Benoit Voyer
SANTÉ : 4 Québécois sur 10 sont touchés par une dépendance
Par Benoit Voyer
28 juillet 2026
41 % des Québécois affirment avoir vécu personnellement ou par l’entremise d’un proche un problème de dépendance. C’est ce que révèle un sondage Léger réalisé pour la Maison des jeunes de Mirabel (Intersection Laurentides).
Le 20 juin 2026, le Journal de Montréal rapportait que les dépendances aux drogues, à l’alcool, aux écrans, aux jeux de hasard, aux médicaments ou à la pornographie affectent de nombreuses familles. Les moins de 45 ans, les travailleurs et les parents figurent parmi les groupes les plus touchés.
Ces données rappellent l’importance de mieux comprendre les dépendances, non seulement comme des comportements individuels, mais aussi comme faisant partie des enjeux de santé qui touchent l’ensemble de la collectivité.
Dépendance et santé mentale
Est-ce qu’il y a un lien entre les dépendances et la maladie mentale ? Le sondage est muet au sujet des troubles qu’on dit dans le jargon médical « concomitants ».
En 2022, l’Enquête sur la santé mentale et l’accès aux soins (ESMAS) estimait qu’au Canada, 1,6 % des adultes présentaient des troubles concomitants. À titre de comparaison, 12,2 % présentaient uniquement un trouble de santé mentale et 1,6 % uniquement un trouble lié à l’usage de substances.
D’autres données canadiennes montrent également qu’une perception négative de sa propre santé mentale est associée à une consommation plus élevée de plusieurs substances. Par contre, ces résultats ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet, mais ils rappellent que dépendance et santé mentale sont souvent des réalités qui peuvent se croiser et qui nécessitent une approche globale.
Il ne faut pas hésiter à consulter.
JEAN-PAUL REGIMBAL : Des miracles
![]() |
| Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t. |
Par Benoit Voyer
13 août 2026
Au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Cap-de-la-Madeleine, devenu un arrondissement de la ville de Trois-Rivières depuis 2002, la neuvaine de l’Assomption qui a lieu du 7 au 15 août 1974 a pour thème « Apprends-nous à prier ». Durant cette montée spirituelle, les invités, dont plusieurs évêques, parlent de : « La prière au Père », « La prière par le Fils », « La prière dans l'Esprit », « La prière individuelle et communautaire », « La prière de louange », « La prière de demande », « La prière des psaumes » et « La prière avec Marie »[1]. En parallèle, « un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". »[2] est aménagé.
Durant l’événement, le père Jean-Paul Regimbal anime une « Grande veillée de prière charismatique » et, le jour de la fête de l’Assomption, le 15 août 1974, une « Célébration des malades »[3].
Quelques semaines après l’événement, dans un article qu’il écrit pour la sérieuse revue « Liturgie et vie chrétienne »[4], Jean-Paul raconte : « [Le 15 août 1974] exerçant depuis cinq ans le ministère de guérison, j’ai pu constater l’efficacité remarquable de la foi personnelle et communautaire implorant la guérison des malades même atteints de maladies incurables. Lorsque, par surcroît, les circonstances me permettaient d’offrir le sacrement des malades, j’ai pu constater l’efficacité propre de ce sacrement particulier. Il me souvient notamment d’avoir exercé ce ministère en public à la basilique de Notre-Dame-du-Cap lors de la neuvaine en l’honneur de l’Assomption de Marie. Quantité de malades furent guéris spontanément, soit au moment de l’onction elle-même, soit encore durant la bénédiction du Saint-Sacrement qui suivit immédiatement. Cas de cécité, un de surdité, deux de sclérose en plaques, etc. Il y eut en tout un peu plus de trente guérisons. »
Parmi les personnes qui se rendent à la neuvaine de cette année-là, on retrouve Hélène-Marie Cadrin [5], une sœur du Bon-Pasteur, et plusieurs de ses compagnes. Elles seront présentes les 14 et 15 août.
La religieuse témoigne : « Deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison. »
Devant l'insistance de ses compagnes, en arrivant sur le terrain de ce lieu qui doit son premier rayonnement grâce au bienheureux franciscain Frédéric Janssoone, elle se rend « faire prier sur elle » au bureau aménagé pour l’occasion. Le père Valérien Gaudet, un Oblat de Marie Immaculée, la reçoit.
La religieuse poursuit : « Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente… Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie !" » […]. « Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien… »
Le 15 août, en après-midi, après la marche mariale, elle réussit à se trouver une place dans la basilique qui est pleine à craquer. Elle se retrouve dans une allée latérale. La célébration des malades connaît un grand succès cette année. La réputation du Trinitaire y est pour quelque chose.
Hélène-Marie Cadrin raconte : « C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même : une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé… Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérison." C'était moi ! J'entendais ma voisine de droite.
Les miracles du père Jean-Paul Regimbal
Thérèse Corriveau a eu le privilège de côtoyer au quotidien le père Jean-Paul Regimbal. Pendant de nombreuses années, elle était à la tête du Carrefour de la prière, situé sur la rue Avery, à Granby, à quelques pas de la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires.
Comme son nom l’indique, le Carrefour est un organisme qui offre une ligne d’écoute pour les personnes qui ont besoin de se confier, via le téléphone, et de recourir au soutien de la prière d’une équipe de pieux catholiques. C’est aussi le quartier général du ministère du Religieux trinitaire où on le soutient dans son ministère sacerdotal. Ainsi donc, Thérèse Corriveau travaille discrètement pour lui. En d’autres mots, elle est sa secrétaire, sa coordonnatrice et, surtout, sa chaste amie.
Dans un entretien qu’elle accordait à la journaliste Lise Lapalme dans le cadre d’un « visage d’Église » diffusé dans l’émission télévisée « Parole et Vie »[6], animée par Roland Leclerc, elle racontait des prodiges dont elle a été témoin dans les années 1970, à Granby :
« Il y a eu de nombreuses guérisons, ici au Monplaisant [7]. J'ai été témoin de plusieurs guérisons. [Une] guérison qui m'avait frappé, c'était un jeune, peut-être 6-7 ans, qui était à la chapelle pendant une veillée de prière et le père [Jean-Paul Regimbal] avait fait des prières spécifiques pour les malades et le petit bonhomme qui avait une prothèse, enlève cette prothèse, se met à courir, il va se jeter dans les bras du père […] et le père […] dit : "Mais ce n’est pas moi, c'est Jésus." Alors, il se met les deux mains autour du tabernacle, il dit : "Merci Jésus !" Il marchait alors que, quand il est arrivé, il ne pouvait pas marcher sans ce support. »
Elle ajoute après un bref silence : « Et il y a le cas aussi d'un jeune de Sudbury qui avait été présenté au père [Jean-Paul Regimbal] pour qu'on prie sur lui. Il faisait une tumeur cancéreuse au poumon. Et celui qui l'avait présenté, c'était un médecin. Il savait très bien l'état de ce jeune. Et il a fait radiographier le jeune plus tard, [et] il n'avait plus de cancer. Et ça, il a tous ces dossiers-là chez lui. C’est le docteur Raymond Bonet de Sudbury en Ontario. »
____________________
[1] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[2] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[3] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[4] Jean-Paul Regimbal. ”La liturgie dans le renouveau charismatique”, Liturgie et vie chrétienne, nᵒ 90, octobre-décembre 1975, pp. 294 à 320. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/la-liturgie-dans-le-renouveau.html
[5] Marie-Hélène Cadrin. Témoignage – Bonté de la Vierge du Cap, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[6] Document conservé dans le fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby. https://shhy.info L’émission est disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=breLPkfypAc&list=PL9wL_zxleKDY-8uzaZtDHV810ik7a7f2_&index=5&t=1529s
[7] Thérèse Corriveau fait référence à la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires, située au 200, boul. Robert, à Granby. https://www.maisontrinitaires.com/
MA FOI DU BON DIEU : Église catholique de la Purification-de-la-vierge-Marie
![]() |
| Messe de 8h30 de ce 27 juillet 2026 à l'église catholique de la Purification-de-la-vierge-Marie, à Repentigny. |
SANTÉ : Une prime estivale pour les infirmières
Par Benoit Voyer
27 juillet 2026
Afin de limiter les effets de la pénurie de personnel durant la période estivale, jusqu’au 15 septembre les infirmières, inhalothérapeutes et perfusionnistes du Québec bénéficient d’une prime de 5 % sur leurs heures régulières travaillées.
Cette mesure, instaurée depuis l’an dernier, vise à favoriser le maintien des effectifs durant une période particulièrement difficile pour le réseau de la santé. Une prime supplémentaire de 10 % est également offerte pour les heures supplémentaires durant cette période.
L’année dernière, cette mesure aurait contribué à réduire la pression sur les équipes durant l’été, notamment en diminuant le recours aux heures supplémentaires obligatoires.
De leur côté, les préposés aux bénéficiaires et le personnel de soutien ne reçoivent aucune prime durant l’été. Le soleil ne brille donc pas toujours du même côté.
SANTÉ : Les filles du roi étaient porteuses d’un gène qui a muté
Par Benoit Voyer
26 juillet 2026
Les chercheurs de l’université McGill ont trouvé une mutation génétique qui serait apparue il y a environ 300 ans en Nouvelle-France, soit une cinquantaine d’années après l’arrivée des filles du roi. Ces 1200 femmes sont les ancêtres en ligne directe d’une bonne partie du peuple francophone d’Amérique. Celles-ci et les générations qui ont suivi sont porteuses d’un gène qui fait considérablement augmenter le risque de développer un cancer du pancréas.
Au Québec, à cause des caractéristiques de son peuplement qui a inévitablement amené des mariages entre cousins germains, c’est-à-dire consanguins, certaines maladies sont plus fréquentes au sein de la population actuelle. À la fin du XVIIIᵉ siècle, 70 % des gènes des Canadiens-français provenaient des Filles du Roy.
VISION CATHOLIQUE : Les souvenirs d’enfance de Dorothée Berryman
Par Benoit Voyer
26 juillet 2026
Le plus sensible des souvenirs d’enfance de la comédienne et chanteuse de jazz Dorothée Berryman est sans nul doute celui de la guérison de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le nourrisson de quelques mois souffrait d’un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce à la prière d’intercession de la mère de sa mère, « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.
En 2002, elle me disait [1] : « Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite… C’était proche du cerveau et il y avait là une sorte d’excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu’il n’y avait rien à faire parce que c’était trop proche de certains nerfs du cerveau. À l’époque, c’était dangereux d’opérer dans cette région du corps humain ! Il y a plus de 40 ans de cela ! »
Cette époque où son jeune frère était hospitalisé, elle s’en souvient comme si c’était hier : « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu’ils allaient l’opérer, enlever une partie de l’angiome, que ça allait resurgir et qu’il devrait revenir continuellement à l’hôpital. C’était affreux pour nous ! »
Ne pouvant accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du Nazaréen, en promettant, à la guérison du bébé, un abonnement à vie à la Revue Sainte-Anne.
Quelques mois plus tard, de retour à la maison…
« Tout à coup, une nouvelle infection est apparue ! Édouard a fait une fièvre monstre ! Là on pensait que ça y était, que c’était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise ! » ajoute-t-elle, la voix remplie d’émotions.
Les médecins n’ont jamais pu expliquer ce qui était arrivé. D’après eux, le petit malade a développé des anticorps. Médicalement, ils n’ont guère été capables d’expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.
Édouard a été abonné à la Revue Sainte-Anne toute sa vie.
La neuvaine à sainte Anne
Lorsqu’elle était fillette, elle allait au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré en famille à chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l’anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.
Ses souvenirs de gamine restent bien vivants : « Je me rappelle nous, quatre enfants, assis dans la voiture et insistant pour que daddy arrête acheter des patates frites Il me semble qu’il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions ! »
La comédienne
Dorothée Berryman doit sa vocation de comédienne aux religieuses, notamment à sœur Marie-Louise-de-la-Trinité. En 2002, elle me confiait : « Je me trouve privilégiée d’avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et avec la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue, à Québec, et de certaines rencontres, comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J’avais 13 ans à l’époque ! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m’a guidée vers une école de théâtre ».
Elle n’est pas la seule à avoir inspiré ses rôles de « bonne sœur » au théâtre et à l’écran. Sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi. Sœur Agnès, dans la télésérie Rivière-des-Jérémie, c’était un peu elle.
Dorothée Berryman est actrice et interprète de jazz. Elle participe à l’enrichissement du paysage culturel du Canada francophone depuis plus d’un demi-siècle. Elle a joué des rôles marquants au cinéma, à la télévision, au théâtre et elle a interprété de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène.
Au cinéma, on se souvient de son rôle de Louise dans Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2002) de Denys Arcand, de Bibiane Guérin dans Je n’aime que toi (2003) de Claude Fournier et de sa participation dans Chocolat, crème glacée et autres consolations (2001) de Julie Hivon.
C’est en 1971 qu’elle commence sa carrière. Le metteur en scène Paul Hébert lui confie le rôle d’Élise Doolittle dans la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw. Elle incarnera ensuite plusieurs rôles au théâtre.
À la télévision, on la retrouvera notamment dans Des dames de cœur (Radio-Canada), ainsi que dans les miniséries Bombardier, Réseaux, Cauchemar d’amour, Rivière-des-Jérémies, Tribu.com, The Hunger et Urban Angel.
__________
[1] Les propos de Dorothée Berryman sont tirés d’un article de Benoit Voyer paru dans la Revue Sainte-Anne en mai 2002 et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Benoit Voyer, Éditions Logiques, 2005).
[1] Les propos de Dorothée Berryman sont tirés d’un article de Benoit Voyer paru dans la Revue Sainte-Anne en mai 2002 et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Benoit Voyer, Éditions Logiques, 2005).
JOURNÉE INTERNATIONALE DES GRANDS-PARENTS : Être grand-père et grand-mère
Par Benoit Voyer
25 juillet 2026
En raison de notre distance géographique, je n'ai pas pu beaucoup connaître mes grands-parents, ce qui m'a empêché de développer un lien émotif fort avec eux. Cela m’a grandement manqué.
Je n’avais pas un an lorsque grand-père Edgar est décédé. Le départ de mon grand-père Louis a eu lieu alors que j'avais 7 ans. Quant à grand-mère Alice, j'avais 14 ans. Il y a donc grand-mère Claire que j’ai connue davantage. D'ailleurs, j'ai été parmi les quatre derniers (et le seul petit enfant) à la voir le soir de sa disparition.
Aujourd’hui, je suis devenu le grand-père et le grand-père par alliance de petits-enfants animés et très intelligents. Je suis fier de Raphaël et Éthan (qui résident à Granby), Léo et Laure (qui habitent à Dorval), Gabriel et Samuel (de Joliette) et Mason et Violet (de Welland, en Ontario). J'apprécie de les voir et de les revoir.
Le métier de grands-parents
Actuellement, en moyenne, les grands-parents ont quatre petits-enfants. Aucun rapport avec les familles nombreuses du début du XXᵉ siècle. Ce chiffre plutôt bas rend la création d'une relation individuelle avec chacun d'eux vraiment plus facile. C'est un cadeau pour les grands-parents modernes.
Au fil du temps, il y a eu des changements dans les attentes envers les grands-parents.
Être grand-parent est un magnifique métier qui demande quelques savoir-faire. La première chose qu'ils doivent faire est d'apprendre à marcher sur des œufs.
Les grands-parents sont : les héros, les équilibristes des relations intrafamiliales, les jongleurs, les magiciens, les inventeurs d'histoires, les faiseurs de gâteaux d'anniversaire à thèmes, les grands-pères bricoleurs ou jardiniers, les grands-mamans du mercredi dont on est heureux qu'elles existent.
Outre la force du lien qu’il y a entre les générations, nombreuses sont, pour les grands-parents, les occasions de solidarité familiale : petites aides – ou grandes aides – au quotidien soulagent les jeunes familles, que ce soit dans les tâches ménagères, ou autres, permettant aux mamans de concilier vie familiale et vie professionnelle : sortie d'école, aide aux devoirs, garde d'enfants, loisirs, maladie de l'enfant ou de la maman… Ils sont souvent dans l'obligation de pallier le manque de solutions de garde pour les jeunes enfants ou de le compléter, et sont parfois les bouche-trous des uns et des autres. Ils sont tellement plus !
Les grands-parents jouent un rôle essentiel dans la transmission de l'histoire familiale et le rôle de témoin. En Afrique, on décrit les Anciens comme des « bibliothèques de la vie ». Ainsi, « lorsqu’un ancien meurt, c'est toute une bibliothèque qui est perdue ».
Sans pour autant prendre la place des parents, les grands-parents ont un rôle « d'éducateurs en second ». Cette place est particulièrement appréciée des plus jeunes pour lesquels ils sont, et resteront toujours, « les racines de la famille », « les passeurs de mémoire », « les transmetteurs de l'histoire et des valeurs familiales », « les gardiens du lien entre les générations ».
Les « nouveaux grands-parents » veulent comprendre, s'engager, prendre une part active, constructive et créative dans la vie familiale et dans la société. Ils veulent, à leur mesure, favoriser et améliorer le dialogue entre les générations, apporter aux jeunes parents et aux petits-enfants du temps, partager leurs expériences, leurs savoirs, leurs valeurs, comme la tolérance, le respect, et enfin, leur offrir de l'amour tout simplement, pour leur faire découvrir un monde heureux, un monde meilleur.
Ils veulent participer activement et jouer à l'avenir « un rôle à développement durable » par des actions concrètes.
Il faut parler du rôle précieux que les grands-parents jouent dans la vie de famille. Ils constituent la plus grande garderie du pays.
· Ils aident et soutiennent fréquemment les parents en difficultés ;
· Ils sont des acteurs incontournables du soutien à la parentalité ;
· Ils constituent les gardiens de l'histoire familiale ;
· Ils sont garants du lien qui rattache l'enfant à son histoire et à son environnement, à sa culture ;
· Ils sont dépositaires d'une certaine stabilité familiale, un dernier repère d'une identité en mal de racines ;
· Ils sont dépositaires d'une qualité de vie souvent perdue ;
· Ils peuvent être un « fusible relationnel » dans certaines situations ;
· Ils offrent des repères stables aux enfants dans le cadre de difficultés familiales ;
· Ils sont des transmetteurs de valeurs familiales.
On a tendance à l’oublier : les grands-parents sont d'une importance capitale pour la formation de la personnalité d'un enfant. Leur contribution est bénéfique, sécurisante et stabilisante pour le développement de l'enfant.
D’abord, ils leur permettent de se situer et de s'enraciner dans leur lignée familiale, de prendre conscience de leur place dans celle-ci : ils répondent ainsi à l'un des premiers besoins de l'enfant, celui de savoir d'où il vient pour savoir qui il est. C'est un droit qu'on ne peut ni ne doit lui enlever sous aucun prétexte.
Enfin, les grands-parents présentent un lien d'amour différent de celui que leurs parents leur offrent. Détachés de la responsabilité éducative, ils peuvent participer à leur épanouissement autrement. Les liens entre grands-parents et petits-enfants sont remplis d'amour, de tendresse, de connaissances et de richesse, et ils sont irremplaçables.
La communication
Dans l’Actualité du 22 septembre 2021, André Lavoie écrivait que « La naissance d’un enfant est un événement joyeux, mais aussi un moment important qui redéfinit les rôles de chacun, car la dynamique familiale ne sera plus jamais la même. Dans ce contexte, certains grands-parents ont toujours l’impression d’en faire trop ou pas assez, d’être à la remorque des besoins des nouveaux parents essoufflés ou alors d’être tenus à l’écart. Comment devraient-ils se comporter ? » Selon lui : « Le secret du succès, c’est une bonne dose de communication ».
Dans son article, il citait Suzanne Vallières. Cette dernière tente de définir le profil du grand-parent idéal : Elle dit qu'« il est d’abord un soutien pour les parents, surtout s’il s’agit de leur premier bébé, mais il doit aussi créer un lien affectif avec son petit-enfant. Cela dit, le grand-parent ne devrait jamais émettre une opinion… sauf si on lui demande son avis. Il doit accepter que les méthodes d’éducation soient différentes de celles du temps où il était lui-même un jeune parent. D’ailleurs, on entend souvent dire : « Ma mère était plus sévère avec moi qu’avec ma fille ou mon fils. » C’est normal que les parents soient plus fermes, car ils ont un rôle éducatif qui n’appartient pas aux grands-parents. »
De son côté, Andrée-Anne Boucher expliquait qu'« il y a plus de 50 ans, c’était une question de statut : tes enfants ont leurs propres enfants, donc tu es grand-parent. Les baby-boomers ont longtemps associé ce terme avec la vision qu’ils avaient de leurs propres grands-parents : des gens vieux, malades, détachés ou absents. La volonté de ne pas vieillir est très présente chez eux ; ils vivent d’ailleurs plus longtemps, en meilleure santé, et ils veulent montrer qu’ils sont des grands-parents pleins d’énergie. Mais ce rôle est négocié avec le parent, et il est complémentaire puisqu’il permet, par exemple, d’offrir des choses différentes aux petits-enfants. Il peut s’agir de transmettre des savoirs et des traditions familiales, comme la couture, le tricot ou la cuisine ; ou de participer concrètement à l’éducation des enfants », mais en respectant les règles, les devoirs et l’alimentation fixés par les parents (et non les grands-parents).
En cette Journée internationale des grands-parents, qui a lieu le 26 juillet, prenons le temps de les remercier pour leur apport si précieux dans notre société.
SAINTS ET SAINTES : Qui sont vraiment sainte Anne et saint Joachim ?
sainte Anne et saint Joachim ?
Par Benoit Voyer
25 juillet 2026
Le 26 juillet de chaque année, il est étonnant de voir au calendrier des fêtes liturgiques de l’Église catholique celle d’Anne et Joachim. Il n’est pourtant pas question d’eux dans les évangiles canoniques, c’est-à-dire ceux de Mathieu, Marc, Luc et Jean, publiés dans le second testament de la Bible, communément appelé le Nouveau Testament . Et puis, sur le plan historique, on ne sait rien d’eux sauf à travers des récits très anciens au contenu douteux quant à la véracité des faits.
Longtemps limitée à quelques sanctuaires, la dévotion à sainte Anne et saint Joachim, qu’on dit être les grands-parents de Jésus, s'est répandue au Moyen Âge un peu partout à travers la chrétienté.
En 1854, au sein du catholicisme, les débats théologiques ont donné naissance au dogme de l’Immaculée-Conception. Dès lors, on a étroitement associé le culte d’Anne à celui de Marie, la mère de Jésus. Cette vérité à croire ne fait pas l’unanimité chez les chrétiens.
C’est dans le « Protévangile de Jacques », un livre apocryphe, c’est-à-dire que son authenticité n'est pas établie et qui a été mis à l’index des bouquins que les catholiques ne pouvaient pas lire pendant des siècles, qu’il faut aller pour retrouver les sources d’Anne et Joachim. Son auteur les nomme pour la première fois dans son récit qui porte essentiellement sur la préhistoire de la famille de Jésus.
Le « Protévangile de Jacques » aurait été écrit au deuxième siècle par une personne provenant du monde grec qui ne connaissait pas les coutumes juives et qui n’a jamais mis les pieds en Israël. La rédaction de son livre avait pour but de démontrer l’origine mystérieuse de Jésus. Ce texte a connu un grand succès au Moyen Âge [1].
On retrouve aussi des traces d’Anne et de Joachim dans l’évangile du « Pseudo-Matthieu », un autre livre apocryphe où certains passages se rapprochent du conte merveilleux : "Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits !" (chap. 20).
Ces livres font de nombreux parallèles entre la sainte Anne encore vénérée de nos jours et certains passages de la Torah L'histoire d'Anne, la supposée mère de Marie, est en effet similaire à celle d’Hannah, dans le livre de Samuel, prophète et dernier sage d’Israël, longtemps restée sans enfant.
Le « Protévangile de Jacques » et le « Pseudo-Matthieu » dépeignent Anne comme étant une femme pieuse restée longtemps stérile.
On y décrit aussi sa rencontre avec son futur mari Joachim à la Porte dorée de Jérusalem, après l'annonce angélique de la future naissance de leur enfant.
Ils racontent que les parents d’Hannah sont tous les deux de la tribu de Lévi : son père serait Akar et sa mère, Émérencie. Akar aurait possédé des terres à Bethléem et à Jérusalem.
Lui et sa femme auraient donné naissance à Ismérie, vers 63 avant notre ère. Cette date correspondrait au moment de la conquête romaine de la Palestine.
Anne serait née vers 55 avant notre ère. C'est à cette époque que la famille se serait installée à Hébron où Ismérie se serait mariée et serait devenue la mère d’Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste, le cousin de Jésus.
Lorsque Anne a eu neuf ans, ses parents se seraient déménagés à Jérusalem où Akar aurait exercé des responsabilités au Temple.
De son côté, le « Protévangile de Jacques » raconte la rencontre entre Anne et Joachim. Selon ce récit : Joachim était allé faire sacrifier les bêtes de son troupeau au Temple. Au préalable, il devait laver ses moutons dans la piscine de Bethesda, près de la Porte des Brebis. Anne se tenait à cette porte de la ville. Elle vit Joachim arriver avec ses troupeaux. Ils se seraient mariés à l'âge de 20 ans.
L’analogie qu’on a faite entre Hanna au livre de Samuel et la grand-mère de Jésus demeure sans grand fondement historique. Mais bon, on y croit ou on n’y croit pas. La foi n’est pas une vérité historique ou scientifique.
____________________
[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21.
[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21.
SANTÉ : Nouvelle possibilité dans le traitement de l’apnée du sommeil
Par Benoit Voyer
24 juillet 2026
Le Zepbound (tirzépatide), un médicament pour traiter l’apnée obstructive du sommeil chez les adultes souffrant d’obésité, est maintenant autorisé par Santé Canada. Il s’agit du premier médicament de la famille des GLP-1 approuvé au Canada.
L’obésité constitue l’un des principaux facteurs associés à l’apnée obstructive du sommeil. Le 24 juin 2026, La Presse rapportait que les essais cliniques montrent une diminution d’environ 25 à 29 interruptions respiratoires par heure chez plusieurs patients. Pour certains, cette amélioration pourrait les faire passer d'une apnée sévère à une forme moins grave.
Le traitement ne remplace toutefois pas l’appareil de pression positive continue (PPC), qui demeure le traitement de référence pour les formes modérées à sévères de la maladie.
L’autorisation de Zepbound illustre l’évolution de la médecine dans le traitement de l’obésité. Certains médicaments, initialement développés pour favoriser la perte de poids, peuvent également améliorer des maladies qui lui sont associées, dont l’apnée obstructive du sommeil.
Les spécialistes rappellent toutefois que ces traitements doivent s’intégrer à une prise en charge globale comprenant une alimentation équilibrée, l’activité physique et un suivi médical. Ils ne remplacent pas les autres traitements lorsque ceux-ci demeurent nécessaires.
UN PEU DE MOI : Louis Voyer, mon arrière-grand-père
Par Benoit Voyer
23 juillet 2026
Le 15 juin 1861, dans la paroisse Saint-Alexandre, à Kamouraska, nait Louis Voyer, fils de Louis Voyer et Joséphine Bélanger. Il est baptisé le même jour dans l’église catholique du patelin. Son parrain est Célestin Bélanger, son grand-père, et sa marraine est Charlotte Dionne, sa grand-mère.
En 1867, lors de la fin du Régime britannique en Amérique et la naissance du Dominion canadien, Louis n’a que 6 ans.
Le 8 février 1887, dans l’église catholique de Saint-André-de-Kamouraska, Louis épouse Dorilda Garneau, la cadette de Rémi Garneau et de Soulange Gagné (qu’on appelle aussi au fil des ans Marie des Anges, Desanges et Solange). Il s’agit d’un mariage double. Au même moment, son frère Félix unit sa destinée à Aurélie Michaud. La célébration est présidée par l’abbé Ferdinand Garneau, leur frère aîné. Le père de Louis est présent. Il est intéressant de noter qu’au registre, le premier couple est témoin du mariage du second et le second couple témoin du premier. Veuve depuis 1874, la mère des enfants Garneau, 66 ans, doit être fière de ses enfants. Elle semble absente de la célébration.
Au registre de la paroisse Saint-André, on écrit : « Le huit février mil huit cent quatre-vingt-sept, la dispense de deux bans accordée en date du trois du présent mois par messire Cyrille Légaré, vicaire général, administrateur, après la publication du troisième ban faite au prône de notre messe paroissiale et de la messe paroissiale de St Alexandre entre Louis Voyer, cultivateur, fils majeur de Louis Voyer et de feue Joséphine Bélanger de la paroisse St Alexandre, d’une part, et Dorilda Garneau, fille majeure de feu Rémi Garneau et de Désanges Gagné de cette paroisse, d’autre part. Ne s’étant découvert aucun empêchement, nous, prêtre soussigné, avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Louis Voyer, père de l’époux, et de Rémi Garneau, frère de l’épouse, et de plusieurs (illisible) qui ont signé avec nous. Lecture faite. » Signatures : Dorilda Garneau, Louis Voyer, Aurélie Michaud, Félix Garneau et s’ajoute celle de l’abbé Ferdinand Garneau. Dans le registre suit l’acte de mariage de Félix Garneau et Aurélie Michaud.
Dorilda et Louis, qui est cultivateur, donneront naissance à onze enfants, dont plusieurs décéderont en bas âge : Louise (1888-1897), Edgar (1889-1967), Rosario (1890-1947), Armand (1892-1970), Ernestine (1893-1897), Alexandrine (1894-1897), Jean-Charles (1895-1976), Louis-Philippe (1897-1971), Laurier (1898-1900), Félix-Alfred (1899-1900) et Julienne (1903-1903).
Au recensement de 1891, l’agent du gouvernement enregistre Louis Voyer (29 ans), cultivateur, Dorilda Garneau (25 ans), Louise Voyer (3 ans), Edgar Voyer (1 an), Rosario Voyer (7 mois), Louis Voyer (66 ans), Célanire Marquis (47 ans), la deuxième épouse de Louis, son grand-père, et Ludger Voyer (18 ans) qui se prépare à devenir prêtre catholique.
À celui de 1901, à Saint-Alexandre, Louis Voyer a 39 ans et Dorilda Garneau a 35 ans. Leur marmaille est composée d’Edgar (11 ans), Rosario (10 ans), Armand (9 ans), Jean-Charles (5 ans) et Louis-Philippe (4 ans).
Louis Voyer, 41 ans, décède à Saint-Alexandre, le 24 juillet 1902. Ses funérailles sont célébrées cinq jours plus tard, à Saint-Alexandre. Elles sont présidées par l’abbé Ferdinand Garneau, curé de la paroisse de Saint-Roch-des-Aulnaies et frère de Dorilda. Il est inhumé dans le cimetière de la paroisse, pas très loin de la route principale.
Ainsi donc Dorilda se retrouve seule avec sa marmaille... enceinte de quelques mois. Edgar, 13 ans, qui est l’aîné, doit seconder sa mère sur la ferme familiale.
Le 11 janvier 1903, Dorilda Garneau-Voyer donne naissance à Juliette. La petite fille décédera dix jours plus tard, soit le 21 janvier.
De quoi est décédé Louis ? Il n’y a aucune indication dans les registres et dans la documentation trouvée jusqu’à maintenant. Serait-ce la variole ? On sait qu’il y avait une épidémie dans certaines régions du Québec en 1901-1902. Peut-être qu’un jour on le saura.
En images:
![]() |
| Mariage de Louis et Dorilda, à Saint-André (1ere partie) |
![]() |
| Mariages de Louis et Dorilda, à Saint-André (2e partie) et de Félix et Aurélie |
![]() |
| Louis Voyer et Dorilda Garneau dans le cimetière de Saint-Alexandre-de-Kamouraska |
![]() |
| Louis et Dorilda unissent leur destinée dans l'église Saint-André-de-Kamouraska |
![]() |
| Le baptême de Louis Voyer en 1961 à Saint-Alexandre de Kamouraska |
MA FOI DU BON DIEU : Adoration du Saint-Sacrement à l'église catholique de Rawdon
![]() |
| Adoration du Saint-Sacrement de ce 23 juillet 2026, de 9h à 15h, à l'église catholique Marie-Reine-de-la-paix, à Rawdon |
PSYCHOLOGIE : Le bonheur
Par Benoit Voyer
22 juillet 2026
Le World Happiness Report, publié chaque année par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford, en collaboration avec plusieurs institutions internationales, rappelle que le bonheur d’une population ne dépend pas uniquement de sa richesse.
Les recherches démontrent que les facteurs les plus importants dans l’augmentation de l’indice du bonheur sont les relations humaines, la confiance envers les autres, le sentiment d’appartenance et le fait de se sentir utile dans sa communauté. « Les êtres humains sont des êtres profondément sociaux. Les facteurs les plus déterminants concernent donc nos relations avec les autres. », expliquait Christopher Barrington-Leigh, professeur à l’Université McGill et spécialiste de l’économie du bien-être, au magazine Québec sciences dans le cadre d’un reportage pour son édition de juillet.
Régulièrement en tête du classement, les pays nordiques obtiennent de bons résultats grâce à un haut niveau de confiance sociale, un solide filet de sécurité et une culture où l’on valorise la responsabilité collective.
Le Costa Rica présente également un niveau élevé de bonheur malgré un revenu inférieur à plusieurs pays développés. L’importance accordée à la famille, aux liens sociaux et à la vie communautaire pourrait expliquer en partie cette situation.
UN PEU DE MOI : L’intériorisation d’un garçon de 9 ans
Par Benoit Voyer
21 juillet 2026
Le 22 novembre 1975, on fête mon neuvième anniversaire de naissance. Je suis en 3ᵉ année. Je fréquente l’école élémentaire Sainte-Marie, devenue le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix, à Granby.
Ma « maîtresse » est Lucille Beaudy, une enseignante qui en est à sa deuxième année d’enseignement. Le local de notre groupe est situé au 3ᵉ étage de l’établissement scolaire. Notre étage est celui « des grands ». Il y a trois ans que je rêve de le fréquenter. Pendant ces années, je le voyais comme le lieu des privilèges, une sorte d’endroit privilégié pour « initiés ».
La disposition de notre salle de classe favorise le travail en équipe et répond à un besoin des enfants de se retrouver en clan entre pairs. Elle est placée en îlots de 5 à 6 pupitres.
Durant l’année scolaire, Lucille réalise avec nous une activité.
D’abord, une intériorisation. Puis, par le biais de notre imagination, elle nous fait nous transporter dans notre vie d’adulte afin de visualiser notre métier d’avenir. Enfin, dans notre cahier d’exercices, elle nous fait dessiner celui-ci.
Le « p’tit gars » de 8 ans que je suis était bien embêté. Dans ma tête, je voyais double. Alors, Lucille me dit de séparer ma feuille en deux et de faire deux dessins. Ben oui ! J’aurais dû y penser.
D’un côté, je dessine un écrivain. De l’autre, le chœur de l’église catholique que je fréquente chaque dimanche : l’église Saint-Eugène. Je me voyais devenir écrivain et prêtre catholique. Bien entendu, je ne deviendrai ni l'un ni l’autre, mais pas loin…
À 57 ans, lorsque je débuterai ma relecture de vie, ce sera le premier grand souvenir qui surgira de ma mémoire. Je prends alors conscience que toute ma vie j’ai été préoccupé par les choses spirituelles et que mon principal moyen pour m’exprimer et bien résumer mes idées, l’acte d’écrire a toujours été d’une importance capitale. À partir de ce moment, il devenait clair que pour retrouver mes racines afin de mieux aller de l’avant et être en harmonie avec ma ligne de vie, je devrais inévitablement passer par l’écriture et me réconcilier avec ma foi chrétienne de tradition catholique.
SANTÉ : Travailler la nuit
Par Benoit Voyer
20 juillet 2026
Travailler la nuit est nuisible pour la santé. Les études le démontrent : il y a chez ces travailleurs une augmentation des risques de décès par un accident vasculaire cérébral ou par maladie cardiovasculaire. Ce n’est pas tout : on note davantage de troubles de santé mentale, de perturbations du sommeil, de fatigue chronique et de somnolence. Ces dérèglements amènent des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète.
En mars 2026, Esther Serrajordia expliquait dans le quotidien Le Croix [1] : « Ne pas dormir la nuit supprime aussi le pic nocturne de mélatonine, hormone aux propriétés anticancéreuses, et affaiblit le système immunitaire, qui lutte normalement contre les cellules cancéreuses produites par l’organisme. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent donc à son rôle possible dans l’apparition de certains cancers, en particulier les cancers dits « hormono-dépendants » (sein, prostate, etc.), en raison des perturbations durables du rythme biologique […]. Le travail de nuit perturbe l’horloge interne et les sécrétions hormonales, notamment celles liées au cortisol. Normalement, le pic se produit le matin, mais lorsqu’on travaille la nuit, le corps ne sait plus quand le déclencher. »
D’ailleurs, le 4 mars 2026, en France, le tribunal administratif de Marseille « a reconnu le lien entre le cancer du sein d’une infirmière et le fait qu’elle avait travaillé de nuit pendant près de 25 ans »[2]. Depuis 2007, les études scientifiques parlent des effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une augmentation du risque de cancer.
Santé Magazine [3] rapporte que « dans la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, 61 % des travailleurs de nuit se plaignent d’au moins un trouble du sommeil contre 38 % dans la population générale. »
____________________
[1] Esther Serrajordia. « Ce que dit la science sur le lien entre travail de nuit et cancer », La Croix, 6 mars 2026, p. 7. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/7
[2] Cf. Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
[3] Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
PSYCHOLOGIE : Les gars ont besoin d'aide
Par Benoit Voyer
19 juillet 2026
Cela est triste. Sur le plan émotif, un très grand nombre d'hommes n'ont pas appris à se prendre en main. Ils sont et demeureront des "hommes-enfants" toute leur vie.
Avec la montée du féminisme, « L'homme a été obligé de perdre le pouvoir. Il a eu l'air fou ! Il a perdu un précieux avantage qu'il ne voulait pas perdre ! Comme de nombreux hommes, il se questionne : "Cette formule fonctionnait pour mon père ! Pourquoi elle ne fonctionne pas pour moi ? Pourquoi ma femme réagit de cette manière ? Pourquoi ? Pourquoi ? « L'homme est en déroute… » [1], me disait un jour le psychologue trifluvien Robert Ayotte.
La violence qu’ils font est souvent physique, mais la sournoise est verbale et psychologique. Quand l’intention est d'amener l'autre dans une soumission, il y a violence.
De nombreux mâles sont à la dérive. On entend encore souvent plusieurs dire : « Mon père m'a montré à travailler, mais il ne m'a pas appris à verbaliser et extérioriser ce que je suis vraiment à l'intérieur de moi et à bien vivre avec mes émotions. Je me sens coincé. Tout ce que je suis capable de faire, c'est de travailler et de piquer des crises de p'tit gars. » Lorsqu’on en arrive à dire cela, c’est qu’il est temps de consulter et de débuter une thérapie.
____________________
[1] Benoit Voyer. « Violence faite aux femmes », Revue Sainte-Anne, octobre 1996, pp. 392 et 393.
UN PEU DE MOI : Ma consécration à la Trinité
Par Benoit Voyer
19 juillet 2026
C’était le 20 juillet 1998. Ce jour-là, je me consacre à la Trinité durant une messe célébrée par le père Théodule Richard. Celle-ci a lieu au Colisée (Coliseum) du Sanctuaire d’Auriesville (Our Lady of Martyr’s Shrine, Aurisville) aux États-Unis à l’occasion d’un pèlerinage du Comité foi et culture. J’écris mon acte de consécration le 17 juillet et je le signe le 21 juillet. Le texte se lit ainsi [1] :
« Très sainte Trinité, Père, Fils et Esprit, je me consacre à vous afin de vivre dans votre intimité jusqu’à la fin de ma vie terrestre et dans l’éternité où vous nous conviez.
En ce jour où notre amitié se scelle, je m’engage à marcher dans la lumière de votre grâce.
Que chaque pas, que chaque geste que je ferai soit un témoignage vivant de votre amour incarné dans notre monde.
Que chaque pas, que chaque geste serve à édifier une société plus humaine selon le plan divin révélé par nos pères dans la foi.
Que chaque pas, que chaque geste soit un appel pour chaque personne à se rapprocher de votre cœur rempli d’une infinie tendresse.
Que je sois pleinement fils de Dieu, frère de Jésus et temple de l’Esprit saint par ma relation à vous et par mes simples gestes du quotidien.
Qu’il n’y ait plus de mystère entre vous et moi. Je veux vivre dans votre amour.
Père, j’accepte de me laisser aimer par toi. Jésus, je veux t’imiter en rendant au Père l’amour que je reçois de lui. Esprit saint, je m’unis à ton souffle de vie, à ton souffle d’amour. »
Le site du sanctuaire d’Auriesville est le lieu de l’ancienne communauté amérindienne nomade où est née sainte Kateri Tekakwitha et l’endroit où ont été tués quelques-uns des saints martyrs d’Amérique. Ayant une immense admiration envers Tekakwitha, je voulais que ma consécration se fasse en ce lieu.
____________________
[1] Pour les notes préalables : cf. SHHY P049. Pour le texte final : Cf. Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte-Anne, 2004, pp. 9 et 10 (BANQ 242.802 V975j204. SHHY P049)
MUSIQUE : Charles Richard-Hamelin sublime comme jamais au Festival de Lanaudière
Par Benoit Voyer
18 juillet 2026
Le pianiste Charles Richard-Hamelin a fêté son 37e anniversaire de naissance en interprétant le Concerto pour piano en la mineur, op. 16, d'Edvard Grieg au Festival de Lanaudière. Le virtuose est né le 17 juillet 1989, à Sainte-Agathe-des-Monts, la veille de l’inauguration officielle de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay où il a donné sa prestation musicale en compagnie de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ).
Ce concerto comporte trois mouvements. Dans l’Adagio, le deuxième volet de l’œuvre, il a su avec délicatesse révéler toute la tendresse et la subtilité de l’œuvre. Je n’ai jamais entendu une telle interprétation. Richard-Hamelin fait un avec son piano. Le temps semblait suspendu. C’était un moment d'introspection très particulier. Les yeux fermés, parfois mi-ouverts, le visage de l’artiste en disait long sur l’émotion qui l’habitait.
Après avoir reçu une longue ovation, Charles Richard-Hamelin s’est réinstallé au piano et a joué en solo une courte œuvre qui n’était pas prévue au programme. Le public n’en demandait pas autant.
Durant ce spectacle, l’OSQ a également interprété Le Tombeau de Nelligan, op. 52, du Québécois Jacques Hétu et La Petite Sirène (Die Seejungfrau), le chef-d'œuvre méconnu d'Alexander Zemlinsky.
TÉLÉVISION : Linda Wilscam et Picotine
Par Benoit Voyer
17 juillet 2026
Elle s’appelle Picotine. Elle a une drôle de mine. Elle a des picots plein la figure et elle nous racontait plein d’histoires "à coucher dehors".
Quand je pense à elle, je repense à ma jeunesse. Cette série télévisée pour les enfants était diffusée à la télévision de Radio-Canada du 8 septembre 1972 au 28 mai 1975. Picotine était interprétée par Linda Wilscam.
Malheureusement, je n’étais pas très fidèle au rendez-vous télévisé, mais je m’en souviens. C’était amusant ! Mais, je ne le disais pas parce que mes amis disaient que c’était une émission pour les filles. À la maison, je me joignais plutôt à mon ami Patof au canal 10, l’ancêtre du réseau TVA.
![]() |
| Picotine |
Picotine était une jeune fille qui ne restait jamais à l’extérieur des situations difficiles. Elle s’y engageait. Elle se tenait debout. Rien ne l’arrêtait.
Elle était un modèle pour les filles. Elle était douce, espiègle, curieuse, mesquine et romantique. Lorsqu'elle éclatait de rire, le soleil éclatait lui aussi. Si elle était triste, les oiseaux cessaient de chanter. Moi j’aimais beaucoup Poil de pluche. Ah oui ! Il y avait aussi Fantoche. Ce personnage était interprété par Michel Dumont.
Picotine était vraiment une série jeunesse que j’aimais et qui, à près de 60 ans, rallume mon cœur d’enfant.
Linda Wilscam
Née le 5 avril 1949 à Montréal, Linda Wilscam est la fille de Maurice Wilscam, né le 21 juin 1919 et décédé le 25 novembre 1993, et de Gabrielle Arsenault, née le 1ᵉʳ octobre 1919 et décédée le 20 décembre 2009. Ils reposent dans le lot P0070 du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
En 1971, elle obtient un diplôme du Conservatoire d'art dramatique de Montréal. Dans un théâtre d’été, elle crée le célèbre personnage de Picotine. À la télévision, elle a écrit des scénarios pour la série jeunesse Iniminimagimo, diffusée de 1987 à 1990. À partir de 1995, elle enseigne le théâtre au Cégep de Saint-Hyacinthe.
Le 25 avril 1987, elle unit sa destinée à celle de l'avocat François Terroux. Le mariage est célébré dans la tradition catholique et présidé par l’abbé Gilles Lapointe, un prêtre de Saint-Sulpice.
Le générique de l’émission (1972) :
https://www.youtube.com/watch?v=UM0tVIoPfM4&t=2s
S'abonner à :
Messages (Atom)










%20et%20Rom%C3%A9o%20Voyer%20(1930-2021),%20durant%20les%20vacances%20de%20juillet%201961,%20a%20Mont%20Carmel,%20Kamouraska,.jpg)






.jpg)




.jpg)
.jpg)















%203.jpg)
%202.jpg)
