27 avril 2026

VISION CATHOLIQUE: La vénérable Élisabeth Bergeron

La vénérable Élisabeth Bergeron

Par Benoit Voyer

27 avril 2026

À La Présentation, près de Saint-Hyacinthe, le 25 mai 1851, naît Élisabeth, la fille de Théophile Bergeron et Basilisse Petit.

À cause de la piètre situation économique, sa famille émigre aux États-Unis. Elle a 14 ans. Elle y travaille dans une filature de coton.

En terre américaine, elle s'aperçoit que ses amis et compatriotes du Québec ignorent à peu près tout de la religion. Elle finit par les inviter chez elle pour leur donner des leçons de catéchisme.

En 1870, alors qu’elle est de retour en terre canadienne et qu’elle a été refusée par trois communautés religieuses, Élisabeth parle de son désir de vie religieuse à l’évêque de Saint-Hyacinthe, le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau. Il lui demande de fonder une communauté enseignante pour les enfants des campagnes. Elle lui répond : « Si vous pensez que je peux répondre à votre projet malgré mon ignorance et mes inaptitudes, je suis à votre disposition. »

Le 12 septembre 1877, entourée de trois autres femmes, Elisabeth fonde officiellement les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Elle prend le nom de Mère Saint-Joseph.

Deux ans plus tard, Mgr Moreau nomme une nouvelle supérieure pour la jeune communauté. La fondatrice accepte avec humilité la décision de l’évêque. Elle devient assistante générale. Elle gardera son poste jusqu’en 1925.

Élisabeth Bergeron décède le 29 avril 1936.

Elle a été déclarée vénérable le 12 janvier 1996.

De nos jours, la vénérable Élisabeth Bergeron repose au mausolée du columbarium du cimetière de la cathédrale de Saint-Hyacinthe, 1075, rue Girouard Est.

D’Élisabeth à moi
Je trouve ça toujours un peu rigolo, mais bon (!) c’est la réalité : Élisabeth Bergeron, la vénérable fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, est une lointaine petite cousine. Elle est officiellement ma « petite-cousine éloignée au 5ᵉ degré du mari de ma cousine germaine éloignée au 1ᵉʳ degré ». Si c’est ainsi, c’est à cause de Daniel Laprès, le compagnon de vie de la fille de ma cousine Ginette Voyer, la fille de mon oncle Gérard Voyer de Shawinigan, si je suis devenu parent avec Élisabeth. Regardons cela en détail :

La vénérable Élisabeth Bergeron (1851-1936) est la fille de Théophile Bergeron et de Basilisse Petit. Le père de Basilisse est Joseph Petit.

Joachim Petit (1765-1809) est le père de Joseph (décédé en 1850). Le père de Joachim est Jean-Baptiste Laprès (1736-1800). Joachim aura un frère : Jean Baptiste Jean Noël Laprès (1770-1822). Ce dernier donnera naissance à Jean Olivier Laprès (1806-1894).

Sans grande originalité : Jean-Olivier donnera naissance à Jean-Baptiste (né en 1831) et le fils de Jean-Baptiste sera aussi Jean-Baptiste Laprès (1857-1943).

Le Jean-Baptiste de 1857 donne naissance à Joseph Laprès (1883-1969). Bien oui ! Un autre Joseph !

Joseph donnera naissance à Jules (1922-1988) et Jules à Jacques (1942-2007) et Jules à Daniel Laprès, le mari de ma petite-cousine Louise Voyer.

Et la suite est facile : Louise est la fille de ma cousine Ginette Voyer. Ginette est la fille de mon oncle Gérard Voyer (1913-2014), qui a été conseiller municipal à la ville de Shawinigan pendant 25 ans. Gérard est le frère de mon père Roméo (1930-2021) et tous deux sont les enfants d’Alice Chenard (1889-1981) et Edgar Voyer (1889-1967).

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Terre sainte : la situation est inquiétante

Terre sainte : la situation est inquiétante

OTTAWA – La situation politique en Israël inquiète beaucoup Édouard Ottis, commissaire du Commissariat de Terre Sainte au Canada, dont les modestes bureaux sont situés sur la place Kilborn, à Ottawa. Les tensions qui sévissent entre Israël et les pays arabes, surtout avec les territoires occupés par les Palestiniens, ne cessent de faire fuir les chrétiens, notamment les catholiques.

« C'est une profonde tristesse que nous vivons ! La situation est vraiment tragique parce qu'il y a de moins en moins de chrétiens en Israël. Est-ce que nos musées seront éventuellement gérés par les Juifs ? », interroge le franciscain.

Le problème est réel, mais il ne veut pas trop penser à la réponse pour l'instant. De plus, il ne sait pas encore si son organisation va remettre en question sa présence en Terre sainte.

Néanmoins, il confie au journaliste de la Revue Sainte-Anne de passage dans la capitale canadienne : « Nous autres on est des étrangers là-bas. Nous ne faisons pas partie du paysage. Nous sommes vus par ceux qui vont visiter, mais là-bas nous sommes totalement soumis. Par contre, on est beaucoup plus proche des Palestiniens parce que ce sont eux qui les ont écrasés !»

Les évêques canadiens et d'ailleurs ont déjà eu de bons échanges avec Yasser Arafat, le défunt leader palestinien. Tout porte à croire qu'ils se poursuivront avec son successeur.

Le Commissariat est un organisme de liaison entre le Canada et la Terre sainte Sur la planète, il existe 69 autres bureaux. Celui du Canada a été fondé par le bienheureux Frédéric Janssoone, en 1888. Leur principale activité est de recueillir des aumônes pour le maintien de l'œuvre de Terre Sainte, surtout lors de la collecte annuelle dans les oratoires et églises de partout sur la planète lors de la semaine sainte.

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, février 2005, p. 66)

26 avril 2026

UN PEU DE MOI: Le retour à l’école d’un « drop out »

Mon retour à l'école en 1988 au CERA, à Granby
Le retour à l’école d’un « drop out »

Par Benoit Voyer

26 avril 2026

En 1988, j’ai 22 ans. Puisque je n’ai pas complété mes études secondaires, je fréquente pendant une dizaine de mois le Centre éducatif régional des adultes (CERA), à Granby, afin d’obtenir mon diplôme de fin d’études secondaires. Une seule matière à l’horaire : le français de tout le secondaire et compléter trois crédits que je ferai en français enrichi.

Ce retour a été précédé par quelques jours dans une classe d’intégration où on a fait quelques trucs de développement personnel.

Durant mon séjour à l’éducation des adultes, je dépendais du professeur Normand Saint-Ours qui m’a donné un fier coup de pouce. Il restera toujours dans ma mémoire.

C’est durant cette année que se développeront mes réelles aptitudes pour l’écriture. Durant ces mois, je prendrai conscience que la langue française est quelque chose de très mathématique et logique.

P.S. Si tu te reconnais sur la photo, écris-moi!

LE PRÉSENT DU PASSÉ: 550 enfants veulent aller à l'école

550 enfants veulent aller à l'école

BECONSFIELD - 550 enfants de Champerico et de Totonicopan au Guatemala rêvent de fréquenter l'école, mais leurs parents n'ont pas les moyens financiers pour payer les frais de base. C'est pour cette raison que la fondation Les amis du père Armand Gagné inc. (FAPAG), en collaboration avec Aide chrétienne internationale à l'enfant (ACIE), recherche des parrains pour payer les études d'un élève du primaire ou du secondaire, durant un à cinq ans.

En 2004, l'organisme a réussi à faire subventionner par des Canadiens 200 enfants à Champerico et 200 autres à Totonicopan. En 2005, la FAPAG doit trouver 150 nouveaux partenaires pour Totonicopan.

Chaque parrainage coûte 29 $ par mois. Ce montant se paie par autorisation bancaire pré-autorisée. « 348 $ par année, ce n'est pas très coûteux pour aider un enfant à sortir de la misère. Vous savez, après la remise d'impôts, le coût réel du parrainage est de 201,48 $ », explique le président de la FAPAG, Eugène Sergerie, à la Revue Sainte-Anne.

En plus d'obtenir une photo de son protégé et des renseignements à son sujet, il est possible de correspondre avec l'enfant. Des religieuses assurent la traduction puisque la langue d'usage de ces jeunes est l'espagnol.

De plus, il est possible de partir en voyage au Guatemala, avec le père Armand Gagné, afin de visiter le pays et l'enfant, son école et sa famille. Périodiquement, la FAPAG organise des voyages, à prix modique. L'itinéraire s'attarde habituellement aux régions où œuvre l'organisme de charité, c'est-à-dire loin des itinéraires touristiques traditionnels. Le choc culturel est assuré.

« La FAPAG est entièrement administrée par des bénévoles qui ne reçoivent aucun salaire. Cela nous permet de redonner presque la totalité des sommes recueillies aux projets que nous subventionnons, dont le parrainage d'enfants », tient à préciser Eugène Sergerie.

Il est possible de communiquer avec la FAPAG, sans frais, en composant le 1-877-693-8871. L'adresse du site Internet de l'organisme est www.fapag.org.

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, p. 402)

25 avril 2026

VISION CATHOLIQUE: Il connaît chacun et chacune par son prénom et son nom

Il connaît chacun et chacune par son nom

Par Benoit Voyer

25 avril 2026

La parole de l’évangéliste Jean résonne en moi depuis quelques jours : « Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. » (Jn 10,3).

« Chacune par son nom… » Ce n’est pas rien. Les mots sont ici vibrants de sens.

Dans son livre « Créés pour être aimés » (Médiaspaul, 2012), Christian Lépine écrit au sujet de ce passage :

« Nous aussi nous recevons un nom lors de notre naissance à la vie. […] ce nom dit notre identité en disant notre mission. […] Ce n’est pas une étiquette interchangeable avec une autre, ce n’est pas un moyen commode d’identification, c’est l’expression d’une mission. […]

L’archevêque catholique de Montréal ajoute : « Toute personne a une mission, toute personne est une mission en puissance, en attente d’être réalisée. Toute personne a en elle une capacité pour le beau, le vrai et le bien, une capacité appelée à se manifester dans l’accomplissement d’une mission.

Fondamentalement, dire que l’être humain est une personne, c’est-à-dire qu’il est un être de relation, fait pour être aimé et pour aimer. Or, c’est la mission qui donne une direction à l’amour, qui exprime une façon d’aimer, d’accueillir et de se donner. Donc, c’est en accomplissant de plus en plus ma mission que je réalise l’amour que je suis appelé à être, que je m’accomplis de plus en plus en tant que personne.

Mais ce que je suis, ce que je suis appelé à être, est un mystère pour moi-même. Je ne connais jamais totalement mon identité et ma mission. Cela peut même devenir une souffrance qui me paralyse et m’empêche de me donner.

[Dieu] connait parfaitement mon identité et ma mission, il connait parfaitement ma vocation. Ainsi, je peux m’abandonner totalement à lui. »

Plus loin, Christian Lépine précise sa pensée : « Le nom désigne ce qu’est la personne, ce qu’elle est appelée à être et à réaliser […]

Dire que le Pasteur appelle chaque personne par son nom, c’est donc dire qu’il connaît profondément chacune d’elles et ce pour quoi elle est faite. Il connait totalement ses capacités et le rôle qu’il peut lui confier. Il sait la mission pour laquelle j’existe, celle où je pourrai me réaliser comme personne en participant à son œuvre de création et de salut.

Dans mon ignorance de ce que je suis, je m’appuie sur la connaissance parfaite que Jésus a du sens de ma vie. Lorsqu’il m’appelle par mon nom, il me révèle à moi-même ce que je suis, il m’appelle à suivre un chemin, il me dit ma vocation. »

Cette connaissance est un chemin de découverte et d’union à Dieu : « La volonté de Dieu est un chemin que je découvre en le prenant. Il y a les lentes maturations et les éclairs subits. Il y a les directions claires et les étapes obscures, ou l’inverse. Il y a les moments où on ne voit pas plus loin que le prochain pas à faire. Il y a la vocation à l’intérieur de la vocation. Et il y a les attentes apparemment sans réponse alors que la vie nous pousse à prendre une décision. » […]

« Qui que je sois, quelle que soit ma condition physique, affective, psychologique, intellectuelle, économique, sociale, j’ai un nom, c’est-à-dire une mission. […] La condition de base se présente d’elle-même : appeler quelqu’un par son nom, c’est viser un contact personnel avec quelqu’un, un contact unique, car chaque nom est unique. [Lorsqu’il] m’appelle par mon nom, il m’appelle à vivre une relation interpersonnelle avec lui ».

Christian Lépine se questionne : « Est-ce que je me laisse nommer par Dieu ? Est-ce que je laisse Dieu me donner ma mission ? Est-ce que je veux me laisser aimer par Dieu et recevoir de lui le sens de ma vie ? »

« Se laisser nommer par Dieu »… n’est pas qu’un beau discours philosophique. Lorsqu’on s’arrête pour prier dans le secret et qu’on fait silence, il arrive qu’une voix surgisse au fond de soi. Plusieurs l’appellent « la voix de la conscience » ou celle du dialogue avec soi-même. Pour moi, c’est la voix de la Vie qui habite en soi et, la Vie, c’est le divin en soi. Cette voix est plus forte que nos tombeaux intérieurs.

Dans les premiers mois de 1995, dans le secret de ma chambre, dans une prière surgit d’un des plus grands gouffres de ma vie, c’est cette voix qui m’a guidé vers mon avenir en me donnant de l’espérance.

Cette voix, j’en ai écrit quelques mots sur lesquels j’ai composé une musique. Cette pièce est devenue, à Granby, la chanson-thème de la Marche du pardon qui a eu lieu le vendredi saint 14 avril de cette année-là :

Une voix parle au fond de nous
d’un amour plus fort que nos tombeaux.
Une voix nous parle d’avenir :
La lumière jaillit de la mort.
Allons ensemble vers l’espérance,
le soleil brillera demain.
Suivons le Maître, changeons nos cœurs.
Un matin nouveau se lèvera.

Une voix redit simplement :
« N’aie pas peur, je te tiens par la main ».
Une voix murmure dans le désert :
Dieu est là, vivant dans nos cœurs.
Allons ensemble vers l’espérance.
Le soleil brillera demain.
Suivons le Maître, changeons nos cœurs,
Un matin nouveau se lèvera.

Une voix chante doucement :
« Y a quelqu’un qui pense encore à toi. »
Une voix nous appelle à la vie :
Levons-nous, tout peut commencer.
Allons ensemble vers l’espérance.
Le soleil brillera demain.
Suivons le Maître, changeons nos cœurs,
Un matin nouveau se lèvera.

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Revenue au bercail

Revenue au bercail

CITÉ DU VATICAN – Espérant améliorer ses relations avec l'Église orthodoxe russe, le Saint-Siège a remis au patriarche Alexis II une icône datant du XVIe siècle représentant la Vierge de Kazan, œuvre qui se trouvait jadis dans la cathédrale de cette ville située à l'Est de Moscou. Le Vatican en est propriétaire depuis le début du XXᵉ siècle. Une délégation du Vatican s'est rendue en Russie, pour remettre la magnifique toile, le 28 août, jour de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie dans le calendrier orthodoxe.

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, p. 402)

24 avril 2026

VISION CATHOLIQUE: Se préoccuper de l’avenir de l’évangile

Se préoccuper de l’avenir de l’évangile

Par Benoit Voyer

24 avril 2026

Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec, écrivait : « Notre catholicisme n’est pas entré en phase terminale. Il passe cependant par une conversion radicale de notre être croyant, de nos pratiques et de notre vie en communautés de foi. Ce n’est pas tant l’avenir de l’Église qui doit nous préoccuper que l’avenir de l’évangile. Or l’évangile a bel et bien un avenir chez nous. »[1]

Vous avez bien lu. Pour Mgr Pelchat : « Ce n’est pas tant l’avenir de l’Église qui doit nous préoccuper que l’avenir de l’évangile ».

Tous ceux qui marchent à la suite du Vivant savent qu’il est agissant en ce monde. Lorsqu’on garde les yeux ouverts, on le voit, il se manifeste. Est-ce que nous en parlerons autour de nous ? Je sais, les paroles de nos bouches ne sont pas les meilleures pour en « jaser ». C’est pourquoi nous devons passer de la parole aux actes. Il faut cesser d’être des chrétiens tièdes. Chacune de nos vies doit être une Parole vivante.

Le saint pape Paul VI écrivait des paroles qui sont encore d’une étonnante actualité : « Le monde qui, paradoxalement, malgré d'innombrables signes du refus de Dieu, le cherche cependant par des chemins inattendus et en ressent douloureusement le besoin. Le monde réclame des Évangélisateurs qui lui parlent de Dieu, qu’ils connaissent et fréquentent, comme s’ils voyaient l’invisible. Le monde attend de nous la simplicité de vie, l'esprit de prière, la charité envers tous, spécialement envers les petits et les pauvres, l'obéissance et l'humilité, le détachement de nous-mêmes et sans cette marque de sainteté, notre parole fera difficilement son chemin dans le cœur de l'homme de ce temps. »[2]

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[1] Marc Pelchat. Dans « 350 ans de sens et d’action – Église catholique de Québec – Reflets d’hier à demain », le magazine officiel du 350ᵉ anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p. 39.
[2] Paul VI. Encyclique Evangelii Nuntiandi, 8 décembre 1975. https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19751208_evangelii-nuntiandi.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'église Assomption de Granby ferme boutique

L'église Assomption de Granby ferme boutique

GRANBY – L'église Assomption de Granby, un temple de la paroisse catholique Sainte-Marie de Granby, a été désacralisée, le 23 février, lors d'une célébration présidée par l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre.

Le 3 mars, les déménageurs s'affairaient à sortir les trois autels de 8000 livres chacun. Marcel Montpetit, très attaché à son église depuis sa fondation, a observé les opérations avec nostalgie et tristesse.

Du 3 au 13 mars, les pièces de collection du lieu de prière ont été rapatriées à l'église Saint-Eugène.

Les 13 et 14 mars, les bancs et le reste du mobilier ont été mis aux enchères. Le public a pu se procurer quelques souvenirs de l'église qui deviendra un grand gymnase. À l'ouverture des portes de l'église, à 8 heures, plus de 250 paroissiens attendaient sur le parvis. Les bancs étaient très convoités. Les 55 disponibles à la vente sont partis en moins d'une heure. Un historien de l'art était même sur place pour indiquer aux acheteurs la valeur réelle des biens qu'ils se procuraient. Aucun objet «saint » n'était en vente.

L'église est louée pour dix ans à la municipalité de Granby qui paiera un loyer de 25 000 $ par année. Par la suite, elle deviendra propriétaire du bâtiment pour la somme d'un dollar. L'argent servira à éponger le déficit de la paroisse et à subventionner la catéchèse initiatique de la paroisse Sainte-Marie qui accueille plusieurs centaines d'enfants semaine après semaine.

Benoit Voyer

(Revue Sainte-Anne, juin 2004, p. 258)

23 avril 2026

SANTÉ MENTALE: On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques

On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques

Par Benoit Voyer

23 avril 2026

Je suis très inquiet. Plusieurs unités de soins psychiatriques d’hôpitaux québécois sont dangereuses pour leurs patients et les professionnels de la santé. Au nom des droits des usagers, les fouilles sont limitées. La question se pose : qu'en est-il du droit à la sécurité des autres patients et du personnel ?

En ce moment, il y a un grave manquement aux protocoles de sécurité. Sans tarder, on doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques et recommencer à faire des fouilles.

Comme à l’Assemblée nationale du Québec, les visiteurs et les patients devraient passer par des détecteurs de métaux et, dans une zone sécurisée, on s’assure qu’on n’entre pas de drogues et qu’on retire tous les médicaments et qu’on remet tout ça aux professionnels de la santé.

Ma réflexion ne date pas d’aujourd’hui. Il y a déjà une quinzaine d’années que je travaille en santé mentale.

Cependant, les événements survenus il y a quelques mois à l’hôpital de la Cité de la santé, à Laval, démontrent que l’affaire est devenue prioritaire et que les autorités de la santé du Québec doivent bouger.

Je vous rappelle ce qui s’est passé. Selon TVA Nouvelles [1], le 3 novembre 2025, il y a eu une mort suspecte dans l’aile psychiatrique de l’établissement lavallois. Une malade de 49 ans a succombé à une surdose.

Un deuxième drame est survenu le lendemain : un autre patient a été retrouvé inconscient dans un état de coma profond. Il a été transporté aux soins physiques de l’institution de santé. L’intervention aurait permis de stabiliser son état.

Le problème est qu’une patiente aurait donné des médicaments non prescrits aux deux victimes, avec la possible complicité d’un membre de sa famille.

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[1] Kevin Crane-Desmarais. « Mort suspecte à l’aile psychiatrique de la Cité-de-la-Santé, à Laval », TVA Nouvelles, 8 novembre 2025 https://www.tvanouvelles.ca/2025/11/08/mort-suspecte-a-laile-psychiatrique-de-la-cite-de-la-sante-a-laval

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Message aux familles

Message aux familles

OTTAWA – Dans sa dernière publication « La famille chrétienne : bonne nouvelle pour le monde », l'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) rend un vibrant hommage à la famille chrétienne.

Pour l'OCVF, principalement soutenu par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et par les Chevaliers de Colomb d'un océan à l'autre, le service gratuit rendu à l'autre est la plus belle des valeurs. Elle donne sens et beauté à l'existence humaine.

L'Organisme profite de ce message pour lancer une exhortation aux familles « à prendre l'initiative, à lutter en faveur de politiques et de législations sociales qui promeuvent et protègent les droits de la famille, une juste distribution des ressources et le soutien des personnes les plus vulnérables et sans défense ».

Aussi, l'OCVF lance une interpellation à l'accueil de la vie à travers les enfants. On écrit : « Choisir aujourd'hui de donner la vie et de la faire grandir est souvent un acte de foi et d'espérance. Loin d'être un fardeau, l'enfant est un don de Dieu, une chance pour l'humanité, une invitation au dépassement. »

L'OCVF promeut et valorise le respect de la vie humaine et le rôle essentiel de la famille. Sur son conseil d'administration figurent notamment Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, au Québec, Mgr Terrence Prendergast, archevêque de Halifax et administrateur du diocèse de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, et plusieurs médecins.

Des copies du dépliant sont disponibles à l'OCVF. Pour se procurer un exemplaire, il suffit de téléphoner au (613) 241-9461, poste 161, ou d'écrire un courriel à ocvf-colf cccb.ca. Les coûts de l'impression et de la conception sont assurés par les dons du public.

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, p. 402)

22 avril 2026

RÉFLEXION: La mort

La mort

Par Benoit Voyer

22 avril 2026

On meurt comme on a vécu. En pensant au jour fatidique qui attend chacun d’entre nous, le souvenir des paroles de Claude Ryan revient à ma mémoire : « La mort… J’y pense presque tous les jours. Vous savez, à mon âge, on sait que ça viendra. J’aimerais avoir la grâce de mourir comme j’ai vécu, sans tricherie »[1].

S’il y a un jour de notre existence où on ne peut pas tricher, c’est bien celui-là. La mort nous confronte à ce qu’on est foncièrement. Lorsqu’on n’a pas encore fait les étapes qui conduisent à son acceptation, la mort peut faire peur.

Il avait un peu raison Joseph Ayoub [2], un oncologue montréalais, lorsqu’il me disait que « la mort est devenue un tabou parce que notre génération a pensé pouvoir, avec la science, le savoir et la modernisation, arrêter la mort, de pouvoir la remettre à l'infini. […] La peur de la mort est due à deux raisons : la grande solitude des personnes aînées (l'isolement) et l'absence d'une foi profonde. Il est donc important d'accompagner les malades en donnant les soins appropriés et en étant simplement présent en les touchant. La plus grande chose dont la personne en phase terminale a besoin, c'est de la présence humaine ; juste quelqu'un qui est là, auprès d'elle, pour la rassurer (pas besoin de tenir des conversations à n'en plus finir). […] « Personnellement, je suis profondément convaincu que chacun de nous a une mission sur terre et qu'au moment de la mort, nous passons le relais à d’autres ».

Passer le relais… L’idée n’est pas bête.

Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ?

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[1] Benoit Voyer. « Claude Ryan, un humble géant », 8 février 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/histoire-claude-ryan-un-humble-geant.html
[2] Benoit Voyer. « Un médecin parle de la mort », Revue Sainte-Anne, novembre 1998, page 446. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe-un-medecin-parle-de.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les médias, source d'unité

Les médias, source d'unité

CITÉ DU VATICAN – Les mots ont l'immense pouvoir de rapprocher les gens ou de les séparer. Ils peuvent créer des liens d'amitié ou provoquer l'hostilité. Le thème de la 39ᵉ Journée mondiale des communications sociales, qui aura lieu le 8 mai, rappelle que « les moyens de communication [sont] au service de l'entente entre les peuples ». Dans son message, le pape Jean-Paul II dit qu'« un mauvais usage de la communication peut causer un mal indicible, suscitant des malentendus, des préjugés et même des conflits. » Il rappelle que les médias doivent être des instruments de paix et d'unité entre les individus et les peuples : « Une connaissance exacte encourage la compréhension, chasse les préjugés et éveille le désir d'apprendre davantage. » Les images « enseignent aux gens comment considérer les membres d'autres groupes et nations, influençant subtilement leur inclination à les voir comme amis ou ennemis, alliés ou adversaires potentiels. »

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, mai 2005, p. 209)

21 avril 2026

VISION CATHOLIQUE: L'authenticité de la vie chrétienne se mesure à la profondeur de la prière

Marcher sur les pas de Jésus est engageant
L'authenticité de la vie chrétienne se mesure à la profondeur de la prière

Par Benoit Voyer

21 avril 2026

Jésus nous invite à marcher à sa suite : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 30-36). Son enseignement nous révèle un peu plus qui est Dieu, le Tout-Amour et le créateur de toutes vies.

Soyons honnête : marcher à sa suite est engageant.

Saint Jean-Paul II, en 2005 [1], invitait chacun à « cultiver un profond esprit de prière nourri par l'écoute quotidienne de la Parole de Dieu. L'authenticité de la vie chrétienne se mesure à la profondeur de la prière, un art que l'on apprend humblement […] Dans la prière se développe ce dialogue avec le Christ qui fait de nous ses intimes ».

Pour lui, « la relation priante avec le Christ nous fait découvrir sa présence même dans les moments d'échec apparent, quand le labeur semble inutile. [...] Celui qui ouvre son cœur au Christ comprend non seulement le mystère de sa propre existence, mais aussi celui de sa propre vocation. [...] Le premier de ces fruits est la croissance en sainteté ». Chez Jean-Paul II, la demi-mesure n'a jamais existé. C'est en vivant l'Évangile dans son intégralité que le chrétien apprend à se dépasser en amour, devient un instrument de communion et un protecteur de la Vie.

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[1] Benoît Voyer. « Jean-Paul II a invité les jeunes à vivre de la radicalité de l'Évangile », Revue Sainte-Anne, juin 2005, p. 258.

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Jean-Paul II a invité les jeunes à vivre de la « radicalité » de l'Évangile

Jean-Paul II a invité les jeunes à vivre de la « radicalité » de l'Évangile

CITÉ DU VATICAN – Dans son message à l'occasion de la Journée mondiale des vocations qui a eu lieu le 17 avril, le pape Jean-Paul II a lancé un vibrant appel aux adolescents et aux jeunes adultes à tout laisser pour suivre le Christ et vivre pleinement de son enseignement.

Le Saint-Père a invité chacun à « cultiver un profond esprit de prière nourri par l'écoute quotidienne de la Parole de Dieu. L'authenticité de la vie chrétienne se mesure à la profondeur de la prière, un art que l'on apprend humblement […] Dans la prière se développe ce dialogue avec le Christ qui fait de nous ses intimes ».

Pour le successeur de Pierre, « la relation priante avec le Christ nous fait découvrir sa présence même dans les moments d'échec apparent, quand le labeur semble inutile. [...] Celui qui ouvre son cœur au Christ comprend non seulement le mystère de sa propre existence, mais aussi celui de sa propre vocation. [...] Le premier de ces fruits est la croissance en sainteté ».

Chez Jean-Paul II, la demi-mesure n'a jamais existé. C'est en vivant l'Évangile dans son intégralité que le chrétien devient toujours plus capable d'aimer à la manière même du Christ et devient un instrument de communion.

Benoît Voyer 

(Revue Sainte-Anne, juin 2005, p. 258)

20 avril 2026

UN PEU DE MOI: La pandémie de choléra en 1832, à Québec

Le cimetière Saint-Vallier, a Québec
La pandémie de choléra en 1832, à Québec

Par Benoit Voyer

20 avril 2026

En 1932, plus particulièrement du 8 au 28 juin, une pandémie de choléra frappe la ville de Québec. Durant cette période, les prêtres de la communauté catholique de Saint-Roch président les funérailles d’environ 195 paroissiens. La plupart des défunts seront inhumés dans le nouveau cimetière de la Pointe. Parmi les victimes figure mon arrière-arrière-arrière-grand-père Gabriel Garneau. Il décède le 16 juin 1832. Au registre, il figure au nom de Pierre Garneau.

Cette pandémie ne ravage pas uniquement la population de Québec. Elle est principalement causée par les vagues d’immigration et par le développement du commerce international.

Entassés dans les cales des bateaux lors de leur long voyage vers la terre promise, les conditions sanitaires des passagers laissent à désirer. Il en résulte que leurs résistances immunitaires sont grandement affectées par la fatigue, le mal de mer, l’alimentation de très mauvaise qualité pauvre en vitamines et en calories.

À cela s’ajoute une mauvaise connaissance des maladies et de leurs transmetteurs : l’eau contaminée et impropre à la consommation, les vêtements souillés et l’hygiène personnelle et communautaire. En d’autres mots, les passagers ne sont pas très propres.

Denis Goulet explique, dans un article paru dans la revue d’histoire Cap-aux-diamants [1], que depuis la fin du XIXᵉ siècle, on sait « que le choléra est une infection intestinale causée par le vibrion cholérique, un type de microbe transmis essentiellement par voie orale. Normalement. L’acidité gastrique de l’estomac permet à l’organisme de détruire le vibrion. Or, chez les personnes souffrant de malnutrition, cette barrière est affaiblie et permet au microbe de se rendre aux intestins où il provoque de violentes diarrhées accompagnées de vomissements tout aussi violents qui entrainent une forte déshydratation. Le corps prend une apparence bleutée en raison d’une cyanose […] Généralement, la mort survient en quelques jours. »

En 1857, on fermera le cimetière de la Pointe. Tous les défunts, dont Gabriel, sont exhumés et inhumés à nouveau dans le cimetière Saint-Vallier, maintenant administré par le cimetière Saint-Charles, à Sainte-Foy. Il n’y a aucune pierre tombale sur le site. Le terrain où les victimes du choléra de 1832 reposent est, de nos jours, situé sur le bord de l'avenue du Pont Scott, à quelques pas de la rivière Saint-Charles.

Gabriel
Né le 9 mars 1763, à L'Ange-Gardien, sur la Côte de Beaupré. Gabriel Garneau est le fils de Pierre Garneau (1740-1815) et de Marguerite Julien (1739-1813). Le lendemain il est baptisé dans la tradition catholique.

Il épousera Marguerite Ouellet. Le 20 novembre 1797, ils signent un contrat de mariage chez le notaire Louis Cazes, à La Pocatière. Le 28 novembre, ils reçoivent le sacrement du mariage dans l’église catholique de Saint-Roch-des-Aulnaies. À la suite de son décès, elle finira ses jours à Saint-André-de-Kamouraska. Elle quittera ce monde le 28 octobre 1837.

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[1] Denis Goulet. « Choléra et typhus au XIXᵉ siècle – D’une crise immunitaire à une autre », Cap-aux-diamants, été 2024, pp. 20 à 23.

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Retour à la discipline en classe

Retour à la discipline en classe

LONDRES – La discipline dans les écoles est remise à l'ordre du jour au parlement d'Angleterre. Le gouvernement travailliste veut que ce soit « tolérance zéro » pour les élèves qui cherchent le trouble. L'opération consiste à redéfinir les limites et ce qui est un comportement acceptable dans une salle de classe. « Ce qui cause aujourd'hui du souci aux enseignants, aux parents et aux élèves eux-mêmes, ce sont des perturbations bénignes comme le bavardage au fond de la classe, l'utilisation des téléphones mobiles et des SMS en cours », a dit la ministre de l'Éducation Ruth Kelly dans un article diffusé par l'Agence France Presse (AFP). La ministre, âgée de 36 ans, est une proche de la prélature apostolique de l'Opus Dei, une organisation très fidèle à l'enseignement du Vatican et au pape. Cette économiste est la plus jeune ministre du gouvernement.

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, avril 2005, p. 162)

19 avril 2026

UN PEU DE MOI: Il y a 5 ans avaient lieu les funérailles de mon père

Il y a 5 ans avaient lieu les funérailles de mon père

Par Benoit Voyer
19 avril 2026

Le 15 avril 2021, mon père entrait dans la gloire des bienheureux du ciel. Il y a longtemps qu’il se préparait à entrer dans la grande lumière. Pour lui, la mort était une nouvelle forme de vie.

Il est décédé au CHSLD Villa-Bonheur, sur la rue Court, à Granby, à la suite de troubles pulmonaires causés par la Covid 19.

Je l’accompagnais depuis quelques nuits, avec ma conjointe Manon. Il est parti en me tenant la main.

Ses funérailles ont été célébrées le 19 avril 2021 en l'église catholique Immaculée-Conception, à Granby. Le père Michel Vigneau a présidé la cérémonie en faisant des parallèles entre Dieu le Père et Roméo, le père.

Il est inhumé dans le lot 40G section 19 du cimetière Mgr Pelletier à Granby, le même jour.

Comme l’écrivait Michel Jean : « Les gens vivent, meurent, vous quittent, mais les lieux et les souvenirs vous ramènent à eux, comme des remords »[1].

Gabriel, Isabelle et Roméo Voyer à lac de l'Est
Naissance et baptême

En 1930, dans le Haut-Pays du Kamouraska, sur les terres publiques de Mont-Carmel situées sur la rive est du lac de l’Est [2], un groupe d’hommes et de femmes forme en ce lieu une petite communauté nommée la « mission du Lac de l’Est ». Pendant que les hommes travaillent à exploiter la forêt pour le compte des frères Plourde, les femmes s’occupent de leur marmaille. Du 19ᵉ siècle jusqu'aux années 1960, le lac est utilisé par l'industrie forestière pour l'alimentation des moulins à scie et le flottage du bois.

Le secteur est également habité par quelques familles de la première nation Wolastoqiyik, communément appelée « les Malécites ». Les Wolastoqiyik l’appellent le lac Kijemquispam. Ce nom apparaît pour la première fois sur une carte toponymique en 1944. Il s’agit d’un mot en wolastoq, la langue parlée par les Wolastoqiyik.

Dans la petite chapelle en bois construite en 1926, tous vont à la messe lorsque le prêtre catholique est de passage. En ce début des années 1930, c’est l’abbé Albert Dionne qui est le desservant. Le lieu de prière est aussi l'endroit où les quelques enfants de la communauté vont à l’école et où se rassemble au besoin la petite communauté.

La grève du lac de l’Est est une place magnifique pour la pêche. L’eau est claire et y vivent de nombreuses espèces de poissons délicieuses à savourer, notamment le touladi, l'omble de fontaine, la perchaude, le corégone, la ouananiche et la lotte.

Le lac est situé sur la frontière canado-américaine. De l’autre bord, au loin, c’est le comté d’Aroostock, dans l’État du Maine. La municipalité américaine la plus proche est Allagash.

En canot, si on suit le courant des eaux, on navigue sur le petit lac de l’Est et la rivière Chimenticook, un affluent du fleuve Saint-Jean.

À environ deux kilomètres de la chapelle, la famille d’Edgar Voyer et d’Alice Chenard est une des rares qui détient des droits de propriété. Leur lot est sur une pointe de terre située sur la rive du lac et un petit cours d’eau qui sera connu du nom de “ruisseau Voyer”, qui fait référence, bien entendu, aux occupants à son embouchure.

Leur maison en bois est construite au centre de la propriété. Sur le bord de la maison, Alice Chenard, la mère de famille, y a planté quelques fleurs, des « annuelles »[3].

C’est à cet endroit, au cœur de la forêt enneigée, que le 23 décembre 1930 Alice donne naissance à Roméo, mon père, qui sera le dernier marmot du couple. Après les douleurs de l’accouchement, le « p’tit Méo » sera rapidement entouré de ses frères et sœurs : Camille, l’aîné né en 1912, Jean-Marie, Madeleine, Isabelle, Simone, Germaine, Rachel et Gabriel. Jeanne-Mance n’a vécu que quelques heures.

Le lundi 25 décembre 1930, jour de Noël, le bambin est baptisé dans la petite chapelle de la mission par l’abbé Albert Dionne. Il reçoit les prénoms de Joseph, Henri et Roméo. Son parrain et sa marraine sont Sigefroid Lizotte [4] et Bertha Dionne [5], un couple de voisins [6]. Le même jour, dans la chapelle, on baptise aussi Léo Gauvin, fils de Charles Gauvin et Alice Marquis. Le journal Le Peuple du 9 janvier 1931 [7] fera écho à ces nouvelles naissances.

Roméo et Rachel Voyer à lac de l'Est
Adolescence

Le 2 janvier 1946, sœur Rachel Voyer, ma tante, débute son noviciat dans la communauté des Sœurs de la Charité d’Ottawa, à Ottawa.

Le 4 janvier 1947, Rachel Voyer fait ses voeux temporaires dans la congrégation des Sœurs de la charité d’Ottawa sous le nom de Sœur Louis-Camille. Le 4 janvier 1950, elle y prononcera ses voeux perpétuels.

Le 23 décembre 1950, décède Lumina Bélanger, sa grand-mère. Elle est inhumée dans le cimetière de Saint-Alexandre-de-Kamouraska [8].

Fiançailles et mariage
En 1952, quelques mois avant de se marier, ma mère – avec quelques amies de Mont-Carmel, au Bas-Saint-Laurent - participe à une retraite spirituelle animée par le vénérable père Victor Lelièvre à la Maison Jésus-Ouvriers.

Elles prennent le train de Saint-Philippe-de-Néri jusqu’à Québec. Mon père, qui était en route pour son travail de bûcheron, la dernière « run » qu’il fera, s’arrêtera les saluer et passera quelques heures avec « les filles » qu’il connait bien avant de s’enfoncer dans la forêt boréale.

Maman gardera toute sa vie un précieux souvenir de cette retraite spirituelle.

Roméo arrive à Granby au printemps 1953. Il trouve un emploi à l’Esmond Mills. Engagé pour une journée, il y passera une quarantaine d’années.

Jeannine Jean et Roméo Voyer en 1953
Le 17 octobre 1953, il épouse ma mère, Jeannine Jean, dans l’église de Mont-Carmel, dans le Kamouraska. Ils s’installèrent à Granby.


Ils habitent d’abord sur la rue Decelles, devenue de nos jours la rue Matton, puis sur la rue Saint-Charles Nord, en face de l’avenue du Parc (la maison n’existe plus).

Yvon naît en juillet 1955 et Pauline en mai 1957.

En 1957, l’Annuaire téléphonique de Granby [9] indique qu’ils sont domiciliés au 343, rue Savage. Il s’agit de leur première maison.

En 1958, il est inscrit dans le bottin qu’il est domicilié au 98, rue Villeneuve et qu’il est journalier à l’Esmond Mills.

En 1960 arrive la Révolution tranquille québécoise.[10] Les annuaires de 1960 et 1961 indiquent qu’ils sont domiciliés au 98, rue Villeneuve, que mon père est journalier à l’Esmond et que leur numéro de téléphone est 8-5470.

Le 667, rue Saint-François, à Granby
Quelques jours après la naissance de Clément, le 24 mai 1961, ils emménagent au 667, rue Saint-François, où ils passeront le reste de leurs jours. Le duplex est construit pour eux par Léopold Dionne. Leur numéro de téléphone est FR8-5470. Leur premier locataire est Laurier Fontaine (marié à Georgette Rivard). Lui succéderont Raymond Paradis et Huguette Desormeaux.


En 1963, une année après l’ouverture des travaux du concile Vatican II, leur numéro téléphonique devient le 378-5470.

En 1964, Roméo, toujours à l’emploi de l’Esmond Mills, devient mécanicien d’entretien.

Je nais en novembre 1966.

Un collègue de travail de l'Inde pose avec Roméo à l'Esmond
À l’été 1975, on demande à Roméo de se rendre avec un patron de l’usine, Dave Allan, si mon souvenir est bon, pour étudier la mécanique de nouvelles machines pour l’Esmond Mills. Il apprend notamment les rudiments des « corners automatiques ». Il fera une pause de quelques jours pour assister au mariage d’Yvon, le 19 juillet.


En 1986, il ferme l’usine de la rue Cowie après avoir démonté la machinerie qu’il avait installée dix ans plus tôt. Il les installera une deuxième fois dans une usine de la Dominion Textile située à Magog.

On lui offre de se joindre aux employés de Magog, mais il décide de se prévaloir du plan de pré-retraite auquel il souscrit depuis quelques années. Il a 58 ans.

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[1] Michel Jean. Tiohtia : Ke, Libre Expression, 2021, p. 70.
[2] Le lac de l’Est, Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_l%27Est_(Kamouraska)
[3] Lors de ma visite du site, en 2013, elles étaient les reines du site puisque la maison n’existe plus.
[4] Né le 19 octobre 1897 et décédé le 12 février 1960. Inhumé dans le cimetière de Saint-Philippe-de-Néri.
[5] Née le 24 juillet 1906 et décédée le 21 mars 1976. Inhumée dans le cimetière de Saint-Philippe-de-Néri.
[6] En 1932, Edgar et Alice seront le parrain et la marraine de leur fille Bartha Lizotte.
[7] Le Peuple, 9 janvier 1931, p. 1. www.numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4020518?docsearchtext=le%20peuple%209%20janvier%201931
[8] Lumina Bélanger est inhumée dans le lot d’Henri Chenard et Rita Gagnon. Son nom ne figure pas sur la pierre tombale. L’information m’a été donnée par Léonard Voyer qui était présent lors de l’enterrement. Puisqu’il travaille en forêt loin de la région du Kamouraska, tout porte à croire qu’il était absent aux obsèques.
[9] Des annuaires de Granby sont conservés dans le centre de documentation de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska (SHHY 920.011).
[10] Au Québec, la Révolution tranquille débute en 1960 et prend fin en 1982.

Roméo à lac de l'Est

Roméo est baptisé dans la chapelle du lac de l'Est le jour de Noel 1930

LE PRÉSENT DU PASSÉ: La piscine de Siloé est retrouvée

La piscine de Siloé est retrouvée

MONTRÉAL – Des archéologues ont retrouvé à Jérusalem la piscine de Siloé. Il s'agit d'une zone pavée et d'une canalisation d'eau sur le site d'un réservoir où, selon plusieurs chrétiens, Jésus aurait guéri un aveugle.

Le site se trouve près de l'ancienne cité de Jérusalem, dans la partie est conquise par Israël durant la guerre des Six Jours en 1967. Depuis ce temps, elle est annexée.

La datation de la piscine de 50 mètres de long, qui s'alimentait jadis par une canalisation d'eau à la source de Silwan, s'est minutieusement réalisée grâce à des pièces de monnaie qui ont été retrouvées dans le mortier qui a servi à la construction de la piscine et à des poteries brisées.

Les archéologues ont mis au jour une large volée de marches qui mènent vers le site.

La piscine n'était pas un réservoir d'eau comme certains ont longtemps pensé. Pendant 120 ans, elle a été utilisée par les Juifs pour des bains rituels. Elle est reliée au Mont du Temple par une route qu'ont démontrée les dernières fouilles.

Ce lieu rappelle le passage de l'Évangile de Jean : « Il a vu, en passant, un aveugle de naissance. Rabbi, demandent ses disciples, à qui la faute s'il est né aveugle, à lui ou à ses parents ? Ni à lui ni à ses parents, répond Jésus, c'est pour que l'action de Dieu se manifeste à travers lui. Tant qu'il fait jour, il nous faut remplir les tâches de celui qui m'envoie, la nuit tombée, on ne peut plus agir. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Ayant dit ces mots, il a craché par terre, du crachat il a fait de la boue, la boue il l'a appliquée sur les yeux, et il a dit : « Va te laver dans le bassin de Siloé » (c'est-à-dire l'envoyé). L'homme est parti se laver et, au retour, il voyait » (Jn 9,1-7, La Bible, Bayard Médiaspaul, 2001).

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, avril 2005, p. 161)

18 avril 2026

VISION CATHOLIQUE: Mgr Jean-Louis Martin

Mgr Jean-Louis Martin, p.m.é. et sa soeur Jacqueline Martin en 2017
Mgr Jean-Louis Martin

Par Benoit Voyer

18 avril 2026

Jean-Louis Martin est né le 18 avril 1934 dans la paroisse Saint-Philippe, à Trois-Rivières. Son père est ouvrier à la "St-Lawrence", une papetière. Il fait sa première classe à l’école élémentaire Saint-Philippe.

Au décès de sa mère, son père étant incapable d'assumer seul la garde de ses enfants, il se retrouve à l'orphelinat Saint-Dominique et ses sœurs à l'internat des Filles de Jésus, à Cap-de-la-Madeleine.

À sa 3ᵉ année, il passe au jardin d'enfance, situé en face de la Société canadienne des postes où est aménagée la statue du Soldat inconnu.

Il finit par entrer au séminaire St-Joseph, à Trois-Rivières, pour faire son cours classique. Il termine ses études en juin 1953. Il s'oriente vers le sacerdoce et se joint à la Société des prêtres des missions étrangères.

Le 1ᵉʳ juillet 1957, il est ordonné prêtre à l’église Saint-Philippe.

Le père Jean-Louis Martin prolonge ses études en éducation, car sa congrégation pense l'envoyer aux Philippines. À la fin de sa formation, il est finalement orienté vers le Pérou où les besoins sont grands.

De simple prêtre, il deviendra évêque du vicariat apostolique de Pucallpa au Pérou.

Le territoire dont il s'occupe comprend 400 000 habitants sur une superficie de 52 000 km². Lors de notre rencontre du 27 aout 1996, il avait la charge de 17 prêtres. Il me racontait que les conditions de déplacements à travers son diocèse étaient difficiles. Sur les 500 km de routes, 80 km étaient recouverts d'asphalte. Il devait souvent visiter les villages en empruntant la voie des rivières.

Le 10 août 1996, Mgr Jean-Louis Martin célébrait son 10ᵉ anniversaire d'épiscopat dans un immense colisée péruvien où étaient rassemblées 5000 personnes, dont une quinzaine d'évêques. Parmi ces derniers, il y avait son ami Mgr Laurent Noël, évêque de Trois-Rivières, et Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette. C’est grâce à mon travail de journaliste que j’ai eu le privilège de le rencontrer.[1] Arrivé au Canada le 14 août 1996, il devait repartir le 15 septembre. Il prenait deux semaines de congé avec sa famille, dont sa sœur et son beau-frère habitaient au 6325, avenue de la Montagne à Trois-Rivières Ouest. Le programme de son séjour consistait en un séjour sur le bord d'un lac à Saint-Élie-de-Caxton et des visites chez des amis, des confrères, son médecin et chez des organismes qui pouvaient contribuer au financement des services de son diocèse.

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[1] Cf. Benoit Voyer. « L'évêque de Fucallpa dans la région », L'Hebdo Journal, 15 septembre 1996, p. 4. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/search?q=Jean-Louis+Martin

LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'Église unie refuse un don du club 281

L'Église unie refuse un don du club 281

MONTRÉAL, – L'Église unie Saint-Jean, située sur la rue Sainte-Catherine est, à Montréal, est très indisposée par l'arrivée de son nouveau voisin, le Club 281, un club érotique destiné aux femmes. En mars dernier, la communauté protestante a exprimé son opposition à la présence de son nouveau voisin et a répondu un non catégorique au bar qui lui offrait un don en argent en échange de son appui.

Dans sa lettre du 6 mai 2003, la communauté protestante expose sa position aux représentants de l'arrondissement Ville-Marie. « Nous ne saurions endosser les valeurs de commercialisation et d'exposition du corps humain qui nous semblent être l'une des spécificités du Club 281. Cependant, nous croyons [...] qu'il nous serait possible, dans l'éventualité du déménagement du Club 281 dans l'édifice adjacent à notre église, d'entretenir des relations cordiales et respectueuses de bon voisinage avec les propriétaires et la clientèle du Club 281. »

L'arrondissement interprète ces lignes comme un appui au projet de relocalisation du club, une condition essentielle pour émettre un permis d'occupation puisque l'établissement se trouve à moins de cent mètres d'un lieu de culte.

Toutefois, l'Église unie Saint-Jean nie avoir donné le feu vert au déménagement du bar de danseurs. « Il n'y a jamais eu d'entente de notre part », écrit Pierre Wilfrid Landry, de l'Église unie de Saint-Jean, dans une missive adressée à l'arrondissement, le 7 octobre. « Si notre lettre fut interprétée de cette façon, il y a grave erreur et il est sans équivoque que le requérant (Club 281) a été favorisé à notre grand détriment sans que personne de la ville de Montréal ou de l'arrondissement Ville-Marie nous consulte. »

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, février 2004, p. 65)

17 avril 2026

EN LIBERTÉ: Qui est la bienheureuse Marie Anne Blondin? (18 avril)


VISION CATHOLIQUE: La bienheureuse Marie-Anne Blondin

Marie-Anne repose dans la cathédrale de Saint-Jérôme
La bienheureuse Marie-Anne Blondin

Par Benoit Voyer
17 avril 2026

Le 18 avril 1809, à Terrebonne, naît Marie-Esther Blondin, fille de Jean-Baptiste Sureau dit Blondin, un agriculteur, et de Marie-Rose Limoges. Elle est la troisième d’une famille de douze.

Elle vient d’un milieu pauvre et sa jeunesse est marquée par des deuils et des épreuves. Comme bien des enfants francophones du Canada, elle est analphabète. Toute sa vie son manque d’éducation sera une souffrance pour elle.

Jeune adulte, elle fera la connaissance de la Congrégation Notre-Dame, fondée par sainte Marguerite Bourgeois. Elle assiste à leur arrivée à Terrebonne et deviendra domestique au couvent. Les sœurs en profiteront pour lui apprendre à lire et à écrire.

À 22 ans, elle devient étudiante et novice à la Congrégation. On lui donne le nom de sœur Sainte-Christine. À cause de sa santé, on la renvoie. Esther vivra une grande tristesse.

À 33 ans, Suzanne Pineault l’invite à se joindre à elle pour enseigner aux enfants. Ainsi, elle devient institutrice à l’école paroissiale de Vaudreuil. En peu de temps, Esther deviendra la directrice de l’établissement qu’on nommera l’Académie Blondin. En plus d’instruire les petits, elle forme des jeunes filles afin qu’elles deviennent enseignantes pour les écoles rurales.

En 1848, Esther parle à l’abbé Paul-Loup Archambault [1], le curé de Vaudreuil, de son rêve de fonder une communauté religieuse pour l’éducation des enfants pauvres. Il la soutient dans ses démarches, mais lui dit : ma fille, « attendez-vous à beaucoup souffrir. » Au printemps, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, encourage l’initiative, malgré quelques réserves.

Le 8 septembre 1850, Mgr Ignace Bourget officialise la fondation des Filles de Sainte-Anne. Esther devient sœur Marie-Anne et la première supérieure. Malgré la pauvreté de la communauté, les premières années seront tout de même heureuses.

En avril 1853, à Vaudreuil, des notables s’opposent à la construction d’un couvent sur le terrain de la fabrique. À cause de l’expansion rapide de la nouvelle communauté, celui-ci est devenu un incontournable. Cette décision oblige les sœurs à quitter le patelin durant l’été. Trois religieuses demeurent en poste à Vaudreuil. Le choc est brutal pour l’abbé Paul-Loup Archambault. Les Sœurs de Sainte-Anne s’établissent à Saint-Jacques-de-l'Achigan.

Nommé aumônier, l’abbé Louis-Adolphe Maréchal [2], 29 ans, fait la vie dure à la supérieure. Il ne cesse de la dénigrer auprès de Mgr Bourget et des religieuses. De plus, il s’immisce dans les décisions de la communauté pour imposer sa vision des choses.

En août 1854, afin de régler le conflit, Mgr Ignace Bourget demande à Marie-Anne Blondin de « se déposer et de ne plus accepter le mandat de supérieure si ses sœurs veulent la réélire. »

Le jeune aumônier ne lâche pas le morceau. Devenue directrice au couvent de Sainte-Geneviève, il colporte qu’elle administre mal l’institution. En 1858, Mgr Bourget la ramène à la maison mère, avec la consigne de « prendre les moyens pour qu'elle ne nuise à personne ».

Elle sera affectée à d’humbles tâches à la buanderie, au sous-sol de la maison mère de Lachine. Ne gardant aucune rancune, elle y passe ses journées loin de l’administration de la communauté qu’elle a fondée. Elle dira souvent qu'il y a « plus de bonheur à pardonner qu'à se venger. »

Dans les premières heures de 1890, Marie-Anne Blondin, 80 ans, sachant qu’il lui reste peu de temps à vivre, demandera à sa supérieure de faire venir à son chevet l'abbé Maréchal, « pour l'édification des sœurs ».

Marie-Anne Blondin décède le 2 janvier 1890, à Lachine.

Le 29 avril 2001, sur la Place Saint-Pierre, au Vatican, Jean-Paul II la déclare bienheureuse. À son sujet, Paul-André Comeau me dira : The Globe and Mail, « est le seul quotidien national qui a joué à la une la béatification de la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne. Cette équipe a jugé que cela est un événement de société qui interpelle. Une femme qui, en 1850, fonde une communauté religieuse et qui dira à Mgr Bourget que dans les écoles de campagne il faut qu’il y ait des écoles mixtes par qu’il n’y a pas assez de monde... Il faut le faire ! C’était audacieux pour l’époque ! »[3]

L’Église catholique du Canada souligne sa mémoire le 18 avril de chaque année.

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[1] Louis Rousseau, « ARCHAMBAULT, PAUL-LOUP (baptisé Paul) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003. https://www.biographi.ca/fr/bio/archambault_paul_loup_8F.html
[2] Louis Rousseau, « MARÉCHAL, LOUIS-DELPHIS-ADOLPHE (baptisé Louis-Delphis) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003, https://www.biographi.ca/fr/bio/marechal_louis_delphis_adolphe_12F.html
[3] Cf. Benoit Voyer. « Paul-André Comeau », Revue Sainte-Anne, septembre 2001, page 343. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-paul-andre-comeau.html Article republié dans : Benoit Voyer. Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 2005, p. 75. BANQ 204.4 V975t 2005.