VISION CATHOLIQUE: Croire
Par Benoit Voyer
21 mars 2026
L'humain est appelé à vivre debout. Les textes bibliques ne cessent de le rappeler. L'Évangile en dit long : « En mots de notre époque : Allez debout, fais un homme de toi ou ma fille, on arrête de se regarder le nombril, l'avenir est devant toi. La foi guérit ou sauve l'être blessé, paralysé ou dans la désespérance. Lorsque je lis les textes des livres de la Bible, je change toujours le mot « sauver » par « guérir ». Ça transforme la dynamique des récits. La foi appelle à la raison, mais pas uniquement à elle. Pour croire, l'intelligence émotionnelle doit être rejointe. C'est pour ça qu'on dit que la foi est un cadeau. Quand on la reçoit, la raison et l'émotion, c'est-à-dire tout l'être intérieur, sont touchés.[1]
Dans ma lecture d'œuvres de fiction ou d'œuvres bibliques, j'aime faire de moi un personnage secondaire du récit. Aujourd'hui, je m'imagine être auprès de Jésus. Nous arrivons chez Lazare. Il vient de mourir. « Si tu avais été là, il ne serait pas mort ! » J'entends le maître répondre à Marthe : « Je t'en prie, arrête de t'en prendre à moi. J'ai mal d'entendre tes larmes et ton cri du cœur. Lazare, c'était aussi mon ami. Comme toi, je l'aime d'un grand amour. Comme toi, j'ai mal. Mais si Dieu le veut, qu'il entre dans la lumière. » Aussitôt, Lazare sort de son tombeau. Il se réveille. Il ressuscite quoi ? Il entre dans l'éternité bienheureuse.
« Si tu crois, tu verras monter la vie. Si tu crois, tu verras tomber la mort. « Tu verras refleurir l'arbre mort », chantait le poète Robert Lebel sur son premier disque en reprenant les paroles de Jésus reprises dans l’évangile de Jean.
La foi, c'est croire que la lumière puisse surgir en pleine nuit. La foi, c'est croire que l'enfant parti à l'aventure va revenir. La foi, c'est croire que l'amour rêvé se révélera un jour à soi. La foi, c'est croire que la vie est plus forte que la mort et que s'arrangeront les difficultés que je traverse avec l'aide du Tout-Amour. La foi, c'est croire que Dieu donne à l'humain tout le nécessaire dont il a besoin s'il sait lui dire à l'avance merci. La foi, c'est croire que l'humain est fait pour vivre debout.
Jésus et la souffrance
À la lumière des évangiles, on constate que Jésus n’était pas très chaud devant la souffrance puisqu’il nous invite à la combattre comme lui-même l’a fait.
Jésus a connu la souffrance [2], il a eu de la difficulté à l’accepter [3], il a été vulnérable aux individus qui sont dans cette situation que soit physiquement [4] ou spirituellement [5].
Pourtant, il ne l’a pas freinée, lui qui fut le Fils de Dieu. Cela était associé à la réalité de l’incarnation qu’il venait vivre sur la terre [6]. Comme le jour ou il apprit la mort de son ami Lazare, il a pleuré. Il a vécu sa souffrance comme étant un moment privilégié de foi au Tout-Puissant [7] et pour aimer les autres [8]. De la même façon, il nous invite à réagir.
En suivant l’enseignement de Jésus, nous sommes appelés à répondre à nos moments de douleurs en la luttant, par la confiance [9], en allant plus loin que le mal par un appel à la perfection de l’amour [10] et par à accomplir, du mieux que l’on peut, la volonté du bon dieu [11].
Lorsqu’on s’attarde aux récits bibliques, on en vient à la conclusion que Dieu ne prescrit pas la souffrance. Elle est de notre univers fini, c’est-à-dire notre monde en attente de résurrection. Il veut que j’aie foi en lui et que j’aime les gens autour de moi.
De plus, Jésus m’invite à combattre la douleur sous toutes ses formes.
Si je sais bien vivre ma souffrance à la manière de Jésus, c’est-à-dire dans la confiance au Père, et dans la charité pour les autres, ma souffrance peut devenir une semence de vie et porter un peu d’éternité dans ma vie et celle des autres.
Sans aimer la souffrance, je peux l’apprivoiser [12]. Comment ? En m’abandonnant à la tendresse de Dieu. Elle peut devenir une source de paix et de sérénité, car l’amour que Dieu me manifeste en ces instants me met sur le sentier de la Résurrection. Après chaque vendredi saint, il y a un jour de résurrection. Après la pluie surgit le beau temps. À la fin de la nuit sombre apparait toujours un soleil radieux.
____________________
[1] Cette partie est tirée de : Benoit Voyer. Émission radiophonique « Les Grands espaces » no 4, automne 2015, diffusée sur www.radiophile.ca https://www.youtube.com/watch?v=NdBFuYFWAjg&t=291s
[2] Cf. Jn 11,35 ; Mc 8,17 ; Mc 14,50 ; Mc 15,16-20.
[3] Cf. Mc 14,35-36a ; Lc 22,43
[4] Cf. Mc 1, 29-31 ; Mc 5, 25-34 ; Lc 7, 11-17 ; Mc 5, 21-24 ; Mc 5, 35-43 ; Mc 9, 14-29.
[5] Cf. Mc 1, 21-28 ; Mc 2, 1-12 ; Jn 8, 1-11.
[6] Cf. Phil 2, 6-8a.
[7] Cf. Lc 22,42 ; Lc 23,46.
[8] Cf. Mt 26,28 ; Lc 23,43
[9] Cf. Ap 7,17 ; Ap 21,4.
[10] Cf. Mt 5, 43-48.
[11] Cf. 1 Cor 10, 31-33.
[12] Benoit Voyer. Jésus et la souffrance, chronique "Au-delà du visible", L’Hebdo granbyen, 22 février 1995, p. 8. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/jesus-et-la-souffrance.html
[1] Cette partie est tirée de : Benoit Voyer. Émission radiophonique « Les Grands espaces » no 4, automne 2015, diffusée sur www.radiophile.ca https://www.youtube.com/watch?v=NdBFuYFWAjg&t=291s
[2] Cf. Jn 11,35 ; Mc 8,17 ; Mc 14,50 ; Mc 15,16-20.
[3] Cf. Mc 14,35-36a ; Lc 22,43
[4] Cf. Mc 1, 29-31 ; Mc 5, 25-34 ; Lc 7, 11-17 ; Mc 5, 21-24 ; Mc 5, 35-43 ; Mc 9, 14-29.
[5] Cf. Mc 1, 21-28 ; Mc 2, 1-12 ; Jn 8, 1-11.
[6] Cf. Phil 2, 6-8a.
[7] Cf. Lc 22,42 ; Lc 23,46.
[8] Cf. Mt 26,28 ; Lc 23,43
[9] Cf. Ap 7,17 ; Ap 21,4.
[10] Cf. Mt 5, 43-48.
[11] Cf. 1 Cor 10, 31-33.
[12] Benoit Voyer. Jésus et la souffrance, chronique "Au-delà du visible", L’Hebdo granbyen, 22 février 1995, p. 8. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/jesus-et-la-souffrance.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Armand Gagné est né avec une baguette magique!
40e anniversaire de prêtrise
Par Benoit Voyer
Le père Armand Gagné ne pouvait guère cacher sa chère sensibilité, le 19 septembre, à l'occasion d'une fête d'action de grâce avec ses parents et amis pour souligner son 45e anniversaire de vie religieuse et son 40e anniversaire de prêtrise. Il en a même versé quelques larmes. Les 200 personnes réunies pour l'occasion ont vibré avec lui pour ces années de bonheur au service des autres.
Missionnaire au Guatemala
Le grand moment de cette soirée d'action de grâce a sans aucun doute été l'hommage d’Eugène Sergerie, président de la fondation Les amis du père Armand Gagné, qui travaille à faire connaître les persécutions religieuses autour du monde et qui ramasse des fonds pour venir en aide aux missions des Trinitaires au Guatemala.
Se souvenant de son voyage de 1981, Eugène Sergerie rit maintenant d'une situation qui aurait pu tourner au vinaigre en ces pires années de la guerre civile dans ce pays : « J'étais avec ma femme Patricia et Thaïs Pelletier. Le premier soir, nous nous rendions à pied à l'hôtel le Martita dans la région de Champerico. J'ai vu à quelques pas de moi une barricade et des soldats armés de mitraillettes. Rien ne sert de vous dire que j'ai eu franchement peur ! Durant notre séjour, le maire de la ville a été assassiné en pleine rue, au petit matin. L'armée, les hélicoptères, tout y était ! Ce jour-là, vers 11 h, les 2 femmes disparaissent. Les deux folles (dit avec un grand sourire aux lèvres) revinrent vers midi ! Elles étaient allées se baigner à la plage à travers tout ça ! Elles auraient pu se faire enlever par l'armée ou être tuées ! Vous pouvez être assuré qu'elles ont eu tout un sermon du père Armand, du frère Réjean Lussier et de moi-même ! »
Il ne reste que des bons moments de l'événement. Il dit que le père Armand Gagné était sous la protection de l'évêque du lieu et qu'il a souvent servi d'intermédiaire pour récupérer des enfants enlevés par l'armée pour être conduits aux camps de rééducation dans le but d'en faire des soldats.
Né avec une baguette magique !
Armand Gagné est né avec une baguette magique ; tout ce qu'il entreprend réussit. Le père Sylvio Michaud, ministre provincial des Trinitaires du Canada, l'a bien illustré.
Au Guatemala, le frère-prêtre s'est fait ingénieur pour l'installation d'un système d'égout au village, a fondé une école, un centre de nutrition et un centre d'accueil pour les personnes âgées, en plus de construire des maisons pour les villageois et de nettoyer les rues.
À Rome, où il a été conseiller général pour sa communauté, il a visité et a fait connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus.
« À cette époque, il devait presque se cacher pour parler de ce sujet dans la communauté. Aujourd'hui, grâce à lui, l'Ordre des Trinitaires sur toute la planète a fait de ce thème sa principale préoccupation, renouant ainsi avec la raison première de la fondation de la congrégation, il y a 800 ans, a dit le père Michaud. L'Ordre est même en train de fonder une mission au Soudan pour aider les enfants esclaves et les nombreux chrétiens maltraités dans ce pays qui est en train de passer aux mains des musulmans fondamentalistes.
À Granby, depuis 1993, il a sauvé la maison des retraites spirituelles des Trinitaires d'une fermeture certaine. Depuis qu'il est ministre du Centre de ressourcement intérieur, les usagers ne cessent d'augmenter. Au service de la libération et de la paix dans les cœurs, le père Armand a fait de cet endroit un lieu où il est possible de guérir de ses blessures intérieures et de retrouver sa dignité humaine.
Durant l'homélie de la messe d'action de grâce qui a précédé la soirée des festivités, le bon père Armand a surpris tous ces gens rassemblés pour lui rendre hommage en disant : « Le cheminement que j'ai suivi n'était pas celui que j'ai choisi. C'était celui que le Seigneur a voulu pour moi. Les missions que j'ai entreprises dans ma vie ont été pour répondre à des demandes de mes supérieurs. »
Souvent submergé par ses émotions, Armand Gagné, qui a fait, il y a 45 ans, les vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et d'humilité, a conclu son intervention en affirmant que cette vie au service des autres l'a vraiment rendu heureux.
Le père Armand Gagné est né avec une baguette magique!
Par Benoit Voyer
Le père Armand Gagné ne pouvait guère cacher sa chère sensibilité, le 19 septembre, à l'occasion d'une fête d'action de grâce avec ses parents et amis pour souligner son 45e anniversaire de vie religieuse et son 40e anniversaire de prêtrise. Il en a même versé quelques larmes. Les 200 personnes réunies pour l'occasion ont vibré avec lui pour ces années de bonheur au service des autres.
Missionnaire au Guatemala
Le grand moment de cette soirée d'action de grâce a sans aucun doute été l'hommage d’Eugène Sergerie, président de la fondation Les amis du père Armand Gagné, qui travaille à faire connaître les persécutions religieuses autour du monde et qui ramasse des fonds pour venir en aide aux missions des Trinitaires au Guatemala.
Se souvenant de son voyage de 1981, Eugène Sergerie rit maintenant d'une situation qui aurait pu tourner au vinaigre en ces pires années de la guerre civile dans ce pays : « J'étais avec ma femme Patricia et Thaïs Pelletier. Le premier soir, nous nous rendions à pied à l'hôtel le Martita dans la région de Champerico. J'ai vu à quelques pas de moi une barricade et des soldats armés de mitraillettes. Rien ne sert de vous dire que j'ai eu franchement peur ! Durant notre séjour, le maire de la ville a été assassiné en pleine rue, au petit matin. L'armée, les hélicoptères, tout y était ! Ce jour-là, vers 11 h, les 2 femmes disparaissent. Les deux folles (dit avec un grand sourire aux lèvres) revinrent vers midi ! Elles étaient allées se baigner à la plage à travers tout ça ! Elles auraient pu se faire enlever par l'armée ou être tuées ! Vous pouvez être assuré qu'elles ont eu tout un sermon du père Armand, du frère Réjean Lussier et de moi-même ! »
Il ne reste que des bons moments de l'événement. Il dit que le père Armand Gagné était sous la protection de l'évêque du lieu et qu'il a souvent servi d'intermédiaire pour récupérer des enfants enlevés par l'armée pour être conduits aux camps de rééducation dans le but d'en faire des soldats.
Né avec une baguette magique !
Armand Gagné est né avec une baguette magique ; tout ce qu'il entreprend réussit. Le père Sylvio Michaud, ministre provincial des Trinitaires du Canada, l'a bien illustré.
Au Guatemala, le frère-prêtre s'est fait ingénieur pour l'installation d'un système d'égout au village, a fondé une école, un centre de nutrition et un centre d'accueil pour les personnes âgées, en plus de construire des maisons pour les villageois et de nettoyer les rues.
À Rome, où il a été conseiller général pour sa communauté, il a visité et a fait connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus.
« À cette époque, il devait presque se cacher pour parler de ce sujet dans la communauté. Aujourd'hui, grâce à lui, l'Ordre des Trinitaires sur toute la planète a fait de ce thème sa principale préoccupation, renouant ainsi avec la raison première de la fondation de la congrégation, il y a 800 ans, a dit le père Michaud. L'Ordre est même en train de fonder une mission au Soudan pour aider les enfants esclaves et les nombreux chrétiens maltraités dans ce pays qui est en train de passer aux mains des musulmans fondamentalistes.
À Granby, depuis 1993, il a sauvé la maison des retraites spirituelles des Trinitaires d'une fermeture certaine. Depuis qu'il est ministre du Centre de ressourcement intérieur, les usagers ne cessent d'augmenter. Au service de la libération et de la paix dans les cœurs, le père Armand a fait de cet endroit un lieu où il est possible de guérir de ses blessures intérieures et de retrouver sa dignité humaine.
Durant l'homélie de la messe d'action de grâce qui a précédé la soirée des festivités, le bon père Armand a surpris tous ces gens rassemblés pour lui rendre hommage en disant : « Le cheminement que j'ai suivi n'était pas celui que j'ai choisi. C'était celui que le Seigneur a voulu pour moi. Les missions que j'ai entreprises dans ma vie ont été pour répondre à des demandes de mes supérieurs. »
Souvent submergé par ses émotions, Armand Gagné, qui a fait, il y a 45 ans, les vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et d'humilité, a conclu son intervention en affirmant que cette vie au service des autres l'a vraiment rendu heureux.
(Texte proposé pour l’édition de janvier 2000. Il n’a pas été publié par manque d’espace)
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