12 octobre 2026


FLASH : Décès de Jean-Luc Mongrain


Décès de Jean-Luc Mongrain

C’est avec regret que j’ai appris le départ de Jean-Luc Mongrain.

Je ne l’ai pas connu personnellement, mais comme bien des Québécois et Québécoises, je l’ai suivi au fil des années au petit écran.

Il avait une manière bien à lui de voir l’évolution du monde. On pouvait être d’accord ou non avec lui, mais il ne laissait personne indifférent.

Mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches et l’assurance de ma prière.

Benoit Voyer
12 octobre 2026

SANTÉ MENTALE : Un signe de faiblesse ?

La santé mentale, un signe de faiblesse ?

Par Benoit Voyer

12 octobre 2026

Un homme sur trois considère que les problèmes de santé mentale sont un signe de faiblesse. C’est ce que révèle un rapport publié le 11 juin 2026 par GreenShield et Recherche en santé mentale Canada. L’étude souligne que les jeunes hommes demeurent particulièrement réticents à demander de l’aide, alors que plusieurs vivent des symptômes importants d’anxiété ou de dépression.

Selon le rapport, près de la moitié des jeunes hommes âgés de 16 à 29 ans ayant entrepris une démarche de soutien ont abandonné leur suivi avant la fin prévue. Parmi les principales raisons évoquées figurent le sentiment de manquer de contrôle sur leurs soins, des horaires peu adaptés et l’impression de faire peu de progrès.

J. JOUBERT - Pensée

 

RÉFLEXION SPIRITUELLE : À la recherche de signes ?


À la recherche de signes ?

Par Benoit Voyer

12 octobre 2026

Dieu n’a pas toujours à multiplier les signes pour nous convaincre. Parfois, ce qui manque, ce n’est pas un signe supplémentaire, mais un cœur disposé à écouter et à changer. (cf. Lc 11, 29-31)

Et si le signe que j’attends était déjà devant moi ?

« Dieu de puissance et de miséricorde, éloigne de nous, dans ta bonté, tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d’esprit ni de corps, nous accomplissions d’un cœur libre ce qui vient de toi » (prière d’ouverture de la messe d’aujourd’hui).

SAINTS ET SAINTES : La vénérable impératrice Zita d’Autriche

La vénérable impératrice Zita d’Autriche

Par Benoit Voyer

12 octobre 2026

L’impératrice Zita de Bourbon-Parme naît le 9 mai 1892 en Toscane. Elle est la dix-septième enfant de Robert de Bourbon, duc de Parme, qui aura 24 enfants de deux mariages.

Issue d’une famille chrétienne de tradition catholique, Zita apprend très jeune que la richesse et le pouvoir sont fragiles. Ses parents accordent une grande importance à la culture, à la foi et au souci des plus pauvres. À douze ans, elle demande une machine à coudre afin de confectionner des vêtements pour les personnes dans le besoin. Elle consacre également une partie de son argent de poche aux moins fortunés.

Le 21 octobre 1911, Zita épouse l’archiduc Charles d’Autriche. Le couple aura 8 enfants.

À la mort de l’empereur François-Joseph, le 21 novembre 1916, Charles devient empereur d’Autriche et Zita, impératrice. Leur règne est cependant de courte durée. À la fin de la Première Guerre mondiale, en novembre 1918, Charles doit renoncer à l’exercice du pouvoir.

La famille est alors contrainte à l’exil. Charles meurt d’une pneumonie à l’île de Madère, le 1er avril 1922. Zita, alors enceinte de son huitième enfant, se retrouve veuve et doit poursuivre seule l’éducation de sa famille. En 2004, Charles sera béatifié par le pape Jean-Paul II.

La Seconde Guerre mondiale entraîne un nouvel exil. En 1940, fuyant Adolf Hitler, Zita et sa famille quittent l’Europe pour les États-Unis. Quelques mois plus tard, incognito, elle s’installe avec plusieurs de ses enfants à Québec. Profondément catholique, elle souhaite vivre dans un milieu où les enseignements de l’Église sont respectés et où ses enfants peuvent recevoir une instruction en français.

À partir d’octobre 1940, la famille habite la Villa Saint-Joseph (1328, avenue Duquet), à Sillery, propriété des Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc, communauté fondée par le vénérable Clément-Marie Staub. Ses ressources ayant considérablement diminué, Zita y mène une existence modeste. Plusieurs de ses enfants étudient à Québec, notamment à l’Université Laval et auprès des Religieuses de Jésus-Marie.

La foi occupe une place centrale dans sa vie. À la Villa Saint-Joseph, Zita participe à la messe chaque matin et, lorsqu’elle le peut, aux vêpres du dimanche. Elle fréquente également l’abbaye Sainte-Marie des Deux-Montagnes, où elle effectue plusieurs visites entre 1943 et 1969. Les religieuses qui l’ont connue gardent le souvenir d’une femme simple, digne et attentive aux autres.

Durant son séjour au Québec, Zita demeure préoccupée par le sort de l’Autriche. Elle parcourt le Québec, le Canada et les États-Unis pour donner des conférences et recueillir de l’argent, de la nourriture et des biens destinés au peuple autrichien.

En 1948, les Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc doivent se départir de la Villa Saint-Joseph. Zita quitte alors Québec. Elle retourne définitivement en Europe en 1953, tout en revenant visiter le Québec jusqu’en 1969.

Zita meurt le 14 mars 1989 à Zizers, en Suisse, à l’âge de 96 ans. Elle est inhumée le 1er avril dans la crypte des Capucins, à Vienne. Selon son souhait, son cœur repose à l’abbaye de Muri, en Suisse, auprès de celui de son époux, Charles Ier.

L’Église l’a déclaré vénérable et son procès de béatification s’est ouvert en 2008.

Son passage au Québec demeure associé à une vie d’exil marquée par la simplicité, le service des autres et une profonde fidélité à sa foi.



LE PRÉSENT DU PASSÉ : Callixte Kabayiza, prêtre du Rwanda

« Pourquoi Dieu a-t-il permis ça? »
                                              - Callixte Kabayiza, prêtre du Rwanda

Callixte Kabayiza, un prêtre tutsi, n’a pas échappé à l’horreur de la guerre du Rwanda : sa mère, son frère et sa sœur ont été assassinés par le régime. « Je me suis dit : si tu ne pars pas, tu ne partiras jamais ». Le lendemain, l’armée venait le chercher pour le tuer… Trop tard, il avait déjà quitté le pays.

par Benoît Voyer

Des morts, des morts, encore des morts. Une véritable folie collective s’empara des Rwandais. On aurait dit les nazis au temps de la dernière guerre mondiale. Tous les Tutsis, tous les intellectuels, tous les enfants, toutes les personnes âgées et tous les membres du gouvernement qui exerçaient un quelconque pouvoir devaient être tués. L’espérance de vie en ces jours sombres fut de zéro jour. Un cruel génocide…

Ce n’est pourtant pas d’hier que la tragédie se prépare. Pour bien comprendre la situation, il faut découvrir l’histoire de ce peuple. « Les faits sont un peu différents de ce qui a été diffusé dans les médias », a confié l’abbé Kabayiza.

L’Histoire d’un peuple
Avant 1900, le Rwanda était un pays organisé à sa manière avec une structure hiérarchique, une monarchie et trois groupes sociaux différents : les Hutus, les Twas et les Tutsis.

Callixte Kabayiza raconte : « C’était structuré de telle façon qu’il y avait un roi, des dignitaires, une aristocratie tutsie. C’était un peuple choyé qui a, notamment, échappé à la traite des noirs. »

Vers 1885, suite à la Conférence de Berlin, le Rwanda, la Tanzanie, le Togo, le Cameroun et le Rundi (nom d’époque du Burundi) passent aux mains des Allemands. Peu de temps après, de nombreux missionnaires catholiques commencent à faire leur apparition au pays. Ensemble, Allemands et catholiques construisent la civilisation rwandaise.

« Pour diriger le pays, ils s’appuient sur l’autorité existante et ils ont un peu cautionné celle-ci. Ils se sont dit : “C’est une organisation bien faite. On va s’appuyer là-dessus pour diriger la colonie.” Ils ont installé un pouvoir indirect de contrôle de la société », poursuit Callixte Kabayiza.

La première guerre mondiale passée, le Rwanda et plusieurs autres pays africains se retrouvent sous régime belge. « Ils ont continué la pratique des Allemands en soutenant l’élite dirigeante de l’époque, a expliqué le prêtre réfugié. À un moment donné, dans les années trente, il y a eu un “boum” catholique de conversion massive. Le peuple a tellement embarqué qu’on ose maintenant parler d’une tornade de l’Esprit ».

Il ajoute : « Ils ont continué à diriger et à cristalliser davantage les différences. De groupes sociaux nous en sommes venus à parler de groupes ethniques. Le fossé s’est de plus en plus élargi entre les peuples, particulièrement entre les Tutsis et les Hutus ».

Sans se préoccuper de l’avenir et des problèmes que cela causeraient, les Belges instaurent une carte d’identité rwandaise qui précise le groupe d’appartenance de l’individu. Après la proclamation de l’indépendance, en 1973, un coup d’État militaire fait du ravage. Juvénal Habyarimana prend le pouvoir. Il ne le perdra qu’au printemps dernier lors de l’écrasement de l’avion qui le transportait en compagnie du président du Burundi.

Le Rwanda n’est pas une société de type d’écriture. Elle est plutôt de tradition orale. Peu de gens savent lire et écrire.

De cette façon, la radio joue un rôle important dans l’information, l’éducation et… la propagande des idées.

Le 6 avril dernier, le président Habyarimana a eu un accident d’avion. La garde présidentielle prit la relève : les tueries, les génocides, les massacres commencent…

« C’était donc une campagne d’intoxication, de pollution, de manipulation, insiste Callixte Kabayiza. Ce n’était pas vraiment une lutte interethnique, c’était un programme planifié, organisé et exécuté par un petit groupe ».

Même si la guerre est terminée au moment de mettre sous presse, le religieux du Rwanda dit qu’il pourrait y avoir une suite car il y a de nombreux militaires qui n’ont pas été désarmés.

La reconstruction du pays va être difficile et longue car le mal est très profond, les cicatrices sont sérieuses. Combien de temps pour rétablir la paix? « Ça va dépendre comment on va s’y prendre et de l’aide que le pays recevra, confie le réfugié. Il faudra juger ceux qui ont fourni des armes et les coupables. Il faut relancer le pays sur des bases plus solides, sur la paix sociale, la compréhension, la tolérance, non sur les ethnies et les différences ».

La guerre
Comme ses compatriotes, il apprend, le 7 avril, que le président du pays est décédé et, par l’intermédiaire d’amis, que des massacres ont commencé dans différentes régions. Jusqu’au 11 avril, le jour où les communications téléphoniques ont été coupées, il garde ses précieuses relations. Le 14, sa mère est assassinée dans une église avec plusieurs autres Rwandais. Le 15, il décide de fuir. Le 16, il quitte.

« Comme prêtre, comme intellectuel, comme Tutsi, j’étais ciblé. Je savais que j’étais en danger. J’ai fui grâce à un ami Hutu. Il m’a fait passer la frontière située à une quinzaine de minutes d’où j’habitais. J’ai passé par le Burundi. S’il n’avait pas été avec moi, je n’aurais jamais pu passer les postes militaires. Il y avait des gardes partout, je lui dois la vie », relate-t-il avec émotion.

Derrière chaque expérience négative de la vie, il y a toujours une parcelle de lumière pour l’existence et la foi. Ceci n’échappe pas à ce prêtre. « Y-a-t-il quelque chose de positif à tirer pour votre foi? », lui a demandé le journaliste du magazine.

« Ce n’est pas facile à dire… (Il hésite longuement avant de répondre tellement sa blessure intérieure est profonde). Quand on a vécu ces horreurs et qu’on a été touché personnellement, on se pose des questions et on pose des questions : Pourquoi Dieu a permis ça? À quoi sert encore la foi? Moi je me suis sérieusement posé cette question : Est-ce qu’on peut encore croire malgré tout cela? Ces gens qui ont massacré mon peuple étaient des catholiques qui pratiquaient leur foi. Est-ce un échec pour la jeune Église du Rwanda? Moi, comme prêtre, comme croyant, ça me pose bien des questions ».

Il ajoute sur le ton de la déception : « En plus, ça me pose la question de la présence de l’Église. Elle était très implantée. Pourtant, elle n’a jamais élevé la voix de manière précise pour dénoncer le mal, pour prévenir la catastrophe. Il faut que l’Église se questionne sérieusement. »

Puisque sa souffrance est encore récente, il n’a pas encore trouvé toutes les réponses. Toutefois, une certitude naît en lui : sa foi a grandi. « Je ne la vivrai pas comme avant! »

Accueilli au Canada à titre de réfugié, Callixte Kabayiza n’entend pas chômer. Il aide le clergé du diocèse de Montréal. De plus, il veille à l’éducation des enfants de son frère qui sont arrivés au Québec il y a quelques jours.

(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1994, pp. 13 et 14)

11 octobre 2026


HISTOIRE : Ambroise Voyer (1833-1917)

Cimetière Sainte-Cécile du Bic
Ambroise Voyer (1833-1917)

Par Benoit Voyer

11 octobre 2026

C'est en l'honneur d'Ambroise Voyer (1833-1917), un pionnier de l'ancienne municipalité de Sainte-Cécile-du-Bic, qu'est nommée l'avenue Voyer, à Rimouski. Ce chemin est aussi appelé « côte Voyer ». Jadis, on parlait de la « route Voyer ».

Fils d'Éléonore Pelletier (1804-1881) et de Louis Voyer (1804-1886) – et fier descendant de René-Étienne Voyer (1714-1785) et de Magdeleine Dupont (1730-1812) –, Ambroise est né le 11 janvier 1833 à Saint-Pascal, Kamouraska. De tradition catholique, il est baptisé le lendemain dans l'église de l'endroit.

Ambroise Voyer
Le 22 septembre 1856, à l'âge de 23 ans, il épouse Hélène Fournier. À la suite du décès de cette dernière, il contracte un second mariage avec Gracieuse Langis (1838-1867), le 11 février 1861, en l'église Saint-Germain, à Rimouski. Ils donnent la vie à un fils qui recoit le prénom de son père. Le 25 novembre 1873, à Saint-Alexandre, Kamouraska, en troisièmes noces, il unit sa destinée à Célina Gagné (1851-1940). Le couple aura seize enfants. Ils s'établissent pour la plupart dans la région de Rimouski.

Ambroise est un cultivateur prospère. Engagé dans sa communauté, il est l’un des cinq syndics élus en 1891 pour mettre à exécution le décret de Mgr Jean Langevin, évêque de Rimouski, permettant la construction d'une nouvelle église et d'une sacristie.

Ambroise Voyer quitte ce monde le 12 octobre 1917. Trois jours plus tard, on lui rend un dernier hommage et on prie pour son repos éternel en l'église Sainte-Cécile du Bic. Après la cérémonie, il est inhumé avec ses parents dans le cimetière de la paroisse.

MASSIAS - Pensée


FLASH : Souper de retrouvailles d’Osons Québec à Mascouche

Souper de retrouvailles d’Osons Québec à Mascouche

Afin de fraterniser, d’échanger et de mieux se connaître, plusieurs membres d’Osons Québec se sont retrouvés au Buffet des Continents, à Mascouche, le samedi 10 octobre. Créer des liens entre les membres est l’une des valeurs fondamentales de la nouvelle formation politique.

Privilégiant la vie communautaire et la participation citoyenne, Osons Québec mise sur les idées de ses membres. Son leader et porte-parole, l’entrepreneur Martin Charron, invite d’ailleurs les « Oquistes » à proposer des solutions nouvelles pour bâtir un programme électoral qui répond aux besoins des Québécois.

Reconnue par le Directeur général des élections du Québec le 2 septembre, en pleine campagne électorale, Osons Québec a présenté des candidats dans les circonscriptions de Mille-Îles et d’Argenteuil, conformément aux exigences de la Loi électorale. (Benoit Voyer, 11 octobre 2026)




RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une petite note au sujet du royaume de Dieu



Une petite note au sujet du royaume de Dieu

Par Benoit Voyer

11 octobre 2026

Dieu est un peu spécial. Il prépare la table du banquet avant même que nous répondions à son invitation. Et lorsque certains refusent de venir, il ne ferme pas la salle. Au contraire, il ouvre davantage les portes.

Ainsi donc, le Royaume de Dieu commence là où l’on accepte simplement de se laisser inviter. Puis, ceux qui seront présents à la fête ne seront peut-être pas ceux qu’on pensait, car « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (cf. Mt 22, 1-10)

JEAN-PAUL REGIMBAL : Au congrès marial d'Ottawa de 1947

Au congrès marial d’Ottawa de 1947, Jean-Paul Regimbal fait une rencontre providentielle qui changera sa vie

Par Benoit Voyer
11 octobre 2026

Du 18 au 22 juin 1947, au parc Lansdowne, Ottawa accueille un événement qui marque profondément la vie catholique canadienne : le Congrès marial international, organisé à l’occasion du centenaire de l’archidiocèse d’Ottawa.

Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, et tout le gratin religieux catholique du pays sont présents [1]. Le Congrès réunit également presque tous les évêques du pays, des religieux et des milliers de fidèles.

Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les dignitaires et les activités. Parmi celles-ci, on retrouve des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.

Cette grande manifestation religieuse témoigne alors de la vitalité d’une Église profondément enracinée dans la société canadienne, capable de rassembler les fidèles autour de la dévotion mariale et de la mission apostolique.

Avant même le rassemblement d’Ottawa, la préparation du Congrès avait suscité un vaste mouvement religieux, notamment par le pèlerinage de Notre-Dame du Cap. La présence de la statue mariale, qui a parcouru plusieurs régions du Canada, contribue à bien préparer spirituellement les participants en rappelant la place centrale de Marie dans la vie chrétienne.

Parmi les éléments marquants du Congrès figurent 117 kiosques tenus par différentes communautés religieuses, qui permettent aux participants de mieux connaître leurs œuvres, leur spiritualité et leur mission, particulièrement leurs liens avec la Vierge Marie. L’exposition couvre une superficie de plus de 133 000 pieds carrés.

Parmi ces kiosques se retrouve celui des Trinitaires. Ils présentent leur spiritualité à travers un kiosque consacré à Notre-Dame du Rachat. Cette dévotion mariale, propre à l’Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des Captifs, met en lumière leur vocation particulière : participer à l’œuvre de libération et de rédemption voulue par le Christ.

Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury. Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée.

Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre ! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers ! »

Sans tarder, il en parle à son guide spirituel, le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable ?

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[1] Dans mes précédents articles, je parlais de la présence du cardinal Léger. Cela a entraîné une erreur importante. Paul-Émile Léger deviendra archevêque de Montréal en 1950 et cardinal en 1953. L’erreur a été causée par une lecture difficile du quotidien Le Droit qui, en réalité, parlait du « cardinal légat ».

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Gilles Proulx

« Ne touchez pas au clergé! »
                                                                   -Gilles Proulx

À chaque jour de la semaine, l’animateur vedette du réseau Radiomutuel, Gilles Proulx, anime, en direct des studios de CJMS à Montréal, « Le journal du Midi ». Ses entretiens avec les gens qui font l’actualité et ses opinions ne laissent personne indifférent; on l’aime ou on ne l’aime pas. Surpris de la demande du magazine, il a accepté de rencontrer notre journaliste.

par Benoit Voyer

Il avoue qu’à la radio, il fait beaucoup de dérisions et de caricatures, mais, pour lui, derrière celles-ci, il y a toujours un fond de vérité. Quand il ridiculise une situation à l’émission, c’est qu’elle a atteint un niveau d’absurdité qui est inacceptable pour une collectivité. Il croit vraiment en ce qu’il affirme.

Gilles Proulx n’est pas comme les autres intervenants du monde radiophonique, il le sait : « Je ne veux pas être un excellent animateur ordinaire, dit-il, tout le monde est un excellent animateur ordinaire… Un excellent animateur ordinaire ça se limite… »

La vedette du boulevard René-Lévesque confie qu’il possède une rapidité de réaction assez étonnante et que, parfois, le public le trouve excessif, mais il se rend compte que le temps lui donne raison.

Gilles Proulx raconte : « C’est évident! Je ne peux pas plaire à mon père et à ma mère à la fois… Monsieur Vallerand m’aimait bien à l’époque où il était ministre du Tourisme. Aujourd’hui, il est devenu ministre du Revenu. Il ne me téléphone plus. Un beau jour, je l’appelle et il ne me répond plus comme il répondait à l’époque où il était au Tourisme. Il me boude sous prétexte que maintenant je ne joue plus la même joute avec lui. Le ministère du Tourisme, c’est facile et c’est du bonbon. Il n’y a pas de place pour la contestation, ça fait l’unanimité. Le ministre du Revenu doit faire face à la contestation parce qu’il y a des iniquités dans le système fiscal. Monsieur Vallerand n’aime plus Gilles Proulx. C’est son problème à lui!

C’est la même chose avec d’autres ministres, qui jadis me parlaient. Il m’arrive de les pincer au moment où ils annoncent des investissements ou une réforme quelconque. Je leur pose alors des questions sur d’autres sujets plus compromettants. Ils me disent : “Ben là Proulx, t’es cochon, j’te parle plus!” C’est de l’infantilisme! »

Ce qui touche le plus Gilles Proulx dans son analyse quotidienne de l’actualité, c’est la régression collective des Québécois, cette descente aux enfers du peuple canadien-français.

Celui que les femmes trouvent fort joli, possède 32 ans de métier. Gilles Proulx observe que le nouveau ministère de l’Éducation nous avait promis il y a trente ans que la nation québécoise allait être réformée. Elle était à ce moment en pleine croissance. Maintenant que tout cela est passé, il voit combien les gens ne se sont guère sensibilisés aux vertus de l’environnement, de l’amélioration de la langue, de la fierté et de la productivité.

Ce nivellement par le bas a amené une facilité, une protection derrière un bouclier syndical où des entreprises et des syndicalistes ne veulent rien savoir d’une baisse de salaire et ils vont préférer fermer l’usine plutôt que de céder. Les Québécois ne semblent pas comprendre qu’une menace les guette. Nous sommes un tout petit peuple dans cette grande Amérique du Nord. Nous nous devons d’être doublement compétents si nous voulons réussir.

Gilles Proulx ne croit pas que la souveraineté sera bénéfique pour le Québec. Toutefois, elle peut se faire collectivement dans un geste spontané et émotif, mais de là à assumer ses conséquences par la suite, il en doute, car, à son avis, les gens du Québec n’ont pas de bons leaders pour les diriger et dire au peuple : « Désormais, vous allez travailler 40 heures par semaine, désormais nous allons vous condamner à vous instruire à l’intérieur d’un tel système d’éducation où il va y avoir des matières, de la morale, de la réflexion, de l’histoire et de la compréhension linguistique. »

« Je doute beaucoup que nous ayons des chefs qui soient capables de transmettre cette espèce de fierté, ce goût de la compétence! » ajoute-t-il.

Supposons que le référendum passe, que le peuple vote sur un coup de tête pour l’indépendance et qu’il n’est point capable de s’assumer, comment se passera son avenir?

« Le Canada va probablement se faire annexer en dedans de 15 à 20 ans et le Québec le sera à son tour dans 30 à 50 ans. On va devenir un satellite des États-Unis. Je suis persuadé que si demain il y avait une élection où on disait : “Est-ce que nous devrions nous annexer aux États-Unis? Vos ‘Chevrolets’ vont coûter 2000$ de moins, votre régime d’impôt va être à 32% au lieu de 50% ou 52%,” Vous seriez étonnés du score! Pour le matériel, nous serions intéressés à nous annexer. Bref, le ventre compte avant toute chose! » déclare Gilles Proulx.

Il l’a répété plusieurs fois : il faut des leaders charismatiques et forts pour le peuple canadien-français. Malheureusement, il ne voit guère, actuellement, de Duplessis moderne ou de René Lévesque.

L’Église
Malgré son ton parfois arrogant, Gilles Proulx est un homme respectueux, particulièrement de l’Église. Il continue : « Je dis toujours qu’il ne reste plus rien de vrai dans cette société, sauf deux corps. Ces corps-là ont leurs faiblesses parce qu’il y a des scandales!

Il n’y a plus rien de vrai : “Le professeur n’est plus comparable à celui d’hier parce qu’il n’a pas le sens de la mission, l’infirmière n’a plus le sens de sa mission. Elle a un sens syndical dit professionnel de revendication. Les parents n’ont plus le sens de la mission qui était de fonder un foyer. Bref, le monde a abdiqué sa tâche face au grand loup de l’économie que nous admirons. Aujourd’hui, on s’aperçoit que les administrateurs pigent dans la caisse. C’est la même chose pour l’avocat et pour le notaire.

Il ne reste plus que deux corps qui sont vrais. Les congrégations religieuses sont encore des lieux où les personnes vivent à l’abri de la bêtise, où on ne se jalouse pas et où on ne discute pas de bombe à neutron ou encore de haine et de guerres éventuelles. Il y a aussi le corps militaire où on inculque aux jeunes la discipline.”

Agressions sexuelles
Au chapitre des agressions sexuelles commis par des religieux, il dit : “Ne touchez pas au clergé!” Les religieux ne sont peut-être pas sans failles. Mais au regard global du travail réalisé, c’est autre chose!

L’animateur aux cheveux poivre et sel croit que l’Église a su protéger les Québécois. Le patrimoine architectural, l’éducation qu’elle a longtemps assumée, les soins hospitaliers, la protection de la langue font partie de notre héritage.

« Les frères des Écoles chrétiennes ne sont pas que des homosexuels comme tentent de le démontrer les Enfants de Duplessis. Ils ne passaient pas leur temps à toucher les fesses des p’tits joueurs de hockey derrière le banc! commente-t-il. J’ai été au collège, pensionnaire des frères des Écoles chrétiennes et des frères du Sacré-Coeur, et jamais un religieux m’a touché! Néanmoins, il ajoute qu’il ne faut pas cacher les cas isolés de crimes en matière sexuelle. Il faut une même justice pour tous.

Savoir communiquer
L’Église du Québec a besoin de véritables communicateurs. L’intellectuel populiste s’exprime : « Il manque des abbés Pierre! Il manque de communicateurs de ce type qui vont nous faire voir que Dieu a une chair et qu’il y a quelque chose d’intéressant dans l’oeuvre de saint Paul comme sa détermination et les découragements qui auraient pu l’emporter. La Bonne Nouvelle devrait être proclamée de façon à sensibiliser les cordes de ceux et celles qui écoutent… »

Pour lui, les clercs font plutôt une animation monocorde qui n’est plus significative en terme de livraison du message, qui fait que le jeune et ses parents trouvent ça monotone.

Comment changer la façon de livrer le message? La réponse à cette question est difficile. Mais en réfléchissant à haute voix, il pense que la formule réside peut-être dans une forme de prêtres politiciens ou éditorialistes.

« Ceux qui restent dans les Séminaires, s’ils ne pensaient vraiment à orienter leur force de persuasion par le verbe, je pense qu’ils réussiraient à rendre attrayante l’idée d’adhésion à l’Église », ajoute l’animateur.

Quant au message des évêques dans les médias, il passe mal! Il ne s’en cache pas. Il pense qu’ils devront avoir, dans l’avenir, une implication plus choquante qu’actuellement. À titre d’exemple, il se rappelle du moment où le clergé a dénoncé le ministre Bourbeau qui serait la vis des prestataires de la Sécurité du revenu.

« L’Église du Québec a besoin de véritables communicateurs. Il manque des abbés Pierre. Il manque de communicateurs qui vont nous faire voir que Dieu a une chair. (…) La Bonne Nouvelle devrait être proclamée de façon à sensibiliser les cordes de ceux et celles qui écoutent… »

Gilles Proulx explique : « Les statistiques nous indiquent qu’il y a 30% de tricherie dans le système de l’aide sociale. On est devenu un peuple tricheur, un peuple de braconnier. L’Église s’est associée avec ce peuple de complaisance et de médiocrité, de tricheries, de paresseux qui passe pour exploité face au méchant Bourbeau. Tout cela sans penser à ceux et celles qui travaillent encore et qui paient 5 milliards par année pour entretenir ce système vicié! Voilà, selon moi, un mauvais geste de la part du clergé sur la place publique. »

Il pense que les évêques devraient penser à la classe moyenne, celle qui est encore là, et qui se débat, qui se sort le nez de l’eau pour survivre et qui a de la misère.

Gilles Proulx souhaite également que l’Église s’implique dans la crise que traverse le Québec. Comme il y a 200 ans, avant l’arrivée des Anglais, elle était là et elle a fait croître la nation francophone. Elle a continué à soutenir le peuple après la conquête de 1760. Elle se doit d’intervenir en donnant à cette race en train de disparaître un second souffle par un chemin qui serait celui de Jésus-Christ. « Toute nation sans religion, commente-t-il, toute nation païenne, est vouée à la disparition! »

Pour ce faire, il voit des prêtres sur “le ring” à côté des politiciens. Est-ce que ça va nous prendre des pères Aristide? lui ai-je rétorqué sans hésiter. Gilles Proulx n’a pu s’empêcher de lâcher un grand éclat de rire, comme s’il venait d’être déboussolé. Après avoir retrouvé le fil de sa réflexion il conclut en disant : « Oui, le père Aristide est un bon exemple. S’il était resté au pouvoir en Haïti, il aurait ramené les gens à l’Église et, par son influence politique, aurait pu diminuer celle du vaudouisme ».

(Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1994, pp. 22 à 24)

10 octobre 2026


SANTÉ MENTALE : La solitude touche de plus en plus les jeunes Québécois

La solitude touche de plus en plus les jeunes Québécois

Par Benoit Voyer

10 octobre 2026

Longtemps perçue comme un enjeu principalement lié à l’isolement des aînés, la solitude apparaît désormais comme une réalité qui traverse les âges et qui soulève des questions sur les liens sociaux, la santé mentale et le sentiment d’appartenance dans la société québécoise.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, à la fin de l’année 2024, 13,1 % de la population du Québec affirmait se sentir toujours ou souvent seule.

Le phénomène touche particulièrement les jeunes générations. En 2022, selon l’Institut de la statistique du Québec, 17,8 % des personnes âgées de 15 à 29 ans déclaraient ressentir souvent ou toujours de la solitude, tandis que 34,7 % affirmaient en ressentir parfois.

LITTRÉ - Pensée


FLASH : Des semaines déterminantes pour l'avenir politique du Québec et du Canada

Des semaines déterminantes pour l'avenir politique du Québec et du Canada

Les prochaines semaines pourraient être marquées par de grands changements politiques au Québec et au Canada. Élections, référendum, renouvellement de directions politiques et reprise des travaux parlementaires : plusieurs rendez-vous pourraient redessiner le paysage politique canadien.

Voici quelques dates à retenir :

17 octobre : désignation prévue d'un chef intérimaire à la Coalition avenir Québec (CAQ), après sa défaite électorale.

19 octobre : référendum en Alberta, où les électeurs se prononceront notamment sur le maintien de leur province au sein du Canada ou l'engagement d'un processus pouvant mener à un référendum sur la séparation.

19 octobre : reprise des travaux parlementaires à Ottawa.

24 octobre : élections provinciales anticipées en Colombie-Britannique.

3 novembre : élections américaines de mi-mandat, dont les résultats pourraient modifier les rapports de force au Congrès et influencer les relations avec le Canada.

17 novembre : ouverture de la nouvelle législature à Québec, avec un gouvernement péquiste minoritaire.

De Québec à Edmonton, en passant par Ottawa, Victoria et Washington, les décisions des prochaines semaines pourraient entraîner des conséquences importantes sur l'avenir politique, économique et constitutionnel du Canada. (Benoit Voyer, 10 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Heureux qui écoutent la Parole

Heureux qui écoutent la Parole

Par Benoit Voyer

10 octobre 2026

Dei Verbum, un document issu du dernier concile de l’Église catholique, est pour moi l’élément clé de ce grand rendez-vous qui insistait sur un retour aux sources du christianisme.

Vatican II a grandement insisté sur l’importance pour les catholiques de se remettre à la lecture biblique. À ses yeux, elle permet de transformer la vie intérieure.

Cela rejoint ce que Jésus disait : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent » (cf. Lc 11, 27-28).

Ainsi la Parole n’est pas faite pour rester dans les pages d’un livre. Elle demande à descendre dans le cœur, à y faire sa demeure, puis à passer du cœur aux gestes. C’est peut-être là l’un des plus beaux appels de Vatican II : devenir non seulement auditeurs de la Parole, mais ses vivants témoins.

SAINTS ET SAINTES : Le Concile Vatican II

saint Jean XXIII et saint Paul VI, alors qu'il était le cardinal Montini
Le Concile Vatican II

Par Benoit Voyer

10 octobre 2026

Le concile Vatican II a lieu du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965. Il s’est ouvert sous saint Jean XXIII et s’est terminé durant le pontificat de saint Paul VI.

En 1959, lorsque Jean XXIII (1881-1963) annonce son intention de convoquer un concile œcuménique, il déclare qu'il s'agira d'une « nouvelle pentecôte » pour l’Église.

Est-ce que le concile aura été une « nouvelle pentecôte » comme le prophétisait Jean XXIII ? Dans les années qui suivent le concile, le pape Paul VI (1897-1978) laissera entendre à plusieurs occasions que cette prédiction porteuse d'espoir ne s'est pas réalisée comme prévu.

Dans les faits, les années qui suivront le grand rendez-vous seront caractérisées par un déclin catastrophique dans tous les secteurs de la vie de l'Église. En quelques années, les diverses associations de laïcs comme l'Action catholique et la Légion de Marie, les confréries et les Tiers-Ordres, qui vivaient une grande prospérité sous le pontificat de Pie XII (1876-1958), connaissent une crise tellement profonde qu’elles finissent par disparaître.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : L’Église et le respect de la vie

Entrevue avec Mgr Bertrand Blanchet


L’Église et le respect de la vie

Le suicide assisté, l’avortement, les méthodes de fécondation in vitro, la pilule… des sujets qui ne sont pas faciles à aborder. Mgr Bertrand Blanchet, un spécialiste des questions morales et archevêque de Rimouski, tente de démystifier la position de l’Église. Parfois sans hésiter, parfois difficilement, il ose des réponses.

par Benoit Voyer

La morale, selon lui, c’est ce qui rend une action plus humaine chez l’individu et dans ses relations avec les autres.

Dans le cas de l’euthanasie, il n’est pas assuré que cela pourrait être considéré comme un bien pour certaines personnes. Dans bien des situations, ce que désire la dame ou l’homme souffrant, c’est d’avoir un soulagement pour ses douleurs et une certaine qualité de vie.

Bertrand Blanchet raconte : « Je pense à Nancy B… Elle vivait sous un respirateur. Quand j’ai donné mon avis sur le sujet, j’ai dit : “On peut lui enlever cette technique-là! Cette femme vit quasi artificiellement, c’est comme si on prolongeait sa mort, plutôt que sa vie.” Je trouvais que c’était de l’acharnement thérapeutique! C’est grâce à la machine qu’elle survivait. »

Toutefois, il faut respecter, chez le malade, le souhait de vivre. S’il affirme son choix de mettre fin à ses jours, c’est une autre affaire! L’orientation serait différente s’il s’agissait de donner une injection d’une substance quelconque qui le ferait s’endormir pour l’éternité, même s’il est paralysé!

« S’il est dans le coma… (il hésite longuement avant de poursuivre) …il y a des comateux qui ont vécu des mois dans cet état et qui sont revenus à la santé. Il vaut mieux ne pas aller trop vite! L’être humain possède une espèce de caractère tragique. Il y a des gens qui ont des épreuves morales aussi lourdes à porter que la maladie de Sue Rodriguez. Les médecins disaient qu’elle ne souffrait pas. Il y a un danger de faire des pas vers une libéralisation du suicide assisté parce que cela comporte des conséquences ».

Mgr Bertrand Blanchet affirme que la vie est humaine quand elle permet à quelqu’un une certaine autonomie et un certain niveau de relations avec les gens. Il en est de même lorsqu’elle permet de donner du sens à ce que l’on fait tout en permettant d’assumer et de dépasser les moments difficiles. Souvent des gens qui ont vécu des moments pénibles sont plus beaux après qu’avant. « Si on acceptait trop la tendance d’éliminer toutes souffrances et douleurs durant vie ou au début de la vie, il n’est pas assuré qu’au total, nous serions plus humains, avoue le sympathique archevêque de Rimouski.

In vitro : un péché?
Utiliser des méthodes de fécondation in vitro… Est-ce un péché grave? Mgr Blanchet n’a pu s’empêcher de démontrer son embêtement face à la question. En réfléchissant à haute voix, il dit : « Autrefois, nous disions que pour avoir un péché, il faut qu’il y ait une faute grave : ici, c’est le cas. Il faut aussi que la volonté soit impliquée et surtout qu’elle sache que c’est un péché. Alors, même si l’Église dit : il y a faute grave, la personne, en conscience, pourra dire : “Moi, je ne pense pas”. Je crois qu’il faudra que je respecte sa conscience. Il n’est pas évident que Dieu soit contre ça! Nous, dans l’Église, on croit que c’est contre la nature; c’est déshumanisant… de là à dire que c’est une faute grave… je suis hésitant à dire cela ».

Les bébés conçus par la méthode in vitro peuvent d’ailleurs être baptisés à l’Église et être acceptés par celle-ci. Une fois que l’enfant est né, il n’a pas à porter la responsabilité de ce que les autres ont fait.

La position de Rome sur la fécondation in vitro est très restrictive. Mgr Bertrand Blanchet ne s’en cache pas. Pourtant, derrière ce radicalisme se trouve un côté très humain qui est à découvrir.

« Ce qui me réconforte dans la position de l’Église, confie-t-il, c’est qu’au plan biologique, c’est loin d’être sûr que cette technique est totalement bénéfique. Les médecins donnent des hormones en quantité importante pour que la femme puisse produire plus d’un ovule. Je demeure convaincu que cette manière de procéder risque de créer à long terme chez les femmes des dégâts importants.

En ouvrant une parenthèse, il se rappelle le moment où les médecins ont proposé la pilule contraceptive. On disait alors qu’elle ne possédait pas d’effets secondaires. Mgr Blanchet n’y croyait pas tellement. Il déclarait à cette époque que cela n’est presque pas possible et qu’une telle intervention au niveau des hormones ne vienne à un moment briser le délicat équilibre hormonal dans l’organisme humain. Les recherches prouvent maintenant son intuition.

Dans le cas de la méthode in vitro, « la femme doit prendre des médicaments sans que le résultat soit assuré. On en est arrivé à des résultats qui ne dépassent pas 10 ou 15% dans certaines cliniques. Ici à Montréal, un médecin prétend être rendu à 30%. Bon, peut-être que la technique s’est raffinée. Les médecins implantent moins d’embryons qu’autrefois.

Mais, il me semble que cette technique comporte un risque. Le processus peut déshumaniser la naissance. De plus, la mère qui subit ces traitements peut être considérée comme un objet de laboratoire particulièrement lorsqu’elle est obligée de répéter à plusieurs reprises cette démarche » argumente l’évêque.

Mgr Blanchet pense que le film “Portion d’éternité” produit par l’Office National du Film (ONF) est assez révélateur sur la technique. L’Église insiste beaucoup sur le fait que nous devons respecter la vie humaine et qu’il faut éviter d’intervenir sur l’être humain comme si c’était un objet d’expérimentation. C’est d’ailleurs l’axe de fond de la réflexion d’Humanae vitae. Les mass média n’ont retenu que la question de la contraception artificielle. L’encyclique du pape Paul VI tentait plutôt de proposer une perspective écologique basée sur le respect de la nature. Mgr Blanchet croit que c’est un peu la même chose pour le corps. Pourquoi n’essaie-t-on pas de respecter ses lois et ses rythmes? Pourquoi n’essaie-t-on pas de respecter davantage cette forme d’unité qui existe entre l’acte d’amour, la relation conjugale et l’ouverture à la vie?

Bertrand Blanchet ajoute : « Il me semble que cette ligne-là ne vieillira pas. Y a des gens qui, parfois, stipulent que la position de l’Église est d’arrière-garde. Je ne suis pas sûr qu’il en soit ainsi. Elle est peut-être plus d’avant-garde qu’on pense! C’est de la prudence. C’est aussi le respect de la personne humaine. Nous devons porter notre attention sur le fait suivant : pourquoi devons-nous toujours nous mettre à la remorque des technologies? C’est facile d’utiliser une technologie “Maintenant, c’est possible… on le fait!” On a vu comment le docteur Testar, le père de la fécondation in vitro, réagissait là-dessus. Il disait : “Maintenant, je refuse d’aller plus loin…” »

« À l’heure actuelle, je trouve cela dommage que notre société ait peur de donner la vie. On a aussi crainte de rater sa vie parce qu’on a peur de la donner. Alors que, selon mon humble expérience de vie, je suis amené à constater que celui qui donne sa vie en reçoit encore davantage. »

Mgr Blanchet poursuit : « Notre société n’est pas vraiment accueillante à la vie. Prenons le cas d’une femme qui travaille. Comment son patron va-t-il réagir si elle doit s’absenter pendant deux ou trois mois? C’est pas facile! Il y a aussi les conditions d’habitation qui ne favorisent pas les enfants. Il y a des personnes qui sont prêtes à signer des pétitions contre l’avortement mais ne veulent pas avoir des marmots en haut, à gauche et à droite de leur logement… »

Mgr Blanchet souligne aussi le fait que l’avenir est relativement incertain pour tout le monde. Alors, il est difficile de penser à des projets à long terme.

Au naturel
Les couples qui font la démarche de la planification des naissances de façon naturelle y voient une occasion de communication et de respect entre eux. C’est relativement facile : On prend le condom, on prend la pilule. À ce moment-là la relation sexuelle risque d’être banalisée et il arrive que la femme ne se sente pas toujours respectée. Ce n’est guère profondément humain!

« Je suis convaincu qu’il y aurait moins de couples qui en seraient arrivés à des échecs s’ils s’étaient obligés au dialogue et au respect mutuel. Plus on banalise la relation conjugale, parce qu’on peut la faire en tout temps, plus ça lui enlève du sens. Dans le fond, on déshumanise la relation, conclut Mgr Blanchet.

(Revue Notre-Dame du Cap, septembre 1994, pp. 8 à 10)

9 octobre 2026


SANTÉ MENTALE : Le défi de travailler en psychiatrie

Le défi de travailler en psychiatrie

Par Benoit Voyer

9 octobre 2026

Depuis quelques années, chaque nuit, je travaille en santé mentale dans l’unité de soins psychiatriques d’un hôpital de la région de Lanaudière. Même si la passion est moins présente que jadis, j’aime beaucoup mon travail. La maladie mentale me fascine.

Pourquoi ai-je perdu la passion ? La réponse est simple : la maladie mentale use les intervenants et les infirmiers spécialisés. Ce boulot est demandant. Ce n’est pas tant de la patience qui finit par manquer, mais la compassion. Malgré tout, comme chacun de mes collègues, je garde mon professionnalisme.

Qu’est-ce qui nous use tant ? Bien des choses. Mais j’ose en nommer deux. Il y a d’abord la violence de plusieurs patients désorganisés que nous devons gérer. À cela s’ajoute l’encadrement disciplinaire que nous devons assumer. Encadrer un patient avec un réel problème en santé mentale, c’est compréhensible. En revanche, la gérance de troubles du comportement, c’est-à-dire du monde simplement « mal élevé », demande bien de l’énergie.

Je pourrais aussi parler de la toxicomanie. Les drogues, même légales, sont une source de problèmes pour de nombreux patients. À mon avis, la légalisation du cannabis n’a pas été une bonne chose pour les personnes qui ont un problème en santé mentale. Par moments, j’ai l’impression que notre milieu de soins est devenu un centre de désintoxication.

Un jour, il faudra que s’organisent de grands États généraux en santé mentale. Pour le bien des patients et une meilleure performance des milieux de soins, il faut une grande réflexion collective sur les soins que nous donnons au Québec. Le personnel de la santé fait en ce moment des petits miracles, mais il pourrait arriver à de meilleurs résultats en revoyant les protocoles. D’ailleurs, en janvier 2025, j’ai proposé au comité de la conception du programme au Parti conservateur du Québec d’inscrire ces états généraux dans les priorités de la formation politique. L’affaire est restée lettre morte. Je n’ai même pas reçu un accusé de réception.

Ma consolation est que de nombreux patients repartent en meilleure condition qu’à leur arrivée et peuvent poursuivre leur vie quasi normalement grâce à la médication.

De mon côté, j’ai un autre défi quotidien. Le travail de nuit. C’est un choix que j’ai fait, bien entendu. Mais cela n’enlève pas la difficulté. Afin de récupérer, je dors deux fois par jour : le matin et en soirée. À cela s’ajoute très souvent une petite sieste durant ma pause. Durant les congés, je tente de dormir un peu la nuit, mais c’est comme si je dormais une sieste au cœur de l’après-midi. Après tant d’années à travailler la nuit, mon corps a changé son rythme de croisière. Je ne sais même pas si je serai capable de revenir à la normalité à ma retraite, dans quatre à sept ans.

Bon ! Bon ! Comme l’écrivait le frère Marie-Victorin à Marcelle Gauvreau, le 20 février 1937 : « On soulage ses maux en les racontant. » C’est peut-être un peu ça que j’ai fait aujourd’hui… Mais je voulais surtout que vous ayez une pensée pour ceux et celles qui travaillent auprès des personnes malades.

Le 10 octobre est la Journée internationale en santé mentale.

LABOUISSE ROCHEFORT - Pensée


FLASH : Travaux sur la route 341, à Rawdon


Hier, sur la route 341, à Rawdon, on s'affairait à compléter des travaux.



FLASH : Au coeur de l'agitation du monde


Au coeur de l'agitation du monde, l'église catholique Marie-Reine-du-Monde, à Rawdon, se transforme en havre de silence, chaque jeudi, de 9 h à 15 h.

FLASH : Le parc municipal au Pied du courant


Un 8 octobre radieux au parc municipal du Pied du Courant, sur le bord de rivière Ouareau, à Saint-Liguori, dans la belle région de Lanaudière. L’endroit est paisible et propice à la détente et la contemplation.










FLASH : Messe à cathédrale de Joliette


Messe catholique du 8 octobre, à 16 h 30, à la cathédrale de Joliette. 

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Notre maison intérieure



Notre maison intérieure

Par Benoit Voyer

9 octobre 2026

« Il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer… » (cf. Lc 11, 15-26)

Dieu ne veut pas seulement faire le ménage dans notre maison intérieure ; il veut venir l’habiter. Ainsi donc, une question se pose : par qui ou par quoi voulons-nous laisser notre « maison intérieure » être habitée ?

LA PRIERE : « Je suis avec celui que j’aime »

« Je suis avec celui que j’aime »

Par Benoit Voyer

9 octobre 2026

La prière peut prendre différentes formes. Il y a notamment les psaumes et la prière liturgique, mais la rencontre personnelle avec Dieu ne peut être enfermée dans des formules. C’est ce qu’expliquait le père Jacques Vinet, moine à l’abbaye cistercienne de Rougemont, en 1994, à la journaliste Lise Lapalme, membre de l’équipe de l’émission télévisée Parole et vie animée par Roland Leclerc.

Pour lui, la prière est d’abord une relation. Une relation qui se construit avec le temps.

Jacques Vinet compare la prière à une relation humaine. Lorsque nous rencontrons quelqu’un pour la première fois, nous employons des formules convenues. Avec une personne qui vit près de nous ou un ami que nous connaissons depuis des années, ce n’est plus nécessaire. La relation devient naturelle et spontanée. Pour lui, c’est un peu la même chose avec Dieu : « C’est le cœur qui parle et qui dit ce qu’il vit sur le moment sans passer nécessairement par des formules stéréotypées apprises d’avance. »

Plus une relation s’approfondit, plus elle développe son propre langage. Quelques mots peuvent alors contenir beaucoup plus que leur sens apparent.

Le moine prend l’image d’un vieux couple assis sur un balcon. Après avoir passé des années ensemble, les deux personnes n’ont plus besoin de longues conversations pour se comprendre. Un regard, un geste ou une simple question comme « Est-ce que tu as froid ? » peut porter en lui toute une histoire d’amour et d’attention à l’autre.

Prier sans parler
Peut-on alors parler avec Dieu ? Le père Jacques Vinet explique : « Dieu ne nous répond pas nécessairement avec des mots comme le ferait une personne placée devant nous. Avec le temps, explique-t-il, un autre langage se développe. La rencontre avec Dieu peut être faite de « clins d’œil, de sourires, de caresses, de présence l’un à l’autre ». Il n’est donc pas toujours nécessaire de parler.

La prière devient progressivement présence. Celle-ci ne devrait pas disparaître au moment où commence le travail. Pour le moine, il faut dépasser l’opposition entre le temps consacré à Dieu et celui consacré aux occupations quotidiennes. Il faut chercher à « travailler en présence de Dieu ».

« Je suis avec celui que j’aime »
Quel sentiment habite le moine quand il prie ? Jacques Vinet répond sans hésiter : « Je suis avec celui que j’aime. Celui qui m’a d’abord aimé le premier. »

Pour lui, la prière n’est plus quelque chose que l’être humain doit accomplir, comme une besogne à réaliser. Elle est avant tout la rencontre entre deux personnes qui s’aiment. Et cette relation ne commence pas par l’amour que l’être humain porte à Dieu, mais par l’amour que Dieu lui porte. Pourquoi ? Parce que l’amour humain demeure fragile.

Quand Dieu semble absent
Comme dans toute relation humaine, cette relation avec Dieu n’est pourtant pas toujours lumineuse. Le moine reconnaît l’existence de périodes obscures. Le doute fait partie du chemin.

Jacques Vinet va même plus loin : en avançant dans la vie spirituelle, certaines illusions peuvent tomber. Des émotions que nous avions prises pour des expériences de Dieu peuvent se révéler n’être que des émotions. Il faut alors apprendre à ne pas confondre Dieu avec ce que nous ressentons. Il parle d’une « pédagogie du dépouillement ».

Dieu conduirait progressivement la personne à se détacher de certaines expériences sensibles afin qu’elle ne s’attache plus aux sensations procurées par la prière, mais à Dieu lui-même. La lune de miel finit un jour par se terminer. Lorsque l’intensité des premiers sentiments diminue, une décision doit être prise : continuer ou partir ailleurs. Continuer à aimer peut alors signifier demeurer fidèle même lorsque les émotions ne sont plus celles des premiers jours.

Pour lui, quelque chose de semblable se produit dans la relation avec Dieu. La vie spirituelle ne consiste donc pas à rechercher continuellement des sensations religieuses. Elle conduit à une relation qui peut continuer d’exister et de grandir jusque dans le silence et le dépouillement.

Une présence au cœur de soi
Pour le moine comme pour toute personne, cette recherche de Dieu conduit finalement vers soi-même.

Le père Vinet explique que, comme dans toute vie chrétienne, la vie monastique ne permet pas de fuir les véritables problèmes de l’existence. Au contraire, elle oblige à affronter « les démons qui sont au-dedans de moi, les failles de ma personne ».

Il ajoute : « Si je ne suis pas capable de vivre avec moi-même, je ne pourrai pas vivre avec Dieu, qui est au plus profond de moi-même. C’est là que la rencontre se fait. »

Ainsi, prier, c’est bien plus que réciter des paroles ou consacrer quelques minutes de sa journée à Dieu. C’est apprendre à vivre en sa présence. C’est lui parler, puis parfois ne plus avoir besoin de parler. C’est travailler avec lui. C’est se savoir aimé lorsque notre propre amour semble fragile. C’est continuer à le chercher lorsque les émotions disparaissent et que le doute s’installe.