L'assistance pastorale et spirituelle
Trois soirs par semaine, Marie, jeune cinquantenaire de la paroisse montréalaise Notre-Dame-des-Anges, à Montréal, se rend à l'hôpital Sacré-Cœur pour une dialyse. Depuis quelque temps, ses reins ne fonctionnent plus. De plus, depuis quelques jours, elle a des troubles coronariens. Rien ne va très bien pour elle. Ses jours, ses mois, ses semaines et ses années sont comptés. Elle se prépare pour la fin qui approche. Elle souffre d'une
Elle vit seule et isolée, dans un petit logement de deux pièces, sur la rue O'Brien. Pourtant, avant d'être si malade, elle était bien entourée. Pendant de nombreuses années, elle gérait une entreprise florissante et donnait des ateliers sur le développement de la personne. Elle a même publié un livre. Marie était populaire et très appréciée. Avec ses talents, elle a contribué au mieux-être de notre société.
Sa famille est absente. Ses frères et sœurs, ses cousins et cousines ne s'informent jamais d'elle et ne la visitent guère.
Elle trouve ses journées difficiles. Elle a peu d'énergie. Après avoir fait ses quelques courses chez le pharmacien et au supermarché, veillé à sa diète un peu spéciale, rangé et nettoyé son logement et s'être lavée, il lui reste à peine de l'énergie pour prier la Vierge Marie et suivre quelques séries à la télévision. Le reste du temps, elle dort.
Depuis quelques semaines, mon épouse, Chantal, et moi sommes ses seuls visiteurs réguliers. Chantal tente de l'aider du mieux qu'elle peut, entre ses longues heures de travail de nuit dans un CHSLD et les obligations familiales. Régulièrement, elle lui offre de faire sa lessive et de descendre ses ordures du deuxième étage, ce qui est un grand défi pour Marie.
Puisque je suis un bénévole du Service d'accompagnement spirituel des personnes âgées et des personnes malades à domicile de la région nord du diocèse de Montréal, je la visite pour la soutenir spirituellement. Ensemble, nous cherchons un sens à sa souffrance et au petit bout de chemin qui lui reste avec nous et à la vie qui se poursuivra ailleurs, car elle et moi croyons en la résurrection et en l'immortalité de l'âme.
Pour elle, je représente la communauté chrétienne à laquelle tous les deux appartenons. De mon côté, à chaque rencontre, je me rappelle ce que Jésus disait : « J'étais malade et tu m'as visité. » Cette parole ne fait pas que circuler dans ma tête, je l'expérimente avec tout mon être.
Selon Benoît XVI, trois défis se présentent à celui qui visite des personnes porteuses d'une pathologie incurable ou d'une maladie infectieuse : « Être proche du malade », « Évangéliser le milieu culturel » et « collaborer avec les différentes instances publiques »
Comme les 135 autres accompagnateurs du Service d'accompagnement, c'est ce que je tente de réaliser.
La Journée mondiale des malades, qui a lieu chaque 11 février, revêt une signification particulière à mes yeux. Je prie pour cette dame et demande à Dieu de me donner la grâce d'être une présence signifiante pour elle.
D'ailleurs, je téléphone à d'autres personnes malades et je vais les visiter. Elles ont tant besoin d'une oreille attentive et d'une présence pleine de tendresse.
Benoît Voyer
Coordonnateur,
Service d'accompagnement spirituel
(Revue Sainte Anne, avril 2007, p. 164)
