Par Benoit Voyer
23 mai 2026
Que l’on soit ou non en accord avec ses idées politiques, le premier ministre Pierre Elliott-Trudeau était un intellectuel brillant qui aimait les joutes oratoires.
L’homme politique, né en 1919, a considérablement marqué la vie politique canadienne, notamment comme premier ministre, fonction qu'il a exercée de 1968 à 1984 presque sans interruption.
« Toute sa vie, Trudeau défendit sa vision du Canada comme une fédération forte et unie, fondée sur les droits individuels. Son discours sur le Canada et la société juste inspira toute une génération », écrit-on devant son mausolée, à Napierreville.
À titre de premier ministre canadien, en 1969, Pierre Trudeau touche 25 000$ et passera à 33 300 $ de 1974 à 1978. En 1980, de retour à la tête du pays, il augmentera son salaire à 45 900 $.[1]
Peu de gens s’en souviennent. Pierre Elliott-Trudeau était catholique. C’est ce que révélait en 2005 William Heward Grafftey, ex-ministre des Sciences et de la Technologie sous le gouvernement de Joe Clark, en 1979, et ex-député fédéral de Brome-Missisquoi, au Québec, un ami intime de l’ancien premier ministre du Canada. Il disait : « Pierre était croyant. Sa foi était solide et c'était un fervent catholique. Il se rendait souvent à la chapelle des Franciscains, boulevard René-Lévesque, près de l'avenue Atwater », à Montréal.[2]
Le 15 septembre 1972, à l’occasion de l’élection canadienne du 30 octobre 1972, il participe à un grand rassemblement au Palais des sports [3], à Granby.
Ce jour-là, il s’arrête, avec Louis-Paul Neveu, son candidat dans la circonscription de Shefford, à la Maison Regina Mundi, le centre de retraites spirituelles des Trinitaires. L’arrêt ne figure pas sur l’itinéraire officiel [4]. Ils rencontrent les membres de l’Ordre religieux et les personnes qui y travaillent. Le père Jean-Paul Regimbal est de ce nombre [5]. Pierre Elliott-Trudeau profite de ce répit dans sa longue campagne électorale pour se recueillir dans la chapelle.
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| Lieu de sépulture, à Saint-Rémi, en Montérégie |
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[1] Benoit Voyer. “Le salaire de nos élus”, Huffington Post Québec, 31 janvier 2016. www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-salaire-de-nos-elus_b_9082734
[2] Benoit Voyer. “Nouvelles de chez nous”, Revue Sainte-Anne, mars 2005, pp. 108 à 110.
[3] Jacques Fleury. « Les autres partis ne pourront faire mieux – Trudeau », Voix de l’Est, 16 septembre 1972, p. 1.
[4] La visite de Pierre Elliott-Trudeau, à Granby, est prévue vers 18 h 30 Il arrive par la rue Montagne (aujourd’hui la rue Mountain) en direction de la rue Principale. Tout porte à croire que le cortège bifurque par le chemin Robitaille afin de faire un arrêt chez les Trinitaires, loin de la foule. Le premier ministre est attendu au Palais des sports vers 19 h 15 et doit repartir 60 minutes plus tard en direction de l’aéroport de Bromont où son avion l’attend pour se rendre à Shearwater, dans les Maritimes. Cf. Jacques Fleury. « Tout est prêt pour Trudeau », La Voix de l’Est, 15 septembre 1972, p. 3.
[5] Est-ce que Jean-Paul Regimbal et le premier ministre ont eu des échanges particuliers ? Jusqu’à maintenant la recherche n’indique rien à ce sujet.

