UN PEU DE MOI : La pandémie de choléra en 1832, à Québec
Par Benoit Voyer
15 juin 2026
En 1932, plus particulièrement du 8 au 28 juin, une pandémie de choléra frappe la ville de Québec. Durant cette période, les prêtres de la communauté catholique de Saint-Roch président les funérailles d’environ 195 paroissiens. La plupart des défunts seront inhumés dans le nouveau cimetière de la Pointe. Parmi les victimes figure mon arrière-arrière-arrière-grand-père Gabriel Garneau. Il décède le 16 juin 1832. Au registre, il figure au nom de Pierre Garneau.
Cette pandémie ne ravage pas uniquement la population de Québec. Elle est principalement causée par les vagues d’immigration et par le développement du commerce international.
Entassés dans les cales des bateaux lors de leur long voyage vers la terre promise, les conditions sanitaires des passagers laissent à désirer. Il en résulte que leurs résistances immunitaires sont grandement affectées par la fatigue, le mal de mer, l’alimentation de très mauvaise qualité pauvre en vitamines et en calories.
À cela s’ajoute une mauvaise connaissance des maladies et de leurs transmetteurs : l’eau contaminée et impropre à la consommation, les vêtements souillés et l’hygiène personnelle et communautaire. En d’autres mots, les passagers ne sont pas très propres.
Denis Goulet explique, dans un article paru dans la revue d’histoire Cap-aux-diamants [1], que depuis la fin du XIXᵉ siècle, on sait « que le choléra est une infection intestinale causée par le vibrion cholérique, un type de microbe transmis essentiellement par voie orale. Normalement. L’acidité gastrique de l’estomac permet à l’organisme de détruire le vibrion. Or, chez les personnes souffrant de malnutrition, cette barrière est affaiblie et permet au microbe de se rendre aux intestins où il provoque de violentes diarrhées accompagnées de vomissements tout aussi violents qui entrainent une forte déshydratation. Le corps prend une apparence bleutée en raison d’une cyanose […] Généralement, la mort survient en quelques jours. »
En 1857, on fermera le cimetière de la Pointe. Tous les défunts, dont Gabriel, sont exhumés et inhumés à nouveau dans le cimetière Saint-Vallier, maintenant administré par le cimetière Saint-Charles, à Sainte-Foy. Il n’y a aucune pierre tombale sur le site. Le terrain où les victimes du choléra de 1832 reposent est, de nos jours, situé sur le bord de l'avenue du Pont Scott, à quelques pas de la rivière Saint-Charles.
Gabriel
Né le 9 mars 1763, à L'Ange-Gardien, sur la Côte de Beaupré. Gabriel Garneau est le fils de Pierre Garneau (1740-1815) et de Marguerite Julien (1739-1813). Le lendemain il est baptisé dans la tradition catholique.
Il épousera Marguerite Ouellet. Le 20 novembre 1797, ils signent un contrat de mariage chez le notaire Louis Cazes, à La Pocatière. Le 28 novembre, ils reçoivent le sacrement du mariage dans l’église catholique de Saint-Roch-des-Aulnaies. À la suite de son décès, elle finira ses jours à Saint-André-de-Kamouraska. Elle quittera ce monde le 28 octobre 1837.
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[1] Denis Goulet. « Choléra et typhus au XIXᵉ siècle – D’une crise immunitaire à une autre », Cap-aux-diamants, été 2024, pp. 20 à 23.
SAINTS ET SAINTES : Saint Josémaria Escriva
Par Benoit Voyer
15 juin 2026
Le 9 janvier 1902, saint Josémaria Escriva de Balaguer nait à Barbastro, dans la province de Huesca, en Espagne. Il est le fils de Dolores et José Escriva de Balaguer. Josémaria aura un frère et quatre sœurs. Trois d’entre elles décéderont en bas âge. Il lui restera Carmen (1899-1957) et Santiago (1919-1994). Au sein du clan familial, on leur transmet une profonde éducation chrétienne, dans la tradition catholique.
En 1915, les affaires ne sont pas très bonnes pour Jose Escriva. Son entreprise doit fermer ses portes. Le père de famille se trouvera un emploi à Logroño. La famille y déménagera.
Un jour, après avoir vu des traces de pieds nus dans la neige laissées par un religieux, le jeune Josémaria a la conviction profonde que Dieu attend quelque chose de particulier de lui, mais il ne sait pas quoi exactement. Il pense qu’en devenant prêtre, il pourra mieux le découvrir. À Logroño, il commence à s’y préparer. Il poursuivra sa quête au séminaire de Saragosse.
En plus de ses études en philosophie et en théologie, Josémaria poursuivra des études de droit civil, comme auditeur libre.
En 1924, son père trépasse. Malgré lui, Josémaria devient le chef de la famille.
Le 28 mars 1925, il est ordonné prêtre. Il est nommé titulaire d’une paroisse rurale près de Saragosse.
En 1927, avec la permission de son évêque, il s’installe à Madrid afin de compléter un doctorat en droit.
Le 2 octobre 1928, durant ses exercices spirituels, il commence à percevoir ce que Dieu lui demande. Il fonde une œuvre destinée à la sanctification des laïcs. Dès lors, il commença à travailler à cette fondation, tout en exerçant son ministère sacerdotal, spécialement dans les milieux déshérités, auprès des pauvres et des malades.
Il prolonge ses études à l’université de Madrid et dispense des cours pour subvenir aux besoins de sa famille.
C’est son accompagnateur spirituel qui, à force de l’entendre parler de son appel intérieur et de sa mission particulière, finira par appeler le projet l'« Opus Dei », c’est-à-dire « l’œuvre de Dieu ».
Il fondera aussi la Société de la Sainte-Croix pour les prêtres désirant vivre du même esprit.
En 1946, Josémaria Escriva s’établit à Rome, en Italie. Il y obtient un doctorat en théologie, à l’université du Latran. Tour à tour, il sera nommé consulteur de deux congrégations vaticanes, membre honoraire de l’Académie pontificale de théologie et prélat d’honneur de Sa Sainteté.
À partir du sol romain, il voyage dans les pays d’Europe et, en 1970, au Mexique. À chaque fois, il travaille à établir et consolider l’Opus Dei dans les régions qu’il visite.
En 1974 et en 1975, il fait deux grands voyages en Amérique centrale et du Sud, où il tient de grandes réunions catéchétiques. Partout où il passe, on s’abreuve de ses paroles.
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| Une heure avant son décès |
Le 17 mai 1992, il est béatifié par le saint pape Jean-Paul II en présence de près de 300 000 personnes, dont 34 cardinaux et 200 évêques. Dix ans plus tard, le 6 octobre 2002, Jean-Paul II le canonise. À cette occasion, il dira à la foule : « On pourrait dire qu’il fut le saint de l’ordinaire. Il était en effet convaincu que, pour celui qui vit dans une optique de foi, tout est occasion de « rencontre avec Dieu », tout devient un encouragement à la prière. Vue ainsi, la vie quotidienne révèle une grandeur insoupçonnée. La sainteté se retrouve vraiment à la portée de tous. »
La commémoration liturgique de saint Josémaria Escriva est le 26 juin de chaque année.
Au Québec :
Coteau-du-Lac, le 16 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Alain Faubert, évêque de Valleyfield
Église Saint-Ignace
339, chemin du Fleuve
Coteau-du-Lac, QC J0P 1B0
Confessions à partir de 19 h
Québec, le 22 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Jean Tailleur
Église Saint-Michel de Sillery
1600, rue du Cardinal-Persico
Québec, QC G1T 1H3
Confessions à partir de 19 h 00
Montréal, le 26 juin, à 19 h 30
Présidée par Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal
À la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde
1085, rue de la Cathédrale
Montréal, QC H3B 2V3
Confessions à partir de 19 h
En Colombie-Britannique :
Victoria, le 26 juin, à 18 h
Présidée par Mgr Gary Gordon
St. Joseph the Worker
753 Burnside Rd. W
Victoria, BC V8Z 1M9
Vancouver, le 27 juin, à 11 h
Présidée par l'abbé Bruce J. Hamilton
Corpus Christi Parish
6350 Nanaimo Street
Vancouver, BC V5P 4K7
Confessions à partir de 10 h 30
En Alberta :
Edmonton, le 23 juin, à 19 h 00
Présidée par l'abbé Andrew Schoenberger, vicaire général du diocèse de Saint-Paul
St. Andrew's Parish
12810 111 Ave NW
Edmonton, AB T5M 2N7
Confessions à partir de 18 h 30
Calgary, le 26 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Avinash Colaco
St. Mary's Cathedral
219 18 Ave SW
Calgary, AB T2S 0C2
Confessions à partir de 18 h 30
Au Manitoba :
Winnipeg, le 17 juin, à 19 h 00
Présidée par l'abbé Fernando Mignone
Église Holy Cross
252, rue Dubuc
Winnipeg, MB R2H 1Ê3
Confessions à partir de 18 h
En Ontario :
Kingston, le 16 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Richard Whelan
St. Joseph's Church
392 Palace Road
Kingston, ON K7L 4T3
Confessions à partir de 18 h
Marmora, le 26 juin, à 9 h
Présidée par l'abbé Justin Pulikunnel
Sacred Heart of Jesus Parish
46 Bursthall St.
Marmora, ON K0K 2K0
Confessions à partir de 8 h
Oakville, le 20 juin, à 11 h
Présidée par Mgr Wayne Lobsinger, évêque auxiliaire à Hamilton
St. Michael Church
181 Sewell Dr.
Oakville, ON L6H 1E3
Confessions à partir de 10 h 30
Brockville, le 26 juin, à 18 h
Présidée par l'abbé Fr. Andrew Shim
Saint Francis Xavier Parish
66 Church Street
Brockville, ON K6V 3X6
Confessions à partir de 17 h 30
Ottawa, le 26 juin, à 19 h
Présidée par Mgr Brendan O'Brien, archevêque émérite de Kingston
Basilique-cathédrale Notre-Dame
385, rue Sussex
Ottawa, ON K1N 1J9
Confessions à partir de 18 h 30
St. Catharines, le 26 juin, à 19 h
Présidée par l'abbé Ben Weber
Cathedral of St. Catherine of Alexandria
3 Lyman St.
St. Catharines, ON L2R 5M8
Confessions à partir de 18 h 30
Strathroy, le 27 juin, à 9 h
Présidée par l'abbé David Johnston
All Saints Parish
124 Front St E
Strathroy, ON N7G 1Y9
Toronto, le 27 juin, à 11 h
Présidée par Mgr Robert Kasun, évêque auxiliaire à Toronto
St. Edward the Confessor Church
75 Churchill Ave.
North York, ON M2N 1Y8
Confessions à partir de 10 h 30
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Michèle Boulva, codirectrice de l'Organisme catholique pour la vie et la famille
« Le rêve de Dieu est de prendre toute la place dans ton cœur, de te donner tout son amour, de te combler, de t'accompagner dans tout ce que tu fais, d'avoir une relation intime avec toi à travers les choses de chaque jour et d'avoir un dialogue constant avec toi. Évidemment, on peut dire oui ou non ou un petit peu oui ou un petit peu non. Il nous laisse libres Je lui ai donc confié tout ce que je suis. »
Par Benoît Voyer
OTTAWA – Je suis très anxieux. Pourtant, Radio Classique diffuse de la musique qui fait du bien. Malheureusement, aujourd'hui Beethoven, Mozart et Bach n'ont pas d'effet sur moi. Au volant de ma voiture, entre Montréal et Ottawa, mon esprit est absorbé par ce stress que je porte.
Dans quelques heures, j'aurai devant moi une des plus compétentes journalistes aux affaires religieuses au Canada et une catholique engagée. Je n'ai jamais caché mon admiration pour cette femme. J'avoue bien humblement qu'elle a une longueur d'avance sur moi en ce qui a trait à la qualité de la rédaction et à la capacité de production littéraire. « Elle va assurément analyser ma pauvre méthode d'entrevue », me dis-je.
Il y a quelques mois, après 18 ans de loyaux services au journal le « Nouvel Informateur Catholique » (NIC), Michèle Boulva a troqué son métier de journaliste pour devenir codirectrice, avec Jennifer Leddy, de l'Organisme Catholique pour la Vie et la Famille (OCVF), une corporation sans but lucratif, financée par les Chevaliers de Colomb d'un océan à l'autre et la Conférence des Évêques Catholiques du Canada (CECC).
Son bureau est bien modeste. Il est installé dans le nouveau bâtiment de la CECC sur la place Don Reid, à Ottawa.
« Salut mon Benoît ! », me lance-t-elle en arrivant dans le hall d'entrée de l'édifice. « Ça fait un bon moment que nous ne nous sommes pas vus ! Je suis contente de te revoir ! » Notre amitié remonte à plus de dix ans.
Assis dans son bureau, on se donne des nouvelles. Elle a quitté le métier, mais celui-ci ne l'a pas quittée. Nous parlons.
Michèle est visiblement autant anxieuse que moi devant cette interview qui débutera dans quelques minutes. Je la rassure.
Cela semble porter des fruits. Après quelques minutes, bien installés à la table de l'excellent restaurant Flying Pigg, sur la rue Bank, nous prenons une grande respiration afin de nous calmer intérieurement. « Mon Dieu, aide-nous ! »
« De quelle manière a débuté ta carrière de journaliste ? » Elle parle vite. Elle veut tout dire en même temps. Elle est attendrissante. Je préfère sourire et l'écouter.
Elle me raconte qu'après ses études en pédagogie, en 1967, La Presse cherchait des jeunes pour couvrir Expo 67. « Ça a été une expérience incroyable ! J'ai réalisé ma première expérience journalistique en rencontrant une princesse de passage au pays. J'étais tellement stressée ! Heureusement, Michel Gravel, un photographe d'expérience, m'accompagnait. Tout s'est bien passé ! », me raconte-t-elle.
Rapidement, elle est orientée vers la section « Vivre aujourd'hui », les pages féminines du journal. Elle y passera quatre ans. Elle est rédactrice de mode.
Je lui lance : « Dans un éditorial, Pierre Venat écrivait que tu es une des femmes qui ont marqué l'histoire de La Presse ». Elle me regarde, le regard étonné, et le fou rire s'empare d'elle. En chuchotant, elle dit : « Ben voyons ! Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ! J'étais juste une journaliste de mode ! »
En 1971, elle trouve un boulot dans le domaine des relations publiques et, en 1974, elle fait le choix de quitter son job pour se consacrer à l'éducation de sa fille Stéphanie. Plus tard viendront aussi Christian et Katerine. « Ces enfants ont été les trois plus beaux cadeaux de ma vie ! J'ai vraiment eu du plaisir à m'occuper d'eux ! », lance-t-elle.
Expérience spirituelle intense
En 1984, suite à une séparation conjugale, elle retourne au marché du travail : « Malheureusement, mon mariage s'est avéré un échec (elle a de la difficulté à dire le mot). Mais – Dieu merci : – c'est à travers cette période de difficultés que j'ai découvert le sens profond du sacrement du mariage, une alliance à trois… Dieu qui s'engage avec l'homme et la femme et qui, toujours, reste fidèle. C'est avec lui que j'ai élevé mes trois enfants ! »
Elle profite de l'occasion pour me dire qu'elle a eu des parents extraordinaires (elle est l'aînée d'une famille de six enfants) qui lui ont transmis des valeurs solides, qu'elle a toujours été catholique, qu'elle a toujours fréquenté la messe et qu'elle n'a jamais connu de crise majeure de foi.
Durant ces mois difficiles de son existence, elle commence aussi un cheminement de foi plus profond.
Elle se rend régulièrement chez les moniales dominicaines de Berthierville pour se ressourcer. Un prêtre et une religieuse l'accueillent et l'accompagnent. « En 1985, à travers une « prière ensemble » avec ces personnes, j'ai vraiment été touchée au cœur. J'ai compris l'amour inconditionnel de Dieu… malgré mon échec. Ça a été un baume. Dieu nous aime, qu'importe ce qu'on vit et traverse de difficultés et de joies. Il nous accompagne toujours et partout. » Son regard est lumineux.
Elle baisse la voix et reprend le ton de confidence. En chuchotant et avec un débit très rapide, elle confie : « Dis pas ça ! Mais je te jure, après que je sois sortie de là, je courais dans le jardin ! Je me sentais comme une gamine qui gambade. C'est une image, mais c'est comme ça que je me sentais. C'était un moment de grande intensité ! » À partir de ce moment, et pendant quelques années, elle fréquentera régulièrement les groupes du renouveau charismatique catholique.
Le Nouvel Informateur Catholique
Elle a le goût de revenir au journalisme et de devenir pigiste « parce que c'est un travail qui lui permettrait d'être disponible à la maison pour les enfants. »
Quand la Providence se manifeste. À trois reprises, on lui dit : Va voir à l'Informateur catholique ! « Je m'y suis présentée et j'ai été engagée. »
Pendant 18 ans, le NIC est pour elle une école de formation catéchétique et humaine. Une véritable école de la foi. Elle me parle de plusieurs rencontres qui ont marqué ces années et qui ont fait d'elle ce qui m'impressionne tant aujourd'hui. L'heure est à la confidence.
En toute intimité
Durant toutes ces années, elle est restée seule. « Au chapitre de la sexualité, ça n'a pas été trop difficile, Michèle ? »
« Dans ma prière, j'ai dit : Seigneur, je crois et je sais, je vis et j'expérimente que tu combles tous mes besoins, y compris au plan affectif… » Elle se fait rassurante sur ce point. Elle insiste pour dire qu'elle a véritablement donné son célibat à Dieu et qu'elle veut être fidèle à cela.
Elle ajoute : « Lorsque tu laisses entrer le Seigneur dans ta vie, il prend l'espace que tu lui laisses habiter. Si tu lui en donnes plus, il en prend davantage. Le rêve de Dieu est de prendre toute la place dans ton cœur, de te donner tout son amour, de te combler, de t'accompagner dans tout ce que tu fais, d'avoir une relation intime avec toi à travers les choses de chaque jour et d'avoir un dialogue constant avec toi. Évidemment, on peut dire oui ou non. Il nous laisse libres. Je lui ai donc confié tout ce que je suis, y compris ma sexualité. Je l'ai confiée au Seigneur. La grâce existe ! Il suffit de l'accueillir ! »
Vie et famille
En 2000, son travail l'amène à couvrir le Jubilé de la famille à Rome. Dès cet instant qui est gravé en elle, Michèle sent qu'elle doit faire davantage pour promouvoir la vie et la famille. Elle sent qu'elle doit faire plus. Elle augmente sans tarder son intérêt pour ces sujets. Dans ses articles publiés dans le NIC, elle ne se gêne pas pour en parler chaque fois que l'occasion se présente à elle. Elle écrit aussi de nombreuses lettres ouvertes qu'elle envoie aux médias francophones du Québec et de la capitale canadienne.
Ce désir de travailler au service de la famille grandit en elle, jusqu'à ce que, à l'automne 2003, s'ouvre un poste à l'OCVF. Durant le processus d'embauche, elle a goûté à la grâce de la Providence. « J'ai compris que le Seigneur m'appelait à autre chose et qu'il me l'a présenté sur un plateau d'argent. C'était la réponse à trois longues années de désir de me consacrer entièrement à cette cause », confie-t-elle.
Préalablement, elle a dû passer par une période de doutes. Elle a longuement hésité à quitter Montréal pour Ottawa parce que sa famille et ses amis y vivent. De plus, par fidélité, elle ne voulait pas laisser tomber Évelyne Lauzier et Paul Bouchard, les patrons de l'Informateur Catholique, car au fil des années, ils sont devenus ses grands amis. « À mon départ, ils m'ont écrit une lettre de référence formidable, malgré leur peine de me voir partir après tant d'années. »
À l'OCVF, elle devient codirectrice. Ce travail l'amène à collaborer avec les évêques canadiens à l'élaboration de stratégies et de documents en vue de participer à des débats publics autour du thème de la vie et de la famille et de préparer des documents pédagogiques. Projets de lois C250 sur la propagande haineuse et C-6 sur la procréation assistée, intervention en Cour suprême sur la redéfinition du mariage… Elle consacre toutes ses énergies professionnelles à la promotion et la valorisation de la vie et de la famille et du respect de la dignité humaine.
Elle insiste : « C'est le devoir des chrétiens d'être à l'origine, ou au moins d'en faire partie, de la réflexion sociale. Bien des gens aimeraient limiter la religion à la sphère privée, mais on ne peut pas séparer les choses de cette manière. Je prends l'exemple du médecin catholique. Il ne peut pas arriver à l'hôpital et enlever son manteau de chrétien et le remettre à la sortie. Cela serait tout à fait incohérent avec le message de l'Évangile et l'engagement de son baptême. Les décisions de ce spécialiste doivent être inspirées par une conscience éclairée. »
Les dossiers qu'elle pilote avec sa complice sont d'une grande importance pour l'avenir de la société. L'heure est même à l'urgence pour tout ce qui a trait à la famille parce que ses fondements sont attaqués par plusieurs groupes de pression.
Elle ajoute : « La vie est le premier des droits fondamentaux. Si on ne respecte pas ton droit à naître, tu n'en auras pas d'autres. Quand une société ne respecte pas le droit à la vie, elle risque tôt ou tard de bafouer les autres droits de la personne. Par ailleurs, la famille, qui est la cellule de base de la société, est attaquée de toute part. Pourtant, elle est la première école de vie. C'est à cet endroit que les enfants apprennent à être, c'est-à-dire à devenir des collaborateurs de Dieu, des citoyens autonomes, responsables et respectueux qui bâtiront une société plus juste et plus humaine. C'est pour cette raison qu'elle doit être défendue. »
D'ailleurs les statistiques montrent que les familles les plus solides reposent sur le mariage, même s'il y a beaucoup de divorces. Une étude démontre que les enfants dont les parents se sont mariés sans vivre ensemble, avant leur union, ont 13 % de chances de les voir divorcer. Ceux qui vivent en union de fait ont 63 % de chances de voir leurs parents rompre. Enfin, ceux qui se sont mariés après avoir vécu ensemble, la statistique est de 25 %.
« Il faut absolument revaloriser la profession parentale. Former un être humain, c'est toute une responsabilité et, je vous assure, le plus beau cadeau à faire à l'enfant est de lui apprendre à fréquenter Jésus en lui partageant ses joies, ses peines et ses rêves, chaque jour de sa vie », conclut avec un calme inouï Michèle Boulva.
Au volant de ma voiture, la station de radio ottavienne Couleur FM diffuse un magnifique air de Bach. Un moment d'extase pour le mélomane en moi. Je remercie Dieu. Mon anxiété n'est plus en moi.
Michèle Boulva, codirectrice
Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF)
2500 Promenade Don Reid
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 2J2 – (613) 241-9461
www.ocvf.cccb.ca
mboulva@cecc.ca
(Revue Sainte-Anne, mars 2005, pp. 105 et 107)
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