UN PEU DE MOI : Mon périple sur les traces des saints du Canada se poursuit à petits pas

chapelle des Servantes de Jésus Marie, à Gatineau
Mon périple sur les traces des saints du Canada se poursuit à petits pas

Par Benoît Voyer

3 juin 2026

Ma tournée des lieux de sépultures et où ont habité les saints, bienheureux, vénérables, serviteurs de Dieu et les prospects à un de ses titres se poursuit à petits pas. Je ne sais pas si j’aurai le privilège de le faire pour tous puisqu’ils ne sont pas au Canada ou dans une des provinces éloignées du Québec et de l’Ontario.

En septembre, je me rendrai au sanctuaire de saints martyrs, à Midland, en Ontario, où trois des martyrs d’Amérique francophone ont été tués par haine ou méconnaissance de la foi chrétienne par quelques membres des Premières Nations. J’ai bien hâte de faire ce périple. Près du lieu de prière se trouve une reconstitution d’un village huron et, à Midland, se trouve un musée consacré aux autochtones. Si vous connaissez le coin, je serais heureux que vous m’en parliez.

À part le club de nos saints jésuites, dans les objectifs de cet été, il me reste quelques premières incursions à faire. Dans la région de Québec, il y a les vénérables Marcelle Mallet et Marie-Josephte Fitzbach, Julienne Dallaire dont la cause est à l’étude au Vatican, Henri Roy et Colette Samson. À Toronto, il y a Catherine de Hueck Doherty dont la cause est à l’étude au Vatican. Et à Laval, la vénérable Délia Tétreault. Au sujet de cette dernière, à cause du départ des Missionnaires de l’Immaculée-Conception de leur maison-mère, visiter son lieu de sépulture est un défi que je dois surmonter.

Enfin, je dois faire quelques démarches auprès de la Citadelle, à Québec, afin de tenter d’accéder aux tombes de George Vanier et Pauline Archer dont les causes sont également à l’étude dans les instances papales. Depuis quelques années, le public n’a plus accès à la chapelle Georges Vanier. Lors de ma visite du 25 août 2025, le guide touristique m’a informé de la situation. Il y a de nombreuses années, j’ai eu la chance de recueillir auprès du lieu où ils reposent.

Je vous reparlerai de ces visites.

Cela dit, ce 2 juin 2026, je suis retourné à Gatineau, en Outaouais, en banlieue de la capitale de notre pays.

Le cimetière Notre-Dame, à Gatineau
Au petit matin, je me suis d’abord rendu au cimetière Notre-Dame où sont inhumées, depuis 2017, les Servantes de Jésus-Marie et leur cofondateur, l’abbé Alexis-Louis Mangin. Je n’y ai pas trouvé de trace d’Éléonore Potvin, leur mystique cofondatrice. Jadis, ils reposaient tous dans la crypte de la maison mère des Servantes, sur la rue Laurier. Dans le processus de déménagement des dernières sœurs dans le bâtiment du centre diocésain sur le boul. du Mont-Bleu, ils ont tous été exhumés et réinhumés à cet endroit.

De 8 h à 10 h, je me suis joint aux contemplatives pour leur prière du matin et la messe (à 9h) présidée par Mgr Paul-André Durocher, l’archevêque catholique de Gatineau. L’endroit est moderne et dépouillé.

Tombe de l'abbé Alexis-Louis Mangin
Après avoir échangé quelques minutes avec une servante, je suis retourné au cimetière dans l’espoir de me recueillir auprès de la cofondatrice. En vain. Il n’y a aucune trace d’elle et elle ne figure pas dans le registre informatisé au bureau administratif du lieu de mémoire. En dernier recours, j’ai téléphoné à sœur Marie du Bon Conseil, l’archiviste des Servantes de Jésus-Marie qui avait peut-être une réponse à mon questionnement. Elle était absente de son bureau, en prière devant le Saint-Sacrement. J’ai donc quitté Gatineau sans avoir résolu ce mystère.

Au milieu de l’après-midi, elle a retourné mon appel. Elle m’a expliqué que les restes d’Éléonore Potvin, décédée à l’âge de 38 ans, ont été transformés en cendre et que son urne repose avec un autre boîtier contenant le cœur de leur fondateur dans une petite chapelle privée accessible uniquement par les sœurs.

En passant, la messe quotidienne des Servantes de Jésus Marie, à Gatineau, est diffusée sur YouTube.  Voici le lien : https://www.youtube.com/@sjm.mont-bleu

HOMÉLIE : Se centrer sur l'essentiel

Messe du 2 juin 2026 chez les Servantes de Jésus Marie, à Gatineau
Homélie du Mgr Paul-André Durocher, archevêque catholique de Gatineau
chez les Servantes de Jésus Marie
à Gatineau, le 2 juin 2026,
à l’occasion de la messe du jour

Il y a des politiciens qui se servent de cette phrase de Jésus : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Ils se servent de cette phrase-là pour dire qu'il ne faut pas mélanger la religion pis la politique. Alors, nous, nous occupons de la politique. Vous autres les gens religieux, mêlez-vous de ce qui vous regarde. Puis ils vont dire : Jésus vous l'a dit. Et c'est une fausse compréhension de ce que Jésus est en train de dire. Ils ne saisissent pas du tout…

Une fois, je me suis retrouvé à un banquet assis à côté d'une sénatrice et nous étions en train de parler, puis elle me dit ça. Elle dit : "Tu sais, il ne faut pas mêler la religion avec la politique." J'ai dit : il faut être clair là. Mais qu'est-ce que vous voulez dire par ça ? Parce que toute loi qu'un gouvernement parle, c'est basé sur des valeurs. Toute loi incarne des valeurs. Quelle valeur est-ce que les lois incarnent ? Ça, c'est la question. Et quand on se pose des questions de valeur, on est en train de se poser des questions qui sont liées à la religion et à la foi. Alors, ne dites pas : il ne faut pas que la religion s'en mêle. Il va toujours avoir des questions morales profondes dans les choix que font les politiciens. La question c'est quelle morale ?

Récemment encore, le pape Léon parlait à propos de l'injustice, de la guerre, de l'importance du dialogue, de rechercher la paix. Puis là, un politicien américain dit : "Il devrait s'occuper juste de la morale." Comme si des questions de guerre, de justice, de paix n'étaient pas des questions morales. Pour lui, morale ça veut dire sexualité. C'est terrible !

Jésus n'est pas en train de dire qu'il y a deux mondes. Il y a le monde de la politique puis le monde de la religion. Ce n’est pas ça ce que Jésus est en train de dire. Qu'est-ce que Jésus est en train de dire ? Faut se rappeler du contexte, ici. Eux, ils cherchent à attraper Jésus. Dans quel sens ? Ils espèrent que si Jésus dit oui, il faut payer l'impôt, alors il va cesser d'être populaire avec les gens ordinaires qui trouvent que l'impôt est injuste. C'est l'impôt d'un pays conquérant. De toute façon, c'est de l'argent qui s'en va aux Romains, ça!

Alors, si Jésus dit : "Oui, faut payer l'impôt". Ben là, les gens ordinaires ne suivront plus Jésus. Ils n'aimeront plus Jésus. Et par contre, s’il dit : « Non, il ne faut pas payer l'impôt », il est coupable de trahison, puis on va aller le dire aux Romains, puis ils vont l'arrêter. Voyez, ils se disent : on va le cerner comme il faut. On va le pogner! Et Jésus, il est sage. Il ne répond pas à leur question.

« Une pièce d'argent… Montrez-moi un denier, là. Ils sortent le denier. Puis lui montre. C'est l'image de qui, ça ? C'est l'image de César. Ben, si c'est l'image de César, donnez à César ce qui revient à César. Occupez-vous des choses de Dieu. C'est ça ce qu'il dit. Vous êtes en train de vous occuper de choses secondaires. Vous vous battez à propos de choses secondaires. Il y a des choses essentielles. C'est pratiquement comme si Jésus disait : "Les ballons, là, donnez-les aux enfants pour qu'ils jouent. Vous autres, occupez-vous des choses sérieuses, les choses de Dieu. Vous vous battez à savoir s'il faut payer l'impôt. Alors que la question fondamentale, c'est : où est Dieu dans ma vie ?

Ça me fait penser à des conseils de fabrique qui se posent la question : est-ce qu'il faut mettre notre argent pour refaire l'asphalte dans la cour ou bien faudrait-il peindre le clocher? alors que l'église est vide… La question fondamentale n'est pas la question de l'asphalte ou du clocher. La question fondamentale, c'est celle de l'évangélisation. Et c'est ça que Jésus est en train de dire. Les choses de César, laissez César s'en occuper. Vous, êtes-vous en train de vous occuper des choses de Dieu ?

Il est en train de dire un peu comme il a dit à Marthe, tu sais, qui est en train de préparer le repas, puis qui est tout affairée. Marie est en train d'écouter. Jésus et Marthe se plaignent : « Marie, elle ne me donne pas un coup de main ». « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes pour bien des choses. Une seule est importante. Une seule est importante ».

Et ailleurs dans le discours sur la montagne, qu'est-ce que Jésus dit ? Cherchez d'abord le royaume et sa justice. Tout le reste suivra.

Dans notre vie spirituelle, c'est un peu la même chose. Parfois dans notre vie spirituelle, on devient tellement préoccupé par des questions de détails, des questions secondaires. Ou, même en liturgie, des fois, je le vois, là, tu sais. « Oh, le prêtre n’a pas dit la phrase qui est exactement dans le missel ». Ah ben voyons, ce sont des détails, tu sais. C'est l'essentiel : est-ce qu'on est en train de louer le Seigneur de tout notre cœur ? Oui ou non ? Voilà l'essentiel.

Une fois, il y a quelqu'un qui m'est arrivé avec le lavement des pieds. Il y avait des filles dans le lavement des pieds. Puis dans le missel, c'est écrit : ce sont des hommes… J'ai dit : ben là, je m'excuse, tu es en train de manquer le bateau, là. C'est l'essentiel ici. C'est le message de servir, le message d'être au service les uns des autres, comme Jésus était au service de ses apôtres.

Est-ce qu'on a saisi ? [Recherchons] l'essentiel pour notre vie spirituelle…

C'est la « scrupulosité », hein ! On reste pris avec des petites choses. Vous savez d’où vient le mot « scrupule » ? « Scrupolum » ? Vous savez ce que c'est un « scrupolum » ? En latin, un « scropolum », là, c'est la petite pierre qui se glisse entre ton bas et puis ton soulier, là, puis qui descend… puis chaque fois que tu marches là, tu sens cette petite pierre-là. Ça vous est déjà arrivé, ça ? Puis là ça devient tellement tannant qu'à un moment donné, il faut que tu enlèves ton soulier pour enlever la petite pierre parce que cette petite pierre-là, elle n’arrête pas puis elle t'empêche de voir la beauté du monde autour de toi parce qu'il y a un petit « scrupolum » qui est là, qui occupe toute ton attention. Un « scrupule », c'est ça! C'est une chose mineure… mineure, mineure… mais qui occupe toute notre attention dans la vie spirituelle. 

Faudrait se poser des questions. Quand on s'inquiète dans la vie, est-ce qu'on s'inquiète des choses vraiment sérieuses, hein ! Dans le fond, c'est ça chercher la volonté de Dieu, chercher le royaume et sa justice. Tout le reste viendra par surcroît… Rendez à César ce qui appartient à César. Vous, rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

Les moines d'Oka déménagent

SAINT-JEAN-DE-MATHA – Les moines cisterciens d'Oka déménageront leur abbaye à Saint-Jean-de-Matha. Ils ont acheté un terrain de plus de 1,5 km carré (370 acres). La construction de l'abbaye devrait se terminer en 2005. La chapelle et le monastère seront construits près du parc des Dalles. Les moines devraient continuer de fabriquer des produits du terroir, notamment du caramel. La chapelle et le monastère seront exemptés de la taxe foncière, comme pour tous les édifices religieux. Les autres bâtiments qui seront construits sur le terrain seront taxés par la municipalité. « Peut-être que le fromage d'Oka va devenir le fromage de Saint-Jean-de-Matha », a ironisé le maire de l'endroit lors de l'annonce du projet. Le premier magistrat est très heureux de l'arrivée des moines.

L'Angélus, un restaurant angélique
SHERBROOKE – L'Angélus n'est pas qu'une formule de prière à la Vierge Marie. À Sherbrooke, la ville reine des Cantons-de-l'Est, ce nom évoque aussi un restaurant. Celui-ci a été aménagé dans l'ancienne église Sainte-Thérèse-d'Avila, sur le bord du lac des Nations Puisque l'église qu'ils ont achetée était en bien mauvais état, il a fallu six mois aux nouveaux propriétaires pour ressusciter le bâtiment. Depuis décembre, en plus de découvrir la cuisine californienne et espagnole du restaurant, il est aussi possible de contempler la restauration. Franklin Sanchez, Andre Landres et Felipe Zambito ont de quoi être fiers. « Nous sommes croyants, alors nous voulions respecter les lieux. Le principal commentaire que nous recevons des clients, c'est que la place est très chaleureuse. Les gens ont l'impression de venir manger à la maison» (… « Et l'on nous dit que c'est angéliquement bon », a dit Franklin Sanchez au quotidien La Tribune.

Neuvaine à saint Joseph

MONTRÉAL- Du 10 au 19 mars, des milliers de pèlerins ont participé à la traditionnelle neuvaine à saint Joseph. Bien entendu, le plus important rassemblement a eu lieu à l'Oratoire Saint-Joseph, à Montréal. L'Oratoire en était à sa 83ᵉ neuvaine annuelle. Sur les ondes de Radio Ville-Marie, le père Patrick Vézina, 32 ans, a souligné que de plus en plus de pèlerins profitent de leur passage à l'Oratoire pour se confesser. « Parfois même on se bouscule à la porte du confessionnal », a-t-il expliqué à l'animateur. À Granby, le 19 mars, Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, a présidé une messe afin de clôturer la neuvaine qui a eu lieu à l'église Saint-Joseph, sur le boulevard Leclerc. C'est le père Michel Vigneau qui était le conférencier invité de ces neuf jours de prière et de réflexion.

Nouvelle direction à Mission Old Brewery
MONTRÉAL – L'avocat James Hughes succède au révérend Robert Warren à la direction de la Mission Old Brewery à Montréal, un refuge pour les sans-abri. Le révérend Warren a été appelé à exercer son ministère dans le diocèse d'Édimbourg en Écosse. Le nouveau responsable continuera la poursuite de la première campagne majeure de financement qui a pour objectif de recueillir 2,5 millions de dollars.

Nouveau supérieur des Jésuites
MONTRÉAL – Le père Daniel Leblond a été nommé supérieur provincial des Jésuites du Canada francophone. Né à Lévis-Lauzon, le père Leblond était directeur artistique des salles du Gesù Il entrera en fonctions le 31 juillet.

Moins de mariages
FRÉDÉRICTON – Le nombre de mariages a diminué de 14 % entre 2000 et 2002 au Nouveau-Brunswick. En 2002, 3818 unions ont été célébrées. Sur ce nombre, 2788 étaient des unions religieuses et 1030 ont été célébrées au civil. C'est la deuxième année consécutive que le nombre de mariages est à la baisse dans la province. En 2000, il y a eu 4447 unions et 3906 en 2001.

Amende pour être allé à la messe au Canada
TRACADIE – Depuis 40 ans, Richard Albert, un résident du Maine, traverse la frontière, chaque dimanche, pour se rendre à la messe au Canada. Il habite à environ 30 mètres de la frontière, à côté du poste frontalier. Un dimanche de l'hiver dernier, puisque le poste frontalier était fermé, comme il le sera maintenant le dimanche, il a écopé d'une amende de 10 000 $ parce qu'il a traversé la frontière illégalement.

100e des Missionnaires Oblates
SAINT-BONIFACE – La congrégation féminine des Missionnaires oblates de Saint-Boniface au Manitoba célèbre cette année son 100ᵉ anniversaire de fondation.

Nouvelle maîtrise à l'université Saint-Paul
OTTAWA – L'Université Saint-Paul offre, depuis janvier, un nouveau programme de maîtrise qui a pour thème l'étude des conflits basés sur les différences ethniques et religieuses. Le programme d'études se complète en deux ans. Lorsque l'étudiant a terminé, il est apte à régler les différends qui impliquent deux personnes ayant des croyances religieuses différentes et ceux de groupes ethniques. Le travail de thèse consiste à analyser un conflit, trouver des solutions et les mettre en application. La solution doit présenter le fruit du travail sous forme de conclusion. Plusieurs étudiants du programme proviennent de pays où les conflits basés sur ces questions sont monnaie courante.

Rendez-vous du magazine religieux
MONTRÉAL – La deuxième édition du « Rendez-vous du magazine religieux » a eu lieu, les 16 et 17 mars, à l'Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, dans le cadre de la grande neuvaine à saint Joseph. Plus de 25 représentants de revues religieuses du Québec étaient présents.

Fondation du patrimoine religieux
QUÉBEC – Au Québec, depuis les dernières élections qui ont porté Jean Charest à la tête de l'État, tous les travaux de restauration d'églises ou de bâtiments religieux sont mis en veilleuse. Pour des raisons inconnues, le nouveau gouvernement a décidé de ne plus accorder de subventions par l'intermédiaire de la Fondation du religieux du Québec. Le milieu religieux est en attente.

Fête de saint Patrick

TROIS-RIVIÈRES – Le 14 mars, quelques heures avant la fête officielle, les Irlandais du Canada ont souligné la fête de leur saint patron, saint Patrick. À Trois-Rivières, on a profité de l'occasion pour célébrer le 50ᵉ anniversaire de la construction de l'église Saint-Patrick, sur la rue Whitehead. Après la messe de 10 h 30, les paroissiens se sont rassemblés au sous-sol de l'église pour un banquet animé par des chants irlandais.

Une nouvelle œuvre de Bourgault à Gatineau
GATINEAU – La paroisse Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, secteur Hull, à Gatineau, a procédé au dévoilement d'une sculpture en bois représentant la dernière Cène du Seigneur d'après l'œuvre de Léonard de Vinci. La sculpture de type haut-relief mesure 23 pouces par 72 pouces et elle a été placée devant l'autel. Le sculpteur André M. Bourgault, de Saint-Jean-Port-Joli, travaille à la production de cette œuvre depuis deux ans. Il s'agit du cadeau d'un paroissien pour son église. Bourgault a consacré plus de 700 heures à la création de cette sculpture. Son père, le sculpteur Médard Bourgault, a jadis réalisé le crucifix de l'église, en 1966. L'artiste était présent à Gatineau lors du dévoilement.

100ᵉ anniversaire
JOLIETTE – Le 13 juin, le diocèse de Joliette soulignera son 100ᵉ anniversaire de fondation.

300ᵉ anniversaire des Filles de la Sagesse
MONTRÉAL – Les Filles de la Sagesse soulignent cette année leur 300ᵉ anniversaire de fondation. La congrégation a été fondée par saint Louis-Marie Grignon de Montfort et par la bienheureuse Marie-Louise Trichet.

Tourisme religieux à Montréal
MONTRÉAL – Les intéressés au tourisme religieux doivent absolument visiter trois incontournables musées montréalais. Il s'agit du Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal (www.musee-deshospitalieres.qc.ca), du Musée du Centre de l'Holocauste de Montréal (www.mhmc.ca) et du Musée Marguerite-Bourgeoys (www.marguerite-bourgeoys.com).

Don pour la rénovation de l'église

BUCKINGHAM – La paroisse Saint-Grégoire-de-Naziance, en Outaouais, a reçu un don de 5 000 $ du club Lions de Buckingham afin d'aider à la rénovation de l'église, qui est reconnue par la Fondation du patrimoine religieux du Québec comme un joyau. La paroisse est d'ailleurs en grande campagne de financement afin d'amasser 157 000 $.

Orgue à découvrir
QUÉBEC - Construit par les frères Casavant, inauguré en 1913, l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, coin Caron et Saint-Joseph à Québec, est l'un des plus estimables de la région de la capitale provinciale. Cette Casavant a quatre claviers et 52 jeux. Née dans cette paroisse le 30 avril 1897, la bienheureuse Dina Bélanger a probablement eu bien du plaisir à entendre sa sonorité exceptionnelle.

Fermeture d'églises à Shawinigan
SHAWINIGAN – Le 15 avril, les églises des anciennes paroisses Sainte-Hélène, Christ-Roi et Sainte-Croix à Shawinigan ont fermé définitivement leurs portes. La décision a été approuvée par Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières. Ces fermetures font suite à la consultation qui a eu lieu auprès des citoyens de la paroisse Marguerite d'Youville, issue de la fusion des six anciennes paroisses. L'église Christ-Roi pourrait être achetée et transformée en résidence pour les aînés. Il n'y a encore aucun projet sur la table pour les deux autres bâtiments. Il est possible que deux autres temples catholiques ferment d'ici six ans. L'église Saint-Marc pourrait devenir l'unique lieu de culte à accueillir les catholiques de la municipalité.

« Il faut prendre un virage »
NICOLET – En visite pastorale dans la région nicolétaine, l'évêque du diocèse de Nicolet, Mgr Raymond Saint-Gelais, a affirmé au quotidien Le Nouvelliste : « On prend conscience qu'il faut prendre un virage. » Il a expliqué que les paroisses étaient, jusqu'à maintenant, organisées en fonction des personnes qui fréquentent les églises. Autrefois, cela ne posait aucun problème. Il y a 40 ans, entre 80 et 90 % de la population fréquentait l'église. Aujourd'hui elle a déserté l'église. Pour cette raison, il estime que l'action pastorale doit faire en sorte de rejoindre les gens dans leur milieu. « Pas nécessairement pour les amener immédiatement à l'église, mais davantage pour pouvoir entrer en dialogue avec eux », a-t-il dit.

Ressourcement marial à Rigaud
RIGAUD – Le diocèse de Valleyfield, en collaboration avec le Mouvement Focolari, regroupement qu'apprécie grandement Mgr Luc Cyr, l'évêque du lieu, a présenté, le 8 mai, au collège Bourget à Rigaud, une journée de réflexion et de prière à la Vierge. L'évêque de Valleyfield a participé à l'événement en présidant une grande célébration eucharistique.

Hausse des natalités

CALGARY – On fait des bébés à Calgary ! La municipalité enregistre cette année le plus grand nombre de naissances de son histoire. Plus de 14 000 enfants naîtront d'ici la fin 2004.

Le presbytère pourrait devenir la mairie
SAINT-WENCESLAS – Le presbytère catholique de Saint-Wenceslas dans la région du Centre-du-Québec, bâtiment qui a 122 ans, est à vendre. Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque de Nicolet, en a donné la permission. Le maire de la municipalité, Raymond Bilodeau, souhaite l'acquérir afin qu'il devienne l'Hôtel de Ville. Cependant, l'évêque a demandé qu'une modification au projet de contrat soit apportée afin que l'éventuel conseil de fabrique puisse continuer à avoir accès à des locaux dans l'actuel presbytère, au moins temporairement, jusqu'au moment d'une éventuelle fusion des conseils de fabrique du secteur. La municipalité aimerait occuper l'endroit d'ici l'été.

L'art du vitrail est à la mode
QUÉBEC – Pour l'heure, le vitrail est à la mode. Depuis quelques années, plusieurs ateliers ont vu le jour et les écoles qui existaient déjà ont grandi. L'art n'est pas seulement une affaire religieuse. On en fabrique de plus en plus pour décorer des ambiances de tous les jours. À l'école de vitrail de Carole Deslauriers, il y avait six classes de six étudiants au début des années 1990. Elle en compte maintenant neuf sur onze élèves. « Ça grossit beaucoup. On reçoit maintenant notre verre au container. Les gens ont suivi des cours depuis quelques années et, aujourd'hui, ils veulent en faire de leur côté », explique Pierre Pouliot, des Artisans du vitrail, de Limoilou, en entrevue au quotidien Le Soleil.

Commission théologique internationale
MONTRÉAL – Le Vatican a annoncé que l'abbé Pierre Gaudette, ex-doyen de Théologie de l'Université Laval à Québec et secrétaire général de l'Assemblée des Évêques du Québec (AÉQ), demeure membre de la Commission théologique internationale.

Messe noire

TRACADIE SHEILA – Un individu qui a concélébré une « messe noire », en octobre 2003, dans l'église de Tracadie Sheila, au Nouveau-Brunswick, Jean Denis Hall, 23 ans, a été condamné à une année d'incarcération et à deux années de probation. Il a été accusé d'entrée par effraction, de méfaits sur des objets religieux et de bris de probation. L'autre personne qui l'accompagnait, Patrick Haché, 22 ans, a déjà été condamnée à une peine de huit mois à purger dans la communauté.

(Revue Sainte-Anne, juin 2004, pp. 253 et 254)

2 juin 2026

SANTÉ MENTALE : Les troubles neurocognitifs

Les troubles neurocognitifs

Par Benoit Voyer

2 juin 2026

Autrefois, lorsqu’une personne prenait de l’âge, on disait qu’elle devenait « sénile ». Plus tard, on utilisera le terme « démence ». Aujourd’hui, on parle de troubles neurocognitifs (TNC). Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) [1], il s’agit d’une des causes principales de handicap et de dépendance parmi les personnes âgées dans le monde et que celui-ci n’est pas une composante normale du vieillissement.

Comme l’expliquait le Dr Claude Patry, omnipraticien, dans le magazine Profession santé [2], destiné aux professionnels de la santé du Québec, « on veut éviter d’utiliser le mot démence. Il a une connotation très négative ». La Dre Laurence Villeneuve, psychologue spécialisée en gérontologie, abonde dans la même direction : « On parle plutôt de trouble neurocognitif et on explique concrètement ce que cela signifie pour la personne ».

Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Une seule constance : le syndrome est habituellement évolutif et affecte la dimension cognitive.

Au début, l’entourage ne percevra probablement pas les premiers signes, mais ils sont là et s’intensifient peu à peu. À terme, la démence provoquera une perte totale de l’autonomie.

Les premiers signes sont des pertes de mémoire, de la désorientation, même dans des endroits familiers, et la perte de la notion de temps.

Et puis apparaitront peu à peu : a) des pertes de mémoire sévères : difficulté à se souvenir du nom des gens ou d’événements récents ; b) de la difficulté à effectuer des tâches de la vie quotidienne comme manger, se laver ou aller aux toilettes ; c) des problèmes dans l’utilisation du langage ; d) une importante désorientation.

Puis, finalement : a) une perte totale d’autonomie ; b) un changement de personnalité ; c) de l’agressivité ; d) des difficultés à se mouvoir ; e) une perte de la notion de temps et de lieu ; f) et, une impossibilité à se souvenir des proches et événements passés.

Il y a diverses formes.[3]

Habituellement, avec l’âge qui avance, on observe surtout la forme dégénérative.

La « fronto-temporale » se caractérise par une modification de la personnalité, une négligence physique, un comportement inapproprié et un désintérêt pour les proches. Elle peut conduire à l’amnésie, c’est-à-dire à l’impossibilité d’apprendre de nouvelles informations ou de se souvenir du passé.

Puis, tous connaissent la maladie d’Alzheimer. Elle se caractérise par des pertes de mémoire, une désorientation, un changement de comportement et des difficultés dans l’expression orale et écrite.

Enfin, la moins fréquente est le trouble à corps de Lewy. Celle-ci provoque notamment des hallucinations, des troubles moteurs, des troubles de l’humeur et du comportement. Elle est souvent associée à l’alcoolisme.

Diagnostic
Habituellement, la personne affectée par un trouble neurocognitif ne remarque pas trop les symptômes de celui-ci. C’est souvent son entourage qui alerte le médecin traitant.

Le médecin de famille "fait passer" un questionnaire à son patient et effectue le test Mini-Cog pour évaluer la mémoire et les fonctions exécutives grâce à la mémorisation de trois mots et au dessin d’une horloge.

Dans un article paru dans Profession santé [4], magazine destiné aux professionnels de la santé, on explique que « si ces tests pointent vers un trouble neurocognitif, [l’omnipraticien] demande à ce que des prises de sang soient effectuées afin d’éliminer la présence d’autres problèmes de santé, comme une hypothyroïdie sévère, qui peut causer des symptômes cognitifs et neuropsychiatriques similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer ou d’autre TNC. Il dirige ensuite le patient vers l’infirmière clinicienne qui effectue deux tests supplémentaires : le test de Folstein (Mini Mental State Examination, ou MMSE), pour évaluer l’orientation, la mémoire, l’attention, le langage et les fonctions motrices, ainsi que le MoCC (Montreal Cognitive Assessment) pour détecter de façon précise et précoce les troubles cognitifs légers Le [médecin] revoit alors le patient, avec ses antécédents familiaux, ses prises de sang et son évaluation cognitive complète. Il lui annonce alors éventuellement le diagnostic de TNC ».

Il arrive souvent que le médecin de famille fasse appel à l’expertise de gériatre pour se faire confirmer le diagnostic parce que certains cas sont plus difficiles que d’autres à évaluer.

« Parfois, les personnes qui souffrent d’un TNC développent des troubles de comportement, que ce soit de la paranoïa, de l’agitation ou de la dépression, qui peuvent rendre les cas beaucoup plus compliqués »[5].

Médication
Il arrive que le clinicien qui a diagnostiqué le TNC propose des médicaments. Cependant, « la médication, ça demeure plutôt décevant […] Certains médicaments vont agir sur l’acétylcholine, et ralentir un peu le déclin cognitif, sans pour autant le renverser, et encore moins guérir la maladie. […] Ces molécules ralentissent les pertes fonctionnelles pendant un à trois ans en moyenne, ce qui permet aux patients de conserver leurs facultés plus longtemps. [Il est à noter que] certains médicaments, par exemple les benzodiazépines utilisées comme somnifères, peuvent en effet affecter la cognition. »[6]

Malgré les limites de la médication disponible en ce moment, il y a de l’espoir à l’horizon. La recherche a permis plusieurs avancées. « Des nouveaux médicaments, tels que le lécanémad, traitent l’accumulation de la protéine amyloïde, qui cause notamment l’Alzheimer »[7].

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[1] Cf. Organisation mondiale de la santé. « Projet de plan mondial d’action de santé publique contre la démence », 3 avril 2017. https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA70/A70_28-fr.pdf
[2] Florence Dujoux, Geoffrey Dirat et Leila Jolin-Dahel. « Troubles neurocognitifs : l’art délicat d’annoncer le diagnostic », Profession santé, mars-avril 2026, pp. 12 et 13.
[3] Cf. Camille Moreau. « Démence : reconnaître les premiers signes », 6 novembre 2024. www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?doc=demence-reconnaitre-premiers-signes
[4] Florence Dujoux, Geoffrey Dirat et Leila Jolin-Dahel. « Les étapes typiques d’un diagnostic en GMF », Profession santé, mars-avril 2026. P. 8.
[5] Florence Dujoux, Geoffrey Dirat et Leila Jolin-Dahel. « Troubles neurocognitifs – Le casse-tête des cliniciens », Profession santé, mars-avril 2026, pp. 6 à 10.
[6] Florence Dujoux, Geoffrey Dirat et Leila Jolin-Dahel. « Troubles neurocognitifs – Le casse-tête des cliniciens », Profession santé, mars-avril 2026, pp. 6 à 10.
[7] Florence Dujoux, Geoffrey Dirat et Leila Jolin-Dahel. « La recherche, élément essentiel pour se préparer à la vague », Profession santé, mars-avril 2026, p. 11.

SAINTS ET SAINTES : Le vénérable Vital Grandin

Mgr Vital Grandin
Le vénérable Vital Grandin

Par Benoit Voyer

2 juin 2026

Le 8 février 1829, à Saint-Pierre-sur-Orthe, en Mayenne, une région de France, naît Vital Grandin, neuvième enfant d’une famille de treize. Il est le fils de Marie Veillard et Jean Grandin.

Interpellé par les missions chrétiennes auprès des Premières Nations d’Amérique, il se joint aux Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par Mgr Eugène de Mazenod, le saint évêque de Marseille.

Le 23 avril 1864, il est ordonné prêtre par le fondateur de son groupe religieux.

À la demande d’Eugène de Mazenod, il devient missionnaire dans l’Ouest canadien. Il y restera jusqu’à la fin de sa vie.

Le 30 novembre 1859, le père Vital Grandin est sacré évêque et est nommé évêque auxiliaire de Saint-Boniface. Il a 28 ans.

Il est audacieux et courageux. Malgré les épreuves causées par les rudes déplacements dans la forêt sauvage du Nord, il explore les vastes territoires des Prairies, bûche du bois, chasse, pêche, arpente les glaces, risque sa vie sur les lacs gelés, allant de village en village afin d’être une présence d’évangile auprès des premières nations. On estime que dans ses expéditions en raquettes et en canot d’écorce, Vital Grandin a parcouru une distance égale à sept fois le tour du monde.

Le 22 septembre 1871, Vital Grandin est nommé premier évêque du nouveau diocèse de Saint-Albert, devenu l’archidiocèse d’Edmonton, qui couvre à cette époque deux fois la superficie de la France.

Le 17 juillet 1887, Mgr Vital Grandin donne le sacrement de l’ordre au vénérable Ovide Charlebois et l'envoie travailler dans le secteur de Cumberland House. Ainsi, pendant seize ans, Ovide Charlebois vivra chez les autochtones. Dans quelques années, Ovide sera à son tour sacré évêque et aura la charge du vicariat apostolique de Le Pas, en Saskatchewan.

Mgr Vital Grandin décède en fonction le 3 juin 1902. Il repose dans la crypte de la cathédrale catholique d’Edmonton.

Il a été déclaré vénérable le 15 décembre 1966.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Claude Paradis

Claude Paradis

« Je découvre dans mon sacerdoce et, surtout, à travers la mort des autres, ce que j'ai longtemps cherché. Je cherchais la dignité de la personne humaine. En réalité, c'est ma propre dignité que je cherchais ! Et je ne savais pas où la trouver. L'avais perdu la mienne à travers mes excès de boisson et d'expériences sexuelles. Je la cherchais dans toutes les directions. À travers l'expérience de la mort, j'apprivoise ma propre vulnérabilité. »

Benoit Voyer


La mort est un sujet tabou. Bien des personnes ne sont pas à l'aise avec celle-ci. Pourtant, nous ne pouvons pas nous échapper de cette réalité ; trépasser est notre destin. Un jour ou l'autre, même si nous tentons de l'éviter, la mort nous rattrape et nous devons entrer dans son expérience ultime.

De jour en jour, l'abbé Claude Paradis rencontre les patients en soins palliatifs, au centre hospitalier de Verdun, pour les préparer à entrer dans le couloir de la mort. Avec le malade et ses proches, il tente de trouver un sens à ce passage vivifiant parce que, pour lui, la mort n'est qu'une autre étape de la vie humaine. La mort n'est pas une finalité.

L'abbé Claude Paradis est né le 7 août 1955, à Sainte-Anne-des-Monts, dans la Gaspésie québécoise. Après avoir été infirmier, du 27 septembre 1982 au 31 août 1989, à l'hôpital Brome-Missisquoi Perkins, à Cowansville, il a été ordonné prêtre au service du diocèse de Montréal, le 26 septembre 1997, en la fête des saints martyrs canadiens, connus aux États-Unis sous le vocable des saints martyrs d'Amérique.

BENOÎT VOYER – Claude Paradis, qu'est-ce que la mort ?

CLAUDE PARADIS – Pour moi, la mort est quelque chose de grand. En y pensant rapidement, je dirais que c'est un passage. Cependant, plus j'y pense, c'est bien plus que cela. Ce n'est pas juste la fin. C'est un commencement ou une continuité, mais dans un autre état ou une autre dimension ou une autre perspective.

La mort, c'est la rencontre face à face avec Dieu. C'est le lieu où tout ce qui n'est pas « christifié » en soi le devient.

B.V. – Dans la vie, quel est le sens de la mort ?

C. P. C'est justement la mort qui donne un sens à ma vie parce que, s'il n'y avait pas la mort, il y a beaucoup de choses que j'ai le goût de faire aujourd'hui que je ne ferais même pas. Chaque jour, j'essaie d'entretenir mes relations importantes avec les autres parce que je ne sais jamais si demain je serai encore en vie. C'est la réalité de ma mort, qui viendra, un jour ou l'autre, qui va faire que je vais essayer de vivre ma journée à plein.

Je ne peux pas dire que la mort me fait peur parce que, pour moi, elle a un sens…

B.V. – À la lumière de la mort, quel est le sens de la vie ?

C. P. C'est une grande question que vous me lancez. Elle est très importante !

S'il n'y avait pas la mort, il n'y aurait pas de vie. Les deux sont indissociables. C'est l'idée de ma finitude qui me fait vivre pleinement ma vie.

Et puis, je crois en ce que Jésus nous parlait ! La vie ne s'arrête pas à la mort. Elle nous fait plutôt entrer dans une nouvelle expérience de vie, une nouvelle vie. C'est ce qu'il appelle la résurrection.

B.V. – À quoi ressemble cet au-delà ?

C.P. Nous vivrons avec un corps glorifié, c'est-à-dire avec un corps qui ne vivra plus de souffrances. De plus, nous retrouverons ceux que nous avons connus et aimés.

Comme le Christ dit, ça va être un grand jour. Il y aura un festin ! Ça va être un perpétuel jour de noces !

B.V. – Soyez plus précis, quel est le sens de la vie ?

C. P. C'est de découvrir Dieu – Je veux voir Dieu ! – et de me découvrir à travers mes journées et ma vie. À travers les autres que je rencontre, j'apprends justement à me connaître et à le rencontrer !

B.V. Alors, s'il s'agit d'un si grand moment de l'histoire de chaque personne, pourquoi est-ce que la mort est un sujet quasi interdit pour nos contemporains ?

C. P. – C'est peut-être à cause de l'inconnu qu'il y a cette peur.

De plus en plus, je me rends compte que les gens ont davantage peur de souffrir que de mourir. Ils ont peur de la souffrance. La société fait en sorte que nous essayons de l'éliminer.

Il ne faut pas se le cacher, la mort nous ramène en soi, à notre finitude. Durant la journée de la mort, qu'elle soit la sienne ou celle d'un proche, on doit faire plusieurs deuils. C'est une démarche normale du processus.

B.V. – Comment apprivoiser la mort ?

C. P. – Je dis souvent aux gens en fin de vie : Prends le temps de prendre du temps. Le temps nous permet de nous recentrer, de nous resituer et d'apprivoiser cette mort.

B.V. – De quelle manière surmonter la peur de la mort ?

C.P. – Quelle question difficile… D'un côté la mort fait peur, de l'autre elle fascine. Une journée, elle nous apparaît comme étant un état de vie extraordinaire. Le lendemain, devant elle, on se dit : « Et s'il n'y avait rien après… »

B.V. Tout est affaire de foi !

C.P. La foi est ce qui fait toute la différence. Il y a une plus grande sérénité chez les gens en phase terminale qui ont la foi en Dieu.

B.V. – Qu'est-ce que Jésus dit à propos de la mort ?

C.P. La première chose qui me revient à l'esprit est qu'il nous lance : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

Et Jésus, comme chaque être humain, a vécu la mort… Il a vécu des deuils, comme nous ! Pour en arriver à la plénitude de sa mission, il a fallu qu'il en fasse plusieurs. Il a notamment dû quitter ses parents et ses amis.

B.V. Et il dit aussi : « Laissez les morts enterrer leurs morts !» N'est-ce pas une invitation à ne pas trop se préoccuper de la mort ? (Mt 8,22)

C.P. – Laissez les morts enterrer leur mort. Quel propos « songé » ! Jésus nous invite donc à ne pas avoir peur de la mort.

B.V. – Songé ? Je ne trouve pas !

C. P. – Pensez-y bien ! Il nous dit de laisser les morts s'occuper de leur mort. C'est une invitation à cesser de craindre la mort ! C'est une invitation à les laisser mourir en paix.

Ce qui fait le plus mal dans la mort de l'autre, c'est l'absence qui suit le départ. C'est de cela que nous avons peur.

Malgré qu'il s'agisse d'une continuité de la vie, la mort est le moment de la rupture d'une proximité physique.

B.V. Est-ce qu'il est possible de rencontrer Dieu au moment de la mort et d'arriver à la certitude qu'il existe vraiment ?

C.P. – Un jour, il n'y a pas longtemps, quelqu'un me disait : « Vous savez, lorsque je suis entré ici, à l'hôpital, je ne croyais pas du tout en Dieu. C'est dans ma solitude et ma souffrance, et en voyant les infirmières et les préposés aux bénéficiaires travailler, que je me suis dit : il se peut que Dieu soit ici !»

Chacun à sa façon peut être un outil pour montrer Dieu ! Il passe même par les professionnels de la santé !

Il y a aussi plusieurs personnes que j'accompagne qui me parlent de Dieu sans le nommer. Peut-être seulement parce qu'elles n'ont pas appris à le faire ! Sans trop le savoir, plusieurs me font vivre des pages d'Évangile.

Lorsque l'humain est confronté au silence qui survient dans la souffrance, il y a une recherche intérieure qui se fait. Je trouve cela fort malheureux qu'il faille se retrouver au cœur de celle-ci pour se dire : Et si c'était vrai ?

B.V. – Chez les gens que vous accompagnez dans le couloir de la mort, qu'est-ce qui vous étonne le plus ?

C. P. Ce sont les mourants qui offrent leurs souffrances pour d'autres personnes qui sont en santé. Leurs souffrances deviennent une source de salut pour les autres. Il y a une grande noblesse dans cette attitude.

B.V. – Comment annoncer à quelqu'un que son ange viendra bientôt le conduire à Dieu ? Quels mots dire ?

C.P. – C'est toujours délicat. On ne s'habitue jamais à annoncer à quelqu'un qu'il va mourir.

B.V. – Quels mots dire ?

C. P. Avant tout, il faut s'assurer d'une présence et beaucoup d'écoute. Parce que, assez rapidement, la personne va avoir besoin de parler. Vous savez, c'est lorsqu'on les « laisse se dire » que les personnes en viennent à nommer Dieu parce que cela va ensemble. De plus, durant cette relecture de vie qui s'amorce, il y a de nombreux pardons qui se font. Ces moments de miséricorde sont d'intenses instants de joie pour le mourant et ses proches.

B.V. – Vous ne répondez pas à la question ! Quels mots dire ?

C. P. – Je ne sais pas. (Il fait un long silence. Il s'intériorise. Il cherche en lui, comme s'il n'y avait pas de réponse satisfaisante… Et il lâche un grand soupir en haussant les épaules… puis tente une réponse.

Il faut dire la vérité. C'est un moment trop précieux pour se taire.

Personnellement, j'aimerais mieux le savoir le plus rapidement possible afin de pouvoir vivre intensément ces moments avec mes proches.

B.V. – Et lorsque la personne sait et qu'« elle se raconte », qu'est-ce qu'il faut dire ? Qu'est-ce qu'il faut lui répondre ?

C. P. La personne qui va mourir a peut-être juste le goût de parler de ce qui lui arrive.

J'entends souvent le patient en soins palliatifs dire qu'il trouve cela désolant de ne pas pouvoir parler du sujet de sa mort avec sa famille. « Je sens une gêne. Je les sens mal à l'aise. Mais j'aimerais tant parler avec eux de ma mort ! » dit-il de différentes manières.

Il y a, dans plusieurs familles, une « non-acceptation » de la mort de leur proche. On refuse donc d'aborder la question en lançant des platitudes comme : « Voyons ! Tu vas guérir ! » C'est une forme de déni. Lorsqu'un médecin a annoncé au patient que c'est la fin, il ne faut pas entretenir avec ce dernier de faux espoirs, car cela devient une forme de mensonge.

Donc, pour répondre à votre question, il faut juste être présent et répondre à leurs questions, avec simplicité, et être le plus vrai possible.

B.V. – Avez-vous personnellement vécu une expérience de mort ?

C. P. – Oui.

B.V. : Comment cela s'est-il passé et qu'est-ce que l'expérience a changé dans votre vie ?

C.P. – C'est cette expérience de la mort qui m'a donné la certitude que Dieu existe vraiment.

J'ai fait, il y a quelques années, un arrêt respiratoire. On m'a réanimé. Durant ce moment, il s'est passé quelque chose en moi. Ça a été un déclencheur. Suite à l'expérience, je me suis mis en recherche. Je ne savais pas quoi, mais je cherchais vraiment. Je vous évite le récit de toutes mes démarches et tentatives, mais je suis finalement devenu prêtre catholique.

B.V. – Et quelles sont les conclusions de votre expérience ?

C.P. – Je découvre dans mon sacerdoce et, surtout, à travers la mort des autres, ce que j'ai longtemps cherché. Je cherchais la dignité de la personne humaine. En réalité, c'est ma propre dignité que je cherchais ! Et je ne savais pas où la trouver. J'avais perdu la mienne à travers mes excès de boisson et d'expériences sexuelles. Je la cherchais dans toutes les directions. À travers l'expérience de la mort, j'apprivoise ma propre vulnérabilité.

Toute personne meurt de la même façon. Qu'importe la vie qu'elle a eue ! La promesse de la vie éternelle est la même pour tous. C'est là notre seule dignité. Même si dans la vie nous nous sommes tenus à l'écart de Dieu, c'est indéniable, la mort nous ramène à lui.

Chaque jour, j'accompagne des gens dans le couloir de la mort dans le cadre de mon travail d'animateur de pastorale en milieu de la santé. C'est tellement grand ce qui se passe dans cette expérience ! Il y a quelque chose qui se passe dans la chambre du mourant, qui est vraiment plus grand que l'humain. Cette expérience est vraiment difficile à exprimer avec des mots, puisqu'une description juste est impossible. Cependant, je vous affirme que c'est une expérience extraordinaire ! J'espère ne jamais m'habituer à cela !

(Revue Sainte-Anne, mai 2004, pp. 201, 212 et 213)

1 juin 2026

POLITIQUE : Le conservateur que je suis votera-t-il pour Éric Duhaime et sa garde cet automne ?

Éric Duhaime
Le conservateur que je suis votera-t-il pour Éric Duhaime et sa garde cet automne ?

Par Benoit Voyer

1er juin 2026

Est-ce que je voterai pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) cet automne ? Pas sûr ! Est-ce que je serai encore membre en juin 2027 ? Pas sûr, non plus !

Pour moi, en ce moment, l’avenir des idées de centre-droit, voire conservatrices, doit passer par le départ d’Éric Duhaime et de sa garde rapprochée du PCQ ou qu’il y ait un mouvement massif d’anciens conservateurs québécois vers la CAQ ou le PLQ ou la fondation d’un nouveau parti politique québécois de centre-droit, une sorte de parti progressiste-conservateur. D’ailleurs, plus j’y pense, c’est la dernière idée qui me paraît la meilleure en ce moment.

TOURISME ESTIVAL : La chapelle Notre-Dame de Bonsecours

La chapelle Notre-Dame de Bonsecours

Par Benoit Voyer

1er juin 2026

Entrer dans la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, c’est pénétrer dans l’univers de sainte Marguerite Bourgeoys et son époque.

Ce lieu est la plus ancienne chapelle de pierre de Montréal. Elle a été reconstruite de 1771 à 1773 sur les vestiges de la première chapelle de pèlerinage. C’est un joyau historique et patrimonial.

Lorsqu’on y entre, on se sent envahi par un grand sentiment de bien-être intérieur et de paix.

À travers deux œuvres d’Ozias Leduc qui ornent le mur arrière de la chapelle, c’est d’abord Paul de Chomedey de Maisonneuve, cofondateur de Montréal, qui a concédé le terrain de la chapelle, et sainte Marguerite Bourgeoys, première enseignante et fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, qui accueillent les visiteurs.

En 1655, c’est d’ailleurs Marguerite qui a rallié les premiers colons à son projet de construction d’une chapelle de pèlerinage en dehors de l’enceinte de la ville. Le rêve s’est concrétisé en 1675 à l’occasion de l’érection de la première chapelle de pierre.

En 1672, après un deuxième voyage en France, Marguerite rapporte avec elle une petite statuette de bois de Notre-Dame-de-Bon-Secours. Celle-ci est bien nichée dans l’autel latéral gauche de la chapelle. On la dit miraculeuse. En 1754, lors de l’incendie qui a ravagé la chapelle, curieusement, elle n’a pas été touchée et son reliquaire en est ressorti indemne.

Au 19ᵉ siècle, au fur et à mesure que le port montréalais prend de l’expansion, la chapelle devient un lieu de prière visité par les marins. C’est pour cette raison que des navires miniatures ont été suspendus à la voûte de la chapelle. Ils rappellent leur foi envers Notre-Dame-de-Bon-Secours.

L’histoire du lieu est riche.

Depuis 2005, la tombe de sainte Marguerite Bourgeoys y est déménagée. Les restes de son corps ont été placés dans l’autel gauche de la chapelle sous la statuette de Notre-Dame-de-Bon-Secours. La même année, la dépouille de la vénérable Jeanne Le Ber, la recluse de Montréal, a été installée dans le mur gauche de la nef de la chapelle. Ainsi donc, deux saintes femmes des débuts de Montréal reposent en paix.

Pour en savoir plus :
www.margueritebourgeoys.org

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

NOUVELLE-ÉCOSSE
Fusion de paroisses

HALIFAX – Après deux ans de consultations et de réflexion sur son renouvellement, l'archidiocèse de Halifax veut diminuer le nombre de ses paroisses de 76 à 30. Un grand nombre de fusions et de fermetures sont à prévoir.

NOUVEAU-BRUNSWICK
L'Université de Moncton a 40 ans

MONCTON- Une messe d'action de grâces, pour souligner les 40 ans de fondation de l'université de Moncton, a été célébrée en l'église Notre-Dame-d'Acadie du campus de Moncton, le 11 janvier. La célébration a été transmise à l'émission Le Jour du Seigneur à la télévision de Radio-Canada.

Une religieuse de 113 ans croit que Dieu l'a oubliée
MONCTON – Sœur Anne, du couvent des Sœurs de Jésus, à Moncton, 113 ans, se demande si Dieu l'a oubliée. Elle figure parmi les personnes les plus âgées au Canada. Sur la scène internationale, le premier rang est détenu par une Américaine de l'Ohio, Charlotte Benkner, âgée de 114 ans, qui a remporté cette palme en novembre dernier, après le décès de la Japonaise Mitoyo Kawate, elle aussi âgée de 114 ans. Le Livre des records Guinness attribue la palme du plus vieil homme à Joan Riudavets Moll, âgé de 113 ans, qui vit à Menorca, en Espagne. Sœur Anne, née le 5 février 1891, a fait carrière durant 30 ans dans l'enseignement, entrant à l'École normale en 1912, l'année où le Titanic a fait naufrage. Elle est entrée dans les ordres par la suite, en 1917.

QUÉBEC
L'église unie Saint-James désenclavée

MONTRÉAL – La majeure partie de l'édifice qui cache le devant de l'église unie Saint-James, située sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal, sera démolie à l'automne. Le bâtiment commercial a été construit provisoirement en 1926 pour répondre à un criant besoin d'argent.

Nouvelle chaire religion, culture et société à l'Université de Montréal
MONTRÉAL – Le 27 novembre, la Faculté de théologie de l'université de Montréal a lancé la Chaire religion, culture et société. La création de cette chaire est rendue possible grâce à la générosité de cinq donateurs : Power Corporation du Canada, Hydro-Québec, la Banque de Montréal, la Banque nationale du Canada et la Fondation J.-A. Bombardier. La faculté de théologie constitue l'une des plus anciennes facultés puisqu'elle célèbre cette année ses 125 ans, en même temps que l'Université de Montréal. La titulaire de la nouvelle chaire est la théologienne Solange Lefebvre.

La propriété des OMI devient un centre de villégiature
SAINTE-AGATHE – Le domaine des Oblats de Marie Immaculée (OMI), à Sainte-Agathe, deviendra un centre de santé.

Des conteurs de Dieu
MONTRÉAL – Les communautés chrétiennes montréalaises Saint-Bernard et Saint-François-d'Assise ont mis sur pied le projet « Devenir conteur de Dieu », une formation spécialement conçue pour les adultes, les aînés plus particulièrement. La démarche proposée vise à rendre les participants capables de faire le lien entre leur récit de vie et Dieu. Elle démontrera que la fable, l'histoire et le conte sont parmi les voies d'apprentissage et de transmission les plus efficaces.

Mariage collectif

SAINT-HYACINTHE – Le 8 mai, à 19 heures, il y aura un mariage collectif à la cathédrale de Saint-Hyacinthe. L'équipe diocésaine de pastorale du mariage avait, l'an dernier, réussi à marier simultanément 40 couples.

Stage en éducation pastorale clinique
JOLIETTE – La faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal a choisi, pour une 2ᵉ fois, le Centre hospitalier régional de Lanaudière pour y tenir le stage en éducation pastorale clinique pour les personnes intéressées à travailler auprès des malades. Le stage vise à former des intervenants en pastorale de la santé. Il donne au participant 12 crédits universitaires.

Une seule église en 2010 à Shawinigan
SHAWINIGAN – En 2010, il n'y aura plus qu'une seule église à Shawinigan. L'évêque de Trois-Rivières, Mgr Martin Veillette, a approuvé la résolution adoptée par le conseil de fabrique Sainte-Marguerite-d'Youville. La première tranche du projet prévoit la réduction de six à trois paroisses et, par la suite, on passera à une seule.

Réflexion sur l'avenir de l'Église
ROUYN-NORANDA – Mgr Dorylas Moreau, évêque de Rouyn-Noranda, au Québec, a lancé une grande opération de revitalisation des paroisses des zones pastorales de Malartic, de Témiscamingue et de Rouyn-Noranda.

Congrès diocésain d'orientation
QUÉBEC – Le diocèse de Québec organise un congrès diocésain d'orientation, les 22 et 23 octobre 2004.

Des pasteurs servent le spaghetti
QUÉBEC – Le 24 janvier, à l'occasion de la semaine de l'unité des chrétiens, des pasteurs des Églises anglicane, unie, catholique, des Assemblées de la Pentecôte et de l'Armée du Salut se sont réunis pour servir environ 250 repas à des démunis, à l'occasion d'un dîner de la solidarité. « On parle de solidarité, de politiques gouvernementales, mais c'est bon aussi de faire quelque chose de concret », a lancé l'abbé Jean Picher, prêtre catholique, au journaliste du quotidien Le Soleil.

Prêtre et fermier
PORT-MENIER, ÎLE D'ANTICOSTI – Après avoir exercé son ministère presbytéral à Marieville, dans le diocèse de Saint-Hyacinthe, où il s'est occupé d'une ferme expérimentale exploitée avec l'aide de personnes handicapées afin de leur permettre de les intéresser au travail, de les valoriser et qu'ils réalisent leur insertion sociale, l'abbé Jacques Noiseux s'est retiré à Lac-Saint-Georges dans la municipalité de Port-Menier à Anticosti où il fait une mission similaire dans le domaine de la culture biologique.

Un aumônier militaire apprécié
BAGOTVILLE – Le père Louis Turcotte, aumônier militaire de la 3ᵉ escadre à la base de Bagotville, est très apprécié des militaires. « Ce qui nous impressionne, c'est son humanisme. Le Padre ne reste pas collé à son bureau. C'est un bon ami. J'ai connu des problèmes, à une certaine époque, je l'ai rencontré, j'ai pleuré dans son bureau, il m'a vraiment aidé », a raconté un militaire au journaliste du journal chicoutimien Le Quotidien.

Un laïc préside les funérailles
AMQUI – Pour amenuiser le fardeau pastoral de l'unique prêtre de la région d'Amqui, qui regroupe six paroisses, l'archevêque de Rimouski, Mgr Bertrand Blanchet, a autorisé un laïc à présider des funérailles. Celui-ci est déjà en fonction depuis une année puisque, avant d'officialiser l'affaire, il y a eu une expérimentation. Durant ces funérailles, il n'y a pas d'eucharistie. L'archevêque compte élargir l'expérience à d'autres secteurs de son diocèse en nommant d'autres laïcs.

Saint Antoine avait perdu la tête
RIMOUSKI – Le Cégep de Rimouski a décidé de restaurer la statue de saint Antoine avec l'Enfant Jésus qui décore la façade de l'institution. Elle était en très mauvais état.

Problèmes financiers
GATINEAU – Le diocèse de Gatineau-Hull est à la recherche de solutions à ses problèmes économiques. Avec un taux de fréquentation de 8 % et des dépenses de plus en plus faramineuses, un comité recommande un sérieux coup de barre afin d'éviter la fermeture d'églises à cause d'argent. L'heure est à la consolidation. Mgr Roger Ébacher évoque la possibilité de vendre certaines églises.

La chronique de Mgr Marcel Gervais
OTTAWA – L'archevêque d'Ottawa signe, chaque semaine, une chronique dans le quotidien Ottawa Citizen. « L'expert religieux » aborde de grandes questions religieuses.

Banques alimentaires en hausse de popularité
TORONTO – En Ontario, plus de 300 000 personnes frappent à la porte des banques alimentaires chaque mois. Un rapport de l'Association des banques alimentaires de la province ontarienne fait état d'une augmentation de la fréquentation de 8,2 % depuis 1997. Toujours selon ce rapport, 40 % des enfants pauvres de cette région du Canada ne mangent pas à leur faim au moins une fois par mois.

Citoyenne du monde 2004
SASKATOON – Christine Zyla, représentante de la Saskatchewan au conseil national de Développement et Paix, a reçu le prix Citoyenne du monde 2004 remis par le Conseil de la Saskatchewan pour la coopération internationale. Ce prix a été créé en 1991 afin de reconnaître la contribution exemplaire des personnes de la Saskatchewan en matière de coopération internationale, de paix et de justice.

Nouvelle présidente de Développement et paix
NANOOSE BAY – Margaret Noonan, une résidente de Nanoose Bay, a été élue présidente, pour une période de deux ans, de Développement et paix, un organisme de coopération internationale parmi les plus influents du Canada. Elle milite dans l'organisme depuis le milieu des années 1980. Ex-présidente de Ten Days for Global Justice (aujourd'hui Kairos) à South Okanagan, madame Noonan milite activement pour la création d'un nouveau partenariat avec les peuples autochtones du Canada.

Une pastorale biblique populaire
COATICOOK - La catéchèse biblique par le jeu et les symboles est très populaire dans la zone pastorale des Saints-Apôtres de l'archidiocèse de Sherbrooke, unité comprenant 5 paroisses de la région de Coaticook. Cette formule catéchétique a été retenue afin d'assurer le virage de la proposition de la foi auprès des jeunes. Il s'agit d'une catéchèse de cheminement basée sur une pédagogie adaptée à trois groupes d'âge et qui comprend la préparation à un sacrement. L'approche mise sur la simplicité.

« On commence à en sentir et à en ressentir les effets même dans la pratique dominicale », a dit l'abbé Gilles Baril au journaliste du quotidien La Tribune.

« Ça fonctionne par projets d'une durée de six semaines, à raison de 75 minutes par semaine. Les groupes ne dépassent pas 30 membres de façon à créer de meilleurs échanges, des contacts plus personnels. Y participent également quatre parents et un animateur pour mieux encadrer tous les jeunes », a précisé Lise Poulin-Morin.

Depuis que le programme a démarré en septembre 2003, l'intérêt pour le groupe d'âge cinq à sept ans et celui des huit à dix ans a amené plus de 400 inscriptions. Après les jours de Noël 2003, se sont ajoutés trois groupes pour les 11 à 13 ans.

Louis de Montfort se cachait dans un placard
OTTAWA – L'hôpital Montfort a retrouvé la statue de son saint fondateur que les dirigeants de l'institution francophone croyaient disparue. Elle est de retour juste au bon moment puisque le centre hospitalier célèbre son 50ᵉ anniversaire de fondation. Cette sculpture de plâtre a été installée dans le foyer de l'hôpital lors de son ouverture en 1953. Il y a quelques semaines, elle a repris sa place d'origine lors d'une cérémonie d'intronisation.

La statue a été retrouvée dans le sous-sol de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vanier, le 11 octobre 2003, quelques minutes avant une messe commémorative pour souligner le 50ᵉ anniversaire de l'hôpital. C'est Marc Desjardins et le père Lionel DesGroseillers, prêtre de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes, qui ont fait l'heureuse découverte.

« C'était dans un coin, par hasard. C'est absolument phénoménal d'avoir vécu cet épisode. C'est le destin à l'image de Montfort. On l'a restaurée un peu. Il y avait un doigt brisé et quelques égratignures, mais c'est la même peinture qu'en 1953 », a raconté Maro Desjardins, adjoint exécutif au pdg de l'hôpital, au quotidien Le Droit.

Exposition d'icônes bysantines
Du 28 mai au 6 juin 2004, pour la première fois à Québec, l'église de La Nativité de Notre-Dame de Beauport accueillera l'exposition des icônes bysantines de Madame Rosette Mociornitza, artiste d'origine roumaine, de réputation internationale, spécialisée dans l'art néo-byzantin.

Erratum
Dans la Revue Sainte-Anne de mars 2004, une erreur s'est glissée dans les « Nouvelles de chez nous » (p. 109). On parle de l'église Saint-Antoine de Bienville au diocèse de Rimouski. En réalité, il s'agit d'une église du diocèse de Québec, Lévis, rue Bienville.

(Revue Sainte-Anne, mai 2004, pp. 205 et 206)

31 mai 2026

VISION CATHOLIQUE : La paix mondiale passe par le cœur de chaque individu

Jean-Paul Regimbal
La paix mondiale passe par le cœur de chaque individu

Par Benoit Voyer

31 mai 2026

Le 1ᵉʳ juin 1978, environ 2500 personnes participent à la fête du Sacré-Cœur au Collège d'Arthabaska [1], dans la région du Centre-du-Québec.

La manifestation de foi débute par une marche du pardon. Les fidèles partent de l’école Saint-Christophe en chantant dans les rues des chants religieux et en priant.

Sur l’estrade aménagée sur le parterre du collège, le père Jean-Paul Regimbal préside la grande célébration en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus.

Dans son allocution, il lance qu'il est urgent et nécessaire que les laïcs chrétiens affirment leurs convictions sur la place publique : « L’heure est venue de passer de la parole aux actes », de passer à « la puissance de l'évangile ».

Jean-Paul souligne que, le 20 octobre 1976, le pape Paul VI rappelait qu’en cette fin de millénaire, c’est le moment idéal pour mettre en marche la « civilisation de l'amour ». Il dit à la foule : « L'ère de la civilisation industrielle et matérialiste s’écroule de toutes parts. […] Voici que commence l’ère de l’Esprit saint, l’ère de la libération individuelle et sociale, l’ère de l’évangélisation. […] La civilisation de l’amour est seule en mesure d’apporter l’authentique justice sociale, la juste promotion de la dignité humaine et introduire la vraie paix dans le monde. »

Il ajoute : « La paix mondiale passe par le cœur de chaque individu, de chaque famille, de chaque cité et de chaque nation. […] Au lieu de déclarer la guerre dans une haine fratricide, l'heure est enfin venue de déclencher la révolution sociale de l’amour, c’est-à-dire : la révolution du cœur qui s’appelle « Conversion » ; la révolution de la famille qui s’appelle « Réconciliation » ; la révolution de la cité qui s’appelle « Rénovation » ; et la révolution de la nation qui s’appelle « Consécration ».

Pour le père Jean-Paul Regimbal, il est urgent de travailler ferme à l'avènement social du règne de Jésus et c’est aux laïcs chrétiens qu'il appartient de réaliser cela, notamment dans le monde des affaires.

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[1] L’Union, 6 juin 1978, p. A10.



LE PRÉSENT DU PASSÉ : Normand Provencher, professeur de théologie

Normand Provencher,
professeur de théologie

« Je ne prétends pas que j'ai raison ! Je dois même vous avouer que j'aimerais me tromper ! [...] Souvent, on m'accuse d'avoir des idées trop modernes, mais je n'ai rien inventé ! J'ose vous confier que je suis très traditionnel… »

Benoît Voyer

OTTAWA – Les cours et les livres de Normand Provencher laissent peu de gens indifférents. Ils sont soit vénérés, soit critiqués. Une chose est certaine, ils provoquent la réflexion. « Dieu le vivant » (Novalis, 1999) est un livre fort utilisé pour la formation catéchétique dans plusieurs régions de la planète. Il a même été traduit en espagnol sous le titre « El Dios vivo ». Malgré qu'il soit bref, « La foi, une étrangère dans le monde moderne ? » (Fides, 1998) est un petit traité fort intéressant sur la modernité, la postmodernité et la place du christianisme au cœur de celles-ci. « Trop tard ? L'avenir de l'Église » (Novalis, 1999) divulgue une opinion qui dérange sur l'Église du Québec. Dieu ! Réponse à Albert Jacquard » (Novalis, 2003) est un petit bijou qui répond avec brio aux énonciations agnostiques du célèbre mathématicien. Lors du Salon du livre de Montréal, qui a eu lieu il y a quelques jours, il a présenté son dernier livre sur Dieu et rencontré ses lecteurs. Professeur à la faculté de théologie de l'université Saint-Paul à Ottawa, Normand Provencher, Oblat de Marie Immaculée (OMI), est également membre de l'équipe de rédaction de Prions en Église et de Rassembler.

REVUE SAINTE ANNE – Par vos livres et vos cours, on connaît votre pensée et vos questionnements, mais nous savons peu de choses de votre intimité. Parlez-nous un peu de vos origines et de votre parcours.

NORMAND PROVENCHER – Je suis né le 3 mai 1938 à Saint-Félix-de-Kingsey, une petite paroisse située à l'extrémité sud du diocèse de Nicolet. J'ai trois frères et trois sœurs. Et je suis dans le milieu. Mon père était cultivateur et j'aimais bien travailler sur la ferme familiale. C'est pour cette raison que je fais encore un jardin. Je me repose en travaillant la terre. Je produis de magnifiques tomates, des carottes, de la salade… Le tout sert à nourrir ma communauté religieuse.

Je me suis dirigé vers le cours classique un peu sur le tard. Un de mes amis, un jeune du même âge que moi, est entré au juvénat des Oblats. J'ai décidé de le suivre pour aller voir. Mon père n'a pas manifesté d'opposition. Il m'a laissé libre. Je me souviens, je lui en avais parlé sur la charge de foin lors d'un retour vers la ferme pour un déchargement. Il m'a dit : « En tout cas, vas-y et puis, si tu n'aimes pas ça, tu reviendras ! » Tu pourras faire un notaire, un avocat ou ce que tu voudras ! Je ne suis donc pas devenu religieux et prêtre par fierté familiale. En 1957, j'ai donc débuté mon noviciat.

Je souhaitais devenir missionnaire. J'ai demandé une orientation vers le Chili, le Lesotho et Haïti afin d'y enseigner. Finalement, on m'a gardé ici et je suis devenu professeur. Il y a 39 ans que j'enseigne à l'université Saint-Paul.

J'ai eu le privilège de compléter mon doctorat à l'université grégorienne, à Rome. Mon directeur de thèse était nul autre que le Canadien René Latourelle, un jésuite.

RSA – Quel était le sujet de votre thèse de doctorat ?

NP – J'ai choisi de faire une recherche sur Alfred Loisy, un moderniste. C'est un exégète français qui a été condamné par l'Église et excommunié suite à la publication du livre « L'Évangile et l'Église ». Le titre de ma thèse, parue en 1972, était : « La Révélation et son développement dans l'Église selon Alfred Loisy ».

RSA – Il semble avoir eu une grande influence sur vous, puisque, comme Loisy, vos propos sont un peu avant-gardistes !

NP – Alfred Loisy posait une bonne question : est-ce que l'Église doit s'adapter à la modernité ? C'était bien avant cette préoccupation que nous avons pour la question ! Il a écrit la majorité de ses livres entre 1902 et 1907, années où il a été excommunié par le pape Pie X.

Il se rendait compte que l'Église devait s'adapter. Il a dit, notamment, que l'Église doit tenir compte de la liberté des gens et qu'elle doit dire le CREDO avec d'autres mots afin d'être davantage fidèle à l'Évangile.

J'ai été un pionnier dans la recherche sur la pensée et la vie de Loisy. J'ai lu son journal intime au complet. J'en ai même trouvé une partie. J'ai aussi lu sa correspondance. Sa pensée était forte !

RSA – Qu'est-ce qui vous intéressait chez Alfred Loisy ?

NP – J'ai choisi ce thème parce que, dans un cours que j'ai donné au Canada – avant le doctorat, j'ai enseigné 3 ans ! Il y avait quelques phrases qu'on attribuait à Loisy : « Jésus a annoncé le royaume et c'est l'Église qui est née » et, ensuite, « La révélation c'est le fait du développement du sentiment religieux… » Ces phrases étaient notamment citées dans un livre de Latourelle ! J'ai donc décidé d'aller à la bibliothèque pour vérifier celles-ci dans les livres de Loisy. J'ai constaté une interprétation erronée. On lisait ses textes à la lumière de la condamnation du Saint-Siège. C'est ce qui m'a motivé pour ma recherche et ce qui m'a toujours motivé par la suite. Lorsque j'entends une condamnation, je me dis : est-ce que c'est cela que l'auteur a voulu exprimer ? Je suis curieux. Je vais consulter les textes originaux.

RSA – Vous avez donc décidé de contester la condamnation de l'Église ?

NP – Je ne veux pas réhabiliter Loisy ! Il est allé trop loin ! Mais il reste que ses questions de base doivent être étudiées.

RSA – Vous êtes devenu un spécialiste du thème de la modernité…

NP – Depuis 1968, j'ai lu presque tous les auteurs sur la question. J'en arrive à la conviction qu'un monde nouveau est né. Loisy le montre bien dans ses écrits : L'Église s'est toujours adaptée. Il questionne : Et pourquoi ne s'adapterait-elle pas maintenant ?

RSA – Vous semblez très imprégné par le questionnement de Loisy…

NP – Plus on connaît l'histoire de l'Église et plus on connaît la théologie des Pères grecs et latins de l'Église, plus on a des idées nouvelles et plus on devient libre.

Souvent on m'accuse d'avoir des idées trop modernes, mais je n'ai rien inventé ! J'ose vous confier que je suis très traditionnel… Mes idées les plus fortes, je les prends chez Thomas d'Aquin, chez les pères de l'Église, chez Augustin et quelques autres. Je lis régulièrement les textes anciens. Il est facile de dire : Je connais la tradition ! Mais celle-ci ne débute pas seulement avec le 19ᵉ siècle !

RSA – En plus d'avoir enseigné, avez-vous occupé quelques postes administratifs ?

NP – Ma vie a été consacrée presque entièrement au développement de la pensée. J'ai toujours enseigné, ce qui est rare ! La plupart de mes confrères oblats ont occupé des postes administratifs. De mon côté, j'ai été nommé supérieur de ma communauté, l'an passé seulement ! C'est la première fois ! Ma vie a donc uniquement été occupée à enseigner et à diriger des thèses de doctorat. J'ai aussi publié plusieurs articles dans des revues scientifiques. Les livres sont venus très tardivement dans mon parcours.

RSA – Est-ce que vous avez uniquement enseigné à l'université Saint-Paul ?

NP – Suite à mes études, j'ai été directeur spirituel de prêtres et de séminaristes dans un grand séminaire, pendant 12 ans. Il y a eu aussi la prédication de retraites spirituelles ; d'abord aux communautés religieuses, ensuite aux prêtres et, aussi, aux évêques ! Au moment de la visite du pape, en 1984, j'étais dans l'équipe qui préparait ses discours et j'ai eu la mission de les traduire de l'anglais au français. J'ai aussi été théologien au synode sur la vie religieuse de 1985, à Rome. J'ai collaboré à la rédaction du message du pape, à la fin du synode, avec quatre cardinaux.

RSA – L'Église semble importante pour vous, du moins beaucoup plus qu'on le dit !

NP – Même si j'ai des idées qui semblent très audacieuses, je suis très attaché à l'Église et au Vatican. Cependant, il y a environ 5 ans, j'ai pris la décision de réellement dire ce que je pense. Je ne prétends pas que j'ai raison ! Je dois même vous avouer que j'aimerais me tromper ! D'ailleurs, je suis toujours prêt à changer mon idée. Mais ce que je vois, je le vois ! Le cardinal Jean-Claude Turcotte dit que je regarde trop les questions en sociologue. Je ne dis pas qu'il a tort ! Par contre, il doit admettre que j'ai raison sur les données.

RSA – Votre livre « Trop tard ? L'avenir de l'Église » est tout de même assez dérangeant…

NP – Il a été écrit d'un seul jet. Je n'avais rien devant moi lors de la rédaction. Ce livre est un cri du cœur. Lorsque je l'ai publié, on m'a souvent dit que je suis pessimiste. On a même pensé que j'étais en période dépressive.

Je pense que ce que j'ai écrit est la réalité du moment dans l'histoire de l'Église du Québec. J'essaie de ne pas être naïf. Dans le fond, je suis quelqu'un de critique. Quand quelqu'un dit quelque chose, je me demande ce qu'il veut réellement dire et à quoi cela réfère. Je regarde donc l'Église que j'admire, l'Église du Québec, et je constate.

RSA – De quelle manière est né votre livre « Dieu ! Réponse à Albert Jacquard », dans lequel vous êtes très sévère à l'endroit du scientifique ?

NP – Je donnais un cours sur Dieu et j'ai vu à la librairie « Dieu ? » de Jacquard. Je l'ai acheté sans tarder. Quand j'ai lu sa réflexion, j'ai dit: Cela n'a aucun bon sens! C'est un commentaire du CREDO dans lequel il nie tout. De plus, il affirme qu'il est un agnostique.

Dans les mêmes semaines, je reçois un téléphone de Madame Hudon, présidente du Salon du livre 2003 à Québec. Elle me dit : « Puisque vous avez écrit le livre “Trop tard ?” et qu'on a “Dieu ?”, deux questions, nous voulons faire un débat. » Vous allez présenter vos volumes et vous allez commenter.

Au salon du livre, la salle était plus que pleine. Il y avait même des gens assis par terre. On n'en revenait pas ! Il y avait beaucoup de jeunes de 25 à 30 ans – ce qui n'est vraiment pas la clientèle habituelle pour ce genre de livre. Je me suis dit : Qu'est-ce que je vais dire ? Ils ne sont assurément pas ici pour entendre Normand Provencher ! IL était clair qu'ils étaient là pour entendre Albert Jacquard.

J'ai donc décidé d'attaquer Jacquard. Je lui dis : Monsieur, ce n'est pas ça la pensée chrétienne… Après la conférence, la première chose qu'il m'a dite : « Jamais en France on ne m'a parlé si directement ! » Nous sommes devenus des amis !

Le directeur de Novalis était présent. Il m'a dit, tout de suite après le débat : « Il faut absolument faire un livre ! » Trois semaines plus tard, il était publié. Suite à la critique de Louis Cornellier dans Le Devoir (29 novembre 2003, page F7), le livre s'est beaucoup vendu.

Depuis la publication du livre, vous ne pouvez pas savoir le nombre de lettres que j'ai reçues. À ma grande surprise, ce sont surtout des universitaires qui ont pris leurs distances de l'Église et qui me félicitent.

RSA – Est-ce que vous avez rencontré Albert Jacquard depuis la publication du livre ?

NP – Oui ! Le 21 avril 2004 au Centre Saint-Pierre à Montréal. D'ailleurs, ma présence était la condition pour que le centre accepte cette conférence. Nous avons eu un débat sur le thème: Croire en quoi? Croire en qui ? La salle était pleine à craquer ! Le centre a refusé près de 200 personnes !

RSA - Quelle a été la réaction de Jacquard à propos de votre réponse ?

La semaine suivante, lors de son passage à Gatineau, on m'a rapporté une chose extraordinaire. Il a dit : « Je n'aurais pas dû rédiger ce livre sur Dieu. » Il a été écrit à cause de la pression des éditeurs. Depuis que j'ai rencontré Normand Provencher, je me rends compte que je ne connais pas suffisamment le sujet.

Père Normand Provencher, o.m.i.
Université Saint-Paul
223, rue Main
Ottawa, Ontario, Canada
K1S 1C4
Téléphone : (613) 236-1393, poste 2275
Télécopieur : (613) 782-3005
nprovencher@ustpaul.ca


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(Revue Sainte Anne, novembre 2004, pp. 441 et 446)