LE PRÉSENT DU PASSÉ: Pierre Lacroix a songé devenir pasteur protestant
Benoit Voyer
(collaboration spéciale)
Le télévangéliste catholique Pierre Lacroix a songé, voilà presque 20 ans, à devenir pasteur protestant. Suite à une rencontre avec le révérend Allan Bowen, il renonçait cependant à ce projet pour continuer à vivre sa foi dans l'Église qui l'avait vu naitre : l'Église catholique.
La tentation lui était venue au début de son engagement comme missionnaire de la Bonne Nouvelle sur les ondes de la télévision et de la radio. Peu appuyé par le clergé, fatigué par ses nombreuses conférences, une critique acerbe d'un prêtre avait fait naître en lui une révolte.
« Je suis allé voir un ami pasteur engagé dans le mouvement charismatique. Je le savais proche des prêtres catholiques appuyant le Renouveau. Partageant mes angoisses, ce dernier n'a pas voulu me donner une réponse humaine et m'a simplement dit que seul Dieu pouvait me donner une orientation juste. Nous avons donc prié. Après un bon temps de prière, il m'a dit : "Pierre, Dieu m'a parlé très fort. Il est clair en moi que Dieu te demande de rester dans ton Église et de l'aimer plus que jamais. » Après ce moment de doute, je n'ai jamais remis en question mon appartenance à l'Église catholique. Je suis né dans une famille catholique, je vais mourir dans cette Église, dit-il.
Enfant de Vatican II
Il poursuit : « Je suis d'une époque œcuménique. L'âge que j'ai a fait que, dès le moment où je suis entré au niveau secondaire, Vatican II finissait. Nos professeurs de catéchèse nous incitaient alors à une grande ouverture envers les chrétiens des autres dénominations. Rome proclamait, en 1963, la légitimité des Églises chrétiennes. Ils n’étaient plus des condamnés, mais des frères partageant la même foi chrétienne. C'était une vraie révolution. Mes parents n'étaient pas trop prêts à cette ouverture, mais l'idée me plaisait beaucoup. D'autant plus que j'avais à cette époque deux amis protestants et un autre juif. »
À la télévision ou à la radio, Pierre Lacroix se dit très prudent dans ses propos, spécialement avec la tradition mariale. Il ne tient pas à fermer des portes.
Un blessé
Le travail apostolique qu'il fait n'a jamais été une carrière pour lui. Il veut s'y consacrer jusqu'à sa mort car il a un profond besoin de faire connaitre l'amour que Dieu porte à tous les humains, spécialement aux plus éloignés et aux plus souffrants. Les épreuves qu'il a subies lui donnent d'être de ce nombre.
« Il y a une certitude commune chez ceux qui m'aiment ou qui me haïssent : j'ai énormément souffert de ce fameux procès. Fort heureusement, ajoute Pierre Lacroix, Dieu n'a pas été absent de ces épreuves. À côté des blessures, de magnifiques trésors m'ont été donnés. »
En souriant, il raconte qu'un directeur d'un réseau de télévision lui a dit un jour : « Moi, les miracles, je ne crois pas à ça ! Je suis athée. Mais que tu aies repris tes émissions seulement 3 mois après le procès… ça, c'est un vrai miracle pour moi. Il n'y a pas un être humain qui aurait été capable de reprendre les ondes après une telle épreuve. »
Le retour de Pierre Lacroix à la télévision et à la radio démontre que sa foi en Dieu est profonde. Il admet cependant qu'il a reçu la force spirituelle qui va avec l'épreuve. Lui-même n'avait pas la force de surmonter autant d'agressivité et de violence. Il raconte que la pression sociale était tellement forte à certains moments que de petites veines se brisaient dans ses yeux.
Un pauvre au service de Dieu
« Aujourd'hui, je suis plus conscient de ma pauvreté parce que je l'ai rencontrée. La douleur de cette épreuve m'a fait prendre conscience de mes limites et des illusions que j'entretenais. Rien ne fut facile, surtout ma prière, car ma vulnérabilité était mise à nue devant mes propres yeux. Heureusement que l'amour de mon épouse et l'amitié de plusieurs proches, dont le père Yvon Poirier, m'ont rappelé combien l'amour de Dieu est sans réserve et surtout inconditionnel », raconte l'évangélisateur des ondes.
Huit ans plus tard, Pierre Lacroix n'a plus de masque à porter. Ceci ne veut pas dire qu'il jouait un personnage, mais que c'était une façon de se protéger intérieurement. Il confesse que maintenant, il n'a plus peur d'être l'objet de rejet. « Attention ! C'est Dieu qui m'enlève cette peur, car supprimez-moi mon intimité avec Dieu, ma prière, et je retourne à la même case », insiste-t-il.
« J'ai plus que jamais besoin de prier. Parfois, quand il y a trop de monde, je me trouve une raison… et je vais me cacher pour prier. J'ai soif de Dieu, et j'ai la plus profonde conviction qu'il a, lui aussi, soif de moi. C'est ma façon de vivre et d'espérer », conclut l'homme de 46 ans profondément attaché au catholicisme.
LES RENDEZ-VOUS AVEC PIERRE LACROIX
A la télévision:
« De la souffrance à la joie! »
Dimanche à 13h30
CKTM -Trois-Rivières
CKSH -Sherbrooke
CKRS - Jonquière
CKRT - Rivière-du-Loup
Lundi, mardi et mercredi à 11h30
CFEM -Rouyn
A la radio:
« Pourquoi Jésus? »
Dimanche à 9h
CHLN 550 -Trois-Rivières
CFEM -Rouyn
A la radio:
« Pourquoi Jésus? »
Dimanche à 9h
CHLN 550 -Trois-Rivières
(Le Plus de La Voix de L’Est, en 1994 ou 1995.
Ce texte est tiré de l’original déposé
dans le fonds P049 de la
Société d'histoire de la Haute-Yamaska)
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