ÉTHIQUE : Aide médicale à mourir et troubles mentaux

Aide médicale à mourir et troubles mentaux

Par Benoit Voyer

5 octobre 2026

À compter du 17 mars 2027, les personnes dont le seul problème médical est un trouble mental, comme une dépression majeure, un trouble bipolaire ou une schizophrénie, pourront demander l'aide médicale à mourir (AMM). À moins que le Parlement ne modifie de nouveau le Code criminel, cette disposition entrera en vigueur le 17 mars 2027, comme le prévoit le projet de loi C-62 [1], déjà intégré au Code criminel.

Le principe a été adopté en 2021 avec le projet de loi C-7. Son application a été reportée à deux reprises afin de laisser davantage de temps aux gouvernements, aux ordres professionnels et au milieu de la santé pour préparer le cadre clinique et les mécanismes d'évaluation.

Le dossier est controversé. En juin 2026, un comité parlementaire a recommandé au gouvernement canadien de maintenir l'exclusion des troubles mentaux comme seule condition donnant accès à l'AMM. Les parlementaires estiment notamment que la notion d'« irrémédiabilité » est particulièrement difficile à établir en psychiatrie et que les risques d'erreur demeurent très préoccupants.

Libre choix
Dans une lettre parue dans Le Devoir du 18 juillet 2026 [2], Laurent Boisvert, Mona Gupta et Valérie Fernandez écrivent qu'une personne vivant avec un problème de santé mentale est capable d’exercer ses droits lorsqu’elle possède l’aptitude décisionnelle nécessaire. À leurs yeux, il serait discriminatoire d’exclure l’ensemble des personnes atteintes de troubles mentaux au motif que certaines pourraient ne pas être aptes à prendre une décision libre et éclairée. Ils rappellent que l’évaluation de l’aptitude doit toujours être réalisée cas par cas, comme pour d’autres situations médicales complexes.

Pour eux, les professionnels de la santé mentale disposent déjà des compétences nécessaires pour procéder à ces évaluations. Psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux, infirmières et autres intervenants évaluent quotidiennement la capacité décisionnelle, la souffrance persistante, le risque suicidaire et les facteurs de vulnérabilité. Ils écrivent que les mêmes exigences de rigueur clinique doivent s’appliquer dans le contexte de l’aide médicale à mourir.

Une question morale
Malgré les termes employés par les législateurs, une question de fond demeure : au Canada, la loi parle d'« aide médicale à mourir », tandis qu'en France on privilégie désormais l'expression « aide à mourir », notamment lorsque la personne accomplit elle-même le geste létal. Pour le Magistère de l'Église catholique, cette distinction de vocabulaire ne modifie en rien le jugement moral. Qu'il s'agisse d'euthanasie ou de suicide assisté, provoquer intentionnellement la mort d'une personne ne peut constituer une réponse acceptable à la souffrance humaine.

Dans Evangelium vitae [3], une encyclique signée par saint Jean-Paul II en 1995, et dans Samaritanus bonus [4], un document de la Congrégation de la doctrine de la foi dont le pape François a autorisé la publication en 2020, le Vatican affirme que la dignité de toute personne appelle, jusqu'au dernier instant, des soins, de la compassion et un accompagnement authentique.

Au Canada, les évêques catholiques sont intervenus à plusieurs occasions durant les travaux parlementaires afin de demander le maintien de l'exclusion des troubles mentaux comme seule condition donnant accès à l'AMM.

« Permettre ou faciliter le suicide de ces patients contredit directement les stratégies nationales de prévention du suicide et renie notre responsabilité collective d'offrir aux personnes vivant avec des problèmes de santé mentale des traitements, du soutien et de l'espérance par des interventions thérapeutiques […] Élargir l'accès à l'euthanasie et au suicide assisté pour les personnes vivant avec une maladie mentale ferme la porte à tout espoir de rétablissement »[5] , écrivaient-ils dans une lettre ouverte publiée le 9 mai 2023.

Que l'on partage ou non cette vision, tout cela rappelle que le débat sur l'aide à mourir ne se limite pas aux aspects juridiques ou médicaux. Il y a lieu de se questionner : quelle réponse notre société souhaite-t-elle apporter à la souffrance humaine?

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[1] Gouvernement du Canada, Loi C-62. https://www.parl.ca/LegisInfo/fr/projet-de-loi/44-1/c-62
[2] Laurent Boisvert, Mona Gupta et Valérie Fernandez. « AMM et trouble mental: il faut faire confiance aux professionnels de la santé et aux patients concernés », Le Devoir, 18 juillet 2026. https://www.ledevoir.com/opinion/idees/995600/amm-trouble-mental-il-faut-faire-confiance-professionnels-sante-patients-concernes
[3] Jean-Paul II. Envengelium Vitae, 25 mars 1995. https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html
[4] Congrégation pour la doctrine de la foi. Samaritanus bonus, 14 juillet 2020. https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20200714_samaritanus-bonus_fr.html
[5] Canadian Conference of Catholic Bishop’s. Open letter from the permanent council to the Governement of Canada on Permitting Persons Living with Mental Illness to Access Euthanasia/Assisted Suicide, 9 mai 2023. https://www.cccb.ca/wp-content/uploads/2023/05/2023-05-05-Open-letter-to-Government_MAID-final.pdf?utm_source=chatgpt.com

PENSÉE


FLASH : Un des mystères du cerveau résolu

Un mystère du cerveau résolu

Les régions avant et arrière du cerveau proviennent de deux types de cellules distincts, démontrent les résultats de travaux de recherche réalisés chez les souris.

L’étude, publiée dans Nature Neuroscience et rapportée par Radio-Canada le 27 septembre, montre que cette découverte a permis aux neuroscientifiques de produire, à partir de cellules souches humaines, des neurones fonctionnels du cerveau postérieur. Une percée qui pourrait faciliter l’étude de la sclérose latérale amyotrophique et de l’amyotrophie spinale.

Les chercheurs avancent aussi que notre cerveau résulterait de la fusion de deux anciens organes au cours de l’évolution. Cette hypothèse reste toutefois à confirmer. (Benoit Voyer, 5 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Qui est mon prochain ?

Qui est mon prochain ?

Par Benoit Voyer

5 octobre 2026

La phrase résonne comme un vieux slogan à la mode : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Mais en fait, « qui est mon prochain ? » Jésus expliquait que le prochain n’est pas seulement celui ou celle que j’ai choisi ou qui fait partie de mon groupe. Mon « prochain » c’est aussi la personne que la vie met sur ma route.

En 1795, le philosophe Immanuel Kant écrivait : « La Terre n’est pas une étendue infinie, mais une surface sphérique ; les hommes ne peuvent donc pas se disperser à l’infini, mais doivent finalement se supporter les uns les autres. »

Le « prochain » rejoint l’idée de cette coexistence humaine sur une Terre que nous sommes forcés de partager.

Plus près de nous, dans les mots du pape François, on pourrait de nos jours parler d’une « mondialisation de l’indifférence ».

À mes yeux, une chose est sûre : de nos jours, l’humain a besoin d’une « anesthésie du cœur », c’est-à-dire que le cœur humain a besoin d’être anesthésié pour être opéré. Devant l’indifférence, notre cœur a besoin de passer sous le bistouri divin.

En ce jour d’élection générale au Québec, avoir le souci de mon « prochain » c’est probablement d’aller voter afin de donner à notre société ce qu’il y a de mieux. Prendre soin de la démocratie est assurément un geste d’amour.

SAINTS ET SAINTES : La bienheureuse Marie-Rose du Durocher

Marie-Rose Durocher repose dans la cocathédrale de Longueuil
La bienheureuse Marie-Rose du Durocher

Par Benoit Voyer

5 octobre 2026

La bienheureuse Marie-Rose Durocher est née dans la maison familiale, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le 6 octobre 1811. La résidence a été bâtie par Jacques Courtemanche, son arrière-grand-père, en 1725, soit une année avant l’ouverture de la concession. Il s’était établi à cet endroit avec quatre des descendants de Jacques Archambault. Ces derniers s’établirent sur la terre voisine.

À sa naissance, ses parents, Olivier Durocher (1771-1859) et Geneviève Durocher (1768-1830), lui donnent le prénom d’Eulalie. Elle est leur dixième enfant.

Lors du baptême, dans le registre paroissial, le curé, Bonaventure Alinotte, la prénomme « Mélanie ». Il écrit dans le registre paroissial : « Le six octobre mil huit cent onze, par nous curé de St-Antoine, a été baptisée Mélanie, née ce jour du légitime mariage d’Olivier Durocher et de Geneviève Durocher. Parrain Joseph Dufresne qui n’a pu signer, marraine Magdeleine Roy qui a signé avec le père. »

En cette année 1811, Ignace Bourget entre au séminaire de Québec en vue de devenir prêtre et saint Eugène de Mazenod est ordonné prêtre à Amiens, en France.

A Saint-Antoine-sur-Richelieu
Généalogie

L’arbre généalogique d’Eulalie Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.

Du côté de sa mère, Benjamin Durocher et Geneviève Marchesseau, ses grands-parents, se sont mariés à l'église Notre-Dame-des-Anges, à Québec. Par la suite, ils migreront à Saint-Antoine-sur-Richelieu. D'ailleurs, Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.

L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Marie-Rose est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.

Geneviève Durocher, la mère d’Eulalie, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse de René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.

Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821) était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm à Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jours le nom de Fort Ticonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque postée sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguillier à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils. Il apprendra à sa petite-fille Eulalie, la future sœur Marie-Rose, à lire, à écrire et l’histoire de la Nouvelle-France.

Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.

Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternels, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749) sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.

La chapelle de l'hôpital général de Québec
Sa famille

La petite histoire du père d’Eulalie et de sa famille mérite une attention spéciale. Ses origines expliquent en grande partie sa sainteté et l’exemplarité de vie chrétienne de plusieurs de ses frères et sœurs.

Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.

Le père d’Olivier s’objecte sur le choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre ! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établira à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner ? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu à ses enfants.

Séraphine (1809-1852), la sœur d’Eulalie, entrera dans la congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.

Théophile Durocher (1805-1852) sera notamment curé à Beloeil. À 20 ans, Eulalie Durocher y devient gouvernante au presbytère de Beloeil auprès de son frère Théophile. Elle sera l’hôtesse des lieux pendant douze ans, c’est-à-dire jusqu’en 1843. Elle y accueille les prêtres en repos, s’engage dans la paroisse, visite les démunis, soutient les familles en difficulté, enseigne le catéchisme aux enfants et organise les célébrations liturgiques, comme une agente de pastorale avant la lettre. Ce séjour à Beloeil lui ouvre cependant les yeux sur la pauvreté de l’instruction religieuse et le manque d’écoles, en particulier, pour les filles des campagnes.

Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.

Flavien Durocher (1800-1876) sera prêtre séculier et puis se joindra aux Prêtres de Saint-Sulpice et, en bout de course, aux Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod. Il sera longtemps curé de la communauté des Innus de Betsiamites, devenue Pessamit, avant de fonder la paroisse Saint-Sauveur, à Québec. De nos jours, le parc Durocher, situé aux coins des rues Durocher, Saint-Vallier et de Carillon, à Québec, rappelle sa mémoire. Au centre du lieu se dresse un immense monument érigé en 1912 où les paroissiens de jadis y ont souligné qu’il a été un « prêtre zélé, religieux, parfait » et un « pasteur charitable ». Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite, est au loin pour son travail ecclésiastique, il connaîtra peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs, dont Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811. Lorsque la bienheureuse Marie-Rose Durocher sera déclarée sainte, faudra-t-il penser à élever sur les autels le père Flavien Durocher ?

Le Manoir Mauvide-Genest
Enfance

Eulalie grandit comme tous les autres enfants. Ses proches diront de la petite fille qu’elle était attachante, doucement impérative, très ardente, volontaire, vive, sensible, tenace, affectueuse, tendre de cœur, d’une franchise à toute épreuve, et très gaie, mais sans légèreté.

La gamine déborde d’ardeur. Cela se manifeste au jeu avec, dit-on, « une sorte de trop-plein de vie ». Son père en dira : « Quand elle était petite, elle était bien dissipée, Jargaude ; ses habits étaient toujours déchirés, de travers, elle était pleine de jeux, au point que sa mère en était désolée et disait quelquefois : mais que ferons-nous d’Eulalie quand elle sera grande ? »[2]

Germaine Duval, dans son livre « Par le chemin du roi une femme est venue » [3], une biographie sur la bienheureuse Marie-Rose Durocher, souligne la grande intelligence de la jeune fille : « Enfant intelligente, toute jeune, elle laisse déjà voir le sens droit d’une Durocher et elle en a déjà la prudence et le sens du respect. Après sa mort, l’examen de son crâne révélera qu’il était celui d’une femme très bien douée, sous le rapport de l’intelligence, car le développement de la région frontale indique que la partie antérieure du cerveau était très développée."

Le 26 juin 1823, à Saint-Denis-sur-Richelieu, Eulalie Durocher fait sa première communion et reçoit le sacrement de la confirmation. La célébration est présidée par Mgr Jean-Jacques Lartigue, évêque de Montréal.

Flavien Durocher dans le parc Durocher, à Québec
Devenir religieuse

En mars 1827, Séraphine, la sœur d’Eulalie, décide de se faire religieuse en entrant au noviciat de la congrégation Notre-Dame. Eulalie décide de l’imiter.

À 16 ans, elle est en âge de décider sérieusement de son avenir. Sans tarder, elle demande à son père la permission de remplacer Séraphine au pensionnat. « Eh bien, lui dit son père, sois prête demain, je te conduirai à Montréal. Le lendemain […] elle remplaçait sa sœur au pensionnat pour la suivre ensuite au noviciat, lorsque son cours d’études serait terminé. Voulant appartenir à une congrégation dont l’œuvre maitresse est l’enseignement, elle ne pouvait se contenter de ce qu’elle avait appris au couvent de St-Denis. »[4]

Au pensionnat, elle se fait rapidement remarquer comme étant une personne digne de confiance, pour ses bons résultats scolaires et sa profondeur d’âme. « Elle seule ignorait son mérite […] elle reportait toute gloire au Seigneur, ne s’attribuant à elle-même que faiblesse et misère ; elle était docile, affable et d’une modestie qui ne se démentit jamais. Attentive à la voix de ses maitresses, elle l’était bien plus encore à la voix de Dieu qui lui parlait au cœur. »[5]

Malheureusement, comme il est souligné dans les comptes des élèves 1821-1829 du pensionnat de Montréal de la congrégation Notre-Dame entre 1827 et 1829 [6], elle doit s’absenter du pensionnat à cause de la maladie. Sur ses deux ans d’études, elle ne passe que six à sept mois au pensionnat.

En juin 1829, Eulalie reconnait qu’elle n’a pas l’énergie physique pour devenir enseignante. Elle quitte le couvent. « Elle croit alors que, maladive comme elle est, elle comprendrait mieux les besoins des malades et que Dieu pourrait bien la vouloir à leur service. Elle se dispose à demander son admission chez les Hospitalières de la Miséricorde qui dirigent l’Hôpital général de Québec. Avant que ne se réalise le projet, une grave maladie retient au lit, durant trois mois, la jeune Eulalie », raconte Germaine Duval.

Théophile Durocher
Faire des tâches de relève

Dans les premiers jours de 1830, Geneviève Durocher, sa mère, est atteinte d’une grave maladie. Tout espoir de guérison s’évanouit. Il ne faudra que deux semaines pour que son dernier souffle arrive.

En 1895, dans Fidelis (chapitre 1, note 64, p. 94), une œuvre sur la vie de Marie-Rose Durocher, l’auteur écrit : « Au dernier moment, la famille, à l’exception de la religieuse, entoura le lit de la mourante. Le curé de la paroisse la confesse ; puis Flavien qui était prêtre lui administra les sacrements d’eucharistie et d’extrême-onction. » La religieuse absente, c’est Séraphine.

Le départ sera difficile pour tous ses enfants, particulièrement pour Eulalie qui vit épreuve sur épreuve depuis un bout de temps.

Rapidement, elle se ressaisit. La mort de sa mère signifie qu’elle devient la maitresse de la maison. Prenant son courage à deux mains, elle s’accroche un sourire au visage et fait tout son possible pour créer de la joie autour d’elle, tentant d’imiter le plus possible les manières de sa mère. Malgré le deuil, grâce à elle, la maisonnée reprend sa vie normale.

Le 9 mars 1828, son frère, Théophile, est ordonné prêtre. Quelques mois après avoir reçu le sacrement de l’ordre, il est nommé vicaire à Saint-Benoît-des-Deux-Montagnes, devenu de nos jours un secteur de la ville de Mirabel.

À la suite du décès du curé, sa ménagère quitte le presbytère. Par délicatesse et par respect et reconnaissance pour son prédécesseur, Théophile offre à une jeune nièce du défunt qui habite au presbytère de rester avec lui. Rapidement, il se rend compte de la situation délicate dans laquelle il s’est mis, lui qui a fait vœu de chasteté. Pour ne pas s’exposer aux tentations de la chair et éviter la critique, il prie son père de lui envoyer sans tarder Eulalie afin qu’elle dirige le personnel du presbytère. Ce dernier accepte et sa fille Geneviève et son mari Pierre Allaire iront habiter avec lui.

À l’été 1831, Eulalie retourne vivre chez son père parce que Théophile est nommé curé à Beloeil.

À peine installé, Théophile propose à son père de déménager avec Eulalie dans son presbytère. Il lui explique que son âge avance et qu’à trois il leur serait possible de vivre une saine vie de famille. Le projet prend forme à la fin de 1831. À Belœil, Eulalie prend la direction du quotidien au presbytère.

Dans son nouveau patelin, Théophile présente à Eulalie « Demoiselle » Mélodie Dufresne afin de l’aider au presbytère. Elles deviendront de grandes amies.

Fonder une communauté religieuse
À la demande de l’évêque catholique de Montréal, Mgr Ignace Bourget (1799-1885), elle fonde la congrégation des Sœurs de Jésus-Marie, destinées à l’éducation. Comme l’usage le veut à cette époque, puisqu’il s’agit d’une nouvelle naissance, dit-on, elle devient sœur Marie-Rose.

La bienheureuse Marie-Rose Durocher
Décès, inhumation et mémoire

Marie-Rose Durocher décède le 6 octobre 1849, jour de son anniversaire de naissance.

De nos jours, la bienheureuse Marie-Rose Durocher repose dans la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil.

Sa mémoire liturgique est le 6 octobre.

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[1] C'est en lisant le livre "Par le chemin du Roi, une femme est venue", consacré à la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher, que j'ai découvert ce site historique tout à fait exceptionnel. C'est ici que sa mère, Geneviève Durocher, a passé son enfance, bénéficiant de l'éducation que lui offrait sa tante Anne Mauvide (1736-1799), la seigneuresse du lieu et épouse de René-Amable Durocher. L'actuel nom du manoir fait référence aux parents de sa tante, Jean Mauvide et Marie-Anne Genest dit Labarre. En plus d'être seigneur de la partie sud-ouest de l'île de 1752 à 1779, Jean Mauvide était chirurgien du roi et marchand.
C'est dans cette maison que le contrat de mariage entre Geneviève Durocher et Olivier Durocher a été signé. Ils se marieront le 20 janvier 1794, dans l'église catholique du patelin qu'il est également possible de visiter.
Ainsi donc, le Manoir Mauvide-Genest est un ancien manoir seigneurial situé à Saint-Jean, sur l'Île-d'Orléans. Il a été construit en 1734 par Jean Mauvide et agrandi en 1738 et avant 1755. La chapelle date de 1929. Il s'agit d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux qui existent au Québec. Il a été classé immeuble patrimonial en 1971 et désigné lieu historique national du Canada en 1993.
www.manoirmauvidegenest.com
[2] Témoignage de sœur Marie-Ignace (Onésime Lemieux), 25 mars 1885, ASNJM, G 1.1/41,2.
[3] Éditions Bellarmin, 1982, p. 48
[4] Fidelis, (pseud. De Jules-Henrio Prétot, o.m.i.), Mère Marie-Rose, Montréal, Desbarats et Cie, 1895, p.86-87
[5] Notes des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, ASNJM, G 1.1/37.7
[6] Cf. p.183, ASNJM, G 1.1/38,8

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le rôle du prêtre dans les téléromans

D’hier à aujourd’hui


Le rôle du prêtre dans les téléromans

Les téléromans nous offrent au fil des ans de rencontrer des prêtres.
Du curé Labelle à l’abbé Plamondon, le prêtre de la série
« Au nom du père et du fils » en passant par le petit vicaire sympathique de
« Rue des Pignons » le rôle des prêtres a changé. D’hommes sympathiques, ils
sont devenus des boucs émissaires. Voilà une histoire qu’il faut
comprendre d’épisode en épisode et cela jusqu’à la fin des émissions...

par Benoit Voyer et Jérôme Martineau


Le curé Plamondon a fait couler de l’encre le printemps dernier. Presque tous les curés ont commenté face à leurs fidèles les aventures de ce prêtre aux attitudes choquantes. D’autres ont écrit leurs commentaires dans les pages des journaux. Enfin, les lignes ouvertes des postes de radio et les émissions-débats à la télévision ont exploité le thème de la place des curés dans la société. Pendant ce temps, près de deux millions et demi de téléspectateurs avaient les yeux rivés sur le petit écran le lundi soir à 21h.

Un seul sujet était abordé au travail lors de la pause le lendemain matin : « Le curé Plamondon est écœurant, ça me rappelle une histoire que ma mère m’a contée... » Les curés étaient tout à coup au menu des règlements de comptes collectifs et individuels. Au même moment, la saga judiciaire des « Enfants de Duplessis » débutait devant les tribunaux. On croyait que le clergé et les religieuses avaient sauvé le peuple et nous apprenions qu’ils n’étaient pas sans tache.

L’abbé Roland Leclerc est un observateur averti de la scène des médias. Il considère que les téléromans nous ont laissé l’image de trois types de prêtres. Il y a d’abord celle qui nous a été léguée par le curé Labelle. « Le curé Labelle était “le roi du nord”. C’était un homme possédant un grand cœur. Il était au service des colons. Ce curé était tout en rondeur et il était une espèce de seigneur bienveillant bien que l’auteur ne faisait pas référence à son rôle de pasteur. Ce style de prêtre avait la science, le pouvoir et la connaissance du milieu de vie. »

La société a changé et c’est ainsi que Mia Riddez Morisset a proposé à la fin des années soixante un nouveau type de prêtre dans son téléroman « Rue des pignons ». Hubert Loiselle y incarnait un vicaire sympathique et proche des gens du quartier. Ce rôle se situait dans la foulée du renouvellement qui a suivi la fin du Concile. « L’auteure de “Rue des pignons” a fait beaucoup pour la compréhension populaire du rôle du prêtre dans une société en changement. Elle a été capable de mettre son prêtre dans des situations où il n’entrait pas dans le corridor de la morale officielle », de remarquer Roland Leclerc.

Le troisième type de prêtre présent dans les téléromans est un être marginal. Souvent, il n’a pas de personnalité ou bien, il réagit tout en faisant fi de la liberté de conscience. Roland Leclerc est sévère lorsqu’il parle de la place du curé Plamondon. « C’est un être marginal et j’ai l’impression qu’il n’a du prêtre que la dimension pharisienne. Ce n’est pas un homme de foi mais un homme de loi qui exerce une domination sur les consciences. » Les prêtres qui entrent dans cette catégorie sont souvent des personnes qui sont des caricatures. Ils ramassent les traits forts de deux ou trois prêtres pour en faire un seul.

La parole aux artisans
Nous avons interrogé dans le cadre de ce reportage des auteurs de téléromans afin de recueillir leurs opinions. Guy Fournier a beaucoup écrit pour la télévision. Auteur du téléroman « Jamais deux sans toi », il a au cours des dernières années exploré des situations humaines jusqu’ici laissées de côté par les créateurs.

Guy Fournier ne croit pas qu’il y ait trop de prêtres dans les téléromans. « J’ai plutôt l’impression qu’ils occupent moins de place que dans la réalité quotidienne des gens. Cela est différent dans les téléromans d’époque. Je pense à “Cormoran”, au “Temps d’une paix” et à “Au nom du père et du fils”. Là, ils sont présents. J’ai écrit le téléroman “Rue de l’Anse” au début des années 60. Le curé prenait la même place que le maire. Cela était normal à cette époque. »

Mme Aurore Descôteaux a écrit le téléroman « Entre chien et loup » diffusé à Télé-Métropole. Elle en était à sa première expérience dans ce domaine. Elle a donné deux rôles à des membres du clergé. Le curé Normandin était un homme sympathique. Aurore Descôteaux se souvenait d’un prêtre qu’elle a connu dans sa jeunesse. Cet homme avait une réputation de sainteté et il accomplissait même des miracles. Pour sa part, l’évêque était un homme plutôt autoritaire qui devait enrégimenter ses jeunes vicaires un peu fringants.

« Il n’est pas facile dans un téléroman de faire la promotion de ce qui est bien et de le faire accepter par les gens. Il est difficile de faire aimer un héros dans ce qu’il a de bon. » C’est la constatation que fait Aurore Descôteaux. Elle poursuit en disant : « J’aimerais qu’on nous raconte la solitude vécue par les prêtres. Que se passe-t-il chez un prêtre qui retourne seul chez lui après avoir tenu la main d’un mourant? On devrait parler de cela aussi. »

Cependant, Aurore Descôteaux a présenté aux téléspectateurs un évêque plutôt sévère. Elle s’explique : « Cet homme était obligé d’avoir une poigne solide car il y avait dans ce temps-là beaucoup de jeunes prêtres et il fallait qu’il s’impose pour que le règlement soit respecté. »

Guy Fournier nous a fait part de sa réflexion concernant le rôle du curé Plamondon. « Au nom du père et du fils » est un mélodrame dans la plus pure tradition. Il n’y a que des bons et des méchants. On n’y retrouve pas de zone grise où les personnages sont les deux à la fois. J’ai de la misère à jeter un jugement sur ce genre de téléroman parce que c’est un mélodrame très carré et je n’aime pas ce genre. Je trouve que c’est trop facile d’accrocher le téléspectateur en lui indiquant de façon aussi parfaite les bons et les méchants. Cela n’est pas fidèle à la réalité. Je ne pense pas qu’il y ait dans la vie une personne qui soit toute bonne ou toute mauvaise. C’est bien évident que le curé d’« Au nom du père et du fils » est un pendule. C’est de la caricature plus que du véritable drame. »

Jean-Louis Millette incarne le rôle du Chanoine Caron dans le téléroman « Montréal P.Q. ». Ce prêtre est fort original et Jean-Louis Millette dit de lui qu’il est un prêtre moderne, sain et bien équilibré qui suit les principes de son Église. Cependant le téléroman « Montréal P.Q. » est une œuvre qui part de la réalité tout en ne faisant pas un tableau réaliste de l’époque. L’intrigue est inventée. Cela nous amène à nous poser une autre question : qu’est-ce que la réalité? Qu’est-ce que la vérité? Il ne raconte pas la réalité, mais il raconte une certaine vérité de l’époque. L’auteur s’amuse à mettre en opposition le bien et le mal et entre le noir et le blanc, il y a toute la zone des gris. Ce n’est jamais mal à 100%, explique Jean-Louis Millette.

L’Église est-elle en procès ?
L’abbé Fernand Laberge de Sherbrooke posait dans le quotidien La Tribune cette question : « Pourquoi Télé-Métropole accepte-t-elle de fabriquer et de diffuser un téléroman où l’image du prêtre est si exclusivement négative? Ou bien c’est calculé pour faire du tort à la religion catholique... je n’ose le croire. Ou bien il y a de l’inconscience inacceptable face aux conséquences prévisibles de sa diffusion à une heure de grande écoute. »

Guy Fournier ne crie pas à la persécution. Il croit plutôt que les prêtres sont des boucs émissaires et il ajoute en riant : « Demain, ce sera les politiciens! » Guy Fournier constate que la révolution tranquille s’est déroulée sans heurt. Le clergé n’a pas résisté. Il croit que cette attitude joue maintenant contre lui. Il explique : « Si quelqu’un ne résiste pas, c’est qu’il fait en somme un aveu de culpabilité. Les gens embarquent là-dedans et cela donne des trucs comme “Au nom du père et du fils” et “Montréal P.Q.”. J’ai un peu l’impression que c’est de bon ton de montrer un curé qui est tout croche parce que c’est un bouc émissaire pratique. »

Roland Leclerc analyse les téléromans comme toute œuvre dramatique en disant que les personnages ont besoin d’avoir du caractère. Il constate qu’on ne voit pas souvent des couples dialoguer lors d’une scène. La chicane vient tout de suite. La psychologie des personnages est souvent caricaturée.

L’abbé Leclerc poursuit sa réflexion en affirmant que peu d’auteurs de téléroman peuvent bien traiter la dimension intérieure de la vie du prêtre. « Ils ne peuvent rendre compte du véritable débat intérieur et spirituel du prêtre. On le regarde de l’extérieur et on essaie de traduire cela dans des dialogues. » Il demeure que des millions de téléspectateurs regardent les téléromans les plus populaires. Pour Roland Leclerc, les téléromans sont les nouveaux voisins. C’est le rendez-vous de plusieurs familles. Ils ont une influence marquante. Les lignes ouvertes en témoignent.

Roland Leclerc invite souvent ses confrères prêtres à écouter les téléromans afin qu’ils puissent répondre aux questions de leurs fidèles. « Je leur dis lorsqu’une occasion se présente qu’une parole devient efficace lorsqu’elle répond à une question qui est posée. Le prêtre se doit d’être d’actualité. Il doit pouvoir réfléchir avec ses gens sur des questions qui sont proposées par la télévision. »

Les téléromans prendront encore de la place dans le choix des émissions préférées des téléspectateurs. Une évolution se produira sans doute dans la place que les auteurs donneront aux prêtres. Il est à souhaiter que celle-ci soit plus nuancée. Mais, le prêtre demeurera encore un être controversé car il tient sa mission de plus grand que lui et l’être humain est bien faible pour rendre témoignage à la lumière. Les caméras de télévision s’intéressent présentement davantage aux ténèbres vécues par les hommes et par les femmes.

Le point de vue d’un évêque
Mgr Bernard Hubert avoue franchement qu’il n’a pas l’emploi qui lui permet de regarder souvent les téléromans. Il a cependant pris connaissance de manière épisodique des téléromans « Au nom du père et du fils », de « Montréal P.Q. » et de « Cormoran ».

Sa position est nuancée : « Je trouve que l’image que l’on projette du prêtre est intéressante. Cela révèle que l’auteur a conscience du rôle exercé par l’Église. Il y a dans “Au nom du père et du fils” le reflet de la part de l’auteur d’une conscience que l’Église a joué un rôle dans notre histoire. Il faut cependant faire la différence entre la perception du réel et la vraie vie. Là où je suis le plus critique c’est quand les curés n’ont pas beaucoup de densité. »

Mgr Hubert constate qu’il n’a pas découvert dans les téléromans un état de recherche spirituelle qui révèle la foi professée par le prêtre. Il ajoute : « Je pense que la créativité a sa place, mais il faut qu’elle soit contrebalancée par des images qui nous amènent à “relativiser” et à dire aux téléspectateurs qu’on est dans de la fiction et non pas dans l’histoire. »

« L’image que l’on projette actuellement peut être négative pour des personnes car il y a beaucoup de gens qui n’ont plus l’expérience de ce qu’est le prêtre. Ils vont développer l’image qu’ils ont reçue dans les romans ou les téléromans. »

Selon Mgr Hubert, les diffuseurs devraient favoriser dans leur programmation un pluralisme. Si les auteurs vont tous dans le même sens, il leur faudrait être attentif afin de présenter dans d’autres émissions des éléments qui vont amener le téléspectateur à retrouver le sens de l’équilibre.

En terminant, Mgr Hubert ne croit pas à la censure. Il ajoute : « Je pense qu’il faut favoriser chez le téléspectateur une éducation critique face à ce que l’on retrouve à la télévision. »

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1993, pp. 22 à 25)

4 octobre 2026


SANTÉ : Travailler la nuit

Travailler la nuit

Par Benoit Voyer
4 octobre 2026

Travailler la nuit est nuisible pour la santé. Les études le démontrent : il y a chez ces travailleurs une augmentation des risques de décès par un accident vasculaire cérébral ou par maladie cardiovasculaire. Ce n’est pas tout : on note davantage de troubles de santé mentale, de perturbations du sommeil, de fatigue chronique et de somnolence. Ces dérèglements amènent des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète.

En mars 2026, Esther Serrajordia expliquait dans le quotidien La Croix [1] : « Ne pas dormir la nuit supprime aussi le pic nocturne de mélatonine, hormone aux propriétés anticancéreuses, et affaiblit le système immunitaire, qui lutte normalement contre les cellules cancéreuses produites par l’organisme. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent donc à son rôle possible dans l’apparition de certains cancers, en particulier les cancers dits « hormono-dépendants » (sein, prostate, etc.), en raison des perturbations durables du rythme biologique […]. Le travail de nuit perturbe l’horloge interne et les sécrétions hormonales, notamment celles liées au cortisol. Normalement, le pic se produit le matin, mais lorsqu’on travaille la nuit, le corps ne sait plus quand le déclencher. »

D’ailleurs, le 4 mars 2026, en France, le tribunal administratif de Marseille « a reconnu le lien entre le cancer du sein d’une infirmière et le fait qu’elle avait travaillé de nuit pendant près de 25 ans »[2]. Depuis 2007, les études scientifiques parlent des effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une augmentation du risque de cancer.

Santé Magazine [3] rapporte que « dans la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, 61 % des travailleurs de nuit se plaignent d’au moins un trouble du sommeil contre 38 % dans la population générale. »

Les conséquences du travail de nuit ne se limitent toutefois pas à la santé physique. Elles touchent aussi la vie familiale, les relations sociales et la place qu’occupent ces travailleurs dans notre société. Selon Statistique Canada, plus de 320 000 Canadiens travaillent de nuit.

Dans un dossier publié par Le Devoir, le 23 juillet 2026, l’anthropologue Julius-Cezar MacQuarie rappelle que ces travailleurs « travaillent dans l’ombre, littéralement ». Selon lui, il s’agit d’un « problème structurel profond » : ils sont « rarement reconnus, jamais célébrés et souvent invisibles en raison de la nature même de leur travail ».

Pour plusieurs, à la fatigue et aux dérèglements biologiques s’ajoute un autre poids : celui de vivre à contretemps de ses proches. Ce décalage entraîne souvent un isolement social qui passe largement inaperçu.

L’anthropologue souligne toutefois un aspect plus méconnu de cette réalité. « Souvent, la nuit, les gens sont simplement heureux qu’on s’intéresse à eux et de parler à quelqu’un. Ils ne sont pas pressés comme on peut l’être durant le jour. Ou ils s’ennuient, tout simplement. »

Selon Statistique Canada [4], les communautés afrodescendantes, philippines et sudasiatiques sont particulièrement surreprésentées parmi les travailleurs de nuit. Ce simple constat ouvre un autre chantier de réflexion.

____________________

[1] Esther Serrajordia. « Ce que dit la science sur le lien entre travail de nuit et cancer », La Croix, 6 mars 2026, p. 7. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/7
[2] Cf. Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
[3] Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
[4] Statistique Canada, « Travail de nuit, 2022 », Qualité de l’emploi au Canada, 13 juin 2023, en ligne : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/14-28-0001/2023001/article/00008-fra.htm

CLAUDE RYAN - Pensée


FLASH : Ramener des psychologues dans le réseau public de la santé ?

Ramener des psychologues dans le réseau public de la santé ?

Par Benoit Voyer

4 octobre 2026

Québec solidaire (QS) souhaite rapatrier des centaines de psychologues du privé dans le réseau public de la santé du Québec. Son objectif est de créer des équipes de santé mentale dans les CLSC dont il souhaite voir leur nombre passer de 147 à 400 sur deux mandats. Son projet est évalué à 1,8 G$.

Il veut garantir un intervenant le jour même et un minimum de trois séances lors de la prise en charge initiale.

Pour financer ses engagements, QS propose de taxer davantage quelque 4 000 ménages dont la fortune nette dépasse 25 M$. La taxe serait de 1 % au-delà de 25 M$ et de 2 % au-delà de 100 M$. Le parti de gauche pense pouvoir récolter de cette manière 5 G$.

Parmi les principales fortunes québécoises figurent notamment les familles Saputo et Desmarais, Alain Bouchard, Pierre Karl Péladeau et Jean Coutu. Selon Forbes, Bouchard possède une fortune évaluée à plusieurs milliards de dollars, tout comme Saputo et plusieurs autres grands entrepreneurs de la province.

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Quelques réflexions

Quelques réflexions

Par Benoit Voyer

4 octobre 2026

Quelques idées trottent dans mes réflexions. Je n’ai pas cherché à les unifier. Je vous les partage en vrac.

À l’image d’un propriétaire terrien qui a planté une vigne, moi aussi « j’ai planté dans le champ de ma vie, une vigne. Quelle est-elle ? Mon travail, ma famille, mes engagements, ma personnalité, mes créations, mes générosités, ma foi… Comment je prends soin de ce que j’ai reçu ? Comment je travaille à le rendre accessible, désirable ? »[1]

Il y a aussi en moi ce vigneron homicide qui veut garder pour lui-même ce qui lui a été confié. Comme tout le monde, j’ai des réflexes d’autoprotection.

Et Jésus qui rappelle : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ? » (cf. Mt 21, 33-43)

La pierre d’angle c’était jadis en architecture cette pierre sur laquelle reposait toute la construction d’un bâtiment. Ce n’était pas rien.

Bien entendu, Jésus parlait de lui, de sa vie et de ce qui l’attendait. Il nous rappelle qu’il est pour celui qui le suit et qui suit la route qui conduit vers Dieu, la pierre d’angle.

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[1] Marie-Hélène Dupré. « Méditation - Vendredi de la 2e semaine du carême », La Croix, 5 mars 2025, p. 21. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260305/page/21


SAINTS ET SAINTES : Le vénérable père Henri Caffarel

Le vénérable père Henri Caffarel

Par Benoit Voyer

4 octobre 2026

Né à Lyon le 30 juillet 1903, Henri Caffarel est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Paris en 1930. Dès les premières années de son ministère, il se consacre à la formation spirituelle des laïcs. Dans une Église où la place des baptisés engagés commence progressivement à évoluer, il développe une conviction forte : tous les chrétiens sont appelés à approfondir leur vie intérieure et à répondre à leur vocation propre dans le monde.

Son œuvre la plus connue est la fondation des Équipes Notre-Dame, dont la première réunion a lieu en 1939. Le mouvement naît d’une intuition alors novatrice : le mariage chrétien n’est pas seulement une institution humaine ou familiale, mais un véritable chemin de sainteté. Le père Caffarel accompagne des couples qui désirent vivre leur sacrement de mariage dans une relation plus profonde avec Dieu, par la prière, le dialogue conjugal et un engagement spirituel partagé. Après la Seconde Guerre mondiale, les Équipes Notre-Dame se développent rapidement et deviennent un mouvement international présent dans de nombreux pays.

Le père Caffarel joue également un rôle important dans le renouvellement de la réflexion chrétienne sur la famille et la vie spirituelle. Il fonde en 1945 la revue L’Anneau d’Or, qui contribue à diffuser la notion de spiritualité conjugale et familiale. En 1956, il participe, en France, à la création des Centres de préparation au mariage, qui se répandront ensuite dans plusieurs diocèses. Son ministère demeure profondément marqué par une conviction : la transformation de l’Église passe par des chrétiens formés, enracinés dans la prière et capables de témoigner de leur foi dans leur vie quotidienne.

La prière occupe une place centrale dans sa pensée. Avec les Cahiers de l’Oraison et son travail au centre spirituel de Troussures, où il se retire à partir de 1973, Henri Caffarel cherche à redonner aux chrétiens le goût de la rencontre personnelle avec Dieu. Pour lui, toute action apostolique doit trouver sa source dans une vie intérieure profonde.

Le renouveau charismatique
Au début des années 1970, le père Henri Caffarel habite le presbytère de la paroisse Saint-Augustin, 8 avenue César-Caire, à Paris.

Dans un ouvrage sur Pierre Goursat, paru aux éditions l’Emmanuel, en 2026, Francis Kohn raconte : « Il va aussi parfois prier dans sa maison de Troussures. En 1971, Pierre y fait la rencontre de Martine Laffitte qui, elle aussi, est familière de ce lieu. Le père Caffarel a déjà parlé de Pierre à la jeune femme, lui expliquant qu’il avait une situation importante, mais qu’il vivait pauvrement dans un cinquième étage à Paris, pour être adorateur. »

Il ajoute : « Martine a alors 29 ans et est interne des hôpitaux de Paris. Originaire d’Oloron-Sainte-Marie, dans le Béarn, elle est issue d’une famille très chrétienne de douze enfants. Établie à Paris quelques années plus tôt pour faire ses études en médecine, elle est entrée en contact avec le père Caffarel qui lui propose en septembre 1969 de créer une école de prière dans son appartement, 100 bis, rue de Cherche-Midi, dans le VIe arrondissement. Quand, en 1971, Pierre et Martine déjeunent tous les deux à la même table, à Troussures, c’est la première fois qu’ils se voient. Ils sont timides et se font des politesses pour se passer les plats. Le repas est en silence et ils n’ont pas l’occasion d’échanger ce jour-là. Quelque temps après, le père Caffarel demande à Martine si elle peut associer Pierre à l’animation d’une session de l’école de prière qu’elle organise chez elle, car il désire mieux connaître ce qu’elle fait. Pierre m’invite ensuite à y venir aussi. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Martine. Pendant presque deux mois, un soir par semaine, j’ai bénéficié avec d’autres personnes de ses enseignements, qui étaient suivis d’un temps d’oraison d’une demi-heure en silence. »

En décembre 1971, Pierre Goursat rencontre, à Paris, le père Jean-Paul Regimbal qui est de passage dans la ville lumière. Le Trinitaire, qui a vécu une expérience spirituelle intense à Phoenix, en Arizona, lui raconte les débuts du renouveau charismatique aux États-Unis et au Québec.

Pierre est enthousiasmé par cette rencontre avec Jean-Paul Regimbal. Après cette rencontre, Pierre se rend chez Martine pour partager l’espérance qu’a suscitée en lui le témoignage de Regimbal. À la mi-janvier 1972, Pierre rencontre Henri Caffarel. Il lui raconte sa rencontre avec le religieux et cette « nouvelle Pentecôte » qui arrive chez les catholiques.

Francis Kohn poursuit : « Or, le lendemain, le père Caffarel doit recevoir Xavier et Brigitte Le Pichon qui l’ont invité à donner un enseignement dans le groupe de prière du renouveau charismatique – le premier en France – qu’ils ont fondé à Brest, en Bretagne. […] Son mari étant retenu par ses activités professionnelles, Brigitte Le Pichon vient finalement seule rencontrer le père Caffarel à Paris, le 16 janvier. Toute la journée, il écoute attentivement son témoignage et l’enregistre. Il est très touché. Le lendemain, il appelle Pierre pour qu’il vienne le voir le plus vite. Très ému, il lui fait écouter l’enregistrement de Brigitte et lui dit : « Je n’ai pas dormi de la nuit, je suis bouleversé. J’ai été un apôtre d’avant la Pentecôte et je veux être un apôtre d’après la Pentecôte ».

Le père Caffarel décide alors d’organiser en février un week-end de retraite, comme il l’écrit à Xavier et Brigitte Le Pichon le 17 janvier : « C’est la volonté de Dieu, me semble-t-il, que nous organisions un week-end de prière à Troussures les 12 et 13 février. Nous verrons comment concevoir ces deux journées pour qu’elles correspondent bien aux vœux de Dieu. » Le père Caffarel invite Pierre à y participer. »

L’expérience marquera la trentaine de participants. Bien qu’enthousiasmé par la fin de semaine, Henri Caffarel prendra ses distances face à ce qui a été vécu. Martine et Pierre se lanceront dans l’aventure du groupe de prière de l’Emmanuel qui sera de plus en plus fréquenté. Le groupe deviendra la communauté de l’Emmanuel.

Décès
Décédé le 18 septembre 1996 à Troussures, le père Caffarel laisse derrière lui une œuvre qui a marqué plusieurs générations de catholiques. Lors de ses funérailles, le cardinal Jean-Marie Lustiger le présente comme un « prophète du XXᵉ siècle ».

Sa cause de béatification est ouverte en 2006 par le cardinal André Vingt-Trois, alors archevêque de Paris. Le 23 mars 2026, le pape Léon XIV reconnaît l’héroïcité de ses vertus, lui accordant le titre de vénérable, une étape importante dans le processus vers une éventuelle béatification.

EN LIBERTÉ: Le 4 octobre 1965 a l'ONU Paul VI déclare Jamais plus la guerre


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Décès du père Albert Regimbal

Décès du père Albert Regimbal

OTTAWA — C'est avec consternation que les francophones de la région de Sudbury ont appris, hier, le décès du père Albert Regimbal, jésuite.

Natif de la région de North Bay, le père Regimbal a notamment été un des fondateurs du Centre des jeunes de Sudbury qui a ouvert ses portes au début des années 1950. Il en a d'ailleurs été le directeur pendant de nombreuses années.

Le disparu a également consacré une partie de sa vie à l'amélioration de la vie culturelle des francophones de Sudbury.

Très actif dans le domaine du loisir, le père Regimbal a dirigé un camp d’été bilingue au lac Nipissing, en plus d'assurer la vice-présidence de l'Association canadienne des centres de loisirs.

Il a également agi comme directeur pour la rédaction du rapport sur l'étude culturelle franco-ontarienne (rapport St-Denis) soumis en 1969.

(Le Droit, 18 juillet 1980, p. 2)

3 octobre 2026


MUSIQUE : Dominique Fauchard, pianiste

Dominique Fauchard, pianiste

Par Benoit Voyer

3 octobre 2026

Né en 1968, Dominique Fauchard étudie le piano classique à partir de l’âge de six ans.

Bernard Biré lui enseignera les rudiments du piano classique de 1980 à 1984.

À partir de 1984, il se consacre à l’étude de l’harmonie, de l’accompagnement et du chiffrage. Attiré très tôt par le jazz, il fonde la même année, avec quatre autres musiciens, le groupe de jazz-rock Arcadis. Cette expérience le conduit à la scène et à l’improvisation.

L’expérience acquise sur les synthétiseurs et les différentes techniques de son lui permettront éventuellement de créer des arrangements issus du monde du classique et du jazz.

Par la suite, il évolue au sein de plusieurs trios et quintettes de jazz et collabore avec de nombreux artistes.

Au début des années 1990, il devient arrangeur et directeur artistique ; en 1995, il intègre le Big Band Oreil, qu’il quittera en 2001.

Dominique Fauchard a arrangé et réalisé près d’une centaine d’albums, et joué du piano et du clavier-synthétiseur sur une cinquantaine d’autres.

Dominique Fauchard est un grand artiste, à la fois exigeant et généreux.

GERMAINE BERNIER : Pensée


FLASH : L’origine des voix des schizophrènes


L’origine des voix des schizophrènes

Symptôme psychotique de la schizophrénie, l’origine des hallucinations auditives verbales serait bien une perception erronée de la personne malade face à son discours intérieur. Cette hypothèse qui circule depuis une cinquantaine d’années est confirmée par une nouvelle étude qui s’appuie sur l’imagerie cérébrale. Grâce à cette technologie, les chercheurs ont pu observer l’activité neuronale de nombreux patients pendant qu’ils entendaient des voix. Cette nouvelle a été publiée dans le magazine Sciences et Avenir, le 22 janvier 2026. (Benoit Voyer, 3 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Appelés à la joie



Appelés à la joie

Par Benoit Voyer

3 octobre 2026

La joie spirituelle ne naît pas de nos actions, mais de se savoir envoyés. Et c’est ainsi que Dieu nous envoie vers toutes les nations. En lui, nous avons l’assurance de vaincre le mal qui habite l’intériorité du cœur humain. « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » (cf. Lc 10, 17-24)


SAINTS ET SAINTES : Saint François d'Assise

François d'Assise devant le sanctuaire du bienheureux Frédéric Janssoone, à Trois-Rivières
Le 4 octobre est la Journée mondiale des animaux

Par Benoit Voyer

3 octobre 2026

J’aime les animaux… des autres. J’ai fait le choix de ne pas en avoir parce que je trouve que les animaux de compagnie demandent trop de temps à leur consacrer. Je préfère garder mon temps pour les humains autour de moi et pour mes projets. Cela ne m’empêche pas de les apprécier.

Mes grands enfants ont tous des chats ou des chiens. À chaque visite, je ne manque jamais l’occasion de leur manifester de l’intérêt. Bien entendu, ils apprécient les câlins.

Dans notre famille élargie et dans mon très petit réseau d’amis, il y a aussi des oiseaux. Je dois avouer qu’ils me fascinent.

Ce sont toutes des petites créatures du bon Dieu. D’ailleurs, saint François d’Assise, dont c’est la commémoration le 4 octobre, célébration catholique qui est devenue dans le milieu profane la Journée mondiale des animaux, les élevait au rang de frères et sœurs des humains. Pour le saint patron des animaux, même un ver de terre répond à la « volonté divine » et est digne de protection. Il n'est donc pas étonnant qu’il soit considéré comme le premier défenseur des animaux.

Hymne à la création

Très-Haut, tout-puissant, bon Seigneur, à toi les louanges, la gloire et l’honneur et toute bénédiction. À toi seul, Très-Haut, ils conviennent, et nul homme n’est digne de te nommer.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, qui donne le jour, et par qui tu nous éclaires. Il est beau et rayonnant avec grande splendeur : de toi, Très-Haut, il porte le signe.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les Étoiles ; dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et le nuage et le ciel serein et tout temps, par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau, qui est très utile et humble et précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par lequel tu illumines la nuit ; il est beau et joyeux et robuste et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi, et supportent maladies et tribulations. Bienheureux ceux qui les supporteront en paix, car par toi, Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui mourront en péché mortel ! Bienheureux ceux qu’elle trouvera dans tes très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera point de mal.

Louez et bénissez mon Seigneur, et rendez-lui grâces et servez-le avec grande humilité. Amen.

Saint François d’Assise (1225)

AU FIL DE L'HISTOIRE: PAUL VI devant l'ONU (4 octobre 1965)


FRÉDÉRIC JANSSOONE : Pensée


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les animateurs de pastorale au service des jeunes

Les animateurs de pastorale au service des jeunes

Fondée en 1978, la Conférence de pastorale scolaire du Québec (CPS) a pour but de promouvoir l’animation spirituelle dans les écoles primaires et secondaires, publiques et privées. Il s’agit d’une organisation professionnelle qui réunit un peu plus de 600 membres.

par Benoit Voyer

« Un de nos points forts, introduit Lucille Lanoie, de l’École secondaire Sacré-Coeur de Granby et présidente de la CPS, est de créer beaucoup de liens avec les instances civile et religieuse que ce soit le Ministère de l’éducation, la Direction de l’enseignement catholique, le Comité épiscopal de l’éducation de l’Assemblée des évêques du Québec et quelques autres. »

De nombreuses actions marquent la vie de l’association: un bulletin de liaison qui paraît quatre fois par année, participation aux commissions parlementaires et autres assises de consultation, différentes tables de réflexion dont celles de la pastorale au primaire et l’autre, au secondaire, « Promotion prière » pour les élèves de 5e et 6e et des deux premières années du secondaire, etc.

« À la CPS, poursuit madame Lanoie, une femme douce qui possède une grande intériorité, nous investissons pour que notre travail soit reconnu comme un service qui favorise le développement personnel des jeunes, tant sur les plans humain, spirituel et religieux. »

« Nous ne sommes point un syndicat, rétorque-t-elle. Quand un collègue m’annonce qu’il va être congédié, je ne peux rien revendiquer. Mais, je suis autorisée à envoyer une lettre au directeur de l’institution pour lui rappeler qu’il faut un ratio qui a de l’allure et qu’il y a des conditions d’exercice de la pastorale. Le regroupement fait de même avec le Ministère de l’éducation afin de l’amener à améliorer les conditions de notre travail d’animation. »

« Contrairement à nos amis de l’enseignement religieux, explique Michel Gervais de la Polyvalente Cavalier-de-Lasalle de Montréal, nous recevons un mandat de l’évêque du diocèse. Nous œuvrons en son nom. C’est pourquoi, il est important pour nous d’être au cœur de la vie de l’Église. »

La rentrée des classes
D’un établissement à l’autre, le retour à l’apprentissage scolaire est différent. Une chose est assurée, ces pasteurs laïques ont un grand rôle à jouer. Comme le déclare Michel Gervais qui est à l’emploi de la CECM où règnent souvent la violence et le décrochage scolaire: « La pastorale à l’école, c’est la vie. C’est nous qui devons donner une âme à ce monde. »

« À Sacré-Coeur, raconte Lucille Lanoie, l’an dernier, le thème portait sur la persévérance. En ce sens, nous avions bâti tout un décor. L’élève entrait dans un monde coloré. L’opération se faisait en équipe avec le psychologue, l’orienteur et d’autres membres du service aux élèves. Je m’occupais particulièrement des banderoles thématiques et à préparer un feuillet contenant une réflexion. Trois semaines plus tard, je commençais la tournée des salles de cours où je présentais un temps d’intériorité et une liste d’engagements possibles pour eux. »

« Cette année, nous reprenons un scénario semblable. Le thème porte sur le respect de l’autre. Ce discours est d’actualité puisque nous avons eu, il y a quelques mois, de la brutalité autour de l’école. Une histoire vécue au Parc Victoria, situé pas très loin d’ici a d’ailleurs fait la manchette dans tous les médias du Québec. »

À la Polyvalente Jean-Jacques Bertrand, Jacques Charron, se mêle, lui aussi, aux pédagogues. « On fait partie d’un même club, dit-il. Les instituteurs forment une équipe de baseball et c’est pour eux une façon originale de signaler le 25e anniversaire de notre institution. »

Marc Lacroix travaille à la Polyvalente St-Maxime de Ville-de-Laval. Il invite les nouveaux à deux genres d’initiation. Il rencontre dans un premier temps les nouveaux qui viennent chercher leur horaire. Un peu plus tard en septembre, ils sont conviés à la journée des appartenances. À cette occasion, les jeunes participent à un jeu qui consiste à essayer de reconnaître le plus rapidement possible leurs enseignants. Cela se fait à l’aide d’une série de photographies des maîtres prises de profil.

L’expérience de la rentrée est souvent difficile pour les jeunes du primaire. Pierrette Raymond, une chargée de pastorale dans deux établissements de St-Luc, en sait quelque chose. « Pour les petits, la rentrée est quelque chose de spécial. Ceux-ci ont souvent la larme à l’œil. Nous les amenons au gymnase que nous avons soigneusement festonné. Nous leur présentons la mascotte de l’école. Dans le fond, ils sont tout petits, mais il faut penser qu’ils sont bien grands. »

Où sont les jeunes ?
Il y a lieu de se questionner devant les interrogations que suscite l’absence des adolescents aux messes paroissiales. Cet éloignement est rempli d’un message pour les communautés chrétiennes.

« Les curés sont tous dépassés. Ils sont trop vieux, lance promptement Michel Gervais. Leur langage n’est pas adapté, poursuit Pierrette Raymond. Chez-nous, je prépare les célébrations des enfants pour le curé et je lui dis quoi dire. Les gens aiment cela! Pourquoi? Ma façon de m’exprimer est appropriée pour les petits. De plus, lorsque je parle ainsi, les plus vieux comprennent. C’est la même chose pour les célébrations du pardon où les écoliers participent à l’église. À chaque année, le temple est plein à craquer. »

Les liturgies ne sont peut-être pas assez vivantes, affirme Lucille Lanoie. Les jeunes préfèrent un décor et une ambiance. Ils doivent se sentir impliqués et cela pas seulement pour boucher des trous. De toute façon, ajoute Michel Gervais, ma priorité n’est pas de récupérer, mais d’évangéliser. La première chose qui compte ce n’est pas la sacramentalisation, mais l’évangélisation.

Le manque de préoccupation des jeunes face à la vie ecclésiale n’a guère pour seules causes les commentaires des animateurs. Il semble qu’il y ait aussi des facteurs familiaux et sociaux. Les transformations que vivent les adolescents sur le plan physique, intellectuel, social et psychologique ont leur importance. À l’âge de la puberté, c’est le « gang » qui est important. C’est dans ce groupe qu’ils apprennent à s’identifier et à se définir eux-mêmes. « Une des facettes de notre action, de conclure la présidente de la CPS, est de favoriser les petits groupes où les jeunes peuvent grandir humainement et spirituellement. »

(Revue Notre-Dame du Cap, septembre 1993, p. 13-14)

2 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Le cerveau humain évoluerait par grandes étapes

Le cerveau humain évoluerait par grandes étapes

Par Benoit Voyer

2 octobre 2026

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont identifié quatre âges charnières dans l’évolution du cerveau humain : autour de 9, 32, 66 et 83 ans.

Publiée dans Sciences et Avenir, le 18 mars 2026, cette recherche, basée sur l’analyse de plus de 4 200 examens d’IRM réalisés chez des personnes de 0 à 90 ans, montre que le cerveau ne se transforme pas de façon uniforme tout au long de la vie. Il traverse des périodes de réorganisation majeures.

Ces étapes correspondent à des changements importants dans la connectivité cérébrale, c’est-à-dire dans la manière dont les différentes régions du cerveau communiquent entre elles. Vers 32 ans, le cerveau atteindrait une phase de maturité optimale, alors qu’autour de 66 ans commencerait une période d’adaptation progressive marquée par des changements dans les réseaux cérébraux. Vers 83 ans, une nouvelle phase de réorganisation liée au vieillissement apparaît.

Ces travaux rappellent que le cerveau demeure un organe capable d’adaptation tout au long de la vie, ce qui renforce l’importance des habitudes favorables à la bonne santé cognitive : activité physique, apprentissage, stimulation intellectuelle et maintien des relations sociales.