RÉFLEXION SPIRITUELLE : Aimer au-delà des préjugés

Aimer au-delà des préjugés

Par Benoit Voyer
17 septembre 2026

Nous ne sommes guère prisonniers de notre passé. Dieu ne nous y enferme pas. Au contraire, il nous veut libres et en bonne santé à l’intérieur de nous-mêmes.

On voit bien cette dynamique à travers les faits, gestes et paroles de Jésus. Il regarde toujours la personne au-delà de ce que les autres voient et jugent.

Se savoir aimés et pardonnés nous apprend à mieux aimer et pardonner en retour. La miséricorde de Dieu nous invite à ne pas enfermer l’autre dans un carcan de préjugés et à mieux l’accueillir dans sa différence, avec ses forces vives et ses blessures intérieures.

Et quand on a confiance, la foi finit toujours par nous guérir, nous délivrer, voire nous sauver de ce qui nous enchaîne. La foi conduit inévitablement à la paix.

Nous sommes invités à changer le regard que nous portons sur les gens. À les voir, comme Dieu les regarde.

GRANDES RELIGIONS : Multiculturalisme, islamisme et immigration


Multiculturalisme, islamisme et immigration

Par Benoit Voyer

17 septembre 2026

La montée de l’islamisme au Canada indique que la philosophie multiculturelle et les politiques d’ouverture et de tolérance qui ont été adoptées par la classe politique depuis l’époque du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et continuées par son fils Justin, sont un échec. Elles conduisent aux mêmes troubles sociaux vécus en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l’Europe et pourraient même nous conduire à une dictature islamique d’ici 50 ans.

Le multiculturalisme propose une vision de la personne qui est déracinée de toute appartenance politique, religieuse, nationale, culturelle et historique. Il va même jusqu’à une décomposition de la civilisation occidentale. Volontairement, il cherche à déconstruire le monde ancien pour implanter de nouveaux modèles.

Dans le domaine de l’immigration, il implique une ouverture totale aux demandes des immigrants. Cela conduit à un déni de son identité nationale propre afin d’accueillir sans restriction celle de la personne qui est accueillie.

Sur ce point, Mathieu Bock-Côté écrivait dans son livre « Le nouveau régime : essais sur les enjeux démocratiques » (Boréal, 2017) : « Ce que les idéologues du multiculturalisme rejettent essentiellement, c’est l’idée qu’un “nous” historique et cohérent sur le plan culturel soit fondateur d’une communauté politique et que les nouveaux arrivants doivent en prendre le pli pour s’y intégrer. »

Avec l’immigration massive, on contribue à l'effacement culturel et à la chute des sociétés occidentales.

Comme Mathieu Bock-Côté et plusieurs autres observateurs et penseurs, je suis très préoccupé par certains courants islamistes.

Je tiens ici à insister sur un point : Je distingue l’islam, qui est une religion, de l’islamisme, qui cherche à faire de l’islam le fondement de l’organisation politique et sociale. L’islamisme n’est pas propre au chiisme. Il existe sous diverses formes dans les univers sunnites et chiites. Certains de ces courants portent un projet de transformation profonde des sociétés et rejettent plusieurs principes politiques et sociaux des démocraties occidentales.

On le voit, l’islamisme est un système politique et religieux impérialiste. Il parle de colonisation de l’Occident - par le nombre et par l’influence - sur la pensée de chaque Occidental ou, en termes plus simples, de « coloniser les esprits ».

On le voit avec évidence en Europe et de plus en plus en Amérique, certains courants islamistes entrent ouvertement en conflit avec les institutions et les valeurs des sociétés occidentales. Le voile intégral et certaines revendications religieuses deviennent des instruments d’affirmation politique.

Mathieu Bock-Côté ajoute : « Ce qui heurte autant le commun des mortels dans le voile intégral, c’est qu’il représente un symbole agressif et militant du refus de l’intégration au monde occidental par une frange de l’islam qui ne doute pas de son droit de conquête. »

Il en va de même avec la prière en public, une autre de leurs armes.

L’islam politique est une théocratie avec son propre ensemble de lois. Cela amène plusieurs fondamentalistes musulmans à résister à l’intégration aux lois canadiennes, car ils veulent maintenir leur propre système juridique.

Un proche m’accusait, il y a quelques mois, de devenir intolérant. Ce n’est pas tout à fait le cas.

En novembre 1996, dans la Revue Sainte-Anne (pp. 439 et 440), dans le cadre d’un reportage, je donnais la parole à Aziza Blili, une Tunisienne de la communauté musulmane de Trois-Rivières. Elle déplorait que les conflits politiques menés au nom de la religion ternissent l’image de l’islam. Ses propos étaient forts : « Les conflits armés qu'il y a autour du globe viennent ternir l'image de l'Islam. Cela m'attriste parce que nous ne sommes pas tous dans le même sac. Il y a des gens qui agissent au nom de la religion, mais ce n'est pas vrai. C'est de la politique déguisée ... Je n'ai jamais vu une phrase dans le Coran qui affirme qu'il faut assassiner quelqu'un parce qu'il ne pense pas comme nous».

À cette époque, j’insistais sur ce qui rapproche chrétiens et musulmans. J’écrivais que tous deux sont « des frères dans la foi », héritiers, malgré leurs profondes différences doctrinales, de la tradition monothéiste issue d’Abraham.

Puis, je vantais les apports considérables de la civilisation musulmane : « Il faut le reconnaître, les Musulmans ont fait de grandes choses pour la société : les chiffres arabes, l'alchimie, l'alcool, l'hôpital (il vient de l'Iran), la pharmacie et le papier (inventé en Chine et transmis par les Musulmans). »

Et je mettais en garde contre les lectures littérales des textes sacrés anciens : « Ce qui est à la source de bien des problèmes, c'est que la méthode historico-critique et littéraire acquise par les Chrétiens pour lire la Bible est rejetée en bloc par de nombreuses communautés musulmanes pour une application au Coran. L'intégrisme vécu dans quelques pays vient d'une compréhension littérale (mot à mot) des textes sacrés. Cette problématique n'est pas étrangère à de nombreux groupes chrétiens. »

Cet article demeure d’actualité. Je crois toujours à la nécessité du dialogue et du respect des personnes, quelles que soient leurs convictions religieuses.

Trente ans plus tard, mon inquiétude porte sur l’instrumentalisation de la foi à des fins politiques. C’est ce que fait l’islamisme.

Je ne suis pas le seul à parler de « l’invasion islamiste du Canada ».

Par exemple, en 2024, si mon souvenir est bon, l’écrivain algérien Boualem Sansal allait beaucoup plus loin que moi et contestait cette distinction entre islam et islamisme. Il disait à l’émission « L’Invité » sur TV5 Monde. : « C'est idiot de séparer islam et islamisme. Au temps du prophète, des gens demandaient déjà l'application stricte de l'islam. De là à penser qu'il y a un islam modéré, c'est une analyse fausse. L'islam est conquérant, prosélyte. »

En 2024, dans plusieurs villes du pays, on a assisté à de grandes manifestations en faveur du Hamas. La rhétorique antisémite, accompagnée de vandalisme, de harcèlement et de perturbation de l’ordre public, est un comportement courant dans ces groupes extrémistes. Ce comportement est intolérable au Canada.

Au Canada, on doit freiner sans tarder l’immigration et arrêter d’accueillir les immigrés qui ne veulent pas s’intégrer aux valeurs de notre pays et qui veulent nous envahir et prendre le contrôle de nos institutions et de notre pays. Il faut une diminution de beaucoup plus que 20 % du nombre d’immigrants. Soyons plus fermes sur le nombre afin d’envoyer un message clair.

En matière d’immigration, notre priorité devrait être d’accueillir des immigrants économiques et des réfugiés appartenant à des groupes persécutés qui n’ont nulle part où aller dans les pays voisins. Je pense ici aux chrétiens, aux yézidis et aux membres de religions minoritaires dans les pays à majorité musulmane ou aux personnes qui sont persécutées parce qu'elles rejettent l'islam politique et adhèrent aux valeurs occidentales.

Et puis, comme l’a fait en 2024 la République du Tadjikistan, en Asie, où 97 % de la population est musulmane, le gouvernement canadien doit officiellement interdire le hijab islamique. Qu’attendons-nous pour dire avec fermeté comme le gouvernement du Tadjikistan que le hijab est une culture étrangère, une invasion culturelle et qu’ici, les femmes ne se couvrent pas les cheveux ?

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le choix d'un peuple

L’Église et la politique


Le choix d’un peuple

Les Québécois iront bientôt aux urnes pour se prononcer positivement ou négativement sur le projet d’accession à la souveraineté du Québec proposé par le premier ministre Jacques Parizeau. Se séparer du Canada, est-ce moralement acceptable? Quelle est la pensée de l’Église face à la démarche du Parti québécois? Comment devons-nous nous y préparer?

Par Benoit Voyer

Le Canada a connu plusieurs régimes politiques. Les ajustements d’après la conquête en 1774, le nouveau système de 1791, le régime de l’Union des deux Canada en 1840 et la Confédération en 1867. «Les régimes politiques ça se change! La France en est rendue à sa 5e République depuis la Révolution française», lance promptement le théologien André Beauchamp qui est reconnu pour ses options souverainistes.

Pour lui, la Confédération canadienne comme les autres structures politiques, ne sont que des façons d’administrer le pays. En 1867, la nouvelle alliance a été conçue à cause d’énormes intérêts économiques liés à la construction des chemins de fer. Cela a été fait sans démarche populaire auprès de la population.

«Si, en 1867, il y avait eu un référendum, poursuit André Beauchamp, il aurait été, vraisemblablement, battu au Québec. Il est clair que l’élection qui a précédé la Confédération a été en partie manipulée par le conservatisme clérical du Québec et que les gens ont élu un gouvernement conservateur, non pas pour adhérer à la Confédération, mais parce qu’ils avaient peur du péril religieux représenté par les “rouges”.»

Église et référendum
Les évêques du Québec, dans toutes questions constitutionnelles et politiques, n’ont jamais voulu indiquer quelle devrait être la route à prendre.

«On est bien conscient que ça doit relever de la démocratie et des choix de la population», dit l’évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, Mgr Bernard Hubert.

Il reprend, ainsi, une déclaration épiscopale de 1972: «Nous affirmons que toutes les options politiques respectueuses de la personne et de la communauté humaine sont libres, tant au plan individuel que collectif».

Au long de l’entretien, Mgr Hubert refait l’historique des déclarations faites depuis 1967 par les évêques qui ont toujours affirmé, depuis ce temps, qu’il y a deux groupes fondateurs distincts au Canada.

«Les évêques ont été conscients du fait que le Québec constitue une communauté ayant son unité, son individualité et son génie propre et qu’il possède, à ces titres, un droit inaliénable et indiscutable à l’existence et à l’épanouissement.» Parlait-on déjà d’une forme de société distincte?

«On n’utilisait pas ce terme, répond Mgr Hubert, mais une société qui avait, à cause de sa concentration francophone, un rôle particulier».

En 1979, l’Assemblée des Évêques du Québec (AEQ) déclare, finalement, que les Québécois constituent un véritable peuple et qu’il a droit à son autodétermination si cela est la volonté collective de ces compatriotes.

Bernard Hubert argumente: «Cela ne veut pas dire qu’on se sépare! Cela veut simplement dire qu’on choisit le mode politique dans lequel nous voulons vivre».

Mgr Bernard Hubert estime que le choix des individus doit s’exprimer clairement au moment du référendum. Les évêques ne feront pas connaître une position politique commune à l’occasion de ce vote historique.

Oui ou non?
Affirmer publiquement et collectivement et directement leur position référendaire, il n’en est pas question pour les évêques. Ils ne sont pas intéressés à jouer le jeu de la partisanerie. «Nous sommes les pasteurs de tous les Québécois», explique Mgr Hubert.

L’Assemblée des évêques du Québec est allée jusqu’à la Commission Bélanger-Campeau pour diffuser ses idées. L’ensemble des commissaires étaient contents, ils voyaient bien que les autorités de l’Église du Québec ne disaient guère de façon cléricale ce qu’il faut dire et penser.

Jacques Parizeau, lors du lancement télévisé de sa démarche préréférendaire, donnait l’impression de reprendre le mémoire des évêques tellement il y avait des similitudes.

L’Église n’est pas là pour se substituer à la société; elle est aussi partenaire de la vie sociale. Elle a un message pour le monde dans lequel elle est présente. L’Église a des choses à dire sur la paix, sur la justice, sur le partage, sur l’égalité homme-femme, sur le respect des minorités, sur la pauvreté dans le monde, etc.

Même s’il ne veut pas influencer le choix des gens, l’abbé André Beauchamp voit plus d’avenir pour le peuple québécois à faire l’option d’un pays bien à eux que de dire “non” à la consultation populaire.

«Une crise postréférendaire, il va y en avoir d’une manière ou d’une autre. Votez “oui” vous allez avoir une série de négociations avec le fédéral et votez “non” et vous aurez les problèmes qu’il y a au Canada depuis 20 ou 30 ans», affirme le théologien catholique.

Il ajoute: «Il y a un danger que dans la perception du Canada, une défaite référendaire veuille dire un enjeu considérable au niveau de l’identité et de l’originalité du Québec au pays. On peut s’attendre à ce que des regroupements, comme Alliance Québec, demandent un alignement du territoire québécois sur les autres provinces canadiennes. Nous aurons à ce moment-là des pertes considérables.»

André Beauchamp ne cache pas qu’il votera positivement au référendum.

Moralement acceptable?
André Beauchamp affirme clairement: se séparer du Canada ce n’est pas immoral! Ce n’est pas un péché! La démarche proposée par Jacques Parizeau est transparente et vraie, donc moralement acceptable.

Ce qui pourrait devenir néfaste au terme de l’éthique, par exemple, c’est le chantage que pourrait faire éventuellement le fédéral en faisant intervenir l’armée ou en faisant peu ou volontairement aux citoyens qui ont un choix à faire.

«Ce qui est fondamental, dit-il, au plan de la conscience, c’est que les gens s’informent, c’est-à-dire qu’ils soient capables d’écouter et d’entendre des arguments en jeu. Ce qui est le plus difficile lors d’un débat, c’est être capable d’entendre des nouveaux faits et de les analyser convenablement.»

Il ajoute que la meilleure façon de bien réfléchir à la question, c’est d’y participer de façon “non passionnelle” en se permettant de décoder les discours strictement idéologiques, les mensonges et les peurs des autres. «Dans ces choses-là, rien n’est jamais objectif. Il faut temporiser les secteurs et ne pas se laisser avoir par “l’hypersuggestivité”», complète André Beauchamp.

Le Vatican
Dans l’éventualité de l’accession à la souveraineté, le Vatican qui est un pays, va-t-il nouer des liens diplomatiques avec l’État québécois?

Mgr Bernard Hubert réagit sans tarder à cette hypothèse par un grand éclat de rire: «Je n’ai pas pensé à cette question!».

De son côté, André Beauchamp conclut que ça prendra un peu de temps car la bureaucratie vaticane est très conservatrice: «Elle va plutôt être en faveur du maintien du Canada dans sa forme actuelle».

(Revue Notre-Dame du Cap, avril 1995, pp. 11 à 13)

16 septembre 2026

AUJOURD'HUI - En direct Live


 

SANTÉ MENTALE : Les liens d’amitié en recul au Canada

Les liens d’amitié en recul au Canada

Par Benoit Voyer

16 septembre 2026

Selon les données de Statistique Canada publiées en juin 2025, les Canadiens fréquentent de moins en moins leurs amis. En 2022, seulement 19,3 % de la population déclarait avoir vu des amis lors d’une journée moyenne, comparativement à 47,9 % en 1986.

Un article publié dans Le Devoir du 4 mai 2026 explique que le recul est particulièrement marqué chez les adultes en âge de travailler. Chez les 25 à 64 ans, la proportion de personnes rencontrant des amis lors d’une journée moyenne est passée de 42,3 % à 13,9 % en trois décennies.

Les jeunes ne sont pas épargnés. Chez les 15 à 24 ans, la fréquentation des amis a diminué de près de 32 points de pourcentage, passant de 72,4 % en 1986 à 40,8 % en 2022.

Cette transformation des habitudes sociales accompagne une montée des préoccupations liées à l’isolement, à la solitude et à la santé mentale.

JEAN-PAUL REGIMBAL - Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Jamais content

Jamais content

Par Benoit Voyer

16 septembre 2026

C’est un trait bien humain. Nous sommes régulièrement en train de nous plaindre. L’hiver, on se plaint du froid et de la neige. L’été, on se plaint de la chaleur et de l’humidité.

En regardant de près les défis de son existence, on rêve de vivre celle des autres.

Lorsqu’on nous dit quelque chose, on aurait aimé qu’on nous dise autre chose.

C’est un peu ce que disait Jésus : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré. » (extrait de Lc 7, 31-35).

Il compare les gens de son époque à des enfants qui ne sont jamais satisfaits. Par exemple, Jean, le précurseur de Jésus, mène une vie austère : on le trouve excessif. Jésus mange et boit avec son monde et on le traite de glouton et d’ami des pécheurs.

Même en matière de vie chrétienne on est ainsi. Quoi que Dieu propose ou enseigne, on trouve une raison de faire la sourde oreille.

Aujourd’hui, il y a une invitation à se questionner : Est-ce que je cherche réellement ce que Dieu veut me dire, notamment à travers des gens que je rencontre, ou est-ce que j’attends qu’il me parle exactement comme je voudrais ?

Il est facile de rejeter une parole parce que la personne qui la porte nous dérange ou parce que sa manière de vivre ne correspond pas à nos attentes ou parce que sa parole nous oblige à changer quelque chose de notre vie.

MA FOI DU BON DIEU


Bienheureuse Marie-Anne Blondin, tout au long de ce jour, intercède pour nous auprès de Jésus.

EGLISE : Les femmes prêtres, ce n’est pas pour demain

Les femmes prêtres, ce n’est pas pour demain

Par Benoit Voyer

16 septembre 2026

Bien que le pape François ait fait avancer le dossier de la place des femmes dans l’Église catholique, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore bien du chemin à parcourir pour qu’elles accèdent au sacrement de l’ordre et deviennent prêtres. Sous les prédécesseurs de François, la cause des femmes était au beau fixe.

Dans une lettre apostolique parue le 29 juin1995 [1], le pape Jean-Paul II réaffirmait la position de l’Église sur la question de l'accès des femmes à la prêtrise. Encore une fois, le chef des catholiques disait : « Non ».

Lorsque l’Église anglicane a soulevé le débat, Paul VI, qui était alors pape, a rappelé aux anglicans que le Vatican tient à ce que l’ordination sacerdotale des femmes ne pouvait être acceptée pour des raisons fondamentales.

Il citait en exemple le passage de l’Évangile dans lequel on apprend que Jésus a choisi ses apôtres uniquement parmi des hommes. Dans la pratique, l’Église a également toujours choisi des membres de la gent masculine.

Comme Paul VI le proclamait et Jean-Paul II le disait aux évêques du Québec, le 6 mai 1993 [2], lors de la visite « ad limina » : « L'Église ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l’ordination sacerdotale ».

Le pape soutenait que « la présence et le rôle de la femme dans la vie et la mission de l’Église, bien que non liés au sacerdoce ministériel, demeurent absolument nécessaires et irremplaçables […] L’Église souhaite également que les femmes chrétiennes prennent pleinement conscience de la grandeur de leur mission : leur rôle sera capital aujourd’hui, aussi bien pour le renouvellement et l’humanisation de la société que pour la découverte parmi les croyants du vrai visage de l’Église ».

Dans sa lettre, Jean-Paul II concluait sur un ton directif en affirmant qu’en vertu de sa mission de confirmer ses frères, tous les fidèles de l’Église doivent faire leur cette position.

À son retour du Vatican, à l’occasion d’une conférence de presse à laquelle je participais à titre de journaliste [3], Mgr Jean-Guy Hamelin, en marchant sur des œufs, déclarait que la Conférence des évêques catholiques du Canada accueillait cet enseignement du pape en le faisant sien : « Les évêques du Canada ont été, spécialement ces dernières années, de vigoureux promoteurs d’une juste place des femmes dans l’Église. Ils continueront de le faire à l’invitation même de la lettre apostolique, et au sein de l’Église universelle et auprès de leurs propres communautés […] On ne peut pas voir dans la présente déclaration, qui réaffirme une position déjà tenue dans l’Église, un obstacle pour continuer à intensifier les efforts des femmes et ceux de tous les catholiques d’ici en vue de les impliquer toujours de plus en plus dans les structures et toute la vie de la communauté des fidèles ».

Ainsi donc, grâce au pape François, la cause des femmes a continué d’évoluer au sein de l’Église. Comme me le disait en 1994 l’abbé Denis Lépine, prêtre au diocèse catholique de Saint-Hyacinthe [4] : « Théologiquement, ça ne tient plus les arguments de Rome. Pour être honnête intellectuellement, allons au bout de la pensée : Jésus n’a choisi, chez ses disciples, que des hommes juifs. Alors, moi, je ne suis pas juif. L’Église a évolué en ce sens à une époque et admettra les femmes éventuellement. Il me rappelait qu’il y a eu, dans l’histoire de l’Église, des diacres féminins. Il s’agit d’un ministère ordonné au même titre qu’un prêtre et un évêque. »

____________________

[1] Jean-Paul II. « Lettre du pape Jean-Paul II aux femmes », 29 juin 1995 www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/letters/1995/documents/hf_jp-ii_let_29061995_women.html
[2] Jean-Paul II. « Discours de sa sainteté Jean-Paul II à l’Assemblée des évêques du Québec en visite « Ad limina », 6 mai 1993 www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1993/may/documents/hf_jp-ii_spe_19930506_quebec-ad-limina.html
[3] Benoit Voyer. « Les femmes prêtres ce n’est pas pour demain - Jean-Paul II réaffirme la position de Rome », Le Plus de La Voix de l’Est, 26 juin 1994, p. 2. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/les-femmes-pretres-ce-nest-pas-pour.html
[4] Benoit Voyer. « Les femmes prêtres ce n’est pas pour demain - Jean-Paul II réaffirme la position de Rome », Le Plus de La Voix de l’Est, 26 juin 1994, p. 2. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/les-femmes-pretres-ce-nest-pas-pour.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Chez les Trinitaires

Chez les Trinitaires

Le R. P. JEAN-PAUL DE JESUS, O.Ss.T., (Jean-Paul Regimbal), (fils de M. Léo Regimbal, décédé, et de Mme Regimbal, de North Bay, Ont., qui a été ordonné prêtre, le 11 mai, à la paroisse S.-Vincent-de-Paul de North Bay, par S. Exc. Mgr Alexander Cartier, coadjuteur de Sault-Ste-Marle,

(La Presse, 18 mai 1957, p. 42)

15 septembre 2026


AUJOURD'HUI


SANTÉ MENTALE : Les écrans contribuent à la montée de l’anxiété chez les ados québécois

Les écrans contribuent à la montée de l’anxiété chez les ados québécois

Par Benoit Voyer

15 septembre 2026

Les troubles anxieux connaissent une progression importante chez les jeunes Québécois. Plusieurs spécialistes pointent du doigt l’omniprésence des technologies numériques dans leur quotidien. C’est ce qui expliquerait pourquoi les adolescents présentent de plus en plus de symptômes anxieux, pendant que leur estime de soi et certaines habiletés sociales diminuent.

Pour des intervenants en santé mentale, le temps passé devant les écrans, particulièrement l’utilisation des réseaux sociaux et du téléphone intelligent, contribue significativement à fragiliser la jeunesse. De nombreux adolescents gardent leur cellulaire dans leur chambre la nuit, voire dans leur lit, ce qui affecte le sommeil, tandis que les réseaux sociaux favorisent la comparaison avec des images souvent irréalistes de réussite et de bonheur. Ces facteurs peuvent accentuer l’anxiété, la dépression et certains comportements à risque.

La technologie ne serait pas l’unique cause du problème, mais son usage intensif s’ajoute à d’autres facteurs comme le manque d’activité physique et de sommeil.

JEAN-MARC AVELINE : Pensée

 


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une mère en héritage

Une mère en héritage

Par Benoit Voyer

15 septembre 2026

La constitution conciliaire Lumen Gentium explique que pendant la vie publique de Jésus, « sa mère apparaît expressément [du début à la fin]. Ainsi la bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la croix, donnée comme sa Mère au disciple par ces mots : « Femme, voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).[1]

Jean, le « tendre aimé » de Jésus, centre et témoin de la scène, devint ainsi l’héritier de Jésus, l’héritier, au nom de tous ceux qui marcheront dans les pas du maitre, d’une mère.

Ainsi, « à travers le disciple qu’il aimait, Jésus s’adressait à tous ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chaque disciple est donc interpellé par le maître d’accueillir sa mère chez soi. Il veut que sa mère devienne notre mère car elle est indissociablement unie à son Fils depuis le moment de l’incarnation jusqu’à l’achèvement complet de la rédemption, donc jusque dans la gloire éternelle. »[2]
____________________

[1] Paul VI. Constitution conciliaire Lumen Gentium, no. 58, 21 novembre 1964. https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html
[2] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké, 1981.

MA FOI DU BON DIEU : Vigiles à l'abbaye Val Notre-Dame


Ce matin, 15 septembre 2026, de 4 h 30 à 5 h 15, j'ai participé aux vigiles à l'abbaye Val Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière.

VOCATIONS : Devenir religieux ou religieuse aujourd’hui

Devenir religieux ou religieuse aujourd’hui

Par Benoit Voyer

15 septembre 2026

Il n’est pas facile de devenir religieux ou religieuse.

La plus grande difficulté rencontrée par la relève est le dépouillement de la foi et de la prière de toutes les sensibleries, de tous les sentiments et de toutes les émotions : « C'est dans la réalité du mystère qu'il faut vivre sa foi »[1], me disait un jour la carmélite Maryse Langevin.

Elle m’expliquait que la place des rites est importante pour vivre ce dépouillement : contemplation silencieuse, vie sacramentelle, lecture des psaumes, etc. Il faut en venir à avoir la conviction que Dieu est présent au cœur de son quotidien sans le sentir par ses émotions.

Elle ajoutait qu’il y a aussi la peur de l'engagement définitif : « Les femmes qui viennent en formation au Carmel veulent rester, mais retardent l'échéance de l'engagement ».

Pour elle, ce n'est pas que dans la vie monastique que cette peur de s'engager se fait sentir, c'est dans toute la société. Cette caractéristique prend sa source dans la psychologie des adolescents. Les jeunes d’aujourd’hui ont de la difficulté à entrer dans l'âge de la maturité. L'adulte n'hésite pas à se donner. Lui seul est capable d'assumer ses choix et de vivre les renoncements que ceux-ci impliquent.

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[1] Benoit Voyer. « Centenaire du décès de Thérèse de l'Enfant-Jésus - Les recrues sont rares au Carmel », Revue Sainte Anne, septembre 1996. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-un.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les Compagnons rentrent d'une première tournée en province

Les Compagnons rentrent d'une première tournée en province

Les Compagnons, deux fois vainqueurs au Festival national dramatique, sont entrés ce matin d'une tournée de trois semaines dans le Nouveau-Brunswick et le Bas-du-Fleuve. Ils ont joué une pièce qui avait connu un extraordinaire succès à Montréal. Il s'agit de « Notre petite ville », une adaptation canadienne-française de l'œuvre qui a bousculé toutes les réussites du Broadway.

La troupe comprenait quatorze acteurs qui voyageaient dans deux voitures et une remorque où étaient placés les décors, les costumes et le système portatif d'éclairage. À chaque endroit visité, les Compagnons demandaient le concours d'une dizaine de personnes de la paroisse pour la figuration.

Dans la présente distribution de « Notre petite ville », Louis de Santis, André Cailloux, Aimé Major, Lionel Villeneuve, Madeleine Langlois, Paule Bayard, Carmen Tremblay, Marcelle David, Gisèle et Gaby Gascon ont repris les rôles qu'ils avaient créés à Montréal. La distribution était complétée par des élèves de l'Atelier des Compagnons qui en étaient plus ou moins à leurs débuts : Marie Bertrand, Francine Montpetit, Claude Desrosey et Jean Deslauriers.

On sait que la pièce qui a été présentée cinq fois au Gésù, au début de cette semaine, « Celle qui a vécu sa vie », était jouée par l'Atelier des Compagnons, avec Bouda Bradon comme metteur en scène.

Bientôt plusieurs autres coins de la province verront arriver la sympathique caravane des Compagnons qui apporteront l'enchantement de leur théâtre à tous : cultivateurs, marchands et professionnels. Car la pièce a été choisie précisément à cause de ses qualités humaines et de son charme facile. Une pièce qui plaît à tous, disent les Compagnons.

« Notre petite ville » a été traduite par les Compagnons et adaptée pour la présente tournée à un milieu canadien-français. On retrouve en scène le bon docteur de la place, le docteur Deschênes, le journaliste M. Saindon, les deux mamans, la jeune Émilie qui se mariera bientôt à Georges Deschênes, le laitier Tenfant Ladouceur, le p'tit gars, Tit Jos Godbout, qui passe les journaux, le constable Tanasse, le restaurateur, M. Langlois, l'entrepreneur de pompes funèbres, etc., etc.

« Notre petite ville », c'est notre histoire à tous ramassée dans les limites d'une petite ville : la vie quotidienne, les jeunes amours, le mariage, le départ. On rit et on s'émeut au spectacle de « Notre petite ville ».

Voici maintenant la liste des endroits visités par les Compagnons : Université Saint-Joseph (23 mai) ; collège de Bathurst (25 mai) ; Campbellton (26 mai) ; Causapscal, Théâtre Canadien (27 mai) ; Matane (28 mai) ; Mont-Joli (29 mai) ; Amqui, Théâtre Figaro (30 mai) ; Baie-Comeau (31 mai et 1er juin) ; Centre paroissial des Trois-Pistoles (2 juin) ; Séminaire de Rimouski (3 juin) ; Cabano (4 juin) ; Rivière-du-Loup (5 juin) ; Sainte-Rose-du-Dégelé (6 juin) ; Rivière-Bleu (7 juin) ; Saint-Pacôme (9 juin) ; Montmagny (10 juin) ; École normale de l'Islet (11 juin).

La troupe du Père Legault repartira mardi le 17. Elle jouera « Notre petite ville » le 17 juin à Berthierville, le 19 à Shawinigan. Du 28 juin au 8 juillet, Les Compagnons feront la tournée Chicoutimi–Lac-Saint-Jean.

Les sociétés ou organisations paroissiales qui aimeraient recevoir Les Compagnons au cours de l'été n'ont qu'à écrire à leur secrétariat, 2022 est, rue Sherbrooke, Montréal.

(Le Devoir, 13 juin 1952, p. 6)
NOTE : Celle qui a vécu sa vie est une pièce de Jean-Paul Regimbal

14 septembre 2026


POLITIQUE : La démocratie, c’est l’art du dialogue

La démocratie, c’est l’art du dialogue

Par Benoit Voyer

14 septembre 2026

Nous sommes chanceux d’habiter le Canada, ce grand pays qui nous permet d’être ce que nous sommes sans contrainte.

À juste titre, dans un discours qu’il prononçait devant le Congrès du travail du Canada, le premier ministre John Diefenbaker disait, le 25 avril 1958 : « Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m’exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l’entends, libre d’appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m’opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m’engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l’humanité. »

Malgré tout, la démocratie canadienne reste fragile. N’y allons pas par quatre chemins : la démocratie n’est pas un objectif vague à atteindre. Il s’agit plutôt d’un processus. Pour y entrer, il faut la pleine participation et l’appui de tous.

La démocratie nécessite qu’on ne brime pas la liberté d’expression. Chacun a le droit d’exprimer sa différence. L'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme dit que « tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

Dialoguer
Une chose que la vie m'a apprise, c'est que pour bien dialoguer et se comprendre, il faut écouter avec le cœur. C'est ce qu'on appelle l'empathie.

Ce n’est pas la première fois que j’écris sur le sujet. Le 21 septembre 2014, dans la défunte version québécoise du Huffington Post [1], j’abordais le sujet de l’art du dialogue empathique.

J’écrivais que pour y parvenir, une ouverture réciproque sans peur de l'autre est nécessaire parce que la peur est l'ennemi de l'ouverture. « Lorsque j'ai peur, une part de moi se referme. C'est un mécanisme normal de défense. »

Et j’ajoutais : « Savoir écouter, ce n'est pas seulement entendre ce que l'autre me dit. C'est surtout savoir saisir ce qu'il tente d'exprimer avec toute sa personne. C'est ce qu'on appelle le langage non verbal. On dit qu'à peine 7 % de la communication humaine se fait avec des mots. Il y a tant de choses dont on ne trouve jamais le verbe pour l'exprimer.

Au-delà des paroles et des actions, qu'est-ce que le cœur de la personne devant qui je me retrouve veut exprimer ? Qu'est-ce que les attitudes et le langage de son corps disent ? J'aime l'idée que le corps placote autant que les syllabes en bouche.

La rencontre de cultures différentes (tout comme le dialogue intergénérationnel) se passe de la même manière qu'entre deux personnes qui tentent de se comprendre. »

Être soi
Le point de départ d'un bon dialogue, c'est l'identité individuelle. Ainsi donc, ce sont deux « moi » - ou personnes - qui s'ouvrent un à l'autre ou, pour reprendre les termes de la série jeunesse « Passe-Partout », « deux fesses qui se connaissent ».

C'est un vieil adage : Il est impossible de bien connaître l'autre qui est devant moi, si je ne me connais pas moi-même. Et puis, je ne peux guère accueillir sa différence, si je suis incapable d'affirmer la mienne. Ainsi, pour apprécier une autre culture différente de la mienne, il faut avant tout aimer celle qui a fait de moi ce que je suis. Pour apprécier le pays d'autrui, il est préférable d'avoir visité le sien. L'autre n'est pas moi.

Ce que j’avançais dans le Huffington Post reste d’actualité : « Lorsqu'on veut véritablement comprendre culturellement l'autre, il est important de mettre de côté les réponses faciles, les propos superficiels et les idées préconçues. Et puis, éviter de se comporter en conquérants ou en « personne qui fait pitié ». Enfin, la rencontre avec une autre culture n'est possible qu'en restant humble ».

Je me souviendrai toujours de la réponse de l'abbé Dumont à Esther Létourneau dans le roman historique « Un amour éternel » d'André Mathieu (Éditions Coup d'œil) : « Je me demande de plus en plus s'il ne faut pas plutôt laisser la route reconnaître le voyageur ». Ainsi, le plus important est de se mettre en route et marcher ensemble sans rien précipiter. C’est cela l’art du dialogue qui conduit à une vraie démocratie.

Instituée par l'Organisation des Nations Unies, la Journée internationale de la démocratie est célébrée chaque 15 septembre afin de rappeler l'importance de la participation citoyenne, du respect des droits et libertés, et du bon fonctionnement des institutions démocratiques.

____________________

[1] Cf. Benoit Voyer. « Apprendre à dialoguer avec les Premières Nations afin de sortir des préjugés», Huffington Post Québec, 21 septembre 2014 (page consultée le 29 juillet 2024) www.huffpost.com/archive/qc/entry/apprendre-a-dialoguer-avec-les-premieres-nations-afin-de-sortir_b_5844076

FRÉDÉRIC JANSSOONE : Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi »

Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi »

Par Benoit Voyer

14 septembre 2026

Il y a de ces paroles fortes qui marquent notre existence. C’est ce qui est arrivé le 5 novembre 1987 lors des funérailles catholiques du premier ministre René Lévesque. Bien entendu, je n’étais pas au nombre des dignitaires réunis dans la basilique-cathédrale Notre-Dame, à Québec. Comme un grand nombre de Québécois et de Québécoises, j’ai vécu ce moment historique grâce à la télévision.

Dans son homélie, Mgr Jean-Marie Fortier expliquait que Dieu travaille en nous et que nous aimerions parfois tout comprendre, tout croire avec assurance, mais Jésus demande que nous accueillions d’abord son amour. Celui-ci finit par porter du fruit.

L’archevêque de Sherbrooke et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec disait donc que croire en Jésus, ce n’est pas seulement adhérer à une vérité, mais c’est laisser la certitude d’être aimé par Dieu transformer doucement notre manière d’aimer les autres. La foi est moins une évidence soudaine qu’une semence qui grandit.

Jean-Marie Fortier disait : « Des hommes et des femmes viennent vers Jésus, partis des horizons les plus divers, rejoints dans les circonstances les plus variées. Ils arrivent dans des dispositions personnelles qui vont de la réticence explicite, de la simple curiosité jusqu'à la sympathie déclarée. Nicodème est le type du candidat à la foi. La rumeur est parvenue à ses oreilles d'un prophète qui va et vient sur les routes, parlant d'autorité et accomplissant des miracles. Il se présente « de nuit », soit par peur de se compromettre, soit par souci de se ménager un long entretien avec le Maître. […] Surgit, à la fin de l'entretien, la grande révélation : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17) Il n'est pas sûr que Nicodème quitta le Christ totalement conquis. La Parole de Dieu est une semence dont la croissance est habituellement lente. » Mais cette rencontre avec Jésus marquera profondément la vie de Nicodème et, finalement, portera des fruits.

En terminant son commentaire sur l’évangile des obsèques de René Lévesque, un homme devenu un personnage mythique de l’histoire du Québec, Jean-Marie Fortier disait l’essentiel à comprendre : « Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi », en ce sens que la foi en Dieu et en Jésus-Christ est toujours susceptible de s'enraciner plus avant dans notre être, de croître et, enfin, de produire des fruits plus abondants de justice et d'amour. Que les baptisés ne se targuent donc pas de leur baptême comme d'un privilège. Qu'ils le considèrent plutôt comme un appel au dépassement. »

MA FOI DU BON DIEU : Lectio divina


Vers  2h, ce matin, ma table de salon s'est transformée en table sainte où s'est ouverte ma Bible aux Actes des Apôtres où se raconte la conversion de Paul. Après avoir médité ce récit, j'ai lu un extrait du livre "Quand la Parole prend feu" de François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé : "C'est sur ce livre-là que tes yeux devraient se poser dès ton réveil, avant les vigiles; c'est encore le dernier livre sur lequel tu devrais t'endormir le soir."

PORTRAIT : Voici comment et pourquoi je suis devenu prêtre de l’Opus Dei

Voici comment et pourquoi je suis devenu prêtre de l’Opus Dei

Par Benoit Voyer

14 septembre 2026

L’abbé Éric Nicolaï est un homme à l’intelligence au-dessus de la moyenne. Il possède une solide formation humaine, spirituelle et universitaire. En 1995, après avoir obtenu une maîtrise en histoire de l’art de l’Université Laval à Québec avec une thèse portant sur les portraits d’enfants au 19e siècle, il obtient un doctorat en théologie de l’Université pontificale de la Sainte-Croix, à Rome, avec une thèse ayant pour thème : « Les règles exégétiques de Hugues de Saint-Victor ». Ordonné prêtre le 15 septembre 1994 pour la Prélature de l’Opus Dei, il a toujours été habité par un feu dévorant d’amour pour son Jésus. Son parcours de vie est unique.

Nous nous sommes fréquentés quelques années. Nos chemins se sont séparés vers 2007. J’ai cherché à quelques occasions à le revoir, mais en vain. Mes lettres et messages n’ont jamais eu de suite. J’aurais aimé lui dire un simple et honnête « merci » pour ses bons conseils et son amitié. Bien que notre vision de la foi chrétienne n’était pas toujours au diapason, il a marqué ma vie.

En 2003, il m’a permis de partager son histoire aux lecteurs de la Revue Sainte-Anne [1].

***

BENOIT VOYER – Monsieur l’abbé, qu’est-ce qui vous a amené à devenir prêtre de l’Opus Dei?

ÉRIC NICOLAI – C’est une longue histoire. D’abord, j’étais protestant. Donc, avant d’adhérer à l’Opus Dei, j’ai dû demander à être reçu dans l’Église catholique.

B.V.- Alors, commençons par le début. Vous êtes originaire d’où?

É.N.- Je suis né à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. Mes parents, des immigrants allemands, voulaient que je fréquente une école catholique. Mais de religion protestante, il n’y avait pas de place pour moi. Elle acceptait d’abord les enfants catholiques et, après, s’il restait de la place, les protestants. Il n’y a jamais eu de place pour moi! J’ai donc étudié à l’école protestante du quartier où j’habitais, à Saint-Lambert. Jusqu’à l’âge de 17 ans, je n’ai pas pratiqué de religion, suivant ainsi les traces de mes parents.

B.V.- Qu’est-ce qui s’est passé dans votre vie à 17 ans?

É.N.- Je me posais des questions sur le sens de la vie. Il me semblait qu’il devait y en avoir un qui ne soit pas banal. De plus, je me suis rendu compte que je devais répondre à une interrogation fondamentale : « Est-ce que Dieu existe, oui ou non? » Ce n’était pas une simple question intellectuelle, car la réponse donnée à cette interrogation suppose toujours un engagement vital.

Au Cégep, je fréquentais un ami catholique. Nous nous connaissions depuis l’enfance. Mes autres amis étaient protestants, comme moi, mais j’étais non pratiquant. Les protestants étaient très enclins au prosélytisme. Ils m’encourageaient fortement à vivre plus intensément ma foi protestante et surtout à lire la Bible. Chaque fois que je m’exclamais : « Ah! Mon Dieu! Oh! My God », ils disaient : « Tu ne peux pas dire ça!| Tu ne peux pas dire ça! C’est un sacrilège! » (rires). Ils m’ont fait réaliser à quel point je disais souvent « Oh my God! », sans lui donner vraiment toute sa valeur. Leur attitude m’indisposait énormément.

Mon ami catholique, Dwight, était tout le contraire d’eux. S’il avait une difficulté, parce que j’étais son ami, je l’encourageais, je le soutenais. Je ressentais un devoir de l’aider. Par exemple, je l’accompagnais même à la messe, non pas parce que la messe comme telle m’intéressait, mais parce que je l’appréciais et qu’il était content de me voir l’accompagner. Nous parlions de toutes sortes de choses.

Un jour, en marchant vers l’église, il me dit : « Écoute, c’est le seul moment que j’ai pour réciter mon chapelet. Tu devrais m’aider! Sinon, je vais me distraire et je n’aurai pas le temps. » Je lui ai demandé : « Qu’est-ce que le chapelet? » C’est alors qu’il m’a appris la partie du chapelet que je devais dire « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. » J’ai donc prié avec lui sans vraiment prier, simplement parce que je voulais lui être utile.

B.V.- Est-ce que Dwight était membre de l’Opus Dei?

É.N.- Non, mais il connaissait un prêtre de la Prélature. Il fréquentait le Centre Riverview, la maison pour les étudiants où je suis actuellement aumônier. Il s’y rendait occasionnellement pour sa formation spirituelle.

B.V.- D’où lui venait cette ferveur religieuse? C’est rare chez les jeunes!

É.N.- Dwight étant d’une grande sensibilité religieuse, l’Opus Dei l’aidait à mieux comprendre sa foi. Il me parlait de la foi comme on parlait de bien d’autres sujets. Il ne me donnait pas l’impression de vouloir me convaincre comme mes amis protestants. Parfois, je lui exposais mes arguments et on en discutait.

B.V.- Est-ce que vous avez gardé un lien avec Dwight?

É.N.- Nous nous rencontrons assez régulièrement. Après avoir fait des études dans une école culinaire, il est devenu cuisinier. Je continue de lui apporter mon soutien. Il habite Montréal.

B.V.- À quel moment avez-vous décidé de devenir catholique?

É.N.- Un jour, assis dans un autobus, je réfléchissais à mes conversations avec Dwight. Jésus-Christ, l’Évangile, l’histoire de l’Église… « Il serait tout à fait absurde que tout cela soit une pure invention humaine. Qui aurait la folie de dire : On va inventer un paquet d’histoires pour induire les gens dans l’erreur? » C’était clair pour moi que toute cette tradition devait reposer sur une vérité. Ce jour-là, j’ai décidé d’être catholique.

B.V.- Mais vous n’étiez pas baptisé…

É.N.- Mes parents protestants m’avaient fait baptiser dans leur communauté protestante lorsque j’étais enfant, mais je ne savais pas qu’il fallait être reçu dans l’Église, dans la grande Église, pour porter le nom de catholique.

B.V.- De quelle manière avez-vous appris cela?

É.N.- Au Cégep, entre jeunes, un jour que nous parlions de religion, chacun disait quelle était la sienne. « Je suis bouddhiste, moi », puis un autre, « moi, je suis protestant… ». « Et toi, Éric, qu’est-ce que tu es? » J’ai répondu « Je suis catholique! » Il y a eu un silence. Une fille m’a regardé et m’a dit : « Tu n’es pas catholique, toi! » J’ai rétorqué : « Oui, je suis catholique! Je crois tout ce que l’Église enseigne… » Elle ajouta : « Tu penses que tu es catholique… mais tu ne l’es pas! » Sa réponse m’a bouleversé parce que je pensais l’être.

J’ai mentionné à Dwight ce qui m’était arrivé. « Il faut que tu sois accueilli dans une communauté de foi », m’a-t-il répondu. Alors j’étais catholique dans mon cœur, mais baptisé protestant, je n’étais pas en plein communion avec l’Église catholique.

J’ai suivi alors quelques catéchèses initiatiques. Mgr Norbert Lacoste m’a bien expliqué les fondements de la foi catholique. Ensuite, le 14 mars 1982, j’ai fait une profession de foi durant une célébration eucharistique à la paroisse Saint-François-d ’Assise, à Saint-Lambert. J’avais 18 ans. Mes parents ont assisté à la cérémonie.

B.V.- Est-ce qu’ils étaient d’accord avec votre choix?

É.N.- Ils pensèrent surement que cela n’était qu’une étape de mon adolescence et que je m’en sortirais. (Il lance cette phrase sur le ton de la plaisanterie avant de poursuivre plus sérieusement) Toutefois, ils ne se sont pas opposés à mon choix parce qu’ils ont toujours eu un grand respect de la liberté.

B.V.- Pourquoi n’y a-t-il pas eu un nouveau baptême?

É.N.- Vous savez sans doute que l’Église catholique reconnaît la validité du baptême reçu dans certaines communautés protestantes et que l’on ne peut être baptisé deux fois. C’est la raison de ma profession de foi.

B.V.- Quand avez-vous fait votre initiation aux sacrements du pardon et de l’eucharistie?

É.N.- Quelques jours auparavant, Mgr Lacoste avait entendu ma première confession et, à l’occasion de ma profession de foi lors de la célébration eucharistique, j’ai pu faire ma première communion au « corps du Christ ». Cela a été un moment très émouvant pour moi. Dès ce jour, j’ai commencé à assister chaque jour à la messe. C’est ainsi que le Seigneur a pris peu à peu une grande place dans mon âme.

B.V.- Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à connaître l’Opus Dei?

É.N.- C’est mon ami Dwight qui m’a fait connaître l’Opus Dei. Un jour, on s’est donné rendez-vous au métro Guy-Concordia, à Montréal. Sans me dire quoi que ce soit, il m’emmène à la résidence Riverview près de l’Université McGill pour me montrer à quel endroit habite son directeur spirituel.

J’entre. Il me présente. Je m’entretiens environ cinq minutes avec un prêtre qui habite l’endroit. « Comment vas-tu, Éric? Est-ce qu’il t’arrive de prier? » Nous bavardons.

L’homme au col romain doit mettre un terme à la conversation afin de descendre à la chapelle pour le salut au Saint-Sacrement. Je n’ai aucune idée de quoi il s’agit. Il m’invite. L’hostie est exposée dans un merveilleux ostensoir. Bien que je ne sache pas trop ce qui se passe, je suis très impressionné. Je savais que je pouvais communier au « corps du Christ », mais je ne savais pas que nous pouvions l’adorer. Ce fut le début d’un grand amour pour le Seigneur dans l’eucharistie.

B.V.- Vous avez commencé à fréquenter l’Opus Dei dès cette journée?

É.N.- Occasionnellement, j’y retournais pour la méditation du vendredi soir. Au mois d’août 1983, ma famille déménageait à Toronto parce que mon père y était muté par son employeur. J’ai donc cessé de fréquenter la résidence universitaire.

À mon départ, on m’a dit : « Tu pourrais appeler le centre de l’Opus Dei à Toronto… » J’ai répondu positivement à l’invitation, mais je ne pensais pas donner suite à cela.

Un mois plus tard, ne connaissant personne à Toronto, j’ai décidé de téléphoner pour bavarder un peu. Une voix répond : « Comment t’appelles-tu? » Je me présente. « Éric, comment ça va? Viens faire un tour! » L’homme au bout du fil est fort gentil. Nous nous donnons rendez-vous. C’est à ce moment que j’ai commencé à fréquenter régulièrement la maison de Toronto pour la méditation et pour la direction spirituelle avec le prêtre.

B.V.- Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à adhérer officiellement à l’Opus Dei ?

É.N.- Après un certain temps, on m’en a fait la proposition. Un jour, j’ai parlé de l’idée du mariage avec un ami. Par la suite, j’en ai discuté avec mon accompagnateur spirituel. Le prêtre me lance : « Peut-être que dieu te demande PLUS que te marier ». Tout en soulignant que le mariage est un authentique chemin de sainteté, il me dit que l’Église a besoin aussi d’homme qui se consacrent au célibat. Aussitôt que le mot PLUS est tombé de sa bouche, je n’ai pu m’arrêter d’y penser.

B.V.- Pourquoi?

É.N.- Je prenais conscience que ce n’est pas juste moi qui planifie ma vie. Dieu est toujours là pour me demander quelque chose de PLUS. Ce PLUS était pour moi une invitation au célibat apostolique et la possibilité de travailler avec plusieurs personnes, surtout pour faire connaître l’enseignement du Christ et de l’Église. L’idée m’a fait un peu peur, mais, en même temps, elle m’attirait.

Dans une prière, j’ai dit au Seigneur : « Je veux bien te suivre, mais je ne peux pas abandonner ma passion pour la peinture et les arts. » J’ai finalement compris que Dieu ne voulait pas que j’abandonne cet univers et que je pouvais le suivre complètement à l’intérieur de cette profession.

B.V.- Est-ce que vous avez accepté sans trop y penser?

É.N.- C’était le temps de Noël. J’ai donc pris quelques semaines de vacances dans les Cantons-de-l ’Est, au chalet de mes parents. Pendant ces trois semaines, j’ai surtout essayé d’enlever cette idée de mon esprit, mais elle revenait toujours. Le 14 janvier 1984, j’ai écrit une lettre au prélat de l’Opus Dei pour lui signifier mon désir de devenir membre de la prélature à titre de laïc célibataire.

B.V.- À quel moment avez-vous reçu l’invitation à devenir prêtre?

É.N.- En devenant membre de l’Opus Dei, il n’était pas question pour moi de devenir prêtre. On m’a expliqué : « Tu es célibataire. Tu restes laïc. Tu pourrais aussi devenir prêtre si on te le demande, mais tu es libre de dire non. »

J’ai donc terminé une maîtrise à l’Université Laval en histoire de l’art et j’ai commencé à travailler à titre d’assistant à la recherche pour une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. L’histoire de l’art me passionnait. Le temps passait. Or, un jour, je suis invité à réfléchir sérieusement sur la possibilité d’aller étudier la théologie à Rome. Une fondation montréalaise, la Fondation pour la culture et l’éducation, qui finance les études de séminaristes qui fréquentent l’Université pontificale Sainte-Croix à Rome, m’offre une bourse.

L’idée était de me préparer à être encore PLUS au service de l’Opus Dei, d’approfondir son esprit et d’étudier afin d’être davantage disponible pour des tâches de formation. Ces études seraient pour moi un temps de réflexion sur la possibilité de devenir prêtre. J’ai accepté.

B.V.- Comment vos parents ont-ils réagi à votre projet d’aller étudier à Rome?

É.N.- Au début, ils ont été surpris parce qu’ils s’étaient toujours imaginé que j’allais un jour me marier. Finalement, voyant mon enthousiasme devant ce projet et que j’étais heureux à l’intérieur de l’Opus Dei, ils m’ont encouragé.

B.V.- Est-ce que vous avez travaillé durant ces années en Italie?

É.N.- J’ai travaillé occasionnellement au service de traduction au Vatican, étant donné ma connaissance des langues allemande, espagnole, italienne, française, anglaise et latine. Ce travail m’a permis de rencontrer le Saint-Père et de lui parler personnellement.

Au début de 1994, en plein milieu de ma thèse doctorale, après cinq ans d’études à Rome, on m’a demandé si j’acceptais d’être ordonné prêtre. J’ai accepté cet appel comme un PLUS pour servir Dieu à l’intérieur de l’Opus Dei. J’ai été ordonné le 15 septembre 1994 à la basilique Saint-Eugène, à Rome.

B.V.- Qu’est-ce qu’il y avait d’impressionnant ce jour-là?

É.N.- Nous étions 44 membres de l’Opus Dei à recevoir le sacrement de l’ordre en même temps et la basilique était pleine à craquer! Une trentaine de membres de ma famille qui habitent en Allemagne sont venus et d’autres sont venus du Canada. Tous étaient protestants. Ma mère et ma sœur ont pleuré. Après la célébration, mon père m’a dit être très fier de moi.

B.V.- Quand êtes-vous revenu au Canada et quel a été votre parcours depuis ce temps?

É.N.- Je suis revenu à Montréal à l’été 1995. J’ai travaillé à Toronto comme aumônier d’une résidence de l’Opus Dei. J’ai eu aussi l’occasion d’enseigner dans une école secondaire privée. Depuis quelques années, je suis aumônier du centre universitaire Riverview, situé tout près des universités McGill et Concordia, sur l’avenue du Musée, à Montréal.

En plus de m’occuper du bureau d’information de l’Opus Dei au Canada, j’anime des retraites spirituelles et des ateliers d’études dans des centres de formation confiés à l’Opus Dei.

B.V.- Pourquoi avez-vous choisi de devenir prêtre de l’Opus Dei?

É.N.- Comme saint Josémaria Escriva, je veux devenir un saint en sachant que je serai« un pécheur jusqu’à la fin de mes jours. N’allez pas penser que le saint est une personne parfaite et sans défaut. Mais le saint est celui qui, s’il lui arrive de trébucher, se relève aussitôt, en toute humilité, pour continuer sa route au service des autres. Je veux répondre à cet appel personnel que Dieu m’a fait et je désire être son instrument pour amener les âmes au Christ.

______________________

[1] Article publié en deux parties dans les éditions d’octobre et novembre 2003 de la Revue Sainte-Anne et publié à nouveau dans le livre Les Témoins de l’essentiel, Éditions logiques, 2005.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : « Celle qui a vécu sa vie »

« Celle qui a vécu sa vie »

Les 9, 10 et 11 juin prochains, à la salle du Gésù, les Pères Trinitaires présenteront « Celle qui a vécu sa vie », un spectacle en hommage aux mères chrétiennes. Cette pièce, interprétée par un groupe d'artistes des Ateliers des Compagnons, a pour but d'éblouir les yeux de l'âme par le prodige de la grâce opéré dans le cœur d'une humble mère de famille, à cause de sa fidélité à ses devoirs d'épouse et de maman. Son Excellence Mgr Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, présidera la soirée du 9 juin, jour anniversaire de la mort de la « sainte Taigi ».

« Celle qui a vécu sa vie », c'est l'histoire de la bienheureuse Anna-Maria Taigi. Née à Sienne (Italie), le 29 mai 1769, d'une famille aisée, elle a dû émigrer à Rome par suite d'un revers de fortune. Malgré sa piété, elle se laissa aller un moment aux mondanités après son mariage à Domenico Taigi en 1790. Mais bientôt Anna-Marie immola tout à Dieu, vécut une vie profondément mortifiée et mourut le 9 juin 1837, après avoir pratiqué toutes les vertus chrétiennes.

(Le Devoir, 31 mai 1952, p. 6)
NOTE : Il s’agit d’une pièce de Jean-Paul Regimbal

13 septembre 2026


SANTÉ MENTALE : La souffrance silencieuse des hommes

La souffrance silencieuse des hommes

Par Benoit Voyer

13 septembre 2026

Les hommes aussi peuvent souffrir de dépression, mais leur détresse est souvent moins visible que celle des femmes. La dépression masculine est généralement plus « masquée » : afin d’éviter d’exprimer leurs émotions, bien des hommes s’isolent, se retirent ou manifestent leur mal-être par des comportements difficiles à comprendre.

Dans un entretien publié en mars 2026 dans le quotidien Libération, le psychanalyste Kevin Hiridjee disait que « les hommes dépressifs ne pleurent pas, ils s’effacent de plus en plus ». Selon lui, une partie du problème vient encore de l’image traditionnelle de la masculinité, où la fragilité émotionnelle est parfois perçue comme une faiblesse. Pour prévenir cette souffrance, le spécialiste estime nécessaire d’offrir aux garçons et aux jeunes hommes des modèles masculins capables d’assumer à la fois la force et la vulnérabilité.

JEAN-PAUL REGIMBAL : Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : 70 fois 7 fois

70 fois 7 fois

Par Benoit Voyer

13 septembre 2026

La logique de Jésus m’étonne toujours. Il va toujours à contre-courant de la pensée ambiante. « Pas question pour lui de faire comme on a toujours fait. C’est avant tout le cœur qui compte »[1].

J’en parle souvent. En soi, il y a des blessures qui ne guérissent pas vraiment.[2] Elles laissent toujours des traces en soi. Lorsque la douleur de la blessure revient en moi – et parfois me fait pleurer –, je m’abandonne entre les mains de Dieu. Avec mes pauvres mots, je lui dis : « Aide-moi donc à pardonner et à aimer parce que je n’y arriverai jamais tout seul. » Et je sens peu à peu mon fardeau redevenir plus léger.

Il m’a fallu du temps pour apprendre à pardonner, mais, comme l’écrivait Jean Montbourquette dans son petit traité sur le pardon, pardonner ne veut pas nécessairement dire oublier. Ainsi donc, je dois recommencer à pardonner, à chaque fois que la douleur revient.

Le pardon
Dans le Coran, il est écrit : « Ceux qui, parmi vous, jouissent de sa faveur et de l’aisance ne négligeront pas de donner à leurs proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le chemin de Dieu. Ils oublieront et ils pardonneront. N’aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ? — Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux »[3]

Le Coran dit donc : si l’on souhaite recevoir le pardon de Dieu, on est appelé à pardonner aux autres.

Ces paroles se rapprochent de celles de Jésus, mais ce dernier pousse plus loin les exigences du pardon : « Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? Jésus lui répondit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (extrait de Mt 18, 21-35).

Pour Jésus, le pardon ne se comptabilise pas, parce que c’est un acte d’amour. Assurément un des plus grands.

Je me souviens d’une conférence du père Jean-Paul Regimbal, à laquelle j’ai assistée. J’avais 15 ans. C’était le 8 juin 1981, à Granby [4]. Il disait : « C'est l'amour qui rend possible la communauté. C'est l'amour qui rend possible la réconciliation. C'est l'amour qui rend possible le pardon. Nous sommes donc faits pour vivre d'Agape d'une façon communautaire. Donc, nous avons reçu en même temps que la puissance de devenir enfants de Dieu, nous avons reçu la puissance de pouvoir aimer, comprendre, pardonner et réconcilier. Que nul ne dise "Moi, je ne peux pas pardonner, ce n'est pas dans mon tempérament, ce n'est pas dans mon caractère. C'est ben d'valeur, moi je ne pardonne pas ! Chu pas fait d'même. Pas vrai ! »

Puis, il ajoutait : « Vous avez la capacité d'accueillir l'autre même dans ses bêtises et ses erreurs, car vous êtes issus de ce Dieu de miséricorde qui nous a aimés tels que nous sommes, tous pécheurs que nous étions, avant que nous ne soyons sauvés. Nous avons reçu de Dieu des entrailles de miséricorde parce que nous avons reçu de Dieu et la foi et l'espérance et l'amour et que nous avons reçu de Dieu les vertus de justice, de force, de tempérance et de piété. Nous les avons reçues de Dieu au baptême. Mais qu'avons-nous fait de ces magnifiques cadeaux ? […] »

Ainsi, il m’est demandé de ne pas garder rancœur. Et lorsque cela est possible, aller à la rencontre de celui ou celle qui m’a blessé peut être déjà un geste de réconciliation. Il n’est même pas besoin de lui dire « je te pardonne ». Juste le fait d’aller à sa rencontre parlera davantage que bien des mots inutiles. Il y a des silences qui parlent fort…

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[1] Benoit Voyer. « C’est le cœur qui compte », Benoit Voyer en liberté, 27 avril 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/vision-catholique-cest-le-coeur-qui.html
[2] Cf. Benoit Voyer. « Quand ça fait mal… », Benoit Voyer en liberté, 15 juillet 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/07/reflexion-spirituelle-quand-ca-fait-mal.html
[3] Denise Masson, trad. Le Coran, sourate 24, v. 22. https://coran12-21.org/fr/sourates/s24
[4] Jean-Paul Regimbal. Conférence donnée le 8 juin 1981 à la maison des Trinitaires, à Granby, à l’occasion de la retraite de la fête de la Trinité. Librairie Pneumathèque no 6057. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/03/baptise-en-jesus.html