CARICATURE

JEAN-PAUL REGIMBAL : Signes et témoins du royaume

En 1971, le père Jean-Paul Regimbal écrivait le document « Signes et témoins du royaume », une référence pour mieux comprendre le renouveau charismatique chez les Catholiques

Par Benoit Voyer

2 juillet 2026

En mai 1971, Jean-Paul Regimbal publie « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique »[1].

Dans ce document, il fait un survol de la place de l’Esprit saint, troisième personne de la Trinité, et de ses manifestations dans notre monde à travers les textes du Nouveau Testament, surnommé la « Nouvelle Alliance » ou la « Bonne Nouvelle », les pères de l’Église et les déclarations du concile Vatican II. Il s’agit d’un document de référence pour mieux comprendre le renouveau charismatique dans l’Église catholique. Le Trinitaire utilisera celui-ci pendant de nombreuses années afin de rassurer les gens qu’il rencontre.

Dans sa préface, il écrit : « Je présente ce travail sans la moindre prétention littéraire ou théologique, mais dans le but de servir comme instrument de travail à ceux qui désirent connaître davantage sur quoi se fonde le renouveau charismatique. Les expériences que j'ai vécues au cours de mon ministère aux États-Unis, au Danemark, en Hollande, en Espagne, en Italie et au Canada, peuvent être éclairées par une confrontation suffisante avec la Bible, la théologie et l'enseignement conciliaire pour apprécier toujours davantage les réalités du baptême et de la confirmation devenues plus conscientes. »[2]

Jean-Paul Regimbal présente le renouveau charismatique comme étant une réponse aux maux du monde moderne. D’ailleurs, on sent un certain pessimisme à son égard. Il écrit :

« En jetant un regard attentif sur le monde contemporain, on ne semble voir que la haine de l'homme pour son semblable : guerres, chaudes ou froides, révolutions de toutes sortes, crises politiques, sociales, religieuses. Tout semble à un tel point d'ébullition qu'on a nettement l'impression d'être sur un volcan en pleine activité. Or, toutes ces crises – crises de pouvoir, crises d'autorité, crises d'identité, crises économiques, crises de culture, crises de foi – sont autant de symptômes qui manifestent le degré d'exaspération d'une civilisation en voie d'écroulement. La civilisation occidentale craque de toutes parts et ce que nous voyons chaque jour à la télévision, dans la presse et sur l'écran ne sont que les derniers soubresauts, les hoquets fatidiques, d'une civilisation moribonde qui râle ses derniers râlements. LA GRANDE CIVILISATION OCCIDENTALE A VÉCU… L'humanité est en train de récolter la triste moisson de son propre égoïsme et les nombreuses malédictions de ses propres idoles : matérialisme, athéisme, rationalisme, industrialisme, capitalisme, communisme, etc. »

Il ajoute : « C'est un peu le drame de Babel qui se répète. Autrefois, on ambitionnait de construire une tour qui touchât les cieux. Aujourd'hui, on ambitionne de vaincre l'espace, la vieillesse et la mort. Mais, dans les deux cas, l'ambition et l'orgueil de l'homme se dressent fièrement contre Dieu. Avec les sciences et les techniques modernes, l'homme prétend se passer de Dieu, voire […] établir scientifiquement que Dieu n'existe nulle part ailleurs que dans l'imagination créatrice de l'homme complexé. Ainsi, Dieu est déclaré "MORT" ; il est mis au rancart avec les autres "mythes" des civilisations dépassées. Puis, on le remplace par de nouveaux dieux de fabrication humaine ».

Jean-Paul Regimbal soutient que derrière ce monde en déchéance, la grâce de Dieu prépare un mouvement parallèle : « Pour celui qui sait voir au-delà des apparences, il se produit, en effet, un parallèle à celui de la décadence sociale et de la déchéance morale. Mais ce mouvement de spiritualité passe encore inaperçu aux yeux de la multitude. Le Seigneur est en train de préparer toute une génération d'hommes et de femmes à devenir "SIGNES ET TÉMOINS DES RÉALITÉS DU ROYAUME DE DIEU" en leur accordant de pénétrer un peu plus dans le Mystère ineffable de la très Sainte Trinité : LE DIEU VIVANT, LE DIEU-AMOUR, révélé par Jésus-Christ. Cette spiritualité se fonde sur une expérience vécue du DIEU VIVANT dans le cadre d'une RELATION INTERPERSONNELLE AVEC LE CHRIST JÉSUS RESSUSCITÉ. En effet, Dieu se manifeste de plus en plus à des gens de tous âges, conditions, races, couleurs et religions. Il diffuse, avec une abondance jusqu'ici inégalée, son Saint-Esprit d'Amour, sous la forme d'une expérience religieuse qu'il est convenu d'appeler, selon les termes mêmes du Nouveau Testament : "LE BAPTÊME DANS L'ESPRIT-SAINT", qui consiste essentiellement en une prise de conscience en profondeur du Christ ressuscité, de l'inhabitation du Saint-Esprit dans l'âme du baptisé et surtout une entière soumission à l'action de l'Esprit-Saint en cette âme. La découverte « expérimentale et existentielle » de Jésus ressuscité comme SEIGNEUR et SAUVEUR s'épanouit progressivement en une relation intime et personnelle avec le Fils de Dieu fait homme. Sous l'action de l'Esprit-Saint, il se produit une compréhension plus profonde des réalités de la foi et des vérités de la Révélation au point que le sujet qui en fait l'expérience vit dans un commerce admirable avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui demeurent en lui. »

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[1] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement). https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/06/document-signes-et-temoins-du-royaume.html
[2] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement). https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/06/document-signes-et-temoins-du-royaume.html

1er juillet 2026

MUSIQUE : L’Harmonie des saisons

L’Harmonie des saisons

Par Benoit Voyer

1er juillet 2026

C’est en 2010 qu’est né l’ensemble de musique ancienne L’Harmonie des saisons. Il a été fondé par la multi-instrumentiste Mélisande Corriveau et le claveciniste Eric Milnes. Tous deux dirigent la troupe à titre de directrice artistique et de directeur musical.

L’Harmonie des saisons se produit habituellement à l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac. En novembre et décembre 2025, on sort de la routine. Pour souligner son 15ᵉ anniversaire, il donne trois spectacles à Granby, au Québec, lieu de leur fondation, et à Saint Albans et Burlington dans l’État du Vermont. Pour l’occasion, ils interprètent le Requiem de Mozart.

Récipiendaire de deux prix JUNO et de deux prix OPUS, « L’Harmonie des saisons » a endisqué trois disques chez Atma Classique, en 2015, 2020 et 2022.

Tous les musiciens possèdent une solide formation musicale et jouent sur des instruments d’époque.



CARICATURE

 


GRANDES RELIGIONS : Les préjugés religieux

Le Centre islamique du Québec, à Montréal
Les préjugés religieux

Par Benoit Voyer

1er juillet 2026

Je trouve regrettable tous les préjugés qui existent au Québec en matière religieuse. Bien entendu, je suis totalement en désaccord avec l’utilisation de la religion à des fins politiques. Je suis également très mal à l’aise lorsque les textes anciens, qu’ils proviennent de la Bible, de la Torah ou du Coran, ne sont pas adaptés à notre époque. En cette matière, une lecture historico-critique doit être réalisée avant d’en faire une adaptation pour s’en inspirer dans notre présent.

Comme le disait l’an dernier Régis Labeaume à Christian Bégin à l’émission télévisée « La Grand-messe » : « Ce qui dérange émotivement les Québécois de souche, c’est la pratique religieuse des immigrants. Les communautés culturelles sont plus croyantes que nous autres. [...] Nous, on n’a plus de croyance. Nous autres, on est laïcs et on a raison (de l’être). [...] Mais tu n’peux pas empêcher le monde de croire ! [...] “ [Ce constat] nous heurte pas mal plus qu’on le pense. [...] La foi des autres nous heurte… »

Ainsi donc, je suis un chrétien de tradition catholique. En revanche, j’ai toujours été ouvert à la différence. Je m’en souviens, au milieu de la vingtaine, j’ai visité de nombreuses synagogues, mosquées et temples de différentes confessions chrétiennes. Après tout, s’il y a un dieu, il est unique.

Lorsque j’étais journaliste, afin d’établir des ponts culturels et cultuels, j’ai réalisé plusieurs reportages sur ces communautés de foi, notamment pour l’Hebdo journal [1],

À Trois-Rivières, en 1996, j’ai rencontré Aziza Blili, une agente de voyages tunisienne de confession musulmane. J’avais tiré plusieurs petits textes de notre échange qui m’apparaissait fort intéressant.

Elle regrettait les préjugés que les médias entretiennent. Elle me disait : « Dans l’islam, il y a des gens de la droite et de la gauche comme dans toutes les sociétés ou religions. Les uns sont plus intégristes, les autres sont plus ouverts […] Il y a des gens qui agissent au nom de la religion, mais qui ne sont pas vrais ! C’est de la politique déguisée ! Les conflits qui viennent dans le monde viennent ternir l’image de l’islam. Je n’ai jamais lu une phrase du Coran qui dit qu’il faut assassiner quelqu’un qui ne pense pas comme nous ! »

Dans la région trifluvienne, le Centre communautaire islamique de la Mauricie joue le rôle de mosquée. En 1996, lorsque je demeurais dans cette région, il était situé dans une humble maison, au 3009, boul. des Forges. Rien ne laissait présager la présence d’adeptes du Coran en ce lieu. Il y avait douze ans que la communauté musulmane s’y réunissait. De nos jours, ils se réunissent au 5375, rue St-Joseph, Trois-Rivières-Ouest.

Chez les musulmans, il n’y a que l’homme qui doit se rendre à la mosquée afin de prier, bien entendu si son horaire professionnel le lui permet. Les autres temps de la prière quotidienne sont laissés à la discrétion de chaque membre.

Hier comme aujourd’hui, le centre islamique sert également d’école pour les jeunes qui veulent apprendre l’arabe et l’islam. De plus, c’est un lieu où se donnent des conférences et où une bibliothèque est aménagée.

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[1] Benoit Voyer. Une mosquée à Trois-Rivières, L’Hebdo Journal, 7 juillet 1996, p. 3.