Bienvenue à Benoit Voyer

Pendant la période sabbatique de Jérôme Martineau, nous souhaitons la bienvenue au rédacteur en chef par intérim, M. Benoît Voyer. Il nous arrive de Granby avec ses idées, ses couleurs, son enthousiasme. Puisqu’il collabore déjà avec nous depuis quelques années, il se sentira vite chez lui chez nous. Bon séjour à la revue Notre-Dame du Cap ! (Paul Arsenault)

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 29)

22 octobre 2026


POLITIQUE : Osons Québec réclame une réforme du mode de scrutin

Martin Charron, leader d'Osons Québec
Osons Québec réclame une réforme du mode de scrutin

Martin Charron, leader d’Osons Québec, réclame une réforme du mode de scrutin québécois. À cette fin, la nouvelle formation politique autorisée par le Directeur général des élections le 2 septembre tend la main à la nouvelle ministre responsable des Institutions démocratiques, Camille Pellerin-Forget.

« Le 5 octobre, une fois de plus, les résultats des élections ont démontré les limites de notre mode de scrutin. Encore une fois, le nombre de sièges obtenus par les formations politiques ne reflète pas réellement les votes exprimés par les Québécois. Il est plus que jamais temps de corriger cette lacune de notre système démocratique », écrit-il dans une lettre envoyée à Mme Pellerin-Forget. (Benoit Voyer, 22 octobre 2026)

MUSIQUE : GiedRé

GiedRé

Par Benoit Voyer

22 octobre 2026

GiedRé est son prénom. Il s’agit d’une artiste qui est connue dans plusieurs régions de la France. Elle est autrice, compositrice, interprète et humoriste. On l’a entendue sur France Inter. Elle collabore maintenant à la programmation de Radio Nova.

On pourrait la classer dans la catégorie de l'« humour trash ». Elle nous offre avec sa voix naïve des chansons aux mélodies simples, mais aux textes qui dérangent les oreilles chastes.

Giedré est née le 23 octobre 1985 à Vilnius, la capitale de la Lituanie, qui fait alors partie de l'URSS.

Au décès de son père, sa mère émigre en France et s'établit en banlieue parisienne avec Giedré, sa fille de 7 ans.

Après un aller-retour en Lituanie, Giedrė s'installe à Strasbourg. À 15 ans, elle apprend à jouer de la guitare et compose ses premières chansons.

Après l’obtention de son bac, elle étudie l'art dramatique au Cours Florent puis à l'ENSATT de Lyon et tient de petits rôles à la télévision, au théâtre et dans des spots publicitaires.

De septembre 2021 à juin 2024, GiedRé anime la chronique « La chanson de GiedRé » dans l'émission « C'est encore nous ! » sur France Inter. Elle y interprète une chanson d'environ deux minutes. Elle annonce sa démission le 11 juin 2024 à la suite du licenciement pour faute grave de Guillaume Meurice.

Elle rejoint Meurice en septembre 2024 dans l’émission « La Dernière », sur Radio Nova, où elle continue à interpréter régulièrement ses chansons.

En 2022 paraît son album « Mes plus grands succès remixés pour danser tout l’été ». Elle y offre une version dance de « Toutes des putes ».

LA ROCHEFOUCAULT - Pensée


 

FLASH : Le nombre de spermatozoide ne fait pas tout

Le nombre de spermatozoide ne fait pas tout

Pour évaluer la fertilité masculine, les médecins ne se contentent pas de compter les spermatozoïdes. Ils examinent aussi leur forme et leur capacité de déplacement. Un spermatozoïde doit notamment pouvoir progresser jusqu'à l'ovule pour participer à la fécondation. Les laboratoires utilisent un examen appelé spermogramme pour analyser ces différentes caractéristiques. Un résultat inférieur aux valeurs habituelles ne signifie pas automatiquement qu'un homme est infertile. À l'inverse, un nombre élevé de spermatozoïdes ne garantit pas une grossesse. La fertilité masculine dépend donc de plusieurs facteurs. (Benoit Voyer, 22 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Choisir Jésus, ce n’est pas choisir la tranquillité

Choisir Jésus, ce n’est pas choisir la tranquillité

Par Benoit Voyer

22 octobre 2026

Dans son livre « La prière contemplative » (Desclée, 1959, pp. 29-30), Hans Urs von Balthasar écrit : « L’Écriture est histoire et événement, de même que la vie de chaque individu devant Dieu et avec Dieu est histoire et événement. Mais l’Écriture raconte et contient une histoire et un événement originels, à partir desquels toute vie particulière devient pour la première fois vraiment et événement ».

La foi chrétienne n’est pas seulement une manière de rechercher la tranquillité. Elle peut bousculer notre manière de vivre, nos habitudes et même certaines de nos relations. Le Christ apporte une paix profonde, mais cette paix passe parfois par des choix exigeants.

Je me questionne : est-ce que je laisse réellement le feu de l’Évangile transformer quelque chose dans ma vie, ou est-ce que je cherche surtout une foi qui ne me dérange pas trop ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Femmes, Église et société (1)

Jésus et la femme adultère
Femmes, Église et société (1)

Par Benoit Voyer

22 octobre 2026

En 1994, dans le cadre de l’émission Parole et Vie, je m’entretenais avec Jeannine Ouellet de la condition des femmes dans l’Antiquité et de la place qu’elles occupent dans les récits évangéliques.

D’entrée de jeu, elle me rappelait que l’Antiquité ne se limite pas à l’histoire du peuple hébreu : « On va voir aussi la condition des femmes chez les Grecs et chez les Romains. »

Chez les Grecs, m’expliquait-elle, « la société grecque est une société beaucoup plus ouverte que la société juive. C’est une société démocratique ». Elle ajoutait cependant : « On est quand même dans un système patriarcal et c’est la monogamie qui est en force à ce moment-là. »

La religion demeure elle aussi largement une affaire d’hommes. « Les religions officielles, ce sont les hommes. Ça concerne les hommes. C’est toutes des liturgies masculines […]. » En parallèle, dans les religions non officielles, « on voit réapparaître le culte agraire, là, tout le système de fécondité, puis le culte à la Déméter ».

Chez les Romains, la situation présente certaines différences. Jeannine Ouellet soulignait que la femme possède alors « certaines possibilités [comme] s’instruire, ce qu’on n’avait pas ailleurs ». Elle ajoutait : « La femme […] pour la première fois [a] une citoyenneté, une citoyenneté romaine. »

Puis arrive la période de Jésus : « Jésus c’est un juif. C’est sûr qu’il arrive dans un monde juif avec des coutumes qui sont là. Donc il ne vient pas tout chambarder. Mais Jésus quand même a apporté, on peut dire, […] des améliorations à la femme. Il est un peu différent des siens dans ses “agir” et dans son langage. »

Elle donne plusieurs exemples…

« Il va causer avec la Samaritaine. Ça c’est très extraordinaire puisque c’est une étrangère et en plus c’est une femme. […] Il va aussi se laisser toucher par une femme atteinte d’hémorragie. Alors ça veut dire qu’il met de côté toute l’histoire du tabou du sang. »

Elle évoque également la femme adultère. Jésus confond les hommes à son sujet : « Les accusateurs deviennent même les accusés. »

Pour Jeannine Ouellet, l’un des épisodes les plus significatifs demeure celui de la femme courbée : « On pourrait dire que la plus belle histoire de libération là-dedans, c’est vraiment la guérison de la femme courbée où il l’a guérie physiquement, psychologiquement et socialement puisque ça se fait le jour du sabbat. »

Mais ce qu’elle retient surtout de la période de Jésus concerne la relation des femmes avec Dieu : « Je pense que ce qui est très important à retenir, c’est que l’accès à Dieu pour les femmes se fait d’une façon très différente. Au lieu de se faire par la circoncision et de passer par l’homme, elle peut maintenant entrer en relation avec Dieu directement par le baptême. »

À la fin de notre entretien, je lui avais demandé : « Est-ce qu’on peut dire que Jésus aimait les femmes ? » Jeannine Ouellet m’avait répondu simplement, le sourire aux lèvres : « On peut dire que Jésus a été très attentif aux femmes. »

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Ondes de lumière

Ondes de lumière

Le 19 septembre dernier, une nouvelle station radiophonique catholique résonnait dans la ville de Québec et dans la Beauce. Radio Galilée est la deuxième entreprise du genre à s’implanter dans la belle province. CION MF, comme CIRA MF, projette sur sa région de véritables ondes de lumière.

Par Benoit Voyer

Derrière une commune similitude, les deux regroupements sont différents. Radio Ville-Marie de Montréal est inter-religieuse. Tous les groupes reconnus par le Conseil mondial des Églises sont acceptés : catholique, anglican, luthérien, bouddhiste, musulman, juif, etc.

Radio Galilée de Québec est une entreprise catholique avec une ouverture discrète à l’œcuménisme.

« Nous sommes différents parce que le contexte de Montréal, qui est une “mégacité” avec ses nombreuses cultures et religions, n’est absolument pas le paysage de Québec. Nous avons 97% de catholiques sur le territoire que nous couvrons », commente l’abbé Denis Veilleux, directeur et fondateur de CION MF.

L’équipe centrale de Montréal est composée de retraités de la Société Radio-Canada. À Québec, il y a peu de gens qui ont touché à ce secteur. Le groupe composé de nombreuses personnes âgées de moins de 45 ans compte, cependant, sur la solide expérience et la popularité de l’animatrice Micheline Poitras.

Une présence
« Le projet de Radio Galilée, raconte l’abbé Veilleux, en est un d’une présence en ondes dans une perspective de cheminement, de service, de partage et d’écoute des gens. Nous ne faisons pas que prendre la parole ! Nous offrons aux gens la chance de s’exprimer, de parler et de partager leurs expériences humaines et spirituelles ».

« Par nos tribunes téléphoniques avec les jeunes et les aînés, poursuit René Barbin, directeur de la programmation de Radio Ville-Marie, nous voulons que notre radio soit un lieu où on peut venir chercher du secours, de l’aide, de l’encouragement quand on s’ennuie, on est seul et qu’on a besoin d’être dépanné ». Monsieur Barbin croit que des tribunes téléphoniques avec des gens spécialisés dans les divers domaines, répondent à ce besoin.

Emmaüs
Pour vraiment actualiser cette présence au monde, Radio Galilée s’inspire de la spiritualité biblique de Jésus apparaissant aux disciples d’Emmaüs.

« Pour le moment, nous sommes en ondes à 16h. Nous arrivons exactement comme Jésus le long de la route avec ces deux disciples, après les événements difficiles de la journée », dit Denis Veilleux.

Il ajoute : « notre spiritualité c’est de marcher avec… d’entendre l’histoire des uns et des autres, de permettre d’exprimer leurs inquiétudes et leurs angoisses, leur beauté, joie et espérance et, à travers cela, se laisser interpeller par Jésus, par son enseignement ».

D’ailleurs, la programmation reflète cette réalité. Les thèmes des émissions vont en ce sens : « Chemin faisant… » (lundi au vendredi de 16h à 18h), « Reste avec nous… » (lundi au vendredi de 21h à 23h), « Agir » (jeudi et vendredi à 19h), « Fraternité » (samedi à 20h), « Des oreilles pour entendre » (samedi à 22h), « de Parole en paroles » (dimanche à 17h), etc.

Comme dans la Galilée d’hier, cette radio veut être le carrefour des nations et le lieu de rencontre des hommes et des femmes portant des expériences multiples.

Musique
À Québec, comme à Montréal, la musique joue un rôle très important. Les grandes œuvres classiques qui s’intègrent bien à la spiritualité sont au rendez-vous.

« On veut introduire le public à la belle grande musique et à la dimension spirituelle des chants populaires », explique René Barbin.

Le contenu de CIRA MF et de CION MF est composé à 60% de musique.

Pour ce qui est des chansonniers religieux, il n’est pas question de diffuser n’importe quoi. « Il y a des choses qui vont passer et d’autres pas. Nous voulons garder un degré de qualité. Nous ne jugeons pas de la bonne intention des auteurs. Nous regardons la qualité des textes, du son et de la musique. Y en a peut-être qui vont se sentir mis de côté mais nous avons nos critères de diffusion. Nous avons une responsabilité auprès des auditeurs, un devoir de qualité. J’aime mieux ne rien faire que de faire les choses à moitié ! » insiste l’abbé Denis Veilleux.

Une chose est certaine, le public entendra le répertoire de l’artiste Robert Lebel. Du côté de Radio Ville-Marie, les critères d’admissibilité sont moins sévères.

Formation
« Nous voulons offrir à nos auditeurs divers genres de formation au plan de la théologie, de la psychologie et de l’histoire des religions. On offre à notre public des émissions culturelles, des études et des analyses de livres. On veut aussi offrir des interviews avec des personnalités importantes comme des philosophes et des théologiens », commente le grand manitou de CIRA MF.

La radio de Québec est moins intellectuelle. Il y a toutefois quelques émissions comme « Déroulement » (lundi au vendredi à 20h), « Histoire religieuse du Québec » (dimanche à 20h) et « Saints et sages » (dimanche à 21h).

Ces stations offrent aussi des émissions d’information et des moments de prière.

Équipes
Les stations religieuses au Québec emploient 10 employés et comptent sur la collaboration de nombreux collaborateurs bénévoles. Radio Ville-Marie ne peut se permettre un budget de plus de 50 000 $ annuellement pour payer ses cinq employés permanents. À CION MF, c’est 125 000 $ qui sont distribués aux jeunes employés. Chaque station vit de la générosité de leurs auditeurs.

LES FRÉQUENCES

CION MF :
Québec : 90,9
Beauce : 102,5

CIRA MF :
Montréal : 91,3



La radio chrétienne en France

En 1981, la France décidait de ne plus mobiliser les ondes radiophoniques. Depuis ce temps, plus de 70 stations chrétiennes sont nées. 434 000 personnes par jour écoutent ces radios nouveau genre.

Les statistiques sont encourageantes : l’auditoire est composé à 52% d’hommes, 32% ont entre 15 et 35 ans, 29% entre 36 et 65 ans et 29% ont plus de 65 ans. 35% de ceux-ci se disent « catholiques pratiquants » et 25% « non pratiquants ».

L’entreprise est énorme. L’ensemble de ces « évangélisateurs des ondes » est composé de 3000 salariés et d’environ 7000 bénévoles.

La programmation varie selon les stations radiophoniques. Chacun cible sa clientèle.

Roc MF à Nord-Pas-de-Calais qui rejoint 50 000 auditeurs par jour, mise sur les jeunes. Créée en 1991, la station diffuse du “dance music”. De plus, à chaque heure de la journée, elle fait tourner 4 disques religieux et donne 4 phrases de la bible.

Radio Notre-Dame diffuse à Paris et dans 7 diocèses d’Ile-de-France (100km autour de Paris) et a 28 employés (150 bénévoles). Son antenne émettrice est située sur la Tour Eiffel. Sa mission consiste à la formation et l’information. La programmation est strictement catholique. Cependant, du temps est laissé aux Églises protestantes (25% du temps d’antenne).

La grille pivote autour de trois axes : spiritualité (émissions bibliques, témoignages de personnalités catholiques, etc.), ouverture au monde et la rencontre de l’autre. Un soir par semaine, le populaire Guy Gilbert anime “Les mercredis des jeunes”.

Le Réseau Fourvière (36 diocèses participants) où il y a 15 salariés dont 6 journalistes aidés de 600 bénévoles laisse à ses associés des plages de programmation qu’ils remplissent à leur guise.

25% de l’horaire quotidien est constitué d’émissions religieuses : prières du matin et du soir, psaumes, commentaires bibliques, le billet d’un évêque, témoignages, enseignements et un dialogue hebdomadaire avec les auditeurs dans le cadre de “Un prêtre vous répond”. La musique meuble 50% de la programmation (75% d’œuvres classiques et 25% de chansons françaises).

L’information est une priorité du réseau. Il y a des flashs d’informations aux heures (6h à 18h), le journal à 7h30, 19h30 et 22h, un bulletin quotidien sur la vie de l’Église locale animé par des correspondants régionaux et le bulletin de Radio Vatican (3 fois par jour).

Enfin, il y a quelques émissions sociales et culturelles pour élargir l’auditoire. Fourvière affiche un œcuménisme discret, réaliste et ouvert comme le demande le pape Jean-Paul II.

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 10 à 12)

21 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Ouvrir aux médicaments les portes du cerveau

Ouvrir aux médicaments les portes du cerveau

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Dans Le Point du 19 février 2026, on raconte que TheraSonic s’attaque à l’un des grands défis de la médecine : faire pénétrer les médicaments dans le cerveau. La barrière hémato-encéphalique, ce bouclier naturel qui protège notre système nerveux, bloque aussi 98 % des traitements destinés aux maladies neurologiques. Ainsi donc, l’entreprise française a développé une solution non invasive pour ouvrir temporairement cette barrière là où c’est nécessaire.

Le procédé repose sur des ultrasons focalisés et de minuscules bulles de gaz injectées dans le sang. Sous l’effet des ondes, ces microbulles vibrent et écartent légèrement les cellules de la barrière, créant des passages temporaires de quelques heures. Le dispositif comprend un système de navigation pour cibler les zones à traiter, une technologie robotique pour intervenir sur plusieurs régions du cerveau et un contrôle en temps réel pour assurer la sécurité du patient. Le tout sans chirurgie ni anesthésie générale.

Créée à la fin de 2023 par deux chercheurs, Benoît Larrat et Anthony Novell , TheraSonic s’appuie sur plus de quinze ans de recherche. L’équipe compte aussi Hamid Ouamara et Joseph André, responsables des volets technologique et opérationnel. La start-up bénéficie du soutien de CEA Investissement, de M2care et de Gustave Roussy Transfert pour accélérer son passage aux essais cliniques.

DIDEROT - Pensée


FLASH : Au hockey comme en politique

Au hockey comme en politique,
l’écusson est près du cœur!

Le 19 octobre 2026, lors de l’assermentation des 40 députés du Parti libéral du Québec à l’Assemblée nationale, à Québec, le nouveau chef de l’opposition officielle, Charles Milliard, a emprunté une image au hockey pour rappeler à ses joueurs l’importance de l’esprit d’équipe : « Au hockey, chaque joueur porte son nom dans le dos. Il a travaillé fort pour mériter sa place dans l’équipe parce qu’il possède du talent, une personnalité propre et une manière de jouer qui lui est propre. »

Il a rappelé que les joueurs qui sautent sur la glace portent tous le même chandail et que ce qu’ils défendent se trouve à l’avant.

Le chef libéral a reconnu que ses députés auront des débats et ne seront pas toujours d’accord. Il leur faudra parfois accepter de ne pas avoir le dernier mot et faire passer l’intérêt de l’équipe avant leurs préférences personnelles : « Parce qu’au hockey, le nom est dans le dos, mais l’écusson est près du cœur. » Une image que Charles Milliard souhaite voir accompagner ses députés tout au long de la législature. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

FLASH : La montée Hamilton

La montée Hamilton, à Sainte-Julienne, le 20 octobre 2026


FLASH : L'infertilité n'est pas qu'une affaire de femmes

L'infertilité n'est pas qu'une affaire de femmes

Pendant longtemps, les problèmes de fertilité ont surtout été associés aux femmes. Pourtant, les hommes jouent un rôle important dans cette réalité. Selon des recherches médicales publiées en 2023, des facteurs masculins interviennent dans environ 30 à 50 % des situations d'infertilité des couples. Les causes sont nombreuses. Elles comprennent notamment des troubles hormonaux, des anomalies génétiques, certains traitements médicaux et des problèmes de production des spermatozoïdes. Voilà pourquoi les spécialistes recommandent généralement d'examiner les deux partenaires lorsqu'un couple éprouve des difficultés à concevoir un enfant. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

FLASH : Le rang Saint-Jacques

Rang Saint-Jacques (route 341), à Saint-Jacques-de-Montcalm, le 20 octobre 2026


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Veiller, c’est faire le bien

Veiller, c’est faire le bien

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Comme je l’écrivais, hier, chaque jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « La lettre du Dieu tout-puissant à sa créature appelle une réponse ». L’affaire est logique : lorsque je reçois une lettre ou un courriel, la moindre chose est de répondre… minimalement un accusé de réception.

Grégoire Le Grand écrivait à son époque : « Dieu ne nous parle à travers la sainte Écriture que dans un seul but : Nous entraîner à l’amour de lui-même et du prochain ».[1]

De son côté, Pascal écrivait : « Tout ce qui ne va point à la charité est figure. L’unique objet de l’Écriture est la charité. Tout ce qui ne va point à l’unique but en est la figure. Car, puisqu’il n’y a qu’un but, tout ce qui n’y va point en mots propres est figuré ».[2]

La réponse attendue à une lettre d’amour n’est autre qu’une lettre d’amour. Et pour Dieu, cette lettre attendue doit s’écrire à même ma vie. Comment ? En veillant. C’est du moins ce qu’il y a d’écrit dans le mot du jour (cf. Lc 12, 39-48).

Veiller, ce n’est pas simplement attendre Dieu; c’est vivre et agir fidèlement pendant son absence apparente. Veiller, c’est faire le bien.

Je me questionne : Qu'est-ce que Dieu m'a confié ? S'il venait aujourd'hui, me trouverait-il en train d'en prendre soin ?

____________________

[1] Grégoire Le Grand. Homélie X, « sur Ézéchiel », 14, SC 327, p. 398.
[2] Pascal. Pensées, éd. H. Massis, 1935, p. 409.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Pour la paix sociale en France

Pour la paix sociale en France

Ce mardi 20 octobre, lors de l'eucharistie de 9 h à l'église catholique de Saint-Lin–Laurentides, dans la région de Lanaudière, les participants ont notamment prié pour que la paix sociale s'installe en France, particulièrement à Limoges, ville d'origine de l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant de l’équipe pastorale missionnaire de la région de Montcalm. La célébration était présidée par l'abbé Paul Léveillé, prêtre associé. Sur la photo : L'abbé Paul Léveillé, accompagné de deux religieuses. À gauche, sœur Chantal Desmarais, responsable de la communauté chrétienne Bienheureuse-Émilie-Gamelin. (Benoit Voyer, 21 octobre 2026)

POINT DE VUE CATHOLIQUE : L’identité chrétienne, entre patriotisme et nationalisme

Père Benoist de Sinety
L’identité chrétienne, entre patriotisme et nationalisme

Par Benoit Voyer

21 octobre 2026

Il y a quelques mois, le père Benoist de Sinety, curé de la paroisse Sain­t-Eu­bert, à Lille, a écrit un livre sur la question de l’identité chrétienne, paru chez Grasset : « La Cause du Christ - L’évan­gile contre l’iden­tité chré­tienne ».

Dans un entretien qu’il accordait à Marguerite de Lasa, du quotidien La Croix, le 6 juin, il faisait un constat de situation : « Depuis une quin­zaine d’années, on sent chez un certain nombre de chré­tiens un besoin de mani­fes­ter une iden­tité de manière plus visible, plus sin­gu­lière. Ce phé­no­mène est sans doute en lien avec le grand flou dans lequel on se trouve sur toutes les ques­tions de « construc­tion » et de « décons­truc­tion » de l’identité. Cela vient aussi peu­t-être d’une inquié­tude géo­po­li­tique, en rai­son des mou­ve­ments de popu­la­tion, de l’impor­tance de nou­veaux cou­rants reli­gieux, notamment l’islam, dans notre pays. Tout cela pro­voque des inquié­tudes chez cer­tains. D’où ce sen­ti­ment qu’il serait bon de pou­voir mani­fes­ter de manière plus visible une identité chrétienne ».

Il ajoutait : « Sur le plan du com­bat poli­tique, res­sort, de manière de plus en plus forte et de moins en moins com­plexée, une espèce de néo-maur­ras­sisme qui consi­dère que le chris­tia­nisme est un bon vec­teur poli­tique parce qu’il incar­ne­rait l’iden­tité du pays. Ce cou­rant affirme que la France est chré­tienne, que les Français sont chré­tiens et que les autres ne sont qu’un reste qui pose ques­tion. On mobi­lise donc l’image d’un passé chré­tien, très magni­fié et idéa­lisé, cette « France chré­tienne de tou­jours », qui n’a en fait jamais existé telle qu’on la décrit. Pour les tenants de ces dis­cours, le Christ et les Évan­giles n’ont pas beau­coup d’impor­tance. Ce qui est impor­tant, c’est la façade chrétienne qui struc­ture une nation et qui évoque un passé qu’on aime­rait voir demeurer à jamais. »

Puis, en pensant à haute voix, il affirmait : « Il me semble que le chris­tia­nisme n’a pas de sens sans le Christ. Et en déta­chant le chris­tia­nisme de Jésus et de l’évan­gile, en essayant d’entraî­ner des chré­tiens dans cette dérive, on tra­hit l’iden­tité chré­tienne au sens fort. Et on s’ouvre à des dérives ter­ribles, parce que le chris­tia­nisme sans le Christ devient une idéo­lo­gie, mar­quée par une forme de repli sur soi, de rejet de ce qui est autre, et de méfiance, voire de détes­ta­tion, pour ce qui est étran­ger. »

Au cours de l’entretien accordé au quotidien La Croix, il en a profité pour faire une distinction entre le patriotisme et le nationalisme : « Il faut le dis­tin­guer du patrio­tisme, qui est l’amour de sa patrie, de sa terre, du lieu où on a grandi, de la langue qu’on parle, de la culture de laquelle on est pétri. Le patrio­tisme est légi­time et louable. Le natio­na­lisme, c’est la pen­sée que ma patrie, ma culture, est non seule­ment supé­rieure aux autres, mais qu’elle doit s’impo­ser aux autres. Il conduit à la guerre. Or le chris­tia­nisme ne cherche pas à appuyer un État ou à asseoir une visi­bi­lité géo­po­li­tique parmi les États du monde. Il ne pro­voque pas un désir de créer un pays ou un conti­nent de chré­tiens. Le chris­tia­nisme vient infu­ser par­tout dans le monde, dans tous les sys­tèmes poli­tiques, dans toutes les cultures, dans toutes les langues, la bonne nou­velle de l’évan­gile. »

Et le transmetteur de l’évangile se révélait : « Je ne suis pas là pour défendre un système de valeurs, je suis là pour suivre Jésus, le Christ. Et Jésus n’a pas besoin d’être défendu. Il le dit même très clai­re­ment à Pilate lors de son pro­cès. Jésus est mort sur la croix, donc il a accepté que son hon­neur soit bafoué. Nous ne sommes pas là pour empê­cher que Jésus soit cru­ci­fié, mais pour témoi­gner de la puis­sance de l’amour que Dieu nous mani­feste à tra­vers le visage de Jésus. »

Il semblait triste en disant : « Cer­tains nou­veaux venus dans l’Église cherchent cette iden­tité chré­tienne en réac­tion à une société en mou­ve­ment, dont les mœurs évoluent, et qui se diver­si­fie. Com­ment l’Église devrait-elle les accom­pa­gner ? Le rôle de l’Église [est d’] aider à conver­tir […] pour se mettre au ser­vice de l’évan­gile. Il faut […] faire com­prendre [qu’elle n’est] pas là pour une recon­quête, pour récu­pé­rer des parts de mar­ché. [Elle est] là pour ser­vir ».

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques en tournée

Les évêques en tournée

La Conférence des évêques catholiques du Canada a décidé, à titre expérimental, de ne point tenir son assemblée plénière annuelle à Ottawa pour les quatre prochaines années. Du 12 au 17 octobre 1995, elle se déroulera à Edmonton chez les Sœurs grises. L’année prochaine elle bifurquera vers Halifax et l’année suivante à Cap-de-la-Madeleine. Quant à 1998, les évêques aimeraient se rassembler en Ontario. La région de Toronto est une présente possibilité.

Pour cette année, ils porteront leur réflexion sur une spiritualité à l’aube de l’an 2000. Dans ce dossier, les évêques réfléchiront sur le phénomène des sectes, des communautés nouvelles et de l’évangélisation au cœur du monde contemporain.

Parmi les autres sujets, il sera question du synode des Amériques qui se déroulera à Rome en 1997 et qui rassemblera les pays des trois Amériques. Enfin, un comité sera mis sur pied pour préparer le Jubilé de l’an 2000 au Canada. Cette grande fête a été lancée à la demande du pape Jean-Paul II.

Comme à l’habitude, les sujets abordés par les évêques canadiens orienteront la vie pastorale des diocèses du pays. De nombreux pasteurs diocésains canadiens s’en inspireront pour déterminer leurs priorités d’actions. (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, p. 4)

20 octobre 2026


FLASH : Décès de Thérèse Jean (1943-2026)

 

C'est avec regret que je viens d'apprendre le décès de Thérèse Jean, ma tante. Son ange gardien est venu la chercher pour la conduire à sa dernière demeure, cet après-midi. Elle était la soeur de ma mère. Mes condoléances à mon cousin François et mes cousines Julie, Guylaine et Mélanie.

SANTÉ MENTALE : Voici pourquoi la marche favorise les idées et l’apaisement du cerveau

Voici pourquoi la marche favorise les idées et l’apaisement du cerveau

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

La marche ne fait pas seulement bouger le corps. Elle transforme aussi notre manière de penser.

Dans l’édition du 21 mai 2026 du magazine Sciences et Avenir, Benoît Bardy, professeur en sciences du mouvement à l’Université de Montpellier, rappelle que « notre cognition, c’est-à-dire notre manière de penser, est liée à la façon dont nous bougeons ».

Contrairement à une activité physique intense qui mobilise fortement l’effort et la performance, la marche laisse l’esprit disponible. Elle permet une forme de réflexion libre et favorise l’apparition d’idées nouvelles.

Une étude de l’Université Stanford publiée en 2014 dans le Journal of Experimental Psychology avait montré que la marche pouvait augmenter la créativité de 60 %.

De plus, le déplacement régulier du regard pendant la marche aurait un effet apaisant sur l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans l’anxiété. La marche ne supprimerait donc pas les pensées difficiles, mais aiderait plutôt à les organiser.

DIDEROT - Pensée

FLASH : L'infertilité touche une personne sur six

L'infertilité touche une personne sur six

En 2023, l'Organisation mondiale de la santé publie une étude sur l'infertilité dans le monde. Les résultats indiquent qu'environ une personne adulte sur six connaît des problèmes de fertilité au cours de sa vie. Cette situation touche les populations de tous les continents, peu importe leur niveau de richesse. L'infertilité se définit généralement par l'absence de grossesse après douze mois de relations sexuelles régulières sans contraception. Elle peut avoir des causes masculines, féminines ou mixtes. Les chercheurs rappellent également que certains problèmes de fertilité demeurent inexpliqués. (Benoit Voyer, 20 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Rester éveillé et disponible pour Dieu

Rester éveillé et disponible pour Dieu

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

Au jour le jour, j’essaie de mettre en pratique un conseil spirituel de François Cassingena-Trévedy, un moine catholique de Ligugé. Dans son livre « Quand la Parole prend feu », publié par l’Abbaye de Bellefontaine, il écrit : « Il faut absolument acquérir et entretenir en nous […] une mentalité de destinataire, c’est-à-dire être bien persuadé que l’Écriture nous est personnellement adressée ».

Il ajoute un peu plus loin, en faisant référence à l’évangile de Jean (Jn 4, 26; 9, 37) : la lecture biblique est le lieu d’une rencontre personnelle avec « Celui-qui-te-parle » : « À la lecture livresque, superficielle, doit alors se substituer une lecture-contact, une lecture-rencontre. »

Les textes de la Bible sont comme une lettre d’amour de Dieu écrite pour moi ou pour chacun de nous, personnellement.

Ainsi donc, dans la lettre d’amour de Dieu que je reçois aujourd’hui (cf. Lc 12, 35-38), Jésus emploie trois images très concrètes : la tenue de service, la lampe allumée et l’attente du maître. Il ne s’agit pas de vivre dans la peur de son retour, mais de ne pas s’endormir spirituellement. La personne qui marche à sa suite doit demeurer prête à accueillir Dieu lorsqu’il se présente, parfois au moment où elle s’y attend le moins. Veiller, ce n’est pas attendre sans rien faire; c’est vivre aujourd’hui de manière à être prêt à accueillir Dieu lorsqu’il passe.

Quelque chose frappe en lisant ce texte : lorsque le maître revient et trouve ses serviteurs en train de veiller, les rôles s’inversent. Il les fait s’asseoir à table et vient les servir. En d’autres mots, la fidélité de celui ou celle qui tente de marcher à sa suite débouche sur une communion avec Dieu qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer.

Je me questionne : est-ce que ma lampe est encore allumée ? Est-ce que, dans ma vie quotidienne, je demeure attentif à Dieu, disponible à sa présence et prêt à répondre lorsqu’il frappe à ma porte ?

Je fais mienne cette petite prière tirée du livre « Le Pâtre blessé » de Daniel-Ange, un livre qui a marqué mon adolescence : « De tes mains, Père, nous recevons tout, et ce que nous mangerons demain, tu veilles la nuit, pour le préparer. »

RELIGIOLOGIQUE : Dieu n’est jamais parti

Dieu n’est jamais parti

Par Benoit Voyer

20 octobre 2026

Dans plusieurs sociétés occidentales, pendant de nombreuses années, la question religieuse semblait appartenir au passé. La foi chrétienne paraissait doucement disparaître, emportée par la sécularisation, la transformation des modes de vie et l’effacement progressif des références religieuses dans l’espace public. En ce moment, certains signes troublent cette lecture trop simple de l’histoire.

En France, l’augmentation récente des demandes de baptême chez les adolescents et les adultes témoigne d’une réalité inattendue : chez certains jeunes, une recherche spirituelle renaît.

Le 25 mai 2026, dans un entretien paru dans Le Figaro, le théologien dominicain Thierry-Dominique Humbrecht explique qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un simple retour du passé, mais d’une réponse à un manque : « Dieu revient ? Il n’est jamais parti, mais il se fait discret jusqu’à la timidité ».

Selon lui, ces nouveaux baptisés révèlent « une soif spirituelle chez ceux qui n’ont rien reçu des générations qui les précèdent ». Il y a lieu de se questionner : que devient une société lorsqu’elle cesse de transmettre une partie de son héritage spirituel et culturel ?

Une quête de sens et d’identité
Pour Thierry-Dominique Humbrecht, le phénomène actuel ne peut pas être réduit à une seule explication. Certains cherchent Dieu, d’autres cherchent des racines, une histoire, une appartenance. Souvent, les deux dimensions se croisent.

Il dit au journaliste du Figaro : « S’agit-il d’un réveil religieux ou d’une quête d’identité ? D’un peu des deux, mais pourquoi pas ? »

On le sait depuis toujours, la vie de foi ne se limite effectivement pas à une pratique personnelle d’un courant religieux. Elle porte aussi une culture, un langage, des symboles, une manière de comprendre le monde. Le théologien rappelle qu’il est normal qu’une tradition religieuse transmette une vision de l’être humain et de la société : « Il est anormal que l’on stigmatise la culture chrétienne qui est la nôtre depuis des siècles ».

Cette réflexion amène une autre question. Le théologien se demande : « Tout le monde aurait-il droit à son identité, sauf les chrétiens ? »

La transmission de la foi
Mais redécouvrir un héritage ne suffit pas. Encore faut-il le connaître. Thierry-Dominique Humbrecht insiste sur cette faiblesse majeure des dernières décennies : une rupture dans la transmission. Il rappelle une réalité fondamentale : « On n’aime que ce qu’on connaît, dit saint Augustin. Faire aimer Dieu sans le faire connaître, c’est aller droit à l’échec »

D’ailleurs, sa réflexion dépasse le seul domaine religieux. Elle touche toutes les sociétés : une culture qui ne transmet plus ses références laisse les générations suivantes chercher seules des réponses aux grandes questions humaines.

Pour le théologien, la foi ne peut pas uniquement reposer sur une émotion ou une recherche personnelle. Elle demande une formation, une communauté et une expérience vécue.

Une foi minoritaire, mais appelée à témoigner
Le christianisme occidental n’est plus une évidence sociale. Il est devenu minoritaire. Pour Thierry-Dominique Humbrecht, cette situation peut aussi devenir une occasion de retrouver une foi plus consciente. Il affirme une vérité qui fait réfléchir : « Ces dernières décennies, on a enseigné que la foi ne s’enseigne pas. C’est un succès, la voilà ignorée : apostasie silencieuse »

Ainsi donc l’avenir de la foi chrétienne dépendrait moins du nombre que de la capacité des croyants à témoigner avec cohérence : « Foi instruite, vie de prière, parole puissante, action inventive » : voilà, selon lui, les moyens nécessaires pour que le christianisme retrouve une présence dans la société.

Il n’a pas la nostalgie d’un passé révolu, mais il est conscient qu’une civilisation ne peut vivre longtemps sans mémoire. Derrière la question religieuse apparaît une interrogation plus profonde : que devient une société lorsqu’elle oublie les récits, les symboles et les convictions qui ont contribué à la construire ?