VISION CATHOLIQUE: Victor Lelievre, le serviteur de Dieu

Lieu de sépulture du père Victor Lelièvre

Victor Lelièvre, le serviteur de Dieu

Par Benoit Voyer

28 novembre 2025

Victor Lelièvre est né le 4 mars 1876, à Vitré, dans le nord-ouest de la France. Très jeune, pour venir en aide à sa famille, il travaille dans une imprimerie.

Le 6 juin 1886, le jour de sa première communion, dans l’église paroissiale, Victor sent en lui un appel à la vie sacerdotale.

Étonné par sa piété, le vicaire de la paroisse – à qui Victor parle de son interpellation – lui suggère de faire un pèlerinage au sanctuaire Notre-Dame-de-Pontmain afin de demander à la mère de Jésus de l'éclairer.

Pour reprendre le dicton populaire, « il n’y a rien qui n’arrive pour rien ». Ce jour-là, Victor rencontre le père Jean-Baptiste Lemius, un Oblat de Marie Immaculée, une communauté religieuse fondée par Mgr Eugène de Mazenod, le saint évêque de Marseille. Le religieux le confirme dans sa vocation. Compte tenu de son âge, le jeune attendra dix ans avant d’entrer dans la congrégation.

Le 24 juin 1902, Victor Lelièvre est ordonné prêtre.

L’année suivante, on l’envoie travailler dans la ville de Québec, au Canada. Dans sa nouvelle cité, il ne compte pas ses heures de présence aux personnes qu’il rencontre. En dix ans, il présidera 550 baptêmes, 199 mariages et 842 funérailles.

En 1923, avec Louis Émond, il fonde la maison Jésus-Ouvrier, consacrée aux retraites spirituelles. Contrairement à ce qui se fait ailleurs dans la province québécoise, le père Victor Lelièvre refuse de donner l’exclusivité des ressourcements spirituels aux professionnels et aux intellectuels. Il s’intéresse à la classe populaire, notamment aux ouvriers.

Ses « sermons » touchent les gens. Il devient un prédicateur inimitable. Il a le don d’enflammer l’ardeur spirituelle des gens venus l’entendre. Il amène ses auditeurs à des prises de conscience bouleversantes.

Père Victor Lelièvre
En 1929-1930, il passe 18 mois en Europe. Il parle à qui veut bien l’entendre. Durant sa tournée, ses auditoires sont variés. Il parle aux pèlerins à Lourdes, à des séminaristes et des évêques à Rome et à des communistes dans la banlieue rouge de Paris. Il va jusqu’à donner 75 conférences en dix jours. Ses proches ont peine à le suivre. Il est infatigable lorsqu’il parle du Bon Dieu.

Le thème du Sacré-Cœur de Jésus devient sa marque de commerce. En plus d’en parler dans ses conférences, Victor Lelièvre introduit cette dévotion au cœur tout aimant de Jésus dans les familles et fait ériger dans des lieux publics des statues du Sacré-Cœur.

Il devient tellement populaire que les soirs de fêtes du Sacré-Cœur, les théâtres, tavernes et salles de danse ferment leurs portes faute de clients.

Victor Lelievre est aussi un dépisteur de vocations religieuses. Préoccupé par la relève, il suscite près de 200 vocations de prêtres, de religieuses et de religieux.

En 1952, quelques mois avant de se marier, ma mère – avec quelques amies de Mont-Carmel, au Bas-Saint-Laurent – participera à une retraite spirituelle animée par le père Lelièvre à la Maison Jésus-Ouvrier.

Elles prirent le train de Saint-Philippe-de-Néri jusqu’à Québec. Mon père, qui était en route pour son travail de bucheron, à la dernière « run » qu’il fera, s’arrêtera pour les saluer et passer quelques heures avec « les filles » qu’il connait bien avant qu’il s’enfonce dans la forêt boréale.

Maman gardera toute sa vie un précieux souvenir de cette retraite spirituelle.

En 50 ans, le père Victor Lelievre ne prendra jamais de vacances.

Le père Victor Lelièvre décède le 29 novembre 1956. Le jour de ses funérailles, on dit qu’au moins 20 000 personnes défilent auprès de sa dépouille mortelle.

Le père Victor Lelièvre (1876-1956) repose au mausolée Catherine de Saint-Augustin, situé dans le cimetière Saint-Charles, à Québec.

Victor Lelièvre a la radio
S’agit-il d’un futur saint de l’Église catholique ?

Sa cause de canonisation est à l'étude au Vatican. Ainsi donc il est devenu un "serviteur de Dieu". Hier après-midi, je me suis rendu auprès de lui.

Qu'est-ce qu'un "serviteur de Dieu" dans le jargon de l'Église ? Wikipédia nous en donne une définition : « Serviteur de Dieu » est la première étape dans un processus qui conduit à être ensuite déclaré « Vénérable », à la suite d'un décret, du seul ressort du Saint-Siège, dit « décret d'héroïcité des vertus » ou, s'il y a lieu, de martyre, puis honoré par le titre de « bienheureux » lors de l'aboutissement positif du procès de béatification, après une confirmation de miracles attribués à la personne honorée. Enfin, en dernière étape, vient l'aboutissement positif du procès de canonisation, et la personne décédée ainsi honorée reçoit le titre perpétuel de « saint ».