LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer


Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com

Hommage à Samuel de Champlain
NOUVELLE-ÉCOSSE – La Société nationale de l'Acadie en collaboration avec Power Corporation Canada et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse a rendu hommage à Samuel de Champlain en érigeant un buste du marin coulé dans le bronze. L'œuvre a été érigée au site national historique de Port-Royal.

Le cardinal Ouellet fête sainte Anne
CARAQUET – Le cardinal Marc Ouellet, de Québec, a présidé les cérémonies de la fête de sainte Anne, le 26 juillet, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. Sa présence voulait souligner le 400ᵉ anniversaire de présence française en Amérique.

Une religieuse fête ses 100 ans
CARAQUET – Sœur Cécilia Boudreau, en religion Marie-de-la-miséricorde, une religieuse de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, a célébré au début de l'été son centième anniversaire de naissance.

Les amis de l'orgue
EDMUNDSTON – La 10ᵉ édition des Amis de l'orgue d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, a eu lieu les 28, 29 et 30 juillet à la cathédrale de l'Immaculée-Conception. Cette manifestation culturelle accueille chaque année quelque 2 000 spectateurs, c'est-à-dire plus de 500 par récital.

Un livre sur l'histoire du diocèse de Rimouski
RIMOUSKI – « Le clergé de l'archidiocèse de Rimouski » est le nouveau livre d'histoire du diocèse rimouskois. Celui-ci jette un regard sur l'histoire du clergé séculier de 1867 à 2002 Il contient 571 pages et compte 445 notices biographiques avec photographies. Le livre est publié sous la direction de l'archiviste Sylvain Gosselin et de l'historien Nive Voisine.

Une femme célèbre un mariage religieux
SAINT-CYPRIEN – Denise Caron est la première femme du diocèse de Rimouski à présider la célébration d'un mariage religieux. Cette ancienne agricultrice est devenue animatrice de pastorale il y a un peu plus d'une année. Elle a eu ce privilège parce que le curé avec qui elle travaille a dû s'absenter de la paroisse. Les nouveaux mariés étaient Chantal Plourde et Stéphane Dubé.

Départ de Mgr Jean-Guy Couture
CHICOUTIMI – Puisque Mgr Jean-Guy Couture, évêque de Chicoutimi durant 25 ans, vient d'avoir 75 ans, il a remis sa démission de son poste. Dans une interview accordée au Progrès-Dimanche, il dit que l'Église d'ici a bien changé : « Quand je suis arrivé, il y a 25 ans, il y avait des curés dans toutes les paroisses et plusieurs vicaires. Aujourd'hui, il y a un prêtre pour trois paroisses. En contrepartie, les laïcs ont pris une place beaucoup plus importante. Ils sont une centaine dans le diocèse, en plus d'une quarantaine de diacres ».

Membres émérites de l'hôpital de Chicoutimi
CHICOUTIMI – Parmi ses premiers membres émérites, l'hôpital de Chicoutimi a honoré son fondateur, Mgr Dominique Racine, et les cinq Augustines qui sont arrivées à Chicoutimi le 24 mai 1884, pour prendre en charge l'hôpital de la marine qui deviendra l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier.

Les 100 ans des Antoniennes
CHICOUTIMI – Les Antoniennes de Marie ont célébré le 100ᵉ anniversaire de fondation de leur communauté.

Nouvel évêque à Chicoutimi
CHICOUTIMI – Mgr André Rivest a été nommé évêque du diocèse de Chicoutimi. Il a été intronisé dans sa nouvelle terre en septembre. Il était le collaborateur du cardinal Jean-Claude Turcotte.

8 M$ pour un couvent
QUÉBEC – La Ville de Québec investit 4 M$ dans l'acquisition et la mise aux normes du couvent Notre-Dame, situé dans l'arrondissement Beauport. Elle souhaite lui donner une nouvelle vocation. Le couvent deviendra un centre culturel, touristique et communautaire. Il a été construit en 1886.

Église illuminée
QUÉBEC – C'est cet automne que devrait se réaliser le projet d'éclairage de l'église de Cap-Rouge, construite en 1889. Le coût du projet est évalué à 100 000 $.

Concours d'orgue
QUÉBEC – L'organiste Ryan Enright a gagné le grand prix du Concours d'orgue de Québec. Il a reçu une bourse de 15 000 s. Il a également obtenu un prix spécial pour la meilleure interprétation de l'œuvre commandée pour le concours « Étude héroïque » de la compositeur Rachel Laurin. Enright est assistant organiste à la cathédrale anglicane Christ Church, à Montréal.

Rénovations au centre diocésain
TROIS-RIVIÈRES- Le diocèse de Trois-Rivières a profité des beaux jours de l'été pour rénover son centre diocésain de pastorale, situé sur la rue Laviolette, en face du palais de justice. Le chantier comprenait des travaux de peinture autour de l'immeuble qui a plus de 100 ans et le décapage de la brique au jet d'eau. La principale section de l'immeuble a servi d'hôpital à la fin du 19ᵉ siècle.

Congrès de l'AFEAS
TROIS-RIVIÈRES – Le 38ᵉ congrès provincial de l'Association féminine et d'action sociale (AFEAS) a eu lieu, les 19, 20 et 21 août, à l'hôtel Delta, à Trois-Rivières. Le rassemblement avait pour but de discuter de 43 résolutions que les douze groupes régionaux de l'AFEAS ont choisies. Les membres ont profité de l'occasion pour honorer le travail de plusieurs d'entre elles. L'AFEAS a pour but de surveiller les intérêts des femmes.

La fierté des gens de Sainte-Angèle
SAINTE-ANGÈLE-DE-PRÉMONT – Il n'y a pas d'attraits touristiques et de méga-entreprises dans la municipalité de Sainte-Angèle-de-Prémont. Sa force réside en ses résidents et la fierté qui habite chacun d'eux. Lorsqu'il est question de solidarité, ils sont imbattables. L'église qu'ils ont construite en 1992 au coût de 165 000 S en est la preuve. Elle est entièrement payée. « Il n'y avait plus d'église […]. Et quand il n'y a plus d'église, tout est mort. Alors, il fallait faire quelque chose. Les gens se sont donc serré les coudes. On a donné un coup… », a expliqué Lévis Saint-Yves, un citoyen du village, au quotidien Le Nouvelliste.

Centenaire
SAINTE-THÈCLE – Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a présidé la célébration de clôture des festivités du centenaire de la construction de l'église de Sainte-Thècle. Le thème principal de ces fêtes était : « l'église, pivot de la vie communautaire. »

Réflexions de Roland Leclerc
TROIS-RIVIÈRES – Décédé il y a près d'une année, l'abbé Roland Leclerc demeure présent dans les médias. Ces jours-ci, son dernier livre paraît dans les librairies. Il contient 85 textes choisis parmi ses chroniques qu'il a rédigées, entre janvier 1998 et novembre 2003. Les profits de la vente des 5 000 exemplaires du livre seront versés au Fonds Roland-Leclerc.

Un nouveau centre de spiritualité
DRUMMONDVILLE – Le presbytère de la paroisse Sainte-Thérèse, à Drummondville, pourrait devenir un centre de spiritualité destiné aux personnes en difficulté. Il est actuellement désaffecté. Pour le comité fondateur, formé de gens de tous les milieux, il s'agit d'une façon innovatrice de contrer le déclin du christianisme et de la spiritualité chrétienne en Occident, et plus particulièrement au Québec. Le nouveau centre serait unique puisqu'il ne serait pas chapeauté par l'Église et il pourrait offrir ses services aux gens de partout à travers la province. Le presbytère, construit en 1937, compte 15 chambres prêtes à être aménagées.

Le maire remercie Dieu
SHERBROOKE – Le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, a frôlé la mort lors d'une excursion de pêche au saumon sur la rivière Magog. Dans une descente de rafting, l'embarcation dans laquelle il prenait place a chaviré. Lorsqu'il est sorti de l'eau, échoué sur un rocher, il a remercié Dieu de lui avoir laissé la vie. Dans les heures qui ont suivi le drame, il a décidé de remplacer sa traditionnelle joute de golf par une visite à l'église Saint-Roch où il a participé à une messe célébrée par l'abbé Robert Jolicoeur. « Je devais un merci à Dieu… », a-t-il confié au quotidien La Tribune.

Le Concile des jeunes
SHERBROOKE – Du 2 au 6 juillet, le 16ᵉ Concile des jeunes, organisé par Marie-Jeunesse, a attiré plus de 400 jeunes du Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et d'outre-mer dans la région de Sherbrooke.

Fondation de la surdité
LONGUEUIL – Mgr Jacques Berthelet, évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, et Tony Leroux, de l'Institut Raymond-Dewar, sont les patrons d'honneur de la campagne de financement annuelle de la Fondation de la surdité de Montréal.

Neuvaine de neuf semaines
SAINT-CAMILLE – Inauguré en 1900, le sanctuaire Saint-Antoine, situé à Saint-Camille dans la région d'Asbestos, a accueilli un grand nombre de fidèles à l'occasion de sa neuvaine annuelle de neuf semaines à saint Antoine, appelée « Mardis de saint Antoine », du 15 juin au 10 août.

Des nouvelles de Dieu
MONTRÉAL – Cet automne, Télé-Québec donne « Des nouvelles de Dieu ». La série fait le point sur différents aspects de la question religieuse, de la transmission traditionnelle de la pratique religieuse jusqu'à l'apparition au Canada de nouvelles religions, en passant par la place de la science dans la perception du divin, l'expérience spirituelle, les notions de bien et de mal, etc. Même si cette série n'est pas la meilleure sur le sujet, elle mérite néanmoins d'être regardée.

La restauration du patrimoine religieux
MONTRÉAL – La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamps, explique que le gouvernement du Québec n'a pas les moyens financiers pour contribuer financièrement à tous les projets de restauration d'églises et de lieux du patrimoine. Elle invite tous les intervenants à une réflexion afin de trouver d'autres moyens pour aider à la réalisation de ces travaux.

Le Carmel est à vendre
MONTRÉAL – Suite à des rumeurs de vente du Carmel de Montréal à un promoteur privé qui veut transformer le site en condominium, Action Solidarité Grand Plateau (ASGP) a demandé au conseil de son arrondissement, situé sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, de tenir un débat public au sujet du développement du bâtiment et du terrain des Carmélites afin qu'il ne soit pas privatisé.

Presbytère à vendre
NOTRE-DAME-DE-LA-LORETTE- Suite au départ à la retraite de la dernière religieuse des Sœurs Notre-Dame du Bon Conseil, le presbytère catholique de la municipalité de Notre-Dame-de-Lorette, dans le diocèse de Chicoutimi, est à vendre.

Il manque 8 M$ pour rénover la cathédrale de Valleyfield

VALLEYFIELD – Estimés à 18 M$, les travaux de rénovation de la cathédrale de Valleyfield ont été arrêtés à cause de l'insuffisance des fonds. Il manque encore 8 M$ pour pouvoir les compléter. Jusqu'à maintenant, les assurances ont payé 5 M$, le gouvernement du Québec 3 M$, divers retours de taxes, TPS et TVQ ont permis d'amasser un autre million et un donateur anonyme de la région a également donné 1 M$.

L'Écho d'un peuple
OTTAWA – Mgr Marcel Gervais figurait parmi les invités d'honneur de la grande première du spectacle à grand déploiement : « L'Écho d'un peuple », présenté par Francoscénie. Le spectacle met en scène quatre siècles d'histoire francophone en Amérique. Il a été présenté durant l'été dans la capitale.

Des femmes s'opposent à l'établissement d'un tribunal islamique
TORONTO – Des imams de Toronto permettent le mariage de jeunes filles musulmanes de moins de 16 ans et la polygamie. C'est pour cette raison que des groupes de femmes musulmanes s'opposent à l'établissement de tribunaux islamiques en Ontario. Ce tribunal appliquerait au Canada la charia, c'est-à-dire la loi de l'islam. Les opposants font remarquer que les femmes qui refuseraient risquent d'être frappées d'ostracisme par la communauté.

Jean Pliya au Canada
WINDSOR – Jean Pliya, prédicateur laïc très connu en Europe et en Afrique, était de passage au Canada, en juin, pour une tournée d'évangélisation. Il a notamment visité les gens de Windsor, au Québec. Originaire du Bénin, il est l'auteur de plusieurs volumes de spiritualité, dont « Des ténèbres à la lumière ». Père de sept enfants, il est membre du Comité international du renouveau charismatique, au Vatican.

Mgr Roussin honoré par le Vatican
VANCOUVER - 44 archevêques métropolitains ont reçu le Pallium des mains du pape Jean-Paul II. Parmi ces prélats figure Mgr Raymond Roussin, archevêque de Vancouver.

Les langues amérindiennes menacées
YELLOWKNIFE – Seulement trois des soixante langues amérindiennes parlées au Canada survivront. C'est ce qu'estime un groupe de travail canadien sur la préservation des langues au pays.

Religieuse décorée par la Police Montée
CALGARY – Sœur Dorothy Levandosky, bénédictine, a reçu la médaille de l'Association de la police de Calgary pour son travail d'écoute et d'assistance. Elle est actuellement la seule personne non-policière à recevoir pareil honneur. Son centre d'écoute aide et soutient psychologiquement et moralement les agents de police qui affrontent des situations de stress à leur travail.

(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, pp. 396 à 398)

25 mai 2026

PATRIMOINE : La chapelle Sainte Anne

La chapelle Sainte Anne de Sainte-Marie, en Beauce

Par Benoit Voyer

16 mai 2026

La chapelle Sainte-Anne est construite en 1891 selon les plans de l’architecte Georges-Émile Tanguay.

La chapelle peut accueillir 400 personnes et est faite de pierres des champs taillées.

Dans le lieu de culte on peut y « vénérer » deux soi-disant reliques de sainte Anne : l’une donnée par l’archevêque de Québec en 1949 et « un petit doigt de sainte Anne » donné en 1943 par l’évêque de Carcassonne, en France.

Et puis deux vieilles statues représentant sainte Anne. La première de bois peint œuvre de François-Noel Levasseur donnée en 1778 par « M. Magnan ». On lui attribue plusieurs miracles. La deuxième, située au-dessus du portail en bois sculpté et doré, œuvre d’Henri Angers, réalisée en 1928.

Elle est la troisième chapelle construite sur cette terre. Les deux précédentes étaient en bois. Elles ont été bâties en 1778 et 1832.

Ce lieu de piété a toujours eu pour but de satisfaire la dévotion envers la grand-mère de Jésus des catholiques de la seigneurie et, jadis, d’implorer cette dernière de les préserver des dégâts d’inondations. À l’époque, le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré était difficile d’accès. La construction voulait contrer « la distance infranchissable » qu’il y avait pour y aller.

Suite à la pandémie de la Covid 19, le Diocèse de Québec a désacralisée la chapelle et elle a été vendue à des intérêts privés.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Jean Gratton, Évêque émérite de Mont-Laurier

Mgr Jean Gratton,
Évêque émérite de Mont-Laurier

« Il faut que l'Église retrouve un chantier nouveau dans l'Évangélisation. Évidemment, cela demande un esprit de pauvreté. On fera de plus en plus de petits gestes qui paraîtront moins qu'autrefois. »

Benoît Voyer

OTTAWA – Il y a déjà cinq ans que Mgr Jean Gratton n'est plus à la tête du diocèse de Mont-Laurier. Malgré lui, il a bien fallu qu'il donne sa démission puisque le Droit canon, la loi vaticane, stipule qu'un évêque, sauf celui de Rome puisqu'il est pape, doit démissionner à l'âge de 75 ans.

L'évêque à la retraite vit maintenant au centre diocésain d'Ottawa. Il a choisi d'habiter la capitale canadienne parce qu'il n'a pas trouvé d'endroit convenable pour se loger dans son ancien diocèse et, aussi, pour ne pas être une ombre pour son successeur, Mgr Vital Massé.

Malgré ses 80 ans, il demeure un homme à l'esprit vif et assez actif.

Même s'il habite la région ottavienne, il est beaucoup plus au fait de l'actualité du Québec, surtout celle de Mont-Laurier, que de celle de l'Ontario et d'Ottawa. Il ne peut pas nier ce fait, son cœur est encore à Mont-Laurier.

Il m'aborde, le sourire aux lèvres, et me sert chaleureusement la main. Il est content de saluer un francophone du Québec.

La vieillesse commence à laisser des traces sur son corps. Le teint de sa peau est un peu plus grisâtre, il boîte un peu et respire un peu plus difficilement. Il a aussi l'ouïe plus fatiguée. Cela se constate rapidement puisqu'il faut lui parler un peu plus fort. Il est conscient de tout cela.

Il en a des choses à dire ! Tout se bouscule sur ses lèvres. Il parle vite, vite, vite. Il veut tout dire en même temps et passe d'une idée à l'autre. Il y a aussi longtemps qu'il n'a pas accordé une entrevue à un journaliste.

Il veut surtout parler de la situation de l'Église au Canada, particulièrement de celle de la province québécoise. Qu'importe les questions, il revient sur le sujet. Il est visiblement préoccupé par elle, car elle traverse un bien mauvais moment, de manière particulière au Québec. Pour lui, il n'y a aucun doute sur ce point, elle vit une profonde période de changements qui l'amène vers un ailleurs qu'on ne connaît pas encore.

BENOÎT VOYER – La situation de l'Église du Québec n'est pas facile en ce moment… Cela semble beaucoup vous préoccuper !

JEAN GRATTON – C'est dramatique ! Et je ne parle pas juste de statistiques, là ! Au Québec, on a été forcé, plus qu'ailleurs, de se prendre en main. La mise en application de la loi 118 dans les écoles a été un moment fort difficile. Maintenant, ce n'est pas juste le fait que nos enfants fréquentent une école catholique qu'ils le sont. C'est fini l'époque où on est catholique uniquement de nom !

B.V. – Est-ce que c'est une crise unique ?

J.G. – Non ! Je pense que nos vies et le monde en général vivent une époque difficile. Et ça n'a rien à voir avec les événements du 11 septembre 2001. Le monde se pose beaucoup de questions…

B.V. – Le théologien Normand Provencher (Revue Sainte-Anne, novembre 2004) pose la question : « Trop tard ? L'avenir de l'Église… » Est-ce que c'est la fin du catholicisme au Québec ?

J.G. – Bien au contraire ! Je pense qu'en ce moment l'Église vit une belle chance… Je ne suis pas du genre à la voir disparaître, à la manière de Provencher que je connais bien. Je ne suis pas pessimiste. C'est une époque comme il y en a eu d'autres dans l'histoire de l'Église, époque où nous sommes obligés d'agir dans l'ombre et non pas seulement à partir de structures qui existent déjà, notamment l'école et la paroisse.

Il faut que l'Église retrouve un chantier nouveau dans l'Évangélisation. Évidemment, cela demande un esprit de pauvreté. On fera de plus en plus de petits gestes qui paraîtront moins qu'autrefois.

B.V. – Vous semblez dire que les nouvelles richesses de l'Église d'ici sont la foi et les valeurs qu'elle transmet…

J.G. – Exactement ! C'est une période qui ressemble, selon mes observations, à celle des premiers chrétiens. Jusqu'à la conversion de Constantin en 337, les chrétiens ont agi dans l'ombre. C'est ainsi qu'ils ont fait l'éducation de la foi. Ils allaient dans les catacombes. Ne nous imaginons pas que les catacombes étaient des cachettes ! Ces endroits étaient connus des gens. Ils ont fait leur bout de chemin dans un monde qui était fatigué. Le monde romain l'était !

Cette période de l'histoire m'inspire beaucoup. Elle me dit qu'il faut travailler où nous pouvons le faire ; dans l'ombre, mais réellement ! Il faut embarquer énormément de monde !

B.V. – Est-ce que vous êtes en train de dire qu'il faut développer une pastorale de l'amitié et de la proximité ?

J.G. – Je dis plutôt qu'il faut créer une pastorale qui accepte une certaine humilité, mais sans s'arrêter d'évangéliser. Cette pastorale établira des contacts et des formes nouvelles. Il va falloir vivre des pauvretés et, en même temps, des générosités. Cette nouvelle façon de voir devra s'instaurer, pas seulement au Québec où la crise est actuellement plus visible, mais partout au Canada et en Occident.

B.V. – La crise est profonde !

J.G. – C'est une période d'humilité et d'engagement. Pour un bout, plusieurs vont voir ce qui se passe comme un échec, voire une crise sévère. Alors, si c'est une crise, on va se soigner et prendre les moyens pour s'en sortir.

La période que l'Église d'ici traverse n'est pas négative. Je prie beaucoup pour elle ! Elle doit retrouver l'essentiel. C'est la période d'une nouvelle évangélisation.

Il y a un effort nouveau à faire et il doit se faire (!). Il faut parfois des événements comme la Loi 118 au Québec pour nous pousser un peu. Il en sera de même avec la crise des vocations. Il faut une plus grande générosité et que la femme et les laïcs prennent davantage de place.

On parle beaucoup de l'Église du Québec, mais sa situation difficile n'est pas unique ! La crise commence aussi à se transporter ici, en Ontario, notamment à Toronto. Et pas juste dans le milieu francophone !

Mgr Jean Gratton,
évêque émérite de Mont-Laurier
Centre diocésain
1247, place Kilborn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
(613) 738-5025
(613) 738-0130 – télécopieur
rparent@ecclesia-ottawa.org


Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte-Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître !

(Revue Sainte-Anne, mai 2005, p. 201)

24 mai 2026

SANTÉ MENTALE : Génétique et troubles mentaux

 En vieillissant, l'homme produit moins de spermatozoïdes 
Génétique et troubles mentaux

Par Benoit Voyer

24 mai 2026

Dans l’imaginaire, l’homme croit qu’il sera fertile jusqu’à la fin de sa vie. Pourtant, comme pour la femme, plus la quarantaine avance, moins ils le sont. En effet, le nombre de spermatozoïdes qu’il produit et leur mobilité, c’est-à-dire leur capacité à féconder un ovocyte, diminuent considérablement. Les études scientifiques démontrent qu’avec l’âge, le génome des gamètes des hommes s’altère par fragmentation de l’ADN. Ainsi donc, le risque que l’enfant qui pourrait en résulter développe des troubles psychiatriques (schizophrénie, troubles bipolaires) et des anomalies génétiques augmente énormément, tout comme le risque de fausse couche chez sa partenaire.[1]

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[1] Cf, Rebecca Arondel. « Congélation des spermatozoïdes : les hommes se sentent moins concernés », Ouest France (Angers / Segre), 11 mai 2026, p. 25.

CALENDRIER LITURGIQUE : Le 24 mai est la mémoire du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau


Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau repose dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, au Québec.


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Marcel Gervais, archevêque d'Ottawa

Mgr Marcel Gervais,
archevêque d'Ottawa

« Le problème est que si on ne va pas à la messe de manière régulière, on n'est pas exposé à l'Évangile. On en vient à oublier qui nous sommes et quelle est notre mission. Ceux qui ne vont pas à la messe finissent par perdre la foi. »

Benoît Voyer

OTTAWA – Le pape Jean-Paul II a convoqué, le 10 juin 2004, une « Année de l'Eucharistie ». Celle-ci a débuté le 10 octobre 2004, lors du congrès eucharistique mondial qui a eu lieu à Guadalajara, au Mexique, et se terminera lors de la prochaine assemblée ordinaire du synode des évêques qui aura lieu au Vatican du 2 au 29 octobre 2005 et qui aura pour thème « L'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Église ». L'Église canadienne n'a pas manqué de souligner cette année spéciale.

L'archevêque d'Ottawa, Mgr Marcel Gervais, qui quittera sa fonction épiscopale dans quelques mois, puisqu'il aura 75 ans, a accepté de répondre à des questions et des affirmations parfois difficiles à propos de l'eucharistie.

REVUE SAINTE ANNE – Mgr, qu'est-ce que l'eucharistie ?

MARCEL GERVAIS – Elle me fait penser à ma jeunesse au Manitoba. Aller à la messe était important pour nous parce que c'est un rassemblement. J'ai grandi dans une partie de cette province où il y avait beaucoup de protestants et d'anglophones. On se réunissait donc le dimanche pour voir les cousins et les cousines, les tantes et les oncles et d'autres membres de la famille canadienne-française catholique. La messe était vraiment un élément très joyeux de nos vies. L'eucharistie est donc un moment de rassemblement pour prier et nous réjouir ensemble.

Lorsque je parle de l'Eucharistie, l'image que j'aime utiliser est celle qui se retrouve dans les écrits du premier siècle.

Comme les grains de blé dans les champs, ceux qui sont éparpillés partout, chacun est seul, isolé des autres. De même pour les raisins. Ils sont sur une ligne, sur les collines. Ils sont séparés les uns des autres.

Pourquoi le blé et les raisins sont-ils là ? Ce n'est pas seulement pour l'apparence. C'est pour les rassembler : les grains doivent être recueillis ; les raisins mûrs doivent être vendangés. C'est la mission du grain et du raisin. C'est leur raison d'exister.

Le pain n'est pas pétri d'un seul grain de blé. C'est impossible ! Le vin n'est pas le fruit d'un seul raisin… Il faut que les grains de blé soient rassemblés. Il faut que les raisins soient recueillis et rassemblés aussi. C'est seulement à ce moment qu'il est possible de faire le pain et le vin. Tout comme nous, ce n'est qu'une fois rassemblés qu'il est possible de faire communauté.

RSA – La messe commence lorsque la communauté est rassemblée ?

MG – L'eucharistie commence chez vous, lorsque vous vous préparez à partir : vous faites votre toilette et vous rassemblez les petits, etc. Ça fait partie de l'eucharistie, ça ! C'est ainsi parce que nous répondons à l'appel du Seigneur. Ce n'est pas celui du prêtre et de l'évêque ! C'est vraiment celui du Seigneur qui dit à tous les disciples : « Rassemblez-vous et devenez l'Église, faites l'Église ! »

RSA – La célébration est séparée en plusieurs parties. Quel est l'objectif de la liturgie de la Parole ?

MG – C'est par la Parole de Dieu que nous nous transformons peu à peu. C'est en écoutant l'Évangile et en entendant parler de lui qu'on devient peu à peu de la farine et du vin. Cependant, pour cela, il faut que le blé soit moulu. C'est un processus assez difficile. Il faut que le raisin soit pressé. Il doit fermenter pour devenir du vin. La liturgie de la Parole symbolise tout le travail de la rencontre de la Parole de Dieu et de nos vies.

RSA – Qu'est-ce qu'il y aurait à améliorer dans les liturgies eucharistiques ?

MG – La procession des offrandes. C'est beaucoup plus simple d'avoir le vin et le pain juste à côté de l'autel. Ça va beaucoup plus vite ! Malheureusement, de cette manière, on perd le sens de ce que nous vivons.

Il faut que la procession commence à l'arrière de l'église ; il faut qu'elle soit accompagnée de la croix et des acolytes ; il faut que ce soient les laïcs qui apportent les offrandes ! Pourquoi ? Parce que le pain et le vin qu'ils emmènent sont eux et nous ! Ils sont toutes nos sueurs, toutes nos peines, toutes nos joies, tout notre travail… (!)

Durant cette démarche, nous symbolisons en marchant (car les symboles parlent !) : « Allez ! Tout le monde ensemble ! Allez ! Rassemblez-vous ! Faites un « focus » sur le pain et le vin, car c'est nous-mêmes que nous offrons au Seigneur. Nous sommes portés sur l'autel… »

Par le pouvoir de la parole, ce pain et ce vin qui nous représentent sont changés en Corps et en Sang du Christ, en sacrifice pur et en offrande. Ce que nous sommes devient le Corps et le Sang du Christ.

RSA – La messe est un mémorial symbolique… (??)

MG – La messe est neuve chaque fois qu'on la célèbre. Ce n'est pas une répétition. C'est neuf parce que le Christ c'est nous !

Le pain rompu est mangé et une seule coupe est partagée. C'est le Sang du Christ. Le Corps du Christ devient notre chair. Le Sang du Christ parcourt nos veines. Ce qu'il y a en nous devient aussi Corps et Sang du Christ.

RSA – L'eucharistie est un élément du présent ?


MG – Le passé devient présent. On peut se joindre au sacrifice de Jésus, qui ne s'est vécu qu'une seule fois, et le rendre présent aujourd'hui parce qu'il est uni à nos souffrances, à nos peines, à nos joies, à nos accomplissements… C'est l'acte du présent parce qu'on fait partie du sacrifice du Christ. C'est nous !

RSA – Nos frères protestants – pour qui l'eucharistie est une mémoire du passé – ne croient pas que Jésus soit vraiment vivant dans ce pain et ce vin. Quelle est donc la différence entre présence réelle et mémorial ?

MG – C'est toujours un mémorial. On se rappelle le sacrifice du Christ. Mais pour nous, les catholiques, cet événement n'en est pas seulement un du passé, c'est un événement éternel qui est toujours présent. Jésus dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ! » Le Christ ne souffre plus, mais, nous (!), nous souffrons, nous faisons des sacrifices, nous mettons de côté notre égoïsme et le reste… Nos vies s'expriment dans l'eucharistie parce que celles-ci sont unies à celle du Christ sur la croix, le Christ qui est mort et ressuscité.

RSA – Lors de la prière au Saint-Sacrement, Jésus est vraiment vivant dans l'hostie ?

MG – Oui ! (La question le surprend) On y croit ! Ce n'est pas juste symbolique !

RSA – Pourquoi dois-je croire que Jésus est vivant dans un morceau de pain et une coupe de vin ? C'est une réalité difficile à saisir !

MG – (Il reste en silence. Il faut admettre que la question n'est pas facile.

RSA - Jésus est vraiment vivant dans l'hostie ?


MG - Oui ! Il est là ! (II rit. On sent une certaine nervosité.

RSA - Comment ça se passe ? Par la foi, direz-vous !


MG — Bien sûr que c'est par la foi ! C'est un miracle ! Nous croyons que Dieu s'est fait homme, qu'il est devenu chair comme nous, qu'il a eu des os et du sang comme nous... Il s'est donné pour nous, pour nous nourrir, pour nous soutenir, pour nous donner des forces. Ce que je vous explique ici est que le pain et le vin nous sont donnés. Nous sommes nourris du pain qui nous fortifie et du vin qui nous réjouit afin que les autres soient fortifiés et qu'ils partagent notre réjouissance. Le pain est là pour dire que le Christ est présent pour nous nourrir.

Lorsqu'on fait l'adoration du Saint-Sacrement, nous devons avoir en vue que Jésus est notre nourriture, qu'il est notre boisson, qu'il est notre vie... C'est lui qui soutient tout ce que nous sommes !

RSA – Pourquoi est-ce que c'est si important d'aller à la messe chaque dimanche ou, au moins, une fois par semaine ?

MG – La règle du Droit canon est beaucoup moins contraignante que cela ! L'Église nous oblige d'aller à la messe au moins une fois l'an pour faire ses Pâques.

Le problème est que si on ne va pas à la messe de manière régulière, on n'est jamais exposé à l'Évangile. On en vient à oublier qui nous sommes et quelle est notre mission. Ceux qui ne vont pas à la messe finissent par perdre la foi. D'ailleurs, il faudrait en venir à réfléchir à l'Évangile plus d'une heure par semaine…

RSA – Mais ce n'est pas intéressant pour un jeune de 16, 20 ou 30 ans d'aller à la messe ! Il trouve cela monotone ! Il finit par appeler cela « le sacrement des personnes âgées » !

MG – (L'expression le fait rigoler) C'est très réel ce que vous dites là ! C'est pour cette raison qu'il faut redécouvrir, par la grâce de Dieu, le mystère du salut Ici, en Ontario, on a quelques mouvements de jeunes qui acceptent le défi. Un de ces groupes s'appelle « The National Evangelisation Tees ». C'est une excellente organisation. Il y a là des jeunes qui ont découvert le Christ.

Lorsqu'on découvre que le Christ est une personne réelle à qui l'on peut parler et avec qui on peut dialoguer, ça change tout ! Dès cet instant, on n'est plus obligé d'essayer de convaincre les gens d'aller à la messe.

RSA - Comment redécouvrir l'importance de l'eucharistie ?

MG – Lorsqu'un problème est gros, il faut penser petit. Cette redécouverte passera inévitablement à travers les petits groupes de foi.

Mgr Marcel Gervais,
Centre diocésain
1247, place Kilbomn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
(613) 738-5025
(613) 738-0130 – télécopieur

Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte-Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître !

(Revue Sainte-Anne, octobre 2005, pp. 393 et 398)

23 mai 2026

POLITIQUE : Quelques secrets sur le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau

Quelques secrets sur le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau

Par Benoit Voyer

23 mai 2026

Que l’on soit ou non en accord avec ses idées politiques, le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau était un intellectuel brillant qui aimait les joutes oratoires.

L’homme politique, né en 1919, a considérablement marqué la vie politique canadienne, notamment comme premier ministre, fonction qu'il a exercée de 1968 à 1984 presque sans interruption.

« Toute sa vie, Trudeau défendit sa vision du Canada comme une fédération forte et unie, fondée sur les droits individuels. Son discours sur le Canada et la société juste inspira toute une génération », écrit-on devant son mausolée, à Saint-Rémi, en Montérégie.

À titre de premier ministre canadien, en 1969, Pierre Trudeau touche 25 000$ et passera à 33 300 $ de 1974 à 1978. En 1980, de retour à la tête du pays, il augmentera son salaire à 45 900 $.[1]

Peu de gens s’en souviennent. Pierre Elliott-Trudeau était catholique. C’est ce que révélait en 2005 William Heward Grafftey, ex-ministre des Sciences et de la Technologie sous le gouvernement de Joe Clark, en 1979, et ex-député fédéral de Brome-Missisquoi, au Québec, un ami intime de l’ancien premier ministre du Canada. Il disait : « Pierre était croyant. Sa foi était solide et c'était un fervent catholique. Il se rendait souvent à la chapelle des Franciscains, boulevard René-Lévesque, près de l'avenue Atwater », à Montréal.[2]

Le 15 septembre 1972, à l’occasion de l’élection canadienne du 30 octobre 1972, il participe à un grand rassemblement au Palais des sports [3], à Granby.

Ce jour-là, il s’arrête, avec Louis-Paul Neveu, son candidat dans la circonscription de Shefford, à la Maison Regina Mundi, le centre de retraites spirituelles des Trinitaires. L’arrêt ne figure pas sur l’itinéraire officiel [4]. Ils rencontrent les membres de l’Ordre religieux et les personnes qui y travaillent. Le père Jean-Paul Regimbal est de ce nombre [5]. Pierre Elliott-Trudeau profite de ce répit dans sa longue campagne électorale pour se recueillir dans la chapelle.

Lieu de sépulture, à Saint-Rémi, en Montérégie
Il est décédé à Montréal, le 28 septembre 2000.


____________________

[1] Benoit Voyer. “Le salaire de nos élus”, Huffington Post Québec, 31 janvier 2016. www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-salaire-de-nos-elus_b_9082734
[2] Benoit Voyer. “Nouvelles de chez nous”, Revue Sainte-Anne, mars 2005, pp. 108 à 110.
[3] Jacques Fleury. « Les autres partis ne pourront faire mieux – Trudeau », Voix de l’Est, 16 septembre 1972, p. 1.
[4] La visite de Pierre Elliott-Trudeau, à Granby, est prévue vers 18 h 30 Il arrive par la rue Montagne (aujourd’hui la rue Mountain) en direction de la rue Principale. Tout porte à croire que le cortège bifurque par le chemin Robitaille afin de faire un arrêt chez les Trinitaires, loin de la foule. Le premier ministre est attendu au Palais des sports vers 19 h 15 et doit repartir 60 minutes plus tard en direction de l’aéroport de Bromont où son avion l’attend pour se rendre à Shearwater, dans les Maritimes. Cf. Jacques Fleury. « Tout est prêt pour Trudeau », La Voix de l’Est, 15 septembre 1972, p. 3.
[5] Est-ce que Jean-Paul Regimbal et le premier ministre ont eu des échanges particuliers ? Jusqu’à maintenant la recherche n’indique rien à ce sujet.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

Le jardin secret

MONTRÉAL – Dans la dernière édition du bulletin « La Voix de Jésus-Nazaréen », publié par la Fondation les amis du Père Armand Gagné (FAPAG), le Trinitaire confie que sa vie a changé depuis qu'il est devenu animateur de pastorale au centre hospitalier de Verdun, à Montréal : « Depuis que je suis aumônier dans un hôpital et que je suis en contact avec les grands malades, j'ai appris tant de choses sur le jardin secret des êtres. Pourquoi pensez-vous que, souvent à l'hôpital, il y a un changement radical dans leur vie ? C'est le silence qui leur permet d'entrer dans le jardin secret. [ ... ] Nous avons besoin de faire le vide [en soi] plus que jamais. Il faudrait même que dans nos célébrations religieuses, il y ait plus de moments de silence. » www.fapag.org

La crise du logement
GATINEAU – Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, est très préoccupé par la question de la crise du logement depuis que les médias de l'Outaouais ont dévoilé des cas d'insalubrité et raconté l'histoire de familles évincées de leur domicile. Dans une déclaration publique, publiée à l'occasion de la Semaine sainte, il écrit que « la crise du logement est, en fait, une crise sociale. » Il souligne qu'il ne manque point d'unités locatives, « mais que les gens n'ont pas les moyens de se les payer. » Puis, il ajoute que, de 1988 à 2004, au Québec, les personnes pauvres ont perdu 28 % de leur pouvoir d'achat. Durant ce temps, 1 % des personnes de la province qui gagnent 200 000 $ et plus par année se sont enrichies de 13 %. « Jusqu'où allons-nous tolérer de telles situations ? Il faut arrêter cette hémorragie sociale », insiste-t-il. www.diocesegatineau-hull.qc.ca

Nouvel évêque auxiliaire à Burlington
BURLINGTON – Voisin du sud du diocèse canadien de Saint-Hyacinthe, le diocèse américain de Burlington accueille un nouvel évêque auxiliaire. Mgr Salvatore Ronald Matano a été nommé coadjuteur par la curie vaticane. Le diocèse de Burlington regroupe une population de 608 827 dont 149 048 personnes sont catholiques. Les effectifs diocésains regroupent 168 prêtres, 38 diacres et 261 religieux. Mgr Matano est né en 1946, à Providence (États-Unis), et a été ordonné en 1971. Jusqu'à sa nomination, il était collaborateur du nonce apostolique de Washington. www.vermontcatholic.org

Un Canadien devient coadjuteur au Honduras
CHOLUTECA – Le père Guy Plante, prêtre des Missions étrangères (PMÉ), originaire de Montréal, a été nommé évêque auxiliaire au diocèse de Choluteca, au Honduras. Plusieurs de ses amis du Canada sont allés célébrer l'événement avec lui en Amérique latine, dont le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe qui, d'ailleurs, a longtemps été missionnaire dans ce pays (il est aussi membre de la même congrégation religieuse), Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette et Mgr André Vallée, évêque de Hearst. www.smelaval.org/pays/bresil-accueil.html

L'AÉQ devient l'AÉCQ
MONTRÉAL – Changement de dénomination sociale : L'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) porte maintenant le nom d'« Assemblée des évêques catholiques du Québec » (AÉCQ). www.eveques.qc.ca

Les évêques et le mariage
TORONTO – La Conférence des évêques catholiques de l'Ontario (CECO) vient de publier le document « Un vrai mariage – Un sacrement pour la vie », sur le sens chrétien du mariage. Il est accompagné d'une lettre de Mgr Richard Smith, président de la CECO et évêque de Pembroke. www.occb.on.ca

Jean Vanier au Canada
MONTRÉAL – À l'occasion d'un passage à Montréal, pour s'occuper des affaires courantes de l'Arche au Canada, Jean Vanier a prononcé une conférence, le 31 mars, au Centre chrétien métropolitain, sur la rue Saint-Denis, à Montréal. www.larchecanada.org

Fête de saint Joseph
MONTRÉAL – Le 19 mars, l'Oratoire Saint-Joseph, fondé par le bienheureux Alfred Bessette, connu sous le nom de Frère André, a souligné la fête liturgique de saint Joseph, époux de Marie, la mère de Jésus. Pour l'occasion, Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique au Canada, Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, et le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, ont présidé les célébrations solennelles à la basilique à 10 heures, 14 h 30 et 20 heures. Cette année, l'Oratoire souligne son centenaire « avec tout l'amour du monde ». www.saint-joseph.org

Le cardinal de Montréal appuie l'Institut Marie-Guyart
MONTRÉAL – Le 16 mai, à l'hôtel Hilton Bonaventure, à Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte a présidé un dîner-bénéfice au profit de la Fondation des Amis de l'Institut Marie-Guyart, à l'occasion de son vingtième anniversaire. La Fondation Guyart, autrefois connue sous le vocable de « Institut catholique de Montréal », a pour mission d'aider des étudiants à poursuivre des cours à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, dans le cadre du baccalauréat en éducation préscolaire et primaire. La faculté forme de futurs professeurs. Cependant, pour ce qui est de la formation en enseignement moral et religieux, il n'y a que l'Université du Québec à Montréal (UQAM) qui offre encore le programme dans les universités du Québec. Marie Guyart est la fondatrice des Ursulines de Québec. Elle est mieux connue sous le nom de Marie de l'Incarnation. www.marieguyart.ca

Le cardinal de Montréal à la défense de CKAC
MONTRÉAL – Le cardinal Jean-Claude Turcotte et une soixantaine de personnalités montréalaises s'opposent à la fermeture de la salle des nouvelles de la station radiophonique CKAC 730. Ils demandent au Conseil de la radio et de la télévision canadienne (CRTC) de modifier sa décision. Ils souhaitent que soit protégé le caractère généraliste et informatif de cette radio, au nom de la diversité des sources d'informations au Québec.

Le pape doit-il démissionner ?
QUÉBEC – Le cardinal Marc Ouellet, de Québec, avait souhaité que le pape Jean-Paul II n'ait jamais à abandonner ses fonctions.

Un missionnaire à abattre
BRASILIA – La vie du père Henri Desrosiers, missionnaire canadien au Brésil, est en danger. Le religieux et avocat figure sur une liste de personnes à abattre à cause de sa défense des paysans sans terre. Une récompense de 50 000$ aurait été promise par de riches propriétaires terriens. Pour sa sécurité, il a été placé sous surveillance par la police brésilienne.

Les églises violent la loi

TORONTO – Lorsqu'elles aident et fournissent un gîte aux personnes sans statut de réfugié qui n'ont pas le droit de demeurer au Canada, les églises violent la loi. C'est ce que révèle une note interne du Conseil canadien des Églises (CCE) rendue publique par la Presse canadienne. www.ccc-cce.ca

JMJ Cologne
QUÉBEC – Au Canada, 4000 jeunes participeront à la Journée mondiale de la jeunesse qui aura lieu du 16 au 21 août à Cologne. Le diocèse de Québec représentera 10 % de la délégation avec 400 jeunes. www.cccb.ca/Files/JMJ2005_Canada.html

ALPEC : nouvelle cuvée
OTTAWA – Les Éditions Bayard et Novalis lanceront, à l'automne, une nouvelle sélection de chants pour les célébrations liturgiques dans la collection ALPEC. Ces nouvelles chansons religieuses marqueront le retour des fiches ALPEC, nées dans le diocèse de Québec au milieu des années 1970. L'œuvre du centre ALPEC, qui a perdu la vitesse de croisière de ses premières années, a repris, au début des années 1990, grâce au travail de l'abbé Patrice Vallée, qui exerce son ministère ecclésial dans la région de la Beauce. C'est maintenant Bayard-Novalis qui reprend la destinée de la collection musicale. Celle-ci comprend un grand nombre de classiques qui ont marqué l'histoire de la musique liturgique francophone canadienne et quelques pièces qui méritent d'être connues, dont « Kyrie (12) » de Benoît Voyer et « Tu fais des merveilles » de Jacques Morin. www.novalis.ca

Le « confessionnal de verre » du cardinal de Québec
QUÉBEC – Grâce à trois généreux donateurs, le cardinal Marc Ouellet peut réaliser son rêve de voir aménager un bureau d'accueil en verre à l'entrée de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, à quelques pas de la tombe du bienheureux François de Laval, pour entendre les confessions et rencontrer les fidèles sans rendez-vous ! www.diocesequebec.qc.ca

Les bons diables
MONTRÉAL – « Les bons diables » est le nom de l'équipe de hockey des prêtres catholiques du diocèse de Montréal. Ils jouent pour garder la forme physique.

Un prêtre refuse la communion à un député
TIMMINS – Charlie Angus, député néodémocrate de Timmins-Baie-James, en Ontario, a été informé par le prêtre de l'église catholique qu'il fréquente régulièrement qu'il refusera de lui donner la communion durant la messe s'il vote en faveur du projet de loi en faveur des mariages entre personnes de même sexe. Le député trouve l'attitude de ce membre du clergé fort blessante. L'affaire est survenue le 16 février.

Les Canadiens divorcent à répétition
OTTAWA – De plus en plus de Canadiens vivent des divorces à répétition. Selon Statistique Canada, entre 1973 et 2003, le nombre de personnes qui divorcent pour la deuxième fois et plus a triplé.

UNIV 2005
CITÉ DU VATICAN – « Ne cédez pas aux illusions mensongères et aux modes éphémères qui laissent souvent un tragique vide spirituel […] Engagez-vous par conséquent à entretenir en vous-mêmes le courage pour ne pas accepter des comportements et des divertissements caractérisés par l'excès et le bruit », écrivait Jean-Paul II dans un message, lu par l'archevêque Leonardo Sandri, substitut de la secrétairerie d'État du Vatican, aux 4000 jeunes de 51 pays qui participaient à la rencontre internationale « UNIV 2005 » à Rome, promue par l'Opus Dei. Parmi ces jeunes figuraient 10 Canadiennes, dont 8 de Toronto et 2 de Montréal. Parmi elles, il y avait Sze Wan Tit, étudiante en médecine à l'université de Montréal (voir un article à son sujet dans l'édition d'octobre 2004). www.fr.opusdei.ca

Appui aux étudiants
OTTAWA – La Conférence religieuse canadienne (CRC), organisme qui représente les communautés religieuses canadiennes, appuie les associations étudiantes des niveaux collégial et universitaire du Québec qui s'opposent à la coupure de 103 M$ dans le régime des bourses aux étudiants, somme désormais convertie en prêts étudiants.

Contre l'islam intégriste
QUÉBEC – La députée libérale provinciale du Québec, Fatima Houda-Pépin, est en croisade afin d'empêcher l'instauration de l'islamisme intégriste au Québec. Musulmane d'origine marocaine, elle s'oppose à l'établissement au Québec des tribunaux islamiques qui administrent les mariages et les divorces selon les préceptes de la loi islamique. www.assnat.qc.ca/fra/membres/notices/g-i/houf2.shtml

Études sur la polygamie
OTTAWA – Le gouvernement du Canada a commandé une étude sur la polygamie. Elle est réalisée dans le cadre des débats sur la redéfinition du mariage. Elle a été demandée de toute urgence et un budget de 150 000$ lui a été consacré.

Baptêmes à la hausse
MONTRÉAL – Les baptêmes sont à la hausse dans le diocèse de Montréal. En 2001, 156 baptêmes ont été célébrés. En 2003, le chiffre s'élève à 226.

Pour trouver l'âme sœur
MONTRÉAL – « Le Tandem » est le seul organisme de la région montréalaise qui permet aux célibataires catholiques de se rencontrer. En réalité, il offre une approche différente des agences de rencontres traditionnelles et des sites de clavardage rose. « Le Tandem » propose des activités inusitées. Il y a peu de temps, il proposait une retraite spirituelle à l'abbaye cistercienne d'Oka, afin de vivre des instants de réflexion. Il propose, notamment, en plus d'une démarche de transcendance, des activités en plein air. Le but est toujours le même : permettre aux participants de faire connaissance de personnes qui partagent les mêmes valeurs. Pour le reste, on ne sait jamais ! www.spiritualite2000.com/tandem

Nouvelles armoiries pour le diocèse
JOLIETTE – Le diocèse de Joliette, à l'occasion de son centenaire, a dévoilé les nouvelles armoiries de son diocèse. Il met en vedette l'histoire des origines du diocèse et la croissance harmonieuse de son histoire et de la foi chrétienne avec la culture régionale. www.diocesedejoliette.org

(Revue Sainte-Anne, juin 2005, pp. 252 à 254)

22 mai 2026

INFRASTRUCTURES : Un pont au-dessus de la rivière Saguenay ?

Un pont au-dessus de la rivière Saguenay ?

Par Benoit Voyer

22 mai 2026

J’ai toujours été en faveur de la construction d’un pont sur la route 138 au-dessus de la rivière Saguenay entre Baie Sainte-Catherine et Tadoussac. Cependant, à la suite de la lecture du « Mémoire : Analyse des risques critiques du projet de pont sur la rivière Saguenay – Entre urgence hydrique et aberration financière » de Nathalie Maynard, une thèse bien documentée qui compte une vingtaine de pages, ma certitude est partie.

L’auteure est principalement contre le projet d’un pont dans la région et souhaite la poursuite des activités des traversiers pour des raisons environnementales. De mon côté, ce sont les coûts qui m’ont étonné.

Selon le ministère des Transports du Québec, le projet du pont est estimé à plus de 4,2 G$. Le chiffre est conservateur. Les dépassements risquent de faire grimper le coût réel à 6 ou 7 G$ (peut-être plus!) et ne comptent pas les problématiques qu’il faudra résoudre par la suite – parce qu’il y en aura –, les intérêts sur la dette et l’entretien annuel de l’infrastructure.

À un taux d’intérêts très conservateur de 4 % sur les intérêts annuels, on parle d’une facture de 260 M$. Ce sont les chiffres de 2025.

L’auteure du mémoire écrit qu'« en additionnant les intérêts de la dette et les frais de maintenance préventive (estimés à 50 M$), la facture récurrente pour les contribuables s’élèverait à 310 M$. » Ce montant est cinq fois le coût annuel de la traverse actuelle.

Ces chiffres évolueront très probablement vers le haut avec la fluctuation des taux d’intérêts et l’inflation. La construction d’un tel pont me semble pour l’instant une folie budgétaire. L’argent qu’on mettra dans ce nouvel ouvrage, en enlèvera pour les urgents besoins de mise à niveau des infrastructures partout au Québec.

Autres trucs…

La construction d’un pont au-dessus du Saguenay et de la modernisation du réseau routier que ce projet amènera inévitablement (on parle de 13 kilomètres de tunnels et d’échangeurs routiers) nécessitera des milliers de tonnes de béton et d’acier. La nature fragile de l’écosystème du Fjord est donc menacée.

Enfin, les risques environnementaux évoqués par Nathalie Maynard sont justes et à considérer. En exemple, « le forage prévu […] change radicalement la nature du risque. Contrairement au dynamitage de surface, l’excavation en profondeur intercepte directement les nappes phréatiques. En agissant comme un drain géant, ces tunnels risquent de détourner les veines d’eau » et d'en assécher d’autres. L’approvisionnement en eau des habitants de la région qui est menacé. Si cela arrivait, ce sont d’autres milliards de dollars qu’il faudrait encore injecter pour permettre aux gens du coin d’avoir accès à de l’eau potable."

Je pense qu’il faut arrêter le projet de la construction de ce pont et tout simplement mettre au goût du jour les infrastructures maritimes déjà en place.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer


Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com

La famille
CITÉ DU VATICAN – L'État canadien doit assurer une protection juridique à la « famille fondée sur le mariage », a rappelé le pape Jean-Paul II au nouvel ambassadeur du Canada près le Saint-Siège, Donald Smith, il y a quelques semaines.

Décès de Mgr Paul O'Byrne
CALGARY – Mgr Paul J. O'Byrne, évêque émérite de Calgary, est décédé. Il a été à la tête de ce diocèse de 1968 à 1998. Avant d'être sacré évêque, il a exercé son ministère presbytéral dans plusieurs paroisses, entre autres, à Calgary, Medicine Hat, Banff et Schuler.

Les Carmélites déménagent
LANORAIE – Les Carmélites de Montréal déménageront à Lanoraie. Les élus de la municipalité ont adopté à l'unanimité une résolution recommandant à la Commission de protection du territoire agricole du Québec de permettre l'érection d'un monastère et l'aménagement d'un chemin d'accès pour les Carmélites sur les anciennes terres agricoles.

Un Canadien travaille au Vatican

CITÉ DU VATICAN – Le père Marc Leclerc, professeur de philosophie à l'université pontificale grégorienne à Rome et membre de la congrégation des Jésuites, est le postulateur de la cause en béatification du père Wresinski, fondateur du mouvement ATD Quart-Monde. Il est originaire du Canada.

Nomination chez Développement et Paix
OTTAWA – Pauline Leduc est la nouvelle animatrice régionale de Développement et Paix pour le nord et l'est de l'Ontario. D'origine franco-ontarienne, Pauline Leduc a longtemps œuvré en milieu scolaire, tant en Ontario qu'au Québec. Elle a aussi travaillé à Iqaluit comme missionnaire laïque. À partir de 1988, elle est engagée en milieu pastoral, ayant notamment agi comme personne-ressource auprès des communautés anglophones du diocèse de Gatineau-Hull. Active au sein de Développement et Paix depuis 1984.

Cyclotourisme : un paradis méconnu

FORESTVILLE – Dans un article paru dans l'édition d'automne du magazine Vélo Mag, Chrystine Roy recommande de visiter le village des Îlets-Jérémie, à 15 km de Forestville, sur la Côte-Nord. « La mignonne chapelle Sainte-Anne datant de 1735, reconnue dans la région comme lieu de pèlerinage, nous rappelle que nos ancêtres habitent cette terre depuis longtemps. La grève et la quiétude en font l'endroit idéal pour une pause ou un campement », écrit-elle à l'intention des amateurs de cyclotourisme.

Festival orgue et couleur

MONTRÉAL – Du 24 septembre au 3 octobre a eu lieu la 6ᵉ édition du Festival orgue et couleur, à Montréal. Les églises Saint-Nom-de-Jésus et Très-Saint-Sacrement, la chapelle Sacre-Cour de la basilique Notre-Dame et le château Dufresne ont ouvert leurs portes aux mélomanes. Une soixantaine d'artistes se sont fait entendre.

Une église dans la courtepointe
ROBERTVILLE – Afin d'amasser des fonds pour la réfection du toit de leur bâtiment, les paroissiennes de Robertville, au Nouveau-Brunswick, ont organisé dans l'église une exposition de couvertures piquées (courtepointes). Chaque œuvre était identifiée au nom des artisans et parfois une histoire accompagnait celle-ci.

L'église se transforme en studio d'enregistrement

LÉVIS – Measha Brueggergosman, cette voix qu'on acclame déjà à Londres et à Tanglewood, a enregistré un disque avec l'Orchestre symphonique de Québec à l'église Saint-David, à Lévis. Le nouveau disque paraîtra très bientôt sous étiquette CBC Records.

La mairesse veut mettre la main sur une église
MONTRÉAL – La mairesse de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, à Montréal, Helen Fotopulos, tente de convaincre l'archevêché de Montréal de lui céder une partie de l'église du Saint-Sacrement pour y installer ses bureaux. À l'heure actuelle, l'arrondissement doit louer un étage et la moitié d'un autre dans un immeuble de l'avenue Laurier.

Conseil canadien des Églises

OTTAWA – À l'occasion de son 60ᵉ anniversaire de fondation, le Conseil canadien des Églises a organisé un symposium, le 4 octobre. Celui-ci a réuni les délégués de toutes les régions du Canada.

Saint Yves entre à la basilique
MONTRÉAL – Patron des juges et des avocats, saint Yves a fait, pour de bon, son entrée dans le sanctuaire de la basilique Notre-Dame de Montréal où il tiendra compagnie à saint Joseph, à la Vierge Marie et à quelques autres protecteurs de l'Église catholique. Cette intronisation a eu lieu en septembre à l'occasion de la « messe rouge », liturgie célébrée chaque année à l'ouverture des tribunaux.

Nouveau visage du diocèse de Rimouski

RIMOUSKI – Dans le diocèse de Rimouski, près de la moitié des presbytères, soit 53 sur 144, ont été vendus ces dernières années. À Saint-Jean-de-Cherbourg, dans le haut-pays de Matane, c'est le presbytère qui sert d'église. L'effectif ecclésiastique et laïc est aussi en plein changement. Il ne reste plus qu'une quarantaine de prêtres pour 114 paroisses qui côtoient 23 agents de pastorale et diacres. Quelque 40 % du personnel est laïcisé. Les ordinations se font rares. « Nous avions deux candidats, il y a quelques années, mais ils sont sortis. Actuellement, il n'y a pas de candidat. Le diaconat permanent semble intéresser davantage de candidats qui peuvent être mariés », a expliqué Gérald Roy, vicaire général du diocèse de Rimouski, au quotidien Le Soleil.

Un travail de 200 ans
SAINT-JEAN-BAPTISTE-DE-ROUVILLE – « Le Québec possède un patrimoine religieux incomparable, mais faute d'un nombre suffisant de spécialistes, on a évalué que pour tout restaurer cela prendrait 200 ans », a confié Ève Sapina, de Mémoire de l'artisan à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville et spécialiste de la restauration de meubles anciens, au quotidien Le Soleil.

Un livre pour ses 80 ans
VALLEYFIELD – À l'occasion de son 80ᵉ anniversaire de naissance, Mgr Robert Lebel, évêque émérite de Valleyfield, partage ses souvenirs dans un livre paru en novembre aux Éditions Anne Sigier.

Les plus anciens évêques

OTTAWA – Selon l'annuaire de l'Église catholique du Canada, Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski au Québec, est le prélat diocésain canadien qui cumule, en ce moment, le plus d'ancienneté dans l'exercice de ses fonctions à la tête d'un diocèse. Il a été sacré évêque le 8 décembre 1973. Succèdent : Mgr Peter Alfred Sutton, archevêque de Keewatin-Le Pas, au Manitoba, élevé à l'épiscopat le 18 juillet 1974 ; le cardinal Aloysius M. Ambrozic, archevêque de Toronto, en Ontario, sacré évêque le 27 mai 1976 ; Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, au Québec, nommé évêque le 31 juillet 1979.

Prix Harvest Award décerné à un Montréalais
MONTRÉAL – L'abbé Raymond Lafontaine a reçu le prestigieux prix américain Harvest Award pour sa contribution à la pastorale des vocations en Amérique du Nord. C'est la première fois qu'un Canadien obtient cette distinction.

Non au bouclier antimissile
OTTAWA – La Conférence religieuse canadienne (CRC), qui représente plus de 22 000 religieux et religieuses regroupés en 230 congrégations, de l'Atlantique au Pacifique, a demandé au premier ministre, Paul Martin, de ne pas collaborer avec les États-Unis dans le projet de déploiement d'un bouclier antimissile. « La véritable intention de l'administration Bush ne serait-elle pas de prétexter la défense contre le terrorisme dans le but de relancer la course aux armements et de satisfaire l'appétit insatiable du complexe militaro-industriel américain dont le secrétaire à la Défense, Ronald Rumsfeld, est le principal porte-parole ? » écrit le président de la CRC, Alain Ambeault, dans sa lettre au chef du gouvernement canadien.

Pour savoir s'adapter : écouter les jeunes
SHERBROOKE – « Les jeunes doivent parler de leurs expériences et nous, les écouter dans ce qu'ils vivent. C'est là que nous trouverons les symboles d'évangélisation adaptés à leur langage. L'Église, passage au Canada, doit être à l'écoute de l'expérience des jeunes. Selon la jeunesse d'un pays ou d'une culture, il faut parler, étudier et dialoguer avec eux suffisamment pour apprendre leur langage. Après cette étape seulement, on arrivera à faire un lien avec les réalités spirituelles. [...] Je pense que l'Église doit se laisser convertir par les jeunes », a dit à la revue « Ensemble », publiée par l'archidiocèse de Sherbrooke, le frère Bernard Couvillon, supérieur général de l'Institut des Frères du Sacré-Cœur, lors de son récent passage au Canada.

Une église chauffée au bois
SAINT-PROSPER – L'église du village de Saint-Prosper, situé dans la région de la Mauricie, est la seule église du Québec, croit-on dans cette municipalité, qui soit encore chauffée au bois. « Ce sont les gens de la paroisse qui fournissent le bois pour l'année », a commenté Véronique Massicotte au quotidien Le Nouvelliste.

Au Québec : catholiques et protestants, même difficulté

MELBOURNE – En poste depuis 1992 à l'église presbytérienne St. Andrew, à Melbourne, au Québec, le révérend Mark Godin, 32 ans, dit être confronté aux mêmes difficultés que toutes les Églises protestantes et le catholicisme québécois. Il reconnaît que sa communauté chrétienne recherche un second souffle à cause du vieillissement des paroissiens.

Les sœurs quittent le collège

NICOLET – Les Sœurs de l'Assomption de Nicolet quittent leur collège. Celui-ci est désormais dirigé par des laïcs. Le collège Notre-Dame-de-l'Assomption est le plus gros pensionnat pour jeunes filles au Québec. Il possède 205 places et son budget annuel frôle les 4 M$. L'établissement compte 65 employés, dont 40 enseignants. Il a été fondé en 1935.

La comédienne Danièle Lorain devient religieuse

MONTRÉAL – Depuis qu'elle est entrée en religion, la comédienne Danièle Lorain se nomme Soeur Jacinthe Lacroix. Pour les besoins de la 9ᵉ saison de la télésérie Virginie, présentée à la télévision de Radio-Canada, elle est la directrice du pensionnat Sainte-Véronique qui est jumelé à l'école Sainte-Jeanne-d'Arc. Elle incarne une religieuse moderne qui ressemble à une véritable directrice d'entreprise. Serait-elle à l'image de la réelle religieuse de demain ?

Études juives

QUÉBEC – L'Université Laval offre un programme d'études pour mieux comprendre la culture judaïque, les divers courants de pensée du judaïsme et pour mieux se situer dans les rapports avec la religion juive. La série de quinze cours de 45 heures chacun conduit à l'obtention d'un certificat universitaire en études juives.

Interruption de grossesses après 24 semaines
TROIS-RIVIÈRES – Les évêques catholiques du Québec sont en désaccord avec le projet du ministère de la Santé de la province de permettre l'interruption de grossesses après 24 semaines, alors que l'enfant est viable. « Au Canada, il n'existe aucune loi contre l'avortement. Ce vide juridique n'est pas synonyme d'un vide éthique, car toutes nos actions ont une portée éthique. L'avortement l'illustre bien. Certes, les femmes qui désirent se faire avorter ne le font pas pour des banalités, mais on est en train de banaliser l'avortement dans la société », écrivent-ils dans une déclaration publique publiée dans le cadre de leur réunion plénière qui a eu lieu à Trois-Rivières, du 14 au 17 septembre. Ils demandent aux communautés chrétiennes de trouver et de mettre en place des alternatives à l'avortement comme des services-conseils, des maisons d'aide aux femmes enceintes et des services d'adoption.

La Croix-Rouge
NICOLET – La Croix-Rouge canadienne, division Québec, sections Bécancour, Nicolet, Yamaska, a souligné ses 50 ans de présence dans la grande région de Nicolet. Les festivités se sont déroulées sous la présidence d'honneur de Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque de Nicolet. D'ailleurs, il a présidé, le 25 septembre, la messe d'ouverture des activités à la cathédrale de Nicolet.

Casavant : 125 ans
SAINT-HYACINTHE – Casavant, la plus ancienne maison d'orgues au Canada et l'une des plus prestigieuses sur la planète, célèbre son 125ᵉ anniversaire de fondation.

Radio Galilée étend sa diffusion
SAGUENAY – La station radiophonique Radio Galilée, dont les studios sont situés sur le chemin Sainte-Foy, à Québec, vient d'hériter d'une nouvelle antenne de rediffusion au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En plus de diffuser sur les fréquences 90,9 FM à Québec et 102,5 FM en Beauce, la station diffuse maintenant dans cette région sur 106,7 FM. Le projet a pu être réalisé grâce à la communauté des Frères maristes qui souhaitait souligner le 100ᵉ anniversaire de son arrivée dans cette région, tout en demeurant fidèle à sa mission éducative.

Nouvel évêque auxiliaire en Ontario

LONDON – Le pape Jean-Paul II a nommé Robert A. Daniels au titre d'évêque auxiliaire du diocèse de London, en Ontario. Déjà vicaire général de ce diocèse depuis 1993, Mgr Daniels continuera de seconder dans ses tâches pastorales Mgr Ronald Fabbro. Né le 18 juin 1957, à Windsor, en Ontario, Mgr Daniels a été ordonné prêtre le 7 mai 1983 après avoir complété des études au séminaire St. Peter's de London.

(Revue Sainte-Anne, janvier 2005, pp. 12 à 14)

21 mai 2026

VISION CATHOLIQUE: Christian Beaulieu, un prêtre catho marginal

Christian Beaulieu
Christian Beaulieu, un prêtre catho marginal

Par Benoit Voyer

21 mai 2026

Fils de Charles Beaulieu et Marie-Reine Morin, Christian Beaulieu naît le 22 mai 1941, à Saint-Hubert, près de Rivière-du-Loup, comme ses parents et ses grands-parents. Il est le cinquième enfant d’une famille qui en comptera treize.

Durant sa septième année, sa famille s’installe sur l'île d’Orléans, à quelques minutes de Québec. C’est là qu’il passe le reste de sa jeunesse.

En 1999, il me confiait [1] : « J’ai été enraciné dans les choses de la nature, de l’accueil, de la fête, de la célébration qui étaient communiquées naturellement au sein de ma famille. C’était un milieu avec une foi proche de la vie et où l’esprit de famille était très fort ».

À l’école, il n’a rien d’un élève brillant. Il connait bien des difficultés. D’ailleurs, tout au long de sa jeunesse, le « p’tit Beaulieu » n’aime pas beaucoup le milieu scolaire.

Un jour, lorsqu’il prend conscience à travers sa foi chrétienne que Dieu a besoin de lui, tout change : « J’ai découvert que la foi ce n’est pas simplement croire en Dieu, mais c’est aussi croire qu’il croit en nous ! Cela m’a vraiment touché! Ma rencontre avec Jésus-Christ a eu un très grand impact dans ma vie. J’ai comme été obligé de sortir de ma timidité, de ce complexe d’infériorité que j’avais. »

C’est vers l’âge de 20 ans qu’il décide de devenir prêtre catholique. Il n’y avait jamais songé sérieusement avant ce temps, parce que l’image du clerc qu’il avait était celle du professeur et du curé en paroisse. Cela ne l’interpellait vraiment pas.

Il envisage devenir criminologue. Pour payer ses études, il enseigne dans la région de Sherbrooke: « Et c’est là que j’ai commencé à travailler avec les jeunes dans les parcs et les prisons. Et ce sont eux qui m'ont interpellé: Pourquoi es-tu heureux? Pourquoi ne pas donner ta vie aux jeunes? Ils m’ont éveillé l’esprit ».

Cependant, c’est surtout grâce à l’intervention du père Henri Roy, fondateur de la Jeunesse ouvrière catholique canadienne (la J.O.C) et de l’Institut séculier Pie X, qu’il décide de faire le grand saut. En lui, il voit qu’il est possible de devenir un prêtre au service de la jeunesse et que le membre du clergé catholique peut prendre des initiatives pour ouvrir de nouveaux champs d’action. Ainsi donc, le père Roy lui communique l’amour de la centième brebis, celle qui est égarée. Être le pasteur de l’enfant prodigue, voilà une mission qui répond à ses aspirations : « Une rencontre avec cet homme nous marquait pour la vie. C’était un homme de Dieu! Il était capable de voir le travail qu’il réalisait à l’intérieur de nous. Il disait souvent: “Tu as rencontré Jésus! Alors, parle de Jésus et rayonne Jésus !” »

Toute sa vie, il se souviendra de cette prière d’Henri Roy: « Seigneur, que ceux qui me voient te voient et te rencontrent pour toujours ». Il redit souvent ces mêmes paroles dans le secret de son cœur. C’est bien plus qu’une prière toute faite! C’est son plan de vie.

Christian Beaulieu est ordonné prêtre le 9 juin 1968, à Québec, dans l’Institut séculier Pie X.

Il ne chôme pas. Pendant près de 20 ans, il sera des dirigeants du mouvement La Rencontre. C’est dans ce regroupement apostolique qu’il découvre ses talents de conférencier. Au fil des ans, il écrira de nombreux livres dont « Ma blessure est tendresse », « Jeunes, amour et sexualité », « Cœur blessé, espère ! » Et « Si on mettait le feu ».

En parallèle, à Montréal, il fondera « Le Pharion » pour venir en aide aux jeunes alcooliques et toxicomanes de 18 à 30 ans et anime des retraites spirituelles, donne des conférences où on le demande et assume la direction de l’Institut séculier Pie X.

En entrevue pour la Revue Sainte Anne, il m’expliquait que « ce qui fait que les gens souffrent tant, c’est souvent parce que leur souffrance n’a pas de sens. Alors, je veux donner un sens à leur vie et à leur souffrance. Je veux passer comme un aigle dans la vie des gens pour leur donner le goût de se faire des ailes, pour leur donner de croire au large, à l’infini, à œuvrer... »

Il sera pendant plusieurs années un « prêtre superstar ». Il remplira les salles partout où il passera : « À une époque, cela me mettait une pression terrible ! Je voulais toujours être à la hauteur de la situation. Et là, je jouais un personnage. Depuis plusieurs années, j’ai accepté que les gens puissent demander, puissent avoir des attentes, mais je ne réponds pas toujours aux attentes. Je suis devant eux comme un enfant, alors j’enlève toutes formes de pression sur moi. »

Pendant ces années, il néglige ses moments de cœur à cœur avec le « bon dieu ». Maintenant, il ne manque plus ces précieux instants d’intimité. « Ma source doit d’abord être prise dans ma relation avec Dieu... et avec moi-même ». Pour lui, Dieu est le seul refuge où se calment ses peurs et ses angoisses. C’est grâce à lui qu’il peut vraiment rayonner Jésus.

Toute sa vie, il sera en contact avec sa vulnérabilité intérieure : « Il n’y a jamais rien d’acquis pour moi à cause de ma timidité. Je suis toujours obligé de me battre pour retrouver confiance. Le p’tit gars qui habite en moi revient vite prendre place avec ses peurs et ses angoisses ».

J’étais très étonné d’entendre cette confidence : « Il y a une force dans ma fragilité. Il y a une puissance dans mon impuissance. Étant donné que je vis avec des gens très souffrants, je suis toujours confronté à affronter mon impuissance. Il faut que je sache me réfugier dans le cœur de Dieu ou je vais retrouver la paix, la sérénité, la confiance et ou je vais m’abandonner. L’abandon n’est vraiment pas naturel pour moi. Je vais facilement parler de lâcher-prise dans les conférences, mais si j’en parle autant que ça c’est parce que c’est chaque jour que je dois aller rechercher personnellement ce lâcher-prise et faire un combat intérieur pour arriver à l’abandon »

La souffrance des autres nous ramène toujours à notre propre vulnérabilité. Christian Beaulieu ne cesse de l’expérimenter. C’est un cadeau que les marginaux lui ont fait, car leur fragilité l’aide à apprivoiser la sienne. Pour tant de gens, « le cheminement spirituel est comme un escalier que l’on monte », mais pour Christian Beaulieu, le cheminement spirituel et humain est un escalier que l’on descend, car pour toucher sensiblement la grandeur du cœur de Dieu, il faut être en contact avec sa petitesse et sa faiblesse. Il faut donc descendre profondément en soi.

Les apparences sont parfois trompeuses: devant un public, il semble fort, solide, sûr de lui et d’un positivisme hors du commun. Pourtant, il lui arrive d’être déçu et de traverser des moments de désarroi : « C'est souvent ce qui me plonge dans la prière à corps perdu. Même si je suis un homme d’action, énergique et dynamique, je suis un homme de prière. Je me donne quelques heures par jour, et j’y tiens! C’est là que ma peine passe, c’est là que mes forces se refont, c’est là que je puise l’énergie pour retrouver la joie de vivre ».

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[1] Benoit Voyer. « Un visage d’enfant aux yeux de Dieu », Revue Sainte Anne, juillet 1999. Article republié dans : Benoit Voyer, Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 2005.