VISION CATHOLIQUE : Le vénérable Clément-Marie Staub

Clément-Marie Staub
Le vénérable Clément-Marie Staub

Par Benoit Voyer

16 mai 2026

À Kaysersberg, en Alsace (France), le 2 juillet 1876, naît Joseph, fils de Clément Staub et de Marguerite Hertig. Il s’agit de leur 4e enfant.

Sa famille est modeste et l’éducation religieuse est une valeur importante pour ses parents, des personnes de grande foi chrétienne. Dans la salle familiale, une statue du Sacré-Cœur domine la pièce.[1]

Le 23 mars 1890, Joseph fait sa première communion. Il a 14 ans. Cette même année, il entre dans la congrégation des Augustins de l’Assomption, fondée en 1850 par le père Emmanuel d’Alzon.

Le 6 septembre 1896, il revêt le costume des Assomptionnistes. On lui donne le nom de frère Marie-Clément.

Le 8 septembre 1897, il fait sa première profession religieuse. Sa formation religieuse durera deux ans.

À la fin de son noviciat, on l’envoie compléter ses études à Rome. Il y étudiera la philosophie et la théologie. Il obtiendra deux doctorats. Près du siège de saint Pierre, il développe un grand attachement au pape et à l’Église. Il recevra le sacrement de l’ordre, le 19 mars 1904, à quelques pas du Saint-Siège, en Italie. Il célébrera sa première messe dans l’église où il a été baptisé, en Alsace.

Il débute son parcours de prêtre en étant sous-prieur et chargé de cours auprès des novices assomptionnistes, à Louvain.

En 1906, il ira fonder un noviciat à Gempe, en Belgique. Il en devient le supérieur et le maître des novices. En parallèle, il donne des causeries et anime des retraites spirituelles en France, en Belgique et où on le demande. Enfin, il passera quelque temps en Angleterre.

On l’envoie finalement aux États-Unis, dans un collège dirigé par sa communauté religieuse à Worcester, dans l’État du Massachusetts, à environ 1 h 15 d’automobile de Boston. Cette affectation ne devait être que temporaire. Il passera le reste de sa vie en Amérique. Dans cette région, il se retrouve au milieu de religieux européens. Il se sent donc un peu comme chez lui.

À Noël 1914, à Worcester, le père Marie-Clément Staub fonde les Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc, sa sainte préférée. La nouvelle communauté religieuse a pour mission d’aider aux soins domestiques des prêtres et de les assister dans leur ministère.

En 1917, il propose à l’archevêque de Québec, le cardinal Louis-Nazaire Bégin, d’établir dans son diocèse les Assomptionnistes, les Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc et d’établir un bureau pour le Canada de l’Archiconfrérie de la prière et de pénitence, mieux connu de nos jours du nom de Montmartre canadien. L’offre est acceptée.

Pendant une vingtaine d’années, il est à la tête des œuvres qu’il a établies à Québec et anime des retraites spirituelles ayant principalement pour thème le Sacré-Cœur de Jésus.

Dans son petit livre sur Clément-Marie Staud, le père Xaxier Vandermeerschen explique que « le début de l’année 1936 marqua pour lui un arrêt dans ses activités et même un séjour de trois semaines à l’Hôtel-Dieu de Québec. Rentré à la maison-mère des Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc, il fut astreint à de longs repos, continuant cependant de croire à sa guérison et de nourrir de grands projets. Il ne pensait pas – et qui l’eût pensé ? – être à quelques semaines du dernier grand projet inscrit pour lui dans le livre de la vie – le retour à Dieu. »[2]

Le 16 mai 1936, vers 20 h 45, à la maison mère des Sœurs de Sainte-Jeanne d’Arc, à Sillery, devenu un des 35 quartiers de la ville de Québec, une crise cardiaque s’attaque à lui : « Les spasmes de la crise terminées, le père esquissa un sourire et, pendant quelques secondes, leva la main gauche dans un geste d’adieu. Sans secousse, sans même un soupir perceptible, le grand apôtre et le grand fondateur rendait l’âme à Dieu. Il était 21 h 30 ».[3] Le père Marie-Clément Staub n’a que 59 ans.

Le 3 avril 2014, le pape le déclare « vénérable », première étape de trois vers la béatification et la canonisation.

Il repose dans la chapelle du Montmartre canadien, à Québec.

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[1] Cf. Xavier Vandermeerschen. Marie-Clément Staub, A.A. 1876-1936, apôtre et fondateur, Secrétariat Père Marie-Clément, Sœurs de Ste-Jeanne d’Arc, 1991, p. 4.
[2] Xavier Vandermeerschen. Marie-Clément Staub, A.A. 1876-1936, apôtre et fondateur, Secrétariat Père Marie-Clément, Sœurs de Ste-Jeanne d’Arc, 1991, p. 33.
[3] Xavier Vandermeerschen. Marie-Clément Staub, A.A. 1876-1936, apôtre et fondateur, Secrétariat Père Marie-Clément, Sœurs de Ste-Jeanne d’Arc, 1991, p .35.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous

Nouvelles de chez nous

Benoît Voyer

Proclamation royale

MONCTON – Le 28 juillet devient le jour de la commémoration de la déportation des Acadiens, il y a près de 250 ans (1755 à 1763), par la Couronne britannique. La proclamation royale a été signée par l'ex-ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps. Sans être des excuses officielles, ceci est une reconnaissance des torts causés par la déportation.

Don pour l'Iran
MONTRÉAL – Développement et Paix recueille des dons pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre qui a frappé la région de Bam en Iran, en décembre. Développement et Paix, 5633, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H1N 1A3.

Les Québécois sont devenus « underground »
SAINTE-ANNE-DE-LA-POCATIÈRE – De retour d'un voyage au Guatemala, où il a participé au Congrès missionnaire des Amériques, Mgr Clément Fecteau, évêque de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, dit avoir été frappé par la dévotion des catholiques de l'Amérique latine. « Nous autres, on a du chemin à faire là-dessus, parce qu'on est devenu quasiment underground ! On a peur d'affirmer notre foi en Jésus-Christ », a-t-il lancé à un journaliste de la Société Radio-Canada. Il a profité de ce voyage pour se rendre au Honduras afin de visiter une vingtaine de prêtres du Québec, membres de la Société des Missions étrangères, dont trois sont originaires de son diocèse. Mgr Fecteau est membre de la Commission épiscopale cana- dienne pour l'évangélisation des peuples et faisait partie des170 représentants canadiens au Congrès missionnaire qui a réuni 3 000 participants au Guatémala.

Jour du Seigneur
MONTRÉAL – Suite à une vaste enquête menée auprès de la clientèle cible de l'émission télévisée Le Jour du Seigneur, il a été confirmé que l'heure de diffusion demeurera, le dimanche, à 10 h. La Société Radio-Canada renonce donc à pousser l'heure de diffusion à 11 h. L'enquête a démontré que la messe télévisée constitue un véritable rituel pour un grand nombre de téléspectateurs et qu'en la diffusant plus tard cela perturberait la vie de plusieurs personnes.

75ᵉ chez les orthodoxes russes
MONTRÉAL – La paroisse Saint-Nicolas de l'Église orthodoxe russe hors-frontières, située au 422 boulevard St-Joseph ouest, à Montréal, a célébré son 75ᵉ anniversaire de fondation, à l'occasion d'une grande vigile qui a eu lieu le 18 décembre et d'une liturgie pontificale, le 19 décembre 2003. Les célébrations ont été présidées par Mgr Gabriel Chemodakov, évêque de Manhattan.

Maison Saint-Gabriel
MONTRÉAL – La Maison Saint-Gabriel, musée montréalais mettant en vedette sainte Marguerite Bourgeoys, les Filles du Roy et les 16ᵉ et 17ᵉ siècles canadiens, présente de mai à décembre l'exposition « Patrimoine et coutumes populaires religieuses ». Elle fera revivre le quotidien des pratiques et des croyances religieuses. La présentation mettra en vedette les calvaires et les croix du chemin, les petites images dévotes et les confréries en Amérique française. www.maisonsaint-gabriel.qc.ca

Un collège des Ursulines ferme ses portes
STANDSTEAD – Après 120 ans d'existence, le Collège des Ursulines de Stanstead, au Québec, a annoncé la fin de ses activités lorsque se terminera la présente année scolaire. La direction de l'établissement impute cette décision à des déficits qui ne cessent d'augmenter. La baisse de la clientèle et la diminution des subventions accordées par le ministère de l'Éducation sont pointées du doigt. Une centaine d'élèves, une dizaine d'enseignants, et les membres du personnel administratif, professionnel et de soutien du Collège sont touchés par cette fermeture. Le conseil d'administration du Collège des Ursulines et les élus de Stanstead cherchent des solutions pour éviter ce scénario. On espère empêcher la fermeture de l'établissement.

Une ville, une paroisse
COWANSVILLE – Le 14 décembre, Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, a officialisé le projet de fusion des paroisses Sainte-Rose-de-Lima, Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus et Saint-Léon de Cowansville. La nouvelle paroisse porte temporairement le vocable de Saint-Léon. À la fin de décembre, près de 250 propositions de noms ont été reçues pour identifier la nouvelle fabrique. Cinq noms seront retenus et proposés au vote des paroissiens. Suite à la consultation, l'évêque de Saint-Hyacinthe choisira le nom officiel qui sera divulgué le 16 mai lors d'une célébration spéciale.

L'Église de Bienville fermera ses portes
BIENVILLE – L'église Saint-Antoine-de-Bienville, dans le diocèse de Rimouski, fermera ses portes le 11 avril, jour de Pâques La baisse dramatique de la pratique religieuse et les travaux coûteux évalués à 300 000$, sans compter les imprévus, amènent le Conseil de fabrique à prendre cette décision. Construite en 1893, l'église de Bienville n'est pas un monument historique reconnu. Toutefois, il n'est pas question de démolir l'église. Elle est tout simplement à vendre.

La Maison Marie-Reine-de-la-Paix ferme ses portes
GASPÉ – Après 50 ans d'activités, la maison de retraites spirituelles Marie-Reine-de-la-Paix, en Gaspésie, administrée par les Oblats de Marie-Immaculée, a fermé ses portes. C'est le père Réjean Doyon qui a eu la tâche de fermer le livre d'histoire de cette œuvre débutée le 21 octobre 1951. La dernière retraite a eu lieu en octobre. Exceptionnellement, une cinquantaine de personnes y assistaient. Le centre deviendra une résidence pour les aînés.

Abus sexuels par des membres du clergé
OTTAWA – Un groupe de travail qui révisera les grandes orientations de l'Église catholique canadienne en matière d'abus sexuels commis par des membres du clergé a été formé par la CECC. « En 1992, la CECC est devenue la première conférence épiscopale au monde à publier des lignes directrices en cette matière. Depuis plus d'une dizaine d'années, ce document phare intitulé « De la souffrance à l'espérance » aura permis aux diocèses du Canada de se donner les normes les plus appropriées répondant aux standards de l'époque à l'égard du traitement des cas d'abus sexuels commis par des membres du clergé. À l'aide de cet outil, les diocèses canadiens ont ainsi pu établir des politiques concernant les abus sexuels et mettre sur pied des programmes pastoraux pour accompagner les victimes et leurs proches », explique le communiqué de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

Un tribunal islamique en Ontario
TORONTO – Des musulmans ontariens mettent actuellement en place un tribunal judiciaire fondé sur la charia, la loi canonique islamique. Ce tribunal aurait l'objectif de traiter, par arbitrage, les conflits matrimoniaux entre musulmans. L'Institut islamique de justice civile entend nommer des arbitres parmi les imams et les savants religieux de la communauté musulmane canadienne. Syed Mumtaz Ali, juriste musulman à la retraite et initiateur de ce projet, pense que cela permettra aux musulmans d'économiser du temps et de l'argent. Toutefois, d'autres musulmans se demandent comment la charia sera interprétée et si elle n'est pas fondamentalement biaisée en faveur des hommes. Une chose demeure rassurante : les tribunaux ontariens ne reconnaîtront pas les jugements issus de ce tribunal s'ils violent la Charte canadienne des droits et libertés.

Sauver l'église de Grande-Rivière
GRANDE-RIVIÈRE – Les paroissiens de Grande-Rivière sont très préoccupés par leur église, construite en 1893, qui a fermé ses portes le 14 juillet pour des raisons de sécurité. Les 110 bénévoles de cette paroisse, qui en compte 3600 fidèles, travaillent à amasser 170 000$ afin de rénover leur église. Les travaux sont commencés et la messe de minuit a été célébrée dans leur maison de prière.

Chronique religieuse
DRUMMONDVILLE – Le diacre, André Page, signe une chronique de spiritualité dans l'hebdomadaire L'Express-La Parole, à Drummondville. Il est possible de lire régulièrement ses chroniques sur le site du journal, dans la section des chroniques. www.expressparole.com

Église rénovée
DOLBEAU – L'église Saint-Eugène, située dans la région de Dolbeau-Mistassini, vient de subir une cure de rajeunissement. Des travaux étaient devenus indispensables. Ils ont coûté, jusqu'à maintenant, 41 000$ ; 20 950$ provenant de la générosité de la population et des commerçants et 20 000$ de la Fondation du patrimoine religieux du Québec. Et ce n'est pas terminé. La 2ᵉ phase du projet est en chantier.

Chronique religieuse dans l'hebdomadaire le Trait d'union
MASCOUCHE (bv) – Depuis le 7 décembre, Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette, signe une chronique mensuelle dans l'hebdomadaire Le Trait d'union, propriété de Transcontinental. Le journal couvre les paroisses de Saint-Henri, de Mascouche, de Saint-Joachim, de La Plaine, de Saint-Roch-de-l'Achigan et de Saint-Lin-des-Laurentides. www.letraitdunion.com

(Revue Sainte-Anne, mars 2004, pp. 109 et 110)