SANTÉ: Les femmes et leurs douleurs

Les femmes et leurs douleurs

Par Benoit Voyer

2 mars 2026

Lorsqu’un homme a une vilaine grippe, les femmes sourient en leur disant : « Ce n’est vraiment pas drôle une grippe d’homme, hein ! » Messieurs, vous pourrez maintenant vous faire taquins envers elles. Vous pourrez dire : « Je sais que ce n’est pas dans ton imaginaire et que tu as vraiment mal. Ce n’est vraiment pas jojo les petits bobos féminins ! » Bien qu’il n’y ait rien de prouvé au sujet de « la grippe d’hommes », c’est une autre affaire pour les douleurs de la gent féminine.

En effet, les femmes sont plus exposées à certaines douleurs chroniques que les hommes – notamment plus de céphalées (comme la migraine) et la fibromyalgie – en raison d’une différence dans leur système immunitaire. C’est ce que révèle une récente étude américaine publiée dans Science Immunology. La nouvelle a été reprise par plusieurs médias, dont Le Figaro et La Croix.

Les douleurs féminines proviendraient notamment d’une moins bonne efficacité de leur système immunitaire à la résolution de la douleur. À ce chapitre, la génétique masculine est mieux équipée.

Au Figaro, Geoffroy Laumet, professeur de physiologie à l’université d’État du Michigan (États-Unis) et auteur de l’étude, rappelle que « les femmes représentent 60 % à 70 % des patients souffrant de douleurs chroniques […] Elles ont plus de risques d’en développer après une même blessure et ont besoin de doses plus élevées de morphine pour obtenir le même effet. Pourtant, il existe encore une forme de discrimination. Certaines femmes se voient encore reprocher d’exagérer leur douleur. Or, notre étude montre que cette différence est physiologique, inscrite dans le système immunitaire. »

On a découvert qu’un certain type de globules blancs essentiels au système immunitaire libère une molécule faisant taire les neurones sensibles à la douleur dans les tissus blessés. Les chercheurs ont observé que ce mécanisme est plus prononcé chez les mâles, et l’expliquent par la présence de la testostérone. Cette hormone sexuelle masculine « favoriserait » la production de globules blancs, qui sont associés à la molécule soupçonnée de calmer les neurones. On a fait la même observation chez des patients humains ayant subi un traumatisme physique. Le niveau de ce type de globules blancs dans le sang était bien plus élevé chez l’homme.

L’ibuprofène ou l’aspirine demeurent de bons moyens pour effacer les douleurs aiguës. Ce n’est toutefois pas le cas pour les douleurs chroniques.

Il s’agit d’une découverte qui permettra de développer de nouveaux traitements contre la douleur chez les femmes.

Plus de détails dans Le Figaro
https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20260227/281689736292151