LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'Église unie refuse un don du club 281

L'Église unie refuse un don du club 281

MONTRÉAL, – L'Église unie Saint-Jean, située sur la rue Sainte-Catherine est, à Montréal, est très indisposée par l'arrivée de son nouveau voisin, le Club 281, un club érotique destiné aux femmes. En mars dernier, la communauté protestante a exprimé son opposition à la présence de son nouveau voisin et a répondu un non catégorique au bar qui lui offrait un don en argent en échange de son appui.

Dans sa lettre du 6 mai 2003, la communauté protestante expose sa position aux représentants de l'arrondissement Ville-Marie. « Nous ne saurions endosser les valeurs de commercialisation et d'exposition du corps humain qui nous semblent être l'une des spécificités du Club 281. Cependant, nous croyons [...] qu'il nous serait possible, dans l'éventualité du déménagement du Club 281 dans l'édifice adjacent à notre église, d'entretenir des relations cordiales et respectueuses de bon voisinage avec les propriétaires et la clientèle du Club 281. »

L'arrondissement interprète ces lignes comme un appui au projet de relocalisation du club, une condition essentielle pour émettre un permis d'occupation puisque l'établissement se trouve à moins de cent mètres d'un lieu de culte.

Toutefois, l'Église unie Saint-Jean nie avoir donné le feu vert au déménagement du bar de danseurs. « Il n'y a jamais eu d'entente de notre part », écrit Pierre Wilfrid Landry, de l'Église unie de Saint-Jean, dans une missive adressée à l'arrondissement, le 7 octobre. « Si notre lettre fut interprétée de cette façon, il y a grave erreur et il est sans équivoque que le requérant (Club 281) a été favorisé à notre grand détriment sans que personne de la ville de Montréal ou de l'arrondissement Ville-Marie nous consulte. »

Benoît Voyer

(Revue Sainte-Anne, février 2004, p. 65)