23 février 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer - A quoi sert la spiritualité?


IL FAIT TOUJOURS BEAU: 7 trucs pour minimiser les impacts du travail de nuit


VISION CATHOLIQUE: Notre Père

Notre Père

Par Benoit Voyer

23 février 2025

Alfred Bessette, le saint frère André de l’oratoire Saint-Joseph, disait souvent : « Le Bon Dieu n’est pas loin de vous. Il est proche de vous. Chaque fois que vous dites Notre Père, il a l’oreille collée à votre bouche ». Alfred, qui est devenu orphelin de père en bas âge, avait trouvé dans la paternité divine un père adoptif. En lui, il a trouvé celui qui l’aime inconditionnellement et sur qui s’appuyer.

Je me souviendrai toujours d’une longue conversation que j’ai jadis eu avec Jérôme Saint-Pierre. Il me disait : « L'enfant dit de son Père : « Est-ce que je vaux quelque chose ? " Pour moi, la question élémentaire c'est la valeur de la personne. La mère ne peut pas pleinement répondre à cette question. Seul le père peut le faire. C'est pour cela que le phénomène des pères qui abandonnent leurs enfants est très problématique. L'abandon dit à l'enfant : Je ne veux rien savoir de toi. […] Le père confirme comme Dieu le Père confirme. D'ailleurs Jésus parle en ces mots : il dit toujours que le Père confirme ce qu'il dit et ce qu'il fait. Le père donne la vie de façon bien différente de la mère. Sa façon de faire est vitale, surtout pour la petite fille. […] Un père c'est quelqu'un qui m'appuie et qui m'aime comme je suis inconditionnellement. »[1] Ainsi en est-il du divin père auquel croit tant de gens.

J’aime ces propos de sainte Marie-Léonie Paradis : « Vous ne pouvez dire et redire assez souvent, pendant la journée, le Notre Père, en allant, en venant, en travaillant sans cesse, car Dieu est pour nous le plus tendre des pères et jamais nous ne pourrons assez lui marquer notre profonde reconnaissance ». […] « Ayez confiance au bon Dieu comme à un bon Père. N’allez pas croire que le bon Dieu vous perdra si vous mettez toute votre confiance en Lui. Tenez-vous en paix, quoi qu’il arrive! ».

____________________

[1] Benoit Voyer. « Le plus fort c’est mon père », Revue Sainte Anne, octobre 1998, pages 396 à 398. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/12/le-present-du-passe-le-plus-fort-cest.html

EN MUSIQUE: Search for Jenny (Francis Lai)


LE PRÉSENT DU PASSÉ: 4 ans d'esclavage dans les camps de la mort

Tran Lam


4 ans d'esclavage dans les camps de la mort

« Nous ne sommes pas assez libres pour bien utiliser la liberté. Nous sommes les esclaves de ce que l'on est, en soi. […] Je crois que nous n'avons pas assez de liberté intérieure pour bien utiliser celle que Dieu nous donne. Cela a pour résultat que les personnes de notre temps sont esclaves de toutes sortes de choses. »

Par Benoît Voyer, journaliste

WATERVILLE - Pendant 4 ans, Tran Lam a vécu une vie d'esclave dans les camps de la mort instaurés par les Khmers rouges au Cambodge. Son livre autobiographie « La survivante - La guerre des autres » (Stanké), qui vient de paraître en librairie, est l'écho des sales atrocités qu'elle a vécues dans son pays. L'enfant qu'elle a été et qui se cache encore en elle montre tous les tourments qu'elle a dû affronter pour rester en vie.

Il y a quelques années, elle a trouvé refuge au Canada. Vivant là-bas comme un animal quasi-sauvage, elle a réappris à vivre et à se comporter dans une société civilisée. À sa première visite au cabinet d'aisance, elle ne savait même pas où faire ses besoins puisqu'au camp de la mort, la majorité du temps, elle urinait dans son pantalon et soulageait le reste sur le bord de la route des chantiers où elle devait travailler parfois jour et nuit.

Depuis qu'elle est au Canada, elle fait l'expérience d'une certaine liberté puisqu'elle est convaincue, depuis qu'elle a découvert Jésus Christ, que la véritable liberté ne se trouve qu'en Dieu.

Pourquoi vous êtes-vous convertie au christianisme?

Lorsque je suis partie de chez Yanna, parce qu'elle m'a mise à la porte, je suis demeurée en parrainage dans une famille montréalaise. J'ai vécu chez une certaine dame Lacroix, pendant deux ans. J'ai été touchée par sa bonté. Elle allait à la messe et elle m'a appris à prier.

C'est en la voyant vivre que j'ai décidé que je voulais mieux connaître ce Jésus qu'elle aimait. Je lui ai demandé si je pouvais devenir catholique comme elle. J'ai donc demandé le baptême. Durant ma préparation, elle est décédée.

Cette initiation au christianisme n'était pas facile pour moi parce que je ne comprenais pas trop bien le français. Il y avait donc un interprète qui m'aidait

Est-ce qu'il y a un moment où vous avez voulu mettre fin à votre démarche baptismale?

Une seule fois parce que j'étais en colère.

Quand est venu le temps du baptême, plusieurs personnes voulaient que je sois baptisée dans une église où on n'avait jamais vu un baptême d'adulte.

Je n'aimais pas cette façon de faire. C'est pour cela que j'ai failli mettre un terme à ma démarche.

De son côté, Monsieur Lacroix voulait que je sois baptisée à l'église Saint-Nom-de-Jésus à Montréal parce que les gens de cette paroisse m'ont aidée.

Je trouvais qu'on se compliquait un peu trop la vie pour un baptême.

Durant cette petite crise, j'ai regardé un film sur la vie de Jésus. J'ai visionné l'épisode où Pierre renie Jésus. Ah! J'étais tellement choqué de l'attitude de Pierre. Il m'a amenée à m'intérioriser. Je me suis dit : Je ne suis pas mieux que lui. Je suis en train de faire la même chose. J'ai finalement accepté le baptême. Il a eu lieu à l'église Saint-Nom-de-Jésus, lors d'une veillée pascale.

Qu'est-ce qui vous a amenée à Waterville, dans la région de Sherbrooke?

Lors de ma formation, j'ai rencontré une sœur des Servantes du Saint-Cœur-de-Marie. Elle m'a proposé d'aller à l'école. C'est pour cette raison que je suis partie de Montréal.

Quelle est la différence entre votre conception de Dieu avant et après votre baptême?

Honnêtement, je ne sais pas qui est Dieu. Je ne le savais pas plus avant.

Dans mon pays, on m'a raconté qu'il y a Bouddha qui est venu au monde, qui était bien spécial et qui, lors de sa naissance, a marché sept pieds sur les fleurs.

Qui est Dieu pour vous aujourd'hui?

Cela est difficile à décrire. C'est une expérience qui se vit en soi [elle cherche les mots en elle].

Peu importe les bêtises que font les humains, il est amour et miséricorde. Il pardonne qui reconnaît ses fautes et retourne à lui.

Dieu est tellement grand! Il m'est difficile de dire avec des mots tout ce qu'il est en moi.

Qui est Jésus pour vous?

Pour moi, Jésus, à travers ce qu'il fait, est l'expression parfaite du Père. Il est un modèle pour moi. Je veux tenter de suivre son exemple.

Toutefois, j'ai une difficulté à m'expliquer pourquoi Dieu a un fils. Cependant, si Jésus l'appelle père, c'est peut-être juste un nom comme ça. Il aurait peut-être pu l'appeler mère ou Paul. Il a choisi le mot père parce qu'il a une signification pour lui. Ça doit faire plus affectueux, j'imagine!

Qu'est-ce qui vous touche chez Jésus?

Sa vérité d'être. Il aide les gens. Même ceux qui le détestent. Cela me dépasse!

Il y a aussi son attitude devant Pilate qui me touche. Ce dernier le questionne. Il ne répond pas. Jésus sait qui il est. Il sait qu'il n'a pas besoin de se défendre. Pilate lui demande : Es-tu le fils de Dieu? Il répond tout simplement : C'est toi qui le dis. Quel homme! Il est capable d'être lui-même. Jésus n'avait pas peur de se faire traiter de fou en portant la bonne nouvelle que Dieu est proche de son peuple. Il n'avait pas peur de la controverse et des opinions.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans son histoire? Comme lui, vous avez vécu une période d'esclavage et de persécutions.

J'ai de la misère à voir une similitude entre son expérience et la mienne, mais ... Non! Il est trop grand!

Est-ce que vous appréciez la liberté que vous offre l'Occident?

Nous ne sommes pas assez libres pour bien utiliser la liberté. Nous sommes les esclaves de ce que l'on est, en soi. [...] Je crois que nous n'avons pas assez de liberté intérieure pour bien utiliser celle que Dieu nous donne. Cela a pour résultat que les personnes de notre temps sont esclaves de toutes sortes de choses

Le pire de l'esclavage n'a rien de physique. C'est en soi. Je crois que l'être humain n'est pas ce qu'il est réellement parce que la véritable image de l'humain, c'est Jésus qui la montre.

De quelle manière?

Nous sommes appelés à être bons, heureux et libres. Il me semble que nous sommes « poignés » dans nos propres « bibittes ».

Le pire ennemi emprisonné, c'est soi-même. L'esclavage physique est quelque chose d'extérieur à soi.

Regardez le monde civilisé : Tous sont libres! Cependant, tous semblent être prisonniers de quelque chose. Si tu es libre intérieurement, tu peux faire n'importe quoi à l'extérieur de toi. Tu peux aller n'importe où.

Est-ce que votre expérience chrétienne vous amène à vivre cette liberté intérieure?

Peu à peu. Ma liberté intérieure est beaucoup plus grande qu'avant.

Comment trouver cette liberté intérieure?

[Un grand silence. Elle cherche une réponse] À chaque jour, je demande à Dieu de me rendre libre. Ce n'est qu'en Dieu que je peux la trouver, à travers ma prière et en me donnant des temps pour être avec moi-même. Je suis loin d'être pleinement libre parce que, si je l'étais, je pourrais aimer n'importe qui et accepter la différence de chacun.

Quand allez-vous la trouver cette liberté?

Je n'en sais rien! Je le serai quand je serai totalement ouverte à Dieu et que mon cœur sera totalement guéri par lui de tout ce qui m'empêche d'être libre. Cela arrivera peut-être juste à ma mort.

(Revue Sainte Anne, novembre 2002, pages 441 et 466)

22 février 2026

EN LIBERTÉ: La désinformation dans les médias


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Peau et eau


LES GRANDS ESPACES


EN MUSIQUE: Saving All My Love For You (Whitney Houston)


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Festival du film juif

Festival du film juif

MONTRÉAL (BV) - Le 7e Festival du film juif de Montréal a eu lieu, du 9 au 16 mai, à la Cinémathèque québécoise, au Centre cinéma Impérial et au Cinéma ONF. Vingt-six productions ont été portées à l'écran. Le festival s'est ouvert avec la projection fort attendue du film Late Marriage, un film français et Israélien.

La programmation comprenait des films qui attirent l'attention du public sur des questions et des événements d'actualité. Le documentaire inédit Trembling before G-d, film qui traite du rejet de l'homosexualité par le judaïsme orthodoxe, a attiré quelques critiques. The Optimists, qui raconte de façon émouvante comment la Bulgarie a sauvé sa communauté juive de l'Holocauste, était fort attendu. Plus près de nous, des archives ont dévoilé de sombres chapitres de l'histoire du Canada à l'égard du peuple juif.

(Revue Sainte Anne, Octobre 2002, page 401)

21 février 2026

EN LIBERTÉ avec Benoit Voyer - A quoi sert la spiritualité?


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Yellow (1994) PUBLICITÉ


LES GRANDS ESPACES


 

VISION CATHOLIQUE: Monter en descendant

église Sainte-Famille, Boucherville
Monter en descendant

Par Benoit Voyer

21 février 2026

Dans son livre au style littéraire évangélique, Mathieu raconte qu’un jour « Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par l’esprit du mal. » Et il ajoute : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. »[1]

Quarante jours, ce n’est pas rien. Après seulement quelques heures de privation, je commence à perdre patience. A mes yeux c’est tout un exploit.

Comme l’écrit Florence K : « Quarante est un nombre important dans l’histoire. En Russie, on considère que c’est au quarantième jour après le décès de quelqu’un que son âme quitte la surface de notre terre pour s’élever au ciel. Quarante jours, c’est le carême, les quarante jours de jeûne du Christ dans le désert. C’est le temps qu’a duré la pluie dans le déluge vécu par Noé. On dit qu’il faut quarante jours pour qu’une femme se remette d’un accouchement, et les nouveaux immigrés attendaient quarante jours à Ellis Island avant de pouvoir enfin mettre les pieds sur une terre d’accueil. Quarante a toujours impressionné. Ali Baba et les quarante voleurs. Forty, le seul nombre dont les lettres qui le composent sont en ordre alphabétique, la crise de la quarantaine, l’isolement en quarantaine, moins quarante est la température à laquelle les degrés Celsius et Fahrenheit ont la même valeur. »[2]

Dans l’univers biblique, quarante est avant tout un symbole. On le retrouve 90 fois dans la Bible. Dans l’hébreu ancien, le chiffre 40 correspond à la lettre Mem. Dans l’univers du symbolisme, Mem désigne l’Eau ou la Mère. A ce sujet, Pierre Guillemin explique que « Mem évoque le changement, les cycles de la mort (la symbolique des mouvements de l’eau, par exemple, comme le perpétuel mouvement de sac et de ressac de l’eau sur une plage) et de la renaissance (d’où la symbolique de la mère). Le nombre 40 constitue cet appel à retourner à la source, aux eaux matricielles qui diffusent partout la vie et le progrès par-delà la mort, afin de nous redécouvrir comme les enfants de l’Univers créé par Dieu. »[3]

Ainsi donc, en ce temps du carême, nous sommes invités à partir au désert afin de nous donner un ou des temps pour descendre en soi, parce qu’« on ne rencontre pas la vie, Dieu, en montant par en haut mais en descendant en bas.»[4]

____________________

[1] Mt 4, 1-2
[2] Florence K. Buena Vida, Libre expression, 2015, p.258.
[3] Pierre Guillemin. « Le nombre 40 », L’essentiel – votre magazine paroissial, 28 décembre 2023. https://presse.saint-augustin.ch/blog/le-nombre-40/
[4] Christian Beaulieu, Du Vent plein les voiles, 1984, Les Éditions Le Renouveau, p. 26.

EN MUSIQUE: Rue des Pignons (Richard Abel)


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

B. Voyer

NOUVEAU DIRECTEUR DE L'OFFICE NATIONAL DE LITURGIE

MONTRÉAL (BV) - Gaëtan Baillargeon a été nommé à la direction de l'Office national de liturgie. Il est prêtre de l'archidiocèse catholique de Sherbrooke. Jusqu'à sa nomination, il était professeur de théologie dogmatique et directeur du Département de théologie et de sciences religieuses de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

NOUVEAU PRÉSIDENT DE DÉVELOPPEMENT ET PAIX
WINNIPEG (BV) - Roger Dubois, psychologue à la retraite, est le nouveau président national de Développement et paix. Il habite la ville de Winnipeg au Manitoba. Il a été élu par les 21 membres du conseil national de l'organisme qui proviennent de partout au pays. Il succède à une enseignante de l'Ontario, Susan McNamara Scott.

(Revue Sainte Anne, Octobre 2002, page 398)