24 janvier 2026

GÉNÉALOGIE: Jean-Baptiste Voyer (1766-1838)

Jean-Baptiste Voyer (1766-1838)

Par Benoit Voyer

24 janvier 2026

Le 25 janvier 1838, à Saint-Pascal, dans la région de Kamouraska, décède Jean-Baptiste Voyer, époux de Louise Dumais et fils de Magdeleine Dupont et René Voyer, connu au Nouveau-Monde sous le prénom d’Étienne. Il est inhumé dans le premier cimetière pascalien, lieu aujourd’hui disparu. Sa dépouille aurait été exhumée et enterrée à nouveau dans le cimetière derrière l’actuelle église. Comme c’était le cas à l’époque, il n’y a aucune pierre tombale à son nom.

Jean-Baptiste a vu le jour le 28 juin 1766, dans la seigneurie de Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce. Il grandit en régime britannique. L’Angleterre règne sur la Nouvelle-France en roi et maitre depuis 1763.[1]

Le 22 juin 1774, le roi Georges III ratifiera l’Acte de Québec. On permet alors aux Canadiens français de conserver leur langue, leurs droits civils et la religion catholique.[2]

Dans un article paru dans le Journal de Montréal [3], Martin Lavallée met en perspective cette période de l’histoire : « Devant la faible immigration britannique dans la « Province of Quebec », « le mécontentement des Canadiens d’origine française et le contexte tendu dans les Treize colonies américaines obligent Londres à faire preuve de réalisme et à écouter les conseils du gouverneur Guy Carleton. Ce dernier recommandait de renoncer au projet d’assimiler les Canadiens pour entretenir l’harmonie et faciliter la gestion de la colonie. Sa position reçut des appuis à Londres, notamment parmi ceux qui ne voulaient pas répéter les erreurs commises en Irlande. »

Il ajoute : « Les mesures importantes instaurées en 1774 sont le rétablissement des lois civiles françaises et du régime seigneurial, l’élargissement considérable de la « Province of Quebec » et l’abolition du serment du test. Celui-ci, en obligeant les individus à renier l’autorité papale et la transsubstantiation du Christ dans l’Eucharistie, restreignait l’accès des catholiques français aux charges publiques.

Un Conseil législatif, dont les membres sont toutefois nommés par le gouverneur, est aussi instauré par l’Acte de Québec. Des Canadiens français catholiques seront nommés par le gouverneur et vont pouvoir siéger au sein de ce nouveau conseil. […]

Les diverses mesures mises en place par l’Acte de Québec plaisent bien entendu aux élites seigneuriales canadiennes et à l’Église catholique, mais déplaisent en revanche aux marchands britanniques de Montréal et de Québec, qui voient les nouvelles mesures comme une victoire des catholiques français. L’élargissement d’une province « papiste » sur les terres fertiles de l’Ohio crée aussi du mécontentement dans les Treize colonies et contribue à la Révolution américaine. »

Enfin, « si on prend la nation québécoise comme objet d’étude, l’Acte de Québec incarne une forme de renaissance. Évidemment, sur le terrain, l’application de la Proclamation royale était déjà assez souple en réalité. Néanmoins, en 1774, une nation conquise dont le destin était de disparaître se voit tout à coup reconnue par son conquérant, qui renonce officiellement à l’assimiler, lui redonne ses institutions et lui permet de continuer d’exister.

À première vue, cette nation issue de la colonisation française semble ainsi se voir offrir un nouvel horizon des possibles, lui permettant d’espérer et de se projeter dans l’avenir. »

À Sainte-Marie, en 1778, Jean-Baptiste voit se construire une petite chapelle en bois consacrée à sainte Anne. Comme toute la population de Sainte-Marie, il s’y rendra. Ce lieu de dévotion populaire, qui existe encore de nos jours, a toujours eu pour but de satisfaire le culte de la grand-mère de Jésus, « la bonne sainte Anne », et, surtout, de l’implorer de les préserver des dégâts des inondations. Dans ce secteur, la rivière Chaudière sort de son nid presque tous les printemps.

En 1781, le curé Jean-Marie Verreau et le seigneur Gabriel-Elzéar Taschereau feront construire une deuxième église. Celle-ci sera en pierre et remplacera la précédente faite en bois.

René-Étienne Voyer, son père, décède le 8 décembre 1785, à Sainte-Marie. Ses funérailles sont célébrées le 10 décembre dans l’église paroissiale [4], située juste à côté de sa propriété. Il est inhumé dans le cimetière de Sainte-Marie où on enterre les défunts de la seigneurie depuis 1748. Il y rejoint ses quatre enfants nés en bas âge.

Sur le plan politique, le 10 juin 1791, l’Acte constitutionnel reçoit la sanction royale. L’ancienne Nouvelle-France est alors divisée en deux: Le Haut-Canada (10 000 habitants) et le Bas-Canada (160 000 habitants). Il s’agit d’une division rendue nécessaire en raison des immigrés loyalistes qui ne veulent pas des lois françaises.

Quatre ans plus tard, le 5 octobre 1795, dans l’église catholique de Rivière-Ouelle, au Bas-Saint-Laurent, Jean-Baptiste épouse Louise Dumais (1772-1866), fille de Pierre Rossignol du May (1716-1803) et Catherine Michaud (1733-1815). Quelques jours plus tôt, le 30 septembre 1795, ils s’étaient rendus à la greffe du notaire Louis Cazes pour signer leur contrat de mariage.

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[1] Cf. Philippe Roy-Lysencourt, “Le diocèse de Québec : éléments historiques”, “350 ans de sens et d’action – Église catholique de Québec – Reflets d’hier à demain”, le magazine officiel du 350ᵉ anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p. 11.
[2] Cf. Philippe Roy-Lysencourt, “Le diocèse de Québec : éléments historiques”, “350 ans de sens et d’action – Église catholique de Québec – Reflets d’hier à demain”, le magazine officiel du 350ᵉ anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p. 11.
[3] Martin Lavallée, « Il y a 250 ans, l’Acte de Québec redonnait vie au Canada français », Journal de Montréal, 22 juin 2024. www.journaldemontreal.com/2024/06/22/il-y-a-250-ans-lacte-de-quebec-redonnait-vie-au-canada-francais
[4] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_31191444?pId=15020084

IL FAIT TOUJOURS BEAU: La masturbation


VISION CATHOLIQUE: Il faut que les chrétiens se convertissent

Il faut sortir de nos églises et aller vers les gens
Il faut que les chrétiens se convertissent

Par Benoit Voyer

24 janvier 2025

Un jour, le cardinal Emmanuel Suhard disait : « Un mur s’élève entre nous et la masse de nos populations. Ce qu’il y a de plus grave, c’est qu’au-delà de ce mur, cette masse se passe de religion et qu’on tend de plus en plus à l’organiser de telle façon qu’elle vive en dehors de l’Église. Laisserons-nous s’élever ce mur et se consommer le divorce entre l’Église et la masse qui l’entoure ? ». (…) « Ce mur, il faut l’abattre à tout prix. »[1]

Au Québec, le divorce serait-il consommé, voire irréversible ? Pour que le mur ne soit pas trop difficile à surmonter, il faut que les chrétiens se convertissent, changent leur attitude. Il faut sortir de nos églises et aller vers les gens. Il faut que l’Évangile prenne racine dans tous les secteurs de la vie humaine.

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[1] Cité dans : Jean Vinatier. « Le Cardinal Suhard, l’évêque du renouveau missionnaire », Le Centurion, 1983, pp. 378 et 379.

LES GRANDS ESPACES

 

EN MUSIQUE: Guérir nos mémoires (Deux frères)

 


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les Prix radio et télévision de Communications et Société

Les Prix radio et télévision de Communications et Société

Par Benoît Voyer


MONTRÉAL – Il n'y a plus l'ambiance de fête qu'il y avait, il y a quelques années, à la remise des prix Communications et société, catégorie radio et télévision, mais l'idée initiale de décerner, année après année, des récompenses à des œuvres qui s'inscrivent dans la mission de l'Organisation communications et société (OCS), reconnue par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) comme étant, depuis 1957, l'Office des communications sociales, demeure d'une grande importance pour le milieu des communications.

Le 2 mai, à l'occasion de son gala, qui avait lieu à la salle de bal Sarah-Bernhardt de l'Hôtel Intercontinental, sous la présidence d'honneur de la comédienne Janine Sutto, l'OCS a décerné cinq prix. Les récipiendaires 2001 sont « Mexico : à la vie à la mort », « Le glaneur », « Grandir dans la rue, 12 ans plus tard », « La maladie d'Alzheimer » et « Laurette et la joie de servir ».

Produit par Macumba International, « Mexico : à la vie comme à la mort » est construit à la manière d'un clip. Sans cucuterie, ce document présente le visage humain de Mexico coincé entre la vie et la mort. Société de l'espérance, ces images présentent la lutte à la pauvreté, contre la démocratie et la violence des 25 millions d'habitants de cette ville d'Amérique.

Reportage diffusé à l'émission Macadam tribu de la Première chaîne de Radio-Canada, le reportage « Le Glaneur » a touché les membres du jury, composé de Niquette Delage, avocate et communicatrice, Denis Dompierre, coordonnateur des Prix Communications et société, et Suzanne Leroux, formatrice et consultante en communication au Centre St-Pierre. Il met en vedette Étienne Lapointe qui exerce le métier de glaneur. « Orphelin de Duplessis », il s'enfuit d'un hôpital psychiatrique à l'âge de 19 ans. Pour s'en sortir, il « fait les poubelles » et décide d'en faire son métier.

Douze ans après avoir filmé des enfants dans les rues à Cusco au Pérou, Robbie Hart et Luc Côté proposent un retour sur place pour savoir ce que sont devenus ces enfants. « Grandir dans la rue », produit par la maison Adobe, est, selon le jury, « un parcours sans faute ».

« La maladie d'Alzheimer », produit par les Productions Pixcom, est un documentaire qui tente de faire comprendre les diverses étapes de cette maladie. Un reportage rempli d'espérance.

Une mention d'excellence a été décernée à l'émission « Sur la place » pour le portrait de Laurette Lepage-Boulet, responsable de La fraternité de l'Épi. Ses propos retenus pour ce reportage, intitulé « Laurette et la joie de servir », sont touchants. « La vie est remplie d'une espèce de plénitude qui va en s'élargissant, qui finit en beauté. La souffrance est faite pour être traversée », dit-elle.

Le prix 2001 est une gravure de l'artiste québécoise Manon Lambert, produite en exclusivité pour l'OCS, et le concours est rendu possible grâce à la participation financière de Vidéotron, de la Fondation CRICOM et de la CECC.

Communications et Société a pour mission de promouvoir la qualité, le sens critique et les valeurs éthiques et spirituelles dans l'univers des médias.

L'organisme ne jouit pas d'une grande popularité dans le grand public, comme ses prix, mais est essentiel. À contre-courant, l'OCS use de ses blandices pour rappeler des règles élémentaires à l'univers des communications et à la société canadienne.

(Revue Sainte Anne, Juillet et août 2001, pages 301 et 302)