LE PRÉSENT DU PASSÉ: Éric Nicolai No 2
Voici pourquoi je suis devenu prêtre de l'Opus Dei
Benoît Voyer
Pourquoi Éric Nicolai a-t-il décidé de devenir prêtre de l'Opus Dei ? Ce n'est assurément pas à cause d'un manque de jugement. L'homme est d'une intelligence au-dessus de la normale et possède une solide formation humaine, spirituelle et académique. En 1995, après avoir obtenu une maîtrise en histoire de l'art de l'université Laval à Québec avec une thèse portant sur les portraits d'enfants au 19ᵉ siècle, il obtient un doctorat en théologie de l'université pontificale Sainte-Croix à Rome avec un mémoire ayant pour thème : « Les règles exégétiques de Hugues de Saint-Victor ». Ordonné prêtre le 15 septembre 1994 dans la prélature personnelle de l'Opus Dei, l'homme aujourd'hui âgé de 39 ans est habité par un feu dévorant d'amour pour le Christ. Son parcours de vie est unique.
Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à connaître l'Opus Dei ?
J'ai connu l'Opus Dei grâce à mon ami Dwight. Un jour, on se donne rendez-vous au métro Guy-Concordia à Montréal. Sans m'en informer, il m'amène à la résidence Riverview près de l'université McGill pour me montrer à quel endroit habite son directeur spirituel.
J'entre. Il me présente. Je m'entretiens environ cinq minutes avec un prêtre qui habite l'endroit. « Comment vas-tu, Éric ? » Est-ce qu'il t'arrive de prier ? » Nous bavardons.
L'homme au col romain doit mettre un terme à la conversation afin de descendre à la chapelle pour le salut au Saint-Sacrement. Je n'ai aucune idée de quoi il s'agit. Il m'invite. L'hostie est exposée dans un merveilleux ostensoir. Malgré que je ne sache pas trop ce qui se passe, je suis très impressionné. Je savais que le Corps du Christ peut se recevoir, mais je ne savais pas que nous pouvions l'adorer. Ce fut le début de mon grand amour pour le Seigneur dans l'eucharistie.
Vous avez commencé à fréquenter l'Opus Dei dès cette journée ?
J'y suis retourné occasionnellement pour les méditations du vendredi soir. Au mois d'août 1983, ma famille est déménagée à Toronto parce que mon père a été transféré par son employeur. J'ai donc cessé d'y aller.
À mon départ, on m'a dit : « Tu pourrais appeler le centre de l'Opus Dei à Toronto… » J'ai répondu positivement à l'invitation, mais je ne pensais pas donner une suite à cela.
Un mois plus tard, puisque je ne connaissais personne à Toronto, j'ai décidé de téléphoner pour bavarder un peu. Une voix répond : « Quel est ton nom ? » Je me présente. « Comment ça va, Éric ? Viens faire un tour ! » L'homme au bout du fil est fort gentil. Nous nous donnons un rendez-vous. C'est à ce moment que j'ai commencé à fréquenter régulièrement la maison de Toronto pour les méditations et pour rencontrer un prêtre en direction spirituelle.
Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à adhérer officiellement à l'Opus Dei ?
Après un certain temps, on m'en a fait la proposition. Un jour, je parle de l'idée du mariage avec un ami. Par la suite, j'en discute aussi avec mon accompagnateur spirituel. Le prêtre me lance : « Peut-être que Dieu te demande PLUS que de te marier. » Tout en soulignant que le mariage est un authentique chemin de sainteté, il me dit que l'Église a besoin aussi de ceux qui se consacrent au célibat. Aussitôt que le mot PLUS fut tombé de sa bouche, je ne pus plus m'arrêter d'y penser.
Pourquoi ?
Je prenais conscience que ce n'est pas juste moi qui planifie ma vie. Dieu est toujours là pour me demander quelque chose de PLUS. Ce PLUS était pour moi une invitation au célibat apostolique et la possibilité de travailler avec plusieurs personnes, surtout pour faire connaître l'enseignement du Christ et de l'Église. L'idée m'a fait un peu peur, mais, en même temps, elle m'attirait.
Dans une prière, j'ai dit au Seigneur : « Je veux bien te suivre, mais je ne veux pas abandonner cette passion pour la peinture et les arts. J'ai finalement compris qu'il ne veut pas que j'abandonne cet univers et que je peux le suivre complètement à l'intérieur de cette profession.
Est-ce que vous avez accepté sans trop y penser ?
C'était le temps de Noël. J'ai donc pris quelques semaines de vacances dans les Cantons-de-l'Est. Durant ce retrait de trois semaines, j'ai surtout essayé d'enlever cette idée de mon esprit, mais elle revenait toujours.
Le 14 janvier 1984, j'ai écrit une lettre au prélat de l'Opus Dei pour lui signifier mon désir de devenir membre de la prélature apostolique à titre de laïc célibataire.
À quel moment avez-vous reçu l'invitation à devenir prêtre ?
En devenant membre de l'Opus Dei, il n'était pas question pour moi de devenir prêtre. On m'a expliqué : « Tu es célibataire. Tu vas rester laïc. Mais tu pourrais aussi devenir prêtre si on te le demande, mais tu es libre de dire non. »
J'ai donc terminé une maîtrise à l'université Laval en histoire de l'art et j'ai commencé à travailler à titre d'assistant à la recherche pour une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. J'étais historien de l'art. ça me passionnait.
Pendant ce temps, on m'a invité à réfléchir sérieusement à la possibilité d'aller étudier la théologie à Rome. Une fondation montréalaise, appelée La Fondation pour la culture et l'éducation, qui finance les études de séminaristes qui fréquentent l'université pontificale Sainte-Croix à Rome, m'a offert une bourse.
L'idée était de me préparer à être encore PLUS au service de l'Opus Dei, d'approfondir son esprit et d'étudier pour être davantage disponible pour des tâches de formation. Ces études seraient pour moi un temps de réflexion sur la possibilité de devenir prêtre. J'ai accepté.
Comment vos parents ont réagi à votre projet d’aller étudier à Rome ?
Au début, ils étaient surpris parce qu'ils s'étaient toujours imaginés que j'allais me marier. Finalement, ils voyaient mon enthousiasme devant ce projet et que j'étais heureux à l'intérieur de l'Opus Dei. Ils m'ont donc encouragé.
Est-ce que vous avez travaillé durant ces années en Italie ?
J'ai travaillé occasionnellement au service de la traduction au Vatican puisque je connais l'allemand, l'espagnol, l'italien, le français, l'anglais et le latin. Ce travail m’a permis de rencontrer le Saint-Père et de lui parler face à face.
Au début de 1994, en plein milieu de ma thèse de doctorat, après cinq années d'études à Rome, on m'a demandé si j'acceptais d'être ordonné prêtre. J'ai accepté cet appel comme un PLUS pour servir Dieu à l'intérieur de l'Opus Dei. J'ai été ordonné le 15 septembre 1994 à la basilique Saint-Eugène à Rome.
Qu'est-ce qu'il y avait d'impressionnant ce jour-là ?
Nous étions 44 membres de l'Opus Dei à recevoir le sacrement de l'ordre en même temps et la basilique était pleine à craquer !
Une trentaine de membres de ma famille qui habitent en Allemagne sont venus et quelques-uns du Canada. Tous étaient des protestants. Ma mère et ma sœur ont pleuré. Après la célébration, mon père m'a dit être très fier de moi.
Quand êtes-vous revenu au Canada et quel a été votre parcours depuis ce temps ?
Je suis revenu à Montréal à l'été 1995. J'ai travaillé à Toronto comme aumônier d'une résidence de l'Opus Dei. Aussi, j'ai eu l'occasion d'enseigner dans une école secondaire privée. Depuis quelques années, je suis aumônier du centre universitaire Riverview sur la rue du Musée à Montréal.
En plus de m'occuper du bureau d'information de l'Opus Dei au Canada, j'anime des retraites spirituelles et des ateliers d'études dans des centres de formation confiés à l'Opus Dei.
Pourquoi avez-vous choisi de devenir prêtre de l'Opus Dei ?
Comme saint Josemaria Escriva, je veux devenir un saint en sachant que je serai un pécheur jusqu'à la fin de mes jours. Le saint ce n'est pas une personne parfaite et sans défaut. Elle a des chutes et s'en relève humblement pour continuer sa route en se mettant au service des autres. Je veux répondre à l'appel personnel que Dieu m'a fait et être un instrument pour rapprocher les âmes de Dieu.
L'Opus Dei sur Internet:
L'Opus Dei: www.fr.opusdei.ca
Les écrits de saint Josemaria Escriva: www.escrivaworks.org
Éric Nicolai
2e partie
« Comme saint Josemaria Escriva, je veux devenir un saint en sachant que je serai un pécheur jusqu'à la fin de mes jours. Le saint ce n'est pas une personne parfaite et sans défaut. Elle a des chutes et s'en relève humblement pour continuer sa route en se mettant au service des autres. Je veux répondre à l'appel personnel que Dieu m'a fait et être un instrument pour rapprocher les âmes de Dieu »
Benoît Voyer
Pourquoi Éric Nicolai a-t-il décidé de devenir prêtre de l'Opus Dei ? Ce n'est assurément pas à cause d'un manque de jugement. L'homme est d'une intelligence au-dessus de la normale et possède une solide formation humaine, spirituelle et académique. En 1995, après avoir obtenu une maîtrise en histoire de l'art de l'université Laval à Québec avec une thèse portant sur les portraits d'enfants au 19ᵉ siècle, il obtient un doctorat en théologie de l'université pontificale Sainte-Croix à Rome avec un mémoire ayant pour thème : « Les règles exégétiques de Hugues de Saint-Victor ». Ordonné prêtre le 15 septembre 1994 dans la prélature personnelle de l'Opus Dei, l'homme aujourd'hui âgé de 39 ans est habité par un feu dévorant d'amour pour le Christ. Son parcours de vie est unique.
Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à connaître l'Opus Dei ?
J'ai connu l'Opus Dei grâce à mon ami Dwight. Un jour, on se donne rendez-vous au métro Guy-Concordia à Montréal. Sans m'en informer, il m'amène à la résidence Riverview près de l'université McGill pour me montrer à quel endroit habite son directeur spirituel.
J'entre. Il me présente. Je m'entretiens environ cinq minutes avec un prêtre qui habite l'endroit. « Comment vas-tu, Éric ? » Est-ce qu'il t'arrive de prier ? » Nous bavardons.
L'homme au col romain doit mettre un terme à la conversation afin de descendre à la chapelle pour le salut au Saint-Sacrement. Je n'ai aucune idée de quoi il s'agit. Il m'invite. L'hostie est exposée dans un merveilleux ostensoir. Malgré que je ne sache pas trop ce qui se passe, je suis très impressionné. Je savais que le Corps du Christ peut se recevoir, mais je ne savais pas que nous pouvions l'adorer. Ce fut le début de mon grand amour pour le Seigneur dans l'eucharistie.
Vous avez commencé à fréquenter l'Opus Dei dès cette journée ?
J'y suis retourné occasionnellement pour les méditations du vendredi soir. Au mois d'août 1983, ma famille est déménagée à Toronto parce que mon père a été transféré par son employeur. J'ai donc cessé d'y aller.
À mon départ, on m'a dit : « Tu pourrais appeler le centre de l'Opus Dei à Toronto… » J'ai répondu positivement à l'invitation, mais je ne pensais pas donner une suite à cela.
Un mois plus tard, puisque je ne connaissais personne à Toronto, j'ai décidé de téléphoner pour bavarder un peu. Une voix répond : « Quel est ton nom ? » Je me présente. « Comment ça va, Éric ? Viens faire un tour ! » L'homme au bout du fil est fort gentil. Nous nous donnons un rendez-vous. C'est à ce moment que j'ai commencé à fréquenter régulièrement la maison de Toronto pour les méditations et pour rencontrer un prêtre en direction spirituelle.
Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à adhérer officiellement à l'Opus Dei ?
Après un certain temps, on m'en a fait la proposition. Un jour, je parle de l'idée du mariage avec un ami. Par la suite, j'en discute aussi avec mon accompagnateur spirituel. Le prêtre me lance : « Peut-être que Dieu te demande PLUS que de te marier. » Tout en soulignant que le mariage est un authentique chemin de sainteté, il me dit que l'Église a besoin aussi de ceux qui se consacrent au célibat. Aussitôt que le mot PLUS fut tombé de sa bouche, je ne pus plus m'arrêter d'y penser.
Pourquoi ?
Je prenais conscience que ce n'est pas juste moi qui planifie ma vie. Dieu est toujours là pour me demander quelque chose de PLUS. Ce PLUS était pour moi une invitation au célibat apostolique et la possibilité de travailler avec plusieurs personnes, surtout pour faire connaître l'enseignement du Christ et de l'Église. L'idée m'a fait un peu peur, mais, en même temps, elle m'attirait.
Dans une prière, j'ai dit au Seigneur : « Je veux bien te suivre, mais je ne veux pas abandonner cette passion pour la peinture et les arts. J'ai finalement compris qu'il ne veut pas que j'abandonne cet univers et que je peux le suivre complètement à l'intérieur de cette profession.
Est-ce que vous avez accepté sans trop y penser ?
C'était le temps de Noël. J'ai donc pris quelques semaines de vacances dans les Cantons-de-l'Est. Durant ce retrait de trois semaines, j'ai surtout essayé d'enlever cette idée de mon esprit, mais elle revenait toujours.
Le 14 janvier 1984, j'ai écrit une lettre au prélat de l'Opus Dei pour lui signifier mon désir de devenir membre de la prélature apostolique à titre de laïc célibataire.
À quel moment avez-vous reçu l'invitation à devenir prêtre ?
En devenant membre de l'Opus Dei, il n'était pas question pour moi de devenir prêtre. On m'a expliqué : « Tu es célibataire. Tu vas rester laïc. Mais tu pourrais aussi devenir prêtre si on te le demande, mais tu es libre de dire non. »
J'ai donc terminé une maîtrise à l'université Laval en histoire de l'art et j'ai commencé à travailler à titre d'assistant à la recherche pour une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. J'étais historien de l'art. ça me passionnait.
Pendant ce temps, on m'a invité à réfléchir sérieusement à la possibilité d'aller étudier la théologie à Rome. Une fondation montréalaise, appelée La Fondation pour la culture et l'éducation, qui finance les études de séminaristes qui fréquentent l'université pontificale Sainte-Croix à Rome, m'a offert une bourse.
L'idée était de me préparer à être encore PLUS au service de l'Opus Dei, d'approfondir son esprit et d'étudier pour être davantage disponible pour des tâches de formation. Ces études seraient pour moi un temps de réflexion sur la possibilité de devenir prêtre. J'ai accepté.
Comment vos parents ont réagi à votre projet d’aller étudier à Rome ?
Au début, ils étaient surpris parce qu'ils s'étaient toujours imaginés que j'allais me marier. Finalement, ils voyaient mon enthousiasme devant ce projet et que j'étais heureux à l'intérieur de l'Opus Dei. Ils m'ont donc encouragé.
Est-ce que vous avez travaillé durant ces années en Italie ?
J'ai travaillé occasionnellement au service de la traduction au Vatican puisque je connais l'allemand, l'espagnol, l'italien, le français, l'anglais et le latin. Ce travail m’a permis de rencontrer le Saint-Père et de lui parler face à face.
Au début de 1994, en plein milieu de ma thèse de doctorat, après cinq années d'études à Rome, on m'a demandé si j'acceptais d'être ordonné prêtre. J'ai accepté cet appel comme un PLUS pour servir Dieu à l'intérieur de l'Opus Dei. J'ai été ordonné le 15 septembre 1994 à la basilique Saint-Eugène à Rome.
Qu'est-ce qu'il y avait d'impressionnant ce jour-là ?
Nous étions 44 membres de l'Opus Dei à recevoir le sacrement de l'ordre en même temps et la basilique était pleine à craquer !
Une trentaine de membres de ma famille qui habitent en Allemagne sont venus et quelques-uns du Canada. Tous étaient des protestants. Ma mère et ma sœur ont pleuré. Après la célébration, mon père m'a dit être très fier de moi.
Quand êtes-vous revenu au Canada et quel a été votre parcours depuis ce temps ?
Je suis revenu à Montréal à l'été 1995. J'ai travaillé à Toronto comme aumônier d'une résidence de l'Opus Dei. Aussi, j'ai eu l'occasion d'enseigner dans une école secondaire privée. Depuis quelques années, je suis aumônier du centre universitaire Riverview sur la rue du Musée à Montréal.
En plus de m'occuper du bureau d'information de l'Opus Dei au Canada, j'anime des retraites spirituelles et des ateliers d'études dans des centres de formation confiés à l'Opus Dei.
Pourquoi avez-vous choisi de devenir prêtre de l'Opus Dei ?
Comme saint Josemaria Escriva, je veux devenir un saint en sachant que je serai un pécheur jusqu'à la fin de mes jours. Le saint ce n'est pas une personne parfaite et sans défaut. Elle a des chutes et s'en relève humblement pour continuer sa route en se mettant au service des autres. Je veux répondre à l'appel personnel que Dieu m'a fait et être un instrument pour rapprocher les âmes de Dieu.
L'Opus Dei sur Internet:
L'Opus Dei: www.fr.opusdei.ca
Les écrits de saint Josemaria Escriva: www.escrivaworks.org
(Revue Sainte Anne, novembre 2003, pages 441 et 446)
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