SEXUALITÉ : Une médecin dénonce la réduction du désir féminin à une question hormonale
Par Benoit Voyer
28 septembre 2026
C’était il y a quelques mois, mais le sujet demeure d’intérêt.
Dans une chronique publiée le 3 avril 2026 dans les pages de La Presse, Géraldine Lachance-Fortin, une médecin de famille, remet en question l’idée que la baisse du désir féminin puisse être principalement expliquée par un manque de testostérone.
Elle écrivait : « Avons-nous atteint, comme société, un niveau de simplisme tel que l’on accepte l’idée qu’un concept aussi complexe et fascinant que le désir sexuel féminin peut être réduit à un taux de testostérone? »
Tout en reconnaissant la souffrance réelle des femmes vivant un trouble du désir sexuel hypoactif, elle estimait que la médecine ne doit pas faire oublier les dimensions psychologiques, conjugales et sociales du désir.
À ses yeux, la question dépasse largement la biologie. Elle évoque notamment la charge mentale, les inégalités dans le couple, la pression liée à l’apparence physique et le manque d’espace personnel.
Elle questionnait : « Se pourrait-il que l’espace mental des femmes ait été à ce point colonisé par les désirs des autres qu’il n’y reste pas la moindre parcelle libre pour y cultiver leur propre désir et leur créativité? »
FLASH : Un ministre en santé mentale
Afin de mieux coordonner les actions du gouvernement du Québec et, à long terme, de maintenir la santé mentale au sommet des priorités, l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) demande aux prochains dirigeants de la province qui seront élus le 5 octobre de créer un ministère de la Santé mentale.
L’AMPQ souhaite aussi qu’il y ait davantage de solutions de rechange à l’hospitalisation, un meilleur soutien aux travailleurs de la santé et qu’on utilise davantage la télémédecine. Dans un article de La Presse canadienne paru sur le site de CBC News, le 5 août 2026, l’Association dit que les besoins en santé mentale augmentent alors que l’accès aux soins demeure difficile. Les hospitalisations pour idées suicidaires chez les filles de 10 à 14 ans auraient triplé entre 2010 et 2023. (Benoit Voyer, 28 septembre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Monter en descendant
Par Benoit Voyer
28 septembre 2026
Habituellement, lorsqu’on veut progresser, on monte. On gravit des échelons. On veut devenir meilleur, plus fort, plus compétent.
Dans notre manière de vivre notre relation à Dieu, on s’imagine une ascension similaire, un peu à la manière de sainte Thérèse d’Avila avec la théorie des Sept demeures ou des Sept ciels.
De son côté, Christian Beaulieu a toujours eu une manière étonnante de parler de la vie spirituelle. Dans ses ouvrages et ses conférences, il parlait souvent de cette image d’une montée en descendant, en d’autres mots, pour rencontrer Dieu, il faut descendre en soi. Il se cache dans les coins cachés de notre cœur.
Un jour, il me disait : « Il y a une force dans ma fragilité. Il y a une puissance dans mon impuissance. Étant donné que je vis avec des gens très souffrants, je suis toujours confronté à affronter mon impuissance. Il faut que je sache me réfugier dans le cœur de Dieu ou je vais retrouver la paix, la sérénité, la confiance et où je vais m’abandonner. L’abandon n’est vraiment pas naturel pour moi. Je vais facilement parler de lâcher-prise dans les conférences, mais si j’en parle autant que ça c’est parce que c’est chaque jour que je dois aller rechercher personnellement ce lâcher-prise et faire un combat intérieur pour arriver à l’abandon » (Revue Sainte Anne, juillet 1999, page 295).
L’image est forte. Pour toucher la grandeur du cœur de Dieu, il faut descendre jusqu’à sa propre petitesse, entrer en contact avec ses fragilités et ses faiblesses.
Repli sur soi? Nombrilisme? Au contraire, Christian Beaulieu reste une personne tournée vers les autres, notamment les personnes marginalisées. Sa rencontre avec les autres est la rencontre de deux fragilités.
Ces dernières heures, il m’est également revenu en mémoire le souvenir de sœur Marie-Reine Beaudry, la fondatrice, avec un groupe de personnes vulnérables de Granby, du Partage Notre-Dame.
Un jour, elle me disait : L'essentiel, tout en leur donnant à manger, est « de leur apprendre qui ils sont, leur faire prendre conscience de l'importance de leur participation à l'élaboration de demain » (Revue Sainte Anne, juin 1999, page 247). Cette vision des choses nous dit que la personne pauvre n'est plus seulement celle qui reçoit. Elle a quelque chose à donner. Elle n'est pas uniquement quelqu'un dont nous devons nous occuper. Elle est quelqu'un dont nous avons besoin pour construire demain. Autrement dit : elle compte.
Ça me fait penser à cette vieille histoire : « En ce temps-là, une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand. Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. » (cf. Lc 9, 46-50). Voilà, tout est dit.
Jésus ne demande pas seulement à ses disciples d'accepter leur propre petitesse. Il leur demande d'accueillir le petit.
La grandeur selon Dieu ne consiste pas à monter plus haut que les autres. Elle commence lorsque j'accepte de descendre vers ma fragilité. Elle grandit lorsque je mets ce que je suis au service des autres. Elle devient accueil lorsque je reconnais la dignité de celui que notre société considère comme petit. Et elle devient encore plus grande lorsque j'accepte que Dieu puisse aussi agir chez celui qui ne marche pas exactement avec moi. Nous ne deviendrons grand qu’en nous faisant petits.
SAINTS ET SAINTES : La vénérable Délia Tétreault
Par Benoit Voyer
28 septembre 2025
Elle s’appelle Délia. C’est une petite jumelle née le 4 février 1865, à Marieville, dans l’actuelle région de la Montérégie. Son père est cultivateur. Dans l’ordre des choses, elle est la 6ᵉ de la famille. Son jumeau ne vivra que 7 mois.
Elle n’a pas encore 3 ans lorsque sa mère décède. Elle est adoptée par Jean Alix et sa conjointe Julie, son oncle et sa tante, et, du même coup, son parrain et sa marraine.
La gamine aime se réfugier dans le grenier de la maison. Elle y a déniché une pile des Annales de la Propagation de la foi et de la Sainte-Enfance. Elle parcourt ces feuilles de chou pieuses. Elle est transportée dans ses rêves devant ce qu’elle voit.
Délia est de nature fragile. Toute sa vie, elle gardera sa constitution délicate. Sa petite santé sera pour elle toute une épreuve lors de ses études.
À Montréal, pendant une dizaine d’années, elle travaille à l’œuvre du père Almire Pichon, un jésuite, auprès des démunis. Bénévolement, elle visite les malades et fait la catéchèse aux marginaux.
En 1883, elle se sent appelée à fonder une communauté religieuse destinée aux missions dans les terres étrangères. Ainsi, elle fonde, en 1902, une première école de formation, qui donnerai naissance à la congrégation des Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception. En communauté, elle prend le nom de « Marie du Saint-Esprit ». Avec ses sœurs, elle lance la revue « Le Précurseur » dans laquelle on raconte les œuvres des religieuses autour du globe.
En 1933, elle tombe malade. Pendant huit ans, elle vit paralysée.
Son âme quitte son corps le 1ᵉʳ octobre 1941.
Le 18 décembre 1997, le pape Jean-Paul II la déclare vénérable.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Un diable d'ange ce démon !
Le clergé catholique et les théologiens contemporains parlent peu du diable. Ceux qui le font croient au mythe, tandis que d’autres voient celui-ci partout. Quelle est la pensée officielle de l’Église sur ce sujet?
Par Benoit Voyer
« Le mal qui est dans le monde est l’occasion et l’effet d’une intervention, en nous-mêmes et dans notre société, d’un obscur agent ennemi, le démon. Le mal n’est pas seulement une déficience, mais un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur », disait le pape Paul VI lors de l’audience générale du 15 novembre 1972.
Depuis le quatrième concile de Latran, en 1215, le Vatican n’a jamais changé d’orientation. Sa croyance aux forces obscures du mal était même réaffirmée dans le renouvellement du Catéchisme paru en 1993.
« Un gros être méchant avec des fourches, raconte l’abbé Fernand Laroche du diocèse de Chicoutimi, je pense que ce n’est pas comme cela qu’il faut le voir. »
Le père Benoît Lacroix, un dominicain qui a longtemps enseigné la théologie à l’Université de Montréal, affirme croire que le mal existe vraiment. Pour lui, il arrive qu’à certains moments les humains ne sont point capables de se dominer comme ce fut le cas au Rwanda, il y a quelques mois, ou en Bosnie, actuellement.
« Si nous sommes croyants, et c’est mon cas, nous sommes prêts à l’identifier, mais pas à la manière des images avec des ailes, des pattes et des cornes », spécifie-t-il.
L’identité importe peu. L’humain a voulu le nommer parce que c’est sa tendance normale de vouloir savoir de ce qu’il parle. « Quand je nomme quelqu’un, je le possède. C’est une façon de prendre une réalité et chercher à lui donner un pouvoir. Quand je donne un nom à quelqu’un ou quelque chose, ça ne veut pas nécessairement dire que je le connaisse, mais plutôt que je sais qui il est », explique le père Lacroix.
Ce que la croyance demande aux chrétiens même si l’Église n’a jamais proclamé de dogme sur l’existence du diable, c’est de ne pas laisser tomber cette idée qu’il y aurait un ange qui aurait mal tourné en tenant tête à Dieu. Celui-ci est un être ayant un pouvoir spirituel, invisible.
« N’allons pas plus loin, poursuit Benoît Lacroix, de dire que le diable est quelque chose de spirituel, d’inaccessible dans un sens, et de très puissant qui peut s’insinuer dans l’humanité à titre de force spirituelle négative ». Croire c’est délimiter un certain territoire, chercher une certaine certitude.
« La valeur d’une religion, dit le dominicain montréalais, c’est de me donner le sens du mystère. Lorsqu’elle me donne des réponses trop certaines, trop exclusives, à ce moment-là elle joue un rôle qui n’est pas nécessairement le sien ».
Pour comprendre le pouvoir du mal, il faut accepter qu’il y ait un mystère, une énigme du mal telle que la souffrance, la mort, etc.
La société contemporaine cherche à se débarrasser du matérialisme et de la technique pour revenir aux mystères et aux légendes.
Le diable dans la Bible
Les spécialistes de la Bible ont fait de longues enquêtes afin de trouver la personnalité du maître des ténèbres. L’Évangile parle de la possibilité d’une présence diabolique dans l’homme. C’est ce que rappellent les évêques de Toscane dans une lettre pastorale écrite en 1994. Cette lettre portait sur la magie et la démonologie. Ils rappellent que Satan peut exercer une influence dans la vie de l’homme : « Satan est en mesure d’interférer dans la vie d’un homme par une action ordinaire, en tentant l’homme pour qu’il commette le mal (Jésus lui-même a accepté d’être tenté), et cela concerne tous les fidèles. »
Pour sa part, Jésus s’emploie dans les Évangiles à guérir tout ce qui risque de détruire l’homme. Ses interventions visent à rétablir l’harmonie humaine et spirituelle. Marie-Michèle Bourrat et Anne Soupa signalent dans un livre qui a pour titre « Faut-il croire au diable » que les tentations de Jésus au désert nous indiquent que Satan est vu comme « le tentateur qui veut faire oublier à Jésus que l’homme est lié à Dieu. »
Ces auteures concluent le récit des tentations en affirmant que « le tentateur ne peut offrir à l’homme que la solitude, l’envie et la jalousie. » Il est cependant important de constater que Jésus ne cède pas à la tentation contrairement à l’aventure vécue par Adam et Ève. Les Évangiles nous disent que le diable n’a plus le dernier mot à la suite de la victoire de Jésus.
Il y a aussi dans les Évangiles les cas de possessions. Jésus ne nie pas la possession. Il va au-delà des apparences pour voir la personne atteinte par un mal mystérieux. Les auteures du livre « Faut-il croire au diable » écrivent quelque chose d’intéressant : « Jésus devient la force qui manque au possédé. Son action montre que la libération du mal dépend de l’aide d’un autre. Devant la souffrance causée par le mal, Jésus fait face et se montre fraternel. Il démontre ainsi que le combat contre le mal est l’affaire de Dieu lui-même. » Voilà qui est rassurant!
Exorcismes
Selon le Droit canon, seul un individu délégué par un évêque peut exercer l’exorcisme solennel pour chasser les démons. Lors de la préparation de ces lignes, le frère Guy Giroux s.c.c., un prêtre de la région de Sherbrooke, disait avoir dû cesser cette pratique à la suite d’une rencontre avec Mgr Jean-Marie Fortier parce qu’il n’avait pas de mandat officiel de l’évêque.
De son côté, Mgr Fortier a tenu à préciser lors d’un entretien au téléphone qu’il faut être très prudent et bien regarder les enjeux psychologiques et médicaux chez le sujet avant de faire la chasse à la sorcière. Ceci n’était guère respecté par le frère Giroux.
L’archevêché de Montréal, de son côté, a refusé d’accorder un entretien sur ce thème, prétextant que parler de ce sujet ne ferait qu’inquiéter inutilement le public.
Le diocèse de Chicoutimi, à la demande de Mgr Jean-Guy Couture, a transféré l’appel téléphonique de la Revue à l’abbé Fernand Laroche qui nous a dit ceci :
« Écoutez, il y a eu quelques cas dans le diocèse. Est-ce qu’on peut parler d’exorcismes comme tel? Peut-être! » L’abbé Laroche se rappelle de deux cas :
« Au seul nom de Jésus et à la vue de la croix, une personne se mettait en transe, bavait et hurlait comme dans les films d’horreur. »
Il raconte : « On a été pris au dépourvu car il s’agissait d’une femme équilibrée. Qu’est-ce qui s’est passé? Je ne sais pas! Notre prière l’a calmée. Ça ne s’est plus reproduit après. Peut-on appeler ça un exorcisme? Je crois plutôt qu’il s’agissait d’un ministère de délivrance ou d’une prière d’intercession pour la pacification... ».
Dans une autre situation, il se souvient d’une jeune femme de passage qui lui était référée. Il aurait aimé poursuivre l’analyse de ce cas plutôt problématique. Cette jolie fille, de noir vêtue de la tête aux pieds, s’était assise volontairement dans le bureau du prêtre le dos tourné au crucifix en lui disant : « Lui je ne peux pas le regarder! » Lorsqu’elle voyait Jésus en croix, ses yeux venaient à l’envers et elle rageait.
« Celle-ci aurait demandé de nombreuses rencontres de discernement. Vous savez, il faut être très délicat. Il nous faut regarder entièrement l’aspect humain et psychologique, et situer son cheminement de foi chrétienne avant de procéder à un exorcisme », dit Fernand Laroche.
Dans sa proposition de démarche spirituelle, il invite à une fréquentation plus active des sacrements du Pardon et de l’Eucharistie. Sa seule référence c’est le Christ qui a vaincu le mal et qui a donné sa vie.
« Il faut mettre l’accent sur la victoire de Jésus et quand on regarde en entier l’enseignement de la théologie et des textes bibliques, nous nous apercevons que Jésus est venu écraser les forces du mal. C’est lui le plus fort! » insiste l’abbé Fernand Laroche.
Il reprend ainsi, sans véritablement le savoir, le cardinal Joseph Ratzinger, le préfet de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi, qui affirmait au journaliste Vittorio Messori : « Unis à Jésus, nous avons la certitude de vaincre Satan. C’est le Christ, le “Dieu proche”, qui a force et volonté pour nous libérer : c’est pourquoi l’évangile est vraiment une Bonne nouvelle ».
« Ce chapitre sur le démon et l’influence qu’il peut exercer, en voilà des éléments importants de la doctrine catholique qu’il faudrait réétudier, alors qu’aujourd’hui on l’étudie trop peu », disait le Pape Paul VI.
(Revue Notre-Dame du Cap, septembre 1995, pp. 10 à 12)
POLITIQUE : Quelques secrets sur le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau
Par Benoit Voyer
27 septembre 2026
Que l’on soit ou non en accord avec ses idées politiques, le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau était un intellectuel brillant qui aimait les joutes oratoires.
L’homme politique, né en 1919, a considérablement marqué la vie politique canadienne, notamment comme premier ministre, fonction qu'il a exercée de 1968 à 1984 presque sans interruption.
« Toute sa vie, Trudeau défendit sa vision du Canada comme une fédération forte et unie, fondée sur les droits individuels. Son discours sur le Canada et la société juste inspira toute une génération », peut-on lire sur une plaque gouvernementale devant son mausolée, à Napierville.
À titre de premier ministre canadien, en 1969, Pierre Trudeau touche 25 000 $ et passera à 33 300 $ de 1974 à 1978. En 1980, de retour à la tête du pays, il augmentera son salaire à 45 900 $.[1]
Peu de gens s’en souviennent. Pierre Elliott-Trudeau était catholique. C’est ce que révélait en 2005 William Heward Grafftey, ex-ministre des Sciences et de la Technologie sous le gouvernement de Joe Clark, en 1979, et ex-député fédéral de Brome-Missisquoi, au Québec, un ami intime de l’ancien premier ministre du Canada. Il disait : « Pierre était croyant. Sa foi était solide et c'était un fervent catholique. Il se rendait souvent à la chapelle des Franciscains, boulevard René-Lévesque, près de l'avenue Atwater », à Montréal.[2]
Le 15 septembre 1972, à l’occasion de l’élection canadienne du 30 octobre 1972, il participe à un grand rassemblement au Palais des sports [3], à Granby.
Ce jour-là, il s’arrête, avec Louis-Paul Neveu, son candidat dans la circonscription de Shefford, à la Maison Regina Mundi, le centre de retraites spirituelles des Trinitaires. L’arrêt ne figure pas sur l’itinéraire officiel [4]. Ils rencontrent les membres de l’Ordre religieux et les personnes qui y travaillent. Le père Jean-Paul Regimbal est de ce nombre [5]. Pierre Elliott-Trudeau profite de ce répit dans sa longue campagne électorale pour se recueillir dans la chapelle.
Il est décédé à Montréal, le 28 septembre 2000. Il repose à Saint-Rémi de Napierville, en Montérégie.
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[1] Benoit Voyer. “Le salaire de nos élus”, Huffington Post Québec, 31 janvier 2016. www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-salaire-de-nos-elus_b_9082734
[2] Benoit Voyer. “Nouvelles de chez nous”, Revue Sainte-Anne, mars 2005, pp. 108 à 110.
[3] Jacques Fleury. « Les autres partis ne pourront faire mieux – Trudeau », Voix de l’Est, 16 septembre 1972, p. 1.
[4] La visite de Pierre Elliott-Trudeau, à Granby, est prévue vers 18 h 30 Il arrive par la rue Montagne (aujourd’hui la rue Mountain) en direction de la rue Principale. Tout porte à croire que le cortège bifurque par le chemin Robitaille afin de faire un arrêt chez les Trinitaires, loin de la foule. Le premier ministre est attendu au Palais des sports vers 19 h 15 et doit repartir 60 minutes plus tard en direction de l’aéroport de Bromont où son avion l’attend pour se rendre à Shearwater, dans les Maritimes. Cf. Jacques Fleury. « Tout est prêt pour Trudeau », La Voix de l’Est, 15 septembre 1972, p. 3.
[5] Est-ce que Jean-Paul Regimbal et le premier ministre ont eu des échanges particuliers ? Jusqu’à maintenant la recherche n’indique rien à ce sujet.
FLASH : ÉCHINOPS au service de la santé mentale
À Montréal, en 2018, afin de rapprocher les soins en santé mentale des personnes qui, bien souvent, restent à l’écart du système, une escouade formée de policiers, d’infirmiers spécialisés en psychiatrie et de psychiatres a été créée : ÉCHINOPS. L’idée est de faire travailler ensemble policiers et professionnels de la psychiatrie dans les milieux où vivent les personnes malades qui refusent pour la plupart des soins.
La Presse du 9 août 2026, nous apprend que les interventions que l’escouade réalise permettent, notamment, de traiter certaines situations autrement qu’en multipliant les transports vers l’urgence et ce, trop souvent, par la force.
L’équipe intervient habituellement lorsque les appels aux policiers s’additionnent autour d’une même personne. Sur place, les intervenants peuvent évaluer la situation, proposer un suivi, ajuster la prise en charge ou, dans certains cas, recommander le recours à une ordonnance judiciaire. (Benoit Voyer, 27 septembre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le paradis aux putains
Par Benoit Voyer
27 septembre 2026
Seigneur,
Tu as raison de dire que les prostituées, les bandits et les pires indisciplinés de notre monde entreront avant moi dans ton Royaume. Leurs âmes sont ouvertes à ta grâce.
Je t’ai dit tant de fois : « Oui, Seigneur, me voici! » et je ne suis pas allé à la vigne pour te rencontrer et travailler à l’avènement de ton règne d’amour, de justice et de paix. Eux, ils te disent « non! », mais au détour, ils acceptent de se laisser séduire par toi.
Je te demande la grâce de te chercher de tout mon cœur afin de trouver ma joie en toi pour que mes « oui » soient vrais.[1]
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[1] Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte Anne, 2004
SAINTS ET SAINTES : Le vénérable Alfred Pampalon
Par Benoit Voyer
27 septembre 2026
À Lévis, le 24 novembre 1867, naît Alfred Pampalon. Il est le fils d’Antoine Pampalon (1823-1891) et Josephte Dorion (1828-1873).
À l’âge de 17 ans, il contracte une maladie pulmonaire.
Confiant en la bonne sainte Anne, il se rend prier la grand-mère de Jésus selon la tradition chrétienne, dans le petit sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, sur la rive nord du Saint-Laurent, juste en face de l’île d’Orléans. S’il guérit, il promet de devenir prêtre rédemptoriste, une communauté religieuse masculine alors absente au Québec. En 1886, il s’embarque pour la Belgique. Il sera ordonné le 4 octobre 1892.
À Mons, en Belgique, il enseigne le catéchisme et visite les personnes malades.
En parlant de sainte Anne, il disait un jour : « J’ai promis à ma Bonne Mère de devenir un saint! Et ma confiance en elle me le fait espérer! ».
En 1895, atteint de la tuberculose, Alfred revient au Canada et intègre sa communauté religieuse à Sainte-Anne-de-Beaupré.
Le 30 septembre 1896, après avoir chanté le « Magnificat », il fixe les yeux au ciel, comme s’il avait une vision, et passe sur l’autre rive de l’existence.
Il repose dans la crypte de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, près de la chapelle du Très Saint-Sacrement.
Alfred Pampalon a été déclaré vénérable le 14 mai 1991.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les Franciscains de l'emmanuel - Un retour à l'essentiel
Les Franciscains de l’Emmanuel
Par Benoit Voyer
Pas de micro-ondes, pas de lave-vaisselle, pas de lits conventionnels pour dormir; les deux maisonnettes des Franciscains de l’Emmanuel, situées au 1864, rang Carey, à Roxton Pond en Estrie, sont sobres et modestes. La richesse des frères vient de Dieu et elle les fait vivre intensément.
Une grande paix se dégage des frères. Une paix qui dérange et qui ramène à l’essentiel. Il y a dans leurs yeux, une flamme tendre et compatissante qui vivifie. Il y a chez eux quelque chose de différent qui invite à revenir sans cesse à leur rencontre. Quand saint François d’Assise parle de « frères universels », ça doit ressembler à cela.
Les lieux sont simples. « Nous fixons notre seuil de richesse maximum, dit le frère Denis Lévesque le supérieur et le fondateur de la communauté, à ce qu’un prestataire de l’aide sociale peut recevoir pour vivre. Ici, ce que nous possédons est régulièrement évalué. Nous avons acquis dernièrement un réfrigérateur. Nous nous sommes interrogés car nous pouvions transformer un coin de notre cave afin d’en faire une chambre froide. Finalement ce projet s’avérait trop coûteux et nous avons décidé d’acheter le réfrigérateur. »
Frère François
François est né dans une famille modeste résidant dans le quartier Pointe-aux-Trembles à Montréal. Pendant son adolescence, François est amateur de musique « heavy » et il fume de la marijuana. Il devient petit à petit un marginal. À l’âge de 18 ans, il quête sur la rue Sainte-Catherine. « Je ne voulais rien savoir de la société, précise François Garon. Donc, pour être honnête avec mon choix, je ne recevais aucun chèque d’aide sociale et aucun chômage. » Comme plusieurs jeunes de cette génération, François voulait changer le monde.
Cette envie lui fit vivre plusieurs déceptions. « Un jour, ajoute-t-il, un de mes amis a donné sa vie à Dieu et je me suis senti interpellé par l’Évangile. Ce gars, sans le savoir, a ouvert une porte dans mon cœur. »
Toutefois, François ne choisit pas cette voie. Il se met à chercher un sens à la vie et il décide de partir vers le Pérou afin de devenir ermite à la manière de Lanza Del Vasto.
En route, à Los Angeles, il rencontre les « moonistes », un groupe sectaire et marginal, qui le fait changer d’orientation. Il demeure avec eux trois ans. Il visite plusieurs villes américaines pour diffuser le message de Moon. « Ce que j’aimais dans ce groupe, témoigne François, c’était la rencontre de la réalité humaine. Cela m’a ouvert les yeux sur la souffrance. »
Lors d’une visite à Détroit, il décide de quitter ses amis « moonistes » pour se reprendre en main. « Je me disais intérieurement, si Dieu existe, il doit être miséricordieux. Donc, le discours de la secte ne correspondait plus avec cette réalité. »
De retour à Montréal, il se trouve un emploi chez Radio Shack. Il poursuit sa réflexion : « L’Église, qu’est-ce que j’en fais? Quelque chose à l’intérieur de moi me disait que je trouverais la vérité dans le catholicisme. » Cela se passait en 1985.
Après quelques mois de cheminement, il laisse son travail et il entre dans la communauté des Franciscains de l’Emmanuel, nouvellement fondée. « En communauté, tient-il à préciser, j’ai dû apprendre à mesurer parce que j’étais un gars qui n’avait guère de demi-mesure. J’ai dû apprendre à penser à long terme. Avec la Fraternité, j’ai découvert la prière et la force de la pauvreté intérieure. »
Frère Denis
Denis Lévesque est originaire de l’Abitibi. Ses parents sont des catholiques pratiquants. Il est séduit à l’âge de douze ans par la vie de saint François d’Assise. C’est le visionnement du film « François et le chemin du soleil » qui est à l’origine de ce bouleversement.
Devenu adulte, il fait des stages chez les Franciscains et chez les Oblats de la Vierge Marie. Il fonde un groupe de prière à l’âge de 21 ans. « Au début, raconte-t-il, nous étions quatre. Au bout de huit mois, 200 jeunes fréquentaient le groupe à chaque semaine. » Denis estime que près de 3 000 jeunes sont passés un jour ou l’autre au groupe de prière de St-Louis-de-France, près du carré St-Louis, à Montréal.
Par la suite, il suit des cours en théologie à l’Université St-Paul et à Rome. Il rencontre l’évêque de Ste-Anne-de-la-Pocatière. Il l’invite à entrer au Grand Séminaire pour y poursuivre sa recherche vocationnelle. C’est pendant cette période, et en particulier en 1985, que la Fraternité voit le jour.
Les débuts
Denis et Fernand sont les fondateurs. Fernand a été obligé de quitter le groupe pour des raisons de santé, car la vie des Franciscains de l’Emmanuel est exigeante. « C’est grâce à lui, d’ajouter Denis Lévesques, que j’ai osé fonder la communauté. »
L’archevêque de Montréal les accueille pour former un projet « ad experimentum ». Ils louent un appartement dans le quartier Rosemont. Ils débutent alors une tournée au Québec pour donner des enseignements dans divers milieux.
Ils s’occupent en 1988 de la relance des Œuvres du Toit de Bethléem. Mais, lorsque cette mission est accomplie, ils mettent le cap vers Roxton Pond, au cœur des bois, pour mieux y vivre leur spiritualité semi-contemplative.
Ils achètent une propriété qui comprend deux petites maisons qui ressemblent à des chalets. Ils avaient trouvé l’espace nécessaire pour accueillir des jeunes en thérapie. « La campagne c’est le meilleur endroit pour que ces gars et ces filles puissent retrouver un équilibre de vie », ajoutent les deux frères.
La spiritualité
« Nous voulons vivre l’Évangile comme l’a vécu saint François d’Assise. Il était radical. Nous vivons dans une société qui fonctionne à vive allure. Nous désirons être témoins et montrer au monde que la Parole de Dieu peut se vivre véritablement aujourd’hui. »
« Le bonheur se construit à long terme et dans l’espérance, de dire Denis. Ce n’est pas la mode aujourd’hui. Le piège, c’est que le monde cherche un bonheur “prêt-à-porter”. Cela n’existe pas. Lorsque nous sommes pauvres, nous n’avons plus rien à prouver ni à perdre. Saint François nous montre que c’est en se désarmant qu’on découvre le vrai chemin du bonheur. »
Horaire de vie
Le réveil se fait à six heures. Par la suite, un long moment est consacré à la prière soit de 6 h 30 à 8 h. Après le déjeuner, chacun vaque à ses occupations. À midi, il y a récitation de l’office divin suivi du repas. L’après-midi est consacré au travail. Ils se rassemblent pour l’heure sainte de 16 h 30 à 17 h 30. La journée se termine par les prières des complies à 21 h.
François s’occupe généralement de l’organisation courante. Denis est agent de pastorale dans deux paroisses de Granby. Il a pour mission de rejoindre les marginaux du centre-ville. Il a ouvert un local où ces personnes peuvent recevoir écoute et accueil.
Un retour à l’essentiel
Par Benoit Voyer
Pas de micro-ondes, pas de lave-vaisselle, pas de lits conventionnels pour dormir; les deux maisonnettes des Franciscains de l’Emmanuel, situées au 1864, rang Carey, à Roxton Pond en Estrie, sont sobres et modestes. La richesse des frères vient de Dieu et elle les fait vivre intensément.
Une grande paix se dégage des frères. Une paix qui dérange et qui ramène à l’essentiel. Il y a dans leurs yeux, une flamme tendre et compatissante qui vivifie. Il y a chez eux quelque chose de différent qui invite à revenir sans cesse à leur rencontre. Quand saint François d’Assise parle de « frères universels », ça doit ressembler à cela.
Les lieux sont simples. « Nous fixons notre seuil de richesse maximum, dit le frère Denis Lévesque le supérieur et le fondateur de la communauté, à ce qu’un prestataire de l’aide sociale peut recevoir pour vivre. Ici, ce que nous possédons est régulièrement évalué. Nous avons acquis dernièrement un réfrigérateur. Nous nous sommes interrogés car nous pouvions transformer un coin de notre cave afin d’en faire une chambre froide. Finalement ce projet s’avérait trop coûteux et nous avons décidé d’acheter le réfrigérateur. »
Frère François
François est né dans une famille modeste résidant dans le quartier Pointe-aux-Trembles à Montréal. Pendant son adolescence, François est amateur de musique « heavy » et il fume de la marijuana. Il devient petit à petit un marginal. À l’âge de 18 ans, il quête sur la rue Sainte-Catherine. « Je ne voulais rien savoir de la société, précise François Garon. Donc, pour être honnête avec mon choix, je ne recevais aucun chèque d’aide sociale et aucun chômage. » Comme plusieurs jeunes de cette génération, François voulait changer le monde.
Cette envie lui fit vivre plusieurs déceptions. « Un jour, ajoute-t-il, un de mes amis a donné sa vie à Dieu et je me suis senti interpellé par l’Évangile. Ce gars, sans le savoir, a ouvert une porte dans mon cœur. »
Toutefois, François ne choisit pas cette voie. Il se met à chercher un sens à la vie et il décide de partir vers le Pérou afin de devenir ermite à la manière de Lanza Del Vasto.
En route, à Los Angeles, il rencontre les « moonistes », un groupe sectaire et marginal, qui le fait changer d’orientation. Il demeure avec eux trois ans. Il visite plusieurs villes américaines pour diffuser le message de Moon. « Ce que j’aimais dans ce groupe, témoigne François, c’était la rencontre de la réalité humaine. Cela m’a ouvert les yeux sur la souffrance. »
Lors d’une visite à Détroit, il décide de quitter ses amis « moonistes » pour se reprendre en main. « Je me disais intérieurement, si Dieu existe, il doit être miséricordieux. Donc, le discours de la secte ne correspondait plus avec cette réalité. »
De retour à Montréal, il se trouve un emploi chez Radio Shack. Il poursuit sa réflexion : « L’Église, qu’est-ce que j’en fais? Quelque chose à l’intérieur de moi me disait que je trouverais la vérité dans le catholicisme. » Cela se passait en 1985.
Après quelques mois de cheminement, il laisse son travail et il entre dans la communauté des Franciscains de l’Emmanuel, nouvellement fondée. « En communauté, tient-il à préciser, j’ai dû apprendre à mesurer parce que j’étais un gars qui n’avait guère de demi-mesure. J’ai dû apprendre à penser à long terme. Avec la Fraternité, j’ai découvert la prière et la force de la pauvreté intérieure. »
Frère Denis
Denis Lévesque est originaire de l’Abitibi. Ses parents sont des catholiques pratiquants. Il est séduit à l’âge de douze ans par la vie de saint François d’Assise. C’est le visionnement du film « François et le chemin du soleil » qui est à l’origine de ce bouleversement.
Devenu adulte, il fait des stages chez les Franciscains et chez les Oblats de la Vierge Marie. Il fonde un groupe de prière à l’âge de 21 ans. « Au début, raconte-t-il, nous étions quatre. Au bout de huit mois, 200 jeunes fréquentaient le groupe à chaque semaine. » Denis estime que près de 3 000 jeunes sont passés un jour ou l’autre au groupe de prière de St-Louis-de-France, près du carré St-Louis, à Montréal.
Par la suite, il suit des cours en théologie à l’Université St-Paul et à Rome. Il rencontre l’évêque de Ste-Anne-de-la-Pocatière. Il l’invite à entrer au Grand Séminaire pour y poursuivre sa recherche vocationnelle. C’est pendant cette période, et en particulier en 1985, que la Fraternité voit le jour.
Les débuts
Denis et Fernand sont les fondateurs. Fernand a été obligé de quitter le groupe pour des raisons de santé, car la vie des Franciscains de l’Emmanuel est exigeante. « C’est grâce à lui, d’ajouter Denis Lévesques, que j’ai osé fonder la communauté. »
L’archevêque de Montréal les accueille pour former un projet « ad experimentum ». Ils louent un appartement dans le quartier Rosemont. Ils débutent alors une tournée au Québec pour donner des enseignements dans divers milieux.
Ils s’occupent en 1988 de la relance des Œuvres du Toit de Bethléem. Mais, lorsque cette mission est accomplie, ils mettent le cap vers Roxton Pond, au cœur des bois, pour mieux y vivre leur spiritualité semi-contemplative.
Ils achètent une propriété qui comprend deux petites maisons qui ressemblent à des chalets. Ils avaient trouvé l’espace nécessaire pour accueillir des jeunes en thérapie. « La campagne c’est le meilleur endroit pour que ces gars et ces filles puissent retrouver un équilibre de vie », ajoutent les deux frères.
La spiritualité
« Nous voulons vivre l’Évangile comme l’a vécu saint François d’Assise. Il était radical. Nous vivons dans une société qui fonctionne à vive allure. Nous désirons être témoins et montrer au monde que la Parole de Dieu peut se vivre véritablement aujourd’hui. »
« Le bonheur se construit à long terme et dans l’espérance, de dire Denis. Ce n’est pas la mode aujourd’hui. Le piège, c’est que le monde cherche un bonheur “prêt-à-porter”. Cela n’existe pas. Lorsque nous sommes pauvres, nous n’avons plus rien à prouver ni à perdre. Saint François nous montre que c’est en se désarmant qu’on découvre le vrai chemin du bonheur. »
Horaire de vie
Le réveil se fait à six heures. Par la suite, un long moment est consacré à la prière soit de 6 h 30 à 8 h. Après le déjeuner, chacun vaque à ses occupations. À midi, il y a récitation de l’office divin suivi du repas. L’après-midi est consacré au travail. Ils se rassemblent pour l’heure sainte de 16 h 30 à 17 h 30. La journée se termine par les prières des complies à 21 h.
François s’occupe généralement de l’organisation courante. Denis est agent de pastorale dans deux paroisses de Granby. Il a pour mission de rejoindre les marginaux du centre-ville. Il a ouvert un local où ces personnes peuvent recevoir écoute et accueil.
(Revue Notre-Dame du Cap, juillet-août 1993, pp. 13-14)
SEXUALITÉ : La testostérone peut-elle améliorer le désir féminin ?
Par Benoit Voyer
26 septembre 2026
La testostérone pourrait améliorer modestement la fonction sexuelle de certaines femmes ménopausées souffrant d’un trouble du désir sexuel hypoactif. C’est ce que nous apprend une synthèse des données scientifiques publiée dans un outil de pratique clinique destiné aux médecins, « Le Médecin de famille canadien » (dossier no 408).
Les études analysées indiquent une augmentation moyenne d’environ 0,85 activité sexuelle satisfaisante de plus par mois chez les femmes traitées comparativement au placebo. Dans certains essais, les participantes utilisant un timbre de testostérone ont rapporté environ 4,6 activités sexuelles satisfaisantes par mois après six mois, comparativement à 3,2 avec un placebo.
Toutefois, les auteurs soulignent que le traitement demeure une intervention ciblée. Il est surtout étudié chez des femmes ménopausées présentant un trouble du désir sexuel hypoactif, et non chez l’ensemble des femmes éprouvant une diminution du désir.
Comme le rappellent les recommandations cliniques, la testostérone ne doit être envisagée qu’après avoir recherché d’autres causes possibles, notamment médicales, psychologiques ou relationnelles.
FLASH : Béatrice Martin de nouveau sur scène
Béatrice Martin, connue dans la francophonie, sous le nom de Cœur de pirate, débutera une nouvelle tournée. Cet automne, à compter du 5 octobre, elle roulera sur les routes d’Europe. Elle rendra notamment visite à ses fans à Cologne, Berlin, Le Mans, Nancy, Poitiers, Hazebrouck, Versailles, Saint-Étienne, Aix-en-Provence et Avignon. Au Canada, des spectacles sont annoncés à partir de février à Saguenay, Brossard, Gatineau, Edmundston, Calgary, Edmonton et Vancouver. (Benoit Voyer, 26 septembre 2026)
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le grain qui meurt
Par Benoit Voyer
26 septembre 2026
On n’a pas à chercher une justification à la souffrance. Elle est un mal qu’il faut combattre et soulager. Au cœur de sa propre souffrance, l’être humain peut encore choisir de se tourner vers l’autre. Olivier Legendre, auteur du livre Le Cri de Dieu, paru en 1996 aux Éditions Anne Sigier, disait : « C’est véritablement un mouvement de l’âme qui fait qu’on va être plus préoccupé par celui qui souffre à côté de nous. À ce moment, on va imposer un peu de silence à sa propre souffrance. »
À ses yeux, il est important de refuser qu’elle nous enferme. Lorsque cet enfermement se brise, une place s’ouvre pour accueillir, servir et aimer.
De son côté, Jésus utilise l’image du grain de blé : « S’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Puis il ajoute : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. » (Jn 12, 24-26) Le grain ne meurt pas pour célébrer la mort, mais pour donner la vie.
Suivre Jésus, c’est entrer dans ce mouvement : consentir à perdre quelque chose de soi afin que l’amour puisse porter du fruit dans la vie de l’autre.
SAINTS ET SAINTES : Dieu se cache à Auriesville
Par Benoit Voyer
26 septembre 2026
Mystique. Intérieur. Troublant. Voilà les simples sentiments qui m'habitent en marchant sur le petit sentier qui mène au ravin où a été tué sauvagement saint René Goupil, martyr de la Nouvelle-France, le 29 septembre 1642. Un périple touchant qui m'a transpercé l'âme. C’était le 20 juillet 1998. Je m’en souviens comme si c’était hier [1]. Ce jour-là, en ce lieu, j’ai consacré ma vie à la Trinité [2].
Ce lieu naturel, farouchement bien conservé, est situé à quelques mètres du sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs d'Auriesville, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest d'Albany dans l'État américain de New York, soit à un peu moins de 5 heures d'automobile de Montréal, via l'autoroute canadienne 15 qui débouche sur la 87 américaine et l’« interstate » nᵒ 90.
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| Tekakwitha |
Ossernenon est le village iroquois où arrivent les prisonniers René Goupil et Isaac Jogues, le 14 août 1642. René Goupil est tué en dehors du village, le 29 septembre 1642, alors qu'il récite le Rosaire avec Isaac Jogues. Alors qu’ils viennent de terminer leur quatrième dizaine de chapelet, leur martyre débute. Le père Jogues parvient à s'échapper et rentre en France, puis il revient travailler dans les missions de la Nouvelle-France en 1644.
En 1646, il retourne à Ossernenon, comme ambassadeur de paix du gouvernement français. Sa première visite est couronnée de succès, mais lors de sa deuxième mission en octobre 1646, il est martyrisé et tué avec son compagnon Jean de la Lande. Jogues meurt le 18 octobre 1646 et de la Lande, le jour suivant.
Le lieu du sanctuaire est rustique, simple et sans prétention. Le touriste qui s'y rend dans le but de découvrir une destination touristique risque d'être bien déçu puisqu'il n'y a pas de superbe basilique à visiter, malgré l'impressionnant « coliseum », un vaste amphithéâtre circulaire construit en rond pouvant accueillir jusqu'à 6000 personnes.
C'est en pèlerinage aux sources de notre histoire et de notre foi en terre canadienne qu'il faut s'y rendre. C’est avant tout un lieu de prière et d’intériorité.
À proximité du lieu, à Fonda, il y a la petite chapelle où a été baptisée sainte Kateri Tekakwitha, quelques mois avant son exil à Kahnawake, jadis établi sur l’actuel territoire de la municipalité de La Prairie, sur le bord du fleuve Saint-Laurent.
Le pèlerinage accompagné d'une démarche d'intériorité procurera un grand bien à l'âme. Je l'affirme, Dieu se cache à Auriesville. Dieu est là, pas très loin du ravin. Il suffit de s'y rendre, de s'intérioriser et de se laisser pénétrer par sa présence.
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[1] Benoit Voyer. « Dieu se cache à Auriesville », Revue Sainte Anne, octobre 1998, page 418. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-dieu-se.html
[2] Benoit Voyer. « Ma consécration à la Trinité », Benoit Voyer en liberté, 19 juillet 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/07/un-peu-de-moi-ma-consecration-la-trinite.html
[1] Benoit Voyer. « Dieu se cache à Auriesville », Revue Sainte Anne, octobre 1998, page 418. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-dieu-se.html
[2] Benoit Voyer. « Ma consécration à la Trinité », Benoit Voyer en liberté, 19 juillet 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/07/un-peu-de-moi-ma-consecration-la-trinite.html
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| Lieu du supplice de saint René Goupil |
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le toit de Bethléem, la maison du pain
Par Benoit Voyer
« Un jour, un garçon de neuf ans nous confiait qu’avant de venir ici, le midi, il trouvait son repas dans les poubelles d’un bar », racontent Claire et Pierre Hervieux, les fondateurs des Œuvres du Toit de Bethléem de Montréal. Plus besoin de regarder les reportages télévisés sur la famine en Afrique pour voir des enfants affamés. Dans le quartier Côte St-Paul situé tout près de l’autoroute Décarie, 215 jeunes de l’élémentaire et du secondaire fréquentent la soupe populaire.
Le projet « Dîner enfants » est né bien simplement. « Un midi, confie Claire Hervieux, je regardais passer les enfants tout en brassant une sauce à spaghetti. Tout à coup, une voix intérieure me dit : “Nourris mes enfants!” Je demandai dans ma prière un signe au Bon Dieu afin d’être sûre que cette idée venait de Lui. Dix jours plus tard, je recevais un appel téléphonique d’une dame en vacances en Floride. Elle désirait aider les jeunes. Elle trouvait mon histoire bien surprenante car elle avait justement une vieille cantine mobile à donner. »
Depuis ce jour de mai 1991, des bénévoles du Toit visitent plusieurs écoles du voisinage. Ils accueillent aussi au local les jeunes afin de leur donner un repas équilibré. Une quarantaine de bénévoles se répartissent les tâches.
La misère des enfants se lit sur leur visage. La plupart de ces derniers sont issus de familles qui reçoivent les prestations de l’Aide sociale. Des enfants sont aussi victimes de violence familiale et d’agressions sexuelles.
Il faut voir Mélissa. Elle est âgée de onze ans et elle a des difficultés d’apprentissage à l’école. « J’aime pas mon prof! » lance la fillette. Pas très loin d’elle, une autre âgée de six ans est victime de violence familiale et elle est très turbulente. « Dès qu’un homme entre ici, déclare Pierre Hervieux, elle ne pense qu’à le coller et à attirer son attention. Elle s’assoit sur ses genoux. Nous faisons attention pour ne pas nous faire prendre au piège. »
Plusieurs de ces enfants ne mangent pas à leur faim chez eux. Cela amène habituellement de sérieux troubles de comportement tout en provoquant un manque de concentration en classe. Leur passage à la maison le Toit de Bethléem contribue à changer ces comportements.
La mission de l’Œuvre consiste bien plus qu’à donner de la nourriture. « Bien malgré nous, les enfants viennent nous confier des problèmes qu’ils ne disent pas à d’autres personnes. Ils ont besoin, poursuit Pierre Hervieux, de respect, d’attention et de vérité. Il nous faut parfois faire avec eux des démarches qui ne relèvent pas de notre compétence. Nous consultons beaucoup. Les jeunes nous font tellement confiance que nous recevons fréquemment des demandes d’adoption. Dans le fond, ils nous considèrent souvent plus que leurs parents. »
Il n’y a point que des ventres vides à la résidence du quartier Côte St-Paul. Il y a aussi des jeunes qui vivent un autre genre de faim. C’est le cas d’une élève de l’élémentaire qui allait chaque jour dîner au restaurant car ses parents lui donnaient de l’argent. Elle vient au projet « Dîner enfant » et elle a trouvé une oreille attentive et un peu d’affection.
Les jeunes reviennent souvent à la maison lorsque le soir est venu. Ils viennent s’y réfugier. Dans leur spontanéité, pas de gêne, ce toit est devenu leur maison…
Une dure réalité sociale
Dans ce district, l’un des plus misérables de la Communauté urbaine de Montréal, 28.3% des habitants sont considérés comme pauvres. Pas surprenant que sur une population de 32 400 personnes, 3 700 sont en chômage. 2 400 vivent des prestations de l’Aide sociale. Sur le nombre total d’habitants, 4 482 ont plus de 65 ans et 4 800 sont âgés de moins de 14 ans.
Ce n’est pas tout! Un peu plus de 28% des familles sont monoparentales alors que 68% de la population est locataire. Le taux de mortalité infantile est de 5.8%.
Projet nourriture
Le sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, rue Monk, abrite une banque alimentaire. Chaque mercredi, dès midi, des nécessiteux en provenance de partout attendent quelques sacs de nourriture. Pourtant, les portes ne s’ouvriront qu’à 18 h 30 pour se refermer vers minuit.
La préparation de cette soirée se fait par 70 bénévoles et elle dure toute la semaine. Ces derniers sont sous la direction de Sylvio Leblanc. Ce jeune homme a laissé son travail à la Bourse de Montréal pour se consacrer aux pauvres.
La collecte des vivres se fait aux quatre coins de Montréal à l’aide d’une petite camionnette. La petitesse du véhicule entraîne une grande perte de temps. L’équipe s’en contente pour le moment. Mais elle espère qu’un jour…
« C’est écœurant ce qui se jette dans les restaurants et supermarchés », raconte avec étonnement Marcel-Guy Bégin. C’est une chance pour la région qu’une telle banque alimentaire existe. Sylvio, comme Marcel, est habité par un intense désir de faire connaître Dieu. « Aujourd’hui, dit-il, si tu veux parler de Jésus, il faut que tu commences par le ventre. Nous devons poser des gestes concrets de charité chrétienne. »
À 18h30, la salle du bingo paroissial se transforme en place publique. En attendant de passer au « projet nourriture », les personnes présentes mangent une soupe. Une équipe fait de l’animation : musique et brève prière sont au menu. De 70 à 80 familles bénéficient de cette aide alimentaire.
L’avenir
Pierre Hervieux est optimiste. « Nous avons une nouvelle maison qui vient d’ouvrir ses portes à Rawdon. Grâce à la générosité des gens, le Toit achètera un bâtiment évalué à 65 000$ afin de remplir une mission semblable. Avec Dieu tout est possible », observe-t-il.
L’équipe des permanents des Œuvres du Toit de Bethléem tire ses forces de la prière quotidienne et de la méditation de l’évangile : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. » Ils surprennent de ressentir dans toute la communauté une paix et une confiance totale en Dieu car il remplit la maison de pain. Dire que cette nourriture est nécessaire à la croissance de ces jeunes. Notre société doit faire face à des défis importants au milieu de ces années de crise économique.
(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1993, pp. 13 et 14)
HISTOIRE : Samuel Champlain, précurseur de Montréal
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
En juin 1611, en navigant sur le fleuve Saint-Laurent, Samuel de Champlain a accosté à Pointe-à-Callière. En attendant le retour de ses alliés autochtones, il a fait défricher une partie du territoire et aménager deux petits jardins. Ses hommes ont également construit une muraille sur un îlot voisin afin d’évaluer la qualité de l’argile présente dans la région.
Ce lieu a été baptisé « Place Royale ». En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve en fera le cœur de l’établissement de Ville-Marie.
Ainsi donc, Champlain n’est pas le fondateur de Montréal, mais il fait partie de son histoire ancienne. Son passage témoigne de l’importance stratégique que représentait déjà ce lieu situé au confluent des grandes voies fluviales et au centre des réseaux d’échanges avec les peuples autochtones.
Dans la région, l’explorateur a aussi donné à l’île Sainte-Hélène le prénom de son épouse, Hélène Boullé, qui était plus jeune d’environ un quart de siècle.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une affaire d'images
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
Au Québec, depuis le début de la campagne électorale, nous sommes entourés d’images construites et de « slogans prémâchés ». Les leaders politiques tentent de nous dire qui ils sont. Les journalistes et les commentateurs en parlent. Le public prend parti en perdant tout sens critique sur les réseaux sociaux. Puis, les « sondeurs » mesurent « ce que les foules » pensent.
Nous assistons à une étrange bataille des images. Chacun cherche à définir l’autre et à se définir lui-même : qui est le chef véritable ? Qui est le plus proche du peuple ? Qui est le plus compétent ? Qui mérite notre confiance ?
Les politiciens et les firmes de sondage reprennent, avec des mots différents et bien de notre époque, une vieille question de Jésus à ses disciples : « Au dire des foules, qui suis-je ? » et « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Le récit évangélique nous questionne sur notre présent : jusqu’à quel point jugeons-nous les personnes à partir d’images fabriquées? Puis, encore plus subtilement : faisons-nous la même chose avec Dieu et avec Jésus qui tente de nous révéler une parcelle du divin ?
On peut comprendre les chefs politiques. En questionnant, ils cherchent à savoir si leurs messages sont bien perçus et, surtout, ils veulent connaître l’image que les sondés retiennent d’eux. C’est probablement cela que Jésus tentait également de faire. Évidemment, Jésus n’était pas en campagne électorale. Son propos est d’un autre ordre.
Ce qui étonne chez Jésus est que, malgré ce que les gens disent de lui, il refuse de se laisser enfermer dans un carcan et, surtout, dans le propos glorieux de Pierre : Tu es « le Christ, le Messie de Dieu. » Tout de go, il parle de souffrance à venir, de rejet et de mort. Il ne travaille pas son image. Il la déconstruit.
Un des défis que nous portons tous est cette difficulté à distinguer une personne de l’image que nous construisons d’elle. Ainsi en est-il aussi de Dieu : parfois, l’image que nous nous en faisons finit par nous empêcher de le rencontrer.
SAINTS ET SAINTES : Les saints martyrs d’Amérique
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
Au Canada, le 26 septembre, on se souvient des saints martyrs d’Amérique. Ailleurs sur la planète, la commémoration aura lieu le 19 octobre.
Jean de Brébeuf
Jean de Brébeuf est un prêtre jésuite. Il a été assassiné le 16 mars 1649. La moitié de son crâne repose dans la chapelle historique du monastère des Augustines, dans le Vieux-Québec, auprès du lieu de sépulture de la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin (Catherine Longpré). L’autre moitié est conservée au sanctuaire des Martyrs, à Midland, en Ontario.
Jean de Brébeuf écrivait : « Les semences que nous jetons ici, bien que parfois arrosées de nos larmes, porteront un jour des fruits abondants, si Dieu le veut. Nous ne devons jamais perdre courage, car ces croix que nous portons avec patience nous rapprochent de notre Seigneur et ouvrent le chemin de son royaume » (Jean de Brébeuf, Écrits en Huronie)
Catherine de Saint-Augustin racontait : « Mais le Père [de Brébeuf] me l'expliqua, et me dit que je me garde bien désormais de ne plus dire que je ne voulais pas aller en Paradis, et que cela n'était pas raisonnable ; car encore bien que j'en sois indigne, il veut que non seulement j'espère et me confie en la bonté et miséricorde de Dieu ; mais il veut que cette espérance soit ferme, et que j'envisage déjà le Ciel comme ma demeure assurée. »
Noël Chabanel
Noël Chabanel est un prêtre jésuite. Il est assassiné le 8 décembre 1649.
Antoine Daniel
Antoine Daniel est un prêtre jésuite. Il est assassiné le 4 juillet 1648.
Charles Garnier
Charles Garnier, un prêtre jésuite, arrive à Québec en juin 1636 et vit en pèlerin de la foi au milieu des Premières Nations auxquelles il voulait transmettre sa foi. Il est assassiné en Huronie, près de la baie Georgienne, le 7 décembre 1649.
« Charles entrait si avant dans les esprits [des Hurons-Wendats], et avec une éloquence si puissante, qu'il les ravissait tous à soi. C'est que son cœur parlait plus haut que ses paroles. Son visage, ses yeux, son sourire même ne prêchaient que la sainteté. » (Les Relations des jésuites en Nouvelle-France)
À Québec, on se souvient de lui. Le collège des jésuites est placé sous son patronage.
On conserve une relique de lui à la Chapelle des jésuites, rue Dauphine, dans le Vieux-Québec.
Gabriel Lalemant
Gabriel Lalemant est un prêtre Jésuite. Il est assassiné le 17 mars 1649.
René Goupil, Isaac Jogues et Jean de La Lande
Ossernenon [1] est le village iroquois où arrivent les prisonniers René Goupil et Isaac Jogues, le 14 août 1642. René Goupil, un laïc consacré vivant dans le célibat, est tué en dehors du village, le 29 septembre 1642, en priant Notre-Dame. Alors qu'ils viennent de terminer leur quatrième dizaine du chapelet, René Goupil est frappé à mort sous les yeux du père Isaac Jogues. Le père Jogues parvient à s'échapper et rentre en France, puis il reviendra travailler dans les missions de la Nouvelle-France en 1644.
En 1646, le père Jogues retourne à Ossernenon, comme ambassadeur de paix du gouvernement français. Sa première visite est couronnée de succès, mais lors de sa deuxième mission en octobre 1646, il est martyrisé et tué avec son compagnon, le frère Jean de la Lande. Jogues meurt le 18 octobre 1646 et de la Lande, le jour suivant.
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[1] Il s’agit de nos jours d’Auriesville dans l’État de New York. En visite, au Sanctuaire des martyrs d’Amérique, il faut absolument aller se balader dans le sentier du ravin. Des panneaux relatent le souvenir de René Goupil en ce lieu.
[1] Il s’agit de nos jours d’Auriesville dans l’État de New York. En visite, au Sanctuaire des martyrs d’Amérique, il faut absolument aller se balader dans le sentier du ravin. Des panneaux relatent le souvenir de René Goupil en ce lieu.
DOCUMENT : Mes divins rapports avec Jésus (Réflexion spirituelle d'Eugène Prévost)
Jésus m’appelle, j’accours
Jésus nous aime et c’est pourquoi Il veut se rapprocher de nous. Il nous a devant les yeux depuis le premier moment de notre existence et il ne nous perdra jamais de vue.
Jésus pensait à nous et Il nous appelait déjà du fond de son éternité avant que nous existions [cf. Eph 1, 4-5; Jn 1, 48], en ce sens qu’il mettait en réserve toutes les grâces nécessaires à notre salut et à notre sanctification.
Mais au ciel, dans le sein de son Père, Jésus était trop loin… ses appels divins étaient exposés à se perdre dans l’immensité… c’est pourquoi Il s’est rapproché, Il s’est fait l’un de nous [cf. Jn 1, 14; Ph 2, 7]. Toute sa vie a été un appel constant pour que nous allions à Lui, que nous nous rapprochions de Lui, que nous ne vivions qu’avec Lui et pour Lui [cf. Rm 14, 7-8].
Jésus ne veut pas de distance, il souffre de nous voir dans le lointain. Il a fait toutes les avances possibles et tout, dans sa vie mortelle sur cette terre comme dans sa vie eucharistique au Très Saint Sacrement, nous redit son amour, nous fait entendre ses divins appels. Magister adest et vocat te. Jésus est là et Il nous appelle! [cf. Jn 11, 28]
Jésus m’appelle et je n’irais point à Lui?... Jésus m’appelle et je ne quitterais pas tout pour Lui? [Mc 10, 21] Jésus m’appelle et je ne laisserais pas tout pour courir vers Lui?... Jésus m’appelle et je ne sacrifierais pas tout pour me contenter de Lui?
***
Jésus m’appelle de la Crèche
Jésus m’appelle dès le premier moment de son existence ici-bas. Il m’appelle de sa Crèche où, petit enfant, Il se livre à moi dans la candeur, la simplicité, le charme, la sincérité et l’amour de l’enfance.
Je Le trouve à la crèche pauvre, petit, humilié, déshérité. Il m’appelle pour que je Le suive : je dois, dès lors, me détacher des biens de ce monde, m’affranchir de toutes les préoccupations terrestres, de tout orgueil, de toute vanité, de toute ambition [cf. Mt 11, 25-30]. Je ne peux répondre à son appel que si, comme Lui, je me fais petit, humble, pauvre, universellement détaché.
…
Jésus m’appelle de Nazareth
Jésus m’appelle de Nazareth où, vivant dans la solitude, le recueillement, le travail, la prière, il n’est préoccupé que des intérêts de son divin Père et pense continuellement à moi. Je L’y trouve ignoré des hommes, méconnu, faisant le silence autour de Lui, cherchant à disparaître, aimant la vie cachée et s’en faisant un ciel.
Je ne puis partager sa vie qu’en faisant aussi le silence autour de moi, le dépouillement universel en moi; que si tous les bruits de la terre se taisent pour moi, si toutes les frivolités du monde s’évanouissent, si toutes les attaches terrestres, quelles qu’elles soient, se dissipent et disparaissent [cf. Lc 14, 33].
Jésus m’appelle sans cesse et chacun de ses appels est un dépouillement nouveau qui me fait me détacher et me rapprocher de lui. Oh! oui, Jésus, je veux Vous suivre, je veux quitter tout ce qui ralentit ma marche, je veux rechercher votre compagnie dans le silence, le recueillement, l’intime de mon âme.
…
Jésus m’appelle sur la route du Calvaire
Jésus m’appelle sur la route du Calvaire, tout ensanglanté, tout meurtri, défaillant sous le poids de sa Croix, attaché au gibet de son supplice, abandonné de la terre et du ciel, agonisant et mourant dans l’ignominie [cf. Mc 15, 34]. Toutes ses plaies sont une voix, toutes ses douleurs un appel. Il a besoin de mon cœur pour se consoler, de ma présence et de ma compagnie pour ne pas se voir isolé, de mon amour, pour ne pas se sentir abandonné.
Ce n’est plus le Jésus attrayant de Bethléem, le Jésus plein de charmes de Nazareth, c’est le Jésus délaissé et mourant par amour pour moi! Je ne peux me rapprocher de Lui que si, à son exemple, je mets les pieds dans la trace des siens, si je me laisse ensanglanter aux épines du chemin, si je trouve mon bonheur à souffrir avec Lui toutes les peines et les souffrances de la vie [cf. Lc 9, 23].
Mon bonheur, à la suite de Jésus, doit être de porter ma croix [cf. Ga 6, 14], mon diadème doit être sa couronne d’épines, et tant qu’il me restera une goutte de sang dans les veines, je dois chercher à répondre à l’appel de Jésus qui me demande de me laisser crucifier avec Lui.
Ô appel plein de charmes de mon Jésus Crucifié, j’accours, je ne veux plus chercher de joies sur la terre, puisque Vous êtes plongé, ô mon Maître, dans les tristesses, les douleurs, les angoisses, les abandons… Je ne veux plus vivre que pour mourir à chaque instant avec Vous [cf. Ga 2, 19-20; Ph 3, 10-11].
…
Jésus m’appelle du Tabernacle
Jésus m’appelle et, cette fois, ce n’est plus dans le lointain et le passé, c’est dans le présent et tout près de moi. Il m’appelle du fond de son Tabernacle, et cette voix si douce, si suave, se fait entendre à mon âme où que je dirige mes pas, où que je porte mon attention, où que je prête l’oreille, où que je cherche mon Jésus.
J’entends sans cesse sa voix sortir du Tabernacle, m’appeler avec douceur, tendresse, suavité. C’est l’appel constant et suprême de l’amour. Chaque instant de la durée est un appel nouveau que Jésus me fait entendre. Je ne puis apercevoir un clocher, entrer dans une église, regarder un Tabernacle, sans entendre résonner à mes oreilles cette voix de l’amour qui me dit, par tous les temps et tous les lieux, que Jésus m’aime et me veut à Lui!...
J’accours, ô mon Jésus, pour Vous retrouver toujours le même, toujours aimant, toujours souverainement aimable. À vos pieds, je sens le besoin de m’élancer sur votre Cœur [cf. Lc 10, 39] et je Vous trouve, ô Jésus tout de feu consumant, qui ne cherchez qu’à faire disparaître en moi tout ce qui n’est pas Vous, afin de faire notre union plus étroite et plus intime. Oh! oui, je comprends votre langage, ô mon Jésus, et partout où je serai, je veux me laisser charmer par la voix qui sort de votre Tabernacle.
…
Jésus m’appelle du ciel
Jésus m’appelle, et c’est au-delà du temps, c’est de son ciel qui doit être le mien, du sein de la gloire éternelle, du milieu des concerts d’amour et de louanges des anges et des élus. Jésus y est encore et constamment préoccupé de mon âme [cf. He 7, 25]. De son trône éternel Il m’appelle encore, Il m’appelle toujours, Il me montre la place que je dois occuper en compagnie des saints, Il me fait pressentir la suavité des joies de la Patrie, Il m’excite sans cesse à marcher dans la voie de la vertu et de la sainteté, pour arriver plus tôt et plus sûrement au bonheur sans fin.
Oh! cette voix de l’Agneau toujours immolé qui se fait entendre sur la terre partout où se dirigent mes pas et qui m’enseigne que la vie du temps passe, que la vraie vie est celle du ciel, comme je veux l’écouter, et comme, pour y répondre, je veux sans cesse aspirer aux choses d’en-haut et mépriser les choses d’ici-bas [cf. Col 3, 1-2].
Le ciel, c’est Jésus; cette voix qui me vient de la Patrie pour me consoler, me guider et me fortifier dans l’exil, c’est encore la voix de ce Jésus enfant, grandissant, souffrant, mourant sur le Calvaire, aimant et anéanti dans la sainte Eucharistie; c’est le voix de ce Jésus que j’ai entendu petit enfant, qui n’a cessé de résonner à mes oreilles, qui m’a préservé de tant de dangers, qui m’a consolé, relevé, fortifié tant de fois, qui m’a charmé dans mes heures de tristesse, ravi dans mes heures de contemplation, qui a fait taire pour moi toutes les mélodies terrestres pour ne faire place qu’à cette divine harmonie des parvis éternels : Jésus!
Ô voix de mon Jésus qui me vient de toutes les collines, qui se répand dans toutes les vallées, se répercute dans toutes les montagnes, qui, de la terre, monte sans cesse vers le ciel, je vous bénis, j’accours à vos divins appels, je veux me laisser bercer par la suavité de vos accents!
Non, non, je ne veux plus me laisser charmer par la voix des créatures et les attraits trompeurs du monde. Il est une autre voix qui résonne mélodieusement à mes oreilles et qui a ravi mon cœur. C’est celle de mon Bien-Aimé que j’ai choisi en partage et auquel je me suis uni par des liens indissolubles [cf. Ct 5, 2].
Quand Il me regarde, je suis fasciné. Quand Il me parle, je suis charmé. Quand Il me dit son amour, je suis ravi. Quand Il me demande de l’aimer, je suis embrasé. Quand ses appels se font plus pressants, je suis éperdu et je voudrais me consumer.
Ô Jésus, appelez-moi sans cesse. Mon bonheur est d’accourir pour Vous écouter, Vous aimer et m’unir à Vous pour le temps et pour l’éternité.
Jésus! Jésus seul!
Eugène Prévost, c.f.s.
…
Pour approfondir
Références bibliques : Is 45, 3; Is 50, 2; Os 11,1; Lc 1, 39; Lc 2, 16; Mt 8, 18-22; Mt 11, 28; Ep 4, 1.
Catéchisme de l’Église catholique, au mot appel : nos 1036, 1427, 2012, 2348.
SANTÉ MENTALE : La génération Z en crise de sens
Par Benoit Voyer
24 septembre 2026
La crise actuelle de la santé mentale chez les jeunes ne peut pas être expliquée uniquement par une augmentation des troubles psychologiques ou par un manque de ressources médicales. Elle serait aussi liée à une crise culturelle et morale, marquée par une perte de repères, un affaiblissement du sentiment d’appartenance collective et une difficulté à donner un sens à l’avenir.
C’est ce que soutient Pierre Valentin dans son livre « Malaise dans la génération Z » . Le 18 mai 2026, Le Figaro lui consacrait un article fort intéressant.
Ainsi donc, Pierre Valentin propose une analyse globale du mal-être qui touche une partie importante des jeunes nés entre 1995 et 2013.
Il identifie plusieurs facteurs qui contribueraient à cette situation. Le premier est la place prise par le numérique dans la vie des jeunes : l’omniprésence des réseaux sociaux, la comparaison permanente avec les autres et la fragmentation de l’attention auraient renforcé un sentiment de dépendance et d’absence de contrôle sur sa propre vie.
Pour Valentin, le téléphone intelligent et les contenus rapides réduisent la capacité à soutenir un effort dans la durée, alors que l’accomplissement personnel repose souvent sur l’apprentissage, la discipline et la persévérance.
Un autre élément central de son analyse concerne le rapport à l’avenir. La génération Z évoluerait dans un contexte où le futur apparaît plus incertain et difficile à construire : crise économique, changements sociaux, préoccupations environnementales et transformations du monde du travail alimenteraient une forme d’anxiété permanente. Il estime que cette difficulté à se projeter dans l’avenir fragilise la construction personnelle, car la personne peine à inscrire son existence dans une trajectoire durable.
Enfin, Pierre Valentin pense que la crise de santé mentale est aussi liée à une montée de l’individualisation et à ce qu’il appelle une « culture thérapeutique ». À ses yeux, une société centrée davantage sur l’individu, ses émotions et son bien-être immédiat pourrait paradoxalement accroître le sentiment d’isolement. Il avance que la santé mentale ne dépend pas seulement du rapport à soi-même, mais aussi de la capacité à appartenir à une communauté, à exercer des responsabilités, à construire des liens durables et à trouver un sens dépassant la seule recherche du confort personnel.
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