22 janvier 2026

RÉFLEXION: La solitude

La solitude

Par Benoit Voyer

22 janvier 2026

L’an dernier, à cette date, je terminais la lecture d’une série de lettres entre Marcelle Gauvreau et le frère Marie-Victorin, le fondateur du Jardin botanique de Montréal. Dans cet ouvrage, une phrase m’a grandement marqué. Le 11 avril 1937, elle lui écrivait : « Dites-moi que si dans la solitude une pensée noire se jette dans le creux de mon âme, c'est uniquement parce que dans tout bonheur se mêle un secret effroi : celui de le perdre… »[1]. Pour écrire une telle réflexion, la solitude de Marcelle devait être bien pénible à vivre.

Qu’est-ce que la solitude ?

La solitude est un état d’être. Elle peut être ponctuelle ou durable. Parfois, nous la choisissons. Trop souvent, nous la subissons. C’est surtout le cas lorsque nous n’avons pas beaucoup d’interactions avec les autres.

La solitude est très différente selon qu'elle est choisie ou subie. Parfois, je la choisis. J’en ai besoin pour nourrir ma vie intellectuelle ou spirituelle. Parfois, je la réclame afin de me poser ou pour me préparer avant d’entrer en action. Elle est alors appréciée.

En revanche, lorsqu’elle est subie, la solitude peut devenir douloureuse.

À mes yeux, la pire des solitudes n’est pas celle que je vis lorsque je me retrouve en solitaire. C’est plutôt de me sentir seul en couple, en famille ou en groupe.

On ne le sait peut-être pas assez, mais la solitude est un facteur de risque dans le développement de maladies de longue durée.

Plusieurs études montrent que la solitude (ou l’isolement social) est associée à des risques accrus de problèmes de santé physique et mentale, par exemple, la dépression ou le suicide.

C’est le sociologue Émile Durkheim, dans son ouvrage Le Suicide, paru en 1897, qui a mis en évidence un lien statistique fort entre la solitude et le suicide. Grâce à des données épidémiologiques, il a montré qu’il y a un lien fort entre l'isolement social et les problèmes de santé, physique et mentale, ainsi que le risque de suicide.

Dans les années 1970, le développement de la psychologie a démontré que la solitude aurait une forte corrélation avec la conscience et la représentation générale de soi : notamment en ce qui a trait à la faible estime de soi, la timidité, l'introversion et le manque d'assurance en soi.

En santé mentale, la solitude est également liée à un trouble schizoïde dans lequel un individu peut faire l'expérience d'aliénation.

Chez les enfants et les adultes, la solitude a souvent un impact dans la compréhension et la mémoire. Dans des cas d'isolement long et total, des phénomènes hallucinatoires ont été rapportés.

Enfin la solitude peut jouer un rôle important dans des troubles comme l'alcoolisme et la toxicomanie.

En ce 23 janvier, Journée mondiale de la solitude, allons visiter une personne qui n’a pas beaucoup d’amis et, pourquoi pas, offrons-lui notre amitié.

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[1] Marcelle Gauvreau, Lettres au frère Marie-Victorin – Correspondance sur la sexualité humaine, Boréal, 2019.

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Le corps humain est un territoire infini


EN MUSIQUE: Feather Theme from Forrest Gump (Angèle Dubeau et La Pièta)


 

LE PRÉSENT DU PASSÉ: La santé financière de Radio Ville-Marie s'améliore

La santé financière de Radio Ville-Marie s'améliore

Par Benoît Voyer, journaliste

MONTRÉAL – Radio Ville-Marie (RVM) a terminé son année fiscale 2000 avec des recettes de 729 140$, comparativement à 607 977$ en 1999. Le conseil d'administration de l'organisme de radiodiffusion a de quoi sourire, mais doit demeurer vigilant puisque c'est le million de dollars qu'il doit atteindre afin de rencontrer ses véritables besoins. Chaque jour, le directeur général, Jean-Guy Roy, doit contribuer au miracle quotidien puisqu'il faut plus que des prières pour maintenir le cap d'une programmation accessible 24 heures par jour.

Les dépenses minimales d'opération totalisent 583 609$, soit environ 20 000$ de plus que l'année précédente (562 079$).

Le frère Roy, membre de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, est fier de l'appui des auditeurs de sa station. Les dons totalisent 263 237$ pour l'an 2000, comparativement à 226 829$ pour 1999. Toutefois, il espère davantage. L'avenir de la station, qui rejoint un bassin potentiel de quatre millions d'auditeurs dans un rayon de 150 km, en dépend.

RVM est « une radio de contenu », une des rares, excluant les stations communautaires, avec la Première chaîne de Radio-Canada. Sa mission est d'offrir un service de radiodiffusion essentiellement consacré à des émissions religieuses d'inspiration chrétienne et œcuménique. Elle est ouverte aux grands courants spirituels d'aujourd'hui.

Elle est officiellement entrée en ondes le 1ᵉʳ mai 1995, après trois ans d'efforts d'un groupe de réalisateurs et d'animateurs de la Société Radio-Canada, dont René Barbin, Raphaël Pirro et Jacques Houde. Jacques Paquette, ex-directeur général de l'Office des communications sociales, devenu depuis ce temps Communications et société, figure également dans la liste des fondateurs.

La radio religieuse de Montréal rassemble 110 animateurs bénévoles et quinze employés, diffuse 140 émissions hebdomadaires axées sur l'information, la culture musicale, la culture religieuse et sociale, la méditation et les services communautaires.

Forte de deux antennes émettrices pour les régions de Montréal et de Sherbrooke, une demande a été déposée auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) afin de pouvoir diffuser les émissions sur une fréquence en Outaouais. Le miracle attendu pourrait se réaliser dans un court laps de temps.

(Revue Sainte Anne, Juillet et août 2001, page 301)