MUSIQUE : Béatrice au grand cœur de pirate
Par Benoit Voyer
22 septembre 2026
C’est aujourd’hui l’anniversaire de Béatrice Martin
« Cœur de Pirate » est née le 22 septembre 1989 à Outremont, devenu un arrondissement de Montréal. Elle est la fille aînée de Nicolas Martin, un ingénieur en informatique et frère du comédien Alexis Martin, et d’Élise Desjardins. Sa mère est pianiste classique, chambriste et accompagnatrice.
Béatrice commence à jouer du piano à l'âge de trois ans. À l’âge de 9 ans, elle entre au Conservatoire de musique du Québec, à Montréal. Elle y étudie pendant cinq ans.
À 15 ans, elle se joint au groupe post-hardcore December Strikes First. Elle y joue du clavier. Plus tard, de la fin 2007 à avril 2008, elle sera brièvement la claviériste de Bonjour Brumaire.
C’est en 2008 que paraît son premier album.
En septembre 2025, Béatrice nous offre la pièce-titre Cavale, premier extrait de son nouvel album.
À partir du 6 novembre 2025, Cœur de Pirate part pour une nouvelle tournée. Elle termine son année 2025 à Montréal, Québec, Toronto, Sherbrooke et Moncton. En février et mars 2026, elle est en Europe où elle s’arrête, notamment à Strasbourg, le 26 février, et à Paris, le 12 mars. Enfin, en avril et mai, elle se produit en Montérégie, dans les Laurentides, à Laval, en Outaouais et dans la pittoresque région de Lanaudière.
Une artiste au tournant d’une nouvelle étape
Près de dix-huit ans après ses débuts remarqués aux Francos de Montréal, Cœur de Pirate demeure une figure importante de la chanson québécoise. Toutefois, derrière le succès, les tournées et les albums, Béatrice Martin arrive aujourd’hui à un moment de réflexion sur la suite de son parcours.
Lors d’une entrevue accordée au Journal de Montréal, le 19 juin 2026, elle confiait songer à ralentir la cadence. Les Francos de Montréal occupent une place particulière dans son histoire : en 2008, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, le festival lui avait offert une première grande visibilité en lui permettant de se produire au Club Soda. Cette occasion avait contribué à lancer sa carrière, notamment vers le marché européen.
Aujourd’hui, alors qu’elle poursuit la tournée Cavale, elle reconnaît que les longues heures sur la route sont plus exigeantes que jadis. La séparation avec ses enfants, Romy et Arlo, est toujours un peu difficile. Après plusieurs années consacrées à la musique, elle ressent le besoin de mieux prendre soin d’elle.
Dans cet entretien, Béatrice Martin racontait qu’elle vit avec un syndrome auto-inflammatoire non différencié, une réalité qui l’amène à considérer davantage ses limites physiques et mentales. Elle ne remet pas en question son amour de la musique, mais elle réfléchit à une nouvelle façon de poursuivre son parcours.
Après avoir connu les grandes scènes du Québec et de l’Europe, Cœur de Pirate semble maintenant chercher un équilibre différent entre la création artistique, la santé et la vie personnelle.
FLASH : Le sentier du puits, à Val-des-sources
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| Le sentier du puits, à Val-des-sources, en Estrie, le 22 septembre 2026. Il s'agit de l'ancienne mine d'Asbestos qui peu à se végétalise. |
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Existe-t-il une manière chrétienne de faire de la politique ?
Par Benoît Voyer
22 septembre 2026
Le chrétien engagé en politique ne doit pas se croire supérieur aux autres. Bien au contraire, il doit respecter ceux qui ne partagent pas ses opinions et même admettre que leurs idées peuvent être meilleures que les siennes.
C’est en ces termes que Claude Ryan, ancien chef du Parti libéral du Québec, répondait à la question : Est-ce qu’il y a une manière chrétienne de faire de la politique? Il s’agit d’idées qu’il partageait, le 16 février 1997, dans une conférence qu’il donnait à la basilique-cathédrale Notre-Dame, à Québec.
Il n’y allait pas par quatre chemins : le christianisme doit être reconnaissable dans la manière d’agir du politicien, pas uniquement dans les convictions professées. En ce sens, il doit se méfier de ses ambitions personnelles et des « illusions messianiques » que peut susciter le pouvoir politique.
Concrètement, il disait : « Le chrétien qui s'engage en politique doit le faire à son titre de citoyen, avec une humilité de bon aloi, sans aucune pensée de supériorité ou d'infériorité envers quiconque. Il doit être conscient que, personnellement, il est l'égal — sans plus — des autres personnes qui partagent le même engagement, quelle que soit leur allégeance religieuse. Il doit en conséquence aborder son travail avec une attitude fondamentale de respect envers les personnes qui ne partagent pas ses opinions et en admettant a priori qu'il peut arriver que leurs idées soient meilleures que les siennes. Il doit aussi s'employer à bien comprendre l'objet et les enjeux de la politique, les limites inhérentes à ce mode d'action et les conditionnements concrets qui en règlent l'exercice en démocratie. La personne bien avertie de ces choses sera mieux prémunie contre ses propres ambitions et aussi contre certaines illusions messianiques trop souvent véhiculées par les milieux politiques. »
Il ajoutait : « il est impossible de traiter des partis politiques sans parler aussi de l'enjeu suprême de leur action, qui est le pouvoir. Celui-ci fascine l'imagination. On se le représente volontiers comme synonyme de puissance illimitée et de domination. Or, la réalité concrète du pouvoir invite bien davantage à la prudence et à l'humilité qu'à l'orgueil ou à la vanité. »
En revanche, Claude Ryan va encore plus loin. Certaines exigences évangéliques doivent devenir des comportements concrets. Il en donnait une liste précise : la soif de la justice, le respect de la vérité, le souci du travail en profondeur, l'attention aux membres les plus faibles de la société, l'amour de l'adversaire, le pardon des offenses, l'oubli de soi dans le service, le détachement à l'égard de la richesse et des honneurs et la liberté intérieure face à tous les pouvoirs humains. N’est-ce pas ce que Jésus disait ? « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (cf. Lc 8, 19-21).
Cela demande, évidemment, une conversion du cœur : « il ne fait pas exception pour ceux et celles qui sont engagés dans la politique. La conversion doit se traduire non par des gémissements vains mais par des actes concrets. »
Dans son allocution, Claude Ryan précisait même les domaines dans lesquels la foi chrétienne devrait devenir visible : l'intégrité politique, les droits de la personne, le respect de la vie, l'environnement, une juste répartition des chances et des charges, la famille et l'enfance, les conséquences humaines de l'économie, l'éducation, la santé, les services sociaux et la solidarité envers les personnes vulnérables.
GRANDES RELIGIONS : L’islam peut-il se réformer ?
Par Benoit Voyer
22 septembre 2026
La question est au cœur des débats, parfois prisonniers d’une vision opposant un islam présenté comme immuable à une modernité qui lui serait étrangère : l’islam peut-il se réformer?
Dans un essai, l’historien et islamologue Olivier Hanne propose une lecture différente : l’histoire de l’islam est aussi celle de débats intellectuels, de courants multiples et de confrontations entre foi, raison et interprétation.
Dans L’islam des Lumières, l’auteur rappelle que l’idée de « Lumières islamiques » ne correspond pas à une copie du modèle européen, marqué par une séparation entre raison et religion. Elle renvoie plutôt à la capacité des sociétés musulmanes à développer leur propre réflexion sur le savoir, la philosophie et la place de l’être humain dans le monde.
Olivier Hanne cite notamment l’époque abbasside, au IXe siècle, comme un moment majeur d’ouverture intellectuelle. Sous le règne du calife Al-Mamoun, Bagdad devient un centre scientifique et philosophique important, où mathématiciens, astronomes et penseurs cherchent à faire dialoguer l’héritage grec et la pensée islamique. Le courant rationaliste des Mutazilites défend alors l’idée d’un être humain doté de raison et de libre arbitre.
Cette période d’effervescence ne sera toutefois pas sans opposition. Des courants religieux plus rigoristes contestent progressivement l’usage de la philosophie et privilégient une interprétation plus stricte de la tradition. Pour Olivier Hanne, cette tension entre ouverture et fermeture, interprétation et dogme, traverse toute l’histoire musulmane.
Olivier Hanne insiste aussi sur la diversité des expressions de l’islam selon les époques et les régions. « La diversité des formes de l’islam est frappante d’un espace à l’autre », écrit-il, rappelant qu’il n’existe pas une seule manière de vivre ou de comprendre cette religion.
Mais cette diversité s’est parfois accompagnée de violences contre des penseurs considérés comme hérétiques. Le philosophe mystique persan Sohrawardi, le grand poète soufi Mansur Al-Halladj ou encore le réformateur soudanais Mahmoud Mohamed Taha ont tous été victimes de persécutions en raison de leurs idées.
Aujourd’hui, des penseurs musulmans réformateurs continuent d’exister, mais leur influence demeure limitée. Selon Olivier Roy, qui signe la préface du livre, « les penseurs musulmans réformateurs existent aujourd’hui, mais ils n’ont pas encore trouvé leurs lecteurs parmi leurs coreligionnaires ».
La question demeure donc ouverte : l’islam peut-il évoluer tout en restant fidèle à ses fondements? L’histoire montre en tout cas qu’il n’a jamais été une tradition figée, mais un espace traversé par des débats, des interprétations et des visions différentes de la relation entre la foi, la raison et la société.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Des enfants esclaves, une réalité du Soudan en guerre
Marie-Claude Girard
« Ce n’est pas facile de parler d’esclavage au Québec. On n’arrive pas à croire que c’est possible. » Pourtant, l’organisme humanitaire où milite le père trinitaire Armand Gagné, de Granby, affirme avoir racheté et libéré récemment 1050 esclaves soudanais, surtout des femmes et des enfants enlevés par des groupes paramilitaires.
Selon Solidarité chrétienne internationale, une organisation non gouvernementale (ONG) basée en Suisse, il y aurait toujours des dizaines de milliers d’esclaves dans ce pays d’Afrique de l’Est déchiré par la guerre civile et la famine qui en découle. Parmi eux, on compterait surtout des chrétiens et des animistes. Dirigé par une dictature islamiste, le Soudan est secoué par le conflit opposant le Nord, arabe et musulman, au Sud, noir, chrétien et animiste.
Le père Gagné revient d’Espagne où il a rencontré les responsables des opérations. On rapporte différents sévices, travaux forcés, torture, viol, excision, conversion obligée à l’islam. Selon les membres du CSI, certains des enfants revendus au Nord seraient entraînés et endoctrinés pour aller combattre leur propre peuple, au Sud-Soudan. D’autres pourraient alimenter l’industrie pornographique, avance M. Gagné, vice-président québécois de l’organisme.
D’après l’Agence France-Presse, le gouvernement soudanais a démenti la présence d’esclaves dans les régions qu’il contrôle, blâmant plutôt la guérilla sudiste. Les autorités affirment qu’une enquête a démontré dans le passé que ceux que l’ONG considère comme des esclaves sont des prisonniers de guerre capturés lors d’affrontements tribaux et relâchés habituellement après le paiement d’une rançon par la tribu ou le gouvernement.
Le gouvernement a toujours démenti, note le père Gagné. Les prises de position des membres de la CSI (Christian Solidarity International) leur ont fermé les frontières du Soudan. Ils y sont donc allés en douce, en janvier, quelques heures seulement, le temps de régler les transactions, explique M. Gagné. Ce sont des gens établis au pays qui aident les esclaves affranchis à retourner dans leurs familles, ajoute-t-il.
Depuis 1995, la CSI dit avoir libéré 5066 personnes au Soudan. Elle se défend d’encourager ainsi le trafic d’esclaves. En entrevue au réseau britannique BBC, un des responsables, John Eibner, déclarait l’été dernier que l’opération ne favorisait pas la pratique puisque celle-ci a cours de toute façon. Le prix d’échange, l’équivalent de 76 $ canadien, n’aurait pas changé depuis 1995.
Il aurait même baissé un peu, selon un reportage paru cette semaine dans le magazine français Le Point et consacré à l’esclavage au Soudan. On décrit ce trafic comme une arme pour « arabiser » le sud du pays déjà affligé par la famine.
Ironiquement, la congrégation des Pères trinitaires a été fondée il y a 800 ans pour enrayer l’esclavage. Aujourd’hui, le père Gagné ne peut que constater que les drames se répètent. « Je trouve ça effrayant. Surtout qu’avec des organismes internationaux humanitaires, on n’arrive pas à faire connaître ces situations. C’est un des scandales de cette fin de siècle. »
(La Presse, 1er février 1999)
JOURNÉE MONDIALE DE LA MALADIE D'ALZHEIMER
Par Benoit Voyer
21 septembre 2026
Préparer soi-même un repas au moins une fois par semaine pourrait être associé à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées.
Les chercheurs de l’Institut des sciences de Tokyo ont suivi pendant six ans près de 11 000 Japonais âgés de 65 ans et plus. Ils ont constaté que les personnes qui cuisinaient au moins une fois par semaine présentaient un risque réduit de 23 % à 27 % de développer la maladie d’Alzheimer comparativement à celles qui cuisinaient moins souvent.
Selon cette étude japonaise, publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health, l’effet semblait encore plus marqué chez les personnes qui déclaraient ne pas bien savoir cuisiner au départ, peut-être parce que l’apprentissage de nouvelles habiletés stimule davantage les fonctions cognitives.
Les chercheurs demeurent toutefois prudents : il s’agit d’une association et non d’une preuve de causalité. Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce lien, notamment l’activité physique liée aux courses et à la préparation des repas, la stimulation mentale ainsi qu’une alimentation souvent plus riche en produits frais et moins transformés.
Alors que la maladie d’Alzheimer demeure incurable, les spécialistes rappellent que plusieurs habitudes de vie peuvent contribuer à réduire ou retarder le risque, notamment l’activité physique, les interactions sociales, le contrôle de la tension artérielle et la stimulation intellectuelle.
Le 21 septembre est la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer.
FLASH : Messe à l'église catholique Saint-Henri, à Mascouche
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| Messe du 21 septembre 2026, à 8 h 15, à l'église catholique Saint-Henri, à Mascouche, présidée par l'abbé Claude Ritchie, curé de la paroisse. |
RÉFLEXION SPIRITUELLE : L'appel
Par Benoit Voyer
21 septembre 2026
On ne sait pas grand-chose de Mathieu (appelé aussi Lévi). Selon les évangiles, on sait qu’il est un collecteur d’impôts, qu’il suit Jésus instantanément et organise un généreux repas pour lui et ses disciples.[1]
Mathieu n’est pas très estimé par ses compatriotes. On le comprend bien. Il pratique un méprisable métier à la solde de l’empereur romain.
Il est tombé bien bas aux yeux de son peuple.
L’empressement avec lequel il répond à l’appel de Jésus à le suivre montre à quel point il aspire à devenir quelqu’un de meilleur.
Jésus indique le sens de cet appel : il n’est pas venu pour « les gens bien portants » (cf. Mt 9, 9-13), mais pour aider les pécheurs à réaliser tout leur potentiel de personne juste.[2]
Comme l’écrit sainte Marguerite Bourgeoys : « Notre Seigneur, voulant instruire tout le monde de sa doctrine et de son évangile, a choisi des hommes grossiers et peu estimés des gens du monde. »[3] « Quoique je ne refuse pas de voir mon malheur, je n’ai pourtant jamais douté de la miséricorde de Dieu et j’espérerai en lui, quand je me verrai un pied dans les enfers. Mais ce qui me fait beaucoup plus de peine […] c’est de voir que je fais des fautes à tout moment et que je n’ai point de ferveur pour recourir à Dieu »[4].
Et nous, malgré les défis que nous portons dans notre existence, répondrons-nous à l’appel ?
____________________
[1] Cf. Francis Daoust, « Qui était Mathieu », Prions en Église, septembre 2024, p. 123.
[2] Cf. Francis Daoust, « Qui était Mathieu », Prions en Église, septembre 2024, p. 123.
[3] Cf. Marguerite Bourgeoys., dans « Les écrits de Mère Bourgeoys - autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 125.
[4] Cf. Marguerite Bourgeoys., dans « Les écrits de Mère Bourgeoys - autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 184.
SAINTS ET SAINTES : La vénérable Marie de la Ferré
Par Benoit Voyer
21 septembre 2026
Née en 1589 à Roiffé, aux confins du Poitou, la vénérable Marie de La Ferré grandit dans une région marquée par les conflits entre catholiques et protestants. Benjamine d'une famille de quatre enfants, elle reçoit de sa mère une profonde dévotion mariale et un grand respect de l'Eucharistie. Orpheline de mère à onze ans, elle est ensuite confiée à sa tante maternelle, Madame de Goubitz, au manoir de Ruigné, près de La Flèche. La vie mondaine qu'elle y découvre l'éloigne pendant un temps de ses préoccupations religieuses.
Le 22 juillet 1607, à l'âge de 18 ans, Marie vit au cours d'une Eucharistie une expérience spirituelle qui transforme profondément son existence. Elle abandonne progressivement les signes de sa vie mondaine et s'engage dans une recherche intense de Dieu. Elle se met au service de ses proches, de sa paroisse et surtout des pauvres du quartier de Sainte-Colombe à La Flèche. Sa réputation de piété et de charité devient telle qu'on la surnomme en ville « la sainte demoiselle ». Ses directeurs spirituels lui conseillent d'entrer dans la vie religieuse, mais chaque tentative est interrompue par la maladie.
En 1634, une nouvelle expérience spirituelle oriente définitivement sa vocation : après la communion, elle se voit dans une grande salle remplie de lits. Elle en parle à Jérôme Le Royer, qui reconnaît dans cette vision un projet qu'ils sont appelés à réaliser ensemble : l'établissement d'une nouvelle communauté. Le 18 mai 1636, Marie de La Ferré et son amie Anne Foureau rejoignent trois servantes qui travaillent déjà auprès des pauvres de l'Hôtel-Dieu. Cette étape marque le commencement de la communauté des Filles Hospitalières de Saint-Joseph.
Marie de La Ferré et la vénérable Jeanne Mance se connaissent personnellement. Lors de son passage à La Flèche en 1641, avant son départ pour la Nouvelle-France, Jeanne Mance rencontre Marie de La Ferré, alors à la tête de la jeune communauté des Hospitalières de Saint-Joseph. Les deux femmes partagent une même spiritualité tournée vers le service des malades et des pauvres. Cette rencontre crée un lien entre Jeanne Mance et la communauté fondée par Marie de La Ferré, lien qui se prolongera bien au-delà de leur rencontre.
La communauté est officiellement reconnue à La Flèche en 1643. Marie de La Ferré en devient supérieure et exerce cette responsabilité jusqu'en 1650. En 1651, elle participe à la fondation d'une nouvelle communauté à Moulins. C'est dans cette ville qu'elle meurt le 28 juillet 1652, après une existence consacrée à la prière, au service des pauvres et au développement de l’œuvre hospitalière qu’elle avait contribué à fonder avec le vénérable Jérôme Le Royer de la Dauversière.
Marie de la Ferré a été déclarée vénérable le 3 avril 2009.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le père Émilien Tardif s’éteint à 71 ans
Presse Canadienne
QUÉBEC
Le père Émilien Tardif, membre des Missionnaires du Sacré-Cœur et précurseur au Québec du mouvement du Renouveau charismatique, est décédé subitement à l’âge de 71 ans, mardi matin, à Cordoba en Argentine.
Personnage controversé, il avait défrayé la manchette à plusieurs reprises en raison notamment de ses présumés talents de guérisseur.
Installé depuis 1956 à Santo-Domingo, en République Dominicaine, il avait été invité en Argentine pour participer à une retraite où étaient réunis 300 prêtres. Inquiets de son absence au déjeuner, des confrères se sont rendus à sa chambre et l’ont retrouvé sans vie.
Il serait décédé d’un infarctus.
« C’était un homme d’une grande humilité et d’une grande bonté. Même ceux qui l’ont critiqué lui vouaient un très grand respect », a déclaré le père Claude Déry, qui l’a côtoyé depuis son cours classique et durant plusieurs années en République Dominicaine.
Né à Saint-Zacharie de Beauce le 6 juin 1928, Émilien Tardif, septième d’une famille de 12 enfants, a grandi en Abitibi. Il a été ordonné prêtre à Amos en 1955, prenant la direction de la République Dominicaine en tant que Missionnaire du Sacré-Cœur à peine un an plus tard.
C’est en 1973 qu’il aurait découvert ses dons de guérisseur, affirmant avoir été lui-même guéri de la tuberculose par deux religieuses canadiennes. Depuis ce temps, il a parcouru plus de 70 pays, prenant souvent la parole devant des milliers de personnes.
Le corps du père Émilien Tardif sera inhumé à Santiago de Los Caballeros, en République Dominicaine, dimanche.
(La Presse, Montréal, samedi 12 juin 1999, p. A22)
SANTÉ MENTALE : Marcher pour réduire l'anxiété et la dépression
Par Benoit Voyer
20 septembre 2026
La marche pourrait devenir un outil simple et accessible pour soutenir la santé mentale. L’activité physique est reconnue comme un levier contre la dépression et l’anxiété. La marche possède des effets particuliers en raison de son intensité modérée.
Dans un article paru dans l’édition du 21 mai 2026 de Sciences et Avenir, des chercheurs expliquent que le mouvement stimule une communication entre les muscles et le cerveau. Les muscles libèrent notamment des molécules appelées myokines qui favorisent la production du BDNF, une protéine essentielle à la santé des neurones et à la régulation du stress.
L’activité physique est donc recommandée lors d’épisodes dépressifs légers à modérés et pour l’anxiété. Une méta-analyse publiée en 2024 dans le British Medical Journal a également montré que la marche et le jogging figurent parmi les activités les plus bénéfiques.
FLASH : Messe à l'église catholique Saint-Paul-l'ermite
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Messe du dimanche 20 septembre 2026, à 8 h 30, à l'église catholique Saint-Paul-L'Ermite, à Charlemagne, dans le diocèse de Montréal, présidée par le père Aloysius Ebonine, omv. |
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Il n'est jamais trop tard
Par Benoit Voyer
20 septembre 2026
Dieu appelle sans cesse et il promet ce qui est juste. Les ouvriers qui arrivent tôt reçoivent le même salaire que ceux qui arrivent tard (cf. Mt 20, 1-16).
À ses yeux, personne n’est inutile.
Il n’est jamais trop tard pour répondre à son appel.
PLURALISME RELIGIEUX : Un défi pour le christianisme d'aujourd'hui
Par Benoit Voyer
20 septembre 2026
Le pluralisme religieux est une question encore plus difficile que celle de l'athéisme et de l'indifférence religieuse qui a fait couler bien de l'encre, il y a quelques années. Il amène un défi de taille au christianisme. Ce dernier doit veiller à maintenir le privilège de sa singularité comme étant LA vraie religion et trouver une manière de dialoguer avec les autres traditions religieuses dans le respect des visions de l'autre et de la sienne.
Le pluralisme religieux interpelle la théologie chrétienne en plusieurs aspects.
Tout d'abord, il a le défi de concilier simultanément : la permanence de la sécularisation, l'athéisme, l'indifférence religieuse, le retour du religieux et du sacré et un engouement pour des sagesses autres que celles des religions de la Bible, notamment celles de l'Orient. Le travail est imposant parce que les conciliations sont parfois quasi impossibles. L'heure est donc au dialogue.
En second lieu, il interpelle à répondre à une nouvelle question théologique fondamentale : est-ce que d'un pluralisme nous ne sommes pas théologiquement invités à envisager un pluralisme de principe qui relèverait de la volonté de Dieu ? En d'autres mots, est-ce que le pluralisme correspondrait à la volonté de Dieu ? Le théologien Claude Geffré écrit dans son ouvrage « Croire et interpréter - Le tournant herméneutique de la théologie » (Cerf, 2001) que cela est possible, mais que nous n'en savons guère la signification : « On peut penser que [...] les multiples expressions du phénomène religieux tout au long de l'histoire concourent à une meilleure manifestation de la plénitude inépuisable de l'Esprit de Dieu. »
Aussi, sans compromettre le privilège unique du christianisme, nous devons chercher à penser la pluralité insurmontable des voies vers Dieu. C'est un autre beau défi qui demande de concilier l'affirmation fondamentale de la volonté universelle de salut de Dieu avec tous les textes du Deuxième Testament qui, pour leur part, attestent qu'il n'y a pas de salut en dehors de la connaissance explicite de Jésus. Insurmontable ? Claude Geffré spécifie que cela n'est peut-être pas si insurmontable qu'on le croit.
De plus, le pluralisme religieux amène à devoir réinterpréter tous les textes de la Bible et le témoignage de la tradition chrétienne à partir de sa réalité. Le pluralisme est une nouvelle expérience historique.
Enfin, il faut replacer les textes de la longue tradition patristique et théologique dans leur contexte historique. À part le judaïsme, à l'époque des Pères de l'Église, aux premiers siècles de notre ère, on n'était pas très ouvert aux autres religions. Elles formaient des groupes de païens inspirés du diable. On était extrêmement sévère. Les Pères de l'Église avaient une expérience historique très différente de la nôtre. Des religions comme celles de la Mésopotamie, de l'Égypte et de Rome de cette partie de l'histoire sont disparues. De plus, l'islam n'était pas encore né et ils connaissaient vaguement les autres religions d'Orient. Aujourd'hui, nous faisons appel à des systèmes religiologiques nouveaux, pour les plus importants de forme théiste, qui amènent une vision différente des relations interreligieuses.
Malgré leur sévérité, les Pères de l'Église montraient tout de même un jugement fort positif à l'égard de la « Sagesse des Nations » qu'on peut aussi appeler la « sagesse philosophique des Nations ». Ces philosophies sont une théologie des semences du Verbe, car elles parlent de Dieu.
Pour un œcuménisme interreligieux efficace
Trois conditions sont essentielles pour que le dialogue œcuménique interreligieux soit efficace et porteur d'avenir.
Premièrement, il faut respecter l'autre dans son identité propre. Ainsi, il faut commencer par dépasser ses préjugés historiques non critiqués. Il s'agit plutôt de faire un acte d'imagination analogique, c'est-à-dire de déceler la ressemblance dans la différence. Il s'agit d'une attitude herméneutique dans l'esprit du document de la Commission biblique pontificale sur l'interprétation de la Bible dans l'Église. Avant de juger l'autre, il faut vraiment le connaître. Ce n'est qu'en apprenant profondément le langage de la religion de l'autre que cela est possible, mais pour cela il faut du temps et un effort intellectuel.
Deuxièmement, il faut rester fidèle à sa propre identité religieuse. Cela est simple : pour accéder à l'autre, il faut être fidèle à soi, c'est-à-dire à sa propre tradition. Si cette idée n'est pas au rendez-vous, le dialogue est impossible. On se dirige vers le confusionnisme.
Le problème est que, actuellement, il est de plus en plus difficile pour un chrétien de réfléchir à ce qu'est véritablement sa propre identité et de comprendre que toutes les vérités religieuses ne sont pas toutes complémentaires et, parfois même, elles sont inconciliables.
Faire abstraction de sa propre foi n'est pas une véritable attitude d'ouverture à l'autre, car pour s'ouvrir à l'autre le dialogue est nécessaire. Celui-ci implique la divulgation et l'accueil de ses différences mutuelles.
Enfin, pour qu'il y ait un dialogue efficace, il faut qu'il y ait une certaine égalité entre les interlocuteurs. Le dialogue implique donc que chaque personne ait un engagement absolu à sa vérité propre. Dialoguer, c'est s'ouvrir à l'autre sans faire abstraction de soi. Chacun a une vérité qui est différente. L'accueil de l'autre se fait toujours à travers le respect de la différence des idées qui s'affrontent.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le père Armand Gagné, trinitaire
Le père Armand Gagné, trinitaire
Par Benoit Voyer
collaboration spéciale
GRANBY — Le père Armand Gagné ne pouvait cacher sa chère sensibilité, dimanche soir dernier, à l’occasion d’une fête d’action de grâces soulignant son 45e anniversaire de vie religieuse et son 40e anniversaire de prêtrise. Il en a même versé quelques larmes.
Les 200 personnes réunies ont célébré avec lui toutes ces années de bonheur au service des autres.
Le grand moment de cette soirée a sans aucun doute été l’hommage de sa grande amie, l’auteure à succès Marguerite Lescop. Ils se sont connus à l’époque où le trinitaire était missionnaire au Guatemala.
« Il a le cœur grand comme le monde, mais pas toujours intelligent! », lui a-t-elle dit en boutade. « Il joue avec le monde! Il nous ferait faire n’importe quoi! Au Guatemala, il m’a fait laver les tuiles de la chapelle à quatre pattes pendant une semaine! », lui a-t-elle rappelé en riant.
Pauvre Marguerite! Avant d’aller faire un séjour de quatre mois au Guatemala, elle a généreusement contribué à la mission du père Armand à Champerico. Lors d’une visite, il lui a expliqué que les donateurs de 1 000 $ et plus verraient leurs noms inscrits sur de petites maisonnettes au cœur du village.
Rêvant déjà de voir le sien bien en vue, elle n’a pas hésité à donner un peu de son avoir! Mais lors de son séjour dans la petite cité d’Amérique du Sud, elle n’a jamais trouvé son nom. Cela a échappé au contrôle du père Gagné. En évoquant ce détail, elle l’a taquiné : « Il n’est pas toujours honnête! »
Homme à tout faire, Armand Gagné est né avec une baguette magique. Tout ce qu’il entreprend réussit.
Le père Sylvio Michaud, ministre provincial des Trinitaires du Canada, l’a bien illustré après avoir dit à Mme Lescop qu’il ira bientôt visiter la mission au Guatemala et qu’il pourrait lui aussi, moyennant une généreuse contribution de 1 000 $ ou plus, faire inscrire son nom sur une maisonnette du village. Il n’en fallait pas plus pour faire rire la foule.
Au Guatemala, le frère-prêtre s’est fait ingénieur pour l’installation d’un système d’égout au village. Il a fondé une école, un centre de nutrition et un centre d’accueil pour les personnes âgées, en plus de construire des maisons pour les villageois et de nettoyer les rues.
À Rome, où il a été conseiller général pour sa communauté, il a visité et fait connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus.
« À cette époque, il devait presque se cacher pour parler de ce sujet dans la communauté. Aujourd’hui, grâce à lui, l’Ordre des Trinitaires a fait de ce thème sa principale préoccupation renouant ainsi avec la raison première de la mission de la congrégation, il y a 800 ans », a précisé le père Michaud.
L’ordre est même en train de fonder une mission au Soudan pour aider les enfants esclaves et les nombreux chrétiens mal traités dans ce pays qui est en train de passer aux mains des musulmans fondamentalistes.
De retour à Granby depuis 1993, le père Armand a sauvé la maison des retraites spirituelles du boulevard Robert d’une fermeture certaine. Depuis qu’il est ministre du centre de ressourcement intérieur, les usagers ne cessent d’augmenter.
Au service de la libération et de la paix dans les cœurs, il a fait de cet endroit un lieu où il est possible de guérir ses blessures intérieures et de retrouver sa dignité humaine.
Durant l’homélie de la messe d’action de grâces qui a précédé la soirée des festivités, le bon père Armand a surpris tous les gens rassemblés pour lui rendre hommage en disant : « Le cheminement que j’ai suivi n’était pas celui que j’ai choisi. C’était celui que le Seigneur a voulu pour moi. Les missions que j’ai entreprises dans ma vie ont été pour répondre à des demandes de mes supérieurs. »
Souvent submergé par ses émotions, Armand Gagné, qui a prononcé il y a 45 ans ses vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et d’humilité, a finalement confessé que cette vie au service des autres l’a vraiment rendu heureux.
45 années de bonheur au service des autres !
Par Benoit Voyer
collaboration spéciale
GRANBY — Le père Armand Gagné ne pouvait cacher sa chère sensibilité, dimanche soir dernier, à l’occasion d’une fête d’action de grâces soulignant son 45e anniversaire de vie religieuse et son 40e anniversaire de prêtrise. Il en a même versé quelques larmes.
Les 200 personnes réunies ont célébré avec lui toutes ces années de bonheur au service des autres.
Le grand moment de cette soirée a sans aucun doute été l’hommage de sa grande amie, l’auteure à succès Marguerite Lescop. Ils se sont connus à l’époque où le trinitaire était missionnaire au Guatemala.
« Il a le cœur grand comme le monde, mais pas toujours intelligent! », lui a-t-elle dit en boutade. « Il joue avec le monde! Il nous ferait faire n’importe quoi! Au Guatemala, il m’a fait laver les tuiles de la chapelle à quatre pattes pendant une semaine! », lui a-t-elle rappelé en riant.
Pauvre Marguerite! Avant d’aller faire un séjour de quatre mois au Guatemala, elle a généreusement contribué à la mission du père Armand à Champerico. Lors d’une visite, il lui a expliqué que les donateurs de 1 000 $ et plus verraient leurs noms inscrits sur de petites maisonnettes au cœur du village.
Rêvant déjà de voir le sien bien en vue, elle n’a pas hésité à donner un peu de son avoir! Mais lors de son séjour dans la petite cité d’Amérique du Sud, elle n’a jamais trouvé son nom. Cela a échappé au contrôle du père Gagné. En évoquant ce détail, elle l’a taquiné : « Il n’est pas toujours honnête! »
Homme à tout faire, Armand Gagné est né avec une baguette magique. Tout ce qu’il entreprend réussit.
Le père Sylvio Michaud, ministre provincial des Trinitaires du Canada, l’a bien illustré après avoir dit à Mme Lescop qu’il ira bientôt visiter la mission au Guatemala et qu’il pourrait lui aussi, moyennant une généreuse contribution de 1 000 $ ou plus, faire inscrire son nom sur une maisonnette du village. Il n’en fallait pas plus pour faire rire la foule.
Au Guatemala, le frère-prêtre s’est fait ingénieur pour l’installation d’un système d’égout au village. Il a fondé une école, un centre de nutrition et un centre d’accueil pour les personnes âgées, en plus de construire des maisons pour les villageois et de nettoyer les rues.
À Rome, où il a été conseiller général pour sa communauté, il a visité et fait connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus.
« À cette époque, il devait presque se cacher pour parler de ce sujet dans la communauté. Aujourd’hui, grâce à lui, l’Ordre des Trinitaires a fait de ce thème sa principale préoccupation renouant ainsi avec la raison première de la mission de la congrégation, il y a 800 ans », a précisé le père Michaud.
L’ordre est même en train de fonder une mission au Soudan pour aider les enfants esclaves et les nombreux chrétiens mal traités dans ce pays qui est en train de passer aux mains des musulmans fondamentalistes.
De retour à Granby depuis 1993, le père Armand a sauvé la maison des retraites spirituelles du boulevard Robert d’une fermeture certaine. Depuis qu’il est ministre du centre de ressourcement intérieur, les usagers ne cessent d’augmenter.
Au service de la libération et de la paix dans les cœurs, il a fait de cet endroit un lieu où il est possible de guérir ses blessures intérieures et de retrouver sa dignité humaine.
Durant l’homélie de la messe d’action de grâces qui a précédé la soirée des festivités, le bon père Armand a surpris tous les gens rassemblés pour lui rendre hommage en disant : « Le cheminement que j’ai suivi n’était pas celui que j’ai choisi. C’était celui que le Seigneur a voulu pour moi. Les missions que j’ai entreprises dans ma vie ont été pour répondre à des demandes de mes supérieurs. »
Souvent submergé par ses émotions, Armand Gagné, qui a prononcé il y a 45 ans ses vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et d’humilité, a finalement confessé que cette vie au service des autres l’a vraiment rendu heureux.
(Le Plus de la Voix de l’Est, 25 septembre 1999, p. 4)
SCIENCES : Et si quelqu'un jouait réellement avec le temps ?
Par Benoit Voyer
19 septembre 2026
J'ai une confession à faire.
Chaque jour, je débute ma journée d’activités avec une liste bien organisée : il y a les priorités absolues, les fichiers importants et les choses qu'il faut absolument terminer. Puis, dans une autre colonne, toutes ces petites tâches à faire si j'ai le temps.
Mais, bon, en fin de journée, puisque je n’arrive jamais à réaliser la moitié des projets inscrits dans mon agenda, je dis souvent : « Coup donc ! Est-ce qu’il y a quelqu’un qui joue avec l'espace-temps ? Je suis sûr qu’on nous cache quelque chose et qu’ils ont enlevé des minutes à la journée. Nos journées ne durent sûrement plus 24 heures ! »
Bien entendu, je dis cela avec le sourire. Je ne suis pas un complotiste. Je ne suis donc pas en train d'élaborer une nouvelle théorie sur les horloges ou les calendriers.
Mais, savez-vous quoi ? J’ai un peu raison. Oui, les journées sont plus courtes. Les scientifiques reconnaissent désormais que notre façon de mesurer le temps repose sur un équilibre extrêmement fragile.
Je viens de lire un article paru dans l’édition du 21 mai 2026 de Sciences et Avenir qui rapporte que la Terre tourne actuellement légèrement plus vite sur son axe. La différence est infime : quelques fractions de milliseconde. Mais elle est mesurable avec les instruments les plus précis dont disposent les chercheurs.
Par exemple, le 12 juillet 2024, la Terre a même effectué une rotation complète avec 1,62 milliseconde d'avance, un record récent.
Cette avance de quelques millisecondes ne changera évidemment rien à mon quotidien. Je ne verrai pas mes journées disparaître sous mes yeux. Mais ce phénomène me rappelle une réalité fascinante : le temps que nous croyons stable et immuable est en réalité une notion que l’humanité doit constamment observer, mesurer et ajuster.
Depuis les années 1950, les scientifiques utilisent des horloges atomiques comme référence temporelle d’une précision extraordinaire. Ces horloges reposent sur la régularité des vibrations atomiques et constituent une sorte de « métronome absolu ».
Mais la Terre elle-même n’est pas une horloge parfaite. Elle bouge. Elle respire. Elle change. Sa rotation est influencée par plusieurs phénomènes : les mouvements de son noyau, des océans, de l’atmosphère et surtout l’effet de la Lune qui, depuis des milliards d’années, ralentit progressivement la rotation terrestre.
À l’échelle de l’histoire planétaire, ce changement est remarquable. Il y a des centaines de millions d’années, les jours terrestres étaient beaucoup plus courts. Il y a 400 millions d’années, une année comptait environ 410 jours, car chaque jour était plus court qu’aujourd’hui.
Finalement, cette petite découverte scientifique me pousse à repenser ce sentiment que le temps nous file entre les doigts.
Nous avons inventé les montres, les agendas, les calendriers et les applications qui organisent chaque minute de notre vie. Nous avons appris à diviser le temps en heures, minutes et secondes. Mais malgré toute cette précision, quelque chose me dépasse : le temps que je vis n'est pas toujours le temps mesuré dans la réalité.
Une heure peut sembler interminable quand on attend des nouvelles importantes. Elle peut sembler avoir passé en quelques secondes quand on est absorbé par un projet passionnant.
FLASH : La Porte Montcalm
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La reconstruction de la Porte Montcalm, au coin des routes 337 et 125, à Sainte-Julienne, avance bien. |
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le semeur et la semence
Par Benoit Voyer
19 septembre 2026
Je suis en train d’écouter « Le semeur », une chanson de Mario Pelchat parue sur disque en 1995 sur son album « C’est la vie ». À mes yeux, c’est une chanson qui figure dans les plus belles du répertoire de la francophonie.
Les paroles d’Eddy Marnay sont belles et remplies de sens : « Il est de ces gens qui laissent des traces, au-delà du temps, au-delà du vent qui passe. Il est de ces hommes qui, de leurs mains, ont enfoui dans la terre un roseau qui fleurira même après qu'il partira, car plus fort que l'hiver, il survivra. »
Plus loin, on ajoute : « Le semeur a ses rêves qu'il emporte avec lui : Une veine, une sève où l'on s'abreuve aussi pour autant qu'il demeure, on vivra à travers lui. Contre toute attente, il ne voudra croire que d'un grain qu'on plante ne naîtra que peu d'espoir. Il n'écoutera pas ce que diront sa foi, sa raison. »
Évidemment, il y a quelque chose de profondément chrétien ici. On a un peu l’impression d’entendre Jésus qui racontait dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre ; elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » (extrait de Lc 8, 4-15)
On voit que le semeur de l’histoire racontée par le Maître sème généreusement, sans savoir à l’avance ce que deviendra chaque semence. Il y a des graines qui disparaissent, d’autres commencent à pousser et meurent, mais, bien entendu, celles qui tombent dans la bonne terre « portent du fruit au centuple ».
La chanson de Mario Pelchat déplace l’image, mais reste proche : le semeur travaille pour un fruit qui le dépasse : « Il le sait déjà, pour d’autres on moissonnera… » Ici, le semeur, qui ne possède pas nécessairement sa récolte, sème, mais pour un fruit qui le dépasse.
La chanson et l’évangile dialoguent. En les écoutant attentivement se parler, ils nous montrent que nous sommes en même temps un peu le terreau qui reçoit la semence et un peu la semence laissée par les générations qui nous ont précédés. Puis, à notre tour, faisons de même pour d’autres.
Par contre, le texte au style littéraire évangélique va plus loin. Il donne de la profondeur à la chanson. Pendant que Mario Pelchat jette un regard attendri sur celui qui sème, Luc s’intéresse davantage au terrain qui reçoit la semence. De plus, il présente Jésus qui donne l’explication de sa petite histoire : ce bon grain mis en terre, c’est la Parole de Dieu : celle héritée des textes anciens et celle que Jésus vient renouveler par son enseignement. Ainsi donc, Jésus, à travers le récit de Luc, nous invite à soigner la terre où tombe la semence.
JEAN-PAUL REGIMBAL : Au désert
Par Benoit Voyer
19 septembre 2026
À la suite d’une recommandation médicale, la direction des Trinitaires du Canada décide d’envoyer Jean-Paul Regimbal à Phoenix [1], en Arizona, dans le Sud des États-Unis. Là-bas, l’air plus sec a la particularité d’être bienfaisant pour les problèmes d’asthme.
En prenant la route de l’Arizona, son cœur est lourd. Il ne comprend pas la décision de son supérieur. Il le trouve même un peu borné.[2]
Après une quinzaine de jours de repos, il téléphone à l’évêque du lieu afin de lui offrir ses services. Ce dernier accepte, bien entendu. Il lui propose de remplacer un prêtre malade à la paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, à Phoenix [3]. L’affectation plaît à Jean-Paul. Il entre en fonction le 9 septembre 1969, à 9 h.[4].
Ce matin-là, Sandy Winters vient à sa rencontre au bureau du presbytère. La dame de confession anglicane désire inscrire ses enfants à l’école catholique et se questionne sur le contenu académique.
En prenant la route de l’Arizona, son cœur est lourd. Il ne comprend pas la décision de son supérieur. Il le trouve même un peu borné.[2]
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| Église et presbytère Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus |
Ce matin-là, Sandy Winters vient à sa rencontre au bureau du presbytère. La dame de confession anglicane désire inscrire ses enfants à l’école catholique et se questionne sur le contenu académique.
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| école Sainte-Thérèse |
Sandy Winters insiste : « Je vis des situations étranges, des phénomènes spirituels particuliers et j’ai entendu dire que les catholiques attachent beaucoup d’importance à cela ».
Jean-Paul Regimbal finit par accepter de l’écouter. Elle lui raconte qu’elle parle en langues, qu’elle prophétise, qu’elle a reconduit trois prêtres à l’exercice de leur sacerdoce, etc.
Croyant à un cas de psychose religieuse, il conclut en lui disant qu’il recommuniquera avec elle afin de lui livrer sa réflexion. Avant de partir, il lui fait citer des passages de la Bible où il est question de ces manifestations.
Après une réflexion sérieuse et un regard en profondeur sur l’expérience de la Pentecôte des premiers disciples, de la vie des Pères de l’Église et de l’enseignement du Concile Vatican II, il se rend chez elle, le 11 septembre.
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| Église Sainte-Thérèse |
Jean-Paul a l’impression que se réalise dans sa vie un extrait du livre d’Osée : « C’est pourquoi, je vais le séduire, le conduire au désert et parler à son cœur. Je lui rendrai ses vignobles… » (Os 2,14)
Puisqu’il n’y a pas de catholiques qui vivent ce phénomène à Phoenix, il se joint à un groupe œcuménique charismatique.
Rapidement, la nouvelle se répand : « Un prêtre catholique prophétise et fait des miracles ».
Quelques semaines plus tard, Jean-Paul est invité au Groenland pour parler de son expérience et de la Parole de Dieu.
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| Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t. |
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[1] « C'est à Phoenix, en Arizona, en 1969, que je suis venu en contact avec le mouvement catholique du Renouveau charismatique et je peux dire, en toute franchise, que ma vie sacerdotale et religieuse en fut transformée, confirmant en cela ce que des milliers d'autres avant moi, comme des milliers d'autres après moi, ont eu le bonheur de connaître et de vivre », écrira Jean-Paul en mai 1971. Tiré de : Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971.
[2] Propos tirés d’une conférence de Jean-Paul Regimbal donnée à l’occasion d’un souper du regroupement ACTE en 1980, conférence enregistrée sur cassette audio que j‘ai écoutée en 1995 afin d‘écrire son histoire: « Quand j’ai pris la route de l’Arizona, mon cœur était lourd. Je ne comprenais pas… Je trouvais mes supérieurs bornés… » Cf. Benoit Voyer. « Le Renouveau charismatique... 25 ans déjà !», Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 20 et 21.
[3] Saint Theresa Catholic Church, 5045 East Thomas Road, Phoenix, Arizona. www.stphx.org/
[4] Propos tirés d’une conférence de Jean-Paul Regimbal donnée à l’occasion d’un souper du regroupement ACTE en 1980. Il rigolera de la situation toute sa vie: “J’ai commencé à travailler à Sainte-Thérèse le 9 septembre 1969. C’est quand même une signification! Le 9 du 9e mois en 1969. Il était 9h et Dieu préparait dans ma vie l’avènement de la 9e heure”. Cf. Benoit Voyer. « Le Renouveau charismatique... 25 ans déjà !», Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 20 et 21.
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