POLITIQUE: L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »
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| François Legault, premier ministre du Québec |
Par Benoit Voyer
25 novembre 2025
Tout le monde le sait : l’actuel premier ministre du Québec est un interventionniste. Lors d’une rencontre éditoriale à Radio-Canada, François Legault disait : « Moi, j’assume le fait qu’on est un État interventionniste et qu’on en fait beaucoup plus que ce qui se faisait avant ».[1]
En homme de chiffres, il devrait savoir que « l’étatisme » ou l’interventionnisme a des effets pervers. Il conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne » tellement en profondeur que la personne en vient à perdre sa capacité d’imaginer les choses autrement que celles que les gouvernements ont mis en place. C’est ce qui a fait dire à Trévor Burrus : « L’État atrophie notre imagination »[2]. C’est ce qu’il appelle le « Statrix ».
Ce qu’un gouvernement met en place à travers les lois et les programmes laisse une empreinte tellement grande qu’on finit par avoir de la difficulté à imaginer qu’il pourrait en être autrement. Pour reprendre Vincent Geloso : « L'impact de l’intervention étatique "sur notre capacité à concevoir les mondes que l’être humain peut créer par la recherche d’un bien-être supérieur" ».[3]
De quelle manière s’atrophie la matière grise ?
Pour commencer, on lance une loi ou un programme ou un « projet structurant ». Bien entendu, celui-ci entraine des changements dans nos modes de vie. Pensant avoir en main la solution parfaite, ceux qui nous gouvernent s’organisent pour éliminer des solutions ou des initiatives privées ou provenant de la communauté qui existaient ou existent déjà.
Résumant l’idée de Burrus, Geloso écrit : « Une fois l’action gouvernementale pleinement mise en place – qu’il s’agisse d’un métro, d’un cartel légal de taxis ou d’un réseau d’écoles publiques – une coalition d’intérêts composée de syndicats, de bureaucrates, de politiciens et d’acteurs économiques (comme une entreprise d’autobus électriques subventionnées) s’active pour s’assurer que cette intervention, aussi nuisible soit-elle pour la collectivité, ne disparaisse jamais ».
Il ajoute` : « Lorsque la qualité du service se dégrade, les gens se retrouvent coincés à cause de la deuxième étape. De plus, à la suite de la troisième étape, les citoyens ont non seulement perdu les services alternatifs, mais ils ont peut-être même oublié qu’ils existaient déjà. Cependant, si une tentative privée réussit à percer, la sixième étape survient ».
On procède alors à l’interdiction ou à la réglementation de la nouvelle solution privée. Ainsi on s’engouffre dans une sorte de « cycle menstruel » qui se répète et se répète.
On ne cessera de le répéter, il y a trop de règlements, de subventions et de sociétés d’État. Plus les gouvernements tentent d’encadrer, plus ils tuent la créativité et la productivité.
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[1] Véronique Prince. « Analyse, François Legault, l’interventionniste », Radio-Canada, 10 novembre 2025 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2206712/francois-legault-interventionnisme-etat-vision-economique-hydro-quebec
[2] Cf. Trevor Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[3] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.
[1] Véronique Prince. « Analyse, François Legault, l’interventionniste », Radio-Canada, 10 novembre 2025 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2206712/francois-legault-interventionnisme-etat-vision-economique-hydro-quebec
[2] Cf. Trevor Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[3] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Violence faite aux femmes
Vers 1970 à bord d'un autobus conduisant des enfants au terrain de jeux d'une petite municipalité de la Montérégie, des marmots disent en chœur une comptine apprise par cœur : «Les filles les guenilles, les gars les soldats !» Ils répètent et répètent sans cesse cette ritournelle sexiste jusqu'à ce qu'elle soit imprégnée au fond d'eux.
À l'époque, ils n'avaient pas tort de s'exprimer de cette façon. La société tolérait ce genre de slogans. L'histoire était empreinte dans les mœurs. Dans la première partie du siècle, la loi civile permettait au mari de battre sa femme avec un bâton ne dépassant pas un pouce de diamètre. Il ne se sentait jamais coupable, car ces coups étaient normalisés par la société.
Les gamins du temps sont devenus grands. Plusieurs hommes vivent maintenant des instants de confusion. Les mouvements féministes les ont acculés au pied du mur. Ils doivent s'adapter à une nouvelle réalité sociale en cherchant des modèles qui n'existent guère. Exaspérés, plusieurs mâles continuent de perpétuer des comportements sexistes et à dominer la gent féminine. Les femmes ne tolèrent plus cela. Les hommes ripostent, veulent encore dominer et deviennent de plus en plus violents et jouent à la victime.
Les hommes coincés
«Les hommes n'ont pas appris à se prendre en main», dit Robert Ayotte, psychologue et responsable clinique à l'Accord Mauricie de Trois-Rivières, un des 25 centres d'aide pour les hommes à comportements violents et contrôlants du Québec. «Je les entends souvent me dire : "Mon père m'a montré à travailler, mais il ne m'a pas appris à verbaliser et extérioriser ce que je suis vraiment à l'intérieur de moi et à bien vivre avec mes émotions. Je me sens coincé. Tout ce que je suis capable de faire, c'est de travailler et piquer des crises de p'tit gars».
Il n'y a pas longtemps encore, la femme n'avait même pas le droit de répliquer à son mari. Au fil des années, elle a commencé à se lever parce qu'elle n'était plus capable de subir cette violence physique, psychologique et verbale. Elle n'était plus en accord avec ce traitement. La gent féminine s'est prise en main. C'est de cette façon que sont nés des centaines de regroupements d'aide aux femmes.
«L'homme a été obligé de perdre le pouvoir. Il a eu l'air fou! Il a perdu un précieux avantage qu'il ne voulait pas perdre ! Comme de nombreux hommes, il se questionne : "Cette formule fonctionnait pour mon père ! Pourquoi elle ne fonctionne pas pour moi ? Pourquoi ma femme réagit de cette manière ? Pourquoi ? Pourquoi ? L'homme est en déroute ... », dit celui qui rencontre des dizaines de clients par semaine à son bureau ou en thérapie.
La violence à la hausse ?
Il y aurait 300 000 femmes qui subissent la violence, selon le nombre d'admissions dans les centres d'aide aux femmes. Ce qui veut dire autant de conjoints violents.
«À l'accord Mauricie, 10% des épouses des gars que nous aidons sont dans une maison spécialisée. Ce qui veut dire que 90% n'ont pas ce support direct. Je suppose donc que le nombre d'hommes violents est 9 fois plus élevé que les données officielles», tente-t-il d'expliquer
L'accord Mauricie
L'accord ressemble aux 25 autres regroupements qui existent au Québec. Il n'y a rien d'improvisé. Ce sont de véritables spécialistes qui y travaillent : psychologues, travailleurs sociaux, psycho-éducateur, etc. De plus, quelle que soit la nature de la violence (physique, psychologique, verbale, sexuelle, économique ou autres), ils sont qualifiés pour aider les mâles à la dérive. «Quand ton intention est d'amener l'autre dans une soumission, il y a violence», insiste M. Ayotte.
Pour s'en sortir, faut-il vraiment passer par une thérapie? demande le journaliste de la Revue Sainte Anne. Tout de go, il répond : «Tu es tellement pris dans le problème que tu ne peux pas atteindre seul le fond. L'intériorité d'une personne est complexe. Si on ne va pas très, réellement très en profondeur, on ne règle rien. En thérapie, les gars sont confrontés à leurs problèmes. La plus grande erreur à faire est d'excuser leur violence et de chercher des explications à leurs comportements dominants».
Une thérapie à l'Accord Mauricie dure en moyenne 6 mois, au rythme de 2 heures par semaine. Contrairement aux maisons pour les femmes, une contribution est exigée aux hommes. Les femmes n'ont pas à payer pour la violence des mâles. 6% du salaire ou un minimum de 15$ est demandé. La thérapie proposée par cet organisme sans but lucratif subventionné par des dons et par Centraide, est efficace et à prix abordable quand on sait qu'il en coûte 60$ de l'heure chez un spécialiste pour une consultation privée.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, Octobre 1996, pages 392 et 393)
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