Par Benoît Voyer
Avec les années, le vrai sens de l’arbre de Noël n’habite plus la mémoire collective. Il y a de l’intérêt à s’y attarder pour mieux retrouver ses véritables racines et mieux célébrer l’anniversaire de la naissance du Sauveur.
Lorsque la tradition de l'arbre de Noël a pris naissance en Alsace – au Moyen Âge –, il symbolisait le paradis terrestre et le péché originel. Le choix du sapin voulait, probablement, illustrer l'Eden, car il est le seul arbre vert annuellement.
Le sapin était, jadis, décoré de délicieuses pommes rouges remémorant le moment où les deux premiers supposés habitants du monde ont croqué à belles dents dans le fruit défendu par Dieu. Plus tard, des hosties étaient ajoutées pour illustrer le Christ, nouvel Adam ; Jésus est celui qui vient apporter un nouveau matin pour le monde.
On ajoutait, avec le temps, des roses fabriquées en papier aux multiples couleurs et des bougies allumées. Le premier symbole rappelait l'arbre de Jessé et, l’autre, Jésus qui est la lumière du monde.
Les véritables fruits du verger ont été changés par des boules en verre soufflé. Cette idée originale d'un verrier de Maisenthol qui aurait vécu au siècle dernier, avait pour but de remplacer la véritable pomme qui, selon la légende, était devenue rare à cause d'une année de sécheresse. Les gâteaux et les friandises vinrent remplacer les hosties.
Origines lointaines
Il est difficile de retracer l'histoire de l'arbre de Noël. Au Moyen Âge, les livres étaient rares et coûteux. Ils étaient recopiés à la main, car l'imprimerie n'était pas encore inventée.
Une façon populaire de transmettre l'héritage de la foi était la pièce théâtrale Celle-ci était connue sous le nom de « pièce miraculeuse » parce qu'elle servait à la formation biblique et à se souvenir des saints. Les représentations ouvertes à tous les fidèles se tenaient dans les églises.
Une des plus populaires auprès du peuple racontait la tentation d'Adam et Ève au paradis. L'unique décor était constitué d'un sapin orné de pommes rouges. Il fut rapidement surnommé du nom d'« arbre du paradis ».
Puisque la petite dramatique était présentée durant la période de l'Avent, la conclusion du sketch annonçait la venue de Jésus. Malheureusement, certains abus amenèrent l'Église à arrêter ces jeux scéniques au XVe siècle.
Cependant, durant ces années, la fête d’Adam et Eve était célébrée, le 24 décembre, un peu partout en Europe et le sapin fut maintenant associé à cette fête, même si Rome n’était pas en accord avec cette pratique liturgique – malgré la volonté populaire – et qu’il n’a jamais été question de canoniser ces deux personnages de l’Ancien Testament.
Cette célébration a finalement disparu, mais l’arbre est demeuré un symbole important de la période de l’Avent. Au XVIᵉ siècle, les Allemands donnèrent un sens nouveau à l’arbre vert qu’il faut redécouvrir.
Et si le sapin devenait pour les croyants du monde qui se préparent à célébrer le jubilé de l’An 2000, le rappel pressant à la conversion intérieure afin de devenir d’authentiques témoins de la volonté de Dieu sur eux… « L’arbre du paradis » inviterait ainsi la société à entrer à fond dans un « nouvel avent » pour le monde.
__________
Jusqu’au 12 janvier 1997, reprenez contact avec les traditions de Noël, dont le sapin, en visitant l’exposition du Musée des arts et traditions populaires du Québec. En plus de la visite, le musée du 200, rue Laviolette, à Trois-Rivières (sortie 199 de l’autoroute 40, direction centre-ville) offre des ateliers de fabrication de décorations de Noël. Pour informations : (819) 372-0406. Sans frais : 1-800-461-0406.
(Revue Sainte Anne, décembre 1996, page 499)
