RÉFLEXION : « … même un ami »

« … même un ami »

Par Benoit Voyer

29 juillet 2026

Pourquoi est-il si difficile de se faire des amis à l’âge adulte ? Pourquoi certaines rencontres deviennent-elles des relations profondes alors que d’autres restent simplement de précieux moments partagés ? À l’occasion de la Journée internationale de l’amitié qui a lieu le 30 juillet, je me suis questionné sur ce lien si particulier qui unit les personnes.

On n’acquiert pas un ami comme un bien de consommation. On ne trouve pas une relation significative dans les rayons de chez Jean Coutu, même le slogan publicitaire dit qu’on y trouve de tout « même un ami ».

Pour créer un lien fort, il faut du temps, des rencontres, des échanges et des expériences vécues ensemble. Ce sont les seules manières d’établir un lien profond entre deux personnes. Comme l’écrivait Delphine Py dans l’édition du 17 juin 2026 du magazine français Psychologies : « Une amitié solide ne demande pas une présence constante, mais l’assurance d’être important et de pouvoir compter sur l’autre. » Ainsi donc, le temps qu’on perd entre amis, n’est jamais vraiment perdu.

Par « ami », j’entends quelqu’un à qui l’on peut se confier, quelqu’un que l’on ose solliciter en cas de besoin et avec qui il est possible de partager des « vraies affaires ».

L’amitié est un lien profond, mais tellement fragile. Certaines durent toute une vie, alors que d’autres s’évanouissent doucement, sans conflit, simplement parce que les chemins changent et nous guident ailleurs vers « d’autres possibles ». Puis, il arrive parfois qu’on découvre que ce qui nous unit n’est plus suffisant pour continuer la route ensemble.

Ce qui est merveilleux, c’est que deux amis finissent par développer un langage commun, des souvenirs et des moments qui appartiennent à leur propre « nous amical ». Cette relation mérite le respect, parce qu’elle repose sur la confiance et la reconnaissance de l’autre.

Qu’en est-il des amitiés entre un homme et une femme ? Je crois aux relations égalitaires dans la différence de ce que nous sommes. C’est pour cette raison que je crois qu’il est possible qu’il y ait une amitié sincère entre un homme et une femme. Bien entendu, il y aura la notion d’attraits sexuels à surmonter si l’on est des hétérosexuels. C’est la nature des choses. D’ailleurs, ce défi est similaire chez ceux et celles qui ont d’autres orientations sexuelles.

L’amitié se vit avant tout au présent.

La Journée internationale de l’amitié rappelle l’importance des liens humains dans un monde où les relations peuvent parfois devenir superficielles. Créée par les Nations Unies en 2011, cette journée invite à reconnaître le rôle de l’amitié dans le rapprochement entre les personnes, les cultures et les peuples.

DANS L'ACTUALITÉ : On prie pour les victimes des incendies à Saint-Lin-des-Laurentides

Incendie du 27 juillet
Lors de la messe, on prie pour les victimes des incendies à Saint-Lin-des-Laurentides

Par Benoit Voyer

29 juillet 2026

Dans le cadre intime de la sacristie de l’église catholique de Saint-Lin-des-Laurentides, dans la région de Lanaudière, quelques dizaines de fidèles se sont réunis, ce 28 juillet, à 9h, pour célébrer l'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. La messe était présidée par l’abbé Paul Léveillé, prêtre associé à la région pastorale de Montcalm, dont fait partie la paroisse de la Bienheureuse-Émilie-Gamelin. Son mandat a récemment été renouvelé par Mgr Louis Corriveau, l’évêque de Joliette.

L’extrait de l’Évangile du jour parlait du jugement dernier : « De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Mt 13, 36-43). Ainsi donc, le feu était à l’ordre du jour.

Lors de l'offertoire, au moment où le prêtre élevait le calice, sœur Chantal Desmarais, responsable de cette communauté chrétienne, a demandé à chacun de prier pour les victimes des récents incendies survenus à Saint-Lin–des-Laurentides. En sous-entendu, elle demandait également de prier pour les « allumeurs » puisqu’il est reconnu publiquement, même si les auteurs circulent au grand vent, que plusieurs de ces incendies sont l’œuvre de pyromanes. Tous espèrent que ces derniers changent de vie en laissant leur cœur s'ouvrir à l'amour de Dieu.

Messe du 28 juillet à Saint-Lin
Les incendies

Depuis le début de 2025, la municipalité est frappée par une série d'incendies majeurs qui suscite des interrogations. Plusieurs de ces sinistres ont nécessité l'intervention de la Sûreté du Québec, notamment en raison d'indices laissant croire à une ou des origines criminelles.

Le 27 juillet, une cinquantaine de pompiers ont été mobilisés pendant près de huit heures sur la rue Saint-Louis, entre la 12e Avenue et la 13e Avenue. Deux maisons ont été touchées. Par chance, les occupants n’ont subi que des blessures mineures.

Le 15 juin, un important bâtiment commercial de la rue Saint-Isidore a été détruit par les flammes. Le 23 avril, il y en a eu un autre sur la rue des Bouleaux.

Puis, l'année 2025 a été particulièrement difficile pour le Service de sécurité incendie de Saint-Lin–Laurentides. Plusieurs incendies majeurs se sont succédé, certains dans des circonstances jugées suspectes, ce qui a nécessité à plusieurs reprises l'intervention de la Sûreté du Québec.

Le premier événement marquant survient le 7 mars, lorsqu'un important incendie ravage un atelier de carrosserie de la rue de l'Industrie. Une douzaine de véhicules sont détruits et, dès les premières heures de l'enquête, la Sûreté du Québec évoque la possibilité d'un incendie d'origine criminelle.

Le 2 mai, deux autres débuts d'incendie se déclarent à moins d'une heure d'intervalle sur la rue Saint-Isidore : l'un dans un ancien restaurant, l'autre au restaurant La Porte des Laurentides. En raison de leur proximité dans le temps et l'espace, la Sûreté du Québec ouvre une enquête afin de déterminer si les deux événements sont liés.

Le début du mois de juin est particulièrement éprouvant pour les pompiers. Entre le 5 et le 8 juin, quatre incendies de bâtiments se produisent en seulement quatre jours : rue Carole, rue Cléroux, rang Sainte-Henriette et rue de Provence.

L'année se termine avec d'autres interventions importantes. À la fin de décembre, un incendie majeur détruit le Resto Barba's (Resto 335) sur la rue Saint-Isidore. Les caméras de surveillance capteront les méfaits d’un pyromane. Elles circuleront sur Internet pendant un bon moment. Quelques jours plus tard, le 6 janvier 2026, un nouveau sinistre frappe le même établissement, dans un contexte que les enquêteurs jugent suspect.

Sœur Chantal Desmarais, S.C.S.M., est une religieuse des Sœurs de la Charité de Sainte-Marie. Elle est particulièrement interpellée par tout ce qui se passe à Saint-Lin. Depuis 2016, elle est reconnue pour son travail en pastorale et pour les cours de karaté qu’elle donne dans la région. Il n’y a pas longtemps, elle était déléguée au Synode sur la synodalité, tenu à Rome.

L'église catholique de Saint-Lin-des-Laurentides
La communauté catholique

Construite entre 1887 et 1890 d'après les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard, l'église de Saint-Lin est l'un des plus beaux exemples d'architecture néo-byzantine du Québec. Avec son imposante coupole, ses deux clochers et son riche décor intérieur, elle domine toujours le cœur du vieux village et constitue l'un des principaux repères patrimoniaux de Saint-Lin–Laurentides. Inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, elle est l'héritière d'une paroisse fondée en 1835.

C'est dans cette paroisse que fut baptisé, le 20 novembre 1841, Sir Wilfrid Laurier, futur premier ministre du Canada. Si ce baptême a été célébré dans l'église précédente, l'édifice actuel demeure le témoin de cette histoire et de la foi des générations qui ont façonné la communauté de Saint-Lin. Aujourd'hui encore, les célébrations qui s'y déroulent prolongent cette tradition de prière et de rassemblement au cœur de la vie chrétienne. D’ici la fin d’août, elles ont lieu dans l’église chaque dimanche à 10h30 et les mardis et vendredis, à 9 h, dans la sacristie.

En vacances en France, le "curé" de la paroisse est l'abbé Laurent Gouneau. Officiellement, son mandat vient d'être renouvelé par son évêque dans son rôle de "Prêtre-répondant, modérateur de la charge pastorale au sein d'une équipe pastorale missionnaire, au service des paroisses Bienheureuse-Émilie-Gamelin, Notre-Dame-de-l'Acadie, Sainte-Julienne, Saint-Esprit et Bienheureuse Marie-Rose-Durocher". Ces paroisses forment la Région pastorale de Montcalm. Il se désigne lui-même comme étant un prêtre du diocèse de Limoges en mission pastorale au Québec. Il sera de retour dans la région dans quelques jours.

AU FIL DE L'HISTOIRE: Le miracle de la pluie a Granby le 30 aout 1975