DANIEL-ANGE : Pensée

 


NEUROSCIENCES : Le cerveau, un réseau routier en constante évolution

Le cerveau, un réseau routier en constante évolution

Par Benoit Voyer

2 novembre 2026

Dans le cerveau humain se trouve tout un réseau de circuits neuronaux. Pour faire une image simple, c’est comme s’il existait en soi un complexe réseau routier. Les neurones sont un peu comme des villes et les fibres de la substance blanche comme des routes qui permettent de voyager d’une municipalité à l’autre. Au fil des ans, ce réseau routier change. Des chemins deviennent moins importants ou moins efficaces, d’autres se renforcent au point de devenir de véritables autoroutes, c’est-à-dire deviennent plus efficaces.

Ainsi l’organisation des connexions cérébrales traverse quatre phases de « recâblage » et de « recalibrage » au cours de l’existence. Cela survient autour de 9, 32, 66 et 83 ans. Bien entendu, ce sont des moyennes et cela ne veut pas dire qu’on perd de l’intelligence en vieillissant. C’est juste que le cerveau fonctionne différemment selon les âges de la vie.

Ce phénomène a été mesuré pour la première fois dans une étude réalisée par des neu­ros­cientifiques de l’uni­ver­sité de Cam­bridge (Royau­me-Uni). Les résultats ont été publiés dans Nature Communications et repris dans le magazine Sciences et Avenir du 22 janvier 2026.

Les chercheurs ont analysé les données d’IRM de plus de 3 800 personnes. Par la suite, ils ont généré des cartes multicolores représentant les faisceaux de connexions entre les neurones constituant la substance blanche. C’est ainsi que sont apparus des points de bascule.

On a observé que, vers l’âge de neuf ans, passée la première phase de croissance et de stabilisation du cerveau, les réseaux neuronaux entrent dans une période où leur efficacité augmente progressivement. Cette efficacité atteint un sommet au début de la trentaine. Puis, de 32 à 66 ans, le cerveau connaît une longue phase de stabilisation de son architecture avec une plus grande spécialisation de ses différentes zones.

Enfin, les deux dernières phases sont marquées par une diminution de la plasticité des réseaux cérébraux et par un déclin plus marqué de la connectivité à partir de 83 ans.

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Chacun est important


Chacun est important

Par Benoit Voyer

2 novembre 2026

Chacun de nous a parfois l’impression de nous perdre nous-mêmes, de perdre un être cher ou de voir une vie disparaître dans les méandres de la mort.

Jésus nous enseigne qu’aux yeux de Dieu, personne n’est destiné à être perdu. Il ne veut perdre personne. À ses yeux, chacun est important.

Dieu demeure celui qui accueille, qui garde et qui promet de relever.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le futur pape avait les deux pieds dans la boue

Le futur pape avait les deux pieds dans la boue

Par Benoit Voyer

2 novembre 2026

Le 17 mars 2017, à Illimo, le leader catholique de la place enfile ses bottes de caoutchouc afin d’aider les victimes de graves inondations survenues dans la région.

Ce jour-là, Mgr Robert Francis Prevost, devenu le pape Léon XIV, se rend dans cette localité située à une heure de Chiclayo, au nord du Pérou, dont il est devenu évêque en 2015.

Depuis plusieurs semaines, le phénomène climatique El Niño provoque de fortes pluies. La rivière La Leche déborde. Les eaux envahissent les rues, les maisons et les terres agricoles. Des centaines de familles perdent leurs biens, leurs récoltes et leurs animaux.

À Íllimo, certaines familles trouvent refuge dans les écoles. D'autres s'installent sous des tentes sur la place principale. L'eau potable et la nourriture manquent.

Sur le terrain

À la tête du diocèse de Chiclayo, Mgr Prevost mobilise les ressources de Cáritas et demande de l'aide aux entreprises pour soutenir les sinistrés.

Mais il ne se contente pas d'organiser les secours. Il participe lui-même à la distribution de la nourriture et du matériel. Il monte dans les camionnettes, transporte des colis et rencontre les familles.

Le 11 juin 2025, Janinna Sesa Córdova, alors directrice de Cáritas Chiclayo, a raconté ses souvenirs du jour à l'agence ACI Prensa. Elle se souvient que les collaborateurs de l'évêque ont tenté à plusieurs occasions de dissuader Mgr Robert Francis Prevost de transporter lui-même les colis. Mais il leur répond : « Je suis ici pour aider, pour servir. »

Le père Luis Santa María, alors responsable de la paroisse Saint-Jean-Baptiste d'Íllimo, conserve également des souvenirs de cette époque. Dans un reportage publié en 2025 par l'Université de Navarre, en Espagne, il présente une photographie montrant Mgr Prevost, pantalon retroussé et bottes de caoutchouc aux pieds.

Le prêtre raconte que son évêque prenait le temps de rencontrer les sinistrés, de les écouter et de les réconforter.

Les photographies d'archives du 17 mars 2017 confirment d'ailleurs la présence du futur pape auprès des victimes des inondations.

Six ans plus tard, Mgr Robert Francis Prevost remet ses bottes…

En mars 2023, une nouvelle catastrophe frappe le nord du Pérou. Cette fois, le cyclone Yaku provoque d'importantes inondations dans la région de Lambayeque.

Mgr Prevost vient d'être nommé préfet du Dicastère pour les évêques, au Vatican. Son départ approche.

Malgré tout, il retourne auprès des sinistrés. Il parcourt les secteurs inondés, distribue des secours et participe à la campagne humanitaire Perú da la mano, destinée aux familles touchées.

Des photographies d’archives le montrent debout dans l'eau boueuse, avec ses bottes noires, sa chemise blanche et sa croix pectorale. Ces images feront le tour du monde après son élection comme pape, le 8 mai 2025.

En mars 2023, personne ne sait encore que cet évêque deviendra un jour le successeur de Pierre.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Quand le Vatican enquête

Quand le Vatican enquête

Eugène de Mazenod a dû passer au tribunal de l’Église avant d’être déclaré «candidat à la canonisation». Le père Yvon Beaudoin o.m.i., le «columbo» de la cause des saints au Vatican, en sait quelque chose. Chaque jour, il se rend à son bureau de la cité du pape pour rédiger des centaines et centaines de pages de rapports qui sont ensuite présentés à un comité de cardinaux.

«Le diocèse qui présente la cause doit recueillir toute la documentation possible qui nous permette d’écrire une biographie critico-historique pour connaître cette personne dans les minimes détails de sa naissance jusqu’à sa mort», explique le père Beaudoin, un Oblat de Marie Immaculée originaire de Shawinigan. Celle-ci sera plus ou moins grosse selon les problèmes rencontrés. Elle aura de 500 à 1000 pages.

Une fois cette étape franchie, il s’attarde à la dimension théologique. Ce travail consiste à démontrer que le candidat a vécu l’évangile d’une façon héroïque, c’est-à-dire au-dessus du commun des fidèles.

Quelques années plus tard, des historiens et des théologiens regardent si le travail a été bien réalisé.

S’il n’y a pas eu d’obstacles sur la route, un comité de 15 cardinaux scrute le dossier et le recommande au pape.

Entre le début et la fin du processus, près d’une quinzaine d’années se seront écoulées. C’est à ce moment que le souverain pontife donne au candidat le titre de «vénérable».

Ainsi nommé, le peuple est assuré que ce personnage est un intercesseur auprès de Dieu. Néanmoins, le vénérable doit se contenter de la ferveur privée.

Pour devenir un «bienheureux», il faudra qu’il accomplisse un miracle certifié par la médecine, sauf pour un martyr.

«Il nous faut une preuve assurée qu’il est au ciel. C’est pour cela que l’Église exige un miracle», dit Yvon Beaudoin. Le bienheureux devra en accomplir un second pour être canonisé. Dans le cas d’un martyr, il en faudra seulement un.

Dans le cas d’Eugène de Mazenod, il lui a fallu 30 ans pour être béatifié et 20 autres pour la canonisation. Dans plusieurs cas, il faudra des centaines d’années avant de devenir «bienheureux» ou «saint».

Le titre de «bienheureux» permettra à un diocèse ou une région précise ou une congrégation religieuse de vouer un culte public au personnage. La canonisation propose celui-ci comme modèle à l’Église universelle. Il aura une place particulière au calendrier liturgique. St-Eugène de Mazenod sera fêté le 21 mai de chaque année.

L’avocat du diable?
Autrefois, toute la documentation qui arrivait au Vatican était examinée par l’avocat de la cause qui démontrait l’héroïcité des vertus et il y avait le promoteur de la foi ou vulgairement appelé «l’avocat du diable» qui cherchait dans cette littérature ce qui était négatif. À trois reprises, le candidat était «jugé», explique le père Yvon Beaudoin.

Il poursuit: «Depuis 1983, ce sont des historiens qui font un exposé objectif et, moi c’est mon rôle, nous pouvons arrêter une cause en disant qu’il est impossible de répondre à certaines difficultés, à certaines objections».

Cérémonie de canonisation
La cérémonie de canonisation du fondateur des Oblats de Marie Immaculée qui sera célébrée le 3 décembre par Jean-Paul II se déroulera pendant une messe.

Après l’évangile, le cardinal préfet de la congrégation de la cause des saints demandera au pape de canoniser Mgr de Mazenod en rappelant sa vie. À ce moment, le pape fera une déclaration officielle qui existe depuis le Moyen Âge.

«Après avoir intercédé auprès de St-Pierre et St-Paul et de tous les saints et déclaré que l’on peut le vénérer dans toute l’Église, dit le québécois septuagénaire, le rideau devant sa peinture tombera et nous chanterons un Te deum solennel. Enfin, le pape fera son homélie et la célébration se poursuivra».

Eugène de Mazenod sera le seul à être canonisé cette journée-là. Puisque c’est un évêque, le premier de France depuis 4 siècles, le Vatican veut souligner cela d’une façon particulière.

Il ne pouvait y avoir un meilleur moment puisque cette journée est le 1er dimanche de l’Avent, de la première année du cycle liturgique de trois ans dans une période où les chrétiens sont interpellés par l’évangile à partager avec les pauvres dans l’attente du jour de Noël.

Les Oblats de Marie Immaculée ont justement été fondés pour les pauvres, «les pauvres aux multiples visages», comme le mentionnent leurs Constitutions. À cette époque, la France venait de traverser la Révolution française qui avait laissé derrière elle une Église dévastée. Eugène de Mazenod se donnera corps et âme au service de l’Église pour «ramener la foi prête à s’éteindre dans le cœur d’un grand nombre de ses enfants» (Préface des Constitutions).

Une célébration d’Action de grâce à l’occasion de la canonisation d’Eugène de Mazenod aura lieu le 3 décembre de 15h à 15h45 au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Il s’agit d’une célébration de la Parole. La cérémonie du 1er dimanche de l’Avent suivra à 16h.

(Reportage de Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 22 et 23)

1er novembre 2026


PLAN NORD : Il y a une urgence d’occuper le territoire du Nord québécois

Réservoir de Caniapiscau
Il y a une urgence d’occuper le territoire du Nord québécois

Par Benoit Voyer

1er novembre 2026

Sur la Côte-Nord, la population a diminué d’environ 11 % en 25 ans. D’ici 2051, les projections démographiques sont inquiétantes.

La région se vide. Il y a d’abord la migration des jeunes vers les grandes villes en vue d’y poursuivre des études postsecondaires. À cela s’ajoute le départ des aînés qui cherchent à se rapprocher des lieux où se donnent des soins de santé adaptés à leur réalité.

Cette dévitalisation préoccupe la Société du Plan Nord (SPN), créée en 2015, à la suite de la réflexion amorcée en 2008 sous le gouvernement de Jean Charest. Initialement, la réflexion sur le Plan Nord reposait sur un postulat économique, c’est-à-dire qu’on souhaitait mettre en valeur les ressources naturelles du territoire et créer de la richesse.

En cours de route, devant la réalité populationnelle, l’occupation et la vitalité du territoire sont devenues un fil directeur des interventions.

Dans un article paru dans Le Nord-Côtier, le 24 avril 2026, le journaliste Manuel Paradis explique que la SPN souhaite favoriser la formation directement dans les régions nordiques, notamment dans les domaines liés aux besoins de l’industrie locale, comme le transport ferroviaire. Ainsi, l’objectif est de tenter de garder les jeunes sur le territoire en leur permettant d’y étudier, d’y travailler et de s’y établir plutôt que de quitter le Nord.

MARGUERITE DURAS : Pensée


PSYCHOLOGIE : L'empathie

L’empathie

Dans son livre Nueva Vida [1], Florence K. explique ce qu’est l’empathie : « Il y aurait en fait trois types d’empathie : l’empathie cognitive, définie par l’habileté à reconnaître et à comprendre de manière rationnelle un état émotionnel; l’empathie émotionnelle, soit l’habilité à émettre une réponse émotionnelle cohérente avec l’état émotionnel d’autrui; et l’empathie motrice, qui désigne l’action de refléter automatiquement et inconsciemment les expressions faciales d’autrui. L’observation d’une expression émotionnelle chez quelqu’un d’autre active d’abord certains circuits neuronaux, de telle sorte que l’émotion de l’autre fait écho en nous-mêmes (empathie émotionnelle), facilitant notre reconnaissance et notre compréhension rationnelle de cette émotion (empathie cognitive). »

Cette capacité prend tout son sens lorsque la personne peut mettre des mots sur ce qu’elle vit. Comme l’écrivait le frère Marie-Victorin [2] : « On soulage ses maux en les racontant. »

Mais être empathique ne veut pas dire s’effacer soi-même. La rencontre véritable suppose d’être authentique. Claude Ryan me le rappelait ainsi [3] : « ma façon de respecter l’autre est de lui dire qui je suis, et non pas de taire qui je suis sous prétexte de ne pas le déranger! »

L’empathie consiste donc à accueillir l’autre dans ce qu’il vit, à lui permettre de l’exprimer, tout en restant soi-même dans la relation. (Benoit Voyer, 1er novembre 2026)

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[1] Florence K. « Nueva Vida », Libre Expression, 2021, pp. 38 et 39 (BANQ 927.862165K111n 2021)
[2] Frère Marie-Victorin, lettre à Marcelle Gauvreau, 20 février 1937.
[3] Benoit Voyer. « Un géant nommé Claude Ryan (2) », Huffington Post, 27 février 2016. https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/un-geant-nomme-claude-ryan-2_b_9292464

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le bonheur

Le bonheur

Par Benoit Voyer

1er novembre 2026

Le World Happiness Report, qui est publié chaque année, tente de mesurer ce qui rend les sociétés plus heureuses. On finit toujours un peu par nous dire que le bonheur ne se construit pas dans l’isolement. Il se retrouve surtout dans les relations, la confiance, le sentiment d’appartenance et la capacité de se sentir utile aux autres. Ce constat n’est pas étonnant : les humains sont des êtres profondément sociaux.

Cela rejoint les célèbres béatitudes de Jésus (cf. Mt 5, 1-12). Dans son évangile, écrit à l’origine en grec koinè, Matthieu utilise le mot « Makarioi » qu’on traduit traditionnellement par « heureux » ou « bienheureux ». Malheureusement, la traduction française est bien fade. Elle ne donne pas le sens profond de « Makarioi ». Celui-ci va beaucoup plus loin qu’un simple sentiment de satisfaction. Il désigne en fait une personne qui se trouve dans une condition nouvelle, sous un regard de bénédiction, et qui est appelée à vivre autrement.

Des traducteurs de notre époque proposent la formulation « debout ! » au lieu de « heureux » ou « bienheureux ». Cela transporte ailleurs…

« Jésus disait :
Debout, toi le pauvre de cœur,
car le royaume des Cieux est à toi.
Debout, toi qui pleure,
car tu seras consolé.
Debout, toi le doux,
car tu recevras la terre en héritage.
Debout, toi qui as faim et soif de la justice,
car tu seras rassasié.
Debout, toi le miséricordieux,
car on te fera miséricorde.
Debout, toi le cœur pur,
car tu verras Dieu.
Debout, toi l’artisan de paix,
car tu seras appelé fils de Dieu.
Debout, toi que l’on persécute pour la justice,
car le bonheur éternel est à toi.
Debout, toi que l’on insulte,
si l’on te persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre toi,
à cause de moi. »


Cette traduction ne parle pas seulement d’une récompense future dans une autre dimension abstraite. Elle permet d’entendre l’appel de Jésus à ne pas demeurer enfermé dans la souffrance, dans la solitude ou le découragement. Dieu relève, transforme et met en marche.

Les huit béatitudes de Jésus sont une manière d’habiter le monde et d’entrer en relation avec les autres.

Le bonheur n’est donc pas seulement dans les catégories du World Happiness Report. Le bonheur, selon Jésus, naît d’une transformation du cœur qui change notre manière d’aimer, de servir et de vivre avec les autres.

Rodhain Kasuba écrivait : « Il semble que nous oublions parfois le sens des béatitudes. Elles nous rappellent que le message de Jésus est résolument provocateur ».[1]

« Pour devenir de véritables pauvres, il faut commencer par apporter une grande attention aux petites choses »[2], écrivait sainte Marie-Léonie Paradis, de Sherbrooke.

Jésus nous amène inévitablement à voir autrement. Pour reprendre Daniel-Ange : « À force d'avoir tout vu, est-ce que je sais encore regarder ? »[3]

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[1] Rodhain Kasuba. « Un chemin de bonheur », Prions en Église, 1er février 2026, p. 35.
[2] Marie-Léonie Paradis. Chaque jour avec…, Centre Marie-Léonie Paradis, 2012.
[3] La citation exacte est : « À force d'avoir tout vu, savais-je encore regarder ? » Cf. Daniel-Ange. Le pâtre blessé, Fayard, 1998.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le tabou de la mort

Le tabou de la mort

Par Benoit Voyer

1er novembre 2026

On meurt comme on a vécu. En pensant au jour fatidique qui attend chacun d’entre nous, le souvenir des paroles de Claude Ryan revient dans ma mémoire : « La mort… J’y pense presque tous les jours. Vous savez, à mon âge, on sait que ça viendra. J’aimerais avoir la grâce de mourir comme j’ai vécu, sans tricherie. »[1]

La mort… « Pourtant, nous ne pouvons pas nous échapper de cette réalité ; trépasser est notre destin. Un jour ou l'autre, même si nous tentons de l'éviter, la mort nous rattrape et nous devons entrer dans son expérience ultime. »[2]

S’il y a un jour de notre existence où on ne peut pas tricher, c’est bien celui-là. La mort nous confronte à ce qu’on est foncièrement. Lorsqu’on n’a pas encore fait les étapes qui conduisent à son acceptation, la mort peut faire peur.

Il avait un peu raison, Joseph Ayoub [3], un oncologue montréalais, lorsqu’il me disait que « la mort est devenue un tabou parce que notre génération a pensé pouvoir, avec la science, le savoir et la modernisation, arrêter la mort, de pouvoir la remettre à l'infini. […] La peur de la mort est due à deux raisons : la grande solitude des personnes aînées (l'isolement) et l'absence d'une foi profonde. Il est donc important d'accompagner les malades en donnant les soins appropriés et en étant simplement présent en les touchant. La plus grande chose dont la personne en phase terminale a besoin, c'est de la présence humaine ; juste quelqu'un qui est là, auprès d'elle, pour la rassurer (pas besoin de tenir des conversations à n'en plus finir). […] « Personnellement, je suis profondément convaincu que chacun de nous a une mission sur terre et qu'au moment de la mort, nous passons le relais à d’autres ». Passer le relais… L’idée n’est pas bête.

Ma conversation avec l’abbé Claude Paradis
Avant de s’occuper des itinérants dans les rues de Montréal, l'abbé Claude Paradis a été infirmier à Cowansville et intervenant en soins spirituels au centre hospitalier de Verdun, à Montréal. C’est d’ailleurs à l’hôpital que j’ai fait sa connaissance. J’y étais préposé aux bénéficiaires, un métier que j’ai choisi après quelques années à œuvrer dans le monde des communications.

Son nom de famille m’amusait bien à cette époque. Je trouvais cela bien rigolo qu’un prêtre catholique qui s’occupe principalement de personnes à la veille de mourir s’appelle « Paradis ».

Un jour, je me suis assis avec Claude afin d’échanger, à micro ouvert, sur ce sujet qu’on aimerait bien mettre sous le tapis.

BENOIT VOYER – Claude, qu'est-ce que la mort ?

CLAUDE PARADIS – Pour moi, la mort est quelque chose de grand. En y pensant rapidement, je dirais que c'est un passage. Cependant, plus j'y pense, c'est bien plus que cela. Ce n'est pas juste la fin. C'est un commencement ou une continuité, mais dans un autre état ou une autre dimension ou une autre perspective.

La mort, c'est la rencontre face à face avec Dieu. C'est le lieu où tout ce qui n'est pas « christifié » en soi le devient.

B.V. – Dans la vie, quel est le sens de la mort ?

C. P. C'est justement la mort qui donne un sens à ma vie parce que, s'il n'y avait pas la mort, il y aurait beaucoup de choses que j'ai le goût de faire aujourd'hui que je ne ferais même pas. Chaque jour, j'essaie d'entretenir mes relations importantes avec les autres parce que je ne sais jamais si demain je serai encore en vie. C'est la réalité de ma mort, qui viendra, un jour ou l'autre, qui va faire que je vais essayer de vivre ma journée à plein.

Je ne peux pas dire que la mort me fait peur parce que, pour moi, elle a un sens…

B.V. – À la lumière de la mort, quel est le sens de la vie ?

C. P. C'est une grande question que vous me lancez. Elle est très importante !

S'il n'y avait pas la mort, il n'y aurait pas de vie. Les deux sont indissociables. C'est l'idée de ma finitude qui me fait vivre pleinement ma vie.

Et puis, je crois en ce que Jésus nous parlait ! La vie ne s'arrête pas à la mort. Elle nous fait plutôt entrer dans une nouvelle expérience de vie, une nouvelle vie. C'est ce qu'il appelle la résurrection.

B.V. – À quoi ressemble cet au-delà ?

C.P. Nous vivrons avec un corps glorifié, c'est-à-dire avec un corps qui ne vivra plus de souffrances. De plus, nous retrouverons ceux que nous avons connus et aimés.

Comme le Christ dit, ça va être un grand jour. Il y aura un festin ! Ça va être un perpétuel jour de noces !

B.V. – Soyez plus précis, quel est le sens de la vie ?

C. P. C'est de découvrir Dieu – Je veux voir Dieu ! – et de me découvrir à travers mes journées et ma vie. À travers les autres que je rencontre, j'apprends justement à me connaître et à le rencontrer !

B.V. Alors, s'il s'agit d'un si grand moment de l'histoire de chaque personne, pourquoi est-ce que la mort est un sujet quasi interdit pour nos contemporains ?

C. P. – C'est peut-être à cause de l'inconnu qu'il y a cette peur.

De plus en plus, je me rends compte que les gens ont davantage peur de souffrir que de mourir. Ils ont peur de la souffrance. La société fait en sorte que nous essayons de l'éliminer.

Il ne faut pas se le cacher, la mort nous ramène à soi, à notre finitude. Durant la journée de la mort, qu'elle soit la sienne ou celle d'un proche, on doit faire plusieurs deuils. C'est une démarche normale du processus.

B.V. – Comment apprivoiser la mort ?

C. P. – Je dis souvent aux gens en fin de vie : Prends le temps de prendre du temps. Le temps nous permet de nous recentrer, de nous resituer et d'apprivoiser cette mort.

B.V. – De quelle manière surmonter la peur de la mort ?

C.P. – Quelle question difficile… D'un côté, la mort fait peur, de l'autre elle fascine. Une journée, elle nous apparaît comme étant un état de vie extraordinaire. Le lendemain, devant elle, on se dit : « Et s'il n'y avait rien après… »

B.V. Tout est affaire de foi !

C.P. La foi est ce qui fait toute la différence. Il y a une plus grande sérénité chez les gens en phase terminale qui ont la foi en Dieu.

B.V. – Qu'est-ce que Jésus dit à propos de la mort ?

C.P. La première chose qui me revient à l'esprit est qu'il nous lance : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

Et Jésus, comme chaque être humain, a vécu la mort… Il a vécu des deuils, comme nous ! Pour en arriver à la plénitude de sa mission, il a fallu qu'il en fasse plusieurs. Il a notamment dû quitter ses parents et ses amis.

B.V. Et il dit aussi : « Laissez les morts enterrer leurs morts ! » N'est-ce pas une invitation à ne pas trop se préoccuper de la mort ? (Mt 8,22)

C.P. – Laissez les morts enterrer leur mort. Quel propos « songé » ! Jésus nous invite donc à ne pas avoir peur de la mort.

B.V. – Songé ? Je ne trouve pas !

C. P. – Pensez-y bien ! Il nous dit de laisser les morts s'occuper de leur mort. C'est une invitation à cesser de craindre la mort ! C'est une invitation à les laisser mourir en paix.

Ce qui fait le plus mal dans la mort de l'autre, c'est l'absence qui suit le départ. C'est de cela que nous avons peur.

Malgré qu'il s'agisse d'une continuité de la vie, la mort est le moment de la rupture d'une proximité physique.

B.V. Est-ce qu'il est possible de rencontrer Dieu au moment de la mort et d'arriver à la certitude qu'il existe vraiment ?

C.P. – Un jour, il n'y a pas longtemps, quelqu'un me disait : « Vous savez, lorsque je suis entré ici, à l'hôpital, je ne croyais pas du tout en Dieu. C'est dans ma solitude et ma souffrance, et en voyant les infirmières et les préposés aux bénéficiaires travailler, que je me suis dit : il se peut que Dieu soit ici ! »

Chacun à sa façon peut être un outil pour montrer Dieu ! Il passe même par les professionnels de la santé !

Il y a aussi plusieurs personnes que j'accompagne qui me parlent de Dieu sans le nommer. Peut-être seulement parce qu'elles n'ont pas appris à le faire ! Sans trop le savoir, plusieurs me font vivre des pages d'Évangile.

Lorsque l'humain est confronté au silence qui survient dans la souffrance, il y a une recherche intérieure qui se fait. Je trouve cela fort malheureux qu'il faille se retrouver au cœur de celle-ci pour se dire : Et si c'était vrai ?

B.V. – Chez les gens que vous accompagnez dans le couloir de la mort, qu'est-ce qui vous étonne le plus ?

C. P. Ce sont les mourants qui offrent leurs souffrances pour d'autres personnes qui sont en santé. Leurs souffrances deviennent une source de salut pour les autres. Il y a une grande noblesse dans cette attitude.

B.V. – Comment annoncer à quelqu'un que son ange viendra bientôt le conduire à Dieu ? Quels mots dire ?

C.P. – C'est toujours délicat. On ne s'habitue jamais à annoncer à quelqu'un qu'il va mourir.

B.V. – Quels mots dire ?

C. P. Avant tout, il faut s'assurer d'une présence et beaucoup d'écoute. Parce que, assez rapidement, la personne va avoir besoin de parler. Vous savez, c'est lorsqu'on les « laisse se dire » que les personnes en viennent à nommer Dieu parce que cela va ensemble. De plus, durant cette relecture de vie qui s'amorce, il y a de nombreux pardons qui se font. Ces moments de miséricorde sont d'intenses instants de joie pour le mourant et ses proches.

B.V. – Vous ne répondez pas à la question ! Quels mots dire ?

C. P. – Je ne sais pas. (Il fait un long silence. Il s'intériorise. Il cherche en lui, comme s'il n'y avait pas de réponse satisfaisante… Et il lâche un grand soupir en haussant les épaules… puis tente une réponse).

Il faut dire la vérité. C'est un moment trop précieux pour se taire.

Personnellement, j'aimerais mieux le savoir le plus rapidement possible afin de pouvoir vivre intensément ces moments avec mes proches.

B.V. – Et lorsque la personne sait et qu'« elle se raconte », qu'est-ce qu'il faut dire ? Qu'est-ce qu'il faut lui répondre ?

C. P. La personne qui va mourir a peut-être juste le goût de parler de ce qui lui arrive.

J'entends souvent le patient en soins palliatifs dire qu'il trouve cela désolant de ne pas pouvoir parler du sujet de sa mort avec sa famille. « Je sens une gêne. Je les sens mal à l'aise. Mais j'aimerais tant parler avec eux de ma mort ! » dit-il de différentes manières.

Il y a, dans plusieurs familles, une « non-acceptation » de la mort de leur proche. On refuse donc d'aborder la question en lançant des platitudes comme : « Voyons ! Tu vas guérir ! » C'est une forme de déni. Lorsqu'un médecin a annoncé au patient que c'est la fin, il ne faut pas entretenir avec ce dernier de faux espoirs, car cela devient une forme de mensonge.

Donc, pour répondre à votre question, il faut juste être présent et répondre à leurs questions, avec simplicité, et être le plus vrai possible.

B.V. – Avez-vous personnellement vécu une expérience de mort ?

C. P. – Oui.

B.V. - Comment cela s'est-il passé et qu'est-ce que l'expérience a changé dans votre vie ?

C.P. – C'est cette expérience de la mort qui m'a donné la certitude que Dieu existe vraiment.

J'ai fait, il y a quelques années, un arrêt respiratoire. On m'a réanimé. Durant ce moment, il s'est passé quelque chose en moi. Ça a été un déclencheur. Suite à l'expérience, je me suis mis en recherche. Je ne savais pas quoi, mais je cherchais vraiment. Je vous évite le récit de toutes mes démarches et tentatives, mais je suis finalement devenu prêtre catholique.

B.V. – Et quelles sont les conclusions de votre expérience ?

C.P. – Je découvre dans mon sacerdoce et, surtout, à travers la mort des autres, ce que j'ai longtemps cherché. Je cherchais la dignité de la personne humaine. En réalité, c'est ma propre dignité que je cherchais ! Et je ne savais pas où la trouver. J'avais perdu la mienne à travers mes excès de boisson et d'expériences sexuelles. Je la cherchais dans toutes les directions. À travers l'expérience de la mort, j'apprivoise ma propre vulnérabilité.

Toute personne meurt de la même façon. Qu'importe la vie qu'elle a eue ! La promesse de la vie éternelle est la même pour tous. C'est là notre seule dignité. Même si dans la vie nous nous sommes tenus à l'écart de Dieu, c'est indéniable, la mort nous ramène à lui.

Chaque jour, j'accompagne des gens dans le couloir de la mort dans le cadre de mon travail d'animateur de pastorale en milieu de la santé. C'est tellement grand ce qui se passe dans cette expérience ! Il y a quelque chose qui se passe dans la chambre du mourant, qui est vraiment plus grand que l'humain. Cette expérience est vraiment difficile à exprimer avec des mots, puisqu'une description juste est impossible. Cependant, je vous affirme que c'est une expérience extraordinaire ! J'espère ne jamais m'habituer à cela !

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[1] Benoit Voyer. « Claude Ryan, un humble géant », 8 février 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/histoire-claude-ryan-un-humble-geant.html
[2] Benoit Voyer. « Claude paradis », Revue Sainte-Anne, mai 2004, pp. 201, 212 et 213. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/06/le-present-du-passe-claude-paradis.html
[3] Benoit Voyer. « Un médecin parle de la mort », Revue Sainte-Anne, novembre 1998, page 446. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe-un-medecin-parle-de.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les évêques aux États généraux sur l’éducation

Les évêques aux États généraux sur l’éducation

Le président de l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) et archevêque du diocèse de Québec, Mgr Maurice Couture, accompagné de Mgr André Gaumond, du cardinal Jean-Claude Turcotte et Mgr Gilles Lussier, a présenté un résumé du mémoire de l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) aux États généraux sur l’éducation décrétés par le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ). Peu de médias étaient présents. En décembre, un exposé de la situation sera publié par le MEQ.

Pour les évêques, ce dont notre système éducatif a besoin, c’est d’un élan nouveau qui motive les jeunes, les enseignants et d’une solidarité qui mobilise tous les partenaires de l’éducation, à commencer par la famille.

« Personne ne sera surpris que le mémoire aborde la question de l’école confessionnelle. Convaincus que nous sommes, cela est loin de constituer un problème aussi majeur que l’on veut bien le laisser croire dans certains milieux », disait Mgr Couture.

Avant d’aborder ce sujet, ils ont préféré présenter quelques enjeux importants du renouvellement du système éducatif québécois.

« Combattre l’abandon scolaire est le plus criant et le plus dramatique à nos yeux. Quand le tiers des jeunes quittent l’école avant la fin du secondaire et que pour accéder à toutes les formes d’emplois ou presque, on réclame un secondaire V, c’est l’échec de toute une société. L’abandon scolaire est le résultat de nombreux autres décrochages », expliquait l’ex-président de l’AEQ.

L’Assemblée stipule aussi qu’au Québec, la formation professionnelle est trop peu fréquentée et trop peu valorisée. Elle soutient que pour s’y orienter, il faut pratiquement avoir été rejeté du secteur général. « Aménager une autoroute de la formation professionnelle s’impose de toute urgence », a-t-il ajouté.

Au primaire et au secondaire, le Ministère devrait davantage miser sur le durable, sur ce qui ne se démode pas, sur le permanent de l’expérience humaine : parler, penser, compter, lire, écrire, s’initier au langage des arts, au monde des relations, de l’intériorité et des valeurs. Lorsque ces points ne sont pas intégrés, la formation collégiale et universitaire en souffre.

Mgr Maurice Couture poursuivait : « Il faut se fixer des objectifs plus élevés. Mener 85% des jeunes à un diplôme d’études secondaires et 65% à un diplôme d’études collégiales, c’est l’objectif ambitieux que s’est donné notre système scolaire pour l’an 2000. Il faut y tenir, non seulement par volonté légitime de progresser au même rythme que les autres pays, mais avant tout, pour l’estime et le progrès de notre peuple ».

Le souci de mettre l’enfant et l’adolescent au cœur de la relation éducative a dégénéré en un glissement vers la facilité. De cette façon, selon les évêques, l’école risque de fabriquer des jeunes fragiles et peu combatifs, des êtres sans racines, des personnalités dispersées et floues se mouvant au rythme des envies et des pulsions.

« Malgré le poids du syndrome du “jeter après usage” et la sous-culture ambiante qui contrecarrent l’action de l’école, il faut ouvrir la jeunesse au monde de la culture, c’est-à-dire à l’ensemble des pratiques, des connaissances, des inventions, des conventions et des convictions qui relient les générations et les font durer. Sans cette initiation, les enfants sont comme des êtres sans père à la recherche de repère ! », ajoutait le primat de l’Église canadienne.

Confessionnalité scolaire
Si le mémoire fait une place à part à la confessionnalité scolaire, c’est qu’elle comporte des aspects complexes, notamment au plan juridique, et surtout que ce sujet est souvent traité avec passion. « Elle contient des ingrédients de beaux débats, plutôt qu’elle ne génère de beaux combats », insistait Mgr Maurice Couture.

Il a précisé que l’appui que l’AEQ soutient pour la maintenir n’est pas motivé par le désir de garder ou de restaurer l’emprise de l’Église sur l’école, ni de décharger sur elle sa mission de diffuser l’évangile.

« Notre appui répond essentiellement à la volonté des parents qui, pour des motivations diverses, pas toujours objectivement cohérentes avec leur pratique religieuse qu’il serait imprudent voire impudent de juger de haut, maintiennent ce choix ».

Mgr Couture disait aux commissaires que la Loi 107 est encore jeune et qu’elle commence à peine à être appliquée. Celle-ci a des dispositions respectueuses de la liberté religieuse des élèves et des enseignants. De plus, elle donne la permission de créer des Commissions scolaires linguistiques dans les régions où s’exercent des contraintes. Enfin, elle autorise la révision du statut confessionnel des institutions scolaires aux 5 ans.

« Pourquoi remettre déjà en question un modèle qui ne menace pas la paix scolaire, ni ne compromet les évolutions qui s’avéreraient nécessaires ? » a-t-il interrogé.

Il concluait : « Nous croyons que la tradition chrétienne véhicule un apport culturel, spirituel et social dont la disparition éventuelle constituerait un appauvrissement pour la population ».

Réactions aux commissaires
« J’estime que la présence de l’Église (catholique et protestante), c’est-à-dire la place qu’elle a occupée dans l’évolution de notre peuple, fait que si l’héritage spirituel était soudainement évacué, cela marquerait une partie importante de notre patrimoine culturel. Cela veut dire qu’en faisant ainsi, on n’est plus soi-même », précisait l’archevêque de Québec à un commissaire.

Mgr André Gaumond, archevêque coadjuteur au diocèse de Sherbrooke, a complété en affirmant que couper de manière radicale avec cette tradition et avec cette façon de faire, lui semble dangereux : « On n’insiste pas assez sur la valeur culturelle de l’action de l’Église dans l’histoire du Québec. Elle a contribué largement à former cette société qui est la nôtre, les Québécois que nous sommes maintenant ».

L’école confessionnelle, une atteinte à la liberté ? Le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, demandait de faire attention aux terrains très glissants où la société peut s’engager au nom des droits de la personne. Il croit qu’il ne faut pas opter pour une voie qui engagerait les gens dans des querelles qui demanderaient des énergies inutiles. Il en a profité pour louanger la Loi 107.

Face au débat, vaut-il mieux conserver le statut juridique d’école confessionnelle ou la transmission de l’héritage ? La position de Mgr André Gaumond, le président de l’AEQ, était claire : « C’est la transmission de l’héritage qui est le plus important ».

(Reportage de Benoît Voyer)

Chevaliers de Colomb

Les Chevaliers de Colomb du Québec recommandent au gouvernement de maintenir le système scolaire confessionnel actuel. « Le problème central de l’éducation est la recherche des valeurs humaines qui méritent d’être transmises d’une génération à la suivante. Il revient aux parents le droit et le devoir de veiller à ce que l’école soit bel et bien le prolongement de la famille », dit le mémoire.

Ils réaffirment que les parents sont les premiers responsables de l’enseignement des jeunes et des choix de l’école et du projet éducatif. L’école doit être au service des enfants et des tuteurs.

Le Ministère ne peut plus développer l’ensemble du système à cause des coûts exorbitants qu’il engendre. L’association suggère de favoriser l’intervention de groupes sociaux des collectivités locales dans le processus académique. « Le milieu aura toujours des besoins à combler et celui-ci devra se tourner vers les organismes capables de l’aider à solutionner ces besoins », écrivent les « Colombiens ».

Enfin, ils rappellent que les jeunes ont besoin de rencontrer des adultes signifiants qui ont trouvé et donné un sens à leur vie. L’école ne doit pas que former de bons techniciens. Elle doit parler de la vie et de son sens.

Les 518 conseils des Chevaliers de Colomb du Québec regroupent plus de 106 000 membres. Ils sont engagés dans leurs régions par des œuvres éducatives, charitables, religieuses et sociales. Les principes de l’Ordre sont la charité, l’unité, la fraternité et le patriotisme. (Benoit Voyer)

En bref

Jeunesse du monde
5000 jeunes de 13 à 15 ans sont regroupés au sein du mouvement Jeunesse du monde. Cette association participe à des projets collectifs de développement et d’éducation à travers le monde : lutte contre le racisme, la promotion de la paix, l’action pour la justice entre les peuples, la défense des droits humains, le respect de l’environnement, et autres... Ses membres s’engagent personnellement et collectivement en refusant le défaitisme. Pour eux, l’éducation doit se faire à travers des applications concrètes, des engagements.

« Pour éduquer des jeunes “citoyens du monde”, affirme le mémoire, il importe de miser sur l’école, comme milieu de vie, pour créer, dès le plus jeune âge, un intérêt pour ce qui se passe ailleurs sur la planète. Il importe de faire en sorte que les matières scolaires portent ces préoccupations, les intègrent au cheminement pédagogique et scolaire et il faut outiller les jeunes face aux médias de tous ordres ».

Ils poursuivent : « Enfin, on doit favoriser des activités qui tendent, hors des matières scolaires, à créer cette ouverture au monde dans l’objectif affirmé de favoriser l’arrimage des contenus et modalités pédagogiques de l’école avec des pratiques éducatives complémentaires ».

Frères éducateurs
La congrégation des frères éducateurs fait quatre recommandations générales : a) Intensifier la relation maître-élève au secondaire en instaurant le titulariat à tous les niveaux ; b) Valoriser et développer l’identité francophone des jeunes Québécois ; c) Transmettre des valeurs fondamentales de la culture québécoise au double point de vue de la langue et de la religion ; d) Maintenir le réseau de l’enseignement privé en le dotant d’un appui financier accru.

Parmi ses 10 propositions auxiliaires, les frères éducateurs suggèrent d’intensifier l’enseignement du français et d’en faire un préalable pour passer au secondaire, d’augmenter le nombre de jours de classe, d’établir une période d’étude après les heures régulières d’école, de remettre au premier plan la transmission de l’histoire culturelle, sociale et religieuse du Québec, de maintenir la confessionnalité et qu’une formation à la culture religieuse soit exigée à ceux qui optent pour l’enseignement de la morale.

JEC
La Jeunesse étudiante catholique (JEC) demande que les jeunes soient plus écoutés et consultés dans les institutions scolaires. Ils aimeraient que la tâche des professeurs et le nombre d’élèves par classe soient diminués. Ils souhaiteraient, enfin, pouvoir participer à l’évaluation des enseignants. (Benoit Voyer)


Mémoires

Voici quelques groupes religieux qui ont déposé des mémoires aux États généraux sur l’éducation :

Mgr André Gaumond, archevêque coadjuteur à Sherbrooke

Mgr Bertrand Blanchet, archevêque à Rimouski
Association des parents catholiques du Québec
Abbé Gérard Marier, enseignant/Communauté du Désert
Centre diocésain de la pastorale à Gaspé
Association des parents catholiques/section de Montréal
Mgr Charles Valois, évêque à St-Jérôme
Mgr Jean Gratton, évêque à Mont-Laurier
Service de l’éducation chrétienne de la Commission scolaire Val Mauricie de Shawinigan-Sud
Comité de solidarité Tiers-monde de Trois-Rivières
Équipe Jeunes du monde de l’école secondaire Du Rocher de Grand-Mère
M. Pierre Robitaille, étudiant au doctorat en théologie, Université Laval de Québec
Intervenants en pastorale scolaire (par Bertin Dickner, Jeanine Mercier et Germaine Lacroix)
Mouvement des filles d’Isabelle/région Beauce-Bellechasse
Comité catholique régional d’expression anglaise de Québec
Conseil urbain de pastorale de Sept-Îles
Pastorale paroissiale et scolaire de la Paroisse Notre-Dame-de-la-Protection de Rouyn-Noranda
Assemblée des évêques du Québec
Les frères éducateurs du Québec
Jeunesse du monde
Chevaliers de Colomb
Conseil catholique d’expression anglaise
Conférence de la pastorale scolaire du Québec
Centre justice et foi
Direction chrétienne
Association québécoise des conseillères et conseillers au service de l’éducation chrétienne
Association des religieuses enseignantes du Québec
Association des parents catholiques/section Gatineau-Hull
Congrès juif canadien/région du Québec
Association des écoles juives
Centre d’information sur les nouvelles religions

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 11 à 13)

31 octobre 2026


POLITIQUE : Pour un dialogue harmonieux entre Québec et Ottawa

Martin Charron
Pour un dialogue harmonieux entre Québec et Ottawa

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

Martin Charron, leader et porte-parole d’Osons Québec, une nouvelle formation politique approuvée par le Directeur général des élections du Québec le 2 septembre, en appelle à un esprit de collaboration entre Québec et Ottawa.

Il ne passe pas par quatre chemins : « Le premier ministre du Parti québécois va toujours chercher les embrouilles avec le fédéral. C’est son jeu. Il veut démontrer à la population que le Québec dans le Canada, ça ne fonctionne pas. Il ne faut pas se laisser berner : ce n’est rien de moins que de la manipulation de l’opinion publique. Les citoyens du Québec en ont marre de cette manière opportuniste de faire de la politique. »

Il ajoute : « Le Québec doit pouvoir défendre ses intérêts nationaux. Chez Osons Québec, nous croyons que le dialogue et les alliances avec les autres provinces peuvent donner plus de poids à leurs gouvernements lorsqu’ils discutent avec Ottawa ».

Martin Charron et Osons Québec souhaitent incarner une voix provinciale mieux coordonnée dans les discussions avec Ottawa.

Néanmoins, il déplore que le premier ministre du Québec n’ait pas obtenu de droit de parole aux travaux du Sommet Canada–Union européenne, tenu à Montréal : « Le jeu de la chaise vide n’est jamais bon. »

Dans le programme fondateur d’Osons Québec, il est écrit : « Osons Québec considère le gouvernement du Canada comme un ami et un partenaire institutionnel. Cette relation n'exige ni soumission ni conflit permanent : elle exige une négociation franche entre deux gouvernements légitimes. »

Martin Charron ajoute : « C’est inscrit dans notre ADN : Nous souhaitons un dialogue de coopération entre les partis politiques des provinces et des territoires sur la façon de mieux coordonner leurs positions et de renforcer leur poids dans les échanges avec Ottawa. Le Conseil de la fédération réunit déjà les premiers ministres des provinces et des territoires. Il pourrait servir davantage à porter leurs préoccupations communes, dans le respect des responsabilités de chaque gouvernement. »

HISTOIRE : Les funérailles de René Lévesque

Funérailles de René Lévesque, à Québec
Les funérailles de René Lévesque

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

En 1995, à plusieurs reprises, j'ai eu le privilège de rencontrer Mgr Jean-Marie Fortier, alors archevêque de Sherbrooke. À cette époque, je travaillais pour la Revue Notre-Dame du Cap à titre de journaliste et de rédacteur en chef par intérim.

Un matin, j’apprends qu’il a remis sa démission au pape. Il venait de célébrer son 75e anniversaire de naissance. Le droit canonique l’oblige à rappeler « aux officines vaticanes » son âge. Sur un coup de tête, sans trop réfléchir – c’était peut-être une lumière de l’Esprit saint – je prends le téléphone et je l’appelle.

Au bout du fil, il est visiblement heureux qu’un journaliste spécialisé au service de « la sainte Église » lui demande une interview afin de faire le point avec lui sur ses années à la tête du diocèse sherbrookois et pour parler de quelques sujets d’actualité. « J’accepte à une condition », me lance-t-il taquin. Je lui demande laquelle. Il me répond : « Vous allez arriver vers 11 h. Vous venez à mon bureau. Vous déposez vos affaires et nous irons manger dans un bon restaurant! Nous bavarderons amicalement Off the record. Par la suite, nous reviendrons à mon bureau et nous ferons l’entrevue officielle. C’est moi qui paie ! Vous serez mon invité… ».

Il était rare qu’un évêque m’accueille de cette manière. J’accepte volontiers.

Mgr Jean-Marie Fortier
Nous mangerons dans un des meilleurs restaurants de Sherbrooke, visiblement un endroit qu’il fréquente régulièrement : « Pour moi, ça va être comme d’habitude. Puis apportez-nous ce p’tit rouge que vous m’avez fait goûter l’autre jour! Il était délicieux… » Je me suis contenté de deux petites coupes; il s'est chargé du reste du vin.

Après une série de questions sur mon jeune parcours de journaliste, les sujets s’enchaînent. À plusieurs occasions, il me lance : « Gardez ça pour vous! Je ne pourrai pas redire cela publiquement par solidarité avec mes confrères évêques ». Un jour, je vous raconterai peut-être une de ces confidences qui m’ont fait voir la morale chrétienne d’une nouvelle manière.

Je me souviendrai jusqu’à ma mort de ces précieux moments. Ce jour-là, j’ai fait la rencontre d’un homme de grande culture, mais surtout d'une profonde bonté. Il ne jugeait pas les personnes à partir des étiquettes qu'on leur collait.

Dans son bureau, nous nous mettons rapidement au boulot. Je mets mon magnétophone sur « record » et, sans prendre le plan d’entrevue que j’avais préparé, je choisis de simplement poursuivre la conversation avec la même fluidité et la même bonhomie qui avaient marqué notre repas. Bien entendu, je tenterai de revenir sur quelques sujets abordés au repas, mais lorsqu'il devinait la direction que je prenais, il me faisait un signe de la main pour indiquer son refus d’aller plus loin dans cette direction.

L’entretien officiel [1] s’ouvrira sur une boutade sarcastique : Comme ça, « si je me souviens bien, c'est vous qui avez célébré les funérailles de René Lévesque... »

Il n’en fallait pas plus pour lui faire parler d’un des grands instants de sa vie. Il n’en a jamais parlé publiquement, mais au repas il m’avait confié être en faveur de la souveraineté politique du Québec…

« ...ça c'est une belle histoire! Il meurt le dimanche soir... Évidemment, le lundi matin, nous parlions de cela à l'archevêché. Raymond, un confrère, me dit : « Monseigneur, je n'aimerais pas être dans les bottes de celui qui fera l'homélie de la cérémonie de l'ex-premier ministre. » Je lui ai répondu : « C'est entendu que ça ne sera pas facile, mais le cardinal Vachon a une grande expérience. Je vais y aller comme président de l'Assemblée des évêques du Québec (AEQ). Je vais m'asseoir dans le chœur de la cathédrale et écouter l'homélie. »

La journée se passe normalement et, à 22 h 30, l'évêque auxiliaire de Québec me téléphone et dit : « Écoutez, monseigneur, on est vraiment mal pris! L'archevêque est à Victoria. Il est malade et ne peut absolument pas être présent aux funérailles. Pourriez-vous venir? »

Après avoir accepté, je me suis dit : « Jean-Marie Fortier, tu es un pasteur, tu es évêque, tu auras un peuple chrétien qui sera là. Alors, tu vas parler de la Parole de Dieu. »
René Lévesque, le cardinal Louis-Albert Vachon et saint Jean-Paul II
Les téléphones des journalistes ont commencé à arriver : « Pourquoi est-ce que c'est vous qui présiderez les funérailles? Vous allez célébrer les funérailles d'un divorcé-remarié ? » J'ai répondu que ce n'était pas une béatification et que c'est l'Église qui intercède pour le salut de l'âme de son fils qui est décédé. Quand je vais avoir mes funérailles, ils vont prier pour l'âme de leur pauvre évêque, le recommandant à la miséricorde de Dieu. Pour monsieur Lévesque, c'est la même chose !

L'après-midi du mercredi, Jacques Côté, le responsable des communications au diocèse de Québec, me demandait d'assister à une conférence de presse.

Au fond, les journalistes voulaient savoir le déroulement de la cérémonie. J'ai répondu à leurs questions. J'ai finalement dit : « Mon homélie est prête, je vous en remets une copie. Je vous demanderais seulement de respecter l'embargo jusqu'à demain après-midi après la célébration. Ils ont accepté. »

C’est effectivement ce qu’il a fait.

Le 5 novembre 1987, il commencera l’homélie des funérailles de René Lévesque s’ouvrira en disant : « Frères et sœurs dans le Christ, M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus! Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier. René Lévesque n'est plus! Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen. La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond. Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons. Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu. »[2]

Après avoir longuement commenté les textes bibliques lus précédemment, il conclura en lançant : « Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René. Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. »

Mgr Jean-Marie Fortier a refusé d'entrer dans le débat sur les mœurs de l’ancien premier ministre. Son regard était ailleurs. Il voyait d'abord un homme confié à la miséricorde de Dieu.

En relisant l'Évangile de Luc (Lc 6, 1-5), le souvenir de l’attitude de cet évêque m'est revenu avec force.

Les pharisiens reprochent aux disciples d'arracher quelques épis un jour de sabbat. La question semble porter sur une règle religieuse. En réalité, Jésus dévoile quelque chose de beaucoup plus profond : notre tendance à laisser les règles prendre toute la place, jusqu'à oublier la personne.

Le sabbat est un don de Dieu. Jésus ne le méprise pas. Mais lorsque son interprétation devient un obstacle au bien, il rappelle sa véritable raison d'être. Les disciples ont faim. Avant de voir une infraction, Jésus voit des hommes.

Jean-Marie Fortier a fait un peu la même chose. Avant de voir le « divorcé-remarié » ou de s'arrêter aux jugements portés sur sa vie, il voyait d'abord un homme décédé pour lequel l'Église était appelée à prier. Il ne rejetait pas l'enseignement de l'Église. Il refusait simplement que celui-ci fasse oublier la première mission de l'Église : conduire les êtres humains vers la miséricorde de Dieu.

C’est peut-être là l'une des plus grandes résistances de notre cœur. Nous sommes souvent plus rapides à revendiquer une règle qu'à discerner ce que Dieu attend de nous dans une situation concrète. L'Évangile ne nous demande pas de mépriser les règles. Il nous invite à ne jamais oublier pourquoi elles existent.

Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Dieu n'est peut-être pas de gagner un débat, mais de savoir reconnaître, au moment opportun, qu'il est toujours temps de faire le bien.

Comme le disait Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque : « la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions ». Oui, même à l’heure de l’abandon absolu.

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[1] Benoit Voyer, « Le temps d'une paix », Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 20-21.
[2] FORTIER, Jean-Marie. L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.

SWIFT - Pensée


FLASH : Une augmentation de salaire des élus sous Duplessis

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec
Une augmentation de salaire des élus sous Duplessis

En 1954, le premier ministre Maurice Duplessis reçoit un salaire annuel de 14 000 $. Cinq ans plus tard, en 1959, ce montant atteint 16 000 $. Cette augmentation provient du traitement de base des députés, qui passe de 4 000 $ à 6 000 $. Le supplément de 10 000 $ accordé au premier ministre reste inchangé. Les deux montants figurent dans les anciens Annuaires du Canada. Ces documents permettent de suivre l'évolution de la rémunération des élus québécois au fil des décennies. (Benoit Voyer, 31 octobre 2024)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : L’humilité est un art qui se cultive

L’humilité est un art qui se cultive

Par Benoit Voyer

31 octobre 2026

Jésus pense souvent à l’opposé de chacun de nous. Il invite chacun à ne pas s’élever soi-même, à accepter de ne pas être au premier rang, de ne pas recevoir tous les honneurs et de ne pas être la personne que l’on remarque (cf. Lc 14, 7-11).

Selon le maître, l’humilité consiste à ne pas avoir besoin de se placer au-dessus des autres pour connaître sa propre valeur. Pour lui, le bonheur parfait vient du service, de la simplicité et de l’amour.

Est-ce que j’agis pour être reconnu, félicité et remarqué ou suis-je capable de faire le bien même lorsque personne ne le voit ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le pape fera un voyage en Amérique du Sud

Le pape fera un voyage en Amérique du Sud

Par Benoit Voyer
31 octobre 2026

Du 6 au 17 novembre, Léon XIV visitera l’Uruguay, l’Argentine et le Pérou.

Le voyage débutera en Uruguay, du 6 au 8 novembre. Le pape américain visitera notamment Montevideo, Paysandú et Florida. À titre d’évêque catholique de Rome, il présidera plusieurs célébrations et, dans le cadre de ses fonctions de chef de l’État du Vatican, il rencontrera le président de la République, Yamandú Orsi, et les représentants de la société civile.

Du 8 au 11 novembre, le successeur de Pierre se rendra en Argentine. Son agenda prévoit des visites à Buenos Aires, Córdoba et Luján. Il rencontrera notamment les jeunes, les travailleurs et les responsables religieux.

Enfin, du 11 au 16 novembre, il sera à Lima, Chiclayo, Cusco et Pucallpa, au Pérou. Durant ce séjour, du 13 au 15 novembre, il retrouvera à Chiclayo, dans le nord du pays, les gens avec qui il a tant aimé vivre et travailler de 2014 à 2023, lorsqu’il était administrateur apostolique, puis évêque du diocèse.

Malgré son intervention chirurgicale du 13 octobre, son équipe a confirmé que le voyage aura bel et bien lieu.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Pèlerins de Marie

Pèlerins de Marie

Le directeur des pèlerinages du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, père Marc Lortie o.m.i., accueillait, le 14 août dernier, plus de 400 pèlerins à la Basilique.

Provenant de plusieurs régions du Québec, et même des États-Unis, ces visiteurs sont venus à Cap-de-la-Madeleine à la marche, comme le faisaient les croyants de l’antiquité.

À l’arrivée, l’émotion et la piété étaient intenses. La paix au fond du cœur, les bras levés au ciel, les ampoules aux pieds, la fatigue dans les yeux, tous ont prié Notre-Dame du Cap.

Des instants qui ne s’oublient pas ! Qu’importe l’âge, tous les moyens sont bons pour implorer la Vierge (Benoit Voyer)

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 6)

30 octobre 2026


 

POLITIQUE : John A. MacDonald

John A MacDonald,
1er premier ministre du Canada

Par Benoit Voyer

30 octobre 2026

John A. MacDonald (1815-1891) est le premier à avoir dirigé le Canada lors de la création du pays en 1867.

Mackenzie dirige le Canada de novembre 1873 à octobre 1878. Il succède à John A. Macdonald à la suite du scandale du Pacifique. Réformateur intègre, il instaure notamment le vote secret lors des élections fédérales, crée la Cour suprême du Canada en 1875 et encourage l'édification d'institutions nationales. Son gouvernement est cependant affaibli par une grave récession économique, ce qui permet le retour de Macdonald en 1878.

La campagne de 1891
En 1891, John A. MacDonald part en campagne électorale. Cette année-là, le principal enjeu politique est le rapprochement économique du Canada avec les États-Unis. Les libéraux de Wilfrid Laurier défendent une forme de réciprocité commerciale avec les Américains. Les conservateurs de MacDonald soutiennent que cette politique risque d’entraîner peu à peu le Canada dans l’orbite des États-Unis, ce qui pourrait favoriser l’annexion.

Durant un discours, MacDonald lancera : « Quant à moi, ma voie est claire. Je suis né sujet britannique, je mourrai sujet britannique. De toutes mes forces, jusqu’à mon dernier souffle, je m’opposerai à cette trahison voilée qui tente, par des moyens sordides et des offres intéressées, de détourner notre peuple de son allégeance. »

Ainsi donc, Macdonald fait de cette élection une question non seulement économique, mais aussi d’identité nationale et de fidélité à l’Empire britannique. Les conservateurs exploiteront grandement ce thème en brandissant le slogan : « The Old Flag, the Old Policy, the Old Leader », c’est-à-dire « le vieux drapeau, la vieille politique, le vieux chef ».

Le 5 mars 1891, John A. MacDonald, 76 ans et malade, remporte le scrutin.

Le premier ministre décédera en fonction le 6 juin 1891, à Ottawa. Il sera inhumé dans le cimetière Cataraqui, à Kingston, en Ontario.

Au décès du premier ministre John A. MacDonald, John Abbott appuie la candidature de John Thompson. À cause de conflits internes au Parti conservateur du Canada, en homme de devoirs, John Abbott accepte d’être une solution de compromis. Le 15 juin 1891, il devient le troisième premier ministre du Canada. Il est le premier leader du Canada à être né au pays.

L’année suivante, viendra le rejoindre son vieil ami Alexander Campbell. Il sera enterré pas très loin de lui.

LA ROCHEFOUCAULT - Pensée


 

FLASH : Une décision accueillie favorablement

Une décision accueillie favorablement

En octobre 2026, le Collège des médecins du Québec et Héma-Québec accueillent favorablement une décision des Témoins de Jéhovah. Leur direction permet désormais aux fidèles de recevoir certains composants sanguins selon leur conscience. Pour les professionnels de la santé, cet assouplissement ouvre de nouvelles possibilités de traitement. Les transfusions jouent notamment un rôle important en chirurgie, en obstétrique et en médecine d'urgence. Elles permettent parfois de traiter des hémorragies graves. Les médecins disposent ainsi de nouvelles possibilités pour soigner les patients de cette communauté qui acceptent ces traitements. (Benoit Voyer, 30 octobre 2026)