DOCUMENT : Signes et témoins du royaume (Jean-Paul Regimbal)

Signes et témoins du royaume

Les Actes des Apôtres


PROLOGUE : chapitre I, vv. 1 à 5 :

Dans mon premier livre, ô Théophile, j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où, après avoir donné ses instructions aux apôtres qu'il avait choisis sous l'action de l'Esprit Saint, il fut enlevé au ciel. C'est encore à eux qu'avec de nombreuses preuves il s'était montré vivant après sa Passion ; pendant quarante jours, il leur était apparu et les avait entretenus du ROYAUME DE DIEU.

Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre CE QUE LE PÈRE AVAIT PROMIS, "ce que, dit-il, je vous ai appris : Jean, lui, A BAPTISÉ AVEC DE L'EAU, mais vous, C'EST DANS L'ESPRIT SAINT QUE VOUS SEREZ BAPTISÉS sous peu de jours. …

L'ASCENSION : vv. 6 à 11 :

Ils étaient réunis et le questionnaient : "Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu vas restaurer LE ROYAUME EN ISRAËL ?" Il leur répondit : "Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité. MAIS VOUS ALLEZ RECEVOIR UNE FORCE, CELLE DE L'ESPRIT SAINT QUI DESCENDRA SUR VOUS. VOUS SEREZ ALORS MES TÉMOINS À JÉRUSALEM, DANS TOUTE LA JUDÉE ET LA SAMARIE, ET JUSQU'AUX CONFINS DE LA TERRE."

Quand il eut dit cela, ils le virent s'élever ; puis une nuée vint le soustraire à leurs regards. Et comme ils étaient là, les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'en allait, voici que leur apparurent deux hommes vêtus de blanc, qui leur dirent : "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même JÉSUS, viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu partir vers le ciel." …

LA PENTECÔTE : chapitre 2ᵉ, vv. 1 à 5 :

Le jour de la Pentecôte, étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se divisaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.

TOUS FURENT ALORS REMPLIS DE L'ESPRIT SAINT ET COMMENCÈRENT À PARLER EN D'AUTRES LANGUES, SELON QUE L'ESPRIT LEUR DONNAIT DE S'EXPRIMER…


SOUS LA MOUVANCE DE L'ESPRIT
Le Renouveau charismatique dans l'Église catholique


Révérend Père Jean-Paul Regimbal, o.ss.t.

Publié dans le cadre du RALLIEMENT POUR LE CHRIST



Nihil obstat ex parte Ordinis :
M. Gérard Yelle, p.s.s.
censor deputatus "ad hoc"
le 8 mai 1971

IMPRIMATUR :
Mgr Albert Sanschagrin, o.m.i.
Évêque de Saint-Hyacinthe,
le 19 mai 1971

PRÉFACE

En jetant un regard attentif sur le monde contemporain, on ne semble voir que la haine de l'homme pour son semblable : guerres, chaudes ou froides, révolutions de toutes sortes, crises politiques, sociales, religieuses. Tout semble à un tel point d'ébullition qu'on a nettement l'impression d'être sur un volcan en pleine activité.

Or, toutes ces crises – crises de pouvoir, crises d'autorité, crises d'identité, crises économiques, crises de culture, crises de foi – sont autant de symptômes qui manifestent le degré d'exaspération d'une civilisation en voie d'écroulement.

La civilisation occidentale craque de toutes parts et ce que nous voyons chaque jour à la télévision, dans la presse et sur l'écran ne sont que les derniers soubresauts, les hoquets fatidiques, d'une civilisation moribonde qui râle ses derniers râlements. LA GRANDE CIVILISATION OCCIDENTALE A VÉCU…

L'humanité est en train de récolter la triste moisson de son propre égoïsme et les nombreuses malédictions de ses propres idoles : matérialisme, athéisme, rationalisme, industrialisme, capitalisme, communisme, etc.

"Si Yahvé ne bâtit la maison, en vain les maçons peinent. Si Yahvé ne garde la ville, en vain la garde veille." (Ps. 127)

C'est un peu le drame de Babel qui se répète. Autrefois, on ambitionnait de construire une tour qui touchât les cieux. Aujourd'hui, on ambitionne de vaincre l'espace, la vieillesse et la mort. Mais, dans les deux cas, l'ambition et l'orgueil de l'homme se dressent fièrement contre Dieu. Avec les sciences et les techniques modernes, l'homme prétend se passer de Dieu, voire même établir scientifiquement que Dieu n'existe nulle part ailleurs que dans l'imagination créatrice de l'homme complexé. Ainsi, Dieu est déclaré "MORT" ; il est mis au rancart avec les autres "mythes" des civilisations dépassées. Puis, on le remplace par de nouveaux dieux de fabrication humaine…

Mais Dieu, lui, ne cesse de veiller sur son peuple et il ne l'abandonne pas. "Là où le péché abonde, la grâce surabonde." (Romains 5,20)

Pour celui qui sait voir au-delà des apparences, il se produit, en effet, un parallèle à celui de la décadence sociale et de la déchéance morale. Mais, ce mouvement de spiritualité passe encore inaperçu aux yeux de la multitude. Le Seigneur est en train de préparer toute une génération d'hommes et de femmes à devenir "SIGNES ET TÉMOINS DES RÉALITÉS DU ROYAUME DE DIEU" en leur accordant de pénétrer un peu plus dans le Mystère Ineffable de la très Sainte Trinité : LE DIEU VIVANT, LE DIEU-AMOUR, révélé par Jésus-Christ.

Cette spiritualité se fonde sur une expérience vécue du DIEU VIVANT dans le cadre d'une RELATION INTERPERSONNELLE AVEC LE CHRIST JÉSUS RESSUSCITÉ. En effet, Dieu se manifeste de plus en plus à des gens de tous âges, conditions, races, couleurs et religions. Il diffuse, avec une abondance jusqu'ici inégalée, son Saint-Esprit d'Amour, sous la forme d'une expérience religieuse qu'il est convenu d'appeler, selon les termes mêmes du Nouveau Testament : "LE BAPTÊME DANS L'ESPRIT-SAINT", qui consiste essentiellement en une prise de conscience en profondeur du Christ ressuscité, de l'inhabitation du Saint-Esprit dans l'âme du baptisé et surtout une entière soumission à l'action de l'Esprit-Saint en cette âme. La découverte « expérimentale et existentielle » de Jésus ressuscité comme SEIGNEUR et SAUVEUR s'épanouit progressivement en une relation intime et personnelle avec le Fils de Dieu fait homme Sous l'action de l'Esprit-Saint, il se produit une compréhension plus profonde des réalités de la foi et des vérités de la Révélation au point que le sujet qui en fait l'expérience vit dans un commerce admirable avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui demeurent en lui.

Saint Irénée avait déjà formulé, au deuxième siècle, l'itinéraire spirituel de l'âme trinitaire : (Commentaire de Romains 5,5) :

"Régénérés par le baptême, par ce baptême qui nous est conféré au nom de ces trois personnes divines, nous nous trouvons enrichis en cette seconde Nativité par le Fils avec le Saint-Esprit, des biens qui sont en Dieu le Père. Car les baptisés reçoivent l'Esprit de Dieu qui, lui, les donne au Verbe, c'est-à-dire au Fils, et le Fils, à son tour, les présente à son Père, lequel leur communique l'incorruptibilité. Donc, SANS L'ESPRIT-SAINT, personne ne peut voir le Verbe de Dieu, et sans le FILS, personne ne peut avoir accès auprès du PÈRE. La connaissance du Père, c'est le FILS, et la connaissance du Fils de Dieu s'obtient par l'ESPRIT-SAINT. Mais c'est le Fils qui distribue (dispense) le Saint-Esprit selon le bon vouloir du Père."

C'est donc dire que dans la voie de son retour vers Dieu, l'âme suit l'ordre inverse des processions divines. Au sein de la Trinité, le Père est le principe premier qui engendre son Fils, et c'est du Père et du Fils ensemble que jaillit cet AMOUR SUBSTANTIEL, PERSONNEL qu'est le Saint-Esprit. Mais l'âme humaine est d'abord touchée par l'Esprit qui la façonne à l'image du Fils, et c'est PAR LE FILS, AVEC LE FILS ET DANS LE FILS, qu'elle a accès auprès du Père.

Ce grand mouvement spirituel, né au début du XXᵉ siècle et que, par dérision et moquerie, on a appelé "le pentecôtisme", n'a pas connu de véritable explosion avant les années '50. Mais depuis 1951, l'effusion de l'Esprit-Saint a enflammé toutes les grandes religions chrétiennes à travers le monde : l'Église luthérienne, l'Église anglicane, l'Église baptiste, l'Église presbytérienne, etc. Or, depuis la fin du Concile, le même phénomène s'est constaté dans l'Église catholique et favorisé singulièrement un remarquable renouveau spirituel sous la mouvance de l'Esprit. Aux États-Unis, au Canada, en Belgique, en France, en Hollande, dans les pays scandinaves, comme en Amérique latine, en Asie, comme en Indonésie, en Afrique, comme en Grande-Bretagne, les charismes de l'Esprit-Saint, tels qu'on en parle dans les Actes des Apôtres et tels que décrits par saint Paul dans ses Épîtres, apparaissent de nouveau avec tout leur dynamisme, leur puissance et leurs bienfaits spirituels.

Plus merveilleux encore que les étonnants charismes, c'est le renouveau spirituel qui s'opère en profondeur dans les âmes sous l'action extraordinaire de l'Esprit-Saint : une conversion bouleversante et radicale, un amour fraternel des plus authentiques, une attraction irrésistible aux Saintes Écritures, un attachement plus sincère à la foi, une dévotion plus intense pour le Seigneur Jésus, surtout dans son mystère eucharistique, et une piété plus tendre et plus filiale envers Marie, la mère de Jésus. Et pourquoi ? Tout simplement parce que chacun fait une découverte personnelle, incomparable et authentique avec chacune des personnes de la très sainte Trinité, dans une vie de prière et de contemplation plus approfondie.

Cette modeste brochure voudrait présenter au public de langue française un bref aperçu de cette spiritualité trinitaire telle que j'ai pu en faire l'expérience depuis plus d'un an. C'est à Phoenix, en Arizona, en 1969, que je suis venu en contact avec le mouvement catholique du Renouveau charismatique et je peux dire, en toute franchise, que ma vie sacerdotale et religieuse en fut transformée, confirmant en cela ce que des milliers d'autres avant moi, comme des milliers d'autres après moi, ont eu le bonheur de connaître et de vivre.

Je présente ce travail sans la moindre prétention littéraire ou théologique, mais dans le but de servir comme instrument de travail à ceux qui désirent connaître davantage sur quoi se fonde le renouveau charismatique. Les expériences que j'ai vécues au cours de mon ministère aux États-Unis, au Danemark, en Hollande, en Espagne, en Italie et au Canada, peuvent être éclairées par une confrontation suffisante avec la Bible, la théologie et l'enseignement conciliaire pour apprécier toujours davantage les réalités du baptême et de la confirmation devenues plus conscientes.

Pour éviter toute équivoque, je voudrais établir clairement ici que mon intention n'est pas de vouloir substituer L'EXPÉRIENCE RELIGIEUSE À LA RELIGION, ni encore moins À LA VIE THÉOLOGALE, mais bien plutôt de démontrer que L'EXPÉRIENCE RELIGIEUSE VÉCUE DANS LA PUISSANCE DE L'ESPRIT VIENT CONFIRMER, CORROBORER ET REVIGORER notre vie de foi, d'espérance et d'amour. Je ne prétends aucunement être le Prophète d'une religion nouvelle, mais tout simplement le SIGNE ET LE TÉMOIN d'une Église en voie de se renouveler, grâce à l'action puissante de l'Esprit-Saint.

Dieu n'abandonne jamais son Église, et à chaque époque de sa douloureuse histoire, l'Église a toujours connu la visite du Seigneur dans la puissance de l'Esprit-Saint. Loin de se laisser décourager par le spectacle effarant d'un monde en voie de rupture, chacun doit reprendre espoir dans la fidélité de Dieu à ses promesses et dans la puissance ineffable de Dieu dont la VICTOIRE sur le monde, la mort et le péché a été complète, définitive, radicale et totale du haut de la croix lorsque Jésus a versé son sang pour le salut du monde. Mais réjouissons-nous car LE SEIGNEUR EST VRAIMENT RESSUSCITÉ ; et "Il est le même aujourd'hui qu'Il était hier et qu'Il sera à jamais." (Hébreux 13:8)

Il nous offre donc, à tous, la prodigieuse découverte de son Amour infini et la possibilité de le connaître, de l'aimer et de le servir dans la joie, la paix et l'amour. Ce n'est qu'alors que nous aurons la force même que nous communique l'Esprit de le FAIRE CONNAÎTRE, de le FAIRE AIMER et de le FAIRE SERVIR, grâce à notre zèle apostolique et à notre foi débordante. Devenus, louanges de gloire à la Trinité grâce à cette action transformante de l'Esprit, nous pourrons chanter avec combien plus de conviction et de renaissance la doxologie finale du Canon :

"PAR LUI, AVEC LUI ET EN LUI, À TOI, DIEU LE PÈRE TOUT-PUISSANT, DANS L'UNITÉ DU SAINT-ESPRIT. TOUT HONNEUR ET TOUTE GLOIRE POUR LES SIÈCLES DES SIÈCLES. AMEN.

Granby, P. Q., le 26 mai 1971.

À LA DÉCOUVERTE DE L'ESPRIT

1- LA PERSONNE DU SAINT-ESPRIT

Le Saint-Esprit est, sans aucun doute, la Personne la moins connue, la moins aimée et la moins adorée de l'Auguste Trinité. Et pourtant, c'est la Personne divine qui opère dans nos vies quotidiennes le rôle le plus constant et le plus intime dans l'œuvre de notre croissance spirituelle, de notre sanctification. C'est le Saint-Esprit qui, au moment du baptême, a été diffusé dans nos cœurs, par Dieu le Père, pour nous marquer du signe du salut, pour nous communiquer la vie divine, pour nous conformer à l'image même du Christ, pour que nous devenions tous enfants de Dieu, fils de Dieu dans le SEUL ET UNIQUE VRAI FILS Jésus-Christ. C'est par lui encore que nous est communiqué le SALUT que le Seigneur Jésus nous a mérité sur la Croix. C'est toujours par lui que nous sommes régénérés à la vie nouvelle que nous a acquise le Fils de Dieu, Jésus, par Sa Mort et Sa Résurrection.

Le Saint-Esprit est une PERSONNE DIVINE égale et coéternelle au Père et au Fils. C'est une PERSONNE qui "demeure en nous" (Jean 14, 16-17), qui "nous enseigne et nous conduit à la plénitude de la Vérité" (Jean 14, 26), qui "convainc et confond le monde en matière de péché, de justice et de jugement" (Jean 16, 8). Il conduit, il parle, il entend, il annonce, il glorifie, il ordonne, il envoie, il empêche, il avertit, il aide et intercède, il pense, il sonde tout, il opère et distribue, il possède une volonté, puisqu'il souffle où il veut, et qu'il accorde ses dons selon son bon plaisir. Or, seule une PERSONNE possède ses attributs et peut exercer ces diverses actions envers les hommes.

Par ailleurs, les hommes peuvent lui mentir (Actes 5,3), le tenter (Actes 5,9), lui résister (Actes 7,51), l'attrister (Éph. 4,30), l'outrager (Hébreux 10,29) et blasphémer contre lui (Math. 12,31). C'est d'ailleurs le SEUL PÉCHÉ que Jésus a déclaré irrémissible, sans pardon : le péché contre l'Esprit-Saint…

C'est encore la personne du SAINT-ESPRIT qui, tout à fait aux origines mêmes du christianisme, a rendu féconde la Vierge Marie en la couvrant "de son ombre", a joint de puissance et d'autorité le ministère sacré du Christ, au moment de son baptême par Jean-Baptiste, et a transformé le coeur et la personnalité des apôtres pour annoncer avec audace le Royaume de Dieu établi par Jésus-Christ, au point d'en témoigner au prix du Sang.

L'Esprit-Saint fait l'objet du dernier article du Crédo que nous récitons chaque dimanche, mais, dans le Nouveau Testament, il est bien le PREMIER FAIT D'EXPÉRIENCE : naissance et sanctification de Jean-Baptiste dès le sein de sa mère, conception virginale du Christ dans le sein de Marie, manifestation visible sous la forme d'une colombe le jour du Baptême de Jésus-Christ.

J'irais même un pas plus loin en précisant que le Saint-Esprit est le premier fait d'expérience de toute la Révélation, car c'est Lui qui a inspiré les Patriarches et les Prophètes et c'est de Lui dont parle l'auteur de la Genèse dès les toutes premières lignes du récit de la Création : "Au commencement, L'Esprit de Dieu (ruah Elohim) planait sur les eaux." (Genèse 1,2). Le Credo n'affirme-t-il pas que le "Saint-Esprit a parlé par les Prophètes" ? Et c'est encore au même Esprit de Dieu que se réfère le témoignage de Jean au dernier chapitre de l'Apocalypse : "L'ESPRIT ET L'ÉPOUSE disent : 'Viens' (marana tha). Que celui qui écoute dise : 'Viens'. Et que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive L'EAU DE LA VIE, gratuitement." (Apoc. 22, 17).

Il n'est donc pas étonnant qu'à un moment de l'Histoire de l'humanité où tout semble sur le point de se perdre dans le chaos le plus complet, la manifestation prodigieuse de l'Esprit-Saint soit de nouveau voulue par Dieu pour "renouveler la face de la Terre" et pour y apporter l'ordre, la justice, la lumière et la paix, dans la plénitude de l'AMOUR. Cela est d'ailleurs conforme à la Prophétie de Joël qu'évoquait saint Pierre au jour de la Pentecôte :

"Il se fera, dans les DERNIERS JOURS, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur TOUTE CHAIR. Alors leurs fils et leurs filles PROPHÉTISERONT, les jeunes gens auront des visions et les vieillards, des songes. Et moi, SUR MES SERVITEURS ET MES SERVANTES, je répandrai de mon ESPRIT et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang. AVANT QUE VIENNE LE JOUR DU SEIGNEUR, ce GRAND JOUR. Et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé." (Joël 3, 1-5). (Actes 2, 17-31)

L'ESPRIT de Dieu continue toujours son action dans l'Église comme en témoigne d'une façon éclatante le Concile Vatican II. Un essor spirituel considérable fut imprimé à toute l'Église tant au sein du laïcat et du clergé qu'au sein des Communautés religieuses. Renouveau et Réforme vont de pair pour redonner à l'Église sa beauté primitive "sans ride, ni tache". C'est en ce sens que parle Jean XXIII dans la bulle d'indiction :

« Cela mettra en évidence la vie et la perpétuelle jeunesse de notre Mère la Sainte Église, qui est toujours présente aux événements humains et qui, au fur et à mesure que passent les siècles, renouvelle sa beauté, brille d'une nouvelle splendeur et remporte de nouvelles victoires, tout en restant toujours la même et en se conformant à cette splendide image qu'a voulu lui donner Jésus-Christ, son divin Époux, qui l'aime et la protège. »

Cependant, c'est au cours de ce même concile Vatican II que l'Église entière (560 millions de fidèles) a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII : "RENOUVELEZ EN NOTRE TEMPS LES MERVEILLES DE LA PENTECÔTE".

Or voici que Dieu, fidèle à la promesse de Jésus-Christ : "Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera…" réalise concrètement, bien au-delà de toute attente, ce vœu si ardemment formulé. Depuis 1967, il se passe dans l'Église catholique à travers le monde entier le même phénomène qu'au jour de la Pentecôte : "Tous furent alors remplis de l'Esprit-Saint et commencèrent à parler dans d'autres langues, selon que l'Esprit donnait à chacun de s'exprimer." (Actes 2, 4)

L'Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique ; tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. Mais Dieu, infiniment libéral dans son AMOUR ET SA MISÉRICORDE, lui accorde, par surcroît, un RENOUVEAU CHARISMATIQUE d'envergure… Et au lieu de s'en réjouir, beaucoup s'affolent, s'apeurent et tendent à attribuer à Béelzébul, le Prince des Démons, ce qui manifestement vient de l'Esprit-Saint, conformément aux Actes des Apôtres et aux Épîtres de Paul, sans parler des promesses de Jésus lui-même que rapportent les Évangélistes Matthieu (10, 7 et ss) et Marc (16, 15-18).

Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de "souffler où Il veut". Il agit parfois de façon très étonnante car "ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies." C'est pourquoi il faut davantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise, bien entendu – que de s'en méfier ou encore de "le contrister" lorsqu'Il daigne se manifester. Un passage du Décret sur les Missions (Ad Gentes, no 29) nous avertit d'ailleurs que l'Esprit-Saint prend souvent l'initiative dans bien des domaines et qu'il n'y a pas lieu de s'en surprendre puisqu'Il est souverain :

"Bien que l'Esprit-Saint suscite de diverses manières l'esprit missionnaire dans l'Église de Dieu ; bien qu'il ne soit pas RARE QUE L'ACTION DE L'ESPRIT-SAINT PRÉVIENNE (précède) L'ACTION DE CEUX À QUI IL APPARTIENT DE GOUVERNER LA VIE DE L'ÉGLISE, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire."

Oui, l'Esprit souffle où Il veut et quand Il veut. C'est donc, pour chacun de nous, l'occasion de constater avec "gratitude et joie spirituelle" ce que l'Esprit-Saint daigne faire dans l'Église et dans le cœur des hommes de notre temps. Puisque c'est par le RENOUVEAU CHARISMATIQUE que l'Esprit-Saint a choisi de se manifester de nos jours, il est utile d'examiner cette action de l'Esprit à la lumière des Écritures, des Pères de l'Église, des théologiens et du Magistère officiel de l'Église, notamment dans les textes conciliaires de Vatican II.

II- LE FONDEMENT SCRIPTURAIRE


Lorsqu'on parle du RENOUVEAU CHARISMATIQUE, il faut nécessairement remonter aux sources primitives où ces "dons spirituels" se sont manifestés pour la première fois. Cette démarche nous ramène au jour glorieux de la Pentecôte lorsque les Apôtres et les Disciples, réunis au Cénacle en prière, furent "baptisés dans l'Esprit-Saint".

L'expression "baptême dans l'Esprit-Saint" n'est pas une trouvaille moderne, non plus qu'une locution inventée par tel ou tel auteur de spiritualité. On retrouve cette terminologie plusieurs fois dans le NOUVEAU TESTAMENT, soit sur les lèvres de Jean-Baptiste, soit sur les lèvres de Jésus, soit encore sur les lèvres de saint Pierre.

Le Nouveau Testament nous parle, en effet, de quatre types de baptême :

1- le baptême de REPENTANCE administré par Jean-Baptiste : Mat. 3,11 ; Marc 1,5 ; Luc 3,3 ; Jean 1,33 et Actes 1,5

2- le baptême SACRAMENTEL institué par Jésus-Christ : Matthieu 19,19 ; Marc 16,15-16 ; Jean 3,4 ; Jean 3,22 ; Actes 2,37 ; Actes 8,12 ; 8,35-36 ; Romains 6,2.

3- le baptême de SOUFFRANCE : Luc 12,50 ; Marc 10,38

4- le baptême dans l'ESPRIT-SAINT : Matthieu 3,11 ; Actes 1,5, etc.

Disons tout d'abord que le mot baptême vient du verbe grec "BAPTIZEIN" qui veut dire "plonger", "submerger", "immerger" un corps sous l'eau. Dans le cas du "baptême d'eau", le baptisé, comme l'exprime si bien saint Paul dans son Épître aux Romains (ch. 6, 3 et ss.), est plongé tout entier dans la MORT DU CHRIST pour ressortir de ce bain PLEIN D'UNE VIE NOUVELLE, celle de la Résurrection du Christ :

"Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, C'EST DANS SA MORT que tous nous avons été BAPTISÉS ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la MORT, afin que, comme le Christ est RESSUSCITÉ DES MORTS par la gloire du Père, NOUS VIVIONS NOUS AUSSI DANS UNE VIE NOUVELLE."

Dans le cas du "baptême dans l'ESPRIT-SAINT", ce n'est plus dans la MORT ET RESURRECTION DU CHRIST qu'on se trouve "immergé", mais on se trouve plongé dans un bain d'AMOUR ET DE FEU, tout simplement parce que la Personne du Saint-Esprit est l'AMOUR VIVANT ET PERSONNEL du père et du Fils, et qu'il ENFLAMME le cœur d'Amour pour Dieu et le prochain. De là résulte une prise de conscience très digne de la présence et de l'action de l'Esprit-Saint reçu au baptême sacramental et à la Confirmation.

Voyons maintenant les Textes sacrés de plus près :

1- Témoignage de Jean-Baptiste : "Pour moi, je vous baptise dans l'eau en vue du repentir, mais Celui qui vient derrière moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses chaussures ; LUI VOUS BAPTISERA DANS L'ESPRIT-SAINT ET LE FEU" (Mat. 3, 11-12).

2- Témoignage de Jésus : "Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre CE QUE LE PÈRE AVAIT PROMIS, ce que, dit-il, JE VOUS AI APPRIS : Jean, lui, a baptisé avec de l'eau, MAIS VOUS, C'EST DANS L'ESPRIT-SAINT QUE VOUS SEREZ BAPTISÉS, SOUS PEU DE JOURS." (Actes 1, 4-5)

N'oublions pas qu'à ce moment-là, Jésus, ressuscité des morts, s'adresse à ses apôtres qui sont déjà baptisés sacramentellement (Jean 3,22) et qui ont été ordonnés prêtres la veille de la Passion. Il ne s'agit donc pas du sacrement de baptême, mais bien d'une autre expérience qui doit se passer « d'ici peu de jours… » C'est ce que nous raconte saint Luc :

3- Témoignage de saint Luc : "Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils (les 120) se trouvèrent tous ensemble dans un même lieu quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d'un vent violent qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître DES LANGUES qu'on eût dites DE FEU ; elles se divisèrent et il s'en posa une sur chacun d'eux. TOUS FURENT ALORS REMPLIS DE L'ESPRIT-SAINT et commencèrent à parler d'autres langues, selon que L'ESPRIT leur donnait de s'exprimer." (Actes 2, 1-4)

4- Témoignage de saint Pierre : "Or, à peine commençais-je à parler que l'ESPRIT-SAINT tomba sur eux, TOUT COMME SUR NOUS AU DÉBUT. Je me suis alors rappelé cette parole du Seigneur : "JEAN, disait-il, A BAPTISÉ AVEC DE L'EAU, MAIS VOUS, C'EST DANS L'ESPRIT-SAINT QUE VOUS SEREZ BAPTISÉS." (Actes 11, 15-16)

5- Pierre chez CORNEILLE : (ce passage est très important, car il établit clairement que le baptême dans l'Esprit-Saint est distinct à la fois des sacrements de Baptême et de la Confirmation, car Corneille et sa famille n'ont même pas encore été baptisés sacramentellement et que Pierre ne leur a pas IMPOSÉ LES MAINS).

"Pierre parlait encore quand l'ESPRIT-SAINT tomba sur tous ceux qui écoutaient sa parole. Et tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent stupéfaits de voir que le DON DU SAINT-ESPRIT avait été répandu aussi SUR LES PAÏENS. Ils les entendaient en effet PARLER EN LANGUES ET MAGNIFIER DIEU. Alors Pierre déclara : "PEUT-ON REFUSER L'EAU DU BAPTÊME À CEUX QUI ONT REÇU L'ESPRIT-SAINT AUSSI BIEN QUE NOUS ?" Et il ordonna de les baptiser au nom de Jésus-Christ." (Actes 10, 44-48)

6- Philippe, Pierre et Jean en Samarie : (ce passage démontre que le "baptême d'eau" ne confère pas de lui-même les "manifestations étonnantes de l'Esprit-Saint"). Les convertis et les baptisés sont nombreux, mais ne jouissent pas des "charismes du Saint-Esprit".

"Apprenant que la Samarie avait accueilli la Parole de Dieu, les Apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux AFIN QUE L'ESPRIT-SAINT LEUR FUT DONNÉ, CAR IL N'ÉTAIT PAS TOMBÉ SUR AUCUN D'EUX ; ils avaient SEULEMENT ÉTÉ BAPTISÉS AU NOM DU SEIGNEUR JÉSUS. ALORS, PIERRE ET JEAN S'APPRÊTÈRENT À LEUR IMPOSER LES MAINS, ET ILS RECEVAIENT L'ESPRIT-SAINT." (Actes 8, 14-17)

"Mais quand Simon (le Magicien) vit QUE L'ESPRIT-SAINT ÉTAIT DONNÉ PAR L'IMPOSITION DES MAINS DES APÔTRES, il leur offrit de l'argent. "Donnez-moi, dit-il, ce POUVOIR à moi aussi : que celui à qui J'IMPOSERAI LES MAINS REÇOIVE L'ESPRIT-SAINT." (Actes 8, 18-20)

7- Témoignage de Paul à Éphèse : "Tandis qu'Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir traversé le haut pays, arriva à Éphèse. Il y trouve quelques disciples et leur dit : "Avez-vous reçu l'Esprit-Saint quand vous avez embrassé la foi ?" Ils lui répondirent : "Mais nous n'avons même pas entendu dire qu'il y a un ESPRIT-SAINT." Et lui : "Quel baptême avez-vous reçu ?"

"Le baptême de Jean", répondirent-ils. Paul dit alors : "Jean a baptisé d'un baptême de repentance, en disant au peuple de croire en Celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire Jésus." À ces mots, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus, et quand PAUL LEUR EUT IMPOSÉ LES MAINS, L'ESPRIT-SAINT VINT SUR EUX, ET ILS SE MIRENT À PARLER EN LANGUES ET À PROPHÉTISER. Ces hommes étaient en tout une douzaine." (Actes 19, 1-7)

Ce passage illustre bien le fait qu'aux yeux de Paul et des Apôtres, les manifestations externes de l'Esprit-Saint étaient considérées comme un phénomène normal chez les chrétiens de l'Église primitive.

8- Témoignage de saint Pierre : ce passage, comme le précédent, démontre que le "baptême de l'ESPRIT-SAINT" et les charismes qui l'accompagnent sont POUR TOUT LE MONDE et non seulement pour quelques rares individus.

"D'entendre cela (discours de Pierre), ils eurent le cœur transpercé et ils dirent à Pierre et aux Apôtres : "Frères, que devons-nous faire ?" Pierre leur répondit : "Repentez-vous, et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, ET VOUS RECEVREZ LE DON DU SAINT-ESPRIT, CAR C'EST POUR VOUS QU'EST LA PROMESSE AINSI QUE POUR VOS ENFANTS, ET POUR TOUS CEUX QUI SONT AU LOIN, EN AUSSI GRAND NOMBRE QUE LE SEIGNEUR NOTRE DIEU LES APPELLERA." (Act. 2, 37-39)

9- Jésus lui-même a promis ces CHARISMES aux disciples qui CROIRAIENT EN LUI :

a) Matthieu 10,7-8 : "Chemin faisant, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement."

b) Marc 16,17-18 : "Et voici les signes (miracles) qui accompagneront CEUX QUI AURONT CRU : Par mon nom, ils chasseront les démons, ils PARLERONT EN LANGUES ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et s'ils boivent quelque poison mortel, ils n'en éprouveront aucun mal, ils IMPOSERONT LES MAINS AUX MALADES ET CEUX-CI SERONT GUĒRIS."

c) Luc 10, 17-20 : "Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant : "Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton Nom." Il leur dit : "Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Aussi bien vous ai-je donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute puissance de l'ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux."

d) Jean 14,12-14 : "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en Moi fera les mêmes œuvres que moi. Il en fera même de PLUS GRANDES, parce que je vais au Père, ET TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ EN MON NOM, JE LE FERAI POUR QUE LE PÈRE SOIT GLORIFIÉ DANS LE FILS.

CONCLUSION : De tous ces textes d'Écriture sainte, il ressort au moins QUATRE CHOSES :

1) Le "baptême dans l'Esprit-Saint" est une réalité mentionnée explicitement dans le Nouveau Testament, et est distinct du baptême de Jean, du baptême sacramentel ainsi que de la Confirmation :

2) le "baptême de l'Esprit-Saint" est distinct du sacrement de la Confirmation puisque certains l'ont reçu avant d'être baptisés et sans l'imposition des mains ;

3) le "baptême de l'Esprit-Saint" confère des pouvoirs charismatiques à ceux qui le reçoivent, ces pouvoirs étant à l'instar des dons reçus par les disciples et les apôtres au jour de la Pentecôte ;

4) Le "baptême de l'Esprit-Saint" n'est pas limité exclusivement aux APÔTRES, mais est largement diffusé aux Juifs comme aux Gentils, aux Douze comme aux Soixante-Douze et aux Cent-Vingt, aux adultes comme aux enfants.

Ajoutons cependant que si le "baptême dans l'Esprit-Saint" est distinct du baptême sacramentel (entendez le baptême d'eau), il ne peut s'identifier aux seuls dons de faire des miracles ou de parler en langues, bien que la possibilité reste toujours ouverte, à travers tous les siècles, de miracles opérés par n'importe quel croyant dans la puissance de l'Esprit.

Toujours en continuant notre exploration de l'Écriture sainte, essayons de mieux comprendre en quoi consistent les "CHARISMES". Écoutons les diverses explications que nous donne saint Paul dans ses Épîtres :

1) L'ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS : dans le chapitre 12 de sa première Épître aux Corinthiens, saint Paul dit clairement dès le 1ᵉʳ verset :

a) "Pour ce qui est des dons spirituels (charismes), frères, je ne veux pas que vous SOYEZ DANS L'IGNORANCE…" Puis il montre comment le MÊME ET UNIQUE ESPRIT-SAINT opère en eux des MANIFESTATIONS DIFFÉRENTES. Il y a certes diversité de dons spirituels, mais c'est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère TOUT EN TOUS. À chacun, la MANIFESTATION de l'ESPRIT est donnée en vue du bien commun. À l'un, C'EST UNE PAROLE DE SAGESSE qui est donnée par l'Esprit ; à tel autre la PAROLE DE SCIENCE, selon le même Esprit ; à un autre la FOI dans ce même Esprit ; à tel autre le DON DE GUÉRIR, dans cet Unique Esprit ; à tel autre la PUISSANCE D'OPÉRER DES MIRACLES ; à tel autre LA PROPHÉTIE ; à tel autre, le DISCERNEMENT DES ESPRITS ; à un autre la DIVERSITÉ DES LANGUES, à tel autre, LE DON DE LES INTERPRÉTER, Mais tout cela, c'est le seul et même ESPRIT qui l'opère. DISTRIBUANT SES DONS À CHACUN EN PARTICULIER COMME IL L'ENTEND."

C'est donc très important, selon saint Paul, de ne pas confondre le DON DE LA PERSONNE DU SAINT-ESPRIT qui est le même et unique en tous et chacun, et LES MANIFESTATIONS DIVERSES du même Esprit selon tel ou tel mode charismatique : guérison, miracle, prophétie, dons des langues…

b) Au chapitre 14 de cette même Épître, il élabore un peu plus en expliquant qu'il y a une hiérarchie dans ces dons et que, partout et toujours, ces charismes doivent s'exercer dans l'ordre et la convenance.

"Je désire que vous parliez tous en langues, mais plus encore que vous prophétisiez, car celui qui prophétise l'emporte sur celui qui parle en langues. À moins que ce dernier n'interprète pour que l'assemblée en tire édification… C'est pourquoi celui qui parle en langues doit prier pour avoir le don de l'interpréter… Que tout se passe de manière à édifier… car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix… Ainsi donc, mes frères, aspirez au don de prophétie et n'empêchez pas de parler en langues. MAIS QUE TOUT SE PASSE DÉCEMMENT ET DANS L'ORDRE." (1 Corinthiens 14, 5, 13, 33, 39-40.)

c) Saint Paul exhorte tous les chrétiens à "aspirer aux dons supérieurs", mais dans son magnifique chapitre 13, il rappelle à tous la PRIMAUTÉ DE L'AMOUR SUR TOUS LES CHARISMES, MÊME LES PLUS EXTRAORDINAIRES ; non pas qu'il oppose les charismes à la CHARITÉ, mais bien plutôt que personne n'ose utiliser les dons extraordinaires de Dieu sans être animé de la PLUS INTENSE CHARITÉ :

« Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la CHARITÉ, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurai le don de prophétie et que je connaîtrai tous les mystères et toute la science, quand j'aurai la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas la CHARITÉ, je ne suis rien. Quand je distribuerai mes biens en aumônes, quand je livrerai mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien… » Bref, la foi, l'espérance et la charité demeurent toutes les trois, MAIS LA PLUS GRANDE D'ENTRE ELLES, C'EST LA CHARITÉ." (1 Cor. 13,1-3 et 13)

2) L'ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS : En plus des 9 charismes mentionnés au chapitre 12, saint Paul mentionne aussi des dons particuliers qui, de par le Saint-Esprit, habilitent à certains ministères. Par exemple dans le 4ᵉ chapitre de sa Lettre aux Éphésiens, Paul parle clairement des charismes :

1- des Apôtres
2- des Prophètes
3- des Évangélistes
4- des docteurs
5- des administrateurs.

(Épître aux Éphésiens, 4, 11-13)

3) L'ÉPÎTRE AUX ROMAINS : Pareillement, Paul mentionne ici certains charismes propres à des fonctions et à des ministères :

1-Prophétie
2- Service ou diaconie
3- Enseignement
4- Exhortation

Tout cela pour dire que les charismes sont multiformes, mais que, venant tous du Seul et Même ESPRIT DE JESUS, ils visent à "l'édification du Corps Mystique" et c'est pourquoi ceux qui jouissent de ces divers charismes doivent se soumettre à ceux qui exercent l'autorité au sein de l'Église qui est le "Corps du Christ". Dans son Épître aux Thessaloniciens (1 Thess, 5, 19-22), saint Paul avertit clairement les autorités : "N'éteignez pas l'ESPRIT, ne dépréciez pas les dons de prophétie, (n'empêchez pas de parler en langues) mais VÉRIFIEZ TOUT : CE QUI EST BON, RETENEZ-LE : GARDEZ-VOUS DE TOUTE ESPÈCE DE MAL."

Terminons ici, un peu hâtivement hélas, par cette exhortation enflammée de saint Paul aux Éphésiens (5, vv. 17 à 19). :)

"NE VOUS MONTREZ DONC PAS INCONSIDÉRÉS, MAIS SACHEZ VOIR QUELLE EST LA VOLONTÉ DE DIEU POUR VOUS. NE VOUS ENIVREZ PAS DE VIN : ON N'Y TROUVE QUE LIBERTINAGE, SOYEZ, AU CONTRAIRE, REMPLIS DE L'ESPRIT-SAINT. ENTRETENEZ-VOUS PAR DES PSAUMES, DES HYMNES, PAR DES CANTIQUES SPIRITUELS, CHANTANT ET CÉLÉBRANT DE TOUT VOTRE CŒUR LES LOUANGES DU SEIGNEUR."

III – LE FONDEMENT PATRISTIQUE

Reste à savoir maintenant si ces CHARISMES, mentionnés par saint Paul, et cette PUISSANCE DE L'ESPRIT-SAINT promise par le Père et donnée par Jésus-Christ, ont été limités exclusivement à la seule période apostolique en vue d'établir fermement l'Église fondée par le Christ. Si tel était le cas, ces CHARISMES auraient dû disparaître avec le dernier des Apôtres ou, du moins, peu de temps après.

Or, de nombreux textes de l'Église du Ier au IVᵉ siècle, rédigés par des disciples immédiats des Apôtres ou encore par des Pères de l'Église, nous démontrent que ces CHARISMES ont effectivement duré bien au-delà de la disparition du dernier des Apôtres. Relevons un peu quelques témoignages concrets pris, ici et là, au hasard de quelques lectures. Le contexte de cette simple brochure empêche de pousser l'enquête jusqu'à une étude exhaustive de tous les textes accessibles ; il y en aurait des dizaines.

1- LA DIDACHĒ : L'opuscule que l'on nomme la "DIDACHÈ" ou "Doctrine des Apôtres" est un petit manuel d'instruction religieuse qui date du Ier siècle (entre 90 et 120). Cet opuscule est divisé en 16 chapitres que l'on peut grouper en trois parties et en épilogue. On y trouve :

a) une catéchèse morale (ch. 1 à 6)
b) une instruction liturgique (ch. 7 à 10)
c) une ordonnance (ch. 11 à 15)
d) une instruction sur la Parousie (ch. 16)

Or, la Didachè traite précisément des fonctions charismatiques comme étant distinctes des fonctions hiérarchiques. Elle traite en particulier :

A) DES APÔTRES (ch. 11) :

"Le don propre des apôtres paraît être celui des témoins par excellence de Jésus-Christ et de sa résurrection, comme l'étaient Pierre et Paul, et tous les Douze, mais sans avoir part, d'ailleurs, aux privilèges spéciaux de ceux-ci, l'infaillibilité notamment. Les vrais apôtres sont ceux qui ont un enseignement traditionnel, sont désintéressés, ont à cœur de faire bénéficier de leur témoignage l'Église entière, en évitant de séjourner longtemps dans une communauté…

B) DES PROPHÈTES (ch. 11, par. 7)

"Ceux-ci ne sont pas astreints aussi rigoureusement à cette vie de missionnaires itinérants. Ils peuvent se fixer dans une Église. Leur rôle est d'enseigner en esprit, c'est-à-dire de parler sous l'influence de Dieu une langue intelligible aux hommes, pour les édifier, les exhorter, les consoler et, au besoin, leur révéler les mystères. En ce point, ils sont distincts des glossolales (ceux qui ont le don des langues).

C) DES DOCTEURS (ch. 13ᵉ) :

"Les docteurs sont plus effacés ; ils ont le don charismatique de la science, c'est-à-dire qu'ils sont accrédités par une vertu surnaturelle pour enseigner ; mais ils instruisent sans extase ni transport, à l'aide des seules connaissances rationnelles acquises par l'étude (enrichies d'une réflexion contemplative sous la mouvance de l'Esprit). À ce propos, il est intéressant de noter deux choses :

1- Chargés surtout d'enseigner, ces "spirituels" ne constituent une hiérarchie qu'au sens très large. Ils ne sont pas accrédités directement par l'Église, mais bien par l'Esprit-Saint. Ils ne sont pas en principe attachés à UNE Église en particulier, bien que les Prophètes et les Docteurs puissent l'être s'ils le désirent ; quant aux Apôtres, eux, ils ne le sont jamais.

2- Cet opuscule eut force de loi jusqu'après 1056 puisqu'il est inscrit officiellement au Codex "Hierosolymitanus" qui date de cette époque. La "DIDACHÈ" est souvent citée comme norme de référence apostolique par Clément d'Alexandrie (150-211) et par Origène (185-253).

2. SAINT-IRENEE : (milieu du 2ᵉ s.) Disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean, saint Irénée est une voix très autorisée dans l'Église primitive. Je ne citerai ici que trois brefs témoignages contre les hérétiques :

a) "Certains autres encore, pour pouvoir réduire à néant les charismes du Saint-Esprit qui, en ces derniers temps, selon le bon plaisir du Père, ont été répandus en abondance sur la race humaine, n'admettent pas cet aspect (de la dispensation évangélique) présenté dans l'Évangile de Jean, à savoir cette promesse du Seigneur d'envoyer le Paraclet. Ce faisant, ils mettent au rancart non seulement Jean, mais Paul aussi. Ils veulent qu'on les prenne pour des "prophètes" en vérité, mais ils séparent le don de prophétie de l'Église elle-même ; en cela, ils agissent comme les montanistes car ils viennent en hypocrites en se considérant au-dessus de leurs frères, ne voulant pas vivre en communion avec eux. Ces gens-là ne peuvent pas plus admettre Paul qu'ils n'ont admis Jean. Car dans son Épître aux Corinthiens, Paul parle explicitement des dons prophétiques et reconnaît aussi bien les hommes que les femmes qui prophétisent dans l'Église. Péchant alors sur tous ces points contre le Saint-Esprit de Dieu, ils tombent dans le péché irrémissible." (Adv. Haer. 111. 11,9)

N.B. : on se souviendra que l'hérésie montaniste consistait essentiellement à dresser la structure charismatique CONTRE la structure hiérarchique, contre l'autorité de l'Église, niant même complètement l'autorité de celle-ci.

b) Après avoir démontré que les Prophètes de l'Ancien Testament ont prédit que Jésus, le Messie, serait le Fils Unique de Dieu, saint Irénée conclut : "C'est pourquoi, alors, ceux qui sont ses véritables disciples, recevant de lui le pouvoir et la grâce, accomplissent en effet des miracles en son Nom, pour promouvoir le bien-être des autres hommes, selon le don que chacun a reçu de Lui. Car certains d'entre eux chassent vraiment les démons, de sorte que ceux qui sont ainsi délivrés des esprits mauvais adhèrent fréquemment à la foi et entrent dans l'Église. D'autres encore guérissent vraiment les malades en leur imposant les mains et ces malades recouvrent leur santé parfaitement, d'autres jouissent d'une prescience des évènements à venir : ils ont des visions et prononcent des oracles prophétiques. Bien plus encore, des morts ont même été ressuscités et sont demeurés parmi nous durant de nombreuses années ! Que puis-je ajouter encore de plus ? Il est impossible d'énumérer les dons que l'Église, à travers le monde, a reçus de Dieu, au nom du Seigneur Jésus-Christ, crucifié sous Ponce Pilate, dons que l'Église exerce, jour après jour, en faveur des Gentils, n'en décevant aucun, n'en exigeant aucune réponse. Car de même qu'Elle les a reçus gratuitement de Dieu, Elle les administre gratuitement.

L'Église n'accomplit rien de tout cela au moyen d'invocations angéliques ou d'incantations ou par quel qu’autre art maléfique, mais, adressant ses prières au Seigneur, Créateur de toutes choses, dans un esprit sincère, droit, et en invoquant le Nom du Seigneur Jésus-Christ, elle est habituée à accomplir des miracles pour le bien de l'humanité sans induire quiconque en erreur. Si, dès lors, le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ produit JUSQU'À NOS JOURS des bienfaits et des guérisons, complètement et efficacement, pour toute personne qui croit vraiment en Lui (non pas en invoquant le nom de Simon le Magicien, de Ménandre ou de Carpocrate), il est donc évident que lorsqu'il s'est fait Homme, Il a établi un vrai rapport fraternel avec sa propre création et qu'Il a fait toutes choses selon le pouvoir de Dieu, en conformité avec la volonté de notre Père à tous, tel que prédit par les Prophètes." (Adv. Haer. 11, 32 : 4-5)

c) En parlant de l'œuvre admirable de Dieu qui nous a formés à l'image de son Fils, saint Irénée conclut :

"C'est pour cette raison que l'Apôtre Paul déclare : "Nous parlons le langage de la Sagesse parmi les parfaits, appelant "parfaits" ceux qui ont reçu EN PLÉNITUDE L'ESPRIT DE DIEU et qui, PAR LE POUVOIR DE L'ESPRIT-SAINT, PARLENT DANS TOUTES LES LANGUES, comme il avait lui-même l'habitude de le faire. De la même manière, nous entendons PARLER DE NOS JOURS ENCORE, de plusieurs frères, dans l'Église, qui possèdent les dons prophétiques et qui, selon le pouvoir de l'Esprit-Saint, parlent plusieurs langues et mettent en lumière, pour le bénéfice de tous, les mystères cachés aux hommes et qui proclament les mystères de Dieu. Saint Paul les appelle parfois "les spirituels" par le fait qu'ils participent de l'Esprit, et non parce qu'ils auraient été dépouillés de leur enveloppe charnelle, ni parce qu'ils seraient devenus des êtres "purement spirituels" sans corps." (Adv. Haer. V, 6-1)

3- TERTULLIEN : (né vers 150, mort vers 240) : Converti à la foi chrétienne vers 195, Tertullien fut un des grands docteurs de l'Église au IIIᵉ siècle. Il prit la défense de la foi apostolique et c'est de cette époque (200 à 210) que datent la plupart de ses Apologies.

Dans son traité contre l'hérétique Marcion, voici ce qu'il dit des "charismes" :

Maintenant écoute bien Marcion, de quelle manière il (le prophète) a déclaré que ces dons spirituels seraient envoyés par le Christ lui-même une fois qu'il serait retourné là-haut, c'est-à-dire aux Cieux : "Il a rendu captive la captivité elle-même", signifiant par là la mort ou l'esclavage de l'homme. "Il a donné des dons aux fils d'hommes", c'est-à-dire "des dons gratuits" que nous appelons "charismes". Il dit même spécifiquement "aux fils d'hommes" et non aux hommes en général : nous faisant comprendre par là ceux qui étaient les fils de ces hommes véritables, de ces hommes choisis, des Apôtres. Car, Paul ne dit-il pas "qu'il nous a engendrés par l'Évangile" et encore "Vous êtes mes enfants, vous pour qui je souffre encore les douleurs de l'enfantement." C'est à ce moment que fut accomplie en plénitude la promesse de l'Esprit contenue dans la prophétie de Joël : "Il se fera dans les derniers jours que je répandrai de mon Esprit sur toute chair." Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront et Moi, sur mes serviteurs et mes servantes, je répandrai de mon Esprit." Puis donc que le Créateur a promis le don de son Esprit "dans les derniers jours" et puisque le Christ, ces derniers jours, est apparu comme le dispensateur des dons spirituels (comme l'affirme saint Paul) "En ces temps qui sont les derniers, Dieu nous a envoyé son propre Fils" et encore, "Frères, je vous affirme que le temps est court", il s'ensuit de toute évidence qu'en rapport avec la prophétie des derniers jours, ce don de l'Esprit appartient à Celui qui est le Messie dont parle le prophète." Comparons maintenant les grâces spécifiques de l'Esprit-Saint telles que décrites par l'Apôtre (Paul) et promises par le Prophète Isaïe. " À l'un, c'est une parole de sagesse qui est donnée par l'Esprit ; voilà évidemment ce qu'Isaïe déclare être "l'Esprit de sagesse". À un autre, une parole de science", ce que le Prophète appelle "Esprit d'intelligence et de conseil". À un autre la foi, ce qui correspond à l'Esprit de piété et de crainte de Dieu ; À tel autre le don de guérir, à tel autre le don d'opérer des miracles, ce qui correspond à l'Esprit de puissance ou de force ; à tel autre la prophétie, à tel autre le don d'interpréter les langues, ceci correspond au don de science." Vous voyez alors que l'Apôtre est entièrement d'accord avec le Prophète aussi bien en faisant la distinction des dons distribués par le seul Esprit de Dieu qu'en interprétant ses grâces spéciales. Je puis même ajouter en toute confiance : celui qui a comparé à l'unité de notre corps organique jouissant d'une diversité de membres, l'unité compacte du Corps du Christ dotée d'une diversité de charismes, démontre également qu'il n'y a qu'un seul Seigneur et du Corps humain et de l'Esprit-Saint…

Mais quittons pour l'instant la description des dons spirituels dans les Écritures et passons aux faits pour établir avec suffisamment de preuves lequel, ou de Marcion ou de moi, agit le plus inconsidérément en réclamant ces dons pour son Dieu et pour savoir si, oui ou non, il est possible qu'ils soient du camp opposé au nôtre, même si le Créateur a promis ses dons au seul Messie, qui, selon toi, n'a pas encore été révélé, et qui sont réservés exclusivement aux Juifs, et qui devront être exercés seulement à Son Heure, dans Son Messie et parmi Son Peuple. Alors, cher Marcion, montre-nous donc comme charismes de ton Dieu quelques prophètes comme il a été prédit qu'il en viendrait ; laissez-les donc nous révéler les secrets du cœur, laissez-les donc produire un psaume, une vision, une prière – mais que ce soit bien du Saint-Esprit, en extase ou dans le ravissement divin lorsqu'il aura reçu le pouvoir d'interpréter un message en langue que lui-même a reçu ; montre-moi donc aussi qu'une seule femme à la langue orgueilleuse au sein de ta communauté qui ait jamais prophétisé parmi tes très saintes sœurs. Or, tous ces signes, tous ces dons spirituels existent partout de mon côté, et je peux te les produire sans la moindre difficulté, et tous ici y consentent avec le Créateur. C'est pourquoi, sans le moindre doute, le Christ, le Messie, et l'Esprit-Saint, et les Apôtres attestent qu'ils appartiennent, et cela de plusieurs manières, à Mon Dieu. Voilà donc en toute franchise mon témoignage pour quiconque désire le vérifier." (Adv. Marcion, V, 8).

Note : il fallait donc que les charismes soient abondants pour que Tertullien serve cette démonstration "clinique" à son adversaire juif, Marcion, sans la moindre crainte d'être contredit.

4. SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM (315-386) : C'est principalement comme témoin de la foi traditionnelle que S. Cyrille est passé à l'Histoire patristique. Il fut particulièrement remarqué par ses catéchèses et son enseignement sacramentaire.

"Pourquoi la grâce du Saint-Esprit est-elle appelée 'eau' (Jean 4,14) ? C'est que l'eau contribue à la substance de toute chose ; l'eau entre dans les plantes et les animaux, l'eau des pluies descend du ciel, elle nous vient unique dans sa nature, mais elle agit de bien des façons. Une seule source arrose tout le Paradis (Gen. 2,10) ainsi une seule et même pluie descend rose, empourprée dans les violettes et les jacinthes, diverse et variée dans les différentes sortes de choses : elle est autre dans le palmier ; autre dans la vigne ; elle est tout en tous, bien qu'elle soit uniforme et ne subisse en elle-même aucun changement. Ce n'est pas en se transformant que la pluie descend ainsi et prend ces diverses formes ; mais, s'accommodant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle devient ce qui convient à chacun. De même que l'Esprit-Saint, n'étant qu'un seul et même esprit, et indivisible, distribue à chacun la grâce comme il veut (1 Cor. 12,11) ; et, comme tout le bois sec, étant imbibé d'eau, produit des germes, ainsi l'âme pécheresse porte des fruits de justice lorsqu'elle est rendue digne du don de l'Esprit-Saint par la pénitence. L'Esprit-Saint, restant le même, produit selon la volonté de Dieu, et au nom du Christ, de multiples vertus. Il use de la langue de celui-ci dans le sens de la sagesse ; il illumine celui-là par le don de la prophétie ; à un autre il donne le pouvoir de chasser les démons, à un autre celui d'interpréter les Saintes Écritures ; il affermit la tempérance dans les uns, il apprend aux autres à pratiquer l'aumône, ou encore à jeûner et se mortifier, à mépriser les choses du corps, il en dispose d'autres au martyre : il est différent en chacun, mais sans pour cela changer en lui-même." (XXXIe Discours, P. G. XXXVI, 161).

5. SAINT-BASILE DE CÉSARÉE (330-379) : Disciple de S. Grégoire le Thaumaturge, saint Basile influença largement la vie religieuse en Orient. Il lutta surtout contre l'arianisme et dota l'Église de nombreux ouvrages sur l'ascétisme, la mystique, sur la Sainte Écriture et sur l'organisation de la vie religieuse.

"Examinons maintenant les notions courantes que nous avons de l'Esprit : celles que nous avons recueillies des Écritures à son sujet et celles qui nous ont été transmises par la TRADITION NON ÉCRITE des Pères.

Tout d'abord, qui donc, en entendant les noms de l'Esprit, n'est soulevé en son âme, qui n'élève sa pensée vers la nature plus haute ? Car on le dit "Esprit de Dieu", "Esprit de vérité qui procède du Père" (Jean 15,26), "Esprit sans détours", "Esprit qui régit" (Ps 50, 12, 13, 12,13,14). "Esprit-Saint" est par excellence son nom propre, celui de l'être le plus incorporel, le plus purement immatériel et le plus simple qui soit. Aussi le Seigneur apprend-il à la femme qui croyait devoir adorer Dieu en un lieu que l'Incorporel est sans limites : "Dieu, dit-il, est Esprit." (Jn 4,24).

Celui qui entend dire "Esprit" ne peut donc se figurer une nature bornée, soumise aux changements et sujette aux variations, en tous points semblable à la créature. Au contraire, celui qui s'élance en sa pensée vers la plus haute essence a nécessairement dans l'idée une substance intelligente, infinie en puissance, illimitée en grandeur, échappant à la mesure des temps et des siècles, prodigue de ses propres biens.

Vers lui se tournent tous ceux qui ont besoin de sanctification, vers lui s'élancent les désirs de tous ceux qui vivent selon la vertu et qui sont comme "rafraîchis" par son souffle, secourus dans la poursuite de la fin conforme à leur nature. Capable de parfaire les autres, lui-même ne manque de rien : non pas vivant qui doit refaire ses forces, mais "chorège" de vie. Il ne s'accroît pas par additions, mais il est en plénitude tout de suite, solide en lui-même et il est partout.

Source de sanctification, lumière intelligible, il fournit par lui-même, à toute puissance rationnelle, pour la découverte de la vérité, comme une sorte de clarté. Inaccessible par nature, il se laisse comprendre à cause de sa bonté. Il remplit tout de sa puissance, mais ne se communique qu'à ceux-là seuls qui en sont dignes, non pas suivant une mesure unique, mais en distribuant son opération à proportion de la foi. Simple en substance, il manifeste sa puissance par des miracles variés, présent tout entier à chaque être, tout entier partout ; "impassablement" il se partage, "indéfectiblement" il se donne en participation, à l'image d'un rayon solaire dont la grâce est présentée à celui qui en jouit s'il était seul, et qui éclaire la terre et la mer et se mêle à l'air. Ainsi l'Esprit-Saint est-il présent à chacun des sujets capables de le recevoir, comme s'il était seul et demeurant intact, émet la grâce, suffisante pour tous. Ceux qui participent à l'Esprit jouissent de lui autant qu'il est possible à leur nature, mais non pas autant qu'il peut, lui, se donner en participation.

Quant à l'intime union de l'Esprit à l'âme, elle ne consiste pas dans un rapprochement local (comment pourrait-on s'approcher corporellement de l'Incorporel ?). mais dans l'exclusion des passions qui finissent par assaillir l'âme par suite de son amour pour la chair et la séparant de l'intimité de Dieu. Se purifier par conséquent de la laideur contractée par les vices, revenir à la beauté de la nature, restituer pour ainsi dire à l'image royale sa forme primitive, par la pureté, à cette condition seule on s'approche du Paraclet. Et lui, comme un soleil s'emparant d'un œil très pur, te montrera en lui-même l'image de l'invisible ; dans la bienheureuse contemplation de l'image, tu verras l'ineffable beauté de L'Archétype.

Par lui les cœurs s'élèvent, les faibles sont conduits par la main, les progressants deviennent parfaits. C'est lui qui, en illuminant ceux qui se sont purifiés de toute souillure, les rend "spirituels" par communion avec lui. Comme les corps limpides et transparents deviennent lumineux, étincelants lorsqu'un rayon lumineux les frappe et par eux-mêmes diffusent un autre éclat, ainsi les âmes qui portent l'Esprit, illuminées par l'Esprit, deviennent "spirituelles" et répandent sur les autres la grâce.

C'est de là que tout découle : la prévention de l'avenir, l'intelligence des mystères, la compréhension des choses sacrées, la distribution des charismes, la participation à la vie du ciel, le chant en chœur avec les anges, la joie sans fin, la demeure permanente de Dieu, la ressemblance avec Dieu, enfin le suprême désirable : "devenir Dieu".

Telles sont donc au sujet de l'Esprit-Saint, pour n'en citer qu'un petit nombre entre autres, les notions que nous avons apprises des enseignements mêmes de l'Esprit sur sa grandeur, sa dignité et ses opérations. (Sources chrétiennes 1945), Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, chapitre 9ᵉ).

6. SAINT-JEAN-CHRYOSTOME (354-407) : Témoin de l'église du 5ᵉ siècle, saint Jean Chrysostome (la bouche d'or) nous apprend que les charismes, surtout le don des langues, avaient disparu presque totalement chez les fidèles. Alors que saint Cyrille de Jérusalem attribuait la disparition graduelle de ces dons au manque de dispositions de foi, d'espérance et de charité chez les fidèles, saint Jean attribue le même phénomène à la maturité de foi des croyants qui n'avaient plus besoin de ces "signes" pour étayer leur foi au Christ. C'est dire que même les plus grands saints ne sont pas toujours d'accord.

"À chacun, la manifestation de l'Esprit a été donnée pour l'utilité." (1 Cor. 12,7) Donc, aujourd'hui, moi du moins, je n'ai pas besoin de signes. Pourquoi ? C'est que j'ai appris à avoir la foi dans le Seigneur, indépendamment de tout signe. L'infidèle a besoin de garantie, mais moi qui suis un fidèle, je n'ai besoin ni de garantie, ni de signe ; bien que je ne parle pas une langue miraculeusement, je sais que j'ai été purifié de mes péchés. Les hommes d'abord n'auraient pas cru s'ils n'avaient pas reçu un signe, voilà pourquoi des signes leur furent donnés comme garantie de la foi qu'on leur demandait. Pour prouver que ce n'était pas aux fidèles, Paul dit : "Les signes ne sont pas pour ceux qui croient, mais pour ceux qui ne croient pas" (1 Cor. 14,22). Comprenez-vous que Dieu ne nous fait pas outrage, que c'est au contraire, par estime pour nous, qu'il a supprimé la manifestation des signes ? Il a voulu montrer que notre foi est indépendante des garanties et des signes, voilà pourquoi Dieu a fait ce qu'il a fait : les hommes d'autrefois demandaient avant tout un signe, une garantie pour croire Dieu sur les choses invisibles ; mais moi, indépendamment de tout cela, je montre une foi entière ; voilà donc pourquoi il n'y a plus de signes aujourd'hui. (œuvres complètes, traduction Jeannin, Arras, 1887).

Quelle que soit la raison de la disparition des charismes dans la masse des fidèles, il reste cependant qu'ils n'ont jamais totalement disparu de l'Église. En Orient, par exemple, la plupart des moines, tant catholiques qu'orthodoxes, jouissent jusqu'à nos jours des charismes les plus variés. La récente canonisation de Charbel Maklouf en est une preuve évidente.

D'autre part, la grande majorité des fondateurs et fondatrices religieux, ainsi que bon nombre de saints de tous les siècles, ont exercé, à un moment ou l'autre de leur vie, un ministère charismatique. À témoins : saint François d'Assise, saint Antoine de Padoue, saint Dominique, saint Jean de Matha, sainte Thérèse d'Avila, saint Jean de la Croix, Don Bosco, le saint Curé d'Ars, saint Joseph Cotolengo, la bienheureuse Marguerite Bourgeoys, la bienheureuse Marguerite d'Youville. Tant d'autres encore ont fait des guérisons miraculeuses, pouvaient lire dans les cœurs, manifestaient le don de prophétie, le don de sagesse ou le don de science à divers degrés. Les théologiens distinguent les dons "MYSTIQUES" des dons "CHARISMATIQUES" du fait que les dons "mystiques" se situent généralement au terme d'une évolution spirituelle dans l'ordre de la sanctification alors que les dons "charismatiques" peuvent être accordés gratuitement par Dieu à n'importe quel moment de l'évolution spirituelle d'une personne puisque ces derniers visent d'abord à l'ÉDIFICATION DE L'ÉGLISE plutôt qu'à la SANCTIFICATION de la personne qui les reçoit. L'idéal, évidemment, serait que le même sujet évolue au même rythme aussi bien dans l'ordre de la sanctification que dans l'ordre du service. Dans l'un et l'autre cas, cependant, il s'agit toujours de DONS GRATUITS DE DIEU et non de "récompenses" en raison de la sainteté individuelle d'une personne donnée. Pour être complet, ajoutons que les théologiens enseignent également que la "vision béatifique" est la "récompense" des saints et que Dieu peut, en plus, approuver par des miracles leurs œuvres et leurs écrits.

Il est réconfortant de constater, aussi bien dans les Saintes Écritures que dans le concret de la vie chrétienne, que Dieu semble se plaire à choisir bien souvent des candidats les plus faibles et les plus improbables pour qu'éclate davantage sa PUISSANCE et que soit manifestée SA GLOIRE.

Il faut se réjouir du fait que, depuis une dizaine d'années, l'Esprit-Saint daigne accorder à l'Église une réapparition spectaculaire des dons charismatiques : et non seulement dans l'Église catholique, mais également dans toutes les autres confessions chrétiennes, et cela, partout dans le monde, sans distinction de race, d'âge, de sexe, de couleur ou de croyant (toujours au sein de la chrétienté évidemment).

Durant le Concile œcuménique, le cardinal Léon Suenens a fait une intervention très courageuse et très remarquée le 22 octobre 1963. Parfaitement au courant du réveil spirituel qui s'amorçait dans l'Église sous l'action de l'Esprit, il attira l'attention des Pères conciliaires sur le fait que les textes proposés mentionnaient très peu, ou pas du tout, la nature et le rôle des charismes dans l'Église d'aujourd'hui. Voici quelques extraits de son discours :

"Les remarques faites au sujet des charismes du Peuple chrétien sont si rares que l'on pourrait avoir l'impression que les charismes ne sont rien de plus que des phénomènes périphériques et non essentiels à la vie du Corps mystique qu'est l'Église. Toutefois, l'importance vitale de ces charismes pour édifier le Corps mystique doit être présentée avec plus de clarté et, par conséquent, d'une façon plus élaborée. Ce qui doit être évité à tout prix, c'est l'apparence que la structure hiérarchique de l'Église soit présentée comme un appareil administratif sans aucun lien intime avec les charismes de l'Esprit-Saint qui sont répandus à travers la vie de toute l'Église.

Le temps de l'Église, qui est en marche, en pèlerinage, à travers les siècles jusqu'à la Parousie du Seigneur Jésus, est le temps de l'Esprit-Saint. Car c'est par le Saint-Esprit que le Christ glorifié unifie le Peuple eschatologique de Dieu, qu'il purifie ce Peuple, le vivifie et le conduit à la plénitude de la vérité, et ce, en dépit des faiblesses et des péchés de ce peuple. Le Saint-Esprit est donc les prémices (Rom. 8,23), le sceau, le gage, les "arrhes" de l'Église (2 Cor. 1,22 ; 5,5) dans le monde. C'est pourquoi l'Église est appelée le "Temple de l'Esprit-Saint" (Éph. 2,22).

Le Saint-Esprit se manifeste dans l'Église, dans la multitude et la richesse de ses dons spirituels, dons que l'Écriture appelle "pneumatika" (1 Cor. 12,1 ; 14,1) ou "charismes" (Rom. 12,6 ; 1 Cor. 12,4 ; 9,28,30 ss ; 1 Tim. 4,14 ; 2 Tim. 1,6 ; 1 Pierre 4,10 Il est certain qu'au temps de Saint-Paul, même des charismes extraordinaires et merveilleux tels que le don des larmes (1 Cor. 12,10 ; 12,28-30 ; Gal. 3,5), ou encore le don de guérison (1 Cor. 12,9,28,30) se rencontraient dans l'Église. Mais il ne faudrait pas croire que ces charismes de l'Esprit consistent exclusivement ou même principalement en ces phénomènes plus spectaculaires. Saint Paul parle, par exemple, des charismes d'une parole de sagesse ou de science (1 Cor. 12,8), du charisme de la foi (1 Cor. 12,9), du charisme d'enseignement (Rom. 12,7 ; 1 Cor. 12,28 ; 14,16), du charisme de la parole d'encouragement et de consolation (Rom. 12,8), du charisme d'administration (Rom. 12,7), du charisme de discernement des esprits (1 Cor. 12,10), des charismes d'entraide et de conseil (1 Cor. 12,28) et ainsi de suite.

Ainsi donc, pour saint Paul, l'Église du Christ vivant n'apparaît pas comme une sorte d'organisation administrative, mais plutôt comme un réseau de dons, de charismes et de ministères. L'Esprit-Saint est donné à chaque individu chrétien, l'Esprit-Saint qui distribue ses dons, ses charismes à tous et à chacun "pourvoyant des dons différents selon la grâce de Dieu" (Rom. 12,6). "À chacun, la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun" (1 Cor. 12,7). Tous et chacun des chrétiens, qu'il soit savant ou illettré, a son charisme propre dans la vie de chaque jour, mais – comme le dit saint Paul – que tout se passe de manière à édifier l'Église. (1 Cor. 14,26 ; 3,5)

Les charismes, au sein de l'Église, sans le ministère des pasteurs, seraient certainement cause de désordres ; mais vice versa, le ministère ecclésiastique sans les charismes serait pauvre et stérile. C'est le devoir des pasteurs, aussi bien ceux qui ont la responsabilité des Églises individuelles et locales que ceux qui ont la charge de l'Église universelle, par une sorte d'instinct spirituel, de découvrir les charismes de l'Esprit dans l'Église, de les promouvoir et de les aider à croître. C'est le devoir des pasteurs d'écouter attentivement, avec un cœur ouvert, ce qu'ont à dire les laïcs, et de s'engager constamment dans un dialogue vivant avec eux. Car chaque laïc a reçu son propre don de charisme et plus souvent qu'autrement, possède une plus vaste expérience que le clergé de la vie courante dans le monde d'aujourd'hui."

Enfin, c'est le devoir des pasteurs eux-mêmes de désirer les charismes plus élevés (1 Cor. 12,31 ; 14,1). Il est clair que tous les fidèles, même ceux doués des dons supérieurs, doivent révérence et obéissance à leurs pasteurs. Mais il est également vrai, d'autre part, que la même attention et le même respect sont dus à ces charismes et à ces inspirations de l'Esprit-Saint qui souffle très souvent sur des chrétiens n'ayant aucun poste de commande.

Par conséquent, saint Paul avertit tous les chrétiens – y compris les pasteurs : "N'éteignez pas l'Esprit, ne dépréciez pas les dons de prophétie, mais vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le ; gardez-vous de toute espèce de mal (1 Thess. 5, 19-22)", tout comme il recommandait aux Corinthiens "Aspirez au don de prophétie, et n'empêchez pas de parler en langues" (1 Cor. 14,39). Ce tout complexe des dons, des charismes et des ministères peut être appelé à entrer en jeu et servir à édifier l'Église que par le respect de la liberté des enfants de Dieu qui, suivant l'exemple de saint Paul, tous les pasteurs doivent protéger et encourager." (Vatican II, 2ᵉ session, 22 oct. 1963).

Un des grands théologiens du Concile, le R. P. Karl Rahner, s.j., traite, lui aussi, de la place des charismes dans l'Église d'aujourd'hui. Dans son ouvrage sur les "Éléments dynamiques de l'Église", il consacre un chapitre entier à ce sujet d'actualité. Il aborde aussi le même problème dans ses Écrits théologiques en rapport étroit avec la théologie du concile Voici ce qu'il dit dans un article extrait du tome VI des Écrits théologiques :

"On pourrait avoir l'impression que toute direction, toute impulsion, toute action salutaire de Dieu en ce qui concerne l'Église, sont toujours et exclusivement transmises par ses pouvoirs hiérarchiques, par leurs détenteurs, et l'action de ceux-ci, que toute influence de Dieu est transmise par la hiérarchie ecclésiale, et que seule l'influence que Dieu exerce sur la hiérarchie, est sans intermédiaire et l'est toujours essentiellement. Ce serait là, cependant, une conception totalitaire, étatiste, de l'Église. Elle est plus ou moins présente dans bien des esprits de supérieurs et d'inférieurs dans l'Église, mais elle ne correspond pas à la vérité catholique.

Il y a, dans l'Église, l'élément charismatique libre, et celui-ci fait partie de l'Église elle-même. Non seulement, d'après la doctrine catholique la plus claire, l'action divine de la grâce, la communication de grâces par Dieu aux hommes individuels et la transmission sacramentelle de la grâce la plus importante de toutes, celle qui décide du salut de l'homme individuel, s'étend, dans l'Église et hors d'elle, bien au-delà de la transmission sacramentelle de grâce par l'Église dans sa potestas ordinis. Mais ce serait tout simplement une hérésie que d'adopter l'opinion d'après laquelle Dieu n'agirait dans le Christ sur son Église que par la médiation de la hiérarchie seule, celle-ci possédant seule une relation immédiate (à tous les points de vue) avec Dieu. Dieu n'a pas abdiqué dans son Église en faveur de la hiérarchie L'Esprit de Dieu ne souffle pas seulement dans l'Église en faisant passer son action par les seules autorités suprêmes de l'Église.

Les effets charismatiques de l'Esprit existent sous la forme de nouvelles découvertes, de nouvelles formes de vie chrétienne. Ils suscitent de nouvelles décisions dont dépend le destin du Royaume de Dieu, et ces effets de l'Esprit se manifestent dans l'Église là où l'Esprit lui-même le veut. Il peut donner même aux pauvres et aux petits, aux femmes et aux enfants, à ceux qui ne sont pas chargés de fonction, bref à tout membre de l'Église et non seulement aux représentants de la hiérarchie, une mission grande ou petite dans le Royaume de Dieu, pour l'Église et envers elle. L'essence et l'existence de l'Église sont liées aux charismatiques libres dont l'existence est à la fois nécessaire et garantie, elle aussi par l'Esprit promis à l'Église. Et les charismatiques doivent vivre avec les détenteurs de fonctions, qui, de leur côté, doivent par le charisme du discernement des esprits, contrôler, régler l'action de l'Esprit dans les charismatiques libres, et l'utiliser pour le bien de toute l'Église. Mais la fonction dans l'Église n'a jamais le droit de penser qu'elle seule importe dans l'Église, qu'elle est en possession unique et autonome de l'Esprit, et que les membres privés de l'Église ne sont que les exécuteurs des ordres et des impulsions qui proviennent de la fonction et d'elle seule. L'Église n'est pas un État totalitaire dans le domaine religieux, elle n'a pas le droit de penser que tout va en elle pour le mieux quand tout est le plus possible institutionnalisé et commandé par l'instance suprême de l'Église, quand par conséquent l'obéissance serait la vertu qui remplacerait pleinement toute autre chose, donc aussi l'initiative propre, la recherche personnelle de ce que chacun doit faire sous l'impulsion de l'Esprit, la responsabilité propre, bref le charisme particulier venant directement de Dieu. Au contraire, il y a dans l'Église ce qui ne peut pas être l'objet d'un plan, ce qui ne peut pas être institutionnalisé, ce qui est inattendu ; et c'est pourquoi il y a dans l'Église une histoire authentique qui n'est pas seulement l'exécution d'un plan déjà connu de la raison de Dieu. Le charismatique existe dans l'Église, dont IL EST UN ÉLÉMENT ESSENTIEL, et ce n'est qu'avec lui qu'elle est ce qu'Elle est et ce qu'elle doit être d'après la volonté du Christ, et ce qu'elle sera toujours par son Esprit." (Ecrits théologiques, T. VI, pp. 50-51)

Note : ce texte de Rahner se rapporte aux charismes libres dans un sens générique, mais le même raisonnement vaut pour l'exercice des charismes au sens strict où l'entendent les Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul.

IV-LE FONDEMENT CONCILIAIRE


Comme il est clairement établi, dans les chapitres précédents, le "baptême dans l'Esprit-Saint" et les multiples charismes qui en découlent ont une solide base doctrinale dans l'Écriture sainte et dans les écrits des Pères de l'Église. Il reste maintenant à répondre à une question capitale : "Ces dons de Dieu sont-ils pour notre temps ?" Les chrétiens du XXᵉ siècle ont-ils le droit de s'attendre à une pareille effusion de l'Esprit en cette époque de SCIENCES, DE TECHNIQUES et d'EXPLORATION SPATIALE ?

La TRADITION DE L'ÉGLISE et l'ENSEIGNEMENT OFFICIEL de VATICAN II sont là pour nous affirmer clairement, sans le moindre doute, que ces dons de l'Esprit sont autant pour notre époque que pour toutes les autres époques de l'Histoire du Peuple de Dieu. Les théologiens et les Pères du Concile nous font même comprendre que ces dons doivent être accueillis "avec gratitude et joie spirituelle" et qu'ils peuvent être reçus par des "croyants de tous âges et de tous rangs". Théologiens et Pères conciliaires affirment même davantage : l'Église de Jésus-Christ ne peut accomplir pleinement sa tâche apostolique qu'à la condition d'être fidèle à maintenir dans un équilibre heureux les rapports entre la structure hiérarchique, d'une part, et la structure charismatique, d'autre part, puisque toutes deux sont animées par le SEUL ET MÊME ESPRIT DE JÉSUS. L'UNE ET L'AUTRE SONT ESSENTIELLES à la pleine vitalité et fécondité de l'Église, telle que fondée et voulue par Jésus-Christ, et cela, jusqu'à la consommation des siècles.

Le concile Vatican II a consacré plus de 50 passages, tout au long des 16 documents conciliaires, à expliquer, définir et promouvoir ces charismes du Saint-Esprit en les rattachant au RENOUVEAU SPIRITUEL si nécessaire en notre temps de révolte, de révolutions et d'apostasie des masses. Dans le cadre limité de cet opuscule, je ne citerai que quatre passages plus significatifs, en prenant soin toutefois d'ajouter en appendice les autres références utiles à une compréhension plus profonde du sujet.

A. LUMEN GENTIUM, no 4 : L'ESPRIT qui sanctifie l'Église :

"Une fois accomplie l'œuvre que le Père avait donnée à faire au Fils sur la terre (cf. Jean 17,4), l'Esprit fut envoyé le jour de la Pentecôte AFIN DE SANCTIFIER L'ÉGLISE EN PERMANENCE, et qu'ainsi les croyants aient, PAR le Christ, en UN SEUL ESPRIT, accès auprès du Père (cf. Éph. 2,18). Il est l'Esprit de vie, la source d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle (cf. Jean 4,14 ; 7,38-39) par qui le Père vivifie les hommes, morts par suite du péché, jusqu'au moment où il rendra la vie dans le Christ à leurs corps mortels (Rom. 8,10-11). L'Esprit habite DANS L'ÉGLISE ET DANS LES CŒURS DES FIDÈLES COMME DANS UN TEMPLE (1 Cor. 3,16 ; 6,19) ; en eux, il prie et rend témoignage de leur adoption filiale (Gal. 4,6 ; Rom. 8,15-16 et 26). Cette Église qu'il amène à la vérité toute entière (Jean 16,13), qu'il réunit dans la communion et le ministère, il l'ÉDIFIE ENCORE ET LA DIRIGE PAR LES DONS VARIÉS, TANT HIÉRARCHIQUES QUE CHARISMATIQUES, et par ses œuvres, il l'embellit (cf. Éph 4,11-12 ; 1 Cor. 12,4 ; Gal. 5,22). Il la rajeunit par la force de l'Évangile, il la rénove perpétuellement et la conduit enfin à l'union parfaite avec son Époux car l'Esprit et l'Épouse disent au Seigneur Jésus : "Viens" (Apoc. 22, 17 Ainsi l'Église universelle apparaît-elle comme "un PEUPLE RASSEMBLÉ" dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint".

B.LUMEN GENTIUM no 12 : LE SENS DE LA FOI ET LES CHARISMES DANS LE PEUPLE DE DIEU :

"En outre, le même Esprit-Saint non seulement SANCTIFIE le Peuple de Dieu, le conduit et l'orne de vertus au moyen des sacrements et des ministères, mais, "en distribuant à chacun ses dons comme il lui plaît" (1 Cor. 12,11), il dispense également, PARMI LES FIDÈLES DE TOUT ORDRE, des grâces spéciales qui les habilitent à assumer des activités et des services divers, utiles au RENOUVELLEMENT ET À L'EXPANSION de l'Église, suivant ces paroles : "À chacun, la MANIFESTATION DE L'ESPRIT est donnée en vue du bien commun" (1 Cor. 12,7). CES CHARISMES, qu'ils soient extraordinaires ou plus simples et plus répandus, sont ordonnés et adaptés d'abord aux BESOINS DE L'ÉGLISE : ILS DOIVENT DONC ÊTRE ACCUEILLIS AVEC GRATITUDE ET JOIE SPIRITUELLE… Cependant, il ne faut pas demander IMPRUDEMMENT les dons extraordinaires, pas plus qu'il ne faut en attendre PRÉSOMPTUEUSEMENT les fruits et les travaux apostoliques. C'est à l'autorité ecclésiastique qu'il appartient de JUGER DE L'AUTHENTICITÉ et de la MISE EN ŒUVRE de ces dons ; et c'est aussi à elle qu'il appartient spécialement DE NE PAS ÉTEINDRE L'ESPRIT, MAIS DE TOUT EXAMINER ET DE RETENIR CE QUI EST BON." (1 Thess. 5,19-21)

C. APOSTOLICAM ACTUOSITATEM, no. 3 : FONDEMENT DE L'APOSTOLAT DES LAICS :

"Pour l'exercice de cet apostolat (laïc), le Saint-Esprit qui sanctifie le Peuple de Dieu par les sacrements et le ministère, accorde, en outre, aux FIDÈLES, des DONS PARTICULIERS (1 Cor. 12, 11) pour que TOUS ET CHACUN, "selon la grâce reçue, se mettent au service des autres", soient eux-mêmes, "comme de bons intendants de la grâce multiforme de Dieu (1 Pierre 4, 10) en vue de l'édification du corps tout entier dans la charité". (Éph. 4, 16 DE LA RÉCEPTION DE CES CHARISMES, même les plus simples, RÉSULTE POUR CHACUN DES CROYANTS LE DROIT ET LE DEVOIR D'EXERCER CES DONS DANS L'ÉGLISE ET DANS LE MONDE, pour le bien des hommes et l'édification de l'Église, DANS LA LIBERTÉ DE L'ESPRIT-SAINT "qui souffle où il veut" (Jean 3,8), de même qu'en communion avec ses frères dans le Christ et TRÈS PARTICULIÈREMENT AVEC SES PASTEURS. C'est à eux qu'il appartient de porter un jugement sur l'authenticité et le bon usage de ces dons, NON PAS POUR ÉTEINDRE L'ESPRIT, mais pour éprouver tout et retenir ce qui est bon". (1 Thess. 5,12,19-21)

D. AD GENTES, no 23 ; LA VOCATION MISSIONNAIRE :

"Bien qu'à tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de répandre la foi, le Christ Seigneur appelle toujours parmi ses disciples ceux qu'il veut pour qu'ils soient avec Lui et pour les envoyer prêcher aux peuples païens (Marc 3, 13). Aussi par l'ESPRIT-SAINT, il partage comme il lui plaît les CHARISMES POUR LE BIEN DE L'ÉGLISE (1 Cor. 12,11) ; inspire-t-il la vocation missionnaire dans le cœur d'individus et suscite-t-il, en même temps dans l'Église, des instituts qui se chargent comme d'un office propre de la mission d'évangélisation qui appartient à toute l'ÉGLISE."

À ce sujet, le Concile rappelle à la hiérarchie un principe pratique :

"Il n'est pas RARE que L'ACTION DE L'ESPRIT-SAINT PRÉCEDE L'ACTION DE CEUX À QUI IL APPARTIENT DE GOUVERNER LA VIE DE L'ÉGLISE…" (Ad Gentes, no 29)

Pour conclure, empruntons au document sur l'apostolat des laïcs (no 1) cette citation magistrale :

"LE SIGNE DE CETTE NÉCESSITÉ AUX MULTIPLES ASPECTS EST L'ACTION MANIFESTE DU SAINT-ESPRIT QUI REND AUJOURD'HUI LES LAÏCS DE PLUS EN PLUS CONSCIENTS DE LEUR PROPRE RESPONSABILITÉ ET LES INCITE PARTOUT À SERVIR LE CHRIST ET L'ÉGLISE…"

CONCLUSION GÉNĒRALE


Il apparaît donc clairement établi, d'après ces divers textes – Écriture Sainte, Pères de l'Église, théologiens et Pères du Concile – dont le choix est hélas bien restreint et nécessairement incomplet, que la doctrine du "BAPTÊME DANS L'ESPRIT-SAINT" et des CHARISMES constitue une partie essentielle de l'héritage chrétien et se réfère à une partie authentique de l'expérience chrétienne, en tous points conforme à l'enseignement de l'Église catholique.

1- Le "baptême dans l'Esprit-Saint" est une expression légitime, scripturaire, doctrinalement correcte, et se réfère à une partie importante de l'expérience vécue par les apôtres et les disciples du Christ le matin de la Pentecôte.

2- Jésus-Christ est le seul à pouvoir, en toute propriété de terme, baptiser quiconque de ce "baptême de l'Esprit et de Feu". Aucune action humaine ne peut produire cette effusion surnaturelle de l'Esprit-Saint, puisque l'Esprit est le DON INCRÉÉ du Père et du Fils à l'Église et au croyant.

3- Le "baptême de l'Esprit-Saint" n'est pas un sacrement et ne doit pas se confondre avec le sacrement du baptême chrétien, non plus qu'avec le sacrement de Confirmation. C'est plutôt un "sacramental", c'est-à-dire un signe institué par l'Église dont l'efficacité est en relation avec les dispositions intérieures du requérant et en rapport avec l'intensité de sa foi : (il n'agit pas ex opere operato comme les sacrements qui produisent la grâce qu'ils signifient, mais bien plutôt ex opere operantis Ecclesiae). C'est pourquoi des fidèles peuvent prier d'un seul cœur et d'une seule âme avec d'autres pour que ceux-ci reçoivent cette grâce de Dieu.

4- Les CHARISMES ne sont que la MANIFESTATION transitoire, bien que SUR-NATURELLE, de l'action de l'Esprit-Saint dans le cœur et dans l'âme du croyant.

5- Il n'y a pas de distinction de "nature" entre les CHARISMES et les DONS DU SAINT-ESPRIT. Ils diffèrent cependant quant à leurs modes d'opération et quant à leurs modes d'expression. Les dons du Saint-Esprit appartiennent à l'organisme essentiellement surnaturel de la grâce sanctifiante.

6- Les CHARISMES DU SAINT-ESPRIT peuvent être reçus par tous et chacun des croyants, sans distinction d'âge, de sexe, de race, de couleur ou de rang : "L'Esprit souffle où il veut" et "distribue ses dons à chacun comme il lui plaît."

7- Les CHARISMES du Saint-Esprit, visant à l'édification de toute l'Église et à la diffusion de la Parole de Dieu dans la puissance du Saint-Esprit, sont tout aussi nécessaires et valables pour l'Église d'aujourd'hui que pour l'Église primitive.

8- Les charismes de l'Esprit-Saint doivent être reçus par les fidèles d'aujourd'hui AVEC GRATITUDE ET JOIE SPIRITUELLE, et entraînant avec eux le DROIT et le DEVOIR de les exercer dans l'Église et dans le monde, DANS LA LIBERTÉ DE L'ESPRIT QUI SOUFFLE OÙ IL VEUT.

9- Il appartient aux pasteurs – évêques, curés, aumôniers, prêtres – de porter un jugement sur l'AUTHENTICITÉ et le BON USAGE de ces dons, NON PAS POUR ÉTEINDRE L'ESPRIT (n'empêchez pas de parler en langues, et ne méprisez pas la prophétie, rappelle saint Paul) mais pour "ÉPROUVER TOUT ET RETENIR CE QUI EST BON". (I Thess 5:19-21)

10- Il importe enfin que les fidèles ayant reçu du Saint-Esprit ces charismes spirituels soient nourris, dirigés, enseignés, formés à une vie spirituelle authentique en allant aux sources de la Parole de Dieu et du Magistère de l'Église.


APPENDICE :

LE RENOUVEAU CHARISMATIQUE CATHOLIQUE



1- Aux prêtres catholiques romains qui s'interrogent au sujet du mouvement pentecôtiste catholique (renouveau charismatique) – R. P. Edward O'Connor, c.s.c.

2- Références aux textes de Vatican II se rapportant au Saint-Esprit et au Renouveau charismatique dans l'Église.

3- "Rapport du Comité sur la Doctrine de la Conférence nationale des évêques américains : " Le mouvement pentecôtiste dans l'Église catholique des États-Unis par Mgr Alexander Zaleski, évêque de Lansing, Michigan : 23 novembre 1969.

4- Proposition sur la nature et le but d'un dialogue possible entre les diverses affiliations pentecôtistes et les catholiques romains : Secrétariat pour l'unité des chrétiens, Rome, le 3 septembre 1970.

5- Le Renouveau charismatique dans l'Église : extrait d'une lettre pastorale de Mgr Emmet Carter, évêque de London (Ontario), en date du 20 mars 1970.

6- Communication à la hiérarchie catholique romaine des États-Unis et du Canada du CENTRE DE COMMUNICATION, service du Renouveau charismatique catholique, en date du 6 janvier 1971.


AUX PRÊTRES CATHOLIQUES ROMAINS
qui s'interrogent au sujet du mouvement pentecôtiste :


Depuis plusieurs années, le "mouvement pentecôtiste", comme on l'appelle, était considéré comme un phénomène du monde non catholique. Au cours des dernières années, cependant, il est apparu parmi les catholiques dans les environs de Rochester, Boston, Pittsburgh, South Bend, Lansing, Grand Rapids, Chicago, Ames et en plusieurs autres endroits. Des prêtres, des religieux et religieuses et des laïques l'ont embrassé et l'ont reconnu bon, saint et profondément catholique dans son inspiration essentielle. Mais il y en a aussi plusieurs, spécialement parmi ceux qui ne l'ont pas encore expérimenté, qui s'interrogent sur son authenticité. Cette lettre est destinée à communiquer à mes confrères prêtres les observations que j'ai pu faire et cela, dans l'espoir de les aider à s'en former au moins un jugement relatif.

Je suis venu en contact avec ce mouvement quand j'arrivai, de Pittsburgh à Notre-Dame, en mars 1967. Je l'ai observé depuis, soigneusement, et j'en éprouve une impression très favorable. Chez plusieurs gens que je connais personnellement, j'ai pu constater une réforme morale des plus remarquables, résultant directement de ce mouvement. Elles ont été libérées de l'ivrognerie, de l'habitude de la drogue, et d'autres maux dont elles n'avaient pas eu le courage de se débarrasser. J'ai vu la paix de Dieu descendre presque visiblement sur des âmes troublées, et libérer des vies jusque-là inextricables.

Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est l'effet produit par ce mouvement sur des gens qui étaient déjà bons, au départ. Il leur a donné une ferveur et une profondeur de spiritualité qu'ils n'avaient jamais connues auparavant. Il leur a apporté une conviction vivante de la réalité de Dieu et le sens de sa présence, en les remplissant d'une confiance vive en Lui, d'une disponibilité à lui donner tout, d'une facilité à Le prier avec une ferveur, un amour, une fidélité tels que j'en avais rarement rencontré de semblables auparavant, même parmi les religieux, à plus forte raison chez les laïques. Leur foi a été transformée par une joie nouvelle et une vie nouvelle.

L'une des preuves les plus convaincantes de l'authenticité chrétienne de ce renouveau est le fait que cela ne conduit pas les gens à rejeter les pratiques traditionnelles de leur religion. Bien au contraire, ce mouvement leur donne d'une façon tangible un plus grand amour envers le très Saint-Sacrement, une plus profonde dévotion à la Messe, un désir de confession plus fréquente et plus fervente, et très souvent, une nouvelle et merveilleuse compréhension du rôle de Notre-Dame dans la vie chrétienne. De plus, les personnes influencées par ce mouvement semblent, en général, plus réceptives envers l'enseignement et les lois de l'Église que les catholiques ordinaires.

Ce sont les choses que je viens de mentionner qui m'apparaissent être les plus importantes dans ce mouvement. Tout de même, ce qui attire davantage l'attention parce que plus spectaculaire, ce sont les charismes des esprits." De telles manifestations mettent naturellement sur ses gardes tout homme prudent, de crainte d'illusions ou d'interventions diaboliques. Cependant, je crois avoir été aussi prudent que n'importe qui, dans mes investigations à ce sujet, et j'en suis venu à la conclusion que toutes ces manifestations correspondent clairement à ce que saint Paul enseigne dans I Corinthiens, ch. 12, 13, 14. De plus, le Concile Vatican II lui-même nous a rappelé que nous devons être préparés à la rencontre de charismes spectaculaires et extraordinaires, tout aussi bien que de charismes ordinaires : "Le même Esprit non seulement sanctifie le Peuple de Dieu, le conduit, et l'orne de vertus au moyen des sacrements et des ministères, mais en distribuant à chacun ses dons comme il lui plaît." (I Cor. 12, 11) Il dispense également, parmi les fidèles de tout ordre, des grâces spéciales qui les habilitent à assumer des activités et des services divers, utiles au renouvellement et à l'expansion de l'Église, suivant ces paroles : 'À chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun'. (1 Cor. 12, 7 (Constitution sur l'Église, #12, 2ᵉ paragraphe). De la réception de ces charismes ou dons, incluant ceux qui sont moins extraordinaires, découlent pour chaque croyant le droit et le devoir de les exercer dans l'Église. Ainsi, les croyants ont besoin de se sentir libres, de la liberté de l'Esprit "qui souffle où il veut".

Ceci prouve que le mouvement pentecôtiste n'est pas une innovation. Il est la simple réalisation de l'enseignement du Christ lui-même, par exemple, aux chapitres 3, 4, 7, 14-16 de l'Évangile de Saint-Jean. C'est un renouvellement, sans doute, mais un renouvellement de ce que les Actes des Apôtres nous rapportent comme s'étant effectué dès le commencement. C'est un renouvellement qui semble être venu en réponse à la prière du Pape Jean XXIII : "Daigne le divin Esprit répondre de la manière la plus consolante à la prière qui s'élève chaque jour vers lui de tous les coins de la terre : 'Renouvelez vos merveilles dans notre temps, comme pour une nouvelle Pentecôte…'" (Humanae salutis, Noël 1961).

Pour certains prêtres, le fait que ce mouvement a commencé dans le monde protestant peut apparaître comme un signe qu'il ne peut pas être authentiquement catholique. C'est là une difficulté sur laquelle j'ai aussi longuement réfléchi. Cependant, j'y ai trouvé une solution appropriée dans l'enseignement du concile Vatican II, où on lit que les chrétiens non catholiques ont avec nous… "une union réelle dans l'Esprit-Saint, car l'Esprit agit également en eux par ses dons et ses grâces, avec sa puissance sanctificatrice et Il a donné à certains d'entre eux une vertu qui les a fortifiés jusqu'à l'effusion de leur sang." (L'Église, #15). Je me demande si le Bon Pasteur n'est pas allé ainsi à la recherche de ceux qui, sans aucune faute de leur part, ont été séparés de son troupeau. Peut-être est-ce parce qu'ils n'ont aucune possibilité de recevoir les sacrements qu'Il a répandu son Esprit sur eux avec une si miséricordieuse abondance. Et à nous, Catholiques, Il veut peut-être aussi donner la leçon que "Dieu peut, de ces pierres, faire surgir des enfants à Abraham." Peut-être est-ce justement à cause de notre indifférence et de notre complaisance au milieu de toutes nos richesses spirituelles, sacramentelles et liturgiques, que le Saint-Esprit apparaît souvent si inactif au milieu de nous. Je me demande si Dieu ne nous dit pas en ce moment : "Plusieurs viendront de l'Est et de l'Ouest et auront part au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le Royaume des cieux, mais les enfants du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures."

Il est vrai que les pentecôtistes non catholiques sont souvent vociférants et quelquefois virulents même dans leurs attaques contre l'Église catholique. Dans la plupart des cas, cependant, je crois que cela est simplement une mentalité qu'ils ont héritée du passé et non quelque chose que le mouvement pentecôtiste leur aurait donné.

Leur enthousiasme pour les choses de Dieu les rend d'autant plus vigoureux dans leur opposition à ce qu'ils croient sincèrement être l'ennemi de Dieu ; mais la plupart d'entre eux ont aussi un profond esprit d'amour qui fait tomber leur violence, dès qu'ils peuvent avoir un contact personnel sincère avec des catholiques vivant vraiment leur foi. Souvent, ils ont une certaine ouverture d'esprit qui apprend vite à apprécier et même à accepter plusieurs de nos positions les plus chères. De plus, selon l'opinion de plusieurs historiens religieux, le pentecôtisme n'est, en aucune façon, une branche du protestantisme, mais plutôt "une troisième force" dans le monde chrétien. Personnellement, j'incline à croire que c'est le résultat d'une action de Dieu, une fois de plus "se préparant un Peuple parfait". Par quelles démarches ce peuple atteindra-t-il ultimement l'unité que le Christ désire pour son troupeau ? Je n'en ai aucune idée ; mais j'ai vu le mouvement pentecôtiste faire plus, en un court laps de temps, pour avancer la compréhension œcuménique, que n'ont accompli les conversations théologiques durant une longue période.

Finalement, certaines personnes objectent que l'esprit pentecôtiste est trop émotionnel. J'admettrai que dans plusieurs églises pentecôtistes non catholiques, le facteur émotion est excessif. Tout de même, sur ce point, nous devons nous montrer très compréhensifs. Ces églises n'ont pas les sacrements et la liturgie que nous avons ; leurs membres n'ont à peu près rien d'autre de leur merveilleuse expérience de présence de Dieu qui les a profondément affectés et qu'ils essaient de rafraîchir et de partager par tous les moyens possibles. Ils ne sont pas tellement à blâmer si, dans leur ferveur, ils deviennent parfois trop émotionnels. Cela ne devrait pas nous surprendre si leurs efforts naïfs manquent de l'équilibre que nous devons, nous, à notre Église institutionnelle et à nos traditions. Et de fait, là où le mouvement pentecôtiste a atteint les catholiques, on a vu beaucoup plus de calme dans ses manifestations. D'un autre côté, ne serait-ce pas que nous, catholiques (spécialement dans le monde anglo-américain), nous ne sommes pas assez naturellement émotifs dans notre forme d'adoration ? ... Pourquoi les gens ne pourraient-ils être profondément émus, en ces moments où Dieu les envahit du sentiment merveilleux de sa présence et de sa bonté ?

À mon propre ministère sacerdotal, le mouvement pentecôtiste a apporté une fécondité et une joie beaucoup plus grandes que tout ce que j'avais connu auparavant. J'aimerais bien voir mes confrères prêtres partager une telle grâce. S'il y a autre chose de plus sur quoi vous aimeriez m'interroger, soyez bien à l'aise pour m'écrire.

Fraternellement vôtre dans le Christ Grand-Prêtre,

Edward D. O'Connor, C.S.C.

(Copié et traduit du document anglais.)

Pour d'autres renseignements (en anglais) sur la mouvance de l'Esprit S. et plusieurs témoignages personnels, référer à :

1- Catholic Pentecostals by Kevin & Dorothy Ranaghan, Deus Books – paperback $1.95

2- The Pentecostal Movement in the Catholic Church by Rev. Fr. Edward O'Connor, c.s.c., Ave Maria Press. Paperback : 1,95 $



TEXTES DE VATICAN II SE RAPPORTANT AU SAINT-ESPRIT et au RENOUVEAU CHARISMATIQUE dans l'Église.

1- Prière de Jean XXIII : "Renouvelez en notre époque, COMME POUR UNE NOUVELLE PENTECÔTE, Vos Merveilles, Seigneur… (p. 580)

2- Le message d'ouverture du Concile : Jean XXIII : p. 580, par. 3 et 4.

3- Message des Pères du Concile : p. 594 : "La Force de l'Esprit"

4- LUMEN GENTIUM : La Constitution dogmatique de l'Église :
no. 4, par. 2
no. 7, par. 3
no. 8, par. 2
no. 9, par. 4
no 11, par. 1
no 12 au complet
no. 13, par. 2 et 4
no 15, par. 2
no. 19, par. 2
no 21, par. 2 et 3
no. 33, par. 2
no. 34, au complet
no. 37, par. 1
no 39, par. 1
no. 40, par. 1 et 2
No. 42 au complet
no 42, par. 1
no. 48, au complet
no. 49 au complet
no 51, par. 3

5- GAUDIUM ET SPES : Schéma XIII, Constitution pastorale

nᵒ 1, au complet
no. 3, au complet, surtout, #2
no. 10, par. 2
no 15, dernier paragraphe
no 21, par. 5
no. 38, par. 1
no 39, par. 5
no. 43, par. 6
no 92, par. 3

6- DÉCRET SUR L'OECUMÉNISME : Unitatis redintegratio

no 1, par. 2
no 2, au complet
no 3, au complet
no. 4, par. 1
no 7, au complet
no. 21, au complet
no. 24, par. 2

7- APOSTOLICAM ACTUOSITATEM : Décret sur l'apostolat des laïcs.

no. 1, par. 3
no 3 au complet
no 12 et 33 : sur les jeunes et l'E.S.
no 30, dernier paragraphe.

8- AD GENTES : Décret sur les Missions

no. 4 au complet
no. 7 par 5 et 6
no. 11, par. 1
no. 13, par. 1 et 2,
no 15, au complet
no 23 au complet
no. 28 au complet
no. 29, par. 3

N.B. Tous ces textes et ces références sont établis à partir de Vatican II, Les Seize documents conciliaires, Fides, Montréal, 1966.

Les passages soulignés traitent spécifiquement des CHARISMES et de l'action de l'Esprit-Saint.


LE RENOUVEAU PENTECÔTISTE DANS L'ÉGLISE CATHOLIQUE DES É.-U.


(Rapport du Comité sur la Doctrine de la Conférence nationale des évêques catholiques soumis à l'approbation des évêques lors de leur réunion annuelle à Washington D. C., le 14 novembre 1969. Ce rapport a été présenté par Mgr Alexander Zaleski de Lansing, Michigan, président du dit comité. Ce rapport fut approuvé à 251 voix, le 23 novembre).

Depuis ses débuts en 1967, le soi-disant "MOUVEMENT PENTECÔTISTE" s'est répandu parmi les fidèles de l'Église catholique. Il attira tout spécialement les étudiants préuniversitaires. Toutefois, il n'entend pas se conformer au PENTECÔTISME CLASSIQUE tel qu'il apparaît dans certaines communautés ecclésiales protestantes.

Dans l'Église catholique, la réaction à ce mouvement semble en être une de prudence, parfois même d'humeur maussade. Des jugements sont fondés très souvent sur une connaissance très superficielle. Il semble qu'il soit encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives en ce qui concerne ce phénomène, et des recherches plus scientifiques, plus théologiques, sont nécessaires. Pour une raison ou pour une autre, la façon de comprendre le sens profond de ce mouvement est encore trop teintée d'émotion. Il y a, certes pour cela, quelques justifications historiques et nous vivons avec de très forts soupçons dès que nous sommes confrontés à une expérience religieuse inhabituelle. Nous sommes aussi face à face avec un comportement religieux dont les normes nous apparaissent comme socialement inacceptables. Toutefois, il faudrait garder à l'esprit que ce "phénomène" n'est pas un mouvement au plein sens du mot. Il n'a pas de structure nationale et chaque groupe individuel de prière peut être complètement différent de l'autre…

Plusieurs préfèrent en parler comme d'un RENOUVEAU CHARISMATIQUE. En l'appelant un MOUVEMENT PENTECÔTISTE, nous devons être attentifs à le dissocier du pentecôtisme classique tel qu'il apparaît dans les dénominations protestantes, telles que les ASSEMBLY OF GOD, UNITED PENTECOSTAL CHURCH, et les autres… Le mouvement pentecôtiste dans l'Église catholique n'est pas l'approbation ou l'acceptation de l'idéologie ou des pratiques rituelles des autres confessions, mais préfère se considérer comme un MOUVEMENT DE RENOUVEAU dans l'esprit de la première Pentecôte. Il serait tout à fait faux de supposer que les caractères hyperémotifs, démonstratifs du style de prière propre aux dénominations protestantes, ont été adoptés d'emblée par les pentecôtistes catholiques. Au contraire, les groupes de prières catholiques tendent plutôt à être calmes et recueillis, même réservés. Il est vrai que, parfois, dans certains cas, certaines personnes émotionnellement instables furent attirées par ce mouvement. Mais ceux qui y viennent dans de telles dispositions, généralement, ne continuent pas très longtemps à y revenir. Par ailleurs, les participants à ces groupes de prières peuvent en exclure les indésirables. Bien qu'en cela, ils ne réussissent pas toujours.

Il faut cependant admettre que, THÉOLOGIQUEMENT, ce mouvement a des raisons légitimes d'exister. Il repose d'abord sur un fondement biblique très puissant. Il serait très difficile de vouloir supprimer ou comprimer l'ACTION DE L'ESPRIT-SAINT qui se manifeste d'une façon si abondante comme dans l'Église primitive. Les participants du Mouvement catholique de la Pentecôte disent qu'ils ont reçu certains pouvoirs charismatiques. Ils sont les premiers à admettre qu'il y ait eu des abus, mais le remède à ces abus n'est certes pas LA NÉGATION DE LEUR EXISTENCE, mais bien d'y recourir à bon escient. Nous avons encore besoin de recherches sur la question des dons charismatiques. Il est cependant certain que le récent concile du Vatican II suppose que l'Esprit saint est continuellement actif dans l'Église.

Sans aucun doute, la façon la plus prudente de juger de la validité des "dires" (claims : ce qu'ils prétendent) de ce mouvement pentecôtiste est d'observer les effets qu'il produit chez ceux qui y participent activement dans les rencontres de prières. Il existe une multitude d'indications que cette participation amène ceux-ci à mieux comprendre quel rôle le chrétien doit jouer dans l'Église. Plusieurs ont fait l'expérience d'un progrès spirituel remarquable dans leur vie chrétienne. Ils sont attirés vers les Saintes Écritures qu'ils lisent quotidiennement et manifestent une compréhension beaucoup plus profonde de leur foi. Ils semblent même devenir plus attachés, plus fervents à certaines dévotions traditionnelles telles que la Visite au Saint-Sacrement et à la récitation du Saint Rosaire.

Telle est donc notre conclusion à ce Comité de la Doctrine : ce mouvement ne devrait pas, à l'heure actuelle, être interdit, mais bien plutôt encouragé à se développer. Toutefois, certaines prudentes réserves doivent être exprimées : une surveillance adéquate ne peut être exercée que si les évêques se rappellent bien clairement quelle est leur responsabilité PASTORALE de garder un œil vigilant et de guider ce mouvement dans l'Église. Nous devons être attentifs à éviter les erreurs du pentecôtisme classique (du début du siècle). On doit reconnaître objectivement que, dans notre culture, il existe une tendance à vouloir substituer l'expérience religieuse à la doctrine de la foi. À toutes fins pratiques, nous recommandons que les évêques encouragent des prêtres prudents à s'associer à ce mouvement. Un tel engagement et une telle direction doctrinale (de la part des autorités religieuses) seraient bienvenus et fort appréciés de tous les pentecôtistes catholiques.

(Ce texte a été transmis par le Service Documentaire de la Presse, Conférence nationale des évêques catholiques des États-Unis).

Traduction : R. P. Jean-Paul Regimbal, o.ss.t.

Note : On trouvera une traduction française de ce texte dans le no 9 (227) XXIIIᵉ année du Bulletin catholique d'information "VERS L'UNITÉ CHRÉTIENNE", oct.-nov. 1970, à la suite d'un excellent article du R. P. Monléon, o.p., sur le "RENOUVEAU CHARISMATIQUE AUX ÉTATS-UNIS".

PROPOSITION SUR LA NATURE ET LE BUT D'UN DIALOGUE POSSIBLE ENTRE LES DIVERSES AFFILIATIONS PENTECÔTISTES ET LES CATHOLIQUES ROMAINS.

Sous les auspices et le patronage du Secrétariat pour L'UNITÉ CHRÉTIENNE (Rome, 3 septembre 1970)

L'IDÉAL CATHOLIQUE ROMAIN en vue d'un tel dialogue œcuménique se formule comme suit :

"C'est par le DIALOGUE que les Chrétiens, bien qu'encore séparés, peuvent apprendre à progresser ensemble, par le fait qu'ils communient ensemble au mystère du Christ et de son Église. Ensemble, ils peuvent discerner les éléments qu'ils ont en commun malgré les différences des voies d'approche aux mystères révélés et des manières diverses de les traduire dans leur pensée, leur vie et leur témoignage. Puisque les Frères qui croient au Christ, sont les disciples du Christ, ont fait l'expérience d'une nouvelle naissance au baptême, sont participants avec tout le Peuple de Dieu des richesses multiformes (de Dieu) et puisque ces richesses, telles que la Parole RÉVÉLÉE de Dieu, la vie de la grâce, la foi, l'espérance et la charité, ainsi que les dons intérieurs du Saint-Esprit, et tant d'autres éléments visibles, sont accessibles à tous ceux qui ont été baptisés dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ, les chrétiens sont donc en mesure de communiquer les uns aux autres ces richesses que le Saint-Esprit a développées en chacun d'eux. De fait, le Saint-Esprit est toujours à l'œuvre, et agit de telle manière à conduire le peuple chrétien à VIVRE le témoignage des Saintes Écritures, à le mieux COMPRENDRE, et partant, à mieux remplir SON RÔLE PROPHÉTIQUE.

"Ceux qui prennent part à ce dialogue œcuménique reconnaissent, les uns et les autres, qu'ils existent DANS LE CHRIST, puisqu'ils ont été baptisés EN LUI, re-nés en quelque sorte à UNE VIE NOUVELLE, "engendrés de nouveau d'un germe non point corruptible, mais incorruptible à la Parole du Dieu vivant et éternel (1 Pierre, 1,23) – et sont donc aptes, par et dans l'Esprit-Saint, à entendre leurs frères leur dire les œuvres admirables de Dieu (Reflexions and Suggestions on Ecumenical Dialogue).

C'est dans ce contexte que le SECRÉTARIAT POUR L'UNITÉ DES CHRÉTIENS, en réponse à une volonté expresse de certains membres de deux mouvements – Pentecôtisme Classique et Néo-Pentecôtisme –, est prêt à encourager certains catholiques romains à participer à un DIALOGUE avec les Frères chrétiens.

Un tel DIALOGUE doit être en accord parfait avec l'allégeance ecclésiastique de ceux qui sont PENTECÔTISTES, et doit se dérouler dans l'esprit du Document catholique romain déjà publié sur le DIALOGUE ŒCUMÉNIQUE Il devrait aussi se rapporter d'une façon réaliste au PENTECÔTISME, qui apparaît comme un MOUVEMENT, UNE SPIRITUALITÉ plutôt que comme une théologie systématique.

C'est pourquoi un tel dialogue devrait s'intéresser, initialement du moins, à la VIE et à L'EXPÉRIENCE SPIRITUELLES des chrétiens et de l'Église. Il étudierait de plus près la plénitude de la vie dans l'Esprit-Saint, et les charismes (dons) du Saint-Esprit tels qu'ils se manifestent dans le ministère de l'Église. Il concentrerait son attention sur la nécessité d'un renouveau de la vie de prière qui est la base indispensable d'un authentique TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN ET D'UN VÉRITABLE SERVICE AU MONDE. Il jetterait un premier regard sur l'unité qui existe déjà entre ceux qui appartiennent au Christ et qui s'efforcent de marcher dans la plénitude de l'Esprit. Il chercherait aussi à promouvoir un plus grand échange et une meilleure mise en commun de leurs ressources spirituelles.

L'ESSENCE DU PENTECÔTISME consiste en une prise de conscience personnelle et directe, ainsi qu'une expérience vécue de l'inhabitation de l'Esprit-Saint, par laquelle se révèle (d'une façon toute nouvelle) le Christ ressuscité et glorifié. Grâce à cette expérience, le croyant reçoit un pouvoir de TÉMOIGNER du Christ et de LOUER DIEU avec cette abondance de vie que décrivent les ACTES DES APÔTRES ET LES ÉPITRES.

L'EXPÉRIENCE DE LA PENTECÔTE n'est toutefois pas un BUT À ATTEINDRE, ou un POINT D'ARRIVÉE d'où on ne doit plus bouger ; bien au contraire, c'est une PORTE PAR LAQUELLE ON ENTRE DANS UNE PLUS GRANDE ABONDANCE DE VIE DANS LE SAINT-ESPRIT. C'est un ÉVÉNEMENT qui devient un nouveau mode de vie dans lequel les manifestations charismatiques ont souvent une place… Ce qui caractérise ce nouveau mode de vie, c'est l'amour de la Parole de Dieu, la ferveur dans la prière et le témoignage dans le monde et au monde, ainsi que le souci de vivre sous l'emprise de l'Esprit-Saint.


LE RENOUVEAU CHARISMATIQUE DANS L'ÉGLISE


(Extrait d'une lettre pastorale d'un évêque canadien)

Bureau de l'évêque
520, Richmond Street
London, ONT.

En date du 20 mars 1970.

Aux prêtres du diocèse de London (Ont.)
Mon bien cher et Révérend Père…

8- L'esprit de prière :

Dieu merci, je discerne, et plusieurs autres avec moi, le début d'un véritable renouveau dans l'Église. Pour la première fois depuis que la cognée a été appliquée à la racine de l'arbre, les signes d'un authentique renouveau spirituel sont parmi nous. J'attire particulièrement votre attention sur un vigoureux courant de retour aux valeurs spirituelles et à la vie de prière. Partout où je vais, soit au Canada, soit aux États-Unis, je découvre des gens qui discutent de la prière, de la nécessité d'un retour au véritable esprit de l'Évangile, et d'une nouvelle attitude à l'égard d'une introspection exagérée. Tout récemment, à la Nouvelle-Orléans, je faisais ma première expérience avec les "Pentecôtistes". Ce nom m'avait porté à croire qu'il s'agissait d'un petit groupe de "marginaux" sans grande importance qui ne méritait pas notre attention. Or, ce que j'y découvre, ce sont des personnes qui se servent des Écritures saintes avec l'inspiration et sous la mouvance du Saint-Esprit lui-même, pour développer un sens profond de la présence de Dieu et de son action efficace dans leurs vies. Loin d'influencer ces personnes à quitter l'Église ou à s'y désintéresser sous tous ses aspects, elles-mêmes déclarent constamment comment ce renouveau les a aidées à devenir de meilleures catholiques dans le sens traditionnel de ce terme. Je prie Dieu chaque jour, pour que cet Esprit se répande rapidement, et que, par-dessus tout, il affecte notre propre diocèse. Combien plus précieux et constructif, ce renouveau spirituel, à comparer à cette constante introversion psychologique à laquelle s'adonnent tellement de nos prêtres et de nos fidèles. Le silence et la prière réapparaissent parmi nous. Nous n'avions aucun droit de douter que Dieu se ferait enfin sentir, mais à certains moments, comme nous nous sentions presque abandonnés… L'aurore d'une ère spirituelle pointe à l'horizon de l'Église et un jour nouveau est sur le point d'éclater…

G. Emmett Carter
Évêque de Londres


CENTRE DE COMMUNICATION : au service du Renouveau charismatique catholique

Case postale 12, Notre-Dame, Indiana, 46556 – (219) 283-3035, 234-3320.

Le 6 janvier 1971,
en la fête de l'Épiphanie.

À la hiérarchie catholique romaine des États-Unis et du Canada.

Vos Excellences,

À la suite de la Conférence nationale sur le renouveau charismatique de 1970, le Comité des services vous a fait parvenir une lettre (21 sept. 1970). Le COMITÉ DES SERVICES, au nom duquel cette lettre vous est présentement adressée, est constitué de plusieurs personnes qui ont exercé, de facto, un rôle de "leadership" au sein du Renouveau charismatique ("Pentecostal Movement"). Nous désirons, par la présente, vous faire rapport de la 3ᵉ conférence des responsables, tenue à Ann Arbor, Michigan, les 1ᵉʳ, 2 et 3 janvier de cette année. Près de six cents responsables ont assisté, représentant des communautés chrétiennes de toutes les parties des États-Unis et du Canada. De plus, étaient présents des représentants de 10 pays à travers le monde. Le nombre des participants à cette conférence n'a cessé de croître : de 60 en 1969, à 300 en 1970, et maintenant à près de 600 cette année.

L'effort principal de cette Conférence des Responsables ('71) porta sur la nécessité de bien situer l'initiation et la vie chrétiennes dans le contexte de la Communauté globale sous la direction de responsables ayant fait preuve de maturité. C'est notre souci constant de veiller à l'ordre et à la stabilité de ce renouveau charismatique en mettant l'accent sur un "leadership" éclairé. Les causeries les plus importantes portaient sur "Le Leadership Spirituel" (par Steve Clark) et sur "L'initiation chrétienne" (par Ralph Martin). Dix-sept ateliers de travail se sont penchés sur l'étude d'un certain nombre de sujets connexes également présentés durant le Congrès.

Tout au cours du Congrès, se dégageaient un profond esprit d'amour et un souci constant de toute l'Église dans une atmosphère de prière. Nous vous demandons vos prières et votre patience pendant que nous continuons à nous efforcer de guider d'une façon responsable le Renouveau charismatique vers la voie d'un authentique renouveau spirituel dans l'Église. Afin de rendre cela possible, nous avons besoin que vous discerniez le VÉRITABLE ESPRIT DU FILS à l'œuvre parmi nous. L'opération des dons spirituels "dans la convenance et dans l'ordre" vise à l'édification de toute l'Église dont vous êtes, Excellences, les pasteurs attitrés.

C'est avec reconnaissance que nous soulignons la présence et la célébration de la Sainte Eucharistie dont nous honoraient les évêques Stephen A. Leven de San Angelo et Joseph C. McKinney, évêque auxiliaire de Grand Rapids ; nous désirons aussi remercier Son Excellence Mgr Walter J. Schoenherr, évêque auxiliaire de Détroit, pour la messe de clôture.

L'Église a grand besoin de chefs spirituels, spécialement de nos jours : des clercs qui soient des hommes de Dieu et des hommes de prière. Le leadership d'un renouveau spirituel exige des hommes entièrement consacrés au Seigneur Jésus et remplis de la puissance de l'Esprit-Saint. La déclaration de la "Commission théologique sur le Mouvement de la Pentecôte dans l'Église catholique des États-Unis", commission mise sur pied par la N.C.C.B., recommande, en effet, que "les évêques n'oublient pas leur responsabilité pastorale et se préoccupent de surveiller et de guider ce mouvement dans l'Église et que les évêques désignent des prêtres prudents qui s'associeront à ce mouvement." Une telle association signifie que nos prêtres doivent être véritablement des HOMMES DE DIEU ; c'est la nature même du mouvement qui exige de tels hommes.

Toute suggestion de la part de la hiérarchie visant à nous aider serait reçue avec profonde reconnaissance ; en retour, si le Comité ou le Centre peut, dans la limite de ses compétences, offrir quelque service à la hiérarchie, il s'en verra grandement honoré.

Respectueusement, dans le Christ,

George W. Kosicki, C.S.B., secrétaire
pour : le Comité des services du Renouveau charismatique cath.

James Byrne (South Bend), président
Stephen Clark (Ann Arbor)
Bertil Ghenzzi (Grand Haven, Michigan)
Rev. George Kosicki, c.s.b. (Détroit)
Ralph Martin (Ann Arbor)
Rev. Edward O'Connor, c.s.c. (Notre-Dame)
Kevin Ranaghan (South Bend)

Sincères remerciements à l'American Bible Society pour la permission de reproduire les vignettes de "Good News for Modern Man", créées par Annie Vallotton. Pour fins d'études, nous suggérons deux versions du Nouveau Testament :
1) Bonnes nouvelles aujourd'hui.
2) Bible de Jérusalem.


EXPLICATION DES SYMBOLES DE LA COUVERTURE


La couverture veut illustrer l'action souveraine de l'Esprit-Saint aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament. L'Esprit de Dieu y est représenté sous la forme blanche, dynamique et stylisée d'une colombe en plein mouvement pour exprimer que "LE SOUFFLE DU DIEU VIVANT" (ruah Elohim) est à l'œuvre dès les premiers moments de la Révélation (Genèse 1:1-2) jusqu'à son terme, dans les dernières lignes de l'Apocalypse (Apoc. 22:17-18). L'Esprit-Saint a parlé par les Patriarches et les Prophètes, tout comme Il a parlé par les Apôtres et les Évangélistes qui tous étaient SIGNES ET TÉMOINS DU ROYAUME DU SEIGNEUR ET MESSIE JÉSUS-CHRIST. Le même Esprit de Dieu est toujours vivant et actif dans l'Église et dans le monde aujourd'hui. Le Feu consumant de la Pentecôte n'a jamais cessé de brûler ni de se répandre à travers les siècles. Mais, en ces temps qui sont les derniers, le Saint-Esprit a choisi de se manifester d'une façon plus dramatique encore en répandant, d'une manière souveraine, son Feu d'Amour dans toutes les Églises chrétiennes qui s'étendent dans tous les pays du monde.

Tel que prédit dans l'Ancien Testament par David et Joël, Dieu "envoie son Esprit sur toute chair" afin de "renouveler la face de la Terre".

Les deux cercles représentent l'Ancien et le Nouveau Testament, bref : TOUTE LA RÉVÉLATION DIVINE INSPIRÉE PAR L'ESPRIT-SAINT.

Tout comme le centre de l'Ancien Testament est la révélation du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob tel qu'Il se manifesta à Moïse dans le BUISSON ARDENT, sous le nom de "JE SUIS", ainsi le centre du Nouveau Testament est le même Dieu d'Israël, mais cette fois, manifesté comme LE DIEU D'AMOUR en la Personne de Jésus-Christ : ce Dieu-Trinité : Père, Fils et Esprit-Saint (les trois cercles entrelacés où l'on voit le symbole du PÈRE TOUT-PUISSANT ET OMNISCIENT (l'œil), le symbole du FILS SAUVEUR ET REDEMPTEUR (la croix radieuse) et le symbole du Saint-Esprit (la colombe) : UN SEUL DIEU EN TROIS PERSONNES DISTINCTES.

Le cercle de gauche se développe à partir de la manifestation de Dieu à Moïse dans le FEU du Buisson ardent (Exode 3:1-6). Ce grand Prophète de Yahweh a donné au peuple hébreu le TÉMOIGNAGE de sa vision, les TABLES DE LA LOI et les éléments constitutifs à la formation du PEUPLE DE DIEU (Exode, Lévitique et Nombres). Toute la Pentateuque témoigne de sa mission prophétique au sein d’Israël.

La ROUE DE FEU représente le Prophète Élie qui, avec Moïse, fut le plus grand de tous les Prophètes de l'Ancien Testament, sous la mouvance de l'Esprit. Le FEU demeure le principal élément de son ministère prophétique, et cela, jusqu'à la fin, lorsqu'il monta aux cieux dans un chariot de feu (2 Rois 2:11-12).

L'immense brasier d'amour allumé par la Révélation du Dieu vivant dans le Buisson ardent répand ses flammes de lumière et de chaleur à travers tout l'Ancien Testament, mais il donne naissance à NEUF ÉTINCELLES ou NEUF ÉTOILES qui brillent dans la nuit des temps (représentée par le fond multicolore qui traite ce sujet de façon non figurative) : ce sont les NEUFS GRANDS PROPHÈTES qui ont annoncé les œuvres merveilleuses de l'Esprit-Saint, lorsque les temps seraient accomplis :

1- DAVID : Ps. 104 (103) : v. 30
2- ISAIE : 11 : 1-4 ; 61 : 1-3)
3- JÉRÉMIE 31:31-34
4- EZÉCHIEL 36: 25-31 et 37: 1-14
5- JOEL : 2:26-31 (ou 3:1-5)
6- MICHEE ; chapitres 5 et 7
7- SOPHONIE : 1:18
8- ZACHARIE : 12 : 1-8
9. MALACHIE : 3 : 14-21.

Le Nouveau Testament mentionne de façon beaucoup plus explicite la manifestation et l'œuvre du Saint-Esprit depuis le moment de l'Annonciation (Luc 1:26-38) jusqu'aux derniers versets de l'Apocalypse (Apoc. 22:17-18), en passant par des événements tels que le Baptême de Jésus au Jourdain (Matt. 3:13-17), la Tentation au Désert (Matt. 4:1), la Proclamation du Ministère de Jésus dans la synagogue de Nazareth (Luc 4:14-21) et finalement, le fait le plus marquant de l'Église primitive : LA PENTECÔTE (Actes 2:1-4).

Dans l'Évangile de S. Luc 12:49, Jésus dit : "Je suis venu apporter le FEU sur la terre, et comme je voudrais qu'il fût déjà allumé." L'ordre d'aller répandre la BONNE NOUVELLE et LE FEU DE L'AMOUR DIVIN aux extrémités de la terre fut donné par Jésus lui-même, le Christ ressuscité, au jour de son Ascension :

"Toute autorité m'a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit." (Matthieu 28 : 18-19)

Le jour de la Pentecôte, les feux de l'Esprit-Saint tombèrent sur les 120 disciples réunis dans la chambre haute. Ce fut comme un violent coup de vent, puis ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se divisaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.

"TOUS FURENT ALORS REMPLIS DE L'ESPRIT-SAINT ET COMMENCÈRENT À PARLER EN LANGUES, SELON QUE L'ESPRIT LEUR DONNAIT DE S'EXPRIMER." (Actes 2:1-4)

Et voici qu'aujourd'hui encore, dans l'Église de notre temps, les SIGNES ET LES MERVEILLES DE L'ESPRIT-SAINT sont en train de se manifester à nouveau dans toutes les confessions chrétiennes à travers le monde et se répandent comme une traînée de feu, comme jamais on ne l'a vu depuis les premiers siècles de l'Église. C'est par cette nouvelle Pentecôte que semble devoir se réaliser L'UNITE DES EGLISES DANS LA PUISSANCE DE L'ESPRIT-SAINT, selon le voeu même du Christ : "Qu'ils soient UN, Père, comme Nous sommes UN."

Le Christ est mort, le Christ est ressuscité, le Christ reviendra dans la gloire et son retour est proche…

En ces temps qui sont les derniers, nous voyons se réaliser sous nos yeux la prophétie de Joël (3: 1-5) :

"Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront, leurs jeunes gens auront des visions et leurs vieillards des songes." (Actes 2:17)