31 juillet 2026


POLITIQUE : Ce jour où « Maurice » devint premier ministre du Québec

Maurice Duplessis, en 1936
Ce jour où « Maurice » devint premier ministre du Québec

Par Benoit Voyer

16 août 2025

Le 17 août 1936 est une chaude journée d’été. Le ciel du Québec est bleu. Il n’est pas question ici de jeu de mots, car il n’y avait vraiment pas de nuages à l’horizon [1].

A Trois-Rivières, en ce jour d’élections au Québec, la photographie de « Maurice » est dans de nombreuses vitrines de la ville et les électeurs se dirigent en grand nombre aux urnes.

En soirée, Maurice Duplessis est chez sa sœur. Elle habite près de la Cathédrale de l’Assomption, au centre-ville. Il attend les résultats…

Aujourd’hui, 76 candidats sont élus sous la bannière de l’Union nationale (UN) avec 57,5 % du vote populaire et 14 pour le Parti libéral du Québec (PLQ) avec 41 % . Pour le premier ministre sortant, Adélard Godbout, c’est un échec monumental. Il n’est même pas réélu dans la circonscription de l’Islet.

À Trois-Rivières, l’UN obtient 3113 votes de plus que Philippe Bigué du PLQ. Pourtant, en 1931, ils étaient nez à nez. Duplessis devenait député avec seulement 41 votes de plus que lui.

Ce soir, la joie est sur toutes les lèvres. Le nouveau leader de la province ne tarde pas à exiger qu’on appose un scellé aux documents du Trésor public afin d’empêcher les libéraux de les détruire. Une enquête publique est demandée.

La campagne électorale
Dans la population québécoise, les espoirs de renouveau étaient évidents durant les derniers jours de la campagne électorale. Partout, la foule était là en masse pour entendre et acclamer Duplessis.

Le 12 août, notamment, Maurice Duplessis et l’Union nationale réunissent plus de 30 000 personnes au Stade de Montréal. Les propos du chef sont un échange de questions et de réponses avec la foule survoltée, concernant particulièrement des dénonciations du Parti libéral et de la vision de l’UN. Naturellement, les plaisanteries sont au rendez-vous.

Le lendemain, dans le journal La Patrie [2], on écrira que Duplessis « a tenu […] une des plus grandes assemblées politiques qui ne se soient jamais vues à Montréal et dans la province de Québec ».

Et puis, le 14 août, à Victoriaville, « devant une foule très considérable réunie dans la cour du Collège des Frères, le chef de l’Union nationale prononce l’un des derniers discours de sa campagne électorale » [3]. En fait, il y a près de 20 000 partisans vont a sa rencontre.

C’est chez lui, à Trois-Rivières, qu’il termine sa tournée de la province. Il n’y avait pas mis les pieds durant la campagne électorale. Dans la plus grande ville de la Mauricie, durant les deux derniers rassemblements, il n’est plus question de « Monsieur Duplessis », mais simplement de « Maurice ». Les électeurs trifluviens sont fiers de lui. Pour eux, « leur homme « est une bouffée d’air frais. Il répond à leurs attentes. Il y a longtemps que la région souffre de l’aristocratie de la ville de Québec et de la monstruosité commerciale et de l’angoisse montréalaise. À leurs yeux, « Maurice » est un héros.

____________________

[1] Benoit Voyer. « Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre », L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3.
[2] « Montréal acclame Duplessis », La Patrie, 13 août 1936, pp. 2 et 6.
[3] « M. Maurice Duplessis s’est fait entendre hier à Victoriaville », Le Nouvelliste, 15 août 1936, pp. 3 et 13.

SAINTS ET SAINTES : Le père Eugène Prévost

Le père Eugène Prévost

Par Benoit Voyer

31 juillet 2026

Eugène Prévost est né le 24 août 1860 à Saint-Jérôme. Il est le fils du docteur Jules-Édouard Prévost (1828-1903) et d'Edwidge Prévost (1829-1906). Sa fratrie compte 14 enfants.

Il reçoit sa formation à l’école du village, au Séminaire de Sainte-Thérèse (devenu le Cégep Lionel-Groulx) et, plus tard, au Séminaire de Montréal.

Dans ses mémoires, il raconte que dans sa jeunesse tout était propice à la fête, musique et bonheur dans sa famille. À 13 ans, pensionnaire au collège, il s'ennuie. Pour s’amuser, il se mêle à un groupe d'élèves turbulents. Il n'est pas méchant, mais dissipé.

Le jour de la rentrée, en septembre 1877, comme c'est la coutume, Eugène choisit une place au dortoir. Le surveillant veut lui supprimer ce droit. Il ne porte pas plainte au directeur. Il voit plutôt cela comme un signe de Dieu. Il s’intériorise : « Pourquoi mal commencer l'année ? » À partir de cet instant, il décide de mener une vie studieuse, disciplinée, sérieuse. Dans ses vieux jours, à 82 ans, il dira : « Jésus m'a arrêté… c'est Jésus qui a fait cela. » C’était à ses yeux un jour de conversion. À 17 ans, il décide de consacrer sa vie à Dieu en devenant prêtre.

En 1881, il entre au noviciat de la Société du Très-Saint-Sacrement, à Bruxelles, communauté religieuse fondée par saint Pierre-Julien Eymard, afin de devenir prêtre catholique. À Rome, il étudie à l'université grégorienne. Il reçoit le sacrement de l’ordre le 4 juin 1887.

Sans tarder, on le nomme directeur de l'Œuvre des Prêtres-Adorateurs, à Paris. Sous son impulsion, elle prend un essor considérable. Il se donne à fond pour le service des prêtres. Il souhaite les voir saints. À travers ses responsabilités, il perçoit les besoins urgents de ceux-ci. Il veut fonder une œuvre pour leur venir en aide et un tiers-ordre féminin, comme le voulait le fondateur de sa communauté. Ses supérieurs ne veulent rien entendre de ses idées. Bien plus, en décembre 1899, il est envoyé à Montréal sans ministère précis.

En attendant son départ pour le Canada, il séjourne une quinzaine de jours à Sarcelles, près de Paris. Sans l’avoir prévu, il vécut une expérience spirituelle intense. Sa vie spirituelle se revêt de nouvelles couleurs. Sa mission se dessine…

En février 1901, grâce à une permission du pape Léon XIII, il fondera la Fraternité sacerdotale et les Oblates de Béthanie. Bien entendu, il doit quitter les religieux du Saint-Sacrement. La mission de la Fraternité est le soutien matériel et spirituel des prêtres. Celle des religieuses est l’adoration eucharistique. Entre 1901 et 1946, l’œuvre s'implante dans trois pays : la France, l’Italie et le Canada.

Le père Eugène Prévost consacre beaucoup de temps à l’écriture. Les Oblates de Béthanie les secondent en imprimant et en distribuant livres, brochures, feuillets et images par milliers. Dans son œuvre littéraire, il traite principalement de Jésus-Prêtre et de dévotion eucharistique.

Eugène Prévost décède le 1ᵉʳ août 1946. On conserve son cœur dans un reliquaire et ses restes sont inhumés. Quinze ans plus tard, on les exhume afin de les transférer à Pointe-du-Lac, devenu un secteur de Trois-Rivières. Le cimetière où il repose est situé dans un boisé enclavé qui est difficilement accessible. Le moyen le plus simple est de passer par « les sentiers du Grand boisé de Pointe-du-Lac » et de passer par-dessus la petite clôture.

Sa cause, en vue d’une béatification et d'une canonisation, est à l’étude au Vatican.

EN LIBERTÉ: Miracle au Sanctuaire Notre Dame du Cap en 1974


DOCUMENT : Mes divins rapports avec Jésus (Réflexion spirituelle d'Eugène Prévost)


Mes divins rapports avec Jésus

Jésus, nom de suavité et d’amour


Unissons-nous aux anges et aux saints du paradis, aux justes de la terre ; unissons-nous spécialement à l’auguste Vierge Marie et à son époux, saint Joseph, pour chanter le nom de Jésus, lui rendre nos hommages, l’adorer, l’aimer, le louer comme il le mérite.

Jésus ! C’est le chant éternel de la Patrie : les anges et les saints modulent sans cesse ce nom béni qui remplit l’immensité des cieux. Le nom de Jésus est le cri de foi, d’espérance et d’amour de l’humanité croyante, souffrante et militante. Le nom de Jésus est la terreur des démons dans l’enfer.

Tout lui rend hommage : et la sainteté et la misère, et les pécheurs et les justes, et ceux qui peinent ici-bas et ceux qui jouissent dans la Patrie. Tout ce qui a voix au ciel et sur la terre chante le nom de Jésus. C’est le thème perpétuel de la foi de ceux qui croient, de l’espérance de ceux qui attendent, de l’amour de ceux qui aiment.

Quand on prononce le nom de Jésus, on est illuminé, on est pacifié, on est fortifié, on est consolé, on est embrasé, on est souverainement heureux car Jésus est la source de tout ce qui est beau, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est grand, de tout ce qui est saint, de tout ce qui parle de bonheur, de paix et d’amour.

***

Jésus ! C’est plus qu’un monde, c’est le ciel ! On passerait sa vie à prononcer ce nom adorable, que la vie serait pleine et sanctifiante ! On passera son ciel à le répéter sans fin, et les délices de la Patrie se renouvelleront sans cesse dans ces chants d’amour et de louange.

Jésus ! Je ne connais pas de nom plus doux, plus suave, plus enivrant ! Quand j’ai dit Jésus, j’ai dit la sainteté infinie de mon Dieu ; quand j’ai prononcé le nom de Jésus, j’ai purifié mes lèvres et elles peuvent chanter à l’unisson des anges et des saints dans leurs concerts éternels.

Quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus illuminer mon esprit, je me suis plongé dans la lumière et la vérité ; quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus pénétrer et embraser mon cœur, je me suis senti consumé d’un amour inconnu me poussant à tous les sacrifices et à tous les héroïsmes ; quand j’ai appelé Jésus à mon secours, ma volonté s’est fortifiée et j’ai connu des courages que j’ignorais.

Quand le nom de Jésus a soufflé au milieu des tempêtes et des orages qui m’agitent, j’ai senti le calme renaître et la paix m’inonder à flots.

Oh ! oui, Jésus est tout au ciel et sur la terre. Il domine l’œuvre sortie de ses mains, il répand à flots la lumière « en tout homme venant en ce monde » (Jn 1, 9). Il éclaire les intelligences, il pacifie les cœurs, il fortifie les volontés, il embrase de la folie de son amour les âmes qui le prennent en partage et veulent se contenter de lui.

***

Jésus ! Depuis que ce nom divin s’est fait entendre ici-bas, l’exil est devenu la Patrie, parce que la terre est son royaume où il veut être connu, adoré, aimé, servi comme il l’est au ciel !

Avec ce nom béni, les âmes de foi transportent les montagnes [cf. Mt 17,20], commandent aux éléments, guérissent tous les maux, précipitent les démons en enfer, arrachent les âmes à leurs ennemis infernaux. Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les phalanges des élus se sont multipliées, des armées de martyrs ont versé leur sang, les déserts se sont peuplés, les pécheurs ont abandonné leur voie perverse, les saints ont constellé le firmament de l’Église, les vierges ont rempli les cloîtres, les prêtres ont couvert le monde !

Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les âmes ont goûté des joies ineffables jusque-là inconnues à la terre, elles se sont plongées dans des délices enivrantes où, détachées de toute affection terrestre, elles n’ont plus connu que les amours du ciel…

C’est le nom de Jésus qui accompagne, vivifie, purifie, sanctifie l’humanité dans sa marche vers l’éternelle Patrie. Depuis que Jésus est venu sur la terre, il s’est emparé des esprits et des cœurs, il a subjugué les volontés, il a régné sur les nations, il a gagné l’amour de l’humanité, il est devenu l’idéal que les âmes poursuivent du berceau à la tombe…

Personne n’a jamais été autant aimé, autant chanté que Jésus, notre adorable et ineffable Jésus ! Son nom est sur toutes les lèvres, on en entend les échos en tous lieux, la terre et le ciel se le renvoient sans cesse, les âmes commencent à le chanter dans l’exil pour continuer à le chanter éternellement dans la Patrie…

Avec Jésus devant les yeux et son amour dans le cœur, les âmes s’en vont joyeuses, fortes et généreuses dans les sentiers épineux de la vertu ; elles se chargent avec bonheur de leurs croix [cf. Mt 11, 29], montent au Calvaire et meurent avec Jésus dans d’ineffables jouissances !

Vivre, souffrir, mourir d’amour pour Jésus, est-il un bonheur comparable à celui-là ?

Oh ! Vivons pour connaître Jésus, pour chanter les louanges de Jésus, pour brûler d’amour pour Jésus, pour nous immoler dans l’allégresse avec Jésus !

Jésus est un triomphateur qui nous attire et nous conduit au combat [cf. Jn 16, 33]. En luttant à ses côtés, en marchant sous sa bannière, en nous laissant éblouir par sa lumière, fasciner par son amour, nous sommes sûrs d’aller de victoires en victoires.

***

Jésus ! Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé une première fois dans le ciel, il a été un nom d’adoration et de combat. Les mauvais anges n’ont pas voulu prononcer avec foi et amour ce nom béni et c’est pourquoi ils devront le maudire éternellement dans la haine.

Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé pour la première fois sur la terre, il a été entendu par la créature la plus pure sortie des mains du Créateur. Au seul nom de Jésus que lui annonça l’Ange de l’Incarnation, Marie a été éclairée, embrasée, plongée dans l’adoration et l’amour, et elle s’est abîmée dans l’humilité la plus profonde pour accomplir les desseins de Jésus qui venait sauver le monde. Ecce ancilla Domini! [Lc 1, 38]

Quand le nom de Jésus était prononcé pendant sa vie terrestre, c’était comme un courant électrique qui touchait et ravissait les âmes. Ou il fallait aller à Lui et s’abandonner à son amour, ou il fallait Le fuir et Le maudire. Jésus : ou tout, ou rien !

Quand les démons entendaient de nouveau ce nom qui les avait précipités dans les enfers, ils étaient terrassés et ils suppliaient Jésus de ne point les tourmenter [cf. Mc 5, 7].

La dernière fois que le nom adorable et divin de Jésus a été offert en adoration à l’humanité coupable, ce fut en lettres de sang. Sur la croix de Jésus mourant, le nom de Jésus de Nazareth domine le monde et reste suspendu entre le ciel et la terre [cf. Jn 19, 19] comme un étendard de sang et de feu, à la suite duquel les nations devront accourir pour vaincre l’enfer et recouvrer leurs droits au Paradis. Depuis lors, le nom adorable et divin de Jésus est gravé dans tous les cœurs et personne ne pourra jamais effacer ce nom béni qui doit être la joie de la terre et la félicité éternelle de la Patrie.

***

Jésus ! Ce nom adorable et divin est non seulement gravé sur la pierre et le marbre de nos temples, mais Il est vivant dans tous les tabernacles du monde. Celui qui le porte est toujours avec nous : c’est sa beauté que nous contemplons, c’est sa voix que nous entendons, c’est son amour qui nous presse, ce sont ses délices qui nous enivrent !

Jésus-Eucharistie est pour nous sur la terre, comme pour les élus dans le ciel, l’Agneau toujours immolé, Celui au nom duquel tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers ! [Ph 2, 10]

Ô Jésus ! Je veux passer ma vie à Vous louer et à Vous chanter, je veux ne jamais me rassasier de Vous prononcer, je veux trouver mon bonheur et mes délices à Vous répéter sans cesse, je veux Vous jeter à tous les échos, Vous graver dans tous les cœurs ! Je me servirai de vous comme d’une lumière éclatante et d’un feu consumant pour m’illuminer et m’enflammer moi-même, et ensuite pour éclairer et embraser tous les cœurs !

Ô Jésus ! Jésus toujours ! Jésus sans fin ! Je veux me taire pour ne plus prononcer que votre seul nom, je veux fermer les yeux à toutes les choses de la terre pour ne plus voir que Vous seul, je ne veux plus connaître d’autre affection que votre amour souverain, je veux me laisser fasciner par vos charmes irrésistibles et m’épuiser à Vous adorer, à Vous bénir, à Vous contempler, à Vous aimer sans mesure et sans fin.

***

Jésus ! Jésus ! Prenons l’habitude d’appeler par son nom le Dieu qui nous a rachetés et qui demeure nuit et jour auprès de nous au Sacrement de son amour.

C’est le nom de Jésus que nous avons balbutié sur les genoux de notre mère. C’est le nom de Jésus que nous avons mêlé à nos premières prières. C’est le nom de Jésus que nous avons chanté dans notre enfance. C’est le nom de Jésus que nous avons invoqué dans notre jeunesse. C’est le nom de Jésus qui met de la force et du courage dans l’âme, qui charme la vie et console dans la mort.

Oh ! prononçons sans cesse ce nom divin ; et quand nous ne pourrons plus le prononcer sur la terre, mourons pour aller le chanter dans la Patrie. Jésus ! Jésus seul !

Père Eugène Prévost, c.f.s.

30 juillet 2026

Jour de pluie à Sainte-Julienne

SANTÉ : Pénurie de Dilaudid dans les pharmacies

Pénurie de Dilaudid dans les pharmacies

Par Benoit Voyer

30 juillet 2026

Il y a en ce moment une pénurie d’hydromorphone. Celle-ci touche surtout les comprimés de 1 mg et de 2 mg. Mieux connue sous le nom de Dilaudid, cette molécule est utilisée pour soulager les douleurs modérées à intenses. Chez les personnes souffrant de douleurs importantes, son effet peut également contribuer à diminuer le stress, l'anxiété et la détresse psychologique associés à la douleur. Au cours des prochaines semaines, les utilisateurs réguliers devront être prévoyants.

Hugo Duchaine rapportait le 28 juillet, dans Le Journal de Montréal, que les pharmaciens n’ont pas le choix de rationner les stocks, d’adapter certaines ordonnances et, au besoin, de proposer d’autres traitements. Les patients sont invités à renouveler leur ordonnance jusqu'à 48 heures à l'avance afin d'éviter une interruption de leur traitement.

Cette situation rappelle que la continuité des traitements est essentielle, tant pour la santé physique que pour la santé mentale. Une bonne communication entre le patient, le pharmacien et le médecin permet généralement de trouver une solution temporaire et de traverser cette période de pénurie en toute sécurité.

NEUROSCIENCE : L'odorat est un allié insoupçonné de la santé du cerveau

L'odorat est un allié insoupçonné de la santé du cerveau

Par Benoit Voyer
30 juillet 2026

La perte de l'odorat pourrait être l'un des premiers signes d'un déclin de la santé cérébrale, parfois jusqu'à dix ans avant l'apparition des symptômes de maladies comme l'Alzheimer ou le Parkinson. Des recherches préliminaires suggèrent qu'un simple entraînement olfactif – sentir régulièrement différentes odeurs de façon consciente – pourrait stimuler la neuroplasticité du cerveau et contribuer au maintien de certaines fonctions cognitives, comme la mémoire et l'attention. Ces premiers résultats sont encourageants, tout en appelant à la prudence.

Dans son article paru le 14 juillet 2026 dans le Washington Post, sous le titre How improving your sense of smell could save your brain, le neuroscientifique et journaliste scientifique Richard Sima rappelle que l'odorat est directement relié à des régions du cerveau associées à la mémoire, aux émotions et à la cognition. Longtemps nsous-estimé, ce sens pourrait devenir un outil précieux pour le dépistage précoce de certaines maladies neurologiques et, peut-être, pour préserver la santé du cerveau en vieillissant.

Qu'est-ce que la neuroplasticité? Il s'agit de l’étonnante capacité du cerveau à se modifier tout au long de la vie. Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, le cerveau n'est pas un organe figé : il peut créer de nouvelles connexions entre ses neurones, renforcer ou affaiblir certains circuits et même réorganiser son fonctionnement en réponse aux apprentissages, aux expériences ou à une blessure. C'est cette faculté qui permet à l’être humain d'apprendre, de développer de nouvelles habiletés et, dans certains cas, de récupérer après une lésion cérébrale. C’est pourquoi les chercheurs s'intéressent de plus en plus aux activités susceptibles de stimuler cette plasticité, dont l'entraînement de l'odorat fait désormais partie des pistes à l'étude.

Cette nouvelle compréhension du cerveau ouvre des perspectives encourageantes. Les dernières recherches montrent que le cerveau conserve, même en vieillissant, une étonnante capacité d'adaptation. Sans être une solution miracle, la neuroplasticité rappelle que des gestes aussi variés que l'apprentissage, l'activité physique, un sommeil de qualité, les relations sociales et peut-être même l'entraînement de l'odorat, peuvent contribuer à entretenir les fonctions cérébrales. En somme, il est important de prendre soin de son cerveau tout au long de la vie.

MA FOI DU BON DIEU : Aimer, malgré nos résistances

Abbé Pierre Gosselin, le 29 juillet 2026
Aimer, malgré nos résistances

Par Benoit Voyer

30 juillet 2026

« Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 7-16) Cette affirmation a servi de fil conducteur à « l'homélie partagée » qui a suivi la proclamation de l'Évangile mettant en scène Jésus, Marthe et Marie, ce mercredi, lors de la messe de 18 h 15, célébrée dans la sacristie de l'église Saint-Henri, à Mascouche. Ce moment de prière était présidé par l’abbé Pierre Gosselin, ordonné prêtre à la cathédrale de Joliette, le 7 juin 2024.

À plusieurs reprises, les participants, plus jeunes que ce que l’on rencontre habituellement dans les églises catholiques de la région, sont revenus sur ce passage et sur cette invitation de l'apôtre : « Puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons nous aussi nous aimer les uns les autres ». Ils ont partagé leurs réflexions sur l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'accueil de cet amour, mais aussi sur les résistances que chacun peut rencontrer dans sa vie spirituelle. La conversion intérieure est un processus habituellement lent parce que l’être humain a cette tendance naturelle à revenir à ses vieilles habitudes. Des témoignages personnels ont enrichi l’échange.

Une quinzaine de participants étaient présents. La communion a été distribuée sous les « deux espèces » dans une atmosphère de recueillement.

Le style accessible et chaleureux de Pierre Gosselin a favorisé l'échange et une expérience intérieure de la foi.

EN LIBERTÉ: Qui est le père Eugène Prévost?


29 juillet 2026

Le parc du Grand-Coteau, à Mascouche, en ce 29 juillet 2026. Les bernaches du Canada, peu farouches, broutaient paisiblement près des promeneurs, tandis que les grands saules, les roseaux et les reflets sur l'eau offraient un décor propice à la contemplation. Entre chien et loup, le lac Henri invitait les marcheurs à quelques minutes de contemplation et de méditation. (BV)


RÉFLEXION : « … même un ami »

« … même un ami »

Par Benoit Voyer

29 juillet 2026

Pourquoi est-il si difficile de se faire des amis à l’âge adulte ? Pourquoi certaines rencontres deviennent-elles des relations profondes alors que d’autres restent simplement de précieux moments partagés ? À l’occasion de la Journée internationale de l’amitié qui a lieu le 30 juillet, je me suis questionné sur ce lien si particulier qui unit les personnes.

On n’acquiert pas un ami comme un bien de consommation. On ne trouve pas une relation significative dans les rayons de chez Jean Coutu, même le slogan publicitaire dit qu’on y trouve de tout « même un ami ».

Pour créer un lien fort, il faut du temps, des rencontres, des échanges et des expériences vécues ensemble. Ce sont les seules manières d’établir un lien profond entre deux personnes. Comme l’écrivait Delphine Py dans l’édition du 17 juin 2026 du magazine français Psychologies : « Une amitié solide ne demande pas une présence constante, mais l’assurance d’être important et de pouvoir compter sur l’autre. » Ainsi donc, le temps qu’on perd entre amis, n’est jamais vraiment perdu.

Par « ami », j’entends quelqu’un à qui l’on peut se confier, quelqu’un que l’on ose solliciter en cas de besoin et avec qui il est possible de partager des « vraies affaires ».

L’amitié est un lien profond, mais tellement fragile. Certaines durent toute une vie, alors que d’autres s’évanouissent doucement, sans conflit, simplement parce que les chemins changent et nous guident ailleurs vers « d’autres possibles ». Puis, il arrive parfois qu’on découvre que ce qui nous unit n’est plus suffisant pour continuer la route ensemble.

Ce qui est merveilleux, c’est que deux amis finissent par développer un langage commun, des souvenirs et des moments qui appartiennent à leur propre « nous amical ». Cette relation mérite le respect, parce qu’elle repose sur la confiance et la reconnaissance de l’autre.

Qu’en est-il des amitiés entre un homme et une femme ? Je crois aux relations égalitaires dans la différence de ce que nous sommes. C’est pour cette raison que je crois qu’il est possible qu’il y ait une amitié sincère entre un homme et une femme. Bien entendu, il y aura la notion d’attraits sexuels à surmonter si l’on est des hétérosexuels. C’est la nature des choses. D’ailleurs, ce défi est similaire chez ceux et celles qui ont d’autres orientations sexuelles.

L’amitié se vit avant tout au présent.

La Journée internationale de l’amitié rappelle l’importance des liens humains dans un monde où les relations peuvent parfois devenir superficielles. Créée par les Nations Unies en 2011, cette journée invite à reconnaître le rôle de l’amitié dans le rapprochement entre les personnes, les cultures et les peuples.

DANS L'ACTUALITÉ : On prie pour les victimes des incendies à Saint-Lin-des-Laurentides

Incendie du 27 juillet
Lors de la messe, on prie pour les victimes des incendies à Saint-Lin-des-Laurentides

Par Benoit Voyer

29 juillet 2026

Dans le cadre intime de la sacristie de l’église catholique de Saint-Lin-des-Laurentides, dans la région de Lanaudière, quelques dizaines de fidèles se sont réunis, ce 28 juillet, à 9h, pour célébrer l'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. La messe était présidée par l’abbé Paul Léveillé, prêtre associé à la région pastorale de Montcalm, dont fait partie la paroisse de la Bienheureuse-Émilie-Gamelin. Son mandat a récemment été renouvelé par Mgr Louis Corriveau, l’évêque de Joliette.

L’extrait de l’Évangile du jour parlait du jugement dernier : « De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Mt 13, 36-43). Ainsi donc, le feu était à l’ordre du jour.

Lors de l'offertoire, au moment où le prêtre élevait le calice, sœur Chantal Desmarais, responsable de cette communauté chrétienne, a demandé à chacun de prier pour les victimes des récents incendies survenus à Saint-Lin–des-Laurentides. En sous-entendu, elle demandait également de prier pour les « allumeurs » puisqu’il est reconnu publiquement, même si les auteurs circulent au grand vent, que plusieurs de ces incendies sont l’œuvre de pyromanes. Tous espèrent que ces derniers changent de vie en laissant leur cœur s'ouvrir à l'amour de Dieu.

Messe du 28 juillet à Saint-Lin
Les incendies

Depuis le début de 2025, la municipalité est frappée par une série d'incendies majeurs qui suscite des interrogations. Plusieurs de ces sinistres ont nécessité l'intervention de la Sûreté du Québec, notamment en raison d'indices laissant croire à une ou des origines criminelles.

Le 27 juillet, une cinquantaine de pompiers ont été mobilisés pendant près de huit heures sur la rue Saint-Louis, entre la 12e Avenue et la 13e Avenue. Deux maisons ont été touchées. Par chance, les occupants n’ont subi que des blessures mineures.

Le 15 juin, un important bâtiment commercial de la rue Saint-Isidore a été détruit par les flammes. Le 23 avril, il y en a eu un autre sur la rue des Bouleaux.

Puis, l'année 2025 a été particulièrement difficile pour le Service de sécurité incendie de Saint-Lin–Laurentides. Plusieurs incendies majeurs se sont succédé, certains dans des circonstances jugées suspectes, ce qui a nécessité à plusieurs reprises l'intervention de la Sûreté du Québec.

Le premier événement marquant survient le 7 mars, lorsqu'un important incendie ravage un atelier de carrosserie de la rue de l'Industrie. Une douzaine de véhicules sont détruits et, dès les premières heures de l'enquête, la Sûreté du Québec évoque la possibilité d'un incendie d'origine criminelle.

Le 2 mai, deux autres débuts d'incendie se déclarent à moins d'une heure d'intervalle sur la rue Saint-Isidore : l'un dans un ancien restaurant, l'autre au restaurant La Porte des Laurentides. En raison de leur proximité dans le temps et l'espace, la Sûreté du Québec ouvre une enquête afin de déterminer si les deux événements sont liés.

Le début du mois de juin est particulièrement éprouvant pour les pompiers. Entre le 5 et le 8 juin, quatre incendies de bâtiments se produisent en seulement quatre jours : rue Carole, rue Cléroux, rang Sainte-Henriette et rue de Provence.

L'année se termine avec d'autres interventions importantes. À la fin de décembre, un incendie majeur détruit le Resto Barba's (Resto 335) sur la rue Saint-Isidore. Les caméras de surveillance capteront les méfaits d’un pyromane. Elles circuleront sur Internet pendant un bon moment. Quelques jours plus tard, le 6 janvier 2026, un nouveau sinistre frappe le même établissement, dans un contexte que les enquêteurs jugent suspect.

Sœur Chantal Desmarais, S.C.S.M., est une religieuse des Sœurs de la Charité de Sainte-Marie. Elle est particulièrement interpellée par tout ce qui se passe à Saint-Lin. Depuis 2016, elle est reconnue pour son travail en pastorale et pour les cours de karaté qu’elle donne dans la région. Il n’y a pas longtemps, elle était déléguée au Synode sur la synodalité, tenu à Rome.

L'église catholique de Saint-Lin-des-Laurentides
La communauté catholique

Construite entre 1887 et 1890 d'après les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard, l'église de Saint-Lin est l'un des plus beaux exemples d'architecture néo-byzantine du Québec. Avec son imposante coupole, ses deux clochers et son riche décor intérieur, elle domine toujours le cœur du vieux village et constitue l'un des principaux repères patrimoniaux de Saint-Lin–Laurentides. Inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, elle est l'héritière d'une paroisse fondée en 1835.

C'est dans cette paroisse que fut baptisé, le 20 novembre 1841, Sir Wilfrid Laurier, futur premier ministre du Canada. Si ce baptême a été célébré dans l'église précédente, l'édifice actuel demeure le témoin de cette histoire et de la foi des générations qui ont façonné la communauté de Saint-Lin. Aujourd'hui encore, les célébrations qui s'y déroulent prolongent cette tradition de prière et de rassemblement au cœur de la vie chrétienne. D’ici la fin d’août, elles ont lieu dans l’église chaque dimanche à 10h30 et les mardis et vendredis, à 9 h, dans la sacristie.

En vacances en France, le "curé" de la paroisse est l'abbé Laurent Gouneau. Officiellement, son mandat vient d'être renouvelé par son évêque dans son rôle de "Prêtre-répondant, modérateur de la charge pastorale au sein d'une équipe pastorale missionnaire, au service des paroisses Bienheureuse-Émilie-Gamelin, Notre-Dame-de-l'Acadie, Sainte-Julienne, Saint-Esprit et Bienheureuse Marie-Rose-Durocher". Ces paroisses forment la Région pastorale de Montcalm. Il se désigne lui-même comme étant un prêtre du diocèse de Limoges en mission pastorale au Québec. Il sera de retour dans la région dans quelques jours.

AU FIL DE L'HISTOIRE: Le miracle de la pluie a Granby le 30 aout 1975


28 juillet 2026

Le parc récréotouristique de Saint-Lin-Des-Laurentides en ce 28 juillet 2026

SANTÉ : 4 Québécois sur 10 sont touchés par une dépendance

4 Québécois sur 10 sont touchés par une dépendance

Par Benoit Voyer

28 juillet 2026

41 % des Québécois affirment avoir vécu personnellement ou par l’entremise d’un proche un problème de dépendance. C’est ce que révèle un sondage Léger réalisé pour la Maison des jeunes de Mirabel (Intersection Laurentides).

Le 20 juin 2026, le Journal de Montréal rapportait que les dépendances aux drogues, à l’alcool, aux écrans, aux jeux de hasard, aux médicaments ou à la pornographie affectent de nombreuses familles. Les moins de 45 ans, les travailleurs et les parents figurent parmi les groupes les plus touchés.

Ces données rappellent l’importance de mieux comprendre les dépendances, non seulement comme des comportements individuels, mais aussi comme faisant partie des enjeux de santé qui touchent l’ensemble de la collectivité.

Dépendance et santé mentale
Est-ce qu’il y a un lien entre les dépendances et la maladie mentale ? Le sondage est muet au sujet des troubles qu’on dit dans le jargon médical « concomitants ».

En 2022, l’Enquête sur la santé mentale et l’accès aux soins (ESMAS) estimait qu’au Canada, 1,6 % des adultes présentaient des troubles concomitants. À titre de comparaison, 12,2 % présentaient uniquement un trouble de santé mentale et 1,6 % uniquement un trouble lié à l’usage de substances.

D’autres données canadiennes montrent également qu’une perception négative de sa propre santé mentale est associée à une consommation plus élevée de plusieurs substances. Par contre, ces résultats ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet, mais ils rappellent que dépendance et santé mentale sont souvent des réalités qui peuvent se croiser et qui nécessitent une approche globale.

Il ne faut pas hésiter à consulter.

JEAN-PAUL REGIMBAL : Des miracles

Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t.
Des miracles durant la neuvaine au sanctuaire Notre-Dame du Cap, en 1974

Par Benoit Voyer

13 août 2026

Au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Cap-de-la-Madeleine, devenu un arrondissement de la ville de Trois-Rivières depuis 2002, la neuvaine de l’Assomption qui a lieu du 7 au 15 août 1974 a pour thème « Apprends-nous à prier ». Durant cette montée spirituelle, les invités, dont plusieurs évêques, parlent de : « La prière au Père », « La prière par le Fils », « La prière dans l'Esprit », « La prière individuelle et communautaire », « La prière de louange », « La prière de demande », « La prière des psaumes » et « La prière avec Marie »[1]. En parallèle, « un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". »[2] est aménagé.

Durant l’événement, le père Jean-Paul Regimbal anime une « Grande veillée de prière charismatique » et, le jour de la fête de l’Assomption, le 15 août 1974, une « Célébration des malades »[3].

Quelques semaines après l’événement, dans un article qu’il écrit pour la sérieuse revue « Liturgie et vie chrétienne »[4], Jean-Paul raconte : « [Le 15 août 1974] exerçant depuis cinq ans le ministère de guérison, j’ai pu constater l’efficacité remarquable de la foi personnelle et communautaire implorant la guérison des malades même atteints de maladies incurables. Lorsque, par surcroît, les circonstances me permettaient d’offrir le sacrement des malades, j’ai pu constater l’efficacité propre de ce sacrement particulier. Il me souvient notamment d’avoir exercé ce ministère en public à la basilique de Notre-Dame-du-Cap lors de la neuvaine en l’honneur de l’Assomption de Marie. Quantité de malades furent guéris spontanément, soit au moment de l’onction elle-même, soit encore durant la bénédiction du Saint-Sacrement qui suivit immédiatement. Cas de cécité, un de surdité, deux de sclérose en plaques, etc. Il y eut en tout un peu plus de trente guérisons. »

Parmi les personnes qui se rendent à la neuvaine de cette année-là, on retrouve Hélène-Marie Cadrin [5], une sœur du Bon-Pasteur, et plusieurs de ses compagnes. Elles seront présentes les 14 et 15 août.

La religieuse témoigne : « Deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison. »

Devant l'insistance de ses compagnes, en arrivant sur le terrain de ce lieu qui doit son premier rayonnement grâce au bienheureux franciscain Frédéric Janssoone, elle se rend « faire prier sur elle » au bureau aménagé pour l’occasion. Le père Valérien Gaudet, un Oblat de Marie Immaculée, la reçoit.

La religieuse poursuit : « Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente… Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie !" » […]. « Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien… »

Le 15 août, en après-midi, après la marche mariale, elle réussit à se trouver une place dans la basilique qui est pleine à craquer. Elle se retrouve dans une allée latérale. La célébration des malades connaît un grand succès cette année. La réputation du Trinitaire y est pour quelque chose.

Hélène-Marie Cadrin raconte : « C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même : une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé… Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérison." C'était moi ! J'entendais ma voisine de droite.

Les miracles du père Jean-Paul Regimbal
Thérèse Corriveau a eu le privilège de côtoyer au quotidien le père Jean-Paul Regimbal. Pendant de nombreuses années, elle était à la tête du Carrefour de la prière, situé sur la rue Avery, à Granby, à quelques pas de la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires.

Comme son nom l’indique, le Carrefour est un organisme qui offre une ligne d’écoute pour les personnes qui ont besoin de se confier, via le téléphone, et de recourir au soutien de la prière d’une équipe de pieux catholiques. C’est aussi le quartier général du ministère du Religieux trinitaire où on le soutient dans son ministère sacerdotal. Ainsi donc, Thérèse Corriveau travaille discrètement pour lui. En d’autres mots, elle est sa secrétaire, sa coordonnatrice et, surtout, sa chaste amie.

Dans un entretien qu’elle accordait à la journaliste Lise Lapalme dans le cadre d’un « visage d’Église » diffusé dans l’émission télévisée « Parole et Vie »[6], animée par Roland Leclerc, elle racontait des prodiges dont elle a été témoin dans les années 1970, à Granby :

« Il y a eu de nombreuses guérisons, ici au Monplaisant [7]. J'ai été témoin de plusieurs guérisons. [Une] guérison qui m'avait frappé, c'était un jeune, peut-être 6-7 ans, qui était à la chapelle pendant une veillée de prière et le père [Jean-Paul Regimbal] avait fait des prières spécifiques pour les malades et le petit bonhomme qui avait une prothèse, enlève cette prothèse, se met à courir, il va se jeter dans les bras du père […] et le père […] dit : "Mais ce n’est pas moi, c'est Jésus." Alors, il se met les deux mains autour du tabernacle, il dit : "Merci Jésus !" Il marchait alors que, quand il est arrivé, il ne pouvait pas marcher sans ce support. »

Elle ajoute après un bref silence : « Et il y a le cas aussi d'un jeune de Sudbury qui avait été présenté au père [Jean-Paul Regimbal] pour qu'on prie sur lui. Il faisait une tumeur cancéreuse au poumon. Et celui qui l'avait présenté, c'était un médecin. Il savait très bien l'état de ce jeune. Et il a fait radiographier le jeune plus tard, [et] il n'avait plus de cancer. Et ça, il a tous ces dossiers-là chez lui. C’est le docteur Raymond Bonet de Sudbury en Ontario. »

____________________

[1] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[2] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[3] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[4] Jean-Paul Regimbal. ”La liturgie dans le renouveau charismatique”, Liturgie et vie chrétienne, nᵒ 90, octobre-décembre 1975, pp. 294 à 320. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/la-liturgie-dans-le-renouveau.html
[5] Marie-Hélène Cadrin. Témoignage – Bonté de la Vierge du Cap, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[6] Document conservé dans le fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby. https://shhy.info L’émission est disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=breLPkfypAc&list=PL9wL_zxleKDY-8uzaZtDHV810ik7a7f2_&index=5&t=1529s
[7] Thérèse Corriveau fait référence à la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires, située au 200, boul. Robert, à Granby. https://www.maisontrinitaires.com/

MA FOI DU BON DIEU : Église catholique de la Purification-de-la-vierge-Marie

Messe de 8h30 de ce 27 juillet 2026 à l'église catholique de la Purification-de-la-vierge-Marie, à Repentigny.

EN LIBERTÉ: La bienheureuse Élisabeth Turgeon (17 aout) (2)


27 juillet 2026

Le parc de l'île Lebel, à Repentigny, en ce 27 juillet 2026

SANTÉ : Une prime estivale pour les infirmières

Une prime estivale pour les infirmières

Par Benoit Voyer

27 juillet 2026

Afin de limiter les effets de la pénurie de personnel durant la période estivale, jusqu’au 15 septembre les infirmières, inhalothérapeutes et perfusionnistes du Québec bénéficient d’une prime de 5 % sur leurs heures régulières travaillées.

Cette mesure, instaurée depuis l’an dernier, vise à favoriser le maintien des effectifs durant une période particulièrement difficile pour le réseau de la santé. Une prime supplémentaire de 10 % est également offerte pour les heures supplémentaires durant cette période.

L’année dernière, cette mesure aurait contribué à réduire la pression sur les équipes durant l’été, notamment en diminuant le recours aux heures supplémentaires obligatoires.

De leur côté, les préposés aux bénéficiaires et le personnel de soutien ne reçoivent aucune prime durant l’été. Le soleil ne brille donc pas toujours du même côté.

MARTIN GRAY : Pensée


EN LIBERTÉ: La bienheureuse Élisabeth Turgeon (17 aout) (1)


26 juillet 2026

Le parc nature Saint-Jacques, à Sainte-Julienne, en ce 26 juillet 2026

SANTÉ : Les filles du roi étaient porteuses d’un gène qui a muté

Les filles du roy étaient porteuses d’un gène qui a muté

Par Benoit Voyer

26 juillet 2026

Les cher­cheurs de l’université McGill ont trouvé une muta­tion géné­tique qui serait appa­rue il y a envi­ron 300 ans en Nou­velle-France, soit une cin­quan­taine d’années après l’arrivée des filles du roi. Ces 1200 femmes sont les ancêtres en ligne directe d’une bonne partie du peuple francophone d’Amérique. Celles-ci et les générations qui ont suivi sont porteuses d’un gène qui fait considérablement augmenter le risque de développer un cancer du pancréas.

Au Québec, à cause des carac­té­ris­tiques de son peu­ple­ment qui a inévitablement amené des mariages entre cousins germains, c’est-à-dire consanguins, cer­taines mala­dies sont plus fré­quentes au sein de la population actuelle. À la fin du XVIIIᵉ siècle, 70 % des gènes des Canadiens-français pro­ve­naient des Filles du Roy.

VISION CATHOLIQUE : Les souvenirs d’enfance de Dorothée Berryman

Les souvenirs d’enfance de Dorothée Berryman à Sainte-Anne-de-Beaupré

Par Benoit Voyer

26 juillet 2026

Le plus sensible des souvenirs d’enfance de la comédienne et chanteuse de jazz Dorothée Berryman est sans nul doute celui de la guérison de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le nourrisson de quelques mois souffrait d’un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce à la prière d’intercession de la mère de sa mère, « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.

En 2002, elle me disait [1] : « Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite… C’était proche du cerveau et il y avait là une sorte d’excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu’il n’y avait rien à faire parce que c’était trop proche de certains nerfs du cerveau. À l’époque, c’était dangereux d’opérer dans cette région du corps humain ! Il y a plus de 40 ans de cela ! »

Cette époque où son jeune frère était hospitalisé, elle s’en souvient comme si c’était hier : « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu’ils allaient l’opérer, enlever une partie de l’angiome, que ça allait resurgir et qu’il devrait revenir continuellement à l’hôpital. C’était affreux pour nous ! »

Ne pouvant accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du Nazaréen, en promettant, à la guérison du bébé, un abonnement à vie à la Revue Sainte-Anne.

Quelques mois plus tard, de retour à la maison…

« Tout à coup, une nouvelle infection est apparue ! Édouard a fait une fièvre monstre ! Là on pensait que ça y était, que c’était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise ! » ajoute-t-elle, la voix remplie d’émotions.

Les médecins n’ont jamais pu expliquer ce qui était arrivé. D’après eux, le petit malade a développé des anticorps. Médicalement, ils n’ont guère été capables d’expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.

Édouard a été abonné à la Revue Sainte-Anne toute sa vie.

La neuvaine à sainte Anne
Lorsqu’elle était fillette, elle allait au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré en famille à chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l’anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.

Ses souvenirs de gamine restent bien vivants : « Je me rappelle nous, quatre enfants, assis dans la voiture et insistant pour que daddy arrête acheter des patates frites Il me semble qu’il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions ! »

La comédienne
Dorothée Berryman doit sa vocation de comédienne aux religieuses, notamment à sœur Marie-Louise-de-la-Trinité. En 2002, elle me confiait : « Je me trouve privilégiée d’avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et avec la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue, à Québec, et de certaines rencontres, comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J’avais 13 ans à l’époque ! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m’a guidée vers une école de théâtre ».

Elle n’est pas la seule à avoir inspiré ses rôles de « bonne sœur » au théâtre et à l’écran. Sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi. Sœur Agnès, dans la télésérie Rivière-des-Jérémie, c’était un peu elle.

Dorothée Berryman est actrice et interprète de jazz. Elle participe à l’enrichissement du paysage culturel du Canada francophone depuis plus d’un demi-siècle. Elle a joué des rôles marquants au cinéma, à la télévision, au théâtre et elle a interprété de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène.

Au cinéma, on se souvient de son rôle de Louise dans Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2002) de Denys Arcand, de Bibiane Guérin dans Je n’aime que toi (2003) de Claude Fournier et de sa participation dans Chocolat, crème glacée et autres consolations (2001) de Julie Hivon.

C’est en 1971 qu’elle commence sa carrière. Le metteur en scène Paul Hébert lui confie le rôle d’Élise Doolittle dans la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw. Elle incarnera ensuite plusieurs rôles au théâtre.

À la télévision, on la retrouvera notamment dans Des dames de cœur (Radio-Canada), ainsi que dans les miniséries Bombardier, Réseaux, Cauchemar d’amour, Rivière-des-Jérémies, Tribu.com, The Hunger et Urban Angel.
__________

[1] Les propos de Dorothée Berryman sont tirés d’un article de Benoit Voyer paru dans la Revue Sainte-Anne en mai 2002 et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Benoit Voyer, Éditions Logiques, 2005).

25 juillet 2026

Le parc nature Saint-Jacques, à Sainte-Julienne, en ce 25 juillet 2026

JOURNÉE INTERNATIONALE DES GRANDS-PARENTS : Être grand-père et grand-mère

Mon père et ma grand-mère Claire Beaulieu - Jean
Être grand-père et grand-mère

Par Benoit Voyer

25 juillet 2026

En raison de notre distance géographique, je n'ai pas pu beaucoup connaître mes grands-parents, ce qui m'a empêché de développer un lien émotif fort avec eux. Cela m’a grandement manqué.

Je n’avais pas un an lorsque grand-père Edgar est décédé. Le départ de mon grand-père Louis a eu lieu alors que j'avais 7 ans. Quant à grand-mère Alice, j'avais 14 ans. Il y a donc grand-mère Claire que j’ai connue davantage. D'ailleurs, j'ai été parmi les quatre derniers (et le seul petit enfant) à la voir le soir de sa disparition.

Aujourd’hui, je suis devenu le grand-père et le grand-père par alliance de petits-enfants animés et très intelligents. Je suis fier de Raphaël et Éthan (qui résident à Granby), Léo et Laure (qui habitent à Dorval), Gabriel et Samuel (de Joliette) et Mason et Violet (de Welland, en Ontario). J'apprécie de les voir et de les revoir.

Le métier de grands-parents
Actuellement, en moyenne, les grands-parents ont quatre petits-enfants. Aucun rapport avec les familles nombreuses du début du XXᵉ siècle. Ce chiffre plutôt bas rend la création d'une relation individuelle avec chacun d'eux vraiment plus facile. C'est un cadeau pour les grands-parents modernes.

Au fil du temps, il y a eu des changements dans les attentes envers les grands-parents.

Être grand-parent est un magnifique métier qui demande quelques savoir-faire. La première chose qu'ils doivent faire est d'apprendre à marcher sur des œufs.

Les grands-parents sont : les héros, les équilibristes des relations intrafamiliales, les jongleurs, les magiciens, les inventeurs d'histoires, les faiseurs de gâteaux d'anniversaire à thèmes, les grands-pères bricoleurs ou jardiniers, les grands-mamans du mercredi dont on est heureux qu'elles existent.

Outre la force du lien qu’il y a entre les générations, nombreuses sont, pour les grands-parents, les occasions de solidarité familiale : petites aides – ou grandes aides – au quotidien soulagent les jeunes familles, que ce soit dans les tâches ménagères, ou autres, permettant aux mamans de concilier vie familiale et vie professionnelle : sortie d'école, aide aux devoirs, garde d'enfants, loisirs, maladie de l'enfant ou de la maman… Ils sont souvent dans l'obligation de pallier le manque de solutions de garde pour les jeunes enfants ou de le compléter, et sont parfois les bouche-trous des uns et des autres. Ils sont tellement plus !

Les grands-parents jouent un rôle essentiel dans la transmission de l'histoire familiale et le rôle de témoin. En Afrique, on décrit les Anciens comme des « bibliothèques de la vie ». Ainsi, « lorsqu’un ancien meurt, c'est toute une bibliothèque qui est perdue ».

Sans pour autant prendre la place des parents, les grands-parents ont un rôle « d'éducateurs en second ». Cette place est particulièrement appréciée des plus jeunes pour lesquels ils sont, et resteront toujours, « les racines de la famille », « les passeurs de mémoire », « les transmetteurs de l'histoire et des valeurs familiales », « les gardiens du lien entre les générations ».

Les « nouveaux grands-parents » veulent comprendre, s'engager, prendre une part active, constructive et créative dans la vie familiale et dans la société. Ils veulent, à leur mesure, favoriser et améliorer le dialogue entre les générations, apporter aux jeunes parents et aux petits-enfants du temps, partager leurs expériences, leurs savoirs, leurs valeurs, comme la tolérance, le respect, et enfin, leur offrir de l'amour tout simplement, pour leur faire découvrir un monde heureux, un monde meilleur.

Ils veulent participer activement et jouer à l'avenir « un rôle à développement durable » par des actions concrètes.

Il faut parler du rôle précieux que les grands-parents jouent dans la vie de famille. Ils constituent la plus grande garderie du pays.

· Ils aident et soutiennent fréquemment les parents en difficultés ;

· Ils sont des acteurs incontournables du soutien à la parentalité ;

· Ils constituent les gardiens de l'histoire familiale ;

· Ils sont garants du lien qui rattache l'enfant à son histoire et à son environnement, à sa culture ;

· Ils sont dépositaires d'une certaine stabilité familiale, un dernier repère d'une identité en mal de racines ;

· Ils sont dépositaires d'une qualité de vie souvent perdue ;

· Ils peuvent être un « fusible relationnel » dans certaines situations ;

· Ils offrent des repères stables aux enfants dans le cadre de difficultés familiales ;

· Ils sont des transmetteurs de valeurs familiales.

On a tendance à l’oublier : les grands-parents sont d'une importance capitale pour la formation de la personnalité d'un enfant. Leur contribution est bénéfique, sécurisante et stabilisante pour le développement de l'enfant.

D’abord, ils leur permettent de se situer et de s'enraciner dans leur lignée familiale, de prendre conscience de leur place dans celle-ci : ils répondent ainsi à l'un des premiers besoins de l'enfant, celui de savoir d'où il vient pour savoir qui il est. C'est un droit qu'on ne peut ni ne doit lui enlever sous aucun prétexte.

Enfin, les grands-parents présentent un lien d'amour différent de celui que leurs parents leur offrent. Détachés de la responsabilité éducative, ils peuvent participer à leur épanouissement autrement. Les liens entre grands-parents et petits-enfants sont remplis d'amour, de tendresse, de connaissances et de richesse, et ils sont irremplaçables.

La communication
Dans l’Actualité du 22 septembre 2021, André Lavoie écrivait que « La naissance d’un enfant est un événement joyeux, mais aussi un moment important qui redéfinit les rôles de chacun, car la dynamique familiale ne sera plus jamais la même. Dans ce contexte, certains grands-parents ont toujours l’impression d’en faire trop ou pas assez, d’être à la remorque des besoins des nouveaux parents essoufflés ou alors d’être tenus à l’écart. Comment devraient-ils se comporter ? » Selon lui : « Le secret du succès, c’est une bonne dose de communication ».

Dans son article, il citait Suzanne Vallières. Cette dernière tente de définir le profil du grand-parent idéal : Elle dit qu'« il est d’abord un soutien pour les parents, surtout s’il s’agit de leur premier bébé, mais il doit aussi créer un lien affectif avec son petit-enfant. Cela dit, le grand-parent ne devrait jamais émettre une opinion… sauf si on lui demande son avis. Il doit accepter que les méthodes d’éducation soient différentes de celles du temps où il était lui-même un jeune parent. D’ailleurs, on entend souvent dire : « Ma mère était plus sévère avec moi qu’avec ma fille ou mon fils. » C’est normal que les parents soient plus fermes, car ils ont un rôle éducatif qui n’appartient pas aux grands-parents. »

De son côté, Andrée-Anne Boucher expliquait qu'« il y a plus de 50 ans, c’était une question de statut : tes enfants ont leurs propres enfants, donc tu es grand-parent. Les baby-boomers ont longtemps associé ce terme avec la vision qu’ils avaient de leurs propres grands-parents : des gens vieux, malades, détachés ou absents. La volonté de ne pas vieillir est très présente chez eux ; ils vivent d’ailleurs plus longtemps, en meilleure santé, et ils veulent montrer qu’ils sont des grands-parents pleins d’énergie. Mais ce rôle est négocié avec le parent, et il est complémentaire puisqu’il permet, par exemple, d’offrir des choses différentes aux petits-enfants. Il peut s’agir de transmettre des savoirs et des traditions familiales, comme la couture, le tricot ou la cuisine ; ou de participer concrètement à l’éducation des enfants », mais en respectant les règles, les devoirs et l’alimentation fixés par les parents (et non les grands-parents).

En cette Journée internationale des grands-parents, qui a lieu le 26 juillet, prenons le temps de les remercier pour leur apport si précieux dans notre société.

SAINTS ET SAINTES : Qui sont vraiment sainte Anne et saint Joachim ?

Anne, Joachim et Jésus, enfant
Qui sont vraiment
sainte Anne et saint Joachim ?

Par Benoit Voyer

25 juillet 2026

Le 26 juillet de chaque année, il est étonnant de voir au calendrier des fêtes liturgiques de l’Église catholique celle d’Anne et Joachim. Il n’est pourtant pas question d’eux dans les évangiles canoniques, c’est-à-dire ceux de Mathieu, Marc, Luc et Jean, publiés dans le second testament de la Bible, communément appelé le Nouveau Testament . Et puis, sur le plan historique, on ne sait rien d’eux sauf à travers des récits très anciens au contenu douteux quant à la véracité des faits.

Longtemps limitée à quelques sanctuaires, la dévotion à sainte Anne et saint Joachim, qu’on dit être les grands-parents de Jésus, s'est répandue au Moyen Âge un peu partout à travers la chrétienté.

En 1854, au sein du catholicisme, les débats théologiques ont donné naissance au dogme de l’Immaculée-Conception. Dès lors, on a étroitement associé le culte d’Anne à celui de Marie, la mère de Jésus. Cette vérité à croire ne fait pas l’unanimité chez les chrétiens.

C’est dans le « Protévangile de Jacques », un livre apocryphe, c’est-à-dire que son authenticité n'est pas établie et qui a été mis à l’index des bouquins que les catholiques ne pouvaient pas lire pendant des siècles, qu’il faut aller pour retrouver les sources d’Anne et Joachim. Son auteur les nomme pour la première fois dans son récit qui porte essentiellement sur la préhistoire de la famille de Jésus.

Le « Protévangile de Jacques » aurait été écrit au deuxième siècle par une personne provenant du monde grec qui ne connaissait pas les coutumes juives et qui n’a jamais mis les pieds en Israël. La rédaction de son livre avait pour but de démontrer l’origine mystérieuse de Jésus. Ce texte a connu un grand succès au Moyen Âge [1].

On retrouve aussi des traces d’Anne et de Joachim dans l’évangile du « Pseudo-Matthieu », un autre livre apocryphe où certains passages se rapprochent du conte merveilleux : "Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits !" (chap. 20).

Ces livres font de nombreux parallèles entre la sainte Anne encore vénérée de nos jours et certains passages de la Torah L'histoire d'Anne, la supposée mère de Marie, est en effet similaire à celle d’Hannah, dans le livre de Samuel, prophète et dernier sage d’Israël, longtemps restée sans enfant.

Le « Protévangile de Jacques » et le « Pseudo-Matthieu » dépeignent Anne comme étant une femme pieuse restée longtemps stérile.

On y décrit aussi sa rencontre avec son futur mari Joachim à la Porte dorée de Jérusalem, après l'annonce angélique de la future naissance de leur enfant.

Ils racontent que les parents d’Hannah sont tous les deux de la tribu de Lévi : son père serait Akar et sa mère, Émérencie. Akar aurait possédé des terres à Bethléem et à Jérusalem.

Lui et sa femme auraient donné naissance à Ismérie, vers 63 avant notre ère. Cette date correspondrait au moment de la conquête romaine de la Palestine.

Anne serait née vers 55 avant notre ère. C'est à cette époque que la famille se serait installée à Hébron où Ismérie se serait mariée et serait devenue la mère d’Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste, le cousin de Jésus.

Lorsque Anne a eu neuf ans, ses parents se seraient déménagés à Jérusalem où Akar aurait exercé des responsabilités au Temple.

De son côté, le « Protévangile de Jacques » raconte la rencontre entre Anne et Joachim. Selon ce récit : Joachim était allé faire sacrifier les bêtes de son troupeau au Temple. Au préalable, il devait laver ses moutons dans la piscine de Bethesda, près de la Porte des Brebis. Anne se tenait à cette porte de la ville. Elle vit Joachim arriver avec ses troupeaux. Ils se seraient mariés à l'âge de 20 ans.

L’analogie qu’on a faite entre Hanna au livre de Samuel et la grand-mère de Jésus demeure sans grand fondement historique. Mais bon, on y croit ou on n’y croit pas. La foi n’est pas une vérité historique ou scientifique.

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[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21.

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24 juillet 2026

Le parc nature Saint-Jacques, à Sainte-Julienne, en ce 24 juillet 2026

SANTÉ : Nouvelle possibilité dans le traitement de l’apnée du sommeil

Nouvelle possibilité dans le traitement de l’apnée du sommeil

Par Benoit Voyer

24 juillet 2026

Le Zepbound (tirzépatide), un médicament pour traiter l’apnée obstructive du sommeil chez les adultes souffrant d’obésité, est maintenant autorisé par Santé Canada. Il s’agit du premier médicament de la famille des GLP-1 approuvé au Canada.

L’obésité constitue l’un des principaux facteurs associés à l’apnée obstructive du sommeil. Le 24 juin 2026, La Presse rapportait que les essais cliniques montrent une diminution d’environ 25 à 29 interruptions respiratoires par heure chez plusieurs patients. Pour certains, cette amélioration pourrait les faire passer d'une apnée sévère à une forme moins grave.

Le traitement ne remplace toutefois pas l’appareil de pression positive continue (PPC), qui demeure le traitement de référence pour les formes modérées à sévères de la maladie.

L’autorisation de Zepbound illustre l’évolution de la médecine dans le traitement de l’obésité. Certains médicaments, initialement développés pour favoriser la perte de poids, peuvent également améliorer des maladies qui lui sont associées, dont l’apnée obstructive du sommeil.

Les spécialistes rappellent toutefois que ces traitements doivent s’intégrer à une prise en charge globale comprenant une alimentation équilibrée, l’activité physique et un suivi médical. Ils ne remplacent pas les autres traitements lorsque ceux-ci demeurent nécessaires.