VISION CATHOLIQUE: Jean-Paul Regimbal entre 1953 et 1960
Par Benoit Voyer
11 février 2026
A partir de décembre 1953, c’est-à-dire dès sa première publication, Jean-Paul Regimbal, appelé le frère Jean-Paul de Jésus en communauté, collabore à « Trinitas, la revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité ».[1]
Dans cette édition, il écrit l’article « Une résolution bien gardée »[2], Dans lequel il salue la nouvelle année 1954 et fait une brève introduction à la vie d’Anna-Maria Taïgi [3] (1769-1837), une laïque, membre du tiers-ordre trinitaire.
D’abord, il commence par saluer la nouvelle année 1954: « Une année s’achève, une autre suivra… Le temps infailliblement se perd dans le temps et entraine avec lui tous les hommes vers la maison du Père dont la porte est celle du tombeau. Oh! Ce que peut être une vie? … Un échec formidable ou un admirable triomphe, succès ou désastre souvent renfermé dans la décision énergique d’un moment. A l’aurore de cette année, une résolution est à prendre, un choix à établir. Cette fois, pourquoi ne pas apporter une résolution ferme, constante, durable, héroïque même? N’est-ce pas l’assurance d’une vie pleinement vécue? »
Puis, il expose son intention de « stimuler » chez son lecteur l’adhésion a une vie chrétienne pleinement vécue : « Pour vous stimuler, bien cher lecteur, dans la poursuite de votre vrai bonheur, je vous exposerai, à chaque numéro de « Trinitas », non pas tant la vie chrétienne dans ses principes – la longueur des discours finit toujours par ennuyer – mais bien la vie chrétienne dans ses modèles… qui entrainent à l’action. Il y a quelque chose d’étrange dans nos vies! … Voyez : Les églises sont peuplées de statues antiques et vénérables : figurines plus ou moins artistiques de moines, d’évêques, des religieuses, de vierges, de martyrs, de confesseurs. Avec tout cela, il devrait se rencontrer beaucoup de saints chez-nous. Et pourtant qu’en est-il? Sans nier la valeur authentique des exemples qu’ils nous ont laissés, je ne puis manquer de constater le faible dynamisme spirituel qu’ils insufflent actuellement dans les âmes et les cœurs de nos contemporains. On se contente de dire : « Tout cela était bel et bien au moyen-âge… ça se concevait. Mais, aujourd’hui? »
Au service du laïcat trinitaire
En 1954 et 1955, à travers la revue Trinitas, le frère Jean-Paul de Jésus contribue à stimuler la dévotion a la bienheureuse Anna-Maria Taïgi (1769-1837) et à Jean-Baptiste de la Conception, un réformateur de l’Ordre de la très sainte Trinité (1561-1613) [4].
En 1954, il signe quatre articles sur la bienheureuse dans Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité. Sa démarche historique tire souvent sur l’hagiographie.
En février 1954, il est question de sa petite enfance [5]. En mai de cette même année, de ses fréquentations et son mariage avec Domenico Taïgi [6]. En septembre, de la jeune mère [7]. Enfin, en novembre, de sa dévotion mariale [8].
En janvier 1955, il y va avec le texte « La tertiaire »[9] et, en mars, la suite de ce même article [10]. En juillet-aout, il aborde la question de la mystique qu’elle a été [11].
Tous ses articles sur la bienheureuse laïque trinitaire sont finalement entièrement révisés, d’autres textes sont ajoutés, il fait même une adaptation pour le théâtre. L’ensemble est édité en 1955 dans le livre “Celle qui a vécu sa vie” [12]
Dans sa conclusion, le frère Jean-Paul écrit : « Ma richesse n’est pas de ce monde et ma vie s’épanouira dans un monde meilleur. Fils bien-aimé du Père, frère de Jésus-Christ, fidèle ami du Saint-Esprit, ne puis-je pas aspirer de toute mon âme à la sainteté? Le maître m’y appelle: “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » »[13].
Directeur de Trinitas
Pendant plus de 18 mois, soit de septembre 1956 au début de l’année 1958, la revue Trinitas ne parait qu’une seule fois. Jean-Paul, qui a prend peu à peu le lead de l’affaire, a été bien occupé par la fin de ses études, par son ordination sacerdotale et par ses heures à enseigner au collège des Trinitaires a Saint-Bruno-de-Montarville.
Dans ce numéro, le jeune père Jean-Paul de Jésus signe le premier d’une série d’articles sur le thème “La Trinité dans ma vie”. Il intitule son billet : “Un peu de bonheur dans votre vie”.[14]
Dans son introduction, avant d’y aller d’un premier jet sur la Trinité, comme un grand romantique, il écrit: “Voulez-vous mettre un peu de bonheur dans votre vie ? Mettez-y de l’amour ! Quand on aime beaucoup, la vie devient un charme ! Mais, l’embêtement, c’est de trouver pour notre amour un objet assez beau, assez bon et assez stable pour n’avoir pas à recommencer sans cesse à aimer. Une suggestion, chers amis : Aimez donc l’amour !”[15]
Coup de théâtre! Dans la première édition de 1958 [16], on apprend qu’il devient rédacteur en chef de « Trinitas » revues pour lesquelles il collabore depuis 1953.
En page 3, il signe son premier éditorial. A l’intention des abonnés, il leur adresse d’abord des excuses pour le manque de fidélité. Et puis, il demande de l’aide pour une diffusion plus large de la revue:
“Si la direction met toute sa confiance en la bienveillante providence de la Trinité, elle ne cesse pas, pour autant, de faire appel à ses lecteurs pour assurer la survie de la revue Trinitas ! Pour elle, comme pour nous tous, s’applique l’adage séculaire : aide-toi et le ciel t’aidera !
C’est pourquoi, dès son premier numéro, Trinitas vous invite, chers lecteurs, à contribuer, par votre modeste part, a la survivance définitive de votre revue. Qui d’entre vous ne connait pas un parent, un ami, capable de devenir un lecteur assidu des pages si pleines de haute doctrine et de vivante spiritualité de la revue Trinitas ? Qui d’entre vous encore ne peut se faire un point d’honneur de trouver cinq abonnements dans son proche voisinage ? Qui enfin ne peut trouver un instant de libre pour écrire ses suggestions, ses désirs et ses projets a la direction de la revue afin que chaque numéro apparaisse plus adapté, plus attrayant, plus intéressant.
Oh ! C’est bien évident, les objections s’accumulent nombreuses dans votre esprit : si le passé se porte garant de l’avenir, ce n’est guère prometteur ! On a payé mais on n’a rien reçu ! Etc.
Pour ce qui est du passé, rappelons cette sentence des auteurs spirituels : Confions le passé à la miséricorde de Dieu, l’avenir à la providence et le présent a son amour... Certes, nous regrettons de n’avoir pu répondre avec autant d’assiduité qu’on était en droit d’attendre de nous, aux légitimes revendications de nos lecteurs. Mais une chose demeure : la volonté arrêtée de satisfaire le plus tôt possible à nos engagements vis-à-vis de nos lecteurs.
Quand a ceux qui n’ont pas reçu les six numéros pour lesquels ils avaient versé un abonnement, qu’ils soient sans inquiétude ! La direction leur offre la garantie de leurs six exemplaires ou le plein remboursement de la somme perçus.
Un peu plus loin. Il publie son deuxième article de la série la “Trinité dans ma vie”. Il y traite de la deuxième personne de la Trinité : Jésus, le Fils [17].
Dans la deuxième parution de 1958, il poursuit sa série sur la Trinité en poursuivant sa dissertation sur la deuxième personne: le Fils [18]. Il y traite aussi de la guérison dit-on miraculeuse du petit Daniel, 5 ans, fils de Paul Cloutier, de Granby [19] et rend hommage au père François-Xavier de l’Immaculée-Conception [20]. Ce dernier texte n’est pas signé, mais tous savent qu’il est de lui.
D’ailleurs, puisqu’il écrit et écrira 3 à 4 textes par numéro, afin que son nom ne paraisse pas trop souvent, il signe aussi sous quelques pseudonymes dont « Jean-Baptiste de la Trinité » ou il omet de signer comme c’est le cas pour cet article.
Dans la quatrième édition, en octobre et novembre 1958, dans sa série sur la Trinité, il traite du Saint-Esprit.[21] Il dresse aussi un historique de la dévotion à Notre-Dame du remède au Canada [22].
En décembre 1958, dans son éditorial il souhaite ses meilleurs vœux pour la fête de nativité [23], rend écho au courrier des lecteurs dans lesquels ils témoignent des bienfaits physique et moraux qu’ils attribuent à l’intercession de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi [24] et signe le dernier billet de la série « La Trinité dans ma vie »[25]
En février-mars 1959, la revue Trinitas consacre son numéro aux frères convers de l’Ordre trinitaire à l’occasion du 35e anniversaire de la fondation des Trinitaires au Canada [26]. Après son éditorial [27], Jean-Paul signe des articles sur l’Ordre religieux : « La Trinité dans la vie du frère convers » [28], « Un saint d’actualité » (un long texte sur saint Jean-de-Matha) [29], ”Premières tentatives de fondations” (les prémisses de l’implantation des Trinitaires au Canada) [30] et ”L’histoire d’une province”[31].
Jean-Paul donne un second souffle à Trinitas. Et ça ne fait que commencer!
Dans le premier numéro de 1960, il parler des souhaits de son Ordre religieux et, bien entendu, les sien, pour l’avenir de la revue. Il écrit [32] :
« Comme la plupart d'entre vous, chers lecteurs, la direction de la revue doit prendre, elle aussi, de bonnes résolutions au début de l'an neuf ! Mais prendre une résolution n'est pas toujours une garantie de la tenir jusqu'au bout. C'est pourquoi la Direction vous invite dès aujourd'hui à la clémence si, par moments, elle devait manquer à l'une ou l'autre des résolutions prises devant vous. Quoi qu’il en soit, voici les projets pour l'année 1960.
I) Une parution périodique stable : nous sommes tout aussi désolés que vous du retard de ce numéro. Mais, il faut y voir la main de la Providence pour la réalisation d'un plus grand bien. Les hommes, fussent-ils directeurs de revues religieuses, ne sont pas exempts des vicissitudes de la nature : ils doivent eux aussi payer un tribut à la maladie lorsqu'ils ont dépassé les limites de leurs forces…
2) Une nouvelle présentation : nouvel an, nouvel habit ! Au cours de cette année 1960, la Revue TRINITAS projette de changer son titre latin – peut-être un peu trop savant – pour le titre français "TRINITE ET VIE". Il y aurait à cela un double avantage : d'abord celui d'enlever le préjugé que cette revue ne s’adresse qu'aux membres du clergé et qu'au public des fins lettrés (en raison de son titre LATIN) ; ensuite c'est pour exprimer d’une façon concrète le but de cette revue : celui de guider les fidèles vers une vie chrétienne plus profonde en basant cette vie sur le mystère primordial de notre foi, la très sainte Trinité.
3) Un plus grand nombre d'abonnés : il faut que le bien se répande le plus possible. Les enfants de la Lumière doivent être aussi habiles que les enfants des ténèbres. Il n'y a pas une seule revue qui diminue son tirage d'année en année : c'est pourquoi l'objectif fixé pour l'année en cours est de 5 000 abonnés avec l'espoir d'atteindre 10 000 abonnés pour 1961.
À cet effet, nous ouvrirons cette année encore un grand concours d'abonnement qui se terminera le 20 octobre prochain. Ce concours commencera dès la parution du premier numéro de "TRINITE ET VIE" en mai prochain. C'est vous dire, chers lecteurs, combien nous comptons sur chacun d'entre vous pour répandre la bonne littérature et la riche spiritualité contenues dans les pages de VOTRE REVUE !
4) Un plus grand nombre de pages : si tout fonctionne d'après nos prévisions pour cette année, le premier numéro de TRINITE ET VIE aura non plus 16 pages comme TRINITAS, mais bien 32 pages de texte vivant, enrichissant, dynamique et… sanctifiant !
5) De nouvelles rubriques : avec l'accroissement de pages, vous verrez paraître de nouvelles sections dont la plus intéressante portera le nom : "LE COURRIER DU P. CHARLES", chronique morale rédigée par la plume originale du R. P. Charles (Lebel) de l'Immaculée-Conception, o.ss.t. Une autre section, chargée de nouvelles "catholiques" : "CATHOLICISME AUJOURD'HUI, vous apportant périodiquement les grandes nouvelles catholiques du monde entier. Votre reporter sera le R.P. Rosaire de Saint-Jérôme, o.ss.t.
6) Une section d'annonces : pour aider au financement de cette revue très dispendieuse, nous aurons recours à des bienfaiteurs qui voudront bien subventionner notre œuvre en faisant publier dans nos pages leurs cartes d'affaires. Nous encourageons vivement nos lecteurs à patronner nos annonceurs par leur clientèle assidue. »
Il ne le sait pas encore : il ne sera que deux ans à la tête du magazine des Trinitaires. La revue n’atteindra jamais les 10 000 abonnés. Et, Jean-Paul passera quelques années en prison.
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[1] La revue « Trinitas » deviendra « Trinité et vie » et « Trinité liberté ». Les trois revues seront successivement éditées de décembre 1953 jusqu’au milieu des année 1970. Pour ce qui est de Trinitas, la SHHY détient les copies de décembre 1953 (vol. 1 no. 1) a mars-avril 1960 (vol, 5 no. 5). BANQ Montréal détient une copie de 1958 (à identifier). Pour ce qui est de « Trinité et vie », la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe détient l’édition de septembre-octobre 1965 (vol. 11, no 1) (tenter de mettre la main sur cette copie pour la déposer à la SHHY). Enfin, BANQ Montréal détient les copies de « Trinité et vie » (à identifier). Les recherches se poursuivent afin de trouver d’autres copies afin de compléter la collection.
[2] Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une résolution bien gardée », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 1, décembre 1953 – janvier 1954, pp.9 à 11 (SHHY – Fonds P049).
[3] Son vrai nom est Anna-Maria Gianetti. Elle épousera Domenico Taïgi, le 7 janvier 1790.
[4] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Fête le 14 février – Le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception (1561-1613) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[5] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La petite Annette », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 2, février-mars 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[6] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 3, avril-mai 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[7] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une maman modèle », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 4, septembre-octobre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[8] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La dévotion mariale d’Anna-Maria », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 5, novembre-décembre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[9] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[10] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire (suite) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 2, mars-avril 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[11] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La mystique », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 3, juillet-août 1955, pp.8 et 9 (SHHY – Fonds P049).
[12] Durant ces années de formation, Armand Gagné dit qu’il a écrit une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. (Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049). La pièce « Celle qui a vécu sa vie » aurait été présentée à trois occasions à la salle montréalaise du Gesu. (selon un document lu pour la rédaction de la recherche de 1998. Source à trouver.)
[13] Cf. Jean-Paul Regimbal. Celle qui a vécu sa vie, Éditions Trinitas, 1955
[14] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[15] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[16] Jean-Paul de Jésus. « Résurrexit sieut dixit Alleluia! », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.3 à 4 (SHHY – Fonds P049).
[17] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - III - Dieu le fils dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[18] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - II - Dieu le Père dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 2, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[19] Cf. Jean-Paul de Jésus. ”Guérison merveilleuse du petit Daniel Cloutier de Granby », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, p. 20 (SHHY – Fonds P049).
[20] Références a venir
[21] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – IV – Dieu le Saint-Esprit dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.4 et 5(SHHY – Fonds P049).
[22] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Le culte de Notre-Dame du Remède au Canada », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.20 à 22(SHHY – Fonds P049).
[23] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Paix aux hommes de bonne volonté », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.3 et 4(SHHY – Fonds P049).
[24] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La bienheureuse Anna-Maria Taïgi – A l’œuvre… dans les épreuves », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[25] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – Vers le père, par le Fils, dans le Saint-Esprit », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.6 à 8 (SHHY – Fonds P049).
[26] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Éditorial – Apôtre inconnu… », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.3 à 5(SHHY – Fonds P049).
[27] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La promesse des fruits », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, p.3(SHHY – Fonds P049).
[28] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans la vie du frère convers », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.13 à 15(SHHY – Fonds P049).
[29] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Un saint d’actualité », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 4 à 15 (SHHY – Fonds P049).
[30] Jean-Paul de Jésus. « Premières tentatives de fondation », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[31] Jean-Paul de Jésus. « L’histoire d’une province », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 24 à 28 (SHHY – Fonds P049).
[32] Jean-Paul de Jésus. « Résolutions du Nouvel an », Trinitas – revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très Sainte Trinité », janvier-février 1960, pp. 3 et 4 (SHHY – Fonds P049).
[1] La revue « Trinitas » deviendra « Trinité et vie » et « Trinité liberté ». Les trois revues seront successivement éditées de décembre 1953 jusqu’au milieu des année 1970. Pour ce qui est de Trinitas, la SHHY détient les copies de décembre 1953 (vol. 1 no. 1) a mars-avril 1960 (vol, 5 no. 5). BANQ Montréal détient une copie de 1958 (à identifier). Pour ce qui est de « Trinité et vie », la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe détient l’édition de septembre-octobre 1965 (vol. 11, no 1) (tenter de mettre la main sur cette copie pour la déposer à la SHHY). Enfin, BANQ Montréal détient les copies de « Trinité et vie » (à identifier). Les recherches se poursuivent afin de trouver d’autres copies afin de compléter la collection.
[2] Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une résolution bien gardée », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 1, décembre 1953 – janvier 1954, pp.9 à 11 (SHHY – Fonds P049).
[3] Son vrai nom est Anna-Maria Gianetti. Elle épousera Domenico Taïgi, le 7 janvier 1790.
[4] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Fête le 14 février – Le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception (1561-1613) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[5] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La petite Annette », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 2, février-mars 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[6] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 3, avril-mai 1954, pp.10 et 11 (SHHY – Fonds P049).
[7] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Une maman modèle », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 4, septembre-octobre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[8] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La dévotion mariale d’Anna-Maria », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 1 No. 5, novembre-décembre 1954, pp.6 et 7 (SHHY – Fonds P049).
[9] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 1, janvier-février 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[10] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La tertiaire (suite) », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 2, mars-avril 1955, pp.15 et 16 (SHHY – Fonds P049).
[11] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – La mystique », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, Vol. 2 No. 3, juillet-août 1955, pp.8 et 9 (SHHY – Fonds P049).
[12] Durant ces années de formation, Armand Gagné dit qu’il a écrit une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. (Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049). La pièce « Celle qui a vécu sa vie » aurait été présentée à trois occasions à la salle montréalaise du Gesu. (selon un document lu pour la rédaction de la recherche de 1998. Source à trouver.)
[13] Cf. Jean-Paul Regimbal. Celle qui a vécu sa vie, Éditions Trinitas, 1955
[14] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[15] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - Un peu de bonheur dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 1, 1957, pp.5 à 7 (SHHY – Fonds P049).
[16] Jean-Paul de Jésus. « Résurrexit sieut dixit Alleluia! », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.3 à 4 (SHHY – Fonds P049).
[17] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - III - Dieu le fils dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[18] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie - II - Dieu le Père dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 2, 1958, pp.7 à 9 (SHHY – Fonds P049).
[19] Cf. Jean-Paul de Jésus. ”Guérison merveilleuse du petit Daniel Cloutier de Granby », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 3, 1958, p. 20 (SHHY – Fonds P049).
[20] Références a venir
[21] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – IV – Dieu le Saint-Esprit dans ma vie », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.4 et 5(SHHY – Fonds P049).
[22] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Le culte de Notre-Dame du Remède au Canada », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 4, octobre-novembre 1958, pp.20 à 22(SHHY – Fonds P049).
[23] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Paix aux hommes de bonne volonté », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.3 et 4(SHHY – Fonds P049).
[24] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La bienheureuse Anna-Maria Taïgi – A l’œuvre… dans les épreuves », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[25] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans ma vie – Vers le père, par le Fils, dans le Saint-Esprit », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 5, décembre 1958 et janvier 1959, pp.6 à 8 (SHHY – Fonds P049).
[26] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Éditorial – Apôtre inconnu… », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.3 à 5(SHHY – Fonds P049).
[27] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La promesse des fruits », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, p.3(SHHY – Fonds P049).
[28] Cf. Jean-Paul de Jésus. « La Trinité dans la vie du frère convers », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 4e année, No. 6, février et mars 1959, pp.13 à 15(SHHY – Fonds P049).
[29] Cf. Jean-Paul de Jésus. « Un saint d’actualité », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 4 à 15 (SHHY – Fonds P049).
[30] Jean-Paul de Jésus. « Premières tentatives de fondation », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 18 et 19(SHHY – Fonds P049).
[31] Jean-Paul de Jésus. « L’histoire d’une province », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, février juin et juillet 1959, pp. 24 à 28 (SHHY – Fonds P049).
[32] Jean-Paul de Jésus. « Résolutions du Nouvel an », Trinitas – revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très Sainte Trinité », janvier-février 1960, pp. 3 et 4 (SHHY – Fonds P049).
VISION CATHOLIQUE: Mémoire de soeur Rachel Voyer
Ma tante, Rachel Voyer, sœur de la charité d’Ottawa, décède à Ottawa le 12 février 2012. Ses funérailles sont célébrées le 16 février 2012, dans la chapelle de la maison mère des Sœurs de la Charité d'Ottawa, à Ottawa, et elle sera inhumée dans le cimetière Notre-Dame. (BV)
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Jean-Claude Turcotte, Cardinal et archevêque de Montréal
« Je vais te confier qu'il y a des matins que ça ne me tente pas de célébrer la messe. J'y vais quand même ... J'ai choisi cette vie et je dois aller au bout des responsabilités de mon choix. Sinon, le désert intérieur m'attend ... Et je serai malheureux. »
Par Benoît Voyer, journaliste
Homme de terrain, le Cardinal Jean-Claude Turcotte accepte rarement les entrevues journalistiques intimistes. Il est très pudique. Il se confie difficilement, car, pour lui, sa vie intérieure est un jardin secret qu'il veut préserver. Cependant, après plusieurs mois d'hésitations, il a accepté un rendez-vous avec la Revue Sainte Anne. Cette interview qui devait porter sur le bonheur et sur ce qui donne du sens à sa vie, s'est rapidement transformée en une rencontre très intime entre deux âmes : Une qui vit tout simplement son bonheur et l'autre qui le cherche.
Monsieur le cardinal, pour vous, qu'est-ce que le bonheur?
Pour moi le bonheur c'est d'avoir le sentiment d'être utile. Il me semble que lorsque quelqu'un se rend compte qu'il est important pour d'autres, qu'il peut aider les autres, cela contribue à lui donner de la satisfaction intérieure. À mes yeux, le bonheur n'a rien à voir avec les sentiments d'excitation et la jouissance émotive.
Et puisque je suis un religieux, ce bonheur est lié à l'engagement que j'ai pour le Christ et pour l'Église. Dans cette vocation, je rends service aux gens. La façon que je vis et les valeurs auxquelles je crois me font vivre, c'est-à-dire qu'elles donnent un sens à ma vie.
Le bonheur parfait existe?
Ce sentiment d'utilité est le seul qui rend vraiment heureux. Ce n'est pas le bonheur dans sa béatitude, je sais. Tous les chrétiens savent bien que le bonheur par excellence ne se trouve pas ici-bas. Nous ne le trouverons qu'au ciel!
Le bonheur se trouve donc en se donnant totalement aux autres jusqu'à s'oublier...
Il y a une sorte de masochiste du don de soi auquel il faut faire attention. Je crois que les gens qui estiment qu'il faut s'oublier totalement et ne penser qu'aux autres sont sur une mauvaise piste ... Dans le don de soi, il faut qu'il y ait rencontre entre l'autre et soi et soi et l'autre. Nous ne sommes pas des êtres désincarnés! Je veux dire que nous ne sommes pas des robots, voire des machines. Malheureusement, on a présenté à une époque la spiritualité comme une espèce d'altruisme à l'état pur. Il est entendu que l'altruisme est bon, car il est important de sortir de soi. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il est important de revenir en soi-même pour se retrouver après s'être donné au service de l'autre.
Le don de soi c'est partager, c'est être avec l'autre ... C'est bien cela?
C'est en plein ça! Ce n'est pas une abstraction de soi. L'autre est une personne concrète, comme moi. Cet autre-là, il faut que je sente que je lui apporte quelque chose et qu'elle apporte également un plus a ma vie. Si le don de soi est à sens unique, il est une illusion.
Puisque vous êtes un religieux, est-ce que cet échange se fait aussi avec votre Jésus?
C'est le départ! Le goût de me donner aux autres vient de ma rencontre avec Jésus Christ. C'est un être tout à fait séduisant. À travers l'Évangile, il nous a laissé un message. Celui-ci ne dit pas quoi faire, mais nous indique comment le faire.
Des pistes pour être heureux, quoi!
Tout à fait! C'est pour cela que, pour moi, l'Évangile est une bonne nouvelle.
Les disciples, qui aurait vu le maître vivant, trois jours après sa mort, ont fait l'expérience d'une présence nouvelle de Jésus. À ce moment, ils se sont rendu compte que certaines paroles qu'il avait dites, du temps qu'il était un homme comme vous et moi, incarnaient la présence de Dieu parmi nous, c'est-à-dire qu'il est tout simplement Dieu.
Je pense que c'est dans la rencontre de ce Christ toujours vivant que réside la source du chemin qui nous conduit vers les autres.
Et vous l'avez rencontré intimement ce Jésus vivant?
Bien entendu que je l'ai fait cette rencontre personnelle avec le Christ. Je l'ai découvert dans ma jeunesse grâce à ma famille et mes éducateurs.
Pour moi, les signes de sa présence nous sont donnés dans l'Évangile ... Je trouve que le plus beau signe vivant de celle-ci est l'eucharistie. Cependant, le signe qui me parle le plus demeure le fait qu'il réside dans les plus pauvres. « J'ai eu soif, tu m'as donné à boire. J'ai eu faim, tu m'as donné à manger ». « Tout ce que vous avez fait aux plus d'entre les miens c'est à moi que vous l'avez fait. »
De plus, je le rencontre dans ma relation avec les autres. N'est-ce pas lui qui disait : « Lorsque vous êtes deux ou trois réunis en mon nom je suis au milieu de vous » ? Enfin, je le rencontre dans ma prière personnelle et celle que je fais communautairement au quotidien. Celle-ci me permet de dialoguer avec lui...
Et s'il y a un dialogue, il doit inévitablement répondre à vos propos!
Bien entendu! Comme je dis souvent à la blague : Moi je parle beaucoup et quand j'ai fini de tout lui raconter et que je fais silence, il me répond (rires).
Je trouve que le Christ me parle beaucoup à travers le questionnement que j'ai en moi, c'est-à-dire les questions questions qui montent de mon intérieur à propos des choses que j'ai vécues. Lorsque je l'écoute dans la prière, il me vient à l'esprit, par mon intérieur, des questionnements.
Puisque le Christ habite en nous, c'est à travers cette voix intérieure qui nous habite qu'il nous répond. Pour l'entendre, il faut préalablement faire silence. C'est dans ce dialogue entre lui et nous, à travers la voix qui parle en nous, que nous nous remettons continuellement en question.
Mais, Monsieur le cardinal, ce même dialogue intérieur est inné chez l'humain. Il n'est pas foncièrement lié au Christ qui parle en soi. Cette voix n'est qu'un dialogue avec soi-même.
(Surpris par ce commentaire, il fait silence. Il cherche une réponse en lui et poursuit.)
C'est possible, mais ce n'est pas mon expérience! Moi, la mienne, c'est avec lui que je l'ai faite. C'est aussi l'expérience de beaucoup de gens que je connais. Est-ce qu'il y a des gens qui sont capables de rencontrer Boudha, Krishna? Je n'en sais rien! Moi, tout ce que je peux témoigner c'est de mon expérience!
(Dans une attitude paternelle, il regarde le journaliste dans les yeux et sur un ton plus tendre, il décide de s'adresser directement à lui. L'entretien prend une autre direction.)
La seule chose que je peux te dire est que si tu veux avoir ce contact avec le Christ vivant, il faut y consacrer du temps. Si tu ne t'imposes pas dans ta vie un temps de contact, un temps de prière, autant que possible quotidien, comment veux-tu établir une relation sérieuse avec le Christ? Les gens simples comprennent ça ... C'est un peu comme l'amour humain. Si tu es en amour avec ta femme, mais tu ne lui parles jamais, tu ne t'en occupes pas, tu passes à côté sans la voir ... ça ne peut pas durer! L'amour comme la foi sont des choses qui s'entretiennent avec du dialogue, de l'attention, un regard profond et des petits gestes. La relation avec le Christ ressemble à celle que tu as avec ta femme. En tout cas, moi dans ma vie, j'essaie à chaque jour d'avoir de 90 à 120 minutes de présence à lui. Je ne suis pas toujours en train de jaser, mais je suis là.
Il y a des périodes de crise et de sécheresse en soi! Vous en avez eu ?
Tu sais, c'est comme quand on fait de l'exercice physique. Il y a des matins où ça ne nous tente pas. Tu le fais pareil sinon ta santé ne sera pas bonne!
Quand t'es en amour et que tu es poigné avec ta femme, il y a des matins que ça ne te tente pas d'être avec elle. Tu es là pareil! L'être humain est ainsi! Il est libre. Il fait des choix. Dieu le convie à rester fidèle à ses choix. Tu sais, un gars qui se marie ... Ce n'est pas pour passer une fin de semaine! S'il le fait pour ça, il a choisi le mauvais outil! S'il a décidé de faire un projet d'amour pour la vie, il faut qu'il l'entretienne comme un trésor! Je te donne aussi l'exemple des parents qui décident de mettre au monde un enfant : S'ils ne s'occupent ... Ils vont avoir des sérieux problèmes! Alors tout est comme ça dans la vie spirituelle! C'est la loi de la vie quoi!
Aux matins de sécheresse intérieure, vous vous êtes donc accroché à votre choix de vie en disant c'est mon devoir
Je vais te confier qu'il y a des matins que ça ne me tente pas de célébrer la messe. J'y vais quand même ... J'ai choisi cette vie et je dois aller au bout des responsabilités de mon choix. Sinon, le désert intérieur m'attend ... Et je serai malheureux.
Mais vous l'avez l'ami de route! Il vous dit, si tu veux être heureux, il faut souffrir...
Non! Il ne dit pas cela directement de cette manière. Tu sais, la vie comporte la souffrance, comme la vie comporte la mort. La plus grande cause de la mort, c'est la vie. Quand tu rentres dans la vie, il y a une loi inévitable, tu vas mourir. Aucun être humain ne peut y échapper. Cependant, entre le moment de la naissance et le moment de la mort, il y a des joies et il y a des peines. C'est une illusion de croire qu'une vie peut se vivre sans qu'il y ait des souffrances. Je n'accuserai pas Dieu de la maladie qui pourrait me frapper parce que je suis mis dans un monde qui comporte ça. C'est mon univers! À partir du moment où je suis dedans, il faut que j'accepte un certain nombre de conditions. La souffrance fait partie du paysage humain. Elle est normale. Alors Dieu ne veut pas la souffrance, il veut que nous soyons heureux dans la condition de vie qui nous est donnée de vivre. Jésus a souffert lui aussi. Il est donc humain de souffrir! Cela fait partie de notre condition.
La rencontre de Dieu se fait souvent dans la souffrance...
Je ne dirais pas qu'il faut absolument souffrir pour rencontrer Dieu, mais c'est sûr que lorsque nous souffrons nous sommes plus réceptifs. Les événements du 11 septembre de l'an dernier, ont fait que les gens se sont questionnés sur les fins de celle-ci. La vie est fragile.
Merci Monsieur le cardinal.
(Revue Sainte Anne, Septembre 2002, pages 345 et 350)
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