16 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Douleur chronique et dépression

Douleur chronique et dépression

Par Benoit Voyer

16 octobre 2026

Une équipe de chercheurs de l’Université Fudan, à Shanghai, a identifié un mécanisme biologique qui explique pourquoi les personnes souffrant de douleurs chroniques développent plus fréquemment des troubles dépressifs ou anxieux.

Selon une étude publiée dans la revue Science et rapportée par Le Figaro, le 30 mars 2026, environ 40 % des personnes vivant avec une douleur chronique présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale.

Les chercheurs se sont intéressés à l’hippocampe, une région du cerveau impliquée dans la mémoire et la régulation des émotions. Ils ont découvert qu’une douleur prolongée provoque d’abord une adaptation du cerveau, avec une augmentation de l’activité de certaines cellules. Mais lorsque ce processus devient excessif, il pourrait entraîner une diminution du volume de l’hippocampe et favoriser l’apparition de symptômes dépressifs.

Au cœur de ce mécanisme se trouvent les microglies, des cellules immunitaires du cerveau. Normalement utiles pour soutenir les neurones et maintenir les connexions cérébrales, elles pourraient devenir nuisibles lorsqu’elles sont trop activées par une souffrance prolongée.

Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition. Les chercheurs explorent maintenant la possibilité de cibler ces cellules pour prévenir le passage de la douleur chronique vers la dépression.

Les résultats, obtenus à partir de données humaines et de modèles animaux, demeurent toutefois préliminaires. Les spécialistes rappellent que la dépression associée à la douleur chronique ne repose pas uniquement sur des mécanismes biologiques : la fatigue, l’isolement social et le sentiment d’impuissance jouent également un rôle important.

Cette découverte ouvre une nouvelle piste de recherche pour mieux comprendre le lien entre souffrance physique et souffrance psychique.

RÉAL LEBEL - Pensée


FLASH : « La politique est un sport d'équipe »

« La politique est un sport d'équipe »

À l'occasion de l'assermentation des 59 députés du Parti québécois, hier, Paul St-Pierre Plamondon a rappelé à ses collègues l'importance du travail d'équipe.

« Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe. On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes. Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur », a-t-il déclaré.

Évoquant tour à tour le soccer, le football américain et le hockey, le chef péquiste a poursuivi : « La politique est un sport d'équipe », avant d'insister sur l'importance d'une prestation « sans faille et sans bévue ».

« C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut », a-t-il conclu, avant d'ajouter avec humour : « Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport ! » (Benoit Voyer, 16 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le courage de vivre sa foi

Le courage de vivre sa foi

Par Benoit Voyer

16 octobre 2026

Jésus invite ses disciples à vivre leur foi avec courage et authenticité. Il les met en garde contre l’hypocrisie et leur demande de ne pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps (Lc 12, 4).

On le sait, il n’est pas toujours facile de vivre ouvertement sa foi. La peur du jugement des autres, du ridicule ou du rejet peut parfois nous conduire à taire nos convictions.

Le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988) avait des paroles particulièrement fortes à ce sujet. Dans une conférence prononcée à Québec, le 10 octobre 1976, il affirmait : « On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. » Il faisait ainsi référence à saint Paul (2 Tm 1, 7).

Dans son livre La Révolution de l’amour (1981), il poursuivait : « Nous sommes appelés, non pas pour être des faibles, des lâches ou des démissionnaires; nous ne devons pas courber l’échine devant les pressions sociales, économiques et politiques qu’on veut nous imposer. Nous sommes faits pour être martyrs, non pas dans le sens sanglant du terme, mais dans celui de témoins. »

Pour Regimbal, la sincérité de notre engagement était également essentielle : « Il n’y a qu’une façon de confondre la haine, c’est par l’amour! Il n’y a aussi qu’une façon de combattre le mensonge, c’est par la vérité! Il n’y a enfin qu’une façon de vaincre l’illusion et l’hypocrisie, c’est par l’authenticité. »

Ainsi donc, vivre courageusement sa foi ne signifie pas l’imposer aux autres, mais avoir le courage de demeurer fidèle à ses convictions, même lorsque celles-ci dérangent.

Jésus nous invite à craindre Dieu plutôt que les hommes (Lc 12, 4-5). Il nous rappelle cependant que nous avons une grande valeur à ses yeux : « Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux » (Lc 12, 7).

C’est dans cette confiance en l’amour de Dieu que nous pouvons trouver le courage de vivre notre foi au quotidien.

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Foi et médecine

Foi et médecine

Par Benoit Voyer

16 octobre 2026

MONTRÉAL – La spiritualité aurait des vertus thérapeutiques, raconte une croyance populaire. On dit aussi que la prière a le pouvoir de guérir la maladie et que des pardons non accordés peuvent provoquer des cancers. Qu'en est-il exactement ? Est-ce que la foi peut remplacer la médecine ? Est-ce que la médecine moderne peut se passer de la spiritualité ? Est-ce que la foi en Dieu peut contribuer à une meilleure santé physique ?

En 2004, pour le compte de la Revue Sainte-Anne (cf. édition de septembre 2004, pp. 345 et 350), le Dr François Lehmann, professeur à la Faculté de médecine de l’université de Montréal, me disait : « Depuis longtemps, je suis personnellement convaincu qu'effectivement la foi contribue à une meilleure santé physique. Mes expériences de vie et de médecin me démontrent que les personnes qui ont une foi profonde sont généralement plus détendues, plus en paix avec elles-mêmes et, à cause de cela, leurs problèmes de santé sont abordés de façon plus positive. Cependant, je ne dis pas que c'est parce qu'on a la foi qu'on n'a pas de problèmes de santé ! J'affirme seulement que le croyant vit les siens de manière différente. »

Il m’expliquait : « Il y a une littérature scientifique intéressante qui établit un lien entre la spiritualité, la vie religieuse (c'est-à-dire aller à l'église), la prière personnelle et la santé. Celle-ci provient surtout des États-Unis. Il y a aussi énormément de livres qui ont été écrits depuis environ quinze ans sur la guérison et la prière, la guérison et la spiritualité. La plupart de ces ouvrages ne sont pas scientifiques. Ils se basent sur l'opinion d'un auteur ou sur quelques personnes. Je pense qu'on doit se méfier de ces livres-là. Mais il y a, à travers cela, des articles scientifiques bien documentés qui ont regardé sérieusement le lien possible entre la prière et la bonne santé physique. »

Puis je lui ai demandé ce que la science disait à ce sujet. Il m’a donné quelques exemples : « On remarque que les gens qui ont une vie spirituelle profonde fument moins. Il y a peut-être d'autres raisons qui expliquent ce phénomène. Évidemment, les gens qui fument moins ont moins d'infarctus. Est-ce que c'est parce que les gens qui ont une vie religieuse et qui vont à l'église ont une vie sociale qui les supporte ? C'est peut-être le cas. Ils seraient moins isolés. De cette manière, ils auraient moins besoin de fumer. Ce qui a pour résultat qu'ils auraient moins d'infarctus ! On voit donc qu'il y a un lien, mais on ne peut pas affirmer qu'il y a un lien de cause à effet. »

Il ajoutait : « On a pu aussi démontrer qu'il y a un lien entre le temps de guérison d'une dépression et la vie spirituelle. Aussi que les gens qui ont des problèmes d'alcool s'en sortent mieux s'ils ont une vie intérieure développée. C'est peut-être parce qu'ils sont moins isolés. »

Et encore : « Une étude menée en 1998 à l'université Duke, en Caroline du Nord, auprès de quelque 4 000 personnes, stipule que les gens qui prient chaque jour font moins d'hypertension que les autres. Elles font aussi moins de pneumonies et de crises cardiaques. La prière accompagne habituellement une série de changements physiologiques antistress. »

Alors, est-ce que la prière est une force qui peut aider directement une personne à guérir ? Il sourit et m’expliquait que les études démontrent que ça ne fonctionne pas. En exemple, l'étude de 1998 révèle que le taux de mortalité demeure exactement le même et le temps d'hospitalisation et de soins intensifs n'est pas plus court et pas plus long pour ceux pour qui l’on prie ou pour ceux pour qui l’on ne prie pas. La science n'est pas convaincue que la prière à distance ait un effet bénéfique dans le cas de maladie coronarienne.

Personnellement, je n’étais pas étonné de cela, mais puisqu’un très grand nombre des lecteurs du magazine croyait à cette époque en la force quasi magique de la prière, j’ai joué le jeu : « Est-ce que vous êtes en train d'affirmer qu'il ne sert absolument à rien de prier pour le rétablissement des personnes qui sont malades ? »

Complice, il me dit : « Ce n'est pas ce que je dis ! Je vous explique que scientifiquement on n'a pas pu démontrer l'efficacité de la prière. Quand on prie pour quelqu'un qui est malade, je pense que c'est surtout soi-même que ça aide ! Cette prière nous stimule à être davantage présents auprès du malade, comme individu et comme communauté. Ce qui est efficace auprès du malade, c'est une prière à ses intentions qui s'accompagne d'une carte de bons souhaits et/ou d'une visite à l'hôpital. C'est plutôt cet ensemble qui est le plus bénéfique pour le malade. La prière nous aide à réfléchir à notre propre humanité et à notre relation avec Dieu. Quand on pense à celui qui est malade, on pense surtout à sa propre fragilité. »

Marchant sur des œufs, il me lance : « Est-ce qu'il y a des miracles ? Il doit sûrement y en avoir de temps en temps. Est-ce que j'en ai vus ? Non. Est-ce que j'ai vu des gens aidés par la prière et par la foi ? Oui. Est-ce que j'encourage les gens à prier ? Oui. Est-ce que j'encourage mes patients à remplacer une chimiothérapie par la prière ? Non. Il faut utiliser tout ce que l'on connaît sur le plan médical pour guérir et, si on a la foi, ajouter sa prière aux traitements. De cette manière, la prière peut trouver une grande efficacité et favoriser la guérison physique. »

J’ai reconnu l’habileté de l’omnipraticien. Je poursuis avec ma liste de questions : Est-ce qu'on meurt mieux lorsqu'on a la foi ? Est-ce qu'on décède moins bien lorsqu'on n'a pas la foi ? Est-ce que la foi contribue à une bonne mort ? Est-ce qu'elle n'est là que pour mieux nous aider à réaliser l'ultime passage ?

Il me raconte : « Pendant douze ans, j'ai travaillé dans le domaine des soins palliatifs au Centre hospitalier de Verdun. J'ai vu beaucoup, vraiment beaucoup (!), de gens mourir. J'ai aussi pris soin de ces gens-là et je les ai assistés jusque dans la mort. Une personne qui est intérieurement en paix souffre moins. Et la pire des souffrances est celle du questionnement. Et c'est toujours les mêmes questions qu'on se pose à la veille de la mort : Est-ce que je suis aimé ? Est-ce que je suis pardonné ? Est-ce que j'ai pardonné ? Tout tourne autour de l'amour et du pardon. Lorsqu'on est convaincu qu'on est aimé et pardonné, si on comprend sa relation avec Dieu, on comprend qui est Dieu, de sorte qu'on se sent non seulement aimé, mais pardonné. À ce moment-là on se sent en paix. Et si l'on est capable de recevoir le pardon de Dieu, on est ensuite capable de pardonner aux autres qui nous ont fait du tort. Donc on meurt paisiblement se sachant aimé. »

Et si le malade en phase terminale ne croit pas en Dieu ? « Je connais des gens qui ne semblent pas religieux du tout, ne semblent pas, à ma connaissance, avoir une vie spirituelle, et qui ont, avec leurs proches et leur famille, des relations qui sont joyeuses, paisibles et harmonieuses. Est-ce que sans être religieux et sans avoir la foi on peut aimer et être aimé, pardonner et être pardonné ? Bien entendu ! Et quand on aime et on pardonne, on fait quelque chose de divin ! On ne peut pas mettre l'amour et le pardon en prison en disant qu'ils sont réservés aux chrétiens. »

En plus d’être médecin et d’enseigner la médecine, le Dr François Lehmann était diacre permanent et médecin personnel du cardinal Jean-Claude Turcotte. Je me suis donc permis d’aborder avec lui quelques idées à la mode en cette année 2004 : « On associe souvent le pardon au cancer. On raconte que des pardons non accordés peuvent contribuer au développement de maladies oncologiques. Qu'en pensez-vous ? Puis, est-ce qu'il y a un lien entre malaises psychosomatiques et malaises physiques ? »

Il m’explique : « À ma connaissance, il n'y a aucune preuve de cette théorie. Néanmoins, on voit souvent des gens qui ont des émotions négatives importantes développer, peu après, des cancers. Je prends l'exemple d'un couple très uni. Lorsqu'un des deux éléments meurt, peu après, l'autre, à la suite des émotions négatives qu'il vit, développe une maladie importante. Dans ce cas, il est difficile de croire qu'il n'y ait pas une relation entre les souffrances émotives et le développement d'une maladie. [Ainsi donc] il n'y a pas d'effet direct entre tous les malaises psychosomatiques et ceux physiques. Cette théorie n'est pas prouvée. Les causes des maladies humaines sont multifactorielles. D'abord, il faut être prédisposé génétiquement. Si votre père est mort d'une crise cardiaque à 45 ans et votre mère en a aussi fait une et que les deux avaient le diabète, quelle que soit votre foi ou votre intériorité, vous avez beaucoup plus de risques que d'autres personnes d'avoir les mêmes problèmes. Ensuite viennent les facteurs environnementaux. Si vous demeurez dans une grande ville où il y a plein de pollution, vos poumons vont être affectés quels que soient votre foi et vos gènes. Il y a aussi le stress de nos relations avec nos amis et nos proches… et notre relation avec Dieu ou l'absence de relation avec Dieu. Vous voyez, les causes des maladies humaines sont donc multifactorielles. Lorsque tous les facteurs sont présents, les problèmes physiques apparaissent rapidement. Par exemple, une personne qui est prédisposée à avoir des maladies pulmonaires, qui fume la cigarette et qui demeure dans une ville polluée, en plus, si elle est malheureuse parce qu'elle vit un divorce et que ses enfants ne veulent plus lui parler, tous les facteurs contribuent à faire en sorte qu'une maladie apparaisse chez elle. Les émotions peuvent donc avoir un effet si, et seulement si, des prédispositions physiques et/ou génétiques sont présentes en même temps. »

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Roland Leclerc journaliste du bon Dieu

Roland Leclerc
journaliste du bon Dieu

Roland Leclerc est le présentateur de l’émission « Le Jour du Seigneur » à la télévision de Radio-Canada et animateur de « Parole et vie » diffusée sur le câble. Il y a 22 ans, il choisissait de devenir prêtre au service d’une communauté chrétienne. Un palpitant chemin de vie...

par Benoît Voyer

L’abbé Leclerc a un curriculum vitae imposant : avant de devenir membre du « presbyterium », en 1971, il était nouvelliste à Trois-Rivières et il a animé le jeu questionnaire « Qu’ouïs-je » à la télévision de Radio-Canada.

Devenu prêtre séculier, il est nommé directeur de l’Office des communications sociales du diocèse de Trois-Rivières. C’est à partir de cette fonction qu’il débute une série de projets médiatiques qui le conduiront de la région trifluvienne jusqu’à Montréal. C’est au réseau TVA qu’il se fait le plus connaître grâce aux émissions « 2000 ans après Jésus Christ » et « En toute amitié ».

« Je me souviens que, chez-nous, je repassais mes leçons en lisant à haute voix, comme si je faisais une présentation à un micro », raconte Roland Leclerc, un homme chez qui l’on sent une certaine timidité.

Il poursuit : « Plus tard, je peux dire que j’ai payé une partie de mes études en théologie en faisant la lecture de bulletins de nouvelles à CKTM TV ». Cependant, il a été marqué par l’expérience de l’animation d’un jeu questionnaire à la télévision d’État.

Un jour, Tante Lucille était l’une de ses invitées, ne cessait de le remercier pour ce privilège. Elle lui racontait avec confiance qu’elle n’avait pas beaucoup de contrats et que tous les petits engagements étaient très importants pour gagner sa vie.

« Pour moi, cela a été une révélation. Je comprenais, par cette femme, que les artistes n’étaient pas ceux qui, contrairement à ce que je pouvais penser, avaient une sécurité d’emploi. C’était tout à fait le contraire ! » raconte celui qui passe maintenant sa vie entre Montréal et Trois-Rivières.

Bien plus que cela, il apprenait par cette grande dame qu’il est important, dans ce milieu, de faire attention à ne pas se laisser prendre par la drogue des médias et d’avoir une certaine sagesse. La vedette est souvent un produit. Quand elle est usée, elle est remplacée.

Après la rédaction d’une thèse pour l’obtention de sa maîtrise en théologie portant sur la rencontre de Dieu pour l’homme de l’audiovisuel, il prend une année de réflexion pour discerner son option de vie : devenir un spécialiste laïque du monde des médias ou devenir prêtre au service d’une paroisse.

« C’est important, pour moi, de te dire que j’ai fait ce choix, précise-t-il. Être prêtre, c’était, à mes yeux, être engagé auprès d’une communauté chrétienne et être en lien avec mon évêque. » Il est ordonné le 3 septembre 1973.

Rapidement, l’évêque de Trois-Rivières lui demande de s’occuper de l’Office diocésain des communications sociales. Cette affectation voulait dire qu’il travaillerait encore dans les médias. Il en a été bien heureux.

Celui qui ne porte pas de col romain a toujours, malgré ses engagements à la télé, été engagé en paroisse. Il a travaillé aux paroisses Jean XXIII de Trois-Rivières Ouest, Ste-Thérèse de Trois-Rivières, Ste-Bernadette du Cap-de-la-Madeleine, Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud et, actuellement, à St-Jean-Baptiste-de-Lasalle à Trois-Rivières.

Église et médias
Pour lui, être présent dans le milieu des médias cela implique que l’Église dégage non seulement des personnes, mais que l’on forme des laïques, des religieux, des religieuses ou des prêtres à devenir un peu plus capables de porter une présence efficace dans ce milieu.

Roland Leclerc commente : « Il faut une véritable volonté politique et là, il y a une constatation que je fais : le monde d’aujourd’hui reçoit son influence par le milieu des médias et de ses vedettes. »

Il déplore, en ce moment, 80% de la population du Québec n’est pas rejointe par l’Église. Cette dernière n’a pas pris le tournant des communications, n’est pas partie prenante des décideurs. Elle n’est pas de ceux qui fabriquent l’agenda des points importants de notre société québécoise. L’Église catholique n’est pas là où sont les vrais décideurs.

Il convient, néanmoins, qu’il y a de petits efforts qui se font. Il cite, notamment, les rapports « Risquer l’avenir » et « Sortons le Québec de l’appauvrissement » de l’Assemblée des évêques du Québec.

« Il y a eu des échos de ces documents dans les médias, mais il y a bien peu de gens qui s’en souviennent », confie-t-il tristement.

Les artistes
Une de ses découvertes, c’est que les artistes sont des hommes et des femmes qui arrivent à leur travail avec de nombreuses préoccupations.

« Je me rappelle très bien de Guy Mongrain qui devait travailler au Téléthon de la paralysie cérébrale. Pour animer le spectacle, il a quitté l’hôpital Ste-Justine où son enfant était soigné pour une méningite. Il n’avait pas beaucoup dormi depuis plusieurs jours et, malgré cela, s’est rendu au téléthon pour y faire 24 heures d’animation », se souvient-il.

Il souligne que Guy Mongrain a mis de côté sa réalité de père de famille pour devenir l’animateur qui doit avoir un certain style, une forme de communication où il ne montrera pas sa fatigue et ses inquiétudes.

Le prêtre parle aussi, avec un grand respect, de la foi de Gilles Proulx qui anime l’émission « Le journal du midi » sur les ondes de Radiomédia (cf. La revue Notre-Dame du Cap d’octobre 1994).

Il ajoute encore : « On n’a pas à avoir peur ! Ces gens-là sont bien intentionnés. Il y a des personnes d’Église qui partent avec des préjugés. Il faut découvrir que par leurs qualités artistiques ces individus sont amenés à réfléchir sur le sens de leur vie. Plusieurs d’entre eux aimeraient bien parler de leurs valeurs spirituelles sans être jugés. Ils sont presque toujours laissés à eux-mêmes pour vérifier quel lendemain donner à leur foi ».

Pour lui, une autre négligence de l’Église c’est de ne pas avoir développé des réseaux de personnes ressources pour répondre à des attentes de recherchistes du monde médiatique. Ils ne savent pas où frapper. Quand ils connaissent quelqu’un dans le milieu c’est la plupart du temps par cette personne-là qu’ils vont entrer chez nous.

« Je pense que je suis un journaliste de Dieu au quotidien pour le rendre présent au monde. Je suis sûr que Dieu est incarné en Jésus Christ et que le Christ est vivant dans notre monde. » (Revue Notre-Dame du Cap, mars 1995, pp. 19 et 20)

15 octobre 2026


SEXUALITÉ : Le désir féminin

Le désir féminin, entre médecine, liberté et autonomie

Par Benoit Voyer
15 octobre 2026

Les débats entourant la testostérone chez les femmes révèlent une question plus large : comment comprendre le désir humain ?

La littérature médicale montre que la testostérone peut apporter un effet bénéfique mesurable chez certaines femmes ménopausées. Mais des cliniciens rappellent que le désir sexuel ne dépend pas uniquement des hormones.

Dans un article paru dans la Presse du 3 avril 2026, Géraldine Lachance-Fortin affirme que le désir est lié à une conception plus large de la liberté et de l’épanouissement personnel.

Elle invite les femmes à « être le sujet de leur propre vie, et non un objet dans la vie des autres ».

Pour elle, préserver le désir passe aussi par la possibilité d’avoir un espace personnel, de sortir des modèles traditionnels imposés aux femmes et de reconnaître que l’épanouissement ne peut être réduit à une intervention médicale.

Le débat autour de la testostérone illustre donc une tension permanente en médecine moderne : traiter efficacement une souffrance réelle tout en évitant de réduire des réalités humaines complexes à une simple question biologique.

PENSÉE


FLASH : Église catholique Saint-Luc, à Granby

Église catholique Saint-Luc, à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Cimetière Mgr Pelletier, à Granby

Croix du cimetière Mgr Pelletier à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Lieu de sépulture de Roméo Voyer

Lieu de sépulture de Roméo Voyer, mon père, au cimetière Mgr Pelletier, à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Parc national de la Yamaska

Le Parc national de la Yamamasla, secteur Savage Mill, le 14 octobre 2026



FLASH : Wotton

1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Rivière Nicolet, vue du chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Rivière Nicolet, vue du 6e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

FLASH : Saint-Albert

Route de Warwick, à Saint-Albert, le 14 octobre 2026

FLASH : Municipalité de Tingwick

La municipalité de Tingwick, le 14 octobre 2026




RÉFLEXION SPIRITUELLE : Il n’est pas facile de se laisser bousculer par Dieu


Il n’est pas facile de se laisser bousculer par Dieu

Par Benoit Voyer

15 octobre 2026

Il est facile d'honorer la parole de Dieu lorsqu'elle appartient au passé. Il est beaucoup plus difficile de l'accueillir lorsqu'elle vient aujourd'hui bousculer nos certitudes et nous appeler à changer.

Je me questionne : Est-ce que je laisse encore la Parole de Dieu me déranger et me convertir, ou est-ce que je n'en retiens que ce qui me convient ?

Et si, aujourd’hui, je prenais la résolution de laisser ma Bible chrétienne ouverte sur ma table ? Ainsi, lorsque j’aurai une minute devant moi, au lieu de badiner de manière aléatoire sur Internet ou de zapper à la télévision, je prendrai le livre, je lirai quelques lignes, je fermerai les yeux en repensant à ces paroles.

SAINTS ET SAINTES : Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d’Youville

Lieu de sépulture de Marguerite dans la Basilique Sainte-Anne, à Varennes 
Sainte Marguerite d’Youville

Par Benoit Voyer

15 octobre 2026

Pour les catholiques de la planète, le 16 octobre est le jour où l’on fait mémoire de sainte Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d’Youville.

Le 15 octobre 1701, Marguerite naît à Varennes, sur la rive du fleuve Saint-Laurent. Elle est la fille de Christophe Dufrost de la Jemmerais (1661-1708) et Renée Gaulthier de Varennes (1682-1758) qui se sont épousés le 18 janvier de la même année. La maison où elle est née était située sur le terrain voisin de l’actuelle basilique Sainte-Anne. Elle est l’aînée de six enfants. Elle est baptisée le lendemain.

De 1712 à 1714, elle est étudiante chez les Ursulines, à Québec.

Le 12 août 1722, elle épouse François-Madeleine Youville de la Découverte. Le mariage est célébré à la basilique Notre-Dame, à Montréal.

Mariage de misère : son mari décède d’une pleurésie le 4 juillet 1730. En héritage, il ne laisse que des dettes. Marguerite refuse la succession. Pour assurer sa subsistance et celle de ses deux garçons, elle ouvre un petit commerce au détail.

Le 31 décembre 1737, avec son amie Louise Thaumur de la Source et deux autres compagnes, Catherine Cusson et Catherine Demers, Marguerite prononce des vœux privés avec l’intention de se consacrer pour toujours aux pauvres.

Le 7 octobre 1747, elle se voit confier l'administration de l’Hôpital général de Montréal.

Le 3 juin 1753, le roi Louis XV confirme sa position comme directrice de l'hôpital et l'autorise à former une communauté religieuse qui sera approuvée en 1755 par Mgr Henri-Marie de Pontbriand, alors évêque de Québec. Le 25 août 1755, elle prend le nouvel habit des Sœurs de la Charité, communauté religieuse communément appelée « les sœurs grises » en référence au côté grivois de son défunt époux.

Le 23 décembre 1771, elle décède à l'Hôpital général des Sœurs grises, à Montréal. Ses funérailles sont célébrées le lendemain de Noël.

Le 9 décembre 1990, elle est canonisée par le saint pape Jean-Paul II, sur la place Saint-Pierre, dans la Cité du Vatican.

De nos jours, les restes de sainte Marguerite d'Youville reposent dans la basilique catholique Sainte-Anne, à Varennes.

Toute sa vie, Marguerite a eu une grande confiance en Dieu : « La Providence est admirable […] elle pourvoit à tout, en elle est ma confiance », disait-elle de son vivant.


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Rosette Mociornitza, créatrice d’icônes

Rosette Mociornitza, créatrice d’icônes

Rosette Mociornitza est iconographe. Elle a appris cet art chez les moines de Roumanie durant le régime communiste de Caucescu. Il est rare qu’une femme pratique cet art longtemps réservé aux moines.

par : Benoît Voyer

Avant l’occupation du célèbre dictateur Caucescu en Roumanie, madame Mociornitza était avocate. « J’ai fui à cause du régime communiste, raconte l’artiste. La religion était opprimée. Mon mari, Ion, a été emprisonné pendant 11 ans parce qu’il était, lui aussi, un avocat capitaliste. »

Puisqu’elle est l’épouse de cet homme, elle ne peut poursuivre sa carrière à cause des répressions du parti communiste. Elle se rend travailler dans un monastère pour nettoyer des fresques. Un travail de moine qui lui permettait de vivre dans l’anonymat et de gagner un modeste salaire. Elle persévère même si ce n’est pas un travail de femme.

« Les moines ont été bons avec moi. Ils m’ont montré comment concevoir des icônes byzantines (un secret bien gardé par eux depuis des siècles) et m’ont fait découvrir leurs mystères » précise-t-elle.

Elle est formée à la technique du grand livre secret de l’Ermini, gardé au monastère du Mont Athos en Grèce et retranscrit par les moines roumains aux XIIe et XIIIe siècle. Elle le fera jusqu’à la sortie de prison de son mari.

Réunis à nouveau, ils vivent à Bucarest dans une petite maison sans eau et sans électricité. C’est la pauvreté totale. Malgré ces difficultés, Rosette Mociornitza poursuit sa passion pour les icônes.

« L’État communiste savait que j’étais la seule qui réalisait ainsi des icônes de tant de valeur. Les dirigeants ont commencé à m’organiser des ventes aux profits de… la Roumanie. Ils me payaient de quoi m’acheter un morceau de pain. Et moi, je devais travailler, travailler… » ajoute cette grande dame née à Cluj.

Ses œuvres étaient vendues avec succès à l’étranger. Mais Rosette Mociornitza restait une inconnue pour le public.

Bain de foule
Finalement, le gouvernement roumain lui permet, en 1970, une sortie à Francfort pour un bain de foule avec une cinquantaine de ses créations sous le bras et cela en compagnie de son bébé Marie-Rose. C’est là qu’elle décide de ne plus revenir à la maison. Elle demande au consulat canadien la permission d’immigrer.

Arrivée à Montréal, le Musée des Beaux Arts l’accueille à bras ouverts. Rapidement, une exposition s’organise. Le succès est instantané. Le jeune premier ministre Robert Bourassa se déplace pour la rencontrer, Jean Drapeau, Jeanne Sauvé, Françoise Gaudet-Smeth et de nombreuses personnalités québécoises en font autant.

« J’ai eu droit à un accueil chaleureux au Québec. Je ne me suis jamais sentie seule ou isolée. En Roumanie, tout le monde parle le français et les traits latins se ressemblent beaucoup. Je me sens très bien chez vous », confie la dame rencontrée à sa résidence de Brossard.

Après de nombreuses démarches, son époux vient la rejoindre au Canada, en 1973. De son côté, la petite Marie-Rose qui est devenue adulte et qui a longtemps secondé sa mère, travaille dans le domaine des relations publiques à Londres. Elle parle six langues…

Quand elle est arrivée au pays, celle qui a fréquenté l’école primaire Notre-Dame-de-Sion de Bucarest, se contentait d’exposer occasionnellement.

Depuis que le défunt cardinal Paul-Émile Léger, l’a incitée à se déplacer pour présenter des expositions itinérantes, elle ne peut plus s’arrêter. Grâce à elle, le peuple québécois connaît un peu mieux cet art particulier trop souvent associé à des photos religieuses.

Un jour, le cardinal lui écrit cette note : « Vous avez donné à ma prière une dimension nouvelle. Le monde a un grand besoin de spirituels qui lui tracent les chemins de l’absolu. Les icônes sont les balises de cet itinéraire mystérieux… »

« Le cardinal Léger a été très bon pour moi, dit celle qui refuse de dévoiler son âge. Il a patronné une dizaine d’expositions et, à chaque fois, il parlait de la valeur des icônes pour le cœur de l’homme. C’était un homme extraordinaire… »

Les icônes
Ses icônes sont d’une beauté inimaginable. Une photographie ne peut pas vraiment bien représenter ce qu’elles sont. Il faut les voir pour s’émerveiller. Ce qui est le plus touchant ce sont ces regards pénétrants qui nous interrogent et nous dérangent.

Lors d’un vernissage, à Granby, à la fin de novembre 1994, les organisateurs ont décidé d’orner le chœur de l’église d’une cinquantaine d’icônes accompagnées d’une lumière légère et de nombreuses chandelles dont deux énormes chandeliers juifs. Le résultat était renversant. Les gens se sentaient transportés dans un état d’intériorité; une révélation mystique quoi!

N’est-ce pas le but des œuvres d’art que d’amener l’individu à approfondir en lui le sens du mystère et à établir une meilleure communication avec l’invisible? Elle s’en défend bien : « Nous ne prions pas une icône. Nous prions ce qu’elle représente ».

L’icône n’est pas qu’une pièce décorative ou un simple objet d’art, c’est un objet religieux qui donne la tranquillité de l’âme et qui permet d’intensifier sa prière. « Quand on me demande combien valent les icônes, poursuit l’artiste, je dis qu’elles vont valoir cinq fois plus dans quelques années. Pourquoi? Parce que cet art s’est arrêté pendant 50 ans. On a peu créé de relève dans les monastères. Les moines ne pouvaient plus continuer la tradition ».

Les prix affichés dans ses salles d’exposition ouvertes au public, sur rendez-vous, à Brossard varient entre 250$ et 7000$. La moins chère aura pris de 6 à 8 semaines de son temps. La plus coûteuse, une icône qui représente la Trinité, a demandé des mois de travail à temps complet. Il faut deux ans pour préparer le bois. Ce travail est la responsabilité de son mari.

« Dans chaque maison en Roumanie, même si on est très pauvre à cause des guerres et de l’occupation communiste, l’icône est restée près des gens » ajoute madame Mociornitza.

Qui sont ses clients? Elle refuse de répondre. Car, pour elle, une icône c’est personnel. Toutefois, il a été possible de reconnaître sur des photographies de son cahier de bord des personnalités importantes de notre nation et, aussi, des gens ordinaires.

Parmi eux, le cardinal Paul-Emile et madame Jeanne Sauvé. Tous deux vouaient une grande admiration pour cette artiste. « Peindre des icônes, conclut Rosette Mociornitza, c’est une vocation. Cela ne demande pas que du talent; cela suppose qu’on ait vécu instinctivement dans leur rayonnement. On ne devient pas peintre d’icônes à l’improviste, car il s’agit de quelque chose qui doit venir de l’intérieur et qui doit s’épanouir. »

L’icone : Une technique ancienne
Pour faire une icône, le peintre doit chercher d’abord un panneau convenable de bois dont l’épaisseur doit se situer entre 15 et 20 mm.

On l’enduit d’une colle forte liquide qui y pénètre. Parfois, en fonction du sujet, on creuse la partie centrale du panneau pour former un bord plus ou moins large comme cadre naturel.

Avec un mélange de colle d’os de lapin et de poudre d’albâtre, on enduit à nouveau le panneau à l’aide d’un pinceau. On répète l’opération 7 ou 8 fois et on laisse sécher complètement entre chaque couche.

Le « crépi » blanc obtenu est poli patiemment avec la paume de la main mouillée jusqu’à ce que la surface devienne lisse et dure comme un marbre, prête à recevoir le dessin.

Les contours de l’image sont gravés avec une pointe d’après un modèle préparé à l’avance; on peut les tracer aussi avec un crayon ou un pinceau fin trempé dans une détrempe ocre.

Pour la dorure de l’icône on recouvre les nimbes ou le fond d’une couche liquide de mixtion. Lorsqu’elle est encore visqueuse, on applique les feuilles d’or. Une fois qu’elles sont séchées, on remet une couche de vernis et on dégage les contours avec un canif.

Les premières icônes étaient peintes à l’encaustique. Les couleurs étaient délayées à la cire chaude. Plus tard, cette technique a été remplacée par la peinture à la détrempe dont les couleurs d’origine minérale et végétale sont mélangées avec une émulsion de jaune d’œuf, d’eau et de quelques gouttes d’alcool; chaque couche de couleur est mise plusieurs fois.

L’étape suivante est l’ouverture de l’icône. On recouvre le dessin avec du jaune d’œuf, puis avec des teintes uniformes. Pour rendre la couleur choisie pâteuse on la mélange avec un peu d’eau et une émulsion préparée avec du jaune d’œuf et quelques gouttes de vinaigre ou d’alcool. La couche de peinture est mince et uniforme.

Lorsqu’on peint le visage, les mains, il ne s’agit pas de reproduire la nature, mais de donner une image transfigurée par l’intériorité spirituelle, tout en respectant les antiques canons.

Après avoir recouvert ces surfaces le plus souvent d’une couleur ocre avec jaune et rouge, on trace les traits intérieurs avec la couleur « esedra », mélange de rouge et de noir. Les lumières sont ajoutées, par la suite, par couches successives.

L’inscription du nom sur les icônes sanctifie l’image. Elle est faite à la fin du travail, dans une des langues liturgiques byzantines : grec, slave ou arabe.

(Revue Notre-Dame du Cap, mars 1995, pp. 11 à 13)

14 octobre 2026


PSYCHOLOGIE : Dialoguer

Dialoguer

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Il ne suffit pas de connaître les bonnes techniques de communication pour être entendu. Parler calmement, choisir les bons mots ou adopter une posture ouverte ne garantit pas, à elles seules, une véritable communication. Encore faut-il que les paroles soient en accord avec la personne qui les prononce. Sans authenticité, le discours sonne faux.

Les spécialistes, consultés pour l’élaboration d’un dossier consacré à la communication publié dans l’édition de juin 2026 du magazine français Psychologies, soulignent que la communication commence souvent par l'écoute. Être réellement disponible, choisir le bon moment, tenir compte du contexte et accueillir le point de vue de l'autre favorisent davantage le dialogue que la volonté d'avoir raison. Dans bien des échanges, écouter avec attention vaut parfois mieux qu'accumuler les arguments.

La voix, le langage du corps et la maîtrise des émotions jouent également un rôle important. Une voix posée et sincère rassure davantage qu'un ton autoritaire, tandis qu'une attitude cohérente renforce la crédibilité du message. Enfin, bien communiquer demeure un apprentissage. Lire, écrire, réfléchir à ses idées et s'exercer à parler sont autant de moyens de développer une parole claire, convaincante et respectueuse.

COURIER - Pensée


FLASH : Le privé en santé ?

Le privé en santé ?

Au Québec, la loi 83, adoptée en 2025, empêcherait les médecins du privé de travailler dans le réseau public. C’est ce que soutenait le Dr Pascal-André Vendittoli, chirurgien orthopédiste et président de la Fédération des médecins de pratique privée du Québec. Il est aussi directeur médical et copropriétaire de la Clinique Duval, à Laval, professeur titulaire au Département de chirurgie de l’Université de Montréal et chercheur clinicien spécialisé dans la reconstruction articulaire.

Le 21 septembre, au micro de QUB, il soutenait que cette restriction n’a apporté que peu d’améliorations au système public.

Il disait à Richard Martineau : « C’est le nœud de la guerre actuellement, le gouvernement n’arrive pas à financer les soins de santé au niveau provincial et il cherche une porte de sortie. Donc, actuellement la porte de sortie qui est utilisée depuis quelques années, c’est de réduire le panier de services, de réduire l’accès et de limiter, par exemple, les entrées en médecine, des médecins sur les facultés, de limiter la venue de médecins de l’étranger et ça, ça n’offre pas des soins à la population. »

Il expliquait que les difficultés d’accès aux soins poussent de nombreux Québécois vers les cliniques privées et que certains patients doivent même vendre des biens personnels pour financer leurs traitements. (Benoit Voyer, 14 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Les fardeaux que parfois on impose aux autres

Les fardeaux que parfois on impose aux autres

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Deux grandes questions surgissent de mes pensées :

Est-ce que ma manière de vivre ma foi aide les autres à rencontrer Dieu, ou risque-t-elle parfois de leur ajouter des fardeaux ?

Est-ce que je m’attarde davantage aux règles et aux apparences qu’à l’amour de Dieu et des autres ?

Parfois, les paroles de Jésus pourraient m’être adressées : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. » (cf. Lc 11, 42-46)

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Joseph-François Lafitau

Joseph-François Lafitau

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Joseph-François Lafitau est né le 31 mai 1681 à Bordeaux, en France. Il est le fils de Jean Lafitau, un marchand de vin et banquier, et de Catherine-Radegonde Berchenbos.

À l’automne 1696, Joseph-François entre chez les jésuites de Bordeaux. Après sa formation, il enseignera.

Le 10 avril 1711, de Paris, il demande au supérieur de la Compagnie de Jésus, à Rome, Michelangelo Tamburini, d’être envoyé dans les missions de la Nouvelle-France. Celle-ci est accordée. Il partira à la fin de l’année.

En Nouvelle-France, il est envoyé auprès des Iroquois. En plus d’être préoccupé par la transmission de la foi chrétienne, il occupe son temps à prendre des notes. Il observe. Il décrit. Il compare. Il cherche à comprendre les mœurs des habitants du Nouveau Monde.

Sa manière de penser ce monde est particulière. Tout est classé en « trois tiroirs ».

Le premier tiroir est celui des peuples autochtones qu’il côtoie directement en Amérique. Il étudie leurs pratiques, leurs traditions, leurs croyances, leur organisation familiale et politique.

Le deuxième tiroir est celui des grandes civilisations anciennes : les Grecs, les Romains, les Hébreux, les Égyptiens et les peuples mentionnés dans les récits bibliques.

Le troisième tiroir est celui du christianisme, qui constitue pour lui le cadre d’interprétation ultime de l’histoire humaine.

Le jésuite refuse de considérer les peuples autochtones comme des sociétés dépourvues de pensée ou de spiritualité.

Lorsqu’il observe une coutume autochtone, Lafitau ne la considère donc pas comme un phénomène isolé. Il cherche des ressemblances avec les sociétés anciennes et tente de comprendre comment ces éléments peuvent s’inscrire dans une histoire plus large de l’humanité.

Cette manière de penser est profondément marquée par son époque. Joseph-François Lafitau reste un homme du XVIIIe siècle, avec les catégories intellectuelles et religieuses de son temps. Il ne faut pas lui attribuer une vision contemporaine des cultures. De nos jours, les intellectuels reconnaissent son originalité.

À une époque où certains Européens jugent les peuples éloignés à partir de leurs propres normes, Lafitau tente de découvrir une logique dans leurs pratiques. Il cherche une humanité commune derrière la diversité des coutumes.

Son œuvre, publiée en 1724 sous le titre « Mœurs des sauvages amériquains, comparées aux mœurs des premiers temps », témoigne de cette volonté de comparaison. Son objectif n’est pas seulement de raconter ce qu’il a vu en Amérique, mais d’établir des liens entre les différentes expressions de la vie humaine.

Aujourd’hui, cette approche semble limitée, mais demeure fascinante. Les sciences humaines modernes ont développé d’autres méthodes. Elles cherchent davantage à comprendre chaque culture selon ses propres références, plutôt que de la comparer constamment à des modèles anciens ou bibliques.

Mais il est injuste de réduire Lafitau aux limites de son époque. Son intuition fondamentale est fort intéressante. Pour comprendre une société différente de la nôtre, il faut d’abord accepter qu’elle possède une cohérence propre.

Pour Lafitau, l’humanité n’est pas une juxtaposition de peuples séparés. Elle appartient à une même histoire. Les différences entre les cultures ne suppriment pas une unité profonde de l’être humain. Derrière les langues, les rites et les traditions, il cherche une même interrogation : d’où venons-nous et quel sens donner à notre existence ?

Les « trois tiroirs » de Lafitau résument finalement une grande ambition : mettre en dialogue trois façons de regarder le monde pour chercher une compréhension plus vaste de l’homme.

Joseph-François Lafitau décède à Bordeaux, le 3 juillet 1746.



P.S. Merci au professeur Louis Rousseau
de m’avoir fait découvrir ce personnage fascinant de notre histoire.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Marguerite Blais

« C’est beau la sexualité »

Que pensez-vous de la position de l’Église catholique en matière de sexualité? a demandé le journaliste de la revue à l’animatrice Marguerite Blais. « Là, monsieur, on entre dans un sujet glissant! » a-t-elle répondu. Après un long moment d’hésitation, à l’instant où j’allais lui poser d’autres questions, elle me dit : « Écoutez, je n’ai pas peur de mes opinions! »

par Benoît Voyer

La série « Des mots pour le dire » est assurément l’émission télévisée qui l’a le plus fait connaître du public québécois. « J’ai fait 750 entrevues concernant la sexualité et j’avais envie de faire des entretiens sur autre chose… C’est une question de nourriture quotidienne, raconte cette femme âgée d’une quarantaine d’années. De plus, j’ai observé que la sexualité ouvrait une porte vers d’autres valeurs… Je trouvais que j’avais fait le tour de mon jardin concernant ce sujet. Je ne voulais pas devenir sexologue! »

L’animatrice convient que le sexe est un sujet tabou. Les gens ont de la difficulté à en parler surtout lorsque cela concerne leur vie sexuelle. Pourtant, c’est une chose normale. Toute personne est sexuée. Nous sommes tous venus au monde avec un sexe! Cela fait partie de la vie.

Elle le dit et le répète à plusieurs reprises : « Y a rien de mauvais là-dedans! » Ce sont les tabous qui ont rendu les gens malades par rapport à la sexualité. Pour Madame Blais, avoir des désirs et des pulsions, c’est sain pour la santé.

Elle avoue ne pas avoir été très à l’aise au début de la série. Marguerite Blais raconte : « J’avais 40 ans et je ne parlais pas de sexualité ouvertement à mes amis et là j’abordais ce sujet à tous les jours à la télévision! Les gens voyaient bien que ce n’était pas naturel. Je ressentais un certain malaise et j’affichais une certaine pudeur. J’avais autant de tabous que les téléspectateurs. »

Avant de parler de son opinion sur le modèle de sexualité proposé par l’Église, elle hésite longuement. Comme si c’était un sujet complexe. En réfléchissant à voix haute, Marguerite Blais confie qu’elle n’aime pas la position de durcissement du pape actuel sur de nombreux sujets.

L’animatrice de télévision ose se prononcer : « Il faut que l’Église évolue avec la situation du temps… Quand on dit qu’on ne doit pas avoir recours à des méthodes contraceptives artificielles… On sait que le condom fait partie de celles-ci. Nous savons qu’il y a des villages qui sont décimés par le sida partout en Afrique… J’ai un malaise avec ça… Je ne suis pas à l’aise par rapport à certaines positions… »

En cherchant ses mots (comme si elle ne voulait pas provoquer), elle poursuit : « L’Église dit qu’elle accepte les gens avec leurs différences… l’Église n’accepte pas les homosexuels… accepte et n’accepte pas… Elle fait toujours attention à ce qu’elle dit, comment elle se place face à cela. »

Marguerite Blais a choisi d’accepter les gens tels qu’ils sont. C’est d’ailleurs ce que l’émission lui a appris. Les individus souffrent beaucoup et ces souffrances sont teintées par la sexualité qui a été brimée : inceste, viol, homosexualité, etc. Elle renchérit en disant que pour différentes raisons, les gens ont développé des problèmes à cause du sexe et cela nuance la personnalité de leur être au quotidien, dans leurs relations de travail et avec les autres.

« Il faudrait que les humains soient capables de vivre tels qu’ils sont, que nous soyons assez forts pour accepter ces différences-là et ne pas vouloir mettre ces gens à l’image de ce qu’on a décidé. Y en a pas une image! Il y a une multitude d’images et d’humains! » dit Marguerite Blais qui me regarde avec de beaux yeux bleus.

Chasteté
Un des problèmes de la société américaine actuelle, c’est que les enfants ne sont pas assez « enfant » longtemps. Ils sont adultes trop vite. Dans certaines familles, ils ont de la difficulté à trouver au sein du foyer la chaleur humaine dont ils ont tellement besoin. Ils cherchent ailleurs cette tendresse.

« Je pense que les jeunes seraient actifs sexuellement plus tard si les parents étaient beaucoup plus encadrants et plus affectueux avec eux », confie-t-elle.

Marguerite Blais sait de quoi elle parle. Elle a à la maison des adolescents qui commencent à regarder les revues et les garçons mais, ils n’ont pas commencé à « faire l’amour ». Elle veut prolonger cela le plus longtemps possible. Sa façon d’y parvenir, elle se veut présente à eux en leur donnant beaucoup de tendresse.

« Les jeunes qui pensent à la chasteté, avoue Marguerite Blais, je crois que c’est correct! C’est pour prolonger leur enfance le plus longtemps possible. C’est beau la sexualité! Mais c’est encore plus beau quand ce n’est pas seulement de la sexualité pour la sexualité. Il faut de la profondeur »

Mgr Jean-Guy Hamelin
C’est de Mgr Jean-Guy Hamelin, le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, qu’elle garde ses meilleurs souvenirs concernant le catholicisme.

« Il m’avait invitée à donner une conférence parce que j’animais une émission sur la sexualité à la télévision. Cette invitation a provoqué un tollé de protestations. Il y avait beaucoup de gens qui avaient écrit à Mgr Hamelin pour qu’il annule la conférence », raconte Madame Blais avec enthousiasme.

Elle ajoute : « Ce soir-là le théâtre était plein à craquer. J’avais dit aux gens : Est-ce que vous me connaissez? Vous me jugez! Est-ce que c’est ça la foi chrétienne? Juger les gens sans les connaître! Vous ne savez pas qui je suis! Vous ne connaissez pas mes valeurs et ma foi chrétienne! C’est là que j’ai dit : Vous pensez que Mgr Hamelin n’a pas de sexe! Il a une sexualité mais il a fait le choix d’être abstinent, c’est un choix sexuel! Ça avait un peu brassé! »

Après la causerie, elle participe à la messe de Mgr Hamelin. Elle est seule avec lui. Ce fut la plus belle messe de sa vie. Elle était simplement là avec l’évêque. Elle s’en souviendra toujours. C’était d’une grande profondeur.

Sa foi
Sa pratique religieuse, c’est sa famille. « J’étais très inconsciente quand je me suis dotée de cette famille-là. J’ai déraciné deux enfants au Pérou et un au Guatemala. Des enfants qui étaient déjà pas mal grands. Je trouvais ça ben ben l’fun! C’était trippant! C’était exotique! C’était mon action à moi, mon oeuvre… Mon oeil! »

Elle regrette d’avoir déraciné ces enfants qui n’ont pas demandé d’être ici. Pourtant, elle est une bonne mère malgré certaines difficultés.

Le soir, ils bénissent le repas ensemble. Il n’est pas question de réciter une formule apprise par cœur. Ils préfèrent s’inventer quotidiennement une formule en rapport avec les difficultés de la journée.

« Ma foi chrétienne, je la vis aussi en prenant le temps de jaser avec les gens dans la rue, des gens très simples qui pensent que je ne suis pas abordable. L’autre jour, je suis allée dans un marché d’alimentation et je suis sortie… Il pleuvait à “boire debout”… Il y avait un itinérant qui jouait de l’accordéon et qui chantait. Il avait le courage de faire de la musique… J’ai pris le temps pour lui parler un peu et lui donner de l’argent. Pour moi c’était mon partage de la journée », ajoute-t-elle.

De temps à autre, elle s’arrête dans une église. Elle prend le temps de se recueillir. Elle va parfois à la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire au coin des rues Berri et Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal ou à la cathédrale montréalaise. À ce dernier endroit, elle avoue en profiter également pour aller saluer son amie, l’organiste Hélène Dugal. Elle confesse, néanmoins, ne pas aller à la messe à chaque dimanche.

Toutefois, Marguerite Blais avoue avoir une grande admiration pour la Vierge Marie : « Pour moi, elle a adopté Jésus! », conclut-elle sur le ton de la confidence.

(Revue Notre-Dame du Cap, janvier-février 1995, pp. 19 à 21)