VISION CATHOLIQUE: Le paradoxe des béatitudes

Le paradoxe des béatitudes

On reproche parfois au message évangélique d’agir comme un somnifère, et aux béatitudes, en particulier, d’encourager une morale de faibles qui érige la misère et la soumission en vertus. Mais si tel était vraiment le cas, pourquoi les autorités religieuses de Jérusalem au 1er siècle, alliées au pouvoir romain, auraient-elles décidé de faire mourir celui qui avait propagé la Bonne Nouvelle?

Il semble que nous oublions parfois le sens des béatitudes. Elles nous rappellent que le message de Jésus est résolument provocateur, bien loin d’une mièvre résignation. C’est d’abord et avant tout un appel au bonheur. Reste à savoir duquel il s’agit…

Jésus déclare que sont heureux les gens qui vivent dans des états contraires à l’idée que nous nous faisons habituellement du bonheur : les pauvres, les affamés, les affligés, les assoiffés. Ce paradoxe est au cœur des béatitudes. Celles-ci ne promettent pas le bonheur; elles le proclament. Elles tracent ainsi une manière originale d’être humain et chrétien ou chrétienne, ici et maintenant.

Rodhain Kasuba [1]

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[1] Rodhain Kasuba. « Un chemin de bonheur », Prions en Église (mensuel), 1er février 2026, p. 35.