LE PRÉSENT DU PASSÉ: La Trinité dans mon âme
La Trinité dans mon âme
1) Faire des actes de recueillement en Sa présence : Le moyen le plus pratique de se sensibiliser à la réalité de la présence de Dieu, c'est d'abord de s'imposer volontairement, plusieurs fois par jour, quelques moments de réflexion pour bien prendre conscience que Dieu est là. Cela peut prendre la forme d'un simple regard de foi lancé de temps à autre vers ce Dieu tout aimant qui habite au fond de l'âme. Ou encore, une oraison jaculatoire très fervente éveillera l'attention de l'esprit à cette sainte présence. Ce pourra aussi se faire sous forme de communion spirituelle à l'occasion d'un moment de répit. Mais la rencontre de prédilection sera celle de la prière, matin et soir, où l'âme s'accordera un petit "cinq minutes" pour dialoguer familièrement avec son Hôte divin et pour intensifier sa foi en la présence de son Dieu.
2) Se rendre disponible à l'action du Saint-Esprit : cet exercice de la présence de Dieu ne peut vraiment devenir une expérience délectable, savoureuse, que si l'Esprit-Saint lui-même agit dans l'âme par ses dons d'intelligence, de science et de sagesse. C'est pourquoi l'âme doit se tenir docile et souple sous la conduite de l'Esprit-Saint. Comme le dit saint Paul : "Ceux-là sont vraiment les fils de Dieu qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu" (Rom. 8, 14). Cela suppose donc une grande fidélité aux inspirations du Saint-Esprit, un désir sincère de servir Dieu le mieux possible en toutes circonstances et un détachement graduel de sa volonté propre.
3) Prendre conseil auprès des Trois dans les moments difficiles : Il ne se déroule pas une seule journée qui ne présente pas à l'âme un moment d'hésitation, de doute ou d'inquiétude. N'est-ce pas là l'occasion tout indiquée pour consulter Dieu présent en nous ? Qu'est-ce qui vous ferait plus plaisir, ô mon Dieu ? Qu'est-ce qui serait le plus conforme à votre sainte volonté ? Qu'est-ce qui vous procurerait le plus de gloire ? Trinité Sainte, que voulez-vous que je fasse ? Ce simple élan du cœur permettra la plupart du temps de purifier notre intention, d'agir selon un motif plus surnaturel, de surmonter la tendance trop naturelle que nous avons de choisir la voie du moindre effort. Dans les moments de crise surtout, combien cette précieuse habitude de consulter la très sainte Trinité avant d'agir permettra à l'âme d'éviter des décisions irréfléchies, regrettables, peut-être même irréparables.
4) Tout faire par amour : "Celui qui demeure dans l'amour, demeure en la Trinité et la Trinité demeure en lui". (I Jean 4, 16). Plus l'âme chrétienne agit sous l'influence de l'amour, plus la vie de la grâce s'intensifie en elle, et plus elle entre en relation intime avec la très sainte Trinité. C'est pourquoi l'âme doit chercher, en autant que cela lui est humainement possible, à rendre de plus en plus actuelle son intention de servir Dieu dans le moment présent. Certes, l'intention virtuelle offerte au début de la journée suffit-elle à rendre toutes les actions méritoires pour le ciel. Mais pour celle qui désire vivre dans la présence et sous le regard de la Très Sainte Trinité, aucune pratique n'est plus profitable que de renouveler et d'actualiser son désir de tout faire pour l'amour de Dieu, soit à toutes les heures, soit encore au début de chaque action importante. Le lien qui s'établit alors entre l'âme et Dieu devient si fort et si doux que l'âme préférerait subir n'importe quelle souffrance plutôt que de risquer de le rompre. Quelle place reste-t-il donc pour le péché dans une âme qui est tout entière possédée par la sainte présence de Dieu ?
CONCLUSION : Le chrétien du XXᵉ siècle vit dans un monde qui a perdu le sens de Dieu, le sens du sacré et le sens du surnaturel. Il est pressuré de toutes parts par les exigences de la production économique, par les pressions de la vie sociale et par les impératifs de l'action professionnelle. Sans trop s'en rendre compte, il est en train de se vider soi-même et de se laisser entrainer dans un courant de vie pleine d'agitation, mais vide de sens.
Il lui importe plus que jamais de faire le point et de se demander ce qui répondrait le mieux à son besoin d'âme. Dans ce monde qui le sollicite à vivre tout entier dans l'action extérieure, il a besoin plus que jamais d'une vie intérieure intense et vigoureuse. Pour s'immuniser contre l'ambiance matérialiste et athée qui l'entoure, il a besoin d'une vie spirituelle fortement centrée sur Dieu. Pour réagir contre la dépersonnalisation qu'opère en lui le courant de la vie moderne, le chrétien a besoin d'une mystique qui met en valeur la personne. Or quelle mystique met plus en valeur la personne que la mystique du baptême ? Mystique qui est basée sur l'élévation de la personne à l'ordre surnaturel et qui introduit la personne dans la société même des trois Personnes divines, Père, Fils et Saint-Esprit.
Vivre pleinement son baptême, découvrir progressivement les richesses qui ornent son âme, prendre conscience de cette présence divine qui l'habite, voilà comment le chrétien d'aujourd'hui peut faire déjà sur terre l'apprentissage de sa vie éternelle: vivre par amour, dans le sein du Père, en union parfaite avec le Fils, sous la conduite de l'Esprit.
Je souhaite, en terminant, que les éducateurs chrétiens forment la jeunesse moderne selon cette mystique du baptême et selon les exigences de la vie théologale qui débouche en plein cœur de la Trinité afin que la Trinité règne souveraine en plein cœur de l'homme.
P. Jean-Paul de Jésus, o.ss.t. [1]
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[1] Jean-Paul de Jésus est le nom de religieux de Jean-Paul Regimbal.
[2] Copie du magazine retrouvée dans la bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Comment vivre de cette présence
1) Faire des actes de recueillement en Sa présence : Le moyen le plus pratique de se sensibiliser à la réalité de la présence de Dieu, c'est d'abord de s'imposer volontairement, plusieurs fois par jour, quelques moments de réflexion pour bien prendre conscience que Dieu est là. Cela peut prendre la forme d'un simple regard de foi lancé de temps à autre vers ce Dieu tout aimant qui habite au fond de l'âme. Ou encore, une oraison jaculatoire très fervente éveillera l'attention de l'esprit à cette sainte présence. Ce pourra aussi se faire sous forme de communion spirituelle à l'occasion d'un moment de répit. Mais la rencontre de prédilection sera celle de la prière, matin et soir, où l'âme s'accordera un petit "cinq minutes" pour dialoguer familièrement avec son Hôte divin et pour intensifier sa foi en la présence de son Dieu.
2) Se rendre disponible à l'action du Saint-Esprit : cet exercice de la présence de Dieu ne peut vraiment devenir une expérience délectable, savoureuse, que si l'Esprit-Saint lui-même agit dans l'âme par ses dons d'intelligence, de science et de sagesse. C'est pourquoi l'âme doit se tenir docile et souple sous la conduite de l'Esprit-Saint. Comme le dit saint Paul : "Ceux-là sont vraiment les fils de Dieu qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu" (Rom. 8, 14). Cela suppose donc une grande fidélité aux inspirations du Saint-Esprit, un désir sincère de servir Dieu le mieux possible en toutes circonstances et un détachement graduel de sa volonté propre.
3) Prendre conseil auprès des Trois dans les moments difficiles : Il ne se déroule pas une seule journée qui ne présente pas à l'âme un moment d'hésitation, de doute ou d'inquiétude. N'est-ce pas là l'occasion tout indiquée pour consulter Dieu présent en nous ? Qu'est-ce qui vous ferait plus plaisir, ô mon Dieu ? Qu'est-ce qui serait le plus conforme à votre sainte volonté ? Qu'est-ce qui vous procurerait le plus de gloire ? Trinité Sainte, que voulez-vous que je fasse ? Ce simple élan du cœur permettra la plupart du temps de purifier notre intention, d'agir selon un motif plus surnaturel, de surmonter la tendance trop naturelle que nous avons de choisir la voie du moindre effort. Dans les moments de crise surtout, combien cette précieuse habitude de consulter la très sainte Trinité avant d'agir permettra à l'âme d'éviter des décisions irréfléchies, regrettables, peut-être même irréparables.
4) Tout faire par amour : "Celui qui demeure dans l'amour, demeure en la Trinité et la Trinité demeure en lui". (I Jean 4, 16). Plus l'âme chrétienne agit sous l'influence de l'amour, plus la vie de la grâce s'intensifie en elle, et plus elle entre en relation intime avec la très sainte Trinité. C'est pourquoi l'âme doit chercher, en autant que cela lui est humainement possible, à rendre de plus en plus actuelle son intention de servir Dieu dans le moment présent. Certes, l'intention virtuelle offerte au début de la journée suffit-elle à rendre toutes les actions méritoires pour le ciel. Mais pour celle qui désire vivre dans la présence et sous le regard de la Très Sainte Trinité, aucune pratique n'est plus profitable que de renouveler et d'actualiser son désir de tout faire pour l'amour de Dieu, soit à toutes les heures, soit encore au début de chaque action importante. Le lien qui s'établit alors entre l'âme et Dieu devient si fort et si doux que l'âme préférerait subir n'importe quelle souffrance plutôt que de risquer de le rompre. Quelle place reste-t-il donc pour le péché dans une âme qui est tout entière possédée par la sainte présence de Dieu ?
CONCLUSION : Le chrétien du XXᵉ siècle vit dans un monde qui a perdu le sens de Dieu, le sens du sacré et le sens du surnaturel. Il est pressuré de toutes parts par les exigences de la production économique, par les pressions de la vie sociale et par les impératifs de l'action professionnelle. Sans trop s'en rendre compte, il est en train de se vider soi-même et de se laisser entrainer dans un courant de vie pleine d'agitation, mais vide de sens.
Il lui importe plus que jamais de faire le point et de se demander ce qui répondrait le mieux à son besoin d'âme. Dans ce monde qui le sollicite à vivre tout entier dans l'action extérieure, il a besoin plus que jamais d'une vie intérieure intense et vigoureuse. Pour s'immuniser contre l'ambiance matérialiste et athée qui l'entoure, il a besoin d'une vie spirituelle fortement centrée sur Dieu. Pour réagir contre la dépersonnalisation qu'opère en lui le courant de la vie moderne, le chrétien a besoin d'une mystique qui met en valeur la personne. Or quelle mystique met plus en valeur la personne que la mystique du baptême ? Mystique qui est basée sur l'élévation de la personne à l'ordre surnaturel et qui introduit la personne dans la société même des trois Personnes divines, Père, Fils et Saint-Esprit.
Vivre pleinement son baptême, découvrir progressivement les richesses qui ornent son âme, prendre conscience de cette présence divine qui l'habite, voilà comment le chrétien d'aujourd'hui peut faire déjà sur terre l'apprentissage de sa vie éternelle: vivre par amour, dans le sein du Père, en union parfaite avec le Fils, sous la conduite de l'Esprit.
Je souhaite, en terminant, que les éducateurs chrétiens forment la jeunesse moderne selon cette mystique du baptême et selon les exigences de la vie théologale qui débouche en plein cœur de la Trinité afin que la Trinité règne souveraine en plein cœur de l'homme.
P. Jean-Paul de Jésus, o.ss.t. [1]
(Trinité et Vie, septembre et octobre 1965, pp. 11 et 12 [2])
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[1] Jean-Paul de Jésus est le nom de religieux de Jean-Paul Regimbal.
[2] Copie du magazine retrouvée dans la bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
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