SEXUALITÉ : Le désir féminin

Le désir féminin, entre médecine, liberté et autonomie

Par Benoit Voyer
15 octobre 2026

Les débats entourant la testostérone chez les femmes révèlent une question plus large : comment comprendre le désir humain ?

La littérature médicale montre que la testostérone peut apporter un effet bénéfique mesurable chez certaines femmes ménopausées. Mais des cliniciens rappellent que le désir sexuel ne dépend pas uniquement des hormones.

Dans un article paru dans la Presse du 3 avril 2026, Géraldine Lachance-Fortin affirme que le désir est lié à une conception plus large de la liberté et de l’épanouissement personnel.

Elle invite les femmes à « être le sujet de leur propre vie, et non un objet dans la vie des autres ».

Pour elle, préserver le désir passe aussi par la possibilité d’avoir un espace personnel, de sortir des modèles traditionnels imposés aux femmes et de reconnaître que l’épanouissement ne peut être réduit à une intervention médicale.

Le débat autour de la testostérone illustre donc une tension permanente en médecine moderne : traiter efficacement une souffrance réelle tout en évitant de réduire des réalités humaines complexes à une simple question biologique.

PENSÉE


FLASH : Église catholique Saint-Luc, à Granby

Église catholique Saint-Luc, à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Cimetière Mgr Pelletier, à Granby

Croix du cimetière Mgr Pelletier à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Lieu de sépulture de Roméo Voyer

Lieu de sépulture de Roméo Voyer, mon père, au cimetière Mgr Pelletier, à Granby, le 14 octobre 2026

FLASH : Parc national de la Yamaska

Le Parc national de la Yamamasla, secteur Savage Mill, le 14 octobre 2026



FLASH : Wotton

1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Rivière Nicolet, vue du chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026

Rivière Nicolet, vue du 6e rang, Wotton, le 14 octobre 2026

FLASH : Saint-Albert

Route de Warwick, à Saint-Albert, le 14 octobre 2026

FLASH : Municipalité de Tingwick

La municipalité de Tingwick, le 14 octobre 2026




RÉFLEXION SPIRITUELLE : Il n’est pas facile de se laisser bousculer par Dieu


Il n’est pas facile de se laisser bousculer par Dieu

Par Benoit Voyer

15 octobre 2026

Il est facile d'honorer la parole de Dieu lorsqu'elle appartient au passé. Il est beaucoup plus difficile de l'accueillir lorsqu'elle vient aujourd'hui bousculer nos certitudes et nous appeler à changer.

Je me questionne : Est-ce que je laisse encore la Parole de Dieu me déranger et me convertir, ou est-ce que je n'en retiens que ce qui me convient ?

Et si, aujourd’hui, je prenais la résolution de laisser ma Bible chrétienne ouverte sur ma table ? Ainsi, lorsque j’aurai une minute devant moi, au lieu de badiner de manière aléatoire sur Internet ou de zapper à la télévision, je prendrai le livre, je lirai quelques lignes, je fermerai les yeux en repensant à ces paroles.

SAINTS ET SAINTES : Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d’Youville

Lieu de sépulture de Marguerite dans la Basilique Sainte-Anne, à Varennes 
Sainte Marguerite d’Youville

Par Benoit Voyer

15 octobre 2026

Pour les catholiques de la planète, le 16 octobre est le jour où l’on fait mémoire de sainte Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d’Youville.

Le 15 octobre 1701, Marguerite naît à Varennes, sur la rive du fleuve Saint-Laurent. Elle est la fille de Christophe Dufrost de la Jemmerais (1661-1708) et Renée Gaulthier de Varennes (1682-1758) qui se sont épousés le 18 janvier de la même année. La maison où elle est née était située sur le terrain voisin de l’actuelle basilique Sainte-Anne. Elle est l’aînée de six enfants. Elle est baptisée le lendemain.

De 1712 à 1714, elle est étudiante chez les Ursulines, à Québec.

Le 12 août 1722, elle épouse François-Madeleine Youville de la Découverte. Le mariage est célébré à la basilique Notre-Dame, à Montréal.

Mariage de misère : son mari décède d’une pleurésie le 4 juillet 1730. En héritage, il ne laisse que des dettes. Marguerite refuse la succession. Pour assurer sa subsistance et celle de ses deux garçons, elle ouvre un petit commerce au détail.

Le 31 décembre 1737, avec son amie Louise Thaumur de la Source et deux autres compagnes, Catherine Cusson et Catherine Demers, Marguerite prononce des vœux privés avec l’intention de se consacrer pour toujours aux pauvres.

Le 7 octobre 1747, elle se voit confier l'administration de l’Hôpital général de Montréal.

Le 3 juin 1753, le roi Louis XV confirme sa position comme directrice de l'hôpital et l'autorise à former une communauté religieuse qui sera approuvée en 1755 par Mgr Henri-Marie de Pontbriand, alors évêque de Québec. Le 25 août 1755, elle prend le nouvel habit des Sœurs de la Charité, communauté religieuse communément appelée « les sœurs grises » en référence au côté grivois de son défunt époux.

Le 23 décembre 1771, elle décède à l'Hôpital général des Sœurs grises, à Montréal. Ses funérailles sont célébrées le lendemain de Noël.

Le 9 décembre 1990, elle est canonisée par le saint pape Jean-Paul II, sur la place Saint-Pierre, dans la Cité du Vatican.

De nos jours, les restes de sainte Marguerite d'Youville reposent dans la basilique catholique Sainte-Anne, à Varennes.

Toute sa vie, Marguerite a eu une grande confiance en Dieu : « La Providence est admirable […] elle pourvoit à tout, en elle est ma confiance », disait-elle de son vivant.


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Rosette Mociornitza, créatrice d’icônes

Rosette Mociornitza, créatrice d’icônes

Rosette Mociornitza est iconographe. Elle a appris cet art chez les moines de Roumanie durant le régime communiste de Caucescu. Il est rare qu’une femme pratique cet art longtemps réservé aux moines.

par : Benoît Voyer

Avant l’occupation du célèbre dictateur Caucescu en Roumanie, madame Mociornitza était avocate. « J’ai fui à cause du régime communiste, raconte l’artiste. La religion était opprimée. Mon mari, Ion, a été emprisonné pendant 11 ans parce qu’il était, lui aussi, un avocat capitaliste. »

Puisqu’elle est l’épouse de cet homme, elle ne peut poursuivre sa carrière à cause des répressions du parti communiste. Elle se rend travailler dans un monastère pour nettoyer des fresques. Un travail de moine qui lui permettait de vivre dans l’anonymat et de gagner un modeste salaire. Elle persévère même si ce n’est pas un travail de femme.

« Les moines ont été bons avec moi. Ils m’ont montré comment concevoir des icônes byzantines (un secret bien gardé par eux depuis des siècles) et m’ont fait découvrir leurs mystères » précise-t-elle.

Elle est formée à la technique du grand livre secret de l’Ermini, gardé au monastère du Mont Athos en Grèce et retranscrit par les moines roumains aux XIIe et XIIIe siècle. Elle le fera jusqu’à la sortie de prison de son mari.

Réunis à nouveau, ils vivent à Bucarest dans une petite maison sans eau et sans électricité. C’est la pauvreté totale. Malgré ces difficultés, Rosette Mociornitza poursuit sa passion pour les icônes.

« L’État communiste savait que j’étais la seule qui réalisait ainsi des icônes de tant de valeur. Les dirigeants ont commencé à m’organiser des ventes aux profits de… la Roumanie. Ils me payaient de quoi m’acheter un morceau de pain. Et moi, je devais travailler, travailler… » ajoute cette grande dame née à Cluj.

Ses œuvres étaient vendues avec succès à l’étranger. Mais Rosette Mociornitza restait une inconnue pour le public.

Bain de foule
Finalement, le gouvernement roumain lui permet, en 1970, une sortie à Francfort pour un bain de foule avec une cinquantaine de ses créations sous le bras et cela en compagnie de son bébé Marie-Rose. C’est là qu’elle décide de ne plus revenir à la maison. Elle demande au consulat canadien la permission d’immigrer.

Arrivée à Montréal, le Musée des Beaux Arts l’accueille à bras ouverts. Rapidement, une exposition s’organise. Le succès est instantané. Le jeune premier ministre Robert Bourassa se déplace pour la rencontrer, Jean Drapeau, Jeanne Sauvé, Françoise Gaudet-Smeth et de nombreuses personnalités québécoises en font autant.

« J’ai eu droit à un accueil chaleureux au Québec. Je ne me suis jamais sentie seule ou isolée. En Roumanie, tout le monde parle le français et les traits latins se ressemblent beaucoup. Je me sens très bien chez vous », confie la dame rencontrée à sa résidence de Brossard.

Après de nombreuses démarches, son époux vient la rejoindre au Canada, en 1973. De son côté, la petite Marie-Rose qui est devenue adulte et qui a longtemps secondé sa mère, travaille dans le domaine des relations publiques à Londres. Elle parle six langues…

Quand elle est arrivée au pays, celle qui a fréquenté l’école primaire Notre-Dame-de-Sion de Bucarest, se contentait d’exposer occasionnellement.

Depuis que le défunt cardinal Paul-Émile Léger, l’a incitée à se déplacer pour présenter des expositions itinérantes, elle ne peut plus s’arrêter. Grâce à elle, le peuple québécois connaît un peu mieux cet art particulier trop souvent associé à des photos religieuses.

Un jour, le cardinal lui écrit cette note : « Vous avez donné à ma prière une dimension nouvelle. Le monde a un grand besoin de spirituels qui lui tracent les chemins de l’absolu. Les icônes sont les balises de cet itinéraire mystérieux… »

« Le cardinal Léger a été très bon pour moi, dit celle qui refuse de dévoiler son âge. Il a patronné une dizaine d’expositions et, à chaque fois, il parlait de la valeur des icônes pour le cœur de l’homme. C’était un homme extraordinaire… »

Les icônes
Ses icônes sont d’une beauté inimaginable. Une photographie ne peut pas vraiment bien représenter ce qu’elles sont. Il faut les voir pour s’émerveiller. Ce qui est le plus touchant ce sont ces regards pénétrants qui nous interrogent et nous dérangent.

Lors d’un vernissage, à Granby, à la fin de novembre 1994, les organisateurs ont décidé d’orner le chœur de l’église d’une cinquantaine d’icônes accompagnées d’une lumière légère et de nombreuses chandelles dont deux énormes chandeliers juifs. Le résultat était renversant. Les gens se sentaient transportés dans un état d’intériorité; une révélation mystique quoi!

N’est-ce pas le but des œuvres d’art que d’amener l’individu à approfondir en lui le sens du mystère et à établir une meilleure communication avec l’invisible? Elle s’en défend bien : « Nous ne prions pas une icône. Nous prions ce qu’elle représente ».

L’icône n’est pas qu’une pièce décorative ou un simple objet d’art, c’est un objet religieux qui donne la tranquillité de l’âme et qui permet d’intensifier sa prière. « Quand on me demande combien valent les icônes, poursuit l’artiste, je dis qu’elles vont valoir cinq fois plus dans quelques années. Pourquoi? Parce que cet art s’est arrêté pendant 50 ans. On a peu créé de relève dans les monastères. Les moines ne pouvaient plus continuer la tradition ».

Les prix affichés dans ses salles d’exposition ouvertes au public, sur rendez-vous, à Brossard varient entre 250$ et 7000$. La moins chère aura pris de 6 à 8 semaines de son temps. La plus coûteuse, une icône qui représente la Trinité, a demandé des mois de travail à temps complet. Il faut deux ans pour préparer le bois. Ce travail est la responsabilité de son mari.

« Dans chaque maison en Roumanie, même si on est très pauvre à cause des guerres et de l’occupation communiste, l’icône est restée près des gens » ajoute madame Mociornitza.

Qui sont ses clients? Elle refuse de répondre. Car, pour elle, une icône c’est personnel. Toutefois, il a été possible de reconnaître sur des photographies de son cahier de bord des personnalités importantes de notre nation et, aussi, des gens ordinaires.

Parmi eux, le cardinal Paul-Emile et madame Jeanne Sauvé. Tous deux vouaient une grande admiration pour cette artiste. « Peindre des icônes, conclut Rosette Mociornitza, c’est une vocation. Cela ne demande pas que du talent; cela suppose qu’on ait vécu instinctivement dans leur rayonnement. On ne devient pas peintre d’icônes à l’improviste, car il s’agit de quelque chose qui doit venir de l’intérieur et qui doit s’épanouir. »

L’icone : Une technique ancienne
Pour faire une icône, le peintre doit chercher d’abord un panneau convenable de bois dont l’épaisseur doit se situer entre 15 et 20 mm.

On l’enduit d’une colle forte liquide qui y pénètre. Parfois, en fonction du sujet, on creuse la partie centrale du panneau pour former un bord plus ou moins large comme cadre naturel.

Avec un mélange de colle d’os de lapin et de poudre d’albâtre, on enduit à nouveau le panneau à l’aide d’un pinceau. On répète l’opération 7 ou 8 fois et on laisse sécher complètement entre chaque couche.

Le « crépi » blanc obtenu est poli patiemment avec la paume de la main mouillée jusqu’à ce que la surface devienne lisse et dure comme un marbre, prête à recevoir le dessin.

Les contours de l’image sont gravés avec une pointe d’après un modèle préparé à l’avance; on peut les tracer aussi avec un crayon ou un pinceau fin trempé dans une détrempe ocre.

Pour la dorure de l’icône on recouvre les nimbes ou le fond d’une couche liquide de mixtion. Lorsqu’elle est encore visqueuse, on applique les feuilles d’or. Une fois qu’elles sont séchées, on remet une couche de vernis et on dégage les contours avec un canif.

Les premières icônes étaient peintes à l’encaustique. Les couleurs étaient délayées à la cire chaude. Plus tard, cette technique a été remplacée par la peinture à la détrempe dont les couleurs d’origine minérale et végétale sont mélangées avec une émulsion de jaune d’œuf, d’eau et de quelques gouttes d’alcool; chaque couche de couleur est mise plusieurs fois.

L’étape suivante est l’ouverture de l’icône. On recouvre le dessin avec du jaune d’œuf, puis avec des teintes uniformes. Pour rendre la couleur choisie pâteuse on la mélange avec un peu d’eau et une émulsion préparée avec du jaune d’œuf et quelques gouttes de vinaigre ou d’alcool. La couche de peinture est mince et uniforme.

Lorsqu’on peint le visage, les mains, il ne s’agit pas de reproduire la nature, mais de donner une image transfigurée par l’intériorité spirituelle, tout en respectant les antiques canons.

Après avoir recouvert ces surfaces le plus souvent d’une couleur ocre avec jaune et rouge, on trace les traits intérieurs avec la couleur « esedra », mélange de rouge et de noir. Les lumières sont ajoutées, par la suite, par couches successives.

L’inscription du nom sur les icônes sanctifie l’image. Elle est faite à la fin du travail, dans une des langues liturgiques byzantines : grec, slave ou arabe.

(Revue Notre-Dame du Cap, mars 1995, pp. 11 à 13)

14 octobre 2026


PSYCHOLOGIE : Dialoguer

Dialoguer

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Il ne suffit pas de connaître les bonnes techniques de communication pour être entendu. Parler calmement, choisir les bons mots ou adopter une posture ouverte ne garantit pas, à elles seules, une véritable communication. Encore faut-il que les paroles soient en accord avec la personne qui les prononce. Sans authenticité, le discours sonne faux.

Les spécialistes, consultés pour l’élaboration d’un dossier consacré à la communication publié dans l’édition de juin 2026 du magazine français Psychologies, soulignent que la communication commence souvent par l'écoute. Être réellement disponible, choisir le bon moment, tenir compte du contexte et accueillir le point de vue de l'autre favorisent davantage le dialogue que la volonté d'avoir raison. Dans bien des échanges, écouter avec attention vaut parfois mieux qu'accumuler les arguments.

La voix, le langage du corps et la maîtrise des émotions jouent également un rôle important. Une voix posée et sincère rassure davantage qu'un ton autoritaire, tandis qu'une attitude cohérente renforce la crédibilité du message. Enfin, bien communiquer demeure un apprentissage. Lire, écrire, réfléchir à ses idées et s'exercer à parler sont autant de moyens de développer une parole claire, convaincante et respectueuse.

COURIER - Pensée


FLASH : Le privé en santé ?

Le privé en santé ?

Au Québec, la loi 83, adoptée en 2025, empêcherait les médecins du privé de travailler dans le réseau public. C’est ce que soutenait le Dr Pascal-André Vendittoli, chirurgien orthopédiste et président de la Fédération des médecins de pratique privée du Québec. Il est aussi directeur médical et copropriétaire de la Clinique Duval, à Laval, professeur titulaire au Département de chirurgie de l’Université de Montréal et chercheur clinicien spécialisé dans la reconstruction articulaire.

Le 21 septembre, au micro de QUB, il soutenait que cette restriction n’a apporté que peu d’améliorations au système public.

Il disait à Richard Martineau : « C’est le nœud de la guerre actuellement, le gouvernement n’arrive pas à financer les soins de santé au niveau provincial et il cherche une porte de sortie. Donc, actuellement la porte de sortie qui est utilisée depuis quelques années, c’est de réduire le panier de services, de réduire l’accès et de limiter, par exemple, les entrées en médecine, des médecins sur les facultés, de limiter la venue de médecins de l’étranger et ça, ça n’offre pas des soins à la population. »

Il expliquait que les difficultés d’accès aux soins poussent de nombreux Québécois vers les cliniques privées et que certains patients doivent même vendre des biens personnels pour financer leurs traitements. (Benoit Voyer, 14 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Les fardeaux que parfois on impose aux autres

Les fardeaux que parfois on impose aux autres

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Deux grandes questions surgissent de mes pensées :

Est-ce que ma manière de vivre ma foi aide les autres à rencontrer Dieu, ou risque-t-elle parfois de leur ajouter des fardeaux ?

Est-ce que je m’attarde davantage aux règles et aux apparences qu’à l’amour de Dieu et des autres ?

Parfois, les paroles de Jésus pourraient m’être adressées : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. » (cf. Lc 11, 42-46)

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Joseph-François Lafitau

Joseph-François Lafitau

Par Benoit Voyer

14 octobre 2026

Joseph-François Lafitau est né le 31 mai 1681 à Bordeaux, en France. Il est le fils de Jean Lafitau, un marchand de vin et banquier, et de Catherine-Radegonde Berchenbos.

À l’automne 1696, Joseph-François entre chez les jésuites de Bordeaux. Après sa formation, il enseignera.

Le 10 avril 1711, de Paris, il demande au supérieur de la Compagnie de Jésus, à Rome, Michelangelo Tamburini, d’être envoyé dans les missions de la Nouvelle-France. Celle-ci est accordée. Il partira à la fin de l’année.

En Nouvelle-France, il est envoyé auprès des Iroquois. En plus d’être préoccupé par la transmission de la foi chrétienne, il occupe son temps à prendre des notes. Il observe. Il décrit. Il compare. Il cherche à comprendre les mœurs des habitants du Nouveau Monde.

Sa manière de penser ce monde est particulière. Tout est classé en « trois tiroirs ».

Le premier tiroir est celui des peuples autochtones qu’il côtoie directement en Amérique. Il étudie leurs pratiques, leurs traditions, leurs croyances, leur organisation familiale et politique.

Le deuxième tiroir est celui des grandes civilisations anciennes : les Grecs, les Romains, les Hébreux, les Égyptiens et les peuples mentionnés dans les récits bibliques.

Le troisième tiroir est celui du christianisme, qui constitue pour lui le cadre d’interprétation ultime de l’histoire humaine.

Le jésuite refuse de considérer les peuples autochtones comme des sociétés dépourvues de pensée ou de spiritualité.

Lorsqu’il observe une coutume autochtone, Lafitau ne la considère donc pas comme un phénomène isolé. Il cherche des ressemblances avec les sociétés anciennes et tente de comprendre comment ces éléments peuvent s’inscrire dans une histoire plus large de l’humanité.

Cette manière de penser est profondément marquée par son époque. Joseph-François Lafitau reste un homme du XVIIIe siècle, avec les catégories intellectuelles et religieuses de son temps. Il ne faut pas lui attribuer une vision contemporaine des cultures. De nos jours, les intellectuels reconnaissent son originalité.

À une époque où certains Européens jugent les peuples éloignés à partir de leurs propres normes, Lafitau tente de découvrir une logique dans leurs pratiques. Il cherche une humanité commune derrière la diversité des coutumes.

Son œuvre, publiée en 1724 sous le titre « Mœurs des sauvages amériquains, comparées aux mœurs des premiers temps », témoigne de cette volonté de comparaison. Son objectif n’est pas seulement de raconter ce qu’il a vu en Amérique, mais d’établir des liens entre les différentes expressions de la vie humaine.

Aujourd’hui, cette approche semble limitée, mais demeure fascinante. Les sciences humaines modernes ont développé d’autres méthodes. Elles cherchent davantage à comprendre chaque culture selon ses propres références, plutôt que de la comparer constamment à des modèles anciens ou bibliques.

Mais il est injuste de réduire Lafitau aux limites de son époque. Son intuition fondamentale est fort intéressante. Pour comprendre une société différente de la nôtre, il faut d’abord accepter qu’elle possède une cohérence propre.

Pour Lafitau, l’humanité n’est pas une juxtaposition de peuples séparés. Elle appartient à une même histoire. Les différences entre les cultures ne suppriment pas une unité profonde de l’être humain. Derrière les langues, les rites et les traditions, il cherche une même interrogation : d’où venons-nous et quel sens donner à notre existence ?

Les « trois tiroirs » de Lafitau résument finalement une grande ambition : mettre en dialogue trois façons de regarder le monde pour chercher une compréhension plus vaste de l’homme.

Joseph-François Lafitau décède à Bordeaux, le 3 juillet 1746.



P.S. Merci au professeur Louis Rousseau
de m’avoir fait découvrir ce personnage fascinant de notre histoire.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Marguerite Blais

« C’est beau la sexualité »

Que pensez-vous de la position de l’Église catholique en matière de sexualité? a demandé le journaliste de la revue à l’animatrice Marguerite Blais. « Là, monsieur, on entre dans un sujet glissant! » a-t-elle répondu. Après un long moment d’hésitation, à l’instant où j’allais lui poser d’autres questions, elle me dit : « Écoutez, je n’ai pas peur de mes opinions! »

par Benoît Voyer

La série « Des mots pour le dire » est assurément l’émission télévisée qui l’a le plus fait connaître du public québécois. « J’ai fait 750 entrevues concernant la sexualité et j’avais envie de faire des entretiens sur autre chose… C’est une question de nourriture quotidienne, raconte cette femme âgée d’une quarantaine d’années. De plus, j’ai observé que la sexualité ouvrait une porte vers d’autres valeurs… Je trouvais que j’avais fait le tour de mon jardin concernant ce sujet. Je ne voulais pas devenir sexologue! »

L’animatrice convient que le sexe est un sujet tabou. Les gens ont de la difficulté à en parler surtout lorsque cela concerne leur vie sexuelle. Pourtant, c’est une chose normale. Toute personne est sexuée. Nous sommes tous venus au monde avec un sexe! Cela fait partie de la vie.

Elle le dit et le répète à plusieurs reprises : « Y a rien de mauvais là-dedans! » Ce sont les tabous qui ont rendu les gens malades par rapport à la sexualité. Pour Madame Blais, avoir des désirs et des pulsions, c’est sain pour la santé.

Elle avoue ne pas avoir été très à l’aise au début de la série. Marguerite Blais raconte : « J’avais 40 ans et je ne parlais pas de sexualité ouvertement à mes amis et là j’abordais ce sujet à tous les jours à la télévision! Les gens voyaient bien que ce n’était pas naturel. Je ressentais un certain malaise et j’affichais une certaine pudeur. J’avais autant de tabous que les téléspectateurs. »

Avant de parler de son opinion sur le modèle de sexualité proposé par l’Église, elle hésite longuement. Comme si c’était un sujet complexe. En réfléchissant à voix haute, Marguerite Blais confie qu’elle n’aime pas la position de durcissement du pape actuel sur de nombreux sujets.

L’animatrice de télévision ose se prononcer : « Il faut que l’Église évolue avec la situation du temps… Quand on dit qu’on ne doit pas avoir recours à des méthodes contraceptives artificielles… On sait que le condom fait partie de celles-ci. Nous savons qu’il y a des villages qui sont décimés par le sida partout en Afrique… J’ai un malaise avec ça… Je ne suis pas à l’aise par rapport à certaines positions… »

En cherchant ses mots (comme si elle ne voulait pas provoquer), elle poursuit : « L’Église dit qu’elle accepte les gens avec leurs différences… l’Église n’accepte pas les homosexuels… accepte et n’accepte pas… Elle fait toujours attention à ce qu’elle dit, comment elle se place face à cela. »

Marguerite Blais a choisi d’accepter les gens tels qu’ils sont. C’est d’ailleurs ce que l’émission lui a appris. Les individus souffrent beaucoup et ces souffrances sont teintées par la sexualité qui a été brimée : inceste, viol, homosexualité, etc. Elle renchérit en disant que pour différentes raisons, les gens ont développé des problèmes à cause du sexe et cela nuance la personnalité de leur être au quotidien, dans leurs relations de travail et avec les autres.

« Il faudrait que les humains soient capables de vivre tels qu’ils sont, que nous soyons assez forts pour accepter ces différences-là et ne pas vouloir mettre ces gens à l’image de ce qu’on a décidé. Y en a pas une image! Il y a une multitude d’images et d’humains! » dit Marguerite Blais qui me regarde avec de beaux yeux bleus.

Chasteté
Un des problèmes de la société américaine actuelle, c’est que les enfants ne sont pas assez « enfant » longtemps. Ils sont adultes trop vite. Dans certaines familles, ils ont de la difficulté à trouver au sein du foyer la chaleur humaine dont ils ont tellement besoin. Ils cherchent ailleurs cette tendresse.

« Je pense que les jeunes seraient actifs sexuellement plus tard si les parents étaient beaucoup plus encadrants et plus affectueux avec eux », confie-t-elle.

Marguerite Blais sait de quoi elle parle. Elle a à la maison des adolescents qui commencent à regarder les revues et les garçons mais, ils n’ont pas commencé à « faire l’amour ». Elle veut prolonger cela le plus longtemps possible. Sa façon d’y parvenir, elle se veut présente à eux en leur donnant beaucoup de tendresse.

« Les jeunes qui pensent à la chasteté, avoue Marguerite Blais, je crois que c’est correct! C’est pour prolonger leur enfance le plus longtemps possible. C’est beau la sexualité! Mais c’est encore plus beau quand ce n’est pas seulement de la sexualité pour la sexualité. Il faut de la profondeur »

Mgr Jean-Guy Hamelin
C’est de Mgr Jean-Guy Hamelin, le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, qu’elle garde ses meilleurs souvenirs concernant le catholicisme.

« Il m’avait invitée à donner une conférence parce que j’animais une émission sur la sexualité à la télévision. Cette invitation a provoqué un tollé de protestations. Il y avait beaucoup de gens qui avaient écrit à Mgr Hamelin pour qu’il annule la conférence », raconte Madame Blais avec enthousiasme.

Elle ajoute : « Ce soir-là le théâtre était plein à craquer. J’avais dit aux gens : Est-ce que vous me connaissez? Vous me jugez! Est-ce que c’est ça la foi chrétienne? Juger les gens sans les connaître! Vous ne savez pas qui je suis! Vous ne connaissez pas mes valeurs et ma foi chrétienne! C’est là que j’ai dit : Vous pensez que Mgr Hamelin n’a pas de sexe! Il a une sexualité mais il a fait le choix d’être abstinent, c’est un choix sexuel! Ça avait un peu brassé! »

Après la causerie, elle participe à la messe de Mgr Hamelin. Elle est seule avec lui. Ce fut la plus belle messe de sa vie. Elle était simplement là avec l’évêque. Elle s’en souviendra toujours. C’était d’une grande profondeur.

Sa foi
Sa pratique religieuse, c’est sa famille. « J’étais très inconsciente quand je me suis dotée de cette famille-là. J’ai déraciné deux enfants au Pérou et un au Guatemala. Des enfants qui étaient déjà pas mal grands. Je trouvais ça ben ben l’fun! C’était trippant! C’était exotique! C’était mon action à moi, mon oeuvre… Mon oeil! »

Elle regrette d’avoir déraciné ces enfants qui n’ont pas demandé d’être ici. Pourtant, elle est une bonne mère malgré certaines difficultés.

Le soir, ils bénissent le repas ensemble. Il n’est pas question de réciter une formule apprise par cœur. Ils préfèrent s’inventer quotidiennement une formule en rapport avec les difficultés de la journée.

« Ma foi chrétienne, je la vis aussi en prenant le temps de jaser avec les gens dans la rue, des gens très simples qui pensent que je ne suis pas abordable. L’autre jour, je suis allée dans un marché d’alimentation et je suis sortie… Il pleuvait à “boire debout”… Il y avait un itinérant qui jouait de l’accordéon et qui chantait. Il avait le courage de faire de la musique… J’ai pris le temps pour lui parler un peu et lui donner de l’argent. Pour moi c’était mon partage de la journée », ajoute-t-elle.

De temps à autre, elle s’arrête dans une église. Elle prend le temps de se recueillir. Elle va parfois à la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire au coin des rues Berri et Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal ou à la cathédrale montréalaise. À ce dernier endroit, elle avoue en profiter également pour aller saluer son amie, l’organiste Hélène Dugal. Elle confesse, néanmoins, ne pas aller à la messe à chaque dimanche.

Toutefois, Marguerite Blais avoue avoir une grande admiration pour la Vierge Marie : « Pour moi, elle a adopté Jésus! », conclut-elle sur le ton de la confidence.

(Revue Notre-Dame du Cap, janvier-février 1995, pp. 19 à 21)

13 octobre 2026


PSYCHOLOGIE : L’intuition peut parfois jouer des tours

L’intuition peut parfois jouer des tours

Par Benoit Voyer

13 octobre 2026

L’intuition n’est pas seulement un pressentiment mystérieux. Selon plusieurs chercheurs, elle serait plutôt le résultat d’un « calcul inconscient » de notre cerveau, qui analyse rapidement des expériences, des connaissances et des observations accumulées au fil du temps.

Mais il faut le dire, l’intuition n’est pas toujours synonyme de vérité. Elle peut nous éclairer comme elle peut nous tromper.

En juin 2026, dans le magazine français Psychologies, le psychologue Daniel Kahneman rappelait que notre cerveau possède un mode de pensée rapide, automatique et émotionnel, mais qu’il doit parfois être accompagné d’une réflexion plus lente et rationnelle. La sagesse consiste peut-être à écouter son intuition… sans jamais renoncer à l’examiner. En santé mentale comme ailleurs, l'intuition peut être une alliée précieuse, à condition de ne jamais la confondre avec une certitude.

PENSÉE

 


FLASH : Combien puis-je donner à un parti politique au Québec?

Combien puis-je donner à un parti politique au Québec?

En cette année d'élections générales, il est possible de donner jusqu'à 200 $ à chacune des formations politiques autorisées au Québec, comparativement à 100 $ en temps normal.

Le site du directeur général des élections du Québec indique que cette contribution doit obligatoirement provenir de personnes qui sont autorisées à voter. Ainsi, les entreprises et les organismes ne peuvent pas contribuer.

Depuis 2013, les contributions ne donnent droit à aucun crédit d'impôt. Par souci de transparence, le nom du donateur, sa municipalité et le montant de sa contribution sont publiés sur le site d'Élections Québec. (Benoit Voyer, 13 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une affaire de cœur


Une affaire de cœur

Par Benoit Voyer

13 octobre 2026

Dieu ne nous demande pas seulement d’avoir les mains propres; il nous demande surtout d’avoir un cœur qui apprend à se donner.

C’est un peu ce que Jésus tentait d’enseigner : « vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! » (cf. Lc 11, 37-41)

Aujourd’hui, je me questionne : qu’est-ce que je cherche davantage à purifier : mon image extérieure ou mon cœur ?

PATRIMOINE : La Maison Béthanie de Pointe-du-Lac

La Maison Béthanie de Pointe-du-Lac

Par Benoit Voyer

13 octobre 2026

Plusieurs communautés religieuses s’établissent à Pointe-du-Lac, aux abords du lac Saint-Pierre, à partir des années 1870, parmi celles-ci figurent les Pères de la Fraternité sacerdotale fondée en France, en 1901, par le père Eugène Prévost (1860-1946). L’année suivante, il fonde les Sœurs Oblates de Béthanie, dont la mission est de collaborer aux œuvres sacerdotales. Les deux communautés s’installent à Pointe-du-Lac, devenue un arrondissement de Trois-Rivières, au tournant des années 1930.

En 1929, les Pères de la Fraternité Sacerdotale achètent une propriété et ouvrent le Cénacle Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus. En 1934, le père Prévost fait construire un nouveau bâtiment destiné aux Oblates de Béthanie. Le Cénacle Saint-Pierre est ensuite érigé en 1949.

La Maison Béthanie voit le jour vers la fin des années 1950. Les Pères de la Fraternité Sacerdotale et les Sœurs Oblates de Béthanie s’y installent. En 1961-1962, l’architecte Arthur Lacoursière (1910-1982) est chargé des plans de la chapelle.

L’histoire de la Maison Béthanie prend un nouveau tournant en 1965. Aux prises avec des difficultés financières, la communauté vend la Maison Béthanie et le Cénacle Saint-Pierre aux Sœurs de la Charité d’Ottawa. Celles-ci transforment la Maison Béthanie en maison de repos pour leurs religieuses.

La valeur patrimoniale de la Maison Béthanie tient à son emplacement. Elle se dresse face au lac Saint-Pierre, sur un vaste terrain verdoyant en retrait de la rue Notre-Dame Ouest.

Pas très loin de là se trouvent le noyau historique et religieux ancien de Pointe-du-Lac, l’église Notre-Dame-de-la-Visitation ainsi que le site historique du Moulin-Seigneurial-de-Tonnancour, classé en 1975.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Pierre Bruneau

« Je voyais des larmes sur ses joues… »

Qui n’a pas peur de la mort? Jeune ou âgé le drame de l’incertitude est toujours le même. Nous avons une crainte de l’inconnu. Pierre Bruneau, nouvelliste à la télévision montréalaise, en sait quelque chose : il a assisté son fils Charles sur la route des cieux. « Aujourd’hui, je ne suis pas effrayé de mourir », a-t-il confié au journaliste du magazine.

par Benoît Voyer

« Charles nous a fait comprendre que ça ne peut pas arrêter là, que nous allons nous retrouver. La mort, c’est la renaissance! À ce moment, il y a de la sérénité sur le visage des gens. C’est qu’à quelque part, il y a la fin des souffrances et le début d’une autre étape », raconte Pierre Bruneau.

Le journaliste a vécu des instants très intenses avec son jeune adolescent : le passage de vie à trépas. La dernière véritable discussion qu’il a eue avec lui portait sur ce passage vers l’au-delà. Charles a fait promettre à son père de continuer le combat avec lui. Ainsi, pour Pierre Bruneau, le décès est bien plus que l’absence physique d’un individu. C’est le moment d’une communion spirituelle enrichissante.

« Six mois avant de partir, ajoute monsieur Bruneau, le médecin nous avait dit : “Il lui reste deux semaines au maximum”. Ma femme et moi avons paniqué. Nous étions assurés que… Nous nous disions “on va le faire incinérer et nous ferons une petite cérémonie juste entre nous”. Au bout des deux semaines en question, il est sorti de l’hôpital et j’ai cru au miracle. Je me disais : “Ça arrive pour d’autres, c’est sûrement arrivé pour nous”. Charles était en pleine forme, il est allé au secondaire pendant ces semaines. Je me croyais ridicule d’avoir pensé à la mort. J’ai compris plus tard le pourquoi de cette rémission : Nous n’étions pas prêts ».

Il avait encore des choses à faire saisir à papa et maman. Une bonne journée, le jeune Bruneau a expliqué à ses parents son désir de funérailles dans la vieille église de Boucherville, en face du fleuve, parce que pour lui le fleuve représente la vie et il a fait part de son souhait d’être enterré avec son corps qui l’a fait souffrir. Il ajouta : « Je veux aussi être exposé pour voir mes amis une dernière fois. De plus, ils ont aussi le droit de me voir ». Ce message allait à l’opposé de la planification du couple. Les dernières volontés de Charles Bruneau furent réalisées.

Pierre se souvient encore : « Juste avant sa mort, je lui ai dit : “Mon grand, il y a six mois, tu m’as dit ton désir de guérir. Tu nous l’as prouvé en revenant à la santé. Aujourd’hui, on est au même carrefour qu’à cette époque. Ce chemin-là tu le vois, tu le connais, il est difficile et rocailleux. L’autre avenue tu pouvais l’emprunter à ce moment. Tu la vois encore en face de toi. Sur ce sentier, il y a une accueillante lumière au bout. Tu es inquiet car tu dois y aller seul. Nous ne pouvons pas nous y rendre avec toi. C’est peut-être ce chemin que tu dois prendre parce que c’est un sentier de paix. Dis-toi qu’il y a quelqu’un qui t’attend”. Je voyais des larmes sur ses joues… »

La sérénité est venue l’habiter et Charles a traversé dans l’autre monde. Une expérience que Pierre Bruneau a trouvée difficile et tellement belle à la fois.

L’homme de télévision a tenu sa promesse. Il poursuit le combat en aidant des centaines d’enfants aux prises avec le cancer.

Il travaille activement, en collaboration avec la Fondation Charles Bruneau, Vidéotron et l’Hôpital Ste-Justine, à trouver du financement pour le Centre de cancérologie Charles Bruneau qui ouvrira ses portes prochainement.

L’opération coûtera 17 millions de dollars, 10 millions proviendront des prochains téléthons de l’Opération enfant soleil. Puisque l’argent nécessaire n’est pas entièrement disponible pour l’instant, le groupe Vidéotron prêtera 8 millions à l’Hôpital Ste-Justine et paiera les intérêts (environ 2 millions). Enfin, 2 millions proviendront du Gouvernement du Québec. Les 7 autres millions serviront à meubler l’établissement et acheter les équipements nécessaires. Sur ce montant, 3 millions proviendront du provincial et du fédéral et 4 millions seront assumés par la Fondation Charles Bruneau.

L’Hôpital Ste-Justine prendra possession de l’établissement dans quelques jours et l’ouverture officielle est prévue pour le mois de janvier prochain.

Charles Bruneau aurait 19 ans. Son père essaie parfois d’imaginer son fils à cet âge. Il en est incapable : « Charles aura toujours 12 ans. »

Le communicateur
Pierre Bruneau n’avait jamais pensé faire une carrière en communication. Il voulait travailler en psychologie. C’est par un heureux hasard qu’il a commencé à faire de la radio à Victoriaville en 1972. Rapidement, il passe à CKAC. Puisque ce travail devenait plus intéressant que le reste, il abandonne ses études.

« Je m’étais dit : “Ce que j’ai appris, j’utiliserai jamais ça!” dit-il. Bien au contraire! Je m’en sers dans ma façon d’élever les enfants, de côtoyer les gens malades… Qu’importe les études que tu fais, ce n’est jamais perdu. Tôt ou tard, c’est utile ».

Depuis 18 ans, il a changé sa façon de livrer l’information à la télé. Il tente, maintenant, de se faire plus près des gens.

Le monopole, le contrôle de l’information existe-t-il? Faisons-nous du spectacle avec les nouvelles du jour?

« Prenons un exemple récent. La guerre au Rwanda nous a permis de voir des milliers de cadavres à l’écran. C’est terrible! Les gens trouvent qu’on exagère… Est-ce qu’on doit montrer ça? La société évolue tellement… Je pense que lorsqu’on dit qu’une image vaut mille mots, c’est très réaliste! Bien entendu, il y a des images que nous censurons nous-mêmes! Même si tu vois un cadavre mutilé, je pense que ça donne rien de plus… Quand on dit : “Au Rwanda, le nombre de cadavres retrouvés s’élevaient par milliers”, cela n’a pas beaucoup d’impact. Montrez une image de 10 secondes, les gens comprennent », stipule l’animateur du “TVA-édition 18 heures”.

« Dans l’actualité, je suis très impressionné par ce qui touche la pauvreté et les jeunes. Je pense que les gens sont un peu comme ça; c’est toujours plus émouvant et plus injuste quand ce sont des enfants. Quand tu penses qu’il y a 25% des individus qui ne travaillent pas… » avoue Pierre Bruneau.

L’Église
Il voit de bons signes pour l’Église. Il constate que les évêques tentent cette approche missionnaire en allant plus vers les gens. Il se rappelle d’un article du journal Le Soleil qui raconte que Mgr Maurice Couture, l’archevêque de Québec, a rassemblé des gens d’affaires à Québec. Pour lui c’est positif.

Il pense que l’Église a un message important à transmettre, mais, il ne passe pas dans l’opinion publique. « C’est une question de mentalité, confie-t-il. La clientèle de l’Église est âgée, les clercs le sont eux-mêmes. Alors, c’est difficile d’être près du monde. Par contre, je vois qu’il y a des jeunes prêtres qui sont très dynamiques, très près des gens et qui vont à la rencontre des individus… »

Il insiste. Le véritable problème c’est le message, pas nécessairement les messagers. Le discours officiel de l’Église est trop différent du contexte canado-américain. Il souligne, notamment, les dossiers de l’avortement, de la contraception et de la fidélité conjugale. « L’Église ne s’est pas ajustée. Est-ce qu’il y a de la place pour les divorcés-remariés? Oui dans les discours, non dans le concret! » affirme-t-il.

Il croit qu’il n’est pas trop tard pour essayer de changer le discours. Monsieur Bruneau est de confession catholique. Pratiquant? Il confie ne pas se joindre à une communauté chrétienne à chaque semaine. Sa pratique religieuse se fait plus particulièrement par son implication sociale.

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1994, pp. 19 à 21)

12 octobre 2026


FLASH : Décès de Jean-Luc Mongrain


Décès de Jean-Luc Mongrain

C’est avec regret que j’ai appris le départ de Jean-Luc Mongrain.

Je ne l’ai pas connu personnellement, mais comme bien des Québécois et Québécoises, je l’ai suivi au fil des années au petit écran.

Il avait une manière bien à lui de voir l’évolution du monde. On pouvait être d’accord ou non avec lui, mais il ne laissait personne indifférent.

Mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches et l’assurance de ma prière.

Benoit Voyer
12 octobre 2026

SANTÉ MENTALE : Un signe de faiblesse ?

La santé mentale, un signe de faiblesse ?

Par Benoit Voyer

12 octobre 2026

Un homme sur trois considère que les problèmes de santé mentale sont un signe de faiblesse. C’est ce que révèle un rapport publié le 11 juin 2026 par GreenShield et Recherche en santé mentale Canada. L’étude souligne que les jeunes hommes demeurent particulièrement réticents à demander de l’aide, alors que plusieurs vivent des symptômes importants d’anxiété ou de dépression.

Selon le rapport, près de la moitié des jeunes hommes âgés de 16 à 29 ans ayant entrepris une démarche de soutien ont abandonné leur suivi avant la fin prévue. Parmi les principales raisons évoquées figurent le sentiment de manquer de contrôle sur leurs soins, des horaires peu adaptés et l’impression de faire peu de progrès.

J. JOUBERT - Pensée

 

RÉFLEXION SPIRITUELLE : À la recherche de signes ?


À la recherche de signes ?

Par Benoit Voyer

12 octobre 2026

Dieu n’a pas toujours à multiplier les signes pour nous convaincre. Parfois, ce qui manque, ce n’est pas un signe supplémentaire, mais un cœur disposé à écouter et à changer. (cf. Lc 11, 29-31)

Et si le signe que j’attends était déjà devant moi ?

« Dieu de puissance et de miséricorde, éloigne de nous, dans ta bonté, tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d’esprit ni de corps, nous accomplissions d’un cœur libre ce qui vient de toi » (prière d’ouverture de la messe d’aujourd’hui).