Benoit Voyer
JOURNÉE INTERNATIONALE DES GRANDS-PARENTS : Être grand-père et grand-mère
Par Benoit Voyer
25 juillet 2026
En raison de notre distance géographique, je n'ai pas pu beaucoup connaître mes grands-parents, ce qui m'a empêché de développer un lien émotif fort avec eux. Cela m’a grandement manqué.
Je n’avais pas un an lorsque grand-père Edgar est décédé. Le départ de mon grand-père Louis a eu lieu alors que j'avais 7 ans. Quant à grand-mère Alice, j'avais 14 ans. Il y a donc grand-mère Claire que j’ai connue davantage. D'ailleurs, j'ai été parmi les quatre derniers (et le seul petit enfant) à la voir le soir de sa disparition.
Aujourd’hui, je suis devenu le grand-père et le grand-père par alliance de petits-enfants animés et très intelligents. Je suis fier de Raphaël et Éthan (qui résident à Granby), Léo et Laure (qui habitent à Dorval), Gabriel et Samuel (de Joliette) et Mason et Violet (de Welland, en Ontario). J'apprécie de les voir et de les revoir.
Le métier de grands-parents
Actuellement, en moyenne, les grands-parents ont quatre petits-enfants. Aucun rapport avec les familles nombreuses du début du XXᵉ siècle. Ce chiffre plutôt bas rend la création d'une relation individuelle avec chacun d'eux vraiment plus facile. C'est un cadeau pour les grands-parents modernes.
Au fil du temps, il y a eu des changements dans les attentes envers les grands-parents.
Être grand-parent est un magnifique métier qui demande quelques savoir-faire. La première chose qu'ils doivent faire est d'apprendre à marcher sur des œufs.
Les grands-parents sont : les héros, les équilibristes des relations intrafamiliales, les jongleurs, les magiciens, les inventeurs d'histoires, les faiseurs de gâteaux d'anniversaire à thèmes, les grands-pères bricoleurs ou jardiniers, les grands-mamans du mercredi dont on est heureux qu'elles existent.
Outre la force du lien qu’il y a entre les générations, nombreuses sont, pour les grands-parents, les occasions de solidarité familiale : petites aides – ou grandes aides – au quotidien soulagent les jeunes familles, que ce soit dans les tâches ménagères, ou autres, permettant aux mamans de concilier vie familiale et vie professionnelle : sortie d'école, aide aux devoirs, garde d'enfants, loisirs, maladie de l'enfant ou de la maman… Ils sont souvent dans l'obligation de pallier le manque de solutions de garde pour les jeunes enfants ou de le compléter, et sont parfois les bouche-trous des uns et des autres. Ils sont tellement plus !
Les grands-parents jouent un rôle essentiel dans la transmission de l'histoire familiale et le rôle de témoin. En Afrique, on décrit les Anciens comme des « bibliothèques de la vie ». Ainsi, « lorsqu’un ancien meurt, c'est toute une bibliothèque qui est perdue ».
Sans pour autant prendre la place des parents, les grands-parents ont un rôle « d'éducateurs en second ». Cette place est particulièrement appréciée des plus jeunes pour lesquels ils sont, et resteront toujours, « les racines de la famille », « les passeurs de mémoire », « les transmetteurs de l'histoire et des valeurs familiales », « les gardiens du lien entre les générations ».
Les « nouveaux grands-parents » veulent comprendre, s'engager, prendre une part active, constructive et créative dans la vie familiale et dans la société. Ils veulent, à leur mesure, favoriser et améliorer le dialogue entre les générations, apporter aux jeunes parents et aux petits-enfants du temps, partager leurs expériences, leurs savoirs, leurs valeurs, comme la tolérance, le respect, et enfin, leur offrir de l'amour tout simplement, pour leur faire découvrir un monde heureux, un monde meilleur.
Ils veulent participer activement et jouer à l'avenir « un rôle à développement durable » par des actions concrètes.
Il faut parler du rôle précieux que les grands-parents jouent dans la vie de famille. Ils constituent la plus grande garderie du pays.
· Ils aident et soutiennent fréquemment les parents en difficultés ;
· Ils sont des acteurs incontournables du soutien à la parentalité ;
· Ils constituent les gardiens de l'histoire familiale ;
· Ils sont garants du lien qui rattache l'enfant à son histoire et à son environnement, à sa culture ;
· Ils sont dépositaires d'une certaine stabilité familiale, un dernier repère d'une identité en mal de racines ;
· Ils sont dépositaires d'une qualité de vie souvent perdue ;
· Ils peuvent être un « fusible relationnel » dans certaines situations ;
· Ils offrent des repères stables aux enfants dans le cadre de difficultés familiales ;
· Ils sont des transmetteurs de valeurs familiales.
On a tendance à l’oublier : les grands-parents sont d'une importance capitale pour la formation de la personnalité d'un enfant. Leur contribution est bénéfique, sécurisante et stabilisante pour le développement de l'enfant.
D’abord, ils leur permettent de se situer et de s'enraciner dans leur lignée familiale, de prendre conscience de leur place dans celle-ci : ils répondent ainsi à l'un des premiers besoins de l'enfant, celui de savoir d'où il vient pour savoir qui il est. C'est un droit qu'on ne peut ni ne doit lui enlever sous aucun prétexte.
Enfin, les grands-parents présentent un lien d'amour différent de celui que leurs parents leur offrent. Détachés de la responsabilité éducative, ils peuvent participer à leur épanouissement autrement. Les liens entre grands-parents et petits-enfants sont remplis d'amour, de tendresse, de connaissances et de richesse, et ils sont irremplaçables.
La communication
Dans l’Actualité du 22 septembre 2021, André Lavoie écrivait que « La naissance d’un enfant est un événement joyeux, mais aussi un moment important qui redéfinit les rôles de chacun, car la dynamique familiale ne sera plus jamais la même. Dans ce contexte, certains grands-parents ont toujours l’impression d’en faire trop ou pas assez, d’être à la remorque des besoins des nouveaux parents essoufflés ou alors d’être tenus à l’écart. Comment devraient-ils se comporter ? » Selon lui : « Le secret du succès, c’est une bonne dose de communication ».
Dans son article, il citait Suzanne Vallières. Cette dernière tente de définir le profil du grand-parent idéal : Elle dit qu'« il est d’abord un soutien pour les parents, surtout s’il s’agit de leur premier bébé, mais il doit aussi créer un lien affectif avec son petit-enfant. Cela dit, le grand-parent ne devrait jamais émettre une opinion… sauf si on lui demande son avis. Il doit accepter que les méthodes d’éducation soient différentes de celles du temps où il était lui-même un jeune parent. D’ailleurs, on entend souvent dire : « Ma mère était plus sévère avec moi qu’avec ma fille ou mon fils. » C’est normal que les parents soient plus fermes, car ils ont un rôle éducatif qui n’appartient pas aux grands-parents. »
De son côté, Andrée-Anne Boucher expliquait qu'« il y a plus de 50 ans, c’était une question de statut : tes enfants ont leurs propres enfants, donc tu es grand-parent. Les baby-boomers ont longtemps associé ce terme avec la vision qu’ils avaient de leurs propres grands-parents : des gens vieux, malades, détachés ou absents. La volonté de ne pas vieillir est très présente chez eux ; ils vivent d’ailleurs plus longtemps, en meilleure santé, et ils veulent montrer qu’ils sont des grands-parents pleins d’énergie. Mais ce rôle est négocié avec le parent, et il est complémentaire puisqu’il permet, par exemple, d’offrir des choses différentes aux petits-enfants. Il peut s’agir de transmettre des savoirs et des traditions familiales, comme la couture, le tricot ou la cuisine ; ou de participer concrètement à l’éducation des enfants », mais en respectant les règles, les devoirs et l’alimentation fixés par les parents (et non les grands-parents).
En cette Journée internationale des grands-parents, qui a lieu le 26 juillet, prenons le temps de les remercier pour leur apport si précieux dans notre société.
SAINTS ET SAINTES : Qui sont vraiment sainte Anne et saint Joachim ?
sainte Anne et saint Joachim ?
Par Benoit Voyer
25 juillet 2026
Le 26 juillet de chaque année, il est étonnant de voir au calendrier des fêtes liturgiques de l’Église catholique celle d’Anne et Joachim. Il n’est pourtant pas question d’eux dans les évangiles canoniques, c’est-à-dire ceux de Mathieu, Marc, Luc et Jean, publiés dans le second testament de la Bible, communément appelé le Nouveau Testament . Et puis, sur le plan historique, on ne sait rien d’eux sauf à travers des récits très anciens au contenu douteux quant à la véracité des faits.
Longtemps limitée à quelques sanctuaires, la dévotion à sainte Anne et saint Joachim, qu’on dit être les grands-parents de Jésus, s'est répandue au Moyen Âge un peu partout à travers la chrétienté.
En 1854, au sein du catholicisme, les débats théologiques ont donné naissance au dogme de l’Immaculée-Conception. Dès lors, on a étroitement associé le culte d’Anne à celui de Marie, la mère de Jésus. Cette vérité à croire ne fait pas l’unanimité chez les chrétiens.
C’est dans le « Protévangile de Jacques », un livre apocryphe, c’est-à-dire que son authenticité n'est pas établie et qui a été mis à l’index des bouquins que les catholiques ne pouvaient pas lire pendant des siècles, qu’il faut aller pour retrouver les sources d’Anne et Joachim. Son auteur les nomme pour la première fois dans son récit qui porte essentiellement sur la préhistoire de la famille de Jésus.
Le « Protévangile de Jacques » aurait été écrit au deuxième siècle par une personne provenant du monde grec qui ne connaissait pas les coutumes juives et qui n’a jamais mis les pieds en Israël. La rédaction de son livre avait pour but de démontrer l’origine mystérieuse de Jésus. Ce texte a connu un grand succès au Moyen Âge [1].
On retrouve aussi des traces d’Anne et de Joachim dans l’évangile du « Pseudo-Matthieu », un autre livre apocryphe où certains passages se rapprochent du conte merveilleux : "Penche-toi, arbre, et nourris ma mère de tes fruits !" (chap. 20).
Ces livres font de nombreux parallèles entre la sainte Anne encore vénérée de nos jours et certains passages de la Torah L'histoire d'Anne, la supposée mère de Marie, est en effet similaire à celle d’Hannah, dans le livre de Samuel, prophète et dernier sage d’Israël, longtemps restée sans enfant.
Le « Protévangile de Jacques » et le « Pseudo-Matthieu » dépeignent Anne comme étant une femme pieuse restée longtemps stérile.
On y décrit aussi sa rencontre avec son futur mari Joachim à la Porte dorée de Jérusalem, après l'annonce angélique de la future naissance de leur enfant.
Ils racontent que les parents d’Hannah sont tous les deux de la tribu de Lévi : son père serait Akar et sa mère, Émérencie. Akar aurait possédé des terres à Bethléem et à Jérusalem.
Lui et sa femme auraient donné naissance à Ismérie, vers 63 avant notre ère. Cette date correspondrait au moment de la conquête romaine de la Palestine.
Anne serait née vers 55 avant notre ère. C'est à cette époque que la famille se serait installée à Hébron où Ismérie se serait mariée et serait devenue la mère d’Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste, le cousin de Jésus.
Lorsque Anne a eu neuf ans, ses parents se seraient déménagés à Jérusalem où Akar aurait exercé des responsabilités au Temple.
De son côté, le « Protévangile de Jacques » raconte la rencontre entre Anne et Joachim. Selon ce récit : Joachim était allé faire sacrifier les bêtes de son troupeau au Temple. Au préalable, il devait laver ses moutons dans la piscine de Bethesda, près de la Porte des Brebis. Anne se tenait à cette porte de la ville. Elle vit Joachim arriver avec ses troupeaux. Ils se seraient mariés à l'âge de 20 ans.
L’analogie qu’on a faite entre Hanna au livre de Samuel et la grand-mère de Jésus demeure sans grand fondement historique. Mais bon, on y croit ou on n’y croit pas. La foi n’est pas une vérité historique ou scientifique.
____________________
[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21.
[1] Cf. Benoit Voyer. « Les mystérieux évangiles inconnus », Revue Notre-Dame du Cap, janvier 1996, p. 21.
SANTÉ : Nouvelle possibilité dans le traitement de l’apnée du sommeil
Par Benoit Voyer
24 juillet 2026
Le Zepbound (tirzépatide), un médicament pour traiter l’apnée obstructive du sommeil chez les adultes souffrant d’obésité, est maintenant autorisé par Santé Canada. Il s’agit du premier médicament de la famille des GLP-1 approuvé au Canada.
L’obésité constitue l’un des principaux facteurs associés à l’apnée obstructive du sommeil. Le 24 juin 2026, La Presse rapportait que les essais cliniques montrent une diminution d’environ 25 à 29 interruptions respiratoires par heure chez plusieurs patients. Pour certains, cette amélioration pourrait les faire passer d'une apnée sévère à une forme moins grave.
Le traitement ne remplace toutefois pas l’appareil de pression positive continue (PPC), qui demeure le traitement de référence pour les formes modérées à sévères de la maladie.
L’autorisation de Zepbound illustre l’évolution de la médecine dans le traitement de l’obésité. Certains médicaments, initialement développés pour favoriser la perte de poids, peuvent également améliorer des maladies qui lui sont associées, dont l’apnée obstructive du sommeil.
Les spécialistes rappellent toutefois que ces traitements doivent s’intégrer à une prise en charge globale comprenant une alimentation équilibrée, l’activité physique et un suivi médical. Ils ne remplacent pas les autres traitements lorsque ceux-ci demeurent nécessaires.
UN PEU DE MOI : Louis Voyer, mon arrière-grand-père
Par Benoit Voyer
23 juillet 2026
Le 15 juin 1861, dans la paroisse Saint-Alexandre, à Kamouraska, nait Louis Voyer, fils de Louis Voyer et Joséphine Bélanger. Il est baptisé le même jour dans l’église catholique du patelin. Son parrain est Célestin Bélanger, son grand-père, et sa marraine est Charlotte Dionne, sa grand-mère.
En 1867, lors de la fin du Régime britannique en Amérique et la naissance du Dominion canadien, Louis n’a que 6 ans.
Le 8 février 1887, dans l’église catholique de Saint-André-de-Kamouraska, Louis épouse Dorilda Garneau, la cadette de Rémi Garneau et de Soulange Gagné (qu’on appelle aussi au fil des ans Marie des Anges, Desanges et Solange). Il s’agit d’un mariage double. Au même moment, son frère Félix unit sa destinée à Aurélie Michaud. La célébration est présidée par l’abbé Ferdinand Garneau, leur frère aîné. Le père de Louis est présent. Il est intéressant de noter qu’au registre, le premier couple est témoin du mariage du second et le second couple témoin du premier. Veuve depuis 1874, la mère des enfants Garneau, 66 ans, doit être fière de ses enfants. Elle semble absente de la célébration.
Au registre de la paroisse Saint-André, on écrit : « Le huit février mil huit cent quatre-vingt-sept, la dispense de deux bans accordée en date du trois du présent mois par messire Cyrille Légaré, vicaire général, administrateur, après la publication du troisième ban faite au prône de notre messe paroissiale et de la messe paroissiale de St Alexandre entre Louis Voyer, cultivateur, fils majeur de Louis Voyer et de feue Joséphine Bélanger de la paroisse St Alexandre, d’une part, et Dorilda Garneau, fille majeure de feu Rémi Garneau et de Désanges Gagné de cette paroisse, d’autre part. Ne s’étant découvert aucun empêchement, nous, prêtre soussigné, avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Louis Voyer, père de l’époux, et de Rémi Garneau, frère de l’épouse, et de plusieurs (illisible) qui ont signé avec nous. Lecture faite. » Signatures : Dorilda Garneau, Louis Voyer, Aurélie Michaud, Félix Garneau et s’ajoute celle de l’abbé Ferdinand Garneau. Dans le registre suit l’acte de mariage de Félix Garneau et Aurélie Michaud.
Dorilda et Louis, qui est cultivateur, donneront naissance à onze enfants, dont plusieurs décéderont en bas âge : Louise (1888-1897), Edgar (1889-1967), Rosario (1890-1947), Armand (1892-1970), Ernestine (1893-1897), Alexandrine (1894-1897), Jean-Charles (1895-1976), Louis-Philippe (1897-1971), Laurier (1898-1900), Félix-Alfred (1899-1900) et Julienne (1903-1903).
Au recensement de 1891, l’agent du gouvernement enregistre Louis Voyer (29 ans), cultivateur, Dorilda Garneau (25 ans), Louise Voyer (3 ans), Edgar Voyer (1 an), Rosario Voyer (7 mois), Louis Voyer (66 ans), Célanire Marquis (47 ans), la deuxième épouse de Louis, son grand-père, et Ludger Voyer (18 ans) qui se prépare à devenir prêtre catholique.
À celui de 1901, à Saint-Alexandre, Louis Voyer a 39 ans et Dorilda Garneau a 35 ans. Leur marmaille est composée d’Edgar (11 ans), Rosario (10 ans), Armand (9 ans), Jean-Charles (5 ans) et Louis-Philippe (4 ans).
Louis Voyer, 41 ans, décède à Saint-Alexandre, le 24 juillet 1902. Ses funérailles sont célébrées cinq jours plus tard, à Saint-Alexandre. Elles sont présidées par l’abbé Ferdinand Garneau, curé de la paroisse de Saint-Roch-des-Aulnaies et frère de Dorilda. Il est inhumé dans le cimetière de la paroisse, pas très loin de la route principale.
Ainsi donc Dorilda se retrouve seule avec sa marmaille... enceinte de quelques mois. Edgar, 13 ans, qui est l’aîné, doit seconder sa mère sur la ferme familiale.
Le 11 janvier 1903, Dorilda Garneau-Voyer donne naissance à Juliette. La petite fille décédera dix jours plus tard, soit le 21 janvier.
De quoi est décédé Louis ? Il n’y a aucune indication dans les registres et dans la documentation trouvée jusqu’à maintenant. Serait-ce la variole ? On sait qu’il y avait une épidémie dans certaines régions du Québec en 1901-1902. Peut-être qu’un jour on le saura.
En images:
![]() |
| Mariage de Louis et Dorilda, à Saint-André (1ere partie) |
![]() |
| Mariages de Louis et Dorilda, à Saint-André (2e partie) et de Félix et Aurélie |
![]() |
| Louis Voyer et Dorilda Garneau dans le cimetière de Saint-Alexandre-de-Kamouraska |
![]() |
| Louis et Dorilda unissent leur destinée dans l'église Saint-André-de-Kamouraska |
![]() |
| Le baptême de Louis Voyer en 1961 à Saint-Alexandre de Kamouraska |
MA FOI DU BON DIEU : Adoration du Saint-Sacrement à l'église catholique de Rawdon
![]() |
| Adoration du Saint-Sacrement de ce 23 juillet 2026, de 9h à 15h, à l'église catholique Marie-Reine-de-la-paix, à Rawdon |
PSYCHOLOGIE : Le bonheur
Par Benoit Voyer
22 juillet 2026
Le World Happiness Report, publié chaque année par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford, en collaboration avec plusieurs institutions internationales, rappelle que le bonheur d’une population ne dépend pas uniquement de sa richesse.
Les recherches démontrent que les facteurs les plus importants dans l’augmentation de l’indice du bonheur sont les relations humaines, la confiance envers les autres, le sentiment d’appartenance et le fait de se sentir utile dans sa communauté. « Les êtres humains sont des êtres profondément sociaux. Les facteurs les plus déterminants concernent donc nos relations avec les autres. », expliquait Christopher Barrington-Leigh, professeur à l’Université McGill et spécialiste de l’économie du bien-être, au magazine Québec sciences dans le cadre d’un reportage pour son édition de juillet.
Régulièrement en tête du classement, les pays nordiques obtiennent de bons résultats grâce à un haut niveau de confiance sociale, un solide filet de sécurité et une culture où l’on valorise la responsabilité collective.
Le Costa Rica présente également un niveau élevé de bonheur malgré un revenu inférieur à plusieurs pays développés. L’importance accordée à la famille, aux liens sociaux et à la vie communautaire pourrait expliquer en partie cette situation.
UN PEU DE MOI : L’intériorisation d’un garçon de 9 ans
Par Benoit Voyer
21 juillet 2026
Le 22 novembre 1975, on fête mon neuvième anniversaire de naissance. Je suis en 3ᵉ année. Je fréquente l’école élémentaire Sainte-Marie, devenue le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix, à Granby.
Ma « maîtresse » est Lucille Beaudy, une enseignante qui en est à sa deuxième année d’enseignement. Le local de notre groupe est situé au 3ᵉ étage de l’établissement scolaire. Notre étage est celui « des grands ». Il y a trois ans que je rêve de le fréquenter. Pendant ces années, je le voyais comme le lieu des privilèges, une sorte d’endroit privilégié pour « initiés ».
La disposition de notre salle de classe favorise le travail en équipe et répond à un besoin des enfants de se retrouver en clan entre pairs. Elle est placée en îlots de 5 à 6 pupitres.
Durant l’année scolaire, Lucille réalise avec nous une activité.
D’abord, une intériorisation. Puis, par le biais de notre imagination, elle nous fait nous transporter dans notre vie d’adulte afin de visualiser notre métier d’avenir. Enfin, dans notre cahier d’exercices, elle nous fait dessiner celui-ci.
Le « p’tit gars » de 8 ans que je suis était bien embêté. Dans ma tête, je voyais double. Alors, Lucille me dit de séparer ma feuille en deux et de faire deux dessins. Ben oui ! J’aurais dû y penser.
D’un côté, je dessine un écrivain. De l’autre, le chœur de l’église catholique que je fréquente chaque dimanche : l’église Saint-Eugène. Je me voyais devenir écrivain et prêtre catholique. Bien entendu, je ne deviendrai ni l'un ni l’autre, mais pas loin…
À 57 ans, lorsque je débuterai ma relecture de vie, ce sera le premier grand souvenir qui surgira de ma mémoire. Je prends alors conscience que toute ma vie j’ai été préoccupé par les choses spirituelles et que mon principal moyen pour m’exprimer et bien résumer mes idées, l’acte d’écrire a toujours été d’une importance capitale. À partir de ce moment, il devenait clair que pour retrouver mes racines afin de mieux aller de l’avant et être en harmonie avec ma ligne de vie, je devrais inévitablement passer par l’écriture et me réconcilier avec ma foi chrétienne de tradition catholique.
SANTÉ : Travailler la nuit
Par Benoit Voyer
20 juillet 2026
Travailler la nuit est nuisible pour la santé. Les études le démontrent : il y a chez ces travailleurs une augmentation des risques de décès par un accident vasculaire cérébral ou par maladie cardiovasculaire. Ce n’est pas tout : on note davantage de troubles de santé mentale, de perturbations du sommeil, de fatigue chronique et de somnolence. Ces dérèglements amènent des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète.
En mars 2026, Esther Serrajordia expliquait dans le quotidien Le Croix [1] : « Ne pas dormir la nuit supprime aussi le pic nocturne de mélatonine, hormone aux propriétés anticancéreuses, et affaiblit le système immunitaire, qui lutte normalement contre les cellules cancéreuses produites par l’organisme. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent donc à son rôle possible dans l’apparition de certains cancers, en particulier les cancers dits « hormono-dépendants » (sein, prostate, etc.), en raison des perturbations durables du rythme biologique […]. Le travail de nuit perturbe l’horloge interne et les sécrétions hormonales, notamment celles liées au cortisol. Normalement, le pic se produit le matin, mais lorsqu’on travaille la nuit, le corps ne sait plus quand le déclencher. »
D’ailleurs, le 4 mars 2026, en France, le tribunal administratif de Marseille « a reconnu le lien entre le cancer du sein d’une infirmière et le fait qu’elle avait travaillé de nuit pendant près de 25 ans »[2]. Depuis 2007, les études scientifiques parlent des effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une augmentation du risque de cancer.
Santé Magazine [3] rapporte que « dans la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, 61 % des travailleurs de nuit se plaignent d’au moins un trouble du sommeil contre 38 % dans la population générale. »
____________________
[1] Esther Serrajordia. « Ce que dit la science sur le lien entre travail de nuit et cancer », La Croix, 6 mars 2026, p. 7. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/7
[2] Cf. Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
[3] Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
PSYCHOLOGIE : Les gars ont besoin d'aide
Par Benoit Voyer
19 juillet 2026
Cela est triste. Sur le plan émotif, un très grand nombre d'hommes n'ont pas appris à se prendre en main. Ils sont et demeureront des "hommes-enfants" toute leur vie.
Avec la montée du féminisme, « L'homme a été obligé de perdre le pouvoir. Il a eu l'air fou ! Il a perdu un précieux avantage qu'il ne voulait pas perdre ! Comme de nombreux hommes, il se questionne : "Cette formule fonctionnait pour mon père ! Pourquoi elle ne fonctionne pas pour moi ? Pourquoi ma femme réagit de cette manière ? Pourquoi ? Pourquoi ? « L'homme est en déroute… » [1], me disait un jour le psychologue trifluvien Robert Ayotte.
La violence qu’ils font est souvent physique, mais la sournoise est verbale et psychologique. Quand l’intention est d'amener l'autre dans une soumission, il y a violence.
De nombreux mâles sont à la dérive. On entend encore souvent plusieurs dire : « Mon père m'a montré à travailler, mais il ne m'a pas appris à verbaliser et extérioriser ce que je suis vraiment à l'intérieur de moi et à bien vivre avec mes émotions. Je me sens coincé. Tout ce que je suis capable de faire, c'est de travailler et de piquer des crises de p'tit gars. » Lorsqu’on en arrive à dire cela, c’est qu’il est temps de consulter et de débuter une thérapie.
____________________
[1] Benoit Voyer. « Violence faite aux femmes », Revue Sainte-Anne, octobre 1996, pp. 392 et 393.
UN PEU DE MOI : Ma consécration à la Trinité
Par Benoit Voyer
19 juillet 2026
C’était le 20 juillet 1998. Ce jour-là, je me consacre à la Trinité durant une messe célébrée par le père Théodule Richard. Celle-ci a lieu au Colisée (Coliseum) du Sanctuaire d’Auriesville (Our Lady of Martyr’s Shrine, Aurisville) aux États-Unis à l’occasion d’un pèlerinage du Comité foi et culture. J’écris mon acte de consécration le 17 juillet et je le signe le 21 juillet. Le texte se lit ainsi [1] :
« Très sainte Trinité, Père, Fils et Esprit, je me consacre à vous afin de vivre dans votre intimité jusqu’à la fin de ma vie terrestre et dans l’éternité où vous nous conviez.
En ce jour où notre amitié se scelle, je m’engage à marcher dans la lumière de votre grâce.
Que chaque pas, que chaque geste que je ferai soit un témoignage vivant de votre amour incarné dans notre monde.
Que chaque pas, que chaque geste serve à édifier une société plus humaine selon le plan divin révélé par nos pères dans la foi.
Que chaque pas, que chaque geste soit un appel pour chaque personne à se rapprocher de votre cœur rempli d’une infinie tendresse.
Que je sois pleinement fils de Dieu, frère de Jésus et temple de l’Esprit saint par ma relation à vous et par mes simples gestes du quotidien.
Qu’il n’y ait plus de mystère entre vous et moi. Je veux vivre dans votre amour.
Père, j’accepte de me laisser aimer par toi. Jésus, je veux t’imiter en rendant au Père l’amour que je reçois de lui. Esprit saint, je m’unis à ton souffle de vie, à ton souffle d’amour. »
Le site du sanctuaire d’Auriesville est le lieu de l’ancienne communauté amérindienne nomade où est née sainte Kateri Tekakwitha et l’endroit où ont été tués quelques-uns des saints martyrs d’Amérique. Ayant une immense admiration envers Tekakwitha, je voulais que ma consécration se fasse en ce lieu.
____________________
[1] Pour les notes préalables : cf. SHHY P049. Pour le texte final : Cf. Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte-Anne, 2004, pp. 9 et 10 (BANQ 242.802 V975j204. SHHY P049)
MUSIQUE : Charles Richard-Hamelin sublime comme jamais au Festival de Lanaudière
Par Benoit Voyer
18 juillet 2026
Le pianiste Charles Richard-Hamelin a fêté son 37e anniversaire de naissance en interprétant le Concerto pour piano en la mineur, op. 16, d'Edvard Grieg au Festival de Lanaudière. Le virtuose est né le 17 juillet 1989, à Sainte-Agathe-des-Monts, la veille de l’inauguration officielle de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay où il a donné sa prestation musicale en compagnie de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ).
Ce concerto comporte trois mouvements. Dans l’Adagio, le deuxième volet de l’œuvre, il a su avec délicatesse révéler toute la tendresse et la subtilité de l’œuvre. Je n’ai jamais entendu une telle interprétation. Richard-Hamelin fait un avec son piano. Le temps semblait suspendu. C’était un moment d'introspection très particulier. Les yeux fermés, parfois mi-ouverts, le visage de l’artiste en disait long sur l’émotion qui l’habitait.
Après avoir reçu une longue ovation, Charles Richard-Hamelin s’est réinstallé au piano et a joué en solo une courte œuvre qui n’était pas prévue au programme. Le public n’en demandait pas autant.
Durant ce spectacle, l’OSQ a également interprété Le Tombeau de Nelligan, op. 52, du Québécois Jacques Hétu et La Petite Sirène (Die Seejungfrau), le chef-d'œuvre méconnu d'Alexander Zemlinsky.
TÉLÉVISION : Linda Wilscam et Picotine
Par Benoit Voyer
17 juillet 2026
Elle s’appelle Picotine. Elle a une drôle de mine. Elle a des picots plein la figure et elle nous racontait plein d’histoires "à coucher dehors".
Quand je pense à elle, je repense à ma jeunesse. Cette série télévisée pour les enfants était diffusée à la télévision de Radio-Canada du 8 septembre 1972 au 28 mai 1975. Picotine était interprétée par Linda Wilscam.
Malheureusement, je n’étais pas très fidèle au rendez-vous télévisé, mais je m’en souviens. C’était amusant ! Mais, je ne le disais pas parce que mes amis disaient que c’était une émission pour les filles. À la maison, je me joignais plutôt à mon ami Patof au canal 10, l’ancêtre du réseau TVA.
![]() |
| Picotine |
Picotine était une jeune fille qui ne restait jamais à l’extérieur des situations difficiles. Elle s’y engageait. Elle se tenait debout. Rien ne l’arrêtait.
Elle était un modèle pour les filles. Elle était douce, espiègle, curieuse, mesquine et romantique. Lorsqu'elle éclatait de rire, le soleil éclatait lui aussi. Si elle était triste, les oiseaux cessaient de chanter. Moi j’aimais beaucoup Poil de pluche. Ah oui ! Il y avait aussi Fantoche. Ce personnage était interprété par Michel Dumont.
Picotine était vraiment une série jeunesse que j’aimais et qui, à près de 60 ans, rallume mon cœur d’enfant.
Linda Wilscam
Née le 5 avril 1949 à Montréal, Linda Wilscam est la fille de Maurice Wilscam, né le 21 juin 1919 et décédé le 25 novembre 1993, et de Gabrielle Arsenault, née le 1ᵉʳ octobre 1919 et décédée le 20 décembre 2009. Ils reposent dans le lot P0070 du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.
En 1971, elle obtient un diplôme du Conservatoire d'art dramatique de Montréal. Dans un théâtre d’été, elle crée le célèbre personnage de Picotine. À la télévision, elle a écrit des scénarios pour la série jeunesse Iniminimagimo, diffusée de 1987 à 1990. À partir de 1995, elle enseigne le théâtre au Cégep de Saint-Hyacinthe.
Le 25 avril 1987, elle unit sa destinée à celle de l'avocat François Terroux. Le mariage est célébré dans la tradition catholique et présidé par l’abbé Gilles Lapointe, un prêtre de Saint-Sulpice.
Le générique de l’émission (1972) :
https://www.youtube.com/watch?v=UM0tVIoPfM4&t=2s
POLITIQUE : Je poursuis mon grand « pèlerinage civique »
Par Benoit Voyer
16 juillet 2026
Peu à peu, se poursuit mon grand « pèlerinage civique ». L’expression n’est pas de moi. Elle s’inspire de la réflexion de l’historien Pierre Nora sur les lieux de mémoire.
Le terme « pèlerinage civique » désigne une démarche de visite à des lieux qui sont porteurs d’une mémoire collective : monuments, bâtiments historiques, sites commémoratifs ou lieux associés à des figures éminentes de la vie publique. À l’image du pèlerinage religieux, il ne s’agit pas seulement d’un déplacement physique, mais d’une démarche symbolique qui invite à se recueillir, à apprendre et à réfléchir sur l’histoire d’une communauté. La démarche permet de renouer avec ceux et celles qui ont contribué à façonner une société, ses institutions et ses valeurs. Comme je le fais régulièrement depuis quelques années, en visitant les traces laissées par des dirigeants, des penseurs ou des acteurs de la vie collective, je cherche à mieux comprendre le chemin parcouru par notre pays et les responsabilités héritées des générations précédentes. Ainsi donc, certains endroits deviennent des points de rencontre entre le passé et le présent, où une société entretient le souvenir de ce qu’elle a été et réfléchit à ce qu’elle souhaite devenir.
Le 14 juillet, jour de la fête nationale de la France, je me suis rendu aux lieux de sépulture des premiers ministres canadiens Alexander Mackenzie et Arthur Meighen.
![]() |
| Arthur Meighen et Jessie Isabel Cox dans le cimetière de St. Marys |
J’ai retrouvé le lieu de sépulture d’Arthur Meighen dans le cimetière de la municipalité de St. Marys, où il a grandi.
Arthur Meighen est né sur une ferme le 16 juin 1874. Au Manitoba, il pratiquera le droit.
Le 24 juin 1904, à Birtle, il épousera Jessie-Isabel Cox. Cette dernière est née le 18 avril 1883 et est décédée le 6 septembre 1985. Un détail a retenu mon attention : Jessie Isabel est née à Granby, au Québec, la même ville qui m’a vu naître. Elle était la fille de Charles Cox et de Lilian Booth ainsi que la nièce du célèbre écrivain et illustrateur Palmer Cox.
En 1908, Meighen est élu à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice. Il est un orateur remarquable. Il deviendra premier ministre du Canada à deux reprises, soit de juillet 1920 à décembre 1921 et de juin à septembre 1926. Il est le 9ᵉ à occuper la fonction à partir de 1867.
On se souvient de lui comme étant l'un des plus brillants parlementaires de son époque. Successeur de Robert Borden, il a dû gérer les séquelles de la Première Guerre mondiale, les tensions linguistiques, les revendications agricoles de l'Ouest et l'évolution des rapports entre Ottawa et les provinces. Son bref gouvernement de 1926 a été renversé à la suite de la crise King-Byng, une crise constitutionnelle qui contribua à préciser les conventions entourant le rôle du gouverneur général et le principe du gouvernement responsable.
En 1932, il revient à la vie publique comme leader du gouvernement au Sénat. Il prendra sa retraite en 1942.
Arthur Meighen décède à Toronto le 5 août 1960
Le lieu où il repose est simple. S’il n’y avait pas eu le drapeau du Canada pour m’indiquer où il est, il m’aurait fallu bien du temps pour retrouver son obélisque funèbre qui se fond aux autres. Bien entendu, un peu plus loin dans le cimetière, on retrouve une fiche qui rappelle son parcours et devant sa pierre, le gouvernement a installé une plaque commémorative officielle.
J’aurai l’occasion de vous reparler de lui, mais en quelques lignes on peut dire que Meighen rappelle l'importance des institutions parlementaires. En ces temps où les gouvernements minoritaires, les débats constitutionnels et les relations fédérales-provinciales demeurent complexes, son parcours nous enseigne que la stabilité démocratique dépend autant du respect des règles non écrites que des lois elles-mêmes. Son exemple invite également à réfléchir à la qualité du débat parlementaire et à la recherche de compromis.
Alexander Mackenzie
De son côté, le lieu où repose Alexander Mackenzie, le 2ᵉ premier ministre du pays, est impressionnant. Est-ce que le choix de l’immense pierre tombale veut nous rappeler qu’il est un ancien tailleur de pierre ? L’histoire ne le dit pas, mais il m’a été impossible de ne pas me poser la question. Auprès de lui, en quelques rangées successives, se trouvent quelques générations de Mackenzie. Le coup d’œil impressionne le regard.
En m’approchant de la pierre d’Alexander Mackenzie, j’ai découvert que ce lieu racontait une histoire beaucoup plus large que celle d’un ancien premier ministre. Autour de lui reposent des membres de sa famille, notamment sa mère Mary Stewart Fleming, arrivée au Canada en 1847 avec ses sept fils. Cette inscription rappelle que derrière le grand homme politique se trouve aussi le parcours d’une famille d’immigrants écossais qui a participé à la construction du Canada.
Alexander Mackenzie est né en Écosse en 1822. Avant son entrée en politique, il s’est établi à Sarnia, une petite ville d'environ 3000 habitants. Le lieu est stratégique. Sarnia est située sur la rivière Sainte-Claire, à la frontière avec les États-Unis, face à Port Huron au Michigan. La ville de Détroit, qui n’est pas très loin sur le plan géographique, comptait à cette époque près de 80 000 habitants.
En 1867, lors du premier scrutin dans le nouveau Canada, il est élu député pour le Parti libéral pour la circonscription de Lambton où est situé Sarnia. En 1882, il deviendra député de la circonscription d’East York.
Mackenzie dirige le Canada de novembre 1873 à octobre 1878. Il succède à John A. Macdonald à la suite du scandale du Pacifique. Réformateur intègre, il instaure notamment le vote secret lors des élections fédérales, crée la Cour suprême du Canada en 1875 et encourage l'édification d'institutions nationales. Son gouvernement est cependant affaibli par une grave récession économique, ce qui permet le retour de Macdonald en 1878. Mackenzie décède en 1892.
Ma visite a laissé une forte impression en moi. Ce n’est pas pour rien. Alexander Mackenzie nous laisse un profond héritage. Dans une époque où la confiance envers les institutions est souvent ébranlée, Mackenzie rappelle que la crédibilité d'un gouvernement repose d'abord sur l'intégrité de ses dirigeants. Son intégrité personnelle, son respect des institutions et sa volonté de renforcer l’État de droit demeurent des références pour répondre aux défis actuels liés à l'éthique publique, à la transparence gouvernementale et à la restauration de la confiance des citoyens. Je n’ai pas fini de vous parler de lui.
Un voyage un peu fou
Bien entendu, ce périple d’un jour était de la pure folie. Je suis parti de l’hôpital où je travaille, sur la rive nord de Montréal, après ma nuit de travail, à 7 h 30. Sans tarder, j’ai foncé dans l’heure de pointe du matin sur l’autoroute 40. À Vaudreuil-Dorion, j’ai bifurqué par la 25 afin de me retrouver sur la 20 qui devient la 401 en Ontario. J’ai ainsi roulé des heures et des heures. Sur l’heure du dîner, je traversais Toronto.
Initialement, mon projet devait s’arrêter au Mount Pleasant Cemetery où reposent les premiers ministres John Turner et William Lyon Mackenzie King. C’est en passant à Oshawa que l’idée farfelue m’est venue : « Tant qu’à être rendu ici et être encore en forme, je vais tenter de me rendre à Sarnia et St. Marys. » Je n’ai pas pensé qu’il me resterait la distance Montréal-Montmagny, dans Chaudière-Appalaches, à parcourir. Si j’y avais pensé, je ne me serais probablement pas engagé à aller si loin après une nuit au boulot.
Je suis arrivé à St. Marys sur l’heure du souper et à Sarnia 90 minutes plus tard. En tout, j’ai parcouru entre 930 et 940 kilomètres. Pour donner une image simple, cela représente presque la distance entre Terrebonne et Washington, la capitale américaine. Je ne suis pas sûr que Donald Trump aurait accepté de me rencontrer.
Par chance, j’ai eu l’une des plus belles journées que nous ayons eues cet été. Alors que je traversais Toronto, la chaleur était intense. À Toronto, la température officielle dépassait les 35 °C. Dans l’habitacle de mon automobile exposée au soleil, mon thermomètre affichait 41 degrés. À cela s’ajoutait un humidex qui donnait une impression avoisinant les 45 degrés. Le soleil était radieux. Mon cerveau jubilait de pouvoir profiter de cette intense luminosité. Nous, les travailleurs de nuit, en manquons considérablement.
Après mes visites civiques, je suis allé me ravitailler chez Walmart et j’ai dormi le reste de la soirée dans mon automobile, derrière le volant. À mon réveil, je me suis remis en route afin d’être de retour dans Lanaudière en après-midi.
Durant le trajet, j’en ai profité pour écouter la radio en anglais, principalement à CBC Radio One, et effectuer des exercices de mémorisation de vocabulaire anglophone. Et bien entendu, je me suis gardé des moments pour méditer et me recueillir en silence en contemplant le décor qui défilait devant moi. C’est beau l’Ontario !
Et ce n’est pas encore fini…
Ce « pèlerinage civique » se poursuivra bientôt. Cette tournée des lieux de sépulture des premiers ministres du Canada depuis 1867, année de la création du Canada moderne, va très bien et avance vers sa conclusion. Il ne me reste que 6 premiers ministres décédés à visiter : William Lyon Mackenzie King et John Turner, à Toronto, John Thompson et Charles Tupper, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et John Diefenbaker, à Saskatoon, en Saskatchewan. Pour ce qui est de Richard Bedford Bennett qui repose à Mickleham, en Angleterre, « si Dieu le veut », pour reprendre une vieille expression populaire, j’aurai peut-être la chance de m’y recueillir un jour, avant la fin de mon parcours ici-bas.
Je vous rappelle que le Canada a connu 23 premiers ministres depuis 1867 et que Mark Carney en est le 24ᵉ. En excluant ce dernier, six sont encore de ce monde et 17 veillent sur nous dans un autre univers.
![]() |
| Arthur Meighen |
On se souvient de lui comme étant l'un des plus brillants parlementaires de son époque. Successeur de Robert Borden, il a dû gérer les séquelles de la Première Guerre mondiale, les tensions linguistiques, les revendications agricoles de l'Ouest et l'évolution des rapports entre Ottawa et les provinces. Son bref gouvernement de 1926 a été renversé à la suite de la crise King-Byng, une crise constitutionnelle qui contribua à préciser les conventions entourant le rôle du gouverneur général et le principe du gouvernement responsable.
![]() |
| Jessie Isabel Cox |
Arthur Meighen décède à Toronto le 5 août 1960
Le lieu où il repose est simple. S’il n’y avait pas eu le drapeau du Canada pour m’indiquer où il est, il m’aurait fallu bien du temps pour retrouver son obélisque funèbre qui se fond aux autres. Bien entendu, un peu plus loin dans le cimetière, on retrouve une fiche qui rappelle son parcours et devant sa pierre, le gouvernement a installé une plaque commémorative officielle.
J’aurai l’occasion de vous reparler de lui, mais en quelques lignes on peut dire que Meighen rappelle l'importance des institutions parlementaires. En ces temps où les gouvernements minoritaires, les débats constitutionnels et les relations fédérales-provinciales demeurent complexes, son parcours nous enseigne que la stabilité démocratique dépend autant du respect des règles non écrites que des lois elles-mêmes. Son exemple invite également à réfléchir à la qualité du débat parlementaire et à la recherche de compromis.
![]() |
| Alexander Mackenzie dans le cimetière Lakeview, à Sarnia |
De son côté, le lieu où repose Alexander Mackenzie, le 2ᵉ premier ministre du pays, est impressionnant. Est-ce que le choix de l’immense pierre tombale veut nous rappeler qu’il est un ancien tailleur de pierre ? L’histoire ne le dit pas, mais il m’a été impossible de ne pas me poser la question. Auprès de lui, en quelques rangées successives, se trouvent quelques générations de Mackenzie. Le coup d’œil impressionne le regard.
En m’approchant de la pierre d’Alexander Mackenzie, j’ai découvert que ce lieu racontait une histoire beaucoup plus large que celle d’un ancien premier ministre. Autour de lui reposent des membres de sa famille, notamment sa mère Mary Stewart Fleming, arrivée au Canada en 1847 avec ses sept fils. Cette inscription rappelle que derrière le grand homme politique se trouve aussi le parcours d’une famille d’immigrants écossais qui a participé à la construction du Canada.
![]() |
| Alexander Mackenzie |
En 1867, lors du premier scrutin dans le nouveau Canada, il est élu député pour le Parti libéral pour la circonscription de Lambton où est situé Sarnia. En 1882, il deviendra député de la circonscription d’East York.
Mackenzie dirige le Canada de novembre 1873 à octobre 1878. Il succède à John A. Macdonald à la suite du scandale du Pacifique. Réformateur intègre, il instaure notamment le vote secret lors des élections fédérales, crée la Cour suprême du Canada en 1875 et encourage l'édification d'institutions nationales. Son gouvernement est cependant affaibli par une grave récession économique, ce qui permet le retour de Macdonald en 1878. Mackenzie décède en 1892.
Ma visite a laissé une forte impression en moi. Ce n’est pas pour rien. Alexander Mackenzie nous laisse un profond héritage. Dans une époque où la confiance envers les institutions est souvent ébranlée, Mackenzie rappelle que la crédibilité d'un gouvernement repose d'abord sur l'intégrité de ses dirigeants. Son intégrité personnelle, son respect des institutions et sa volonté de renforcer l’État de droit demeurent des références pour répondre aux défis actuels liés à l'éthique publique, à la transparence gouvernementale et à la restauration de la confiance des citoyens. Je n’ai pas fini de vous parler de lui.
![]() |
| Le cimetière Lakeview, à Sarnia |
Bien entendu, ce périple d’un jour était de la pure folie. Je suis parti de l’hôpital où je travaille, sur la rive nord de Montréal, après ma nuit de travail, à 7 h 30. Sans tarder, j’ai foncé dans l’heure de pointe du matin sur l’autoroute 40. À Vaudreuil-Dorion, j’ai bifurqué par la 25 afin de me retrouver sur la 20 qui devient la 401 en Ontario. J’ai ainsi roulé des heures et des heures. Sur l’heure du dîner, je traversais Toronto.
Initialement, mon projet devait s’arrêter au Mount Pleasant Cemetery où reposent les premiers ministres John Turner et William Lyon Mackenzie King. C’est en passant à Oshawa que l’idée farfelue m’est venue : « Tant qu’à être rendu ici et être encore en forme, je vais tenter de me rendre à Sarnia et St. Marys. » Je n’ai pas pensé qu’il me resterait la distance Montréal-Montmagny, dans Chaudière-Appalaches, à parcourir. Si j’y avais pensé, je ne me serais probablement pas engagé à aller si loin après une nuit au boulot.
Je suis arrivé à St. Marys sur l’heure du souper et à Sarnia 90 minutes plus tard. En tout, j’ai parcouru entre 930 et 940 kilomètres. Pour donner une image simple, cela représente presque la distance entre Terrebonne et Washington, la capitale américaine. Je ne suis pas sûr que Donald Trump aurait accepté de me rencontrer.
Par chance, j’ai eu l’une des plus belles journées que nous ayons eues cet été. Alors que je traversais Toronto, la chaleur était intense. À Toronto, la température officielle dépassait les 35 °C. Dans l’habitacle de mon automobile exposée au soleil, mon thermomètre affichait 41 degrés. À cela s’ajoutait un humidex qui donnait une impression avoisinant les 45 degrés. Le soleil était radieux. Mon cerveau jubilait de pouvoir profiter de cette intense luminosité. Nous, les travailleurs de nuit, en manquons considérablement.
Après mes visites civiques, je suis allé me ravitailler chez Walmart et j’ai dormi le reste de la soirée dans mon automobile, derrière le volant. À mon réveil, je me suis remis en route afin d’être de retour dans Lanaudière en après-midi.
Durant le trajet, j’en ai profité pour écouter la radio en anglais, principalement à CBC Radio One, et effectuer des exercices de mémorisation de vocabulaire anglophone. Et bien entendu, je me suis gardé des moments pour méditer et me recueillir en silence en contemplant le décor qui défilait devant moi. C’est beau l’Ontario !
![]() |
| Le cimetière de St. Marys |
Ce « pèlerinage civique » se poursuivra bientôt. Cette tournée des lieux de sépulture des premiers ministres du Canada depuis 1867, année de la création du Canada moderne, va très bien et avance vers sa conclusion. Il ne me reste que 6 premiers ministres décédés à visiter : William Lyon Mackenzie King et John Turner, à Toronto, John Thompson et Charles Tupper, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et John Diefenbaker, à Saskatoon, en Saskatchewan. Pour ce qui est de Richard Bedford Bennett qui repose à Mickleham, en Angleterre, « si Dieu le veut », pour reprendre une vieille expression populaire, j’aurai peut-être la chance de m’y recueillir un jour, avant la fin de mon parcours ici-bas.
Je vous rappelle que le Canada a connu 23 premiers ministres depuis 1867 et que Mark Carney en est le 24ᵉ. En excluant ce dernier, six sont encore de ce monde et 17 veillent sur nous dans un autre univers.
VISION CATHOLIQUE : Mgr François Lapierre
Par Benoit Voyer
16 juillet 2026
François Lapierre nait le 16 juillet 1941 au 1055, chemin Compton, à West Shefford (aujourd’hui Bromont).
Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (aujourd’hui décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Sa mère est originaire du 6ᵉ rang.
Il a cinq ans lorsque la petite famille déménage sur la rue Albert, à Granby. C’est dans ce quartier de la petite ville du plus beau jardin zoologique en Amérique du Nord, à quelques rues de la Coopérative agricole de Granby, l’ancêtre du géant Agropur, qu’il grandit.
Il fait ses études primaires à l’école Saint-Eugène, à Granby – dirigée par les Frères du Sacré-Cœur – et ses études secondaires à l’Externat classique Mgr Prince (nom donné en l’honneur de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860), à Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Sa fratrie comprend dix enfants : François, Mance, Hélène, Marthe, Zoé, Jérôme, Guy, Benoit, Louis et Eugène.
Son père, René Lapierre, a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d’une petite usine d’emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte afin de l’aider.
Bien entendu, pour reprendre l’expression de Nestor, le personnage incarné par le regretté Claude Blanchard, « les p’tites filles me travaillent ». Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d’un homme pour une femme : « Ma mère n’avait pas souvent le temps d’aller à l’église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger, qui passait chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison [1]».
Il se sent attiré par la vie religieuse. Sa vocation, il l’attribue à sa grand-mère qui lui donne l’habitude d’aller à l’église, puisque ses parents, occupés par la marmaille et l’entreprise, ne peuvent pas toujours s’y rendre.
En août 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre le 18 décembre 1965 à l’église Saint-Eugène, à Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.
En 1966, après quatre mois d’apprentissage de l’espagnol, au Mexique, il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d’Ica, une petite municipalité d’environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. À la demande de l’évêque, il devient aumônier des étudiants à l’université de l’endroit qui regroupe près de 8000 jeunes : « C’est comme ça que j’ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu mon ami. J’ai beaucoup appris à son contact. Il m’a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, à découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m’est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu’en 1971 ».
En 1998, il m’expliquait : « La théologie de la libération est une façon d’aborder l’expérience chrétienne. Quand on lit la Bible, on s’aperçoit que la liberté est au cœur de cette expérience. Qu’est-ce que la liberté ? Est-ce que c’est juste de choisir entre dix sortes de shampoings ? C’est d'abord la réalité de s’ouvrir à la souffrance de l’autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des catholiques les pieds posés sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive ! Il faut avoir le courage d’être ce que nous sommes ! »
Et ajoutait : « Mon expérience en Amérique latine m’a amené à voir l’importance d’une option préférentielle pour les pauvres et à voir comment l’Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l’Église. C’est ce que j'ai appris de la mission en Amérique latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets ».
De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec.
De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères.
De 1979 à 1980, il est brièvement aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève.
En 1980, il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs au Guatemala pour y travailler. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. L’expérience est très difficile pour les personnes installées dans la région où il y a un affrontement entre l’armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établi.
Raoul Léger, un Acadien faisant partie du groupe de Canadiens, y a laissé sa peau : « L’assassinat de mon ami Raoul Léger, avec qui j’ai travaillé au Guatemala, a engendré dans ma vie et dans ma foi une grande période d’obscurité. Ce fut une terrible épreuve pour moi. J’ai douté jusqu’à remettre en question mon apostolat. [...] C’est toujours la question du pourquoi qui hante l’esprit, surtout lorsqu’on a l’impression d’avoir été fidèle à l’appel reçu et qu’on a donné le meilleur de soi-même. J’ai beaucoup questionné Dieu. [...] L’expérience a été pour moi un tournant important. J’ai découvert une réalité nouvelle dans la spiritualité. Elle n’est pas une fuite, mais un au-delà. J’ai découvert une lumière dans ma nuit. C’est difficile à exprimer. C’est une expérience qui s’explique difficilement avec des mots. Si je n’avais pas vécu cet événement, mon cheminement n’aurait pas été le même. Après quelques pas dans la nuit, j’ai vu le soleil se lever. J’ai vécu l’expérience d’une vie nouvelle. La résurrection, c’est le soleil qui se lève après la nuit obscure », me confiera Mgr François Lapierre, en 2003, lors d’une rencontre à la Maison de la Madone, à l’ombre du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières, où se tenait une plénière des évêques.
Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre au ton impératif : « Si dans les 48 heures vous n’êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer. » Sans tarder, il se rend chez l’évêque du lieu pour lui demander conseil.
« Je n’étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité… Pas moi… J’avoue que je sentais beaucoup de peur : je crois qu’on aurait mis cette menace-là à exécution. « J'ai bien pensé que j’allais laisser ma vie au Guatemala », me confiait le père François Lapierre dans un entretien en 1998.
Au Guatemala, une quinzaine de prêtres viennent d’être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays.
L'évêque n’hésite pas un instant et va lui-même le reconduire à la frontière du Honduras, où François Lapierre restera jusqu’en 1983 : « En allant le rencontrer, je me disais : si j’ai des indications claires que je dois rester, je vais rester ! »
En 1991, il est élu supérieur général de la Société des prêtres des missions étrangères.
En 1997, il participe, à Rome, au Synode de l’Amérique : « Un soir, j’ai été invité à souper chez le pape [Jean-Paul II]. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le souverain pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s’y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s’est arrêté, m’a pris la main et m’a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu’au lieu de prière. J’ai vécu une expérience très profonde. J’ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J’ai trouvé ça très émouvant. »
Le 7 avril 1998, le père François Lapierre est élu évêque du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe. Une semaine avant son sacre, le 16 juin 1998, il quitte son bureau de Laval et déménage à l’évêché de son nouveau diocèse. Son ami, Gustavo Gutierrez, le père de la théologie de la libération, est présent lors de son sacre. Il dirigera le diocèse jusqu’en 2017.
S'abonner à :
Messages (Atom)
%20et%20Rom%C3%A9o%20Voyer%20(1930-2021),%20durant%20les%20vacances%20de%20juillet%201961,%20a%20Mont%20Carmel,%20Kamouraska,.jpg)






.jpg)




.jpg)
.jpg)















%203.jpg)
%202.jpg)


.jpg)
%20(1).jpg)
.jpg)

.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
%20(1).jpg)




