En ce 30 décembre 2024


ÉTATS-UNIS: L'ancien président Jimmy Carter est décédé
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SANTÉ QUÉBEC: La présence de superbactéries dans les hôpitaux du Québec inquiète des experts
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Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière

La circonscription de Rousseau

Sur la rue Viau, a Sainte-Julienne, dans la circonscription électorale québécoise de Rousseau, au cœur de la région de Lanaudière

Les Clarisses, a Rivière-du-Loup


Par Benoit Voyer

30 décembre 2024

Dans sa lettre annuelle, la communauté féminine des Clarisses, située a Rivière-du-Loup, au Bas Saint-Laurent, se réjouit qu'en 2024, une nouvelle femme se soit jointes a elles. Chaque nouvelle recrue est une lueur d'espoir en cette période ou les groupes de « soeurs » disparaissent du paysage québécois: « Nous avons eu la joie d’accueillir cette année Madame Christine Pelletier en tant qu'oblate régulière. Après avoir travaillé et prié avec nous durant l’année dernière, elle a exprimé son désir de rejoindre notre communauté pendant l’octave de Pâques. Nous avons célébré avec joie son intégration officielle au sein de notre communauté et de la grande famille de l’Église lors d'une eucharistie le 5 mai, entourées d'amis et des Religieuses de l’Enfant-Jésus (REJ). Ce moment a été marqué par la remise d'un anneau symbolique lors d'une cérémonie d'oblature intime à l'oratoire. Nous sommes reconnaissantes pour ce beau cadeau que le Seigneur nous a offert.»

Appelés à devenir des lumières


Par Benoit Voyer
30 décembre 2024

L’humain n’est pas toujours bien brillant. On le voit, il peut facilement engendrer autour de lui de grandes ténèbres et conduire sa vie et celle des autres dans des nuits obscures. Comme le dit l’expression populaire : « Ce n’est pas une lumière! »

Aujourd’hui, les paroles du Pape François résonne en moi [1] : : « Viens à la lumière. […] tu vis pour renaître chaque jour. […] Tu es appelé à apporter au quotidien une lumière nouvelle au monde, celle de tes yeux, de ton sourire, du bien que toi seul peux offrir. Personne d’autre ne peux le faire. Mais, pour voir le jour, il faut lutter chaque jour contre l’obscurité. Oui, il y a un combat quotidien entre la lumière et les ténèbres, qui ne se produit pas quelque part là-bas, mais à l’intérieur de chacun de nous ».

Depuis l’étincelle première de notre univers, plus précisément depuis que le Créateur a séparé la lumière des ténèbres (cf. Gn 1, 4), « nous aussi, si nous voulons devenir meilleurs, nous devons apprendre à distinguer la lumière des ténèbres. »

Par où commencer ? De passage à Iqaluit, au Nunavut, le 29 juillet 2022, François tente une réponse : « Tu peux commencer en te demandant : qu’est-ce qui me semble brillant et séduisant, mais qui me laisse ensuite un grand vide à l’intérieur ? C’est l’obscurité ! Qu’est-ce qui, au contraire, me fait du bien et me laisse la paix dans le cœur, même si cela exige de moi de sortir d’abord de certains conforts et de dominer certains instincts ? C’est la lumière ! Et - je me demande encore - quelle est la force qui nous permet de séparer en nous la lumière des ténèbres, qui nous fait dire "non" aux tentations du mal et "oui" aux occasions de bien ? C’est la liberté. Liberté qui n’est pas faire tout ce que je veux et qui me plaît ; ce n’est pas ce que je peux faire malgré les autres, mais pour les autres ; ce n’est pas un arbitraire total, mais une responsabilité. La liberté est le plus grand don que notre Père céleste nous a donné en même temps que la vie. »

Bien entendu, pour le successeur de Pierre, Jésus qui est de toujours le témoin de la lumière, « est proche de toi et désire illuminer ton coeur pour te faire venir à la lumière » .

En homme de foi, Jean, commence son récit au style littéraire évangélique, par une envolée poétique : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. […] Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. […] Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître » (Jn 1, 1-18)

Le début de l’évangile selon Jean fait référence aux racines du grand livre du judaïsme écrit en hébreu. Ce récit commence avec l’expression grecque « Ἐν ἀρχῇ » (en achi), c’est-à-dire « au commencement ». Le premier texte de la Torah utilise de son côté le mot « Bereshit ». C’est d’ailleurs le vrai nom du livre de la Genèse inséré dans le premier testament des chrétiens. « Bereshit », qu’on a aussi traduit par « au commencement », est plus proche de l’expression « la flamme première » ou « le commencement du commencement ». Vous me direz que c’est un peu la même chose. Vous avez un peu raison, mais si je vous demande de compter jusqu’à 10 en partant du début, vous commencerez probablement avec le chiffre « un » parce que - pour la majorité des gens - « un » commence la série numérique. Le mot hébreu « Bereshit » rappelle qu’il y a le chiffre « zéro » au début de tout et qu’il y a une multitude de fractions entre « zéro » et « un ».

Le début de l’évangile selon Jean débute par une affirmation qui donnera naissance au dogme de la Trinité et à la formule du signe de la croix des chrétiens : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Jean affirme : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. » Ainsi donc, pour les chrétiens, Jésus est depuis toujours auprès de Dieu et l’Esprit saint est le Souffle d’amour qu’il y a entre lui et le Père céleste. Rien de plus clair : Dieu demeure l’Unique. Au fil des deux derniers millénaires, le concept dogmatique de la « Trinité » a malheureusement conduit à des guerres sanglantes entre chrétiens et musulmans, parce que, pour ces derniers, Dieu est « un » et il est hérétique de croire qu’il y a « trois dieux ». Que de sang versé inutilement pour une incompréhension ! Comme je l’écrivais : « L’humain n’est pas toujours une lumière ».

Je reviens à ce que disait le Pape François. Il recommandait aux jeunes d’Iqaluit, au Nunavut : « Marche vers le haut […] sans te laisser entraîner vers le bas par ceux qui veulent te faire croire qu’il vaut mieux ne penser qu’à toi seul et à utiliser le temps que tu as uniquement pour tes loisirs et tes intérêts. Mon ami, tu n’es pas fait pour vivoter, pour passer tes journées à équilibrer les devoirs et les plaisirs, tu es fait pour t’élever vers le haut, vers les désirs les plus vrais et les plus beaux que tu portes dans ton cœur, vers [le] Dieu à aimer et le prochain à servir. Ne pense pas que les grands rêves de la vie sont des cieux inaccessibles. Tu es fait pour prendre ton envol, pour embrasser le courage de la vérité et promouvoir la beauté de la justice, pour "élever ton tempérament moral, être compatissant, servir les autres et construire des relations" (cf. Inunnguiniq Iq Principles, nn. 3-4), pour semer la paix et le soin là où tu te trouves ; pour raviver l’enthousiasme de ceux qui vivent autour de toi; pour aller de l’avant, non pas pour tout aplanir ».

François ajoutait : « Le monde que tu habites est la richesse dont tu as hérité : aime-le, comme celui qui t’a aimé t’a donné la vie et les joies les plus grandes, comme Dieu t’aime, Dieu qui pour toi a créé tout ce qui existe de beau et ne cesse jamais de te faire confiance, pas même un instant. Il croit à tes talents. Chaque fois que tu le cherches, tu comprendras que le chemin qu’il t’appelle à parcourir tend toujours vers le haut. Tu le sentiras quand tu regarderas le ciel en priant et surtout quand tu lèveras les yeux vers le Crucifié. Tu comprendras que de la croix, Jésus ne te pointe jamais du doigt, mais t’embrasse et t’encourage, car il croit en toi même lorsque tu as cessé de croire en toi-même. Alors tu ne perdras jamais espoir, bats-toi, implique-toi à fond et tu ne le regretteras pas. Avance sur le chemin »

« Marche vers le haut » c’est marcher dans la lumière et devenir plus heureux, plus brillants, c’est à devenir « des lumières ».

Chaque fois qu’un cœur s’ouvre à sa Lumière, il naît à nouveau. Comme le chante l’auteure-compositrice-interprète Lucie Cournoyer-Champagne, C’est « Noel partout dans le monde. Noel à chaque seconde quand quelqu’un ouvre son cœur »

Cette lumière est assurément celle qui donne sens a la vie. Comme l’écrit Christian Lépine: « Dans une culture ou l’on veut profiter de la vie, on ne réfléchit pas assez au sens de la vie » [2].

Mais entendre une voix qui parle en soi dans ce monde ou chacun est inondé de millions de paroles ce n’est pas facile. C’est probablement un peu pour ça que le saint Padre Pio disait : « Autant que possible, vis dans le recueillement, car le Seigneur parle alors librement à l’âme, et celle-ci est plus disposée à écouter sa voix. » [3]

En cette époque troublée, comme Jean Baptiste, nous sommes appelés à être les témoins du Verbe de lumière, c’est-à-dire Jésus, qui est depuis toujours auprès de Dieu, LA lumière créatrice, LA Vie.

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[1] Propos du Pape François sur la place de l’école primaire d'Iqaluit, au Nunavut, le 29 juillet 2022 vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2022/july/documents/20220729-giovani-anziani-iqaluit.html
[2] Christian Lépine. Créés pour être aimés, Médiaspaul, 2012, p. 75;
[3] Saint Padre Pio de Pietrelcina. Une pensée par jour, Textes recueillis par père Gerardo Di Flumeri, ofm cap, Médiaspaul, 1991, p.119;

Enfant de lumière


On voudrait s'engager, mais ne jamais souffrir