VISION CATHOLIQUE: De nos jours, qu’en est-il des « esprits impurs » ?

De nos jours, qu’en est-il des « esprits impurs » ?

Par Benoit Voyer
12 janvier 2026

Il y a dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.

En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise les mots « un esprit impur » pour désigner la maladie : « Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » (Mc 1, 23-24).

En hébreu on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. À cette époque, « le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, maladies dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains ; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[1]

Ainsi donc, dans l’époque et la culture où vit Jésus, les responsables de la maladie sont « les souffles malfaisants ». Et ces « démons » sont terrestres. Ils ont un rôle à jouer bien terre à terre. Ils sont au désert, un lieu hostile aux humains, mais ils préfèrent vivre dans la civilisation.

De nos jours, on droit traduire le terme par des mots plus précis qui se retrouvent dans les dictionnaires médicaux.

A lire aussi:
Jésus et la maladie