VISION CATHOLIQUE: La vénérable Élisabeth Bruyère
Par Benoit Voyer
2 avril 2026
Fille aînée de Charles Bruguier (1763-1824), cultivateur et capitaine de la milice, et de Sophie Mercier (1796-1849), Élisabeth Bruyère naît le 19 mars 1818, à l'Assomption, dans l’actuelle région de Lanaudière, au Québec.
En 1824, au décès de son père, la mère de famille et ses trois enfants se retrouvent dans une situation économique précaire. Élisabeth n’a que 6 ans.
À 16 ans, Elisabeth devient enseignante dans une école de rang.
En 1839, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Montréal, congrégation fondée par sainte Marguerite Dufrost de la Jemmerais (1701-1771), veuve de François-Madeleine d’Youville (1700-1730). Cette communauté religieuse se consacre au service des pauvres. À cause de son expérience auprès des jeunes, on lui confie le soin des orphelines. Élisabeth a 21 ans.
En 1844, pour donner suite à une demande, les « Sœurs grises » s’établissent à Bytown (ancêtre d’Ottawa), « en vue de procurer à cette ville un asile pour les infirmes et les orphelins, des écoles pour les petites filles pauvres et, de plus, de faire visiter les malades à domicile ». Le choix de la direction de la communauté s’arrête sur Élisabeth Bruyère, une jeune sœur vaillante et obéissante. Elle sera surprise par ce choix, mais se fie au discernement de ses supérieures.
Élisabeth devra faire preuve d’autonomie et de leadership puisque ce n’est pas une succursale de Montréal qu’elle doit mettre en place, mais une nouvelle congrégation religieuse autonome.
Le 20 février 1845, Élisabeth et ses compagnes arrivent à Bytown. Les cloches des églises sonnent pour les accueillir. Lorsque les carillons se taisent, Élisabeth se dit en elle-même : « Sois Bonne Nouvelle pour les pauvres. » Ainsi en serait-elle aussi pour ses consœurs.
À Bytown, depuis 1841, on construit l’église Notre-Dame. Le 25 juin 1847, lors de l’érection du diocèse catholique de Bytown, elle deviendra la cathédrale du siège épiscopal.
Dès le lendemain de leur arrivée, les Sœurs de la Charité se mettent à visiter les malades, les pauvres et les personnes âgées.
À partir du 3 mars 1845, les religieuses aménagent deux classes dans un hangar. Elles accueillent leurs premières écolières. Peu de temps après, on lui amène des enfants orphelins dont on prendra la charge. Élisabeth Bruyère dit souvent à ses soeurs : « Faites-vous aimer des élèves, reprenez-les avec douceur, comme des mères, mais soyez fermes. »
En moins de trois mois, elles mettent en place les premiers jalons d’un petit hôpital. Elles donnent elles-mêmes des soins aux malades et veillent avec affection sur les personnes âgées qu’elles hébergent.
Ses compagnes entendront souvent Élisabeth, leur supérieure, dire : « Si nous perdons l'amour du pauvre, nous perdons notre esprit propre. »
En 1855, Bytown prend le nom d’Ottawa. Le 31 octobre 1857, la municipalité devient la capitale de la province du Canada-Uni et, en 1867, lors de la naissance du Canada, celle du nouveau pays. Élisabeth et ses sœurs verront se construire les bâtiments gouvernementaux à partir de 1859.
Élisabeth Bruyère décède à Ottawa, le 5 avril 1876. De quelques compagnes à son arrivée à Bytown en 1845, elles sont plus de 200 lors de son départ pour l’autre monde, réparties en Ontario, au Québec et aux États-Unis. Plus tard, elles s’établiront dans de nombreux pays.
Le 14 avril 2018, Élisabeth Bruyère est déclarée vénérable par le pape François. Elle repose au cimetière Notre-Dame, à Ottawa, à quelques pas du premier ministre Wilfrid Laurier.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Éditorial 1960 - La grande mission
Éditorial
L'année 1960 marque une date importante dans la vie de l'Église. L'Église universelle apprendra le dernier secret de la Vierge aux enfants de Fatima ; l'Ordre trinitaire célèbrera le 8ième centenaire de son patriarche saint Jean de Matha ; le diocèse de Montréal entendra la parole de Dieu au cours d'une grande mission qui doit durer du 6 mars au 10 avril.
C'est avec grande joie que les fidèles du diocèse de Montréal accueillent l'initiative apostolique de son Éminence le cardinal Léger. C'est pour chacun de nous l'occasion d'un réveil spirituel et d'une revalorisation des vérités de notre foi. C'est un moment de grâce par excellence puisque la Parole de Dieu descendra dans nos cœurs comme une rosée bienfaisante sur une terre aride. « Ecce nunc tempus acceptabile ; ecce nunc dies salutis ; favorable, voici maintenant l'heure du salut ! Voici maintenant une heure favorable. Voici maintenant l’heure du salut ! »
Le but de la Grande Mission consiste à remettre devant les yeux de tous les fidèles du diocèse l'éblouissante vérité : DIEU EST NOTRE PÈRE ! Cette prise de conscience que Dieu est vraiment notre Père produira dans notre âme une plus claire compréhension de notre état de filiale dépendance à l'égard de ce Père si aimant. Les relations entre notre âme et Dieu deviendront plus intimes, plus confiantes et, partant, plus savoureuses.
Les conséquences d'une telle vérité sont aussi très consolantes pour l'âme du chrétien. Si Dieu est notre Père, Jésus-Christ est donc notre Frère. Nous pouvons donc nous reposer en toute sécurité sur celui qui est notre Sauveur et Rédempteur. Nous pouvons compter sur son aide pour réaliser l'œuvre de notre salut car il est la Voie, la Vérité et la Vie. Lui, notre grand Frère, est notre Guide très sûr, très fiable pour nous reconduire au Père : "Nul ne va au Père si ce n'est par le Fils !"
Puisque Dieu est notre Père, nous formons tous une immense famille. Et cette famille, c'est l'Église où chaque membre jouit de la dilection du Père. Car l'Église n'est pas seulement le Pape, les évêques, les prêtres ; c'est aussi l'immense et belle famille de tous les fidèles. Concrètement, pour nous, l'Église, c'est le diocèse, c'est la paroisse où nous vivons. C'est là que la Parole de ce Père aimant nous rejoindra pour réchauffer notre cœur, pour éclairer notre esprit et pour transformer notre vie !
Entrons donc de plain-pied dans ce vaste courant de la Grande Mission. Profitons bien de ce passage de l'Esprit pour nous rapprocher de Dieu par une connaissance plus profonde de son amour de Père.
Au nom de nos lecteurs, nous voulons remercier le chef du diocèse pour son geste de pasteur. En inaugurant la Grande Mission, il nous conduit vers les gras pâturages où l'âme peut se nourrir en abondance des plus substantielles vérités. Forts de cette nourriture céleste, nous pourrons témoigner plus fermement de notre foi devant les hommes et vivre plus courageusement nos convictions en société.
Le Père directeur [1]
[1] Le père directeur est Jean-Paul Regimbal
1960 - La grande mission
L'année 1960 marque une date importante dans la vie de l'Église. L'Église universelle apprendra le dernier secret de la Vierge aux enfants de Fatima ; l'Ordre trinitaire célèbrera le 8ième centenaire de son patriarche saint Jean de Matha ; le diocèse de Montréal entendra la parole de Dieu au cours d'une grande mission qui doit durer du 6 mars au 10 avril.
C'est avec grande joie que les fidèles du diocèse de Montréal accueillent l'initiative apostolique de son Éminence le cardinal Léger. C'est pour chacun de nous l'occasion d'un réveil spirituel et d'une revalorisation des vérités de notre foi. C'est un moment de grâce par excellence puisque la Parole de Dieu descendra dans nos cœurs comme une rosée bienfaisante sur une terre aride. « Ecce nunc tempus acceptabile ; ecce nunc dies salutis ; favorable, voici maintenant l'heure du salut ! Voici maintenant une heure favorable. Voici maintenant l’heure du salut ! »
Le but de la Grande Mission consiste à remettre devant les yeux de tous les fidèles du diocèse l'éblouissante vérité : DIEU EST NOTRE PÈRE ! Cette prise de conscience que Dieu est vraiment notre Père produira dans notre âme une plus claire compréhension de notre état de filiale dépendance à l'égard de ce Père si aimant. Les relations entre notre âme et Dieu deviendront plus intimes, plus confiantes et, partant, plus savoureuses.
Les conséquences d'une telle vérité sont aussi très consolantes pour l'âme du chrétien. Si Dieu est notre Père, Jésus-Christ est donc notre Frère. Nous pouvons donc nous reposer en toute sécurité sur celui qui est notre Sauveur et Rédempteur. Nous pouvons compter sur son aide pour réaliser l'œuvre de notre salut car il est la Voie, la Vérité et la Vie. Lui, notre grand Frère, est notre Guide très sûr, très fiable pour nous reconduire au Père : "Nul ne va au Père si ce n'est par le Fils !"
Puisque Dieu est notre Père, nous formons tous une immense famille. Et cette famille, c'est l'Église où chaque membre jouit de la dilection du Père. Car l'Église n'est pas seulement le Pape, les évêques, les prêtres ; c'est aussi l'immense et belle famille de tous les fidèles. Concrètement, pour nous, l'Église, c'est le diocèse, c'est la paroisse où nous vivons. C'est là que la Parole de ce Père aimant nous rejoindra pour réchauffer notre cœur, pour éclairer notre esprit et pour transformer notre vie !
Entrons donc de plain-pied dans ce vaste courant de la Grande Mission. Profitons bien de ce passage de l'Esprit pour nous rapprocher de Dieu par une connaissance plus profonde de son amour de Père.
Au nom de nos lecteurs, nous voulons remercier le chef du diocèse pour son geste de pasteur. En inaugurant la Grande Mission, il nous conduit vers les gras pâturages où l'âme peut se nourrir en abondance des plus substantielles vérités. Forts de cette nourriture céleste, nous pourrons témoigner plus fermement de notre foi devant les hommes et vivre plus courageusement nos convictions en société.
Le Père directeur [1]
(Trinitas, mars-avril 1960 pp.3 et 4) [2]
____________________[1] Le père directeur est Jean-Paul Regimbal
[2] Revue conservée dans le fonds P049 de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.
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