VISION CATHOLIQUE: Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau
Par Benoit Voyer
20 mai 2026
Le 1ᵉʳ avril 1824, à Bécancour, Louis-Zéphirin Moreau et Marguerite Champoux donnent naissance à leur 5ᵉ enfant d’une famille qui en comptera treize. On lui donne le prénom de son père.
Malgré qu’ils ne soient pas très riches, ses parents permirent à leur fils d’étudier au séminaire de Nicolet.
Malheureusement, il a une santé fragile. À l’automne 1846, Mgr Signay, l’archevêque de Québec, refuse de l’intégrer parmi les candidats qui se préparent au sacerdoce et l’invite à mettre de côté son désir de de recevoir le sacrement de l’ordre.
Autour de lui, on sait qu’il a les qualités qu’il faut pour devenir prêtre : il aime prier, il est dévoué et a un caractère sociable. Ses professeurs du séminaire et le curé de Bécancour ne sont pas en accord avec la décision.
Pour donner suite à leur conseil, Louis-Zéphirin se présente chez Mgr Ignace Bourget, l’évêque de Montréal, muni de lettres de recommandations. Il lui demande de l’accepter malgré sa faible santé. Il accepte. Il est confié aux soins de Mgr Jean-Charles Prince, son assistant, afin qu'il l’aide à rattraper le retard qu’il a cumulé dans son cursus académique et lui fasse compléter sa théologie. Le 19 décembre 1846, le jeune de 22 ans est ordonné prête des mains de l’évêque coadjuteur, son protecteur.
Pendant six ans, l’abbé Louis-Zéphirin Moreau travaille à Montréal auprès de Mgr Bourget et de Mgr Prince. Il est le secrétaire des deux prélats. Il est souple, obéissant, constant au travail, ponctuel et efficace. Il est très apprécié.
Le 8 juin 1852 naît le diocèse de Saint-Hyacinthe d’une division du diocèse de Montréal. Mgr Jean-Charles Prince en devient le premier évêque. Il demande à l'abbé Moreau de le suivre. En plus d’être son secrétaire, il lui confie la tâche de chancelier. Il accepte.
Au fil du temps, en terre maskoutaine, il sera chapelain de communautés religieuses, procureur, curé de la cathédrale et vicaire général. À quelques reprises, il sera même l’administrateur du diocèse.
Sans surprise, le 19 novembre 1875, à la suite du décès de Mgr Charles Larocque, il devient son successeur à la tête du diocèse. Il a 51 ans. Mgr Louis-Zéphirin demeure celui qu’on a toujours connu. Malgré sa santé fragile, il accomplit beaucoup de choses.
À travers sa volumineuse correspondance, on découvre en lui une profonde compréhension de l'être humain et une fine analyse des événements de la société et de l'Église.
Pour les besoins de son diocèse, il fonde plusieurs institutions : avec la vénérable Élisabeth Bergeron, les Sœurs de Saint-Joseph vouées à l'enseignement dans les écoles primaires, et, avec Éléonore Charron, les Sœurs de Sainte-Marthe pour le soutien des prêtres.
Mgr Louis-Zéphirin Moreau s’éteint le 24 mai 1901. Ses funérailles ont lieu le 30 mai. La population maskoutaine sait qu’elle a connu un saint.
Le 10 mai 1987, il est déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II. Il repose dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe.
La mémoire du bienheureux est soulignée le 24 mai de chaque année.
Il est à noter que le Centre d’archives régionales du Séminaire de Nicolet possède des documents exclusifs sur la vie du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau.[1]
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[1] Benoit Voyer. « Nouvelles de chez-nous - Le séminaire de Nicolet reçoit une subvention », Revue Sainte-Anne, février 2004, p. 61.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : La fin du programme biénergie
MONTRÉAL – Hydro-Québec abolira son tarif biénergie le 1ᵉʳ avril 2006. À cause de l'augmentation considérable du tarif d'électricité, entre 100 et 400 églises catholiques du Québec sont menacées de fermeture, dont une trentaine dans le diocèse de Gaspé, une trentaine dans celui de Trois-Rivières et une vingtaine dans Nicolet.
Le programme biénergie d'Hydro-Québec a été créé au début des années 1980 dans le but d'écouler les surplus d'électricité de la société d'État. Certaines institutions pouvaient bénéficier de tarifs fort intéressants. Ainsi, les écoles, les hôpitaux et les églises ne payaient que 3,5 cents le kilowatt-heure. Avec la fin du programme, le tarif passera à 7,5 cents le kilowatt-heure. Il s'agit d'une hausse de 15 %.
Conséquences
Les conséquences seront tragiques pour plusieurs fabriques.
On estime que la basilique de Sainte-Anne-des-Monts verra sa facture de chauffage passer de 19 000 $ à 51 000 $ par année. Ce qui n'aide pas, c'est que le lieu de prière est très mal isolé.
Déjà, plusieurs paroisses songent à fermer leurs portes en hiver. À Percé, ce ne sera pas nouveau puisque le temple l'est déjà, chaque année, après la saison touristique.
À Grande-Rivière, dans le diocèse de Gaspé, le seul presbytère coûte, en ce moment, 18 000 $ d'électricité par année pour le chauffage. À combien s'élèvera la nouvelle facture ? Des surprises sont à prévoir. Par chance, ces dernières années, le conseil de fabrique a décidé de louer le deuxième étage du bâtiment à des organismes communautaires de la municipalité. Cela permet de diminuer le montant à payer par la fabrique à Hydro-Québec.
Des solutions
Voyant venir la situation, la paroisse de Val-d'Espoir, en Gaspésie, qui regroupe 450 paroissiens, a décidé d'abandonner son système de chauffage électrique. En juin, on y installera un poêle à bois extérieur qui permettra le chauffage de l'église et du presbytère. Le bois proviendra de la terre à bois que possède la fabrique. L'idée est née de la boutade d'un paroissien. L'investissement de 25 000 $ pour la réalisation des travaux sera absorbé durant les trois prochaines années. De cette manière, elle imitera sensiblement l'église de Saint-Prosper dans le diocèse de Trois-Rivières.
Intervention de l'AÉQ
Suite à une rencontre commune, Hydro-Québec et l'Assemblée des Évêques du Québec (AEQ) ont décidé de mettre sur pied un comité technique conjoint pour trouver des solutions. Le comité a remis un rapport d'étape à la fin mars et son rapport final sera remis le 15 juin.
Le rôle de la table technique est d'étudier de meilleures mesures d'efficacité ou d'économies énergétiques qui pourraient être mises à la disposition des églises. Tous les détails sont regardés à la loupe : l'isolation des fenêtres, la ventilation et l'éclairage sur tous les bâtiments.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, mai 2005, p. 203)
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