Par Benoit Voyer
18 mai 2026
Théophile Durocher est né dans la maison familiale, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le 4 septembre 1805. La résidence a été bâtie par Jacques Courtemanche, son arrière-grand-père, en 1725, soit une année avant l’ouverture de la concession. Il s’était établi à cet endroit avec quatre des descendants de Jacques Archambault. Ces derniers s’établirent sur la terre voisine.
Ses parents sont Olivier Durocher (1771-1859) et Geneviève Durocher (1768-1830).
Généalogie
L’arbre généalogique de Théophile Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.
D’abord, on retrouve de nombreux marchands influents et assez fortunés. En exemple, sa grand-mère Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.
L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Théophile est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.
Geneviève Durocher, la mère de Théophile, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse du René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.
Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821), était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm à Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jours le nom de Fort Tigonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque postée sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguiller à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils. Il apprendra à sa petite-fille Eulalie, la future sœur Marie-Rose, à lire, écrire et l’histoire de la Nouvelle-France.
Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.
Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternels, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749), sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.
Sa famille
La petite histoire du père de Théophile et de sa famille mérite une attention spéciale Ses origines expliquent en grande partie sa sainteté et l’exemplarité de vie chrétienne de plusieurs de ses frères et sœurs.
Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.
Le père d’Olivier s’objecte au choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établira à Saint-Antoine-sur-Richelieu.
Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner ? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu à ses enfants.
Séraphine (1809-1852), la sœur de Théophile, entrera dans la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.
Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.
Flavien Durocher (1800-1876) sera prêtre séculier et puis se joindra aux Prêtres de Saint-Sulpice et, en bout de course, aux Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod. Il sera longtemps curé de la communauté des Innus de Betsiamites, devenue Pessamit, avant de fonder la paroisse Saint-Sauveur, à Québec. De nos jours, le Parc Durocher, situé aux coins des rues Durocher, Saint-Vallier et de Carillon, à Québec, rappelle sa mémoire. Au centre du lieu se dresse un immense monument érigé en 1912 où les paroissiens de jadis ont souligné qu’il a été un « prêtre zélé, religieux, parfait » et un « pasteur charitable ». Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite, est au loin pour son travail ecclésiastique, il connaîtra peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs.
Il est aussi le frère d’Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811. Bien qu’elle fût proche de sa sœur Séraphine durant son enfance, plus tard sa relation avec Théophile sera des plus significatives puisque, devenu prêtre séculier et curé, elle s’occupera pendant plus de dix ans du quotidien de ce dernier et s’impliquera dans ses projets pastoraux à Beloeil.
Prêtre catholique
et curé à Beloeil
Le 9 mars 1828, Théophile, est ordonné prêtre. Après avoir reçu le sacrement de l’ordre, il est nommé vicaire à Ville Saint-Laurent et, en 1829, à Saint-Benoit-des-Deux-Montagnes, devenu de nos jours un secteur de la ville Mirabel.
À la suite du décès du curé, sa ménagère quitte le presbytère. Par délicatesse et par respect et reconnaissance pour son prédécesseur, Théophile offre à une jeune nièce du défunt qui habite au presbytère de rester avec lui. Rapidement, il se rend compte de la situation délicate dans laquelle il s’est mis, lui qui a fait vœu de chasteté. Pour ne pas s’exposer aux tentations de la chair et éviter la critique, il prie son père de lui envoyer sans tarder Eulalie afin qu’elle dirige le personnel du presbytère. Ce dernier accepte et sa fille Geneviève et son mari Pierre Allaire iront habiter avec lui.
À l’été 1831, Eulalie retourne vivre chez son père parce que Théophile est nommé curé à Beloeil.
À peine installé, Théophile propose à son père de déménager avec Eulalie dans son presbytère. Il lui explique que son âge avance et qu’à trois il leur serait possible de vivre une saine vie de famille. Le projet prend forme à la fin de 1831. À Beloeil, Eulalie prend la direction du quotidien au presbytère.
Dans son nouveau patelin, Théophile présente à Eulalie « Demoiselle » Mélodie Dufresne afin de l’aider au presbytère. Elles deviendront de grandes amies.
Desservant de Saint-Hilaire
En 1841, 1844 et 1844, en plus de ses fonctions de curé à Beloeil, l’abbé Théophile Durocher est desservant à Saint-Hilaire.
En Europe
En 1850 et 1851, Théophile fait un voyage en Europe.
Décès
L’abbé Théophile Durocher décède le 19 mai 1852, à l’âge de 47 ans. Il est inhumé dans l’église de Beloeil.
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[1] www.manoirmauvidegenest.com
