Benoit Voyer
VISION CATHOLIQUE: Jean-Paul Regimbal entre 1953 et 1960
Par Benoit Voyer
11 février 2026
A partir de décembre 1953, c’est-à-dire dès sa première publication, Jean-Paul Regimbal, appelé le frère Jean-Paul de Jésus en communauté, collabore à « Trinitas, la revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité ».[1]
Dans cette édition, il écrit l’article « Une résolution bien gardée »[2], Dans lequel il salue la nouvelle année 1954 et fait une brève introduction à la vie d’Anna-Maria Taïgi [3] (1769-1837), une laïque, membre du tiers-ordre trinitaire.
D’abord, il commence par saluer la nouvelle année 1954: « Une année s’achève, une autre suivra… Le temps infailliblement se perd dans le temps et entraine avec lui tous les hommes vers la maison du Père dont la porte est celle du tombeau. Oh! Ce que peut être une vie? … Un échec formidable ou un admirable triomphe, succès ou désastre souvent renfermé dans la décision énergique d’un moment. A l’aurore de cette année, une résolution est à prendre, un choix à établir. Cette fois, pourquoi ne pas apporter une résolution ferme, constante, durable, héroïque même? N’est-ce pas l’assurance d’une vie pleinement vécue? »
Puis, il expose son intention de « stimuler » chez son lecteur l’adhésion a une vie chrétienne pleinement vécue : « Pour vous stimuler, bien cher lecteur, dans la poursuite de votre vrai bonheur, je vous exposerai, à chaque numéro de « Trinitas », non pas tant la vie chrétienne dans ses principes – la longueur des discours finit toujours par ennuyer – mais bien la vie chrétienne dans ses modèles… qui entrainent à l’action. Il y a quelque chose d’étrange dans nos vies! … Voyez : Les églises sont peuplées de statues antiques et vénérables : figurines plus ou moins artistiques de moines, d’évêques, des religieuses, de vierges, de martyrs, de confesseurs. Avec tout cela, il devrait se rencontrer beaucoup de saints chez-nous. Et pourtant qu’en est-il? Sans nier la valeur authentique des exemples qu’ils nous ont laissés, je ne puis manquer de constater le faible dynamisme spirituel qu’ils insufflent actuellement dans les âmes et les cœurs de nos contemporains. On se contente de dire : « Tout cela était bel et bien au moyen-âge… ça se concevait. Mais, aujourd’hui? »
Au service du laïcat trinitaire
En 1954 et 1955, à travers la revue Trinitas, le frère Jean-Paul de Jésus contribue à stimuler la dévotion a la bienheureuse Anna-Maria Taïgi (1769-1837) et à Jean-Baptiste de la Conception, un réformateur de l’Ordre de la très sainte Trinité (1561-1613) [4].
En 1954, il signe quatre articles sur la bienheureuse dans Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité. Sa démarche historique tire souvent sur l’hagiographie.
En février 1954, il est question de sa petite enfance [5]. En mai de cette même année, de ses fréquentations et son mariage avec Domenico Taïgi [6]. En septembre, de la jeune mère [7]. Enfin, en novembre, de sa dévotion mariale [8].
En janvier 1955, il y va avec le texte « La tertiaire »[9] et, en mars, la suite de ce même article [10]. En juillet-aout, il aborde la question de la mystique qu’elle a été [11].
Tous ses articles sur la bienheureuse laïque trinitaire sont finalement entièrement révisés, d’autres textes sont ajoutés, il fait même une adaptation pour le théâtre. L’ensemble est édité en 1955 dans le livre “Celle qui a vécu sa vie” [12]
Dans sa conclusion, le frère Jean-Paul écrit : « Ma richesse n’est pas de ce monde et ma vie s’épanouira dans un monde meilleur. Fils bien-aimé du Père, frère de Jésus-Christ, fidèle ami du Saint-Esprit, ne puis-je pas aspirer de toute mon âme à la sainteté? Le maître m’y appelle: “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » »[13].
Directeur de Trinitas
Pendant plus de 18 mois, soit de septembre 1956 au début de l’année 1958, la revue Trinitas ne parait qu’une seule fois. Jean-Paul, qui a prend peu à peu le lead de l’affaire, a été bien occupé par la fin de ses études, par son ordination sacerdotale et par ses heures à enseigner au collège des Trinitaires a Saint-Bruno-de-Montarville.
Dans ce numéro, le jeune père Jean-Paul de Jésus signe le premier d’une série d’articles sur le thème “La Trinité dans ma vie”. Il intitule son billet : “Un peu de bonheur dans votre vie”.[14]
Dans son introduction, avant d’y aller d’un premier jet sur la Trinité, comme un grand romantique, il écrit: “Voulez-vous mettre un peu de bonheur dans votre vie ? Mettez-y de l’amour ! Quand on aime beaucoup, la vie devient un charme ! Mais, l’embêtement, c’est de trouver pour notre amour un objet assez beau, assez bon et assez stable pour n’avoir pas à recommencer sans cesse à aimer. Une suggestion, chers amis : Aimez donc l’amour !”[15]
Coup de théâtre! Dans la première édition de 1958 [16], on apprend qu’il devient rédacteur en chef de « Trinitas » revues pour lesquelles il collabore depuis 1953.
En page 3, il signe son premier éditorial. A l’intention des abonnés, il leur adresse d’abord des excuses pour le manque de fidélité. Et puis, il demande de l’aide pour une diffusion plus large de la revue:
“Si la direction met toute sa confiance en la bienveillante providence de la Trinité, elle ne cesse pas, pour autant, de faire appel à ses lecteurs pour assurer la survie de la revue Trinitas ! Pour elle, comme pour nous tous, s’applique l’adage séculaire : aide-toi et le ciel t’aidera !
C’est pourquoi, dès son premier numéro, Trinitas vous invite, chers lecteurs, à contribuer, par votre modeste part, a la survivance définitive de votre revue. Qui d’entre vous ne connait pas un parent, un ami, capable de devenir un lecteur assidu des pages si pleines de haute doctrine et de vivante spiritualité de la revue Trinitas ? Qui d’entre vous encore ne peut se faire un point d’honneur de trouver cinq abonnements dans son proche voisinage ? Qui enfin ne peut trouver un instant de libre pour écrire ses suggestions, ses désirs et ses projets a la direction de la revue afin que chaque numéro apparaisse plus adapté, plus attrayant, plus intéressant.
Oh ! C’est bien évident, les objections s’accumulent nombreuses dans votre esprit : si le passé se porte garant de l’avenir, ce n’est guère prometteur ! On a payé mais on n’a rien reçu ! Etc.
Pour ce qui est du passé, rappelons cette sentence des auteurs spirituels : Confions le passé à la miséricorde de Dieu, l’avenir à la providence et le présent a son amour... Certes, nous regrettons de n’avoir pu répondre avec autant d’assiduité qu’on était en droit d’attendre de nous, aux légitimes revendications de nos lecteurs. Mais une chose demeure : la volonté arrêtée de satisfaire le plus tôt possible à nos engagements vis-à-vis de nos lecteurs.
Quand a ceux qui n’ont pas reçu les six numéros pour lesquels ils avaient versé un abonnement, qu’ils soient sans inquiétude ! La direction leur offre la garantie de leurs six exemplaires ou le plein remboursement de la somme perçus.
Un peu plus loin. Il publie son deuxième article de la série la “Trinité dans ma vie”. Il y traite de la deuxième personne de la Trinité : Jésus, le Fils [17].
Dans la deuxième parution de 1958, il poursuit sa série sur la Trinité en poursuivant sa dissertation sur la deuxième personne: le Fils [18]. Il y traite aussi de la guérison dit-on miraculeuse du petit Daniel, 5 ans, fils de Paul Cloutier, de Granby [19] et rend hommage au père François-Xavier de l’Immaculée-Conception [20]. Ce dernier texte n’est pas signé, mais tous savent qu’il est de lui.
D’ailleurs, puisqu’il écrit et écrira 3 à 4 textes par numéro, afin que son nom ne paraisse pas trop souvent, il signe aussi sous quelques pseudonymes dont « Jean-Baptiste de la Trinité » ou il omet de signer comme c’est le cas pour cet article.
Dans la quatrième édition, en octobre et novembre 1958, dans sa série sur la Trinité, il traite du Saint-Esprit.[21] Il dresse aussi un historique de la dévotion à Notre-Dame du remède au Canada [22].
En décembre 1958, dans son éditorial il souhaite ses meilleurs vœux pour la fête de nativité [23], rend écho au courrier des lecteurs dans lesquels ils témoignent des bienfaits physique et moraux qu’ils attribuent à l’intercession de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi [24] et signe le dernier billet de la série « La Trinité dans ma vie »[25]
En février-mars 1959, la revue Trinitas consacre son numéro aux frères convers de l’Ordre trinitaire à l’occasion du 35e anniversaire de la fondation des Trinitaires au Canada [26]. Après son éditorial [27], Jean-Paul signe des articles sur l’Ordre religieux : « La Trinité dans la vie du frère convers » [28], « Un saint d’actualité » (un long texte sur saint Jean-de-Matha) [29], ”Premières tentatives de fondations” (les prémisses de l’implantation des Trinitaires au Canada) [30] et ”L’histoire d’une province”[31].
Jean-Paul donne un second souffle à Trinitas. Et ça ne fait que commencer!
Dans le premier numéro de 1960, il parler des souhaits de son Ordre religieux et, bien entendu, les sien, pour l’avenir de la revue. Il écrit [32] :
« Comme la plupart d'entre vous, chers lecteurs, la direction de la revue doit prendre, elle aussi, de bonnes résolutions au début de l'an neuf ! Mais prendre une résolution n'est pas toujours une garantie de la tenir jusqu'au bout. C'est pourquoi la Direction vous invite dès aujourd'hui à la clémence si, par moments, elle devait manquer à l'une ou l'autre des résolutions prises devant vous. Quoi qu’il en soit, voici les projets pour l'année 1960.
I) Une parution périodique stable : nous sommes tout aussi désolés que vous du retard de ce numéro. Mais, il faut y voir la main de la Providence pour la réalisation d'un plus grand bien. Les hommes, fussent-ils directeurs de revues religieuses, ne sont pas exempts des vicissitudes de la nature : ils doivent eux aussi payer un tribut à la maladie lorsqu'ils ont dépassé les limites de leurs forces…
2) Une nouvelle présentation : nouvel an, nouvel habit ! Au cours de cette année 1960, la Revue TRINITAS projette de changer son titre latin – peut-être un peu trop savant – pour le titre français "TRINITE ET VIE". Il y aurait à cela un double avantage : d'abord celui d'enlever le préjugé que cette revue ne s’adresse qu'aux membres du clergé et qu'au public des fins lettrés (en raison de son titre LATIN) ; ensuite c'est pour exprimer d’une façon concrète le but de cette revue : celui de guider les fidèles vers une vie chrétienne plus profonde en basant cette vie sur le mystère primordial de notre foi, la très sainte Trinité.
3) Un plus grand nombre d'abonnés : il faut que le bien se répande le plus possible. Les enfants de la Lumière doivent être aussi habiles que les enfants des ténèbres. Il n'y a pas une seule revue qui diminue son tirage d'année en année : c'est pourquoi l'objectif fixé pour l'année en cours est de 5 000 abonnés avec l'espoir d'atteindre 10 000 abonnés pour 1961.
À cet effet, nous ouvrirons cette année encore un grand concours d'abonnement qui se terminera le 20 octobre prochain. Ce concours commencera dès la parution du premier numéro de "TRINITE ET VIE" en mai prochain. C'est vous dire, chers lecteurs, combien nous comptons sur chacun d'entre vous pour répandre la bonne littérature et la riche spiritualité contenues dans les pages de VOTRE REVUE !
4) Un plus grand nombre de pages : si tout fonctionne d'après nos prévisions pour cette année, le premier numéro de TRINITE ET VIE aura non plus 16 pages comme TRINITAS, mais bien 32 pages de texte vivant, enrichissant, dynamique et… sanctifiant !
5) De nouvelles rubriques : avec l'accroissement de pages, vous verrez paraître de nouvelles sections dont la plus intéressante portera le nom : "LE COURRIER DU P. CHARLES", chronique morale rédigée par la plume originale du R. P. Charles (Lebel) de l'Immaculée-Conception, o.ss.t. Une autre section, chargée de nouvelles "catholiques" : "CATHOLICISME AUJOURD'HUI, vous apportant périodiquement les grandes nouvelles catholiques du monde entier. Votre reporter sera le R.P. Rosaire de Saint-Jérôme, o.ss.t.
6) Une section d'annonces : pour aider au financement de cette revue très dispendieuse, nous aurons recours à des bienfaiteurs qui voudront bien subventionner notre œuvre en faisant publier dans nos pages leurs cartes d'affaires. Nous encourageons vivement nos lecteurs à patronner nos annonceurs par leur clientèle assidue. »
Il ne le sait pas encore : il ne sera que deux ans à la tête du magazine des Trinitaires. La revue n’atteindra jamais les 10 000 abonnés. Et, Jean-Paul passera quelques années en prison.
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[1] La revue « Trinitas » deviendra « Trinité et vie » et « Trinité liberté ». Les trois revues seront successivement éditées de décembre 1953 jusqu’au milieu des année 1970. Pour ce qui est de Trinitas, la SHHY détient les copies de décembre 1953 (vol. 1 no. 1) a mars-avril 1960 (vol, 5 no. 5). BANQ Montréal détient une copie de 1958 (à identifier). Pour ce qui est de « Trinité et vie », la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe détient l’édition de septembre-octobre 1965 (vol. 11, no 1) (tenter de mettre la main sur cette copie pour la déposer à la SHHY). Enfin, BANQ Montréal détient les copies de « Trinité et vie » (à identifier). Les recherches se poursuivent afin de trouver d’autres copies afin de compléter la collection.
[2] Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une résolution bien gardée », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 1, décembre 1953 – janvier 1954, pp.9 à 11 (SHHY – Fonds P049).
[3] Son vrai nom est Anna-Maria Gianetti. Elle épousera Domenico Taïgi, le 7 janvier 1790.
[4] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Fête le 14 février – Le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception (1561-1613) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[5] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La petite Annette », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 2, février-mars 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[6] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 3, avril-mai 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[7] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une maman modèle », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 4, septembre-octobre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[8] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La dévotion mariale d’Anna-Maria », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 5, novembre-décembre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[9] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[10] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire (suite) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 2, mars-avril 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[11] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La mystique », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 3, juillet-août 1955, pp.8 et 9 (SHHY – Fonds P049).
[12] Durant ces années de formation, Armand Gagné dit qu’il a écrit une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. (Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049). La pièce « Celle qui a vécu sa vie » aurait été présentée à trois occasions à la salle montréalaise du Gesu. (selon un document lu pour la rédaction de la recherche de 1998. Source à trouver.)
[13] Cf. Jean-Paul Regimbal. Celle qui a vécu sa vie, Éditions Trinitas, 1955
[14] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[15] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[16] Jean-Paul de Jésus. « Résurrexit sieut dixit Alleluia! », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.3 à 4 (SHHY – Fonds P049).
[17] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - III - Dieu le fils dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[18] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - II - Dieu le Père dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 2, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[19] Cf. Jean-Paul de Jésus. ”Guérison merveilleuse du petit Daniel Cloutier de Granby », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, p. 20 (SHHY – Fonds P049).
[20] Références a venir
[21] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – IV – Dieu le Saint-Esprit dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.4 et 5(SHHY – Fonds P049).
[22] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Le culte de Notre-Dame du Remède au Canada », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.20 à 22(SHHY – Fonds P049).
[23] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Paix aux hommes de bonne volonté », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.3 et 4(SHHY – Fonds P049).
[24] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La bienheureuse Anna-Maria Taïgi – A l’œuvre… dans les épreuves », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[25] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – Vers le père, par le Fils, dans le Saint-Esprit », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.6 à 8 (SHHY – Fonds P049).
[26] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Éditorial – Apôtre inconnu… », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.3 à 5(SHHY – Fonds P049).
[27] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La promesse des fruits », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, p.3(SHHY – Fonds P049).
[28] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans la vie du frère convers », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.13 à 15(SHHY – Fonds P049).
[29] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Un saint d’actualité », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 4 à 15 (SHHY – Fonds P049).
[30] Jean-Paul de Jésus. « Premières tentatives de fondation », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[31] Jean-Paul de Jésus. « L’histoire d’une province », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 24 à 28 (SHHY – Fonds P049).
[32] Jean-Paul de Jésus. « Résolutions du Nouvel an », Trinitas – revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très Sainte Trinité », janvier-février 1960, pp. 3 et 4 (SHHY – Fonds P049).
[1] La revue « Trinitas » deviendra « Trinité et vie » et « Trinité liberté ». Les trois revues seront successivement éditées de décembre 1953 jusqu’au milieu des année 1970. Pour ce qui est de Trinitas, la SHHY détient les copies de décembre 1953 (vol. 1 no. 1) a mars-avril 1960 (vol, 5 no. 5). BANQ Montréal détient une copie de 1958 (à identifier). Pour ce qui est de « Trinité et vie », la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe détient l’édition de septembre-octobre 1965 (vol. 11, no 1) (tenter de mettre la main sur cette copie pour la déposer à la SHHY). Enfin, BANQ Montréal détient les copies de « Trinité et vie » (à identifier). Les recherches se poursuivent afin de trouver d’autres copies afin de compléter la collection.
[2] Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une résolution bien gardée », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 1, décembre 1953 – janvier 1954, pp.9 à 11 (SHHY – Fonds P049).
[3] Son vrai nom est Anna-Maria Gianetti. Elle épousera Domenico Taïgi, le 7 janvier 1790.
[4] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Fête le 14 février – Le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception (1561-1613) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[5] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La petite Annette », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 2, février-mars 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[6] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 3, avril-mai 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[7] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une maman modèle », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 4, septembre-octobre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[8] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La dévotion mariale d’Anna-Maria », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 5, novembre-décembre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[9] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[10] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire (suite) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 2, mars-avril 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[11] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La mystique », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 3, juillet-août 1955, pp.8 et 9 (SHHY – Fonds P049).
[12] Durant ces années de formation, Armand Gagné dit qu’il a écrit une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. (Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049). La pièce « Celle qui a vécu sa vie » aurait été présentée à trois occasions à la salle montréalaise du Gesu. (selon un document lu pour la rédaction de la recherche de 1998. Source à trouver.)
[13] Cf. Jean-Paul Regimbal. Celle qui a vécu sa vie, Éditions Trinitas, 1955
[14] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[15] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[16] Jean-Paul de Jésus. « Résurrexit sieut dixit Alleluia! », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.3 à 4 (SHHY – Fonds P049).
[17] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - III - Dieu le fils dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[18] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - II - Dieu le Père dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 2, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[19] Cf. Jean-Paul de Jésus. ”Guérison merveilleuse du petit Daniel Cloutier de Granby », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, p. 20 (SHHY – Fonds P049).
[20] Références a venir
[21] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – IV – Dieu le Saint-Esprit dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.4 et 5(SHHY – Fonds P049).
[22] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Le culte de Notre-Dame du Remède au Canada », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.20 à 22(SHHY – Fonds P049).
[23] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Paix aux hommes de bonne volonté », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.3 et 4(SHHY – Fonds P049).
[24] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La bienheureuse Anna-Maria Taïgi – A l’œuvre… dans les épreuves », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[25] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – Vers le père, par le Fils, dans le Saint-Esprit », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.6 à 8 (SHHY – Fonds P049).
[26] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Éditorial – Apôtre inconnu… », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.3 à 5(SHHY – Fonds P049).
[27] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La promesse des fruits », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, p.3(SHHY – Fonds P049).
[28] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans la vie du frère convers », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.13 à 15(SHHY – Fonds P049).
[29] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Un saint d’actualité », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 4 à 15 (SHHY – Fonds P049).
[30] Jean-Paul de Jésus. « Premières tentatives de fondation », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[31] Jean-Paul de Jésus. « L’histoire d’une province », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 24 à 28 (SHHY – Fonds P049).
[32] Jean-Paul de Jésus. « Résolutions du Nouvel an », Trinitas – revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très Sainte Trinité », janvier-février 1960, pp. 3 et 4 (SHHY – Fonds P049).
VISION CATHOLIQUE: Mémoire de soeur Rachel Voyer
Ma tante, Rachel Voyer, sœur de la charité d’Ottawa, décède à Ottawa le 12 février 2012. Ses funérailles sont célébrées le 16 février 2012, dans la chapelle de la maison mère des Sœurs de la Charité d'Ottawa, à Ottawa, et elle sera inhumée dans le cimetière Notre-Dame. (BV)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Jean-Claude Turcotte, Cardinal et archevêque de Montréal
« Je vais te confier qu'il y a des matins que ça ne me tente pas de célébrer la messe. J'y vais quand même ... J'ai choisi cette vie et je dois aller au bout des responsabilités de mon choix. Sinon, le désert intérieur m'attend ... Et je serai malheureux. »
Par Benoît Voyer, journaliste
Homme de terrain, le Cardinal Jean-Claude Turcotte accepte rarement les entrevues journalistiques intimistes. Il est très pudique. Il se confie difficilement, car, pour lui, sa vie intérieure est un jardin secret qu'il veut préserver. Cependant, après plusieurs mois d'hésitations, il a accepté un rendez-vous avec la Revue Sainte Anne. Cette interview qui devait porter sur le bonheur et sur ce qui donne du sens à sa vie, s'est rapidement transformée en une rencontre très intime entre deux âmes : Une qui vit tout simplement son bonheur et l'autre qui le cherche.
Monsieur le cardinal, pour vous, qu'est-ce que le bonheur?
Pour moi le bonheur c'est d'avoir le sentiment d'être utile. Il me semble que lorsque quelqu'un se rend compte qu'il est important pour d'autres, qu'il peut aider les autres, cela contribue à lui donner de la satisfaction intérieure. À mes yeux, le bonheur n'a rien à voir avec les sentiments d'excitation et la jouissance émotive.
Et puisque je suis un religieux, ce bonheur est lié à l'engagement que j'ai pour le Christ et pour l'Église. Dans cette vocation, je rends service aux gens. La façon que je vis et les valeurs auxquelles je crois me font vivre, c'est-à-dire qu'elles donnent un sens à ma vie.
Le bonheur parfait existe?
Ce sentiment d'utilité est le seul qui rend vraiment heureux. Ce n'est pas le bonheur dans sa béatitude, je sais. Tous les chrétiens savent bien que le bonheur par excellence ne se trouve pas ici-bas. Nous ne le trouverons qu'au ciel!
Le bonheur se trouve donc en se donnant totalement aux autres jusqu'à s'oublier...
Il y a une sorte de masochiste du don de soi auquel il faut faire attention. Je crois que les gens qui estiment qu'il faut s'oublier totalement et ne penser qu'aux autres sont sur une mauvaise piste ... Dans le don de soi, il faut qu'il y ait rencontre entre l'autre et soi et soi et l'autre. Nous ne sommes pas des êtres désincarnés! Je veux dire que nous ne sommes pas des robots, voire des machines. Malheureusement, on a présenté à une époque la spiritualité comme une espèce d'altruisme à l'état pur. Il est entendu que l'altruisme est bon, car il est important de sortir de soi. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il est important de revenir en soi-même pour se retrouver après s'être donné au service de l'autre.
Le don de soi c'est partager, c'est être avec l'autre ... C'est bien cela?
C'est en plein ça! Ce n'est pas une abstraction de soi. L'autre est une personne concrète, comme moi. Cet autre-là, il faut que je sente que je lui apporte quelque chose et qu'elle apporte également un plus a ma vie. Si le don de soi est à sens unique, il est une illusion.
Puisque vous êtes un religieux, est-ce que cet échange se fait aussi avec votre Jésus?
C'est le départ! Le goût de me donner aux autres vient de ma rencontre avec Jésus Christ. C'est un être tout à fait séduisant. À travers l'Évangile, il nous a laissé un message. Celui-ci ne dit pas quoi faire, mais nous indique comment le faire.
Des pistes pour être heureux, quoi!
Tout à fait! C'est pour cela que, pour moi, l'Évangile est une bonne nouvelle.
Les disciples, qui aurait vu le maître vivant, trois jours après sa mort, ont fait l'expérience d'une présence nouvelle de Jésus. À ce moment, ils se sont rendu compte que certaines paroles qu'il avait dites, du temps qu'il était un homme comme vous et moi, incarnaient la présence de Dieu parmi nous, c'est-à-dire qu'il est tout simplement Dieu.
Je pense que c'est dans la rencontre de ce Christ toujours vivant que réside la source du chemin qui nous conduit vers les autres.
Et vous l'avez rencontré intimement ce Jésus vivant?
Bien entendu que je l'ai fait cette rencontre personnelle avec le Christ. Je l'ai découvert dans ma jeunesse grâce à ma famille et mes éducateurs.
Pour moi, les signes de sa présence nous sont donnés dans l'Évangile ... Je trouve que le plus beau signe vivant de celle-ci est l'eucharistie. Cependant, le signe qui me parle le plus demeure le fait qu'il réside dans les plus pauvres. « J'ai eu soif, tu m'as donné à boire. J'ai eu faim, tu m'as donné à manger ». « Tout ce que vous avez fait aux plus d'entre les miens c'est à moi que vous l'avez fait. »
De plus, je le rencontre dans ma relation avec les autres. N'est-ce pas lui qui disait : « Lorsque vous êtes deux ou trois réunis en mon nom je suis au milieu de vous » ? Enfin, je le rencontre dans ma prière personnelle et celle que je fais communautairement au quotidien. Celle-ci me permet de dialoguer avec lui...
Et s'il y a un dialogue, il doit inévitablement répondre à vos propos!
Bien entendu! Comme je dis souvent à la blague : Moi je parle beaucoup et quand j'ai fini de tout lui raconter et que je fais silence, il me répond (rires).
Je trouve que le Christ me parle beaucoup à travers le questionnement que j'ai en moi, c'est-à-dire les questions questions qui montent de mon intérieur à propos des choses que j'ai vécues. Lorsque je l'écoute dans la prière, il me vient à l'esprit, par mon intérieur, des questionnements.
Puisque le Christ habite en nous, c'est à travers cette voix intérieure qui nous habite qu'il nous répond. Pour l'entendre, il faut préalablement faire silence. C'est dans ce dialogue entre lui et nous, à travers la voix qui parle en nous, que nous nous remettons continuellement en question.
Mais, Monsieur le cardinal, ce même dialogue intérieur est inné chez l'humain. Il n'est pas foncièrement lié au Christ qui parle en soi. Cette voix n'est qu'un dialogue avec soi-même.
(Surpris par ce commentaire, il fait silence. Il cherche une réponse en lui et poursuit.)
C'est possible, mais ce n'est pas mon expérience! Moi, la mienne, c'est avec lui que je l'ai faite. C'est aussi l'expérience de beaucoup de gens que je connais. Est-ce qu'il y a des gens qui sont capables de rencontrer Boudha, Krishna? Je n'en sais rien! Moi, tout ce que je peux témoigner c'est de mon expérience!
(Dans une attitude paternelle, il regarde le journaliste dans les yeux et sur un ton plus tendre, il décide de s'adresser directement à lui. L'entretien prend une autre direction.)
La seule chose que je peux te dire est que si tu veux avoir ce contact avec le Christ vivant, il faut y consacrer du temps. Si tu ne t'imposes pas dans ta vie un temps de contact, un temps de prière, autant que possible quotidien, comment veux-tu établir une relation sérieuse avec le Christ? Les gens simples comprennent ça ... C'est un peu comme l'amour humain. Si tu es en amour avec ta femme, mais tu ne lui parles jamais, tu ne t'en occupes pas, tu passes à côté sans la voir ... ça ne peut pas durer! L'amour comme la foi sont des choses qui s'entretiennent avec du dialogue, de l'attention, un regard profond et des petits gestes. La relation avec le Christ ressemble à celle que tu as avec ta femme. En tout cas, moi dans ma vie, j'essaie à chaque jour d'avoir de 90 à 120 minutes de présence à lui. Je ne suis pas toujours en train de jaser, mais je suis là.
Il y a des périodes de crise et de sécheresse en soi! Vous en avez eu ?
Tu sais, c'est comme quand on fait de l'exercice physique. Il y a des matins où ça ne nous tente pas. Tu le fais pareil sinon ta santé ne sera pas bonne!
Quand t'es en amour et que tu es poigné avec ta femme, il y a des matins que ça ne te tente pas d'être avec elle. Tu es là pareil! L'être humain est ainsi! Il est libre. Il fait des choix. Dieu le convie à rester fidèle à ses choix. Tu sais, un gars qui se marie ... Ce n'est pas pour passer une fin de semaine! S'il le fait pour ça, il a choisi le mauvais outil! S'il a décidé de faire un projet d'amour pour la vie, il faut qu'il l'entretienne comme un trésor! Je te donne aussi l'exemple des parents qui décident de mettre au monde un enfant : S'ils ne s'occupent ... Ils vont avoir des sérieux problèmes! Alors tout est comme ça dans la vie spirituelle! C'est la loi de la vie quoi!
Aux matins de sécheresse intérieure, vous vous êtes donc accroché à votre choix de vie en disant c'est mon devoir
Je vais te confier qu'il y a des matins que ça ne me tente pas de célébrer la messe. J'y vais quand même ... J'ai choisi cette vie et je dois aller au bout des responsabilités de mon choix. Sinon, le désert intérieur m'attend ... Et je serai malheureux.
Mais vous l'avez l'ami de route! Il vous dit, si tu veux être heureux, il faut souffrir...
Non! Il ne dit pas cela directement de cette manière. Tu sais, la vie comporte la souffrance, comme la vie comporte la mort. La plus grande cause de la mort, c'est la vie. Quand tu rentres dans la vie, il y a une loi inévitable, tu vas mourir. Aucun être humain ne peut y échapper. Cependant, entre le moment de la naissance et le moment de la mort, il y a des joies et il y a des peines. C'est une illusion de croire qu'une vie peut se vivre sans qu'il y ait des souffrances. Je n'accuserai pas Dieu de la maladie qui pourrait me frapper parce que je suis mis dans un monde qui comporte ça. C'est mon univers! À partir du moment où je suis dedans, il faut que j'accepte un certain nombre de conditions. La souffrance fait partie du paysage humain. Elle est normale. Alors Dieu ne veut pas la souffrance, il veut que nous soyons heureux dans la condition de vie qui nous est donnée de vivre. Jésus a souffert lui aussi. Il est donc humain de souffrir! Cela fait partie de notre condition.
La rencontre de Dieu se fait souvent dans la souffrance...
Je ne dirais pas qu'il faut absolument souffrir pour rencontrer Dieu, mais c'est sûr que lorsque nous souffrons nous sommes plus réceptifs. Les événements du 11 septembre de l'an dernier, ont fait que les gens se sont questionnés sur les fins de celle-ci. La vie est fragile.
Merci Monsieur le cardinal.
(Revue Sainte Anne, Septembre 2002, pages 345 et 350)
VISION CATHOLIQUE: Pour que le monde change, il faut changer soi-même
Par Benoit Voyer
10 février 2026
C’est le cœur humain qui doit changer. Les maux du monde viennent directement de l’intérieur de la femme et de l’homme.[1]
En 1981, Jean-Paul Regimbal écrivait [2]: « La raison pour laquelle nous ne trouvons pas de réponses adéquates aux problèmes de la société, c’est que nous ne posons pas les bonnes questions. Pourquoi ne peut-on pas mettre un terme au fléau du chômage? Et à celui de l’inflation? Tout simplement parce qu’on ne veut pas éliminer les causes radicales de ces calamités. On s’obstine à vouloir vivre chacun pour soi, de façon individualiste et égocentriste, en se fichant du bien-être d’autrui. »
Et puis, il tentait une réponse : « On ne veut pas changer son rythme de vie, et l’on s’entête à maintenir des conditions de travail souvent inhumaines. Chacun défend son statut social et refuse le même droit à son voisin. Bref, on croit qu’on règlera le problème de l’heure en changeant les chiffres de colonnes et en affirmant que le chômage doit augmenter pour que baisse l’inflation. C’est au cœur de l’homme, de même que son esprit et sa vision du monde qu’il faut d’abord transformer. »
De son côté, le cardinal Jean-Marc Aveline disait: « La montagne la plus difficile à gravir se trouve dans le cœur de chacun. C’est la montagne de l'indifférence qui a chaque époque de l’histoire, et aujourd’hui pas moins qu’hier, reste pour notre société et pour chacun de nous la tentation la plus forte et la plus sournoise. […] Il n’est de paroles fiables que celles que nos vies écrivent dans la vérité concrète de nos actes et de nos engagements »[3].
Comme disait Albert Einstein : « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent. »
C’est assurément le Petit Prince qui avait raison : « On ne voit bien qu’avec le cœur ».
____________________
[1] Mc 7, 14-23
[2] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’Amour, Éditions internationales Alain Stanke, 1981.
[3] Le 27 août 2024, à 11h15, le diocèse de Marseille, en France, a commémoré, dans le cadre d’une messe célébrée à la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde, la Libération de la cité phocéenne survenue en août 1944. Le cardinal Jean-Marc Aveline est l’archevêque de Marseille.
[1] Mc 7, 14-23
[2] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’Amour, Éditions internationales Alain Stanke, 1981.
[3] Le 27 août 2024, à 11h15, le diocèse de Marseille, en France, a commémoré, dans le cadre d’une messe célébrée à la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde, la Libération de la cité phocéenne survenue en août 1944. Le cardinal Jean-Marc Aveline est l’archevêque de Marseille.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Marche nationale pour la vie
OTTAWA (BV) - Plusieurs milliers de personnes ont pris part à la Marche nationale pour la vie (MNV), le 10 mai, devant le parlement canadien. Les manifestants ont eu droit à du beau temps, facteur important dans l'organisation d'un tel événement. Cette année, la MNV coïncidait avec le dépôt de loi par la ministre de la Santé, Ann McLellan, portant sur les techniques de reproduction et sur les cellules souches. En rencontrant plus d'une douzaine de parlementaires canadiens, les manifestants espéraient une décision éclairée dans ce dossier. La MNV est un rappel de 1969. C'est cette année-là que le gouvernement du Canada a aboli la loi contre l'avortement. Un colloque pro-vie pour les jeunes a eu lieu, le lendemain, à l'Université d'Ottawa.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Juillet-Août 2002, page 307)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Andrée Ruffo, une juge qui prend la défense des enfants
« Je pleurais comme une Madeleine. J'étais incapable d'arrêter. J'ai quitté le banc où je siégeais pour aller m'asseoir auprès de lui. Je me disais en moi : Mais qu'est-ce qu'ils ont donc dans le ventre les enfants? Mais qu'est-ce qu'ils ont donc dans le ventre pour continuer à espérer et continuer à croître? »
Par Benoît Voyer, journaliste
MONTRÉAL - Juge à la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, Andrée Ruffo se passionne pour les enfants. Elle ne peut guère faire mieux : Elle les aime. En plus de les défendre, elle les écoute et parle en leur nom à l'occasion de conférences qu'elle donne à travers le monde. Pour s'assurer de leurs droits elle s'est même impliquée sur la scène mondiale en fondant le Tribunal international des droits des enfants. Son dernier livre, Les enfants de l'ombre (Stanké), est un petit bijou à savourer. On ne peut pas rester insensible à cette plume vivante qui s'inspire des confidences des enfants pour dévoiler un visage caché de la misère d'un grand nombre de jeunes d'ici. Il est impossible d'être indifférent aux histoires de vie de Sophie, de Fourad et de Georges.
Andrée Ruffo accepte d'enlever sa toge l'instant d'une rencontre avec la Revue sainte Anne
Revue sainte Anne - Quelle a été votre plus belle leçon de vie?
Andrée Ruffo - C'est un enfant qui me l'a montrée. D'ailleurs, c'est grâce à lui que j'ai renoué avec la foi. Cet enfant a été tellement, tellement piétiné, a été tellement martyrisé et a été tellement malmené.
Au tribunal, après qu'on en a fait « l'étalage » et qu'on a compris ce qui le conditionnait, j'ai perçu quelque chose dans ses yeux et surtout dans le ton de sa voix. Il m'a dit : « Si tu voulais madame le juge, c'est ça que ... » Il était tellement abandonné. Il avait tant confiance en moi.
Je pleurais comme une Madeleine. J'étais incapable d'arrêter. J'ai quitté le banc où je siégeais pour aller m'asseoir auprès de lui. Je me disais en moi : Mais qu'est-ce qu'ils ont donc dans le ventre les enfants? Mais qu'est-ce qu'ils ont donc dans le ventre pour continuer à espérer et continuer à croître?
La confiance des enfants est un grand mystère. Cela me fait très peur ...
Revue Sainte Anne - Peur?
Andrée Ruffo - Oui! La confiance des gens, ça fait drôlement peur! Et surtout lorsque ça vient d'un enfant souffrant! Ce n'est pas n'importe qui ça!
Revue Sainte Anne - Ce jeune vous a touchée ...
Andrée Ruffo - Jamais je n'oublierai ce jeune! Je pourrais le dessiner! Jamais je ne l'oublierai!
Revue Sainte Anne - Et vous avez répondu à votre grande question?
Andrée Ruffo - C'est parce qu'on est en quête d'absolu! C'est parce qu'on porte la vie! C'est parce qu'on a un devoir d'accomplissement!
Revue Sainte Anne - C'est un peu l'attitude du croyant face à son Dieu ...
Andrée Ruffo - Je ne saurais répondre. Tout ce que je sais c'est que cet enfant m'a permis de renouer avec la foi. Jamais! Jamais! Je ne l'oublierai ...
Revue Sainte Anne - Avez-vous peur de perdre cette confiance des enfants?
Andrée Ruffo - non.
Revue Sainte Anne - Mais vous pouvez les décevoir. Et si cela arrive, vous perdrez leur confiance à tout jamais!
Andrée Ruffo - Ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe! Je pense que je ne pourrai pas perdre la confiance des enfants si je ne triche pas. En ouvrant la porte du tribunal, quand je leur dis « Venez-vous asseoir », ils le sentent que je les aime.
Revue Sainte Anne - Vous les vouvoyez !?
Andrée Ruffo - Bien entendu! Je salue chaque enfant par son prénom. Je le vouvoie par marque de respect. « Venez-vous asseoir, Pierre! On va se parler! » L'enfant sent viscéralement que je l'aime. Il le sent! Si je faisais semblant, il le sentirait aussi!
Revue sainte Anne - Et la confiance...
Andrée Ruffo - Je ne peux pas perdre la confiance des enfants parce qu'ils savent que je suis vraie. Cependant, cela ne veut pas dire qu'ils aiment mes décisions! Elles ne plaisent pas nécessairement aux enfants, mais ils comprennent que c'est parce que je les aime que je choisis telle ou telle chose. Ils peuvent se fâcher, mais ils comprennent que je n'ai pas triché.
Revue sainte Anne - Vous êtes à l'aise avec les enfants, mais ce n'est pas le cas de tous les adultes.
Andrée Ruffo - Les enfants ont un sens aigu de la vérité. Il faut juste les aimer. Même lorsque nous sommes maladroits, ils sentent que nous les aimons. On n'a pas à chercher à faire semblant. Il faut juste les aimer.
Revue sainte Anne - Quel est le sens de votre vie?
Andrée Ruffo - Le sens de ma vie, c'est la quête de bonheur…
Revue sainte Anne - Où se cache-t-il ce bonheur?
Andrée Ruffo - Le chemin vers le bonheur est différent pour chacun de nous. Chacun a son chemin vers celui-ci.
Revue sainte Anne - À quoi ressemble-t-il?
Andrée Ruffo - Il est à définir pour chacun ... Pour ma vie, je pense que le bonheur est dans l'accomplissement. On ne peut pas définir le bonheur objectivement ou à l'extérieur de soi. C'est vraiment à chacun de le définir et de travailler à le trouver.
Revue sainte Anne - Merci madame le juge!
(Revue Sainte Anne, Juillet-Août 2002, page 297)
HISTOIRE: Claude Ryan, un humble géant
Par Benoit Voyer
8 février 2026
Claude Ryan est né le 26 janvier 1925 dans la paroisse Saint-Jean-de-la-Croix, à Montréal, près du marché Jean-Talon, un quartier fortement italien. Il est le deuxième d’une famille de trois enfants. Sa famille a beaucoup voyagé. Alors que Claude est encore enfant, le clan Ryan s’installe au Saguenay–Lac-Saint-Jean pendant quelques années.
Blandine Ryan, sa mère, est une Canadienne française, et son père est un Irlandais. C’est en 1926 que la famille quitte la métropole du Québec pour s’établir à Port-Alfred, où son père exerce le métier de commis de bureau à l’International Paper. Peu de temps après, ils déménagent de nouveau, cette fois à Dolbeau.
Après la naissance d'Yves, vers 1928, le paternel quitte le nid familial. Blandine Ryan se retrouve seule pour affronter les difficultés financières quotidiennes.
En 1931, elle revient à Montréal avec ses trois bambins. Ils trouvent domicile boulevard Monk, dans la paroisse Saint-Jean-de-Matha dirigée par les Trinitaires, communauté arrivée au Canada en août 1924, de qui Claude Ryan garde d’excellents souvenirs. Dès lors, elle transmet à ses enfants tous les principes religieux, en plus de leur inculquer le sens du devoir, du respect d’autrui et des responsabilités. Elle est une femme dévouée et cultivée qui s’est sacrifiée pour sa marmaille.
Ce n’est pas l’extrême pauvreté, mais la famille a de la difficulté à boucler les fins de mois. Heureusement, la force de caractère de Blandine Ryan et son attachement aux valeurs morales donneront à ses enfants une base solide pour traverser les épreuves de la vie.
« J’ai toujours joué un rôle d’intermédiaire, pendant ces années-là, entre mes deux frères. Par conséquent, j’avais un tempérament assez vif, mais plutôt conciliant. La vie m’a formé comme ça. J’ai toujours cherché une juste mesure, une solution qui tienne compte du point de vue de l’un, du point de vue de l’autre, du pour et du contre », dit-il.
À l’école, Claude apprend très aisément. Il assimile tout à une vitesse étonnante. Plus rapide que les autres, il saute des années scolaires. En 1935, il se retrouve dans la même classe que Gérard, son frère aîné. En 1937, ils entrent ensemble à l’Externat classique de Sainte-Croix. Les deux adolescents suivent les mêmes cours. Claude Ryan travaille sans relâche. C’est un élève brillant et très prometteur. Il étudie seul et ne se mêle pas beaucoup aux autres étudiants.
Ses proches sont convaincus (sauf lui) qu’il se destine à une vocation religieuse. Deux semaines à Saint-Benoit-du-Lac lui suffiront pour fixer sa vocation : il est trop individualiste et accepte difficilement l’autorité. Il se demande bien comment il pourrait logiquement prononcer le vœu d’obéissance.
Il s’inscrit donc à l’École de service social et de relations industrielles de l’Université de Montréal. À 20 ans (en 1945), après deux ans d’études supérieures, il devient secrétaire général de l’Action catholique, un mouvement institué par les évêques canadiens.
« Dans l’Action catholique, nous avions créé un organisme pour regrouper tous les mouvements spécialisés qu’il y avait à l’époque : Jeunesse agricole, Jeunesse étudiante, Jeunesse ouvrière, Jeunesse indépendante, etc. On avait créé un organisme pour regrouper et rapprocher ces mouvements-là. On m’a demandé d’être le secrétaire. J’y suis allé à titre de stagiaire. À la fin de l’année, on m’a demandé si je voulais rester encore. J’ai accepté. J’ai renouvelé mon engagement année après année pendant 17 ans. En même temps, je me suis engagé dans le mouvement à titre personnel, particulièrement dans la Jeunesse indépendante catholique comme militant et comme président à différents niveaux, racontait-il un jour.
Un catholique en action
Claude Ryan trouve à l’Action catholique une liberté d’action où il exprime sa pensée en toute franchise, où il est écouté et peut transmettre un message spirituel. Cela lui plaît.
En août 1948, il participe, à Rome, au Congrès international de l’Action catholique. Il en profite pour se faire de nouveaux contacts.
En 1950, il y retourne pour le congrès de l’apostolat laïque. Il décide d’y séjourner un peu plus d’une année pour étudier et approfondir l’histoire des Pères de l’Église, à la célèbre université grégorienne.
Durant ce temps, il travaille sans relâche en se cloîtrant dans une discipline d’études quasi monastique : durant ces mois, il sortira deux ou trois fois pour visiter l’Italie et se divertir. Tout son temps est consacré à l’apprentissage.
À son retour au Québec, il s’implique plus que jamais.
Un soir de janvier 1958, dans un petit restaurant, il demande spontanément à Madeleine Guay, une jeune militante de l’Action catholique, si elle serait intéressée à le fréquenter. Le 21 juillet de la même année, ils se marient. Ils auront cinq enfants.
Le jeune père décide de se réorienter et ambitionne de quitter l’Action catholique, après 17 ans à sa barre.
À la demande de Gérard Filion, le directeur général du journal Le Devoir, il entre dans le milieu journalistique à titre d’éditorialiste.
« En 1961, il n’y avait pas très longtemps que j’étais à la Commission Parent et que ce poste prenait de plus en plus de mon temps et me détachait du Devoir, j’ai rencontré Claude Ryan. Je lui ai proposé de venir au Devoir en lui expliquant qu’il ne pouvait passer sa vie dans le secrétariat de l’Action catholique. Ce sont des genres d’emplois qu’on occupe pendant un certain nombre d’années, mais ensuite, il faut en sortir », racontait monsieur Filion, il y a plusieurs années.
Il ajoutait : « Puis en 1962, je l’ai revu de nouveau en lui laissant entendre que moi, je ne finirais pas mes jours au Devoir et que j’aimerais bien le mettre à l’essai pour savoir s’il était capable de prendre ma succession, sans toutefois lui faire aucune promesse. » Le 5 juin 1962, Claude Ryan signe son premier éditorial.
« Dans les mouvements d’Action catholique, j’ai appris que le résultat du travail ne se voit pas tout le temps. J’ai constaté que ceux qui jugeaient des résultats en fonction des choses visibles se nourrissaient d’illusions vaines. « Tandis que si vous travaillez en profondeur avec foi, le résultat extérieur n’est pas important », explique Claude Ryan.
Collaborateur à Radio-Canada
De 1969 à 1976, le réalisateur Raphael Pirro est à la tête de « Dialogue », une émission d'analyse et de commentaires de la « nouvelle religieuse » de la semaine avec la participation de l'auditoire. Ses commentateurs sont : Claude Ryan, Paul Tremblay, Julien et Vincent Harvey, Guy Bourgault, Louis Rousseau et Michel Despland. « C'est une des rares émissions où Claude Ryan s'est engagé à venir tous les dimanches », me disait un jour M. Pirro.
Chef du Parti libéral du Québec
Le 15 avril 1978, il devient chef du Parti libéral du Québec. Il succède a Robert Bourassa.
Guidé par la main de Dieu
Lorsqu’il est entré au service du quotidien Le Devoir, il n’a pas entretenu le mystère sur ses convictions religieuses. Il en fut de même lorsqu’il a fait le saut en politique provinciale. Une position de clarté et de franchise a toujours caractérisé le vaillant gaillard.
« À un moment donné, j’ai donné une interview au réseau anglais de Radio-Canada. C’était une émission sur des sujets spirituels, religieux. “Comment avez-vous été amené à prendre vos décisions importantes dans la vie ?” m’a demandé l’animateur. J’ai dit : “Cela va peut-être vous surprendre, je n’ai jamais couru au-devant de rien, je ne me suis jamais angoissé à savoir : est-ce que je vais trouver une femme avec qui je vais être heureux ? Est-ce que je vais être capable de trouver une carrière qui va m’intéresser ? Et j’ai ajouté : “J’ai eu comme l’impression d’avoir été guidé par la main de Dieu. Il y a toujours eu une main invisible qui était à l’œuvre et qui préparait les choses pour moi sans que je sois obligé de préparer tout ça », me racontait-il sans regret.
Le lendemain, les journaux d’un océan à l’autre publiaient : Ryan dit être guidé par la main de Dieu. L’opposition à l’Assemblée nationale a rapidement repris cela contre lui, de façon déplorable.
« Je ne me suis jamais plaint de ça ! Je n’ai jamais rétracté non plus parce que je croyais profondément et je le crois encore aujourd’hui. » Cependant, il admet ne pas avoir utilisé le bon terme pour s’expliquer puisque le grand public n’était pas habitué à ce langage disparu une décennie plus tôt. Pour quelqu’un qui n’a aucune culture biblique, un tel propos fait automatiquement croire à un illuminé qui se prend pour un autre.
Avoir été ridiculisé pour cela ne l’a jamais dérangé. Il a eu à traverser des épreuves bien plus difficiles… « Ça me fait de la peine pour la religion », insistait-il en pensant au mal causé à la réputation de l’Église.
À l’heure des bilans
« Je ne suis pas l’homme pour engager une révolution qui va casser les choses, qui va renverser les murailles. Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C’est long, je sais. Cela permet de travailler longtemps sans s’impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. De plus, toute ma vie j’ai accompli mes devoirs sans effort. Je n’étais pas obligé de me « crinquer » le matin en me disant : aujourd’hui, il faut que tu fasses ton devoir. J’ai été heureux comme ça. Enfin, j’ai toujours aimé les valeurs qu’incarne à mes yeux le christianisme. J’ai essayé d’y demeurer fidèle à travers les engagements que j’ai connus. Je n’ai pas de mérite à avoir agi de la sorte », me racontait-il en 1998, lors de quelques heures passées avec lui.
À l’aube de son passage de vie à trépas et de la mort à la vie au royaume des bienheureux du ciel, Claude Ryan vivait une retraite heureuse, au 95, rue McNider, à Outremont, en demeurant au service des autres. Alors que sa sagesse est consultée par les plus hauts dirigeants de notre société, il songeait au testament spirituel qu’il laisserait.
Au-delà de ses options politiques, Claude Ryan est un homme des profondeurs. Il n’a pas engagé de révolution, mais sa seule présence dit que la seule révolution qui compte est celle de l’âme. La conversion personnelle à des valeurs qui traversent le temps n’est-elle pas la plus grande révolution à opérer ?
« La mort… J’y pense presque tous les jours. Vous savez, à mon âge, on sait que ça viendra. J’aimerais avoir la grâce de mourir comme j’ai vécu, sans tricherie », me disait-il sur le ton de la confidence.
Malgré les années, il désirait continuer à vivre sa vie le plus intensément possible, sans angoisse.
Aujourd’hui comme hier, il disait vivre son quotidien guidé par la « main de Dieu ».
Cette fameuse « main de Dieu » lui a valu la risée de bien des humoristes. Le chrétien soucieux de vivre de la Parole de Dieu sait qu’il s’agit de la volonté du Père éternel qui s’exprime par les événements, les invitations reçues, les paroles des personnes rencontrées (particulièrement celles des proches), l’expérience du quotidien, livrée à la lumière de la tradition biblique et de la vie de l’Église. L’Esprit de Dieu souffle où et quand il veut. Cette volonté peut se traduire par le mot « Providence ». Le monde biblique parle de la « main de Dieu ». Cet esprit est un fondement du catholicisme. « Je crois que Dieu nous parle continuellement », insistait Claude Ryan.
Vous savez, « ma façon de respecter l’autre est de lui dire qui je suis, et non pas de taire qui je suis sous prétexte de ne pas le déranger! » ajoutait le septuagénaire.
Être à l’écoute de la volonté de Dieu dans sa vie est vraiment un point fort de l’existence de Claude Ryan. À l’approche de la mort, il veut y rester attentif. « Si on m’apprenait demain matin que j’ai une maladie grave, je ne pense pas que j’en ferais une catastrophe. Je demanderais à Dieu la grâce d’accepter ma souffrance », me disait-il.
Newman
Foi et raison, ou foi et intelligence, ne sont pas en opposition : l’une s’intègre à l’autre et chacune a son propre champ d’action.
Cette complémentarité est très bien exprimée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio, parue le 15 octobre 1998, à l’occasion de son 20ᵉ anniversaire à la tête de l’Église. Le pape était clair : « La foi n’intervient pas pour amoindrir l’autonomie de la raison. [...] La foi affine le regard intérieur et permet à l’esprit de découvrir, dans le déroulement des événements, la présence agissante de la Providence. [...] Dans leurs mondes respectifs, Dieu et l’homme sont placés dans une relation unique. En Dieu réside l’origine de toutes choses, en Lui se trouve la plénitude du mystère, et cela constitue sa gloire ; à l’homme revient le devoir de rechercher la vérité par sa raison, et en cela consiste sa noblesse. »
Foi et raison ont toujours caractérisé Claude Ryan.
Durant notre long entretien, il m’a abondamment parlé du cardinal John Henry Newman, à qui il a toujours voué une grande admiration.
« Le message fondamental de Newman est le suivant : premièrement, on a une vie extérieure (vêtu de telle manière, porte tel nom, telle profession, telle adresse) et en même temps on vit dans un univers spirituel invisible qui est l’univers de Dieu qui nous enveloppe, qui est présent dans notre intériorité. Dans cet univers intérieur, la présence de Dieu est fondamentale. Dieu est un maître vivant qui a créé l’univers, qui a son plan, qui a son intention. Alors, la tâche de l’homme est d’essayer de comprendre la volonté de Dieu, de la découvrir dans sa vie au fil des jours, surtout d’essayer de l’accomplir le mieux possible dans un esprit de charité, de charité, de droiture et de détachement », m’expliquait-il.
Il ajoutait : « Un deuxième point, c’est que l’expérience religieuse doit s’appuyer sur un solide développement intellectuel. Si vous laissez l’expérience religieuse purement consister en des rites, des habitudes ou des choses reçues, sans fournir un effort d’approfondissement personnel, vous risquez de devenir une sorte de répétiteur, de vous enfermer dans la routine et de voir votre vie religieuse s’étioler graduellement. Il faut continuellement chercher à approfondir sa foi. »
Pour Claude Ryan, le message chrétien a une forte teneur intellectuelle. Il a été la source d’œuvres magistrales de l’esprit. Mais il est d’abord un appel à la conversion du cœur et à un renouveau permanent de nos manières d’être, de penser et d’agir.
Décès
Claude Ryan nous a quittés. Il est décédé à Montréal, le 9 février 2004, à l'âge de 79 ans. Il est inhumé bien humblement auprès de son épouse dans le cimetière de Saint-Philippe, à Brownsburg-Chatham. Son ange est venu le chercher pour le conduire au royaume des bienheureux, ce grand univers de bonheur éternel auquel il croyait de toute son âme. Il n'est plus là, mais il est encore vivant. C'est bien le mot : vivant ! Son œuvre et sa pensée passeront, mais sa contribution à l'avancement de notre société, le petit pas de plus qu'il lui a fait réaliser, le gardera toujours uni à notre présent collectif.
Son départ est une lourde perte pour le Canada et le Québec. Il l'est aussi pour moi. Parmi tous ces personnages qui ont marqué notre époque, il était celui qui m'inspirait le plus. Bien que je ne fusse pas toujours en accord avec lui, sa capacité à se mettre au service des autres et à ne pas se laisser envahir par la médiocrité m'a toujours impressionné. De plus, ses élans culturel et cultuel sont une grande source d'inspiration pour ma vie.
Là où son ange est allé le conduire, il voit maintenant tout le bon grain qu'il a semé. En revoyant sa vie, il doit assurément dire : « C'est le doigt de Dieu ! » (Ex 8,15).
A Lire aussi :
Religion et politique à l'aube du XXIe siècle (Par Claude Ryan)
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SOURCES
Livres :
Benoit Voyer. Les Témoins de l’essentiel, Éditions logiques, 2005, pp. 19 à 26.
Articles :
Benoit Voyer. « Claude Ryan est mort comme il a vécu », La Voix de l’Est, 12 avril 2004, p. 18. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/10/politique-claude-ryan-est-mort-comme-il.html
Benoit Voyer. « J’aimerais mourir comme j’ai vécu », Revue Sainte Anne, janvier 1999, pages 7 et 12. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/jaimerais-mourir-comme-jai-vecu-claude.html
Benoit Voyer « Un géant nommé Claude Ryan (1) », Huffington Post, 21 février 2016 https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/un-geant-nomme-claude-ryan-1_b_9240384
Benoit Voyer « Un géant nommé Claude Ryan (2) », Huffington Post, 27 février 2016 https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/un-geant-nomme-claude-ryan-2_b_9292464
Benoit Voyer. « En souvenir de Claude Ryan », Benoit Voyer en liberté, 5 juin 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/06/en-souvenir-de-claude-ryan.html
Benoit Voyer. « Lettre : Encore vivant... », Le Devoir, 10 février 2004 ledevoir.com/opinion/idees/47210/lettre-encore-vivant
Benoit Voyer. « Raphael Pirro – Une vie au service de la parole », Revue Sainte Anne, juin 1998, page 247 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe.html
MON HISTOIRE: Le mariage de Dorilda Garneau et Louis Voyer
Par Benoit Voyer
8 février 2026
Le 8 février 1887, dans l’église catholique de Saint-André-de-Kamouraska, Louis Voyer, fils de Louis Voyer et de Joséphine Bélanger, épouse Dorilda Garneau, cadette de Rémi Garneau et de Soulange Gagné (qu’on appelle aussi Marie des Anges, Desanges et Solange). Il s’agit de mes arrière-grands-parents.
Il s’agit d’un double mariage. Au même moment, son frère Félix unit sa destinée à Aurélie Michaud.
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| Louis Voyer |
La célébration est présidée par l’abbé Ferdinand Garneau, leur frère aîné.
Le père de Louis est présent.
Il est intéressant de noter qu’au registre, le premier couple est témoin du mariage du second et le second couple témoin du premier.
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| Dorilda Garneau |
Au registre on écrit : « Le huit février mil huit cent quatre-vingt-sept, la dispense de deux bans accordée en date du trois du présent mois par messire Cyrille Légaré, vicaire général, administrateur, après la publication du troisième ban faite au prône de notre messe paroissiale et de la messe paroissiale de St Alexandre entre Louis Voyer, cultivateur, fils majeur de Louis Voyer et de feue Joséphine Bélanger de la paroisse St Alexandre, d’une part, et Dorilda Garneau, fille majeure de feu Rémi Garneau et de Désanges Gagné de cette paroisse, d’autre part. Ne s’étant découvert aucun empêchement, nous, prêtre soussigné, avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Louis Voyer, père de l’époux, et de Rémi Garneau, frère de l’épouse, et de plusieurs (illisible) qui ont signé avec nous. Lecture faite. » Signatures : Dorilda Garneau, Louis Voyer, Aurélie Michaud, Félix Garneau et s’ajoute celle de l’abbé Ferdinand Garneau. Dans le registre suit l’acte de mariage de Félix Garneau et Aurélie Michaud.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Dorothée Berryman, comédienne
« Je crois que Dieu est un tout! Je crois aussi au sacré. Je me sens proche d'Einstein quand il s'émerveille devant le mystère de la vie. »
Par Benoît Voyer, journaliste
MONTRÉAL - Lorsqu'il est question de Sainte-Anne-de-Beaupré, plein de souvenirs d'enfance surgissent de la mémoire de la comédienne et interprète de jazz Dorothée Berryman, celle qui incarne le rôle de sœur Agnès dans la série télévisée Rivière-des-Jérémie présentée à chaque mardi, à 20h, à la Société Radio-Canada (SRC).
Le plus sensible de ceux-ci est celui de la guérison physique de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le petit de quelques mois, souffrait d'un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce à la prière d'intercession de la mère de sa mère « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.
« Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite fille ... C'était proche du cerveau et il y avait là une sorte d'excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu'il n'y avait rien à faire parce que c'était trop proche de certains nerfs du cerveau. À l'époque, c'était dangereux de faire une chirurgie dans cette région du corps humain! Il y a plus de 40 ans de cela! », raconte Dorothée Berryman.
Cette époque où son jeune frère Édouard était hospitalisé, elle s'en rappelle comme si c'était hier: « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu'ils allaient l'opérer, enlever une partie de l'angiome, que ça allait resurgir et qu'il devrait revenir continuellement à l'hôpital. C'était affreux pour nous! »
Ne pouvant pas accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du nazaréen, en promettant, à la guérison du bébé, un abonnement à vie à la Revue sainte Anne.
Quelques mois plus tard, de retour à la maison ...
« Tout à coup, une nouvelle infection est apparue! Édouard a fait une fièvre monstrueuse! Là on pensait que ça y était, que c'était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise! », ajoute-t-elle la voix remplie d'émotions.
Les médecins n'ont jamais pu expliquer ce qui est arrivé. D'après eux, son corps a développé des anticorps. Médicalement, ils n'ont guère été capables d'expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.
« Vous savez, il reçoit encore la Revue sainte Anne! », s'exclame la comédienne.
Souvenirs de la neuvaine
Il y a longtemps que Dorothée Berryman n'a pas visité le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Elle se promet bien d'y retourner très bientôt.
Cependant, lorsqu'elle était encore une simple fillette, elle y allait en famille à chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l'anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.
« Je me rappelle de nous, quatre enfants, assis dans la voiture, insistants pour que daddy arrête acheter des patates frites. Il me semble qu'il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions! », raconte-t-elle.
« J'ai la foi! »
Même si elle vit maintenant sa foi hors d'une communauté chrétienne, elle affirme croire en Dieu et elle le sent bien présent dans son existence.
« Je crois que Dieu est un tout! Je crois aussi au sacré. Je me sens proche d'Einstein quand il s'émerveille devant le mystère de la vie », dit Dorothée Berryman.
Elle pratique sa foi en tentant de respecter la vie. Elle lance qu'il faut faire le plus avec les cadeaux que nous avons reçus. Chacun est responsable de ses talents et de ce qu'il apprivoise, pour reprendre l'expression du Petit Prince.
Sœur Marie-Louise-de-la-Trinité
Avant de conclure son rendez-vous avec la Revue sainte Anne, elle demande de remercier les religieuses à qui elle doit sa vocation de comédienne. Il veut particulièrement rendre hommage à sœur Marie-Louise-de-la-Trinité.
« Je me trouve privilégiée d'avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et à la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue à Québec et de certaines rencontres comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J'avais 13 ans à l'époque! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m'a guidée vers une école de théâtre », insiste-t-elle en disant au passage que sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et que sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi. »
Dorothée Berryman ne manque pas de modèles pour l'inspirer dans son interprétation du rôle de sœur Agnès dans la télésérie Rivière-des-Jérémie et les souvenirs de Sainte-Anne-de-Beaupré lui font dire « Merci la vie! »
(Revue sainte Anne, mai 2002, page 201)
MON HISTOIRE: Le mariage de René Voyer et Magdeleine Dupont
Par Benoit Voyer
7 février 2026
À Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce, durant les messes dominicales des 18 et 25 janvier et 1ᵉʳ février 1750, on annonce au prône le projet de mariage entre Magdeleine, fille de Jean-Baptiste Dupont et de Thérèse Leblond, et René Voyer, personnes bien connues dans le patelin. Le samedi 7 février 1750, dans la petite église catholique de Sainte-Marie, le père Alexis Duburon, un prêtre missionnaire récollet, préside la célébration du mariage de René et Magdeleine. Leurs témoins sont Jean Bilodeau et Jean Gagnon. Le samedi 20 juin 1750, ils signeront leur contrat de mariage a la greffe du notaire Barolet. Il s’agit de mes 5ᵉ arrière-grands-parents et du premier de sa lignée de Voyer en Amérique. Leur convention de mariage sera signée le 20 juin 1750 à la greffe du notaire Claude Barolet. Il s’agit de mes 5 e arrière-grands-parents.
Leur mariage a été célébré dans la première chapelle de la seigneurie. Elle était située sur le site de l'actuelle église de Sainte-Marie. C'est René qui a défriché sa terre. L'actuelle rue Marguerite-Bourgeoys est au centre de ce qu'était sa propriété. Il était voisin de l'église. Il a légué une partie de son terrain pour la construction de la 2ᵉ église de la seigneurie et pour l'érection du premier cimetière paroissial, qui était situé sur le site de l'actuel stationnement de l'église. D'ailleurs, René et plusieurs de ses enfants reposent toujours en ce lieu. Oui, Oui, il dort sous l'asphalte ! Je rêve qu'un jour l'avenue Marguerite-Bourgeoys devienne la rue René-Voyer. Sainte Marguerite Bourgeoys n'a jamais mis les pieds à Sainte-Marie. René y a connu chacun de ses pionniers et a généreusement contribué au développement de ce patelin.
Leur mariage a été célébré dans la première chapelle de la seigneurie. Elle était située sur le site de l'actuelle église de Sainte-Marie. C'est René qui a défriché sa terre. L'actuelle rue Marguerite-Bourgeoys est au centre de ce qu'était sa propriété. Il était voisin de l'église. Il a légué une partie de son terrain pour la construction de la 2ᵉ église de la seigneurie et pour l'érection du premier cimetière paroissial, qui était situé sur le site de l'actuel stationnement de l'église. D'ailleurs, René et plusieurs de ses enfants reposent toujours en ce lieu. Oui, Oui, il dort sous l'asphalte ! Je rêve qu'un jour l'avenue Marguerite-Bourgeoys devienne la rue René-Voyer. Sainte Marguerite Bourgeoys n'a jamais mis les pieds à Sainte-Marie. René y a connu chacun de ses pionniers et a généreusement contribué au développement de ce patelin.
MON HISTOIRE: Le 1er mariage d'Augustin Ouellet
Le 1er mariage d'Augustin Ouellet
Le 7 février 1719, Augustin Ouellet, mon 6ᵉ arrière-grand-père, épouse Anne Autin. Contrat de mariage signé chez le notaire Janneau. Née le 31 aout 1697 à Rivière-Ouelle, Anne décédera en couche le 29 avril 1732 dans le berceau de Kamouraska. Son 8ᵉ enfant ne verra donc pas le jour. Augustin se mariera à trois autres occasions, notamment avec Angélique Labourlière, ma 6ᵉ arrière-grand-mère. (BV)
MON HISTOIRE: Adélaïde Moreau
Le 6 février 1913, à Saint-Alexandre de Kamouraska, décède Adélaïde Moreau, mon arrière-arrière-grand-mère. Elle sera inhumée le 10 février 1913 dans le cimetière de la paroisse. Elle n’a pas de pierre tombale. (BV)
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