POLITIQUE : Qui entourera le nouveau premier ministre du Québec ?
Par Benoit Voyer
17 octobre 2026
Derrière chaque premier ministre se trouve une équipe de conseillers qui participent aux décisions politiques, préparent les stratégies et organisent les communications avec les médias. Paul St-Pierre Plamondon, qui prendra officiellement les commandes du gouvernement du Québec le 21 octobre, ne fait pas exception.
Le 6 octobre, au lendemain de sa victoire électorale, le chef du Parti québécois annonce deux nominations importantes. Ce jour-là, il confie la direction de son cabinet à Nadine Koussa, une avocate qui présidait jusqu'à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle sera notamment responsable de coordonner le travail de son entourage politique.
Le nouveau premier ministre choisit également Frédéric Guay, économiste et ancien sous-ministre des Transports et de l'Environnement, comme secrétaire général et greffier du Conseil exécutif. Il deviendra ainsi le plus haut fonctionnaire de l'État québécois. Sa nomination officielle devra être confirmée par le Conseil des ministres.
Laura Chouinard-Thuly, qui dirigeait jusqu'ici le cabinet de St-Pierre Plamondon, demeurera l'une de ses plus proches conseillères. Collaboratrice de longue date, elle a notamment été directrice des communications et des opérations du Parti québécois.
Une autre personnalité connaît bien les rouages du pouvoir. France Amyot, revenue au cabinet du chef péquiste en février 2026 comme conseillère spéciale, possède plus de 30 ans d'expérience politique. Elle a dirigé plusieurs cabinets ministériels et participé à des campagnes électorales provinciales et fédérales. Son rôle dans le nouveau gouvernement reste toutefois à confirmer.
Dans le domaine des communications, Louis Lyonnais occupe le poste de directeur de la planification stratégique du Parti québécois. Il participe notamment à la préparation des discours. Il a d'ailleurs expliqué récemment comment son équipe avait préparé le discours de victoire du 5 octobre.
Emmanuel Renaud est pour sa part l'attaché de presse du chef péquiste. Pendant la campagne électorale, il accompagne quotidiennement St-Pierre Plamondon dans ses déplacements et ses rencontres avec les journalistes.
Ces deux derniers collaborateurs exercent des fonctions qui se rapprochent de celles des spin doctors, ces spécialistes qui travaillent à préparer les messages politiques et à influencer la manière dont ils sont reçus par les médias et le public. Leur place dans le futur cabinet du premier ministre n'est cependant pas encore confirmée.
D'autres nominations pourraient suivre. Le 21 octobre, Paul St-Pierre Plamondon présentera son Conseil des ministres. Il devra alors diriger un gouvernement minoritaire et composer avec les autres formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.
PATRIMOINE : Quand le temps menace la mémoire collective
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| 25e ann.de sacerdoce de l'abbé Guy Joyal à Saint-Eugène en 1978 |
Par Benoit Voyer
17 octobre 2026
Certains bâtiments disparaissent sous le bruit des démolisseurs. D’autres plus silencieusement, lorsque l’absence d’entretien et de projet finit par fragiliser leur avenir.
C’est cette inquiétude qui m’habite lorsque je pense au sort qui attend l’église Saint-Eugène, à Granby. En 2022, ce bâtiment qui est désacralisé et vendu à un entrepreneur qui tarde à le rénover. C’est le lieu où j’ai été baptisé dans la tradition catholique le 11 décembre 1966 et où Mgr Louis Langevin a présidé mon sacrement de la confirmation, le 5 avril 1978.
Pendant des décennies, cette église a été bien plus qu’un bâtiment religieux. Comme tant d’autres lieux de culte au Québec, elle a été un lieu de rassemblement, de célébrations, de rencontres et de mémoire. Ses murs ont accompagné la vie de générations de citoyens. Un bâtiment patrimonial n’est pas uniquement fait de pierres, de bois ou de vitraux : il porte une partie de l’histoire d’une communauté.
Ces dernières années, plusieurs lieux chargés d’histoire ont connu un triste destin. Certains ont été sauvés grâce à des projets de reconversion. D’autres sont disparus après une longue période de détérioration. Le phénomène est parfois appelé « démolition par abandon ». Ainsi, volontairement, on laisse un bâtiment se dégrader au point où sa conservation devient de plus en plus difficile, voire présentée comme impossible.
Pour ce qui est de Saint-Eugène, je reste prudent avant de porter un jugement sévère sur les intentions des propriétaires. En revanche, je demeure inquiet pour l’avenir de ce bâtiment, particulièrement parce qu’il héberge les magnifiques vitraux de l’artiste Guido Nincheri qui ne semblent pas encore avoir trouvé preneur pour les intégrer dans la construction d’un nouveau projet.
L’église Saint-Eugène a été construite en 1941.
FLASH : Le salaire du premier ministre du Québec
En 2026, le premier ministre du Québec reçoit un salaire annuel brut de 300 069 $. Ce montant comprend deux parties. D'abord, une indemnité de base de 146 375 $, versée à tous les députés. Ensuite, une indemnité supplémentaire de 153 694 $ pour exercer les fonctions de premier ministre. Cette rémunération représente un peu plus de 25 000 $ par mois, avant impôts. À cela peuvent s'ajouter certaines allocations et des remboursements de dépenses. Ces montants sont prévus par les règles de rémunération de l'Assemblée nationale du Québec. (Benoit Voyer, le 17 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Assumer sa foi
Par Benoit Voyer
17 octobre 2026
Lorsque vient le moment d’assumer ma foi devant les autres, est-ce que je fais confiance à l’Esprit saint, ou est-ce que la peur du regard des autres me fait taire ? (cf. Lc 22, 8-12)
Je n’ai pas à avoir honte de ma foi. Je ne parle pas de prêchi-prêcha. Parfois, on dit des choses sans les dire.
Un jour, Maurice, un patient que j’ai soigné dans un hôpital montréalais, me disait : « Vous n’êtes pas comme les autres membres de l’équipe de soins, vous. Vous avez une touche particulière que les autres n’ont pas… » Et il m’a confié que l’intervenant en soins spirituels lui a révélé ma foi chrétienne… J’ai souri. Il est entré dans le coma le lendemain et est décédé quelques heures après.
Il faut croire que l’Esprit saint est passé par moi ce jour-là parce que je n’ai pas la prétention d’être meilleur que les autres membres de l’équipe de soins. Bien au contraire.
SAINTS ET SAINTES : Le père Pierre Chomonot
Par Benoit Voyer
17 octobre 2026
Pierre Chomonot est né le 9 mars 1611, à Châtillon-sur-Seine, une commune française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté, il est le fils d’un pauvre vigneron et d’une fille de maître d’école.
Après avoir fréquenté l’école de son grand-père, il se rend chez un oncle curé qui souhaite le voir devenir prêtre. Cependant, un compagnon le convainc de partir pour Beaune. Pierre vole alors 100 sols à son oncle et prend la fuite. Craignant de rentrer chez lui, il décide de vagabonder et gagne l’Italie.
À Terni, le « sermon » d’un jésuite changera sa vie. Il entre alors au noviciat de Saint-André, à Rome, le 18 mai 1632, à l’âge de 21 ans. Il poursuit ensuite sa formation à Florence, Fermo et Rome. La lecture de la Relation de 1636 de Jean de Brébeuf lui donne le désir de devenir missionnaire au Canada.
Ordonné prêtre vers la fin de 1637 ou au début de 1638, il prend les prénoms Joseph-Marie en raison de sa dévotion envers Marie et saint Joseph. Le 4 mai 1639, il quitte Dieppe pour la Nouvelle-France. Après une longue traversée, il arrive à Québec à la fin de juillet.
Le 3 août, il repart avec le père Poncet pour « le pays des Hurons » où réside la Nation Wendat. Ils atteignent leur destination le 10 septembre.
Ses premières années de mission sont difficiles. Une épidémie de petite vérole frappe la population et certains tiennent les missionnaires responsables de la maladie.
Chomonot se consacre surtout à l’apprentissage de la langue des Wendat. Chaque jour, il visite des cabanes, demande des mots et les note. Il en acquiert une connaissance remarquable. Il laissera une grammaire et plusieurs ouvrages destinés à faciliter son apprentissage par les autres missionnaires.
Sa vie devient une suite de déplacements. En 1640, il part chez les Neutres avec Jean de Brébeuf. Il œuvre ensuite dans plusieurs « missions huronnes ». À « Saint-Joseph II », nom donné par les Jésuites au village de Téanaostaiaé, le père Antoine Daniel sauve la vie du père Chomonot en arrachant une hache des mains d’un homme qui s’apprête à le frapper.
Lorsque les Iroquois lancent leur offensive contre les Hurons en 1649, Chomonot demeure auprès de ceux-ci. Il les accompagne chez les Pétuns et à l’île Saint-Joseph. Le groupe quitte finalement la région pour Québec en 1650 et s’établit ensuite à l’île d’Orléans.
En 1655, Chomonot part avec le père Claude Dablon chez les Onontagués. Ils établissent la mission Sainte-Marie de Gannentaha en 1656. Les tensions avec les Iroquois obligent toutefois les Français à fuir en mars 1658. Grâce à sa connaissance de la langue et des mœurs autochtones, Chomonot est par la suite envoyé à plusieurs reprises à titre d’ambassadeur.
Vers 1663, à Montréal, il fonde avec l’aide de Mme d’Ailleboust la Confrérie de la Sainte-Famille. Il établit la même congrégation à Québec l’année suivante. Malgré ses autres ministères, il continue de se consacrer aux Wendat.
Son œuvre la plus marquante demeure la fondation de la mission huronne de Notre-Dame-de-Lorette, près de Québec. Depuis son séjour à Lorette, en Italie, il désirait construire en Nouvelle-France une chapelle inspirée de celle qu’il y avait connue. Les premiers habitants s’installent dans le nouveau village le 28 décembre 1673. La chapelle est bénite le 4 novembre 1674.
Près de 300 Autochtones habitent d’abord la mission dirigée par Chomonot. Lorette devient aussi un lieu de pèlerinage pour les Français. L’arrivée de trafiquants d’eau-de-vie inquiète cependant le missionnaire, qui y voit une menace pour la communauté.
Le père Chomonot quitte la direction de la mission en 1691. L’année suivante, malade, il se retire au collège des Jésuites de Québec. Il y décède le 21 février 1693, à l’âge de 82 ans, après avoir consacré un peu plus de 53 années de sa vie à la Nouvelle-France.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Discours de Paul St-Pierre Plamondon (15 octobre 2026)
Alors, bonjour à tous.
Un événement plein d'émotion, évidemment. J'ai averti à l'avance : si jamais je dois m'interrompre, sachez que la première chose qui vous attend après 51 journées consécutives de travail, lorsque vous rentrez à la maison, ce sont tous les virus que les CPE et les écoles primaires ont pu inventer au cours des dernières semaines.
Évidemment, la première chose qui me vient en tête, c'est la même cérémonie, il y a quatre ans.
Je pense qu'il faut le souligner : l'espoir, la volonté de faire une différence, même lorsque tout semble perdu — c'est ce qu'on nous disait en 2021 —, peuvent donner des résultats étonnants.
Et c'est en vous voyant, et en voyant aussi la qualité des gens qui ont réussi à ravir leur circonscription, que ça m'apparaît très, très clairement.
C'est émotif, évidemment, parce que les Québécois ont fait le choix de la confiance en élisant 59, peut-être plus, on le saura bientôt, au moins 59 députés du Parti québécois pour les représenter à l'Assemblée nationale.
Et c'est dans le cadre d'une campagne électorale qui a été marquée par les campagnes de peur.
Malgré toutes les raisons du monde qu'on a pu servir aux Québécoises et aux Québécois pour tenter de les convaincre de céder à la résignation et à la crainte, il y a un très grand nombre de Québécoises et de Québécois qui ont répondu et qui ont décidé de choisir l'espoir et le changement.
Ils ont malgré tout décidé de faire le choix de la confiance. Pour moi, c'est très touchant et significatif sur notre capacité pour la suite des choses.
La poussière retombe graduellement au terme de cette campagne électorale et ça vaut la peine de prendre une pause et de voir ce qu'on peut faire en quatre ans.
Nous avons multiplié par vingt notre nombre de députés.
Nous avons, en fait, ici, le plus gros contingent d'élus du Parti québécois depuis 1998.
D'autres résultats sont encourageants pour la suite. Nous avons fini premiers dans 11 des 17 régions du Québec, mais dans cinq autres régions administratives, nous étions bons deuxièmes. Donc, dans 16 régions sur 17, nous sommes arrivés dans les deux premières places.
On peut donc être très, très fiers de ce qu'on a réalisé tous ensemble, candidats, bénévoles, militants et sympathisants du Parti québécois.
Et maintenant, la réalité, c'est que le plus gros du travail demeure devant nous.
Parce que le sens de notre engagement ne réside ni dans le nombre de députés que nous avons obtenu, bien qu'il soit impressionnant, ni dans le titre qui vous est conféré à tous et chacun aujourd'hui.
Notre quête de sens réside dans l'espoir et, ultimement, dans notre capacité à avoir un impact positif sur la société, notre capacité à aider du monde.
« Protéger son monde », disait Jacques Parizeau.
« Éclairer notre peuple sur son meilleur intérêt », nous disait René Lévesque.
Tel est le sens de notre engagement.
Et c'est au nom de cette quête de sens, au nom de cet espoir, que plusieurs d'entre vous ont fait de nombreux sacrifices au cours des derniers mois.
Parce que des sacrifices en politique, il y en a.
Et je vois plusieurs familles, amis, venus célébrer votre champion, votre championne, votre moment, votre beau moment au terme de tant d'efforts.
Donc, je veux juste dire merci aux proches, à la famille et à tous ceux qui ont prêté leur être cher pendant cette campagne électorale.
La plupart du temps, j'allais dire merci aux bénévoles, mais c'est le même monde !
C'est souvent ça, les 59 histoires que vous avez devant vous. Ce sont souvent des histoires de famille et d'amitié, des histoires de gestes héroïques, de courage, de détermination.
Chaque histoire mérite d'être contée.
Et ce n'est pas toujours facile, la vie politique. C'est exigeant pour la personne qui fait le choix du service public, mais ce sont souvent les proches également qui paient un prix.
Nos sacrifices deviennent leurs sacrifices.
Donc, je veux juste dire merci aux gens qui sont toujours là en soutien de cette démarche.
Parce que la politique, ce sont des sacrifices, mais c'est également un privilège. C'est celui de pouvoir servir à temps plein le bien commun, celui de pouvoir véritablement avoir un impact positif sur la société.
Il y en a qui en rêvent, puis il y en a d'autres qui ont le privilège de tenter ce changement-là et qui ont les outils pour le faire.
La cérémonie d'assermentation des députés, c'est la première étape de la constitution d'un gouvernement.
Elle consacre le rôle de législateur que nous serons appelés à jouer au cours de la prochaine législature.
Et je ne pourrais imaginer une meilleure équipe pour remplir cette importante responsabilité qu'on a devant nous.
Parce que les députés que vous avez devant vous sont intéressants et très différents, diversifiés, sont à l'image du Québec.
Mais aussi, c'est important de le dire, à l'image de la forte mobilisation de talents que peut générer le fait qu'on a un projet de société.
Ça fait une différence.
Des hommes et des femmes de talent, qui proviennent de tous les milieux et qui ont simplement décidé de laisser tomber leur emploi parce que nous avons un projet de société qui les appelle.
Certains ont dirigé des organisations, d'autres ont accompagné des entrepreneurs, ont assuré notre sécurité, d'autres ont soigné des malades, enseigné à nos enfants, travaillé dans nos mines ou ont fait rayonner notre culture.
Ils ont été militaires, diplomates, professeurs, comédiens, médecins, avocats, journalistes, entrepreneurs, élus municipaux, policiers, alouette, j'en passe.
Une partie d'entre eux connaissent les rouages de l'État. D'autres connaissent les défis de ceux qui doivent composer avec les décisions de l'État.
Messieurs, mesdames les députés, chers collègues, vous n'avez pas tous suivi le même chemin pour être ici, mais vous avez en commun d'avoir choisi, à ce moment précis de votre vie, de vous engager pour quelque chose de plus grand que vous-mêmes.
Aujourd'hui, je vous demande, et je nous demande, je m'inclus là-dedans, de prendre cet engagement en faisant preuve de la plus grande humilité.
Car représenter nos concitoyens est une lourde tâche. Elle requiert un grand sens des responsabilités et une compréhension de la complexité de la politique.
Il faut le vivre pour le réaliser : la politique peut sembler simple de l'extérieur, quand on commente, mais quand on est dans cette situation-là, il s'agit d'un métier qui a ses complexités.
Donc, ayons toujours en tête que nous travaillons pour le Québec et uniquement pour le Québec.
La confiance, elle se gagne lentement. Ayons en tête qu'elle peut se perdre vite.
Il ne faut jamais prendre nos concitoyens pour acquis. On doit, en fait, gagner davantage de concitoyens dans cette confiance qu'on veut bâtir.
Ayez aussi en tête que la politique est un métier. Un métier qui requiert, comme tous les autres métiers, qu'on s'investisse pendant des années avant de pouvoir aspirer à une pleine maîtrise des compétences requises et avant donc d'aspirer à l'excellence dans ce domaine.
L'acquisition de compétences et d'expérience est donc l'une des clés du succès d'une équipe qui est jeune, qui est talentueuse, certainement idéaliste, mais parfois aussi inexpérimentée.
Sachant que c'est ça, la clé de notre réussite, je vous annonce aujourd'hui que j'ai pris la décision de solliciter madame la première ministre Pauline Marois ainsi que monsieur Jean Royer, qui a œuvré comme chef de cabinet de Jacques Parizeau pendant des années.
Ils ont tous deux accepté de vous donner une formation conjointe sur la vie politique, pour vous donner un maximum d'outils en ce début de mandat, sur les meilleures pratiques, sur les pièges à éviter, sur les aspects de la vie politique qui gagneraient à être sus et connus rapidement.
Bref, je vous convie à un mini-MBA pour élus !
Cette formation s'ajoutera à toutes les autres formations que l'Assemblée nationale a déjà préparées pour vous.
Car, dans les prochains mois, nous mènerons des batailles ensemble. Nous vivrons de belles victoires pour le Québec et on les veut les plus nombreuses possible. C'est pour ça qu'on se prépare.
Mais on va devoir aussi faire face à de l'adversité et parfois faire face à des déceptions.
Et parfois, vous serez en désaccord avec la décision finale. C'est inévitable parce que c'est inhérent à la démocratie.
C'est ça, faire le pari de la démocratie.
Et j'ai donc une deuxième demande pour vous.
Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe.
On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes.
Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur, lesquels pourraient faire des erreurs.
C'est très difficile de gagner au soccer quand les défenseurs ne bougent pas ensemble.
Si vous voulez changer de sport, c'est très difficile de gagner au football américain quand un des demis de coin, un seul, a de la difficulté à couvrir son receveur.
De la même manière que c'est presque impossible de gagner au hockey lorsqu'on passe toute la partie au banc des pénalités.
Et ainsi va la vie politique.
La politique est un sport d'équipe dans le cadre duquel notre rendement dépend du talent, que sans l'ombre d'un doute on a déjà, mais dépend surtout de notre capacité, à tous et chacun, sans exception, à livrer une prestation qui est sans faille et sans bévue.
C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut.
Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport !
Mais parlant de victoire, dans les dernières minutes, nous avons vécu quelque chose d'historique.
Pour la première fois de notre histoire, les députés qui forment le nouveau gouvernement ont prêté serment uniquement au peuple du Québec.
Dans mon texte, la prochaine phrase, c'est : « Ça peut paraître banal. » Mais là, vous n'avez pas l'air de penser que ça l'est !
Mais pour les gens moins fervents ou moins politisés, ça peut paraître banal vis-à-vis de la liste d'urgences qu'on aura à régler au cours des prochaines semaines et des prochains mois.
Mais il y a quatre ans à peine, tous les députés faisaient un serment de loyauté à la Couronne britannique et il n'y avait pas d'exception.
Ils n'étaient pas tous amoureux de la monarchie pourtant.
Plusieurs députés, en fait, étaient très mal à l'aise de prêter allégeance à un roi étranger.
Certains se cachaient même. Il y avait même ceux qui faisaient un signe des doigts derrière le dos. Il y en avait d'autres qui marmonnaient pour que ce ne soit pas clair. Tout était une bonne technique.
Et en privé, tout le monde contestait et nommait l'odieux du processus.
Mais en public, vous vous souviendrez, parce que c'est très récent, personne ne remettait en question cette pratique archaïque et déloyale qui consistait à forcer un nouvel élu à mentir et à agir, en fait, contre sa conscience au profit d'un monarque étranger dès sa première prise de parole.
Donc, malgré un consensus officieux et silencieux, le consensus officiel de l'espace public et médiatique, c'était que changer cet état des lieux était impossible.
Donc, je suis fier maintenant que le serment des députés soit exclusivement envers le peuple du Québec.
Et donc, lorsque des prophètes de malheur nous expliqueront à nouveau que vouloir changer les choses et améliorer la politique, c'est impossible, gardons en tête la citation suivante de Nelson Mandela.
Ça va comme suit, c'est tout simple :
« Cela semble toujours impossible jusqu'à ce que l'on le fasse. »
Et c'est tout simple, c'est aussi simple que ça.
J'aurais pu… Il y en avait quinze, des citations qui allaient dans ce sens-là. Évidemment, celle de Mandela est très significative.
Mais on est toujours contraint par les limites que notre esprit veut bien accepter.
Mais si une limite qu'on tente de nous imposer n'a, en fait, aucun sens et n'est pas dans le bien commun, moi, je vous soumets qu'il est de notre devoir, tant qu'à passer ici, puis tant qu'à avoir le privilège d'avoir le titre que vous avez acquis aujourd'hui, on a le devoir de donner la meilleure réponse.
Et c'est de là que naîtra la confiance qu'on veut rebâtir avec une population qui, je pense, le réclame.
Donc, à nous de jouer.
À nous de jouer pour être ce gouvernement qui dit d'abord ce qu'il fait et qui, ensuite, fait ce qu'il dit.
Car ceux et celles que l'on sert ont le droit de savoir la direction qu'on prend, doivent avoir confiance qu'on sert l'intérêt public.
Ils sont en droit de s'attendre à une cohérence également et donc que, durant ce mandat, on prenne toutes les mesures pour pouvoir tenir parole et remplir nos engagements dans le cadre de ce qui est un gouvernement minoritaire.
Une partie de l'atteinte de cet objectif, de remplir nos engagements, dépendra de nous, de notre capacité à tendre la main aux partis d'opposition et d'assurer qu'aucune bonne idée ne soit perdue, parce qu'on n'a pas le monopole des bonnes idées.
Je m'engage donc formellement aujourd'hui à offrir aux oppositions cette main tendue.
L'autre composante nécessaire à l'atteinte de cet objectif de cohérence pour ce groupe, elle ne dépendra pas de nous.
Elle sera entre les mains des partis d'opposition, qui seront confrontés au dilemme entre parfois vouloir bloquer des efforts légitimes du gouvernement pour faire avancer les dossiers ou, de l'autre côté, y aller du côté de la collaboration qui permet de faire avancer ces mêmes dossiers qui, pour la plupart, seront urgents.
Nul doute que les Québécoises et les Québécois observeront très attentivement le comportement de chacune de ces oppositions, tout comme celui de notre formation politique au gouvernement.
Donc, c'est à nous tous d'être à la hauteur de leurs attentes et j'ai confiance que nous allons y arriver.
De notre côté, tout est clair : nous allons tendre la main parce que les Québécois veulent que leur Parlement fonctionne.
Je nous invite donc à faire ce que d'autres démocraties dans le monde font si bien, c'est-à-dire écouter davantage, dialoguer davantage, collaborer, négocier jusqu'à tant que ça avance.
Je crois que nous avons tous le devoir de faire fonctionner l'Assemblée nationale pendant ces quatre prochaines années.
En terminant, je souhaite m'adresser directement aux Québécois.
L'équipe qui se présente devant vous aujourd'hui, c'est votre équipe, c'est l'équipe du Québec et elle se battra pour vous.
Que vous ayez voté pour le Parti québécois ou pour une autre formation politique, chacun des députés du gouvernement du Québec sera à votre service et fier de l'être.
Le rôle ne sera pas de penser à la prochaine élection, mais bien de penser à vous, c'est-à-dire vos intérêts, vos besoins, vos priorités.
On ne sera pas un gouvernement parfait.
On va probablement faire des erreurs, mais on va toujours donner l'heure juste.
Et donc, l'authenticité et la cohérence de notre démarche, elles sont acquises pour vous.
Ce qui, en soi, constituera un changement rafraîchissant pour la politique québécoise. Un changement qui est rempli de potentiel pour la suite des choses.
Nous allons donc agir étape par étape pour réduire le coût de la vie des Québécois qui en arrachent, et ce, le plus rapidement possible.
Et ensuite, nous allons reprendre le contrôle des finances publiques en faisant le ménage dans le gaspillage et dans la bureaucratie.
On fera preuve d'exemplarité rapidement en gelant nos propres salaires et ceux des dirigeants des sociétés d'État jusqu'à ce qu'on retrouve l'équilibre budgétaire.
Enfin, nous allons recentrer l'État sur ses missions fondamentales.
Soigner notre monde, éduquer nos enfants, protéger nos gens qui sont vulnérables ainsi que notre culture et notre langue québécoise.
Nous allons également réduire de moitié l'itinérance au Québec.
Et si des gens vous disent que c'est impossible, vous savez quoi leur répondre.
On va faire en sorte de remettre de l'ordre au Québec, remettre le Québec sur les rails, parce que je pense que c'est comme ça qu'on peut résumer notre mandat.
C'est une maison qui a besoin qu'on y remette un peu d'ordre et un peu d'air frais pour qu'à nouveau on puisse faire confiance dans notre État québécois, dans notre gouvernement, qu'on retrouve confiance dans notre capacité à agir collectivement pour véritablement régler des problèmes.
Qu'on considère qu'il est à nouveau possible d'accomplir de grandes choses au Québec.
Et à ce moment-là, bien, nous pourrons reprendre la discussion essentielle de notre avenir national.
Nous pourrons reprendre notre marche vers la normalité, celle d'un peuple normal qui veille à ses propres intérêts.
Un peuple qui adopte toutes ses lois, qui négocie en son nom avec ses partenaires à l'international, qui gère tout son budget lui-même, comme n'importe quel autre peuple qui se respecte et qui est donc capable et heureux de faire ça lui-même.
Être maîtres chez nous, être maîtres de notre avenir et des décisions qui sont vitales pour notre population, tel est notre destin.
C'est un destin qui vous appelle et qui vous parle individuellement.
C'est ça, le sens du serment que vous venez de prêter au peuple québécois.
Et pour ceux qui n'étaient pas là il y a quatre ans, allez voir la cérémonie lorsque nous n'étions que trois.
Et à cette époque-là, je m'étais adressé à Pascal Bérubé et je lui avais parlé de destin.
Je lui avais dit : « Pascal, un jour, le lys refleurira. »
Et nous n'étions que trois.
Et aujourd'hui, vous voyez ce lys qui est en train de refleurir.
Vous me direz : les fleurs, les bourgeons ne sont pas encore là, mais c'est solide et c'est en train de sortir de terre.
Ce lys est en train de refleurir et tel est le destin d'un peuple.
Mais votre destin et votre responsabilité individuelle pour les années qui viennent.
Donc aujourd'hui, c'était un rite de passage qui est hautement symbolique et hautement significatif pour la suite des choses, comme le seront les prochains rites de passage, parce qu'on bâtit quelque chose de plus en plus solide et de plus en plus significatif, justement.
Donc, vive le Québec, vive la liberté et donc, vive le Québec libre !
Merci.
NEUROSCIENCES : Douleur chronique et dépression
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
Une équipe de chercheurs de l’Université Fudan, à Shanghai, a identifié un mécanisme biologique qui explique pourquoi les personnes souffrant de douleurs chroniques développent plus fréquemment des troubles dépressifs ou anxieux.
Selon une étude publiée dans la revue Science et rapportée par Le Figaro, le 30 mars 2026, environ 40 % des personnes vivant avec une douleur chronique présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale.
Les chercheurs se sont intéressés à l’hippocampe, une région du cerveau impliquée dans la mémoire et la régulation des émotions. Ils ont découvert qu’une douleur prolongée provoque d’abord une adaptation du cerveau, avec une augmentation de l’activité de certaines cellules. Mais lorsque ce processus devient excessif, il pourrait entraîner une diminution du volume de l’hippocampe et favoriser l’apparition de symptômes dépressifs.
Au cœur de ce mécanisme se trouvent les microglies, des cellules immunitaires du cerveau. Normalement utiles pour soutenir les neurones et maintenir les connexions cérébrales, elles pourraient devenir nuisibles lorsqu’elles sont trop activées par une souffrance prolongée.
Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition. Les chercheurs explorent maintenant la possibilité de cibler ces cellules pour prévenir le passage de la douleur chronique vers la dépression.
Les résultats, obtenus à partir de données humaines et de modèles animaux, demeurent toutefois préliminaires. Les spécialistes rappellent que la dépression associée à la douleur chronique ne repose pas uniquement sur des mécanismes biologiques : la fatigue, l’isolement social et le sentiment d’impuissance jouent également un rôle important.
Cette découverte ouvre une nouvelle piste de recherche pour mieux comprendre le lien entre souffrance physique et souffrance psychique.
FLASH : « La politique est un sport d'équipe »
À l'occasion de l'assermentation des 59 députés du Parti québécois, hier, Paul St-Pierre Plamondon a rappelé à ses collègues l'importance du travail d'équipe.
« Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe. On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes. Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur », a-t-il déclaré.
Évoquant tour à tour le soccer, le football américain et le hockey, le chef péquiste a poursuivi : « La politique est un sport d'équipe », avant d'insister sur l'importance d'une prestation « sans faille et sans bévue ».
« C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut », a-t-il conclu, avant d'ajouter avec humour : « Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport ! » (Benoit Voyer, 16 octobre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le courage de vivre sa foi
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
Jésus invite ses disciples à vivre leur foi avec courage et authenticité. Il les met en garde contre l’hypocrisie et leur demande de ne pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps (Lc 12, 4).
On le sait, il n’est pas toujours facile de vivre ouvertement sa foi. La peur du jugement des autres, du ridicule ou du rejet peut parfois nous conduire à taire nos convictions.
Le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988) avait des paroles particulièrement fortes à ce sujet. Dans une conférence prononcée à Québec, le 10 octobre 1976, il affirmait : « On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. » Il faisait ainsi référence à saint Paul (2 Tm 1, 7).
Dans son livre La Révolution de l’amour (1981), il poursuivait : « Nous sommes appelés, non pas pour être des faibles, des lâches ou des démissionnaires; nous ne devons pas courber l’échine devant les pressions sociales, économiques et politiques qu’on veut nous imposer. Nous sommes faits pour être martyrs, non pas dans le sens sanglant du terme, mais dans celui de témoins. »
Pour Regimbal, la sincérité de notre engagement était également essentielle : « Il n’y a qu’une façon de confondre la haine, c’est par l’amour! Il n’y a aussi qu’une façon de combattre le mensonge, c’est par la vérité! Il n’y a enfin qu’une façon de vaincre l’illusion et l’hypocrisie, c’est par l’authenticité. »
Ainsi donc, vivre courageusement sa foi ne signifie pas l’imposer aux autres, mais avoir le courage de demeurer fidèle à ses convictions, même lorsque celles-ci dérangent.
Jésus nous invite à craindre Dieu plutôt que les hommes (Lc 12, 4-5). Il nous rappelle cependant que nous avons une grande valeur à ses yeux : « Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux » (Lc 12, 7).
C’est dans cette confiance en l’amour de Dieu que nous pouvons trouver le courage de vivre notre foi au quotidien.
POINT DE VUE CATHOLIQUE : Foi et médecine
Par Benoit Voyer
16 octobre 2026
MONTRÉAL – La spiritualité aurait des vertus thérapeutiques, raconte une croyance populaire. On dit aussi que la prière a le pouvoir de guérir la maladie et que des pardons non accordés peuvent provoquer des cancers. Qu'en est-il exactement ? Est-ce que la foi peut remplacer la médecine ? Est-ce que la médecine moderne peut se passer de la spiritualité ? Est-ce que la foi en Dieu peut contribuer à une meilleure santé physique ?
En 2004, pour le compte de la Revue Sainte-Anne (cf. édition de septembre 2004, pp. 345 et 350), le Dr François Lehmann, professeur à la Faculté de médecine de l’université de Montréal, me disait : « Depuis longtemps, je suis personnellement convaincu qu'effectivement la foi contribue à une meilleure santé physique. Mes expériences de vie et de médecin me démontrent que les personnes qui ont une foi profonde sont généralement plus détendues, plus en paix avec elles-mêmes et, à cause de cela, leurs problèmes de santé sont abordés de façon plus positive. Cependant, je ne dis pas que c'est parce qu'on a la foi qu'on n'a pas de problèmes de santé ! J'affirme seulement que le croyant vit les siens de manière différente. »
Il m’expliquait : « Il y a une littérature scientifique intéressante qui établit un lien entre la spiritualité, la vie religieuse (c'est-à-dire aller à l'église), la prière personnelle et la santé. Celle-ci provient surtout des États-Unis. Il y a aussi énormément de livres qui ont été écrits depuis environ quinze ans sur la guérison et la prière, la guérison et la spiritualité. La plupart de ces ouvrages ne sont pas scientifiques. Ils se basent sur l'opinion d'un auteur ou sur quelques personnes. Je pense qu'on doit se méfier de ces livres-là. Mais il y a, à travers cela, des articles scientifiques bien documentés qui ont regardé sérieusement le lien possible entre la prière et la bonne santé physique. »
Puis je lui ai demandé ce que la science disait à ce sujet. Il m’a donné quelques exemples : « On remarque que les gens qui ont une vie spirituelle profonde fument moins. Il y a peut-être d'autres raisons qui expliquent ce phénomène. Évidemment, les gens qui fument moins ont moins d'infarctus. Est-ce que c'est parce que les gens qui ont une vie religieuse et qui vont à l'église ont une vie sociale qui les supporte ? C'est peut-être le cas. Ils seraient moins isolés. De cette manière, ils auraient moins besoin de fumer. Ce qui a pour résultat qu'ils auraient moins d'infarctus ! On voit donc qu'il y a un lien, mais on ne peut pas affirmer qu'il y a un lien de cause à effet. »
Il ajoutait : « On a pu aussi démontrer qu'il y a un lien entre le temps de guérison d'une dépression et la vie spirituelle. Aussi que les gens qui ont des problèmes d'alcool s'en sortent mieux s'ils ont une vie intérieure développée. C'est peut-être parce qu'ils sont moins isolés. »
Et encore : « Une étude menée en 1998 à l'université Duke, en Caroline du Nord, auprès de quelque 4 000 personnes, stipule que les gens qui prient chaque jour font moins d'hypertension que les autres. Elles font aussi moins de pneumonies et de crises cardiaques. La prière accompagne habituellement une série de changements physiologiques antistress. »
Alors, est-ce que la prière est une force qui peut aider directement une personne à guérir ? Il sourit et m’expliquait que les études démontrent que ça ne fonctionne pas. En exemple, l'étude de 1998 révèle que le taux de mortalité demeure exactement le même et le temps d'hospitalisation et de soins intensifs n'est pas plus court et pas plus long pour ceux pour qui l’on prie ou pour ceux pour qui l’on ne prie pas. La science n'est pas convaincue que la prière à distance ait un effet bénéfique dans le cas de maladie coronarienne.
Personnellement, je n’étais pas étonné de cela, mais puisqu’un très grand nombre des lecteurs du magazine croyait à cette époque en la force quasi magique de la prière, j’ai joué le jeu : « Est-ce que vous êtes en train d'affirmer qu'il ne sert absolument à rien de prier pour le rétablissement des personnes qui sont malades ? »
Complice, il me dit : « Ce n'est pas ce que je dis ! Je vous explique que scientifiquement on n'a pas pu démontrer l'efficacité de la prière. Quand on prie pour quelqu'un qui est malade, je pense que c'est surtout soi-même que ça aide ! Cette prière nous stimule à être davantage présents auprès du malade, comme individu et comme communauté. Ce qui est efficace auprès du malade, c'est une prière à ses intentions qui s'accompagne d'une carte de bons souhaits et/ou d'une visite à l'hôpital. C'est plutôt cet ensemble qui est le plus bénéfique pour le malade. La prière nous aide à réfléchir à notre propre humanité et à notre relation avec Dieu. Quand on pense à celui qui est malade, on pense surtout à sa propre fragilité. »
Marchant sur des œufs, il me lance : « Est-ce qu'il y a des miracles ? Il doit sûrement y en avoir de temps en temps. Est-ce que j'en ai vus ? Non. Est-ce que j'ai vu des gens aidés par la prière et par la foi ? Oui. Est-ce que j'encourage les gens à prier ? Oui. Est-ce que j'encourage mes patients à remplacer une chimiothérapie par la prière ? Non. Il faut utiliser tout ce que l'on connaît sur le plan médical pour guérir et, si on a la foi, ajouter sa prière aux traitements. De cette manière, la prière peut trouver une grande efficacité et favoriser la guérison physique. »
J’ai reconnu l’habileté de l’omnipraticien. Je poursuis avec ma liste de questions : Est-ce qu'on meurt mieux lorsqu'on a la foi ? Est-ce qu'on décède moins bien lorsqu'on n'a pas la foi ? Est-ce que la foi contribue à une bonne mort ? Est-ce qu'elle n'est là que pour mieux nous aider à réaliser l'ultime passage ?
Il me raconte : « Pendant douze ans, j'ai travaillé dans le domaine des soins palliatifs au Centre hospitalier de Verdun. J'ai vu beaucoup, vraiment beaucoup (!), de gens mourir. J'ai aussi pris soin de ces gens-là et je les ai assistés jusque dans la mort. Une personne qui est intérieurement en paix souffre moins. Et la pire des souffrances est celle du questionnement. Et c'est toujours les mêmes questions qu'on se pose à la veille de la mort : Est-ce que je suis aimé ? Est-ce que je suis pardonné ? Est-ce que j'ai pardonné ? Tout tourne autour de l'amour et du pardon. Lorsqu'on est convaincu qu'on est aimé et pardonné, si on comprend sa relation avec Dieu, on comprend qui est Dieu, de sorte qu'on se sent non seulement aimé, mais pardonné. À ce moment-là on se sent en paix. Et si l'on est capable de recevoir le pardon de Dieu, on est ensuite capable de pardonner aux autres qui nous ont fait du tort. Donc on meurt paisiblement se sachant aimé. »
Et si le malade en phase terminale ne croit pas en Dieu ? « Je connais des gens qui ne semblent pas religieux du tout, ne semblent pas, à ma connaissance, avoir une vie spirituelle, et qui ont, avec leurs proches et leur famille, des relations qui sont joyeuses, paisibles et harmonieuses. Est-ce que sans être religieux et sans avoir la foi on peut aimer et être aimé, pardonner et être pardonné ? Bien entendu ! Et quand on aime et on pardonne, on fait quelque chose de divin ! On ne peut pas mettre l'amour et le pardon en prison en disant qu'ils sont réservés aux chrétiens. »
En plus d’être médecin et d’enseigner la médecine, le Dr François Lehmann était diacre permanent et médecin personnel du cardinal Jean-Claude Turcotte. Je me suis donc permis d’aborder avec lui quelques idées à la mode en cette année 2004 : « On associe souvent le pardon au cancer. On raconte que des pardons non accordés peuvent contribuer au développement de maladies oncologiques. Qu'en pensez-vous ? Puis, est-ce qu'il y a un lien entre malaises psychosomatiques et malaises physiques ? »
Il m’explique : « À ma connaissance, il n'y a aucune preuve de cette théorie. Néanmoins, on voit souvent des gens qui ont des émotions négatives importantes développer, peu après, des cancers. Je prends l'exemple d'un couple très uni. Lorsqu'un des deux éléments meurt, peu après, l'autre, à la suite des émotions négatives qu'il vit, développe une maladie importante. Dans ce cas, il est difficile de croire qu'il n'y ait pas une relation entre les souffrances émotives et le développement d'une maladie. [Ainsi donc] il n'y a pas d'effet direct entre tous les malaises psychosomatiques et ceux physiques. Cette théorie n'est pas prouvée. Les causes des maladies humaines sont multifactorielles. D'abord, il faut être prédisposé génétiquement. Si votre père est mort d'une crise cardiaque à 45 ans et votre mère en a aussi fait une et que les deux avaient le diabète, quelle que soit votre foi ou votre intériorité, vous avez beaucoup plus de risques que d'autres personnes d'avoir les mêmes problèmes. Ensuite viennent les facteurs environnementaux. Si vous demeurez dans une grande ville où il y a plein de pollution, vos poumons vont être affectés quels que soient votre foi et vos gènes. Il y a aussi le stress de nos relations avec nos amis et nos proches… et notre relation avec Dieu ou l'absence de relation avec Dieu. Vous voyez, les causes des maladies humaines sont donc multifactorielles. Lorsque tous les facteurs sont présents, les problèmes physiques apparaissent rapidement. Par exemple, une personne qui est prédisposée à avoir des maladies pulmonaires, qui fume la cigarette et qui demeure dans une ville polluée, en plus, si elle est malheureuse parce qu'elle vit un divorce et que ses enfants ne veulent plus lui parler, tous les facteurs contribuent à faire en sorte qu'une maladie apparaisse chez elle. Les émotions peuvent donc avoir un effet si, et seulement si, des prédispositions physiques et/ou génétiques sont présentes en même temps. »
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Roland Leclerc journaliste du bon Dieu
Roland Leclerc est le présentateur de l’émission « Le Jour du Seigneur » à la télévision de Radio-Canada et animateur de « Parole et vie » diffusée sur le câble. Il y a 22 ans, il choisissait de devenir prêtre au service d’une communauté chrétienne. Un palpitant chemin de vie...
par Benoît Voyer
L’abbé Leclerc a un curriculum vitae imposant : avant de devenir membre du « presbyterium », en 1971, il était nouvelliste à Trois-Rivières et il a animé le jeu questionnaire « Qu’ouïs-je » à la télévision de Radio-Canada.
Devenu prêtre séculier, il est nommé directeur de l’Office des communications sociales du diocèse de Trois-Rivières. C’est à partir de cette fonction qu’il débute une série de projets médiatiques qui le conduiront de la région trifluvienne jusqu’à Montréal. C’est au réseau TVA qu’il se fait le plus connaître grâce aux émissions « 2000 ans après Jésus Christ » et « En toute amitié ».
« Je me souviens que, chez-nous, je repassais mes leçons en lisant à haute voix, comme si je faisais une présentation à un micro », raconte Roland Leclerc, un homme chez qui l’on sent une certaine timidité.
Il poursuit : « Plus tard, je peux dire que j’ai payé une partie de mes études en théologie en faisant la lecture de bulletins de nouvelles à CKTM TV ». Cependant, il a été marqué par l’expérience de l’animation d’un jeu questionnaire à la télévision d’État.
Un jour, Tante Lucille était l’une de ses invitées, ne cessait de le remercier pour ce privilège. Elle lui racontait avec confiance qu’elle n’avait pas beaucoup de contrats et que tous les petits engagements étaient très importants pour gagner sa vie.
« Pour moi, cela a été une révélation. Je comprenais, par cette femme, que les artistes n’étaient pas ceux qui, contrairement à ce que je pouvais penser, avaient une sécurité d’emploi. C’était tout à fait le contraire ! » raconte celui qui passe maintenant sa vie entre Montréal et Trois-Rivières.
Bien plus que cela, il apprenait par cette grande dame qu’il est important, dans ce milieu, de faire attention à ne pas se laisser prendre par la drogue des médias et d’avoir une certaine sagesse. La vedette est souvent un produit. Quand elle est usée, elle est remplacée.
Après la rédaction d’une thèse pour l’obtention de sa maîtrise en théologie portant sur la rencontre de Dieu pour l’homme de l’audiovisuel, il prend une année de réflexion pour discerner son option de vie : devenir un spécialiste laïque du monde des médias ou devenir prêtre au service d’une paroisse.
« C’est important, pour moi, de te dire que j’ai fait ce choix, précise-t-il. Être prêtre, c’était, à mes yeux, être engagé auprès d’une communauté chrétienne et être en lien avec mon évêque. » Il est ordonné le 3 septembre 1973.
Rapidement, l’évêque de Trois-Rivières lui demande de s’occuper de l’Office diocésain des communications sociales. Cette affectation voulait dire qu’il travaillerait encore dans les médias. Il en a été bien heureux.
Celui qui ne porte pas de col romain a toujours, malgré ses engagements à la télé, été engagé en paroisse. Il a travaillé aux paroisses Jean XXIII de Trois-Rivières Ouest, Ste-Thérèse de Trois-Rivières, Ste-Bernadette du Cap-de-la-Madeleine, Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud et, actuellement, à St-Jean-Baptiste-de-Lasalle à Trois-Rivières.
Église et médias
Pour lui, être présent dans le milieu des médias cela implique que l’Église dégage non seulement des personnes, mais que l’on forme des laïques, des religieux, des religieuses ou des prêtres à devenir un peu plus capables de porter une présence efficace dans ce milieu.
Roland Leclerc commente : « Il faut une véritable volonté politique et là, il y a une constatation que je fais : le monde d’aujourd’hui reçoit son influence par le milieu des médias et de ses vedettes. »
Il déplore, en ce moment, 80% de la population du Québec n’est pas rejointe par l’Église. Cette dernière n’a pas pris le tournant des communications, n’est pas partie prenante des décideurs. Elle n’est pas de ceux qui fabriquent l’agenda des points importants de notre société québécoise. L’Église catholique n’est pas là où sont les vrais décideurs.
Il convient, néanmoins, qu’il y a de petits efforts qui se font. Il cite, notamment, les rapports « Risquer l’avenir » et « Sortons le Québec de l’appauvrissement » de l’Assemblée des évêques du Québec.
« Il y a eu des échos de ces documents dans les médias, mais il y a bien peu de gens qui s’en souviennent », confie-t-il tristement.
Les artistes
Une de ses découvertes, c’est que les artistes sont des hommes et des femmes qui arrivent à leur travail avec de nombreuses préoccupations.
« Je me rappelle très bien de Guy Mongrain qui devait travailler au Téléthon de la paralysie cérébrale. Pour animer le spectacle, il a quitté l’hôpital Ste-Justine où son enfant était soigné pour une méningite. Il n’avait pas beaucoup dormi depuis plusieurs jours et, malgré cela, s’est rendu au téléthon pour y faire 24 heures d’animation », se souvient-il.
Il souligne que Guy Mongrain a mis de côté sa réalité de père de famille pour devenir l’animateur qui doit avoir un certain style, une forme de communication où il ne montrera pas sa fatigue et ses inquiétudes.
Le prêtre parle aussi, avec un grand respect, de la foi de Gilles Proulx qui anime l’émission « Le journal du midi » sur les ondes de Radiomédia (cf. La revue Notre-Dame du Cap d’octobre 1994).
Il ajoute encore : « On n’a pas à avoir peur ! Ces gens-là sont bien intentionnés. Il y a des personnes d’Église qui partent avec des préjugés. Il faut découvrir que par leurs qualités artistiques ces individus sont amenés à réfléchir sur le sens de leur vie. Plusieurs d’entre eux aimeraient bien parler de leurs valeurs spirituelles sans être jugés. Ils sont presque toujours laissés à eux-mêmes pour vérifier quel lendemain donner à leur foi ».
Pour lui, une autre négligence de l’Église c’est de ne pas avoir développé des réseaux de personnes ressources pour répondre à des attentes de recherchistes du monde médiatique. Ils ne savent pas où frapper. Quand ils connaissent quelqu’un dans le milieu c’est la plupart du temps par cette personne-là qu’ils vont entrer chez nous.
« Je pense que je suis un journaliste de Dieu au quotidien pour le rendre présent au monde. Je suis sûr que Dieu est incarné en Jésus Christ et que le Christ est vivant dans notre monde. » (Revue Notre-Dame du Cap, mars 1995, pp. 19 et 20)
SEXUALITÉ : Le désir féminin
Par Benoit Voyer
15 octobre 2026
Les débats entourant la testostérone chez les
femmes révèlent une question plus large : comment comprendre le désir humain ?
La littérature médicale montre que la
testostérone peut apporter un effet bénéfique mesurable chez certaines femmes
ménopausées. Mais des cliniciens rappellent que le désir sexuel ne dépend pas
uniquement des hormones.
Dans un article paru dans la Presse du 3 avril
2026, Géraldine Lachance-Fortin affirme que le désir est lié à une conception
plus large de la liberté et de l’épanouissement personnel.
Elle invite les femmes à « être le sujet de
leur propre vie, et non un objet dans la vie des autres ».
Pour elle, préserver le désir passe aussi par
la possibilité d’avoir un espace personnel, de sortir des modèles traditionnels
imposés aux femmes et de reconnaître que l’épanouissement ne peut être réduit à
une intervention médicale.
Le débat autour de la testostérone illustre donc une tension permanente en médecine moderne : traiter efficacement une souffrance réelle tout en évitant de réduire des réalités humaines complexes à une simple question biologique.
FLASH : Lieu de sépulture de Roméo Voyer
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| Lieu de sépulture de Roméo Voyer, mon père, au cimetière Mgr Pelletier, à Granby, le 14 octobre 2026 |
FLASH : Wotton
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| 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Rivière Nicolet, vue du chemin du 1er rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| 8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| 8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| 8e rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Chemin Courtemanche, Wotton, le 14 octobre 2026 |
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| Rivière Nicolet, vue du 6e rang, Wotton, le 14 octobre 2026 |






















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