VISION CATHOLIQUE: Le paradoxe des béatitudes
On reproche parfois au message évangélique d’agir comme un somnifère, et aux béatitudes, en particulier, d’encourager une morale de faibles qui érige la misère et la soumission en vertus. Mais si tel était vraiment le cas, pourquoi les autorités religieuses de Jérusalem au 1er siècle, alliées au pouvoir romain, auraient-elles décidé de faire mourir celui qui avait propagé la Bonne Nouvelle?
Il semble que nous oublions parfois le sens des béatitudes. Elles nous rappellent que le message de Jésus est résolument provocateur, bien loin d’une mièvre résignation. C’est d’abord et avant tout un appel au bonheur. Reste à savoir duquel il s’agit…
Jésus déclare que sont heureux les gens qui vivent dans des états contraires à l’idée que nous nous faisons habituellement du bonheur : les pauvres, les affamés, les affligés, les assoiffés. Ce paradoxe est au cœur des béatitudes. Celles-ci ne promettent pas le bonheur; elles le proclament. Elles tracent ainsi une manière originale d’être humain et chrétien ou chrétienne, ici et maintenant.
Rodhain Kasuba [1]
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[1] Rodhain Kasuba. « Un chemin de bonheur », Prions en Église (mensuel), 1er février 2026, p. 35.
LE PRÉSENT DU PASSÉ: La maladie se vit d'une manière différente pour le croyant et le non-croyant
MONTRÉAL - Il n'est pas facile d'être malade. La personne qui croit en Dieu ou en un Être suprême et celle qui n'y croit pas ne vivent pas ce temps de la même manière.
La personne malade a besoin, dans le parcours que la maladie lui impose, d'une aide particulière. Pour le croyant, elle est de l'ordre de la présence aimante et aidante de Dieu ou de son Être suprême. Pour le non-croyant, l'aide doit se diriger vers la quête du sens de cet épisode de souffrance au cœur de sa vie.
Concrètement, la personne qui ne croit pas en un Être divin, est souvent confrontée au vide : Pourquoi cette souffrance ? À quoi peut-elle bien servir ?
Henri (prénom fictif dans le but de respecter son anonymat), 72 ans, atteint de la maladie de Parkinson, ne trouve pas de réponses satisfaisantes à ses questions de sens. Il est athée. Pour lui, la maladie et la souffrance n'ont aucun sens. « Lorsque je serai trop malade, j'aimerais être euthanasié. Je ne veux pas souffrir. Vous savez, il faut juste une petite piqûre pour m'endormir afin que je ne me réveille plus », me confiait-il.
De son côté, le croyant, dans sa démarche de foi, place l'épisode de sa maladie dans sa relation avec Dieu ou avec Celui en qui il croit. Pour lui, les événements présents ont une signification. Il croit que tout ce qui lui arrive le prépare ou le purifie en vue de la grande rencontre, après sa mort, avec Celui en qui il croit. Puisque chaque instant de la vie est précieux, il veut vivre sa vie goutte à goutte et jusqu'au bout, qu'importe s'il doit traverser des instants douloureux. Pour lui, la croix n'a pas une signification négative, elle est plutôt synonyme de croissance.
L'accompagnateur spirituel au service des personnes malades et des personnes âgées joue un rôle important : il permet une actualisation de la présence du Tout-Autre ou une révélation du sens de cet épisode de maladie. Il est important, en période de grandes souffrances, de ne pas rester seul, et savoir demander l'aide d'un accompagnateur spirituel...
Benoit Voyer
(Revue Sainte-Anne, avril 2008, p. 158)
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