LE PRÉSENT DU PASSÉ : La fin du programme biénergie

La fin du programme biénergie

MONTRÉAL – Hydro-Québec abolira son tarif biénergie le 1ᵉʳ avril 2006. À cause de l'augmentation considérable du tarif d'électricité, entre 100 et 400 églises catholiques du Québec sont menacées de fermeture, dont une trentaine dans le diocèse de Gaspé, une trentaine dans celui de Trois-Rivières et une vingtaine dans Nicolet.

Le programme biénergie d'Hydro-Québec a été créé au début des années 1980 dans le but d'écouler les surplus d'électricité de la société d'État. Certaines institutions pouvaient bénéficier de tarifs fort intéressants. Ainsi, les écoles, les hôpitaux et les églises ne payaient que 3,5 cents le kilowatt-heure. Avec la fin du programme, le tarif passera à 7,5 cents le kilowatt-heure. Il s'agit d'une hausse de 15 %.

Conséquences
Les conséquences seront tragiques pour plusieurs fabriques.

On estime que la basilique de Sainte-Anne-des-Monts verra sa facture de chauffage passer de 19 000 $ à 51 000 $ par année. Ce qui n'aide pas, c'est que le lieu de prière est très mal isolé.

Déjà, plusieurs paroisses songent à fermer leurs portes en hiver. À Percé, ce ne sera pas nouveau puisque le temple l'est déjà, chaque année, après la saison touristique.

À Grande-Rivière, dans le diocèse de Gaspé, le seul presbytère coûte, en ce moment, 18 000 $ d'électricité par année pour le chauffage. À combien s'élèvera la nouvelle facture ? Des surprises sont à prévoir. Par chance, ces dernières années, le conseil de fabrique a décidé de louer le deuxième étage du bâtiment à des organismes communautaires de la municipalité. Cela permet de diminuer le montant à payer par la fabrique à Hydro-Québec.

Des solutions
Voyant venir la situation, la paroisse de Val-d'Espoir, en Gaspésie, qui regroupe 450 paroissiens, a décidé d'abandonner son système de chauffage électrique. En juin, on y installera un poêle à bois extérieur qui permettra le chauffage de l'église et du presbytère. Le bois proviendra de la terre à bois que possède la fabrique. L'idée est née de la boutade d'un paroissien. L'investissement de 25 000 $ pour la réalisation des travaux sera absorbé durant les trois prochaines années. De cette manière, elle imitera sensiblement l'église de Saint-Prosper dans le diocèse de Trois-Rivières.

Intervention de l'AÉQ
Suite à une rencontre commune, Hydro-Québec et l'Assemblée des Évêques du Québec (AEQ) ont décidé de mettre sur pied un comité technique conjoint pour trouver des solutions. Le comité a remis un rapport d'étape à la fin mars et son rapport final sera remis le 15 juin.

Le rôle de la table technique est d'étudier de meilleures mesures d'efficacité ou d'économies énergétiques qui pourraient être mises à la disposition des églises. Tous les détails sont regardés à la loupe : l'isolation des fenêtres, la ventilation et l'éclairage sur tous les bâtiments.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, mai 2005, p. 203)