VISION CATHOLIQUE: La présentation de Jésus au Temple

La présentation de Jésus au Temple

Par Benoit Voyer

1er février 2026

Joseph et Marie sont de nouveaux parents qui acceptent, vivent et perpétuent les traditions religieuses et sociales de leur époque. Ainsi donc, pour se conformer à la règle en usage, ils se rendent au Temple [1] afin de consacrer Jésus à Dieu puisqu’il s’agit de leur tout premier-né de sexe masculin. « Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes », nous explique Luc, le narrateur de l’histoire.

Au Temple, à leur grand étonnement, ils sont attendus par deux vieillards qu’ils ne connaissent pas : un homme et une femme qui se prénomment Anne et Syméon. De leur côté, eux savent qui est ce bambin qu’ils accompagnent.

Poussé par un élan intérieur, au moment où les parents présentent l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concerne, Syméon prend l’enfant dans ses bras et bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple. »

Pour Syméon, la rencontre de cet enfant est le point culminant de toute sa vie. Maintenant qu’il a vu le petit prince attendu, le Fils de Dieu, il peut quitter ce monde.

Et il ajoute des paroles à l’intention de Marie : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive. » Il faudra 33 ans pour que Marie comprenne le sens de ses paroles.

Ainsi donc, « les choses de Dieu doivent se faire selon des voies divines »[2]. Et quand le divin touche l’humain, il n’y a que des grandes choses qui puissent arriver.

Et moi, pauvre parmi les pauvres, à la fin de chaque jour, lorsque je repense à toutes les petites choses qu’il m’a été permis de vivre durant ma journée, je dis à Dieu, comme Syméon : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix », car je t’ai reconnu, toi la Lumière sur ma route. Je t’ai reconnu à travers tous les gens que je rencontre.

Anne
Au Temple, ou Joseph et Marie sont venus présenter Jésus, selon la coutume juive, se trouve Anne. Comme l’écrit Luc dans son évangile : « Demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. » [3].

Comme bien des personnes âgées, Anne aime être au Temple afin de prier et préparer son cœur au jour de la grande rencontre divine dans l’éternité à venir, éternité déjà bien présente en ce monde pour celui qui a la foi.

Tout comme Syméon, elle rend grâce à Dieu de voir de ses yeux l’enfant dont parle le livre d’Isaïe.

Anne n'est pas une personne qui parle de l'avenir comme un devin, mais, au Temple, fort probablement sans trop le savoir, elle parle au nom de Dieu en donnant des messages de sagesse, en dénonçant le mal et en dictant des conduites à tenir.

D’où lui vient son inspiration? D’une voix qui parle en elle. De quelle manière réussit-elle à l’entendre? Par la prière silencieuse et le jeûne. Comme l’écrivait le saint Padre Pio : « Dieu parle à celui qui sait se garder dans l’humilité. » Et il recommandait : « Autant que possible, vis dans le recueillement, car le Seigneur parle alors librement à l’âme, et celle-ci est plus disposée à écouter sa voix »[4].

Anne loue Dieu pour l’enfant qu’elle voit et touche. A ses yeux, il est un signe de la présence de Dieu. C’est assurément l’enfant de la promesse. Elle n’a pas de doute.

Et puis, ce bambin lui fait un grand bien. Ayant retrouvé (ou n’ayant en rien perdu) sa candeur de petite fille, elle s’émerveille. Cet enfant est divin ! A travers lui, quelque chose de nouveau nait ou re-naît en en elle. Inévitablement, le reste de sa vie ne sera plus le même.

Comme toute bonne nouvelle qu’on reçoit ou comme toute chose qui nous étonne, Anne ne pourra plus jamais se taire. Elle raconte a qui veut bien l’écouter, la grâce qui lui a été donnée.

A travers son histoire, on voit que la présence de Dieu, cette présence qui se manifeste à travers Jésus-Enfant, a le pouvoir de faire naître ou re-naître intérieurement chaque personne.

Et puis, avouons-le, la prière et le silence de nos aînés n’ont rien de vain. Il n’y a rien comme une personne âgée qui a la foi pour nous rapprocher du Souffle de la Vie.

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[1] Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » (Lc 2, 22-35)
[2] En octobre 1932, durant une retraite spirituelle chez les Carmes, à Ségovie, en Espagne, lieu où repose saint Jean de la Croix, saint Josémaria Escriva écrivait dans son journal intime : « Les choses de Dieu doivent se faire selon des voies divines. Moi, je suis à Dieu, je veux être à Dieu. Quand je le serai véritablement, lui se chargera tout de suite d’arranger tout (…), en récompense de ma foi et de mon amour (…). Laissons le Seigneur agir. Cité par Andres Vazquez de Prada dans Le Fondateur de l’Opus Dei – Vie de Josémaria Escriva – Vol. 1, Le Laurier, Wilson & Lafleur, 2001, pp. 473-474
[3] « En ce temps-là, quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » (Lc 2,36-40)
[4] Padre Pio de Pietrelcina. Une pensée par jour, Médiaspaul, 1991.