Remise des prix de l'Office des communications sociales: Le film «De beaux lendemains» reçoit un prix pour ses valeurs
En plein hiver sur la route glissante, un autobus rempli à pleine capacité tombe dans un ravin. Des enfants crient à pleine voix ... Des cris déchirants à perdre l'âme. La glace du lac où ils se retrouvent s'effondrent sous le poids du véhicule Catastrophe! Le bus devient le tombeau de ces pauvres jeunes qui n'ont même pas le temps de réagir pour sauver leur peau. Cette tragédie routière rappelle le terrible drame des Éboulements, au Québec, l'an dernier.
Cette scène du film «De beaux lendemains» du réalisateur torontois Atom Egoyan donne des frissons. Il n'est pas étonnant qu'il soit le grand gagnant de la remise des prix annuels de l'Office des communications sociales (OCS) – tenue le 24 avril de 17 à 19 heures au Château Champlain, à Montréal - qui a pour but de promouvoir la qualité dans les médias et certaines valeurs telles l'accueil, la générosité, la tolérance et l'entraide. Cette oeuvre a déjà, entre autres, obtenu le grand prix du jury, le prix de la critique internationale et prix du jury œcuménique au Festival de Cannes, en 1997.
Le jury est unanime: «Ne jouant aucunement sur le pathos ni sur un quelconque sensationnalisme, le cinéaste fait plutôt partager de façon très sensible et pudique le parcours intérieur de diverses personnes affligées par un malheur qui les dépasse. Pour ce faire, il a recours à une construction à la fois complexe et fluide, multipliant les points de vue et exposant graduellement le drame profond vécu par chaque personnage. Leur psychologie se trouve ainsi révélée davantage à chaque saut dans le temps. Il s'agit certainement du film le plus généreux et le plus dense d'Atom Egoyan à ce jour.»
L'histoire du film «De beaux lendemains» raconte les tribulations d'un avocat qui tente de convaincre les parents des victimes de ce terrible accident de participer à un recours collectif. Un film vraiment touchant!
Autres prix
De nombreux autres prix ont été décernés par l'association catholique reconnue par les évêques catholiques du Canada.
Le Prix télévision a été donné aux Productions Mucumba pour le document «Roses de Lima» de la série «Vivre en ville». Ce reportage tourné à Lima au Pérou dénonce la violence familiale et montre comment des femmes s'organisent pour changer leur situation sociale
Dominique Payette, journaliste à l'émission «275-allô» diffusée sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada, a reçu le Prix radio pour un grand reportage donnant la parole à des adolescents qui ont des difficultés à vivre leur homosexualité.
Le Prix télévision communautaire a été remis à Louise Nadeau de la télé régionale de l'Amiante pour son document «En parler le plus possible», portant sur les abus et les négligences envers les aînés. Une réalité qui touche 4% des personnes âgées.
Le récipiendaire du Prix publicité est l'agence Amalgame créativité stratégique pour son message «Miroir, miroir» qui illustre les services du réseau pharmaceutique Famili-Prix. Des images d'une grand tendresse sur une histoire humaine qui pourrait être la nôtre.
Enfin, le Prix livre est allé à Michel Arsenault pour sa biographie de Lucille Teasdale et Piero Corti «Un rêve pour la vie» (Éditions Libre Expression). Des mentions spéciales ont été faites aux Éditions Paulines pour «Une soupe au caillou», une réflexion sur l'injustice économique, publiée par un collectif d'auteurs; «Un roi qui venait du bout du monde», un livre jeunesse de Sylvain Trudel (Éditions de la Courte Échelle); et, «Open house», un radio-théâtre produit par Radio-Canada Gaspésie-Les Îles qui traite de la prévention des MTS et des toxicomanies chez les jeunes.
Enfin, Jacques Paquette a été décoré de la Médaille du mérite pour ses 27 années de dévouement au service de l'OCS.
Assemblée générale
L'Office des communications sociales qui porte officiellement le nom de Centre éducatif en communications sociales CECS inc. a tenu son assemblée générale quelques heures avant la remise des prix.
L'abbé Jean-Guy Dubuc a été élu président. Il possède une solide expérience du monde des communications. Il a notamment été journaliste et éditorialiste au quotidien La Presse (Montréal) et président-éditeur des quotidiens La Voix de l'Est (Granby) et La Tribune (Sherbrooke).
«En perdant son pouvoir au point de vue social, l'Église a à le reprendre. Je suis gêné devant le silence de l'Église», disait-il aux membres du Centre éducatif quelques minutes après sa nomination.
Avec le nouveau directeur général, Bertrand Ouellet, il veut donner à l'OCS toute la place qui lui revient dans le monde des médias.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juillet-août 1998, page 302)
