9 janvier 2026

POLITIQUE: Le manque de convictions d’Éric Duhaime

Le manque de convictions d’Éric Duhaime

Par Benoit Voyer

9 janvier 2026

Frédéric Poulin, ancien maire de Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues, ne sera pas candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) lors de l’élection générale de cet automne. En 2022, il était arrivé deuxième avec 23,41 % des voix. Quelle est la raison officielle de son désistement ? Il dit qu’à cause des nouvelles normes sur le bien-être animal, il doit consacrer un nombre d’heures accrues dans son entreprise agricole.

Si on va plus loin, l’ancien maire trouve qu’Éric Duhaime fait trop de compromis. En entrevue, il disait dernièrement : « Si tu veux marquer l’histoire et provoquer un vrai changement, ce n’est pas avec des compromis que tu vas le faire, c’est avec des convictions […] Je pense que je suis peut-être trop conservateur pour le Parti conservateur. »[1] À ses yeux, Éric Duhaime est en train de faire perdre au PCQ son identité propre.

Cette observation de Frédéric Poulin ressemble à des centaines d’autres que j’ai entendues ces trois dernières années chez les membres et anciens membres du PCQ : le Parti conservateur du Québec a bien changé. Ce n’est plus la formation politique que les Québécois ont connue lors du dernier grand scrutin en 2022. Plusieurs aimeraient retrouver à sa tête une personne aux allégeances plus de droite comme Danielle Smith, la dirigeante conservatrice de l’Alberta.

De plus, au fil de ses derniers congrès, les membres du PCQ ont voté des résolutions avec lesquelles Duhaime ne semble vraiment pas à l’aise. Il ne s’en cache même pas. Cela veut concrètement dire qu’il ne travaillera pas très fort pour celles-ci, préférant mettre de l’avant son propre programme.

Ne se reconnaissant plus dans ce qu’est devenu le parti pour qui ils ont voté en 2022, plusieurs dizaines de milliers de membres ont quitté le navire. Il ne reste plus qu’entre 5000 et 6000 membres en règle. La courbe est en continuelle baisse. En 2027, il se pourrait que je sois parmi les prochains à ne pas renouveler leur carte de membre.

Comme bien d’autres, je n’écoute et je ne lis presque plus les déclarations d’Éric Duhaime. Sur X, j’ai souvent l’impression qu’il écrit ses déclarations en direct de son lit, bien étendu sous ses couvertures. On dirait qu’il s’ennuie de son ancien métier de commentateur et qu’il oublie qu’il est le chef d’une formation politique et qu’il est le porte-parole d’une partie importante de l’électorat québécois de droite.

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[1] Cf. José Soucy, « Élection générale 2026 : Frédéric Poulin ne sera pas candidat pour le PCQ », La Pilule rouge, 7 janvier 2026, https://pilulerouge.ca/election-generale-2026-frederic-poulin-ne-sera-pas-candidat-pour-le-pcq/

GÉNÉALOGIE: Anniversaire de décès de mon arrière-arrière-grand-mère

Anniversaire de décès de mon arrière-arrière-grand-mère

Par Benoit Voyer

9 janvier 2026

Le 10 janvier 1897 décède Soulanges Gagné (1820-1897), mon arrière-arrière-grand-mère. Elle est inhumée le 14 janvier 1897, sous son banc dans l’église de Saint-André de Kamouraska, auprès de Rémi Garneau, son défunt époux.

Dans la marge du registre paroissial, il est écrit : « Sept. 1. Marie des Anges Gagné dit Bellavance ». Juste à côté, on déclare : « Le quatorze janvier mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, nous soussigné prêtre, supérieur du collège de Sainte-Anne (..) révérend Ferdinand Garneau, curé de Saint-Roch-des-Aulnaies, fils de la défunte, avons inhumé dans l’église de cette paroisse le corps de dame Marie des Anges Gagné dit Bellavance, veuve de feu Rémi Garneau de cette paroisse, décédée en cette paroisse le dix du courant, âgée de soixante-dix-sept ans. Furent présents : Rémi Garneau, Achille Garneau, Pierre Médéric Garneau, médecin, Félix Garneau, fils de la défunte, les révérends (…) Claude Guy, George (Guy), Charles Bourque, et autres parents et amis dont plusieurs ont signé avec nous. »  Suivent les signatures, souvent illisibles, mais on reconnaît « Curé de Ste-Louise », « Guy, ptre, curé de Ste-Hélène », « Ed. Roy, ptre », « Bourque, ptre, curé de St-Alexandre », « Arthur F. Dumais, diacre », « Achille Garneau », « Pierre Pelletier », « Ferd. Garneau, curé, ptre », « Francois Chénard », « Ludger Massé » et cela se termine avec « D. Pelletier, ptre, supérieur du collège de Ste-Anne ».

Les funérailles sont présidées par l'abbé Ferdinand Garneau, son fils

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

Église catholique Saint-André de Kamouraska

EN LIBERTÉ: L’interventionnisme conduit à un remodelage de la pensée citoyenne


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Paolo Noel no 9


VISION CATHOLIQUE: Le plus grand est souvent celui qui est près de la porte

Le vénérable Pierre Goursat en prière
Le plus grand est souvent celui qui est près de la porte

Par Benoit Voyer

9 janvier 2025

Jésus ne cesse d’étonner. En parlant de Dieu, il dit : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3,30).

En repensant à ces paroles, il m’est venu celles de Christian Beaulieu. Dans son livre « Du vent plein les voiles », il écrit [1] : « Mais, me ferez-vous remarquer, Dieu est immensément grand ! Bien sûr, mais sa grandeur est celle de l’amour, puisqu’il n’est qu’amour. Parce qu’infiniment grand, il renonce à sa grandeur. […] Il est humble. […] s’effacer. Qui ne sait pas le faire ne sait pas aimer. Jésus ne s’est pas penché sur ses disciples, il s’est mis le plus bas qu’on peut être : à terre, à genoux ! »

On s’attend à ce que la personne la plus importante soit toujours en avant, bien en vue. Jésus enseigne le contraire. Dans les choses de l’âme, le plus grand est souvent celui qui est près de la porte, c’est-à-dire le plus effacé. C’était ainsi dans la plus grande partie de la vie de saint Alfred Bessette et dans celle du vénérable Pierre Goursat.
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[1] Christian Beaulieu, Du vent plein les voiles, Éditions Le Renouveau, 1984, p.54.

EN MUSIQUE: Bambo Twist (Éric Bouvelle)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Gilles Poirier, p.m.é

Expulsé du Soudan par les musulmans

Gilles Poirier, p.m.é

« C'est dégradant d'être manipulé comme ça, comme un criminel! »


Benoît Voyer


Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, de la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l'avion où l'a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l'expulser de son pays. Dans les couloirs de l'aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes les actions de l'Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique, il y a quelques années. Son seul commentaire en descendant de l'avion fut : « C'est dégradant d'être manipulé comme ça, comme un criminel ! »

L'ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l'avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à le foutre à la porte du pays, allant jusqu'à visiter les ministères un par un. Officiellement, il n'a jamais obtenu de réponse.

« Le motif, ils ne me l'ont jamais dit. J'ai été au ministère de l'Immigration et ils m'ont exigé de quitter le pays. J'ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m'ont dit : « Nous, on est sous des ordres que nous accomplissons. Nous ne savons pas les raisons. J'ai demandé où je pourrais aller m'informer. Ils m'ont envoyé à la Sécurité d'État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C'est à ce moment qu'a commencé mon pèlerinage d'un bureau à l'autre. Cela n'a pas donné de résultats », a-t-il confié à la Revue Sainte Anne.

Le 7 août, il doit quitter sous peine d'emprisonnement.

Comme convenu, il se rend à l'immigration. Ce sont les fonctionnaires soudanais qui l'amènent à l'aéroport pour s'assurer qu'il est bien parti. Ce n'est qu'une fois à bord de l'avion qu'ils lui remettent son passeport.

« On ne m'a jamais dit les motifs, sauf que nous les savons à la longue ! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements… », ajoute le missionnaire qui aimerait bien retourner là-bas.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques ont des petits projets de développement. Les femmes y font notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison parce que les salaires des maris ne sont pas suffisants pour les besoins de leurs familles.

Il poursuit : « Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l'Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d'avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l'Église locale ne payait pas ses engagements. Il n'amenait rien ! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m'a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes. »

Les gens du village connaissent cette histoire. C'est d'eux que les vraies raisons sont venues.

Habituellement, c'est le silence sur les situations d'expulsion dans ce pays, mais cette fois-ci ce ne fut pas le cas à cause des pressions de l'Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l'affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu'il a fait de la corruption en donnant beaucoup d'argent – surtout aux étudiants afin d'alimenter la haine – et qu'il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration : « Nous n'avons pas dit cela ! »

« On m'a confirmé, lors des derniers échanges, que je serais réintégré. Cependant, je ne projette pas retourner immédiatement parce qu'il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse où j'étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose pour l'instant» , explique-t-il. Au moment de l'entrevue, il lorgnait du côté du Kenya où il y a beaucoup de déplacés de guerre qui viennent du Soudan. C'est là qu'il risque de se retrouver en septembre.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé 16 ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan. Son expulsion du 7 août 1999 restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne se guérit pas.


(Revue Sainte Anne, Juillet-août 2000, page 295)