LE PRÉSENT DU PASSÉ: « Il faut accepter certaines morts »

« Il faut accepter certaines morts »
-Christian Beaulieu,
nouveau d.g. de l'Institut séculier Pie X

Malgré la grande crise qui menace de faire disparaître plusieurs communautés religieuses du Canada, l'abbé Christian Beaulieu demeure confiant en l'avenir. Il est assuré que l'Église d'ici va se relever. Cependant, pour survivre, elle a encore quelques pas à faire

« Je suis sûr qu'il y a encore des choses que l'on n'a pas encore assez laissées mourir et qui doivent mourir pour qu'il y ait renaissance, résurrection. Je pense qu’on n’est pas encore assez détaché de certaines formules, d'une certaine forme d'Église qu'on a connue. Il faut accepter certaines morts », explique le nouveau directeur général de l'Institut séculier Pie X, qui vient d'être nommé pour une troisième fois à ce poste

Cette fois-ci, c'est un défi qu'il a à relever: Donner un second souffle à son groupe religieux formé d'une dizaine de prêtres, d'une vingtaine de laïcs consacrés et d'environ 150 couples mariés. Il ne s'en cache pas: Il n'y a pas de relève.

« Ce que j'ai reçu, je voudrais que d'autres le connaisse: le bonheur d'être donné à Dieu, le bonheur d'être des choisis, des appelés? Je voudrais communiquer cela aux jeunes d'aujourd'hui », lance l'auteur et conférencier connu aux quatre coins du monde.

« Pour moi, ceux qui vont être les porteurs du flambeau sont des gens qui vont avoir fait une rencontre personnelle avec Jésus-Christ et des gens qui vont aussi avoir un feu, une passion et qui sont capables de folies en amour. L'évangélisateur d'aujourd'hui doit être prêt à donner sa vie pour ceux qu'il veut rencontrer », ajoute-t-il.

À quelques heures du nouveau millénaire, il cherche avec les membres de sa famille religieuse de nouvelles façons de porter au monde le message de Jésus. Le défi n'est pas facile à relever. Il le sait. Il croit qu'en rallumant la flamme des premières saisons de leur amour, de leurs premières années en fraternité, qu'ils donneront le goût à d'autres personnes de s'engager à leur suite.

Christian Beaulieu doit lui-même vivre des deuils en ce temps de crise, car cette nouvelle mission demande des petits sacrifices à ce qu'il aime: Moins de présence à la maison Le Pharion qu'il a fondée pour venir en aide aux jeunes à se sortir de l'enfer de la drogue et de l'alcool; remettre à plus tard des projets de livres; et refuser de donner des centaines de conférences. C'est sa façon de donner sa vie. Que ce don de lui-même soit le germe de nouvelles vocations au sein de son groupe qui envoie des missionnaires aux quatre coins ... du Canada francophone.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, janvier 2000, page 14)