LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique (2)

Entrevue EXCLUSIVE avec
Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique
Dernière partie

« Le Saint-Père n'oblige jamais. Il est très respectueux de la conscience de chacun. Pour lui, la liberté est très importante. »

Par Benoît Voyer

Régulièrement, les catholiques canadiens sont informes de la nomination de nouveaux évêques pour diriger les diocèses du pays. Avant l'annonce publique, il aura fallu au nonce apostolique, le représentant de Benoît XVI chez nous, entre six et douze mois d'enquête discrète sur les prospects à l'épiscopat. Dans cette deuxième partie d'une entrevue exclusive qu'il a accordée à la Revue Sainte-Anne, Mgr Luigi Ventura parle de cette délicate mission qui lui est confiée.

RSA — Comment se déroule le processus de nomination d'un évêque ?

L.V. - Je veux commencer par souligner que ce n'est pas moi qui décide qu'un tel ou tel prêtre deviendra évêque ! Mon rôle est plutôt de recueillir des informations sur le prospect à l'épiscopat afin que le Saint-Père puisse faire un choix éclairé.

RSA — Néanmoins, on dit que vous avez une bonne influence !

L.V. - Disons que je fais des recommandations, mais je ne suis pas le seul à le faire ! J'effectue un travail qu'on ne voit pas publiquement. Je dois, notamment, recueillir toute une brochette d'informations sur le candidat, dont son histoire personnelle. Je procede de manière discrète par respect pour la personne.

RSA - De quelle manière trouvez-vous un bon prospect ?

L.V. – Des noms de candidats me sont suggérés par les évêques d'ici. Par la suite, la nonciature apostolique fait une enquête pour vérifier s'ils ont les qualités et la dignité requises.

Lorsque nous avons une provision de candidats pour un diocèse, nous demandons la collaboration de beaucoup d'évêques, de prêtres, de religieux et de religieuses et de laïcs pour connaître l'état du diocèse pour lequel nous cherchons un prélat. Nous voulons connaître les problématiques et les besoins.

Sur la base de cette synthèse, nous demandons des suggestions de noms aptes à devenir évêques. Lors de cette consultation, nous voyons émerger jusqu'à 50 et 60 noms de personnes suggérées. Nous faisons donc la sélection d'un candidat qui répondra aux besoins exprimés et aux propositions. Ce n'est donc pas un choix personnel que je fais !

Par la suite, avec mon équipe, je dois présenter trois noms qui soient aptes pour porter la charge d'évêque. Tout cela fait un dossier très long et parfois un peu compliqué qui prend souvent plusieurs mois à traiter ... quand tout va bien. Parfois, il faut jusqu'à une année quand ça se complique !

Lorsque toute la procédure est terminée, on envoie les trois dossiers complétés à la Congrégation pour les évêques au Vatican. Ce dicastère regroupe des cardinaux qui sont nommés par le Saint-Père. Ils se réunissent habituellement le jeudi de chaque semaine ou aux deux semaines, selon la disponibilité de tous. La Congrégation examine les dossiers de prospects qui ont été acheminés par les nonces apostoliques. Ils vérifient si la procédure a été respectée et le contenu des dossiers des candidats. Enfin, ils discutent et votent pour un candidat qu'ils recommanderont au Saint-Père. Le préfet de la congrégation rencontre le pape une fois par semaine.

RSA - À quel moment rencontrez-vous le candidat pour lui annoncer qu'il a été nommé évêque ?

L.V. – Dès que le pape a nommé officiellement un candidat, le Vatican m'informe de la nomination. Par la suite, je dois rencontrer le nouvel évêque pour lui demander s'il accepte le poste. Parfois, il me demandera quelques jours de réflexion. Lorsque j'obtiens sa réponse, nous fixons la date de la publication. C'est habituellement le journal du midi, à Rome, qui en fait la première annonce. C'est donc la salle de presse du Vatican qui diffuse la nouvelle en premier. Entretemps, la Conférence des évêques canadiens est informée de la nouvelle.

RSA - Est-ce qu'il y a des candidats qui refusent ? Est-ce qu'on est obligé d'accepter une telle nomination ?

L.V. – Le Saint-Père n'oblige jamais. Il est très respectueux de la conscience de chacun. Pour lui, la liberté est très importante. Cependant, depuis que je suis nonce apostolique, il y a très peu de candidats qui ont refusé de devenir évêque.

RSA - Quelles sont les qualités que le Saint-Père recherche chez un futur évêque ?

L.V. – Il doit être un bon chrétien et un bon prêtre qui a une santé suffisante pour prendre la responsabilité d'évêque. Il doit aussi avoir une culture suffisante et que toute sa vie soit consacrée à l'Église. En plus, il doit avoir des aptitudes de direction, d'animation et d'administration.

Vous savez, lorsque je fais la compilation et l'analyse de toutes les recommandations qui me sont faites, je me dis souvent que si je trouve ce candidat idéal, avec toutes les qualités espérées, je débuterai en même temps son procès de canonisation ! (rires)

Mgr Luigi Ventura
Nonciature apostolique au Canada
724, avenue Manor
Ottawa, Ontario, Canada
K1M OE3
(613) 746-4914
Téléc. : (613) 746-4786

(Revue Sainte Anne, février 2006, p. 57)

27 mai 2026

POLITIQUE : Le parti d’Éric Duhaime ne respecte pas ses membres

Le parti d’Éric Duhaime ne respecte pas ses membres

Par Benoit Voyer

27 mai 2026

Depuis 2022, je constate le manque de respect du bureau de direction du Parti conservateur du Québec (PCQ) envers ses membres actifs. En exemple, un grand nombre de ceux et celles qui ont mis leur face sur les poteaux lors du dernier scrutin ont été cavalièrement remerciés. On a décidé de les remplacer par des soi-disant vedettes. D’ailleurs, Éric Duhaime peut en nommer personnellement une vingtaine sans que les membres aient leur mot à dire.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La passion d'une religieuse pour la sexualité

La passion d'une religieuse pour la sexualité

« Je ne suis pas en accord avec saint Paul. Ce n'est pas vrai que le mariage est la solution à ceux qui ne sont pas capables de vivre le célibat. Une personne qui ne peut pas vivre seule n'est pas plus apte à se marier ! »

Benoît Voyer


QUÉBEC – Sœur Marie- Paule Ross parle de sexualité avec autant d'aisance que le jardinier parle de ses fleurs. Le sujet n'est pas tabou pour elle. Chaque jour, elle en discute aussi avec ses nombreux clients qui prennent rendez-vous avec elle pour résoudre des difficultés sexuelles problématiques. Depuis 1989, cette missionnaire de l'Immaculée-Conception est docteure en sexologie clinique, la première à être diplômée dans cette discipline, à l'université Laval. Elle est la seule religieuse canadienne à pratiquer cette profession. Il y a quelques mois, elle a fondé l'Institut international de développement intégral. Toute son intervention a pour but de diagnostiquer et de traiter les malaises de ses clients et de faire de la prévention. La passion de cette religieuse pour la sexualité est contagieuse. Son approche est solide et complète. Elle n'a rien d'une banale partie de jambes en l'air consommée avec gloutonnerie.

Qu'est-ce que la sexualité ?

La sexualité, c'est toute la pulsion qu'il y a en soi qui nous pousse à aimer, à créer et à entrer en relation avec les autres. Quand on parle du vrai sens de la sexualité, quand on parle de processus de sexualisation, cela signifie que l'être humain est né de la fusion et que, tout au long de son processus de sexualisation, il doit atteindre l'autonomie et la liberté. C'est une dynamique intérieure qui nous pousse à la croissance et à grandir sur les plans affectif et spirituel.

C'est pour cette raison que, s'il n'y a pas tout ce lien affectif, toute cette relation profonde à l'intérieur d'un couple, l'intimité érotique n'a pas de sens.

Mes collègues, qui sont aussi des sexologues cliniciens, sont en accord avec moi. Nous vivons dans une société qui est tellement hédoniste, tellement pro-sensuelle, qu'on est en train de défaire notre humanité. Il est urgent d'intervenir pour que cette situation change.

Quelles sont les conséquences d'une société du culte du plaisir ?

Les blessures causées, à cause d'une sexualité défaillante qui ne respecte pas l'ordre des choses, et la consommation érotique, créent un vide dans l'affectivité humaine.

Je ne peux pas rester tranquille et en silence devant une autre génération qui continue à se briser sur le plan sexuel. Avant, les intervenants faisaient de la répression sexuelle, aujourd'hui ces mêmes intervenants sociaux font la promotion d'une sexualité très érotique, très sensuelle. Si on compare les générations, ce n'est guère mieux la façon dont on traite la sexualité en ce moment.

Un grand nombre de catholiques, de chrétiens, disent que le sexe, voire l'acte sexuel, et la vie religieuse sont incompatibles. Par malaise, des gens refusent même de prier après un rapport sexuel…

Vous illustrez bien le problème de la manière qu'on traite la sexualité. Comme autrefois, l'érotisme est opposé à la réalisation spirituelle. À l'époque de vos parents, le corps était même devenu l'ennemi de la réalisation spirituelle. Et on continue dans la même ligne… Cette dissociation du corps et de la spiritualité n'a aucun sens.

Ce que je propose en tant que sexologue, c'est justement l'intégration des dimensions qui font partie de l'expérience humaine, incluant l'expérience sexuelle.

De nos jours, est-ce qu'il est encore possible de vivre la chasteté ?


Commençons par distinguer deux termes.

Atteindre la chasteté fait partie d'une dynamique de croissance chez tout humain. La chasteté signifie vivre des relations sexuelles conformes à l'amour, c'est-à-dire dans le respect, la liberté, la fidélité et la vérité. Elle nous garde loin de la fusion, de la dépendance et de la symbiose.

De son côté, le célibat qui inclut l'abstinence sexuelle, est une autre affaire ! La chasteté est pour tous ceux qui acceptent de devenir des personnes plus matures sur les plans affectif et spirituel et qui se rendent de plus en plus capables de vivre la chasteté. Celle-ci a pour but d'atteindre la liberté dans nos relations et ne pas utiliser l'autre à nos fins.

Ce n'est pas juste un idéal ! La chasteté est la réalisation à son apogée d'une personne humaine. Quand elle est vécue dans l'amour, c’est la vertu qui nous permet de vivre notre sexualité de façon constructive et non destructive.

Alors, est-ce que le célibat avec abstinence sexuelle est encore possible ?

Bien entendu ! Mais cela prend une formation. D'ailleurs celle-ci est la même qu'il faut pour vivre en couple !

Comment se forme-t-on ?

En apprenant comment fonctionne l'érotisme et en traitant nos angoisses, parce que celles-ci amènent à des compulsivisés incontrôlables. Que l'on soit célibataire ou marié, c'est la même chose…

Je ne suis pas en accord avec saint Paul. Ce n'est pas vrai que le mariage est la solution à ceux qui ne sont pas capables de vivre le célibat. Une personne qui ne peut pas vivre seule n'est pas plus apte à se marier !

Le célibat consacré, ce n'est pas seulement vivre sans relation sexuelle ! C'est aussi toute une proposition à vivre dans la liberté intérieure. Je me répète : les plus grands ennemis à une sexualité mature sont les angoisses non résolues en soi.

Mais où apprendre à apprivoiser ses angoisses ?

Malheureusement, il y a très peu d'endroits pour le faire dans la société canadienne. C'est pour cela que j'ai fondé, avec des collègues, l'Institut international de développement intégral.

Dans son bouquin Père manquant, Fils manqué, le psychologue Guy Corneau écrit que la problématique humaine de cette société pro-sexuelle est que nous vivons des rapports humains sans câlin et sans la pleine expression de ses émotions. Selon lui, c'est cela qui amènerait à un grand nombre de relations extramaritales et extraconjugales…

Je ne suis pas en accord avec Corneau. Je l'ai écouté à plusieurs reprises lors de conférences et je trouve que plusieurs de ses propos déraillent.

Je suis en accord avec lui quand il affirme qu'un père manquant fait un fils manqué. Sur ce point, il dit vrai. Son propos est une simple copie du sexo-analyse.

Toutefois, il oublie de dire qu'un père manquant crée un fils qui, devenu adulte, sera aux prises avec des fortes angoisses. Et si son fils ne résout pas celles-ci, il sera pris avec des compulsivisés érotiques incontrôlables.

Et puis ce n'est pas avec des caresses, des tendresses et des embrassades qu'on résout les anxiétés humaines. Ces comportements se concluent par de la généralisation de conflits. Contrairement à l'enfant, l'adulte mature est capable de vivre sans caresses, comme il est capable d'en donner et d'en recevoir en conformité avec son engagement vocationnel.

Je trouve vraiment regrettable que, ces dernières années, on ait créé toute une génération d'esclaves sur le plan sensuel. Pour être bien en soi, il est très important de traiter rapidement ses angoisses pour trouver le chemin vers la liberté.

Qui est Jésus pour vous ?

Il est vraiment ressuscité ! C'est lui qui donne le salut et qui assure qu'aucune épreuve, voire aucune mort, ne puisse m'enlever ce qui est essentiel à ma vie, c'est-à-dire la vie et l'amour.

Pour moi, il est la sécurité maximale. Il est une présence qui assure le vital en moi. Il est vraiment présent et agissant, peu importe ce qui arrive, peu importe les échecs, même la mort. La vie et l'amour sont assurés en lui dans sa résurrection. Pour moi, il est quelqu'un qui fait partie de la promesse du salut. Il est venu. Il est réel ! Il s'est incarné ! Il est mort et ressuscité…

Qu'est-ce qu'il apporte de plus à votre profession de sexologue ?

Dans ce travail, je suis toujours en train de rencontrer des personnes souffrantes et désespérées qui portent des grosses blessures en elles. Les blessures causées à la sexualité marquent beaucoup l'humain. Elles sont très profondes et donnent beaucoup de désespoir. Elles vont jusqu'à créer une perte du sens de la vie. Quand je rencontre les gens, Jésus est essentiel, car il agit à l'intérieur du processus thérapeutique.

Institut international de développement intégral (I.I.D.I.)
2285, chemin Saint-Louis, local 300
Sillery, Québec, Canada
G1T 1R5 – (418) 650-1184
www.circulationquebec.com/sante/sexologie

*L'I.I.D.I. offre des services sexologique, psychologique et d'accompagnement humain

(Revue Sainte-Anne, février 2004, pp. 57 et 73)

26 mai 2026

PATRIMOINE : La maison Gauvreau, à Rimouski

La maison Gauvreau, à Rimouski

Par Benoit Voyer

26 mai 2026

Si vous êtes dans la région de Rimouski, il faut absolument voir la maison Joseph-Gauvreau, une très belle maison d’autrefois. Elle est située au coin des rues de l’Évêché et de la Cathédrale.

Selon un document du ministère de la Culture et des Communications du Québec, « la maison Joseph-Gauvreau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à son style architectural. Elle est un témoin rare, dans la région de Rimouski, de l'éclectisme victorien qui se manifeste au Québec au tournant du 20ᵉ siècle. La maison emprunte ses qualités formelles au style néo-Queen Anne et son ornementation au classicisme afin d'exprimer la réussite professionnelle de ses occupants. L'édifice est dans un état de conservation satisfaisant, malgré les modifications importantes qui ont altéré son unité stylistique, dont la perte de sa grande galerie sur trois côtés.

Le Dr Joseph Gauvreau dictant une lettre
La maison Joseph-Gauvreau présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant du statut de certains de ses propriétaires. En effet, la maison est construite en 1906-1907 pour le docteur Joseph Gauvreau [né en 1870 et décédé en 1942], un des précurseurs de l'hygiène et de la médecine préventive au Québec […]. Mais [il fut] aussi [un] homme de lettres et [un] ardent nationaliste canadien-français. Elle demeure sa propriété jusqu'en 1918. » Dans cette maison grandiront plusieurs de ses enfants, dont Marcelle Gauvreau, la grande amie du frère Marie-Victorin, le fondateur du Jardin botanique de Montréal. Elle sera sa plus fidèle collaboratrice.

Le document du ministère de la Culture et des Communications du Québec ajoute qu'« entre 1930 et 1947, la résidence appartient à Jules-André Brillant [né en 1888 et décédé en 1973], le plus important financier-entrepreneur de la région du Bas-Saint-Laurent, fondateur de Québec-Téléphone et membre du Conseil législatif.

La maison Joseph-Gauvreau présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à la diversité des fonctions qui y sont associées. De 1907 à 1909, le docteur Gauvreau l'utilise comme résidence et cabinet médical. Il aménage au rez-de-chaussée la Pharmacie Les Bains, une clinique d'hydrothérapie dont la renommée s'étend à tout le Québec. De 1950 à 1984, la maison cumule les fonctions résidentielle et commerciale, alors que l'entreprise J. E. Mailloux, Ornements d'église, loge au rez-de-chaussée et au sous-sol. Les pièces de l'étage et des combles sont louées à des pensionnaires. »

La Maison Joseph-Gauvreau est une des belles maisons de la ville de Rimouski.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer


Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com

Hommage à Samuel de Champlain
NOUVELLE-ÉCOSSE – La Société nationale de l'Acadie en collaboration avec Power Corporation Canada et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse a rendu hommage à Samuel de Champlain en érigeant un buste du marin coulé dans le bronze. L'œuvre a été érigée au site national historique de Port-Royal.

Le cardinal Ouellet fête sainte Anne
CARAQUET – Le cardinal Marc Ouellet, de Québec, a présidé les cérémonies de la fête de sainte Anne, le 26 juillet, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick. Sa présence voulait souligner le 400ᵉ anniversaire de présence française en Amérique.

Une religieuse fête ses 100 ans
CARAQUET – Sœur Cécilia Boudreau, en religion Marie-de-la-miséricorde, une religieuse de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, a célébré au début de l'été son centième anniversaire de naissance.

Les amis de l'orgue
EDMUNDSTON – La 10ᵉ édition des Amis de l'orgue d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick, a eu lieu les 28, 29 et 30 juillet à la cathédrale de l'Immaculée-Conception. Cette manifestation culturelle accueille chaque année quelque 2 000 spectateurs, c'est-à-dire plus de 500 par récital.

Un livre sur l'histoire du diocèse de Rimouski
RIMOUSKI – « Le clergé de l'archidiocèse de Rimouski » est le nouveau livre d'histoire du diocèse rimouskois. Celui-ci jette un regard sur l'histoire du clergé séculier de 1867 à 2002 Il contient 571 pages et compte 445 notices biographiques avec photographies. Le livre est publié sous la direction de l'archiviste Sylvain Gosselin et de l'historien Nive Voisine.

Une femme célèbre un mariage religieux
SAINT-CYPRIEN – Denise Caron est la première femme du diocèse de Rimouski à présider la célébration d'un mariage religieux. Cette ancienne agricultrice est devenue animatrice de pastorale il y a un peu plus d'une année. Elle a eu ce privilège parce que le curé avec qui elle travaille a dû s'absenter de la paroisse. Les nouveaux mariés étaient Chantal Plourde et Stéphane Dubé.

Départ de Mgr Jean-Guy Couture
CHICOUTIMI – Puisque Mgr Jean-Guy Couture, évêque de Chicoutimi durant 25 ans, vient d'avoir 75 ans, il a remis sa démission de son poste. Dans une interview accordée au Progrès-Dimanche, il dit que l'Église d'ici a bien changé : « Quand je suis arrivé, il y a 25 ans, il y avait des curés dans toutes les paroisses et plusieurs vicaires. Aujourd'hui, il y a un prêtre pour trois paroisses. En contrepartie, les laïcs ont pris une place beaucoup plus importante. Ils sont une centaine dans le diocèse, en plus d'une quarantaine de diacres ».

Membres émérites de l'hôpital de Chicoutimi
CHICOUTIMI – Parmi ses premiers membres émérites, l'hôpital de Chicoutimi a honoré son fondateur, Mgr Dominique Racine, et les cinq Augustines qui sont arrivées à Chicoutimi le 24 mai 1884, pour prendre en charge l'hôpital de la marine qui deviendra l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier.

Les 100 ans des Antoniennes
CHICOUTIMI – Les Antoniennes de Marie ont célébré le 100ᵉ anniversaire de fondation de leur communauté.

Nouvel évêque à Chicoutimi
CHICOUTIMI – Mgr André Rivest a été nommé évêque du diocèse de Chicoutimi. Il a été intronisé dans sa nouvelle terre en septembre. Il était le collaborateur du cardinal Jean-Claude Turcotte.

8 M$ pour un couvent
QUÉBEC – La Ville de Québec investit 4 M$ dans l'acquisition et la mise aux normes du couvent Notre-Dame, situé dans l'arrondissement Beauport. Elle souhaite lui donner une nouvelle vocation. Le couvent deviendra un centre culturel, touristique et communautaire. Il a été construit en 1886.

Église illuminée
QUÉBEC – C'est cet automne que devrait se réaliser le projet d'éclairage de l'église de Cap-Rouge, construite en 1889. Le coût du projet est évalué à 100 000 $.

Concours d'orgue
QUÉBEC – L'organiste Ryan Enright a gagné le grand prix du Concours d'orgue de Québec. Il a reçu une bourse de 15 000 s. Il a également obtenu un prix spécial pour la meilleure interprétation de l'œuvre commandée pour le concours « Étude héroïque » de la compositeur Rachel Laurin. Enright est assistant organiste à la cathédrale anglicane Christ Church, à Montréal.

Rénovations au centre diocésain
TROIS-RIVIÈRES- Le diocèse de Trois-Rivières a profité des beaux jours de l'été pour rénover son centre diocésain de pastorale, situé sur la rue Laviolette, en face du palais de justice. Le chantier comprenait des travaux de peinture autour de l'immeuble qui a plus de 100 ans et le décapage de la brique au jet d'eau. La principale section de l'immeuble a servi d'hôpital à la fin du 19ᵉ siècle.

Congrès de l'AFEAS
TROIS-RIVIÈRES – Le 38ᵉ congrès provincial de l'Association féminine et d'action sociale (AFEAS) a eu lieu, les 19, 20 et 21 août, à l'hôtel Delta, à Trois-Rivières. Le rassemblement avait pour but de discuter de 43 résolutions que les douze groupes régionaux de l'AFEAS ont choisies. Les membres ont profité de l'occasion pour honorer le travail de plusieurs d'entre elles. L'AFEAS a pour but de surveiller les intérêts des femmes.

La fierté des gens de Sainte-Angèle
SAINTE-ANGÈLE-DE-PRÉMONT – Il n'y a pas d'attraits touristiques et de méga-entreprises dans la municipalité de Sainte-Angèle-de-Prémont. Sa force réside en ses résidents et la fierté qui habite chacun d'eux. Lorsqu'il est question de solidarité, ils sont imbattables. L'église qu'ils ont construite en 1992 au coût de 165 000 S en est la preuve. Elle est entièrement payée. « Il n'y avait plus d'église […]. Et quand il n'y a plus d'église, tout est mort. Alors, il fallait faire quelque chose. Les gens se sont donc serré les coudes. On a donné un coup… », a expliqué Lévis Saint-Yves, un citoyen du village, au quotidien Le Nouvelliste.

Centenaire
SAINTE-THÈCLE – Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a présidé la célébration de clôture des festivités du centenaire de la construction de l'église de Sainte-Thècle. Le thème principal de ces fêtes était : « l'église, pivot de la vie communautaire. »

Réflexions de Roland Leclerc
TROIS-RIVIÈRES – Décédé il y a près d'une année, l'abbé Roland Leclerc demeure présent dans les médias. Ces jours-ci, son dernier livre paraît dans les librairies. Il contient 85 textes choisis parmi ses chroniques qu'il a rédigées, entre janvier 1998 et novembre 2003. Les profits de la vente des 5 000 exemplaires du livre seront versés au Fonds Roland-Leclerc.

Un nouveau centre de spiritualité
DRUMMONDVILLE – Le presbytère de la paroisse Sainte-Thérèse, à Drummondville, pourrait devenir un centre de spiritualité destiné aux personnes en difficulté. Il est actuellement désaffecté. Pour le comité fondateur, formé de gens de tous les milieux, il s'agit d'une façon innovatrice de contrer le déclin du christianisme et de la spiritualité chrétienne en Occident, et plus particulièrement au Québec. Le nouveau centre serait unique puisqu'il ne serait pas chapeauté par l'Église et il pourrait offrir ses services aux gens de partout à travers la province. Le presbytère, construit en 1937, compte 15 chambres prêtes à être aménagées.

Le maire remercie Dieu
SHERBROOKE – Le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, a frôlé la mort lors d'une excursion de pêche au saumon sur la rivière Magog. Dans une descente de rafting, l'embarcation dans laquelle il prenait place a chaviré. Lorsqu'il est sorti de l'eau, échoué sur un rocher, il a remercié Dieu de lui avoir laissé la vie. Dans les heures qui ont suivi le drame, il a décidé de remplacer sa traditionnelle joute de golf par une visite à l'église Saint-Roch où il a participé à une messe célébrée par l'abbé Robert Jolicoeur. « Je devais un merci à Dieu… », a-t-il confié au quotidien La Tribune.

Le Concile des jeunes
SHERBROOKE – Du 2 au 6 juillet, le 16ᵉ Concile des jeunes, organisé par Marie-Jeunesse, a attiré plus de 400 jeunes du Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et d'outre-mer dans la région de Sherbrooke.

Fondation de la surdité
LONGUEUIL – Mgr Jacques Berthelet, évêque du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, et Tony Leroux, de l'Institut Raymond-Dewar, sont les patrons d'honneur de la campagne de financement annuelle de la Fondation de la surdité de Montréal.

Neuvaine de neuf semaines
SAINT-CAMILLE – Inauguré en 1900, le sanctuaire Saint-Antoine, situé à Saint-Camille dans la région d'Asbestos, a accueilli un grand nombre de fidèles à l'occasion de sa neuvaine annuelle de neuf semaines à saint Antoine, appelée « Mardis de saint Antoine », du 15 juin au 10 août.

Des nouvelles de Dieu
MONTRÉAL – Cet automne, Télé-Québec donne « Des nouvelles de Dieu ». La série fait le point sur différents aspects de la question religieuse, de la transmission traditionnelle de la pratique religieuse jusqu'à l'apparition au Canada de nouvelles religions, en passant par la place de la science dans la perception du divin, l'expérience spirituelle, les notions de bien et de mal, etc. Même si cette série n'est pas la meilleure sur le sujet, elle mérite néanmoins d'être regardée.

La restauration du patrimoine religieux
MONTRÉAL – La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamps, explique que le gouvernement du Québec n'a pas les moyens financiers pour contribuer financièrement à tous les projets de restauration d'églises et de lieux du patrimoine. Elle invite tous les intervenants à une réflexion afin de trouver d'autres moyens pour aider à la réalisation de ces travaux.

Le Carmel est à vendre
MONTRÉAL – Suite à des rumeurs de vente du Carmel de Montréal à un promoteur privé qui veut transformer le site en condominium, Action Solidarité Grand Plateau (ASGP) a demandé au conseil de son arrondissement, situé sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, de tenir un débat public au sujet du développement du bâtiment et du terrain des Carmélites afin qu'il ne soit pas privatisé.

Presbytère à vendre
NOTRE-DAME-DE-LA-LORETTE- Suite au départ à la retraite de la dernière religieuse des Sœurs Notre-Dame du Bon Conseil, le presbytère catholique de la municipalité de Notre-Dame-de-Lorette, dans le diocèse de Chicoutimi, est à vendre.

Il manque 8 M$ pour rénover la cathédrale de Valleyfield

VALLEYFIELD – Estimés à 18 M$, les travaux de rénovation de la cathédrale de Valleyfield ont été arrêtés à cause de l'insuffisance des fonds. Il manque encore 8 M$ pour pouvoir les compléter. Jusqu'à maintenant, les assurances ont payé 5 M$, le gouvernement du Québec 3 M$, divers retours de taxes, TPS et TVQ ont permis d'amasser un autre million et un donateur anonyme de la région a également donné 1 M$.

L'Écho d'un peuple
OTTAWA – Mgr Marcel Gervais figurait parmi les invités d'honneur de la grande première du spectacle à grand déploiement : « L'Écho d'un peuple », présenté par Francoscénie. Le spectacle met en scène quatre siècles d'histoire francophone en Amérique. Il a été présenté durant l'été dans la capitale.

Des femmes s'opposent à l'établissement d'un tribunal islamique
TORONTO – Des imams de Toronto permettent le mariage de jeunes filles musulmanes de moins de 16 ans et la polygamie. C'est pour cette raison que des groupes de femmes musulmanes s'opposent à l'établissement de tribunaux islamiques en Ontario. Ce tribunal appliquerait au Canada la charia, c'est-à-dire la loi de l'islam. Les opposants font remarquer que les femmes qui refuseraient risquent d'être frappées d'ostracisme par la communauté.

Jean Pliya au Canada
WINDSOR – Jean Pliya, prédicateur laïc très connu en Europe et en Afrique, était de passage au Canada, en juin, pour une tournée d'évangélisation. Il a notamment visité les gens de Windsor, au Québec. Originaire du Bénin, il est l'auteur de plusieurs volumes de spiritualité, dont « Des ténèbres à la lumière ». Père de sept enfants, il est membre du Comité international du renouveau charismatique, au Vatican.

Mgr Roussin honoré par le Vatican
VANCOUVER - 44 archevêques métropolitains ont reçu le Pallium des mains du pape Jean-Paul II. Parmi ces prélats figure Mgr Raymond Roussin, archevêque de Vancouver.

Les langues amérindiennes menacées
YELLOWKNIFE – Seulement trois des soixante langues amérindiennes parlées au Canada survivront. C'est ce qu'estime un groupe de travail canadien sur la préservation des langues au pays.

Religieuse décorée par la Police Montée
CALGARY – Sœur Dorothy Levandosky, bénédictine, a reçu la médaille de l'Association de la police de Calgary pour son travail d'écoute et d'assistance. Elle est actuellement la seule personne non-policière à recevoir pareil honneur. Son centre d'écoute aide et soutient psychologiquement et moralement les agents de police qui affrontent des situations de stress à leur travail.

(Revue Sainte-Anne, octobre 2004, pp. 396 à 398)

25 mai 2026

PATRIMOINE : La chapelle Sainte Anne

La chapelle Sainte Anne de Sainte-Marie, en Beauce

Par Benoit Voyer

16 mai 2026

La chapelle Sainte-Anne est construite en 1891 selon les plans de l’architecte Georges-Émile Tanguay.

La chapelle peut accueillir 400 personnes et est faite de pierres des champs taillées.

Dans le lieu de culte on peut y « vénérer » deux soi-disant reliques de sainte Anne : l’une donnée par l’archevêque de Québec en 1949 et « un petit doigt de sainte Anne » donné en 1943 par l’évêque de Carcassonne, en France.

Et puis deux vieilles statues représentant sainte Anne. La première de bois peint œuvre de François-Noel Levasseur donnée en 1778 par « M. Magnan ». On lui attribue plusieurs miracles. La deuxième, située au-dessus du portail en bois sculpté et doré, œuvre d’Henri Angers, réalisée en 1928.

Elle est la troisième chapelle construite sur cette terre. Les deux précédentes étaient en bois. Elles ont été bâties en 1778 et 1832.

Ce lieu de piété a toujours eu pour but de satisfaire la dévotion envers la grand-mère de Jésus des catholiques de la seigneurie et, jadis, d’implorer cette dernière de les préserver des dégâts d’inondations. À l’époque, le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré était difficile d’accès. La construction voulait contrer « la distance infranchissable » qu’il y avait pour y aller.

Suite à la pandémie de la Covid 19, le Diocèse de Québec a désacralisée la chapelle et elle a été vendue à des intérêts privés.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Jean Gratton, Évêque émérite de Mont-Laurier

Mgr Jean Gratton,
Évêque émérite de Mont-Laurier

« Il faut que l'Église retrouve un chantier nouveau dans l'Évangélisation. Évidemment, cela demande un esprit de pauvreté. On fera de plus en plus de petits gestes qui paraîtront moins qu'autrefois. »

Benoît Voyer

OTTAWA – Il y a déjà cinq ans que Mgr Jean Gratton n'est plus à la tête du diocèse de Mont-Laurier. Malgré lui, il a bien fallu qu'il donne sa démission puisque le Droit canon, la loi vaticane, stipule qu'un évêque, sauf celui de Rome puisqu'il est pape, doit démissionner à l'âge de 75 ans.

L'évêque à la retraite vit maintenant au centre diocésain d'Ottawa. Il a choisi d'habiter la capitale canadienne parce qu'il n'a pas trouvé d'endroit convenable pour se loger dans son ancien diocèse et, aussi, pour ne pas être une ombre pour son successeur, Mgr Vital Massé.

Malgré ses 80 ans, il demeure un homme à l'esprit vif et assez actif.

Même s'il habite la région ottavienne, il est beaucoup plus au fait de l'actualité du Québec, surtout celle de Mont-Laurier, que de celle de l'Ontario et d'Ottawa. Il ne peut pas nier ce fait, son cœur est encore à Mont-Laurier.

Il m'aborde, le sourire aux lèvres, et me sert chaleureusement la main. Il est content de saluer un francophone du Québec.

La vieillesse commence à laisser des traces sur son corps. Le teint de sa peau est un peu plus grisâtre, il boîte un peu et respire un peu plus difficilement. Il a aussi l'ouïe plus fatiguée. Cela se constate rapidement puisqu'il faut lui parler un peu plus fort. Il est conscient de tout cela.

Il en a des choses à dire ! Tout se bouscule sur ses lèvres. Il parle vite, vite, vite. Il veut tout dire en même temps et passe d'une idée à l'autre. Il y a aussi longtemps qu'il n'a pas accordé une entrevue à un journaliste.

Il veut surtout parler de la situation de l'Église au Canada, particulièrement de celle de la province québécoise. Qu'importe les questions, il revient sur le sujet. Il est visiblement préoccupé par elle, car elle traverse un bien mauvais moment, de manière particulière au Québec. Pour lui, il n'y a aucun doute sur ce point, elle vit une profonde période de changements qui l'amène vers un ailleurs qu'on ne connaît pas encore.

BENOÎT VOYER – La situation de l'Église du Québec n'est pas facile en ce moment… Cela semble beaucoup vous préoccuper !

JEAN GRATTON – C'est dramatique ! Et je ne parle pas juste de statistiques, là ! Au Québec, on a été forcé, plus qu'ailleurs, de se prendre en main. La mise en application de la loi 118 dans les écoles a été un moment fort difficile. Maintenant, ce n'est pas juste le fait que nos enfants fréquentent une école catholique qu'ils le sont. C'est fini l'époque où on est catholique uniquement de nom !

B.V. – Est-ce que c'est une crise unique ?

J.G. – Non ! Je pense que nos vies et le monde en général vivent une époque difficile. Et ça n'a rien à voir avec les événements du 11 septembre 2001. Le monde se pose beaucoup de questions…

B.V. – Le théologien Normand Provencher (Revue Sainte-Anne, novembre 2004) pose la question : « Trop tard ? L'avenir de l'Église… » Est-ce que c'est la fin du catholicisme au Québec ?

J.G. – Bien au contraire ! Je pense qu'en ce moment l'Église vit une belle chance… Je ne suis pas du genre à la voir disparaître, à la manière de Provencher que je connais bien. Je ne suis pas pessimiste. C'est une époque comme il y en a eu d'autres dans l'histoire de l'Église, époque où nous sommes obligés d'agir dans l'ombre et non pas seulement à partir de structures qui existent déjà, notamment l'école et la paroisse.

Il faut que l'Église retrouve un chantier nouveau dans l'Évangélisation. Évidemment, cela demande un esprit de pauvreté. On fera de plus en plus de petits gestes qui paraîtront moins qu'autrefois.

B.V. – Vous semblez dire que les nouvelles richesses de l'Église d'ici sont la foi et les valeurs qu'elle transmet…

J.G. – Exactement ! C'est une période qui ressemble, selon mes observations, à celle des premiers chrétiens. Jusqu'à la conversion de Constantin en 337, les chrétiens ont agi dans l'ombre. C'est ainsi qu'ils ont fait l'éducation de la foi. Ils allaient dans les catacombes. Ne nous imaginons pas que les catacombes étaient des cachettes ! Ces endroits étaient connus des gens. Ils ont fait leur bout de chemin dans un monde qui était fatigué. Le monde romain l'était !

Cette période de l'histoire m'inspire beaucoup. Elle me dit qu'il faut travailler où nous pouvons le faire ; dans l'ombre, mais réellement ! Il faut embarquer énormément de monde !

B.V. – Est-ce que vous êtes en train de dire qu'il faut développer une pastorale de l'amitié et de la proximité ?

J.G. – Je dis plutôt qu'il faut créer une pastorale qui accepte une certaine humilité, mais sans s'arrêter d'évangéliser. Cette pastorale établira des contacts et des formes nouvelles. Il va falloir vivre des pauvretés et, en même temps, des générosités. Cette nouvelle façon de voir devra s'instaurer, pas seulement au Québec où la crise est actuellement plus visible, mais partout au Canada et en Occident.

B.V. – La crise est profonde !

J.G. – C'est une période d'humilité et d'engagement. Pour un bout, plusieurs vont voir ce qui se passe comme un échec, voire une crise sévère. Alors, si c'est une crise, on va se soigner et prendre les moyens pour s'en sortir.

La période que l'Église d'ici traverse n'est pas négative. Je prie beaucoup pour elle ! Elle doit retrouver l'essentiel. C'est la période d'une nouvelle évangélisation.

Il y a un effort nouveau à faire et il doit se faire (!). Il faut parfois des événements comme la Loi 118 au Québec pour nous pousser un peu. Il en sera de même avec la crise des vocations. Il faut une plus grande générosité et que la femme et les laïcs prennent davantage de place.

On parle beaucoup de l'Église du Québec, mais sa situation difficile n'est pas unique ! La crise commence aussi à se transporter ici, en Ontario, notamment à Toronto. Et pas juste dans le milieu francophone !

Mgr Jean Gratton,
évêque émérite de Mont-Laurier
Centre diocésain
1247, place Kilborn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
(613) 738-5025
(613) 738-0130 – télécopieur
rparent@ecclesia-ottawa.org


Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte-Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître !

(Revue Sainte-Anne, mai 2005, p. 201)

24 mai 2026

SANTÉ MENTALE : Génétique et troubles mentaux

 En vieillissant, l'homme produit moins de spermatozoïdes 
Génétique et troubles mentaux

Par Benoit Voyer

24 mai 2026

Dans l’imaginaire, l’homme croit qu’il sera fertile jusqu’à la fin de sa vie. Pourtant, comme pour la femme, plus la quarantaine avance, moins ils le sont. En effet, le nombre de spermatozoïdes qu’il produit et leur mobilité, c’est-à-dire leur capacité à féconder un ovocyte, diminuent considérablement. Les études scientifiques démontrent qu’avec l’âge, le génome des gamètes des hommes s’altère par fragmentation de l’ADN. Ainsi donc, le risque que l’enfant qui pourrait en résulter développe des troubles psychiatriques (schizophrénie, troubles bipolaires) et des anomalies génétiques augmente énormément, tout comme le risque de fausse couche chez sa partenaire.[1]

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[1] Cf, Rebecca Arondel. « Congélation des spermatozoïdes : les hommes se sentent moins concernés », Ouest France (Angers / Segre), 11 mai 2026, p. 25.

CALENDRIER LITURGIQUE : Le 24 mai est la mémoire du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau


Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau repose dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, au Québec.


LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Marcel Gervais, archevêque d'Ottawa

Mgr Marcel Gervais,
archevêque d'Ottawa

« Le problème est que si on ne va pas à la messe de manière régulière, on n'est pas exposé à l'Évangile. On en vient à oublier qui nous sommes et quelle est notre mission. Ceux qui ne vont pas à la messe finissent par perdre la foi. »

Benoît Voyer

OTTAWA – Le pape Jean-Paul II a convoqué, le 10 juin 2004, une « Année de l'Eucharistie ». Celle-ci a débuté le 10 octobre 2004, lors du congrès eucharistique mondial qui a eu lieu à Guadalajara, au Mexique, et se terminera lors de la prochaine assemblée ordinaire du synode des évêques qui aura lieu au Vatican du 2 au 29 octobre 2005 et qui aura pour thème « L'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Église ». L'Église canadienne n'a pas manqué de souligner cette année spéciale.

L'archevêque d'Ottawa, Mgr Marcel Gervais, qui quittera sa fonction épiscopale dans quelques mois, puisqu'il aura 75 ans, a accepté de répondre à des questions et des affirmations parfois difficiles à propos de l'eucharistie.

REVUE SAINTE ANNE – Mgr, qu'est-ce que l'eucharistie ?

MARCEL GERVAIS – Elle me fait penser à ma jeunesse au Manitoba. Aller à la messe était important pour nous parce que c'est un rassemblement. J'ai grandi dans une partie de cette province où il y avait beaucoup de protestants et d'anglophones. On se réunissait donc le dimanche pour voir les cousins et les cousines, les tantes et les oncles et d'autres membres de la famille canadienne-française catholique. La messe était vraiment un élément très joyeux de nos vies. L'eucharistie est donc un moment de rassemblement pour prier et nous réjouir ensemble.

Lorsque je parle de l'Eucharistie, l'image que j'aime utiliser est celle qui se retrouve dans les écrits du premier siècle.

Comme les grains de blé dans les champs, ceux qui sont éparpillés partout, chacun est seul, isolé des autres. De même pour les raisins. Ils sont sur une ligne, sur les collines. Ils sont séparés les uns des autres.

Pourquoi le blé et les raisins sont-ils là ? Ce n'est pas seulement pour l'apparence. C'est pour les rassembler : les grains doivent être recueillis ; les raisins mûrs doivent être vendangés. C'est la mission du grain et du raisin. C'est leur raison d'exister.

Le pain n'est pas pétri d'un seul grain de blé. C'est impossible ! Le vin n'est pas le fruit d'un seul raisin… Il faut que les grains de blé soient rassemblés. Il faut que les raisins soient recueillis et rassemblés aussi. C'est seulement à ce moment qu'il est possible de faire le pain et le vin. Tout comme nous, ce n'est qu'une fois rassemblés qu'il est possible de faire communauté.

RSA – La messe commence lorsque la communauté est rassemblée ?

MG – L'eucharistie commence chez vous, lorsque vous vous préparez à partir : vous faites votre toilette et vous rassemblez les petits, etc. Ça fait partie de l'eucharistie, ça ! C'est ainsi parce que nous répondons à l'appel du Seigneur. Ce n'est pas celui du prêtre et de l'évêque ! C'est vraiment celui du Seigneur qui dit à tous les disciples : « Rassemblez-vous et devenez l'Église, faites l'Église ! »

RSA – La célébration est séparée en plusieurs parties. Quel est l'objectif de la liturgie de la Parole ?

MG – C'est par la Parole de Dieu que nous nous transformons peu à peu. C'est en écoutant l'Évangile et en entendant parler de lui qu'on devient peu à peu de la farine et du vin. Cependant, pour cela, il faut que le blé soit moulu. C'est un processus assez difficile. Il faut que le raisin soit pressé. Il doit fermenter pour devenir du vin. La liturgie de la Parole symbolise tout le travail de la rencontre de la Parole de Dieu et de nos vies.

RSA – Qu'est-ce qu'il y aurait à améliorer dans les liturgies eucharistiques ?

MG – La procession des offrandes. C'est beaucoup plus simple d'avoir le vin et le pain juste à côté de l'autel. Ça va beaucoup plus vite ! Malheureusement, de cette manière, on perd le sens de ce que nous vivons.

Il faut que la procession commence à l'arrière de l'église ; il faut qu'elle soit accompagnée de la croix et des acolytes ; il faut que ce soient les laïcs qui apportent les offrandes ! Pourquoi ? Parce que le pain et le vin qu'ils emmènent sont eux et nous ! Ils sont toutes nos sueurs, toutes nos peines, toutes nos joies, tout notre travail… (!)

Durant cette démarche, nous symbolisons en marchant (car les symboles parlent !) : « Allez ! Tout le monde ensemble ! Allez ! Rassemblez-vous ! Faites un « focus » sur le pain et le vin, car c'est nous-mêmes que nous offrons au Seigneur. Nous sommes portés sur l'autel… »

Par le pouvoir de la parole, ce pain et ce vin qui nous représentent sont changés en Corps et en Sang du Christ, en sacrifice pur et en offrande. Ce que nous sommes devient le Corps et le Sang du Christ.

RSA – La messe est un mémorial symbolique… (??)

MG – La messe est neuve chaque fois qu'on la célèbre. Ce n'est pas une répétition. C'est neuf parce que le Christ c'est nous !

Le pain rompu est mangé et une seule coupe est partagée. C'est le Sang du Christ. Le Corps du Christ devient notre chair. Le Sang du Christ parcourt nos veines. Ce qu'il y a en nous devient aussi Corps et Sang du Christ.

RSA – L'eucharistie est un élément du présent ?


MG – Le passé devient présent. On peut se joindre au sacrifice de Jésus, qui ne s'est vécu qu'une seule fois, et le rendre présent aujourd'hui parce qu'il est uni à nos souffrances, à nos peines, à nos joies, à nos accomplissements… C'est l'acte du présent parce qu'on fait partie du sacrifice du Christ. C'est nous !

RSA – Nos frères protestants – pour qui l'eucharistie est une mémoire du passé – ne croient pas que Jésus soit vraiment vivant dans ce pain et ce vin. Quelle est donc la différence entre présence réelle et mémorial ?

MG – C'est toujours un mémorial. On se rappelle le sacrifice du Christ. Mais pour nous, les catholiques, cet événement n'en est pas seulement un du passé, c'est un événement éternel qui est toujours présent. Jésus dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ! » Le Christ ne souffre plus, mais, nous (!), nous souffrons, nous faisons des sacrifices, nous mettons de côté notre égoïsme et le reste… Nos vies s'expriment dans l'eucharistie parce que celles-ci sont unies à celle du Christ sur la croix, le Christ qui est mort et ressuscité.

RSA – Lors de la prière au Saint-Sacrement, Jésus est vraiment vivant dans l'hostie ?

MG – Oui ! (La question le surprend) On y croit ! Ce n'est pas juste symbolique !

RSA – Pourquoi dois-je croire que Jésus est vivant dans un morceau de pain et une coupe de vin ? C'est une réalité difficile à saisir !

MG – (Il reste en silence. Il faut admettre que la question n'est pas facile.

RSA - Jésus est vraiment vivant dans l'hostie ?


MG - Oui ! Il est là ! (II rit. On sent une certaine nervosité.

RSA - Comment ça se passe ? Par la foi, direz-vous !


MG — Bien sûr que c'est par la foi ! C'est un miracle ! Nous croyons que Dieu s'est fait homme, qu'il est devenu chair comme nous, qu'il a eu des os et du sang comme nous... Il s'est donné pour nous, pour nous nourrir, pour nous soutenir, pour nous donner des forces. Ce que je vous explique ici est que le pain et le vin nous sont donnés. Nous sommes nourris du pain qui nous fortifie et du vin qui nous réjouit afin que les autres soient fortifiés et qu'ils partagent notre réjouissance. Le pain est là pour dire que le Christ est présent pour nous nourrir.

Lorsqu'on fait l'adoration du Saint-Sacrement, nous devons avoir en vue que Jésus est notre nourriture, qu'il est notre boisson, qu'il est notre vie... C'est lui qui soutient tout ce que nous sommes !

RSA – Pourquoi est-ce que c'est si important d'aller à la messe chaque dimanche ou, au moins, une fois par semaine ?

MG – La règle du Droit canon est beaucoup moins contraignante que cela ! L'Église nous oblige d'aller à la messe au moins une fois l'an pour faire ses Pâques.

Le problème est que si on ne va pas à la messe de manière régulière, on n'est jamais exposé à l'Évangile. On en vient à oublier qui nous sommes et quelle est notre mission. Ceux qui ne vont pas à la messe finissent par perdre la foi. D'ailleurs, il faudrait en venir à réfléchir à l'Évangile plus d'une heure par semaine…

RSA – Mais ce n'est pas intéressant pour un jeune de 16, 20 ou 30 ans d'aller à la messe ! Il trouve cela monotone ! Il finit par appeler cela « le sacrement des personnes âgées » !

MG – (L'expression le fait rigoler) C'est très réel ce que vous dites là ! C'est pour cette raison qu'il faut redécouvrir, par la grâce de Dieu, le mystère du salut Ici, en Ontario, on a quelques mouvements de jeunes qui acceptent le défi. Un de ces groupes s'appelle « The National Evangelisation Tees ». C'est une excellente organisation. Il y a là des jeunes qui ont découvert le Christ.

Lorsqu'on découvre que le Christ est une personne réelle à qui l'on peut parler et avec qui on peut dialoguer, ça change tout ! Dès cet instant, on n'est plus obligé d'essayer de convaincre les gens d'aller à la messe.

RSA - Comment redécouvrir l'importance de l'eucharistie ?

MG – Lorsqu'un problème est gros, il faut penser petit. Cette redécouverte passera inévitablement à travers les petits groupes de foi.

Mgr Marcel Gervais,
Centre diocésain
1247, place Kilbomn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
(613) 738-5025
(613) 738-0130 – télécopieur

Vous connaissez une personne exceptionnelle qui mériterait un reportage ou une interview dans la Revue Sainte-Anne ? Écrivez-nous quelques mots pour nous la faire connaître !

(Revue Sainte-Anne, octobre 2005, pp. 393 et 398)

23 mai 2026

POLITIQUE : Quelques secrets sur le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau

Quelques secrets sur le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau

Par Benoit Voyer

23 mai 2026

Que l’on soit ou non en accord avec ses idées politiques, le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau était un intellectuel brillant qui aimait les joutes oratoires.

L’homme politique, né en 1919, a considérablement marqué la vie politique canadienne, notamment comme premier ministre, fonction qu'il a exercée de 1968 à 1984 presque sans interruption.

« Toute sa vie, Trudeau défendit sa vision du Canada comme une fédération forte et unie, fondée sur les droits individuels. Son discours sur le Canada et la société juste inspira toute une génération », écrit-on devant son mausolée, à Saint-Rémi, en Montérégie.

À titre de premier ministre canadien, en 1969, Pierre Trudeau touche 25 000$ et passera à 33 300 $ de 1974 à 1978. En 1980, de retour à la tête du pays, il augmentera son salaire à 45 900 $.[1]

Peu de gens s’en souviennent. Pierre Elliott-Trudeau était catholique. C’est ce que révélait en 2005 William Heward Grafftey, ex-ministre des Sciences et de la Technologie sous le gouvernement de Joe Clark, en 1979, et ex-député fédéral de Brome-Missisquoi, au Québec, un ami intime de l’ancien premier ministre du Canada. Il disait : « Pierre était croyant. Sa foi était solide et c'était un fervent catholique. Il se rendait souvent à la chapelle des Franciscains, boulevard René-Lévesque, près de l'avenue Atwater », à Montréal.[2]

Le 15 septembre 1972, à l’occasion de l’élection canadienne du 30 octobre 1972, il participe à un grand rassemblement au Palais des sports [3], à Granby.

Ce jour-là, il s’arrête, avec Louis-Paul Neveu, son candidat dans la circonscription de Shefford, à la Maison Regina Mundi, le centre de retraites spirituelles des Trinitaires. L’arrêt ne figure pas sur l’itinéraire officiel [4]. Ils rencontrent les membres de l’Ordre religieux et les personnes qui y travaillent. Le père Jean-Paul Regimbal est de ce nombre [5]. Pierre Elliott-Trudeau profite de ce répit dans sa longue campagne électorale pour se recueillir dans la chapelle.

Lieu de sépulture, à Saint-Rémi, en Montérégie
Il est décédé à Montréal, le 28 septembre 2000.


____________________

[1] Benoit Voyer. “Le salaire de nos élus”, Huffington Post Québec, 31 janvier 2016. www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-salaire-de-nos-elus_b_9082734
[2] Benoit Voyer. “Nouvelles de chez nous”, Revue Sainte-Anne, mars 2005, pp. 108 à 110.
[3] Jacques Fleury. « Les autres partis ne pourront faire mieux – Trudeau », Voix de l’Est, 16 septembre 1972, p. 1.
[4] La visite de Pierre Elliott-Trudeau, à Granby, est prévue vers 18 h 30 Il arrive par la rue Montagne (aujourd’hui la rue Mountain) en direction de la rue Principale. Tout porte à croire que le cortège bifurque par le chemin Robitaille afin de faire un arrêt chez les Trinitaires, loin de la foule. Le premier ministre est attendu au Palais des sports vers 19 h 15 et doit repartir 60 minutes plus tard en direction de l’aéroport de Bromont où son avion l’attend pour se rendre à Shearwater, dans les Maritimes. Cf. Jacques Fleury. « Tout est prêt pour Trudeau », La Voix de l’Est, 15 septembre 1972, p. 3.
[5] Est-ce que Jean-Paul Regimbal et le premier ministre ont eu des échanges particuliers ? Jusqu’à maintenant la recherche n’indique rien à ce sujet.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

Le jardin secret

MONTRÉAL – Dans la dernière édition du bulletin « La Voix de Jésus-Nazaréen », publié par la Fondation les amis du Père Armand Gagné (FAPAG), le Trinitaire confie que sa vie a changé depuis qu'il est devenu animateur de pastorale au centre hospitalier de Verdun, à Montréal : « Depuis que je suis aumônier dans un hôpital et que je suis en contact avec les grands malades, j'ai appris tant de choses sur le jardin secret des êtres. Pourquoi pensez-vous que, souvent à l'hôpital, il y a un changement radical dans leur vie ? C'est le silence qui leur permet d'entrer dans le jardin secret. [ ... ] Nous avons besoin de faire le vide [en soi] plus que jamais. Il faudrait même que dans nos célébrations religieuses, il y ait plus de moments de silence. » www.fapag.org

La crise du logement
GATINEAU – Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, est très préoccupé par la question de la crise du logement depuis que les médias de l'Outaouais ont dévoilé des cas d'insalubrité et raconté l'histoire de familles évincées de leur domicile. Dans une déclaration publique, publiée à l'occasion de la Semaine sainte, il écrit que « la crise du logement est, en fait, une crise sociale. » Il souligne qu'il ne manque point d'unités locatives, « mais que les gens n'ont pas les moyens de se les payer. » Puis, il ajoute que, de 1988 à 2004, au Québec, les personnes pauvres ont perdu 28 % de leur pouvoir d'achat. Durant ce temps, 1 % des personnes de la province qui gagnent 200 000 $ et plus par année se sont enrichies de 13 %. « Jusqu'où allons-nous tolérer de telles situations ? Il faut arrêter cette hémorragie sociale », insiste-t-il. www.diocesegatineau-hull.qc.ca

Nouvel évêque auxiliaire à Burlington
BURLINGTON – Voisin du sud du diocèse canadien de Saint-Hyacinthe, le diocèse américain de Burlington accueille un nouvel évêque auxiliaire. Mgr Salvatore Ronald Matano a été nommé coadjuteur par la curie vaticane. Le diocèse de Burlington regroupe une population de 608 827 dont 149 048 personnes sont catholiques. Les effectifs diocésains regroupent 168 prêtres, 38 diacres et 261 religieux. Mgr Matano est né en 1946, à Providence (États-Unis), et a été ordonné en 1971. Jusqu'à sa nomination, il était collaborateur du nonce apostolique de Washington. www.vermontcatholic.org

Un Canadien devient coadjuteur au Honduras
CHOLUTECA – Le père Guy Plante, prêtre des Missions étrangères (PMÉ), originaire de Montréal, a été nommé évêque auxiliaire au diocèse de Choluteca, au Honduras. Plusieurs de ses amis du Canada sont allés célébrer l'événement avec lui en Amérique latine, dont le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe qui, d'ailleurs, a longtemps été missionnaire dans ce pays (il est aussi membre de la même congrégation religieuse), Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette et Mgr André Vallée, évêque de Hearst. www.smelaval.org/pays/bresil-accueil.html

L'AÉQ devient l'AÉCQ
MONTRÉAL – Changement de dénomination sociale : L'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) porte maintenant le nom d'« Assemblée des évêques catholiques du Québec » (AÉCQ). www.eveques.qc.ca

Les évêques et le mariage
TORONTO – La Conférence des évêques catholiques de l'Ontario (CECO) vient de publier le document « Un vrai mariage – Un sacrement pour la vie », sur le sens chrétien du mariage. Il est accompagné d'une lettre de Mgr Richard Smith, président de la CECO et évêque de Pembroke. www.occb.on.ca

Jean Vanier au Canada
MONTRÉAL – À l'occasion d'un passage à Montréal, pour s'occuper des affaires courantes de l'Arche au Canada, Jean Vanier a prononcé une conférence, le 31 mars, au Centre chrétien métropolitain, sur la rue Saint-Denis, à Montréal. www.larchecanada.org

Fête de saint Joseph
MONTRÉAL – Le 19 mars, l'Oratoire Saint-Joseph, fondé par le bienheureux Alfred Bessette, connu sous le nom de Frère André, a souligné la fête liturgique de saint Joseph, époux de Marie, la mère de Jésus. Pour l'occasion, Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique au Canada, Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, et le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, ont présidé les célébrations solennelles à la basilique à 10 heures, 14 h 30 et 20 heures. Cette année, l'Oratoire souligne son centenaire « avec tout l'amour du monde ». www.saint-joseph.org

Le cardinal de Montréal appuie l'Institut Marie-Guyart
MONTRÉAL – Le 16 mai, à l'hôtel Hilton Bonaventure, à Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte a présidé un dîner-bénéfice au profit de la Fondation des Amis de l'Institut Marie-Guyart, à l'occasion de son vingtième anniversaire. La Fondation Guyart, autrefois connue sous le vocable de « Institut catholique de Montréal », a pour mission d'aider des étudiants à poursuivre des cours à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, dans le cadre du baccalauréat en éducation préscolaire et primaire. La faculté forme de futurs professeurs. Cependant, pour ce qui est de la formation en enseignement moral et religieux, il n'y a que l'Université du Québec à Montréal (UQAM) qui offre encore le programme dans les universités du Québec. Marie Guyart est la fondatrice des Ursulines de Québec. Elle est mieux connue sous le nom de Marie de l'Incarnation. www.marieguyart.ca

Le cardinal de Montréal à la défense de CKAC
MONTRÉAL – Le cardinal Jean-Claude Turcotte et une soixantaine de personnalités montréalaises s'opposent à la fermeture de la salle des nouvelles de la station radiophonique CKAC 730. Ils demandent au Conseil de la radio et de la télévision canadienne (CRTC) de modifier sa décision. Ils souhaitent que soit protégé le caractère généraliste et informatif de cette radio, au nom de la diversité des sources d'informations au Québec.

Le pape doit-il démissionner ?
QUÉBEC – Le cardinal Marc Ouellet, de Québec, avait souhaité que le pape Jean-Paul II n'ait jamais à abandonner ses fonctions.

Un missionnaire à abattre
BRASILIA – La vie du père Henri Desrosiers, missionnaire canadien au Brésil, est en danger. Le religieux et avocat figure sur une liste de personnes à abattre à cause de sa défense des paysans sans terre. Une récompense de 50 000$ aurait été promise par de riches propriétaires terriens. Pour sa sécurité, il a été placé sous surveillance par la police brésilienne.

Les églises violent la loi

TORONTO – Lorsqu'elles aident et fournissent un gîte aux personnes sans statut de réfugié qui n'ont pas le droit de demeurer au Canada, les églises violent la loi. C'est ce que révèle une note interne du Conseil canadien des Églises (CCE) rendue publique par la Presse canadienne. www.ccc-cce.ca

JMJ Cologne
QUÉBEC – Au Canada, 4000 jeunes participeront à la Journée mondiale de la jeunesse qui aura lieu du 16 au 21 août à Cologne. Le diocèse de Québec représentera 10 % de la délégation avec 400 jeunes. www.cccb.ca/Files/JMJ2005_Canada.html

ALPEC : nouvelle cuvée
OTTAWA – Les Éditions Bayard et Novalis lanceront, à l'automne, une nouvelle sélection de chants pour les célébrations liturgiques dans la collection ALPEC. Ces nouvelles chansons religieuses marqueront le retour des fiches ALPEC, nées dans le diocèse de Québec au milieu des années 1970. L'œuvre du centre ALPEC, qui a perdu la vitesse de croisière de ses premières années, a repris, au début des années 1990, grâce au travail de l'abbé Patrice Vallée, qui exerce son ministère ecclésial dans la région de la Beauce. C'est maintenant Bayard-Novalis qui reprend la destinée de la collection musicale. Celle-ci comprend un grand nombre de classiques qui ont marqué l'histoire de la musique liturgique francophone canadienne et quelques pièces qui méritent d'être connues, dont « Kyrie (12) » de Benoît Voyer et « Tu fais des merveilles » de Jacques Morin. www.novalis.ca

Le « confessionnal de verre » du cardinal de Québec
QUÉBEC – Grâce à trois généreux donateurs, le cardinal Marc Ouellet peut réaliser son rêve de voir aménager un bureau d'accueil en verre à l'entrée de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, à quelques pas de la tombe du bienheureux François de Laval, pour entendre les confessions et rencontrer les fidèles sans rendez-vous ! www.diocesequebec.qc.ca

Les bons diables
MONTRÉAL – « Les bons diables » est le nom de l'équipe de hockey des prêtres catholiques du diocèse de Montréal. Ils jouent pour garder la forme physique.

Un prêtre refuse la communion à un député
TIMMINS – Charlie Angus, député néodémocrate de Timmins-Baie-James, en Ontario, a été informé par le prêtre de l'église catholique qu'il fréquente régulièrement qu'il refusera de lui donner la communion durant la messe s'il vote en faveur du projet de loi en faveur des mariages entre personnes de même sexe. Le député trouve l'attitude de ce membre du clergé fort blessante. L'affaire est survenue le 16 février.

Les Canadiens divorcent à répétition
OTTAWA – De plus en plus de Canadiens vivent des divorces à répétition. Selon Statistique Canada, entre 1973 et 2003, le nombre de personnes qui divorcent pour la deuxième fois et plus a triplé.

UNIV 2005
CITÉ DU VATICAN – « Ne cédez pas aux illusions mensongères et aux modes éphémères qui laissent souvent un tragique vide spirituel […] Engagez-vous par conséquent à entretenir en vous-mêmes le courage pour ne pas accepter des comportements et des divertissements caractérisés par l'excès et le bruit », écrivait Jean-Paul II dans un message, lu par l'archevêque Leonardo Sandri, substitut de la secrétairerie d'État du Vatican, aux 4000 jeunes de 51 pays qui participaient à la rencontre internationale « UNIV 2005 » à Rome, promue par l'Opus Dei. Parmi ces jeunes figuraient 10 Canadiennes, dont 8 de Toronto et 2 de Montréal. Parmi elles, il y avait Sze Wan Tit, étudiante en médecine à l'université de Montréal (voir un article à son sujet dans l'édition d'octobre 2004). www.fr.opusdei.ca

Appui aux étudiants
OTTAWA – La Conférence religieuse canadienne (CRC), organisme qui représente les communautés religieuses canadiennes, appuie les associations étudiantes des niveaux collégial et universitaire du Québec qui s'opposent à la coupure de 103 M$ dans le régime des bourses aux étudiants, somme désormais convertie en prêts étudiants.

Contre l'islam intégriste
QUÉBEC – La députée libérale provinciale du Québec, Fatima Houda-Pépin, est en croisade afin d'empêcher l'instauration de l'islamisme intégriste au Québec. Musulmane d'origine marocaine, elle s'oppose à l'établissement au Québec des tribunaux islamiques qui administrent les mariages et les divorces selon les préceptes de la loi islamique. www.assnat.qc.ca/fra/membres/notices/g-i/houf2.shtml

Études sur la polygamie
OTTAWA – Le gouvernement du Canada a commandé une étude sur la polygamie. Elle est réalisée dans le cadre des débats sur la redéfinition du mariage. Elle a été demandée de toute urgence et un budget de 150 000$ lui a été consacré.

Baptêmes à la hausse
MONTRÉAL – Les baptêmes sont à la hausse dans le diocèse de Montréal. En 2001, 156 baptêmes ont été célébrés. En 2003, le chiffre s'élève à 226.

Pour trouver l'âme sœur
MONTRÉAL – « Le Tandem » est le seul organisme de la région montréalaise qui permet aux célibataires catholiques de se rencontrer. En réalité, il offre une approche différente des agences de rencontres traditionnelles et des sites de clavardage rose. « Le Tandem » propose des activités inusitées. Il y a peu de temps, il proposait une retraite spirituelle à l'abbaye cistercienne d'Oka, afin de vivre des instants de réflexion. Il propose, notamment, en plus d'une démarche de transcendance, des activités en plein air. Le but est toujours le même : permettre aux participants de faire connaissance de personnes qui partagent les mêmes valeurs. Pour le reste, on ne sait jamais ! www.spiritualite2000.com/tandem

Nouvelles armoiries pour le diocèse
JOLIETTE – Le diocèse de Joliette, à l'occasion de son centenaire, a dévoilé les nouvelles armoiries de son diocèse. Il met en vedette l'histoire des origines du diocèse et la croissance harmonieuse de son histoire et de la foi chrétienne avec la culture régionale. www.diocesedejoliette.org

(Revue Sainte-Anne, juin 2005, pp. 252 à 254)

22 mai 2026

INFRASTRUCTURES : Un pont au-dessus de la rivière Saguenay ?

Un pont au-dessus de la rivière Saguenay ?

Par Benoit Voyer

22 mai 2026

J’ai toujours été en faveur de la construction d’un pont sur la route 138 au-dessus de la rivière Saguenay entre Baie Sainte-Catherine et Tadoussac. Cependant, à la suite de la lecture du « Mémoire : Analyse des risques critiques du projet de pont sur la rivière Saguenay – Entre urgence hydrique et aberration financière » de Nathalie Maynard, une thèse bien documentée qui compte une vingtaine de pages, ma certitude est partie.

L’auteure est principalement contre le projet d’un pont dans la région et souhaite la poursuite des activités des traversiers pour des raisons environnementales. De mon côté, ce sont les coûts qui m’ont étonné.

Selon le ministère des Transports du Québec, le projet du pont est estimé à plus de 4,2 G$. Le chiffre est conservateur. Les dépassements risquent de faire grimper le coût réel à 6 ou 7 G$ (peut-être plus!) et ne comptent pas les problématiques qu’il faudra résoudre par la suite – parce qu’il y en aura –, les intérêts sur la dette et l’entretien annuel de l’infrastructure.

À un taux d’intérêts très conservateur de 4 % sur les intérêts annuels, on parle d’une facture de 260 M$. Ce sont les chiffres de 2025.

L’auteure du mémoire écrit qu'« en additionnant les intérêts de la dette et les frais de maintenance préventive (estimés à 50 M$), la facture récurrente pour les contribuables s’élèverait à 310 M$. » Ce montant est cinq fois le coût annuel de la traverse actuelle.

Ces chiffres évolueront très probablement vers le haut avec la fluctuation des taux d’intérêts et l’inflation. La construction d’un tel pont me semble pour l’instant une folie budgétaire. L’argent qu’on mettra dans ce nouvel ouvrage, en enlèvera pour les urgents besoins de mise à niveau des infrastructures partout au Québec.

Autres trucs…

La construction d’un pont au-dessus du Saguenay et de la modernisation du réseau routier que ce projet amènera inévitablement (on parle de 13 kilomètres de tunnels et d’échangeurs routiers) nécessitera des milliers de tonnes de béton et d’acier. La nature fragile de l’écosystème du Fjord est donc menacée.

Enfin, les risques environnementaux évoqués par Nathalie Maynard sont justes et à considérer. En exemple, « le forage prévu […] change radicalement la nature du risque. Contrairement au dynamitage de surface, l’excavation en profondeur intercepte directement les nappes phréatiques. En agissant comme un drain géant, ces tunnels risquent de détourner les veines d’eau » et d'en assécher d’autres. L’approvisionnement en eau des habitants de la région qui est menacé. Si cela arrivait, ce sont d’autres milliards de dollars qu’il faudrait encore injecter pour permettre aux gens du coin d’avoir accès à de l’eau potable."

Je pense qu’il faut arrêter le projet de la construction de ce pont et tout simplement mettre au goût du jour les infrastructures maritimes déjà en place.