LE PRÉSENT DU PASSÉ: Éric Nicolai No 1

Voici pourquoi je suis devenu prêtre de l'Opus Dei


Éric Nicolai
première partie
Un protestant devient catholique

« Un jour, assis dans un autobus, je réfléchis à mes conversations avec Dwight. Jésus Christ, l'Évangile, l'histoire de l'Église ... « Il serait tout à fait absurde que tout cela soit de la pure invention humaine. Qui aurait la folie de dire: On va inventer un paquet d'histoires pour mettre les gens dans l'erreur? » Il était clair en moi que toute cette tradition repose sur une vérité. C'est cette journée-là que j'ai décidé d'être catholique »

Benoît Voyer

Pourquoi Éric Nicolai a-t-il décidé de devenir prêtre de l'Opus Dei ? Ce n'est assurément pas à cause d'un manque de jugement. L'homme est d'une intelligence au-dessus de la normale et possède une solide formation humaine, spirituelle et académique. En 1995, après avoir obtenu une maîtrise en histoire de l'art de l'université Laval à Québec avec une thèse portant sur les portraits d'enfants au 19ᵉ siècle, il obtient un doctorat en théologie de l'université pontificale Sainte-Croix à Rome avec un mémoire ayant pour thème : « Les règles exégétiques de Hugues de Saint-Victor ». Ordonné prêtre le 15 septembre 1994 dans la prélature personnelle de l'Opus Dei, l'homme aujourd'hui âgé de 39 ans est habité par un feu dévorant d'amour pour le Christ. Son parcours de vie est unique.

Monsieur l'abbé, qu'est-ce qui vous a amené à devenir prêtre de l'Opus Dei ?

C'est une longue histoire. Avant d'adhérer à l'Opus Dei, j'ai dû adhérer au catholicisme puisque je ne l'étais pas.

Alors, commençons par le début. Vous êtes originaire de quel endroit ?

Je suis né à Saint-Lambert, sur la rive sud de Montréal. Mes parents sont des immigrants allemands.

Ils voulaient que je sois instruit dans les écoles catholiques, mais parce que j'étais protestant, il n'y avait pas de place pour moi. Pour commencer, elles prenaient des enfants catholiques et, après, s'il y avait de la place, elles prenaient des protestants. Il n'y a jamais eu de place pour moi ! J'ai donc étudié dans les écoles protestantes du quartier où j'habitais à Saint-Lambert.

Jusqu'à l'âge de 17 ans, je n'ai pas pratiqué de religion parce que je suivais les traces de mes parents.

Qu'est-ce qui s'est passé dans votre vie à 17 ans ?

Je me posais des questions sur l'existence et le sens de la vie. Il me semblait qu'il devait y en avoir une qui ne soit pas banale. De plus, je me suis rendu compte que je devais répondre à une interrogation fondamentale que je portais : « Est-ce que Dieu existe ou non ? » Ce n'était pas une simple question intellectuelle : la réponse qu'on y donne suppose toujours un engagement vital.

Au cégep, je fréquentais un ami catholique. Nous nous connaissions depuis l'enfance. Mes autres amis étaient protestants, comme moi, mais j'étais non pratiquant.

Les protestants étaient très enclins au prosélytisme. Ils m'encourageaient fortement à vivre plus intensément ma foi protestante et surtout à lire la Bible.

À chaque fois que je m'exclamais : « Ah ! Mon Dieu ! O my God! », ils disaient : « Tu ne peux pas dire ça ! Tu ne peux pas dire ça ! C'est un sacrilège ! » (rires) Ils m'ont fait réaliser à quel point je disais souvent « O my God ! », sans lui donner vraiment une valeur. Leur attitude m'achalait beaucoup.

Mon ami catholique Dwight était tout le contraire d'eux. Il avait des difficultés et, puisque j'étais son ami, je l'encourageais, je le supportais. En moi, je sentais un devoir de l'aider. Ainsi, pour lui porter compagnie, je l'accompagnais même à la messe, mais non pas parce que je m'intéressais à la messe comme telle. Nous apprécions beaucoup la présence de l'un et l'autre. Nous parlions de toutes sortes de choses.

Un jour, en marchant vers l'église, il me dit : « Écoute, c'est le seul instant que j'ai en ce moment pour prier avec mon chapelet. Tu devrais m'aider ! Sinon, je vais me distraire et je n'aurai pas le temps. » Je lui ai demandé ce qu'est le chapelet et il m'a montré la partie du chapelet que je devais dire : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. » J'ai donc prié avec lui sans vraiment prier parce que je voulais vraiment lui être utile.

Est-ce que Dwight était membre de l'Opus Dei ?

Non, mais il connaissait un prêtre de la prélature. Il fréquentait le Centre Riverview, la maison pour les étudiants où je suis actuellement aumônier. Il s'y rendait occasionnellement pour les temps de formation spirituelle.

D'où lui venait cette ferveur religieuse ? C'est rare chez les jeunes !

Il avait une grande sensibilité religieuse, mais il recevait à l'Opus Dei une formation qui l'aidait à mieux comprendre sa foi. Il me parlait de la foi comme on parlait de bien d'autres sujets. Il ne me donnait pas l'impression de vouloir me convaincre comme mes amis protestants. Parfois, je lui amenais des arguments et on en discutait.

Est-ce que vous avez gardé un lien avec Dwight ?


Nous nous rencontrons assez régulièrement. Après avoir fait des études dans une école culinaire, il est devenu cuisinier. Je continue de lui apporter mon soutien. Il habite Montréal.

À quel moment avez-vous décidé de devenir catholique ?

Un jour, assis dans un autobus, je réfléchis à mes conversations avec Dwight. Jésus-Christ, l'Évangile, l'histoire de l'Église… « Il serait tout à fait absurde que tout cela soit de la pure invention humaine. Qui aurait la folie de dire : « On va inventer un paquet d'histoires pour mettre les gens dans l'erreur ? » Il était clair en moi que toute cette tradition repose sur une vérité. C'est cette journée-là que j'ai décidé d'être catholique.

Mais vous n'étiez pas baptisé…

Mes parents m'ont fait baptiser chez les protestants lorsque j'étais enfant, mais je ne savais pas qu'il fallait être reçu dans l'Église, dans la grande Église, pour porter le nom de catholique.

De quelle manière avez-vous appris cela ?

Au Cégep, entre jeunes, nous parlions de la religion. Tous disaient qu'elle était la sienne. L'un disait : « Je suis bouddhiste », l'autre musulman, catholique, protestant… « Et toi, Éric, qu'est-ce que tu es ? », me demande-t-on. J'ai répondu : « Je suis catholique ! » Il y a eu un silence. Une fille m'a regardé et m'a dit : « Tu n'es pas catholique, toi ! » J'ai rétorqué : « Oui, je suis catholique ! » Je crois tout ce que l'Église enseigne… » Elle ajoute : « Tu penses que tu es catholique… mais tu ne l'es pas ! » Sa réponse m'a bouleversé parce que je pensais l'être.

J'ai parlé de ce qui m'est arrivé à Dwight. Il m'a dit qu'il faudrait que je sois accueilli dans une communauté de foi. Alors j'étais catholique dans la mesure où j'étais baptisé chez les protestants, mais je n'étais pas en pleine communion avec l'Église catholique.

J'ai suivi quelques catéchèses initiatiques. Mgr Norbert Lacoste m'a bien expliqué les fondements de la foi catholique. Ensuite, le 14 mars 1982, j'ai fait une profession de foi durant une célébration eucharistique à la paroisse Saint-François-d'Assise à Saint-Lambert. J'avais 18 ans. Mes parents ont assisté à l'événement.

Est-ce qu'ils étaient en accord avec votre choix ?

Ils pensaient que ça serait une étape de mon adolescence et que je m'en sortirais [il lance cette phrase sur le ton de la plaisanterie avant de poursuivre plus sérieusement]. Toutefois, ils ne se sont pas opposés à mon choix parce qu'ils ont toujours eu un grand respect de ma liberté.

Pourquoi n'y a-t-il pas eu un nouveau baptême ?

Parce que presque tous les baptêmes protestants sont valides chez les catholiques.

Quand avez-vous fait votre initiation aux sacrements du pardon et de l'eucharistie ?

J'avais déjà fait ma première confession avec Mgr Lacoste, mais à l'occasion de la même célébration j'ai pu faire ma première communion au corps du Christ. Ceci a été un moment très émouvant pour moi. Dès ce jour, j'ai commencé à aller à la messe chaque jour.

C'est ainsi que le Seigneur a pris peu à peu une grande place dans mon âme.



(Revue Sainte Anne, octobre 2003, pages 393 et 406)


17 mars 2026

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Les Québécois sont des carencés affectifs


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer et B. Mercier


La population canadienne continue de vieillir. Selon le dernier recensement canadien, l'âge médian des Canadiens était de 37,6 ans en 2001. Il s'agit d'une augmentation de 2,3 ans depuis 1996 et d'un record. Les aînés représentent maintenant 13 % de la population. La Nouvelle-Écosse et le Québec sont les provinces les plus âgées avec un âge moyen de 38,8 ans. L'Alberta est la plus jeune avec 35 ans.

Catholiques au pays
4,8 millions de Canadiens se sont déclarés sans religion, soit 16 % de la population. Au Québec, ils ne constituent que 5,6 %. Les catholiques représentent 7 personnes sur 10. Les musulmans sont de plus en plus nombreux, soit 2 % des Canadiens. Près de la moitié des catholiques habitent le Québec, où ils représentent 83 % de la population.

Nouvel évêque
Le pape vient de nommer un Basilien, Mgr Stephen Victor Chmilar, comme évêque des 40 000 Ukrainiens à l'est du Manitoba. Il succède à Mgr John Pasichny, 76 ans, qui vient de remettre sa démission.

Nouveau directeur de SOCABI
Montréal, le 20 mai 2003 – À leur réunion du 8 mai 2003, les membres du conseil d'administration ont nommé Monsieur Fabien Leboeuf directeur général par intérim de la Société catholique de la Bible (SOCABI) jusqu'au 30 juin 2004. Monsieur Leboeuf, un consultant, a accepté cette tâche qu'il réalisera à titre de contractuel et à temps partiel. L'arrivée de Fabien Leboeuf à la direction générale de SOCABI est un acquis certain au moment où la société lance un plan de développement pour les cinq prochaines années. Monsieur Leboeuf succède à Madame Jeannine Ouellet qui a occupé ce poste durant les cinq dernières années.

MSF Canada
« Médecins sans frontières » rassemble des bénévoles qui portent leur aide où la souffrance les appelle. Ils sont toujours plus de soixante en mission. Au cours de 2002, environ 20 nouveaux volontaires ont été recrutés dans la région de l'Ouest canadien. Le recrutement et les activités de témoignage sont à la hausse dans la région de l'Atlantique. Des conférences pour présenter le mouvement ont été présentées ce printemps à l'université de Toronto.

Le père Lelièvre

La cause de béatification du père Lelièvre a été officiellement ouverte, le 7 avril dernier, à la cathédrale de Québec. Fondateur de la Maison Jésus-Ouvrier, il a été un apôtre infatigable de la dévotion au Sacré-Cœur. Il est décédé à Québec en 1956.

Tricentenaire
La Congrégation du Saint-Esprit fête, cette année, 300 ans de service dans l'Église. Fondée en 1703 par l'abbé François Poullart des Places, elle fusionna en 1848 avec la Société du Coeur immaculé de Marie, fondée par le vénérable Liberman. La congrégation compte environ 3000 membres. Elle est présente au Canada, se partageant en deux provinces, une de langue française et l'autre de langue anglaise.

Martyrs ukrainiens
Le 27 juin, les Ukrainiens célébraient la fête de martyrs ukrainiens : Nicholas Chasnetsky et ses compagnons. Cette cérémonie a eu lieu en l'église Saint-Joseph, à Winnipeg. Ces martyrs ont été torturés en Ukraine, sous le régime communiste. Nykyta Budka a été le premier évêque catholique au Canada.

Église-Studio
Au Québec, l'église Notre-Dame-de-Grâce, fermée depuis deux ans, mais classée comme valeur patrimoniale, sera conservée et adaptée pour un studio de production artistique. Le projet, cependant, n'est pas encore complètement assuré.

Mariages
En l'an 2000, le nombre des mariages a augmenté de 8 % au Canada. Au Québec, cette hausse s'est limitée à 3,4 %. Cette tendance ne s'est pas maintenue en 2001.

Précarité du travail
Le Comité des affaires sociales de l'Assemblée des évêques du Québec relève que les 60 % de la population sur le marché du travail ne sont pas syndiqués. De plus, le nombre d'emplois à temps partiel continue de chuter et prend souvent des contrats à durée déterminée… Laissée à son libre cours, la globalisation de l'économie crée instabilité et précarité chez les travailleuses et les travailleurs.

Produits équitables
Après le café, autour du chocolat, de se trouver dans les grandes chaînes alimentaires : Métro, Loblaw, Provigo… Ces produits doivent porter le sceau de certification. Une façon d'aider les petits producteurs exploités par les grands propriétaires de terrains des pays sous-développés.

Diamants du rang
Le Canada, comme certains autres pays, peut maintenant bloquer le commerce des diamants mis sur le commerce et provenant de groupes rebelles qui mettent la main sur des diamants et les revendent pour financer des activités paramilitaires illicites.

Vie religieuse
MONTRÉAL – Le nombre de religieux et de religieuses qui vivent en communauté s'élève en ce moment à environ 25 000 personnes. Si la tendance se poursuit, ce nombre sera réduit de moitié en 2015, à cause du vieillissement des troupes. Cette année-là, un religieux canadien sur dix aura plus de 65 ans.

(Revue Sainte Anne, septembre 2003, pages 347 à 349)

16 mars 2026

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Le consentement c'est important


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Une enfance sous la terreur d'un pédophile

Guy Sévigny, comédien


Une enfance sous la terreur d'un pédophile
« Après quatre années de thérapie et une vie spirituelle intense, j'en arrive à me détacher des moments cauchemardesques que j'ai vécus »

Benoît Voyer

Le comédien Guy Sévigny a vécu une enfance difficile sous le joug d'un pédophile. Dans le silence et la peur, son agresseur a bousculé son existence. Après une thérapie fort difficile qui l'a conduit jusqu'en psychiatrie, il a vécu une résurrection. Sa transformation l'a amené à retourner jouer au théâtre, à chanter, à s'impliquer dans de nombreux organismes qui viennent en aide à la jeunesse, dont Bouclier Québec qui travaille activement à enrayer les sites Internet qui exploitent sexuellement les enfants, et à fonder le Théâtre contre violence. Sa pièce théâtrale « Pourtant quand je rêve », écrite par la juge Andrée Ruffo, et ses rôles dans les téléséries Jean Duceppe (Télé Québec), Tabou (SRC) et un Homme en quarantaine (Série+) ont contribué à le faire connaître davantage du grand public.

***

J'ai été la victime d'un pédophile de 9 à 13 ans. C'était un voisin qui est rapidement devenu un ami de la famille. Comme la majorité des pédophiles, il a pris soin de gagner l'estime de la famille avant de gagner celle de l'enfant que j'étais. Il y a donc eu quelque temps qui s'est écoulé entre la première fois que je l'ai rencontré et notre histoire commune.

Je revenais de l'école primaire. Il jouait de la guitare dans les marches de l'endroit où il restait, soit à trois portes de chez moi. Puisque mon rêve était de chanter et de jouer au théâtre, il est rapidement devenu mon idole. C'est la musique qui a permis qu'il y ait un lien particulier qui se développe entre nous. Je ne pensais pas que ce lien conduirait à des abus sexuels de sa part.

Je suis originaire d'une grosse famille. Je suis le quinzième d'une famille qui compte 18 enfants. Les gâteries manquaient à la maison. A sa manière, cet homme voulait me combler de sa gentillesse en me faisant travailler pour gagner un peu d'argent. Le travail consistait à aller laver son linge à la buanderie, près de chez moi.

Un jour, il m'a dit: « J'ai oublié un morceau de linge à laver. » Il m'a dit d'entrer dans sa chambre et il a enlevé son pantalon devant moi.

J'ai eu l'intention de tourner la poignée de porte pour sortir, mais j'ai figé. Je n'ai pas été capable de l'ouvrir. J'étais un enfant et c'était la première que je voyais un homme nu. J'étais traumatisé.

Est-ce qu'il y a eu des actes sexuels cette journée-là?


Non. Il m'a juste donné les vêtements en se frôlant sur moi. Il a sans doute vu toute la panique qu'il y avait dans mon corps parce que je tremblais.

Comment vous sentiez-vous?

Au tout début, malgré que je sentais dans mon corps qu'il y avait quelque chose de pas correct dans ce que je vivais, je pensais que c'était normal. Je m'attendais même à un moment donné à ce que mon père ou mon grand frère fasse la même chose. Je me disais que tous les jeunes garçons devaient vivre ça

Lorsque la sensation de malaise a augmenté, j'ai voulu en parler à ma mère. L'homme a senti cela. Il a alors commencé à me menacer. Il disait que si je parlais, il irait dans une institution carcérale et que j'irais dans une prison pour enfants.

Est-ce que vous viviez des rapports sexuels complets avec lui?

Oui.

De quelle manière les événements se sont terminés?


Nous sommes déménagés. Malgré tout, il me relançait à l'occasion.

Est-ce qu'il y a eu une poursuite en justice?


Au moment où j'ai suivi la grande thérapie pour m'en sortir, il était déjà décédé. Il est mort d'un arrêt cardiaque. Il n'avait même pas quarante ans. Lorsqu'il est parti, je vivais un mélange de tristesse et de bien-être. J'étais content qu'il quitte et, en même temps, je m'en voulais parce qu'on ne doit jamais être heureux d'une mort.

Combien de temps a duré votre thérapie?


Quatre ans.

Est-ce que vous avez été capable de lui pardonner?


Je ne sais pas si j'en suis arrivé à lui pardonner complètement.

Je vis encore des traumatismes à cause de ce qui est arrivé. Je fais parfois d'horribles cauchemars. De plus, lorsque je vois des policiers, j'ai souvent l'impression qu'ils viennent m'arrêter pour me conduire dans une prison pour enfants. Pourtant, je suis au début de la quarantaine et je ne devrais pas réagir de cette manière. Enfin, la nuit, j'ai parfois l'impression que quelqu'un veut toucher mon corps et qu'il veut m'agresser sexuellement. Lorsque je vis cela non, il n'y a pas de pardon.

En dehors de ces moments difficiles, j'en arrive à une certaine forme de pardon. Vous comprendrez donc que le pardon que je lui accorde doit régulièrement se répéter. Cependant, il n'est pas uniquement envers lui. Je le fais pour moi. Je le fais envers moi

Après quatre années de thérapie et une vie spirituelle intense, j'en arrive à me détacher des moments cauchemardesques que j'ai vécus

De quelle manière la spiritualité vient vous aider dans cette démarche de guérison?

Elle me permet de ne pas me sentir seul avec ce que j'ai vécu. Elle m'amène une façon de partager mes moments difficiles et mes beaux instants de vie avec les autres. La spiritualité est pour moi une manière de me mettre en contact avec les gens. Je la vis à travers le théâtre et la chanson.

La spiritualité juive et chrétienne transmet l'image d'un Dieu qui ressemble à un père. Est-ce que votre blessure de vie vous a demandé de revoir votre image de ce que Dieu représente?

L'image de mon Dieu est féminine. Cela vient du rapport que j'ai eu avec les hommes lorsque j'étais un enfant. Ils m'ont fait peur pendant très longtemps. Pour croire, j'ai besoin de féminiser l'image de Dieu.

Pourquoi cela a-t-il été important pour vous?

Pour réussir à m'abandonner entièrement lorsque je prie. J'ai bien de la misère dans mes rapports avec les hommes lorsqu'ils sont en autorité. Alors qu'avec les femmes, je n'ai aucune difficulté. Alors, si je prie un Dieu qui ressemble à un être masculin, je sens intérieurement qu'il y a des restrictions et une certaine qualité de lien que je ne peux pas établir.

De quelle manière avez-vous réussi à transformer l'événement négatif que vous avez vécu en quelque chose de positif?

Lors de la thérapie, j'ai réalisé pourquoi j'ai reçu le don de chanter et de jouer au théâtre. De plus, la voix en moi m'a interpellé à parler de ce que j'ai vécu afin de prévenir que ça n'arrive pas à d'autres enfants et pour aider les adultes qui ont vécu les mêmes traumatismes que moi.

En 1985, j'ai créé le Théâtre contre violence et j'ai écrit le livre « J'aurais voulu être ... ». Cela m'a amené à partager mon expérience à travers les conférences, les récitals et les pièces théâtrales. En partageant, je reçois des autres.

Vous avez découvert votre mission...

Il ne nous arrive rien pour rien dans la vie. Tout cela a effectivement dessiné ma mission de vie. c'est pour cela que je vis.

Au début, j'avais de la misère avec le mot « Mission » parce qu'on le sert à bien des sauces et parce qu'il fait peur à certaines personnes. Lors d,’une rencontre avec le curé de ma paroisse, il m'a expliqué ce qu'est une vocation et une mission. À partir de là, je me suis débarrassé de la honte que j'éprouvais de dire que j'ai une mission particulière dans la société. D'ailleurs, chaque humain a sa mission propre.

Est-ce qu'il est possible d'affirmer que vous avez vécu, comme Jésus Christ, une mort et une résurrection?

Quelle belle image! C'est exactement ce que j'ai vécu. En trouvant des Nouvelles raisons de vivre, je suis effectivement revenu à la vie, je suis ressuscité.

Sur Internet:
Théâtre contre violence
www.theatrecv.org

(Revue Sainte Anne, Septembre 2003, pages 345 et 382)

15 mars 2026

EN LIBERTÉ: Vieillir


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

Mission de l'école

L'archevêque de Québec, Mgr Ouellet, souhaite que l'école soit un lieu ou non seulement l'histoire de Jésus, mais aussi sa signification, soient transmises. Il constate que dans les années 70-80, une idéologie a donné une influence négative auprès des jeunes en détruisant le lien avec l'Église.

Festival Jeunesse
Le diocèse de Saint-Jérôme organise, les 9 et 10 août, un festival jeunesse pour les 16-35 ans. Le thème, « M'aimes-tu? ». La question que Jésus pose à Pierre avant de lui confier sa mission.

Éducation de la foi
Dans l'Église de Valleyfield, on veut inventer un nouveau partenariat paroisse-école. À cette fin, une brochure a été publiée au diocèse de Trois-Rivières. On invite à se la procurer. Comme le rappellent nos évêques « Pour plusieurs jeunes Québécois, l'enseignement religieux demeurera la seule occasion d'aborder avec une certaine cohérence l'essentiel de la proposition chrétienne, ainsi que d'autres traditions spirituelles en rapport avec leur soif de bonheur, de liberté et d'authenticité. »

Oecuménisme à Ottawa
Une célébration inter religieuse a eu lieu le 23 mars dernier dans la cathédrale d'Ottawa. Des représentants d'Églises chrétiennes et des confessions juive, hindoue et musulmane ont prié ensemble pour la paix.

Rejet de l'entente
Des autochtones anglicans canadiens viennent de rejeter l'accord signé par l'Église et le gouvernement concernant le règlement des plaintes déposées par d'anciens pensionnaires d'internats. Selon cet accord, l'Église anglicane du Canada verserait 30% du montant des indemnités jusqu'à un montant de 25 millions.

Kahnawake
Les Jésuites quittent la mission Saint-François-Xavier de Kahnawake au cours de l'été. Le père Louis Cyr qui donnait le service depuis 16 ans aura été le dernier à desservir cette mission. La responsabilité reviendra au diocèse de Saint-Jean-Longueuil. La communauté demeure optimiste pour l'avenir. « La bienheureuse Kateri nous aidera », ajoutait Louise Rice, une ancienne de la mission

Peterborough
Mgr Nicola de Angelis a commencé son ministère dans le diocèse en faisant confiance aux laïcs. Ils seront les leaders d'une nouvelle évangélisation et d'une conversion de notre monde, disait-il.

Évêques honorés
L'archevêque Peter Sutton et Mgr Raynald Rouleau ont été honorés pour leur dévouement dans leur ministère dans le grand Nord canadien. Cette reconnaissance leur a été décernée à Saint-Boniface par la Fondation catholique du Manitoba. Mgr Sutton a été archevêque du de Le Pas - Keewatin et Mgr, évêque de Churchill et Baie-d'Hudson.

Diaconat
L'archidiocèse d'Edmonton, après avoir étudié la question du diaconat permanent, s'engage, aujourd'hui, à passer aux actes.

L'Ordre du Canada au Père Beaubien
Le père Irénée Beaubien, s.j., fondateur du Centre canadien d'œcuménisme, recevait, en janvier dernier, le titre d'Officier de l'Ordre du Canada en appréciation des services rendus dans le domaine des relations interconfessionnelles et interculturelles.

Centenaire
La congrégation des Sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique, mieux
connue sous le nom des Sœurs blanches, célèbre, cette année, le centenaire de son arrivée en sol canadien, le 26 octobre 1903. La première communauté était composée de quatre sœurs: trois françaises et une canadienne.

Visite à Québec
L'Association des périodiques catholiques a accueilli, au début de juin, le Conseil de l'Union catholique internationale de la presse. Chaque année, les presidents et présidentes des fédérations régionales se réunissent dans un pays hôte pour se rencontrer et découvrir les particularités culturelles et la situation dans cette région

Nouveau magazine
Le JMJiste a fait son apparition en mars dernier. Ce nouveau magazine s'inscrit dans la foulée des Journées mondiales de la jeunesse 2002. M. Jean-Léon Laffite agit à titre de directeur et de rédacteur en chef de la publication. Au conseil d'administration, il est entouré de madame Marie-Thérèse Chevalier et du Frère Denis-Antoine. Longue vie au JMJiste!

Aide à l'Irak
Développement et paix a été désigné par la Conférence des évêques pour recueillir des fonds afin d'alléger les souffrances causées par la guerre et ses funestes conséquences (tel. 514-257-8711).

Générosité des Canadiens
L'organisme Développement et paix a recueilli, au cours de la dernière année, un montant de 23 8780 755$. De ce montant 77% vont directement aux régions du monde où se trouvent les plus grands besoins; 15% à la sensibilisation du public canadien catholique; 8% en frais d'administration

Orgue restauré
Les grandes orgues de l'église Saint-Jean-Baptiste, dans la ville de Québec, seront restaurées. Construites en 1885, par Napoléon Déry, elles sont considérées comme exceptionnelles et appréciées par les mélomanes qui en vantent les hautes qualités. Cette restauration coûterait environ 200 000$. La Fabrique contribuerait pour 50 000$ et le reste serait assuré par la Fondation du patrimoine religieux.

(Revue Sainte Anne, Juillet-Août 2003, pages 299 à 301)

14 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: Être grand père et grand mère (3)


VISION CATHOLIQUE: L'Église d'aujourd'hui


« Les gens se rapprocheront de l'Église quand ils constateront que ceux qui s'identifient à elle […] vivent réellement leur foi et ont un souci agissant du prochain »

-Claude Ryan


Benoit Voyer
14 mars 2026

En 2006, le théologien Normand Provencher me parlait des Catholiques québécois de l’avenir. Ce demain est arrivé. Ses propos demeurent d’une grande actualité : « Nous sommes dans un nouveau monde. […] Une nouvelle façon de penser […] est née. » L'Église québécoise d’aujourd’hui est « plus modeste, mais prophétique. Les gens deviennent de plus en plus des nomades et des pèlerins »[1].

« La situation actuelle invite chaque chrétien à une plus grande humilité et surtout à la conversion intérieure. Les gens se rapprocheront de l'Église quand ils constateront que ceux qui s'identifient à elle, autant les clercs que les laïcs, vivent réellement leur foi et ont un souci agissant du prochain. Le chrétien doit éviter, à mon avis, de verser dans l'angoisse. Il doit faire un effort honnête pour être vrai, pour accorder sa vie et son discours.
» Ces propos sont de Claude Ryan. Ils sont tirés de son testament spirituel [2]. Il nous appelle à l’espérance et à l’engagement. Pour lui, il n’y a plus de place pour un christianisme tiède.

Claude Ryan parlait comme Paul dans sa lettre aux Éphésiens : « Conduisez-vous comme des enfants de lumière – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité – et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler. Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière, et tout ce qui devient manifeste est lumière. »[3]

____________________

[1] Benoit Voyer. « L’Église du Québec va-t-elle survivre à la crise ? », Revue Sainte Anne, juillet-aout 2006, p. 314.
[2] Paru chez Novalis en 2004.
[3] Ep 5,8-14

VISION CATHOLIQUE: Nos chères idées acquises

« Le danger est si grand de toujours ériger nos idées en idoles! Mourir à nous-mêmes dans ces chères idées acquises, nos vérités tenues pour immuables et nos sagesses, c'est de cela qu'il s'agit pour naître à de nouvelles lumières ».

-Annick de Souzenelle

LES GRANDS ESPACES


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Des confitures au goût de la campagne

Benoît Houle, directeur de la Petite ferme


Des confitures au goût de la campagne

« Pour financer notre organisme de réinsertion sociale, nous fabriquons des pots de confiture que nous vendons dans une centaine de supermarchés. Nous avons l'objectif d'atteindre, avec les ventes, l'autosuffisance financière de nos services, sans subvention gouvernementale. L'an dernier, nous en avons vendu pour près de 100 000$ C'est bon pour une première année! Cette année, nous avons l'objectif d'atteindre 160 000$ de ventes »

Benoît Voyer

Après avoir travaillé 31 ans dans l'ombre de l'abbé Gérard Bossé à l'Auberge sous mon toit de Granby, Benoît Houle a fondé, il y a deux ans, la Petite ferme, un organisme de réinsertion sociale situé à Roxton Falls. Leur démarche thérapeutique implique la fabrication de pots de confiture et la spiritualité. Une histoire à la saveur de chez nous.

Le prêtre avec qui vous avez fondé l'Auberge sous mon toit de Granby, l'abbé Gérard Bossé, est décédé le 16 novembre 2002, à l'âge de 73 ans. Comment avez-vous vécu ce départ ?

Ce fut un moment très émouvant qui m'a fait réfléchir beaucoup. Il était ma référence. Je me dis souvent : Qu'est-ce qu'il ferait à ma place dans telle ou telle situation ? Je m'aperçois parfois que ma façon d'agir correspond à la sienne.

Il disait souvent : « Lorsque tu prends une décision, il est mieux d'être trop bon que de ne pas l'être assez. » Il vaut mieux se tromper qu'être trop sévère lorsqu'il s'agit d'aider quelqu'un.

Voici un exemple. Un jeune en réinsertion sociale me demande de lui passer 10$ pour une supposée bonne cause. Il se peut qu'il s'agisse d'un mensonge et qu'il se procure de la drogue avec cet argent. Si j'ai un doute, mais que je ne peux être sûr de celui-ci, il est préférable de lui faire confiance.

Comment avez-vous connu Gérard Bossé ?

À l'époque, il était aumônier de la J.O.C. à Granby. J'avais 16 ou 17 ans. Puisqu'il n'y avait personne pour occuper le poste de président de la J.O.C. locale, j'ai accepté la fonction. Nous sommes devenus de grands amis. Suite à la fondation de l'Auberge sous mon toit, j'ai travaillé 31 ans dans son ombre.

Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à fonder la Petite ferme ?

C'est par amour de la terre. J'avais le goût d'un projet agricole et j'avais de plus en plus de difficultés à travailler en ville. Le travail que je fais ici est le même que je faisais à l'Auberge sous mon toit.

Quelle est la mission de la Petite ferme?

Aider des jeunes travailleurs de 18 à 30 ans qui ont des difficultés d'intégration au travail et dans la société. Ce sont des personnes qui ne réussissent pas à faire leur place dans le monde d'aujourd'hui, qui lâchent continuellement leur emploi et qui sont peu scolarisées. Quelques-uns ont des antécédents au niveau du jeu, de la drogue et de l'alcool.

Comment est née la Petite ferme ?

De 1999 à 2001, la Petite ferme avait pour seul but d'assurer l'autosuffisance alimentaire de l'Auberge sous mon toit.

Il y a deux ans, avec le départ de l'abbé Bossé de l'Auberge, une nouvelle équipe d'administrateurs est arrivée à la tête de la maison d'hébergement et je n'étais pas à l'aise avec la nouvelle structure.

De plus, il y avait beaucoup de gens qui travaillaient à la Petite ferme et je devais continuellement me rendre à Granby pour diriger l'auberge. J'essayais de bien m'occuper des deux emplois, mais c'était vraiment trop difficile. D'ailleurs, les choses allaient mal à la Petite Ferme à cause de mes absences.

En juin 2001, j'ai donc décidé de quitter l'Auberge sous mon toit pour me consacrer entièrement à ce nouveau projet. J'ai alors formé un conseil d'administration et nous avons obtenu notre incorporation légale le 25 octobre 2001.

Financièrement, nous avons obtenu une subvention du Fonds jeunesse Québec pour lancer l'organisme.

Quelle est votre démarche thérapeutique ?

La réinsertion se fait par une intégration concrète dans un environnement de travail. Lors de son départ de la Petite ferme, nous désirons que la personne qui chemine avec nous ait un emploi et le garde. Nous favorisons une ambiance aidante, compréhensive et nous favorisons les initiatives en équipe.

De plus, chaque lundi nous nous rencontrons pour faire une réflexion chrétienne et philosophique. Elle dure environ soixante minutes. Je rédige un petit éditorial d'une page ou deux et chacun s'exprime sur le sujet. Au début du mois de décembre, j'ai proposé une trentaine de proverbes de la Bible.

À la fin de 2002, il nous est arrivée une femme de 22 ans qui a eu un accident d'automobile deux ans plus tôt dans lequel elle a perdu son enfant. Elle a fait une dépression sévère. En y allant une journée à la fois, afin qu'elle ne panique pas, nous lui avons donné quelques outils pour s'en sortir. Elle sent à la Petite ferme un milieu aidant pour elle. Elle s'épanouit.

Quelle est votre particularité ? Qu'est-ce qui vous distingue des autres organismes de réinsertion sociale ?

Pour financer notre organisme de réinsertion sociale, nous fabriquons des pots de confiture que nous vendons dans une centaine de supermarchés. Nous avons l'objectif d'atteindre, avec les ventes, l'autosuffisance financière de nos services, sans subvention gouvernementale. L'an dernier, nous en avons vendu pour près de 100 000 $. C'est bon pour une première année ! Cette année nous avons l'objectif d'atteindre 160 000$ de ventes.

Nous fabriquons aussi des confitures sans sucre !

Dans peu de temps, nous réaliserons notre objectif d'autofinancement et nous pensons exporter nos produits.

Nous fabriquons aussi des tourtières, des pâtés au poulet et au saumon. Il y a aussi les œufs, le poulet de grain et le bœuf. Ces items sont vendus à la Petite ferme aux personnes qui se déplacent pour venir les chercher.

Pourquoi avoir intégré la spiritualité dans votre démarche de réinsertion sociale ?

Je crois que le changement provient de l'intérieur de l'être humain. Lorsqu'il est enclenché à cet endroit, tous les comportements extérieurs changent d'une manière permanente. Tout commence en soi.

Si je n'avais pas cette heure par semaine de réflexion, je fermerais l'organisme parce que tout ce que nous faisons ici n'aurait pas de sens.

Pourquoi Dieu est-il si important pour vous ?

Dieu est l'essentiel de ma vie. J'ai une relation intime avec lui. Il y a quelques années, je lui écrivais une lettre par jour. En ce moment, je lui parle de l'intérieur. De plus, je lis trois à quatre pages de la Bible chaque jour. Cela m'aide à garder l'équilibre en moi. Enfin, je vais régulièrement à la messe. Lorsque je n'y vais pas au moins une fois par semaine, je ne me sens pas coupable, mais je constate rapidement qu'il manque quelque chose en moi.

La Petite ferme
Roxton Falls, Québec
JOH 1E0
(450) 548-2736


(Revue Sainte Anne, juillet-août 2003, page 297)

13 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: Être grand père et grand mère (2)


LE PRÉSENT DU PASSÉ:

La « génération i » apporte de nouveaux défis pour la société québécoise

Par Benoît Voyer


MONTRÉAL – Apparue dans les années 1980, après que la « génération X » a atteint l'âge de raison, la « génération i » est un nouveau phénomène de l'histoire sociale québécoise. Les jeunes membres qui la composent se caractérisent par trois « i » : indécision, incertitude et identité. Son arrivée amène de nouveaux défis à relever pour la société.

Parmi les trois « i », c'est la question de l'identité qui est le grand problème. Trouver sa mission de vie, voire sa vocation, est très difficile pour les personnes de cette génération.

Puisque le souci d'une vie intérieure saine est loin de leurs préoccupations, ces gens semblent se diriger vers une impasse majeure : ils ne connaissent leur véritable potentiel.

Le membre de la « génération i » est souvent en crise. Le moindre choc est, pour lui, une véritable catastrophe. Pourtant, la crise est normale, mais lorsqu'il n'y a pas en soi de ressources pour la traverser, elle devient un drame. Celui-ci semble surtout affecter les hommes puisque 80 % des suicides sont commis par eux.

D'ailleurs, les gars de cette génération occupent l'attention des intervenants sociaux puisqu'ils sont les nouveaux « démunis en intériorité ». Depuis l'avènement du féminisme, depuis que les rôles sociaux ne sont plus définis, la gent masculine est de plus en plus en déroute.

Ce n'est pas seulement au chapitre de l'intériorité que ces personnes sont affectées, mais aussi dans la voie d'un véritable choix de carrière. Elles mêlent la quête de soi avec la quête du succès. Puisque l'emploi n'est pas, pour elles, un gagne-pain, mais le fondement de l'identité, elles ont peur de s'identifier à une profession, surtout lorsqu'il s'agit de titres généraux comme ceux de « journalier » ou de « professionnel ». Elles savent fort bien que l'emploi est le symbole de ce que l'on est, donc à l'image que les autres auront de soi.

Le problème identitaire va jusque dans la sexualité. À les écouter, l'hétérosexualité est une voie marginale. La mode est à la bisexualité.

Indécision et incertitude
Une autre problématique de cette génération est qu'elle n'a pas été habituée à faire des choix. Lorsqu'il est question d'en faire, elle ne sait pas quoi choisir ni vers où se diriger. En ce début de XXᵉ siècle, on a l'embarras du choix. C'est le « syndrome du buffet ». Plus il y a de possibilités, plus on hésite. Au bout, on n'en fait aucun.

Lorsqu'on connaît pleinement son identité et sa vocation, il est plus facile de traverser les crises de la vie et de prendre de bonnes décisions, c'est-à-dire de ne plus vivre dans l'indécision et l'incertitude.

Pour s'en sortir…
Il n'y a pas bien des solutions pour sortir cette génération du drame des trois « i ». La plus évidente est la rencontre de personnes significatives qui vivent à plein leur vocation, voire leur mission. La « génération I » a besoin de modèles qui vivent loin de la médiocrité.

Pour l'aider, il faut ajouter un quatrième « i ». Celui-ci est l'intérêt humain. C'est la voie de l'accompagnement. Celle-ci se fait discrètement en offrant son amitié et sa disponibilité, dans le respect des différences (« je suis pleinement ce que je suis et tu es pleinement ce que tu es. Nous ne sommes pas nécessairement en accord, mais j'ai du plaisir à bavarder avec toi !) et de leurs choix du moment. Bien entendu, cette attitude doit être sincère et respectueuse. C'est la voie de la gratuité. C'est la voie du cœur.

Il y a aussi cinq autres attitudes qui peuvent aider la « génération i » à se sortir de l'indécision : Refuser les influences excessives des personnes autour de soi ; ne pas avoir peur de se tromper ; déterminer ses critères de décision, c'est-à-dire qu'il faut identifier ce qu'on cherche ; cultiver l'art du compromis, car aucun choix de vie n'offre que des avantages ; et s'informer.

(Revue Sainte Anne, juin 2003, pages 252 et 253)

12 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: Être grand père et grand mère (1)


VISION CATHOLIQUE: Aimer Dieu de tout son coeur

Aimer Dieu de tout son coeur

Par Benoit Voyer

12 mars 2026

Aimer est un verbe d’action. Aimer, c’est engageant et ça demande un peu de temps. Cela est vrai pour nos amours du quotidien comme pour celui qu’on peut avoir pour Dieu ou Jésus, qui est venu nous le révéler d’une manière nouvelle.

Un jour le cardinal Jean-Claude Turcotte [1] me disait : « Si tu veux avoir ce contact avec le Christ vivant, il faut y consacrer du temps. Si tu ne t'imposes pas dans ta vie un temps de contact, un temps de prière, autant que possible quotidien, comment veux-tu établir une relation sérieuse avec le Christ ? Les gens simples comprennent ça… C'est un peu comme l'amour humain. Si tu es en amour avec ta femme, mais que tu ne lui parles jamais, que tu ne t'en occupes pas, que tu passes à côté sans la voir… ça ne peut pas durer ! L'amour comme la foi sont des choses qui s'entretiennent avec du dialogue, de l'attention, un regard profond et des petits gestes. La relation avec le Christ ressemble à celle que tu as avec ta femme. En tout cas, moi dans ma vie, j'essaie à chaque jour d'avoir de 90 à 120 minutes de présence à lui. Je ne suis pas toujours en train de jaser, mais je suis là. […] Tu sais, c'est comme quand on fait de l'exercice physique. Il y a des matins où ça ne nous tente pas. Tu le fais pareil sinon ta santé ne sera pas bonne ! »

Et il ajoutait : « Quand t'es en amour et que tu es poigné avec ta femme, il y a des matins que ça ne te tente pas d'être avec elle. Tu es là pareil ! L'être humain est ainsi ! Il est libre. Il fait des choix. Dieu le convie à rester fidèle à ses choix. Tu sais, un gars qui se marie… Ce n'est pas pour passer une fin de semaine ! S'il le fait pour ça, il a choisi le mauvais outil ! S'il a décidé de faire un projet d'amour pour la vie, il faut qu'il l'entretienne comme un trésor ! Je te donne aussi l'exemple des parents qui décident de mettre au monde un enfant : S'ils ne s'occupent… Ils vont avoir des sérieux problèmes ! Alors tout est comme ça dans la vie spirituelle ! C'est la loi de la vie, quoi ! »

Sans le savoir, ce jour-là, l’archevêque de Montréal m’a donné une des plus belles leçons de vie spirituelle de ma vie. Aimer, c’est engageant et ça demande qu’on soit présent pour l’être aimé, même si à certaines heures on n’a pas grand-chose à se dire ou qu’on aimerait se consacrer à autre chose. C’est cela aimer de tout son cœur, de toute sa force et de toute son âme.

Une prière

Jésus,

Apprends-moi à aimer pour que je devienne un vrai témoin de l’Évangile.

Je ne veux pas d’or et d’argent.
Je veux aimer plus loin que moi-même ;
C’est le grand désir de mon cœur.

Plus fort que les soucis de la vie qui éloignent du Royaume de Dieu et qui font des gens des étrangers de la vraie vie, que mon cœur ne soit jamais loin de toi. Ainsi, je pourrai dire avec les gens de ton temps : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur » (Mc 12,29).

Comme les premiers croyants, je te dis : Je t’aime, Seigneur, de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force et tout mon cœur.[2]

____________________

[1] Cf. Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, 2005, pp. 57 à 63 (BANQ 204.4 V975t 2005). Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/il-etait-une-fois-dans-les-medias-jean.html
[2] Benoit Voyer. Je prie comme je peux – Les prières d’un pauvre de cœur, Éditions Sainte Anne, 2004

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer et B. Mercier, C.Ss.R.

Tirage diocésain

Pour éponger la dette engendrée par le déficit national des JMJ, au diocèse de Mont-Laurier, on a décidé d'organiser un tirage diocésain. La somme exigée par le diocèse est de 219 000$.

Le café équitable
À Mont-Laurier, le « café équitable » est en vente dans plusieurs endroits de la région. Il s'agit d'un café acheté directement de coopératives de producteurs, éliminant ainsi la spéculation boursière et réduisant le nombre des intermédiaires au profit des petits salariés. Au lieu de 4 % du prix de vente, le paysan reçoit 12 %. Cette initiative a pris forme en Europe et se répand maintenant dans plusieurs pays chrétiens.

Décès de Mgr Léonard Crowley
Né à Montréal en 1921, il avait été nommé évêque auxiliaire pour le diocèse de Montréal en 1971. Il a joué un rôle important dans l'évolution de l'éducation au Québec et fut un artisan du dialogue interreligieux. Décédé le 17 mars, ses funérailles ont eu lieu le 20 mars, en la cathédrale.

Nouvel évêque à Halifax
Le pape vient de nommer Mgr Claude Champagne, O.M.I., comme évêque auxiliaire à Halifax ; jusqu'ici provincial des Oblats pour l'Ontario et l'Ouest du Québec, Mgr Champagne secondera Mgr T. Prendergast dans sa double tâche d'archevêque de Halifax et d'administrateur du diocèse de Yarmouth. Le diocèse de Halifax compte 65 prêtres diocésains, 28 prêtres religieux, 270 religieux et religieuses, 25 diacres permanents et huit agents de pastorale laïques au service d'une population de plus de 152 000 catholiques répartis dans 76 paroisses et missions. Pour sa part, près de 40 000 catholiques de 39 paroisses et missions vivent dans le diocèse de Yarmouth, dans lequel on dénombre 26 prêtres diocésains, 25 religieuses, un diacre et neuf agents de pastorale laïques.

Radio Ville-Marie
Selon une étude de la firme CROP, les résultats sont très positifs. On a découvert que 60 % de l'auditoire se situe entre 18 et 64 ans et que, de ce chiffre, 14 % ont entre 18 et 34 ans. Un fort pourcentage est entre 45 et 54. Le sondage révèle aussi que 54 % sont des travailleurs de tous horizons, de tous niveaux avec une représentation plus forte pour les universitaires. Radio Ville-Marie rejoint 257 500 auditeurs ; 98 % apprécient la radio. Les gens sentent qu'ils écoutent une radio positive qui donne goût à la vie.

Décès du cardinal Carter

Le cardinal Emmett Carter, ancien archevêque de Toronto, est décédé le 6 avril dernier, à l'âge de 91 ans. Il était originaire de Montréal. Il a été évêque du diocèse de London (Ontario), avant de devenir archevêque de Toronto, en 1961, et l'année suivante, il était nommé cardinal. À Montréal, il s'est beaucoup impliqué dans l'éducation. Très actif et très impliqué, il demeurera une figure importante de l'Église canadienne.

Un centre de pastorale aux Promenades Beauport
Le centre pastoral Sel et Lumière a ouvert ses portes, il y a quelques semaines, aux Promenades Beauport. Nouvelle voie d'évangélisation, il s'agit d'une initiative du conseil de pastorale unifié des paroisses de la Nativité de Notre-Dame-de-Beauport, de Sainte-Gertrude, de Saint-Ignace-de-Loyola et de Notre-Dame-de-l'Espérance de l'archidiocèse de Québec. Les objectifs du centre sont l'accueil, l'écoute des personnes, le partage de la Parole de Dieu et l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Hommage aux évêques de Saint-Jean-Longueuil
Le musée de la co-cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil, a dévoilé, il y a quelques semaines, la vitrine des évêques du diocèse de Saint-Jean-Longueuil. On y montre des objets ayant appartenu aux évêques Forget, Coderre et Hubert : mitres, crosses pastorales, bagues épiscopales, croix pectorales et quelques photos d'archives. Il s'agit d'une exposition permanente où le public peut découvrir 75 ans d'histoire. Informations : (450) 677-3659

Une église déménage
À Inverness, l'église anglicane Church of the Ascension a été déménagée à 500 pieds de son emplacement d'origine. Une chicane de terrain serait à l'origine du déménagement. Il s'agit du deuxième déplacement de ce temple protestant qui, en 1925, a été transporté de Campbell's Corners au village d'Inverness. La facture s'élève à 90 000 $.

Projet pilote pour l'initiation sacramentelle
Jusqu'en septembre, il n'y a pas de première communion et de confirmation à Châteauguay, Léry et Mercier, municipalités de la rive sud de Montréal. Une équipe prépare une nouvelle approche pour l'initiation sacramentelle. La démarche proposera la foi aux enfants et éclairera la recherche spirituelle des adultes qui les accompagnent. « C'est un grand tournant. Les parents seront déboussolés et vont devoir se repositionner. Ils faisaient baptiser leurs enfants, mais qu'est-ce qu'il y a après ? « Nous voulons maintenant qu'il y ait un cheminement », a dit l'abbé Gaétan Daoust à l'hebdomadaire Le Soleil du Saint-Laurent.

Le Centre interdiocésain de formation
NICOLET – Les diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet et l'Université Laval sont arrivés à une entente dans le but de créer le Centre interdiocésain de formation. L'entente a été signée le 10 décembre 2002. Le centre offrira des programmes de certificat, de diplôme et de baccalauréat en théologie en Mauricie et Centre-du-Québec.

(Revue Sainte Anne, juin 2003, pages 251 à 253)

11 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: L'Hôpital général de Québec


AU FIL DE L'HISTOIRE: Journée mondiale de la solitude (23 janvier)


LE PRÉSENT DU PASSÉ: François Paradis, animateur à la télévision

François Paradis, animateur à la télévision

« Je veux être un petit engrenage qui fait que chaque citoyen d'ici puisse se rendre compte de tout ce qu'il peut faire pour l'avancement de la société et, aussi, je veux leur montrer tout le poids qu'il a dans la démocratie. Lorsque j'anime un débat à la télévision, ma mission a pour seul but d'éveiller la réflexion »

Benoît Voyer


Qu'est-ce que la vérité ? Quelle est la mission du journaliste ? Est-ce que l'objectivité journalistique est possible ? L'animateur François Paradis accepte de répondre aux questions de la revue Sainte-Anne. En plus d'aborder ce sujet qui lui a demandé quelques heures de réflexion, l'homme de 45 ans accepte de parler de sa démarche à la télévision. En plus d'être l’animateur de TVA en direct.com à TVA, il rencontre presque quotidiennement ses téléspectateurs sur VOX aux émissions Cité Mag Québec et Réalité 2003. Durant la saison estivale, il remplacera quotidiennement la journaliste Jocelyne Cazin au réseau TVA.

François Paradis, on dit du journaliste qu'il est un chercheur de vérité. Est-ce que c'est bien cette vertu qui caractérise votre mission de vie ?

Ce serait prétentieux de ma part de dire que je recherche la Vérité parce que ma vérité est la mienne et votre vérité est la vôtre.

La vérité s'applique aux choses que nous pouvons démontrer sans aucun doute. Avant de débuter cette conversation, vous avez renversé un verre d'eau sur la table. Ce petit événement relève de la vérité. C'est une certitude parce que, ensemble, nous avons vu et vécu l'incident et parce que la table est encore humide.

Cependant, lorsqu'il est question de vérité sociétale, c'est une autre histoire. Votre vérité ne sera peut-être pas la mienne parce que votre vérité prend sa source dans vos valeurs, dans vos connaissances et vos expériences.

Je recherche l'honnêteté et la sincérité parce que le moyen de communication pour lequel je travaille est à ce point puissant qu'on n'a pas le droit de le gaspiller. Je gère mal l'incompétence et l'hypocrisie.

Lorsqu'en bavardant vous m'expliquez votre point de vue, je ne peux pas toujours être d'accord avec vous, mais je respecte ce que vous me partagez parce que je considère votre cheminement autant valable que le mien. Cependant, durant notre échange, je peux remettre en question ou douter de ce que vous m'apportez. Je peux aussi confronter vos propos avec ceux d'autres personnes.

Lorsque vous interviewez le ministre « Coin Coin » qui essaie de vous faire croire un mensonge ou une demi-vérité, vous devenez un chercheur de vérité…

Lorsqu'il accepte mon invitation, j'ose espérer que le ministre en question est assez honnête pour me dire le vrai fond de sa pensée. J'ai bien de la difficulté avec les discours en boîte. J'ai aussi de la misère à entendre des absurdités comme celle-ci… Au décès de Monsieur Y, un invité me dit que la mort de cet homme n'est pas si pire que ça parce qu'il est mort tout seul. Il y a des logiques en sol mineur que je n'accepte point.

Quelle est votre mission de journaliste ?

Dans mon travail, je confronte des points de vue. Je m'oblige à le faire ! Et si je dois le faire, par mes questions, je tente de démontrer au téléspectateur que ce qui se raconte devant moi, c'est de la foutaise.

Vous brouillez davantage les cartes. est-ce que vous êtes un chercheur de vérité ou d'honnêteté ?

La vérité est un concept. À part quelques vérités dont nous ne pouvons pas douter, comme l'incident du verre d'eau, la vérité est indéfinissable.

À la fin d'une émission, je ne peux jamais dire que la vérité c'est ceci ou cela. En entrevue, j'entends des vérités qui peuvent toutes être de bonnes vérités.

Mon boulot est de faire sortir au grand jour l'essence même de ce qu'un intervenant trouve correct ou non. Je tente de rechercher chez lui l'honnêteté et qu'il dévoile entièrement son jeu, c'est-à-dire qu'il ne cache rien dans sa manche et qu'il soit assez vrai pour me présenter sa main ouverte sans peur. Ainsi, à la lumière de ce qui est dévoilé, je laisse le téléspectateur tirer ses conclusions. J'ai confiance au jugement de celui qui assiste à la discussion. Il est capable de dire : « Tiens ! Le monsieur ou la dame avec Paradis vient de nous en passer une vite. »

L'automne dernier, un ministre me disait quelque chose de totalement absurde. J'ai rétorqué : « Ben voyons donc ! Ce que vous nous dites, vous le pensez vraiment ? » Chaque fois que je lance cette affirmation, la personne devient très honnête ou se met à bafouiller.

Je dois tout de même vous confier que je n'aime pas reprendre les gens ou douter de ce qu'ils me disent. Je prends toujours pour acquis que les gens sont fondamentalement honnêtes et qu'ils expriment réellement ce qu'ils pensent, sans jouer de jeu.

Des réseaux de télévision et de radio se vantent de poser les vraies questions…

C'est juste du marketing, ça ! Voyons ! Est-ce qu'il y a des questions qui sont fausses ? Je n'ai pas cette prétention. Je veux juste poser de bonnes questions et ne pas avoir peur de les exprimer.

De plus, je ne fais jamais de préinterview. On dit ce qu'on a à se dire en présence du public. Cependant, avant une émission, je dis à chaque invité que je permets de poser toutes les questions qui me viennent à l'esprit et qu'il n'est pas obligé d'y répondre. S'il ne veut pas, je veux qu'il le dise directement au téléspectateur. Toutes les questions se posent et chacun a le droit ou non d'y répondre. Et la personne à la maison dira : « Il a osé lui poser cette question ! » Il ne faut pas sous-estimer le téléspectateur, il est pas mal plus intelligent que vous pensez !

Est-ce que l'objectivité journalistique existe vraiment ?

Je suis un gars d'opinions. Quand j'aborde un sujet, je ne veux pas teinter celles des autres. Je serais bien mal venu de faire semblant de ne pas en avoir. Lorsque j'aborde des questions délicates, j'ai déjà une opinion sur le sujet. J'ai ma tendance.

Je trouve qu'il serait dommage d'être des créatures insipides, incolores, sans opinion et sans idée. Cependant, mon idée ou mon opinion ne doit pas m'empêcher d'entendre celle de l'autre avec qui je parle.

Sur les ondes, il m'arrive de ne pas dire ce que je pense. Néanmoins, par mes questions, il est possible de savoir ce que je pense vraiment. L'individu qui est devant son petit écran a la capacité de me saisir parce qu'il est brillant, compétent et intelligent. Il comprend et il a soif de comprendre. De cette manière, nous devenons des partenaires.

Lors d'une interview, au risque d'avoir l'air fou devant le public, est-ce qu'il vous arrive de changer d'opinion ?

Avoir l'air fou pour qui ? Pour mon ego ? Voyons ! J'ai le droit de me tromper et de l'exprimer. Puisque je me nourris de ce que les gens me donnent, ma pensée est toujours en évolution.

Alors, quelle est votre mission de journaliste ?


Je veux être un petit engrenage qui fait que chaque citoyen d'ici puisse se rendre compte de tout ce qu'il peut faire pour l'avancement de la société et, aussi, je veux lui montrer tout le poids qu'il a dans la démocratie. Lorsque j'anime un débat à la télévision, ma mission a pour seul but d'éveiller la réflexion. J’ai le pouvoir de poser des questions. C'est un privilège qui m'est donné. Cependant, le vrai pouvoir, c'est le téléspectateur qui l'a parce qu'il est le mieux placé pour analyser et juger les idées de mes invités.

(Revue Sainte Anne, juin 2003, page 249)

10 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: A quoi sert la spiritualité?

 


VISION CATHOLIQUE: Le Concile Vatican II No 2


EN PHOTO: Un mariage qui ne durera même pas trois ans

 


Mon ami l'abbé Denis Saint-Maurice, Chantal Archambault et moi-même, le 9 octobre 2004, a Montréal. Ce mariage ne durera même pas trois ans. Photo parue dans la Revue Sainte Anne (janvier 2007, p. 9).

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

La théologie au service de Bush

C'est le théologien Michael Gerson qui écrit les discours de guerre de Georges W.Bush, le président des États-Unis. C'est ce que rappelle Rodrigue Tremblay, résident de l'arrondissement Vaudreuil-Dorion à Montréal et ancien ministre de l'Industrie et du Commerce au gouvernement du Québec, dans son livre qui vient de paraître, où il dresse une vision globale de la tourmente géopolitique à l'échelle mondiale, avec au premier plan le chef américain. En confiant ses discours à ce théologien, il veut s'assurer que toutes ses interventions soient teintées de l'esprit que « Dieu est un Américain ». Ainsi, il veut copier ceux du leader israélien Arien Sharon qui parle constamment qu'il est issu du peuple choisi.

Les évêques d'Amérique à Québec
Dans la semaine du 17 février, la ville de Québec a accueilli, pour la première fois, la rencontre annuelle des évêques catholiques des Amériques. Ils ont notamment discuté des effets négatifs de la mondialisation sur la diversité des cultures et de la solidarité entre les peuples. Parmi les évêques présents aux rencontres figuraient Mgr Jorge Jimenez, évêque de Zipaquira en Colombie, qui a été kidnappé en novembre 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie et relâché quatre jours plus tard.

2e centenaire du Séminaire de Nicolet
Fondé en 1803, le Séminaire de Nicolet soulignera, le 27 septembre 2003, ses 200 ans. L'institution souhaite regrouper tous les anciens du collège qui sont toujours vivants. La fête aura lieu dans les bâtisses du Séminaire devenues le siège de l'École nationale de police du Québec.

Nouveau document des évêques du Québec
L'assemblée des évêques du Québec (AÉQ) vient de publier un document sur la formation globale à la vie chrétienne dans une perspective d'humanisation. Le document veut donner des pistes sur la manière de faire découvrir le Christ. Il consacre une place majeure à une réflexion sur les assises théologiques et culturelles du projet catéchétique de l'Église catholique du Québec.

150e anniversaire
Le 16 février, la paroisse de Papineauville a célébré le 150e anniversaire de son érection canonique.

Soirée de prière pour la paix
Le 20 février, le cardinal Jean-Claude Turcotte a présidé une grande soirée de prière pour la paix en Irak. Il était accompagné de nombreux chefs religieux des Églises chrétiennes de la grande région de Montréal.

Honneurs diocésains
Mgr Gilles Cazabon, évêque de Saint-Jérôme, a remis la médaille du Mérite diocésain à Christine Beauchamp-Lafleur, Guy Michaud, Paul-André Lachance, Jean Breault et Maurice Paquette pour les remercier de leur grande implication. De son côté, l'abbé André Daoust a reçu le titre de prélat d'honneur, prix accordé par le pape Jean-P.aul II.

Le nouvel archevêque de Québec fait monter l'audimat de RDI

Le temps d'entenne consacré à l'arrivée de Mgr Marc Ouellet au poste d'archevêque de Québec, les 23 et 26 janvier, a fait gonfler l'audimat de RDI. L'entrevue avec Pierre Maisonneuve a attiré près de 100 000 spectateurs, soit le double de l'auditoire habituel de son émission quotidienne. Quant à la diffusion de la messe inaugurale, le dimanche 26 janvier, elle a retenu 350 000 spectateurs pendant la plus grande partie de l'après-midi, ce qui dépasse plusieurs fois l'audience habituelle.

Un missionnaire canadien attaqué en Zambie
Trois prêtres catholiques, dont un missionnaire canadien, ont été blessés, le 24 février, en Zambie, lorsque des bandits armés de machettes ont fait irruption dans leur résidence dans le nord du pays, situé à 850 kilomètres de la capitale, Lusaka. Le prêtre canadien attaqué est Paul Butte, âgé de 72 ans.

La CECC accueille une délégation de Chine
Une délégation du gouvernement chinois et des représentants religieux ont rencontré les évêques canadiens, le 17 février dernier, à Ottawa. Cette visite avait pour but de présenter l'engagement de l'épiscopat canadien en matière d'oecuménisme, d'éthique, de pastorale et d'éducation de la foi, notre expérience en pluralisme religieux et le respect des différences des voies assurées par la liberté religieuse vécue chez nous. Cette initiative faisait suite au séjour d'une délégation canadienne en Chine, en 1999.

Hearst
En novembre 2003, Jeunesse du monde enverra une délégation au 2e congrès de l'Amérique missionnaire au Guatémala. Deux jeunes de notre diocèse, Jonathan Lacroix (Hearst) et Lynne Leblanc (Smooth Rock Falls) nous représenteront. Ces jeunes ont été choisis en raison de leur implication dans la communauté chrétienne et dans les JMJ. Ils auront à se préparer pour cet événement.

Développement et paix
Depuis 1967, l'organisme contribue à l'amélioration des conditions de vie et de travail des plus pauvres entre les pauvres, en apportant un soutien de 407 millions de dollars à des projets de développement communautaire, de défense des droits humains et de secours d'urgence dans 70 pays. Développement et paix achemine aussi les dons des catholiques du Canada lors des situations d'urgence, qu'il s'agisse de catastrophes naturelles ou de conflits, et mène des campagnes d'éducation, de plaidoyer et de financement ici-même au pays. Plus de 13000 projets ont été financés depuis la fondation de l'organisme.

Tricentenaire
La branche canadienne de la congrégation des Filles de la Sagesse, aujourd'hui présente dans 20 pays, a célébré, à Ottawa, le tricentenaire de sa fondation. La congrégation compte 2500 membres dont 400 oeuvrant au Canada. C'est Saint-Louis-de-Marie de Montfort qui, le 2 février 1703, institua cette congrégation avec la bienheureuse Marie-Louise Trichet de Poitiers, en France. Ces festivités se sont déroulées dans la cathédrale d'Ottawa et elles ont été présidées par Mgr Marcel Gervais, archevêque.

Fusion
Après 156 ans, les branches nord-américaine et irlandaise de la congrégation des Soeurs de Lorette ont fusionné. Elles sont 1100 membres dont 117 se trouvent principalement en Ontario et en Saskatchewan. Ces religieuses s'occupent d'éducation et de centres de spiritualité

Trois-Rivières
L'Église de Trois-Rivières insère, au cours de ses parutions, un feuillet liturgique pour aider les membres des équipes liturgiques locales. Ce feuillet souhaite devenir un outil d'information, mais ne prétend pas remplacer une formation dans le domaine.

Oratoire
Les 14-15-16 mars marquaient le premier rendez-vous du magazine religieux à la salle Pichette de l'Oratoire du Mont-Royal. C'est une initiative de la revue Oratoire et de la maison d'édition Novalis.

Mgr Donald Lapointe
Ordonné évêque, comme auxiliaire de Mgr Cazabon, pour le diocèse de Saint-Jérôme, Mgr Lapointe se présente comme un frère qui accorde confiance et qui veut favoriser la coresponsabilité. Il croit que l'Église « peuple de Dieu » a la mission de faire connaître et aimer le Christ. Mgr Lapointe était prêtre du diocese de Sherbrooke et curé dans la région du Lac Mégantic.

(Revue Sainte Anne, Mai 2003, pages203, 204 et 205)

9 mars 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer: Jean Claude Synette (3)


VISION CATHOLIQUE: Le Concile Vatican II No 1


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mission possible

Abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission


Mission possible

Benoît Voyer

« Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société »

La personne issue de la « génération i » (1), née dans les années 1980, est, selon de nombreux spécialistes, une « démunie en intériorité ». Indécision, incertitude et crise identitaire caractérisent son existence. L'abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission, qui a pignon sur « rang » dans la municipalité du Canton-de-Shefford, à la limite de Granby, travaille activement à donner à la présente jeunesse une chance de surmonter son drame intérieur. Son action contribue à instituer une « nouvelle génération de bâtisseurs » (2), selon un vœu du pape Jean-Paul II. Chaque individu qu'il forme avec son équipe pourra dire dans quelques années, comme l'animateur de télévision François Paradis, « Je veux être un petit engrenage ... » (3) et s'engagera comme Raid Fahmi (4) et sœur Nicole Fournier (5) jusqu'au risque de donner sa vie ou de la perdre. Voici la manière de Christian Simoneau de « se soucier de la qualité de cette vie » (6) qui nous est « prêtée » et de « se centrer sur le coeur du message chrétien » (7). C'est sa façon bien à lui de « parler de l'essentiel sans se taire ». (8).

Comment découvrir sa mission de vie ?

Il faut commencer par prendre le temps de s'arrêter et de descendre en soi. C'est une démarche intérieure, une démarche spirituelle.

Plus on apprend à se connaître plus on réalise le besoin de spiritualité qu'il y a en soi. On découvre que Dieu a semé quelque chose de grand en nous. Il nous invite à aller toujours plus loin. Tu ne peux pas plafonner avec lui. Avec la spiritualité, tu t'ouvres à toutes les possibilités. Il est donc important de ne pas seulement chercher dans la psychologie et l'intellectualisme.

Est-ce qu'il est possible de trouver sa mission sans l'aide de Dieu?

En rejetant la réalité religieuse de ce qui nous forme, on rejette une partie de soi. Les dimensions religiologique et spirituelle façonnent l'homme et la femme. Les évacuer de son existence, c'est rejeter une partie de son avenir, de son devenir. Sans ces réalités, un jour ou l'autre, au moment de la crise de vie, le vide surgit en soi.

Un des problèmes de l'humain qui forme la présente société c'est qu'il s'enferme dans certaines parties de ce qu'il est. Cette difficulté n'est pas unique aux jeunes. Pour être heureux, il faut retrouver son unité intérieure.

Ce que je vous dis, c'est ce que Jésus nous a enseigné. Il disait : « Ne vous enfermez pas ! Restez vivant ! Soyez ouverts ! »

Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société. Je le répète, pour avancer dans la vie et être heureux, il faut qu'il y ait en soi une unité et une direction.

Avec l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, et une équipe, vous avez fondé Parcours-Mission, un organisme qui désire aider les 18 à 35.

Nous voulons permettre au jeune de se ressourcer et de découvrir quelle est sa mission de vie à partir de ce qu'il est. Nous voulons être un lieu propice pour qu'il puisse grandir intérieurement et découvrir ce que Dieu a semé en lui. Au baptême, nous avons reçu une semence. Nous voulons lui permettre qu'elle porte des fruits.

De plus, nous favorisons des expériences de guérisons intérieure et d'intériorisation. Nous voulons lui permettre de retrouver l'essentiel dans sa vie, c'est-à-dire un retour à sa source interne

Quel est votre programme ?


Il touche chaque facette de l'humain : intellectuelle, religieuse et psychologique. Il comprend aussi une initiation aux petites choses du quotidien.

Concrètement, nous offrons des retraites spirituelles, des conférences, des fins de semaine de croissance et de connaissances spirituelles. Il y a aussi des implications dans le bénévolat, notamment auprès de sidéens. Enfin, le jeune doit apporter son soutien matériel dans la maison et dans la cuisine. En arrivant ici, il bâtit son propre programme de vie et nous cheminons avec lui.

Nous voulons former au leadership. Au retour dans son milieu, nous souhaitons qu'il prenne une place importante dans sa communauté de vie.

Est-ce qu'il s'agit d'une nouvelle approche vocationnelle ?

Nous sommes préoccupés par la vocation fondamentale de la vie. Toutefois, si la démarche débouche sur une vocation religieuse ou presbytérale, nous accompagnons la personne vers son appel intérieur.

Quelle est votre spiritualité ou votre école spirituelle?

Nous sommes à l'école des profondeurs. Nous partons de ce qu'il y a en soi. Nous voulons découvrir, faire grandir et faire voir que Dieu agit dans notre monde. Nous cherchons à le découvrir au quotidien

Notre approche s'inspire de celles de saint Ignace de Loyola, de Jean Montbourquette et du récit biblique des disciples d'Emmaüs.

Enfin, puisque nous sommes un organisme diocésain, notre évêque nous invite sporadiquement à porter notre regard sur une dimension ou l'autre de la foi, particulièrement autour de la Parole de Dieu.

Combien de temps dure un séjour chez vous ?


D'une heure à neuf mois

De quelle manière est né Parcours-Mission ?

Tout a débuté durant l'année jubilaire. En janvier 2000, Mgr François Lapierre, qui a une grande préoccupation pour la jeunesse, m'a demandé de commencer une réflexion sur un projet concret pour aider la jeunesse.

Sans tarder, j'ai invité plusieurs jeunes de milieux différents à une réflexion communautaire. Durant ce temps, une équipe s'est formée à l'initiative de notre évêque avec Mario Jacques et Francine Babin qui travaillent aux services diocésains

Qui est le fondateur ?

C'est officiellement Mgr François Lapierre qui a le titre de fondateur de Parcours- Misision. C'est lui qui a donné les orientations fondamentales.

Mon initiative s'est limitée à l'amorce de la réflexion avec l'équipe et à concrétiser le projet.

À quel moment le centre Parcours-Mission a-t-il officiellement ouvert ses portes ?


En septembre 2000.

Est-ce que vous avez une formation particulière pour bien orienter les jeunes qui fréquentent votre organisme ?

J'ai obtenu une maîtrise en travail pastoral de groupe de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Jean Montbourquette m'a donné une solide formation. Son cours « Comment se brancher à sa mission » a eu une grande influence sur moi. Il m'a considérablement aidé à découvrir ma véritable ligne de vie

Enfin, je chemine avec les jeunes depuis une quinzaine d'années. En plus de mon travail à Parcours-Mission, je travaille au service de la vie spirituelle au Cégep de Granby

Personnellement, quelle est votre mission de vie ?


Rassembler des jeunes et des nouvelles familles pour discuter et grandir ensemble. Je veux faire un bout de chemin avec eux. Je souhaite être dans leur existence un signe de la présence de Dieu. Je veux leur faire découvrir que malgré les souffrances, les peurs et les moments difficiles de la vie, plus on se branche à lui, plus on se découvre et on est capable de se dépasser. En résumé je veux une présence aimante au service de la jeunesse. Je suis un volcan plein d'amour qui veut transmettre son feu.

Centre Parcours-Mission
350, chemin Ostiguy
Canton-de-Shefford
(450) 372-2440


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(1) La « génération i », Revue Sainte Anne, juin 2003;
(2) Jean-Paul II, 27 juillet 2002, Journée mondiale de la jeunesse, Toronto;
(3) François Paradis, Revue Sainte Anne, juin 2003;
(4) Raid Fahmi, Revue Sainte Anne, mars 2003;
(5) Nicole Fournier, Revue Sainte Anne, janvier 2003;
(6) Mgr François Lapierre, Revue Sainte Anne, avril 2003;
(7) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003;
(8) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003

(Revue Sainte Anne, Mai 2003, pages 201 et 206)