MUSIQUE : David Jalbert, pianiste
Par Benoit Voyer
15 juillet 2026
Né le 3 novembre 1977 à Rimouski, David Jalbert est un pianiste classique remarquable.
Il commence à jouer du piano, sous les encouragements de son père, à l’âge de quatre ans.
À neuf ans, il entre au Conservatoire de musique de Rimouski. Il étudie pendant une dizaine d’années avec sœur Pauline Charron. Musicienne et pédagogue connue d’un bout à l’autre du Canada, cette religieuse, membre de la communauté Notre-Dame du Saint-Rosaire, fondée par la bienheureuse Élisabeth Turgeon, a formé des centaines de pianistes et d'organistes. Au nombre de ses élèves figurent notamment l’organiste Gilles Rioux, qui a longtemps été titulaire des orgues de la basilique Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières.
En 1997, David Jalbert obtient un baccalauréat du Conservatoire de musique du Québec. À l’aide d’une bourse du Fonds canadien d’aide à la recherche (FCAR), il poursuit sa formation musicale à la maîtrise en interprétation à l’Université de Montréal. Il recevra son diplôme deux ans plus tard. La même année, il reçoit la médaille d’or du Gouverneur général pour ses résultats académiques.
Le 12 septembre 2025, dans un troisième album d’une série consacrée à l’intégrale des sonates pour piano de Sergueï Prokofiev, il nous a offert une magnifique interprétation de la sonate nᵒ 8.
RÉFLEXION SPIRITUELLE: Quand ça fait mal…
Par Benoit Voyer
15 juillet 2026
Pendant quelques années, j’ai entretenu avec le bon Dieu une relation difficile. Je ne priais plus ou très peu. Je suis devenu agnostique, à la limite de l’athéisme. J’ai tellement douté, beaucoup douté, vraiment douté…
À la mi-mai 2023, j’ai pris conscience que ma brouille a pris naissance à travers des blessures intérieures infligées à chaque fois que j’ai travaillé au sein d’institutions de l’Église catholique ou d’organismes associés à celle-ci.
J’ai tant espéré y rencontrer un peu l’Esprit de Dieu, mais en vain. Dans les organisations religieuses, on parle du divin, mais on n’arrive pas à le retenir, parce que, comme Jésus, le Père céleste est un berger nomade toujours à la recherche de la brebis blessée. Il est toujours sur la route, c’est-à-dire parti ailleurs, et se retrouve toujours là où on ne s’attend pas de le rencontrer. Son Souffle est comme le vent et ce dernier en met plein les voiles.
Mais à bien y penser, peut-être qu’il y est vraiment présent parce que, comme on dit, quand le bon Dieu est vraiment quelque part, le diable n’est jamais bien loin.
En tout cas…
Il m’a fallu du temps pour pardonner, mais, comme l’écrivait Jean Montbourquette dans son petit traité sur le pardon, pardonner ne veut pas nécessairement dire oublier. Ainsi donc, je dois recommencer à chaque fois que la douleur revient. J’ai fini par comprendre qu’il y a des blessures qui ne guérissent pas vraiment. Elles laissent toujours des traces en soi.
Je ne m’en cache pas : je suis une âme pauvre et mortifiée. Mais bon ! Il n’est pas question ici de pleurnicher sur mon sort. Les paroles de sainte Marguerite Bourgeoys ont souvent le don de me consoler. Elle écrivait : « Mais c’est toujours à des âmes pauvres et mortifiées qu’il prend plaisir à se communiquer. Elles seules sont capables d’attirer sur elles-mêmes et sur les autres les plus abondantes bénédictions du ciel, et de jouir quelquefois des plus intimes communications avec le Seigneur »[1]. Quand ça me fait mal, ses quelques mots reviennent dans ma tête.
Mais je repense surtout à la parole de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28-30).
Ce repos, je le trouve lorsque je me retire en secret pour prier. À presque 60 ans, ma prière est devenue une simple présence sans grand dialogue. Par le biais de mon imagination et de ma foi, je dis souvent au bon Dieu : « Salut ! Je suis là ! N’oublie pas que je t’aime… » Il n’y a pas de cérémonie entre lui et moi. Je suis comme je suis. Il est comme il est. Quelquefois, je m’endors devant lui. D’autres fois, j’ai l’impression qu’il dort lui aussi. Parfois, il doit me trouver bien « drabe » et ennuyant… Parfois, il doit se dire la même chose de moi. Trêve de plaisanteries…
Lorsque la douleur de la blessure revient en moi – et parfois me fait pleurer –, je lui dis simplement : « Aide-moi à pardonner et à aimer parce que je n’y arriverai pas seul. » Et je sens peu à peu mon fardeau redevenir plus léger.
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[1] Marguerite Bourgeoys. Dans « Les écrits de Mère Bourgeoys – autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 152.
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