CULTURE MUSIQUE: André Gagnon
Par Benoit Voyer
3 décembre 2025
Le pianiste et compositeur André Gagnon est né le 2 aout 1936, au 236, boul. Bégin, à Saint-Pacôme, dans le secteur du Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent. Selon la tradition, il est baptisé le lendemain dans l’église paroissiale. André est le dernier enfant d'une famille nombreuse. Il passera son enfance dans cette maison.
Son père est David Gagnon. De 1931 à 1933, il est maire de Saint-Pacôme. Sa mère est Amanda Lajoie, une institutrice.
À partir de l'âge de 3 ans, il joue sur le piano familial. Il recevra ses premières véritables leçons de musique deux ans plus tard.
La musique a toujours fait partie de la vie familiale. Après la grand-messe du dimanche, on se réunit au salon pour chanter, accompagnés au piano par Rita ou Yvette. Cette dernière sera l’organiste de la paroisse pendant 60 ans.
Toute sa vie, André Gagnon restera profondément attaché à son village natal.
André Gagnon nous a quittés le 3 décembre 2020, en pleine pandémie de la covid-19. Ses funérailles sont célébrées dans la cathédrale Sainte-Anne, à La Pocatière, le samedi 23 janvier 2021, à 13 h. Par la suite, il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pacôme. Il est facile à trouver puisque son visage est gravé sur la pierre tombale. À Montréal, une célébration commémorative a eu lieu le vendredi 3 décembre 2021.
PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 3 (1993)
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 3 (1993)
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre de Job;
2- Portrait de Mgr Luciano Mandez, du Brésil;
3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil: La résurrection en question;
4- Sainte Claire d'Assise;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 66;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des croix de chemins;
7- Le Catéchuménat de Montréal avec Paul Delorme;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Qui nous a parlé de Dieu?
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres;
10- Pierre Bélanger: Les feux de circulation au sujet des médias;
11- La chanteuse Danielle Odderra lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 03 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Jean-Paul Regimbal
Le père Jean-Paul Regimbal, décédé le 8 septembre 1988, est un véritable phénomène de l'histoire religieuse du Québec. Il laisse peu de gens indifférents. Plusieurs l'invoquent comme un saint. Les autres le voient comme un illuminé ayant ramené le fondamentalisme en terre québécoise.
Enfance
Né le 4 juillet 1931, dans une famille de 12 enfants (5 filles et 7 garçons), le fort appel intérieur de ce jeune de North Bay (Ontario) débute en 1940, lors d'une visite à la prison de Cochrane. Naît en lui un grand désir de venir en aide à ces personnes privées de liberté. Le petit Jean-Paul avait 9 ans.
Artiste dans l'âme, Jean-Paul connaît beaucoup de succès en tournée de spectacles avec sa famille dans plusieurs municipalités de l'Ontario. Tous chantaient et jouaient de la musique. Leur troupe ressemblait à celle de la famille Trapp. «Jean, comme l'appelle affectueusement sa soeur Lucille, performait particulièrement au piano. D'ailleurs, il désirait devenir un concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suivait des leçons dans ce seul but.
Il tombe sous le charme
Devenu étudiant au collège des Jésuites de Sudbury pour y faire son cours classique, il se rend à l'édition de 1947 du congrès marial d'Ottawa. Pour la première fois de sa vie, il rencontre des Trinitaires. C'est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. «Voilà enfin des religieux qui s'occupent des prisonniers!» doit-il se dire en lui.
Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Marcel Demers, o.p., lui demande de garder cela dans le secret de son coeur afin de laisser Dieu lui préciser l'appel.
C'est plus fort que lui. En 1949, il sacrifie sa prometteuse carrière de musicien et, le 8 septembre (jour de la fête de la Nativité de Marie), il entre au noviciat des Trinitaires de Saint-Bruno-de-Montarville. Le père Pierre Saint-Pierre, qui est maître des novices, devient son guide. En communauté, il reçoit le nom de Jean-Paul de Jésus. Marie devient sa confidente et celle qui veille sur lui. Plusieurs événements de sa vie arriveront un 8 septembre.
Le jeune novice se montre obéissant, plein de vie et curieux de connaître sa communauté.
À l'orgue et au piano, il ne tarde guère à montrer son talent de musicien. Il compose même une musique sur un poème de Rimbault: «Sur l'onde calme et noire où brillent les étoiles, la blonde Ophélia dort comme un lys ... » Le maître des novices est scandalisé.
Le 1er novembre 1950, à l'occasion de la proclamation du dogme de l'Assomption de Marie, il compose une musique sur l'hymne des vêpres: «Solis o virgo, radiid amicto ... » Sa mélodie s'inspire de la lignée de Mozart et Fauré Durant ces années, il compose aussi de nombreux psaumes, des hymnes pour la liturgie en français et 2 messes dont une à 3 voix égales en l'honneur de Notre-Dame du Rachat.
Son noviciat terminé, il fait des études en philosophie et entre au Grand Séminaire de Montréal, chez les Sulpiciens, pour étudier la théologie.
À chaque année, il passe de longs séjours à l'hôpital - sous la tente à oxygène - à cause de l'asthme. Malgré cela, il réussit ses études et prononce ses vœux solennels le 8 septembre 1953.
Durant ses années de formation, il compose une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. «Celle qui a vécu sa vie» est présentée à 3 occasions à la salle montréalaise du Gésu. Suite à ce succès, le texte de sa pièce est publié, en 1955, aux éditions Trinitas.
Jeune prêtre
Ordonné prêtre, le 11 mai 1957, Jean-Paul Regimbal ne chôme point. Il est rapidement nommé professeur au Séminaire Sainte-Trinité à Montréal: il y enseigne l'anglais, la littérature anglaise et l'initiation aux beaux-arts
Durant ce temps, il devient rédacteur en chef de «Trinitas» et de «Trinité et vie», revue pour lesquelles il collabore depuis 1953. Il sera à la tête de la publication de 1958 à 1962. Il écrit régulièrement, parfois de 3 à 4 textes par numéro. Pour que son nom ne paraisse pas trop souvent, il signe aussi sous les pseudonymes de Jean-Baptiste de la Trinité et de Paul le Studite. Dans les 10 ans qui suivent, il continue de collaborer sporadiquement à cette revue qui termine sa course sous le titre de «Trinité Liberté»
Et ce n'est pas tout! Il poursuit des études universitaires en criminologie et trouve le temps de collaborer - avec 2 autres confrères - à la rédaction du livre «Jean de Matha: un fondateur d'avant-garde», paru en 1960, à Paris, aux éditions Anthème Fayard et à la rédaction de son «programme de la délinquance juvénile» paru en 1964.
En 1962, tout en poursuivant ses études à l'université, il commence à s'impliquer dans les institutions pénitentiaires.
En prison
Celles-ci terminées, il devient officiellement aumônier à la prison de Bordeaux et à Mont Saint-Antoine. Dans ces centres, il renouvelle la pastorale et organise des cours spécialisés pour le service des prisonniers et des jeunes délinquants.
Il devient l'aumônier des prisons du Canada. Il se fait l'ardent défenseur de la suppression de la peine de mort. Son influence est grande dans le milieu carcéral.
«Dix ans de travail dans les prisons du Québec m'avaient fait voir la puissance de Dieu dans les coeurs et l'impuissance de mon ministère sacerdotal. Je travaillais dur et pourtant, je trouvais que les conversions ne correspondaient pas aux efforts multiples que je déployais pour rejoindre cette population carcérale», racontait-il en 1980, à des gens d'affaires réunis à Montréal à l'occasion d'un souper du regroupement ACTE
Expérience spirituelle intense
En 1969, suite à une recommandation médicale, ses supérieurs l'envoient vivre à Phoenix en Arizona. L'air plus sec de ce coin des États-Unis aiderait ses problèmes d'asthme.
Le 9 septembre 1969, à 9 heures, il fait la rencontre de Sandy Winters, une anglicane. Elle le consulte au sujet de phénomènes particuliers qu'elle vit dans le cadre du renouveau charismatique, mouvement d'inspiration pentecôtiste qui a pris naissance à la mi-février 1967 à l'Université Duquesne aux États-Unis. Pendant 3 jours, il parcourt de sérieux ouvrages sur l'Esprit Saint, dont la Bible et les conclusions du Concile Vatican II (terminé le 8 décembre 1965). Il veut être assuré de bien la conseiller.
Le 11 septembre, il se rend à sa résidence pour lui livrer sa réflexion. Sandy Winters est en train de préparer le repas familial. Le Père Regimbal entre chez elle et, sans attendre, il se met à genoux sur le parquet de la cuisine et lui demande de lui imposer les mains pour qu'il puisse recevoir les mêmes grâces qu'elle. L'expérience transforme sa vie.
Puisqu'il n'y avait pas de catholiques vivant ce phénomène à Phoenix, il se joignit à un groupe oecuménique charismatique. Rapidement, il devint reconnu et la nouvelle se répandit: «Un prêtre catholique qui prophétise et qui fait des miracles». Quelques semaines plus tard, il était invité au Groenland pour y donner une conférence.
Les charismatiques au Canada
En août 1970, il revient au Canada pour diriger la maison de retraites spirituelles des Trinitaires de Granby.
Rapidement, il réunit un petit groupe de priants (une dizaine de personnes). Ils sont touchés, rejoints en eux. Des vies sont transformées. Des gens sont guéris. La popularité du Père Regimbal traverse vite les limites de la cité de Granby. C'est la naissance du renouveau charismatique au Canada.
L'adhésion à ce «mouvement de l'Esprit» se fait rapidement. Au premier congrès charismatique qui se tient en 1973 au Collège Loyola à Montréal, il y a 4000 personnes (50% d'anglophones). Le Québec compte alors 50 groupes de prière d'inspiration charismatique.
Un an plus tard, ils sont 6500 à l'Université Laval à Québec pour un 2e grand rassemblement. Il y a 400 groupes de prière dans la belle province.
En 1977, ils sont 20 000 congressistes au Stade Olympique à Montréal. À la session de clôture, l'assistance triple. En cet après-midi de juin, sont réunis sur la même scène: le cardinal Maurice Roy, Michel Quoist de France, Émilien Tardif de la République Dominicaine et Jean-Paul Regimbal.
Enfin, au congrès de juin 1979, ils sont 24 000 charismatiques au Stade Olympique. Le recensement de l'Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique (ACFRCC) de cette année-là compte 822 cellules de prière charismatique au Canada et 38 083 adeptes
Autour du monde
Jean-Paul Regimbal se promène autour du monde. En exemple, en 1973, il se rend à Hawaï, à Hong Kong, au Japon, au Cambodge, au Vietnam et en Inde. En passant par la France - où l'ordre des Trinitaires, fondé à Cerfroid en 1198, vient d'être relancé, 3 ans plus tôt, par le père Pierre Saint-Pierre - il rencontre dans la prière le futur Frère Éphraïm qui lancera, à la suite de cet entretien, la communauté des Béatitudes et Pierre Goursat qui, de son côté, partira la communauté de l'Emmanuel à Paris.
Dans plusieurs pays, Jean-Paul Regimbal est considéré comme étant l'initiateur du renouveau dans l'Esprit Saint.
Oeuvres et livres
À son retour, il fonde l'Eau Vive pour les animateurs de groupes de prière. Jeanne Bizier devient sa principale collaboratrice. Son expérience de vie et celle auprès du Père Regimbal l'amène à ériger, en 1978, la Famille Myriam Beth'léem, un regroupement d'hommes et de femmes consacrés à Dieu.
De plus, il met sur pied la librairie Pneumathèque (La Librairie Trinitaires depuis 1996); Témoignage-Jeunesse, pour les jeunes; et, ACTE, pour les gens d'affaires. Il initie aussi les Cafés Chrétiens et encourage la fondation de plusieurs oeuvres apostoliques dont Rassemblement à son image.
Du côté littéraire, il écrit, en 1981, «La Révolution de l'amour», et, en 1983, «Le rock'n'roll - viol de la conscience par les messages subliminaux». Le projet du livre «La civilisation de l'amour» ne voit pas le jour.
Purgatoire
En 1983, débute sa descente aux enfers. Un vrai purgatoire! Son asthme lui cause de sérieux ennuis. En 1984, il est «opéré à coeur ouvert» de toute urgence. Il ne peut donc pas se présenter au congrès charismatique du diocèse de Saint-Hyacinthe où il est attendu. La foule est attristée.
Usé, épuisé, fatigué ... Le 8 décembre 1985, il fait ses adieux à ses amis à l'occasion d'un souper de l'amitié, organisé dans un hôtel de la Montérégie. Près de 1000 personnes sont au rendez-vous. La voix pleine d'émotion et les yeux souvent remplis de larmes, il s'entretient quelques minutes avec la foule et repart - le visage endolori - pour se reposer au monastère des Trinitaires de Granby.
Jusqu'au 8 septembre 1987 où il reviendra se reposer au couvent granbyen, il travaille en sol romain à faire connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi. Son complice est le père Armand Gagné, o.ss.t. Il fait ce qu'il peut entre ses nombreux séjours dans les hôpitaux européens: Nice, Rome, Paris ..
La soirée du 8 septembre 1988, il la passe au Centre hospitalier de Granby avec quelques proches. Sa dernière parole du jour s'adressera à Roméo Voyer: «Croyez à l'Eucharistie! Aimez l'Eucharistie!» Personne ne savait ce que préparait la Vierge de la Nativité. «La visite partie», Jean-Paul Regimbal prie, se couche pour la nuit, s'endort et son âme quitte son corps. Il passe des ténèbres à la lumière. Par la main, Marie le conduit à son Fils. Il avait 57 ans.
Et après ...
Est-ce qu'il est un saint? Humainement, il n'avait rien de parfait. Il est plutôt à regarder avec une pointe d'humour. Toutefois, sa grande foi, son intense désir de Dieu, son espérance et son amour de la Trinité et de ses contemporains sont des exemples à imiter.
Régulièrement, de nombreuses personnes se rendent au cimetière Saint-Antoine de Longueuil pour se recueillir sur sa tombe.
Pour souligner le 10e anniversaire de son décès, un rassemblement aura lieu, le 7 septembre à 19 heures, au monastère des Trinitaires de Granby.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, mai 1998, pages 220 et 221)
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