POLITIQUE : L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »

L’interventionnisme conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne »

Par Benoit Voyer

12 juin 2026

Presque tous les hommes toutes les femmes de chiffres l’affirment : « l’étatisme » ou l’interventionnisme a des effets pervers. Il conduit à un remodelage de « la pensée citoyenne » tellement en profondeur que la personne en vient à perdre sa capacité d’imaginer les choses autrement que celles que les gouvernements ont mises en place. C’est ce qui a fait dire à Trévor Burrus : « L’État atrophie notre imagination »[1]. C’est ce qu’il appelle le « Statrix ».

Ce qu’un gouvernement met en place à travers les lois et les programmes laisse une empreinte tellement grande qu’on finit par avoir de la difficulté à imaginer qu’il pourrait en être autrement. Pour reprendre Vincent Geloso : « L'impact de l’intervention étatique "sur notre capacité à concevoir les mondes que l’être humain peut créer par la recherche d’un bien-être supérieur" ».[2]

De quelle manière s’atrophie la matière grise ?

Pour commencer, on lance une loi ou un programme ou un « projet structurant ». Bien entendu, celui-ci entraine des changements dans nos modes de vie. Pensant avoir en main la solution parfaite, ceux qui nous gouvernent s’organisent pour éliminer des solutions ou des initiatives privées ou provenant de la communauté qui existaient ou existent déjà.

Résumant l’idée de Burrus, Geloso écrit : « Une fois l’action gouvernementale pleinement mise en place – qu’il s’agisse d’un métro, d’un cartel légal de taxis ou d’un réseau d’écoles publiques – une coalition d’intérêts composée de syndicats, de bureaucrates, de politiciens et d’acteurs économiques (comme une entreprise d’autobus électriques subventionnés) s’active pour s’assurer que cette intervention, aussi nuisible soit-elle pour la collectivité, ne disparaisse jamais ».

Il ajoute : « Lorsque la qualité du service se dégrade, les gens se retrouvent coincés à cause de la deuxième étape. De plus, à la suite de la troisième étape, les citoyens ont non seulement perdu les services alternatifs, mais ils ont peut-être même oublié qu’ils existaient déjà. Cependant, si une tentative privée réussit à percer, la sixième étape survient ».

On procède alors à l’interdiction ou à la réglementation de la nouvelle solution privée. Ainsi on s’engouffre dans une sorte de « cycle menstruel » qui se répète et se répète.

On ne cessera de le répéter, il y a trop de règlements, de subventions et de sociétés d’État. Plus les gouvernements tentent d’encadrer, plus ils tuent la créativité et la productivité.

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[1] Cf. Trevos Burrus, What is the Statrix, Capital Research Center, 2018.
[2] Vincent Geloso. Autour du libéralisme en 80 idées, 2025, p. 22.