VISION CATHOLIQUE: Jésus et ses parents au Temple
Benoit Voyer
29 décembre 2023
Joseph et Marie sont des nouveaux parents qui acceptent, vivent et perpétuent les traditions religieuses et sociales de leur époque. Ainsi donc, pour se conformer à la règle en usage, ils se rendent au Temple afin de consacrer Jésus à Dieu puisqu’il s’agit de leur tout premier-né de sexe masculin. « Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes », nous explique Luc [1], le narrateur de l’histoire.
Au Temple, à leur grand étonnement, ils sont attendus par deux vieillards qu’ils ne connaissent pas : un homme et une femme. De leur côté, eux savent qui est ce bambin qu’ils accompagnent.
Poussé par un élan intérieur, au moment où les parents présentent l’enfant Jésus
Pour se conformer au rite de la Loi qui le concerne, Syméon prend l’enfant dans ses bras et bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple ».
Pour Syméon, la rencontre de cet enfant est le point culminant de toute sa vie. Maintenant qu’il a vu le petit prince attendu, le Fils de Dieu, il peut quitter ce monde.
Et il ajoute des paroles à l’intention de Marie : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive. » Il faudra 33 ans pour que Marie comprenne, dans les larmes, le sens de ses paroles.
Au Temple se trouve aussi Anne, une dame pieuse de 84 ans. Elle aussi rend grâce à Dieu de voir de ses yeux l’enfant Dieu. On dit qu’elle est une prophétesse. Elle n'est pas spécifiquement une personne qui parle de l'avenir comme un devin, mais elle est au Temple une personne qui parle au nom de Dieu, donnant des messages de sagesse, dénonçant le mal, dictant des conduites à tenir.
Ainsi donc, « les choses de Dieu doivent se faire selon des voies divines »[2]. Et quand le divin touche l’humain, il n’y a que des grandes choses qui puissent arriver.
Et moi, pauvre parmi les pauvres, à la fin de chaque jour, lorsque je repense à toutes les petites choses qu’il m’a été permis de vivre durant ma journée, je dis à Dieu : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix », car je t’ai reconnu, toi la Lumière sur ma route.
[1] Lc 2, 22-40
[2] En octobre 1932, durant une retraite spirituelle chez les Carmes, à Ségovie, en Espagne, lieu où repose saint Jean de la Croix, saint Josémaria Escriva écrivait dans son journal intime : « Les choses de Dieu doivent se faire selon des voies divines. Moi, je suis à Dieu, je veux être à Dieu. Quand je le serai véritablement, lui se chargera tout de suite d’arranger tout (…), en récompense de ma foi et de mon amour (…). Laissons le Seigneur agir » Cité par Andres Vazquez de Prada dans Le Fondateur de l’Opus Dei – Vie de Josémaria Escriva – vol. 1, Le Laurier, Wilson & Lafleur, 2001, pp. 473-474.
VISION CATHOLIQUE: Il était une fois le p'tit Jésus
Benoit Voyer
22 décembre 2023
Je souris à chaque fois que je relis le récit de la Nativité [1] : À nos petits-enfants, on dit que c’est la cigogne qui apporte le nouveau bébé à sa maman.
Ce texte ressemble à une sorte de conte fantastique : Un ange venu d’un autre monde dit à Marie qu’elle sera enfantée par un esprit : il « te prendra sous son ombre ». C’est bien ce que nous venons de lire : un dénommé Gabriel annonce à Marie, qui dit-on ne connait rien aux petits plaisirs de la vie, qu’elle va tomber enceinte sans avoir une relation sexuelle.
Nous, les hommes, savons ce que veut dire l’expression « prendre » une femme « sous son ombre ». Surtout lorsqu’elle nous appelle « mon ange ». On n’a pas besoin de faire un dessin pour comprendre la nature humaine.
Trêve de plaisanterie, soyons un peu plus sérieux…
Il est clair qu’il ne faut pas lire ce texte au premier degré. Il faut plutôt en chercher le sens profond, le sens spirituel.
Le rédacteur de ce récit est un juif instruit qui connait la Torah. Il sait fort bien que si Jésus est ressuscité, il est inévitablement né d’une vierge. C’est écrit noir sur blanc dans le livre d’Isaïe.
Dans cette histoire, l’archange annonciateur de nouvelles, le messager de Dieu, Gabriel, apparaît à Marie, la nouvelle Ève, la future maman choisie par le Très-Haut pour être la mère humaine de son Fils.
Apparition ? On n’en sait rien. Pour le croyant, tout est possible. Une chose est sûre, Marie a eu une illumination intérieure : une voix a parlé en elle.
Dans la vie spirituelle ou surnaturelle, l’illumination intérieure est un classique. C’est comme cela que l’humain a la certitude de toucher le divin.
Ce que Marie apprend lui semble impossible. Mais elle écoute la voix de l’archange Gabriel. Elle reste humble et accueillante : il arrivera bien ce qui doit arriver. Tout ce que je veux, c’est faire la volonté de Dieu.
Plus tard, sa cousine Elisabeth confirmera à Marie la véracité de ce qu’il lui a été révélé parce qu’elle aussi a reçu la visite de l’archange.
N’oublions pas la phrase centrale de ce récit : « Rien n’est impossible à Dieu. » Vous avez bien entendu : « Rien n’est impossible à Dieu. »
[1] Lc 1, 26-38
VISION CATHOLIQUE: c’est un peu Noël
Benoit Voyer
15 décembre 2023
On rencontre Jean. On fait enquête. On veut savoir qui il est au juste. Jean répond aux questions sans se faire prier.
Il est clair : il n’est pas le Christ et il n’est pas un prophète. Le narrateur du récit affirme qu’il est un témoin de la Lumière qui s’en vient. Sa mission ? Préparer le terrain. Et il ne le fait pas avec aisance : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert »[1].
Jean affirme aussi qu’il est le témoin de Celui qui est déjà vivant au cœur du monde.
Et nous, en cette époque troublée, ferons-nous comme Jean ? Soyons les témoins de la Lumière. Préparons la venue de celui qui vient…
Comme je le dis souvent : notre Dieu est discret. Et puis, il n’est jamais très loin. Chaque fois qu’un cœur s’ouvre à la Lumière, il naît à nouveau. À chaque fois, c’est un peu Noël.
[1] Jn 1, 19-28
VISION CATHOLIQUE: Une voix dans le désert
Benoit Voyer
8 décembre 2023
Marc débute son évangile comme s’il était une suite normale du livre d’Isaïe. Il nous présente Jean comme étant le prophète attendu.[1] En revanche, et c’est ma pauvre opinion, il ne semble pas être si attendu que ça parce qu’il crie dans le désert. S’il vivait au Canada, on dirait qu’il crie au cœur d’une tempête de neige, dans la bourrasque.
Son message est simple, mais très engageant : il appelle chacun à changer. Avec l’eau, il lave et purifie. Il fait entrer chacun dans une vie nouvelle. C’est ce qu’on appelle le baptême.
Et puis, Marc nous présente Jean comme étant quelqu’un d’assez original : il « était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage ». On peut donc dire que c’est une personne qui vivait la simplicité volontaire bien avant son époque. Jean se contentait de l’essentiel.
Son cri dans le désert, même s’il est incompris par plusieurs, attirait tout de même bien des gens. Jean avait une certaine popularité. Il aurait pu s’enorgueillir de cela. Au contraire, il est resté humble : celui qui arrive, « je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. »
Jean nous livre toute une leçon de vie : celui ou celle qui conduit son prochain à la Lumière, c’est-à-dire à Jésus, est appelé à se revêtir d’humilité. L’important n’est pas son pauvre égo, mais celui qui vient transformer le cœur par le feu de l’Esprit.
Comme l’écrivait André Dumont : « Se tourner vers… c’est cela la conversion. »[2] Et nous nous le faisons vers Dieu.
[1] Mc 1, 1-8
[2] André Dumont, Le Goût de Dieu, 1988.
VISION CATHOLIQUE: Le Goût de Dieu
Le
goût de Dieu
Par Benoit
Voyer
4 décembre 2023
Hier, j'ai terminé la lecture de ce bouquin. Paru en 1988, Le Goût de Dieu
d'André Dumont est un essai littéraire à saveur historique. Grâce à l'abondante
correspondance du bienheureux Frédéric Janssoone, l'auteur nous fait découvrir
dans ce livre ce prêtre franciscain fort original, originaire de France, qui,
après avoir travaillé de nombreuses années dans les lieux saints de Terre
sainte, émigre au Canada en 1888. Sa mission : rétablir l'ordre des
Franciscains au Canada, disparu au temps de la Nouvelle-France, et faire
connaître l'œuvre franciscaine de Terre sainte et ramasser de l'argent pour
celles-ci. Orateur de grande qualité, on finit par le réclamer ici et là en
Amérique du Nord afin d'animer des retraites spirituelles et des grands
pèlerinages. Ami personnel du saint frère André, fondateur de l'Oratoire
Saint-Joseph, à Montréal, il est à l'origine du Sanctuaire Notre-Dame du Cap, à
Trois-Rivières, où il décède en 1916.
VISION CATHOLIQUE: Le fondateur de l'Opus Dei
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| (Photo: Benoit Voyer) |
Par Benoit Voyer
3 décembre 2024
Je viens de terminer la lecture de la biographie Le fondateur de l'Opus Dei, Vie de Josémaria Escriva, un ouvrage de 644 pages, de l'auteur Vázquez de Prada, Andrés, paru aux Éditions Le Laurier/Wilson et Lafleur, en 2001.
Il s'agit du premier tome d'une série de trois. Cette grande biographie est une recherche très poussée sur la famille, l’enfance, l’adolescence et l’entrée dans la vie adulte de saint Josémaria Escriva. Ce sont les périodes où s'exercent les influences marquantes dans une vie. Celle-ci est celle d'un prêtre catholique et est entièrement consacrée à l'Œuvre de Dieu. C'est aussi l'histoire très personnelle d'un homme avec Dieu illustrée par de nombreux faits et incidents.
Enfant, Josémaria voit successivement mourir ses trois sœurs, l'entreprise familiale péricliter et son père disparaître prématurément. Autant d'épreuves qui l'ont poussé à s'abandonner à la volonté divine. Adolescent, il découvre un jour les empreintes d'un carme marchant pieds nus dans la neige. Ému, il se sent appelé à un don plus complet de lui-même. Il continuera de ressentir ces « caresses divines » pendant ses premières années de sacerdoce et dans les combats intérieurs et les affrontements qui ont été le prélude à la fondation de l'Opus Dei et au début de la guerre d'Espagne.
On y découvre une multitude de détails dans les extraits de correspondance, les écrits spirituels et les témoignages qui figurent dans les notes en bas de page et dans les annexes.
Un livre fort intéressant.
VISION CATHOLIQUE: Veiller
Benoit Voyer
2 décembre 2023
Nous sommes invités à rester éveillés, car on ne sait jamais quand Dieu passera. Il pourrait se pointer à un moment ou dans un endroit où on ne l’attend pas.[1]
Notre Dieu est discret. Il passe sans prévenir, en secret. Il ne s’annonce jamais.
Ne pas s’endormir. Quel défi ! Rester en état de veille constante. Encore plus !
Revêtons-nous de lumière. Prions.
Que notre travail de chaque jour soit une prière offerte.
Prenons aussi le temps de nous arrêter. Comme l’écrivait le bienheureux Frédéric Janssoone : « Mais où sont actuellement dans le monde les âmes bénies de Dieu qui passent au moins un quart d’heure ou une demi-heure, chaque jour, dans l’exercice si important de la prière mentale ? Sont-ils, en effet, bien nombreux les pères et mères de famille, les jeunes gens, les jeunes personnes qui font régulièrement ce quart d’heure ou cette demi-heure de méditation ? »[2]
Prenons le temps de prier.
____________________
[1] Mc 13, 33-37
[2] Frédéric Janssoone, Neuvaine au Saint-Esprit, 1897. https://www.perefrederic.ca/wp-content/uploads/2019/05/DL1897a.pdf
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