VISION CATHOLIQUE: Jésus s’est rendu présent sur le chemin de la nuit blessante et mortelle
La souffrance et notre façon d’y réagir jouent un grand rôle dans ce que nous devenons comme personne. Il y a le cri angoissé: Pourquoi? Pourquoi maintenant? Pourquoi moi? Pourquoi mon enfant est-il mort et pas moi a sa place? Pourquoi cette injustice? Cris douloureux qui cherchent une réponse et qui n’en trouvent pas. Cris qui viennent du fond de l’âme.
Jésus Christ n’a pas dissimulé cette question, il l’a posée lui-même avec force sur la croix en disant: « Père, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Mt 27,46)
Cependant, il n’a pas attendu d’explication, il n’a pas fui la souffrance, il ne s’est pas révolté en rejetant la responsabilité du mal sur les autres. Il a tout pris sur lui: tout le mal et toute la souffrance, toute la douleur et tous les pourquoi de tous lieux et de tous temps.
Ainsi, Jésus s’est rendu présent sur le chemin de la nuit blessante et mortelle. C’est pourquoi ou que nous soyons sur ce chemin, quels que soient notre angoisse et notre dégout de la vie, il est là, présent et offrant sa présence .
Cependant, il n’a pas attendu d’explication, il n’a pas fui la souffrance, il ne s’est pas révolté en rejetant la responsabilité du mal sur les autres. Il a tout pris sur lui: tout le mal et toute la souffrance, toute la douleur et tous les pourquoi de tous lieux et de tous temps.
Ainsi, Jésus s’est rendu présent sur le chemin de la nuit blessante et mortelle. C’est pourquoi ou que nous soyons sur ce chemin, quels que soient notre angoisse et notre dégout de la vie, il est là, présent et offrant sa présence .
Mgr Christian Lépine
Créés pour être aimés, Médiaspaul, 2012
LE PRÉSENT DU PASSÉ: La Trinité dans ma vie de famille
Le mystère de la très sainte Trinité, 'par le fait même qu'il est le premier et le plus important de notre foi, trouve des applications multiples dans tous les secteurs de la vie chrétienne. De même que le soleil donne lumière et chaleur à tous les êtres, de même la Trinité donne-t-elle existence et conservation à toute créature. Cependant elle donne davantage à l'âme baptisée puisqu'elle lui communique la participation à sa propre vie intime : la grâce sanctifiante.
Une des applications les plus touchantes de ce sublime mystère me paraît être celle de la vie de famille. En effet, le Christ a puisé au sein de la famille les termes qu'il a jugés les plus aptes à nous donner une idée juste du mystère de sa vie intime.
Lorsqu'il a voulu nous faire connaître la première personne de l’auguste Trinité, il s'est référé à l'idée de Père. Est-il possible de concevoir une famille sans évoquer l'idée d'un père, principe de génération et origine de vie selon la même nature ! Tout ce que ce terme de Père renferme de bonté, de fécondité, de tendresse et d'amour, Jésus l'a transporté sur le plan divin afin de nous faire saisir un peu plus le secret de celui qui est son Père et notre Père. Mais il a toujours pris la précaution de rectifier nos idées en nous faisant remarquer que si ces caractéristiques de la paternité se trouvaient chez les pères de la terre, combien plus devaient-elles se trouver chez votre Père qui est dans les cieux." Et saint Paul complète la révélation sur ce point en rappelant que toute paternité terrestre n'est qu'une participation, qu'une dérivation de la seule véritable paternité : Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ !
Quelle source de méditation et d'inspiration que cette vérité pour un père de famille pleinement conscient de son rôle de père ! À lui plus encore qu'à tout autre s'applique la parole du Seigneur : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! Quel modèle n'a-t-il pas devant les yeux pour pratiquer les grandes vertus propres à son état de père : providence, bonté, miséricorde, fermeté, autorité, douceur, magnanimité, etc. C'est bien dans le cœur du mystère de la Sainte Trinité que la spiritualité du père de famille prend sa source la plus authentique et sa signification la plus haute !
Dans la seconde phase de la Révélation chrétienne, Notre-Seigneur a dévoilé les relations intimes qu'il entretenait avec cette première Personne de la divinité qu'il appelait du doux nom de PÈRE. Encore une fois il puise dans la terminologie de la famille le mot le plus expressif pour instruire les hommes sur la nature et la vie de la Seconde Personne de la Trinité. Il a désigné cette personne du nom de FILS !
Le nom de Père lui-même ne peut se concevoir sans se référer à celui de Fils. Qui mérite ce nom de Fils sinon celui qui a été engendré, qui a reçu la vie d'un autre de même nature que lui ? "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances." Ainsi le Fils est le seul Vrai Fils en qui nous sommes tous Fils de l'unique Père ! Il est le modèle parfait de ces vertus filiales que sont l'obéissance, l'amour, la reconnaissance, la piété et le service désintéressé.
Peu avant sa mort, le Christ clôt le cycle de la révélation trinitaire en enseignant clairement l'existence et le rôle d'une troisième personne en Dieu : celle du Saint-Esprit. Il insiste sur sa procession du Père et du Fils et fait comprendre qu'il est le lien d'amour qui unit le Père au Fils et le Fils au Père. Il le désigne d'abord vaguement sous l'image d'un vent très doux pour préciser de plus en plus cette notion vers l'idée d'un souffle d'amour. Saint Paul complète cette doctrine en disant que l'Esprit-Saint n'est autre que l'Esprit de filiation par lequel nous crions : Abba ! Père ! C'est en somme l’esprit de famille de la Très Sainte Trinité. Mais esprit SUBSTANTIEL, SUBSISTANT et PERSONNEL, possédant lui aussi la plénitude de la nature divine avec le Père et le Fils !
Si dans la "famille" trinitaire il existe ainsi un Esprit d'amour qui assure l'unité des trois Personnes divines, n'est-ce pas pour servir de modèle à cet esprit de famille qui doit lier dans l'unité d'un même amour les différentes personnes de la famille ? Alors la Trinité tout entière devient en quelque sorte le modèle vivant et parfait auquel doit tendre la famille chrétienne digne de ce nom.
Quelle splendide spiritualité ne se dégage-t-elle pas de la contemplation du mystère de Dieu, Un et Trois, dès lors qu'on l'envisage dans le concret de sa vie quotidienne, dans la réalité vivante de sa vie de famille !
C'est pour notre enseignement et pour notre sanctification que Dieu a eu l'insigne bonté de nous révéler les secrets de sa vie intime. Faisons-en notre profit en nourrissant notre vie de la riche substance spirituelle qui se dégage de ce mystère divin ; le premier et le plus sublime de notre foi catholique.[1]
(Trinitas, janvier-février 1960 pp.9 à 11) [2]
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[1] Le texte n’est pas signé mais il fait partie de la série que signe Jean-Paul Regimbal et le style grammatical et rédactionnel lui est propre. Alors, nous lui attribuons le crédit.
[2] Revue conservée dans le fonds P049 de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.
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