2 décembre 2025

LE BALADO: On devrait profiter de l'expérience des personnes âgées


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Serge Bélair et Louise Cliche animent en direct la veillée du jour de l'an No 1


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 2 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 2 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Quel livre de la bible parle d'un prophète récalcitrant?
2- Portrait de soeur Louise Sainte-Marie, religieuse du Bon Pasteur;
3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Paul-Émile Charbonneau: Manquer a la charité a 12 ans;
4- Le Carrefour d'entraide Lachine;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 33;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la maitresse d'école de son enfance;
7- Réseau Vaste, a Drummondville. Invité: Abbé Hubert Gervais; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les valeurs;
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres;
10- Réflexion de Thérèse Miron: Laisser tomber les masques;
11- Le comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 02 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 4 décembre 2023


20231204 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Finis les discours

Finis les discours

Benoît Voyer


«Ceux qui sont en recherche religieuse ne cherchent pas vraiment les religieux, mais un parcours religieux qui réponde à leurs sensibilités et qui met l'accent sur les valeurs qui ont du prix à leurs yeux», disait le Père Marcello Zago, supérieur général des Oblats de Marie Immaculée aux 90 évêques canadiens réunis en assemblée plénière annuelle à Halifax.

Aux dires de ce religieux membre et consultant de plusieurs dicastères romains depuis 15 ans, les gens recherchent : Une expérience personnelle plutôt qu'une doctrine ; l'intériorité plutôt que l'organisation ; la paix personnelle plus que l'harmonie sociale ; la perception du sacré plus que la conduite morale ; l'expérience d'un divin impersonnel plutôt que celle d'un Dieu personnel ; l'intégration au cosmos plus que la recherche du transcendant ; l'anthropocentrisme plus que le théocentrisme ; le salut acquis par ses propres moyens plutôt que reçu ; le choix personnel plus que l'intégration sociale ; le témoignage plus que l'enseignement ; et le groupe choisi plutôt que la communauté anonyme.

Devant la montée du pluralisme religieux, l'indifférence religieuse et le retour du sacré, l'Église n'a pas le choix de s'adapter. La façon d'évangéliser a changé.

Une société en mouvement
«Le pluralisme offre pourtant aux personnes la possibilité de choisir selon leurs préférences et surtout selon les dispositions qui leur sont faites. Cela montre la nécessité et la possibilité d'une évangélisation qui soit proposition», dit le grand patron des Oblats.

Le pluralisme a du positif, mais l'indifférence religieuse est plus difficile à vivre. Celle-ci se caractérise par un athéisme pratique. La tendance est au syncrétisme - c'est-à-dire à l'aplanissement des différences entre les religions - et à vivre comme si Dieu n'existait pas. Chacun a sa morale personnelle. Il n'est guère surprenant que l'opinion publique soit de plus en plus favorable à l'avortement et à l'euthanasie.

Ce qui contredit plusieurs prévisions, c'est le retour massif au sacré. «Plusieurs contemporains découvrent qu'au-delà du monde rationnel, il existe une dimension humaine extrasensible et que l'objectivité de la raison est relative», explique-t-il.

Il appuie son propos sur une enquête dirigée par Der Spiegel qui révèle que 80% des Allemands disent qu'il est possible d'être chrétien sans adhérer à une Église. Dans la société actuelle, «chacun choisit selon ses goûts et ses besoins». Le marché des religions est ouvert.

Défis
De par sa nature, l'Église est missionnaire. Malgré les nouvelles réalités sociétales, elle ne peut pas se refermer sur elle-même. Il lui importe, maintenant, de se réajuster en sachant bien lire les signes des temps.

«Le premier défi et devoir de l'Église est de se tourner vers le Christ, le sens ultime de son identité, faire l'expérience de son Sauveur, et en lui, regarder le monde, l'aimer comme lui l'a aimé en donnant sa vie», lance le sympathique religieux.

Il ajoute sans tarder : «C'est de la rencontre de chaque homme et de chaque femme avec Jésus-Christ vivant que jailliront la conversion, la communion et la solidarité comme exigences de base pour faire d'eux des apôtres de la nouvelle évangélisation». Il va bien plus loin que la simple connaissance du Fils de Dieu.

En second lieu, il faut être attentif aux besoins du monde et à ceux de l'humanité. Il reprend le sociologue Reginald W. Bibby qui, à la suite d'une analyse, en vient à conclure que les Canadiens sont réceptifs au spirituel. Le problème vient des Églises qui ne cherchent pas à répondre à ces besoins.

Pour combler les défis du monde, il rappelle des attitudes fondamentales présence, accueil, accompagnement des personnes et des groupes, promotion des valeurs, ouverture aux besoins, dialogue et respect.

«En s'inspirant de la pédagogie de l'incarnation, la communauté chrétienne est appelée à marcher avec le Christ aux côtés de l'homme d'aujourd'hui, le soutenant dans la difficile recherche de la vérité et lui faisant d'une certaine façon ressentir la présence quotidienne du Rédempteur, là où il mène son existence quotidienne», stipule Marcello Zago.

Enfin, il faut que l'Église ose proposer l'expérience d'une personne à connaître et à expérimenter. Il y a de multiples lieux pour le rencontrer : la liturgie, l'Église, la Parole de Dieu et les réalités humaines. C'est tout un défi qui attend l'Église pour que ces lieux deviennent des sources de sainteté. Ce n'est que lorsqu'un chrétien est sur cette route qu'il devient un véritable missionnaire.

Il faut en finir avec les discours ! «L'homme moderne croit davantage aux témoins qu'aux maîtres. Les témoins ne manquent pas, mais ils doivent se multiplier. Et les maîtres doivent être perçus comme des témoins», conclut le Père Zago, dont la seule présence laisse présager que celle du Christ n'est pas très loin.

(Revue Sainte Anne, mars 1997, pages 128 et 129)