POLITIQUE : Pour la droite québécoise, Éric Duhaime n’est plus l’homme de la situation
Par Benoit Voyer
28 mai 2026
Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), n’est plus l’homme de la situation pour faire avancer les idées politiques de droite et de centre-droit. Il ne défend pas le programme politique qui a été adopté par consensus par ses membres. Voici quelques exemples…
L’idée qui était inscrite au programme du PCQ d’instaurer des référendums d’initiatives populaires a été l’élément qui m’a décidé à prendre ma carte de membre. Je voyais en cela la possibilité pour la population québécoise d’avoir son mot à dire sur les politiques gouvernementales en place et, si elle le désire, de s'exprimer sur son avenir constitutionnel. Bien que je pense que le contexte n’est pas idéal pour la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec, je crois de tout cœur que le peuple a le droit de s’exprimer sur le sujet. Cela fait partie de tout exercice démocratique. D’ailleurs, puisque ma devise est « le Québec d’abord », si le Parti québécois prend le pouvoir cet automne et qu’il déclenche son référendum, je voterai en faveur de celui-ci pour les mêmes motifs que l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors du dernier grand sondage sur la question initiée par le premier ministre Jacques Parizeau. Le « oui » ne concerne pas uniquement les socialistes du Québec, c’est aussi l’affaire de ceux qui sont de centre-droit sur l’échiquier économique, social et politique. Malheureusement, Éric Duhaime ne parle jamais de ce sujet en public et affiche un non catégorique pour la tenue d’une telle consultation populaire sur l’avenir du Québec.
L’idée de « la proportionnelle », votée par les membres du PCQ et mise en tête des priorités au programme du parti, semble avoir été balayée haut la main par l’establishment du PCQ. C’est pourtant le deuxième élément qui m’a le plus séduit au PCQ. Encore une fois, le chef n’en parle jamais. D’ailleurs, je l’ai même entendu dire ne pas être à l’aise avec l’idée.
Enfin, une des premières actions d’Éric Duhaime à la tête du PCQ a été de décréter que le PCQ est nationaliste. Pour parler de celui-ci, il utilise le terme flou « autonomiste », un terme qui ne veut absolument rien dire dans l’esprit de monsieur et madame tout le monde. Concrètement, dans les faits, depuis qu’il est chef du PCQ, je n’ai jamais autant entendu parler du beau risque canadien. En d’autres mots, pour Duhaime, le Québec doit trouver sa place dans « le Canada d’abord », un Canada bleu.
