PATRIMOINE : Guido Nichiri, le Michel-Ange canadien

Jésus calme la tempête, église Saint-Eugène
Guido Nichiri, le Michel-Ange canadien

Par Benoit Voyer

20 juin 2026

L’artiste italien Guido Ninchiri (1956-1961) est surnommé, à juste titre, le Michel-Ange du Canada. Il est surtout reconnu pour ses magnifiques vitraux qui se retrouvent dans plusieurs églises et lieux publics du Québec. En revanche, Ninchiri était également un excellent peintre et créateur. C’était un artiste accompli.

L’œuvre de Ninchiri m’a toujours impressionné. À Granby, dans l’église catholique Saint-Eugène où j’ai été baptisé, j’ai passé ma jeunesse à admirer ses vitraux. Depuis la fermeture du temple à des intérêts privés, le nouveau propriétaire cherche un nouvel acheteur pour ceux-ci. Je rêve qu’ils trouvent preneurs et qu’on les réinstalle dans un autre bâtiment.

Le roi David, église Saint-Eugène, Granby
À quelques minutes de là, au centre Notre-Dame, siège d’une autre ancienne église catholique construite en 1901, se retrouve une autre série de ses vitraux. Ils sont à mes yeux moins intéressants, mais méritent tout de même le détour.

À Notre-Dame, c’est Guido Ninchiri à ses débuts. À Saint-Eugène, c’est dans ses dernières années.

Nichiri a aussi créé les vitraux de la cathédrale de l’Assomption, à Trois-Rivières, de la basilique Sainte-Anne, à Varennes, où repose sainte Marguerite de la Jemmerais, veuve Youville, et plusieurs de ceux de la cathédrale d’Ottawa.

Dans la bibliothèque du Parlement, sur la colline parlementaire, à Québec, il est possible d’admirer le vitrail « Je puise mais n'épuise », installé à cet endroit en 1916. Il a été réalisé par le peintre Guido Nincheri et le maître verrier Henri Perdriau, selon une maquette de Charles Huot. L’œuvre montre une femme qui revient puiser de l'eau, devant la chute Ouiatchouan, à Val-Jalbert (devenu Chambord), au Lac-Saint-Jean. La femme symbolise l’étude et l’eau la science.

Enfin, au plafond du sanctuaire Kateri Tekakwitha, à Kanawake, à quelques pas du pont Mercier, se retrouvent des œuvres qu'il a peintes entre 1924 et 1928. Ceux-ci mériteraient d’être restaurés.

Je vous reparlerai de lui très bientôt.