LE PRÉSENT DU PASSÉ: C'est le "cyber-bang"

Nous sommes en train de bâtir un monde que nous ne connaissons pas encore. C'est le « cyber-bang! »

La révolution du virtuel ne fait que commencer! C'est le « cyber-bang »! Les conséquences économiques, sociales, culturelles et politiques sont incalculables. L'effet de l'éclatement de la nouvelle civilisation sera énorme. On n'a encore rien vu!

La société voit poindre une nouvelle technologie de l'immatériel et du virtuel. Cette révolution se compare à sa base à la révolution de la Renaissance et de la Réforme, au début du XVle siècle.

«Nous sommes entrés dans une société où, pour la première fois, le fait de gagner son pain n'implique pas de sueur au front ... », écrit Maurice Harvey, originaire de Baie Saint-Paul et actuel citoyen de la ville de Granby, dans son livre Pour une société en apprentissage, publié en 1997, sur les Presses de l'Université Laval. Tout un contraste avec la pédagogie de la Torah (Ancien Testament) où le Créateur, au moment de la chute d'Adam et Ève a lancé à l'homme « À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain ... » (Gn 3, 19)

Pourtant, la révolution du savoir et du « sans sueur physique » est arrivée! Pour bien entrer dans ce nouveau monde, la matière grise sera essentielle.

«Omniprésente, inépuisable comme la lumière du soleil, elle est la forme de richesse la plus fiable, et de loin la plus prometteuse pour l'avenir. L'exploitation, enfin, de la ressource humaine peut déboucher sur une nouvelle renaissance, un nouvel ordre économique. Sur une nouvelle culture», lançait de son côté Pixar, en 1983, dans son bouquin « La ressource humaine ».

Le passage d'une époque à l'autre ne sera pas toujours facile. L'ordre établi sera perturbé, à chaque fois, par les nouvelles technologies. Combien d'emplois ont été éliminés, ces dernières années, et combien seront supprimés encore? Des millions et des millions sous le déguisement de restructurations d'entreprises.

Des types d'emplois disparaissent, des nouveaux apparaissent.

L'importance du savoir
Dans cette nouvelle civilisation, le savoir est essentiel. Il faudra que la nouvelle génération soit en constante formation intellectuelle.

«Dans cette société du savoir, de plus en plus de connaissances des plus avancées seront requises bien avant l'âge habituel de scolarisation et, on peut s'y attendre, par des processus éducatifs qui ne sont plus forcément centrés sur les formes d'acquisition traditionnelles », explique Maurice Harvey.

Il faudra sans nul doute que soit désengagé l'automatique diplôme-emploi actuellement nécessaire pour se trouver « un job ».

Ceci ne veut pas dire qu'il faut détruire le système scolaire actuel, mais il faudra modifier sa pédagogie. L'enseignement ne devra plus être non seulement « éducation », mais devra devenir « apprentissage ». Et puisque que l'apprentissage sera la question de toute une vie, il faudra réinventer le concept d'école pour en faire des cités éducatives. En ce sens, nous allons vers une individualisation de l'enseignement. Les cours magistraux seront de plus en plus rares au primaire et au secondaire. Les professeurs auront de plus en plus la fonction d'accompagnateur. L'élève cheminera à son rythme, selon ses intérêts Pour bien traverser le « cyber-bang », il est important de se donner une bonne formation intellectuelle. Cela débute dès l'enfance et se poursuit jusqu'à son dernier souffle

Benoît Voyer, journaliste

(Revue Sainte Anne, novembre 2000, page 452)