RÉFLEXION : On ne voit bien qu’avec le coeur

On ne voit bien qu’avec le coeur

Par Benoit Voyer

10 juin 2026

Les « tout-petits » et « les pauvres de cœur » comprennent des choses que bien des gens ne comprennent pas. Leur logique n’est pas la même. Elle demeure simple. Lorsqu’il est question des choses de l’évangile, ils savent que ce qui compte avant tout, c’est de l’accueillir et d’y croire. L’évangile ne se comprend pas toujours avec la logique. C’est plutôt avec le cœur qu’on en saisit l’essentiel. Comme disait le Petit Prince dans l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux. […] On ne voit bien qu’avec le cœur ».

C’est pourquoi Jésus priait Dieu en disant : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits. » (Mt 25, 11-30)

1 + 1 = 3
Dieu c’est le « Tout-Amour ». La relation que Jésus a avec Dieu est de l’ordre de la communion. Le lien qu’il y a entre les deux, les chrétiens l’appellent « le Saint-Esprit ».

Pour faire une image simple, c’est comme ce qui se passe entre deux amoureux. Chacun a son unicité, mais la communion qu’il y a entre eux, leur « nous », devient une troisième personne vivante. À deux, ils deviennent trois : moi, toi et nous. C’est la trinité conjugale.

Ainsi en est-il de l’image que les chrétiens se font de Dieu : il y a le Père, Jésus, le fils par excellence, et l’Esprit saint. C’est la divine Trinité.

Le « Tout-Amour »
À travers ses miracles et ses enseignements, Jésus ne cesse de nous parler du grand amour que Dieu a pour sa création. Il aime chaque femme et chaque homme d’un amour unique et plein de compassion et il invite chacun à faire de même dans son parcours sur cette terre où nous vivons et dans le cosmos où cette terre navigue. Les chrétiens appellent ce cœur tout-aimant de Dieu le « Sacré-Cœur ».

Comme l’écrivait le vénérable Pierre Goursat dans le magazine « Il est vivant ! »[1] : « Le Sacré-Cœur est bien davantage qu’une simple dévotion. C’est l’essentiel même de notre foi, puisqu’il s’agit du cœur de Dieu, de l’amour de Dieu, de l’amour trinitaire ». Pour lui : « Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on fait, mais la manière dont on le fait et l’intensité d’amour qu’on y met. »[2] Dieu nous enseigne la compassion. Cette dernière est un mouvement intérieur du cœur, de l’âme.

____________________

[1] Pierre Goursat. « Éditorial – Le cœur de Dieu », Il est vivant ! no 17, février 1978, p. 2.
[2] Pierre Goursat. Week-end communautaire en région parisienne, 21 juin 1981. Cité dans : Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 268.