LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le silence des intellectuels chrétiens sur la place publique

Le silence des intellectuels chrétiens sur la place publique

MONTRÉAL – « Il faut mettre le doigt sur le pourquoi de l'absence des intellectuels chrétiens sur la place publique », a dit l'abbé Jean-Guy Dubuc, président de Communications et société (OCS), aux membres de son organisme, le 2 mai, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle. Dans les derniers mois de son mandat à la tête de l'organisme, il mettra en place un comité d'études sur ce phénomène.

Selon lui, cette problématique est particulièrement grave. Cette absence au sein de la culture nouvelle commence à être catastrophique. « Est-ce parce qu'ils n'ont rien à dire ou qu'ils n'osent pas le dire ? », a-t-il questionné. « Il faut cesser de penser que c'est la faute des autres, que ce sont les autres qui doivent prendre la parole, qu'on ne peut rien y faire ou autre prétexte semblable. »

Sa pensée rejoint notamment celle de Pierre Pagé, professeur à l'université du Québec à Montréal (UQÀM), qui disait lors d'un colloque de l'OCS : « La présence trop discrète des intellectuels chrétiens dans les médias au Québec est un fait qu'il faut regarder avec réalisme. […] aux yeux de plusieurs, la foi doit honorer l'intelligence plutôt que de la laisser dans l'ombre », lançait-t-il.

Benoît Voyer, journaliste

(Revue Sainte Anne, septembre 2001, page 349)