18 juin 2026

PSYCHOLOGIE : La psychodynamique intérieure de l’humain

La psychodynamique intérieure de l’humain

Par Benoit Voyer

18 juin 2026

À l’intérieur de soi, il y a des dimensions d’ombre et de lumière. Au fil des siècles, ces termes ont eu des noms différents ou des figures visuelles devenues étranges, mais en fait c’est toujours la même réalité dont on parle.

Jadis, pour parler de l’ombre, on parlait des démons ou du diable, et pour la lumière, de Dieu En fait, c’était l’image de la lutte en soi entre le mal et le bien. Comme disait un vieux slogan politique : « Le ciel est bleu, l’enfer est rouge. »

Plus près de nous, Freud parlera du « ça » et du « surmoi » toujours en lutte et du « moi », qui doit composer entre les deux.

Dans son livre « Nueva Vida »[1], Florence K. écrit que “Freud peut sembler un peu dépassé aux yeux de certains, mais sa triade ‘moi, ça, surmoi' reflète parfaitement les méandres de ce que nous sommes, les humains.”

Le « ça », c’est la partie sombre de l’intériorité de la personne. C’est le lieu où bouillonnent de façon désorganisée les pulsions les plus pressantes, inconscientes ou non, au milieu des flammes de la passion et du plaisir. C’est le lieu des émotions refoulées. Le « ça » est en constante guerre avec le « surmoi », le lieu qui dicte la bonne conscience.

« Notre « ça » refuse la contradiction. D’ailleurs, il ne la connait pas. Il cherche à tout prix à cracher ce qui menace de déborder », explique Florence K.

Elle ajoute : « Les rêves font partie du royaume du “ça” ; désorganisés, fous, ils ne connaissent aucune limite de temps, aucune frontière, aucun interdit, aucun gardien pour les remettre à l’ordre. Ils sont libres et nous permettent de laisser respirer le temps d’une nuit les pulsions étouffées ».

Lorsqu’on fait des mauvais rêves, on se réveille avec d’étranges sensations : « Dans nos rêves, on peut frapper, on peut tuer, on peut ressusciter, on peut faire l’amour à qui l’on veut, on peut être milliardaire, sauver le monde ou détruire des châteaux. On peut s’abreuver à la fontaine de Jouvence et se retrouver dans le passé, jouer à saute-mouton et visiter l’avenir, renouer avec nos ex, épouser nos fantasmes. On y fait tout ce que le « ça » rêverait d’exprimer […] et de voir prendre vie consciemment, dans la réalité du moi », explique Florence K.

Elle dit encore : « Mais le moi, lorsqu’il est solide, ne cède pas à toutes les pressions du « ça » et arrive généralement à maintenir notre stabilité, notre homéostasie psychique, un équilibre entre plaisir et devoir, grâce entre autres au surmoi, la voix intériorisée des interdits parentaux, la voix de la morale, de la loi, de la culpabilité. Le moi est pris en sandwich entre le « ça » insistant qui veut voir ses fantasmes devenir plaisirs dans le monde externe et le surmoi moralisateur, qui, lui, tape sur les doigts dès qu’il est trop près de laisser passer une fantaisie qui n’aurait pas sa place dans le vrai monde. »

Le « ça », le « moi » et le « surmoi » font partie de la psychodynamique intérieure de l’humain. Celle-ci est normale, mais ils doivent être en équilibre. Comme on disait jadis dans un autre langage, il y a en soi une lutte entre le diable et Dieu ou encore « le diable est aux vaches ».

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[1] Florence K. «Nueva Vida», Libre Expresión, 2021, pp. 146 à 148 (BANQ 927.862165K111n 2021)

RÉFLEXION : Notre père

Notre père

Par Benoit Voyer

18 juin 2026

Je me souviendrai toujours d’une longue conversation que j’ai jadis eue avec Jérôme Saint-Pierre, qui a longtemps dirigé le café chrétien centre-sud sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Il me disait : « L'enfant dit de son père : "Est-ce que je vaux quelque chose ?" » Pour moi, la question élémentaire c'est la valeur de la personne. La mère ne peut pas pleinement répondre à cette question. Seul le père peut le faire. C'est pour cela que le phénomène des pères qui abandonnent leurs enfants est très problématique. L'abandon dit à l'enfant : Je ne veux rien savoir de toi. […] Le père confirme comme Dieu le Père confirme. D'ailleurs Jésus parle en ces mots : il dit toujours que le Père confirme ce qu'il dit et ce qu'il fait. Le père donne la vie de façon bien différente de la mère. Sa façon de faire est vitale, surtout pour la petite fille. […] Un père, c'est quelqu'un qui m'appuie et qui m'aime comme je suis inconditionnellement. »[1] Ainsi en est-il du divin père auquel croient, comme moi, tant de gens.

Lorsque je dis la prière du Notre Père parce que je ne trouve pas les mots justes pour parler à Dieu, je repense à ce que disait saint Alfred Bessette, le fondateur de l’oratoire Saint-Joseph, à Montréal : « Le Bon Dieu n’est pas loin de vous. Il est proche de vous. Chaque fois que vous dites Notre Père, il a l’oreille collée à votre bouche ». Alfred, qui est devenu orphelin de père en bas âge, avait trouvé dans la paternité divine un père adoptif. Bien plus ! Il a trouvé celui qui l’aime inconditionnellement et sur qui il peut s’appuyer.

De son côté, sainte Marie-Léonie Paradis disait : « Vous ne pouvez dire et redire assez souvent, pendant la journée, le Notre Père, en allant, en venant, en travaillant sans cesse, car Dieu est pour nous le plus tendre des pères et jamais nous ne pourrons assez lui marquer notre profonde reconnaissance. » […] « Ayez confiance au bon Dieu comme à un bon père N’allez pas croire que le bon Dieu vous perdra si vous mettez toute votre confiance en Lui. Tenez-vous en paix, quoi qu’il arrive ! »

Le père Jean-Paul Regimbal [2] expliquait que « Tout ce que ce terme de Père renferme de bonté, de fécondité, de tendresse et d'amour, Jésus l'a transporté sur le plan divin afin de nous faire saisir un peu plus le secret de celui qui est son Père et notre Père. Mais il a toujours pris la précaution de rectifier nos idées en nous faisant remarquer que si ces caractéristiques de la paternité se trouvaient chez les pères de la terre, combien plus devaient-elles se trouver chez votre Père qui est dans les cieux. »

Il ajoutait : « Peu avant sa mort, le Christ clôt le cycle de la révélation trinitaire en enseignant clairement l'existence et le rôle d'une troisième personne en Dieu : celle du Saint-Esprit. Il insiste sur sa procession du Père et du Fils et fait comprendre qu'il est le lien d'amour qui unit le Père au Fils et le Fils au Père. Il le désigne d'abord vaguement sous l'image d'un vent très doux pour préciser de plus en plus cette notion vers l'idée d'un souffle d'amour. Saint Paul complète cette doctrine en disant que l'Esprit-Saint n'est autre que l'Esprit de filiation par lequel nous crions : Abba ! Père ! »

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[1] Benoit Voyer. « Le plus fort c’est mon père », Revue Sainte-Anne, octobre 1998, pages 396 à 398. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe-le-plus-fort-cest.html
[2] Jean-Paul Regimbal. « La Trinité dans ma vie de famille », Trinitas, janvier-février 1960, pp. 9 à 11. Cette revue est conservée dans le fonds P049 de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La chronique quotidienne fait relâche pour l'été


17 juin 2026

ROMAN HISTORIQUE : Les étrangères de Saint-Michel

Les étrangères de Saint-Michel

Par Benoit Voyer

17 juin 2026

En 1759, à Saint-Michel-de-Bellechasse, sur la rive sud du Saint-Laurent, comme partout en Nouvelle-France, le curé Joseph Dufour, du haut de sa chaire, rappelle à ses ouailles qu’ils doivent porter allégeance au roi de France, Louis XV, et à la mère patrie.

Dans ce village, Marie Blanchard et Gabriel Chamberland mènent une vie simple et heureuse. Ils forment un couple d’amoureux comme on en trouve rarement à cette époque.

Malheureusement, leur bonheur tranquille est menacé au mois de mai par les troupes anglaises dirigées par l’officier général James Wolfe. Les Britanniques attaquent les villages au long de leur passage sur le fleuve. Ses hommes incendient des maisons et infligent sans scrupule des sévices à la population.

Au nom du roi, Gabriel ira combattre les Anglais, à Québec. Il laissera sa femme seule à Saint-Michel.

Un jour, le major Gregory Hunter agrippe la femme originaire de Nantes, la brutalise et la viole sans pitié.

Plus loin, Gabriel perd la vie au combat.

Comble de malheurs, Marie tombe enceinte. Un vif combat moral s’exerce en elle, dans lequel s’enchaînent des troubles mentaux passagers. La femme tente même l’avortement. Il n’y a rien à faire. Le fœtus ne bouge pas. Il reste bien accroché dans son utérus.

Marie Chamberland donne ainsi la vie à une petite fille qu’elle n’a jamais désirée. En voyant son poupon, c’est le coup de foudre. Cet enfant est pour elle une véritable bénédiction qui guérit ses blessures intérieures et donne un nouveau sens à sa vie. Elle l’appelle Bénédict.

Le curé Dufour devient leur protecteur. Afin de leur assurer l’essentiel pour vivre, Marie devient sa ménagère et femme de confiance.

L’histoire que raconte Stéphanie Martin, journaliste au Journal de Québec, est riche en rebondissements et en émotions. L’autrice « écrit carré », pour reprendre une vieille expression. Ses phrases sont courtes et elle ne s’attarde pas à des détails inutiles. Elle va droit à l’essentiel. Ce qui crée un récit vivant. Par moments, on a l’impression d’être dans un scénario écrit pour le cinéma. D’ailleurs, les deux tomes de cette saga pourraient devenir un succès au box-office.

Stéphanie Martin
Les personnages sont attachants et les scènes d’amour, puisqu’il en faut dans ce genre d’histoire historico-dramatique, mettent en scène un imaginaire féminin sur la réalité des choses intimes : « Ils sont seuls au monde, enfin. Il l’attire et pose ses lèvres sur la pointe dressée d’un de ses seins. Marie soupire de désir et détache en tremblant les cordons du pantalon de son amant. Elle relève sa jupe et l’enfourche en poussant un grognement de satisfaction. [Il] gémit de surprise et de plaisir, et pose ses mains sur les hanches de Marie pour l’ancrer davantage en lui. Elle bouge et l’entraîne avec elle dans un ballet endiablé qui les laisse tous les deux, à bout de souffle, repus. »[1].

Ce récit vous fera verser quelques larmes. Même les yeux secs, comme les miens, finissent par succomber. Le roman « Les Étrangères de Saint-Michel » de Stéphanie Martin est inoubliable. Il restera longtemps dans ma mémoire.
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[1] Stéphanie Martin. « Les Étrangères de Saint-Michel », tome 2, Guy Saint-Jean éditeur, p. 109.

SAINTS ET SAINTES : La vénérable Jeanne Mance

Jeanne au Musée des hospitalière de l'Hôtel-Dieu de Montréal
La vénérable Jeanne Mance

Par Benoit Voyer

17 juin 2026

Jeanne Mance naît à Langres, en France, le 12 novembre 1606.

Deuxième d’une famille de douze enfants, elle doit très jeune remplacer sa mère morte prématurément et s’occuper de ses frères et sœurs.

Très jeune, elle veut donner sa vie à Dieu et ressent un appel missionnaire pour le Canada. « Je sais que Dieu me veut en Canada, mais je ne sais ni où, ni pour quelle mission, je m’abandonne entièrement à sa volonté. »

À La Rochelle, où Jérôme Le Royer prépare l'embarquement pour Montréal [1], que le père jésuite Charles Lalemant, procureur des missions du Canada, lui présentera Jeanne Mance. Jérôme Le Royer découvre en Jeanne Mance « un présent du ciel », une personne « toute de grâce » choisie par Dieu et qui arrive en temps opportun. Il l'invite à se joindre à l'expédition. Après discernement, elle part avec Paul de Chomedey et une recrue d’hommes. Elle opte pour le risque. La voilà mêlée à l'aventure héroïque des fondateurs de Montréal.

30 mai 1640, à l’âge de 34 ans, Jeanne Mance quitte sa ville natale.

Elle embarquera à La Rochelle, en direction de la Nouvelle-France, le 9 mai 1641 et arrivera dans sa nouvelle cité, le 17 mai 1642 afin d’établir Ville-Marie. Ainsi, elle devient la cofondatrice de la colonie.

Avec l’aide financière de madame de Bullion, Jeanne Mance fonde l’Hôtel-Dieu et soigne les blessés et les malades, tant français qu’amérindiens, et prépare la venue des Hospitalières de Saint-Joseph.

En 1659, connaissant les desseins du fondateur Jérôme Le Royer, Jeanne Mance revient de France avec les trois premières Hospitalières. Alors commence l’histoire de la grande collaboration entre les Hospitalières de Saint-Joseph et cette femme qui restera laïque, jusqu’à sa mort, le 18 juin 1673.

Le 8 novembre 2014, elle a été déclarée vénérable.

Ses restes reposent dans la crypte de l’Hôtel-Dieu de Montréal à travers d’anciens ossements des religieuses. On peut y accéder durant une visite guidée au musée des Hospitalières de L'Hôtel-Dieu.

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[1] Cf. Benoit Voyer. « Jérôme Le Royer sur la voie de la béatification ». Revue Sainte-Anne, octobre 2007, p. 398. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/04/le-present-du-passe-jerome-le-royer-sur.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Dr. François Lehmann Médecin de famille et diacre permanent

Dr. François Lehmann
Médecin de famille et diacre permanent

« C'est toujours les mêmes questions qu'on se pose à la veille de la mort : Est-ce que je suis aimé ? Est-ce que je suis pardonné ? Est-ce que j'ai pardonné ? »

Benoit Voyer

MONTRÉAL – La spiritualité aurait des vertus thérapeutiques, raconte une croyance populaire. On dit aussi que la prière a le pouvoir de guérir la maladie et que des pardons non accordés peuvent provoquer des cancers. Qu'en est-il exactement ? Est-ce que la foi peut remplacer la médecine ? Est-ce que la médecine moderne peut se passer de la spiritualité ?

Le Dr François Lehmann nous ouvre la porte de son cabinet, situé à la Clinique de médecine familiale du Centre hospitalier de Verdun, un centre affilié à l'Université de Montréal, où il reçoit les patients sur rendez-vous. Il répond à quelques-unes de nos questions.

Il y a déjà plusieurs années que le Dr François Lehmann est médecin de famille. En 1968, il termine son cours de médecine à l'université McGill. Par la suite, il complète son internat dans un hôpital du réseau de l'Université de Montréal. À partir de 1969, en plus de pratiquer la médecine, il s'implique dans l'enseignement universitaire et établit sa pratique dans ce qui devint le prototype des CLSC du Québec.

En 1984, après avoir été professeur adjoint à l'université McGill, il se joint à l'équipe des enseignants de la faculté de médecine de l'université de Montréal. Il accepte la direction d'une unité de médecine familiale en 1992, et celle du programme prégradué en 1997. En novembre 2001, il est nommé directeur du département. À l'Université de Montréal, il donne le cours « Santé et spiritualité » destiné aux étudiants à la maîtrise.

En 1987, suite à une formation en théologie, il est ordonné diacre permanent au service de l'archidiocèse de Montréal. Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait parmi ses patients de nombreux membres du clergé catholique.

Son épouse est directrice des services professionnels et responsable des soins infirmiers dans un CLSC. Ils ont donné naissance à deux enfants.

REVUE SAINTE ANNE – Est-ce que la foi en Dieu peut contribuer à une meilleure santé physique ?

LEHMANN – Depuis longtemps, je suis personnellement convaincu qu'effectivement la foi contribue à une meilleure santé physique. Mes expériences de vie et de médecin me démontrent que les personnes qui ont une foi profonde sont généralement plus détendues, plus en paix avec elles-mêmes et, à cause de cela, leurs problèmes de santé sont abordés de façon plus positive.

Cependant, je ne dis pas que c'est parce qu'on a la foi qu'on n'a pas de problèmes de santé ! J'affirme seulement que le croyant vit les siens de manière différente.

RSA – Est-ce que la médecine s'intéresse à la spiritualité ?

LEHMANN – Il y a une littérature scientifique intéressante qui établit un lien entre la spiritualité, la vie religieuse (c'est-à-dire aller à l'église), la prière personnelle et la santé. Celle-ci provient surtout des États-Unis.

Il y a aussi énormément de livres qui ont été écrits depuis environ quinze ans sur la guérison et la prière, la guérison et la spiritualité. La plupart de ces ouvrages ne sont pas scientifiques. Ils se basent sur l'opinion d'un auteur ou sur quelques personnes. Je pense qu'on doit se méfier de ces livres-là. Mais il y a, à travers cela, des articles scientifiques bien documentés qui ont regardé sérieusement le lien possible entre la prière et la bonne santé physique.

RSA – Qu'est-ce que la littérature scientifique divulgue ?

LEHMANN – Bien des choses. Voici quelques exemples.

On remarque que les gens qui ont une vie spirituelle profonde fument moins. Il y a peut-être d'autres raisons qui expliquent ce phénomène. Évidemment, les gens qui fument moins ont moins d'infarctus. Est-ce que c'est parce que les gens qui ont une vie religieuse et qui vont à l'église ont une vie sociale qui les supporte ? C'est peut-être le cas. Ils seraient moins isolés. De cette manière, ils auraient moins besoin de fumer. Ce qui a pour résultat qu'ils auraient moins d'infarctus ! On voit donc qu'il y a un lien, mais on ne peut pas affirmer qu'il y a un lien de cause à effet.

On a pu aussi démontrer qu'il y a un lien entre le temps de guérison d'une dépression et la vie spirituelle. Aussi que les gens qui ont des problèmes d'alcool s'en sortent mieux s'ils ont une vie intérieure développée. C'est peut-être parce qu'ils sont moins isolés.

Une étude menée en 1998 à l'université Duke, en Caroline du Nord, auprès de quelque 4000 personnes, stipule que les gens qui prient chaque jour font moins d'hypertension que les autres. Elles font aussi moins de pneumonies et de crises cardiaques. La prière accompagne habituellement une série de changements physiologiques antistress.

RSA – Est-ce que la prière est une force qui peut aider directement une personne à guérir ?

LEHMANN – Malheureusement, les études démontrent que ça ne fonctionne pas.

En exemple, l'étude de 1998 révèle que le taux de mortalité demeure exactement le même et le temps d'hospitalisation et de soins intensifs n'est pas plus court et pas plus long pour qui ont prié pour eux ou ne prie pas. La science n'est pas convaincue que la prière à distance a un effet bénéfique dans le cas de maladie coronarienne.

RSA – Est-ce que vous êtes en train d'affirmer qu'il ne sert absolument à rien de prier pour le rétablissement des personnes qui sont malades ?

LEHMANN – Ce n'est pas ce que je dis ! Je vous explique que scientifiquement on n'a pas pu démontrer l'efficacité de la prière.

Quand on prie pour quelqu'un qui est malade, je pense que c'est surtout soi-même que ça aide ! Cette prière nous stimule à être davantage présents auprès du malade, comme individu et comme communauté.

Ce qui est efficace auprès du malade, c'est une prière à ses intentions qui s'accompagne d'une carte de bons souhaits et/ou d'une visite à l'hôpital. C'est plutôt cet ensemble qui est le plus bénéfique pour le malade.

La prière nous aide à réfléchir à notre propre humanité et à notre relation avec Dieu. Quand on pense à celui qui est malade, on pense surtout à sa propre fragilité.

RSA – La prière n'a donc rien de magique…


LEHMANN – Est-ce qu'il y a des miracles ? Il doit sûrement y en avoir de temps en temps. Est-ce que j'en ai vus ? Non. Est-ce que j'ai vu des gens aidés par la prière et par la foi ? Oui Est-ce que j'encourage les gens à prier ? Oui. Est-ce que j'encourage mes patients à remplacer une chimiothérapie par la prière ? Non. Il faut utiliser tout ce que l'on connaît sur le plan médical pour guérir et, si on a la foi, ajouter sa prière aux traitements. De cette manière, la prière peut trouver une grande efficacité et favoriser la guérison physique.

RSA – Est-ce qu'on meurt mieux lorsqu'on a la foi ? Est-ce qu'on décède moins bien lorsqu'on n'a pas la foi ? Est-ce que la foi contribue à une bonne mort ? Est-ce qu'elle n'est là que pour mieux nous aider à réaliser l'ultime passage ?

LEHMANN – Pendant douze ans, j'ai travaillé dans le domaine des soins palliatifs au Centre hospitalier de Verdun. J'ai vu beaucoup, vraiment beaucoup (!), de gens mourir. J'ai aussi pris soin de ces gens-là et je les ai assistés jusque dans la mort.

Une personne qui est intérieurement en paix souffre moins. Et la pire des souffrances est celle du questionnement. Et c'est toujours les mêmes questions qu'on se pose à la veille de la mort : Est-ce que je suis aimé ? Est-ce que je suis pardonné ? Est-ce que j'ai pardonné ? Tout tourne autour de l'amour et du pardon. Lorsqu'on est convaincu qu'on est aimé et pardonné, si on comprend sa relation avec Dieu, on comprend qui est Dieu, de sorte qu'on se sent non seulement aimé, mais pardonné. À ce moment-là on se sent en paix. Et si l'on est capable de recevoir le pardon de Dieu, on est ensuite capable de pardonner aux autres qui nous ont fait du tort. Donc on meurt paisiblement se sachant aimé.

RSA - Et si le malade en phase terminale ne croit pas en Dieu?

LEHMANN – Je connais des gens qui ne semblent pas religieux du tout, ne semblent pas, à ma connaissance, avoir une vie spirituelle, et qui ont, avec leurs proches et leur famille, des relations qui sont joyeuses, paisibles et harmonieuses. Est-ce que sans être religieux et sans avoir la foi on peut aimer et être aimé, pardonner et être pardonné ? Bien entendu ! Et quand on aime et on pardonne, on fait quelque chose de divin ! On ne peut pas mettre l'amour et le pardon en prison en disant qu'ils sont réservés aux chrétiens.

RSA – On associe souvent le pardon au cancer. On raconte que des pardons non accordés peuvent contribuer au développement de maladies oncologiques. Qu'en pensez-vous ?

LEHMANN – À ma connaissance, il n'y a aucune preuve de cette théorie. Néanmoins, on voit souvent des gens qui ont des émotions négatives importantes développer, peu après, des cancers. Je prends l'exemple d'un couple très uni. Lorsqu'un des deux éléments meurt, peu après, l'autre, suite aux émotions négatives qu'il vit, développe une maladie importante. Dans ce cas, il est difficile de croire qu'il n'y ait pas une relation entre les souffrances émotives et le développement d'une maladie.

RSA – Est-ce qu'il y a un lien entre malaise psychosomatique et malaise physique ?

LEHMANN – Je vois que vous reprenez la question de manière différente. Je répète : il n'y a pas d'effet direct entre tous les malaises psychosomatiques et ceux physiques. Cette théorie n'est pas prouvée. Les causes des maladies humaines sont multifactorielles.

D'abord, il faut être prédisposé génétiquement. Si votre père est mort d'une crise cardiaque à 45 ans et votre mère en a aussi fait une et que les deux avaient le diabète, quelle que soit votre foi ou votre intériorité, vous avez beaucoup plus de risques que d'autres personnes d'avoir les mêmes problèmes.

Ensuite viennent les facteurs environnementaux. Si vous demeurez dans une grande ville où il y a plein de pollution, vos poumons vont être affectés quels que soient votre foi et vos gênes.

Il y a aussi le stress de nos relations avec nos amis et nos proches… et notre relation avec Dieu ou l'absence de relation avec Dieu.

Vous voyez, les causes des maladies humaines sont donc multifactorielles.

Lorsque tous les facteurs sont présents, les problèmes physiques apparaissent rapidement.

En exemple, une personne qui est prédisposée à avoir des maladies pulmonaires, qui fume la cigarette et qui demeure dans une ville polluée, en plus, si elle est malheureuse parce qu'elle vit un divorce et que ses enfants ne veulent plus lui parler, tous les facteurs contribuent à faire en sorte qu'une maladie apparaisse chez elle.

Les émotions peuvent donc avoir un effet si, et seulement si, des prédispositions physiques et/ou génétiques sont présentes en même temps.

RSA – Merci Docteur !

Dr. François Lehmann, médecin de famille
Clinique de médecine familiale
Centre hospitalier de Verdun
3922, boul. Lasalle (arrondissement Verdun)
Montréal, Québec, Canada
H4G 2A3
(514) 765-7325
francois.lehmann@umontreal.ca
www.chverdun.qc.ca


Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître ! revuesainteanne@benoitvoyer.com

(Revue Sainte-Anne, septembre 2004, pp. 345 et 350)

16 juin 2026

POLITIQUE : Deux Britanniques devenus premiers ministres du Canada

Deux Britanniques devenus premiers ministres du Canada

Par Benoit Voyer

16 juin 2026

Après m’être rendu, il y a quelques jours, sur la tombe de John Abbott, au cimetière Mont-Royal, à Montréal, en cette magnifique matinée ensoleillée du 16 juin, j’ai poursuivi ma tournée des lieux de sépulture des premiers ministres du Canada à Belleville et à Kingston, en Ontario.

John A. MacDonald (1815-1891), le premier à avoir dirigé le Canada lors de la création du pays en 1867, repose au cimetière Cataraqui, à Kingston. Le lieu de sa sépulture a été restauré en 1982. Son voisin est Alexander Campbell (1822-1892), un des pères de la confédération. De plus, pas très loin de là, se trouve la section des soldats des Forces armées canadiennes.

De son côté, MacKenzie Bowell, le 5ᵉ en titre, repose dans le cimetière de Belleville.

Il a été facile de retrouver MacDonald parce que Google Maps indique exactement où il repose dans le cimetière. Pour ce qui est de Bowell, ce fut une autre histoire. J’ai dû me promener un long moment dans le cimetière afin de le retrouver. Il figure dans les plus vieilles stèles funéraires du lieu, tout près du fleuve Saint-Laurent.

Lors de son décès, le rédacteur en chef du Daily Ontario écrivait au sujet de Bowell : « Même si l’esprit et le talent lui firent défaut, notre cinquième premier ministre n’aurait pas pu accéder à de si hautes fonctions s’il avait été complètement médiocre… En fait, ses aptitudes étaient celles d’un administrateur qui gérait avec honnêteté, courage et efficacité. »

MacDonald, lui, partira tout aussi modestement : « Quant à moi, je suis né sujet britannique, je mourrai sujet britannique ».

Je vous reparlerai d’eux.

Voici quelques-unes de mes photos de ce matin:

Tombe d'Alexander Campbell, à Kingston

Tombe d'Alexander Campbell, à Kingston, voisin de John A. MacDonald

Tombe d'Alexander Campbell, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Tombe de John A. MacDonald, à Kingston

Les Forces armées canadiennes, à Kingston

Les Forces armées canadiennes, à Kingston

Les Forces armées canadiennes, à Kingston

Le cimetière de Belleville

Plaque en mémoire de Mackenzie Bowell, dans le cimetière de Belleville

Tombe de Mackenzie Bowell, à Belleville

Tombe de Mackenzie Bowell, à Belleville

Tombe de Mackenzie Bowell, à Belleville

Tombe de Mackenzie Bowell, à Belleville

Tombe de Mackenzie Bowell, à Belleville

UN PEU DE MOI : La prière

La prière

Par Benoit Voyer

16 juin 2026

Un jour, Jésus rappelait l’attitude que nous devons avoir lorsque nous voulons prier : « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Mt 6,6)

Dans ma vie, la plus belle catéchèse que j’ai reçue sur la prière, c’est le prêtre catholique et auteur Michel Quoist qui me l’a donnée quelques mois avant son décès [1].

Prier est un verbe qui nous met en action. Michel Quoist m’en donnait une définition simple que j’apprécie. Prier, c’est « parler à Dieu comme à un ami, c’est exprimer son amour par la parole, par des gestes, en chantant, en offrant quelque chose à celui que l’on aime, avec des gestes… Il y a bien des formes possibles et inimaginables de prières. Prier, c’est, aussi, s’exprimer par le silence, c’est-à-dire être là à côté de quelqu’un par amour. Prier, c’est aimer. Il y a de nombreuses façons d’exprimer son amour ».

Les mots sont justes : « Prier c’est aimer ». Et puis, aimer et être aimé, c’est ce qui donne du sens et du souffle à l’âme humaine. C’est un peu ce qu’écrivait Christian Lépine : « La prière constitue la respiration de l’âme »[2]. Il expliquait qu'« on ne voit pas l’air qui nous entoure et pourtant il est indispensable à notre vie […] Comme la respiration nous permet de vivre, l’indispensable prière nous permet de vivre en chrétien en mettant concrètement et radicalement au centre de notre vie Jésus. »

Ainsi donc, comme nous l’a appris Jésus, la prière, pour reprendre les paroles de Michel Quoist, « sert à répondre à l’amour infini de Dieu. Il est venu au-devant de nous pour nous le déclarer. On peut s’ouvrir à celui-ci ou bien lui dire « Je n’en ai rien à faire de ton amour ! » Si on s’ouvre à un amour, on est transformé par lui. »

Il me disait aussi : « À ceux qui me disent « Je ne suis pas capable de prier ! », je dis toujours « Est-ce que tu es capable de dire bonjour ? Bonsoir ? Je t’aime ? J’ai fait ceci ? J’ai fait cela ? » Ils disent « bien oui ». Alors, je rétorque à ces gens : « C’est cela prier. » Il s’agit de le dire à Dieu. C’est simple ! Pas besoin d’apprendre à prier… Ça m’agace un peu les histoires d’écoles de prière. On n’apprend pas à dire « je t’aime ! »

La manière d’entrer en contact avec Dieu n’est pas différente de celle qu’établissent deux êtres humains. « C’est comme dans l’amour humain : quand une fille se présente à un gars et vice-versa, ils ne se connaissent pas au début et, pourtant, ils dialoguent dès la première rencontre. Ensuite, au fil du temps, la relation s’approfondit », insistait Michel Quoist dans ce qu’il me disait.

La prière se fait donc au cœur du quotidien… « Vous savez, ça me barde d’aller faire des courses. Je demande au Seigneur : « Viens-tu avec moi ? » C’est une prière, ça ! En faisant des courses, je lui dis : « Regarde la dame, elle a une drôle de tête ! »

En d’autres mots, les paroles de Michel Quoist étaient aussi, à d’autres époques, celles de deux saintes du Québec.

Un jour, sainte Marie-Léonie Paradis priait ainsi : « Vous savez, Seigneur, que je vous aime… tout pour vous, mon Dieu ; tout par amour pour vous. Tout ce que je demande, c’est que toutes les palpitations de mon cœur à chaque instant de ma vie soient des actes d’amour ».

Avant elle, sainte Marguerite Bourgeoys écrivait : « Il me semble que l’on ne porte pas assez d’attention à la prière, car si elle ne part pas du cœur qui doit être son centre, elle n’est qu’un songe qui ne produit rien, car la prière doit être dans la pensée, la parole et l’exécution. On est donc obligé de s’exciter, autant que cela se peut, à faire réflexion sur ce qu’on demande ou promet ; ce qui ne se fait point si l’on ne fait point d’attention à ses prières.

Dieu nous parle par les prédicateurs, les lectures, par toutes ses créatures et ses maximes, et il veut être écouté spécialement de ceux qu’il a reçus à son service, qui ne lui plaisent pas quand l’on s’entretient avec des pensées frivoles, avec ses inclinations ou ses bonnes amies, spécialement les matinées des jours de communion et la demi-heure du soir pour la préparation. Ce recueillement est très nécessaire après les récréations et je ne vois pas que cela s’observe. »[3]

Je reviens à Michel Quoist. Je lui demandais : Et puis, chaque jour, combien de temps devrait-on prier ? Je m’en souviens comme si c’était hier, il n’a pas aimé la question. À la boutade, il m’a lancé : « Je ne sais pas ! C’est comme si vous me demandiez « Combien de temps dois-je embrasser ma femme ? » Je ne sais pas. Ça dépend de vous ! Ça dépend d’elle ! Ça dépend si elle a besoin de sentir votre amour ! »

Vous savez, Dieu « connaît tous ses enfants et il sait qu’ils sont différents. Chaque enfant a une façon différente de dire « Papa, je t’aime bien ! » Dieu accueille les différentes façons. Ce n’est pas la façon extérieure qui importe, c’est le contenu. […] [Et puis] on n’a pas à copier l’autre dans sa prière. C’est quelque chose de personnel. C’est pour cela qu’il est difficile d’en parler d’une façon générale. C’est tellement différent pour chacun comme est différent l’amour vécu par telle ou telle personne. »

Parfois on se décourage et on se questionne : est-ce que Dieu écoute et est-ce qu’il nous répond vraiment ? Michel Quoist me répondait : « C’est lui qui a parlé le premier… par l’Écriture. On y croit ou il n’y croit pas ! C’est sûr ! Sa Parole, c’est une lettre d’amour qu’on a reçue. C’est lui qui a parlé le premier et c’est nous qui ne répondons pas. Il répond par les Écritures, les événements, les personnes que nous rencontrons, etc. Pour le voir et l’entendre, il faut la foi. »

Et vient un temps où, Dieu et moi, on n’a plus grand-chose à se dire… « Il suffit d’être là, l’un à côté de l’autre… Il suffit de se regarder et de se mirer par nos regards. » […] « L’adoration c’est ça! C’est d’être là pour celui qui est là, gratuitement.», me disait Michel Quoist.

« Une des sources de la prière, c’est le quotidien. Le quotidien vécu dans sa monotonie, sa beauté », écrit Christian Beaulieu [4].

Et puis, si on est distrait ce n’est pas si grave : « Les moments involontaires de distraction ou notre imagination se promène n’empêchent pas notre âme de rester tournée vers Dieu et n’empêchent pas Dieu d’être présent en nous et d’agir en nous », écrit Christin Lépine.

Au fil des ans, la manière de prier change. Comme c’est le cas entre deux vieux amoureux, souvent cette présence un a l’autre compte plus que les mots. C’est ce que me disait Michel Quoist sur sa manière de prier à l’apogée de sa vie, lors de son dernier voyage au Québec: « Elle est pleine de silences. C’est plus contemplatif… Au début d’une relation amoureuse, les mots et les gestes sont importants. Au fil des années, il y en a de moins en moins. »

C’est un peu ce que disait en d’autres mots sainte Marie-Léonie Paradis : « Ma foi venait de la présence de Dieu que je sentais en moi. Il a toujours eu la première place dans ma vie. J’étais convaincue que l’âme qui ne perdait pas la présence de Dieu en elle avait trouvé un trésor que personne ne pouvait lui ravir »

Ou ce qu’écrivait Christian Lépine : « On ne perd jamais son temps quand on aime. Prier, c’est aimer, c’est se ressourcer à la vie de Dieu».

Les techniques de prière
Y a-t-il une position corporelle, une façon de respirer qui favorise davantage le dialogue avec Dieu ? Michel Quoist m’expliquait que les techniques qu’on tente d’enseigner, « ce sont des préfaces à la prière. Ce n’est pas la rencontre. Les techniques de respiration, je ne suis pas contre, mais je n’aime pas beaucoup cela, parce qu’au fond on mélange la méthode avec la prière. Ces longues préparations engendrent beaucoup d’illusions. Quand on fait de longs exercices de préparation, on se retrouve en face de soi. La prière, c’est se trouver en face de Dieu. »

Sa pensée sur la question est un peu celle de l’archevêque catholique de Montréal, Mgr Christian Lépine. Pour lui, « Dieu est l’être personnel, vivant, avec qui nous sommes appelés à entrer en relation de confiance et d’amour. Il n’est pas une force sans nom que l’on manipulerait par des techniques de méditation pour parvenir à nos fins ».

Les textes pour prier
A propos des textes pour prier, qu’ « il faut s’en servir quand on n’a pas les mots à sa disposition… Encore une fois, quand un garçon aime une fille, il n’a pas une liste de formules. L’amour c’est l’expression d’une vie.[…] Quand on est pauvre, quand on ne sait pas quoi dire au Seigneur, il faut les utiliser. Quand on prie en commun, il y a la belle formule du « Notre Père ». Cependant, on n’utilise pas une formule pour exprimer son amour; on parle avec ses mots a soi. Cela dépend du cheminement de chaque personne. Il y en a qui ont besoin de beaucoup de mots pour s’exprimer et d’autres qui n’en ont pas besoin. C’est la présence qui compte. »

Les émotions en panne
Pour le frère Denis Lévesque, la prière et la vie spirituelle ne sont pas « des affaires de feeling ». A son avis, « sentir émotivement » la présence de Dieu est une grâce qu’il ne faut point rechercher. Le maître du temps et de l’histoire la donne à qui il veut et quand il veut…

« Il y a des gens qui disent : « Il y a des années que je prie Dieu pour obtenir telle ou telle faveur et il ne m’exauce pas ! » Pourtant, Jésus dit dans l’évangile : « demandez et vous recevrez! » Jésus n’est pas un menteur ! La question à se poser n’est guère : « Pourquoi il ne m’exauce pas? » mais plutôt « Est-ce que, moi, j’exauce Dieu dans ma vie? » me disait le fondateur des Franciscains de l’Emmanuel, à l’été 1997.[5]

Il m’explique que Dieu fait aussi des prières a l’humain : « Dans la mesure où nous allons exaucer Dieu, de la même manière il va nous prendre au sérieux et va se donner à nous. »

Le fondateur des Franciscains de l’Emmanuel m’indiquait que la prière est un dialogue et c’est Dieu qui a parlé le premier. La Bible contient des centaines de ses prières : les commandements, « Écoute mon peuple… », « Aimez-vous les uns les autres… », « Partagez… », « Pardonnez pour être pardonnés… », « Libérez les esclaves », etc. Alors, selon lui, il n’y a donc pas à être inquiet de ne pas sentir la présence de Dieu ou d’avoir vécu une expérience sensible, et que, tout à coup, c'est la panne sèche : « C’est normal ! Plus la relation à Dieu est stable, moins il y a de hauts et de bas dans la vie intérieure. Le cheminement spirituel est une pente qui se monte tranquillement – sauf pour les débutants où ça ressemble à des montagnes russes ».

____________________

[1] Benoit Voyer. « LA PRIÈRE : Un dialogue d’amoureux », Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 8 et 9. Tous les propos de Michel Quoist cités dans cette réflexion sont tirés de cet article.
[2] Christian Lépine. Créés pour êtres aimés, Médiaspaul, 2012. Tous les propos de Christian Lépine cités dans cette réflexion sont tirés de ce livre.
[3] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 243 à 245.
[4] Christian Beaulieu. Du vent plein les voiles, Les Éditions Le Renouveau, 1984, p. 29-30.
[5] Cf. Benoit Voyer. L’homme prie Dieu, Dieu prie l’homme, bulletin Trinité, septembre 1997, p. 1.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Jean Duhaime

Jean Duhaime
Professeur de théologie et spécialiste des manuscrits de la mer Morte

« Il n'y a rien de dangereux pour la foi chrétienne de chercher à mieux savoir d'où elle vient et dans quel contexte elle est née ! Est-ce que les écrits de Qumrân peuvent amener à remettre en question les dogmes de l'Église catholique et ce que nous savons de Jésus ? Pas vraiment ! À moins d'avoir l'esprit tordu ! »

Benoît Voyer

MONTRÉAL – Les manuscrits de la mer Morte, découverts en 1947 dans une grotte de Qumrân, au sud-est de Jérusalem, fournissent de nouvelles pistes pour comprendre les contemporains de Jésus, vus par le judaïsme. Les chercheurs comprennent, grâce à eux, que les racines juives du christianisme sont beaucoup plus profondes qu'on ne l'avait cru jusqu'à maintenant. Dans cette interview, Jean Duhaime raconte le parcours qui l'a conduit à devenir un spécialiste des écrits de Qumrân.

Jean Duhaime est professeur à la faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal. Il est titulaire d'interprétation biblique depuis 1976. Il concentre ses activités sur les Psaumes, les écrits de sagesse (Job, Proverbes, Qohélet, Ben Sira, Le livre de la Sagesse), le Cantique des cantiques et sur l'apport des sciences sociales à l'étude de la Bible. Son champ de recherche privilégié est la littérature juive ancienne, les textes de Qumrân, connus aussi sous le nom de manuscrits de la mer Morte. Il s'intéresse aux nouveaux courants religieux et à la sociologie des religions. Il est enraciné dans la communauté chrétienne Saint-Albert-le-Grand, à Montréal, et il participe activement au dialogue entre Juifs et chrétiens. Sa traduction et sa mise à jour du livre de Lawrence H. Schiffman, « Les manuscrits de la mer Morte et le judaïsme », a été publié, il y a quelques mois, chez FIDES.

REVUE SAINTE ANNE – Jean Duhaime, on ne devient pas du jour au lendemain un spécialiste de la Bible. Quelle est votre formation ?

JEAN DUHAIME – J'ai fait mes études en théologie à l'Université de Montréal, à partir de 1968. À cette époque, comme pour plusieurs jeunes de cette génération, j'envisageais une vocation sacerdotale. J'étais novice chez les Prêtres des Missions étrangères (PMÉ). Après une année d'études à Québec, je suis allé étudier la théologie en banlieue de Montréal, au Grand Séminaire des PMÉ, à Pont-Viau, Ville de Laval. L'année suivante, je devenais étudiant à la faculté de théologie de l'Université de Montréal.

Le fait que les études théologiques se faisaient à l'université permettait à la plupart des communautés religieuses de la région de se regrouper, avec leurs meilleurs professeurs, afin d'offrir un enseignement de haut niveau.

À l'occasion de mes études en théologie, j'ai rencontré le professeur Guy Couturier, qui est maintenant professeur émérite de la faculté. À l'époque, il donnait des cours sur les prophètes. C'est à lui, et à quelques autres professeurs, que je dois mon goût des études bibliques.

RSA – Vous avez vécu dans les années d'effervescence en théologie… (!)

J.D. – Effectivement ! Pour moi, ces études répondaient à des questions et à des intérêts personnels. Je voulais mieux comprendre et avoir des outils pour analyser les textes bibliques afin de pouvoir mieux interpréter leur signification, car il y a toujours des choses un peu intrigantes et étonnantes dans les textes de la Bible. Lorsqu'on essaie de les situer – notamment sur le plan littéraire et en les remettant dans leur cadre historique et archéologique – et d'en dégager une portée pour aujourd'hui, ils deviennent particulièrement intéressants.

En 1971, je terminais mon BAC. À l'époque, on appelait cela une licence en sciences religieuses.

RSA – En quelle année avez-vous commencé à enseigner ?


J.D. – Dès la fin du baccalauréat, j'ai été engagé à titre de professeur d'enseignement religieux catholique, au secondaire. Pendant deux ans, je me suis occupé des élèves de la première à la troisième année du secondaire.

Ce passage au secondaire a été pour moi une bonne occasion de mettre en pratique le bagage des connaissances acquises et m'approprier certains outils de communication. Apprendre à présenter un texte biblique qu'on a étudié pendant plusieurs heures sur les bancs de l'université et le présenter en vingt minutes à des jeunes de 12 ans, il faut un peu d'adaptation (!) (il sourit).

Ce passage m'a aussi permis de compléter mon BAC en enseignement secondaire. Je l'ai réalisé tout en travaillant. Cela m'a donné une formation en pédagogie dont je continue à tirer profit. Ça n'a pas été du temps perdu ! Elle m'a permis de préciser mes intérêts pour les études supérieures. D'ailleurs, je conseille souvent à des étudiants qui ont complété un premier cycle à l'université, et qui ne savent pas trop ce qu'ils vont faire rendus à la maîtrise, de prendre une année ou deux de recul afin d'aller travailler sur le terrain pour préciser un peu plus leurs champs d'intérêts et leurs questions.

RSA – Quel a été votre sujet de maîtrise ?


J.D. : En 1973, il était clair que je voulais faire une maîtrise en études bibliques. Je voulais surtout travailler sur des textes en hébreu, plus proches du Premier Testament. Naturellement, je suis allé voir Guy Couturier qui m'a considérablement marqué au premier cycle. Il m'a orienté vers les manuscrits de la mer Morte. Monsieur Couturier est un diplômé de l'École biblique de Jérusalem où était l'équipe responsable de la publication de ces textes.

Il m'a expliqué que c'est un domaine d'études relativement nouveau et qu'il me permettrait de travailler sur des écrits en hébreu parce que la plus grande partie de ce corpus est écrite dans cette langue. De plus, c'est une période de l'histoire charnière entre le Premier et le Second Testament. C'était donc la combinaison gagnante pour moi.

Je me suis donc intéressé à cela. J'ai fait la maîtrise et les deux années d'études de 3ᵉ cycle – qui correspondent à des études de doctorat – à l'École biblique à Jérusalem afin de travailler avec des spécialistes des études bibliques et en particulier avec un des spécialistes des textes de Qumrân, le père Murphy O'Connor, un Dominicain.

RSA – Est-ce que vous étiez encore en communauté ?

J.D. – Non (!) J'ai quitté les PMÉ, en 1968, à la fin de la première session d'études universitaires. J'ai réalisé que je ne suis pas fait pour la vie communautaire et le service ministériel. Néanmoins, j'ai décidé de continuer mes études sans trop savoir où je m'en allais.

RSA – Que s'est-il passé à votre retour de Jérusalem ?

J.D. – Il y a eu l'ouverture d'un poste à demi-temps à la faculté de théologie de l'Université de Montréal pour l'enseignement du Premier Testament, nouvelle appellation pour désigner l'Ancien Testament. C'était un domaine pour lequel je m'étais préparé. J'ai conservé ce poste de 1976 à 1981. Puisque j'avais une jeune famille à nourrir, j'enseignais aussi le matin, à demi-temps, au secondaire, au Collège Mont-Saint-Louis, à Montréal. En 1981, je suis passé à temps complet à l'Université de Montréal. Durant les 15 années qui ont suivi, j'ai surtout été affecté à des tâches administratives, dont vice-doyen pendant 12 ans et responsable de section pendant trois ans.

RSA – À quel moment est réellement née votre passion pour Qumrân ?

J.D. – J'ai toujours gardé un intérêt pour les manuscrits de la mer Morte, même si pendant mes premières années d'enseignement je n'ai pas pu y toucher beaucoup. Lorsque j'ai été embauché à temps complet à l'université, j'ai pu davantage investir du temps dans cette recherche. Je continue d'y travailler sur une base régulière même si ce n'est pas l'essentiel de ma besogne, parce que je donne surtout des cours sur la Bible. Toutefois, je donne souvent des conférences aux étudiants de maîtrise ou des cours de premier cycle d'initiation à cette littérature. Enfin, je donne aussi des causeries sur le sujet à l'extérieur de la faculté de théologie, lorsque j'ai des invitations.

RSA – Qu'est-ce que vous avez découvert dans les livres de la mer Morte ?

J.D. – Ils nous donnent accès à une communauté juive de l'époque de Jésus. Celle-ci nous invite à faire de l'observation participative. La bibliothèque de Qumrân contient environ 800 manuscrits (!) Ils sont le reflet de ce qu'était la culture religieuse d'une communauté juive à l'époque. Tous les manuscrits ne sont pas uniquement sectaires, c'est-à-dire des manuscrits exclusifs à la secte. Il y en a de nombreux qui sont des textes communs à toutes les communautés juives de ce temps. Il y en a aussi qui ne sont pas bibliques, mais qui interprètent la Bible, la commentent, la paraphrasent, etc. Ce sont des textes qui étaient partagés par différents groupes et qui ne sont pas exclusifs au groupe de Qumrân. Enfin, il y a des manuscrits exclusifs à la secte, avec le langage particulier d'un groupe qui s'est séparé du judaïsme pour vivre une réforme religieuse.

Il est fascinant d'avoir accès, de première main, à de la documentation qui n'a pas été modifiée ou retouchée par des siècles d'interprétation ou de transmission.

Je m'intéresse beaucoup aux idées religieuses qu'il y a dans ces textes, aux liens qu'il y a entre celles-ci et le contexte social et culturel de l'époque. Je suis persuadé qu'une bonne partie des idées religieuses qui circulent dans un groupe sont le reflet d'une réflexion, d'un ajustement, d'une interprétation de situations concrètes, historiques, politiques, religieuses et culturelles faites à partir de l'environnement humain où il se trouve.

Mon étude m'a amené à explorer un autre domaine des sciences humaines. Je me suis donné des outils en sociologie afin d'analyser ces textes et d'essayer de comprendre la dynamique sociale de ces gens. En sociologie, je me suis surtout intéressé à la manière dont on produit des idéologies politiques, culturelles et religieuses.

Je m'intéresse à la question du dualisme, c'est-à-dire l'idée que le monde est partagé entre des forces du bien et du mal qui sont en lutte depuis que le monde est monde, au fond, depuis que la lumière est séparée des ténèbres et que le jour et la nuit existent, qu'ils alternent dans le cycle cosmique.

Une autre question étroitement reliée au dualisme a surgi de mes études des manuscrits. Il s'agit de la question du déterminisme. Est-ce que tout est décidé d'avance pour chacun de nous ? Est-ce que nous ne sommes que des marionnettes qui exécutons un plan divin ? Ou, encore, est-ce qu'on a une part de responsabilité ? Les gens de Qumrân ont souvent débattu de ces questions.

Enfin, il y a la question du messianisme. On a à Qumrân une trentaine de textes où il est question de Messie à venir.

RSA - Est-ce que dans les écrits de Qumrân il y a des éléments nouveaux qui remettent en question le catholicisme?

J.D. – Il n'y en a pas. Les textes de Qumrân nous apportent une meilleure connaissance du paysage religieux de cette époque : l'originalité du christianisme, de la personne et du message de Jésus ressortent beaucoup mieux si l'arrière-plan sur lequel il se dessine est mieux défini.

RSA – Pour un non-initié, il y a un danger à explorer ces nouveaux manuscrits ?

J.D. – Il n'y a rien de dangereux pour la foi chrétienne de chercher à mieux savoir d'où elle vient et dans quel contexte elle est née ! Est-ce que les écrits de Qumrân peuvent amener à remettre en question les dogmes de l'Église catholique et ce que nous savons de Jésus ? Pas vraiment ! À moins d'avoir l'esprit tordu !

Jean Duhaime
Faculté de théologie et de sciences des religions
Université de Montréal
3333 Queen-Mary, 6ᵉ étage, bureau 640-28
C.P. 6128, succ. Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3J7
(514) 343-7261
jean.duhaime@umontreal.ca
www.theo.umontreal.ca


Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître ! revuesainteanne@benoitvoyer.com


(Revue Sainte Anne, février 2005, pp. 57 et 83)

15 juin 2026

UN PEU DE MOI : La pandémie de choléra en 1832, à Québec

La pandémie de choléra en 1832, à Québec

Par Benoit Voyer

15 juin 2026

En 1932, plus particulièrement du 8 au 28 juin, une pandémie de choléra frappe la ville de Québec. Durant cette période, les prêtres de la communauté catholique de Saint-Roch président les funérailles d’environ 195 paroissiens. La plupart des défunts seront inhumés dans le nouveau cimetière de la Pointe. Parmi les victimes figure mon arrière-arrière-arrière-grand-père Gabriel Garneau. Il décède le 16 juin 1832. Au registre, il figure au nom de Pierre Garneau.

Cette pandémie ne ravage pas uniquement la population de Québec. Elle est principalement causée par les vagues d’immigration et par le développement du commerce international.

Entassés dans les cales des bateaux lors de leur long voyage vers la terre promise, les conditions sanitaires des passagers laissent à désirer. Il en résulte que leurs résistances immunitaires sont grandement affectées par la fatigue, le mal de mer, l’alimentation de très mauvaise qualité pauvre en vitamines et en calories.

À cela s’ajoute une mauvaise connaissance des maladies et de leurs transmetteurs : l’eau contaminée et impropre à la consommation, les vêtements souillés et l’hygiène personnelle et communautaire. En d’autres mots, les passagers ne sont pas très propres.

Denis Goulet explique, dans un article paru dans la revue d’histoire Cap-aux-diamants [1], que depuis la fin du XIXᵉ siècle, on sait « que le choléra est une infection intestinale causée par le vibrion cholérique, un type de microbe transmis essentiellement par voie orale. Normalement. L’acidité gastrique de l’estomac permet à l’organisme de détruire le vibrion. Or, chez les personnes souffrant de malnutrition, cette barrière est affaiblie et permet au microbe de se rendre aux intestins où il provoque de violentes diarrhées accompagnées de vomissements tout aussi violents qui entrainent une forte déshydratation. Le corps prend une apparence bleutée en raison d’une cyanose […] Généralement, la mort survient en quelques jours. »

En 1857, on fermera le cimetière de la Pointe. Tous les défunts, dont Gabriel, sont exhumés et inhumés à nouveau dans le cimetière Saint-Vallier, maintenant administré par le cimetière Saint-Charles, à Sainte-Foy. Il n’y a aucune pierre tombale sur le site. Le terrain où les victimes du choléra de 1832 reposent est, de nos jours, situé sur le bord de l'avenue du Pont Scott, à quelques pas de la rivière Saint-Charles.

Gabriel
Né le 9 mars 1763, à L'Ange-Gardien, sur la Côte de Beaupré. Gabriel Garneau est le fils de Pierre Garneau (1740-1815) et de Marguerite Julien (1739-1813). Le lendemain il est baptisé dans la tradition catholique.

Il épousera Marguerite Ouellet. Le 20 novembre 1797, ils signent un contrat de mariage chez le notaire Louis Cazes, à La Pocatière. Le 28 novembre, ils reçoivent le sacrement du mariage dans l’église catholique de Saint-Roch-des-Aulnaies. À la suite de son décès, elle finira ses jours à Saint-André-de-Kamouraska. Elle quittera ce monde le 28 octobre 1837.

____________________

[1] Denis Goulet. « Choléra et typhus au XIXᵉ siècle – D’une crise immunitaire à une autre », Cap-aux-diamants, été 2024, pp. 20 à 23.

SAINTS ET SAINTES : Saint Josémaria Escriva

Saint Josémaria Escriva

Par Benoit Voyer

15 juin 2026

Le 9 janvier 1902, saint Josémaria Escriva de Balaguer nait à Barbastro, dans la province de Huesca, en Espagne. Il est le fils de Dolores et José Escriva de Balaguer. Josémaria aura un frère et quatre sœurs. Trois d’entre elles décéderont en bas âge. Il lui restera Carmen (1899-1957) et Santiago (1919-1994). Au sein du clan familial, on leur transmet une profonde éducation chrétienne, dans la tradition catholique.

En 1915, les affaires ne sont pas très bonnes pour Jose Escriva. Son entreprise doit fermer ses portes. Le père de famille se trouvera un emploi à Logroño. La famille y déménagera.

Un jour, après avoir vu des traces de pieds nus dans la neige laissées par un religieux, le jeune Josémaria a la conviction profonde que Dieu attend quelque chose de particulier de lui, mais il ne sait pas quoi exactement. Il pense qu’en devenant prêtre, il pourra mieux le découvrir. À Logroño, il commence à s’y préparer. Il poursuivra sa quête au séminaire de Saragosse.

En plus de ses études en philosophie et en théologie, Josémaria poursuivra des études de droit civil, comme auditeur libre.

En 1924, son père trépasse. Malgré lui, Josémaria devient le chef de la famille.

Le 28 mars 1925, il est ordonné prêtre. Il est nommé titulaire d’une paroisse rurale près de Saragosse.

En 1927, avec la permission de son évêque, il s’installe à Madrid afin de compléter un doctorat en droit.

Le 2 octobre 1928, durant ses exercices spirituels, il commence à percevoir ce que Dieu lui demande. Il fonde une œuvre destinée à la sanctification des laïcs. Dès lors, il commença à travailler à cette fondation, tout en exerçant son ministère sacerdotal, spécialement dans les milieux déshérités, auprès des pauvres et des malades.

Il prolonge ses études à l’université de Madrid et dispense des cours pour subvenir aux besoins de sa famille.

C’est son accompagnateur spirituel qui, à force de l’entendre parler de son appel intérieur et de sa mission particulière, finira par appeler le projet l'« Opus Dei », c’est-à-dire « l’œuvre de Dieu ».

Il fondera aussi la Société de la Sainte-Croix pour les prêtres désirant vivre du même esprit.

En 1946, Josémaria Escriva s’établit à Rome, en Italie. Il y obtient un doctorat en théologie, à l’université du Latran. Tour à tour, il sera nommé consulteur de deux congrégations vaticanes, membre honoraire de l’Académie pontificale de théologie et prélat d’honneur de Sa Sainteté.

À partir du sol romain, il voyage dans les pays d’Europe et, en 1970, au Mexique. À chaque fois, il travaille à établir et consolider l’Opus Dei dans les régions qu’il visite.

En 1974 et en 1975, il fait deux grands voyages en Amérique centrale et du Sud, où il tient de grandes réunions catéchétiques. Partout où il passe, on s’abreuve de ses paroles.

Une heure avant son décès
Josémaria Escriva décède à Rome le 26 juin 1975.

Le 17 mai 1992, il est béatifié par le saint pape Jean-Paul II en présence de près de 300 000 personnes, dont 34 cardinaux et 200 évêques. Dix ans plus tard, le 6 octobre 2002, Jean-Paul II le canonise. À cette occasion, il dira à la foule : « On pourrait dire qu’il fut le saint de l’ordinaire. Il était en effet convaincu que, pour celui qui vit dans une optique de foi, tout est occasion de « rencontre avec Dieu », tout devient un encouragement à la prière. Vue ainsi, la vie quotidienne révèle une grandeur insoupçonnée. La sainteté se retrouve vraiment à la portée de tous. »

La commémoration liturgique de saint Josémaria Escriva est le 26 juin de chaque année.

Au Québec :


Coteau-du-Lac, le 16 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Alain Faubert, évêque de Valleyfield
Église Saint-Ignace
339, chemin du Fleuve
Coteau-du-Lac, QC J0P 1B0
Confessions à partir de 19 h

Québec, le 22 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Jean Tailleur
Église Saint-Michel de Sillery
1600, rue du Cardinal-Persico
Québec, QC G1T 1H3
Confessions à partir de 19 h 00

Montréal, le 26 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal
À la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde
1085, rue de la Cathédrale
Montréal, QC H3B 2V3
Confessions à partir de 19 h

En Colombie-Britannique :


Victoria, le 26 juin, à 18 h
Présidée par Mgr Gary Gordon
St. Joseph the Worker
753 Burnside Rd. W
Victoria, BC V8Z 1M9

Vancouver, le 27 juin, à 11 h
Présidée par l'abbé Bruce J. Hamilton
Corpus Christi Parish
6350 Nanaimo Street
Vancouver, BC V5P 4K7
Confessions à partir de 10 h 30

En Alberta :

Edmonton, le 23 juin, à 19 h 00
Présidée par l'abbé Andrew Schoenberger, vicaire général du diocèse de Saint-Paul
St. Andrew's Parish
12810 111 Ave NW
Edmonton, AB T5M 2N7
Confessions à partir de 18 h 30

Calgary, le 26 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Avinash Colaco
St. Mary's Cathedral
219 18 Ave SW
Calgary, AB T2S 0C2
Confessions à partir de 18 h 30

Au Manitoba :

Winnipeg, le 17 juin, à 19 h 00
Présidée par l'abbé Fernando Mignone
Église Holy Cross
252, rue Dubuc
Winnipeg, MB R2H 1Ê3
Confessions à partir de 18 h

En Ontario :


Kingston, le 16 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Richard Whelan
St. Joseph's Church
392 Palace Road
Kingston, ON K7L 4T3
Confessions à partir de 18 h

Marmora, le 26 juin, à 9 h
Présidée par l'abbé Justin Pulikunnel
Sacred Heart of Jesus Parish
46 Bursthall St.
Marmora, ON K0K 2K0
Confessions à partir de 8 h

Oakville, le 20 juin, à 11 h
Présidée par Mgr Wayne Lobsinger, évêque auxiliaire à Hamilton
St. Michael Church
181 Sewell Dr.
Oakville, ON L6H 1E3
Confessions à partir de 10 h 30

Brockville, le 26 juin, à 18 h
Présidée par l'abbé Fr. Andrew Shim
Saint Francis Xavier Parish
66 Church Street
Brockville, ON K6V 3X6
Confessions à partir de 17 h 30

Ottawa, le 26 juin, à 19 h
Présidée par Mgr Brendan O'Brien, archevêque émérite de Kingston
Basilique-cathédrale Notre-Dame
385, rue Sussex
Ottawa, ON K1N 1J9
Confessions à partir de 18 h 30

St. Catharines, le 26 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Ben Weber
Cathedral of St. Catherine of Alexandria
3 Lyman St.
St. Catharines, ON L2R 5M8
Confessions à partir de 18 h 30

Strathroy, le 27 juin, à 9 h
Présidée par l'abbé David Johnston
All Saints Parish
124 Front St E
Strathroy, ON N7G 1Y9

Toronto, le 27 juin, à 11 h
Présidée par Mgr Robert Kasun, évêque auxiliaire à Toronto
St. Edward the Confessor Church
75 Churchill Ave.
North York, ON M2N 1Y8
Confessions à partir de 10 h 30