VISION CATHOLIQUE : La bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin

La bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin

Par Benoit Voyer

4 mai 2026

Catherine Longpré est née le 3 mai 1632 à Saint-Sauveur-le-Vicomte, en basse Normandie. Elle est la fille de Françoise Jourdan de Launay et Jacques Symon, sieur de Longprey, avocat de profession. Elle est la troisième d’une famille de quatre enfants, composée de trois filles et un garçon.

Dans les heures qui suivent son entrée dans ce monde, elle est baptisée dans la tradition catholique. Son parrain est Jean Jourdan, son grand-père maternel, et sa marraine Catherine de Maires, femme du bailli de Saint-Sauveur-le-Vicomte.

Vers l’âge de deux ans, Catherine est confiée aux soins de ses grands-parents maternels, Renée et Jean Jourdan, des gens reconnus pour leur grande piété. Un jour, Jean Jourdan prédira au sujet de Catherine: « Cette petite sera religieuse et servante de Dieu ».

À douze ans et demi, après de grandes hésitations parentales, on lui donne la permission d'entrer au monastère des Augustines hospitalières de Bayeux, en même temps que Françoise, sa sœur. Le 24 octobre 1646, elle devient officiellement religieuse.

On demande du renfort chez les Augustines, à Québec, qui ont fondé le premier hôpital en Amérique du Nord, en 1639, par sœur Marie Guenet de Saint-Ignace. Catherine et sa sœur Françoise répondent positivement à la demande.

Malheureusement, leur père s’objecte et convainc Françoise de retirer sa demande, mais Catherine refuse et reste centrée sur ce projet, ayant la certitude intérieure qu’il s’agit de la volonté de Dieu pour sa vie.

Après avoir lu « Les Relations des Jésuites » racontant le martyre du Père Isaac Jogues, Jacques Symon, sieur de Longprey, accepte de la laisser partir.

À Nantes, le 4 mai 1648, le lendemain de ses seize ans, Catherine fait profession solennelle devant le père jésuite Barthelémy Vimont. Elle fait notamment le « vœu de vivre et de mourir au Canada si Dieu lui en ouvre la porte ».

Le 31 mai 1648, sœur Catherine de Saint-Augustin, alors âgée de 16 ans, quitte le port de La Rochelle à bord du Cardinal en direction de celui de Québec. Elle arrive à destination le 19 août.

Sans tarder, elle apprend les langues des premières nations et soigne les malades. On dit qu’elle était une excellente infirmière. Rapidement, elle prendra du gallon. Successivement, elle deviendra économe, directrice générale de l’hôpital et maitresse des novices.

Ses bonnes relations avec les premiers peuples lui valent le surnom de « Iakonikonriiostha », qui veut dire « celle qui rend l’intérieur plus beau » [1] Lorsque Catherine était en présence des gens, elle percevait ce qui se passait en eux. Elle avait le don de lire dans les cœurs.

Elle décède le 8 mai 1668, dans sa 36e année.

Et après…

Elle continue de vivre malgré sa mort physique.

Après son décès, à travers son journal intime qu’elle tenait à la demande de son accompagnateur spirituel, on découvre une sainte.

En 1671, le père jésuite Paul Ragueneau rédige et publie « La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin ». Il y révèle les détails de la vie Catherine et « ses tourments mystiques ». Il y parle de ses vingt ans dans le silence du cloître au service des malades.

En 1689, on exhume son corps. Ses ossements sont déposés dans une « châsse », que les Augustines placent au pied de la croix d'un oratoire, à l'intérieur du cloître. Bien entendu, quelques ossements sont envoyés au monastère des Augustines de Bayeux où Catherine a fait son noviciat et vécu avant son départ pour l’Amérique.

Catherine de Saint-Augustin est déclarée vénérable le 9 mars 1984 et bienheureuse le 23 avril 1989 par le Pape Jean-Paul II.

Lieu de sépulture

Ses restes reposent dans la chapelle historique du monastère des Augustines, dans le Vieux-Québec, juste à côté d’un reliquaire contenant la moitié du crâne de saint Jean de Brébeuf.

Elle est dans un grand reliquaire. Il est constitué de deux compartiments : La partie du bas contient notamment son crâne et sa cage thoracique. Celle du haut est vitrée. S’y retrouve une vertèbre cervicale. Cette section qu’on appelle une « châsse » est de couleur or, œuvre du sculpteur Noël Levasseur (1717). Sa base est supportée par douze pattes sphériques et est décorée d'une bande d'instruments de la Passion : tenailles, échelles, croix, lances et calices sculptés en bas-relief. Au centre se trouve une phrase en latin qui se traduit par : « Précieuse dans l'esprit de Dieu la mort de ses saints ». L'intérieur est tapissé de tissu rouge décoré de galons en fil doré et de paillettes. Les reliques sont déposées sur un coussin recouvert de tissu blanc.

Cette « châsse » et les ossements ont été sauvés de l'incendie qui a détruit l'hôpital et le monastère en 1755. Elle a subi plusieurs altérations depuis sa réalisation.

La mémoire de la bienheureuse Catherine Longpré de Saint-Augustin est le 8 mai.

_____________________________________

Pour en savoir davantage :
www.centrecatherine.ca


____________________

[1] Simon Lessard. « Iakonikonriiostha - Catherine de Saint-Augustin 1632-1668 », Le Verbe, Juillet-aout 2024, p. 17.