HISTOIRE : Samuel Champlain, précurseur de Montréal
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
En juin 1611, en navigant sur le fleuve Saint-Laurent, Samuel de Champlain a accosté à Pointe-à-Callière. En attendant le retour de ses alliés autochtones, il a fait défricher une partie du territoire et aménager deux petits jardins. Ses hommes ont également construit une muraille sur un îlot voisin afin d’évaluer la qualité de l’argile présente dans la région.
Ce lieu a été baptisé « Place Royale ». En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve en fera le cœur de l’établissement de Ville-Marie.
Ainsi donc, Champlain n’est pas le fondateur de Montréal, mais il fait partie de son histoire ancienne. Son passage témoigne de l’importance stratégique que représentait déjà ce lieu situé au confluent des grandes voies fluviales et au centre des réseaux d’échanges avec les peuples autochtones.
Dans la région, l’explorateur a aussi donné à l’île Sainte-Hélène le prénom de son épouse, Hélène Boullé, qui était plus jeune d’environ un quart de siècle.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une affaire d'images
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
Au Québec, depuis le début de la campagne électorale, nous sommes entourés d’images construites et de « slogans prémâchés ». Les leaders politiques tentent de nous dire qui ils sont. Les journalistes et les commentateurs en parlent. Le public prend parti en perdant tout sens critique sur les réseaux sociaux. Puis, les « sondeurs » mesurent « ce que les foules » pensent.
Nous assistons à une étrange bataille des images. Chacun cherche à définir l’autre et à se définir lui-même : qui est le chef véritable ? Qui est le plus proche du peuple ? Qui est le plus compétent ? Qui mérite notre confiance ?
Les politiciens et les firmes de sondage reprennent, avec des mots différents et bien de notre époque, une vieille question de Jésus à ses disciples : « Au dire des foules, qui suis-je ? » et « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Le récit évangélique nous questionne sur notre présent : jusqu’à quel point jugeons-nous les personnes à partir d’images fabriquées? Puis, encore plus subtilement : faisons-nous la même chose avec Dieu et avec Jésus qui tente de nous révéler une parcelle du divin ?
On peut comprendre les chefs politiques. En questionnant, ils cherchent à savoir si leurs messages sont bien perçus et, surtout, ils veulent connaître l’image que les sondés retiennent d’eux. C’est probablement cela que Jésus tentait également de faire. Évidemment, Jésus n’était pas en campagne électorale. Son propos est d’un autre ordre.
Ce qui étonne chez Jésus est que, malgré ce que les gens disent de lui, il refuse de se laisser enfermer dans un carcan et, surtout, dans le propos glorieux de Pierre : Tu es « le Christ, le Messie de Dieu. » Tout de go, il parle de souffrance à venir, de rejet et de mort. Il ne travaille pas son image. Il la déconstruit.
Un des défis que nous portons tous est cette difficulté à distinguer une personne de l’image que nous construisons d’elle. Ainsi en est-il aussi de Dieu : parfois, l’image que nous nous en faisons finit par nous empêcher de le rencontrer.
SAINTS ET SAINTES : Les saints martyrs d’Amérique
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
Au Canada, le 26 septembre, on se souvient des saints martyrs d’Amérique. Ailleurs sur la planète, la commémoration aura lieu le 19 octobre.
Jean de Brébeuf
Jean de Brébeuf est un prêtre jésuite. Il a été assassiné le 16 mars 1649. La moitié de son crâne repose dans la chapelle historique du monastère des Augustines, dans le Vieux-Québec, auprès du lieu de sépulture de la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin (Catherine Longpré). L’autre moitié est conservée au sanctuaire des Martyrs, à Midland, en Ontario.
Jean de Brébeuf écrivait : « Les semences que nous jetons ici, bien que parfois arrosées de nos larmes, porteront un jour des fruits abondants, si Dieu le veut. Nous ne devons jamais perdre courage, car ces croix que nous portons avec patience nous rapprochent de notre Seigneur et ouvrent le chemin de son royaume » (Jean de Brébeuf, Écrits en Huronie)
Catherine de Saint-Augustin racontait : « Mais le Père [de Brébeuf] me l'expliqua, et me dit que je me garde bien désormais de ne plus dire que je ne voulais pas aller en Paradis, et que cela n'était pas raisonnable ; car encore bien que j'en sois indigne, il veut que non seulement j'espère et me confie en la bonté et miséricorde de Dieu ; mais il veut que cette espérance soit ferme, et que j'envisage déjà le Ciel comme ma demeure assurée. »
Noël Chabanel
Noël Chabanel est un prêtre jésuite. Il est assassiné le 8 décembre 1649.
Antoine Daniel
Antoine Daniel est un prêtre jésuite. Il est assassiné le 4 juillet 1648.
Charles Garnier
Charles Garnier, un prêtre jésuite, arrive à Québec en juin 1636 et vit en pèlerin de la foi au milieu des Premières Nations auxquelles il voulait transmettre sa foi. Il est assassiné en Huronie, près de la baie Georgienne, le 7 décembre 1649.
« Charles entrait si avant dans les esprits [des Hurons-Wendats], et avec une éloquence si puissante, qu'il les ravissait tous à soi. C'est que son cœur parlait plus haut que ses paroles. Son visage, ses yeux, son sourire même ne prêchaient que la sainteté. » (Les Relations des jésuites en Nouvelle-France)
À Québec, on se souvient de lui. Le collège des jésuites est placé sous son patronage.
On conserve une relique de lui à la Chapelle des jésuites, rue Dauphine, dans le Vieux-Québec.
Gabriel Lalemant
Gabriel Lalemant est un prêtre Jésuite. Il est assassiné le 17 mars 1649.
René Goupil, Isaac Jogues et Jean de La Lande
Ossernenon [1] est le village iroquois où arrivent les prisonniers René Goupil et Isaac Jogues, le 14 août 1642. René Goupil, un laïc consacré vivant dans le célibat, est tué en dehors du village, le 29 septembre 1642, en priant Notre-Dame. Alors qu'ils viennent de terminer leur quatrième dizaine du chapelet, René Goupil est frappé à mort sous les yeux du père Isaac Jogues. Le père Jogues parvient à s'échapper et rentre en France, puis il reviendra travailler dans les missions de la Nouvelle-France en 1644.
En 1646, le père Jogues retourne à Ossernenon, comme ambassadeur de paix du gouvernement français. Sa première visite est couronnée de succès, mais lors de sa deuxième mission en octobre 1646, il est martyrisé et tué avec son compagnon, le frère Jean de la Lande. Jogues meurt le 18 octobre 1646 et de la Lande, le jour suivant.
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[1] Il s’agit de nos jours d’Auriesville dans l’État de New York. En visite, au Sanctuaire des martyrs d’Amérique, il faut absolument aller se balader dans le sentier du ravin. Des panneaux relatent le souvenir de René Goupil en ce lieu.
[1] Il s’agit de nos jours d’Auriesville dans l’État de New York. En visite, au Sanctuaire des martyrs d’Amérique, il faut absolument aller se balader dans le sentier du ravin. Des panneaux relatent le souvenir de René Goupil en ce lieu.
DOCUMENT : Mes divins rapports avec Jésus (Réflexion spirituelle d'Eugène Prévost)
Jésus m’appelle, j’accours
Jésus nous aime et c’est pourquoi Il veut se rapprocher de nous. Il nous a devant les yeux depuis le premier moment de notre existence et il ne nous perdra jamais de vue.
Jésus pensait à nous et Il nous appelait déjà du fond de son éternité avant que nous existions [cf. Eph 1, 4-5; Jn 1, 48], en ce sens qu’il mettait en réserve toutes les grâces nécessaires à notre salut et à notre sanctification.
Mais au ciel, dans le sein de son Père, Jésus était trop loin… ses appels divins étaient exposés à se perdre dans l’immensité… c’est pourquoi Il s’est rapproché, Il s’est fait l’un de nous [cf. Jn 1, 14; Ph 2, 7]. Toute sa vie a été un appel constant pour que nous allions à Lui, que nous nous rapprochions de Lui, que nous ne vivions qu’avec Lui et pour Lui [cf. Rm 14, 7-8].
Jésus ne veut pas de distance, il souffre de nous voir dans le lointain. Il a fait toutes les avances possibles et tout, dans sa vie mortelle sur cette terre comme dans sa vie eucharistique au Très Saint Sacrement, nous redit son amour, nous fait entendre ses divins appels. Magister adest et vocat te. Jésus est là et Il nous appelle! [cf. Jn 11, 28]
Jésus m’appelle et je n’irais point à Lui?... Jésus m’appelle et je ne quitterais pas tout pour Lui? [Mc 10, 21] Jésus m’appelle et je ne laisserais pas tout pour courir vers Lui?... Jésus m’appelle et je ne sacrifierais pas tout pour me contenter de Lui?
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Jésus m’appelle de la Crèche
Jésus m’appelle dès le premier moment de son existence ici-bas. Il m’appelle de sa Crèche où, petit enfant, Il se livre à moi dans la candeur, la simplicité, le charme, la sincérité et l’amour de l’enfance.
Je Le trouve à la crèche pauvre, petit, humilié, déshérité. Il m’appelle pour que je Le suive : je dois, dès lors, me détacher des biens de ce monde, m’affranchir de toutes les préoccupations terrestres, de tout orgueil, de toute vanité, de toute ambition [cf. Mt 11, 25-30]. Je ne peux répondre à son appel que si, comme Lui, je me fais petit, humble, pauvre, universellement détaché.
…
Jésus m’appelle de Nazareth
Jésus m’appelle de Nazareth où, vivant dans la solitude, le recueillement, le travail, la prière, il n’est préoccupé que des intérêts de son divin Père et pense continuellement à moi. Je L’y trouve ignoré des hommes, méconnu, faisant le silence autour de Lui, cherchant à disparaître, aimant la vie cachée et s’en faisant un ciel.
Je ne puis partager sa vie qu’en faisant aussi le silence autour de moi, le dépouillement universel en moi; que si tous les bruits de la terre se taisent pour moi, si toutes les frivolités du monde s’évanouissent, si toutes les attaches terrestres, quelles qu’elles soient, se dissipent et disparaissent [cf. Lc 14, 33].
Jésus m’appelle sans cesse et chacun de ses appels est un dépouillement nouveau qui me fait me détacher et me rapprocher de lui. Oh! oui, Jésus, je veux Vous suivre, je veux quitter tout ce qui ralentit ma marche, je veux rechercher votre compagnie dans le silence, le recueillement, l’intime de mon âme.
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Jésus m’appelle sur la route du Calvaire
Jésus m’appelle sur la route du Calvaire, tout ensanglanté, tout meurtri, défaillant sous le poids de sa Croix, attaché au gibet de son supplice, abandonné de la terre et du ciel, agonisant et mourant dans l’ignominie [cf. Mc 15, 34]. Toutes ses plaies sont une voix, toutes ses douleurs un appel. Il a besoin de mon cœur pour se consoler, de ma présence et de ma compagnie pour ne pas se voir isolé, de mon amour, pour ne pas se sentir abandonné.
Ce n’est plus le Jésus attrayant de Bethléem, le Jésus plein de charmes de Nazareth, c’est le Jésus délaissé et mourant par amour pour moi! Je ne peux me rapprocher de Lui que si, à son exemple, je mets les pieds dans la trace des siens, si je me laisse ensanglanter aux épines du chemin, si je trouve mon bonheur à souffrir avec Lui toutes les peines et les souffrances de la vie [cf. Lc 9, 23].
Mon bonheur, à la suite de Jésus, doit être de porter ma croix [cf. Ga 6, 14], mon diadème doit être sa couronne d’épines, et tant qu’il me restera une goutte de sang dans les veines, je dois chercher à répondre à l’appel de Jésus qui me demande de me laisser crucifier avec Lui.
Ô appel plein de charmes de mon Jésus Crucifié, j’accours, je ne veux plus chercher de joies sur la terre, puisque Vous êtes plongé, ô mon Maître, dans les tristesses, les douleurs, les angoisses, les abandons… Je ne veux plus vivre que pour mourir à chaque instant avec Vous [cf. Ga 2, 19-20; Ph 3, 10-11].
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Jésus m’appelle du Tabernacle
Jésus m’appelle et, cette fois, ce n’est plus dans le lointain et le passé, c’est dans le présent et tout près de moi. Il m’appelle du fond de son Tabernacle, et cette voix si douce, si suave, se fait entendre à mon âme où que je dirige mes pas, où que je porte mon attention, où que je prête l’oreille, où que je cherche mon Jésus.
J’entends sans cesse sa voix sortir du Tabernacle, m’appeler avec douceur, tendresse, suavité. C’est l’appel constant et suprême de l’amour. Chaque instant de la durée est un appel nouveau que Jésus me fait entendre. Je ne puis apercevoir un clocher, entrer dans une église, regarder un Tabernacle, sans entendre résonner à mes oreilles cette voix de l’amour qui me dit, par tous les temps et tous les lieux, que Jésus m’aime et me veut à Lui!...
J’accours, ô mon Jésus, pour Vous retrouver toujours le même, toujours aimant, toujours souverainement aimable. À vos pieds, je sens le besoin de m’élancer sur votre Cœur [cf. Lc 10, 39] et je Vous trouve, ô Jésus tout de feu consumant, qui ne cherchez qu’à faire disparaître en moi tout ce qui n’est pas Vous, afin de faire notre union plus étroite et plus intime. Oh! oui, je comprends votre langage, ô mon Jésus, et partout où je serai, je veux me laisser charmer par la voix qui sort de votre Tabernacle.
…
Jésus m’appelle du ciel
Jésus m’appelle, et c’est au-delà du temps, c’est de son ciel qui doit être le mien, du sein de la gloire éternelle, du milieu des concerts d’amour et de louanges des anges et des élus. Jésus y est encore et constamment préoccupé de mon âme [cf. He 7, 25]. De son trône éternel Il m’appelle encore, Il m’appelle toujours, Il me montre la place que je dois occuper en compagnie des saints, Il me fait pressentir la suavité des joies de la Patrie, Il m’excite sans cesse à marcher dans la voie de la vertu et de la sainteté, pour arriver plus tôt et plus sûrement au bonheur sans fin.
Oh! cette voix de l’Agneau toujours immolé qui se fait entendre sur la terre partout où se dirigent mes pas et qui m’enseigne que la vie du temps passe, que la vraie vie est celle du ciel, comme je veux l’écouter, et comme, pour y répondre, je veux sans cesse aspirer aux choses d’en-haut et mépriser les choses d’ici-bas [cf. Col 3, 1-2].
Le ciel, c’est Jésus; cette voix qui me vient de la Patrie pour me consoler, me guider et me fortifier dans l’exil, c’est encore la voix de ce Jésus enfant, grandissant, souffrant, mourant sur le Calvaire, aimant et anéanti dans la sainte Eucharistie; c’est le voix de ce Jésus que j’ai entendu petit enfant, qui n’a cessé de résonner à mes oreilles, qui m’a préservé de tant de dangers, qui m’a consolé, relevé, fortifié tant de fois, qui m’a charmé dans mes heures de tristesse, ravi dans mes heures de contemplation, qui a fait taire pour moi toutes les mélodies terrestres pour ne faire place qu’à cette divine harmonie des parvis éternels : Jésus!
Ô voix de mon Jésus qui me vient de toutes les collines, qui se répand dans toutes les vallées, se répercute dans toutes les montagnes, qui, de la terre, monte sans cesse vers le ciel, je vous bénis, j’accours à vos divins appels, je veux me laisser bercer par la suavité de vos accents!
Non, non, je ne veux plus me laisser charmer par la voix des créatures et les attraits trompeurs du monde. Il est une autre voix qui résonne mélodieusement à mes oreilles et qui a ravi mon cœur. C’est celle de mon Bien-Aimé que j’ai choisi en partage et auquel je me suis uni par des liens indissolubles [cf. Ct 5, 2].
Quand Il me regarde, je suis fasciné. Quand Il me parle, je suis charmé. Quand Il me dit son amour, je suis ravi. Quand Il me demande de l’aimer, je suis embrasé. Quand ses appels se font plus pressants, je suis éperdu et je voudrais me consumer.
Ô Jésus, appelez-moi sans cesse. Mon bonheur est d’accourir pour Vous écouter, Vous aimer et m’unir à Vous pour le temps et pour l’éternité.
Jésus! Jésus seul!
Eugène Prévost, c.f.s.
…
Pour approfondir
Références bibliques : Is 45, 3; Is 50, 2; Os 11,1; Lc 1, 39; Lc 2, 16; Mt 8, 18-22; Mt 11, 28; Ep 4, 1.
Catéchisme de l’Église catholique, au mot appel : nos 1036, 1427, 2012, 2348.
SANTÉ MENTALE : La génération Z en crise de sens
Par Benoit Voyer
24 septembre 2026
La crise actuelle de la santé mentale chez les jeunes ne peut pas être expliquée uniquement par une augmentation des troubles psychologiques ou par un manque de ressources médicales. Elle serait aussi liée à une crise culturelle et morale, marquée par une perte de repères, un affaiblissement du sentiment d’appartenance collective et une difficulté à donner un sens à l’avenir.
C’est ce que soutient Pierre Valentin dans son livre « Malaise dans la génération Z » . Le 18 mai 2026, Le Figaro lui consacrait un article fort intéressant.
Ainsi donc, Pierre Valentin propose une analyse globale du mal-être qui touche une partie importante des jeunes nés entre 1995 et 2013.
Il identifie plusieurs facteurs qui contribueraient à cette situation. Le premier est la place prise par le numérique dans la vie des jeunes : l’omniprésence des réseaux sociaux, la comparaison permanente avec les autres et la fragmentation de l’attention auraient renforcé un sentiment de dépendance et d’absence de contrôle sur sa propre vie.
Pour Valentin, le téléphone intelligent et les contenus rapides réduisent la capacité à soutenir un effort dans la durée, alors que l’accomplissement personnel repose souvent sur l’apprentissage, la discipline et la persévérance.
Un autre élément central de son analyse concerne le rapport à l’avenir. La génération Z évoluerait dans un contexte où le futur apparaît plus incertain et difficile à construire : crise économique, changements sociaux, préoccupations environnementales et transformations du monde du travail alimenteraient une forme d’anxiété permanente. Il estime que cette difficulté à se projeter dans l’avenir fragilise la construction personnelle, car la personne peine à inscrire son existence dans une trajectoire durable.
Enfin, Pierre Valentin pense que la crise de santé mentale est aussi liée à une montée de l’individualisation et à ce qu’il appelle une « culture thérapeutique ». À ses yeux, une société centrée davantage sur l’individu, ses émotions et son bien-être immédiat pourrait paradoxalement accroître le sentiment d’isolement. Il avance que la santé mentale ne dépend pas seulement du rapport à soi-même, mais aussi de la capacité à appartenir à une communauté, à exercer des responsabilités, à construire des liens durables et à trouver un sens dépassant la seule recherche du confort personnel.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : La dignité
Jésus ne demande pas seulement de reconnaître la complexité de l'autre; il invite à reconnaître sa dignité
Par Benoit Voyer
24 septembre 2026
Le 29 mai 2026, à Paris, à l'âge de 104 ans, nous quittait le philosophe Edgar Morin. Ce dernier se disait être agnostique et humaniste.
Il disait parfois des choses intéressantes. Le 22 janvier 2024, Morin écrivait dans Le Monde [1] : « Le progrès des connaissances a suscité une régression de la pensée ». Dans ce texte, il appelait chacun à la « résistance de l’esprit ».
Son propos était un bel écho à ce qu’il écrivait dans le cinquième volume de son maître-livre, qui en compte six, « La Méthode »[2], publié en 2001 : « Plus nous connaissons l’humain, moins nous le comprenons. Les dissociations entre disciplines le fragmentent, le vident de vie, de chair, de complexité et certaines sciences réputées humaines vidangent même la notion d’homme. »
Ainsi donc, Edgar Morin constate que notre époque fragmente l'être humain jusqu'à le vider de sa complexité.
Jésus, dans Matthieu 25, un texte phare de la foi chrétienne, va un peu plus loin. Il ne demande pas seulement de reconnaître la complexité de l'autre ; il invite à reconnaître sa dignité. Le pauvre, l'étranger, le malade ou le prisonnier ne sont pas d'abord des catégories sociales. Ils sont des personnes. Mieux encore, ils deviennent le visage même du Christ : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40).
C’est un peu ce qu’a essayé de faire la bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin. Malgré la lourde perte en bas âge de ses trois enfants et, un peu plus tard, de son mari, elle a consacré le reste de sa vie aux itinérants, aux orphelins, aux sans-travail, aux prisonniers, aux sourds, aux personnes isolées et aux malades et, fondant, à la demande de Mgr Ignace Bourget, la Congrégation des Sœurs de la Providence. Émilie a été un modèle pour les gens de son époque et demeure encore aujourd’hui une source d’inspiration.
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[1] MORIN, Edgar, « Le progrès des connaissances a suscité une régression de la pensée », Le Monde, rubrique Idées – Tribune, 22 janvier 2024. https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/22/edgar-morin-face-a-la-polycrise-que-traverse-l-humanite-la-premiere-resistance-est-celle-de-l-esprit_6212226_3232.html?utm_source=chatgpt.com
[2] MORIN, Edgar, La Méthode. Tome 5 : L'Humanité de l'humanité. L'Identité humaine, Paris, Seuil, 2001.
[1] MORIN, Edgar, « Le progrès des connaissances a suscité une régression de la pensée », Le Monde, rubrique Idées – Tribune, 22 janvier 2024. https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/22/edgar-morin-face-a-la-polycrise-que-traverse-l-humanite-la-premiere-resistance-est-celle-de-l-esprit_6212226_3232.html?utm_source=chatgpt.com
[2] MORIN, Edgar, La Méthode. Tome 5 : L'Humanité de l'humanité. L'Identité humaine, Paris, Seuil, 2001.
SAINTS ET SAINTES : Louis Émond, un laïc sur la route des autels
Par Benoit Voyer
24 septembre 2026
Louis Émond porte le nom de l’auteur du célèbre roman Maria Chapdelaine, mais n’a rien d’un intellectuel. Il s’agit plutôt d’un simple journalier de son époque, un homme issu du peuple qui consacrera sa vie au service des autres.
Il naît à Sainte-Famille, sur l'île d'Orléans, près de Québec, le 24 août 1876. Sa mère est Maria Rhéaume (1845-1922) et son père François-Xavier Émond, un petit cultivateur. Il sera baptisé dans la tradition catholique trois jours plus tard.
On ne vit pas riche chez les Émond. Afin d’aider ses parents, il commence à travailler à l’âge de 12 ans. Il gagne 1 $ par semaine dans la cave malsaine d'un sellier-tanneur. Il est un apprenti modèle, appliqué et dévoué aux intérêts de son patron.
Très tôt, il développe également une attention particulière envers les personnes plus fragiles. Louis passe ses soirées au service de la jeunesse défavorisée au Patronage Saint-Vincent-de-Paul. Cette présence auprès des autres annonce déjà ce qui marquera toute sa vie : une foi qui ne se limite pas aux pratiques religieuses, mais qui cherche à se traduire par un engagement concret.
Le 12 mai 1902, il unit sa destinée à Maria Gingras. Il a 26 ans. Rapidement, il achète une maison dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, au coût de 400 $. Leurs trois enfants y grandiront. En tout, ils y demeureront pendant 42 ans.
Il s’implique dans le syndicalisme catholique afin de se porter à la défense des ouvriers. Cette implication rejoint profondément son expérience personnelle. Louis Émond connaît le monde du travail de l’intérieur. Il n’est pas un observateur éloigné des difficultés des travailleurs, mais un homme qui partage leur réalité.
Au conseil municipal de Québec, il représente le quartier Saint-Sauveur, un secteur défavorisé de la ville. En 1926, 3 000 ouvriers sont mis à pied. Par solidarité, Louis Émond démissionne de son poste. Il deviendra percepteur des arrérages de taxes municipales.
Sur le plan religieux, il fonde le Comité du Sacré-Cœur. Il deviendra un proche du père Victor Lelièvre. Leur amitié durera une trentaine d’années. Le religieux dira de son ami Louis : « La découverte de ce Louis d'or fut l'une des grandes grâces de ma vie. »
Fondé en 1919, le Comité du Sacré-Cœur représente une vision particulière de l’engagement des laïcs. Il ne s’agit pas seulement d’aider un prêtre dans ses activités, mais de former des hommes capables d’unir la prière, la vie spirituelle et l’action auprès de leur milieu.
Le père Lelièvre était un prédicateur capable de toucher les foules. Louis Émond, pour sa part, possédait une autre force : celle de l’accompagnement. Il savait aider les personnes à transformer un moment de grâce en engagement durable.
En 1930, avec Victor Lelièvre, il fonde, à Québec, la Maison Jésus-Ouvrier. On s’y spécialise dans les retraites spirituelles pour « le monde ordinaire ». L’objectif est clair : offrir aux ouvriers et aux personnes simples un temps de ressourcement spirituel qui leur soit adapté.
À cette époque, les retraites spirituelles sont souvent associées aux milieux plus instruits ou aux classes dirigeantes. Louis Émond et le père Lelièvre veulent rejoindre les travailleurs, les familles et ceux qui n’ont pas toujours accès à ce type de formation spirituelle.
Louis Émond prend la direction de la Maison. Il n’hésitera pas à passer de maison en maison afin de « vendre » la retraite fermée comme étant une « police d'assurance pour le ciel ».
Cette expression révèle bien son tempérament. Louis Émond possède un sens pratique remarquable et une foi communicative. Il ne cherche pas à convaincre par de grands discours, mais par une parole simple, directe et profondément humaine.
Durant 27 ans, les retraites se terminent par une conférence de Louis Émond. Un retraitant dira un jour : « C'est le père Lelièvre qui a préparé ma confession, et le père X qui l'a entendue; mais c'est Louis Émond qui m'a décidé à persévérer. »
La phrase résume bien son rôle. Le père Lelièvre pouvait provoquer une conversion par la force de sa prédication. Louis Émond aidait ensuite les personnes à demeurer fidèles dans le temps.
Cette reconnaissance n’échappe pas à l’Église. En 1922, le pape Pie XI lui remet la décoration de chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
Louis Émond représente une figure importante de l’histoire religieuse québécoise : celle d’un laïc engagé bien avant que la place des fidèles dans la mission de l’Église soit largement reconnue. Père de famille, travailleur, citoyen engagé et homme de prière, il démontre qu’une vie ordinaire peut devenir un véritable témoignage spirituel.
Il est décédé à Québec le 26 septembre 1949, à l'âge de 73 ans. Il est inhumé dans le lot A 4 43 du Cimetière Saint-Vallier, une composante du Cimetière Saint-Charles, à Québec.
Il a reçu le titre de « serviteur de Dieu ». Ainsi donc sa cause, en vue d’une future canonisation, est à l’étude.
Si l’Église devait un jour reconnaître officiellement sa sainteté, elle mettrait en lumière une figure particulière : celle d’un homme laïc qui, au cœur de sa famille, de son travail et de son milieu social, a consacré sa vie au service de Dieu et de ses frères.
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Sources:
Anonyme. « Le père Lelièvre », Renaissance catholique au Canada, page consultée le 16 juillet 2026. https://crc-canada.net/eglise-au-canada/20e-siecle/pere-lelievre.html
Benoit Voyer. « Louis Émond, un saint laïc », Benoit Voyer en liberté, 25 septembre 2025. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/09/article-du-jour-louis-emond-un-saint.html
Benoit Voyer. « Louis Émond, cofondateur de la maison Jésus-Ouvrier » Benoit Voyer en liberté, 15 mai 2025. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/louis-emond-cofondateur-de-la-maison.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le père Armand Gagné au service des chrétiens persécutés
Le père Armand Gagné
Depuis plus de douze ans, le père Armand Gagné, de l’Ordre des Trinitaires, s’est engagé à soutenir les chrétiens persécutés à cause de leur foi et à sensibiliser le plus de gens possible à ce problème. Il apporte une aide concrète dans certains pays où la liberté religieuse est interdite. Il sait que chaque geste est important, aussi petit soit-il. C’est pour cette raison qu’il demeure optimiste. « On ne peut pas désespérer. Oh non! Moi, je garde un grand espoir dans l’avenir. » Le père Gagné connaît les besoins grandissants de ces chrétiens, car il constate comme nous tous la montée de l’intégrisme, du fanatisme religieux et des manifestations d’intolérance.
Au Canada, l’intolérance commence à émerger envers ceux et celles qui vivent leur engagement religieux librement. Beaucoup de gens remettent leur foi en question.
Ailleurs dans le monde, par contre, les démonstrations d’intolérance sont empreintes de violence : en Algérie, dans la nuit du 26 au 27 mars dernier, sept moines trappistes ont été enlevés par le Groupe armé révolutionnaire. Le pire est toujours à craindre dans ces cas-là.
En Chine, le père Liao Hai Quing a passé trente-trois ans en prison à cause de ses convictions religieuses. En Égypte, trois chrétiens coptes ont été assassinés au mois d’octobre dernier. Au Burundi, depuis deux ans, quatorze prêtres ont été assassinés. Au Kenya, les tensions entre l’Église et l’État s’amplifient.
La liste s’allonge continuellement. Les gens comme vous et moi ont peine à croire qu’encore aujourd’hui on use de violence afin d’empêcher des prêtres, des religieuses et des laïques d’afficher leurs convictions.
Ainsi que l’affirme le père Armand Gagné dans son éditorial du dernier numéro de « La voix de Jésus Nazaréen », des pays comme l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie ainsi que plusieurs pays d’Afrique connaissent un manque de liberté religieuse flagrant.
Sa mission
Aujourd’hui, en plus des occupations de son ministère, le père Armand Gagné respecte toujours les responsabilités rattachées à ce désir de sensibilisation entrepris, il y a douze ans. « J’avoue ouvertement que la tâche est plus difficile si on pense, par exemple, qu’au Québec, il y a une grande baisse au point de vue de la foi et que cela équivaut à un manque d’intérêt de la part des chrétiens.
C’est donc en ce sens — information, support, aide concrète — qu’il a fondé un bulletin trimestriel « La voix de Jésus Nazaréen » publié et diffusé par la Fondation des amis du père Armand Gagné, en collaboration avec les Trinitaires.
Par l’entremise de ce bulletin, il lui est possible de souligner les faits récents concernant des injustices religieuses commises partout dans le monde. Mais, c’est aussi et surtout un message d’espoir qu’il désire propager en permettant à ses lecteurs de constater les résultats de l’aide apportée par la Fondation des amis dans certains pays où les conditions politiques et sociales le permettent.
Son parcours
Tout a commencé pendant les huit années (de 1975 à 1983) où il était missionnaire au Guatemala. Le père Armand Gagné voyait alors l’injustice humaine et religieuse de très près, mais sans se douter qu’il allait en apprendre davantage à ce propos.
En 1983, lors d’un séjour chez les Trinitaires, à Rome, on le nomme responsable d’une mission, soit sensibiliser et informer sur ce qui se passe vraiment par rapport à la persécution des chrétiens à cause de leur foi.
Pour ce faire, le père Gagné qui comme d’autres a de la difficulté à croire que le phénomène est aussi répandu qu’on le dit, va vérifier lui-même.
Sa recherche l’amène à séjourner dans plusieurs pays, souvent sous le couvert de l’anonymat puisque le simple fait de déclarer son état de prêtrise aurait pu lui empêcher de passer certaines frontières.
D’abord en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Russie, en Chine, au Vietnam, puis en Amérique Latine, partout il rencontre des prêtres, des évêques, des religieuses, des laïques. Avec eux, il échange sur la façon dont ils vivent leur foi là-bas et, parfois, ils doivent le sensibiliser sur un problème. Il entre en contact avec des organismes autant politiques, sociaux que religieux.
En Tchécoslovaquie, il réussit à parler à des prêtres qui vivent toujours cachés. En Pologne, il y retourne plus d’une fois, car avec l’aide des Polonais, il peut établir des contacts avec les pays de l’Est et ainsi répandre de l’information et de l’espoir. En cours de voyage, il apprend que c’est par milliers que des prêtres, des religieuses et des laïques sont tués et que d’autres ont passé trente ans et plus en prison à cause de leurs convictions religieuses. Il voit aussi les deux visages de l’Église en Chine : Église clandestine et Église patriotique (contrôlée par l’État).
À la fois, il donne et il reçoit des informations. Il en fait rapport régulièrement à Rome et à sa communauté. Il établit des contacts.
Des rencontres inoubliables, inestimables qui, à partir d’un parcours laborieux et parfois même dangereux, ont fait qu’il est revenu ici grandi dans sa foi et dans son espérance.
De retour au pays
Ces voyages qui s’échelonnent sur une période de 6 à 7 ans prennent fin et le père Gagné revient dans sa communauté de Montréal où il tient une correspondance continue avec ses nombreux amis de par le monde. Établi à Granby depuis maintenant trois ans, il poursuit son travail de sensibilisation.
« La voix de Jésus Nazaréen » adopte le projet d’aider un pays en particulier et c’est le Vietnam qui est choisi puisque les contacts y sont plus faciles et que là-bas on s’ouvre lentement à la liberté religieuse.
Sa pensée
Selon le père Gagné, il y a des chrétiens qui sont persécutés parce qu’ils s’engagent dans une lutte contre les injustices humaines et il y a ceux qui sont persécutés parce qu’ils essaient de pratiquer en toute liberté leur religion. Les uns rejoignent les autres quelque part, il est vrai, mais, selon lui, c’est la liberté religieuse qui est à la base de toutes les libertés.
« C’est l’unité de l’Église qui fait sa force; les chrétiens de par le monde savent qu’ils ne sont pas seuls », confie-t-il. De plus, maintenant, ils ont une voix en la personne du pape Jean-Paul II. C’est ce qui fait qu’il faut garder espoir.
Ce prêtre qui vit dans une communauté parmi tant d’autres consacre, à cette cause, efforts et prières.
Ses origines
Le père Armand Gagné est natif du Saguenay. Il a grandi dans la ville de La Baie. Ses études complétées au Séminaire de Chicoutimi, il entre chez les Trinitaires en 1954 et est ordonné prêtre en 1959. Rattaché à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal, il travaille comme aumônier pendant deux ans à la prison des femmes Tanguay, entre autres, avant de partir en mission au Guatemala.
La Fondation des Amis du père Armand Gagné
C.P. 204
Succ. S
Montréal (Québec)
H4E 4H7
Au service des chrétiens persécutés
Depuis plus de douze ans, le père Armand Gagné, de l’Ordre des Trinitaires, s’est engagé à soutenir les chrétiens persécutés à cause de leur foi et à sensibiliser le plus de gens possible à ce problème. Il apporte une aide concrète dans certains pays où la liberté religieuse est interdite. Il sait que chaque geste est important, aussi petit soit-il. C’est pour cette raison qu’il demeure optimiste. « On ne peut pas désespérer. Oh non! Moi, je garde un grand espoir dans l’avenir. » Le père Gagné connaît les besoins grandissants de ces chrétiens, car il constate comme nous tous la montée de l’intégrisme, du fanatisme religieux et des manifestations d’intolérance.
Au Canada, l’intolérance commence à émerger envers ceux et celles qui vivent leur engagement religieux librement. Beaucoup de gens remettent leur foi en question.
Ailleurs dans le monde, par contre, les démonstrations d’intolérance sont empreintes de violence : en Algérie, dans la nuit du 26 au 27 mars dernier, sept moines trappistes ont été enlevés par le Groupe armé révolutionnaire. Le pire est toujours à craindre dans ces cas-là.
En Chine, le père Liao Hai Quing a passé trente-trois ans en prison à cause de ses convictions religieuses. En Égypte, trois chrétiens coptes ont été assassinés au mois d’octobre dernier. Au Burundi, depuis deux ans, quatorze prêtres ont été assassinés. Au Kenya, les tensions entre l’Église et l’État s’amplifient.
La liste s’allonge continuellement. Les gens comme vous et moi ont peine à croire qu’encore aujourd’hui on use de violence afin d’empêcher des prêtres, des religieuses et des laïques d’afficher leurs convictions.
Ainsi que l’affirme le père Armand Gagné dans son éditorial du dernier numéro de « La voix de Jésus Nazaréen », des pays comme l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie ainsi que plusieurs pays d’Afrique connaissent un manque de liberté religieuse flagrant.
Sa mission
Aujourd’hui, en plus des occupations de son ministère, le père Armand Gagné respecte toujours les responsabilités rattachées à ce désir de sensibilisation entrepris, il y a douze ans. « J’avoue ouvertement que la tâche est plus difficile si on pense, par exemple, qu’au Québec, il y a une grande baisse au point de vue de la foi et que cela équivaut à un manque d’intérêt de la part des chrétiens.
C’est donc en ce sens — information, support, aide concrète — qu’il a fondé un bulletin trimestriel « La voix de Jésus Nazaréen » publié et diffusé par la Fondation des amis du père Armand Gagné, en collaboration avec les Trinitaires.
Par l’entremise de ce bulletin, il lui est possible de souligner les faits récents concernant des injustices religieuses commises partout dans le monde. Mais, c’est aussi et surtout un message d’espoir qu’il désire propager en permettant à ses lecteurs de constater les résultats de l’aide apportée par la Fondation des amis dans certains pays où les conditions politiques et sociales le permettent.
Son parcours
Tout a commencé pendant les huit années (de 1975 à 1983) où il était missionnaire au Guatemala. Le père Armand Gagné voyait alors l’injustice humaine et religieuse de très près, mais sans se douter qu’il allait en apprendre davantage à ce propos.
En 1983, lors d’un séjour chez les Trinitaires, à Rome, on le nomme responsable d’une mission, soit sensibiliser et informer sur ce qui se passe vraiment par rapport à la persécution des chrétiens à cause de leur foi.
Pour ce faire, le père Gagné qui comme d’autres a de la difficulté à croire que le phénomène est aussi répandu qu’on le dit, va vérifier lui-même.
Sa recherche l’amène à séjourner dans plusieurs pays, souvent sous le couvert de l’anonymat puisque le simple fait de déclarer son état de prêtrise aurait pu lui empêcher de passer certaines frontières.
D’abord en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Russie, en Chine, au Vietnam, puis en Amérique Latine, partout il rencontre des prêtres, des évêques, des religieuses, des laïques. Avec eux, il échange sur la façon dont ils vivent leur foi là-bas et, parfois, ils doivent le sensibiliser sur un problème. Il entre en contact avec des organismes autant politiques, sociaux que religieux.
En Tchécoslovaquie, il réussit à parler à des prêtres qui vivent toujours cachés. En Pologne, il y retourne plus d’une fois, car avec l’aide des Polonais, il peut établir des contacts avec les pays de l’Est et ainsi répandre de l’information et de l’espoir. En cours de voyage, il apprend que c’est par milliers que des prêtres, des religieuses et des laïques sont tués et que d’autres ont passé trente ans et plus en prison à cause de leurs convictions religieuses. Il voit aussi les deux visages de l’Église en Chine : Église clandestine et Église patriotique (contrôlée par l’État).
À la fois, il donne et il reçoit des informations. Il en fait rapport régulièrement à Rome et à sa communauté. Il établit des contacts.
Des rencontres inoubliables, inestimables qui, à partir d’un parcours laborieux et parfois même dangereux, ont fait qu’il est revenu ici grandi dans sa foi et dans son espérance.
De retour au pays
Ces voyages qui s’échelonnent sur une période de 6 à 7 ans prennent fin et le père Gagné revient dans sa communauté de Montréal où il tient une correspondance continue avec ses nombreux amis de par le monde. Établi à Granby depuis maintenant trois ans, il poursuit son travail de sensibilisation.
« La voix de Jésus Nazaréen » adopte le projet d’aider un pays en particulier et c’est le Vietnam qui est choisi puisque les contacts y sont plus faciles et que là-bas on s’ouvre lentement à la liberté religieuse.
Sa pensée
Selon le père Gagné, il y a des chrétiens qui sont persécutés parce qu’ils s’engagent dans une lutte contre les injustices humaines et il y a ceux qui sont persécutés parce qu’ils essaient de pratiquer en toute liberté leur religion. Les uns rejoignent les autres quelque part, il est vrai, mais, selon lui, c’est la liberté religieuse qui est à la base de toutes les libertés.
« C’est l’unité de l’Église qui fait sa force; les chrétiens de par le monde savent qu’ils ne sont pas seuls », confie-t-il. De plus, maintenant, ils ont une voix en la personne du pape Jean-Paul II. C’est ce qui fait qu’il faut garder espoir.
Ce prêtre qui vit dans une communauté parmi tant d’autres consacre, à cette cause, efforts et prières.
Ses origines
Le père Armand Gagné est natif du Saguenay. Il a grandi dans la ville de La Baie. Ses études complétées au Séminaire de Chicoutimi, il entre chez les Trinitaires en 1954 et est ordonné prêtre en 1959. Rattaché à la paroisse Saint-Jean-de-Matha de Montréal, il travaille comme aumônier pendant deux ans à la prison des femmes Tanguay, entre autres, avant de partir en mission au Guatemala.
Christiane Pillette
La Fondation des Amis du père Armand Gagné
C.P. 204
Succ. S
Montréal (Québec)
H4E 4H7
(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1996, pp. 10 à 12)
PSYCHOLOGIE : Ce besoin de se confier
Par Benoit Voyer
23 septembre 2026
Échanger des confidences est un besoin profondément humain. Parler de ce que nous vivons permet de mieux comprendre nos émotions, de recevoir du soutien et de créer des liens plus forts. Malheureusement, en ces temps qui sont les nôtres, on dirait qu’il y a eu un déplacement dans l’équilibre entre l’intimité partagée et l’exposition de soi.
Dans un article paru dans l’édition du 18 mars 2026 du magazine Psychologies, Dominique Page, docteure en psychologie et psychothérapeute, explique que la confidence remplit plusieurs fonctions essentielles. Elle aide à réguler nos émotions, nous apporte une validation lorsque nous doutons de nos réactions et nous permet de donner un sens à nos expériences.
Dès 1994, des travaux menés par les psychologues Nancy Collins et Lynn Miller de l’Université de Buffalo avaient déjà montré que ceux et celles qui partagent certains éléments intimes de leur vie sont souvent davantage appréciés que ceux et celles qui restent uniquement dans des échanges superficiels.
Un changement culturel semble s’être produit. La pudeur, autrefois associée à la retenue, semble parfois être devenue suspecte. La docteure Page observe que « la transparence est devenue un impératif moral, presque la preuve ultime d’authenticité ». La téléréalité, les réseaux sociaux et la recherche constante de visibilité ont contribué à valoriser l’exposition de soi et la mise en scène de son histoire intime.
Cette évolution a toutefois ses limites. Parler de ses souffrances peut être libérateur, notamment lorsqu’il permet de sortir de l’isolement, mais comme le souligne la psychanalyste Barbara-Ann Hubert dans ce texte de Psychologies, « se raconter sans filtre ne conduit pas nécessairement à un chemin d’évolution ». À force de revenir constamment sur ses blessures, une personne peut finir par se définir uniquement par ce qu’elle a subi.
Cherche-t-on une écoute, un soutien, un conseil ou simplement un soulagement immédiat ? Avant de se confier, il serait utile de s’interroger sur ses motivations. Une confidence importante peut avoir un coût psychologique et relationnel. Elle peut modifier durablement le regard que l’autre porte sur nous.
Bien choisir à qui on se confie est donc important. Une personne capable d’écouter avec bienveillance peut offrir un espace sécurisant. À l’inverse, certaines confidences peuvent être mal reçues, utilisées contre nous ou placer l’autre dans une position qu’il n’est pas capable d’assumer. Une confidence demande une préparation et une attention à l’autre. Il ne s’agit pas de « vider son sac », mais d’entrer dans une véritable relation.
FLASH : La cathédrale catholique Saint-Michel, à Sherbrooke
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La cathédale catholique Saint-Michel, à Sherbrooke, le 22 septembre 2026. En ce lieu repose sainte Marie-Léonie Paradis. |
FLASH : L'automne à Wotton, en Estrie
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| 6e rang, Wotton, 22 septembre 2026 |
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| Wotton, 22 septembre 2026 |
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| 6e rang, Wotton, 22 septembre 2026 |
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| Chemin Courtemanche, Wotton, 22 septembre 2026 |
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| 8e rang, Wotton, 22 septembre 2026 |
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| 8e rang, Wotton, 22 septembre 2026 |
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| 6e rang, Wotton, 22 septembre 2026 |
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Sans jamais voir les résultats de ses efforts
Par Benoit Voyer
23 septembre 2026
La puissance de la foi chrétienne ressemble davantage au ruisseau qu’au bulldozer. De même en est-il de l’espérance. Elle fait penser aux framboisiers.
Ces images ne sont pas de moi, mais de Claude Ryan et de Mgr André Gaumond.
En 1999, Monsieur Ryan me racontait que dans les mouvements d’Action catholique, il a appris que le résultat du travail ne se voit pas tout le temps : « J’ai constaté que ceux qui jugeaient des résultats en fonction des choses visibles se nourrissaient d’illusions vaines. Tandis que si vous travaillez en profondeur avec foi, le résultat extérieur n’est pas important. »
Il ajoutait : « Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. […] C'est long [mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »
Il y a un p’tit quelque chose des textes évangéliques là-dedans. Le disciple part, annonce, guérit, rencontre. Et le résultat ne lui appartient pas. S’il n’est pas accueilli, Jésus ne lui demande pas de convaincre à tout prix : « sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds ». Ainsi, il faut savoir agir et partir, semer et ne pas posséder le résultat.
En 1996, c’est un peu la leçon que me faisait l’archevêque de Sherbrooke, Mgr André Gaumond, en me racontant cette parabole moderne : « Quand on coupe des arbres dans la forêt, ça fait une éclaircie. L’année suivante, des framboisiers apparaissent. Pourquoi? Ce n’est pas un miracle! Il n’y a pas de “génération spontanée” dans la nature. Ça veut dire qu’il y avait des graines de framboisiers avant la coupe des arbres. Elles attendaient les conditions favorables pour éclore. Il semble qu’elles peuvent attendre jusqu’à 75 ans. Ne pas voir le fruit de son travail, ce n’est peut-être pas si anti-naturel ! »
SAINTS ET SAINTES : La bienheureuse Émilie Tavernier - Gamelin
Par Benoit Voyer
23 septembre 2026
C’est le 19 février 1800, à Montréal, que naît Émilie Tavernier, dit Sanspitié, fille d’Antoine Tavernier et Marie-Josephe Maurice. Elle est leur cinquième enfant.
En 1804, décède celle qui lui a donné la vie. C’est une tante, du côté de son père, qui veillera sur elle. Il la suivra dix ans plus tard.
Le 4 juin 1823, Émilie Tavernier épouse Jean-Baptiste Gamelin. Elle a 23 ans. Lui 50 ans. Son mari qui a jadis été cordonnier, est pomiculteur. Il a la réputation d’homme bon, intègre et généreux. Un jour, en parlant d’eux, Mgr Ignace Bourget dira: « Les coeurs charitables se reconnaissent et s'unissent: on en a la preuve dans le mariage d’Émilie Tavernier à Jean-Baptiste Gamelin. »
Une série de deuils affligera Émilie. En moins de cinq ans, elle perdra son époux et ses enfants. Elle restera seule avec un enfant handicapé mental qu’elle avait adopté avec son mari.
Elle vit des heures difficiles. Pourquoi ? « Que veut de moi le Seigneur ? » Le prêtre qui l’accompagne spirituellement depuis quelques années l’écoute et tente de la consoler.
Elle finit par se consacrer entièrement aux plus pauvres qu’elle rencontre.
À 42 ans, elle fait des vœux privés chasteté perpétuelle, de service des pauvres pour toujours, de vigilance sur ses conversations pour qu'en elle la charité soit toujours grandissante et d'enlever tout luxe et toute parure dans les vêtements qu’elle porte.
Au fait des œuvres de charité d'Émilie Tavernier-Gamelin, Mgr Ignace Bourget veut en assurer la permanence en fondant une communauté religieuse. Ainsi, la Congrégation des Sœurs de la Providence est fondée en 1843. Émilie en deviendra la première religieuse.
Le 23 septembre 1851, Émilie quitte ce monde.
Béatification
Émilie Tavernier-Gamelin est déclarée « bienheureuse » par le Pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001, sur la Place Saint-Pierre, à Rome.
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| Mgr Christian Lépine, le 20 octobre 2024, à cathédrale de Montréal |
Le 20 octobre 2024, à 17h, Journée mondiale des missions et jour de la canonisation de Marie-Léonie Paradis, dans la cathédrale Marie-Reine-du Monde, à Montréal, l'archevêque catholique de Montréal, Mgr Christian Lépine, préside une messe spéciale à l'occasion du lancement du procès diocésain en vue de sa canonisation. Un nouveau miracle serait survenu.
Dans son introduction à la célébration, Mgr Lépine lance : « Faire mémoire d’Émilie Tavernier-Gamelin en rappelant la vie et l’œuvre de la bienheureuse nous garde dans l’émerveillement et l’action de grâce. Que notre célébration soit un chant d’amour et de reconnaissance au Dieu Providence pour le don d’Émilie […] et de tous ceux et celles qui, aujourd’hui comme hier, désirent « se faire Providence » pour demain »,
Pour cette célébration multilingue, qui dure près de deux heures, Christian Lépine est bien entouré. Il est notamment possible de reconnaître l’abbé Aleksander Dudik, vice-chancelier et président de l’enquête diocésaine; Chantal Labrèche, chancelier au diocèse montréalais; le père Alain Vaillancourt, curé de la cathédrale, Lorena Otero, celle qui raconte quotidiennement et avec passion l’histoire de la « sainte » aux visiteurs qui se présentent au musée du Centre Émilie-Gamelin depuis près de 20 ans; et, presque toutes les Sœurs de la Providence capables d’être présentes.
La célébration débute avec une quinzaine de minutes de retard. Un problème de circulation retarde l'arrivée de deux autobus de religieuses, les principales intéressées par cet événement rendant hommage à leur fondatrice.
En entendant la première lecture de l’eucharistie, tirée du livre biblique des Proverbes, il est impossible d’oublier la mémoire de Jean-Baptiste Gamelin, l’époux d’Émilie, mort beaucoup trop jeune et qu’on oublie bien souvent lorsqu’on fait mémoire de celle qu’il aimait de tout son cœur : « Une femme parfaite, qui la trouvera? Elle est précieuse plus que les perles! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle est debout quand il fait encore nuit pour préparer les repas de sa maison. […] Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. »
Dans son homélie, l’archevêque est, comme à son habitude, bref et simple. Il souligne qu’Émilie Gamelin a « su percevoir la dignité éminente de chaque être humain » et que « la sainteté ne réside pas juste dans les choses extraordinaires, mais dans les gestes simples du quotidien ». Il insiste sur le fait qu’à la suite d’Émilie Tavernier, « chacun est appelé à devenir un instrument pour défendre les plus pauvres et la justice sociale ». Enfin, il souhaite qu’avec le procès diocésain en vue de sa canonisation, le diocèse de Montréal trouve des pistes d’inspiration pour l’avenir de sa grande communauté de foi.
Dans l'introduction du livret de la célébration, on indique qu'en ce moment, il reste « encore trois étapes à franchir pour qu'une personne béatifiée puisse être canonisée et déclarée sainte. Tout d'abord, le présumé miracle doit être jugé légitime par un tribunal diocésain composé de juges, après que ceux-ci ont entendu des témoignages et examiné des documents. Deuxièmement, la recommandation et la documentation sont envoyées au Vatican pour une enquête complémentaire. Enfin, si les conclusions de l’enquête sont positives, la recommandation de canonisation est transmise au pape […] pour qu’il prenne les mesures nécessaires ». Ainsi donc, il faudra, le chemin vers une éventuelle canonisation pourrait long.
Le 24 septembre de chaque année a lieu la mémoire liturgique de la bienheureuse Émilie Tavernier – Gamelin.
REPERE GÉNÉALOGIQUE : Émilie Tavernier-Gamelin et moi
Par Benoit Voyer
23 septembre 2026
Pour faire une histoire courte, je suis un très lointain cousin d’Émilie Tavernier. Notre lien commun est Jean Côté (1603-1661), mon 9e arrière-grand-père. Par la suite, il faut des chemins croisés pour établir le lien entre elle et moi. J’avoue que c’est un peu difficile de s’y retrouver.
Pour faire une histoire plus courte, Claude Maurice et Madeleine Dumouchel, les arrière-arrière-grands parents d’Émilie Tavernier sont les 6e arrière-grands parents d’Annie Maurice, ma belle-sœur. Elle est mariée à mon frère Clément depuis 1986.
La mère d’Amélie est Marie-Joseph Maurice. Son grand-père : François. Son arrière-grand-père : Joseph. Et, son 2e arrière-grand-père : Claude Maurice.
Du côté de ma belle-sœur Anne… Son père est Gaston Maurice. Son grand-père : Arthur. Son arrière-grand-père : Louis-Octave. Ses 2e et 3e arrière : Paul et Paul. Son 4e : Joseph. Son 5e : Maurice Maurice. Et son 6e arrière-grand-père : Claude Maurice.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les Trinitaires dénoncent la persécution des chrétiens
Pour nous, Québécois, la persécution religieuse demeure une réalité lointaine et peu concrète. Elle existe pourtant dans plusieurs pays. Le père Armand Gagné du monastère des Trinitaires de Granby s’est rendu en Espagne en décembre dernier pour assister au congrès sur l’apostolat des Trinitaires et souligner l’inauguration des fêtes du 800e anniversaire de l’approbation de la communauté. La libération des captifs étant l’une des grandes missions des Trinitaires, on a beaucoup parlé, lors de ce congrès, de la situation des chrétiens persécutés à travers le monde.
« Il faut que les gens soient au courant! Des centaines de milliers de personnes sont emprisonnées ou maltraitées en raison de leur foi », rapporte le père Armand, qui a déjà visité d’innombrables pays pour défendre cette cause. Il mentionne notamment le cas de huit Trinitaires prisonniers d’un camp de réfugiés au Congo depuis un an.
Le Soudan est un autre exemple de cas de persécution. « Là-bas, l’Église n’est pas reconnue. Des milliers de chrétiens sont chassés dans le désert par les intégristes. Nous envoyons de l’argent pour aider des enfants qui sont vendus dans la rue. Ces jeunes sont souvent rééduqués pour devenir intégristes et tuer les chrétiens! Nous les rachetons pour les libérer ou les rendre à leur famille », confie-t-il.
Le Vietnam, l’Algérie, le Liban, l’Israël sont d’autres endroits où la liberté religieuse est de plus en plus limitée. « Des chrétiens y risquent leur vie chaque jour… », de terminer le père Armand.
(Samedi Express, 16 janvier 1999, p. 10)
MUSIQUE : Béatrice au grand cœur de pirate
Par Benoit Voyer
22 septembre 2026
C’est aujourd’hui l’anniversaire de Béatrice Martin
« Cœur de Pirate » est née le 22 septembre 1989 à Outremont, devenu un arrondissement de Montréal. Elle est la fille aînée de Nicolas Martin, un ingénieur en informatique et frère du comédien Alexis Martin, et d’Élise Desjardins. Sa mère est pianiste classique, chambriste et accompagnatrice.
Béatrice commence à jouer du piano à l'âge de trois ans. À l’âge de 9 ans, elle entre au Conservatoire de musique du Québec, à Montréal. Elle y étudie pendant cinq ans.
À 15 ans, elle se joint au groupe post-hardcore December Strikes First. Elle y joue du clavier. Plus tard, de la fin 2007 à avril 2008, elle sera brièvement la claviériste de Bonjour Brumaire.
C’est en 2008 que paraît son premier album.
En septembre 2025, Béatrice nous offre la pièce-titre Cavale, premier extrait de son nouvel album.
À partir du 6 novembre 2025, Cœur de Pirate part pour une nouvelle tournée. Elle termine son année 2025 à Montréal, Québec, Toronto, Sherbrooke et Moncton. En février et mars 2026, elle est en Europe où elle s’arrête, notamment à Strasbourg, le 26 février, et à Paris, le 12 mars. Enfin, en avril et mai, elle se produit en Montérégie, dans les Laurentides, à Laval, en Outaouais et dans la pittoresque région de Lanaudière.
Une artiste au tournant d’une nouvelle étape
Près de dix-huit ans après ses débuts remarqués aux Francos de Montréal, Cœur de Pirate demeure une figure importante de la chanson québécoise. Toutefois, derrière le succès, les tournées et les albums, Béatrice Martin arrive aujourd’hui à un moment de réflexion sur la suite de son parcours.
Lors d’une entrevue accordée au Journal de Montréal, le 19 juin 2026, elle confiait songer à ralentir la cadence. Les Francos de Montréal occupent une place particulière dans son histoire : en 2008, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, le festival lui avait offert une première grande visibilité en lui permettant de se produire au Club Soda. Cette occasion avait contribué à lancer sa carrière, notamment vers le marché européen.
Aujourd’hui, alors qu’elle poursuit la tournée Cavale, elle reconnaît que les longues heures sur la route sont plus exigeantes que jadis. La séparation avec ses enfants, Romy et Arlo, est toujours un peu difficile. Après plusieurs années consacrées à la musique, elle ressent le besoin de mieux prendre soin d’elle.
Dans cet entretien, Béatrice Martin racontait qu’elle vit avec un syndrome auto-inflammatoire non différencié, une réalité qui l’amène à considérer davantage ses limites physiques et mentales. Elle ne remet pas en question son amour de la musique, mais elle réfléchit à une nouvelle façon de poursuivre son parcours.
Après avoir connu les grandes scènes du Québec et de l’Europe, Cœur de Pirate semble maintenant chercher un équilibre différent entre la création artistique, la santé et la vie personnelle.
FLASH : Le sentier du puits, à Val-des-sources
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| Le sentier du puits, à Val-des-sources, en Estrie, le 22 septembre 2026. Il s'agit de l'ancienne mine d'Asbestos qui peu à se végétalise. |
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