SAINTS ET SAINTES : Parole de la bienheureuse Marie-Anne Blondin


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Benoit Voyer, journaliste (2)

Benoit Voyer, journaliste (2)

Dieu est vivant ! Jésus est ressuscité !

« Notre silence a assez duré. Je suis venu à ta rencontre pour te demander de rentrer à la maison. Si tu acceptes, dans peu de temps je te convierai à un grand banquet d'amour. Nous ferons une grande fête pour souligner ton retour. D'ici ce jour, je viendrai te rencontrer régulièrement afin que nos cœurs vibrent au même diapason. Myriam a bien hâte de te revoir. Chaque jour, elle me parle de toi. »

Benoît Voyer

MONTRÉAL – Journaliste spécialisé dans les affaires culturelles et religieuses depuis 1987, Benoît Voyer, collaborateur à la Revue Sainte Anne depuis 1996, est un communicateur fort connu au sein de l'Église catholique francophone du Canada. Né le 22 novembre 1966 à Granby, cité du célèbre jardin zoologique, il a signé, depuis le début de sa carrière de journaliste, de nombreux articles dans les médias écrits, a animé et collaboré à plusieurs séries d'émissions à la radio et à la télévision et a fondé un organisme culturel catholique. En février 2000, une crise de vie sévère l'amène à partir en exil, en plein désert urbain, afin de retrouver en lui des forces nouvelles pour vivre et des raisons de croire que Dieu est vivant et que Jésus est ressuscité. Dans ce deuxième article d'une série de deux, il raconte le vendredi saint de son existence, ce temps de souffrances qui l'a conduit à un nouveau matin de Pâques pour sa vie, un temps de lumière et d'espérance.

***

De septembre 2000 à avril 2002, il m'est permis de vivre une aventure intellectuelle, hors de l'ordinaire, à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) où je suis inscrit à des cours. Je bois chacune des paroles de mes professeurs et j'ai un plaisir fou à lire tout ce qui me passe sous le nez.

Je suis fasciné par l'intelligence et la sagesse de Louis Rousseau (voir la Revue Sainte-Anne, mai 2001, page 199). Paul-André Comeau (voir la Revue Sainte-Anne, septembre 2001, page 343) me rassure sur mes talents de communicateur. La méthode pédagogique de Jocelyn Coulon m'impressionne… Pendant de longs mois, à travers les propos de mes professeurs, je me ressource.

Je passe d'un programme universitaire à l'autre à la recherche de ma voie. J'espère tant retrouver la passion d'antan et le calme dans mes angoisses. Je passe de l'enseignement des religions au journalisme, et de l'anglais langue seconde au certificat en français écrit.

De janvier 2002 à janvier 2003, tout en poursuivant mes cours, je reprends le chemin du marché du travail. J'obtiens des contrats au sein d'entreprises médiatiques et au département des communications de l'UQAM, afin d'aider Jocelyn Coulon au cours Informations internationales.

Je fais mon travail sans plaisir et sans intérêt. Au fil des mois, il devient évident pour moi que le journalisme n'est plus ma voie. Les expériences m'amènent vers un ailleurs que je saisis difficilement.

« C'est Jésus qui me poursuivait ! »
Un soir d'octobre 2002, alors que je marche dans les rues de Châteauguay où nous habitons, je me sens poursuivi par quelqu'un. Je marche plus vite. Je me sens vraiment épié. Je me retourne souvent. Pourtant, il n'y a personne derrière moi. Pendant soixante minutes, je marche vite, très vite, afin d'échapper à… Je ne sais pas trop qui.

Avant d'entrer à la maison, je m'assois sur un banc du parc de Cambray, face à notre édifice à logements. Le ciel est magnifique. Il est dégagé, sans nuage… On voit la lune luire à l'est.

Après quelques minutes, quelqu'un s'approche de moi. « Qui es-tu ? C'est toi mon ange ? » dis-je à haute voix. Je vois son sourire. Je le reconnais.

— Bonsoir Benoît ! Je peux m'asseoir avec toi ?

— Tiens ! Tiens ! Voilà le Monsieur Jésus qui se pointe ! Tu sais bien que tu peux t'asseoir ! Malheureusement, je n'ai pas grand-chose à te dire. Il y a tant de temps que tu te fais discret…

— Tu m'en veux ?

- Oui ! Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'as manqué. Ce désert de ma vie aurait pu être évité si tu avais été là lorsque j'avais besoin de toi.

— Je te demande pardon. Papa et moi en avons longuement parlé. Nous avons difficilement convenu qu'il serait bénéfique pour toi que tu marches ton chemin sans nous, pour quelque temps. Nous t'avons laissé aux soins de ton ange gardien. Il avait la mission de te guider. Cependant, nous n'étions pas très loin. À plusieurs intersections de ta vie, j'étais caché et je t'observais.

— Et pourquoi es-tu ici aujourd'hui ?

— Notre silence a assez duré. Je suis venu à ta rencontre pour te demander de rentrer à la maison. Si tu acceptes, dans peu de temps, je te convierai à un grand banquet d'amour. Nous ferons une grande fête pour souligner ton retour. D'ici ce jour, je viendrai te rencontrer régulièrement afin que nos cœurs vibrent au même diapason. Myriam a bien hâte de te revoir. Chaque jour, elle me parle de toi. Est-ce que tu acceptes l'invitation ?

Je ne sais plus combien de temps a duré cette rencontre. Je suis rentré chez moi positivement ébranlé avec une certitude en moi : Jésus est vivant ! Je ne peux plus douter. Je l'ai vu. Il m'a parlé. Je lui ai touché.

Rencontre de l'abbé Éric
Quelques mois plus tôt, à cause de mon travail à la radio, j'ai rencontré un prêtre exceptionnel. Il s'agit de l'abbé Éric Nicolai (voir les éditions d'octobre et de novembre 2003 de la Revue Sainte Anne). Rapidement, nous sommes devenus des amis. Il a toujours respecté mon cheminement, malgré mes doutes et ma distance du christianisme.

D'une rencontre à l'autre, au restaurant autour d'une bonne bouffe ou au salon de la résidence pour étudiants Riverview ou chez moi ou dans son bureau, en plus d'échanger sur nos travaux et sur la vie, je lui partage mes doutes et il me parle de son grand amour pour Dieu, pour le Christ et pour l'Église. Il m'impressionne, surtout pour son don total et son choix radical pour le Christ à travers l'Opus Dei. Je cherche une note antiévangélique dans sa vie… Il n'y a rien. C'est un homme intègre.

Ses paroles ne contredisent pas ses actions du quotidien. La sainteté de ce prêtre de 39 ans est évidente. Si je repense aux paroles de Jean-Paul II, je ne me trompe pas : « La sainteté émerveille ! [...] Elle fait penser, convainc et, Dieu voulant, convertit. […] Quiconque rencontre Jésus ressent une manière particulière d'être heureux, une joie de vivre différente basée non pas sur l'avoir et l'apparaître, mais sur l'être. › (Audience du 1ᵉʳ février 2003)

En décembre 2002, je manifeste à l'abbé Éric mon appel intérieur. Il m'accompagne. Pendant plusieurs semaines, je rencontre Jésus dans la prière, le silence et la lecture spirituelle, particulièrement à travers le livre Amis de Dieu qui contient plusieurs homélies de saint Josémaria Escriva, un ouvrage que m'a donné le religieux lors d'un dîner et qui est longtemps resté dans l'indifférence sur ma table de travail. Dans ses écrits, le fondateur de l'Opus Dei lance de riches interpellations qui me préparent au grand banquet de l'amour, la fête du ciel.

Durant ces mois, je m'arrête souvent au Sanctuaire Kateri Tekakwitha, à Kanawake, pour m'entretenir avec Dieu et avec la bienheureuse Amérindienne. Son désir intense de vivre en présence de Dieu me touche. Je ne porte plus les doutes que je vivais le 25 juin 2001 (voir la Revue Sainte Anne, mars 2002, page 130). Ma prière est maintenant une certitude ! « Kateri, merci de veiller sur ma vie et ma famille ! »

Le 30 janvier 2003, l'abbé Éric me reçoit dans le silence de son bureau pour célébrer avec moi, à travers le sacrement du pardon, un grand moment de mon cheminement avec le ressuscité.

Cet après-midi, je choisis le Christ sans condition, malgré les difficultés intérieures qu'il me reste à surmonter. « L'amour de Dieu est jaloux ; il ne lui plaît pas que l'on vienne à son rendez-vous en posant des conditions : il attend avec impatience le moment où nous nous donnerons totalement, où nous ne garderons plus dans notre cœur de recoins obscurs, fermés à la joie et à l'allégresse de la grâce et des dons surnaturels. » (Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, n. 28)

À chacun sa mission
En plus de découvrir la grandeur de la Trinité, je découvre une nouvelle mission pour ma vie. Ces semaines de janvier et février 2003 sont importantes.

Après avoir été un observateur de la société canadienne et de l'évolution de l'Église à travers ma carrière de journaliste et après avoir joué un rôle important dans la diffusion de la culture religieuse d'ici à cause de mon travail de directeur général d'un organisme de la région de Granby, une autre voie se dessine devant moi.

Suite à cette rencontre avec Jésus sur le banc du parc de Cambray et surtout suite à ce retour à ma foi baptismale à travers les sacrements du pardon et de l'eucharistie, tout s'éclaire en moi. Mes prochaines années se passeront dans le monde de la santé.

À la fin de janvier 2003, je m'inscris à une formation de préposé aux bénéficiaires et, du 10 au 14 février, je complète un stage en milieu de travail afin de peaufiner concrètement ce que j'ai théoriquement appris. Dès les premières minutes du cours, et encore plus lors du stage dans un centre d'accueil de l'arrondissement Saint-Lambert, à Longueuil, mon intuition se confirme.

Le stage d'intégration n'est même pas terminé que je suis convoqué à des entrevues. Quelques jours plus tard, je suis embauché dans un centre de la santé de la région de Montréal.

Dieu est bon !
Est-ce que je quitterai définitivement l'univers passionnant des communications, milieu professionnel qui m'a vu évoluer depuis 1987 ? Seul Dieu le sait ! Afin de réfléchir à la question, je suis présentement en année sabbatique. Je laisse mon ange gardien me guider.

Mon cheminement de foi se poursuit. Tout n'est pas accompli. Avec sa grâce, Dieu m'amène vers un bonheur sans faille. De jour en jour, je recherche sa présence, car je le désire comme il me désire. Auprès de lui, j'apprends comment devenir un artisan de la nouvelle civilisation de l'amour. Dieu est vivant ! Jésus est ressuscité ! J'en ai la certitude parce qu'il s'est révélé à moi. J'en ai la certitude, car la joie du banquet de l'amour s'est installée en moi.

Consultez le site Internet de Benoît Voyer :
www.benoitvoyer.com



(Revue Sainte Anne, avril 2004, pp. 153 et 164)


13 juin 2026

PSYCHOLOGIE : La relecture de vie

La relecture de vie

Par Benoit Voyer

13 juin 2026

Dans le domaine de la psychologie, particulièrement aux États-Unis, un sujet en développement est la relecture de vie [1]. Ce phénomène est très important chez les personnes confrontées à la mort afin de mieux trouver la paix intérieure.

La personne revoit les chapitres de son existence et les retouche, au besoin, à la lumière du recul des années. L’individu le fait verbalement ou mentalement pour faire un épilogue au grand livre de sa vie qu’il voit maintenant avec un portrait d’ensemble.

Le psychiatre américain Robert Butler, dans son livre « Aging and Mental Health », publié en 1963, parlait « d’un processus mental universel caractérisé par le retour progressif à la conscience d’expériences passées, particulièrement par la résurgence de conflits non résolus », lesquels pourront alors « être examinés et intégrés normalement ».

La vie est ainsi caractérisée, selon le psychanalyste allemand Erik Erikson, par différentes étapes à franchir. La dernière étape consiste, justement pour appuyer Butler, à prendre le pouls de sa vie afin de trouver la sérénité. Si l’étape est mal vécue, le sujet risque de décéder dans le désespoir, donc plus difficilement.

Dans bien des cas, la personne raconte sa vie à qui veut bien l’écouter. D’autres auront besoin d’accompagnement de la part de la famille, d’une infirmière ou d’un bénévole initié au processus de passage de vie à trépas et qui a des habilités à l’écoute active.

Il existe cinq types de relectures [2] : les relectures terminées et paisibles, les relectures en cours, les relectures défensives et les relectures pénibles.

Je reprends ici un extrait de l’article de Jean-Luc Hétu paru dans la revue Frontières à l'automne 1993.

« Les relectures terminées et paisibles : il s’agit en fait de récits de vie » plutôt que de relectures. Le sujet a déjà fait sa relecture et il n’éprouve plus le besoin de se situer par rapport à son passé. S’il en parle, c’est souvent en réponse à une invitation précise qui lui est faite. L’implication effective est faible, mais la personne est sereine et non pas sur la défensive. À l’écoute d’un tel récit, il n’y a pas tellement à intervenir.

Tout comme dans la catégorie précédente, dans les lectures de consolidation, le sujet n’a pas de prise de conscience à faire sur son passé. Il s’est déjà permis de revenir sur ses difficultés de parcours et il a assez bien réussi à les mettre en perspective. Mais, ici, il est impliqué affectivement. Il éprouve le besoin de revenir sur le chemin parcouru et il lui arrive souvent d’éprouver une satisfaction évidente à le faire.

À certains moments, il peut pleurer, se fâcher, éprouver des difficultés, etc. Mais, le climat d’ensemble est à la sérénité. Il y a consolidation des guérisons ou des réconciliations par rapport au passé, et par conséquent consolidation de l’estime de soi.

Au moment de la relecture en cours, le sujet vit un corps à corps avec son passé. Il s’est résolument engagé dans le ménage d’une maison dont certaines portes n’ont pas été ouvertes, ou dont certaines pièces accusent encore un désordre relatif. Comme les sujets de la catégorie précédente, il est susceptible de vivre des émotions diverses, mais il a plus de chances de se sentir surpris par ces émotions. Il pourra donc avoir besoin d’être aidé à les accueillir et à les identifier. De plus, étant donné que la partie n’est pas encore gagnée, le sujet pourra se montrer ambivalent quant à différentes dimensions de son vécu.

La catégorie des relectures défensives regroupe les relectures où le sujet accepte de parler de son passé, ou décide spontanément de le faire, mais où il se censure beaucoup en évitant les épisodes qui le menacent. Il pourra ainsi soit parler d’abondance, mais seulement des moments heureux de sa vie, soit se raconter sur un ton détaché, sans se permettre de manifester les sentiments reliés aux épisodes qu’il évoque. À la limite, si la censure est forte, il n’y a pas à proprement parler de relecture, le sujet n’étant pas vraiment en train de faire son bilan.

Il arrive souvent, cependant, que le sujet donne des indices plus ou moins clairs des épisodes qui font problème, comme s’il demandait de l’aide pour surmonter les résistances qui le paralysent. S’il n’a pas d’aide, le sujet demeurera dans l’ambivalence.

Enfin, contrairement à la relecture défensive, la relecture pénible évoque clairement des blessures profondes : le sujet qui la fait se retrouve alors plus près du pôle du désespoir que de celui de la sérénité. Il a souvent l’impression d’avoir raté sa vie et il trouve que le temps est trop court pour pouvoir s’en remettre ou se reprendre. Contrairement à celui de la relecture précédente aussi, le sujet de la relecture pénible se montre souvent dépressif, anxieux, amer ou révolté : il demeure alors difficile de prédire si l’espoir et la paix prévaudront finalement sur le désespoir et la peur. »

Quand quelqu’un fait une relecture de vie, il en profite généralement pour faire des aveux. C’est souvent le cas où se dévoilent des agressions sexuelles, des amours secrets, un inceste vécu dans sa jeunesse, etc. Ce n’est qu’après une véritable relecture de vie que le sujet se sent en paix avec lui-même.

____________________

[1] Benoit Voyer, « La relecture de vie (1ʳᵉ partie) », Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 22 mars 1995, p. 8.
[2] Benoit Voyer, « La relecture de vie (2ᵉ partie) », Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 29 mars 1995, p. 8.

SAINTS ET SAINTES : Parole de la bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Benoît Voyer, journaliste (1)

Benoît Voyer, journaliste

Dieu est vivant ! Jésus est ressuscité ! (1)

« Dieu est un être de désir. Il m'implore de vivre avec lui une profonde intimité. Il veut être tout pour moi et que je sois tout pour lui. Tout ! Sans demi-mesure ! Sans infidélité… De jour en jour, il plonge ses yeux dans mes yeux, il met ses mains dans les miennes et me redit comme dans une passion amoureuse : « Je ne peux pas vivre sans ton regard posé sur moi. Sans moi, Dieu est. Grâce à moi, Dieu vit ! Sans lui, je suis. Grâce à lui, je vis. Il appelle chaque humain à la même proximité. »

Benoit Voyer

MONTRÉAL – Journaliste spécialisé dans les affaires culturelles et religieuses depuis 1987, Benoît Voyer, collaborateur à la Revue Sainte Anne depuis 1996, est un communicateur fort connu au sein de l'Église catholique francophone du Canada. Né le 22 novembre 1966 à Granby, cité du célèbre jardin zoologique, il a signé, depuis le début de sa carrière de journaliste, de nombreux articles dans les médias écrits, a animé plusieurs séries d'émissions à la radio et à la télévision, y a collaboré et a fondé un organisme culturel catholique. En février 2000, une crise de vie sévère l'amène à partir en exil, en plein désert urbain, afin de retrouver en lui des forces nouvelles pour vivre et des raisons de croire que Dieu est vivant et que Jésus est ressuscité. Dans cette série de deux articles, il raconte le Vendredi saint de son existence, ce temps de souffrances qui l'a conduit à un nouveau matin de Pâques pour sa vie, un temps de lumière et d'espérance.

***

En février 2000, j'organise, au nom de l'organisme culturel que j'ai fondé avec l'abbé Gérald Ouellette et pour lequel je suis directeur général, une grande fête artistique, afin de souligner, avec le milieu culturel de la région de Granby, le grand jubilé de l'an 2000. Pendant dix jours, l'église Notre-Dame est le théâtre d'une manifestation culturelle hors de l'ordinaire. Le programme de la décade comprend une exposition des magnifiques icônes byzantines de Rosette Mociornitza et des peintres de la région, des concours de peinture et de poésie, des concerts mettant en vedette le magnifique orgue Casavant du temple qui nous accueille et deux célébrations eucharistiques jubilaires, la première au cachet classique mettant en vedette Les Petits Chanteurs de Granby, sous la direction de la talentueuse Isabelle Petit, et une seconde, présidée par Mgr François Lapierre, au rythme gospel avec le chœur Cantamus, dirigé par Jean-Luc Hébert. Dans le décor de l'église Notre-Dame qui offre à l'œil des splendides vitraux et des fresques de Guido Ninchiri, le Michel-Ange québécois, nous sommes aux anges.

De jour en jour, les éloges fusent de partout dans la région. L'événement attire quelques milliers de visiteurs et déplace plusieurs journalistes et équipes de télévision.

Plus le succès du jubilé des artistes se confirme, plus ma santé physique et psychologique s'enlise dans une crise dont je ne soupçonne pas l'ampleur. Mon désir de travailler avec une très petite équipe de bénévoles, compte tenu de la grandeur de cette manifestation culturelle, m'emporte. Le poids est trop lourd pour un seul humain.

Descente aux enfers
Depuis plusieurs années, je néglige de soigner certaines problématiques en moi. Mon intériorité n'est pas en très bonne santé. Le diagnostic se résume à ces points : a) Mes formations journalistique et théologique m'ont conduit au relativisme ; b) Je n'ai pas encore vécu le départ tragique de mon ami, le journaliste Gaétan Girouard, qui s'est pendu dans sa résidence de la région de Québec ; c) Je souffre d'angoisses et de névroses, ce qui m'amène à vivre des relations amoureuses conflictuelles, à des moments de paralysies émotives et à des comportements compulsifs, notamment au travail ; d) J'éprouve des difficultés avec certains membres du conseil d'administration de l'organisme que je dirige.

Suite au jubilé des artistes, je prends quelques jours de repos, croyant qu'un peu de sommeil me remettrait sur pied Malheureusement, rien ne change. Au fil des jours, je commence ma relecture de vie. Le constat est lourd. En plus d'établir un diagnostic sur le mal intérieur que je porte en moi, j'en viens à la conclusion que toutes les valeurs humaines et religieuses que j'ai défendues depuis tant d'années ne trouvent plus de sens en moi… Pas plus que ma vie, d'ailleurs ! Au fond du précipice, je n'ose même pas prier, car pour moi, en ces semaines, je ne crois plus que Dieu est vivant et que le Christ est ressuscité. Je sombre dans l'athéisme.

De peine et de misère, je poursuis mon travail de direction et je demande la permission à ma conjointe de nous séparer, de quelques semaines à quelques mois, afin de me ressourcer. Elle accepte. Elle me laisse le logement pour quelques jours, mais en bout de piste, elle me dit être incapable de vivre indéfiniment dans l'attente. Elle demande le divorce. Notre mariage n'aura même pas duré deux ans.

Je décide de tout laisser derrière moi. L'abbé Gérald Ouellette m'offre l'hospitalité. C'est le début de ma réhabilitation.

Partir ou rester ?
Mourir ou vivre ?


En ces jours difficiles, je pense beaucoup à Gaétan Girouard, mon ami. Puisque j'habite non loin du cimetière où il repose, je vais le visiter régulièrement. J'en viens même à la conclusion qu'il a fait un bon choix en mettant fin à ses souffrances intérieures en se suicidant, pendu au bout d'une corde.

Durant cette nuit de la vie qui me semble interminable, je décide d'aller le rejoindre. Je fixe une date à l'agenda et je planifie mes derniers instants.

Ce jour-là, je me rends visiter Gaétan une dernière fois. Seul, assis derrière le volant de l'automobile que je conduis, je refais un dernier survol de ma courte existence et, surtout, je cherche en moi une seule raison de vivre, juste une… Apparaît en moi le visage de chacun de mes enfants, nés de ma première union matrimoniale. Sans tarder, une voix parle en moi : « Tes enfants ont besoin de toi. Ils seront blessés pour toujours par ton suicide, comme ceux de Gaétan. Ils souffriront jusqu'à leur mort de ton départ tragique. Au moment de l'épreuve, ils voudront, eux aussi, s'enlever la vie afin d'aller te rejoindre. Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? » Je pleure à chaudes larmes. Je les aime et je ne veux pas leur infliger le même tourment que je porte. Je n'hésite point à mettre fin à mon funeste projet.

Durant ces semaines, je rencontre en interview l'animateur Gaston L'Heureux. Sans savoir ce que je porte en moi, il me confie avoir songé à s'enlever la vie et ajoute : « Tu sais, quand tu t'en vas en mer, il y a la tempête. Crac ! Ton mât est arraché. Tout à coup ! Hop ! C'est le calme… et puis tout continue comme si rien ne s'était passé. La sensation qui vient après l'épreuve ne s'explique pas… » Après 60 minutes d'interview et deux autres heures à bavarder pour le seul plaisir, il me donne le numéro de téléphone de sa résidence du Plateau-Mont-Royal et m'invite à téléphoner si le cafard me prend. Je n'ai jamais eu à le faire, mais son numéro a longtemps traîné dans mes poches. J'ai toujours apprécié son geste.

Chez les Juifs
Grâce à l'abbé Gérald, je rencontre la famille Cohen, des Juifs messianiques orthodoxes qui demeurent à Granby. Nous nous fréquentons quelques mois.

Un vendredi soir, on m'invite pour le repas du sabbat. « Ce sera pour nous une grande bénédiction de l'Éternel de te recevoir », me lance le barbu chef de famille qui porte avec fierté sa kippa.

Ce soir-là, à travers le rituel juif, je touche à la présence de Dieu. Il est vivant ! Il est bien ici autour de la table familiale. Je suis vraiment touché. Jusqu'à la fin de juillet 2000, je reviendrai régulièrement dans cette maison. J'y passerai même tout le mois de juillet.

Le contact avec ces gens me fait vivre une expérience hors de l'ordinaire. Elle me questionne. Ils me remettent en contact avec les textes de la Torah, les cinq premiers livres de la Bible.

Chez eux, j'apprends aussi quelques mots et quelques prières en hébreu, dont celle du rite du lavement des mains lors du repas du vendredi. « Bâroukh atâh Hachem, élohèinou mélekh haolâ, asher kidshânou bemitsvotâv vetsivânou al nétilas yadahim. Omen ! » « Béni. Tu es, Hachem, Roi de l'univers, qui nous as sanctifiés par tes commandements et nous as prescrit l'ablution des mains. »

La voix de l'ange
Durant ces mêmes semaines, une voix se fait entendre en moi. Elle me donne des conseils et m'indique des pistes pour sortir de ma crise de vie.

J'ose lui demander : « Qui es-tu ? » Elle me répond sans attendre : « Je suis l'ange qui veille sur toi. Dieu m'a demandé de t'accompagner. Tu te souviens, il y a quelques années, lorsque nous nous parlions ? » Je le reconnais. Pendant plusieurs mois, je m'interroge sur des questions précises. Il me répond, me guide et me rassure. Il m'enseigne. Il me dit ce que Dieu veut pour moi. Cependant, il ne cesse de me rappeler qu'il m'invite, mais que je demeure libre. Je tente de l'écouter le plus possible parce que je vois bien qu'il ne veut que mon bonheur.

Un soir, je comprends qu'il est mieux que je quitte mon patelin, afin de retrouver l'anonymat (car je suis assez connu à Granby), pour mieux retrouver mes forces vitales. Je décide de retourner suivre des cours. Je m'inscris au programme en enseignement à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Je suis accepté.

Le désir de Dieu
En méditant longuement le livre du Cantique des cantiques, texte lu d'un vendredi à l'autre chez mes amis juifs, j'ai une révélation : Dieu est un être de désir. Il m'implore de vivre avec lui une profonde intimité. Il veut être tout pour moi et que je sois tout pour lui. Tout ! Sans demi-mesure ! Sans infidélité… De jour en jour, il plonge ses yeux dans mes yeux, il met ses mains dans les miennes et me redit comme dans une passion amoureuse : « Je ne peux pas vivre sans ton regard posé sur moi. » Sans moi, Dieu est. Grâce à moi, Dieu vit ! Sans lui, je suis. Grâce à lui, je vis. Il appelle chaque humain à la même proximité.

« Sur une seule allusion à ton désir de m'attirer, nous nous sommes précipités avec une foi parfaite à ta suite dans le désert [ Éveille-toi, mon amour, ma belle, et va ! Car l'hiver de la servitude est passé, le déluge des souffrances est terminé et a disparu », est-il écrit dans la traduction juive sépharade du Cantique des cantiques.

À la fin août 2000, après un mois de vacances chez mes parents, je quitte la ville qui m'a vu naître pour m'établir à Montréal. Pour dix mois, je resterai chez les Trinitaires, à quelques pas de l'université.

(À suivre dans la prochaine édition)

Le site Internet de Benoît Voyer est : www.benoitvoyer.com



(Revue Sainte Anne, mars 2004, pp. 105 et 125)

12 juin 2026

POLITIQUE : L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »

L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »

Par Benoit Voyer

12 juin 2026

Presque tous les hommes toutes les femmes de chiffres l’affirment : « l’étatisme » ou l’interventionnisme a des effets pervers. Il conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne » tellement en profondeur que la personne en vient à perdre sa capacité d’imaginer les choses autrement que celles que les gouvernements ont mises en place. C’est ce qui a fait dire à Trévor Burrus : « L’État atrophie notre imagination »[1]. C’est ce qu’il appelle le « Statrix ».

Ce qu’un gouvernement met en place à travers les lois et les programmes laisse une empreinte tellement grande qu’on finit par avoir de la difficulté à imaginer qu’il pourrait en être autrement. Pour reprendre Vincent Geloso : « L'impact de l’intervention étatique "sur notre capacité à concevoir les mondes que l’être humain peut créer par la recherche d’un bien-être supérieur" ».[2]

De quelle manière s’atrophie la matière grise ?

Pour commencer, on lance une loi ou un programme ou un « projet structurant ». Bien entendu, celui-ci entraine des changements dans nos modes de vie. Pensant avoir en main la solution parfaite, ceux qui nous gouvernent s’organisent pour éliminer des solutions ou des initiatives privées ou provenant de la communauté qui existaient ou existent déjà.

Résumant l’idée de Burrus, Geloso écrit : « Une fois l’action gouvernementale pleinement mise en place – qu’il s’agisse d’un métro, d’un cartel légal de taxis ou d’un réseau d’écoles publiques – une coalition d’intérêts composée de syndicats, de bureaucrates, de politiciens et d’acteurs économiques (comme une entreprise d’autobus électriques subventionnés) s’active pour s’assurer que cette intervention, aussi nuisible soit-elle pour la collectivité, ne disparaisse jamais ».

Il ajoute : « Lorsque la qualité du service se dégrade, les gens se retrouvent coincés à cause de la deuxième étape. De plus, à la suite de la troisième étape, les citoyens ont non seulement perdu les services alternatifs, mais ils ont peut-être même oublié qu’ils existaient déjà. Cependant, si une tentative privée réussit à percer, la sixième étape survient ».

On procède alors à l’interdiction ou à la réglementation de la nouvelle solution privée. Ainsi on s’engouffre dans une sorte de « cycle menstruel » qui se répète et se répète.

On ne cessera de le répéter, il y a trop de règlements, de subventions et de sociétés d’État. Plus les gouvernements tentent d’encadrer, plus ils tuent la créativité et la productivité.

____________________

[1] Cf. Trevos Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[2] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.

CALENDRIER LITURGIQUE : Le 12 juin est la fête du Sacré-Coeur de Jésus


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Henri Lemay, leader mondial du renouveau charismatique

Henri Lemay
Leader mondial du renouveau charismatique

« C'était tellement beau ! Il y avait une telle intimité avec Dieu… C'était proche de lui. Je me suis dit: c'est ça que je veux ! »

Benoit Voyer

OTTAWA – Au Canada, le renouveau charismatique, sous le leadership du père Jean-Paul Regimbal, connaît une expansion fort rapide. Tout va si vite que les évêques du pays publient, le 28 avril 1975, un message important sur le sujet : « Vous n'êtes pas sans savoir qu'elle a provoqué des réactions diverses. Ici, c'est l'enthousiasme ; là, la prudence ; ailleurs, l'inquiétude et parfois même la méfiance. Les interrogations abondent à propos de ce courant spirituel. « Les débats se multiplient à son sujet », introduit le message pastoral.

Durant cette année sainte, Henri Lemay, enseignant au secondaire et conseiller en orientation de la région de la capitale canadienne, vit, à travers ce courant spirituel, une expérience qui transforme sa vie. Bien qu'il publie cette année-là « Les danses de la jungle », un petit document édité par l'Association des Scouts du Canada du district d'Ottawa contenant la parade de la jungle, la danse de Baloo et celle de Bagheera et plusieurs autres inspirées du Livre de la jungle, ce qui l'attend n'a rien de sauvage.

Henri Lemay est un leader mondial du renouveau charismatique catholique. En plus d'être le fondateur, Jésus rassemble son peuple, qui est à l'origine de plusieurs initiatives pastorales d'importance. Il a été membre, pendant huit ans, du Comité international du renouveau charismatique catholique, dont le siège est à Rome, à quelques pas du Vatican.

REVUE SAINTE ANNE – Comment allait votre vie en 1975 ?

HENRI LEMAY – Mon mariage avec Bonny a très bien commencé parce que nous nous étions entendus, durant nos fréquentations, sur toutes les grandes questions de la vie conjugale : l'argent, la place de nos parents et de nos beaux-parents, le désir d'avoir des enfants et l'éducation de ceux-ci, la sexualité, la religion, etc. Nous étions en accord sur tout et assez proches l'un de l'autre.

RSA – Votre vie spirituelle était-elle en santé ?

HL – Même si j'allais à la messe plusieurs fois par semaine, sans manquer le dimanche, et même si je lisais régulièrement ma Bible, j'avais très peu de puissance dans ma vie. Je me suis donc retrouvé avec des problèmes, notamment avec la pornographie. Je vivais toujours cela en cachette… évidemment ! Je manquais de paix à l'intérieur de moi. Puisque je travaillais en counselling, j'ai entendu parler de la méditation transcendantale. J'ai donc suivi un cours. Comme on me le montrait, j'en suis venu à réciter un mantra deux fois par jour. Bonny, mon épouse, a également suivi le cours, mais elle n'était pas capable de réciter un mantra. Chaque fois qu'elle commençait, elle finissait toujours par dire Jésus, Jésus, Jésus… ou Marie, Marie, Marie… Elle ne voulait pas dire le mot en sanskrit qu'on nous avait donné.

RSA – La méditation transcendantale vous a vraiment aidés ?

HL – La méditation transcendantale nous a joué de mauvais tours… Comme tous les couples, nous avions de petites disputes à l'occasion. J'en étais venu, lors de nos conflits, à ne plus m'asseoir avec mon épouse pour régler nos litiges et trouver un terrain d'entente. Je finissais plutôt par me retirer, seul, pour réciter un mantra. Et après vingt minutes j'étais bien ! Le calme était revenu ! Je continuais ma vie, mais du côté de Bonny, il n'y avait rien de réglé. Bien égoïstement, je me disais que cela était son problème. La méditation transcendantale rend l'humain très centré sur lui-même et très cassant envers les autres.

On se séparait donc de plus en plus. Elle avait ses intérêts et j'avais les miens. Après 10 ans, notre mariage s'en allait vers un échec. Ce qui me rendait le plus triste, c'est que nous avions eu deux enfants : Chantal et François. En 1975, Chantal avait deux ans et nous venions juste d'avoir François. Je ne savais vraiment pas quoi faire pour améliorer la situation.

RSA – Que s'est-il passé ?

HL – Le curé de notre paroisse, pour qui nous avions une grande admiration, venait juste d'être nommé répondant diocésain du renouveau charismatique. Il nous a donc invités à nous joindre à son groupe de prière.

Il y avait là une douzaine de personnes. Je n'en revenais pas ! Ils parlaient à Jésus comme s'il était présent. Il n'y avait que des prières spontanées ! Cela m'a grandement impressionné parce que, à l'église, nous n'avions que des prières liturgiques toutes faites et écrites par des spécialistes.

Ils ne faisaient pas que lui parler ! Ils racontaient aussi des événements qui étaient survenus la semaine même, des expériences de Dieu. Il avait exaucé une prière et une autre. Il y avait aussi des alléluias ! On chantait ! J'ai dit : wow ! C'était tellement beau ! Il y avait une telle intimité avec Dieu… C'était proche de lui. Je me suis dit : c'est ça que je veux !

Ce soir-là, on a annoncé qu'il y aurait un séminaire de la vie dans l'Esprit qui débuterait en septembre 1975. J'en ai parlé avec mon épouse et nous avons décidé de nous inscrire.

RSA – Ce fut un grand événement !

HL – Et pas le seul ! Cet été-là, je suis allé passer deux semaines dans la ville de Québec à l'occasion d'un échange bilingue. Je suis parti avec 24 élèves anglophones d'Ottawa.

Un soir, ne pouvant pas dormir, je suis allé marcher, très longtemps. Habituellement, je dors très bien, mais là je n'y arrivais pas. Je n'avais que le goût de marcher.

Pendant cette promenade, j'ai revu toute ma vie comme dans un film. J'ai revu ma période d'adolescence et toutes les promesses que j'avais faites à Dieu et les prières que j'avais écrites et, aussi, mes demandes à Dieu.

J'ai aussi revu tout ce que je voulais pour ma vie. J'étais enseignant et je m'occupais de scoutisme… Deux choses excellentes ! Mais je trouvais que je passais tellement de temps à regarder la télévision. De plus, j'étais devenu presque un professionnel des jeux d'échecs. Je jouais même dans des tournois. Je ramassais de l'argent et je le dépensais : j'allais voir des films, des spectacles… Ma vie était toute tournée vers mes plaisirs égoïstes. J'étais au centre de mon existence et je m'occupais de moi.

En même temps, je voyais mon mariage qui disparaissait. Il y avait mes deux beaux enfants. Je ne savais pas ce qui était pour m'arriver avec eux.

Je me suis dit : à l'âge de 17 ans, Dieu m'a permis de reprendre ma vie en main et j'en ai fait un désastre. Ce n'est pas ce que je veux ! Je veux que ma vie appartienne à Dieu et je veux servir Dieu. Tout m'avait éloigné de lui, surtout l'argent.

RSA – Qu'est-ce que vous avez vécu, quelques mois plus tard, au séminaire de la vie dans l'Esprit ?

HL – La première semaine, quand on nous a dit que Dieu nous aime, je le savais ! Je n'en doutais pas. Dieu est amour !

La deuxième semaine, quand on nous a dit que Jésus nous a sauvés, je le savais, qu'il est sauveur ! Il nous a sauvés de nos péchés et je savais que j'en ai beaucoup !

La troisième semaine, Dieu nous appelle à une vie nouvelle dans son royaume, une vie où il est intime avec nous. Dieu nous donne sa force et sa lumière. On peut marcher avec lui ! C'est ce que je voulais.

La quatrième semaine, il a été question des obstacles à cette vie nouvelle avec Dieu : il faut renoncer au péché, aux sciences occultes, à Satan… Et on m'a dit que la méditation transcendantale n'est pas bonne et que je devais y renoncer. Et j'étais prêt à ça (!) même si je ne comprenais pas pourquoi ! Enfin, il faut pardonner. J'ai donc fait une liste de gens à qui j'en voulais et j'ai pardonné à chacun, un après l'autre.

La cinquième semaine, c'était le temps de dire sa prière ! On allait nous imposer les mains pour que nous soyons baptisés dans l'Esprit Saint. La prière était très simple… Il s'agissait de la promesse du baptême : je renonce au péché et à ce qui conduit à lui, je renonce à Satan, j'accepte le Père de Jésus comme étant mon père, j'accepte Jésus comme mon Seigneur et mon Sauveur, je veux que l'Esprit Saint habite en moi. Je demande à Jésus de me baptiser dans l'Esprit Saint, de faire qu'en moi éclatent tous les charismes pour que je puisse servir Dieu dans l'Église et dans le monde. C'était exactement ce que je voulais ! J'ai dit ma prière avec force, avec détermination…

RSA – Lorsqu'on vous a imposé les mains, est-ce que vous avez vécu des manifestations particulières ?

HL – Absolument rien ! Et puis, de toute façon, je ne m'attendais absolument à rien ! Cependant, à partir de ce moment, les choses ont changé dans mon quotidien : j'ai détruit toute une collection de Playboy et de Penthouse ; j'ai arrêté tous mes exercices de méditation transcendantale ; j'ai remplacé le mot de mon mantra par le nom de Jésus. Aussi, j'ai commencé à sentir Dieu présent avec moi. Enfin, ce fut le début du service du Seigneur à travers le renouveau charismatique catholique, surtout à l'intérieur du groupe de prière que je fréquentais.

RSA – Vous n'avez pas vécu de manifestation de l'Esprit comme il s'en vit habituellement chez les charismatiques ?

HL – Jusqu'à ce moment-là, je n'ai pas vécu d'expériences particulières. Dieu m'a juste aidé à reprendre ma vie en main, surtout au chapitre de la moralité. Peu de temps après, il y a eu une rencontre avec des prêtres à la cathédrale d'Ottawa. J'y suis allé. À la fin, on a invité les gens présents à descendre au sous-sol de la cathédrale pour se faire imposer les mains.

Deux membres de notre groupe de prière sont présents. Je m'assois sur la chaise, près d'eux. Le père Gaston Croteau me demande : « Henri, veux-tu qu'on prie pour quelque chose en particulier ? » Je dis : « Non, non ! » Ils mettent les mains sur moi. J'éclate en sanglots. Je pleure et je pleure. Après quelques minutes, Gaston me demande : « Henri, pourquoi ces larmes ? » Je lui réponds : « Je ne sais pas ! » Agathe me dit : « Henri, le Seigneur est en train de te guérir d'une blessure que tu as reçue alors que tu étais dans le sein de ta mère. »

De retour à la maison, je me sentais très mal. Le lendemain, je me sentais encore tout à l'envers. Le troisième jour encore pire !!! C'est comme si on avait arraché quelque chose en moi. Je me suis dit : « Les charismatiques sont dangereux ! Je dois faire attention à ces gens-là ! »

Le quatrième jour, tout a changé. Le cinquième jour, je me sentais très bien. C'est comme si j'avais été opéré par le bon Dieu. Ça m'a donc pris quelques jours de récupération.

Je me suis donc rappelé les paroles d'Agathe. Je suis allé voir ma mère : « Maman, qu'est-ce qui m'est arrivé avant ma naissance ? » Elle me demande : « Pourquoi veux-tu savoir cela ? » Je lui raconte ce qui m'est arrivé. Elle m'a expliqué… Je suis le deuxième enfant de la famille. Mon frère aîné était un enfant terrible ! Maman était une nouvelle mère et c'était son premier. Elle était jeune et ne savait pas trop quoi faire.

Un jour, mon frère Jacques a volé les allumettes de papa. Il les a cachées dans son lit de bébé. Il n'avait qu'un an, pas plus ! Lorsque ma mère l'a laissé pour dormir, il a allumé un feu. Il a mis le feu à son lit ! Il n'était pas capable d'en sortir. Il était pris ! Il criait et hurlait !!!

C'était l'époque où le docteur Spock disait : « Si les enfants pleurent, laissez-les faire, ils vont s'endormir. Touchez-les pas trop! » C'était une bien drôle de psychologie, mais c'était celle qui régnait à l'époque. Alors ma mère n'osait pas monter à l'étage, mais mon frère pleurait encore plus fort (!). Elle s'est finalement dit qu'elle ne pouvait pas le laisser pleurer ainsi. Elle est montée et a vu le feu. Elle a sorti mon frère du lit et a éteint le début d'incendie. Elle a eu très peur !

Quelque temps après, quelqu'un vient cogner à la porte. Elle dit : « Oui, bonjour! » C'était un homme, un étranger. Il dit : ! « Madame, savez-vous ce qui se passe au deuxième étage ? » Elle dit : « Non ! » Il dit : « Venez voir ! » Elle sort de la maison et se rend sur le trottoir. Mon frère Jacques avait poussé la moustiquaire. Il l'a fait tomber et est sorti par la fenêtre. Il y avait là un niveau en ciment, une sorte de décoration. Il était debout sur cela et il regardait autour.

Maman a eu encore une fois très peur et s'est dit : « Je n'en veux plus d'enfant !!!! » Et pendant ce temps, elle était enceinte de moi. Évidemment, au creux de son sein, j'ai vécu cela comme un profond rejet.

La grande consolation de ma mère est que j'étais bien différent de mon frère. Autant il était fou brac, autant j'étais l'enfant le plus sage qu'on puisse trouver. Lorsque maman disait : « Henri, assieds-toi ici jusqu'à ce que je revienne », je ne bougeais pas ! Je ne savais pas, mais j'avais une peur morbide du rejet.

Plus tard, lorsque j'avais des chicanes avec Bonny, dès qu'il y avait le moindre signe qu'elle voulait me rejeter, j'en avais des sueurs froides. Je paniquais. Je perdais toutes mes idées. Je n'avais plus rien à dire parce que mon cerveau arrêtait de fonctionner.

À partir de ce moment, tout a changé dans ma vie. Une expérience d'évangélisation inédite a commencé pour moi : animation d'une émission à la télévision régionale d'Ottawa, organisation de grands rassemblements d'évangélisation, fondation de Jésus rassemble son peuple et d'une série d'initiatives apostoliques, présidence du Conseil canadien du Renouveau charismatique (CCRC) et présence au Comité international du renouveau charismatique à Rome… Mais le plus important est que j'ai vécu et je vis encore une merveilleuse aventure avec Bonny, mon épouse. Nous sommes proches l'un de l'autre. Dieu est bon !

Henri Lemay
1433, rue Leblanc (arrondissement Orléans)
Ottawa, Ontario, Canada
(613) 837-3702 ou (613) 837-2274
henri.lemay@sympatico.ca


Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître ! revuesainteanne@benoitvoyer.com

(Revue Sainte Anne, avril 2005, pp. 153 et 164)

11 juin 2026

MUSIQUE : Wow ! Simon Boisseau

Wow ! Simon Boisseau

Par Benoit Voyer

11 juin 2026

Simon Boisseau est un pianiste qui cherche à transposer des impressions qui vont durer toute une vie. Que ce soit en piano solo aux consonances néoclassiques, comme accompagnateur de Fredz et d’Émile Bourgault, membre de la formation pop-rock funky Barber For The Queen, directeur musical, arrangeur ou compositeur de musique à l’image, le musicien autodidacte originaire de la Rive-Sud s’établit tranquillement dans l’univers culturel depuis la parution de son deuxième album « Le déjeuner » paru chez Bravo Musique en mars 2023. Sur cet album, on retrouve la jolie pièce « Le jardin de Gaspard Fauteux ». En 2025, pour souligner le 50ᵉ anniversaire de l’album « Neige » d’André Gagnon, le pianiste Simon Boisseau enregistre une interprétation originale du succès planétaire « Wow ».



SAINTS ET SAINTES : Parole de Louis Émond


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Père Armand Gagné missionnaire dans l'âme

Père Armand Gagné
missionnaire dans l'âme

« La misère des gens du Guatemala m'a fait tomber en amour avec eux »

Benoît Voyer

MONTRÉAL – Il a 72 ans et n'est pas encore officiellement à la retraite. Le père Armand Gagné, membre de l'Ordre des Trinitaires, partage son temps entre la cueillette de fonds pour soutenir ses œuvres au Guatemala et au Vietnam et son travail d'animateur de pastorale au centre hospitalier de Verdun, une institution du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) 03 Verdun/Côte-Saint-Paul, Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Si la maladie ne l'arrête pas, il finira assurément ses jours en rendant service aux autres. Il aime passionnément l'humain. Cela se voit dans son regard qui ne vieillit pas.

La Fondation Les amis du Père Armand Gagné (FAPAG) est très connue dans les régions du Lac-Saint-Jean, de Montréal et de Granby. Les « journées spaghetti » à Ville de La Baie et les mégas bazars annuels à Granby permettent de recueillir des sommes d'argent fort appréciables, surtout pour le Guatemala.

« J'ai toujours rêvé d'être missionnaire. Une offre de ma communauté pour le Guatemala a été lancée à tous les confrères. J'ai postulé et j'ai été choisi », dit le père Armand Gagné, rencontré par la Revue Sainte Anne il y a quelques semaines.

Qu'est-ce que « la mission » « Il nous a été confié par le Seigneur de proclamer l'Évangile et de faire connaître Jésus. C'est la mission que chacun de nous a. Celle-ci se manifeste de différentes manières. Il y a des gens qui la voient comme une théorie, et, pour d'autres, c'est quelque chose de pratique. J'ai choisi de vivre du contexte de l'Épître de Jacques. Il affirme qu'il est impossible de parler de Jésus quand la personne qui est devant soi n'a pas le nécessaire pour se nourrir physiquement et se loger », explique le religieux. L'expression « une mission » est donc le côté concret de « la mission ». Être missionnaire est le sens plénier, c'est-à-dire fondamental, de la vie chrétienne.

« Être missionnaire, c'est avoir la préoccupation d'aller toujours plus loin et de relever continuellement de nouveaux défis. Malheureusement, je trouve qu'on a perdu ce sens. Être missionnaire, c'est accepter de se laisser déranger et de ne pas vivre dans le confort. Lorsqu'on s'installe dans ses petites habitudes, qu'est-ce que devient l'esprit missionnaire ? Il est regrettable qu'on en vienne à s'installer dans une mission sans trop se laisser déranger par les autres. C'est dommage parce qu'on en vient à perdre l'esprit et la raison d'être de notre action », ajoute le père Gagné.

Au Guatemala
Au Guatemala, il a été très touché par la pauvreté des personnes qu'il a rencontrées. « La misère de l'Amérique latine, je la trouve encore plus misérable que celle des pays d'Afrique parce qu'elle est voulue et entretenue par l'humain », dit-il. Il explique qu'au Guatemala l'argent circule uniquement dans les mains de quelques riches. « La misère des gens du Guatemala m'a fait tomber en amour avec eux. Quand tu es comme eux, tu ne fixes jamais de conditions. « Tu accueilles tous ceux qui se présentent à toi », déclare-t-il.

Il est devenu l'ami de ces gens. Sa manière de les aider est unique. Sa contribution est toujours conditionnelle à un échange de services : « J'ai toujours exigé d'eux une collaboration. Ils doivent tendre la main. S'ils ne la tendent pas, tu n'y vas pas ! C'est la seule manière de les faire collaborer. Ils doivent exprimer leurs réels besoins. »

C'est ainsi qu'il a mis en place, durant son séjour, des œuvres humanitaires qui fonctionnent toujours, quoiqu'il ne les dirige plus. C'est surtout à la cause des enfants qu'il a consacré son apostolat. C'est un choix du cœur, « car un enfant, c'est innocent. » Ainsi, il a fondé un centre de nutrition, un orphelinat et un dispensaire. « C'est presque un hôpital ! » s'exclame le sexagénaire. Aujourd'hui, des religieuses s'occupent de l'établissement.

Il s'est aussi attardé à rénover des écoles et en a fait construire quelques autres pour répondre aux besoins. Financièrement, il s'est attardé à trouver du financement pour que des enfants – environ 70 – aient accès à l'instruction. Et la liste de ses réalisations est longue. S'ajoute notamment la construction de maisons – grâce à un système coopératif de prêt immobilier – et il a fait construire des égouts.

Durant son séjour, il a aussi veillé à alimenter la foi des Guatémaltèques. « J'ai baptisé près de 2000 enfants ! Et je les ai tous rencontrés personnellement ! » lance-t-il, le regard émerveillé. Est-ce que c'est pour épater les gens qu'il lance cela ? Est-ce que c'est par orgueil ? Cela est peu probable. C'est habituellement pour remercier Dieu de lui avoir donné la santé pour réaliser toutes ses actions. Il le dit souvent dans ses conversations : « Sans lui, je n'aurais pas pu faire autant de choses dans ma vie ! »

FAPAG

Dès son départ en mission au Guatemala, en Amérique du Sud, un groupe d'amis s'est réuni dans le but de l'aider en ramassant des fonds pour soutenir ses nouvelles œuvres. Il se défend bien d'être le fondateur de cet organisme : « Je n'ai pas affaire là-dedans ! Je n'aurais jamais parti une fondation à mon nom ! Voyons ! C'est la faute de mes amis de la paroisse Saint-Jean-de-Matha ! »

Tout a débuté lorsqu'il a quitté cette paroisse après 12 ans d'apostolat. Lors de la fête d'adieu, les organisateurs ont amassé quelques milliers de dollars à l'occasion d'un souper.

« Le groupe d'amis a manifesté le désir d'être informé de mes faits et gestes au Guatemala par l'intermédiaire de lettres. Ils m'ont dit qu'ils organiseraient quelques actions afin de recueillir de l'argent pour soutenir la mission. La première année, ils ont organisé une « journée spaghetti »; 350 personnes sont venues manger. Et je n'étais même pas présent ! » raconte le père Gagné, encore ému.

JE continue la voix pleine d'émotion : « Ça ne faisait même pas une année que j'étais au Guatemala qu'une paroissienne – que je ne connaissais même pas (!) – me téléphone pour m'informer avoir gagné à la loto et qu'elle m'enverrait 10 000$ ! Vous voyez à quel point Dieu fait bien les choses ! » C'était le début de la FAPAG.

Un parcours impressionnant
Le père Armand Gagné a un impressionnant curriculum vitae. Il est né le 28 août 1931 à Bagotville (ville de La Baie). Il est le fils de Joseph Gagné et Marie-Anne Lavoie. Il a été baptisé le même jour à l'église Saint-Alphonse à Ville de La Baie.

Il entre dans la communauté des Trinitaires en août 1955 et il prononce ses vœux perpétuels le 8 septembre 1959 à la paroisse Saint-Jean-de-Matha, à Montréal. Il est finalement ordonné prêtre le 20 septembre 1959 à Saint-Jean-de-Matha. Il célèbre sa première messe à la paroisse Saint-Alphonse de Bagotville, le lendemain. De 1959 à 1960, il termine sa quatrième année de théologie. Le premier mariage qu'il célébrera, deux ans après son ordination, sera celui de son frère Jacques Gagné. De 1960 à 1963, il est assistant surveillant des élèves au Collège des Trinitaires à Saint-Bruno-de-Montarville et est professeur de religion. Pendant ce temps, il est également aumônier en milieu hospitalier aux hôpitaux Mayfair, Shriner's et Cedar. Parallèlement, de 1960 à 1966, il est procureur des missions pour sa congrégation et, de 1963 à 1969, il est vicaire à la paroisse Saint-Jean-de-Matha, à Montréal. Il sera aussi curé de cette dernière de 1969 à 1975 et président de la zone pastorale de ce coin du diocèse. Enfin, de 1967 à 1969, il est, en même temps, aumônier à la prison des femmes (Tanguay) et à la prison des hommes (Craig), toujours à Montréal.

En 1975, il devient missionnaire au Guatemala. Huit ans plus tard, en 1983, il est élu conseiller général de sa communauté à Rome. Il est le 21ᵉ Canadien à accéder à ce poste. Pendant ces années, il se consacre à la cause des chrétiens persécutés pour leur foi. Un nouvel apostolat pour les Trinitaires. Il rédige de nombreux rapports qu'il remet, par la suite, au pape Jean-Paul II, par l'intermédiaire de son supérieur général et de la curie romaine. Il revient au Canada en 1989.

« On m'avait donné le mandat de voir comment la communauté pourrait faire un retour à son charisme fondateur. Ça n'a pas été facile au début parce que les gens ne croyaient pas qu'il y a encore de la persécution religieuse sur la planète », raconte Armand Gagné, assis derrière son bureau au centre hospitalier de Verdun.

Il n'a pas fait que regarder ce qui se passe à la lumière des fonctionnaires. Le père Gagné est notamment allé constater la situation en U.R.S.S. – avant la chute du Parti communiste –, au Vietnam et en Chine. Il a aussi établi de nombreux liens avec ces personnes qui n'ont pas de liberté religieuse ou qui subissent de la pression psychologique.

De 1990 à 1993, après quelques mois à la maison des Trinitaires de Granby, il devient aumônier à la prison à sécurité maximale pour hommes de Donnacona, près de Québec.

Il retournera à Granby où il devient supérieur de la maison de retraites spirituelles des Trinitaires – devenue, depuis ce temps, le Centre Jean-Paul-Regimbal – et curé de la paroisse Très-Sainte-Trinité. Malgré sa lourde besogne, il poursuit sa croisade pour venir en aide aux chrétiens persécutés à cause de leur foi au Christ et le soutien financier de ses œuvres.

En 1994, il se rend constater la situation des chrétiens au Liban. Dans une interview publiée dans la Revue Sainte Anne, en juillet 1996, il explique que, selon ses sources, la dernière guerre libanaise a eu pour objectif de persécuter les chrétiens. « Une guerre artificielle : on a visé les églises, les monastères… », déclarait-il.

En 1999, tout en poursuivant ses activités de direction, on le retrouve à la vice-présidence de la section canadienne de Solidarité Chrétienne Internationale (SCI). Cette année-là, il collabore avec l'organisme au rachat de 1050 esclaves (principalement des enfants et des femmes) au Soudan. L'opération qui a eu lieu du 8 au 13 janvier 1999 dans la province de Bahr-el-Ghazal, dans le sud du pays, a coûté près de 80 000 $. L'argent a été recueilli parmi le grand public par l'organisme dont le siège social est à Genève. Chaque personne a été achetée pour 280 FF (environ 76 $ canadiens) à des caravaniers arabes.

Durant cette même année, il rencontre, en Espagne, avec le père Sylvio Michaud, le provincial des Trinitaires de l'époque, Mgr Gabriel Wako, évêque de Khartoum. Durant le long entretien, le prélat diocésain explique aux religieux que la situation de ces esclaves est effrayante, car ils sont victimes de différents sévices : travaux forcés, viol, excision, conversion obligée à l'islam et obligation de se prostituer ou devenir un produit pornographique.

Malgré ce petit éclat de lumière, Armand Gagné, interviewé en 1999 par la Revue Sainte Anne, s'exclame : « C'est un des scandales de cette fin de siècle ! » Cette même année, il confie à la journaliste Marie-Claude Girard de La Presse : « Ce n'est pas facile de parler d'esclavage au Québec. On n'arrive pas à croire que c'est possible. »

Est-ce que le père Armand Gagné prendra bientôt sa retraite ? La question le fait sourire et réagir : « Veux-tu te débarrasser de moi ? » Il finit par expliquer qu'il continuera de servir les gens qu'il rencontre, surtout les malades, et distribuera l'argent qu'il récolte aux œuvres qu'il a fait naître « tant que Dieu le voudra », ce qui veut dire tant qu'il lui accordera la santé physique et psychologique. Et pourquoi pas ? Si le pape Jean-Paul II a bien réussi à ce chapitre, pourquoi pas lui ? Après tout, 72 ans, c'est encore bien jeune pour penser à la retraite.

La Fondation Les amis du Père Armand Gagné inc.
C.P. 1204 Succ. Pointe-Claire
Pointe-Claire, Québec, Canada
H9S 5K7
(514) 695-3864 ou sans frais 1-877-693-8871
www.fapag.org

Organisme de charité no 118923879 RR 0001


(Revue Sainte Anne, juin 2005, pp. 249 et 254)

10 juin 2026

SANTÉ MENTALE : On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques

On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques

Par Benoit Voyer

10 juin 2026

Je suis très inquiet. Plusieurs unités de soins psychiatriques d’hôpitaux québécois sont dangereuses pour leurs patients et les professionnels de la santé. Au nom des droits des usagers, les fouilles sont limitées. La question se pose : qu'en est-il du droit à la sécurité des autres patients et du personnel ?

En ce moment, il y a un grave manquement aux protocoles de sécurité. Sans tarder, on doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques et recommencer à faire des fouilles.

Comme à l’Assemblée nationale du Québec, les visiteurs et les patients devraient passer par des détecteurs de métaux et, dans une zone sécurisée, on s’assure que l'on n’entre pas de drogues et que l'on retire tous les médicaments et que l'on remet tout ça aux professionnels de la santé.

Ma réflexion ne date pas d’aujourd’hui. Il y a déjà une quinzaine d’années que je travaille en santé mentale.

Cependant, les événements survenus il y a quelques mois à l’hôpital de la Cité de la santé, à Laval, démontrent que l’affaire est devenue prioritaire et que les autorités de la santé du Québec doivent bouger.

Je vous rappelle ce qui s’est passé. Selon TVA Nouvelles [1], le 3 novembre 2025, il y a eu une mort suspecte dans l’aile psychiatrique de l’établissement lavallois. Une malade de 49 ans a succombé à une surdose.

Un deuxième drame est survenu le lendemain : un autre patient a été retrouvé inconscient dans un état de coma profond. Il a été transporté aux soins physiques de l’institution de santé. L’intervention aurait permis de stabiliser son état.

Le problème est qu’une patiente aurait donné des médicaments non prescrits aux deux victimes, avec la possible complicité d’un membre de sa famille.

_____________________

[1] Kevin Crane-Desmarais. « Mort suspecte à l’aile psychiatrique de la Cité-de-la-Santé, à Laval », TVA Nouvelles, 8 novembre 2025 https://www.tvanouvelles.ca/2025/11/08/mort-suspecte-a-laile-psychiatrique-de-la-cite-de-la-sante-a-laval

RÉFLEXION : On ne voit bien qu’avec le coeur

On ne voit bien qu’avec le coeur

Par Benoit Voyer

10 juin 2026

Les « tout-petits » et « les pauvres de cœur » comprennent des choses que bien des gens ne comprennent pas. Leur logique n’est pas la même. Elle demeure simple. Lorsqu’il est question des choses de l’évangile, ils savent que ce qui compte avant tout, c’est de l’accueillir et d’y croire. L’évangile ne se comprend pas toujours avec la logique. C’est plutôt avec le cœur qu’on en saisit l’essentiel. Comme disait le Petit Prince dans l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux. […] On ne voit bien qu’avec le cœur ».

C’est pourquoi Jésus priait Dieu en disant : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits. » (Mt 25, 11-30)

1 + 1 = 3
Dieu c’est le « Tout-Amour ». La relation que Jésus a avec Dieu est de l’ordre de la communion. Le lien qu’il y a entre les deux, les chrétiens l’appellent « le Saint-Esprit ».

Pour faire une image simple, c’est comme ce qui se passe entre deux amoureux. Chacun a son unicité, mais la communion qu’il y a entre eux, leur « nous », devient une troisième personne vivante. À deux, ils deviennent trois : moi, toi et nous. C’est la trinité conjugale.

Ainsi en est-il de l’image que les chrétiens se font de Dieu : il y a le Père, Jésus, le fils par excellence, et l’Esprit saint. C’est la divine Trinité.

Le « Tout-Amour »
À travers ses miracles et ses enseignements, Jésus ne cesse de nous parler du grand amour que Dieu a pour sa création. Il aime chaque femme et chaque homme d’un amour unique et plein de compassion et il invite chacun à faire de même dans son parcours sur cette terre où nous vivons et dans le cosmos où cette terre navigue. Les chrétiens appellent ce cœur tout-aimant de Dieu le « Sacré-Cœur ».

Comme l’écrivait le vénérable Pierre Goursat dans le magazine « Il est vivant ! »[1] : « Le Sacré-Cœur est bien davantage qu’une simple dévotion. C’est l’essentiel même de notre foi, puisqu’il s’agit du cœur de Dieu, de l’amour de Dieu, de l’amour trinitaire ». Pour lui : « Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on fait, mais la manière dont on le fait et l’intensité d’amour qu’on y met. »[2] Dieu nous enseigne la compassion. Cette dernière est un mouvement intérieur du cœur, de l’âme.

____________________

[1] Pierre Goursat. « Éditorial – Le cœur de Dieu », Il est vivant ! no 17, février 1978, p. 2.
[2] Pierre Goursat. Week-end communautaire en région parisienne, 21 juin 1981. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 268.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Louise Couture, psychoéducatrice et psychothérapeute

Louise Couture,
psychoéducatrice et psychothérapeute

« Le ménage qui a été fait était peut-être nécessaire, mais nous en sommes à l'étape du réaménagement intérieur. Il est important d'acheter de bons meubles. Vous comprenez sûrement que je parle ici de bonnes valeurs vitales et essentielles à une vie saine. »

Benoit Voyer

MONTRÉAL – Quand et comment devient-on pleinement adulte ? Dans une société où un grand nombre de personnes est stationné dans une post-adolescence qui n'en finit plus, il semble opportun de s'arrêter pour se questionner sur les valeurs fondamentales. La psychoéducatrice et psychothérapeute Louise Couture tente de répondre à la question. Elle connaît bien les difficultés que traverse l'humain puisqu'elle l'écoute jour après jour dans son cabinet, un petit endroit fort chaleureux du Centre médical Pierrefonds à Montréal. En plus de sa profession, elle enseigne à l'Institut de formation théologique de Montréal et, avec son complice de vie, elle donne des sessions de préparation au mariage. Pendant quelques années, elle a été membre du bureau de direction de l'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF), une composante de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Enfin, elle est mariée depuis près de 25 ans et mère de quatre filles.

REVUE SAINTE ANNE – Sur le plan psychologique, comment se définit « une personne pleinement mature » ?

LOUISE COUTURE – Je préfère l'expression « un adulte debout ». Celui-ci est une personne qui intègre toutes les parties de son être et qui bouge avec celles-ci. La maturité est l'intégration des dimensions qui nous habitent. Elle implique de les laisser circuler en soi.

De plus, puisque nous sommes des êtres de relations, la maturité implique que nous soyons capables de vivre en interpellations avec les autres. L'humain débute sa vie dans une relation avec la femme qui l'enfante et, au fil de son existence, voire de sa montée vers la maturité, il se détache peu à peu de celle-ci et il développe d'autres liens. L'humain n'est pas une petite bulle fermée, une cellule autosuffisante. C'est tout le contraire !

Spirituellement, l'image du dogme de la Trinité illustre bien cela. Celle-ci me fascine. On y voit un Dieu relationnel. Celui-ci n'a pas voulu être tout seul au-dessus de tout le monde. Il a senti le besoin d'avoir un Fils et l'Esprit afin de vivre de communion.

Un adulte debout, c'est-à-dire un adulte mature, est un juste équilibre entre le narcissisme, c'est-à-dire l'accueil de soi, et l'accueil de l'autre. En psychologie, on parle d'« objectalité ». Et cet autre, c'est aussi Dieu. »

RSA – Concrètement, comment devient-on une personne « pleinement adulte » ou, pour reprendre votre expression, « un adulte debout » ?

L.C. – Devenir(!). .C'est le mot qui résume tout. L'humain est un être en devenir. Tout lui est donné en potentiel. Il n'a qu'à actualiser ce cadeau qui lui est fait.

RSA – Comment développe-t-on ce potentiel ?

L.C. : Un lieu privilégié est celui de l'engagement, car il permet de découvrir sa vocation, c'est-à-dire sa mission propre. En d'autres mots, l'humain est appelé à laisser jaillir de lui-même la parole qu'il a à dire au monde. Cette parole est la voie qui lui est propre. C'est sa couleur personnelle.

L'action concrète à travers l'engagement permet de se découvrir. J'aime utiliser l'expression « l'amour en action ». L'humain est appelé à se mouiller, à plonger. Il est important que toutes les ressources qu'il y a en soi fleurissent. Cela fait très plaisir à Dieu !

RSA – Puisque vous abordez le sujet, qui est Dieu pour vous ?

L. C. : Dieu est un grand philanthrope. C'est un amoureux de l'être humain. Il nous a créés pour être en relation avec lui. Notre vocation ultime est de s'aimer et d'être en lui, c'est-à-dire en union avec lui. Dieu est relation et il nous appelle à celle-ci. J'ai étudié en psychoéducation parce que je voulais connaître l'humain et me rapprocher de Dieu. Je le rencontre à travers celui-ci.

RSA – Est-ce qu'être en relation avec les autres inclut être en relation avec soi-même ?

L.C. – Tout à fait ! C'est un aller-retour constant parce que le lien à l'autre me dévoile à moi-même. C'est également le cas lorsque je prie. En étant en relation avec l'une ou l'autre des personnes de la Trinité, il y a des éléments fondamentaux qui se dévoilent à moi-même, des éléments qui me montrent ma grandeur et ma misère. Pour plusieurs grands mystiques, se connaître soi-même se réalise en accédant à Dieu.

RSA – Est-ce que la souffrance sert à mieux se connaître ?

L.C. – La souffrance apparaît. Elle n'est pas donnée par Dieu. Elle est là parce que nous sommes créés libres. Elle est présente à cause de nos choix. Il nous est donc possible de faire des erreurs.

Les épreuves convertissent l'humain. Elles densifient sa vie intérieure.

Et, la souffrance, nous n'avons pas besoin de la rechercher. De toute manière cela serait anti-chrétien. La souffrance est là ! Nous ne pouvons que l'accueillir en lui donnant un sens. Elle nous interpelle à nous connaître en vérité. « La vérité te rendra libre… » (Jn 8, 32), explique un texte de la deuxième Alliance, c'est-à-dire du Nouveau Testament.

RSA – Dans une interview diffusée dans nos pages en octobre 2001, Rolande Parrot spécifie que, lorsque la crise survient, il faut simplement l'accueillir et la laisser travailler en soi. Il est donc bon d'accepter d'entrer en période de crise, mais il faut un jour ou l'autre en sortir ! Comment fait-on pour mettre un terme à la crise ?

L.C. : Y entrer, c'est commencer à y mettre un terme. Pour sortir de la crise, il faut simplement reconnaître et accueillir ses vulnérabilités.

Une expression empruntée au passé résume bien ce que je veux exprimer : il faut en venir à se résigner. C'est la voie vers l'acceptation de sa faiblesse. En s'accueillant ainsi, on devient plus fort.

Il faut aussi mener le bon combat. Nous n'avons pas à lutter pour devenir un être tout-puissant, c'est-à-dire une super-femme ou un super-homme.

Enfin, il faut lire et apprendre ce que la crise nous enseigne et reconnaître cela.

RSA – Est-ce que vous estimez que la personne de notre époque est arrivée à la pleine maturité de son être ?

L.C. : Il y a malheureusement beaucoup d'infantilisme dans cette société. C'est le résultat de toutes les crises qu'ont traversé les générations présentes. Durant celles-ci, il y a eu un rejet d'une série de choses. Plusieurs éléments étaient nécessaires, mais d'autres non. Ce qui est désolant, c'est qu'un grand nombre de personnes n'ont pas suivi les changements que l'humain s'est imposés. En disant cela, je pense surtout à la dimension affective. Les changements de cap, voire les « révolutions sociales », ont fragilisé ce que nous sommes. Nous avons perdu nos racines.

Le constat peut paraître lourd. Voici quelques exemples de ce que je tente de vous illustrer : La fragilisation de la famille, base de la société ; La stagnation du développement de la personne à l'étape de l'adolescence (on parle aujourd'hui de post-adolescence) ; Le narcissisme extrémiste, conséquence de l'infantilisation de certaines parties de soi ; L'hédonisme, c'est-à-dire la recherche impulsive du plaisir, de la pulsion et de la passion ; Le rejet de la durée (lorsque quelque chose ne fonctionne plus ou qu'une relation est chaotique on le remplace. On parle en psychologie de « génération fast-food »; La recherche inconditionnelle de l'amour passionnel (on associe l'amour à l'émotivité. Lorsqu'on n'a plus de papillons dans l'estomac en pensant ou en étant avec l'autre, on dit que l'amour est mort ; etc.

À force de tout fuir, on s'éloigne de soi-même !

Un adulte debout est capable de prendre des responsabilités et de s'engager. Il est capable de vivre dans la durée. Les idées et concepts que je viens de vous énumérer ne sont pas des barrières pour lui. Il est passé par-dessus ces réactions infantiles.

RSA – Notre société semble très malade.

L.C. : Nous avons abandonné des balises essentielles pour bien vivre la vie humaine et pour être heureux. Celles-ci sont des repères vitaux. Lors des crises sociales, on a jeté dans bien des situations le bébé avec l'eau du bain. Je pense en particulier à l'évacuation des valeurs religieuses. Il est dangereux de penser que l'humain est le commencement et la fin de tout et qu'il se suffit à lui-même. L'humain n'est pas sa propre finitude.

Le ménage qui a été fait était peut-être nécessaire, mais nous en sommes à l'étape du réaménagement intérieur. Il est important d'acheter de bons meubles. Vous comprenez sûrement que je parle ici de bonnes valeurs vitales et essentielles à une vie saine. Je crois qu'on s'en sortira.

RSA – Qu'est-ce que la foi apporte de plus au cheminement intérieur de l'humain ?


L.C. : Elle propose de devenir des personnes épanouies et ancrées dans des valeurs profondes. Elle interroge les gens.

RSA – Vous êtes une psychoéducatrice et une psychothérapeute catholique, membre de trois associations professionnelles. De plus, on vous consulte souvent à la CECC pour votre expertise. Est-ce que cela veut dire que vous proposez la foi catholique (ou chrétienne) à votre clientèle ?

L.C. – Pas systématiquement ! Je parle seulement de la foi s'il y a une demande en ce sens. Cela semble un paradoxe, mais je sens que je la propose davantage en étant une simple présence.

Il y a quelque chose que les gens ne peuvent pas toujours nommer, mais qui les ramène. Moi, je sais pourquoi ! Et je vais le nommer si la situation le permet.

Bien de mes clients me sont référés par des prêtres et des organismes religieux. Les gens arrivent très souvent dans mon cabinet en me parlant de la foi. À ce moment, la dimension religieuse est automatiquement intégrée à la démarche que je débute avec eux. Je commence une thérapie psycho-spirituelle.

Si la personne n'ouvre pas la porte à la dimension religieuse, je crois que le Christ est tout de même présent !

En moi, la dimension religieuse n'est pas séparée de ce que je suis. Tout ce que je fais dans ma vie est plongé en Dieu. C'est une grâce qui m'est donnée. Sans le Christ, je ne serais pas la personne que je suis.

Ma discrétion me permet aussi d'accueillir avec respect d'autres courants spirituels.

RSA – Qu'est-ce que la foi apporte de plus à la psychologie ?


L.C. - La psychologie ne peut pas sauver, c'est-à-dire guérir. Cette science est nécessaire et j'y crois. Cependant, elle n'est pas une finalité. Il n'y a que Dieu qui peut guérir profondément l'intériorité humaine.

Chez mes clients, lorsqu'il y a une ouverture à la spiritualité, tout est différent dans le processus de guérison.

La foi et la psychologie sont les deux jambes nécessaires pour que le cœur soit vivifié. Ils s'interpellent l'un et l'autre. Il faut les articuler ensemble tout en gardant bien leurs spécificités.

Louise Couture, psychoéducatrice et psychothérapeute
Centre médical Pierrefonds
12 774 ouest, boul. Gouin,
Montréal H8Z 1W5
(514) 684-8460.

Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître ! revuesainteanne@benoitvoyer.com


(Revue Sainte Anne, juillet-août 2004, pp. 297 et 300)