JEAN-PAUL REGIMBAL: En fête avec Marie

 


Du 7 au 15 aout
En fête avec Marie

En parlant de la première communauté chrétienne l'auteur des Actes des Apôtres écrit : "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières, (Ac 2, 42).

Cette image intéressante de l'Église primitive s'est rééditée durant la neuvaine et la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, au Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, du 7 au 15 août.

Si nous avons pu admirer avec satisfaction l'image d'une partie de l'Église renouvelée du Québec, c'est grâce au travail, à la créativité, au dynamisme, à la réflexion mûrie et à la prière persévérante de l'équipe de pastorale du Sanctuaire : les Pères N. Poisson, J, Bouvet, H. Aubin, V. Gaudet, Y. Poirier, P. Arsenault et A. Dumont. Il faut ajouter le nombre de ceux et celles qui ont apporté une collaboration non moins excellente, souvent anonyme, comme celle des nombreux prêtres et religieux (ses), des musiciens, des techniciens de tous ordres (visuel, son, lumière), des ambulanciers, des sacristains, des placiers, des téléphonistes, des mass media, et combien d'autres organisateurs et animateurs, etc.

Mgr Georges-Léon Pelletier qui a suivi avec un intérêt soutenu toute la neuvaine disait le soir du 15 août : "Cette neuvaine a été bien préparée, conçue et réalisée. Vous êtes entrés dans le jeu. Nous avons voulu exprimer notre confiance envers Marie, montrer sa place dans notre vie et notre bonheur, c'est de nous accrocher à sa vie ... "

"Vraiment, cette magnifique neuvaine a fait du Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, durant ces jours, une oasis de fraîcheur."

Cette année, l'équipe de pastorale avait eu l'heureuse idée de choisir comme thème : "Apprends-nous à prier" (Luc 11, 1). Si des milliers d'auditeurs sont "entrés dans le jeu" c'est parce que ce thème populaire s'insérait au cœur d'un vaste mouvement de prière qui surgit de toutes parts dans l'Église universelle actuellement.

Tous les soirs, du 7 au 15 août, quelque 2,500 pèlerins envahissaient la basilique, une demi-heure voire même une heure avant les exercices de la neuvaine, pour prendre part avec un enthousiasme remarquable à une forte expérience de prière communautaire dans l'Esprit-Saint, avec Marie, et pour apprendre à prier aux sources de la Bible.

Cette neuvaine a été plus une expérience de prière que de prédication, une évangélisation à travers la prière.

Sous le thème général : "Apprends-nous à prier", nous avons pu entendre les animateurs traiter successivement au cours des neuf jours de : La prière au Père, La prière par le Fils, La prière dans l'Esprit, La prière individuelle et communautaire, La prière de louange, La prière de demande, La prière des psaumes et La prière avec Marie.

Tout cet enseignement théologique et biblique, illustré de magnifiques diapositives paraissant sur trois écrans placés dans le sanctuaire de la basilique, faisait partie de la liturgie de la Parole suivie de la concélébration et de la marche de prière aux flambeaux.

C'était beau, exaltant et réconfortant, de voir et d'entendre cette foule immense de nombreux jeunes et moins jeunes prier, chanter, voire même taper des mains à certains moments. Quelqu'un écrira: "Formidable ! J'y goûte la joie de prier. Ma reconnaissance est grande envers le Seigneur et Marie." Un autre ajoutera: "Sensationnel ! Jamais je n'ai prié comme ça. Jamais je n'ai vu de neuvaine comme ça."

Pour répondre aux besoins des gens on avait prévu également un atelier "Apprendre à prier" et un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". Des milliers les ont fréquentés et avec quel intérêt ! Nous aurions beaucoup à dire de la "Grande veillée de prière charismatique" et de la “Célébration des malades" présidées par le P. J.- P. Regimbal, trinitaire. A propos de celle-ci, vous pouvez lire le témoignage de Sr Hélène-Marie Cadrin, s. c. i. m., guérie le 15 août (pages 28 et 29).

La fête même de l'Assomption présidée par Mgr J.- G. Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda, en présence de Mgr G.- L. Pelletier, de plusieurs personnalités religieuses et civiles et d'une foule de pèlerins a été des plus belle et marquée au coin de la simplicité et de la joie.

L'après-midi et le soir de la fête les pèlerins, encore plus nombreux, "se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières" alors qu'ils participaient à la marche de prière, aux célébrations pour les malades et à la dernière veillée de prière où Mgr Pelletier et le P. Arsenault ont parlé du rôle de Marie dans le mystère de notre salut et de "La prière avec Marie".

La marche de prière aux flambeaux, animée par le P. N. Poisson, allait couronner cette neuvaine et cette fête de l'Assomption. En voyant cette forêt de cierges allumés qui rendait encore plus attrayante et plus belle la Vierge du lac Sainte-Marie, dans les jardins du Sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire, cette réflexion de Jésus nous est revenue à la mémoire: "Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fut allumé" (Luc 12, 49).

Gabriel Destrempe, o.m.i.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. BANQ PER 142)


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Témoignage

Bonté de la Vierge du Cap

Sœur Marie-Hélène Cadrin, s.c.i.m.

En ce 15 août 1974, la Vierge du Cap a daigné jeter ses regards de bonté sur une communauté québécoise, communauté mariale, qui porte dans son blason la devise ATTIREZ-NOUS A VOUS, O VIERGE IMMACULEE.

En effet, en la belle neuvaine préparatoire à la fête de l'Assomption, nous du Bon-Pasteur étions particulièrement attirées vers le sanctuaire national de Marie, et c'est avec joie que nous nous rendîmes au Cap-de-la-Madeleine le 14 août pour prendre part aux célébrations religieuses de la vigile. Or, fait à noter, deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison ..

Devant l'insistance et la grande foi de mes compagnes, mes hésitations se changèrent en un désir véhément de servir la cause de Marie et c'est avec grande confiance que je me présentai au Père Valérien Gaudet, o.m.i., pour faire prier sur moi et obtenir ma guérison si cette dernière devait intensifier chez nous le culte de Notre Dame et développer une plus grande foi charismatique en la parole de Dieu.

Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le Père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente... Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie!"

Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien ... Cependant ma confiance en la toute-puissance de Marie ne flanchait pas. J'assistai à la messe solennelle du matin, 15 août, dans la basilique pleine à craquer et toute vibrante de la ferveur de la foule à laquelle je participais intensément, mais ce n'était pas encore l'heure du Seigneur ... L'après-midi nous retrouvait, après la marche mariale, dans cette même basilique aussi pleine que le matin. Je réussis avec peine à trouver place dans une allée latérale, toute heureuse quand même de voir Marie priée, acclamée dans ce haut lieu si ressemblant à celui de Lourdes. Ici comme là-bas, de nombreux malades viennent réclamer soit un regard de la Vierge, soit une bénédiction personnelle du Christ-Hostie, soit le réconfort de la parole de Vie. Je priai beaucoup pour ces pauvres malades, m'unissant à la prière de mes consœurs pour ma guérison ... mais jouissant surtout à plein cœur en cette fête de l'Assomption non seulement du triomphe de Marie dans la gloire, mais aussi de son triomphe dans l'Église militante en terre canadienne.

Qui a vécu ces heures aime se rappeler combien nous nous sentions tous frères, sans distinction aucune de race, de classe, d'âge, pleins d'égards pour les personnes âgées ou de compassion pour les malades, oubliant nos propres fatigues, entraînés par le dynamisme surnaturel des animateurs et j'irais même jusqu'à dire par une certaine ambiance mystique, passant du chant rythmé au chant en langues.

C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le Père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même: une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé ... Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérir". C'était moi! J'entendais ma voisine de droite. Pour honorer Sa Mère, le Seigneur venait de se pencher sur moi ...

L'émotion était grande, plus grande encore mon action de grâce envers Celui qui rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, le pardon aux pécheurs. Mes sœurs et moi étions dans l'admiration pour ce que le Seigneur venait de faire pour nous par l'intermédiaire de la Vierge, fidèle Bergère du peuple de Dieu.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. BANQ PER 142)