POLITIQUE : Le parti d’Éric Duhaime a perdu plus de 55 000 membres depuis 2022
Par Benoit Voyer
19 mai 2026
Lors des élections québécoises de 2022, nous étions plus de 60 000 membres au sein du Parti conservateur du Québec (PCQ). En ce moment, nous sommes moins de 5000. Que s’est-il passé ?
Au sein du petit nombre qui reste, plusieurs membres m’ont dit qu’ils ne renouvelleront pas leur carte de membre. Il y a fort à parier que, comme eux, je serai bientôt du nombre. En mai 2027, je redeviendrai un orphelin politique refusant de poursuivre ma route au sein du PCQ. Comme tous les autres, j’ai déchanté.
Premièrement, le PCQ donnait l’illusion d’être à l’écoute de ses membres. Après quelques mois à la présidence de l’association conservatrice de la circonscription de Rousseau, je me suis bien rendu compte que ce n’est pas le cas. Ma proposition d’inscrire au programme politique l’idée de mettre en place des états généraux en santé mentale est restée lettre morte. Je n’ai même pas reçu un accusé de réception. Je ne suis pas le seul dont les idées ont été ignorées. J’ai rencontré des dizaines de membres ayant vécu la même situation.
J’ai fini par comprendre que le PCQ est dirigé par la garde très rapprochée d’Éric Duhaime et que tous ceux qui ne pensent pas comme eux, on les ignore ou on finit par s’organiser pour qu’ils quittent l’organisation. Suivant cette idée, je peux affirmer que le programme politique des conservateurs québécois est de plus en plus celui d’Éric Duhaime. D’ailleurs, en lisant les déclarations du matin de monsieur Duhaime sur les médias sociaux, j’ai souvent l’impression qu’il est encore « en bobettes » sous ses draps lorsqu’il les rédige.
La force d’un parti politique est ses membres. Le chef en est le messager. Point. On ne le dirige pas comme on pilote une émission d’opinions à la radio où on peut s’amuser à « jouer à la vierge offensée ». Un vrai leader politique doit centrer son message autour des souhaits exprimés par ses membres lors des congrès d’orientation. La centralisation du pouvoir au main de quelques-uns est assurément un des échecs du PCQ.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Christiane, l’amie des bouts de chou
Par Benoit Voyer
MONTRÉAL – Ce matin, il y a bien de l'action dans la salle paroissiale Saint-André-Apôtre puisqu'une meute d'enfants de 0 à 5 ans et leurs parents ont envahi cet espace habituellement tranquille pour participer à un atelier de la P'tite pasto, un lieu d'éducation populaire de la foi.
Sur la place, il y a des tricycles, des bicyclettes et des jouets partout. Les enfants jouent ensemble. Les parents sont dans un autre coin à bavarder entre eux. « L'objectif premier de la P'tite pasto est d'avoir du plaisir ! », me lance d'emblée Christiane Boulva.
Comme c'est le cas depuis les débuts de ce projet de pastorale jeunesse et familiale, cette paroissienne est présente à l'atelier hebdomadaire. Christiane, une jolie dame de 48 ans (on lui en donnerait dix de moins), habite sur la rue Meunier.
À sa création, en 2000, en pleine année jubilaire, on ne croyait pas que la P'tite pasto se développerait à ce rythme. Depuis ce temps, le projet a fait bien des petits.
Depuis 2000, il y a tellement de gens intéressés par la pasto que souvent, on refuse des inscriptions faute de ressources bénévoles.
Vie spirituelle des enfants
Est-ce qu'un enfant de 0 à 5 ans a une réelle vie spirituelle ? La question surprend.
Christiane Boulva n'ose pas répondre à cette question complexe. Néanmoins, pour elle, il est clair que les enfants ont cette capacité de rentrer en contact avec le sacré, voire le divin. Ils sont sensibles à ces réalités et attirés par elles. La dame se souvient du témoignage d'un parent d'une petite fille de quatre ans : « Elle avait de la peine. Elle est allée dans sa chambre. Après en être sortie, elle a dit à sa mère : « Tu sais maman, j'étais dans ma chambre et je n'étais pas toute seule. Jésus était avec moi ! »
Ainsi, la P'tite pasto contribue au premier balbutiement de la vie spirituelle. « L'expérience et les témoignages des vers parents le démontrent, à La P'tite Pasto, de très jeunes enfants découvrent la présence aimante de Dieu, de Jésus, dans leur vie et leurs activités de tous les jours ; ils développent tout doucement une relation de confiance avec Quelqu'un que leurs petits yeux ne voient pas, Quelqu'un qui les aime beaucoup et à qui ils apprennent à parler… »
Andre Daigneault, dans son livre La Soif et la source (Éditions Anne Sigier, page 55), écrit : « Il y a des choses mystérieuses que seuls comprennent bien les jeunes enfants et les vieillards parce qu'ils sont plus près de l'éternité ».
La P'tite pasto intéresse au plus haut point les enfants puisqu'elle permet de nouer des liens entre parents et enfants et, du même coup, de créer des communautés de base, d'intérêt familial, où l'on propose des catéchèses qui s'intègrent au quotidien de la vie.
Un programme simple, profond et amusant
Les enfants s'amusent. C'est comme un jour de fête !
Dans les catéchèses, on parle à peu près de tout ce que l'enfant vit avec sa famille et ses amis, à travers ses jeux et ses bobos, parce qu'à 3 ans c'est tellement important, les « p'tits bobos ». Jésus ne guérit-il pas les bobos du cœur ?
Les enfants et les parents sont arrivés, tout comme moi, vers 9 h 15. Les papas et les mamans prennent un café tout en bavardant entre eux. Pendant ce temps, les bambins jouent ensemble. Ce moment permet au groupe de nouer des liens.
Plus tard, pendant qu'un ou une bénévole veillera sur les petits, on prendra cinq minutes pour expliquer aux parents le thème du jour afin qu'ils se sentent impliqués dans le processus d'éveil à la foi. Au besoin, on leur demandera un peu d'aide pour l'atelier.
Oups ! C'est l'heure du rassemblement. Tous font une ronde et chantent. Cette étape reviendra à chaque transition durant l'avant-midi. L'enfant, même le plus jeune, comprend que cela veut dire qu'on passe à autre chose.
Tous s'assoient. C'est le moment de la catéchèse. Elle ne dure que cinq minutes. On explique une ou deux idées aux enfants. Pas plus ! On utilise toujours un support visuel pour capter l'attention même des moins âgés. Ainsi, on sort une marionnette ou l'on présente une petite pièce de théâtre ou l'on montre une ou deux images. L'important est de capter l'attention des petits.
Non ! Ce n'est pas déjà fini ! Après viennent des chants.
Aussi, régulièrement, on interprète des chansons de l'auteur, compositeur et interprète Robert Lebel. Son dernier disque « La P'tite pasto » (Éditions Pontbriand) est une compilation utilisée dans les ateliers.
Et puis, on n'oublie surtout pas la collation ! Et hop ! C'est reparti ! L'endroit redevient une salle de jeux et les parents recommencent à bavarder entre eux.
Après la pause, on refait une ronde et l'on passe au bricolage. Il est toujours en lien avec la thématique du matin. Celui-ci permet à la Parole de Dieu de se rendre à la maison et de faire parler d'elle.
Femme d'action et de chaleur humaine
Je ne m'attendais pas à rencontrer une telle qualité de femme. Pourtant, elle [sa sœur Michèle] m'avait vanté ses qualités et ses vertus. Christiane et Michèle se vouent mutuellement un grand respect et une affection hors du commun.
« Michèle est pour moi un témoin de Dieu. Sa foi, comme celle de mes parents d'ailleurs, est si vivante qu'elle m'a permis de me rapprocher de lui. Puis, comme beaucoup d'autres qui ont cru à l'idée de La P'tite Pasto, elle m'a fortement encouragée à développer ce parcours. Elle a également accepté de relire, en même temps que d'autres le faisaient, les textes d'approfondissement destinés aux parents pour en vérifier le contenu et la forme. Tu t'en doutes, ses conseils ont été très précieux ! », dit la petite sœur de l'ancienne journaliste.
Sa foi est simple. Son regard est perçant. Derrière ses yeux bleus s'animent un tempérament vif et une intelligence visiblement au-dessus de la moyenne.
Elle est très volubile. Lorsqu'il est question de la P'tite pasto et des enfants, son regard s'anime.
Aussi, comme le font les enfants, elle parle avec son corps. La p'tite Christiane de la P'tite pasto, c'est elle ! Une femme énergique et dévouée qui essaie d'être à l'écoute, dans sa vie de chaque jour, de la volonté de Dieu pour sa vie.
Un arbre qui porte des fruits
La P'tite pasto porte des fruits. Christiane s'en émerveille et lui donne confiance pour l'avenir de la foi au Québec : « La P'tite Pasto soulève l'enthousiasme des responsables de l'éveil à la foi des tout-petits et des familles et elle rejoint de façon efficace des parents qui ont pris leurs distances avec l'Église, leur permettant de commencer ou de recommencer un cheminement de foi.
À l'écoute de la vie
« Lors de la naissance de ma troisième, il y a maintenant 18 ans, j'ai été très interpellée par la vie et la foi qui se vivaient ici, à l'église Saint-André-Apôtre. De plus, intérieurement, j'avais le goût de m'impliquer dans quelque projet », raconte-t-elle. Suite à l'invitation de l'abbé Jean-Pierre Messier, l'ex-curé, elle passe à l'action. De fil en aiguille, elle sera, notamment, responsable de la messe familiale paroissiale, s'impliquera dans le conseil de l'unité pastorale et participera activement au synode de Montréal.
En mai 2000, les responsables de l'Office de l'éducation du diocèse de Montréal lui demandent de diriger un projet pilote d'éveil à la foi. Elle commence à se questionner sur comment faire pour rejoindre les familles. Elle se laisse inspirer par une formule populaire dans le milieu des loisirs : une activité enfant et parent.
« J'ai rassemblé une équipe de parents du quartier Ahuntsic. La beauté de la chose est que le bien-être de la famille était très important pour chacun. Quelques-uns étaient croyants, mais pas la majorité. Je suis allée les chercher en leur proposant le nouveau projet pastoral pour les petits et en leur montrant la différence avec ce qui existe déjà, notamment en développant des thèmes qui sont très proches de la vie quotidienne et, par eux, leur faire découvrir tout l'amour que Dieu leur porte », explique-t-elle.
Mais le plus concluant allait arriver.
Anne-Isabelle
Christiane Boulva a toujours été très préoccupée par l'éducation de ses gosses : « J'ai parlé de Dieu à mes plus vieux, mais pas d'une façon reliée à la vie quotidienne comme je l'ai fait avec Anne-Isabelle, ma petite dernière, ma quatrième. Je leur parlais de Dieu. Nous faisions une prière le soir et une autre le matin. Nous allions à la messe le dimanche matin… »
Elle avait quarante ans quand a vu le jour sa benjamine, Anne-Isabelle. Ce bébé, qui a aujourd'hui 8 ans, a été pour elle un cadeau du ciel.
C'est grâce à Anne-Isabelle que la P'tite pasto a réellement pris racine. « J'avais envie de lui transmettre ma foi. [...] Anne-Isabelle, je lui parle du divin au quotidien, à travers ses peines et ses efforts. Dieu fait partie de sa vie au jour le jour. Si elle a une difficulté, je lui dis : « Tiens, veux-tu, on va en parler à Dieu ? » Si elle a une colère envers quelqu'un, je vais lui dire : « Veux-tu, on va prier pour cette personne ? » Pour elle, Dieu fait partie de son quotidien. »
« J'ai toujours été heureuse parce que, dans ma vie, j'ai été aimée, notamment par ma famille et mon mari », conclut Christiane, l'amie des bouts de chou. Lorsqu'on la rencontre, il faut se méfier. Sa joie de vivre est contagieuse. À travers la P'tite pasto, elle propage sa foi et sa tendresse aux gens qu'elle croise.
Aujourd'hui, j'en ai été le témoin dans les yeux de tous ces mioches et leurs parents. Bien oui ! Même moi, elle m'a transmis son microbe d'amour. Elle a mis du soleil dans ma journée qui pourtant s'annonçait bien terne.
Christiane Boulva
La P'tite Pasto
11300, rue Meunier
Montréal, Québec, Canada
H3L 2Z6
(514) 334-5521
www.laptitepasto.com
laptitepasto@hotmail.com
(Revue Sainte-Anne, novembre 2005, pp. 441 et 442)
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