SANTÉ QUÉBEC : Près de 27 000 employés du réseau de la santé du Québec en invalidité
Par Benoit Voyer
8 octobre 2026
À la fin de l’année 2025, le réseau de la santé et des services sociaux du Québec comptait 26 964 employés en arrêt de travail pour invalidité. Ce nombre représenterait environ 7,8 % des effectifs du réseau.
À titre de comparaison, les données de Statistique Canada indiquent qu’environ 4,3 % de la population active québécoise était absente du travail en raison d’une maladie ou d’une incapacité au cours de la même période. Le taux observé dans le réseau de la santé serait donc nettement supérieur à celui de l’ensemble de l’économie québécoise.
Ces chiffres proviennent d’un tableau du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec du 27 décembre 2025.
FLASH : Les idées économiques d’Osons Québec enthousiasment un expert
Philippe Richard Bertrand, expert en commercialisation et en technologies, s’enthousiasme pour les propositions économiques d’Osons Québec.
Le 9 septembre, au micro de l’émission de Benoit Dutrizac, sur QUB, il disait : « Moins de subventions, plus de capital remboursable ; moins de fiscalité sur les petites entreprises ; plus d’investissement productif, plus de technologie, puis plus de productivité. […] Tu ne peux pas dire qu’on n’a pas besoin de ça au Québec. » Sa réaction a fait dire à l’animateur : « C’est rare qu’on te voie emballé de même. »
Il apprécie particulièrement le caractère concret des propositions de la nouvelle formation politique : « C’est pratique […] Ce ne sont pas des “il faudrait que…”. C’est : “Voici ce qu’on va faire.” »
Il estime que l’idée de remplacer des subventions par des prêts remboursables ou des participations dans les entreprises est exactement ce que le gouvernement devrait faire : « Les subventions, il faut arrêter. Ça ne permet pas aux entreprises de se battre dans un marché à armes égales. Par contre, prends des participations à la place ! »
De cette manière, l’État québécois deviendrait actionnaire d’entreprises, avec possibilité pour celles-ci de racheter ses actions. Cette forme de participation lui donnerait un droit de regard sur la manière dont sont gérées les sommes investies.
Philippe Richard Bertrand apporte une précision : Est-ce que « c’est du capital de risque déguisé ? Oui, ils mettent de l’argent dans ta business, mais ils te demandent des garanties en retour. Ce n’est plus du capital de risque, là, tu comprends ? »
Le spécialiste est particulièrement intéressé par les mesures fiscales de l’approche d’Osons Québec. À ses yeux, elles faciliteraient le transfert d’entreprises à des repreneurs québécois, notamment aux employés qui contribuent déjà à leur gestion : « Mais imagine s’il y avait une fiscalité avantageuse pour dire : “Je ne la vends pas à l’Américain, à une société étrangère. Je la transfère à des Québécois.” » (Benoit Voyer, 8 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : La pédagogie de Jésus
Par Benoit Voyer
8 octobre 2026
Jésus est un pédagogue unique. À travers plusieurs des récits des textes évangéliques, il nous montre comment prier Dieu. Il nous dit notamment qu’il faut oser demander, persévérer et avoir l’audace de demander des choses particulières.
Bien entendu, Dieu n’accordera pas nécessairement tout ce que nous imaginons. Il donnera ce qui est véritablement bon. Pourquoi ? Parce que la prière chrétienne ne cherche pas uniquement à obtenir des choses. Elle cherche d’abord à recevoir Dieu lui-même, sa présence, sa force et sa lumière.
Prier, c’est avoir suffisamment confiance en Dieu pour demander, suffisamment d’espérance pour continuer à frapper et suffisamment d’ouverture pour accueillir un don qui peut être différent de celui que nous avions imaginé — l’Esprit Saint lui-même.
SAINTS ET SAINTES : Le vénérable Adolphe Chatillon
Par Benoit Voyer
8 octobre 2026
Adolphe Chatillon est né à Nicolet, au Québec, le 31 octobre 1871.
À la suite de la mort de sa mère, alors qu'il avait neuf ans, il devient pensionnaire chez les Frères des Écoles Chrétiennes de la Baie-du-Febvre et de Yamachiche.
À 13 ans, le 6 février 1884, il se présente au Petit-Noviciat de Montréal pour y devenir Frère des Écoles chrétiennes de saint Jean-Baptiste de La Salle.
Le 26 juillet 1887, il entreprend son noviciat sous le nom de Frère Théophanius-Léo.
Professeur
Les talents et le dévouement du jeune professeur ne tardent pas à attirer l’attention de ses Supérieurs. Il s’ingénie à rendre son enseignement le plus vivant possible. Il s’attarde davantage aux élèves en difficulté et travaille fort pour rendre l’enseignement du catéchisme plus intéressant.
À Lachine, en 1904, l'année scolaire étant déjà commencée depuis quatre mois, Frère Théophanius est appelé à remplacer le directeur.
En 1907, il reçoit une autre obédience pour diriger l'école Sainte-Cunégonde, à Montréal.
Trois mois après son arrivée, la maladie le terrasse. Autour de lui on pense qu'il va mourir.
Heureusement, il revint peu à peu à la santé et dut se soumettre à une longue convalescence.
Il occupe son temps à donner quelques leçons de chant et de liturgie aux novices. Au fil du temps, il devient maître des novices.
Il dira : « Ma mission auprès de ces jeunes est de les aider à se former ; je suis ici pour leur montrer comment faire ; mon rôle est de les amener à agir par eux-mêmes et sans aide, aussitôt que possible. […] Au cours de votre noviciat, une idée forte, chargée de toutes les énergies de votre âme, doit vous dominer ; la voici : je veux être l'ami de Jésus, l'enfant de Marie et le héros des âmes. »
En 1923, on lui demande de visiter les maisons de formation de l’Amérique du Nord, un travail alourdi par la longueur des voyages.
En novembre 1928, Adolphe assiste en Belgique au Chapitre général de sa communauté comme président de la commission chargée d'étudier l'observance des Règles.
En raison d'un cancer de l'intestin, il éprouve une grande fatigue. On le conduit à Paris pour y subir une sérieuse intervention qui n'obtient pas le résultat espéré.
Au début de mars 1929, il se sent assez bien pour entreprendre la traversée de l'océan afin de revenir au Canada.
Il s’endort pour toujours, le dimanche 28 avril 1929.
Il repose dans l'église catholique Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, à quelques pas du Stade olympique.
Il a été déclaré vénérable le 2 avril 2011.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Robert Jolicoeur un prêtre qui attire les foules
Comment un prêtre peut-il semaine après semaine remplir son église alors que celles du voisinage se vident? Nous sommes allés recueillir le témoignage de l’abbé Robert Jolicoeur de la paroisse St-Charles-Garnier de Sherbrooke. Ce prêtre ne laisse pas indifférent tant par ses propos que par ses cheveux longs.
par Benoit Voyer
Robert Morin, le Sherbrookois le plus riche et l’un des hommes d’affaires les plus fortunés du Québec, selon le journal Les Affaires, a rencontré l’abbé Robert Jolicoeur, curé de la paroisse St-Charles-Garnier de Sherbrooke, par l’intermédiaire de sa mère. « Elle venait à la messe ici, raconte-t-il, elle me parlait beaucoup du curé Jolicoeur. Une fois, elle m’a demandé d’aller la chercher pour la reconduire à l’église. J’ai décidé d’assister à la messe. J’ai été touché! À partir de ce jour, Robert Morin, un homme à l’allure timide, a décidé de redonner aux autres ce que la vie lui avait donné.
« Si un couple n’était pas venu me chercher à la crèche quand j’avais 11 mois, poursuit le millionnaire, je ne serais probablement pas devenu ce que je suis aujourd’hui. » Ses parents adoptifs n’étaient pas riches. Ainsi, il a grandi au 3e étage d’un bâtiment du centre-ville de Sherbrooke.
« La misère, confie Robert Morin, c’est une réalité que j’avais perdue de vue. J’en suis venu à ne plus savoir ce que peut représenter 20 $ ou 50 $ pour une personne qui n’en a pas. Quand tu es toujours au milieu des Mercedes, des BMW, des Jaguar, tu ne vois plus cela. Le curé Jolicoeur m’a appris à voir un peu plus clair... »
Il est une de ces personnes qui ont changé leur vie après avoir rencontré ce curé pas comme les autres âgé de 45 ans.
D’hier à aujourd’hui
Robert Jolicoeur est né le 28 septembre 1948 à Montréal, « sur l’asphalte », d’une famille heureuse. Son père était plombier et sa mère s’occupait de la maison. Enfin, il a une sœur qu’il affectionne et qui se nomme Claudette.
« Je demeurais dans une paroisse animée par les Rédemptoristes. Je trouve ça important parce que saint Alphonse, le fondateur des Rédemptoristes, m’a appris l’amour des pauvres. C’est d’ailleurs l’un de mes trois maîtres à penser. Ma mère qui s’occupait des pauvres de la Société St-Vincent-de-Paul, nous amenait souvent, ma sœur et moi, l’aider le samedi matin », dit-il en se confiant au journaliste de la revue Notre-Dame du Cap.
Il se rappelle un événement de sa jeunesse. Il désirait avoir un tee-shirt de son idole Mickey Mouse. Tous ses amis d’école en avaient un. Cet achat était trop coûteux pour son père. « Alors, explique celui que ses paroissiens appellent simplement par son prénom, mon père m’a dit : “Si tu en veux un, c’est pas compliqué : tu vas travailler et tu vas le gagner.” Alors, je passais “The Gazette” aux anglophones de Montréal. Enfin, j’ai pu acheter mon tee-shirt. Mais, le samedi d’après, j’arrive au Grenier des pauvres (nom qui était donné au local de la Société St-Vincent-de-Paul) puis là, un p’tit gars, plus pauvre que moi, voulait avoir mon tee-shirt. Ma mère m’a dit : “Enlève-le et donne-le lui, il y en a d’autres dans le Grenier des pauvres.” Sans le savoir, elle préparait mon cœur de prêtre à être quelqu’un qui est beaucoup plus heureux quand il donne que lorsqu’il attend qu’on lui donne tout. »
Robert Jolicoeur a poursuivi ses études chez les Rédemptoristes au Séminaire St-Augustin à Cap-Rouge. Il s’envole vers l’Europe à l’âge de dix-sept ans grâce à l’Union générale des étudiants. Il se familiarise alors durant quatre mois avec la culture anglaise. Peu de temps après, il se rend à Paris étudier la littérature dans le but de devenir enseignant. « J’en mangeais, relate Robert Jolicoeur. Je me suis assis sur la tombe d’Alfred de Musset et je lisais des poésies. J’allais, le soir, voir jouer du Racine, du Molière et du Corneille à la Comédie française. Je désirais devenir un bon professeur de littérature française. »
Les filles? « Je me souviens que j’avais plusieurs amies lorsque j’étais au secondaire. De vraies “blondes”... La première qu’on peut dire que j’ai vraiment aimée, c’est une Française que j’avais connue sur le bateau en Grèce. Quand je suis revenu ici, j’ai égaré son adresse!
En 1971, il entre chez les moines de St-Benoît-du-Lac afin de chercher un sens à son existence. Le silence lui parle. D’ailleurs Dieu ne parle-t-il pas dans le silence? Un bon matin, au bout de deux ans, à la chapelle, un bénédictin lit un texte biblique qui le touche profondément : « Si tu veux être heureux, vends tout, quitte tout, suis-moi et tu seras heureux. » Robert avait l’impression que ce texte s’adressait directement à lui. Il se sent invité comme il ne le fut jamais auparavant à devenir prêtre.
Saint Benoît est la deuxième grande influence de sa vie. Encore aujourd’hui, il retourne faire silence à l’abbaye. « Parce qu’on ne peut pas donner aux autres ce qu’on a soi-même rencontré. » En plus de séjours d’intériorité, il se rend, chaque dimanche soir chez les moines pour l’office des complies.
Les jeunes
Robert Jolicoeur est ordonné prêtre le 25 avril 1976 par Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke. Il est nommé vicaire à la paroisse St-Esprit et c’est là qu’il exerce son premier ministère. Son curé lui confie alors la mission de rejoindre les jeunes.
Une idée surgit : créer une discothèque pour adolescents seulement. De là, on a pu rapprocher bien des jeunes qui se sont, par la suite, impliqués dans la communauté chrétienne, se remémore-t-il. Saint Jean Bosco disait : « Si tu veux être l’ami d’un jeune, intéresse-toi à ce qui l’intéresse. » Je pense que la musique a toujours été au milieu des rencontres de jeunes. Je me disais : Robert, si tu t’intéresses à ces jeunes-là et à ce qui les fait vivre, tu vas devenir intéressant pour eux. » De cette façon, à toutes les soirées du vendredi, la salle paroissiale était transformée en un lieu pour les jeunes. On commençait par faire de l’humanisation et après ça, on pouvait parler d’autres choses. »
Les mois passent et Robert Jolicoeur est nommé curé d’une petite paroisse. Cet emploi lui laisse du temps de sorte qu’il devient professeur au Séminaire salésien de Sherbrooke.
« Je me souviens. J’avais des élèves pas mal “rockers”. Nous allions voir des spectacles à Montréal. Ces jeunes sont devenus mes éléments les plus dynamiques car j’étais devenu pour eux beaucoup plus qu’un professeur de religion. »
« Si les parents qui ont de la difficulté avec leurs jeunes se souvenaient juste de ça, ils pourraient réussir à établir des contacts incroyables avec eux. Le problème, c’est que les adultes veulent que les jeunes s’intéressent à ce qui les préoccupe. Il est rare que les parents prennent le temps de s’intéresser à ce qui fait vivre les jeunes. »
Mort-Résurrection
Robert Jolicoeur prend charge en 1986 de la paroisse Saint-Charles-Garnier à Sherbrooke. Au début, cinq messes, d’une assistance moyenne de 30 personnes, meublaient la vie dominicale de cette communauté chrétienne. Six mois après son arrivée, il n’y avait plus assez de bancs.
On décide alors la construction d’une nouvelle église parce que cela aurait été trop coûteux de réparer l’église devenue trop petite. Robert Jolicoeur raconte : « La construction a été pour la ville de Sherbrooke, une question qui aujourd’hui porte ses fruits. Beaucoup de gens se sont posé des questions sur la présence de Dieu dans leur vie. Cette église a été édifiée pour un peu moins d’un million de dollars et il ne reste que 40 000$ à rembourser.
Quels phénomènes font qu’un prêtre attire les foules semaine après semaine? L’abbé Jolicoeur répond : « C’est une question que je ne me pose moi-même. Il me semble qu’il y a rien de si extraordinaire qui se passe ici. Si je laisse aller mon imagination, j’ai comme l’impression que l’Église vit une crise de langage; on a de la difficulté à vraiment parler aux gens un langage qui va les rejoindre. » Un sondage réalisé auprès d’une trentaine de paroissiens avant une célébration révèle cette conclusion qui donne sens à ses propos : « Avec Robert, on comprend mieux l’Évangile. »
À fleur de peau? Chut! Ne le dites pas trop fort car vous ferez des ennemis en ce lieu. « Ils comprennent le langage du cœur, pas celui du cerveau, rétorque-t-il avec franchise. Je pense qu’un être entier est aussi fait de sentiments, d’affectivité et de raison. C’est un ensemble de choses. Je pense que l’Église s’adresse un peu trop par le cerveau. C’est trop cérébral. À l’église, on lit toujours. »
Il n’a pas d’automobile. L’abbé Jolicoeur s’est constitué, au fil des ans une équipe d’individus qui se font un plaisir de le conduire. Si personne n’est disponible, il prend l’autobus ou marche.
Si vous lui parlez de golf, il vous dira que son tournoi « sous les palmiers » pour venir en aide aux défavorisés de sa communauté a rapporté l’an dernier 60 000$. Si vous l’abordez au sujet « de ses Expos de Montréal », il sera ravi. C’est son passe-temps. Non! Sa passion... Quand il se rend à des matches, il ne passe guère inaperçu depuis qu’il est l’ami de l’as lanceur Denis Martinez...
(Revue Notre-Dame du Cap, avril 1994, pp, 10 à 12)
NEUROSCIENCES : Une nouvelle approche contre la maladie d'Alzheimer et le déclin cognitif
Par Benoit Voyer
7 octobre 2026
Dans le traitement de la maladie d’Alzheimer, le diranersen, un médicament expérimental, ouvre de nouvelles possibilités de traitement. Cette molécule cible une protéine différente de celle visée par les traitements actuels. Alors que les nouveaux agents thérapeutiques autorisés ces dernières années cherchent à éliminer les accumulations d’amyloïde dans le cerveau, ce composé développé par Biogen agit sur la production de la protéine tau, impliquée dans la progression de la maladie.
Le 14 juillet 2026, Lauran Neergaard, de l’Associated Press, expliquait que le médicament aurait contribué à ralentir le déclin cognitif, avec une réduction d’environ 26 % dans le groupe traité. L’étude aurait été menée auprès d’environ 400 personnes atteintes d’une forme précoce de la maladie d’Alzheimer ou de troubles cognitifs légers. Les premiers résultats sont donc encourageants. Ces résultats ont été présentés lors de la Conférence internationale de l’Association Alzheimer, tenue à Londres.
Les chercheurs demeurent prudents. Des études à plus grande échelle seront nécessaires afin de confirmer l’efficacité du diranersen. Néanmoins, cette avancée permet de relancer l’intérêt pour les traitements ciblant la protéine tau.
FLASH: Osons Québec sur les médias sociaux
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RÉFLEXION SPIRITUELLE : Sois sans crainte, Marie
Par Benoit Voyer
7 octobre 2026
Je souris à chaque fois que je relis le récit de l’apparition de l’ange à Marie [1]. À nos petits-enfants, on dit que c’est la cigogne qui apporte le nouveau bébé à sa maman.
Ce texte ressemble à une sorte de conte fantastique : Un ange venu d’un autre monde dit à Marie qu’elle sera enceinte : il « te prendra sous son ombre ». C’est bien ce que nous venons de lire : un dénommé Gabriel annonce à Marie, qui, dit-on, ne connait rien aux petits plaisirs de la vie, qu’elle va tomber enceinte sans avoir une relation sexuelle.
Nous, les hommes, savons ce que veut dire l’expression « prendre » une femme « sous son ombre ». Surtout lorsqu’elle nous appelle « mon ange ». On n’a pas besoin de faire un dessin pour comprendre la nature humaine.
Trêve de plaisanterie, soyons un peu plus sérieux…
Il est clair qu’il ne faut pas lire ce texte au premier degré. Il faut plutôt en chercher le sens profond, le sens spirituel.
Le rédacteur de ce récit est un juif instruit qui connait la Torah. Il sait fort bien que si Jésus est ressuscité, il est inévitablement né d’une vierge. C’est écrit noir sur blanc dans le livre d’Isaïe.
Dans cette histoire, l’archange annonciateur de nouvelles, le messager de Dieu, Gabriel, apparaît à Marie, la nouvelle Ève, la future maman choisie par le Très-Haut pour être la mère humaine de son Fils.
Apparition ? On n’en sait rien. Pour le croyant, tout est possible. Une chose est sûre, Marie a eu une illumination intérieure : une voix a parlé en elle.
Dans la vie spirituelle ou surnaturelle, l’illumination intérieure est un classique. C’est comme cela que l’humain a la certitude de toucher le divin.
Ce que Marie apprend lui semble impossible. Mais elle écoute la voix de l’archange Gabriel. Elle reste humble et accueillante : il arrivera bien ce qui doit arriver. Tout ce que je veux, c’est faire la volonté de Dieu.
Plus tard, sa cousine Élisabeth confirmera à Marie la véracité de ce qui lui a été révélé parce qu’elle aussi a reçu la visite de l’archange.
N’oublions pas la phrase centrale de ce récit : « Rien n’est impossible à Dieu. » Vous avez bien entendu : « Rien n’est impossible à Dieu. ».
Être devant un mystère, c’est être devant une réalité inépuisable
Allons plus loin. Pour mieux comprendre le récit de l’annonce et de la naissance de Jésus raconté par Luc, il faut le faire avec l’imagination d’un enfant parce que l’évangéliste utilise la structure littéraire du conte. Si cher aux temps de l’Avent et de Noël, l’esprit d’enfance est nécessaire.
Dans son livre « Créés pour être aimés » (Médiaspaul, 2012), Mgr Christian Lépine explique que Jésus enfant « se présente à nous comme l’humble par excellence, le petit par excellence, le pauvre par excellence ».1 L'archevêque catholique de Montréal écrit : « Le temps de Noël, qui est un temps d’espérance et de joie, est aussi un temps où on célèbre l’esprit d’enfance devant Dieu qui se fait enfant à nos yeux. Je suis invité à retrouver le sens de l’accueil confiant et à l’approfondir sans cesse. Dieu se livre à des mains humaines et fragiles, il nous fait confiance avant que nous lui fassions confiance. Il espère en nous avant que nous espérions en lui (Péguy). Dieu a posé chaque personne dans l’existence en ayant en vue une identité à réaliser, une mission à accomplir. Est-ce que je veux me recevoir de Dieu dans l’abandon du nouveau-né qui se laisse porter, dans la docilité de l’enfant qui se laisse conduire ? »2
L’incarnation, c’est-à-dire le fait que Dieu s’est fait chair, est pour le croyant un « mystère ». Ce « mystère » dans la foi chrétienne n'est pas ce qu'on ne peut comprendre, mais ce qu'on n'a jamais fini de comprendre, et qui ne peut être compris de façon ultime que dans la foi, et on le sait, la foi n’est pas un fait scientifique.
Pour Christian Lépine, « le mot « mystère » est un mot clef de la révélation. C’est un mot qui veut dire « faire silence ». Faire silence parce qu’être devant un mystère, c’est être devant une réalité que je ne peux connaitre en la saisissant par la seule force de ma raison, sans qu‘elle me soit révélée. »
Il ajoute : « Mais il y a autre chose, être devant un mystère, c’est être devant une réalité inépuisable. C’est-à-dire que j’ai beau en connaitre quelque chose, il y en a toujours plus que j’ignore. C’est pourquoi toutes les paroles que je peux en dire sont toujours enveloppées dans le silence: elles viennent du silence et retournent au silence. »
Le Seigneur est avec toi
Dans « Créés pour être aimés », Mgr Christian Lépine donne des pistes pour bien comprendre l’apparition de l’ange à Marie, une manifestation du mystère de Dieu:
« C’est l’ange qui parle, mais c’est Dieu qui l’envoie. Devant le fait de cette manifestation du ciel, et devant le contenu de la salutation, Marie « fut toute bouleversée ». À travers tout l’Ancien Testament, c’est là la réaction typique lorsque le mystère de Dieu se manifeste d’une façon ou d’une autre: être saisi d’étonnement, se sentir dépassé, submergé.
Mais l’ange, sans laisser le temps à Marie de répondre, lui dit : « Sois sans crainte. » C’est que Dieu ne veut pas nous écraser avec son mystère, mais nous combler. Devant le mystère de sa présence et de sa parole, il invite à la paix et à la confiance.
Marie reconnaît le mystère qui se présente à elle, elle est mise en confiance devant lui. Mais elle demeure active en se posant des questions : « Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation », et en questionnant l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »
Mais ces questions ne sont pas des réticences, elles sont un effort pour mieux connaître la volonté de Dieu. En effet, Marie n’a qu’un désir : être « la servante du Seigneur ». C’est là la toile de fond de sa vie, de toute son existence. C’est avec une disponibilité de tout son être qu’elle accueille le mystère de Dieu dans sa manifestation.
À l’intérieur de son entière disponibilité, elle reconnait le mystère, est en confiance devant lui, cherche à mieux connaitre la volonté de Dieu et y répond par un oui total: « Que tout se passe pour moi selon ta parole ».
Le mystère divin peut s’exprimer de bien des manières. On le retrouve manifeste de façon appropriée dans la salutation de l’ange lorsqu’il dit à Marie: « Le Seigneur est avec toi ». Mystère insaisissable et inépuisable d’une présence qui nous rejoint. Mystère d’une nouveauté qui vient non pas du monde, de l’histoire, mais du surnaturel, de l’éternité.
« Le Seigneur est avec toi », cette parole est dite à Marie afin qu’elle puisse être dite en vérité à chacun et chacune d’entre nous. À Noel, l’ange me dit: « Le Seigneur est avec toi ». Ce don est la manifestation gratuite de l’amour de Dieu. »
Un nom adorable
J’aime ces quelques paroles du père Eugène Prévost : « Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé pour la première fois sur la terre, il a été entendu par la créature la plus pure sortie des mains du Créateur. Au seul nom de Jésus que lui annonça l’Ange de l’Incarnation, Marie a été éclairée, embrasée, plongée dans l’adoration et l’amour, et elle s’est abîmée dans l’humilité la plus profonde pour accomplir les desseins de Jésus qui venait sauver le monde. »[2]
La personne de l’Esprit saint
Pour parler de l’Esprit saint, il n’y avait pas mieux que le regretté père Jean-Paul Regimbal pour le faire. Voici ce qu’il écrivait à son sujet [3] :
« Le Saint-Esprit est, sans aucun doute, la personne la moins connue, la moins aimée et la moins adorée de l'auguste Trinité. Et pourtant, c'est la personne divine qui opère dans nos vies quotidiennes le rôle le plus constant et le plus intime dans l'œuvre de notre croissance spirituelle, de notre sanctification. C'est le Saint-Esprit qui, au moment du baptême, a été diffusé dans nos cœurs, par Dieu le Père, pour nous marquer du signe du salut, pour nous communiquer la vie divine, pour nous conformer à l'image même du Christ, pour que nous devenions tous enfants de Dieu, fils de Dieu dans le seul et unique vrai Fils, Jésus-Christ. C'est par lui encore que nous est communiqué le salut que le Seigneur Jésus nous a mérité sur la Croix. C'est toujours par lui que nous sommes régénérés à la vie nouvelle que nous a acquise le Fils de Dieu, Jésus, par sa mort et sa résurrection.
Le Saint-Esprit est une personne divine égale et coéternelle au Père et au Fils. C'est une personne qui "demeure en nous" (Jn 14, 16-17), qui "nous enseigne et nous conduit à la plénitude de la Vérité" (Jn 14, 26), qui "convainc et confond le monde en matière de péché, de justice et de jugement" (Jn 16, 8). Il conduit, il parle, il entend, il annonce, il glorifie, il ordonne, il envoie, il empêche, il avertit, il aide et intercède, il pense, il sonde tout, il opère et distribue, il possède une volonté, puisqu'il souffle où il veut, et qu'il accorde ses dons selon son bon plaisir. Or, seule une personne possède ces attributs et peut exercer ces diverses actions envers les hommes.
Par ailleurs, les hommes peuvent lui mentir (Ac 5,3), le tenter (Ac 5,9), lui résister (Ac 7,51), l'attrister (Ep 4,30), l'outrager (He 10,29) et blasphémer contre lui (Mt 12,31). C'est d'ailleurs le seul péché que Jésus a déclaré irrémissible, sans pardon : le péché contre l'Esprit-Saint.
C'est encore la personne du Saint-Esprit qui, tout à fait aux origines mêmes du christianisme, a rendu féconde la Vierge Marie en la couvrant "de son ombre", a oint de puissance et d'autorité le ministère sacré du Christ, au moment de son baptême par Jean-Baptiste, et a transformé le cœur et la personnalité des apôtres pour annoncer avec audace le Royaume de Dieu établi par Jésus-Christ, au point d'en témoigner au prix du sang.
[…] Dans le Nouveau Testament, il est bien le premier fait d’expérience : naissance et sanctification de Jean-Baptiste dès le sein de sa mère, conception virginale du Christ dans le sein de Marie, manifestation visible sous la forme d'une colombe le jour du baptême de Jésus-Christ.
J'irais même un pas plus loin en précisant que le Saint-Esprit est le premier fait d'expérience de toute la Révélation, car c'est Lui qui a inspiré les Patriarches et les Prophètes et c'est de Lui dont parle l'auteur de la Genèse dès les toutes premières lignes du récit de la Création : "Au commencement, l'Esprit de Dieu (ruah Elohim) planait sur les eaux." (Gn 1,2). […]. Et c'est encore au même Esprit de Dieu que se réfère le témoignage de Jean au dernier chapitre de l'Apocalypse : "l’Esprit et l’épouse disent : 'Viens' (marana tha). Que celui qui écoute dise : 'Viens'. Et que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement." (Ap 22, 17).
Il n'est donc pas étonnant qu'à un moment de l'histoire de l'humanité où tout semble sur le point de se perdre dans le chaos le plus complet, la manifestation prodigieuse de l'Esprit-Saint soit de nouveau voulue par Dieu pour "renouveler la face de la Terre" et pour y apporter l'ordre, la justice, la lumière et la paix, dans la plénitude de l'AMOUR. Cela est d'ailleurs conforme à la prophétie de Joël qu'évoquait saint Pierre au jour de la Pentecôte : "Il se fera, dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront, les jeunes gens auront des visions et les vieillards, des songes. Et moi, sur mes serviteurs et mes servantes, je répandrai de mon Esprit et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang. Avant que vienne le jour du Seigneur, ce grand jour. Et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé." (Jo 3, 1-5). (Ac 2, 17-31)
L'Esprit de Dieu continue toujours son action dans l'Église, comme en témoigne d'une façon éclatante le concile Vatican II. Un essor spirituel considérable fut imprimé à toute l'Église, tant au sein du laïcat et du clergé qu'au sein des communautés religieuses. Renouveau et réforme vont de pair pour redonner à l'Église sa beauté primitive "sans ride, ni tache". C'est en ce sens que parle Jean XXIII dans la bulle d'indiction : « Cela mettra en évidence la vie et la perpétuelle jeunesse de notre Mère la Sainte Église, qui est toujours présente aux événements humains et qui, au fur et à mesure que passent les siècles, renouvelle sa beauté, brille d'une nouvelle splendeur et remporte de nouvelles victoires, tout en restant toujours la même et en se conformant à cette splendide image qu'a voulu lui donner Jésus-Christ, son divin Époux, qui l'aime et la protège. »
Cependant, c'est au cours de ce même concile Vatican II que l'Église entière […] a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII : "Renouvelez en notre temps les merveilles de la Pentecôte."
[…] L'Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique ; tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. […]
Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de "souffler où Il veut". Il agit parfois de façon très étonnante car "ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies." C'est pourquoi il faut davantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise, bien entendu – que de s'en méfier ou encore de "le contrister" lorsqu'Il daigne se manifester. Un passage du décret sur les missions (Ad Gentes, nᵒ 29) nous avertit d'ailleurs que l'Esprit-Saint prend souvent l'initiative dans bien des domaines et qu'il n'y a pas lieu de s'en surprendre puisqu'Il est souverain : "Bien que l'Esprit saint suscite de diverses manières l'esprit missionnaire dans l'Église de Dieu ; bien qu'il ne soit pas rare que l’action de l’Esprit saint prévienne (précède) l’action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l’Église, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire."
Oui, l'Esprit souffle où Il veut et quand Il veut. C'est donc, pour chacun de nous, l'occasion de constater avec "gratitude et joie spirituelle" ce que l'Esprit-Saint daigne faire dans l'Église et dans le cœur des hommes de notre temps. »
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[1] Lc 1, 26-38
[2] Eugène Prévost. Elevaciones : vida de amor y de intimidad con Jesús, Les Amis de Béthanie, 2002 (BANQ 232 P9447e E2002)
[3] Jean-Paul Regimbal. Signes & témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit – Le Renouveau charismatique dans l’Église catholique, Ralliement pour le Christ, 1971,
SAINTS ET SAINTES : Gérard Raymond, un saint modèle pour les jeunes
Par Benoit Voyer
7 octobre 2026
Gérard Raymond voit le jour à Québec, dans la paroisse Saint-Malo, le 20 août 1912. Quatrième enfant d’une famille qui en comptera huit, il est le fils de Camille Raymond, originaire de Saint-Fabien-de-Rimouski, au Bas-Saint-Laurent, et de Joséphine Poitras. Leur mariage est célébré dans l’église Notre-Dame-de-Bonsecours, à l’Islet, dans la région de Chaudière-Appalaches, le 4 juillet 1905. Son père est conducteur de tramways.
À l’âge de huit ans, il habite avec sa famille au 170, rue Saint-Sauveur, à Québec.
À douze ans, il entre au Petit Séminaire de Québec pour y poursuivre ses études classiques. Il s’y distingue rapidement par ses résultats scolaires, son sérieux et son goût du travail. Ses professeurs comme ses compagnons d’études voient en lui un élève prometteur, attentif à son avenir et pleinement engagé dans la vie du collège.
Son intérêt pour la foi se manifeste aussi dans ses travaux scolaires. À l’occasion d’un concours intercollégial consacré aux saints martyrs canadiens, il remporte le premier prix. Le texte qu’il présente est ensuite publié, en 1931, sous le titre Le sourire du martyr. Il le signe du pseudonyme « J. Mitré », jeu de mots formé à partir de « j’imiterai », qui traduit déjà son désir de marcher sur les traces des martyrs.
Brillant élève, souvent au premier rang de sa classe, Gérard Raymond relativise pourtant lui-même l’importance de ses succès scolaires. Dans son journal, il écrit le 19 septembre 1930 : « Peu importe les succès de classe, pourvu que j'arrive bon premier dans ce grand concours dont le ciel est l'enjeu. Mon Dieu, faites de moi un saint. »
Sa vie spirituelle occupe en effet une place grandissante dans son quotidien. Il prie régulièrement, récite chaque jour le chapelet et profite des églises situées sur son trajet pour s’y arrêter quelques instants. Le vendredi, il médite le chemin de la croix. Derrière la vie apparemment ordinaire de cet étudiant se développe ainsi une intense vie intérieure.
À la fin de 1931, son existence bascule. En décembre, alors qu’il n’a que 19 ans, il est hospitalisé à l’Hôpital Laval. Les médecins diagnostiquent une phtisie foudroyante, c’est-à-dire une forme de tuberculose à évolution très rapide. Il ne lui reste alors que quelques mois à vivre.
Gérard Raymond trépasse le 5 juillet 1932, quelques semaines seulement avant son vingtième anniversaire. Durant sa maladie, il aurait affronté l’épreuve sans plainte ni amertume, cherchant plutôt à accueillir ce qui lui arrivait dans un esprit de foi et d’abandon à Dieu.
Il est inhumé dans le lot E I 172 du Cimetière Saint-Charles, à Québec, dans la section du Cimetière Saint-Vallier.
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| Cimetière Saint-Vallier, à Québec |
Une grande partie de ce que l’on connaît aujourd’hui de la vie intérieure de Gérard Raymond provient de son journal personnel. Il commence à le rédiger le 23 décembre 1927. Après sa mort, ses parents retrouveront ces pages dans son bureau de travail.
Dès le début, le jeune homme précise lui-même ce qu’il souhaite faire de ce journal :
« Ce journal, ô mon Dieu, je veux qu'il soit un long colloque avec vous où je vous dirai mes pensées et mes joies, et où je reviendrai me retremper les jours où ma ferveur faiblira. »
Ce cahier devient ainsi le témoin de son cheminement spirituel. Gérard y consigne ses joies, ses combats, ses aspirations et sa volonté de conformer sa vie à sa foi. On y découvre notamment son désir de grandir dans l’humilité, dans le sacrifice et dans l’abandon à la volonté de Dieu.
En juillet 1929, il écrit :
« Je sais bien qu'on ne peut vous aimer sans souffrir, ô Jésus. Je sais qu'il faut monter plus souvent le Calvaire que le Thabor ; mais c'est un bonheur que de souffrir pour celui qui nous aime. Faites-moi donc éprouver ce bonheur dès qu'il vous plaira. »
Le journal permet également de suivre l’évolution de son discernement vocationnel. Gérard Raymond envisage sérieusement le sacerdoce et rêve aussi de devenir missionnaire.
En septembre 1929, il note : « Depuis mon enfance, je n'ai jamais pensé à choisir une autre vocation que celle du prêtre. »
Un an plus tard, en octobre 1930, il écrit encore : « En attendant, être missionnaire par la prière et le sacrifice. »
Il est aussi attiré, un temps, par la spiritualité franciscaine. En juillet 1929, il confie : « Je crois avoir l'attrait pour la vie franciscaine : vie cachée, vie de pénitence, vie toute à Dieu. »
Parmi les figures spirituelles qui l’inspirent, Thérèse de Lisieux occupe une place particulière. Il lui demande simplement : « Apprenez-moi à devenir un saint. »
Il souhaite surtout faire sienne la « petite voie » de Thérèse. Le 15 juin 1929, il écrit : « Je veux suivre la petite Thérèse de Jésus, dans sa petite voie. Voie d'amour, voie d'enfance, voie d'abandon. »
Après sa mort, la publication de son journal contribue largement à faire connaître son parcours. Des personnes commencent à lui confier des intentions de prière, tandis que circulent des témoignages faisant état de conversions, de guérisons ou d’autres faveurs qui auraient été obtenues par son intercession.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : La Maison de Mgr Moreau au service de la famille
La municipalité d’Iberville en Montérégie, comme plusieurs autres villes canadiennes, n’échappe pas au phénomène de la pauvreté. Marie Tremblay, la directrice de la Maison Mgr Moreau, située au deuxième étage du 580, 1ère avenue, en sait quelque chose. Elle aide depuis sept ans les familles les moins fortunées de la ville.
par Benoit Voyer
Mme Marie Tremblay, l’ancienne présidente provinciale des Fermières du Québec, n’a pas eu longtemps à chômer lorsque la fin de son mandat est venue. Hélène Bousquet, une sœur de Saint-Joseph de St-Hyacinthe qui était, à l’époque, directrice du Centre d’Actions Bénévoles d’Iberville, lui a fait du charme pour l’amener travailler avec elle.
« Lors d’une rencontre, sœur Hélène me dit : “Qu’est-ce que tu fais, tu n’es plus avec tes Fermières?” Je répondis : “Je viens de terminer mon mandat à la fin du mois d’août!” Alors elle me répliqua : “J’aimerais ça aller te voir afin de jaser de quelque chose.” Je me suis vraiment laissée prendre dans ses filets. Elle a bien tissé ses toiles d’araignées autour de moi. Lors de ce rendez-vous, elle m’a expliqué son projet et ses objectifs. »
À la suite de ce partage, Marie Tremblay acceptait de mettre à contribution ses talents d’ex-enseignante. Elle a bâti un programme qui concerne l’alphabétisation. Elle a aussi mis au point des activités qui visent à ce que les participantes puissent équilibrer leur budget et se renseigner sur la psychologie de l’enfant.
Sœur Bousquet avait ainsi sensibiliser Marie Tremblay aux véritables besoins du milieu. « Elle savait de quoi elle parlait puisqu’elle recevait régulièrement des demandes d’aide. Elle avait remarqué que plusieurs personnes manquaient de débrouillardise. »
La Maison Mgr-Moreau
La clientèle de ce centre familial est constituée de personnes qui reçoivent des prestations du ministère de la Sécurité du Revenu. Grâce à certains programmes spéciaux, ces femmes, pour la plupart chefs de familles monoparentales s’engagent pour une période de l’année à raison de trois journées par semaine, à se rendre à la Maison Mgr Moreau pour apprendre des choses et pour s’épanouir.
En retour, pour récompenser ces femmes qui veulent se prendre en main, le gouvernement leur verse un montant supplémentaire au moment de la remise du chèque d’aide sociale. Les services de garderie sont aussi payés lorsqu’elles viennent au centre.
Marie Tremblay explique que le programme de formation insiste aussi sur l’alimentation. « Nous leur faisons connaître les quatre groupes alimentaires. Je fais des menus qui sont par la suite expérimentés sur place. Nous ne sommes pas une cuisine collective. Elles apprennent à faire la cuisine et elles consomment sur place les mets. Toutefois, tous les ingrédients leur sont offerts gratuitement. »
Les animatrices se servent aussi des recettes de cuisine pour montrer aux femmes à lire et à faire des mathématiques. « Si elles veulent une recette, déclare Mme Tremblay, je la donne en dictée et nous corrigeons par la suite. Ici, il y a des personnes qui sont seulement capables d’écrire leur nom. Par contre, d’autres ont réussi leur secondaire V et elles veulent retourner sur le marché du travail. L’équipe va plus loin avec ces personnes en leur inculquant des notions supplémentaires. Je prends comme exemple ce que nous avons fait lors des dernières élections. Nous avons parlé de géographie politique. »
Les bénéficiaires des services apprennent aussi à coudre. « Nous nous sommes rendu compte que le linge qui était donné au Centre d’Actions Bénévoles l’était parce que souvent une seule couture était défaite. Dans notre démarche, nous les invitons à aller au comptoir s’acheter quelques morceaux de linge qu’elles pourront modifier et réparer. Elles apprennent à coudre et elles économisent beaucoup. »
À d’autres moments, la Maison Mgr Moreau va jusqu’à procurer une aide administrative. Quelques couples ont de sérieuses difficultés de gestion de leur budget. « Je leur montre le système de l’enveloppe : une pour le loyer, une pour le téléphone etc... Cette enveloppe s’appelle : “Ce n’est plus à toi. Tu n’y touches plus. Il faut que tu vives avec ce qui reste.” »
(Revue Notre-Dame du Cap, janvier-février 1994, pp. 19 à 20)
UN PEU DE MOI : Le drame de Laurent Jean
Par Benoit Voyer
6 octobre 2026
Le samedi 7 octobre 1967, au petit matin, vers 7 h, près du lac de la Côte-Jaune, dans la réserve faunique de La Vérendrye, à environ 107 kilomètres au nord de Maniwaki, « alors qu’ils se promenaient dans le bois et que d’autres chasseurs étaient dans les mêmes parages, l’un de ces derniers, croyant avoir entendu passer un animal, tira »[1]. Mon oncle Laurent Jean [2], 31 ans, est tué sur le coup. Mon autre oncle, Maurice Jean, 29 ans, est blessé à un bras. Il sera soigné à l’hôpital de Maniwaki.
Le journal Le Canada français écrira : « Les deux chasseurs auraient été trouvés par les gardes forestiers de l’International Paper vers les 19 heures. Apparemment, un fort contingent de chasseurs sillonnait la région où l’accident est survenu »[3].
La nouvelle sera reçue comme un drame, particulièrement pour maman qui était proche de Laurent. On s’imagine le drame vécu au 929, de la rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Tante Margo [4] se retrouve veuve avec trois enfants en bas âge, soit ma cousine Diane et mes deux cousins Michel et Luc. Mes parents sont d’ailleurs la marraine et le parrain de Luc.
Le corps de Laurent rentrera à Saint-Jean-sur-Richelieu dans une ambulance de l’entreprise Oligny qui est allée le chercher à Maniwaki.
La police de la Sûreté provinciale, détachement de Maniwaki, mènera une enquête afin de connaître les circonstances exactes de l’accident et d'établir les responsabilités. Les archives de la police provinciale n’existant plus, il est impossible de revoir les dossiers des enquêteurs.
De son côté, le rapport du coroner Jean Lécuyer [5] nous donne ses conclusions. Il y a eu négligence criminelle. Il écrit : « André Croteau et Lionel Croteau naviguaient sur La Côte Jaune à la recherche du gibier – ils allaient accoster sur la petite île flottante, ils ont vu « une ou deux taches qui bougeaient à environ 50 pieds du rivage ». Ils croyaient que ce pouvait être un ou deux orignaux. Ils ont immédiatement fait feu sans plus. Ils auraient dû regarder plus longuement, s’approcher afin d’être certains qu’ils ne faisaient pas feu sur des êtres humains. De faits, les deux taches mentionnées, c’étaient deux autres chasseurs, Laurent Jean et Maurice Jean. Ils ont tué Laurent Jean. »[6] Les Croteau étaient domiciliés au 27, rue Blais, à Laprairie. Les frères Jean habitaient le 929, rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu.
C’est la version officielle du drame qu’écriront La Presse [7] et La Voix de l’Est [8].
Durant toute ma vie, j’entendrai parler de ce drame, chacun y allant de ses hypothèses ou petits bouts de vérité, allant même jusqu’à affirmer que l’enquête de la police n’est pas allée assez loin.
Au salon funéraire, l’émotion sera à son comble.
Laurent sera inhumé dans le lot 307D du cimetière de Saint-Jean-sur-Richelieu, situé sur la rue Saint-Jacques.
____________________
[1] cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
[2] Avis de décès. Le Richelieu, 19 octobre 1967, p. 6.
[3] cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[4] Marguerite Dumesnil, de son vrai nom.
[5] cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[6] cf. le rapport du coroner Jean Lécuyer.
[7] La Presse, 10 octobre 1967, p. 6.
[8] cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
FLASH : PSPP devient premier ministre du Québec désigné
Hier soir, la victoire du Parti Québécois a fait de Paul St-Pierre Plamondon le premier ministre désigné du Québec. Il formera un gouvernement minoritaire avec 59 sièges. Selon les résultats préliminaires publiés à 8 h 32, ce matin, sur le site du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), le PQ obtient 28,0 % des voix, devant le Parti libéral (24,2 %), le Parti conservateur (20,7 %), la Coalition avenir Québec (13,3 %) et Québec solidaire (12,4 %). Ainsi donc, Christine Fréchette, la première ministre de la CAQ, s’est fait montrer la porte par les électeurs du Québec.
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| Martin Charron, candidat dans Argenteuil |
Osons Québec
Autorisé par le DGEQ le 2 septembre, en pleine campagne électorale, Osons Québec a fait sa première apparition électorale dans deux circonscriptions. Ses candidats qui n’ont pas mené de véritable campagne, ont tout de même obtenu des résultats satisfaisants pour ses dirigeants : dans Mille-Îles, Ludovic Mbany recueille 0,40 % des voix et, dans Argenteuil, Martin Charron, 0,36 %. Ensemble, ils totalisent 228 votes, soit 0,01 % des suffrages à l’échelle du Québec. Pour ses dirigeants, leur premier objectif est atteint. Ils voulaient faire leur première apparition. C’est fait. Ce matin, les « Oquistes » sont déjà en action en vue d’une possible élection générale dans 12 à 24 mois puisque les gouvernements minoritaires n’ont pas une longue vie au Québec. (Benoit Voyer, 6 octobre 2026)
Autorisé par le DGEQ le 2 septembre, en pleine campagne électorale, Osons Québec a fait sa première apparition électorale dans deux circonscriptions. Ses candidats qui n’ont pas mené de véritable campagne, ont tout de même obtenu des résultats satisfaisants pour ses dirigeants : dans Mille-Îles, Ludovic Mbany recueille 0,40 % des voix et, dans Argenteuil, Martin Charron, 0,36 %. Ensemble, ils totalisent 228 votes, soit 0,01 % des suffrages à l’échelle du Québec. Pour ses dirigeants, leur premier objectif est atteint. Ils voulaient faire leur première apparition. C’est fait. Ce matin, les « Oquistes » sont déjà en action en vue d’une possible élection générale dans 12 à 24 mois puisque les gouvernements minoritaires n’ont pas une longue vie au Québec. (Benoit Voyer, 6 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Demeurer en Dieu
Par Benoit Voyer
6 octobre 2026
Lorsqu’on est journaliste, on a le privilège de rencontrer des personnes remarquables auxquelles le commun des mortels n’a pas facilement accès. C’est ce qui m’est arrivé, il y a déjà quelques années. Un jour, l’homme avec qui je m’entretiens est Jean-Claude Turcotte [1]. Il était archevêque de Montréal et cardinal de notre sainte Église imparfaite.
Il ne le sait pas, mais les mots qu’il s’apprête à me dire auront un grand impact sur ma vie. À la suite d’une boutade que je lui lance, il me regarde dans les yeux et me sourit. Il décide de mettre de côté le côté formel de l’entretien et de me parler comme un père à son fils. En moins d’une minute, nous passons du « vous » au « tu ».
Il me dit : « La seule chose que je peux te dire est que si tu veux avoir ce contact avec le Christ vivant, il faut y consacrer du temps. Si tu ne t’imposes pas dans ta vie un temps de contact, un temps de prière, autant que possible quotidien, comment veux-tu établir une relation sérieuse avec le Christ ? Les gens simples comprennent ça… C’est un peu comme l’amour humain. Si tu es amoureux de ta femme, mais que tu ne lui parles jamais, tu ne t’en occupes pas, tu passes à côté d’elle sans la voir… Ce ne peut pas durer ! L’amour comme la foi sont des choses qui s’entretiennent avec du dialogue, de l’attention, un regard profond et des petits gestes. La relation avec le Christ ressemble à celle que tu as avec ta femme. En tout cas, moi, dans ma vie, j’essaie chaque jour d’avoir de 90 à 120 minutes de présence à lui. Je ne suis pas toujours en train de jaser, mais je suis là. »
Il ajoute : « Tu sais, c’est comme quand on fait de l’exercice physique… Il y a des matins où ça ne nous tente pas. Tu le fais pareil, sinon ta santé ne sera pas bonne ! Quand tu es amoureux et que tu vis avec ta femme, il y a des matins où ça ne te tente pas d’être avec elle. Tu es là, pareil ! L’être humain est ainsi ! Il est libre. Il fait des choix. Dieu le convie à rester fidèle à ses choix. Tu sais, un gars qui se marie… Ce n’est pas pour une fin de semaine ! […] S’il a décidé de faire un projet d’amour pour la vie, il faut qu’il l’entretienne comme un trésor ! Je te donne aussi l’exemple des parents qui décident de mettre au monde un enfant : s’ils ne s’en occupent pas, ils vont avoir de sérieux problèmes ! Alors, tout est comme ça dans la vie spirituelle ! C’est la loi de la vie, quoi ! […] Je vais te confier qu’il y a des matins où ça ne me tente pas de célébrer la messe. J’y vais quand même… J’ai choisi cette vie et je dois aller au bout des responsabilités de mon choix. Sinon, le désert intérieur m’attend… Et je serai malheureux. »
En 2023, lorsque j’ai décidé de reprendre le dialogue avec le Dieu de ma foi, celui que nous révèle Jésus, le Judéen, ces paroles sont revenues dans ma mémoire. La première fois que j’ai remis les pieds dans une église pour la messe, après plusieurs années à ne pas y avoir mis les pieds, les premiers mots que je lui ai adressés en moi ont été tout simples : « Salut ! Ça fait longtemps, hein ! Tu sais, je n’ai pas grand-chose à te dire, mais je suis là. Jadis je t’avais fait la promesse de ne pas te laisser tomber. Je n’ai pas tenu parole. Je te demande pardon… Mais tu vois, je suis de retour. Je suis là pour rester. »
Comme dans la vie des amoureux, la flamme de nos débuts n’est plus au rendez-vous. Les règles de l’existence sont ainsi faites : il y a des saisons dans la vie amoureuse et dans nos relations humaines. Dans ma vie spirituelle, je me sens comme dans un vieux couple. Mon dialogue avec le Dieu trois fois saint est souvent fait de silence et de « Salut ! Je suis là ! ».
Un jour, j’aimerais bien pouvoir redire avec l’émotion de jadis ces mots que j’adressais au bon Dieu :
Je frémis en toi,
Je frémis de toi
comme jadis
au temps des fleurs,
des oiseaux qui chantent et du printemps qui s’annonce
et qui réveille la sève
de mon bois qui dort
et qui se prépare à éclore en bourgeons sous le chaud soleil d’avril et de mai.
Je frémis en toi,
Je frémis de toi,
d’une extase incommensurable,
d’un désir infini
qui s’intensifie jusqu’à la liberté suprême
du cœur et de l’âme,
jusqu’au débordement
du don de mon être à l’univers ;
Ne plus m’appartenir ;
Ne plus aimer seul.
Ta présence me submerge
et me calme…
Près de toi,
avec toi
plus rien n’existe
que la vie qui m’enivre.
Comment ne pas te toucher ?
Comment me taire devant l’émotion que tu me donnes ?
Comment ?
Je te veux
encore et encore,
toujours et toujours…
Jusqu’à la volupté ;
Jusqu’à la frénésie de tout ce que je suis ;
Jusqu’à la vulnérabilité de notre passion.
Mon âme déborde.
Je ne guérirai jamais de toi,
de ton absence,
de ton silence,
de cette folie
où rien ne se perd
et où tout se fusionne
entre nous
et en nous,
Dieu que j’aime.[2]
Le successeur de Jean-Claude Turcotte à la tête du diocèse montréalais, Mgr Christian Lépine, écrivait [3] : « Pour qu’il y ait l’amour, pour qu’il y ait la charité, la prière est fondamentale, car seul Dieu est amour, et nous ne pouvons aimer que par participation à son amour éternel. Lorsqu’une personne, par amour, accueille en son âme Jésus-Christ, grâce à l’Esprit saint, elle est livrée à une union qui transforme par la puissance de l’amour du Sauveur. Jésus lui-même nous a appelés à cette rencontre, à cette intimité profonde. »
Le 19 juin 1977, devant les premiers membres de la Communauté de l’Emmanuel, le vénérable Pierre Goursat exhortait chacun à être fidèle chaque jour à ses moments d’intimité en présence de Dieu : « Ce qui est très important, c’est la prière personnelle. Si vous ne pouvez pas prier une demi-heure par jour, vous êtes fichus, vous êtes complètement fichus ».[4] […] « L’objectif, c’est d’arriver à la prière continuelle, mais sans se tendre. Les amoureux font leur travail, mais ils pensent tout le temps à l’autre, sans arrêt. Eh bien nous, on est des amoureux de Jésus. Et petit à petit on pense à lui tout le temps. »[5]
Il est important de « demeurer en Dieu » et en celui qui nous le révèle et de cultiver notre relation. N’est-ce pas un peu ce que nous disait Jésus ? « Je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. » (cf. Jn 15, 1-8)
À cet égard, Marie-Rose Durocher est un exemple d’union à Dieu à suivre.
____________________
[1] Benoit Voyer. « Jean-Claude Turcotte, Cardinal et archevêque de Montréal », Revue Sainte Anne, Septembre 2002, pages 345 et 350. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/le-present-du-passe-jean-claude.html
[2] Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte-Anne, 2004.
[3] Christian Lépine. Créés pour être aimés », Médiaspaul, Montréal, 2012, p. 131.
[4] Pierre Goursat. Week-end des premiers engagements dans la communauté de l’Emmanuel, 19 juin 1977. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 253.
[5] Pierre Goursat. Week-end des premiers engagements dans la communauté de l’Emmanuel, 18 juin 1977. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 254.
[1] Benoit Voyer. « Jean-Claude Turcotte, Cardinal et archevêque de Montréal », Revue Sainte Anne, Septembre 2002, pages 345 et 350. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/le-present-du-passe-jean-claude.html
[2] Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte-Anne, 2004.
[3] Christian Lépine. Créés pour être aimés », Médiaspaul, Montréal, 2012, p. 131.
[4] Pierre Goursat. Week-end des premiers engagements dans la communauté de l’Emmanuel, 19 juin 1977. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 253.
[5] Pierre Goursat. Week-end des premiers engagements dans la communauté de l’Emmanuel, 18 juin 1977. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 254.
REPÈRES GÉNÉALOGIQUES : Soeur Rachel Voyer
Par Benoit Voyer
6 octobre 2026
Fille d’Alice Chenard et d’Edgar Voyer, Rachel est née le 29 mai 1921, dans la maison familiale, à Saint-André, Kamouraska. Il s’agit de nos jours du 266, 2ᵉ rang Est.
Elle est baptisée le même jour dans l’église catholique de Saint-André. Elle reçoit les prénoms de Marie, Rachel et Rose. Son parrain est Ernest Ouellet et sa marraine est sa tante Rose Chenard, l’épouse d’Ernest.
Au recensement de 1931, elle habite à Lac de l’Est, dans le Canton Chapais Painchaud.
À l'âge de 15 ans, Rachel entreprend deux années d'études comme pensionnaire à l'école d'enseignement ménager des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, à Rivière-Ouelle.
Entre 1940 et 1945, elle habite à Québec, Montréal et Shawinigan.
Elle rentre chez les Sœurs de la Charité d'Ottawa en vue de devenir religieuse, le 15 janvier 1945.
Le 2 janvier 1946, Rachel Voyer entre au noviciat des Sœurs de la Charité d'Ottawa.
Le 4 janvier 1947, elle fait ses vœux temporaires sous le nom religieux de Sœur Louis-Camille.
Le 4 janvier 1950, sœur Rachel prononce ses vœux perpétuels dans la congrégation des Sœurs de la Charité d'Ottawa.
Dans les années 1980 et 1990, elle habite la maison Béthanie, à Pointe-du-Lac, en Mauricie.
Sœur Rachel Voyer décède à Ottawa le 12 février 2012. Ses funérailles sont célébrées le 16 février 2012, à la chapelle de la maison mère des Sœurs de la Charité d'Ottawa, à Ottawa. Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame à Ottawa.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Sœur Angèle : derrière la vedette, une femme de Dieu
Grand était le défi pour un journaliste de faire parler Sœur Angèle sur sa vie intérieure. Derrière ce petit bout de femme se cache une Marguerite Bourgeoys, une Jeanne-Mance, une Mère d’Youville peut-être. Ses entrailles révèlent une spiritualité riche qui dérange et désarme. Dès que nous nous sommes retrouvés entre nous, le climat est devenu peu à peu intimiste. Sans m’en rendre compte, le reporter disparaissait et deux âmes se rencontraient. Cette dame m’a remis en question.
par Benoit Voyer
Sa résidence du Boulevard Saint-Joseph à Montréal n’a rien de celles des étoiles hollywoodiennes. C’est la maison familiale, la demeure de l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Au troisième plancher, un logement où elle habite avec quelques filles de Marie Gérin-Lajoie. Point de richesses : une table qui vient d’ici, des chaises qui viennent d’ailleurs, un fauteuil qui a été donné par le Cardinal Léger. Près de moi, une nonne affairée prend le temps de vivre.
« Mon action quotidienne, raconte cette religieuse de 55 ans, c’est ma prière. Quand je m’en vais dans le métro, les gens me parlent et disent souvent : “Sœur Angèle, allez-vous penser à moi?”, l’autre jour, je descends en bas pour porter les poubelles et un monsieur, en me voyant, arrête sa voiture, ouvre la vitre, me dit : “Bonjour Sœur Angèle! Vous êtes le soleil de ma journée!” Qu’est-ce que tu voulais que je réponde. J’ai finalement envoyé : “je vais penser à vous aujourd’hui!” »
Ces rencontres humaines l’inspirent. De nombreuses personnes lui disent : « Priez pour moi! Vous, vous êtes capable de parler à Dieu, moi je suis nul pour le faire. » Ceci l’amène à intercéder pour ces individus. Les demandes sont nombreuses : l’un pour la santé, l’autre pour du travail. Quand je fais mes exercices spirituels, mon bréviaire, mes prières, poursuit celle qui a de jolis yeux bleus, et que j’ai eu une cinquantaine de requêtes dans ma journée, je les mets ensemble et j’offre cela au Seigneur. Ainsi, je prie vraiment pour la société qui est malade et qui souffre. Elle fait, comme St Ignace de Loyola, de la « contemplation », c’est-à-dire de son action, sa contemplation et de sa contemplation, son action.
Don de soi
Elle ne garde pas ses cachets professionnels pour elle-même. Celle qui a connu la guerre étant petite les donne à sa congrégation. Quand elle a besoin de sous pour ses besoins, une demande à la responsable de l’administration de la maison suffit. De cette façon, elle vit sa promesse de pauvreté. « Je donne à la communauté comme toi tu as un compte pour tes marmots, lance Angèle. Y-a beaucoup d’artistes que ça choque. C’est ma façon de soutenir ma famille religieuse. Il y a des sœurs qui ne travaillent pas à l’extérieur, d’autres qui sont malades. Demain, ce sera moi qui en aurai peut-être besoin. Les gens ne le saisissent guère de cette façon, ils ne perçoivent cela que d’un point de vue individualiste. Parce que j’ai une vie publique, j’aurais le pouvoir d’avoir plus d’argent en poche qu’une autre. Non, chacune d’entre nous a le même droit. Si une personne travaille dans une maison et n’a jamais gagné 5¢ de sa vie, elle est encore plus méritante que je peux l’être. À chaque jour, elle fait comme n’importe qui, elle prend le métro et l’autobus. Elle n’a point d’automobile bien à elle. Quand Sœur Angèle en a besoin d’une, elle réserve celle de la communauté où les gens viennent la chercher.
Il lui faut, à chaque jour, refaire ce profond renoncement car, elle sait fort bien, la machine du show-business pourrait l’emporter. « C’est un détachement qui ne me dévalorise pas, affirme la femme de Dieu, mais qui me grandit. Je ne m’attache pas au matériel, je vis librement ce qu’il y a en moi. J’apprécie les artifices, je les trouve jolis. Mais ce ne sont pas des choses que je dois absolument avoir. Ce qui me suffit, c’est de pouvoir me donner un peu d’oxygène ».
La vie intérieure est sa seule richesse qui est secrète. Ils peuvent tout lui arracher, mais ils ne pourront point lui enlever cela. Pour elle, le bonheur il est en soi.
« À chaque jour qui passe, révèle-t-elle, tu te détaches d’un jour de ta vie et on en a qu’une. Chaque matin qui se lève est une préparation vers la fin. Le temps c’est un don gratuit et il faut l’utiliser au maximum ».
Relations artistiques
« Une sœur à la télévision c’est un peu loufoque! » lui ai-je lancé promptement. « Tu penses ça toi ! a-t-elle rétorqué sans tarder. Les artistes m’aiment bien gros! Avec eux je n’ai aucun problème. Je pense qu’il y a chez ces hommes et ces femmes-là, même s’ils n’ont pas tous la foi, un grand respect envers moi. Je n’ai pas à les juger. Quand ils se confient à moi, je me fais discrète. Ce qui est important à mes yeux, c’est la personne et ce qu’elle fait. Je rentre dans leur jeu et eux se sentent complices. À la télévision, je suis Sœur Angèle, je n’ai pas de personnage à jouer. Pour eux, c’est plus difficile parce qu’il faut en créer.
Il y a quelque temps déjà, l’équipe de “sans limites”, qui aimait bien se moquer d’elle, lui a envoyé une carte d’anniversaire faite à la main. Ils écrivaient : “On vous remercie de tout ce que vous nous offrez. On vous aime beaucoup. Signé : les 3 feuilles de trèfle.” Pour elle ces petits gestes sont importants.
Dans la colonie artistique, la joviale religieuse est très respectée. Quand il y en a un qui est déplacé, elle le sait rapidement. Ce n’est pas elle qui intervient. Cette politesse est exigée par les autres artistes qui se chargent eux-mêmes de veiller sur elle. Il est très rare qu’elle s’aperçoive des gestes de ceux qui la protègent. Cela se fait très discrètement.
Il y a des gens qui partent en mission pour des pays lointains. Pour Sœur Angèle, c’est le Québec. Ce travail c’est sa mission.
Noel
Puisque c’est le temps des fêtes, la sœur italienne du Bon Conseil invite les gens à se rassembler pour partager ensemble. Pour elle, c’est tellement simple : il suffit que chaque membre de la famille apporte un plat qu’il a lui-même cuisiné de ses mains. Cette forme de cadeau est une façon d’exprimer son amour pour les autres. De cette façon la table des festivités ne sera plus la même. Chacun doit le faire selon ses talents et ses capacités. L’art de Noël c’est le partage.
« À table, conseille la chef renommée, nous ne devrions jamais avoir de discussions. C’est l’endroit du festin. En ce lieu, il faut avoir beaucoup le sens de l’humour. Toutes les choses qui sont comiques et qui n’attaquent personne sont à raconter. Il faut aussi s’intéresser aux autres. On ne prend jamais le temps de demander à l’autre ce qu’il fait. Je suis persuadée que si je lui demande quelque chose sur toi, il ne le sait pas. On s’informe. Pas par curiosité. C’est simplement une façon de vivre quelque chose que lui vit. Attention, on ne parle pas d’argent, pas d’affaires de famille et surtout pas de politique! Enfin, il ne faut pas oublier de dire à l’autre qu’on l’aime beaucoup. »
Quand il n’y a pas de sujets pour « placoter », la recette miracle de Sœur Angèle est de chanter des petites ritournelles de Noël. Mettre des mots sur la table ne peut qu’aider. « Et, tout à coup, conclut-elle, au milieu du repas, tous commencent à parler... »
(Revue Notre-Dame du Cap, décembre 1993, pp. 10 à 12)
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