RÉFLEXION SPIRITUELLE : Quand une situation peut sembler sans issue

Quand une situation peut sembler sans issue

Par Benoit Voyer

8 septembre 2026

Pour la personne qui croit en la Vie avec un grand « V »[1], l’espérance n’est pas que de l’optimisme ou de l’espoir pour se faire croire que tout ira bien, une manière de contrer son insécurité foncière. Son espérance naît de la foi.

On le voit dans les écrits hébraïques et ceux des premiers chrétiens : Dieu agit fréquemment à travers des situations fragiles ou inattendues : Joseph, les mages venus d’Orient, la fuite en Égypte, des pêcheurs choisis comme apôtres, la croix qui devient le chemin de la résurrection, etc.

Chez les gens qui croient, YHWH - le tétragramme sacré hébraïque qu’on a traduit par Yahvé parce qu’on ne sait pas trop comment les Hébreux de jadis prononçaient vraiment le nom de Dieu – peut faire surgir son œuvre là où, humainement, il ne reste plus que l’incertitude ou la désespérance.

J’aime ce passage du début du récit au style littéraire évangélique de Matthieu (Mt 1, 18-23) : « Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » »

Joseph est dans une situation qui peut sembler sans issue. Sa relation avec Marie peut paraître compromise. Sa réputation et celle de Marie sont en jeu. Tout semble annoncer un échec. Par l’intermédiaire de « l’ange annonciateur » , Dieu ouvre chez Joseph un chemin nouveau, une espérance.

Leçon de l’histoire : Comme pour Joseph, lorsque nos projets sont bouleversés, Dieu peut être à l’œuvre. La foi consiste à lui faire confiance et à accueillir sa présence au cœur même de notre histoire, personnelle et collective.

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[1] Sur le plan étymologique, le Tétragramme YHWH est généralement associé au verbe hébreux « hayah » qui veut dire « être » ou « devenir ». Dans la tradition, en écho au livre de l’Exode (Ex 3,14), il est compris comme signifiant « celui qui est ». Dans le récit mettant en scène Moise, on pourrait traduite « Je suis qui je suis » ou « Je serai qui je serai ». Ainsi, « hayah » ne veut pas dire directement « vivre ». Par contre, lles livres bibliques présentent habituellement YHWH comme la source et le soutien de toute vie. C’est en ce sens que j’utilise souvent l’expression « la vie » pour parler de Dieu.



JEAN-PAUL REGIMBAL : Mettre de l'amour dans cette vie

Mettre de l’amour dans cette vie

Par Benoit Voyer

8 septembre 2026

A l’automne 1953, pendant que le Québec et la France chantent presqu’en chœur « le p’tit bonheur » de Félix Leclerc, chanson du bonheur qui passe, qu’on perd et qu’on regrette, le frère Jean-Paul Regimbal chante, à travers les hymnes sacrés, un bonheur enraciné dans l’amour de Dieu. Les deux parlent du bonheur, mais dans un registre bien différent. Chez Félix, il est fragile et profondément humain. Chez Jean-Paul, il devient une force spirituelle enracinée dans l’amour divin.

En décembre 1953, « Trinitas – la revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité »[1] publie pour la première fois un billet du jeune religieux. Dans cette édition, il écrit l’article « Une résolution bien gardée »[2], dans lequel il salue la nouvelle année 1954 et fait une brève introduction à la vie d’Anna-Maria Taïgi [3] (1769-1837), une laïque, membre du tiers-ordre trinitaire.

D’abord, il commence par saluer la nouvelle année 1954 : « Une année s’achève, une autre suivra… Le temps infailliblement se perd dans le temps et entraine avec lui tous les hommes vers la maison du Père dont la porte est celle du tombeau. Oh ! Ce que peut être une vie ?… Un échec formidable ou un admirable triomphe, succès ou désastre souvent renfermé dans la décision énergique d’un moment. À l’aurore de cette année, une résolution est à prendre, un choix à établir. Cette fois, pourquoi ne pas apporter une résolution ferme, constante, durable, héroïque même ? N’est-ce pas l’assurance d’une vie pleinement vécue ? »

Puis, il expose son intention de « stimuler » chez son lecteur l’adhésion à une vie chrétienne pleinement vécue : « Pour vous stimuler, bien cher lecteur, dans la poursuite de votre vrai bonheur, je vous exposerai, à chaque numéro de « Trinitas », non pas tant la vie chrétienne dans ses principes – la longueur des discours finit toujours par ennuyer – mais bien la vie chrétienne dans ses modèles… qui entrainent à l’action. Il y a quelque chose d’étrange dans nos vies ! … Voyez : Les églises sont peuplées de statues antiques et vénérables : figurines plus ou moins artistiques de moines, d’évêques, de religieuses, de vierges, de martyrs, de confesseurs. Avec tout cela, il devrait se rencontrer beaucoup de saints chez nous. Et pourtant qu’en est-il ? Sans nier la valeur authentique des exemples qu’ils nous ont laissés, je ne puis manquer de constater le faible dynamisme spirituel qu’ils insufflent actuellement dans les âmes et les cœurs de nos contemporains. On se contente de dire : « Tout cela était bel et bien au Moyen Âge… ça se concevait. Mais, aujourd’hui ? »

Ainsi, en 1954 et 1955, à travers la revue Trinitas, Jean-Paul de Jésus, comme on l’appelle en communauté, contribue à stimuler la dévotion à la bienheureuse Anna-Maria Taïgi (1769-1837) et à Jean-Baptiste de la Conception, un réformateur de l’Ordre de la très sainte Trinité (1561-1613) [4]. En 1954, il signe quatre articles sur la bienheureuse. Sa démarche historique tire souvent sur l’hagiographie. En février, il est question de sa petite enfance [5]. En mai, de ses fréquentations et de son mariage avec Domenico Taïgi [6]. En septembre, de la jeune mère [7]. Enfin, en novembre, de sa dévotion mariale [8]. En janvier 1955, il y va avec le texte « La tertiaire »[9] et, en mars, la suite de ce même article [10]. En juillet-août, il aborde la question de la mystique telle qu’elle a été [11].

Tous ses articles sur la bienheureuse laïque trinitaire sont finalement révisés et fusionnés au texte de sa pièce de théâtre présentée au Gesu. Le livre “Celle qui a vécu sa vie” paraît en 1955 aux Éditions Trinitas.

Dans sa conclusion, le frère Jean-Paul écrit une phrase-clef : « Ma richesse n’est pas de ce monde et ma vie s’épanouira dans un monde meilleur. Fils bien-aimé du Père, frère de Jésus-Christ, fidèle ami du Saint-Esprit, ne puis-je pas aspirer de toute mon âme à la sainteté ? Le maître m’y appelle : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait“ »[12]. Cette conclusion éclaire aussi la démarche intérieure du jeune religieux. Les paroles qu’il prête à Anna-Maria semblent annoncer l’idéal qui guidera toute sa vie : « ne puis-je pas aspirer de toute mon âme à la sainteté ? Le maître m’y appelle… »

Pendant plus de 18 mois, soit de septembre 1956 au début de l’année 1958, la revue Trinitas ne parait qu’une seule fois. Jean-Paul, qui prend peu à peu le « lead de l’affaire », est bien occupé par la fin de ses études et par son ordination sacerdotale qui s’en vient.

Dans le numéro de 1957, il signe le premier d’une série d’articles sur le thème “La Trinité dans ma vie”. Il intitule son billet : “Un peu de bonheur dans votre vie”.[13] Dans son introduction, avant d’y aller d’un premier jet sur la Trinité, comme un grand romantique, il écrit : “Voulez-vous mettre un peu de bonheur dans votre vie ? Mettez-y de l’amour ! Quand on aime beaucoup, la vie devient un charme ! Mais, l’embêtement, c’est de trouver pour notre amour un objet assez beau, assez bon et assez stable pour n’avoir pas à recommencer sans cesse à aimer. Une suggestion, chers amis : aimez donc l’amour !”[14] En d’autres mots, il invite chacun à mettre de l’amour dans cette vie.

A la veille de son ordination sacerdotale, Jean-Paul Regimbal aurait pu écrire comme Eugène Prévost : « Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les âmes ont goûté des joies ineffables jusque-là inconnues à la terre… »

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[1] La revue « Trinitas » deviendra « Trinité et vie » et « Trinité liberté ». Les trois revues seront successivement éditées de décembre 1953 jusqu’au milieu des années 1970. Pour ce qui est de Trinitas, la SHHY détient les copies de décembre 1953 (vol. 1 no 1) à mars-avril 1960 (vol. 5 no. 5). BANQ Montréal détiendrait une copie de 1958. Pour ce qui est de « Trinité et vie », la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe détient l’édition de septembre-octobre 1965 (vol. 11, no 1). Les autres sont en recherche. Enfin, BANQ Montréal détient les copies de « Trinité et vie ».
[2] Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une résolution bien gardée », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 1 no. 1, décembre 1953 – janvier 1954, pp. 9 à 11 (SHHY – Fonds P049).
[3] Son vrai nom est Anna-Maria Gianetti. Elle épousera Domenico Taïgi, le 7 janvier 1790.
[4] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Fête le 14 février – Le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception (1561-1613) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 2 no 1, janvier-février 1955, pp. 15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[5] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La petite Annette », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 1 no 2, février-mars 1954, pp. 10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[6] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 1 no 3, avril-mai 1954, pp. 10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[7] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une maman modèle », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 1 no 4, septembre-octobre 1954, pp. 6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[8] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La dévotion mariale d’Anna-Maria », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 1 no 5, novembre-décembre 1954, pp. 6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[9] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 2 no 1, janvier-février 1955, pp. 15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[10] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire (suite) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 2 no 2, mars-avril 1955, pp. 15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[11] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La mystique », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, vol. 2 no 3, juillet-août 1955, pp. 8 et 9 (SHHY – Fonds P049).
[12] Cf. Jean-Paul Regimbal. Celle qui a vécu sa vie, Éditions Trinitas, 1955. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/celle-qui-vecu-sa-vie-une-biographie.html 
[13] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, no 1, 1957, pp. 5 à 7 (SHHY – Fonds P049). https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/05/un-peu-de-bonheur-dans-ma-vie.html
[14] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, no 1, 1957, pp. 5 à 7 (SHHY – Fonds P049). 
https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/05/un-peu-de-bonheur-dans-ma-vie.html 

AU FIL DE L'HISTOIRE: L'expérience spirituelle intense de Jean-Paul Regimbal (9 septembre 1969)


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Avis de décès du père Jean-Paul Regimbal

Décès

REGIMBAL
R.P. Jean-Paul, trinitaire


Il est décédé, le jeudi 8 septembre 1988, au Centre hospitalier de Granby, à la suite d'une très longue maladie.

Il est né à North Bay (Ontario), le 4 juillet 1931, fils de feu Donat-Léo Regimbal et d'Emma Frappier. Il fit ses études classiques au collège des Jésuites de Sudbury. Il entra chez les Trinitaires le 8 septembre 1949 et fut ordonné prêtre le 11 mai 1957.

Il fut successivement professeur au Séminaire de la Très Sainte Trinité à Montréal, aumônier à la prison de Bordeaux et au Mont-Saint-Antoine.

Après un repos d'un an à Phoenix (Arizona), de 1970 à 1980, il fut le promoteur du Renouveau charismatique, à partir de la maison de Granby, à travers le monde, notamment dans les pays francophones. Il fut l'animateur efficace de bien des œuvres qui portent sa marque : entre autres, « Témoignage-Jeunesse », « Le Centre Paul VI », « Acte-Canada », « Les Cafés chrétiens », « L'Eau Vive », « Le Carrefour de la Prière », « Rassemblement à son Image », etc.

Il a été un artiste raffiné en musique, poésie, théâtre et littérature; un orateur éminent; un éveilleur des esprits et des cœurs; un guide des âmes expérimenté. Sa ferveur envers la Trinité, l'Eucharistie, la Vierge Marie, les saints et sa famille religieuse fut toujours notable.

Il publia, en 1960, avec des confrères, à Paris, chez Fayard, dans la collection Ecclesia, Jean de Matha, fondateur d'avant-garde; aussi, il édita deux messes de sa composition; il composa des psaumes et des hymnes pour la liturgie en français dans sa communauté.

Il publia deux livres pour les jeunes : La civilisation de l'amour, chez Stanké, et La musique Rock, aux Éditions Saint-Raphaël, à Sherbrooke.

Dès les années 1950, il fut dans sa communauté l'initiateur du secours aux chrétiens persécutés. Depuis 1986, à Rome, il se consacrait tout entier à cette dernière œuvre, même si la maladie le minait déjà graduellement.

Il laisse dans le deuil ses sœurs Gertrude, Germaine (religieuse de l'Assomption de Nicolet) et Lucille, de North Bay; ses sœurs et leurs époux : Pauline (Carmen Norman), de St. Catharines (Ontario), Jacqueline (Robert Foisy), de Chambly; ses frères et leurs épouses : Maurice (Clémence Rivet) et Roger, d'Ottawa; Raymond (Lorraine Nadon), de Scotch Plains (New Jersey), et Louis-Joseph (Diana Gardiner), de Saint-Lambert; ainsi que sa belle-sœur, Rolande Michaud, épouse de feu Sylvio Regimbal.

Son frère Albert, jésuite, est décédé en 1980. Il laisse également un grand nombre de neveux et de nièces.

Il est exposé à la Grande Salle des Retraites, chez les Pères trinitaires, 200, boulevard Robert, à Granby, les samedi et dimanche de 10 h à 22 h.

Les funérailles sont sous la direction de la Maison funéraire Girardot et Ménard, 170, rue Dufferin, Granby.

Le service aura lieu le lundi 12 septembre 1988, à 14 heures, à l'église Sainte-Famille, rue Principale, à Granby. Mgr Louis-de-Gonzague Langevin, évêque de Saint-Hyacinthe, présidera.

Il a été très fidèle à l'Église de Rome : que ceux et celles qui se souviennent de lui l'imitent dans leur propre engagement de vie!

Prière de ne pas envoyer de fleurs, mais tout don pour les persécutés en raison de leur foi sera accepté avec reconnaissance.

(Avis de décès, La Voix de l'Est, 10 septembre 1988, p. 64)
(Avis de décès, La Voix de l’Est, 12 septembre 1988, p. 18)

7 septembre 2026


Sur la montagne Coupée, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière, en ce 7 septembre 2026

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Fréchette promet un « rendez-vous » national en 2027 si elle est réélue

Christine Fréchette promet un « rendez-vous » national en 2027 si elle est réélue

Par Benoit Voyer

7 septembre 2026

Si elle se maintient au pouvoir, Christine Fréchette s’est engagée, pour le printemps 2027, à tenir des consultations et un « rendez-vous » sur l’itinérance. Elle souhaite élaborer un plan national qui contiendrait les engagements du gouvernement, des organismes communautaires, du secteur privé et de Santé Québec, avec des objectifs, des indicateurs et des mécanismes de suivi.

Cette annonce, faite à la mi-juillet, était un écho à l’intervention de Pauline Marois, l’ancienne première ministre du Québec. Il y a quelques semaines, elle réclamait un sommet sur l’itinérance réunissant les différents acteurs de la société québécoise. Tous les chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale ont appuyé l’idée, ce qui peut laisser croire en des travaux transpartisans.

Christine Fréchette rappelait que le gouvernement a investi plus de 1 G$ depuis 2021 pour prévenir et réduire l’itinérance, tout en reconnaissant que la situation demeure difficile, particulièrement à cause de la crise du logement. Selon le dénombrement de 2025, près de 12 000 personnes seraient en situation d’itinérance au Québec.

Il y a cependant lieu à se demander pourquoi le parlement québécois ne profiterait pas de l’occasion d’avoir une vision plus large de la problématique en convoquant des États généraux en santé mentale dans lesquels il serait également question de dépendance et d’itinérance parce que ces problèmes sont intimement liés.

FRÉDÉRIC JANSSOONE : Pensée


 

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Je t'écris de la main droite

Je t’écris de la main droite

Par Benoit Voyer

7 septembre 2026

Notre époque manque de mains qui guérissent.

On le voit chaque jour à la télévision. Régulièrement des mains droites - pour ne pas dire maladroites - tiennent des armes et appuient sur la gâchette ou lancent des missiles. Elles tuent la vie ou la blessent.

Jésus a fait exactement l’inverse (Lc 6, 6-11) : il prend la main droite d’un homme qui est desséchée, une main devenue incapable de faire des choses, et lui redonne sa capacité de servir. Le maître restaure la vie.

Cette main droite retrouve sa capacité de soigner un malade, de consoler un bambin, de signer un accord de paix, de tendre la main à l’étranger…

La main droite guérie est une image simple, universelle et très actuelle. Jésus ne condamne pas les mains qui font le mal; il choisit plutôt de guérir la main morte pour qu’elle puisse faire le bien à nouveau. La guérison reçue devient une guérison offerte aux autres.

Je me répète : Notre époque manque de mains qui guérissent. Encore mieux : Qui choisissent de guérir.

MA FOI DU BON DIEU : Adoration de Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette


Temps de prière devant le Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette chaque mercredi et vendredi de 10 h à 16 h et tous les soirs de 16 h à 21 h. J'y ai fait un arrêt hier.

RELIGIOLOGIQUE : Départ à la retraite


L'abbé André Chevalier

L'abbé André Chevalier, prêtre catholique du diocèse ce Saint-Jérôme et ancien curé des paroisses de Saint-Esprit et Sainte-Julienne, a décidé de prendre sa retraite. Ainsi, à Saint-Esprit, il n'y a plus de messes du dimanche. Elle est maintenant célébrée le samedi à 16 h 30. (BV)

JEAN-PAUL REGIMBAL : Quand le cœur a ses raisons

Quand le cœur a ses raisons

Par Benoit Voyer

7 septembre 2026

C’est plus fort que lui! Malgré l’insistance des Jésuites qui désirent le garder, Jean-Paul Regimbal, âgé de 17 ans, sacrifie sa prometteuse carrière de musicien et confie sa vie à Dieu. Comme l’écrivait Blaise Pascal dans ses Pensées : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point; on le sait en mille choses. »[1]

Le 8 septembre 1949, jour de la fête de la Nativité de la Vierge Marie, il entre au noviciat de l’Ordre de la Très sainte Trinité, à la maison « Trinité-des-Monts », à Saint-Bruno-de-Montarville. Cette nouvelle maison religieuse a été fondée le 24 octobre 1948 [2]. Ce même jour, Mgr Philippe Forget, évêque de Saint-Jean-de-Québec [3] depuis 1933, en préside la bénédiction solennelle. Les premiers novices y sont entrés le 4 janvier 1949.

En 1954, le père Jean-Félix de la Trinité écrit dans « Regard sur l’ordre trinitaire »[4] : « En 1949, les Trinitaires canadiens sont dans la joie : on célèbre le 25e anniversaire de leur fondation à Montréal, ce qui mérite les encouragements de l’épiscopat et la venue au Canada du révérendissime père Ignace du T. S. Sacrement, ministre général de l’Ordre de la très sainte Trinité. »

Et comme le voulait la coutume des Trinitaires [5], il raconte :

« Au son de la cloche, tous les religieux se rendent au chœur. Le supérieur désigné pour présider arrive à son tour et prend place au fauteuil qu’on lui a préparé sur les degrés de l’autel du côté de l’Évangile. Conduit par le père maître, le postulant entre alors au sanctuaire portant sur ses bras le saint habit couvert de fleurs pour la circonstance. Il fait la génuflexion et s’incline profondément pour implorer la bénédiction du Dieu trois fois saint, puis se relève. Un dialogue s’engage ensuite entre l’officiant et le postulant.

-Que demandez-vous? Dit le ministre provincial.

-La miséricorde de Dieu, la pauvreté de l’Ordre et la société des frères, répond l’aspirant

L’officiant prononce alors une brève allocution. En voici la substance selon la coutume trinitaire :

Mon cher fils,

Soyez fidèle à la grâce de la vocation qui vous retire aujourd’hui du monde et vous invite à vivre désormais selon l’esprit des conseils évangéliques. Vocation sainte que celle-là! C’est pourquoi vous sentez le besoin d’implorer la miséricorde de Dieu afin de devenir moins indigne de cette faveur que vous fait notre Seigneur.

Pour entrer dans cette vie à la suite du maître, vous réalisez que le détachement est nécessaire, aussi vous demandez d’être initié à l’esprit de pauvreté de l’Ordre trinitaire.

Bien convaincu que cette ascension vers les sommets n’est pas l’œuvre d’un jour à cause des difficultés qu’elle présente : luttes contre la mauvaise nature, souvenirs du monde, réalité de la vie religieuse après les illusions des premiers jours, tentations du démon… vous demandez la société des frères dans laquelle vous trouverez des pères pour vous diriger et vous réconforter, d’autres frères avec le même idéal pour vous entrainer d’abord au travail de votre sanctification et vous introduire ensuite sur les chemins de l’apostolat.

Pour cela il vous faut découvrir peu à peu les richesses de la spiritualité trinitaire, devenir l’héritier de la pensée des fondateurs : - Trinitas – Redemptio – Tel; est l’idéal.

Que la Vierge des Trinitaires, Notre-Dame du Bon remède, vous apporte joie, paix et persévérance en retour du sacrifice de votre jeunesse offert à la gloire de la Très sainte Trinité.

On revêt ensuite le postulant de la tunique blanche et on l’agrège à l’Ordre en lui passant aux épaules le scapulaire trinitaire : « recevez l’habit de la très sainte Trinité », prononce le très révérend père, dans une augmentation de foi, d’espérance et de charité. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

On chante alors le psaume « Acce quam bonum et quam jucundum habitare frates in unum (qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble), pendant qu’un à un, tous les religieux donnent le baiser de paix au nouveau confrère.

La cérémonie se termine par l’imposition d’un nom de religion pour symboliser la naissance de ce jeune homme dans l’Ordre trinitaire.

« Désormais, dit le supérieur, monsieur N … s’appellera frère N… de N… »

Ainsi donc, en communauté, Jean-Paul reçoit le nom de Jean-Paul de Jésus. Marie devient sa confidente et celle qui veille sur lui. D’ailleurs, plusieurs grands événements de sa vie arriveront désormais un 8 septembre.

Le père Gérard Saint-Pierre (en communauté Pierre de la Nativité) jouera un rôle important dans sa formation religieuse. Il a été maître des aspirants et ministre conventuel de 1941 à 1948, délégué général de 1948 à 1954 et vice-provincial de 1954 à 1960.

Jean-Paul, jeune novice, se montre obéissant, plein de vie et curieux de connaître sa communauté. Il s’intéresse à l’histoire de son ordre religieux et au phénomène des chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus-Christ. A la fin de sa vie, le père Armand Gagné dira : « J’ai connu le père Regimbal pendant mon cours en théologie. Il était en 4e année et moi je débutais. Il était très actif ».[6]

Une âme artistique
Malgré son option pour la vie religieuse, Jean-Paul demeure un artiste.

Il écrit la pièce théâtrale « Celle qui a vécu sa vie » sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. Elle sera présentée à cinq reprises, les 9, 10 et 11 juin 1952 [7], à la salle du Gesu, à Montréal. Elle est interprétée par les Ateliers des Compagnons, troupe fondée par le père Émile Legault. La mise en scène est signée Bouda Bradon.[8] Mgr Paul-Émile Léger, archevêque catholique de Montréal, préside la première de la pièce, le 9 juin 1952, jour de la mort de la tertiaire trinitaire.[9] 

À la fin de sa vie, le père Armand Gagné indiquera dans ses mémoires, en parlant de Jean-Paul, son confrère : « Il a aussi écrit des chants trinitaires pour animer nos célébrations »[10].

À l’orgue et au piano, le jeune religieux ne tarde guère à montrer ses aptitudes pour la musique [11].

Le 1er novembre 1950, à l’occasion de la proclamation du dogme de l’Assomption de Marie, il compose une musique sur l’hymne des vêpres : « Solis, o virgo, radiis amicto… »

Durant ces années, il met aussi en musique de nombreux psaumes, des hymnes pour la liturgie en français et deux messes dont une a 3 voix égales en l’honneur de Notre-Dame-du-rachat.

Un jour, le maître des novices est scandalisé. Jean-Paul compose une musique sur le poème d’Arthur Rimbaud : « Sur l’onde calme et noire où brillent les étoiles, la blonde Ophélia dort comme un lys… ».

Fin de ses années de formation religieuse
Son noviciat terminé, Jean-Paul fait des études en philosophie et entre au Grand Séminaire de Montréal, chez les Sulpiciens, pour étudier la théologie.

Chaque année, il passe de longs séjours à l’hôpital – sous la tente à oxygène – à cause de l’asthme. Malgré cela, il réussit ses études et prononce ses vœux solennels, le 8 septembre 1953.

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[1] Blaise Pascal, Pensées, fragment 423 (édition Brunschvicg) / fragment 680 (édition Lafuma).
[2] Cf. Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, p.111(BANQ, 271.42 J433r 1954).
[3] Aujourd’hui le diocèse de Saint-Jean Longueuil.
[4] Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, p.111 (BANQ, 271.42 J433r 1954).
[5] Extrait de : Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, pp. 75 à 79 (BANQ, 271.42 J433r 1954)
[6] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY, P049)
[7] Cf. « Pièce religieuse, les 9, 10 et 11 juin au Gesus », La Presse, 31 mai 1952, p. 38. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2878018?calendar_open=1
[8] Cf. « Les Compagnons rentrent d’une première tournée en province », Le Devoir, 13 juin 1952, p. 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2782050?calendar_open=1
[9] Cf. « Celle qui a vécu sa vie », le Devoir, 31 mai 1952, p. 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2782039?calendar_open=1
[10] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049).
[11] NOTE : Ce détail provient d’un éloge du père Jean-Paul Regimbal rédigé par le père François Desraspes, que j’ai lu et dont j’ai pris des notes lorsque je travaillais à la maison des Trinitaires de Granby. A l’exception de la messe à Notre-Dame du rachat, je n’ai jamais retrouvé les partitions de ses compositions musicales.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Jean-Paul Régimbal a ramené des milliers de Québécois à la pratique religieuse

Jean-Paul Régimbal a ramené des milliers de Québécois à la pratique religieuse

GRANBY
Gérald Dallaire

Le père Jean-Paul Régimbal, fondateur du mouvement charismatique au Québec, est décédé jeudi soir dernier au Centre hospitalier de Granby. Celui qui faisait courir les foules au stade olympique pour prier a succombé à une défaillance cardiaque, vers 22 h 45. Âgé de 57 ans, il souffrait d’asthme depuis plusieurs années et il avait déjà subi quelques pontages coronariens dans le passé qui l'avaient forcé à ralentir ses activités.

« Son décès nous a surpris même si nous savions sa santé chancelante, dit le père Claude Choquette, supérieur de la maison de retraite de Granby. Il avait été hospitalisé à Sherbrooke, il y a un mois, mais il était de retour parmi nous depuis trois semaines. Il avait même donné deux heures d'adoration les deux mardis et s'était joint au groupe charismatique, le lundi, pour prier.

« Je suis allé le voir hier soir (jeudi), et il me paraissait calme et heureux. Il se disait même assez bien pour venir dire sa messe, dimanche. »

Natif de North Bay, dans le nord-est ontarien, le père Régimbal est entré dans la communauté des trinitaires en 1949; il a été ordonné prêtre en 1957. Professeur au Séminaire de la Très Sainte Trinité, à Montréal, puis aumônier à la prison de Bordeaux et au Mont-Saint-Antoine, il a joint la communauté de Granby en 1970 après un séjour d'une année en Arizona.

Renouveau charismatique
Cette année passée aux États-Unis a été déterminante pour lui et des milliers de Québécois puisqu'il en a rapporté l'idée d'implanter au Québec et dans certains pays francophones le renouveau charismatique que pratiquaient déjà les protestants américains. La fondation du mouvement a fait la renommée de ce personnage parfois controversé, en plus de ramener à une pratique religieuse fervente des milliers de Québécois qui avaient déserté les églises depuis le début des années 60.

« Au début, il y avait seulement quelques dizaines de personnes qui venaient aux veillées de prière, se souvient le père Choquette. Le mouvement a toutefois pris de l'ampleur très rapidement. « Les gens arrivaient par autobus de partout. Les lundis, il venait entre 700 et 1 000 personnes pour l'entendre et prier », dit le père Choquette.

Jeunes
C'est d'abord aux jeunes qu'il s'intéressait et à qui il voulait communiquer le goût de prier. Benoit Voyer, organisateur d'un festival de chant religieux à Granby l'été dernier, a été envoûté par le père Régimbal alors qu'il avait 15 ans. “Je l’ai rencontré à un moment où j’étais désespéré. Il m'a fait vivre une expérience de foi qui a bouleversé ma vie. Aujourd'hui, c’est comme si je perdais mon père”, dit-il.

Chacun reconnaît les talents d'orateur du prédicateur. Il a déjà réussi l'exploit, à l'été 1975, de remplir le palais des sports de Granby. Les gens s'y étaient réunis afin de prier pour que tombe la pluie alors que sévissait une sécheresse. Les succès de foule du père trinitaire ne se sont pas arrêtés là.

La « prière spontanée », selon l'expression du père Choquette, a continué d'attirer de plus en plus d'adeptes, si bien que le père Régimbal a réservé le stade olympique à deux reprises pour y tenir ses rassemblements. Des dizaines de milliers de charismatiques, les bras levés vers le ciel, y manifestaient leur foi avec une ferveur surprenante.

« Il a soulevé les foules par son désir de donner Dieu au monde actuel, souligne le père Choquette. Il a été l'instrument pour redonner la foi aux jeunes ainsi qu'aux moins jeunes. »

Les maisons de retraite, vides au début des années 70, ont recommencé à vivre. Plusieurs mouvements de prière, notamment pour les jeunes et les gens d'affaires, ont été créés à l'initiative du père Régimbal. Il a fondé entre autres Témoignage-Jeunesse, l'Eau Vive, Acte-Canada, le Carrefour de la prière et les cafés chrétiens.

Le frère supérieur Claude Choquette convient qu'au début du mouvement, et aujourd'hui encore, le mouvement a suscité certaines inquiétudes. « Certains ont dit qu'il y avait beaucoup d'exagération. Il y a peut-être eu des lacunes. L'enseignement a peut-être fait un peu défaut au début. Mais il faut regarder les fruits. Donner au monde le goût de prier, c'est loin d'être négatif », dit-il.

Regain de la foi

L'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr Louis Langevin, souligne lui aussi l'apport du père Régimbal au regain de la foi au Québec. « Le renouveau charismatique a fait beaucoup de bien et a suscité de nombreuses conversions », dit-il.

« Le père Régimbal, un homme passionné de Jésus-Christ et de l'Évangile, avait un grand talent de communicateur. C'était un grand apôtre qui a rayonné et qui laisse un témoignage de foi profonde. »

Le père Régimbal, dont toutes les conférences sont conservées sur cassettes et vidéocassettes, a également publié trois livres dont « La civilisation de l'amour » et « La musique rock ». Dans ce dernier ouvrage, il dénonçait la musique rock qui, disait-il, contenait des messages subliminaux. Ses conférences controversées sur le sujet ont forcé Mgr Langevin à intervenir. Homme d'Église soumis à l’autorité, le père Régimbal a cessé de donner des conférences sur le sujet, même si ses adeptes souhaitaient l’entendre encore.

Après cet épisode, le père trinitaire a pris le chemin de Rome où il s'est consacré aux chrétiens persécutés dans leur foi auxquels il s'intéressait depuis les années 1950.

Le père Régimbal est revenu à Granby il y a un an. Il souhaitait reprendre sa prédication, dit le père Choquette. Il s'est épuisé et est allé au bout de sa corde. Quand je l'invitais à ralentir ses activités, il me répondait par une boutade : quand je serai mort, je ne travaillerai plus. C'est ainsi qu'il était fait. »

La dépouille du père Régimbal sera exposée à la maison des Pères trinitaires, aujourd'hui et demain, entre 10 h et 22 h. Les funérailles, présidées par l'évêque du diocèse, auront lieu lundi à l'église Sainte-Famille, à 14 h.

(La Voix de l’Est, 10 septembre 1988, p. 5)


6 septembre 2026


Le centre-ville de Joliette, en fin de soiree, le 6 septembre 2026

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Sous le ciel bleu de Maurice Duplessis

Sous le ciel bleu de Maurice Duplessis

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Dans la population québécoise, durant les derniers jours de la campagne électorale de 1936, les espoirs de renouveau étaient évidents. Partout, la foule était au rendez-vous pour entendre et acclamer Duplessis. L'histoire n'a jamais dit combien de « 10 cennes » il lui aurait fallu distribuer pour susciter une telle popularité.

Le 12 août, notamment, Maurice Duplessis et l’Union nationale réunissent plus de 30 000 personnes au stade de Montréal. Les propos du chef sont un échange de questions et de réponses avec la foule survoltée, concernant particulièrement des dénonciations du Parti libéral et de la vision de l’UN. Naturellement, les plaisanteries sont au rendez-vous.

Le lendemain, dans le journal La Patrie [1], on écrira que Duplessis « a tenu […] une des plus grandes assemblées politiques qui ne se soient jamais vues à Montréal et dans la province de Québec ».

Et puis, le 14 août, à Victoriaville, « devant une foule très considérable réunie dans la cour du Collège des Frères, le chef de l’Union Nationale prononce l’un des derniers discours de sa campagne électorale »[2], près de 20 000 partisans vont à sa rencontre.

C’est chez lui, à Trois-Rivières, qu’il termine sa tournée de la province. Il n’y avait pas mis les pieds durant la campagne électorale. Dans la plus grande ville de la Mauricie, durant les deux derniers rassemblements, il n’est plus question de « Monsieur Duplessis », mais simplement de « Maurice ». Les électeurs trifluviens sont fiers de lui. Pour eux, « leur homme » est une bouffée d’air frais. Il répond à leurs attentes. Il y a longtemps que la région souffre de l’aristocratie de la ville de Québec et de la monstruosité commerciale et de l’angoisse montréalaise. À leurs yeux, Maurice est un héros.

Ce jour où Maurice devient premier ministre du Québec
Le 17 août 1936 est une chaude journée d’été. Le ciel du Québec est bleu. Il n’est pas question ici de jeu de mots, car il n’y avait vraiment pas de nuages à l’horizon [3].

À Trois-Rivières, en ce jour d’élections au Québec, la photographie de Maurice est dans de nombreuses vitrines de la ville et les électeurs se dirigent en grand nombre aux urnes.

En soirée, Maurice Duplessis est chez sa sœur. Elle habite près de la cathédrale de l’Assomption, au centre-ville. Il attend les résultats…

Aujourd’hui, 76 candidats sont élus sous la bannière de l’Union Nationale (UN) avec 57,5% du vote populaire et 14 pour le Parti libéral du Québec (PLQ) avec 41%. Pour le Premier ministre sortant, Adélard Godbout, c’est un échec monumental. Il n’est même pas réélu dans la circonscription de L'Islet.

À Trois-Rivières, l’UN obtient 3113 votes de plus que Philippe Bigué du PLQ. Pourtant, en 1931, ils étaient nez à nez. Duplessis devient député avec seulement 41 votes de plus que lui.

Ce soir, la joie est sur toutes les lèvres. Le nouveau leader de la province ne tarde pas à exiger qu’on appose un scellé aux documents du Trésor public afin d’empêcher les libéraux de les détruire. Une enquête publique est demandée.

Catholique
Comme la majorité des Canadiens-Français, Maurice Duplessis est catholique. Malgré ses occupations, il se rend régulièrement à la messe.

Le jeune Gaston L’Heureux, qui habite la Colline parlementaire, en est le témoin. Lors d’un entretien pour la Revue Sainte-Anne [4], il me racontait : « J'habitais au coin Saint-Patrice et Saint-Augustin. Nous allions jouer à la cachette à l'Assemblée nationale. Les gardiens nous toléraient! J'allais aussi passer des heures à la bibliothèque du Parlement où il y avait une sympathique dame Bélanger qui me faisait lire « La Patrie », « Le Canada », et bien d'autres publications. Elle avait compris ma soif de tout connaître. » [De plus] « J'étais enfant de chœur à la basilique Notre-Dame de Québec. Le mercredi, Maurice Duplessis venait à la messe à la chapelle Saint-Joseph. Il me donnait toujours un pourboire : 0,10 $. Il disait que c'était pour mon père qui était organisateur pour le Parti libéral ! ».

Décès
À Schefferville, le 7 septembre 1959, à 0 h 05, un peu après minuit, décède Maurice Duplessis.

Le Premier ministre du Québec passe quelques jours en Haute-Côte-Nord en compagnie de membres de son caucus et de quelques hommes d’affaires. L’hémorragie cérébrale et la paralysie complète de son côté droit mettent fin à ce temps de repos.

À la suite du drame, tous partent, laissant autour du leader de l’Union nationale sa sœur, Jacques Bureau, son neveu, son trésorier, Horst Rosmus, le médecin qui veille sur lui, et le jeune père Marcel Champagne, oblat de Marie Immaculée.

Son corps est transporté à Québec où il sera exposé à l’Assemblée législative. 100 000 personnes iront lui rendre un dernier hommage.

Le service funèbre a lieu à la cathédrale de Trois-Rivières en présence de tous les membres du gouvernement provincial, de tous les évêques, de près de la moitié du gouvernement fédéral conduit par Diefenbaker et des milliers de Trifluviens. C’est Mgr Maurice Roy qui présidera la messe funèbre.

Maurice Duplessis sera inhumé dans le lot 73 du cimetière Saint-Louis, situé à l’angle du boul. des Forges et de la côte Laflèche. Il est enterré auprès de son père, le juge Nérée Le Noblet Duplessis, décédé le 23 juin 1926, et de sa mère Marie-Berthe Genest, morte le 26 juillet 1921.

Son monument funéraire est très sobre. Une pierre blanche, surmontée d'une grande croix, porte l'inscription latine O crux ave spes unica, c’est-à-dire « Salut, ô croix, notre unique espérance ».
____________________

[1] « Montréal acclame Duplessis », La Patrie, 13 août 1936, pp. 2 et 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4325152
[2] « M. Maurice Duplessis s’est fait entendre hier à Victoriaville », Le Nouvelliste, 15 août 1936, pp. 3 et 13. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3281912
[3] Benoit Voyer. « Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre », L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/il-y-60-ans-duplessis-devenait-premier.html
[4] Benoit Voyer. « Gaston L'Heureux - « J'ai failli m'enlever la vie ... » », Revue Sainte Anne, octobre 2000, page 391. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-gaston-lheureux.html

JEAN-PAUL REGIMBAL - Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE: La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre

La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Lorsqu'une blessure ou une incompréhension survient, notre première réaction est souvent d'en parler à d'autres. La nature humaine est ainsi faite.

Dans une époque où les réactions sont souvent rapides et les opinions facilement diffusées, Jésus nous invite donc à une certaine lenteur avec nos réactions émotives.

Jésus nous propose un autre chemin : aller d'abord à la rencontre de l’autre, dans la discrétion, avec le désir de le retrouver plutôt que de le condamner (cf. Mt 18, 15-20).

Si cette première démarche ne suffit pas, le dialogue s'élargit peu à peu. Rien ne doit être précipité. Tout doit être orienté vers la réconciliation. Même lorsque la communauté intervient pour aider à régler un dilemme, l'objectif doit toujours être de préserver la communion plutôt que la division.

La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre vécue dans la vérité et la charité.

Il est bon de garder à l’esprit que tout ce que nous aiderons à réconcilier sur la terre sera aussi réconcilié dans le ciel. En des mots que les enfants comprennent : quand nous contribuons à réparer une chicane et à redevenir un ami, Dieu est content. Il fera la même chose avec nous dans son ciel.

MA FOI DU BON DIEU : Église de Saint-Esprit


Ce samedi 5 septembre 2026, j'ai participé à la messe dominicale de 16 h 30 à l'église catholique de Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière. La célébration était présidée par l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant pour la région pastorale de Montcalm.


JEAN-PAUL REGIMBAL : Une enfance à l’eau bénite

Jean-Paul, 12 ans
Une enfance à l’eau bénite

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Jean-Paul Regimbal est né à North Bay, en Ontario, le 4 juillet 1931. Il est le fils de Léo Regimbal et d’Emma Frappier.[1]

Sa famille compte 12 enfants (5 filles et 7 garçons) [2] : Albert [3], l’aîné, Gertrude, Germaine[4], Lucille, Pauline [5], Jacqueline [6], Maurice [7], Roger, Raymond [8], Sylvio [9], Jean-Paul [10] et, le cadet, Louis-Joseph [11].

Le lendemain de sa naissance, le poupon Regimbal est baptisé à l’église catholique Saint-Vincent-de-Paul, à North Bay, en Ontario. La célébration est présidée par l’abbé Joseph Chapleau, curé de la paroisse. On lui donne les prénoms de Jean, Paul et Avila. Sa marraine est sa sœur Germaine.[12]

Jean-Paul grandira dans une maison où il y a toujours quelqu'un qui chante, travaille, joue ou parle. Les repas sont animés, les chambres partagées et la solitude est rare.

Petite enfance
Dans ses jeux d’enfant, tous les matins, Jean-Paul s’amuse à célébrer la messe pendant les vacances d’été. En fait, il revêt des vêtements qui ressemblent à une aube et consacre la piquette [13] de son père. Sa sœur Jacqueline est sa première servante de messe.[14]

Les membres du clan Regimbal chantent et aiment la musique. La famille Trapp a chanté dans la maison familiale des Regimbal, lors d’un concert à North Bay. Durant leur séjour, la troupe demeure à l’Hôtel Saint-Régis ou Donat-Léo Regimbal est gérant.

Chez les Regimbal, les trois plus jeunes, c’est-à-dire Jean-Paul, Raymond et Joseph ont fait partie des Chanteurs céciliens sous la direction de Joseph Beaulieu. La troupe parcourt le Nord-Ouest de l’Ontario. Jean-Paul a souvent été soliste lors des prestations publiques [15]

« Jean », comme l’appellent affectueusement et simplement ses frères et sœurs, performe particulièrement au piano. C’est un virtuose! D’ailleurs, au fil de ses jeunes années, il désire devenir concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suit des leçons dans ce seul but.

En 1940, lors d’une visite à la prison de Cochrane, un fort appel intérieur se fait sentir dans le cœur de l’enfant de 9 ans : venir en aide aux personnes privées de liberté.[16]

Ce jour-là, un détenu lui demande simplement de lui apporter un journal. Ce geste insignifiant en apparence impressionne profondément l'enfant. Il découvre qu'une présence, une attention ou un petit service peuvent apporter beaucoup à une personne privée de liberté. Il en parlera longtemps autour de lui.

À cause de son asthme, Jean-Paul ne pratique pas de sport. Il occupe donc son temps à d’autres activités.[17]

À 10 ans, il compose sa première pièce musicale et, à 12 ans, sa première messe à quatre voix qu’il enregistre sur disque pour sa mère grâce à la participation de la radio de North Bay où il habite.[18]

Les samedis après-midi, à son initiative, il amène son frère Raymond visiter les personnes âgées au centre d’accueil situé près de la maison familiale. Pour Raymond, c’était un véritable sacrifice, mais Jean-Paul s’en fait une joie.[19]

Jean-Paul aime rire. Il excelle dans les « bonnes farces » et les jeux de mots. Il adore, notamment, citer la Bible autour de la table. Un jour, excédé par cette manie, un de ses frères lui demande : « Que feras-tu si je te frappe une joue ». Sans tarder, Jean-Paul répond qu’il tendra l’autre joue. Alors, son frère lui donne un coup au visage. Jean-Paul lui tend l’autre joue. Sans hésitation, il lui assène un autre coup. Insulté, d’un bon Jean-Paul lui fout son poing sur la mâchoire.[20]

Au Collège du Sacré-Cœur, à Sudbury
Jean-Paul Regimbal entre au Collège Sacré-Cœur des Jésuites de Sudbury [21] ou son frère aîné, Albert, est déjà reçu Jésuite. Il y rejoint son frère Raymond.

À l’école, il s’avère un adolescent fonceur et qui agit toujours par conviction : il touche à l’orgue et s’implique dans les activités étudiantes.[22]

Un jour, sa mère parcourt les 130 kilomètres de North Bay à Sudbury pour visiter ses fils. Ce n’est pas le jour des visites. Madame Regimbal (Emma Frappier) doit repartir de l’école sans voir ses fils. Elle laisse un paquet et un message pour ses fistons.

Jean-Paul n’a pas froid aux yeux. En apprenant que les Jésuites ont empêché sa mère de voir ses enfants, Jean-Paul, fâché, investit le bureau du directeur et s’insurge contre une telle pratique, signifiant qu’il n’est pas charitable d’avoir aussi peu de considérations pour les parents.[23]

Au terme de son enfance, plusieurs traits qui marqueront toute sa vie sont déjà présents : un tempérament fonceur, un remarquable talent musical, une foi simple, un goût du service et une attention particulière envers les personnes oubliées.

Il tombe sous le charme
Du 18 au 22 juin 1947, au Parc Lansdowne, à Ottawa, a lieu un grand congrès marial, à l’occasion du 100e anniversaire du diocèse d’Ottawa.

Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, le cardinal Paul Émile Léger, archevêque de Montréal, et tous le gratin religieux catholique du pays est présent.

Le programme comprend des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.

Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les activités et les dignitaires.

Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury.

Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée. 117 communautés d'hommes et de femmes y tiennent des kiosques illustrant leurs liens avec la Vierge Marie. Celle-ci couvre une superficie de plus de 133,000 pieds carrés.[24]

Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers! »

Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable?

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[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque

L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance

Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier


Texte intégral de l'homélie prononcée le 5 novembre 1987 par Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke et président de la Conférence canadienne des évêques, lors des funérailles nationales de René Lévesque.

Frères et sœurs dans le Christ,

M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus!

Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier.

René Lévesque n'est plus!

Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen.

La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond.

Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons.

Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu.

Je puiserai dans celle-ci quelques vérités qui projetteront des lumières sur notre naissance en Dieu, sur le passage de notre mort à la vie éternelle.

Que l'Esprit Saint m'accompagne et me guide; que l'Esprit Saint vous donne cette « oreille intérieure » qui reçoive la parole et lui fasse produire dans vos cœurs espérance, consolation et paix.

Pour mieux saisir la richesse de cet extrait de l'Évangile qui vient d'être proclamé, il importe de le situer dans l'ensemble du troisième chapitre de saint Jean.

Le Christ en est au tout début de sa mission. Il a accompli quelques signes qui secouent la société juive du temps jusque dans les milieux influents.

« Il y avait parmi les pharisiens un homme du nom de Nicodème, un chef des Juifs; celui-ci vint vers Jésus. » (Jn 3, 1)

Venir vers Jésus! Qu'est-ce à dire?

Ce sont les premiers pas de l'homme vers Dieu qui attire, mais toujours respectueux de notre liberté, selon le mot de saint Augustin :

« Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. »

Des hommes et des femmes viennent vers Jésus, partis des horizons les plus divers, rejoints dans les circonstances les plus variées. Ils arrivent dans des dispositions personnelles qui vont de la réticence explicite, de la simple curiosité jusqu'à la sympathie déclarée.

Nicodème est le type du candidat à la foi.

La rumeur est parvenue à ses oreilles d'un prophète qui va et vient sur les routes, parlant d'autorité et accomplissant des miracles.

Il se présente « de nuit », soit par peur de se compromettre, soit par souci de se ménager un long entretien avec le Maître.

Sa sympathie est manifeste :

« Rabbi, dit-il d'entrée de jeu, nous le savons, c'est de la part de Dieu que tu es venu en docteur; personne, en effet, ne peut faire ces signes que tu fais, si Dieu n'est avec lui. » (Jn 3, 2)

Une conversation s'engage alors entre le Christ et son visiteur, conversation animée au cours de laquelle fusent questions et réponses.

Surgit, à la fin de l'entretien, la grande révélation :

« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17)

Il n'est pas sûr que Nicodème quitta le Christ totalement conquis.

La Parole de Dieu est une semence dont la croissance est habituellement lente.

Nous retrouverons Nicodème plus tard aux heures de l'abandon et de la souffrance.

Son âme droite prend la défense de Jésus devant ses pairs. Il plaide pour lui :

« Notre loi condamne-t-elle un homme sans que d'abord on l'entende et que l'on connaisse ce qu'il a fait? » (Jn 7, 51)

Nicodème sera là près de la croix.

Il se penchera sur le corps du supplicié et lui ménagera un ensevelissement princier.

« Nicodème vint aussi, celui qui au début était venu vers Jésus de nuit; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. » (Jn 19, 39)

Le cycle est complet : la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions.

Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi », en ce sens que la foi en Dieu et en Jésus-Christ est toujours susceptible de s'enraciner plus avant dans notre être, de croître et, enfin, de produire des fruits plus abondants de justice et d'amour.

Que les baptisés ne se targuent donc pas de leur baptême comme d'un privilège.

Qu'ils le considèrent plutôt comme un appel au dépassement.

Que nul ne désespère de son salut.

Le concile Vatican II, dans son texte majeur sur l'Église, affirme :

« Ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église et cependant cherchent Dieu d'un cœur sincère et qui, sous l'influence de sa grâce, s'efforcent d'accomplir dans leurs actes sa volonté qu'ils connaissent sous la dictée de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel. » (Lumen gentium, no 16)

Déjà l'Ancien Testament, par la voix de Job, a découvert la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

Remarquez la solennité de l'affirmation :

« Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées dans le bronze, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours. » (Jb 19, 23-24)

Le cri de victoire éclate :

« Je sais, moi, que mon libérateur est vivant et qu'à la fin, il se dressera sur la poussière des morts. » (Jb 19, 25)

Nous sommes intimement liés au triomphe de notre Libérateur.

Comme il convient entre l'amour offert et l'amour reçu, un dialogue muet s'établit entre le Sauveur et le sauvé.

« Je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai et, quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. » (Jb 19, 26-27)

Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René.

Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance.

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Référence :
FORTIER, Jean-Marie, L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11. 

5 septembre 2026


Au parc des cultures Bernard Landry, a Saint-Jacques-de-Montcalm dans la region de Lanaudiere, en ce 5 septembre 2026.

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Aider le milieu communautaire à se financer


Aider le milieu communautaire à se financer

Par Benoit Voyer

5 septembre 2026

Les personnes qui œuvrent dans les innombrables organismes sans but lucratif (OSBL) qu’il y a au Québec et au Canada travaillent fort afin de trouver du financement pour assurer les services qu’elles donnent à la population. Comme on dit, l’argent, c’est le nerf de la guerre.

Ces organismes jouent souvent des rôles de suppléance ou de complémentarité indispensables aux services que les gouvernements donnent à monsieur et madame tout le monde, notamment dans les domaines de la santé et des services sociaux et de la préservation du patrimoine. Ils le font à moindre coût.

Les dirigeants de ces OSBL comptent pour un grand nombre sur le support des gouvernements du Canada et du Québec ou de leur MRC et, même, dans plusieurs cas, de leur municipalité pour se financer. Trouver un programme qui colle à sa mission est tout un défi. Certains organismes doivent aller jusqu’à modifier leur raison d’être pour se conformer et obtenir les subsides désirés.

Malheureusement, les moyens financiers de nos gouvernements sont de plus en plus limités. Ils ne peuvent pas tout financer. L’époque de l’État providence est terminée.

Depuis une trentaine d’années, je le dis et le redis, il faut que les gouvernements aident les OSBL à trouver de nouvelles sources de financement afin qu’on cesse de toujours dépendre d’eux. Pour reprendre dans mes mots un vieil adage : on peut bien donner du poisson à celui qui a faim. C’est louable! Mais si en lui donnant du poisson on lui montrait comment pêcher? En mots moins poétiques : il est essentiel de donner de l’argent pour le maintien des OSBL, mais si en même temps on leur apprenait comment faire surgir de nouvelles sources de financement?

On pourrait aussi aller plus loin. Et si les gouvernements revoyaient la fiscalité en faisant preuve d’audace... Un don en argent à un OSBL pourrait être déductible jusqu’à 100 % sur les impôts annuels. Pourquoi pas? Une telle mesure pourrait aussi aider considérablement le milieu communautaire.