19 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Des symptômes de la démence peuvent apparaître des années avant les pertes de mémoire

Des symptômes de la démence peuvent apparaître des années avant les pertes de mémoire

Par Benoît Voyer

19 octobre 2026

Les pertes de mémoire ne sont pas toujours les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Plusieurs symptômes émotionnels, physiques et sensoriels peuvent apparaître de nombreuses années, c’est-à-dire des décennies, avant qu'un diagnostic de démence soit posé.

La maladie d'Alzheimer, qui représente de 60 à 80 % des cas de démence, évoluerait en trois phases : la première, dite préclinique, peut débuter de 15 à 20 ans avant les premiers troubles cognitifs. Durant cette période, le cerveau commence déjà à subir des modifications biologiques, notamment l'accumulation de plaques de bêta-amyloïde et d'enchevêtrements de protéine tau.

Dans un article publié le 22 juillet 2026 dans Le Devoir, reprenant une enquête du Washington Post, le neurologue Timothy Chang, professeur agrégé à l'Université de Californie, à Los Angeles dit que ces changements cérébraux précoces peuvent provoquer des manifestations qui ne touchent pas directement la mémoire.

Dépression, anxiété et changements de comportement
Parmi les premiers indices possibles figurent une dépression ou une anxiété apparaissant tardivement, généralement vers 55 ou 60 ans. Selon Timothy Chang, « certaines modifications des réseaux cérébraux qui surviennent aux premiers stades de la démence touchent également la santé mentale ». Ces changements pourraient donc représenter « le signe de possibles modifications précoces du fonctionnement cérébral ». Des recherches suggèrent également que ces troubles de l'humeur pourraient accélérer l'évolution de la maladie.

L'irritabilité, l'apathie et l'agitation font aussi partie des symptômes neuropsychiatriques fréquemment observés avant le déclin cognitif. Selon le psychiatre Adam Turnbull, de l'Université de Stanford, environ 50 à 60 % des personnes présentant déjà des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer manifestent au moins un de ces symptômes.

Sommeil, odorat, marche et force musculaire
Les chercheurs soulignent également l'importance des troubles du sommeil. Une méta-analyse publiée en 2025 associe notamment l'apnée du sommeil, la somnolence diurne excessive et l'insomnie à un risque accru de démence. À l'inverse, chaque heure supplémentaire de sommeil nocturne serait liée à une diminution des dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau.

La perte de l'odorat constitue un autre signal d'alarme. Environ 85 % des personnes aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer présentent des troubles olfactifs. Les chercheurs rappellent toutefois que l'odorat peut parfois être amélioré grâce à un entraînement spécifique.

Enfin, un ralentissement de la marche ainsi qu'une diminution de la force de préhension pourraient également annoncer un futur déclin cognitif plusieurs années avant les premiers troubles de mémoire. Une étude portant sur plus de 190 000 adultes a même montré qu'une baisse de cinq kilogrammes de la force de préhension était associée à une hausse du risque de démence de 20 % chez les hommes et de 12 % chez les femmes.

Les spécialistes invitent toutefois à la prudence. Adam Turnbull rappelle que chacun de ces symptômes peut avoir de nombreuses autres causes.

GUERLAC - Pensée


FLASH : Deux fois moins de spermatozoïdes

Deux fois moins de spermatozoïdes

Une étude internationale publiée en 2022 révèle une baisse importante du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. Les chercheurs analysent 223 études portant sur des échantillons recueillis entre 1973 et 2018. Au cours de cette période, la concentration moyenne passe de 101 à 49 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme chez les hommes étudiés sans distinction de fertilité. C'est une diminution de plus de 50 %. Les chercheurs observent aussi une accélération de cette baisse après l'année 2000. Une évolution qui soulève de nombreuses questions sur la santé reproductive masculine. (Benoit Voyer, 19 octobre 226)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

En qui ou en quoi je mets ma confiance ?

Par Benoit Voyer

19 octobre 2026

Saint Grégoire définissait les textes de la Bible comme étant une « lettre envoyée par le Dieu tout-puissant à sa créature ».[1]

De son côté, François Cassingena-Trévedy, moine catholique de Ligugé, écrit dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’Abbaye de Bellefontaine, livre que j’ai lu en septembre : « Si tu attends depuis longtemps une lettre en provenance d’un ami très cher, tu guettes, avec une certaine anxiété, l’arrivée du courrier, et si la lettre est arrivée, tu t’empresses de la décacheter et de la lire. Dieu t’a écrit une lettre d’amour, une longue lettre, il t’en renouvelle quotidiennement l’envoi, et tu n’aurais pas hâte de la recevoir, tu ne t’empresserais pas de la lire, de la relire, de l’apprendre par cœur ? »

Søren Kierkegaard (1813-1855), philosophe et théologien danois, un chrétien de tradition luthérienne, écrivait à son époque : « Comme un fiancé lit une lettre de sa bien-aimée, c’est ainsi que tu dois te mettre à lire l’Écriture ».

Dans sa lettre du jour (cf. Lc 12, 13-21), une phrase m’a grandement interpellé : « cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

Jésus dit aussi : « La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »

Soyons clairs : Jésus ne condamne pas le fait d’avoir des biens ou d’avoir une bonne récolte. Le problème est qu’on finit par faire de ses possessions le fondement de sa sécurité et le but de son existence.

Aujourd’hui, dans sa lettre d’amour, Jésus me questionne : Qu'est-ce qui me donne réellement le sentiment d'être en sécurité : ce que j'ai accumulé ou Celui en qui j'ai placé ma confiance ?

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[1] Grégoire le Grand. Epist. V, 46, « À Théodose, médecin de l’empereur » (CCSL 140), p. 339.

PATRIMOINE : La fresque de l’église catholique de Rawdon

Église catholique Marie-Reine-de-la-Paix
La fresque de l’église catholique de Rawdon

Par Benoit Voyer

19 octobre 2026

Lorsqu’on entre dans l'église catholique Marie-Reine-de-la-Paix, à Rawdon, on est toujours impressionné par l’imposante fresque peinte dans le chœur du temple.

Le symbolisme de l’œuvre transporte le visiteur vers le cœur de la foi chrétienne.

Toute la composition s'organise autour du Christ, représenté sur la croix, les bras largement ouverts.

Au-dessus de lui, Dieu le Père déploie lui aussi les bras dans un geste d'accueil et de bénédiction, tandis que la colombe de l'Esprit Saint descend entre le Père et le Fils, rappelant le baptême de Jésus au Jourdain où « l'Esprit Saint descendit sur lui sous une apparence corporelle, comme une colombe » (Lc 3, 22). À elle seule, cette scène exprime le mystère de la Sainte Trinité, au nom de laquelle les disciples sont envoyés baptiser toutes les nations (Mt 28, 19).

Autour du Christ, quatre anges vêtus de blanc participent à une véritable liturgie céleste. Deux d'entre eux présentent des calices, évoquant les paroles de Jésus lors de la dernière Cène : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude » (Mc 14, 24). Les autres déploient des banderoles portant des inscriptions latines inspirées de la liturgie. On y distingue notamment le mot Sanctus, qui fait écho à la vision du prophète Isaïe : « Saint, saint, saint est le Seigneur de l'univers » (Is 6, 3), reprise également par les quatre Vivants dans l'Apocalypse (Ap 4, 8). Le ciel tout entier semble ainsi s'unir à la célébration qui se déroule au pied de cette œuvre.

Dans la partie inférieure de la fresque, une assemblée de personnages auréolés prend place de part et d'autre du sanctuaire. Ils représentent vraisemblablement les apôtres, les saints et l'Église glorifiée, réunis autour de l'Agneau. Cette vision rappelle les paroles de l'Apocalypse : « J'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7, 9). Leurs regards convergent vers la croix, signe que toute l'histoire du salut trouve son accomplissement dans le Christ, selon cette parole de Jésus : « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32).

Placée directement derrière l'autel, cette fresque prend tout son sens au moment de la célébration eucharistique. Elle rappelle que la messe n'est pas seulement une assemblée de fidèles, mais une participation à la liturgie du ciel. La Lettre aux Hébreux affirme que le Christ est entré « dans le sanctuaire du ciel lui-même » (He 9, 24), tandis que le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que, dans chaque Eucharistie, l'Église s'unit à la liturgie céleste. Le regard passe naturellement de l'autel au Christ, puis s'élève vers le Père, guidé par l'Esprit Saint. Devant cette fresque, les paroles proclamées après la consécration prennent une résonance toute particulière : « Il est grand, le mystère de la foi ! »

On contemple avec les yeux de son époque
On ne regarde jamais une œuvre avec les yeux de son époque initiale; on la regarde toujours avec les nôtres. Nos sensibilités, nos débats de société, nos références culturelles influencent inévitablement notre interprétation. Une même œuvre peut donc susciter des lectures très différentes selon le siècle où elle est contemplée.

Prenons justement ce visage du Christ de Wilfrid Corbeil. En 1956, un fidèle y voyait probablement un Christ empreint de douceur, de paix et de majesté. Aujourd'hui, dans une société où les questions d'identité, de genre et de représentation occupent une place importante, certains peuvent spontanément y percevoir des traits qu'ils qualifieraient de féminins ou d'androgynes. Ce regard n'est pas « faux » : il nous renseigne sur notre époque. Mais il ne faut pas le confondre avec l'intention de l'artiste.

C'est l'un des défis de l'histoire de l'art. Il faut constamment faire dialoguer deux regards : celui du spectateur d'aujourd'hui et celui de l'époque où l'œuvre a été créée. Comprendre une œuvre, ce n'est pas seulement dire ce qu'elle nous inspire; c'est aussi tenter de retrouver le langage, les symboles et les préoccupations de son auteur. Autrement, nous risquons de projeter nos propres catégories sur une création qui répondait à d'autres codes.

En ce sens, une œuvre d'art est comme un témoin silencieux de son temps. Elle continue de parler à chaque génération, mais elle ne dit pas toujours la même chose. Le regard que nous portons sur elle révèle autant notre propre époque que celle de l'artiste. C'est précisément ce dialogue entre le passé et le présent qui rend l'histoire de l'art si passionnante.

Père Wilfrid Corbeil
Wilfrid Corbeil

Le créateur de la fresque de l’église Marie-Reine-de-la-Paix est le père Wilfrid Corbeil, c.s.v. Il est l'une des grandes figures de l'art sacré québécois du XXe siècle. Religieux des Clercs de Saint-Viateur, il fut à la fois peintre, architecte, enseignant, décorateur, écrivain, collectionneur et animateur culturel. Toute sa vie a été guidée par une conviction profonde : la beauté possède une force évangélisatrice et peut conduire l'être humain vers Dieu.

Né le 20 mars 1893 à Saint-Lin-des-Laurentides, il entreprend ses études classiques au Séminaire de Joliette avant d'entrer chez les Clercs de Saint-Viateur en 1912. Ordonné prêtre en 1918, il poursuit ensuite des études de lettres à la Sorbonne et à l'Institut catholique de Paris. De retour au Québec, il enseigne au Séminaire de Joliette, où il fonde un studio de dessin, organise des expositions et transmet son amour de l'art à plusieurs générations d'étudiants. Ceux qui l'ont connu décrivent un homme cultivé, passionné et animé d'un désir constant d'élever le regard de ses contemporains vers le beau.

Artiste prolifique, Wilfrid Corbeil réalise plus d'un millier d'œuvres et d'ébauches au cours de sa carrière. Ses talents ne se limitent pas à la peinture. Il participe également à la conception d'édifices religieux, à la restauration de lieux de culte et au renouvellement de l'art sacré au Québec. En 1946, avec l'artiste français André Lecoutey, il fonde le mouvement Le Retable, qui souhaite redonner à l'art religieux toute sa place dans la vie de l'Église, dans un langage artistique adapté à son époque.

Son héritage dépasse largement le domaine religieux. Dès 1943, il met sur pied une galerie d'art au Séminaire de Joliette, initiative qui deviendra le point de départ du Musée d'art de Joliette. Il consacrera ensuite des décennies à enrichir ses collections, à mobiliser des donateurs et à faire construire l'édifice inauguré en 1976. Encore aujourd'hui, le Musée d'art de Joliette est le plus important musée d'art en région au Québec, un héritage qui porte indéniablement la marque de sa vision et de sa persévérance.

Le père Wilfrid Corbeil décède le 20 octobre 1979. Il laisse derrière lui un patrimoine artistique et culturel exceptionnel. Malheureusement, son nom demeure encore trop peu connu du grand public. Ses tableaux, ses décors d'églises, ses projets architecturaux et son engagement envers la diffusion de l'art témoignent d'une même intuition : la beauté n'est jamais une fin en soi. Pour lui, elle était une porte ouverte sur le mystère, un chemin vers la contemplation et une manière discrète, mais profondément éloquente, d'annoncer l'Évangile. Plus de quarante ans après sa disparition, son œuvre continue de rappeler que l'art peut être à la fois une expression de la foi et un précieux héritage pour toute la société québécoise.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Politique quand tu nous tiens

Politique quand tu nous tiens

L’article de Benoît Voyer dans le numéro d’avril a suscité de nombreuses réactions. Les unes étaient des avertissements alors que d’autres étaient virulentes. De véritables condamnations aux enfers !

La direction de la revue Notre-Dame du Cap n’a voulu en aucun temps prendre position à l’occasion du futur référendum. Cela n’a jamais fait partie de la tradition de la revue et ne le sera pas. Notre désir était de faire connaître la position des évêques à l’occasion de ce débat de société. En ce sens, nous croyons que l’article était légitime puisque les évêques ont toujours tenu des positions non-partisanes faisant appel au respect des personnes au sens de la justice.

La position de M. Beauchamp est personnelle. Nous aurions dû aussi donner la parole à une personne qui aurait émis une opinion différente.

Notre but n’est pas de faire de la politique mais de nous situer dans la ligne proposée par le pape Jean-Paul II : « Une démocratie authentique n’est possible que dans un État de droit et sur la base d’une conception correcte de la personne humaine. (...) L’Église respecte l’autonomie légitime de l’ordre démocratique et elle n’a pas de qualité pour exprimer une préférence de l’une ou l’autre solution institutionnelle ou constitutionnelle. La contribution qu’elle offre à ce titre est justement celle de sa conception de la dignité de la personne qui apparaît en toute plénitude dans le mystère du Verbe incarné. »

Une lecture de la lettre encyclique Centesimus annus du pape Jean-Paul II est d’une grande richesse concernant l’apport de l’Église aux débats sociaux et politiques.

Quant aux condamnations virulentes, la direction de la revue rappelle que nous vivons présentement durant l’année de la tolérance. Nous n’en voulons à personne...

Paul Arsenault, o.m.i., directeur
Jérôme Martineau, rédacteur en chef


(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1995, p. 25)

18 octobre 2026


SANTÉ : Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Des objets connectés pour mieux détecter l’apnée du sommeil

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Les montres connectées, capteurs et autres dispositifs portables cherchent à faciliter le dépistage de l’apnée du sommeil, une maladie fréquente, mais encore largement sous-diagnostiquée. Alors que l’examen de référence, la polysomnographie, nécessite souvent une nuit à l’hôpital avec de nombreux capteurs, ces nouvelles technologies permettent un suivi plus simple à domicile.

Le magazine Sciences et avenir de février 2026 explique que certains appareils montrent des résultats encourageants, mais les spécialistes rappellent qu’ils ne remplacent pas encore les examens médicaux complets. Leur intérêt principal serait de mieux orienter les patients et de repérer rapidement ceux qui nécessitent une prise en charge. Une nouvelle approche utilisant simplement un téléphone intelligent fixé sur la poitrine pendant le sommeil aurait même montré une forte concordance avec les examens traditionnels.

L’article souligne aussi les limites des traitements actuels : plusieurs patients abandonnent la machine de ventilation nocturne (PPC). De nouvelles solutions, comme des implants de neurostimulation qui maintiennent les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil, sont développées pour certains patients sélectionnés. La tendance générale est claire : la technologie pourrait améliorer le dépistage et personnaliser davantage les traitements de l’apnée du sommeil.

JEAN-JACQUES ROUSSEAU - Pensée


FLASH : Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

Le célèbre spin doctor Kasper Jull dans la télésérie Borgen


Qu'est-ce qu'un spin doctor ?

En politique, le spin doctor est un spécialiste de la communication. Son travail consiste à influencer la manière dont les médias et la population interprètent les décisions et les déclarations d'un politicien. Il prépare les messages, conseille les élus et intervient lors des controverses. Son objectif est de présenter les événements sous un angle favorable à son parti. Le terme vient de l'anglais et désigne un conseiller en communication stratégique. Le spin doctor ne cherche donc pas nécessairement à changer les faits. Il cherche surtout à influencer la perception qu'on en a. (Benoit Voyer, 18 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : À César, ma salade !

À César, ma salade !
À Dieu, tout l’amour de mon cœur !

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Depuis trois ans maintenant, lorsque j’ouvre la bibliothèque des chrétiens, la Bible, j’ai toujours l’impression que ces textes anciens ont été écrits spécialement pour moi. Je ne suis pas le seul à vivre ce sentiment. Il y a longtemps, le roi David écrivait quelque chose de similaire dans le livre des Psaumes : « Dans le rouleau du livre, il est écrit pour moi – Bimegillat séphèr Katûb ‘alaï. » (Ps 40, 8)

C’est aussi ce qu’écrivait François Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, dans son livre « Quand la Parole prend feu » publié par l’abbaye de Bellefontaine : « Voilà précisément la différence fondamentale entre ce livre-là et tous les autres. Ce livre-là est tout spécialement écrit pour moi, et tout entier ! Il m’est, il t’est adressé à toi en particulier. »

Aujourd’hui, une phrase m’interpelle : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (cf. Mt 22, 15-21)

Dans un récit de Matthieu, un livre au style littéraire dit évangélique, on voit Jésus refuser le piège qu’on lui tend. On voudrait l’obliger à choisir entre l’autorité politique et Dieu. Il répond en faisant des distinctions, mais sans les opposer complètement.

D’abord, Jésus rappelle que nous exerçons des responsabilités dans la société : payer nos impôts, respecter les règles communes et participer à la vie collective.

Puis, il rappelle que tout n’appartient pas à César. Ainsi donc le pouvoir politique n’a pas de droit absolu sur la conscience, la foi ou la relation à Dieu.

Enfin, Jésus invite ainsi à discerner : qu’est-ce que je dois à la société, et qu’est-ce qui, dans ma vie, appartient d’abord à Dieu ?

Aujourd’hui, je me questionne : Est-ce que je donne réellement à Dieu ce qui lui appartient, ou seulement ce qui me reste après avoir donné mon temps, mon énergie et mes préoccupations à tout le reste ?

POINT DE VUE CATHOLIQUE : Le retour des messianismes

Le retour des messianismes

Par Benoit Voyer

18 octobre 2026

Dans un entretien publié le 10 mars 2026 dans La Croix, l’historien et théologien Jean-François Colosimo propose une réflexion sur la montée des courants messianiques dans les conflits contemporains, particulièrement au Moyen-Orient. Pour lui, il faut d’abord distinguer deux notions souvent confondues : l’eschatologie et le messianisme. L’eschatologie concerne les fins dernières, l’accomplissement ultime de l’histoire. Le messianisme, lui, désigne l’attente d’un événement ou d’un personnage qui inaugurera une nouvelle étape de cette histoire.

« Ce qu’il y a de commun au judaïsme, au christianisme et à l’islam, explique-t-il, c’est que l’histoire a un sens. » Ces traditions religieuses partagent l’idée que l’histoire humaine n’est pas absurde, mais orientée vers un accomplissement. Le problème apparaît lorsque certains groupes cherchent non seulement à attendre cet accomplissement, mais à « précipiter » la fin des temps par l’action politique ou militaire.

Selon Colosimo, le conflit au Moyen-Orient ne peut pas être expliqué uniquement par la religion. Cependant, sa radicalisation devient difficile à comprendre sans tenir compte du retour des discours eschatologiques dans l’espace politique. « Dans l’Apocalypse, il y a évidemment la promesse de la destruction de l’ennemi, mais il y a aussi la promesse de l’avènement d’un règne juste, vrai et bon », rappelle-t-il.

L’historien situe un tournant à la fin des années 1970. « Ce qu’on a souvent appelé à tort le “retour du religieux” se produit en fait en 1979, et non en 1989. » Cette période voit simultanément la révolution iranienne de l’ayatollah Khomeyni, la montée des mouvements religieux en Israël et le retour de l’influence politique des évangéliques aux États-Unis. Depuis, estime-t-il, une impatience nouvelle s’est développée : l’idée que l’histoire doit être accélérée pour provoquer l’accomplissement attendu.

C’est là que se trouve, selon Colosimo, le danger du messianisme politique : « Le messianisme, le millénarisme et l’eschatologisme apportent le feu de Dieu à cette apologie de la force. » L’attente religieuse d’un monde nouveau peut alors être détournée pour justifier la domination, la violence ou la destruction de l’adversaire.

Mais l’entretien ne se limite pas à une critique des dérives religieuses. Jean-François Colosimo rappelle aussi que les grandes traditions spirituelles portent en elles des ressources de paix. « Dans toutes les grandes religions, il y a ce qu’on pourrait appeler un Christ qui dort », affirme-t-il, évoquant l’idée d’une présence divine qui transforme l’être humain plutôt que de conquérir le monde par la force.

Sa réflexion se termine par une lecture profondément chrétienne du messianisme : « La couronne du roi du monde, c’est une couronne d’épines. Il n’y a que l’innocent absolu qui puisse la porter. » Pour lui, le message du Christ introduit une rupture radicale avec les logiques de puissance : le règne de Dieu ne s’impose pas par la violence, mais par le don de soi.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La prière de Chantal Pary

La prière de Chantal Pary

Dans sa résidence de Longueuil où elle habite en compagnie de Jacques, son mari, Chantal Pary a accepté de faire le point et de nous livrer ce qui habite son âme.

Par Benoit Voyer

« La prière c’est tellement grand ! dit-elle avec enthousiasme. Cela pourrait changer la planète si les gens commençaient à prier parce que quand on le fait nous devenons très inspirés ».

Pour elle, la prière ce sont des rencontres, comme si Marie et Jésus étaient là auprès d’elle. « Ils ne m’endormiront jamais. Sur la terre, un jour c’est ami, l’autre c’est ennemi. Tu ne peux jamais te fier... un jour les gens t’aiment, le lendemain ils ne t’aiment plus. Avec Dieu, Marie et Jésus c’est différent ! » raconte Chantal Pary.

Mais quand on est éloigné de l’Église et de la spiritualité depuis longtemps ce n’est pas facile de prier. Comment faire ? Pour l’artiste qui a connu la gloire à la fin des années 60, c’est très simple.

« Je commence toujours par remercier Dieu pour le monde et la vie qu’il me donne : Merci, mon Dieu, tu m’as donné la vie. Merci de me donner la foi... Par la suite, j’ouvre la Parole de Dieu et je médite sur un texte. La Parole vient se graver dans mon cœur : “Tu as du prix à mes yeux et je t’aime”. À la suite de cela, il y a toujours des lumières nouvelles. C’est comme un réconfort », explique-t-elle les yeux pétillants. Le passage de la Bible qu’elle a lu, finit toujours par refaire surface au long de sa journée lorsque surgit une épreuve ou une rencontre difficile. Cela lui donne de la force. La Bible c’est sa vitamine.

Enfin, elle offre sa journée et ce qu’elle voudrait faire pour le Bon Dieu. Néanmoins, elle ne demande jamais de changer les autres. Elle préfère demander que la conversion se fasse dans sa vie car elle croit que le changement des autres survient quand nous l’avons nous même fait. C’est clair, plus on reçoit dans la prière, plus on peut donner.

« La foi ça ne s’impose pas, ajoute la chanteuse. On ne peut pas forcer la porte, l’ouvrir... C’est ce que je trouve difficile. J’ai tellement de choses que j’aimerais faire découvrir aux gens. Pourtant, je ne me sens pas meilleure qu’une autre personne », avoue-t-elle tout simplement.

Ce qui la fait vivre au jour le jour, c’est sa participation à l’eucharistie. Pour elle, c’est un besoin vital comme le geste de manger. Elle croit à la présence réelle de Jésus dans l’hostie. « Ce qui m’attriste c’est que Jésus est là, vivant, et personne ne va le chercher » confie-t-elle.

Celle qui porte le véritable nom de Lucie Bernier prie trois heures par jour. Le matin une demi-heure pour offrir sa journée ; l’après-midi, c’est le chapelet et la messe à la paroisse de son enfance ; et, une autre heure, le soir, à la maison. Il s’agit d’un second chapelet.

« C’est entendu qu’il y a des journées que j’ai moins le goût de prier. C’est juste l’idée que, parfois, je pourrais écouter une bonne émission à la télévision. Mais pour moi, le Bon Dieu est plus important que la t.v. » révèle Chantal Pary maintenant âgée de 44 ans.

Est-elle charismatique ? Elle n’aime pas les gestes trop extérieurs et elle demeure prudente face à certains groupes où l’émotivité pourrait prendre le dessus. La foi, la prière ça se passe en-dedans. Elle admet, tout de même, qu’il y a plein de bonnes choses dans ces groupes du renouveau spirituel, mais ceux-ci ne l’attirent guère.

Medjugorje
« J’aime beaucoup Medjugorje, rétorque Chantal Pary. J’y suis allée trois fois. Là-bas, j’ai appris que Medjugorje c’est dans chacune de nos paroisses. »

En ex-Yougoslavie, où apparaît la Vierge, semble-t-il, ça sent la paix. Elle le dit avec un tel engouement dans sa voix : « C’est vraiment un coin de ciel sur la terre ! ».

Mais, selon les mariologues, il y aurait au-delà de 600 apparitions de la Vierge dans le monde actuellement. N’est-ce pas un peu exagéré ?

« Je ne savais pas, pense-t-elle à haute voix. Je crois qu’elle peut apparaître à différents endroits, mais autant... je suis réservée. Je trouve que c’est beaucoup, mais rien n’est impossible à Dieu ! Cela demande beaucoup de prudence ».

Les premières fois qu’elle a entendu parler de Medjugorje, ce fut l’étonnement. Elle est allée en Europe de l’Est par un concours de circonstance.

Celle qui a chanté auprès de Mère Teresa raconte son aventure providentielle : « Je ne voulais pas y aller parce que c’était trop cher. Imagine, nous sommes trois ! À un moment donné, j’ai reçu un chèque à la suite de la rediffusion d’une émission télévisée, quelques jours avant le départ, au montant exact du prix des billets. On avait demandé un signe pour y aller... Nous l’avions devant nos yeux ! C’était évident qu’il fallait y aller ».

Elle a aimé l’expérience. Ce qui l’intéressait plus particulièrement c’était de vivre avec le peuple yougoslave. Elle a découvert que pour ces gens, leur oxygène quotidien c’est la prière.

« Je suis convaincue que Marie apparaît vraiment là-bas, même si l’Église ne s’est pas encore prononcée. Elle se doit d’être prudente, très prudente. C’est vraiment un endroit de grâce ! Il y a beaucoup de conversions et les gens retrouvent, à Medjugorje, la simplicité de la prière ».

Un livre
Elle a rencontré les voyants. Il y a quelques mois, Ivan est même allé chez elle à Longueuil pour un repas. Elle se souvient de lui comme un gars qui aime avoir du plaisir. Un être équilibré. Il a même longuement taquiné son mari, Jacques.

Elle n’a pas écrit pour parler d’elle. L’histoire de sa vie est un prétexte pour parler des merveilles de Dieu dans son quotidien. « Je voulais dire qu’il y a toujours quelque chose de bien à tirer d’une épreuve, des souffrances qu’on a vécues... Je dis que la souffrance a été une bénédiction pour moi parce qu’elle m’a fait chercher Dieu », poursuit Chantal Pary.

Roland Leclerc, un ami de longue date, a écrit la préface du livre. Il dit que Chantal Pary n’est pas une écrivaine, qu’elle n’a aucune ambition littéraire, qu’elle veut simplement livrer son témoignage et sa pensée comme s’il s’agissait d’un journal intime.

(Revue Notre-Dame du Cap, mai 1995, pp. 11 et 12)

17 octobre 2026


POLITIQUE : Qui entourera le nouveau premier ministre du Québec ?

Qui entourera le nouveau premier ministre du Québec ?

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Derrière chaque premier ministre se trouve une équipe de conseillers qui participent aux décisions politiques, préparent les stratégies et organisent les communications avec les médias. Paul St-Pierre Plamondon, qui prendra officiellement les commandes du gouvernement du Québec le 21 octobre, ne fait pas exception.

Le 6 octobre, au lendemain de sa victoire électorale, le chef du Parti québécois annonce deux nominations importantes. Ce jour-là, il confie la direction de son cabinet à Nadine Koussa, une avocate qui présidait jusqu'à récemment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Elle sera notamment responsable de coordonner le travail de son entourage politique.

Le nouveau premier ministre choisit également Frédéric Guay, économiste et ancien sous-ministre des Transports et de l'Environnement, comme secrétaire général et greffier du Conseil exécutif. Il deviendra ainsi le plus haut fonctionnaire de l'État québécois. Sa nomination officielle devra être confirmée par le Conseil des ministres.

Laura Chouinard-Thuly, qui dirigeait jusqu'ici le cabinet de St-Pierre Plamondon, demeurera l'une de ses plus proches conseillères. Collaboratrice de longue date, elle a notamment été directrice des communications et des opérations du Parti québécois.

Une autre personnalité connaît bien les rouages du pouvoir. France Amyot, revenue au cabinet du chef péquiste en février 2026 comme conseillère spéciale, possède plus de 30 ans d'expérience politique. Elle a dirigé plusieurs cabinets ministériels et participé à des campagnes électorales provinciales et fédérales. Son rôle dans le nouveau gouvernement reste toutefois à confirmer.

Dans le domaine des communications, Louis Lyonnais occupe le poste de directeur de la planification stratégique du Parti québécois. Il participe notamment à la préparation des discours. Il a d'ailleurs expliqué récemment comment son équipe avait préparé le discours de victoire du 5 octobre.

Emmanuel Renaud est pour sa part l'attaché de presse du chef péquiste. Pendant la campagne électorale, il accompagne quotidiennement St-Pierre Plamondon dans ses déplacements et ses rencontres avec les journalistes.

Ces deux derniers collaborateurs exercent des fonctions qui se rapprochent de celles des spin doctors, ces spécialistes qui travaillent à préparer les messages politiques et à influencer la manière dont ils sont reçus par les médias et le public. Leur place dans le futur cabinet du premier ministre n'est cependant pas encore confirmée.

D'autres nominations pourraient suivre. Le 21 octobre, Paul St-Pierre Plamondon présentera son Conseil des ministres. Il devra alors diriger un gouvernement minoritaire et composer avec les autres formations politiques représentées à l'Assemblée nationale.

PATRIMOINE : Quand le temps menace la mémoire collective

25e ann.de sacerdoce de l'abbé Guy Joyal à Saint-Eugène en 1978
Quand le temps menace la mémoire collective

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Certains bâtiments disparaissent sous le bruit des démolisseurs. D’autres plus silencieusement, lorsque l’absence d’entretien et de projet finit par fragiliser leur avenir.

C’est cette inquiétude qui m’habite lorsque je pense au sort qui attend l’église Saint-Eugène, à Granby. En 2022, ce bâtiment qui est désacralisé et vendu à un entrepreneur qui tarde à le rénover. C’est le lieu où j’ai été baptisé dans la tradition catholique le 11 décembre 1966 et où Mgr Louis Langevin a présidé mon sacrement de la confirmation, le 5 avril 1978.

Pendant des décennies, cette église a été bien plus qu’un bâtiment religieux. Comme tant d’autres lieux de culte au Québec, elle a été un lieu de rassemblement, de célébrations, de rencontres et de mémoire. Ses murs ont accompagné la vie de générations de citoyens. Un bâtiment patrimonial n’est pas uniquement fait de pierres, de bois ou de vitraux : il porte une partie de l’histoire d’une communauté.

Ces dernières années, plusieurs lieux chargés d’histoire ont connu un triste destin. Certains ont été sauvés grâce à des projets de reconversion. D’autres sont disparus après une longue période de détérioration. Le phénomène est parfois appelé « démolition par abandon ». Ainsi, volontairement, on laisse un bâtiment se dégrader au point où sa conservation devient de plus en plus difficile, voire présentée comme impossible.

Pour ce qui est de Saint-Eugène, je reste prudent avant de porter un jugement sévère sur les intentions des propriétaires. En revanche, je demeure inquiet pour l’avenir de ce bâtiment, particulièrement parce qu’il héberge les magnifiques vitraux de l’artiste Guido Nincheri qui ne semblent pas encore avoir trouvé preneur pour les intégrer dans la construction d’un nouveau projet.

L’église Saint-Eugène a été construite en 1941.

JOUFFROY - Pensée



FLASH : Le salaire du premier ministre du Québec

Paul Saint-Pierre Plamond, premier ministre du Québec
Le salaire du premier ministre du Québec

En 2026, le premier ministre du Québec reçoit un salaire annuel brut de 300 069 $. Ce montant comprend deux parties. D'abord, une indemnité de base de 146 375 $, versée à tous les députés. Ensuite, une indemnité supplémentaire de 153 694 $ pour exercer les fonctions de premier ministre. Cette rémunération représente un peu plus de 25 000 $ par mois, avant impôts. À cela peuvent s'ajouter certaines allocations et des remboursements de dépenses. Ces montants sont prévus par les règles de rémunération de l'Assemblée nationale du Québec. (Benoit Voyer, le 17 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Assumer sa foi

Assumer sa foi

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Lorsque vient le moment d’assumer ma foi devant les autres, est-ce que je fais confiance à l’Esprit saint, ou est-ce que la peur du regard des autres me fait taire ? (cf. Lc 22, 8-12)

Je n’ai pas à avoir honte de ma foi. Je ne parle pas de prêchi-prêcha. Parfois, on dit des choses sans les dire.

Un jour, Maurice, un patient que j’ai soigné dans un hôpital montréalais, me disait : « Vous n’êtes pas comme les autres membres de l’équipe de soins, vous. Vous avez une touche particulière que les autres n’ont pas… » Et il m’a confié que l’intervenant en soins spirituels lui a révélé ma foi chrétienne… J’ai souri. Il est entré dans le coma le lendemain et est décédé quelques heures après.

Il faut croire que l’Esprit saint est passé par moi ce jour-là parce que je n’ai pas la prétention d’être meilleur que les autres membres de l’équipe de soins. Bien au contraire.

SAINTS ET SAINTES : Le père Pierre Chomonot

Le père Pierre Chomonot

Par Benoit Voyer

17 octobre 2026

Pierre Chomonot est né le 9 mars 1611, à Châtillon-sur-Seine, une commune française située dans le département de la Côte-d'Or, en région Bourgogne-Franche-Comté, il est le fils d’un pauvre vigneron et d’une fille de maître d’école.

Après avoir fréquenté l’école de son grand-père, il se rend chez un oncle curé qui souhaite le voir devenir prêtre. Cependant, un compagnon le convainc de partir pour Beaune. Pierre vole alors 100 sols à son oncle et prend la fuite. Craignant de rentrer chez lui, il décide de vagabonder et gagne l’Italie.

À Terni, le « sermon » d’un jésuite changera sa vie. Il entre alors au noviciat de Saint-André, à Rome, le 18 mai 1632, à l’âge de 21 ans. Il poursuit ensuite sa formation à Florence, Fermo et Rome. La lecture de la Relation de 1636 de Jean de Brébeuf lui donne le désir de devenir missionnaire au Canada.

Ordonné prêtre vers la fin de 1637 ou au début de 1638, il prend les prénoms Joseph-Marie en raison de sa dévotion envers Marie et saint Joseph. Le 4 mai 1639, il quitte Dieppe pour la Nouvelle-France. Après une longue traversée, il arrive à Québec à la fin de juillet.

Le 3 août, il repart avec le père Poncet pour « le pays des Hurons » où réside la Nation Wendat. Ils atteignent leur destination le 10 septembre.

Ses premières années de mission sont difficiles. Une épidémie de petite vérole frappe la population et certains tiennent les missionnaires responsables de la maladie.

Chomonot se consacre surtout à l’apprentissage de la langue des Wendat. Chaque jour, il visite des cabanes, demande des mots et les note. Il en acquiert une connaissance remarquable. Il laissera une grammaire et plusieurs ouvrages destinés à faciliter son apprentissage par les autres missionnaires.

Sa vie devient une suite de déplacements. En 1640, il part chez les Neutres avec Jean de Brébeuf. Il œuvre ensuite dans plusieurs « missions huronnes ». À « Saint-Joseph II », nom donné par les Jésuites au village de Téanaostaiaé, le père Antoine Daniel sauve la vie du père Chomonot en arrachant une hache des mains d’un homme qui s’apprête à le frapper.

Lorsque les Iroquois lancent leur offensive contre les Hurons en 1649, Chomonot demeure auprès de ceux-ci. Il les accompagne chez les Pétuns et à l’île Saint-Joseph. Le groupe quitte finalement la région pour Québec en 1650 et s’établit ensuite à l’île d’Orléans.

En 1655, Chomonot part avec le père Claude Dablon chez les Onontagués. Ils établissent la mission Sainte-Marie de Gannentaha en 1656. Les tensions avec les Iroquois obligent toutefois les Français à fuir en mars 1658. Grâce à sa connaissance de la langue et des mœurs autochtones, Chomonot est par la suite envoyé à plusieurs reprises à titre d’ambassadeur.

Vers 1663, à Montréal, il fonde avec l’aide de Mme d’Ailleboust la Confrérie de la Sainte-Famille. Il établit la même congrégation à Québec l’année suivante. Malgré ses autres ministères, il continue de se consacrer aux Wendat.

Son œuvre la plus marquante demeure la fondation de la mission huronne de Notre-Dame-de-Lorette, près de Québec. Depuis son séjour à Lorette, en Italie, il désirait construire en Nouvelle-France une chapelle inspirée de celle qu’il y avait connue. Les premiers habitants s’installent dans le nouveau village le 28 décembre 1673. La chapelle est bénite le 4 novembre 1674.

Près de 300 Autochtones habitent d’abord la mission dirigée par Chomonot. Lorette devient aussi un lieu de pèlerinage pour les Français. L’arrivée de trafiquants d’eau-de-vie inquiète cependant le missionnaire, qui y voit une menace pour la communauté.

Le père Chomonot quitte la direction de la mission en 1691. L’année suivante, malade, il se retire au collège des Jésuites de Québec. Il y décède le 21 février 1693, à l’âge de 82 ans, après avoir consacré un peu plus de 53 années de sa vie à la Nouvelle-France.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Discours de Paul St-Pierre Plamondon (15 octobre 2026)

Discours de Paul St-Pierre Plamondon

Assermentation des députés du Parti québécois
Assemblée nationale du Québec
15 octobre 2026

Alors, bonjour à tous.

Un événement plein d'émotion, évidemment. J'ai averti à l'avance : si jamais je dois m'interrompre, sachez que la première chose qui vous attend après 51 journées consécutives de travail, lorsque vous rentrez à la maison, ce sont tous les virus que les CPE et les écoles primaires ont pu inventer au cours des dernières semaines.

Évidemment, la première chose qui me vient en tête, c'est la même cérémonie, il y a quatre ans.

Je pense qu'il faut le souligner : l'espoir, la volonté de faire une différence, même lorsque tout semble perdu — c'est ce qu'on nous disait en 2021 —, peuvent donner des résultats étonnants.

Et c'est en vous voyant, et en voyant aussi la qualité des gens qui ont réussi à ravir leur circonscription, que ça m'apparaît très, très clairement.

C'est émotif, évidemment, parce que les Québécois ont fait le choix de la confiance en élisant 59, peut-être plus, on le saura bientôt, au moins 59 députés du Parti québécois pour les représenter à l'Assemblée nationale.

Et c'est dans le cadre d'une campagne électorale qui a été marquée par les campagnes de peur.

Malgré toutes les raisons du monde qu'on a pu servir aux Québécoises et aux Québécois pour tenter de les convaincre de céder à la résignation et à la crainte, il y a un très grand nombre de Québécoises et de Québécois qui ont répondu et qui ont décidé de choisir l'espoir et le changement.

Ils ont malgré tout décidé de faire le choix de la confiance. Pour moi, c'est très touchant et significatif sur notre capacité pour la suite des choses.

La poussière retombe graduellement au terme de cette campagne électorale et ça vaut la peine de prendre une pause et de voir ce qu'on peut faire en quatre ans.

Nous avons multiplié par vingt notre nombre de députés.

Nous avons, en fait, ici, le plus gros contingent d'élus du Parti québécois depuis 1998.

D'autres résultats sont encourageants pour la suite. Nous avons fini premiers dans 11 des 17 régions du Québec, mais dans cinq autres régions administratives, nous étions bons deuxièmes. Donc, dans 16 régions sur 17, nous sommes arrivés dans les deux premières places.

On peut donc être très, très fiers de ce qu'on a réalisé tous ensemble, candidats, bénévoles, militants et sympathisants du Parti québécois.

Et maintenant, la réalité, c'est que le plus gros du travail demeure devant nous.

Parce que le sens de notre engagement ne réside ni dans le nombre de députés que nous avons obtenu, bien qu'il soit impressionnant, ni dans le titre qui vous est conféré à tous et chacun aujourd'hui.

Notre quête de sens réside dans l'espoir et, ultimement, dans notre capacité à avoir un impact positif sur la société, notre capacité à aider du monde.

« Protéger son monde », disait Jacques Parizeau.

« Éclairer notre peuple sur son meilleur intérêt », nous disait René Lévesque.

Tel est le sens de notre engagement.

Et c'est au nom de cette quête de sens, au nom de cet espoir, que plusieurs d'entre vous ont fait de nombreux sacrifices au cours des derniers mois.

Parce que des sacrifices en politique, il y en a.

Et je vois plusieurs familles, amis, venus célébrer votre champion, votre championne, votre moment, votre beau moment au terme de tant d'efforts.

Donc, je veux juste dire merci aux proches, à la famille et à tous ceux qui ont prêté leur être cher pendant cette campagne électorale.

La plupart du temps, j'allais dire merci aux bénévoles, mais c'est le même monde !

C'est souvent ça, les 59 histoires que vous avez devant vous. Ce sont souvent des histoires de famille et d'amitié, des histoires de gestes héroïques, de courage, de détermination.

Chaque histoire mérite d'être contée.

Et ce n'est pas toujours facile, la vie politique. C'est exigeant pour la personne qui fait le choix du service public, mais ce sont souvent les proches également qui paient un prix.

Nos sacrifices deviennent leurs sacrifices.

Donc, je veux juste dire merci aux gens qui sont toujours là en soutien de cette démarche.

Parce que la politique, ce sont des sacrifices, mais c'est également un privilège. C'est celui de pouvoir servir à temps plein le bien commun, celui de pouvoir véritablement avoir un impact positif sur la société.

Il y en a qui en rêvent, puis il y en a d'autres qui ont le privilège de tenter ce changement-là et qui ont les outils pour le faire.

La cérémonie d'assermentation des députés, c'est la première étape de la constitution d'un gouvernement.

Elle consacre le rôle de législateur que nous serons appelés à jouer au cours de la prochaine législature.

Et je ne pourrais imaginer une meilleure équipe pour remplir cette importante responsabilité qu'on a devant nous.

Parce que les députés que vous avez devant vous sont intéressants et très différents, diversifiés, sont à l'image du Québec.

Mais aussi, c'est important de le dire, à l'image de la forte mobilisation de talents que peut générer le fait qu'on a un projet de société.

Ça fait une différence.
Des hommes et des femmes de talent, qui proviennent de tous les milieux et qui ont simplement décidé de laisser tomber leur emploi parce que nous avons un projet de société qui les appelle.

Certains ont dirigé des organisations, d'autres ont accompagné des entrepreneurs, ont assuré notre sécurité, d'autres ont soigné des malades, enseigné à nos enfants, travaillé dans nos mines ou ont fait rayonner notre culture.

Ils ont été militaires, diplomates, professeurs, comédiens, médecins, avocats, journalistes, entrepreneurs, élus municipaux, policiers, alouette, j'en passe.

Une partie d'entre eux connaissent les rouages de l'État. D'autres connaissent les défis de ceux qui doivent composer avec les décisions de l'État.

Messieurs, mesdames les députés, chers collègues, vous n'avez pas tous suivi le même chemin pour être ici, mais vous avez en commun d'avoir choisi, à ce moment précis de votre vie, de vous engager pour quelque chose de plus grand que vous-mêmes.

Aujourd'hui, je vous demande, et je nous demande, je m'inclus là-dedans, de prendre cet engagement en faisant preuve de la plus grande humilité.

Car représenter nos concitoyens est une lourde tâche. Elle requiert un grand sens des responsabilités et une compréhension de la complexité de la politique.

Il faut le vivre pour le réaliser : la politique peut sembler simple de l'extérieur, quand on commente, mais quand on est dans cette situation-là, il s'agit d'un métier qui a ses complexités.

Donc, ayons toujours en tête que nous travaillons pour le Québec et uniquement pour le Québec.

La confiance, elle se gagne lentement. Ayons en tête qu'elle peut se perdre vite.

Il ne faut jamais prendre nos concitoyens pour acquis. On doit, en fait, gagner davantage de concitoyens dans cette confiance qu'on veut bâtir.

Ayez aussi en tête que la politique est un métier. Un métier qui requiert, comme tous les autres métiers, qu'on s'investisse pendant des années avant de pouvoir aspirer à une pleine maîtrise des compétences requises et avant donc d'aspirer à l'excellence dans ce domaine.

L'acquisition de compétences et d'expérience est donc l'une des clés du succès d'une équipe qui est jeune, qui est talentueuse, certainement idéaliste, mais parfois aussi inexpérimentée.

Sachant que c'est ça, la clé de notre réussite, je vous annonce aujourd'hui que j'ai pris la décision de solliciter madame la première ministre Pauline Marois ainsi que monsieur Jean Royer, qui a œuvré comme chef de cabinet de Jacques Parizeau pendant des années.

Ils ont tous deux accepté de vous donner une formation conjointe sur la vie politique, pour vous donner un maximum d'outils en ce début de mandat, sur les meilleures pratiques, sur les pièges à éviter, sur les aspects de la vie politique qui gagneraient à être sus et connus rapidement.

Bref, je vous convie à un mini-MBA pour élus !

Cette formation s'ajoutera à toutes les autres formations que l'Assemblée nationale a déjà préparées pour vous.

Car, dans les prochains mois, nous mènerons des batailles ensemble. Nous vivrons de belles victoires pour le Québec et on les veut les plus nombreuses possible. C'est pour ça qu'on se prépare.

Mais on va devoir aussi faire face à de l'adversité et parfois faire face à des déceptions.

Et parfois, vous serez en désaccord avec la décision finale. C'est inévitable parce que c'est inhérent à la démocratie.

C'est ça, faire le pari de la démocratie.

Et j'ai donc une deuxième demande pour vous.

Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe.

On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes.

Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur, lesquels pourraient faire des erreurs.

C'est très difficile de gagner au soccer quand les défenseurs ne bougent pas ensemble.

Si vous voulez changer de sport, c'est très difficile de gagner au football américain quand un des demis de coin, un seul, a de la difficulté à couvrir son receveur.

De la même manière que c'est presque impossible de gagner au hockey lorsqu'on passe toute la partie au banc des pénalités.

Et ainsi va la vie politique.

La politique est un sport d'équipe dans le cadre duquel notre rendement dépend du talent, que sans l'ombre d'un doute on a déjà, mais dépend surtout de notre capacité, à tous et chacun, sans exception, à livrer une prestation qui est sans faille et sans bévue.

C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut.

Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport !

Mais parlant de victoire, dans les dernières minutes, nous avons vécu quelque chose d'historique.

Pour la première fois de notre histoire, les députés qui forment le nouveau gouvernement ont prêté serment uniquement au peuple du Québec.

Dans mon texte, la prochaine phrase, c'est : « Ça peut paraître banal. » Mais là, vous n'avez pas l'air de penser que ça l'est !

Mais pour les gens moins fervents ou moins politisés, ça peut paraître banal vis-à-vis de la liste d'urgences qu'on aura à régler au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Mais il y a quatre ans à peine, tous les députés faisaient un serment de loyauté à la Couronne britannique et il n'y avait pas d'exception.

Ils n'étaient pas tous amoureux de la monarchie pourtant.

Plusieurs députés, en fait, étaient très mal à l'aise de prêter allégeance à un roi étranger.

Certains se cachaient même. Il y avait même ceux qui faisaient un signe des doigts derrière le dos. Il y en avait d'autres qui marmonnaient pour que ce ne soit pas clair. Tout était une bonne technique.

Et en privé, tout le monde contestait et nommait l'odieux du processus.

Mais en public, vous vous souviendrez, parce que c'est très récent, personne ne remettait en question cette pratique archaïque et déloyale qui consistait à forcer un nouvel élu à mentir et à agir, en fait, contre sa conscience au profit d'un monarque étranger dès sa première prise de parole.

Donc, malgré un consensus officieux et silencieux, le consensus officiel de l'espace public et médiatique, c'était que changer cet état des lieux était impossible.

Donc, je suis fier maintenant que le serment des députés soit exclusivement envers le peuple du Québec.

Et donc, lorsque des prophètes de malheur nous expliqueront à nouveau que vouloir changer les choses et améliorer la politique, c'est impossible, gardons en tête la citation suivante de Nelson Mandela.

Ça va comme suit, c'est tout simple :

« Cela semble toujours impossible jusqu'à ce que l'on le fasse. »

Et c'est tout simple, c'est aussi simple que ça.

J'aurais pu… Il y en avait quinze, des citations qui allaient dans ce sens-là. Évidemment, celle de Mandela est très significative.

Mais on est toujours contraint par les limites que notre esprit veut bien accepter.

Mais si une limite qu'on tente de nous imposer n'a, en fait, aucun sens et n'est pas dans le bien commun, moi, je vous soumets qu'il est de notre devoir, tant qu'à passer ici, puis tant qu'à avoir le privilège d'avoir le titre que vous avez acquis aujourd'hui, on a le devoir de donner la meilleure réponse.

Et c'est de là que naîtra la confiance qu'on veut rebâtir avec une population qui, je pense, le réclame.

Donc, à nous de jouer.

À nous de jouer pour être ce gouvernement qui dit d'abord ce qu'il fait et qui, ensuite, fait ce qu'il dit.

Car ceux et celles que l'on sert ont le droit de savoir la direction qu'on prend, doivent avoir confiance qu'on sert l'intérêt public.

Ils sont en droit de s'attendre à une cohérence également et donc que, durant ce mandat, on prenne toutes les mesures pour pouvoir tenir parole et remplir nos engagements dans le cadre de ce qui est un gouvernement minoritaire.

Une partie de l'atteinte de cet objectif, de remplir nos engagements, dépendra de nous, de notre capacité à tendre la main aux partis d'opposition et d'assurer qu'aucune bonne idée ne soit perdue, parce qu'on n'a pas le monopole des bonnes idées.

Je m'engage donc formellement aujourd'hui à offrir aux oppositions cette main tendue.

L'autre composante nécessaire à l'atteinte de cet objectif de cohérence pour ce groupe, elle ne dépendra pas de nous.

Elle sera entre les mains des partis d'opposition, qui seront confrontés au dilemme entre parfois vouloir bloquer des efforts légitimes du gouvernement pour faire avancer les dossiers ou, de l'autre côté, y aller du côté de la collaboration qui permet de faire avancer ces mêmes dossiers qui, pour la plupart, seront urgents.

Nul doute que les Québécoises et les Québécois observeront très attentivement le comportement de chacune de ces oppositions, tout comme celui de notre formation politique au gouvernement.

Donc, c'est à nous tous d'être à la hauteur de leurs attentes et j'ai confiance que nous allons y arriver.

De notre côté, tout est clair : nous allons tendre la main parce que les Québécois veulent que leur Parlement fonctionne.

Je nous invite donc à faire ce que d'autres démocraties dans le monde font si bien, c'est-à-dire écouter davantage, dialoguer davantage, collaborer, négocier jusqu'à tant que ça avance.

Je crois que nous avons tous le devoir de faire fonctionner l'Assemblée nationale pendant ces quatre prochaines années.

En terminant, je souhaite m'adresser directement aux Québécois.

L'équipe qui se présente devant vous aujourd'hui, c'est votre équipe, c'est l'équipe du Québec et elle se battra pour vous.

Que vous ayez voté pour le Parti québécois ou pour une autre formation politique, chacun des députés du gouvernement du Québec sera à votre service et fier de l'être.

Le rôle ne sera pas de penser à la prochaine élection, mais bien de penser à vous, c'est-à-dire vos intérêts, vos besoins, vos priorités.

On ne sera pas un gouvernement parfait.

On va probablement faire des erreurs, mais on va toujours donner l'heure juste.

Et donc, l'authenticité et la cohérence de notre démarche, elles sont acquises pour vous.

Ce qui, en soi, constituera un changement rafraîchissant pour la politique québécoise. Un changement qui est rempli de potentiel pour la suite des choses.

Nous allons donc agir étape par étape pour réduire le coût de la vie des Québécois qui en arrachent, et ce, le plus rapidement possible.

Et ensuite, nous allons reprendre le contrôle des finances publiques en faisant le ménage dans le gaspillage et dans la bureaucratie.

On fera preuve d'exemplarité rapidement en gelant nos propres salaires et ceux des dirigeants des sociétés d'État jusqu'à ce qu'on retrouve l'équilibre budgétaire.

Enfin, nous allons recentrer l'État sur ses missions fondamentales.

Soigner notre monde, éduquer nos enfants, protéger nos gens qui sont vulnérables ainsi que notre culture et notre langue québécoise.

Nous allons également réduire de moitié l'itinérance au Québec.

Et si des gens vous disent que c'est impossible, vous savez quoi leur répondre.

On va faire en sorte de remettre de l'ordre au Québec, remettre le Québec sur les rails, parce que je pense que c'est comme ça qu'on peut résumer notre mandat.

C'est une maison qui a besoin qu'on y remette un peu d'ordre et un peu d'air frais pour qu'à nouveau on puisse faire confiance dans notre État québécois, dans notre gouvernement, qu'on retrouve confiance dans notre capacité à agir collectivement pour véritablement régler des problèmes.

Qu'on considère qu'il est à nouveau possible d'accomplir de grandes choses au Québec.

Et à ce moment-là, bien, nous pourrons reprendre la discussion essentielle de notre avenir national.

Nous pourrons reprendre notre marche vers la normalité, celle d'un peuple normal qui veille à ses propres intérêts.

Un peuple qui adopte toutes ses lois, qui négocie en son nom avec ses partenaires à l'international, qui gère tout son budget lui-même, comme n'importe quel autre peuple qui se respecte et qui est donc capable et heureux de faire ça lui-même.

Être maîtres chez nous, être maîtres de notre avenir et des décisions qui sont vitales pour notre population, tel est notre destin.

C'est un destin qui vous appelle et qui vous parle individuellement.

C'est ça, le sens du serment que vous venez de prêter au peuple québécois.

Et pour ceux qui n'étaient pas là il y a quatre ans, allez voir la cérémonie lorsque nous n'étions que trois.

Et à cette époque-là, je m'étais adressé à Pascal Bérubé et je lui avais parlé de destin.

Je lui avais dit : « Pascal, un jour, le lys refleurira. »

Et nous n'étions que trois.

Et aujourd'hui, vous voyez ce lys qui est en train de refleurir.

Vous me direz : les fleurs, les bourgeons ne sont pas encore là, mais c'est solide et c'est en train de sortir de terre.

Ce lys est en train de refleurir et tel est le destin d'un peuple.

Mais votre destin et votre responsabilité individuelle pour les années qui viennent.

Donc aujourd'hui, c'était un rite de passage qui est hautement symbolique et hautement significatif pour la suite des choses, comme le seront les prochains rites de passage, parce qu'on bâtit quelque chose de plus en plus solide et de plus en plus significatif, justement.

Donc, vive le Québec, vive la liberté et donc, vive le Québec libre !

Merci.

16 octobre 2026


NEUROSCIENCES : Douleur chronique et dépression

Douleur chronique et dépression

Par Benoit Voyer

16 octobre 2026

Une équipe de chercheurs de l’Université Fudan, à Shanghai, a identifié un mécanisme biologique qui explique pourquoi les personnes souffrant de douleurs chroniques développent plus fréquemment des troubles dépressifs ou anxieux.

Selon une étude publiée dans la revue Science et rapportée par Le Figaro, le 30 mars 2026, environ 40 % des personnes vivant avec une douleur chronique présentent des symptômes dépressifs ou anxieux, soit un risque deux à quatre fois plus élevé que dans la population générale.

Les chercheurs se sont intéressés à l’hippocampe, une région du cerveau impliquée dans la mémoire et la régulation des émotions. Ils ont découvert qu’une douleur prolongée provoque d’abord une adaptation du cerveau, avec une augmentation de l’activité de certaines cellules. Mais lorsque ce processus devient excessif, il pourrait entraîner une diminution du volume de l’hippocampe et favoriser l’apparition de symptômes dépressifs.

Au cœur de ce mécanisme se trouvent les microglies, des cellules immunitaires du cerveau. Normalement utiles pour soutenir les neurones et maintenir les connexions cérébrales, elles pourraient devenir nuisibles lorsqu’elles sont trop activées par une souffrance prolongée.

Les microglies ne sont que les amplificateurs de cette transition. Les chercheurs explorent maintenant la possibilité de cibler ces cellules pour prévenir le passage de la douleur chronique vers la dépression.

Les résultats, obtenus à partir de données humaines et de modèles animaux, demeurent toutefois préliminaires. Les spécialistes rappellent que la dépression associée à la douleur chronique ne repose pas uniquement sur des mécanismes biologiques : la fatigue, l’isolement social et le sentiment d’impuissance jouent également un rôle important.

Cette découverte ouvre une nouvelle piste de recherche pour mieux comprendre le lien entre souffrance physique et souffrance psychique.

RÉAL LEBEL - Pensée


FLASH : « La politique est un sport d'équipe »

« La politique est un sport d'équipe »

À l'occasion de l'assermentation des 59 députés du Parti québécois, hier, Paul St-Pierre Plamondon a rappelé à ses collègues l'importance du travail d'équipe.

« Gardons toujours en tête que nous pratiquons un sport d'équipe. On est tous ensemble dans le même bateau et, comme dans plusieurs sports d'équipe, nos victoires ne dépendent pas que du rendement des joueurs vedettes. Elles dépendent largement du rendement de chaque joueur », a-t-il déclaré.

Évoquant tour à tour le soccer, le football américain et le hockey, le chef péquiste a poursuivi : « La politique est un sport d'équipe », avant d'insister sur l'importance d'une prestation « sans faille et sans bévue ».

« C'est la discipline et l'éthique de travail qui mènent à des victoires et non pas le talent brut », a-t-il conclu, avant d'ajouter avec humour : « Je m'arrête là. Je n'irai pas jusqu'à citer Martin St-Louis. Assez pour le sport ! » (Benoit Voyer, 16 octobre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le courage de vivre sa foi

Le courage de vivre sa foi

Par Benoit Voyer

16 octobre 2026

Jésus invite ses disciples à vivre leur foi avec courage et authenticité. Il les met en garde contre l’hypocrisie et leur demande de ne pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps (Lc 12, 4).

On le sait, il n’est pas toujours facile de vivre ouvertement sa foi. La peur du jugement des autres, du ridicule ou du rejet peut parfois nous conduire à taire nos convictions.

Le père Jean-Paul Regimbal (1931-1988) avait des paroles particulièrement fortes à ce sujet. Dans une conférence prononcée à Québec, le 10 octobre 1976, il affirmait : « On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. » Il faisait ainsi référence à saint Paul (2 Tm 1, 7).

Dans son livre La Révolution de l’amour (1981), il poursuivait : « Nous sommes appelés, non pas pour être des faibles, des lâches ou des démissionnaires; nous ne devons pas courber l’échine devant les pressions sociales, économiques et politiques qu’on veut nous imposer. Nous sommes faits pour être martyrs, non pas dans le sens sanglant du terme, mais dans celui de témoins. »

Pour Regimbal, la sincérité de notre engagement était également essentielle : « Il n’y a qu’une façon de confondre la haine, c’est par l’amour! Il n’y a aussi qu’une façon de combattre le mensonge, c’est par la vérité! Il n’y a enfin qu’une façon de vaincre l’illusion et l’hypocrisie, c’est par l’authenticité. »

Ainsi donc, vivre courageusement sa foi ne signifie pas l’imposer aux autres, mais avoir le courage de demeurer fidèle à ses convictions, même lorsque celles-ci dérangent.

Jésus nous invite à craindre Dieu plutôt que les hommes (Lc 12, 4-5). Il nous rappelle cependant que nous avons une grande valeur à ses yeux : « Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux » (Lc 12, 7).

C’est dans cette confiance en l’amour de Dieu que nous pouvons trouver le courage de vivre notre foi au quotidien.