LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mission possible
Abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission
Benoît Voyer
La personne issue de la « génération i » (1), née dans les années 1980, est, selon de nombreux spécialistes, une « démunie en intériorité ». Indécision, incertitude et crise identitaire caractérisent son existence. L'abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission, qui a pignon sur « rang » dans la municipalité du Canton-de-Shefford, à la limite de Granby, travaille activement à donner à la présente jeunesse une chance de surmonter son drame intérieur. Son action contribue à instituer une « nouvelle génération de bâtisseurs » (2), selon un vœu du pape Jean-Paul II. Chaque individu qu'il forme avec son équipe pourra dire dans quelques années, comme l'animateur de télévision François Paradis, « Je veux être un petit engrenage ... » (3) et s'engagera comme Raid Fahmi (4) et sœur Nicole Fournier (5) jusqu'au risque de donner sa vie ou de la perdre. Voici la manière de Christian Simoneau de « se soucier de la qualité de cette vie » (6) qui nous est « prêtée » et de « se centrer sur le coeur du message chrétien » (7). C'est sa façon bien à lui de « parler de l'essentiel sans se taire ». (8).
Comment découvrir sa mission de vie ?
Il faut commencer par prendre le temps de s'arrêter et de descendre en soi. C'est une démarche intérieure, une démarche spirituelle.
Plus on apprend à se connaître plus on réalise le besoin de spiritualité qu'il y a en soi. On découvre que Dieu a semé quelque chose de grand en nous. Il nous invite à aller toujours plus loin. Tu ne peux pas plafonner avec lui. Avec la spiritualité, tu t'ouvres à toutes les possibilités. Il est donc important de ne pas seulement chercher dans la psychologie et l'intellectualisme.
Est-ce qu'il est possible de trouver sa mission sans l'aide de Dieu?
En rejetant la réalité religieuse de ce qui nous forme, on rejette une partie de soi. Les dimensions religiologique et spirituelle façonnent l'homme et la femme. Les évacuer de son existence, c'est rejeter une partie de son avenir, de son devenir. Sans ces réalités, un jour ou l'autre, au moment de la crise de vie, le vide surgit en soi.
Un des problèmes de l'humain qui forme la présente société c'est qu'il s'enferme dans certaines parties de ce qu'il est. Cette difficulté n'est pas unique aux jeunes. Pour être heureux, il faut retrouver son unité intérieure.
Ce que je vous dis, c'est ce que Jésus nous a enseigné. Il disait : « Ne vous enfermez pas ! Restez vivant ! Soyez ouverts ! »
Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société. Je le répète, pour avancer dans la vie et être heureux, il faut qu'il y ait en soi une unité et une direction.
Avec l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, et une équipe, vous avez fondé Parcours-Mission, un organisme qui désire aider les 18 à 35.
Nous voulons permettre au jeune de se ressourcer et de découvrir quelle est sa mission de vie à partir de ce qu'il est. Nous voulons être un lieu propice pour qu'il puisse grandir intérieurement et découvrir ce que Dieu a semé en lui. Au baptême, nous avons reçu une semence. Nous voulons lui permettre qu'elle porte des fruits.
De plus, nous favorisons des expériences de guérisons intérieure et d'intériorisation. Nous voulons lui permettre de retrouver l'essentiel dans sa vie, c'est-à-dire un retour à sa source interne
Quel est votre programme ?
Il touche chaque facette de l'humain : intellectuelle, religieuse et psychologique. Il comprend aussi une initiation aux petites choses du quotidien.
Concrètement, nous offrons des retraites spirituelles, des conférences, des fins de semaine de croissance et de connaissances spirituelles. Il y a aussi des implications dans le bénévolat, notamment auprès de sidéens. Enfin, le jeune doit apporter son soutien matériel dans la maison et dans la cuisine. En arrivant ici, il bâtit son propre programme de vie et nous cheminons avec lui.
Nous voulons former au leadership. Au retour dans son milieu, nous souhaitons qu'il prenne une place importante dans sa communauté de vie.
Est-ce qu'il s'agit d'une nouvelle approche vocationnelle ?
Nous sommes préoccupés par la vocation fondamentale de la vie. Toutefois, si la démarche débouche sur une vocation religieuse ou presbytérale, nous accompagnons la personne vers son appel intérieur.
Quelle est votre spiritualité ou votre école spirituelle?
Nous sommes à l'école des profondeurs. Nous partons de ce qu'il y a en soi. Nous voulons découvrir, faire grandir et faire voir que Dieu agit dans notre monde. Nous cherchons à le découvrir au quotidien
Notre approche s'inspire de celles de saint Ignace de Loyola, de Jean Montbourquette et du récit biblique des disciples d'Emmaüs.
Enfin, puisque nous sommes un organisme diocésain, notre évêque nous invite sporadiquement à porter notre regard sur une dimension ou l'autre de la foi, particulièrement autour de la Parole de Dieu.
Combien de temps dure un séjour chez vous ?
D'une heure à neuf mois
De quelle manière est né Parcours-Mission ?
Tout a débuté durant l'année jubilaire. En janvier 2000, Mgr François Lapierre, qui a une grande préoccupation pour la jeunesse, m'a demandé de commencer une réflexion sur un projet concret pour aider la jeunesse.
Sans tarder, j'ai invité plusieurs jeunes de milieux différents à une réflexion communautaire. Durant ce temps, une équipe s'est formée à l'initiative de notre évêque avec Mario Jacques et Francine Babin qui travaillent aux services diocésains
Qui est le fondateur ?
C'est officiellement Mgr François Lapierre qui a le titre de fondateur de Parcours- Misision. C'est lui qui a donné les orientations fondamentales.
Mon initiative s'est limitée à l'amorce de la réflexion avec l'équipe et à concrétiser le projet.
À quel moment le centre Parcours-Mission a-t-il officiellement ouvert ses portes ?
En septembre 2000.
Est-ce que vous avez une formation particulière pour bien orienter les jeunes qui fréquentent votre organisme ?
J'ai obtenu une maîtrise en travail pastoral de groupe de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Jean Montbourquette m'a donné une solide formation. Son cours « Comment se brancher à sa mission » a eu une grande influence sur moi. Il m'a considérablement aidé à découvrir ma véritable ligne de vie
Enfin, je chemine avec les jeunes depuis une quinzaine d'années. En plus de mon travail à Parcours-Mission, je travaille au service de la vie spirituelle au Cégep de Granby
Personnellement, quelle est votre mission de vie ?
Rassembler des jeunes et des nouvelles familles pour discuter et grandir ensemble. Je veux faire un bout de chemin avec eux. Je souhaite être dans leur existence un signe de la présence de Dieu. Je veux leur faire découvrir que malgré les souffrances, les peurs et les moments difficiles de la vie, plus on se branche à lui, plus on se découvre et on est capable de se dépasser. En résumé je veux une présence aimante au service de la jeunesse. Je suis un volcan plein d'amour qui veut transmettre son feu.
Centre Parcours-Mission
350, chemin Ostiguy
Canton-de-Shefford
(450) 372-2440
____________________
(1) La « génération i », Revue Sainte Anne, juin 2003;
(2) Jean-Paul II, 27 juillet 2002, Journée mondiale de la jeunesse, Toronto;
(3) François Paradis, Revue Sainte Anne, juin 2003;
(4) Raid Fahmi, Revue Sainte Anne, mars 2003;
(5) Nicole Fournier, Revue Sainte Anne, janvier 2003;
(6) Mgr François Lapierre, Revue Sainte Anne, avril 2003;
(7) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003;
(8) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003
Mission possible
Benoît Voyer
« Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société »
La personne issue de la « génération i » (1), née dans les années 1980, est, selon de nombreux spécialistes, une « démunie en intériorité ». Indécision, incertitude et crise identitaire caractérisent son existence. L'abbé Christian Simoneau, responsable de Parcours-Mission, qui a pignon sur « rang » dans la municipalité du Canton-de-Shefford, à la limite de Granby, travaille activement à donner à la présente jeunesse une chance de surmonter son drame intérieur. Son action contribue à instituer une « nouvelle génération de bâtisseurs » (2), selon un vœu du pape Jean-Paul II. Chaque individu qu'il forme avec son équipe pourra dire dans quelques années, comme l'animateur de télévision François Paradis, « Je veux être un petit engrenage ... » (3) et s'engagera comme Raid Fahmi (4) et sœur Nicole Fournier (5) jusqu'au risque de donner sa vie ou de la perdre. Voici la manière de Christian Simoneau de « se soucier de la qualité de cette vie » (6) qui nous est « prêtée » et de « se centrer sur le coeur du message chrétien » (7). C'est sa façon bien à lui de « parler de l'essentiel sans se taire ». (8).
Comment découvrir sa mission de vie ?
Il faut commencer par prendre le temps de s'arrêter et de descendre en soi. C'est une démarche intérieure, une démarche spirituelle.
Plus on apprend à se connaître plus on réalise le besoin de spiritualité qu'il y a en soi. On découvre que Dieu a semé quelque chose de grand en nous. Il nous invite à aller toujours plus loin. Tu ne peux pas plafonner avec lui. Avec la spiritualité, tu t'ouvres à toutes les possibilités. Il est donc important de ne pas seulement chercher dans la psychologie et l'intellectualisme.
Est-ce qu'il est possible de trouver sa mission sans l'aide de Dieu?
En rejetant la réalité religieuse de ce qui nous forme, on rejette une partie de soi. Les dimensions religiologique et spirituelle façonnent l'homme et la femme. Les évacuer de son existence, c'est rejeter une partie de son avenir, de son devenir. Sans ces réalités, un jour ou l'autre, au moment de la crise de vie, le vide surgit en soi.
Un des problèmes de l'humain qui forme la présente société c'est qu'il s'enferme dans certaines parties de ce qu'il est. Cette difficulté n'est pas unique aux jeunes. Pour être heureux, il faut retrouver son unité intérieure.
Ce que je vous dis, c'est ce que Jésus nous a enseigné. Il disait : « Ne vous enfermez pas ! Restez vivant ! Soyez ouverts ! »
Si chaque personne pouvait réaliser ce qu'elle est appelée à être, c'est-à-dire découvrir sa mission propre, il y aurait beaucoup moins de souffrances dans notre société. Je le répète, pour avancer dans la vie et être heureux, il faut qu'il y ait en soi une unité et une direction.
Avec l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, et une équipe, vous avez fondé Parcours-Mission, un organisme qui désire aider les 18 à 35.
Nous voulons permettre au jeune de se ressourcer et de découvrir quelle est sa mission de vie à partir de ce qu'il est. Nous voulons être un lieu propice pour qu'il puisse grandir intérieurement et découvrir ce que Dieu a semé en lui. Au baptême, nous avons reçu une semence. Nous voulons lui permettre qu'elle porte des fruits.
De plus, nous favorisons des expériences de guérisons intérieure et d'intériorisation. Nous voulons lui permettre de retrouver l'essentiel dans sa vie, c'est-à-dire un retour à sa source interne
Quel est votre programme ?
Il touche chaque facette de l'humain : intellectuelle, religieuse et psychologique. Il comprend aussi une initiation aux petites choses du quotidien.
Concrètement, nous offrons des retraites spirituelles, des conférences, des fins de semaine de croissance et de connaissances spirituelles. Il y a aussi des implications dans le bénévolat, notamment auprès de sidéens. Enfin, le jeune doit apporter son soutien matériel dans la maison et dans la cuisine. En arrivant ici, il bâtit son propre programme de vie et nous cheminons avec lui.
Nous voulons former au leadership. Au retour dans son milieu, nous souhaitons qu'il prenne une place importante dans sa communauté de vie.
Est-ce qu'il s'agit d'une nouvelle approche vocationnelle ?
Nous sommes préoccupés par la vocation fondamentale de la vie. Toutefois, si la démarche débouche sur une vocation religieuse ou presbytérale, nous accompagnons la personne vers son appel intérieur.
Quelle est votre spiritualité ou votre école spirituelle?
Nous sommes à l'école des profondeurs. Nous partons de ce qu'il y a en soi. Nous voulons découvrir, faire grandir et faire voir que Dieu agit dans notre monde. Nous cherchons à le découvrir au quotidien
Notre approche s'inspire de celles de saint Ignace de Loyola, de Jean Montbourquette et du récit biblique des disciples d'Emmaüs.
Enfin, puisque nous sommes un organisme diocésain, notre évêque nous invite sporadiquement à porter notre regard sur une dimension ou l'autre de la foi, particulièrement autour de la Parole de Dieu.
Combien de temps dure un séjour chez vous ?
D'une heure à neuf mois
De quelle manière est né Parcours-Mission ?
Tout a débuté durant l'année jubilaire. En janvier 2000, Mgr François Lapierre, qui a une grande préoccupation pour la jeunesse, m'a demandé de commencer une réflexion sur un projet concret pour aider la jeunesse.
Sans tarder, j'ai invité plusieurs jeunes de milieux différents à une réflexion communautaire. Durant ce temps, une équipe s'est formée à l'initiative de notre évêque avec Mario Jacques et Francine Babin qui travaillent aux services diocésains
Qui est le fondateur ?
C'est officiellement Mgr François Lapierre qui a le titre de fondateur de Parcours- Misision. C'est lui qui a donné les orientations fondamentales.
Mon initiative s'est limitée à l'amorce de la réflexion avec l'équipe et à concrétiser le projet.
À quel moment le centre Parcours-Mission a-t-il officiellement ouvert ses portes ?
En septembre 2000.
Est-ce que vous avez une formation particulière pour bien orienter les jeunes qui fréquentent votre organisme ?
J'ai obtenu une maîtrise en travail pastoral de groupe de l'Université Saint-Paul à Ottawa. Jean Montbourquette m'a donné une solide formation. Son cours « Comment se brancher à sa mission » a eu une grande influence sur moi. Il m'a considérablement aidé à découvrir ma véritable ligne de vie
Enfin, je chemine avec les jeunes depuis une quinzaine d'années. En plus de mon travail à Parcours-Mission, je travaille au service de la vie spirituelle au Cégep de Granby
Personnellement, quelle est votre mission de vie ?
Rassembler des jeunes et des nouvelles familles pour discuter et grandir ensemble. Je veux faire un bout de chemin avec eux. Je souhaite être dans leur existence un signe de la présence de Dieu. Je veux leur faire découvrir que malgré les souffrances, les peurs et les moments difficiles de la vie, plus on se branche à lui, plus on se découvre et on est capable de se dépasser. En résumé je veux une présence aimante au service de la jeunesse. Je suis un volcan plein d'amour qui veut transmettre son feu.
Centre Parcours-Mission
350, chemin Ostiguy
Canton-de-Shefford
(450) 372-2440
____________________
(1) La « génération i », Revue Sainte Anne, juin 2003;
(2) Jean-Paul II, 27 juillet 2002, Journée mondiale de la jeunesse, Toronto;
(3) François Paradis, Revue Sainte Anne, juin 2003;
(4) Raid Fahmi, Revue Sainte Anne, mars 2003;
(5) Nicole Fournier, Revue Sainte Anne, janvier 2003;
(6) Mgr François Lapierre, Revue Sainte Anne, avril 2003;
(7) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003;
(8) Bertrand Ouellet, Revue Sainte Anne, février 2003
(Revue Sainte Anne, Mai 2003, pages 201 et 206)
S'abonner à :
Commentaires (Atom)
