JEAN-PAUL REGIMBAL : Signes et témoins du royaume

En 1971, le père Jean-Paul Regimbal écrivait le document « Signes et témoins du royaume », une référence pour mieux comprendre le renouveau charismatique chez les Catholiques

Par Benoit Voyer

2 juillet 2026

En mai 1971, Jean-Paul Regimbal publie « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique »[1].

Dans ce document, il fait un survol de la place de l’Esprit saint, troisième personne de la Trinité, et de ses manifestations dans notre monde à travers les textes du Nouveau Testament, surnommé la « Nouvelle Alliance » ou la « Bonne Nouvelle », les pères de l’Église et les déclarations du concile Vatican II. Il s’agit d’un document de référence pour mieux comprendre le renouveau charismatique dans l’Église catholique. Le Trinitaire utilisera celui-ci pendant de nombreuses années afin de rassurer les gens qu’il rencontre.

Dans sa préface, il écrit : « Je présente ce travail sans la moindre prétention littéraire ou théologique, mais dans le but de servir comme instrument de travail à ceux qui désirent connaître davantage sur quoi se fonde le renouveau charismatique. Les expériences que j'ai vécues au cours de mon ministère aux États-Unis, au Danemark, en Hollande, en Espagne, en Italie et au Canada, peuvent être éclairées par une confrontation suffisante avec la Bible, la théologie et l'enseignement conciliaire pour apprécier toujours davantage les réalités du baptême et de la confirmation devenues plus conscientes. »[2]

Jean-Paul Regimbal présente le renouveau charismatique comme étant une réponse aux maux du monde moderne. D’ailleurs, on sent un certain pessimisme à son égard. Il écrit :

« En jetant un regard attentif sur le monde contemporain, on ne semble voir que la haine de l'homme pour son semblable : guerres, chaudes ou froides, révolutions de toutes sortes, crises politiques, sociales, religieuses. Tout semble à un tel point d'ébullition qu'on a nettement l'impression d'être sur un volcan en pleine activité. Or, toutes ces crises – crises de pouvoir, crises d'autorité, crises d'identité, crises économiques, crises de culture, crises de foi – sont autant de symptômes qui manifestent le degré d'exaspération d'une civilisation en voie d'écroulement. La civilisation occidentale craque de toutes parts et ce que nous voyons chaque jour à la télévision, dans la presse et sur l'écran ne sont que les derniers soubresauts, les hoquets fatidiques, d'une civilisation moribonde qui râle ses derniers râlements. LA GRANDE CIVILISATION OCCIDENTALE A VÉCU… L'humanité est en train de récolter la triste moisson de son propre égoïsme et les nombreuses malédictions de ses propres idoles : matérialisme, athéisme, rationalisme, industrialisme, capitalisme, communisme, etc. »

Il ajoute : « C'est un peu le drame de Babel qui se répète. Autrefois, on ambitionnait de construire une tour qui touchât les cieux. Aujourd'hui, on ambitionne de vaincre l'espace, la vieillesse et la mort. Mais, dans les deux cas, l'ambition et l'orgueil de l'homme se dressent fièrement contre Dieu. Avec les sciences et les techniques modernes, l'homme prétend se passer de Dieu, voire […] établir scientifiquement que Dieu n'existe nulle part ailleurs que dans l'imagination créatrice de l'homme complexé. Ainsi, Dieu est déclaré "MORT" ; il est mis au rancart avec les autres "mythes" des civilisations dépassées. Puis, on le remplace par de nouveaux dieux de fabrication humaine ».

Jean-Paul Regimbal soutient que derrière ce monde en déchéance, la grâce de Dieu prépare un mouvement parallèle : « Pour celui qui sait voir au-delà des apparences, il se produit, en effet, un parallèle à celui de la décadence sociale et de la déchéance morale. Mais ce mouvement de spiritualité passe encore inaperçu aux yeux de la multitude. Le Seigneur est en train de préparer toute une génération d'hommes et de femmes à devenir "SIGNES ET TÉMOINS DES RÉALITÉS DU ROYAUME DE DIEU" en leur accordant de pénétrer un peu plus dans le Mystère ineffable de la très Sainte Trinité : LE DIEU VIVANT, LE DIEU-AMOUR, révélé par Jésus-Christ. Cette spiritualité se fonde sur une expérience vécue du DIEU VIVANT dans le cadre d'une RELATION INTERPERSONNELLE AVEC LE CHRIST JÉSUS RESSUSCITÉ. En effet, Dieu se manifeste de plus en plus à des gens de tous âges, conditions, races, couleurs et religions. Il diffuse, avec une abondance jusqu'ici inégalée, son Saint-Esprit d'Amour, sous la forme d'une expérience religieuse qu'il est convenu d'appeler, selon les termes mêmes du Nouveau Testament : "LE BAPTÊME DANS L'ESPRIT-SAINT", qui consiste essentiellement en une prise de conscience en profondeur du Christ ressuscité, de l'inhabitation du Saint-Esprit dans l'âme du baptisé et surtout une entière soumission à l'action de l'Esprit-Saint en cette âme. La découverte « expérimentale et existentielle » de Jésus ressuscité comme SEIGNEUR et SAUVEUR s'épanouit progressivement en une relation intime et personnelle avec le Fils de Dieu fait homme. Sous l'action de l'Esprit-Saint, il se produit une compréhension plus profonde des réalités de la foi et des vérités de la Révélation au point que le sujet qui en fait l'expérience vit dans un commerce admirable avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui demeurent en lui. »

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[1] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement). https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/06/document-signes-et-temoins-du-royaume.html
[2] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement). https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/06/document-signes-et-temoins-du-royaume.html

1er juillet 2026

MUSIQUE : L’Harmonie des saisons

L’Harmonie des saisons

Par Benoit Voyer

1er juillet 2026

C’est en 2010 qu’est né l’ensemble de musique ancienne L’Harmonie des saisons. Il a été fondé par la multi-instrumentiste Mélisande Corriveau et le claveciniste Eric Milnes. Tous deux dirigent la troupe à titre de directrice artistique et de directeur musical.

L’Harmonie des saisons se produit habituellement à l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac. En novembre et décembre 2025, on sort de la routine. Pour souligner son 15ᵉ anniversaire, il donne trois spectacles à Granby, au Québec, lieu de leur fondation, et à Saint Albans et Burlington dans l’État du Vermont. Pour l’occasion, ils interprètent le Requiem de Mozart.

Récipiendaire de deux prix JUNO et de deux prix OPUS, « L’Harmonie des saisons » a endisqué trois disques chez Atma Classique, en 2015, 2020 et 2022.

Tous les musiciens possèdent une solide formation musicale et jouent sur des instruments d’époque.



CARICATURE

 


GRANDES RELIGIONS : Les préjugés religieux

Le Centre islamique du Québec, à Montréal
Les préjugés religieux

Par Benoit Voyer

1er juillet 2026

Je trouve regrettable tous les préjugés qui existent au Québec en matière religieuse. Bien entendu, je suis totalement en désaccord avec l’utilisation de la religion à des fins politiques. Je suis également très mal à l’aise lorsque les textes anciens, qu’ils proviennent de la Bible, de la Torah ou du Coran, ne sont pas adaptés à notre époque. En cette matière, une lecture historico-critique doit être réalisée avant d’en faire une adaptation pour s’en inspirer dans notre présent.

Comme le disait l’an dernier Régis Labeaume à Christian Bégin à l’émission télévisée « La Grand-messe » : « Ce qui dérange émotivement les Québécois de souche, c’est la pratique religieuse des immigrants. Les communautés culturelles sont plus croyantes que nous autres. [...] Nous, on n’a plus de croyance. Nous autres, on est laïcs et on a raison (de l’être). [...] Mais tu n’peux pas empêcher le monde de croire ! [...] “ [Ce constat] nous heurte pas mal plus qu’on le pense. [...] La foi des autres nous heurte… »

Ainsi donc, je suis un chrétien de tradition catholique. En revanche, j’ai toujours été ouvert à la différence. Je m’en souviens, au milieu de la vingtaine, j’ai visité de nombreuses synagogues, mosquées et temples de différentes confessions chrétiennes. Après tout, s’il y a un dieu, il est unique.

Lorsque j’étais journaliste, afin d’établir des ponts culturels et cultuels, j’ai réalisé plusieurs reportages sur ces communautés de foi, notamment pour l’Hebdo journal [1],

À Trois-Rivières, en 1996, j’ai rencontré Aziza Blili, une agente de voyages tunisienne de confession musulmane. J’avais tiré plusieurs petits textes de notre échange qui m’apparaissait fort intéressant.

Elle regrettait les préjugés que les médias entretiennent. Elle me disait : « Dans l’islam, il y a des gens de la droite et de la gauche comme dans toutes les sociétés ou religions. Les uns sont plus intégristes, les autres sont plus ouverts […] Il y a des gens qui agissent au nom de la religion, mais qui ne sont pas vrais ! C’est de la politique déguisée ! Les conflits qui viennent dans le monde viennent ternir l’image de l’islam. Je n’ai jamais lu une phrase du Coran qui dit qu’il faut assassiner quelqu’un qui ne pense pas comme nous ! »

Dans la région trifluvienne, le Centre communautaire islamique de la Mauricie joue le rôle de mosquée. En 1996, lorsque je demeurais dans cette région, il était situé dans une humble maison, au 3009, boul. des Forges. Rien ne laissait présager la présence d’adeptes du Coran en ce lieu. Il y avait douze ans que la communauté musulmane s’y réunissait. De nos jours, ils se réunissent au 5375, rue St-Joseph, Trois-Rivières-Ouest.

Chez les musulmans, il n’y a que l’homme qui doit se rendre à la mosquée afin de prier, bien entendu si son horaire professionnel le lui permet. Les autres temps de la prière quotidienne sont laissés à la discrétion de chaque membre.

Hier comme aujourd’hui, le centre islamique sert également d’école pour les jeunes qui veulent apprendre l’arabe et l’islam. De plus, c’est un lieu où se donnent des conférences et où une bibliothèque est aménagée.

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[1] Benoit Voyer. Une mosquée à Trois-Rivières, L’Hebdo Journal, 7 juillet 1996, p. 3.

30 juin 2026


 

LEADERSHIP : Conseils aux gestionnaires

Conseils aux gestionnaires

Par Benoit Voyer

30 juin 2026

Une entreprise doit être performante pour être rentable et offrir un produit de qualité : « Il faut avoir en tête la satisfaction du client. De plus, on ne m’enlèvera pas de la tête qu’une business qui ne crée pas de richesse puisse survivre. Quand il n’y a pas de profits, il ne peut y avoir de formation, d’investissement, d’expansion et d’entreprise à long terme. » Ces propos sont ceux de Marcel Lafrance, ancien principal actionnaire de la MIL Davie, à Lévis. Je les ai entendus lors d’une conférence qu’il donnait à Granby en avril 1995 [1].

Marcel Lafrance estime qu’en affaires la compétition est féroce et va le devenir de plus en plus. De nos jours, c’est le client qui est le maître de la situation. Il montre ses exigences. L’entreprise doit donc fournir un produit de qualité.

De plus, « il faut aussi savoir livrer sa marchandise à temps. Dans ma carrière, ma plus grande force ça a été cela ». Plus un projet est en retard, plus il risque d’être dispendieux à réaliser.

À ses yeux le plus beau projet réalisé au Québec, c’est la construction de Terre des hommes. « C’était un succès magistral de planification ! » En revanche, celle du Stade olympique montréalais est la pire.

Dans une entreprise, un leader exemplaire est essentiel. Lorsque règne la contestation et l’anarchie, cela est souvent l’expression d’un appel au leadership : « Un leader, c’est quelqu’un qui a des objectifs qu’il transmet à tous dans son entreprise par un message ayant un contenu et des détails. Il doit surtout être capable d’écouter et questionner. Ce qui énerve les gens, c’est la non-communication. »

Enfin, pour devenir de plus en plus performant, après la réalisation d’un projet, il faut savoir s’arrêter pour prendre conscience de comment on y est parvenu ensemble. Cela aide l’entrepreneur à faire mieux dans la planification de ses projets futurs.

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[1] Cf. Benoit Voyer. Les trucs de Marcel Lafrance pour être un bon gestionnaire, L’Hebdo Granbyen, 19 avril 1995, p.26.

SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


29 juin 2026

MUSIQUE : L’organiste Gilles Rioux

Gilles Rioux
L’organiste Gilles Rioux

Par Benoit Voyer

29 juin 2026

Ce n’est plus un secret, j’aime beaucoup la musique classique et, de manière plus sensible, les airs joués aux grands orgues. J’en parle souvent [1].

Je suis un peu marginal. Je le sais. De nos jours, on ne peut pas dire que les grands orgues sont bien populaires. Depuis quelques années, il est même très rare de les entendre à la radio.

Je suis devenu un adepte des grands orgues en 1995 et 1996, à la veille de mes 30 ans. Cette année-là, j’étais rédacteur en chef intérimaire de la Revue Notre-Dame du Cap, le magazine du sanctuaire du même nom à Trois-Rivières.

Au fil des célébrations, grâce au talentueux organiste Gilles Rioux, qui était titulaire des orgues du sanctuaire du cap, j’ai découvert le charme de cet instrument.

Ce musicien est né le 16 avril 1965, à Saint-Louis-du-Ha-Ha, dans le secteur du Témiscouata, au Bas-Saint-Laurent. Il est le fils cadet de Roland Rioux (1918-2006) et Anne-Marie Rossignol (1919-2007). Gilles Rioux est un lointain cousin de la lignée d’Alvina Lévesque, mon arrière-grand-mère.

Malheureusement, on n’entend plus beaucoup parler de Gilles Rioux depuis quelques années. Pourtant, c’était un virtuose.

À travers ses interprétations musicales, il avait le don de nous émouvoir, parfois de nous faire pleurer ou de nous procurer des moments de joie. À mes yeux, Rioux était et demeure un génie de l’orgue. Avec ses interprétations musicales, il a su me transporter au septième ciel.

L’organiste du secteur de Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières, à quelques enregistrements à son actif dont « Ave Maria au Grand orgue de la basilique Notre-Dame du Cap » et « Fantachorus », dont des extraits jouaient régulièrement sur les ondes du réseau FM de Radio-Canada dans les années 1990.

À la mi-novembre 1996, Gilles Rioux enregistrait des airs indémodables. Le projet de la maison Phonovox [2] consistait en un coffret de 7 disques contenant les symphonies pour orgues du Français Charles-Marie Widor, titulaire des orgues de Saint-Sulpice à la fin du IXᵉ siècle.

Cinq organistes étaient les vedettes dans cette série : Jacques Boucher de Montréal, Jean-Guy Proulx de Rimouski, Benjamin Waterhouse (2 disques), Jacquelin Rochette de Saint-Hyacinthe de Québec et Rioux (2 disques). Ce dernier interprétait les 3ᵉ et 7ᵉ symphonies et « Les 3 nouvelles pièces ».

Plus tard, je découvrirai d’autres virtuoses de talent, dont Jacques Boucher, Pierre de Grand’Maison, Vincent Boucher, l’actuel titulaire des orgues de l’Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, Dom André Laberge, de l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac, et Pierre Gadbois, le titulaire de l’orgue de la basilique Sainte-Anne, à Varennes, où repose sainte Marguerite d’Youville.

J’ai aussi découvert des grands orgues dont les sonorités me plaisent particulièrement. Mon préféré demeure celui de l’église de Saint-André de Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent, où sont inhumés sous l’église Rémi Garneau et Désanges Gagné, mes arrière-arrière-grands-parents.

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[1] Benoit Voyer. « Mon amour pour les grands orgues », 17 octobre 2024. www.benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/10/mon-amour-pour-les-grands-orgues.html
[2] Benoit Voyer. « Nouvel enregistrement pour Gilles Rioux », L’Hebdo Journal, 17 novembre 1996, p. 43.

SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


ICI ET LA : La nuit à l'hôpital Pierre LeGardeur, à Terrebonne

29 juin 2026

29 juin 2026

29 juin 2026


29 juin 2026

28 juin 2026

MUSIQUE : Guy Boucher cherche encore sa jolie Rose

Guy Boucher cherche encore sa jolie Rose

Par Benoit Voyer

28 juin 2026

Guy Boucher a longtemps cherché sa jolie Rose.

Né le 29 juin 1938 [1], à Saint-Hyacinthe, en Montérégie. Guy est le fils d’Adélard Boucher et de Laura Gaudreau.

Il est baptisé le lendemain dans l’église catholique Notre-Dame-du-Rosaire. Au registre paroissial, on indique qu’on lui a donné les prénoms de Joseph, Guy et André. Son parrain et sa marraine sont sa sœur Yolande et son frère Hubert.

La coqueluche du petit écran a étudié à l’École nationale de théâtre puis il a obtenu quelques rôles à la radio et à la télévision de Radio-Canada.


En 1963, il devient animateur de l’émission Jeunesse oblige et en 1965, il connait un succès retentissant sur disque avec la chanson Devant le Juke Box, chantée en duo avec Ginette Sage.


Guy Boucher est décédé le 18 mars 2012. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame du Rosaire, à Saint-Hyacinthe. Dans l’autre monde, il cherche encore sa Jolie Rose.

Sur Music Youtube :
https://music.youtube.com/watch?v=Q7kO0y0iNeY

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[1] Au sujet de son année de naissance, il y a plusieurs erreurs qui sur Internet. Pour confirmer qu’il est né en 1938, j’ai fait une vérification du registre paroissial de Notre-Dame-du-Rosaire, à Saint-Hyacinthe, et j’ai fait une visite au cimetière du même nom dans la cité maskoutaine.

Cimetière Notre-Dame-du-Rosaire, à Saint-Hyacinthe


SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


27 juin 2026

POLITIQUE : La dette et les finances du Québec

La dette et les finances du Québec

Par Benoit Voyer

27 juin 2026

L'endettement du Québec me préoccupe depuis longtemps. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important.

Le problème est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence : « Qui paie ses dettes s'enrichit ! » Ils avaient raison.

En octobre 2009 [1], je voyais d’un bon œil une série de propositions faites dans un congrès du Parti libéral du Québec : rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée.

En 2009, la dette québécoise était d'environ 122 milliards de dollars et le déficit prévu devait atteindre de 5 à 6 milliards de dollars à la fin de l’exercice financier.

Si je fais une herméneutique de cette époque, je pense toujours qu’il s’agissait de bonnes mesures. C’étaient des solutions de l'époque pour ce temps-là.

Avec les années, je suis devenu frileux à l’idée d’imposer de nouvelles taxes et d'augmenter celles qui existent. La réalité nous montre que plus le gouvernement québécois récolte de revenus, plus il dépense et s’endette. Faire toujours payer davantage les contribuables n’est pas la voie à emprunter. Il faut plutôt couper dans les dépenses publiques, vivre collectivement selon notre capacité de payer et assurer des services raisonnables à la population. L’époque de l’État-providence est révolue.

Comme me disait mon père : « Une dette, c'est une dette de trop. »

Le gouvernement de Philippe Couillard avait réussi à remettre un peu d’ordre dans les finances publiques et avait terminé son mandat avec des surplus budgétaires légendaires dont les Québécois et les Québécoises n’ont pu réellement profiter à cause de l’arrivée de l’administration dépensière de François Legault. J’appréciais Philippe Couillard [2]. Sa rigueur me manque. Malheureusement, François Legault a dilapidé les surplus engrangés au lieu de diminuer la dette et les déficits budgétaires et d’investir massivement dans la mise à jour des infrastructures.

Cet automne, je souhaite voir le parti politique qui nous gouvernera avoir un programme politique simple qui mettra le focus sur nos infrastructures en mauvais état et sur un assainissement des dépenses publiques.

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[1] Benoit Voyer. « Qui paie ses dettes s’enrichit », La Presse, 14 octobre 2009, p. A28.
[2] Cf. Benoit Voyer, « Le budget de l'État québécois », Huffington Post Québec, 7 février 2016, www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-budget-de-l-tat-quebecois_b_9152780

CALENDRIER LITURGIQUE : Le 27 juin est la commémoration du bienheureux Vasyl Velychkovsky


Le bienheureux Vasyl Velychkovsky

26 juin 2026

POLITIQUE : L’autonomie du Québec

L’autonomie du Québec

Par Benoit Voyer

26 juin 2026

Je ne me cacherai pas, fondamentalement je suis un nationaliste conservateur québécois. En figure poétique, le « Québec est mon pays, le pays de mon cœur ». Mais…

Et je dois être honnête, je suis mal à l’aise avec l’idéologie socialiste des partis politiques de gauche et de centre gauche comme le Parti québécois et Québec solidaire. Je connais trop bien les fondements de ces formations.

Au début de ma vingtaine, j’ai été président de l’aile jeunesse du Parti québécois de la circonscription de Shefford (devenue celle de Granby) et, plus tard, président de l’association de Deux-Montagnes et membre de celle de Groulx pour Québec solidaire.

Pour ce qui est du Parti québécois, en 1988, je m’y joins à la demande du député Roger Paré. Avant de m’engager, je lui dis : « Roger, je peux te donner un coup de pouce parce que tu me le demandes sincèrement, mais je dois être honnête : je ne suis pas très chaud à l’idée de l’indépendance du Québec… » Il me répond, le sourire aux lèvres : « On va te convaincre… » Je lui rétorque pour le berner : « Bonne chance ! » Et j’ai travaillé bénévolement à ses côtés quelques années, mais jamais avec une grande conviction lorsque venait le sujet de l’indépendance du Québec. Je me considérais davantage « pariste » que « péquiste ».

Pour ce qui est de Québec solidaire : je me suis laissé simplement endormir par les beaux discours de Françoise David au début de la formation politique. Elle disait que dans QS on peut se parler ouvertement et qu’il y a de la place pour tout le monde. Foutaise ! Dès que je me suis retrouvé dans les « instances officielles », mes idées de centre-droit social, économique et politique n’étaient guère appréciées. Rapidement, on m’a fait comprendre que chez les « orange » on est socialistes et communistes. J’ai rapidement déchanté.

Lors du référendum de 1980, je n’avais que 13 ans. Je m’en souviens bien entendu, mais je n’avais pas encore vraiment d’opinion sur le sujet, bien que mes parents, de fervents fédéralistes, aient voté contre le projet de René Lévesque.

Et puis, est venu celui de 1995, dirigé par Jacques Parizeau. J’ai voté en faveur, mais dans le but de forcer une révision du fédéralisme canadien afin qu’il devienne un ensemble d’États souverains au sein d’une véritable confédération, un peu à l’image de la Communauté économique européenne. Cette idée était celle véhiculée par l’Action démocratique du Québec (ADQ) dirigée par le chef Mario Dumont et c’est toujours la seule raison pour laquelle je pense que j’accepterais de voter en faveur de l’autonomie totale de la province. Comme on dit : « Le Québec d’abord ».

En revanche, en ce moment, c’est d’une évidence : la majorité des Québécois ne sont pas chauds à l’idée d’un autre référendum sur l’indépendance du Québec. Soyons honnêtes, ce rêve appartient au passé. L’obsession de Paul Saint-Pierre-Plamondon de vouloir à tout prix tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat est la position la plus radicale qu’un chef du Parti québécois ait eue depuis 1970. Tous ceux qui vont réellement voter n’en veulent pas.

Tout comme moi, les Québécois sont nationalistes. Au sein de la confédération canadienne, ils veulent que le Québec soit fort et autonome. Les citoyens du Québec sont autonomistes et désirent continuer de cheminer au sein d’un Canada moins centralisateur.

En revanche, je suis honnête. Puisque je suis fortement pour qu’on insère dans les lois la possibilité de tenir des référendums d’initiative populaire, en aucun cas je m’objecterai à la tenue d’une consultation de la population sur l’avenir constitutionnel du Québec.

POLITIQUE : Le sondage du jour


ICI ET LA : Bibliothèque et archives nationales du Québec


Bibliothèque et archives nationales du Québec à la Grande bibliothèque, a Montréal, le 25 juin 2026 en après-midi.

ICI ET LA : Le traversier Lefaivre - Montebello


Le traversier Lefaivre - Montebello sur la rivière des Outaouais, le 25 juin 2026 en début de soirée.





TOURISME ESTIVAL : La Chapelle de la Réparation

La Chapelle de la Réparation

Par Benoit Voyer

26 juin 2026

Située au 3650, boulevard de la Rousselière, dans le secteur de Pointe-aux-Trembles, à Montréal, la première chapelle de la Réparation – qu’on appelle officiellement « le Sanctuaire du Sacré-Cœur et du saint Padre Pio » – a été construite en 1896 grâce aux efforts et à la ferveur religieuse de Marie de la Rousselière. Arrivée au Québec quelques années plus tôt, cette Française avait déjà fait parler d’elle en organisant plusieurs manifestations catholiques à Montréal.

La première chapelle est détruite par les flammes en 1905. Cette même année, on construit la Scala Santa, un escalier saint, sur le terrain du Sanctuaire.

En 1946, le sculpteur Armand Filion réalise dans la pierre la représentation du Sacré-Cœur, de saint François d'Assise et de sainte Marguerite-Marie sur le tympan au-dessus de la porte centrale de la chapelle.

Au fil des années, le Sanctuaire se développe de façon considérable.

En 1921, on érige une grande maison pour les frères capucins.

En 1959, devant l'afflux de fidèles, on entreprend la construction de la grande chapelle Padre Pio de 1500 places, réalisée par André Blouin, un architecte et urbaniste montréalais.

La chapelle de la Réparation et son jardin sont des endroits qu’il faut absolument visiter.

25 juin 2026

UN PEU DE MOI : Louis Voyer (1826-1910)

Louis Voyer
Louis Voyer (1826-1910)

Par Benoit Voyer

25 juin 2026

Le 12 janvier 1826, dans le charmant hameau de Kamouraska, Louis Voyer (qu’on surnomme Louison) et Éléonore Pelletier donnent naissance à Louis. Ses parents sont cultivateurs.

Le nouveau-né est baptisé le lendemain dans la tradition catholique dans l’église Saint-Louis, au cœur du village. Son parrain est Claude Perron et sa marraine Scholastique Roy, des voisins qui disent ne pas savoir signer. Les parents sont absents lors de la cérémonie.

Le 19 octobre 1838, dans la municipalité voisine de Saint-André-de-Kamouraska, naît Joséphine Bélanger, la fille de Célestin Bélanger et Charlotte Dionne. Elle sera baptisée le lendemain dans l’église de Saint-André.

Le 24 mai 1851, la paroisse de Saint-Alexandre est érigée canoniquement.

Le 31 juillet 1855, Louis Voyer, cultivateur, épouse Joséphine Bélanger (1838-1878), fille mineure de Célestin Bélanger et de la défunte Charlotte Dionne, à Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Les deux pères sont les témoins des nouveaux mariés, mais ils ne peuvent pas signer le registre car ils ignorent écrire. L’abbé Joseph Matte (1822-1866), le curé de la paroisse, préside la cérémonie nuptiale. Ils donneront naissance à 11 enfants.

En 1867, c’est la fin du régime britannique en Amérique et la naissance du Dominion canadien.

Le 5 octobre 1878, à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, décède Joséphine Bélanger, sa conjointe. Les funérailles et l’inhumation auront lieu deux jours plus tard. Célestin, le frère de Joséphine, est présent aux obsèques. Il n’y a pas de pierre tombale dans le cimetière.

Le 26 avril 1880, à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, Louis Voyer, 54 ans, épouse en secondes noces Célanire Marquis, 37 ans, fille de Jean-Baptiste Marquis et de Madeleine Lebel. Témoins : Célestin Bélanger, le frère de la défunte Joséphine Bélanger, et un des frères de Célanire.

Le recensement de 1891 indique que Louis Voyer habite toujours à Saint-Alexandre-de-Kamouraska. Il a maintenant 66 ans. Dans la même maison habitent sa seconde femme Célanire Marquis (47 ans), son fils (et mes arrière-grands-parents) Louis Voyer (29 ans) et sa femme Dorilda Garneau (25 ans) et leurs fille et fils Louise Voyer (3 ans), Edgar Voyer (1 an) (mon grand-père) et Rosario Voyer (7 mois) et Ludger Voyer (18 ans) qui se destine à devenir prêtre.

Louis Voyer décède à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, le 26 juin 1910. Ses funérailles sont célébrées le 30 juin 1910. Il est inhumé dans le cimetière de la paroisse. Il n'y a pas de pierre tombale à son nom. Sont présents à l’enterrement son frère Antoine Voyer et Hubert Pelletier, son cousin, et plusieurs autres personnes.

Née le 9 mars 1843, Célanire Marquis décédera le 8 aout 1915. Elle sera également enterrée dans le cimetière de Saint-Alexandre.

Louis et Joséphine sont mes arrière-arrière-grands-parents.



SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


24 juin 2026

MUSIQUE : Daniel Hétu, le compositeur oublié

Daniel Hétu, le compositeur oublié

Par Benoit Voyer

24 juin 2026

Daniel Hétu a toujours été à mes yeux un musicien exceptionnel. Il était organiste, pianiste, arrangeur, accompagnateur, chef d'orchestre et auteur-compositeur-interprète.

Né le 1ᵉʳ décembre 1950 à Montréal, il nous a quittés le 8 janvier 2008 à l'âge de 57 ans. Il était le fils de l'organiste-pianiste Lucien Hétu et l'époux de la productrice Diane Juteau.

Il est tombé dans la potion musicale en bas âge. Il amorce ses études de piano à l'âge de quatre ans avec le grand André Mathieu et enregistre son premier disque, « La parade des soldats de bois », à l'âge de 11 ans.

De 1967 à 1971, il poursuit sa formation en piano, percussions et orchestration à l'École de musique Vincent-d'Indy, à Montréal, et avec l'arrangeur Neil Chotem, connu pour sa collaboration à L'Heptade d'Harmonium.

Daniel Hétu a mené une carrière musicale prolifique dans les années 1970 et 1980. Il a notamment été le directeur musical pour de nombreuses émissions de télévision, dont « Les Coqueluches » à Radio-Canada, en 1976, et « Les Tannants » à Télé-Métropole/TVA, de 1977 à 1981. D’ailleurs, l’animateur Pierre Marcotte le décrivait à cette époque comme un arrangeur "timide" mais "surdoué". En 1981, Daniel Hétu coanime « L'ArtiShow » avec Fernand Gignac et Pierre Lalonde, à TVA.

Le musicien a travaillé avec de nombreuses vedettes de la chanson québécoise, dont René Simard et Ginette Reno (pour lesquels il a été chef d'orchestre), Édith Butler, Renée Claude, Patsy Gallant, Aimé Major et Renée Martel. À titre de chef d'orchestre, il a accompagné des stars internationales comme Charles Aznavour, Gilbert Bécaud et Mireille Mathieu.

En 1979, il interprète sur 45 tours la chanson « Je t'attendais ». Le simple s'écoule à plus de 100 000 exemplaires. Suit un album éponyme qui lui vaut un second disque d'or. Sur cet album, on retrouve la pièce instrumentale « Jardins aux souvenirs » que j’aime beaucoup.

Bien que j’aie apprécié plusieurs de ses chansons, c’est surtout comme compositeur et interprète musical que j’ai apprécié sa contribution artistique. Il est regrettable qu’aucun pianiste n’ait encore pensé à reprendre son répertoire sur disque.

CALENDRIER LITURGIQUE : Le 24 juin est la commémoration de la nativité de saint Jean Baptiste


23 juin 2026


 

HISTOIRE : Les origines de la Saint-Jean-Baptiste

Les origines de la Saint-Jean-Baptiste,
ancêtre de la fête nationale du Québec

Par Benoit Voyer
23 juin 2026

Le 24 juin, la traditionnelle fête du solstice d'été est célébrée depuis l'Antiquité par les druides. Afin de christianiser cette solennité, l'Église a jadis sanctifié cette journée en la mettant sous le patronage de Jean-Baptiste, le cousin du Christ qui exhortait son peuple à la conversion. Déjà au temps des druides, les festivités se terminaient par un grand feu de joie.

En allant habiter les terres du Nouveau Continent, les Français ont emporté avec eux cette vieille tradition.

Cependant, la célébration a gagné une nouvelle popularité avec la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) à Montréal (1834) et à Québec (1842).

Grâce à la propagande de la SSJB, la célébration de la Saint-Jean-Baptiste est rapidement devenue la fête de la nationalité canadienne-française.

Le 20 novembre 1907, Adélard Turgeon, président de la SSJB de Québec, envoie une lettre à Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec (de 1898 à 1925), en séjour à Rome. Il lui demande de réaliser un vœu qui lui est cher, soit la promulgation officielle du fils d'Élisabeth au titre de patron de la race franco-canadienne.

« Je m'empresse de dire que ma démarche toute personnelle me semble à moi-même bien hardie dans une question de cette importance, mais je suis sûr que si la chose est jugée nécessaire, il sera facile d'obtenir les plus hautes et les plus puissantes adhésions à ce projet parmi les concitoyens canadiens-français », écrit Adélard Turgeon.

L'archevêque de Québec intercède en faveur du demandeur auprès du Saint-Père. Le 10 mai 1908, il annonce la bonne nouvelle aux membres de son clergé et demande que celle-ci soit faite au prône de chacune des messes du diocèse.

« Cet acte de bienveillance du Souverain Pontife augmentera encore cette dévotion, et nous attachera davantage à la religion et aux traditions de nos pères. La religion a déterminé les événements qui ont donné naissance à notre race, elle a été notre force aux jours difficiles de notre histoire, elle a été partout et toujours l'infatigable champion de notre nationalité », rédige-t-il dans sa « circulaire au clergé ».

Le bref de Pie X, signé par le cardinal Merry del Val, secrétaire d'État du Vatican, le 25 février 1908, stipule que « C'est pourquoi – et Nous voudrions que cela soit pour le plus grand bien, pour le bonheur et la prospérité de l'Église canadienne et de tous les catholiques de ce pays –, par Notre autorité suprême et par les présentes (…), Nous établissons, Nous constituons et Nous proclamons saint Jean-Baptiste patron spécial auprès de Dieu des fidèles franco-canadiens, tant de ceux qui sont au Canada que ceux qui vivent sur une terre étrangère ».

C'est ainsi que saint Jean-Baptiste est officiellement devenu le patron de la nation franco-canadienne.

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Cet article est une mise à jour de : Benoit Voyer. « Les origines de la Saint-Jean-Baptiste », Revue Sainte-Anne, juin 2003, pp. 253 et 254.




SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


22 juin 2026

TOURISME ESTIVAL : Maurice Duplessis est enterré dans le cimetière Saint-Louis, à Trois-Rivières

Maurice Duplessis est enterré
dans le cimetière Saint-Louis, à Trois-Rivières

Par Benoit Voyer

22 juin 2026

A Trois-Rivières, l’endroit où est inhumé Maurice Duplessis était et reste méconnu du public. En juillet 1996, afin de réaliser un reportage d’été pour l’Hebdo Journal [1], je suis parti à sa recherche.

La préposée au bureau d’informations aux touristes de la rue Notre-Dame, à Trois-Rivières, en ignorait l’existence jusqu’à mon coup de téléphone.

Au bureau de l’archevêché trifluvien, on n’en savait pas plus. La dame au bout du fil finit par me dire : « Allez faire un tour dans le cimetière et vous allez assurément rencontrer notre employé. Il y travaille depuis plusieurs années. C’est le mieux placé pour vous aider ». Sans tarder, je me mets en route.

En arrivant sur place, je suis d’abord étonné par ce beau lieu paysagé à l’allure d’un grand parc. Rapidement, je vois un homme près d’un petit tracteur. Je me dirige vers lui. C’est l’homme que je cherchais. Je me présente. En moins d’une minute, il me conduit vers ma destination.

Ainsi donc, les restes du corps de Maurice Duplessis reposent dans le cimetière Saint-Louis, à l’angle du boul. des Forges et de la côte Laflèche. Le site de la pierre tombale ne laisse pas présager la présence d’un illustre personnage qui a marqué l’histoire du Québec et de la région trifluvienne.

La dépouille est dans le lot 73 du cimetière – 3ᵉ rangée à partir de la côte Laflèche et 5ᵉ pierre tombale à partir du boul. des Forges.

Il est enterré auprès de son père, le juge Nérée Le Noblet Duplessis, décédé le 23 juin 1926, et de sa mère Marie-Berthe Genest, morte le 26 juillet 1921.

Le monument est bien ordinaire. Il est fabriqué en pierre blanche et orné. D’une grande croix où est gravée l’inscription latine « O crux ave spes unica » (Salut, ô croix, notre unique espérance). De simples drapeaux du Québec sculptés dans le roc et peints en bleu permettent de constater le caractère distinct du lieu.

Mon reportage trouvera des échos. L’année suivante, Trois-Rivières verra apparaitre « L’année Duplessis », trois expositions consacrées à son histoire et son héritage.

De plus, le gouvernement du Québec y ajoutera une mention officielle afin d’indiquer aux passants la présence en ce lieu d’un ancien premier ministre.

Maurice Duplessis est né le 20 avril 1890 et décédé à Shefferville le 7 septembre 1959. Il a été député de Trois-Rivières de 1927 à 1959 et premier ministre du Québec de 1936 à 1959.

Il a d’abord travaillé au sein du Parti conservateur du Québec jusqu’à la fondation de l’Union nationale, une coalition de partis politiques.

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[1] Benoit Voyer. Duplessis est enterré au cimetière St-Louis, L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3.

SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


21 juin 2026

POLITIQUE : Entre autonomisme, nationalisme et patriotisme

Entre autonomisme, nationalisme et patriotisme

Par Benoit Voyer

21 juin 2026

Parfois on ne s’y retrouve plus avec les termes et les philosophies qui se rattachent à chacun : nationalisme, patriotisme… Au Québec, une formation se dit même « autonomiste » afin de se distinguer.

Dans les pages du quotidien La Croix [1], j’ai apprécié les propos de Benoist de Sinety. Il explique que le nationalisme, « il faut le dis­tin­guer du patrio­tisme, qui est l’amour de sa patrie, de sa terre, du lieu où on a grandi, de la langue qu’on parle, de la culture de laquelle on est pétri. Le patrio­tisme est légi­time et louable. Le natio­na­lisme, c’est la pen­sée que ma patrie, ma culture, est non seule­ment supé­rieure aux autres, mais qu’elle doit s’impo­ser aux autres. Il conduit à la guerre. »

Effectivement, le nationalisme peut conduire à la guerre, il indique que c’est « moi d’abord » et que les autres, ce n’est pas important. Dans ce concept, on est loin du partage et de l’amour de son prochain.

Au Québec, l’autonomisme se situe à mi-chemin entre le nationalisme et le patriotisme. Il en veut plus pour lui, mais dans le respect des autres. Malheureusement, le mot ne dit pas grand-chose pour le grand public.

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[1] Marguerite de Lasa. « Le chris­tia­nisme sans le Christ devient une idéo­lo­gie mar­quée par le rejet de l’autre », La Croix, 6 juin 2026.

SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


20 juin 2026

PATRIMOINE : Guido Nichiri, le Michel-Ange canadien

Jésus calme la tempête, église Saint-Eugène
Guido Nichiri, le Michel-Ange canadien

Par Benoit Voyer

20 juin 2026

L’artiste italien Guido Ninchiri (1956-1961) est surnommé, à juste titre, le Michel-Ange du Canada. Il est surtout reconnu pour ses magnifiques vitraux qui se retrouvent dans plusieurs églises et lieux publics du Québec. En revanche, Ninchiri était également un excellent peintre et créateur. C’était un artiste accompli.

L’œuvre de Ninchiri m’a toujours impressionné. À Granby, dans l’église catholique Saint-Eugène où j’ai été baptisé, j’ai passé ma jeunesse à admirer ses vitraux. Depuis la fermeture du temple à des intérêts privés, le nouveau propriétaire cherche un nouvel acheteur pour ceux-ci. Je rêve qu’ils trouvent preneurs et qu’on les réinstalle dans un autre bâtiment.

Le roi David, église Saint-Eugène, Granby
À quelques minutes de là, au centre Notre-Dame, siège d’une autre ancienne église catholique construite en 1901, se retrouve une autre série de ses vitraux. Ils sont à mes yeux moins intéressants, mais méritent tout de même le détour.

À Notre-Dame, c’est Guido Ninchiri à ses débuts. À Saint-Eugène, c’est dans ses dernières années.

Nichiri a aussi créé les vitraux de la cathédrale de l’Assomption, à Trois-Rivières, de la basilique Sainte-Anne, à Varennes, où repose sainte Marguerite de la Jemmerais, veuve Youville, et plusieurs de ceux de la cathédrale d’Ottawa.

Dans la bibliothèque du Parlement, sur la colline parlementaire, à Québec, il est possible d’admirer le vitrail « Je puise mais n'épuise », installé à cet endroit en 1916. Il a été réalisé par le peintre Guido Nincheri et le maître verrier Henri Perdriau, selon une maquette de Charles Huot. L’œuvre montre une femme qui revient puiser de l'eau, devant la chute Ouiatchouan, à Val-Jalbert (devenu Chambord), au Lac-Saint-Jean. La femme symbolise l’étude et l’eau la science.

Enfin, au plafond du sanctuaire Kateri Tekakwitha, à Kanawake, à quelques pas du pont Mercier, se retrouvent des œuvres qu'il a peintes entre 1924 et 1928. Ceux-ci mériteraient d’être restaurés.

Je vous reparlerai de lui très bientôt.

SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


19 juin 2026

RÉFLEXION : Être père

Super papa !
Être père

Par Benoit Voyer

19 juin 2026

La société est en plein changement. Le mouvement féministe a considérablement fait évoluer la cause des femmes. Les hommes, poussés au pied du mur, n’ont pas le choix de changer, mais ils ne savent pas toujours comment.

Un jour [1], Jean-Pierre Girard du Réseau hommes Québec de Trois-Rivières me disait : « On a besoin d’un support social pour les hommes […] Ce qu’on a dans le sang, c’est notre modèle de père qui n’est plus tellement approprié à notre société ».

Ce membre d’une famille reconstituée voit trois types de pères. Il y a celui qui dit : « Je travaille. Je rapporte de l’argent. C’est ma femme qui s’occupe de la maison. » Il y a le second qui ne le verbalise point, mais exprime la même chose par des gestes. Il a toujours une raison pour ne pas s’investir. Il fait quelques petites taches et prend un peu de temps avec les enfants si sa conjointe insiste.

Enfin, il y a celui qui s’implique bénévolement dans les loisirs, particulièrement les sports, de son jeune. S’engager dans des activités concrètes est la façon de ce dernier de supporter ses enfants. Pour lui, la mère se spécialise dans la relation affective, l’homme dans l’action.

On ne naît pas père, on le devient. C’est un choix. C’est ce que m’expliquait Hector Bloquière, responsable de la pastorale familiale au diocèse de Trois-Rivières et diacre à la paroisse de la Visitation de Pointe-du-Lac : « Devenir père, c’est accepter de donner la vie. Pas nécessairement en mettant au monde un enfant ! L’homme est aussi un procréateur de vie spirituelle » [2].

Il insistait : « Être père, c’est toujours à recommencer. Ce n’est pas quelque chose d’acquis. Il faut toujours se remettre en question sur sa relation avec sa famille et son épouse ».

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[1] Benoit Voyer. « Réflexion en marge de la fête des pères – Les pères s’impliquent davantage », Hebdo journal, 16 juin 1996, p. 3.
[2] Benoit Voyer. « Réflexion en marge de la fête des pères – Les pères s’impliquent davantage », Hebdo journal, 16 juin 1996, p. 3.


SAINTS ET SAINTES : Parole du bienheureux Frédéric Janssoone


18 juin 2026

PSYCHOLOGIE : La psychodynamique intérieure de l’humain

La psychodynamique intérieure de l’humain

Par Benoit Voyer

18 juin 2026

À l’intérieur de soi, il y a des dimensions d’ombre et de lumière. Au fil des siècles, ces termes ont eu des noms différents ou des figures visuelles devenues étranges, mais en fait c’est toujours la même réalité dont on parle.

Jadis, pour parler de l’ombre, on parlait des démons ou du diable, et pour la lumière, de Dieu En fait, c’était l’image de la lutte en soi entre le mal et le bien. Comme disait un vieux slogan politique : « Le ciel est bleu, l’enfer est rouge. »

Plus près de nous, Freud parlera du « ça » et du « surmoi » toujours en lutte et du « moi », qui doit composer entre les deux.

Dans son livre « Nueva Vida »[1], Florence K. écrit que “Freud peut sembler un peu dépassé aux yeux de certains, mais sa triade ‘moi, ça, surmoi' reflète parfaitement les méandres de ce que nous sommes, les humains.”

Le « ça », c’est la partie sombre de l’intériorité de la personne. C’est le lieu où bouillonnent de façon désorganisée les pulsions les plus pressantes, inconscientes ou non, au milieu des flammes de la passion et du plaisir. C’est le lieu des émotions refoulées. Le « ça » est en constante guerre avec le « surmoi », le lieu qui dicte la bonne conscience.

« Notre « ça » refuse la contradiction. D’ailleurs, il ne la connait pas. Il cherche à tout prix à cracher ce qui menace de déborder », explique Florence K.

Elle ajoute : « Les rêves font partie du royaume du “ça” ; désorganisés, fous, ils ne connaissent aucune limite de temps, aucune frontière, aucun interdit, aucun gardien pour les remettre à l’ordre. Ils sont libres et nous permettent de laisser respirer le temps d’une nuit les pulsions étouffées ».

Lorsqu’on fait des mauvais rêves, on se réveille avec d’étranges sensations : « Dans nos rêves, on peut frapper, on peut tuer, on peut ressusciter, on peut faire l’amour à qui l’on veut, on peut être milliardaire, sauver le monde ou détruire des châteaux. On peut s’abreuver à la fontaine de Jouvence et se retrouver dans le passé, jouer à saute-mouton et visiter l’avenir, renouer avec nos ex, épouser nos fantasmes. On y fait tout ce que le « ça » rêverait d’exprimer […] et de voir prendre vie consciemment, dans la réalité du moi », explique Florence K.

Elle dit encore : « Mais le moi, lorsqu’il est solide, ne cède pas à toutes les pressions du « ça » et arrive généralement à maintenir notre stabilité, notre homéostasie psychique, un équilibre entre plaisir et devoir, grâce entre autres au surmoi, la voix intériorisée des interdits parentaux, la voix de la morale, de la loi, de la culpabilité. Le moi est pris en sandwich entre le « ça » insistant qui veut voir ses fantasmes devenir plaisirs dans le monde externe et le surmoi moralisateur, qui, lui, tape sur les doigts dès qu’il est trop près de laisser passer une fantaisie qui n’aurait pas sa place dans le vrai monde. »

Le « ça », le « moi » et le « surmoi » font partie de la psychodynamique intérieure de l’humain. Celle-ci est normale, mais ils doivent être en équilibre. Comme on disait jadis dans un autre langage, il y a en soi une lutte entre le diable et Dieu ou encore « le diable est aux vaches ».

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[1] Florence K. «Nueva Vida», Libre Expresión, 2021, pp. 146 à 148 (BANQ 927.862165K111n 2021)

RÉFLEXION : Notre père

Notre père

Par Benoit Voyer

18 juin 2026

Je me souviendrai toujours d’une longue conversation que j’ai jadis eue avec Jérôme Saint-Pierre, qui a longtemps dirigé le café chrétien centre-sud sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Il me disait : « L'enfant dit de son père : "Est-ce que je vaux quelque chose ?" » Pour moi, la question élémentaire c'est la valeur de la personne. La mère ne peut pas pleinement répondre à cette question. Seul le père peut le faire. C'est pour cela que le phénomène des pères qui abandonnent leurs enfants est très problématique. L'abandon dit à l'enfant : Je ne veux rien savoir de toi. […] Le père confirme comme Dieu le Père confirme. D'ailleurs Jésus parle en ces mots : il dit toujours que le Père confirme ce qu'il dit et ce qu'il fait. Le père donne la vie de façon bien différente de la mère. Sa façon de faire est vitale, surtout pour la petite fille. […] Un père, c'est quelqu'un qui m'appuie et qui m'aime comme je suis inconditionnellement. »[1] Ainsi en est-il du divin père auquel croient, comme moi, tant de gens.

Lorsque je dis la prière du Notre Père parce que je ne trouve pas les mots justes pour parler à Dieu, je repense à ce que disait saint Alfred Bessette, le fondateur de l’oratoire Saint-Joseph, à Montréal : « Le Bon Dieu n’est pas loin de vous. Il est proche de vous. Chaque fois que vous dites Notre Père, il a l’oreille collée à votre bouche ». Alfred, qui est devenu orphelin de père en bas âge, avait trouvé dans la paternité divine un père adoptif. Bien plus ! Il a trouvé celui qui l’aime inconditionnellement et sur qui il peut s’appuyer.

De son côté, sainte Marie-Léonie Paradis disait : « Vous ne pouvez dire et redire assez souvent, pendant la journée, le Notre Père, en allant, en venant, en travaillant sans cesse, car Dieu est pour nous le plus tendre des pères et jamais nous ne pourrons assez lui marquer notre profonde reconnaissance. » […] « Ayez confiance au bon Dieu comme à un bon père N’allez pas croire que le bon Dieu vous perdra si vous mettez toute votre confiance en Lui. Tenez-vous en paix, quoi qu’il arrive ! »

Le père Jean-Paul Regimbal [2] expliquait que « Tout ce que ce terme de Père renferme de bonté, de fécondité, de tendresse et d'amour, Jésus l'a transporté sur le plan divin afin de nous faire saisir un peu plus le secret de celui qui est son Père et notre Père. Mais il a toujours pris la précaution de rectifier nos idées en nous faisant remarquer que si ces caractéristiques de la paternité se trouvaient chez les pères de la terre, combien plus devaient-elles se trouver chez votre Père qui est dans les cieux. »

Il ajoutait : « Peu avant sa mort, le Christ clôt le cycle de la révélation trinitaire en enseignant clairement l'existence et le rôle d'une troisième personne en Dieu : celle du Saint-Esprit. Il insiste sur sa procession du Père et du Fils et fait comprendre qu'il est le lien d'amour qui unit le Père au Fils et le Fils au Père. Il le désigne d'abord vaguement sous l'image d'un vent très doux pour préciser de plus en plus cette notion vers l'idée d'un souffle d'amour. Saint Paul complète cette doctrine en disant que l'Esprit-Saint n'est autre que l'Esprit de filiation par lequel nous crions : Abba ! Père ! »

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[1] Benoit Voyer. « Le plus fort c’est mon père », Revue Sainte-Anne, octobre 1998, pages 396 à 398. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe-le-plus-fort-cest.html
[2] Jean-Paul Regimbal. « La Trinité dans ma vie de famille », Trinitas, janvier-février 1960, pp. 9 à 11. Cette revue est conservée dans le fonds P049 de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.