L’autonomie du Québec


Par Benoit Voyer

9 janvier 2025 

Je ne me cacherai pas, fondamentalement je suis un nationaliste conservateur québécois. En figure poétique, le « Québec est mon pays, le pays de mon cœur ». Mais…

Et je dois être honnête, je suis mal à l’aise avec l’idéologie socialiste des partis politiques de gauche et de centre gauche comme le Parti québécois et Québec solidaire. Je connais trop bien les fondements de ces formations.

Au début de ma vingtaine, j’ai été président de l’aile jeunesse du Parti québécois de la circonscription de Shefford (devenue celle de Granby) et, plus tard, président de l’association de Deux-Montagnes et membre de celle de Groulx pour Québec solidaire.

Pour ce qui est du Parti québécois, en 1988, je m’y joins à la demande du député Roger Paré. Avant de m’engager, je lui dis : « Roger, je peux te donner un coup de pouce parce que me le demandes sincèrement, mais je dois être honnête : je ne suis pas très chaud à l’idée de l’indépendance du Québec… ». Il me répond, le sourire aux lèvres : « On va te convaincre… ». Je lui rétorque pour le berner : « Bonne chance! » Et j’ai travaillé bénévolement à ses côtés quelques années, mais jamais avec une grande conviction. Je me considérais davantage « pariste » que « péquiste ».

Pour ce qui est de Québec solidaire : Je me suis laissé simplement endormir par les beaux discours de Françoise David au début de la formation politique. Elle disait que dans QS on peut se parler ouvertement et qu’il y a de la place pour tout le monde. Foutaise! Dès que je me suis retrouvé dans les « instances officielles », mes idées de centre-droit social, économique et politique n’étaient guère appréciées. Rapidement, on m’a fait comprendre que chez les « orange » on est socialistes et communistes. J’ai rapidement déchanté.

Je reviens à mon sujet.

En ce moment, sur la question constitutionnelle du Québec, c’est d’une évidence : la majorité des Québécois ne sont pas chauds à l’idée d’un autre référendum sur l’indépendance du Québec. Je suis de ce nombre.

Les sondages le démontrent. En exemples, prenons celui des 20 et 21 avril 2024 de Pallas. A la traditionnelle question : « Si un référendum avait lieu sur la souveraineté du Québec, voteriez-vous pour ou contre la souveraineté du Québec ? » 50% des répondants affirment être contre la souveraineté du Québec au niveau national, alors que le camp du Oui récolte 39% d’appui.

Soyons honnêtes, ce rêve de souveraineté québécoise appartient au passé. L’obsession de Paul Saint-Pierre-Plamondon de vouloir à tout prix tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat est la position la plus radicale qu’un chef du Parti québécois a eu depuis 1970.

Tout comme moi, les Québécois sont nationalistes. Au sein de la confédération canadienne, ils veulent que le Québec soit fort et autonome. Pour eux, le Québec n’est pas une culture parmi tant d’autres. Concrètement, en d’autres mots, les citoyens du Québec sont autonomistes et désirent continuer de cheminer au sein d’un Canada moins centralisateur. De plus, ils accordent beaucoup d’importance à la tradition et aux droits et responsabilités individuels.

L'amour, c'est donner a l'autre la sécurité et la recevoir de lui


La psycho-dynamique de la conversion


Par Jean-Paul Regimbal (1974)

Le concept central de la Criminologie Clinique est celui de la RÉHABILITATION.  Grâce à l’évolution de la science criminologique, on a vu l’intérêt principal se déplacer de l’ACTE criminel vers la PERSONNE du criminel. Ainsi la Criminologie clinique se penche-t-elle sur le problème de l’HOMME, auteur d’un crime, afin d’en connaître les multiples aspects biologiques, psychologiques, sociologiques et culturels. Le but de cette minutieuse enquête, c’est de parvenir à poser un diagnostic précis et d’élaborer ensuite un plan de traitement afin d’aider le criminel à reprendre sa place dans la société. Or, le criminel ne parviendra jamais à se réinsérer dans le circuit social qu’à la condition de changer son comportement et de réviser le système de valeurs qui sous-tend ce comportement criminel.

Changer de comportement, réviser son système de valeurs réajuster son mode d’agir à un nouveau système de valeurs, qu’est-ce donc sinon la description du phénomène extraordinaire qu’on appelle la CONVERSION ? C’est même à se demander s’il peut y avoir une réhabilitation authentique et durable sans une authentique conversion ?

Notre brève étude voudrait d’abord définir le terme de « CONVERSION » avant de mettre en lumière la psycho-dynamique particulière de ce phénomène tel qu’observé chez certains criminels. Pour terminer, nous voudrions souligner les relations qui existent entre la CONVERSION et la RÉHABILITATION.

1.Définition

La langue française emploie le terme CONVERSION dans plusieurs sens : en langage militaire, la conversion signifie « un changement de front » ; dans la marine, la conversion désigne « un mouvement circulaire exécuté par un corps de bâtiment » ; En mécanique, on parlera d’un « centre de conversion ». En d’autres domaines, on parlera de « conversion de rente », de « conversion d’équations », de « conversion de maladie ».

Dans le contexte de la présente étude, le terme CONVERSION se réfère à un phénomène psychologique très précis. Il est pris dans son acceptation intellectuelle et morale bien qu’il conserve quelque chose de son acceptation physique. En effet, dans son sens PHYSIQUE, le terme « convertir » implique l’idée de se « tourner vers » un but nouveau, soir encore l’idée de « pivoter sur soi-même », soit enfin de « retourner et revenir vers son point d’origine ».

C’est donc au sens figuré et métaphorique qu’on emploie le terme CONVERSION sur le plan intellectuel et moral. De la notion d’orientation physique, on passe à celle de changement d’orientation intellectuelle et morale.

Au figuré, le terme CONVERSION évoquera encore l’idée de « tourner son attention vers quelque chose ou vers quelqu’un ». On rencontre encore le terme CONVERSION dans le sens de « se tourner vers un but » ou marque alors un objectif, une intention finale.

Dans un excellent ouvrage « LE PROBLEME DE LA CONVERSION » (1), le Rev. Père Paul Aubin, s.j., scrute en profondeur la signification du terme de conversion tel qu’employé par les auteurs profanes et sacrés. Au terme d’une exégèse rigoureuse, l’auteur reconnaît deux types de conversions : la conversion philosophique ou profane, et la conversion religieuse ou chrétienne.  En comparant les deux, l’auteur conclut :

« Conversion philosophique et conversion chrétienne n’ont souvent
de commun que le nom ; et pourtant, l’une et l’autre sont présentées
comme un mouvement essentiel de vie spirituelle et morale…
Leur différence apparaît vite si l’on fait attention à certaines expressions
que les uns emploient plus facilement que d’autres…
Le christianisme, par exemple, unit très usuellement de mot
« épistrophe » au mot « metonoiein ». Rien de tel chez les
philosophes ou l’expression « se tourner sur soi-même » est
typique » (p.186).

En d’autres termes, la conversion chrétienne est « vers le Seigneur » et implique le dépouillement de soi-même pour adopter les idées nouvelle (métanoia) alors que la conversion philosophique ou profane se fait « vers soi-même » et implique l’idée d’une découverte progressive de ses ressources personnelles.

Dans le contexte de la psychologie moderne, il faudrait rapprocher la « conversion philosophique » a « l’insight », c’est-à-dire a un effort d’introspection et d’auto-analyse qui permet au sujet de prendre conscience de soi-même et de se situer dans le contexte global de la vie sociale.

Par ailleurs, la conversion chrétienne repose essentiellement sur la découverte de QUELQU’UN vers qui on se retourne. C’est la découverte de l’AUTRE avec qui on établit des rapports de personne à personne, et cet AUTRE c’est DIEU. C’est donc la prise de conscience de soi-même mais en face d’un AUTRE vers lequel on tend. Au lieu de se situer soi-même au sein de contingences bio-psycho-socio-culturelles, le converti se situe par rapport à une PERSONNE, qui est un absolu et dont dépend un plan universel de salut au sein duquel on a sa place précise ; une personne qui propose des valeurs nouvelles ; valeurs qui exigeront, par voie de conséquence, un comportement nouveau.

La conversion profane ou philosophique marque un certain retour à l’origine. L’homme, en se tournant vers soi-même, veut connaître sa place dans l’ensemble du cosmos. L’intelligibilité de son existence résulte de la synthèse qu’il réussit à faire autour de son point d’origine. La conversion religieuse ou chrétienne, elle, se fonde sur la découverte de DIEU et se situe par rapport à l’Alliance qui marque l’origine des rapports interpersonnels entre les deux, entre la créature et son créateur, entre l’homme et son Dieu. Le philosophe cherche à se mettre au diapason du Cosmos d’où résultera une sorte d’harmonie existentielle entre la nature et lui ; le chrétien, pour sa part, vise à se mettre en harmonie avec la volonté de Dieu, assuré par là qu’il sera en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’univers.

II. La démarche

Que nous envisagions la conversion profane ou la conversion religieuse, il reste toujours que cette conversion est « un acte de la raison qui implique un changement radical dans la conduite et la disposition intérieure du caractère ». Il y a une prise de conscience de certaines valeurs et prise de position en face de ces valeurs de sorte qu’il en résulte chez l’individu, une nouvelle manière de voir les choses et un comportement tout différent de celui qu’il avait auparavant.

Or, ce changement, cette transformation du sujet, ne peut se faire que progressivement et par étapes. Ce qui nous intéresse plus particulièrement, au ou nous en sommes, ce n’est pas le CONTENU du système de valeurs proposé. Ce n’est pas, non plus, le mode naturel ou surnaturel selon lequel cette transformation s’opère chez le sujet en voie de conversion. Ce que nous désirons souligner, c’est la dynamique propre qui caractérise le phénomène de la conversion tel qu’observé chez certains criminels. C’est donc l’aspect psychologique plutôt que théologique qui revient ici notre attention.

On pourrait distinguer cinq phases dans la démarche de retour qu’est la « conversion » :

1-La révolte contre l’ordre existant ;
2-La prise de conscience que cette révolte est sans issue ;
3-La prise de conscience des valeurs proposées ;
4-La prise de position en face de ces valeurs ;
5-La mise en pratique de ces nouvelles valeurs.

On remarquera que la conversion ne suit pas une démarche rectiligne et ascensionnelle vers un sommet. Au contraire, il s’agit plutôt d’un mouvement d’oscillation pendulaire. C’est une marche dialectique qui procède par mode de négation et d’affirmation.

Le sujet commence par se poser en s’opposant à l’ordre existant. Mais, il se rend compte que cette opposition est stérile puisqu’elle aboutit à l’absurde. C’est pourquoi il décide de s’opposer à son propre état de misère. En s’opposant a sa misère, il cherche à se poser dans un ordre nouveau qui est le contraire de sa misère. Cependant, il ne peut s’intégrer dans cet ordre nouveau qu’en renonçant aux anciennes valeurs. Finalement, le sujet ne peut selon les nouvelles normes et valeurs que s’il renonce pratiquement à son ancien comportement. Ce n’est qu’au terme de ce mouvement d’oscillation du négatif au positif et du positif au négatif que le sujet finit par retrouver son équilibre dans la paix et la loi qui accompagnent le repos.

Chez le délinquant, comme chez le criminel, cette démarche de la conversion prend véritablement le sens d’un drame existentiel, En effet, c’est tout l’être qui est atteint : son mode de vie, sa façon de penser, sa façon d’agir, son échelle de valeurs, son image « de soi », son idéal suprême. Il s’agit, pour lui, de restructurer toute sa personnalité de fond en comble. Cela ne peut se faire sans de violentes oppositions. C’est pourquoi le mouvement oscillatoire dont nous avons déjà parlé prendra d’autant plus d’amplitude que le sujet est plus attaché à sa vie criminelle.

1-La révolte contre l’ordre existant

Le trait caractéristique de toute personnalité délinquante, c’est d’affirmer son autonomie en s’opposant à l’ordre établi. Tout ce qui compte à ses yeux, c’est de faire selon sa propre volonté, sans égard pour les autres, et surtout, sans entrave de la part des autres. Toute intervention de l’autorité devient un outrage à sa personnalité. Toute forme de contrôle devient une atteinte à sa liberté.

Il ne faut donc pas se surprendre de constater que le délinquant ou le criminel accueille avec tant d’hostilité les premières démarches du prêtre ou du thérapeute. La réaction sera d’autant plus violente que le sujet se sent plus menacé. Il se livre à toutes sortes de généralisations outrancières à l’égard des personnes qui tentent de le secourir. Il prétend qu’il veut la paix et rien ne sert de perdre son temps avec lui. En réalité, c’est sa façon à lui de crier au secours.  Ce qu’il faut par-dessus tout durant la première phase, c’est une attitude sereine, compréhensive et pleine de tact pour ménager les susceptibilités du sujet qui reviendra malgré les apparences contraires.

2-La prise de conscience que cette révolte est sans issue

L’échec de cette première approche n’est qu’un échec apparent. En réalité, le sujet a subi un choc d’autant plus grand que sa réaction a été plus violente. Ce qui le trouble surtout, c’est de voir qu’on ne l’a pas rejeté. L’angoisse qu’il en ressent remet en question l’équilibre (d’ailleurs instable) de sa personnalité. A cause de son angoisse, il va revenir auprès de son « ennemi ». Il va scruter la valeur et l’authenticité de la personne qui a osé lui parler ainsi. Progressivement, il se rend compte que sa position est absurde. Il prendra conscience, parfois avec acuité douloureuse, qu’il est privé de beaucoup de choses, principalement de sa liberté, a cause de son esprit de révolte. Sa capacité d’introspection s’avise et il se découvre toutes les misères. Le fait que sa misère est le résultat de sa volonté propre lui inspire un tel dégoût qu’il se croit irrémédiablement perdu à jamais.

Durant cette deuxième phase, le sujet continue à opposer des fins de non-recevoir à toute forme de solution que pourrait lui suggérer le prêtre ou le thérapeute. Mais on sent que la principale objection n’est plus l’obstination aveugle.  Il devient de plus en plus apparent que le sujet ressent une profonde impuissance a tout bien. Il avoue qu’on aurait pu réaliser quelque chose avec lui si on l’avait connu plus tôt, mais actuellement tout est perdu. Le succès éventuel des conseils proposés durant cette seconde phase dépendra, dans une large mesure, de la qualité des relations interpersonnelles établies à ce moment précis. Le sujet fait du « testing » pour mesurer le degré de sincérité et le désintéressement authentique qui motivent la personne qui le traite. S’il découvre la moindre faille chez cette personne, le délinquant en tirera un argument suffisant pour légitimer sa persévérance dans la voie du mal.

3-La prise de conscience des valeurs proposées

Abimer par l’absurdité de sa révolte, le délinquant ou le criminel prend progressivement conscience de ce qu’il aurait PU ETRE, de ce qu’il aurait DU ETRE. Il se surprend de n’être pas encore détruit par sa propre bêtise et commence à découvrir que l’univers n’est pas fait seulement de haine et de vengeance. Il se rend compte peu à peu qu’il y a place pour l’amour et le pardon. Mais l’unique moyen pour lui de bénéficier de cet amour et de ce pardon, c’est de se conformer aux valeurs qu’on lui a proposées durant ses heures d’angoisse. Il se plaît à comparer le bonheur relatif qu’il éprouvait plus jeune lorsque ces valeurs avaient pour lui quelque signification, avec le malheur qu’il éprouve depuis qu’il a rejeté ces mêmes valeurs. Comme l’expérience lui a prouvé hors de tout doute qu’il s’était trompé, il se voit dans la possibilité de sortir de son erreur en suivant les conseils d’un autre. Il se risque donc à accorder une certaine crédibilité au système de valeurs proposé par cet autre. Après tout, il n’y a rien à perdre. Puisqu’on ne peut plus aller plus bas, il ne reste plus qu’à monter plus haut.

Au cours de la troisième phase, le sujet perd beaucoup de son anxiété. A force de se faire répéter que tout n’était pas perdu et que seul l’effort personnel parviendrait à vaincre les obstacles, il finit par retrouver un peu de cal intérieur. A la faveur de cette accalmie, il peut réfléchir davantage au contenu du système de valeur qu’on lui propose. Il manifeste une certaine docilité à ce qu’on peut lui dire et parfois il ressent une impression de découverte sensationnelle. Le réconfort qu’il en éprouve le stimule à vouloir en savoir plus long sur la question. Ce qui caractérise sa démarche, c’est la formulation négative de son enquête. Il procède par objections et passe au crible de la critique les réponses reçues. Il semble préoccupé de savoir si la personne qui lui parle croit vraiment aux valeurs qu’elle propose. Ce qu’il analyse, ce n’est pas tellement le RAISONNEMENT mais bien le COMPORTEMENT de son interlocuteur. Ce qu’il redoute le plus, en effet, c’est d’être dupe de quelques paroles mielleuses qui ne correspondent à rien. Sa révolte n’en deviendrait que plus agressive, et son obstination dans le mal plus enracinée.

4- La prise de position en face de ces valeurs

Au terme de cette longue et pénible évolution, le sujet en arrive au point crucial de la conversion. Il avoue s’être trompé et d’avoir végété trop longtemps dans une révolte stérile. Il avoue également que tout ce qu’on a pu lui dire jusque-là est plein de bon sens. Mais reste à franchir l’étape majeure de la décision en face des valeurs proposées. Bien des liens sensibles et psychologiques retiennent le sujet dans ses dispositions antérieures. Sur le plan intellectuel et moral, il veut vraiment s’engager dans la voie nouvelle. Les valeurs humaines, sociales et morales qui lui ont été présentées, exercent sur lui un réel pouvoir de séduction. Il peut parler avec enthousiasme du bien qui l’attire et désire réellement accomplir, mais sur le plan pratique, les œuvres ne sont pas conformes aux idées.

La principale difficulté, qui compromet le succès de cette quatrième étape, c’est une fausse interprétation de l’ambiguïté que l’on constate chez le sujet. On est porté à taxer d’hypocrisie ou de lâcheté l’attitude ambivalente du sujet. Il dit une chose, mais en fait une autre ; il promet de bien faire et le voilà en rechute ; il gagne notre confiance puis semble profiter de la première occasion pour trahir cette même confiance.

Loin d’être de l’hypocrisie ou de la lâcheté, cette apparente incohérence est le signe de l’effort réel que fait le sujet pour sortir de l’ornière. Il faut plus qu’une bonne résolution pour tenir droit dans le bon chemin. Il faut des efforts, des rechutes et des relèvements. Il n’existe pas réhabilitation sans une certaine marge de récidive chez les criminels et les délinquants authentiques. C’est pourquoi, il ne faut ni blâmer, ni condamner, ni rejeter le sujet à la suite de ces récidives inévitables. L’essentiel, c’est de lui projeter une image positive de soi-même et de veiller à ce que les rechutes soient plus rares et moins graves d’une fois à l’autre. Ce à quoi il faut s’attacher avant tout, c’est l’orientation générale de la volonté du sujet. Tant que ce dernier conserve la conviction qu’il peut bien faire s’il le veut, tant qu’il croit possible de sortir de son impasse en appliquant les principes qu’on lui enseigne, la conversion est entre bonne voie.

5-La mise en pratique des nouvelles valeurs

La différence essentielle entre la quatrième et la cinquième phase, c’est que la quatrième se joue principalement au niveau de l’intelligence spéculative tandis que la cinquième se situe au niveau du jugement pratico-pratique et de la volonté expresse. Il ne s’agit plus d’une simple CONFORMATION de son esprit aux principes et aux valeurs proposées; il s’agit bien plutôt d’une CONFIRMATION EN ACTE de ces mêmes valeurs. Il a fallu quatre longues étapes pour mettre sur pied les structures d’une nouvelle personnalité en substituant des valeurs humaines, sociales et morales aux valeurs délinquantes de l’individu. La cinquième phase se concentre davantage sur le fonctionnement pratique de la personnalité globale. Le sujet éprouve une certaine crainte de s’engager à corps perdu dans la nouvelle voie. Il craint par-dessus tout, les jugements de ses anciens compagnons qui le traiteront DE DÉGONGLÉ, DE TRAITE, DE LACHE, etc… Il éprouve un certain malaise d’avoir laissé tombes ses amis d’autrefois. Il n’échappe pas à un certain sentiment de culpabilité d’avoir trahi le « gang » ou les anciens copains. Les difficultés concrètes de l’engagement humain, social et chrétien lui pèsent réellement sur les épaules au point qu’il éprouve de la nostalgie profonde de la « belle vie » du passé. Ce n’est qu’après avoir réussi cette dernière étape avec succès que l’on peut parler sérieusement de CONVERSION.

Le danger, que court le prêtre ou le thérapeute durant cette dernière phase, c’est de se montrer trop « protecteur ». Il faut amener le sujet à voler peu à peu de ses propres ailes. On jugera de la maturité de ce dernier d’après sa capacité d’autodétermination dans le bien. C’est une étape d’affranchissement progressif qui doit se terminer par l’indépendance totale du sujet à l’égard de son thérapeute. Cela n’est possible, évidemment, que si le sujet a bien réussi l’intériorisation des normes et principes de la vie normale. Il faut donc que le sujet soit exposé suffisamment aux chocs de la vie courante pour éprouver la solidité de sa conversion, sans quoi le résultat de nos efforts ne sera pas à la hauteur du but proposé.

III. Relations entre la réhabilitation et la conversion

Si on accepte que la réhabilitation soit « un processus psycho-social de rééducation et de resocialisation des personnalités délinquantes ou criminelles » il devient impossible de dissocier la RÉHABILITATION de la CONVERSION. Peut-on espérer logiquement qu’un criminel retourne à la vie normale sans qu’il ne se produise en lui de changement en profondeur. Le comportement social d’une personne n’est pas seulement le dressage de cette personne a certains réflexes conditionnés. Il faut que le comportement extérieur soit de certaines valeurs.

On peut s’attendre à ce qu’un délinquant ou un criminel change sa manière d’agir sans d’abord changer sa manière de penser et sa manière de juger le monde qui l’entoure, sans qu’il n’ait pris une claire conscience de la place qu’il occupe réellement dans l’ensemble de ce monde? Pour ce faire, il doit revenir sur lui-même et se situer dans l’univers qui l’entoure; en d’autres mots, il doit au moins se « convertir » dans le sens profane du terme.

Par ailleurs, comme il s’agit pour le délinquant de S’OUVRIR A L’AUTRE et d’intégrer dans sa personnalité globale cette perception DE L’AUTRE, il importe souverainement, pour l’efficacité et la durabilité de sa réhabilitation, que la conversion profane se prolonge et s’achève dans la conversion religieuse. En effet, cette découverte de l’Autre, cette prise de conscience d’une Personne à connaître, à aimer et à imiter, place le sujet dans une perspective beaucoup plus large et dans un climat beaucoup plus favorable à la réhabilitation complète de sa personnalité. Toutes les valeurs humaines, sociales et morales sont doublées en quelque de valeurs surnaturelles. De plus, le sujet ne se sent plus seul en face de soi-même pour vaincre les obstacles intérieurs et extérieurs a lui-même. Il peut compter sur la PRÉSENCE de l’Autre pour surmonter l’anxiété de l’isolement et surtout, il peut compter sur le SECOURS de l’Autre – la grâce – pour triompher des obstacles courants.

Il ne faudrait pas croire pour autant que la réhabilitation se limite à la conversion et vice-versa. S’il est vrai qu’il ne peut y avoir de réhabilitation efficace et durable sans une authentique conversion, il est également vrai de dire qu’une conversion sans réhabilitation n’est ni efficace ni durable. Retour sur soi-même, retour vers Dieu doivent faire partie d’un programme sérieux de réhabilitation pour le délinquant criminel. Mais ce programme de réhabilitation pour le délinquant et le criminel doit être beaucoup plus vaste et beaucoup plus diversifié que la simple conversion profane ou religieuse.

Ce qu’il reste à souhaiter, en terminant, c’est que les programmes de de réhabilitation tiennent davantage compte dans l’avenir de la nécessité d’un solide programme moral et religieux pour assurer l’efficacité et la durabilité de leur œuvre.

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Tiré de la revue Trinité Liberté, Vol.6 No 3, décembre 1974, pages 7 à 15.

En ce 8 janvier 2025


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La rue Viau, a Sainte-Julienne

La circonscription de Rousseau

La rue Viau, a Sainte-Julienne,
dans la circonscription électorale québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

ARTICLE DU JOUR: Reprise de ma recherche sur René - Étienne Voyer


Par Benoit Voyer
8 janvier 2025

La recherche sur René-Étienne Voyer, mon cinquième arrière-grand-père et premier descendant de cette lignée de la famille Voyer en Amérique reprend peu à peu. Étant un aidant naturel, j’ai dû faire une pause cet automne afin de me consacrer à d’autres priorités urgentes. Les choses entrent dans l’ordre.

Voici donc une mise à jour de mon billet du 14 aout [1].

A la fin du mois d’août, ma conjointe Manon et moi avons analysé les registres de la paroisse Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée, devenue un quartier de la municipalité de Beaufort-en-Anjou, dans la région française de Maine-et-Loire, afin d’y retrouver des traces d’Étienne et de sa famille. Mon seul repaire était qu’il serait né “en” ou “vers” 1714. Page par page, nous avons regardé toutes les entrées de 1709 à 1724. Ce travail de moniale a changé la direction de la recherche.

Manon a retrouvé les parents d’Étienne, René Voyer et Marie Bélanger, et les traces de trois de leurs enfants: René (1715), Marie (1717) et Adrien (1721). En revanche, dans la période de recherche, aucune trace d’Étienne.

Il m’est revenu le souvenir de la lecture de la thèse universitaire de Josiane Paul publié sous le titre: “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France 1723-1749" (Septentrion, 2008). L’historienne y explique qu’il arrivait souvent que les petits trafiquants de sel condamnés par la justice royale française à l’extradition dans les colonies changeaient de noms ou de prénoms sur le bateau entre la France et leurs destinations.

Aussi, je me suis souvenu de la recherche du faux-saulnier Pierre Rossignol du May, premier ancêtre d’une famille Dumais en Amérique menée par une équipe de quatre chercheurs: deux en Europe et deux en Amérique. Le Pierre Dumais d’Amérique était en réalité le Pierre Rossignol d’Europe. Le choix de son nouveau nom de famille s’explique par le fait qu’il est de l’ancienne région française du May.

Il est maintenant d’une évidence qu’Étienne Voyer est dans les faits René Voyer, né le 17 décembre 1715, à Beaufort-en-Vallée, l’ainé du couple Voyer-Bélanger. “Étienne” serait une déformation calligraphique de “Et renne” Voyer. En lisant les registres paroissiaux d’autrefois, on constate qu’il est facile de confondre la lettre « r » avec un « i ».

Ainsi donc, à partir d’aujourd’hui jusqu’à preuve du contraire, je parlerai de René Étienne Voyer. René pour sa vie européenne et Étienne pour les citoyens d’Amérique.

Dans les prochaines semaines, se poursuivra l’analyse des registres de Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée de 1724 à 1744, année de son arrivée au port de Québec. Les autres registres de l’actuelle municipalité de Beaufort-en-Anjou devront aussi être scrutés afin de confirmer mon hypothèse hors de tout doute. C’est donc une histoire à suivre.

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[1] www.benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/08/sur-les-traces-de-mon-ancetre-etienne.html

La force de l'amour l'emporte sur les douleurs

En ce 7 janvier 2025


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AUJOURD’HUI DANS L’HISTOIRE : Le 7 janvier 1881, la bienheureuse Elisabeth Turgeon ouvre à Rimouski une école indépendante pour la formation des novices a l'enseignement.

Saint-Alexis

La circonscription de Rousseau

Saint-Alexis, dans la circonscription électorale québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

Sœur Marielle Lemire (1932-2020)

Sœur Marielle Lemire

Par Benoit Voyer
7 janvier 2025

Le dimanche 17 janvier 1932, à Martinville, à quinze kilomètres de Sherbrooke, une petite municipalité devenue un secteur de Compton, naît Marielle, fille de Yvonne Roy et Félix Lemire. Le lendemain, elle est baptisée dans la tradition catholique à l’église Saint-Martin par l’abbé Agénor Turcotte, curé de la paroisse. Elle reçoit les prénoms de Marielle, Noëlla et Cécile. Elle est la troisième d’une famille de quatre marmots. Ses sœurs et son frère portent les prénoms de Félicienne, Benjamine et Gabriel.[1]

Elle vit une enfance normale et heureuse.

Elle devient une jeune femme autonome. A l’usine, elle gagne 25$ par semaine. Sans rechigner, elle remet le montant à son père et, en échange, lui donne 25 cents pour aller voir des films au cinéma une fois par semaine [2].



Un goût pour la vie religieuse se fait sentir en elle.


Au début de l’an 2000, âgée de 67 ans, elle me raconte [3] : « Mon père ne voulait pas que j’entre en communauté. Il m’a dit : Si tu me demandes la permission, je vais te dire non. Mais je te dis, si tu veux y aller, vas-y, ça va faire plaisir à ta mère! Cependant, je suis sûr que tu ne resteras pas là! Il m’appelait « ma petite guidoune! » J’étais un peu « flyée » ! Il disait : elle est assez têtue! Si elle se met dans la tête qu’elle va y rester, elle va y rester! Ça ne l’intéressait pas que j’entre en communauté parce qu’il fallait donner 300 piastres! Nous étions assez pauvres! »

Au grand bonheur de sa mère, le 7 septembre 1949 Marielle Lemire entre chez les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus, à Sherbrooke.

Pendant plus de 22 ans, elle travaillera dans la cuisine de la communauté religieuse.

Une rencontre spirituelle intense
Au début des années 1970, grâce au père Jean-Paul Regimbal, initiateur du renouveau charismatique chez les catholiques francophones d’Amérique du Nord et d’Europe, elle vit une rencontre spirituelle intense. Sa vie ne sera plus jamais la même.

« J’ai été touchée par tous ces miracles et ces guérisons. Ça m’a épatée un Dieu agissant, une Parole qui peut s’actualiser aujourd’hui. J’en ai tellement vus! Comment est-ce que je pourrais nier cela? Quand je témoigne de cette époque, je dis toujours : c’est le Dieu des miracles! J’ai moi-même été guérie aux intestins! J’étais tellement convaincue que je ne pouvais pas me taire! » [4].

Suite a son expérience, elle introduit le renouveau charismatique dans la région de Sherbrooke: « Ce qui m’a épatée aussi, c’est la Parole de Dieu et Vatican II qui venait de sortir. J’y ai appris que la Parole de Dieu est vérifiable; elle dit d’imposer les mains aux malades et ils guériront! C’est écrit! Puisque c’est noir sur blanc, je me disais : on va faire comme la Parole demande! Dieu répondait à nos prières! »

Par la suite, elle consacrera son existence aux jeunes adultes, surtout aux plus « poqués de la vie ».

Les jeunes
Le regard enjoué, elle me lance : «Tu sais, les jeunes veulent tous croire! Le problème est dans la manière qu’on leur présente Dieu! Il n’y en a pas un qui accroche sur la même affaire! » [5].
En 1979, le Café d'accueil chrétien, a Granby.
L'organisme est dirigé par sœur Marielle Lemire.
Sur la photo, devant la scène,
on peut reconnaitre le père Jean-Paul Regimbal.

Elle les connaît bien les jeunes adultes. Elle a consacré plus de trente ans à les écouter et à tenter de leur faire découvrir la foi chrétienne à travers les « cafés chrétiens » qu’elle a fondés, dont ceux de Sherbrooke, Trois-Rivières, Granby et Saint-Hyacinthe. C’est à celui de Granby que j’ai entendu parler d’elle pour la première fois. C’était en mai 1981. Quelques années plus tard, j’aurai la chance de mieux la connaître et de la voir travailler auprèes des jeunes aux cafés de Saint-Hyacinthe et Sherbrooke.


La méthode pastorale de sœur Marielle Lemire est assez simple. Premièrement, laisser agir l’Esprit saint et ne pas tenter de tout encadrer. Et puis, être elle-même, sans artifice.

La religieuse a toujours eu un langage franc et direct. Elle dit sans détour ce qu’elle pense. Ce trait l’a toujours aidé auprès des jeunes.

Soeur Marielle Lemire'
dans la Voix de l'Est du
10 décembre 1979
Et puis, oui c’est vrai, elle est un peu « flyée » et comme le disait son père : « elle est assez têtue! Si elle se met dans la tête… » Elle n’est pas du genre à abandonner facilement surtout lorsqu’elle sent que le courant passe. Elle me le dira souvent, il n’y a pas un jeune adulte qui découvre Dieu de la même manière.


Au fil des ans, elle devenue plus tendre et à l’écoute, comme une mère et une grand-mère. Au fil des confidences, elle amène les jeunes à faire l’expérimentation d’un Dieu agissant qui seul peut guérir en profondeur les blessures de l’âme. Ce qu’elle réalise est un véritable miracle quotidien.

Plusieurs jeunes ont trouvé auprès de sœur Marielle Lemire une présence guérissante et un sens à la vie. Elle a toujours su se faire proche de leur misère. Auprès d’elle, chacun et chacune se sent unique et important.

Marielle n’a jamais aimé les honneurs et, selon elle, en a trop reçus au fil de ces années avec les jeunes. Elle a toujours préféré la vie humble et simple de sa cuisine de la communauté ou celle sur le trottoir.

Sœur Marielle Lemire est décédée le 8 janvier 2020, à l’âge de 87 ans. Ses cendres reposent dans le cimetière Saint-Michel, à Sherbrooke. [6]

Les cendres de sœur Marielle Lemire reposent dans la section des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus dans le Cimetière Saint-Michel, à Sherbrooke. Photo prise le 19 septembre 2024.


__________________________________________________

[1] Renseignements tirés de l’extrait du registre des baptêmes de la paroisse Saint-Martin, à Martinville. Inscription du 18 janvier 1932. 
[2] Benoit Voyer. « Les jeunes veulent tous croire! – Sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108. benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/01/les-jeunes-veulent-tous-croire-sur.html
[3] Benoit Voyer. « Les jeunes veulent tous croire! – Sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108. benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/01/les-jeunes-veulent-tous-croire-sur.html
[4] Benoit Voyer. « Les jeunes veulent tous croire! – Sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108. benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/01/les-jeunes-veulent-tous-croire-sur.html
[5] Benoit Voyer. « Les jeunes veulent tous croire! – Sœur Marielle Lemire, Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108.  benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/01/les-jeunes-veulent-tous-croire-sur.html
[6]Avis de décès de sœur Marielle Lemire steveelkas.com/avisdeces/sr-marielle-lemire-f-c-s-c-j/

Trudeau est assez porté, personnellement, a confondre l'avenir du Canada avec le sien propre

En ce 6 janvier 2025


DÉMOCRATIE: Crise au Parti libéral: Justin Trudeau pourrait démissionner dès lundi | JDQ
journaldequebec.com/2025/01/05/crise-au-parti-liberal-justin-trudeau-pourrait-demissionner-des-lundi?s=03

CULTURE: Julien Poulin, interprète d’Elvis Gratton, est décédé
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SANTÉ MENTALE: les liens entre habillement et santé mentale piquent la curiosité
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AUJOURD’HUI DANS L’HISTOIRE : Le 6 janvier 1937 décède Alfred Bessette, allias le frère André, fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph, à Montréal.

Sainte-Julienne

La circonscription de Rousseau

Sainte-Julienne, dans la circonscription électorale québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

Les fiançailles et le mariage de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi

La bienheureuse Anna-Maria Gianetti-Taïgi

Par Benoit Voyer

6 janvier 2025

Anna Gianetti est à l’âge des choix de vie. L’idée de devenir religieuse occupe ses idées pendant un certain temps. Cependant, après avoir demandé conseil a son accompagnateur spirituel, elle finit par laisser s’évanouir cette possibilité.

Dans sa prière, Anna finit par demander au bon Dieu de mettre sur sa route le jeune homme de ses rêves. Elle le veut honnête, chrétien, convaincu et de modeste condition. Au fond, elle veut un homme de cœur capable de la protéger.

Anne travaille au palais Maccarani pour une certaine dame Marini, la maitresse de la maison. A chaque jour, on y reçoit la visite de Domenico Taïgi qui, de la part du prince Chigi, son maître, apporte à la dame Marini des messages ou de quoi manger. Leurs fréquentes rencontres finissent par créer des liens cordiaux entre elle et lui.

Chacun s’intéresse à l’autre au point de chercher à mieux le connaître. De son côté, Anna s’informe de l’homme auprès du curé de la paroisse, de dame Marini et de quelques amies.

Le milanais Domenico Taïgi est un homme de figure franche et gaie, aux cheveux noirs crépus, robuste de santé, que les nobles aiment à garder à leur service. Anna n’est pas insensible à ses charmes, sans toutefois s’aveugler par ses défauts. Elle le sait, Domenico, n’a pas l’art de dissimuler son caractère grossier, son obstination résolue et sa vulgarité plébéienne. En revanche, la bonté de son cœur, son honnêteté instinctive, sa réputation morale et sa conviction religieuse compensent pour ses lacunes.

Domenico finit par demander aux parents Gianetti la main de leur fille, après avoir obtenu d’Anna l’assurance qu’elle l’épouserait.

Les fiançailles sont conclues à la fin de novembre 1789. On se hâte de confectionner le trousseau de la mariée.

Le 7 janvier 1790, Anna toute radieuse dans la fraicheur de ses 20 ans, s’engage auprès de Domenico devant l’autel de l’église catholique Saint-Marcel, à Rome.

Un jour, sa fille Sofia racontera: « Ma mère me disait que si elle avait ainsi tout réglé en 40 jours, c’est qu’elle ne voulait pas « rester à réchauffer la chaise » en s’éternisant à la maison. Trainer en longueur, après s’être assurée de la piété et de l’honnêteté de son futur, ne pouvait que lui amener ennuis et danger. Elle fut toujours heureuse de ce qu’elle avait fait en épousant mon père… » [1]

_______________________________________

[1] Cf. Frère Jean-Paul de Jésus (Jean-Paul Regimbal). Vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi – Les fiançailles d’une sainte, Trinitas, Vol. 1 No 3, avril, mai et juin 1954, pp. 10 et 11

Nul ne peut se libérer s'il ne se fait pas lui-même libérateur

« Les jeunes veulent tous croire! » -Sœur Marielle Lemire


Par Benoit Voyer, journaliste


« Les jeunes veulent tous croire! Le problème est dans la manière qu’on leur présente Dieu! Il n’y en a pas un qui accroche sur la même affaire! », dit sœur Marielle Lemire, Fille de la charité du Sacré-Cœur de Jésus.

Elle connaît bien les jeunes adultes. Elle a consacré les trente dernières années a les écouter et a leur faire découvrir Dieu a travers les Cafés chrétiens qu’elle a fondés, dont ceux de Sherbrooke, Trois-Rivières, Granby et Saint-Hyacinthe, ou elle œuvre actuellement, a quelques pas de la magnifique cathédrale ou a vécu le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, réputé pour sa bonté, et la vénérable Élisabeth Bergeron, fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph-de-Saint-Hyacinthe. Plusieurs d’entre eux ont tellement été rejoints fortement qu’ils ont décidé de consacrer leurs vies au service de Dieu dans une vocation religieuse. Ils ont trouvé auprès de Marielle Lemire un sens à la vie.

Elle est proche de leur misère. Son langage franc et son audace viennent les chercher dans ce qu’ils ont de plus vulnérable. Auprès d’elle, chaque personne se sent unique et importante.

Elle n’aime pas les honneurs et en a reçus au fil de ces années avec les jeunes. Elle préfère la vie humble, simple sur le trottoir qu’elle connait mieux que les couloirs luisants de sa maison religieuse ou elle se rend occasionnellement pour rencontrer ses compagnes. En plein quartier populaire, elle goute a la grande misère des jeunes maskoutains.

Le Café chrétien catholique La Margelle de Saint-Hyacinthe est un véritable lien entre la rue et l’Église, un lieu unique ou il est possible de vivre une expérience spirituelle intense.

Sa méthode pastorale, qui remporte un vif succès, est de laisser agir l’Esprit saint. Au fil des confidences, elle amène les jeunes à faire l’expérimentation d’un Dieu agissant qui seul peut guérir en profondeur les blessures de l’âme. Ce qu’elle réalise est un véritable miracle quotidien.

On pourrait dire que son charisme ressemble à celui de l’abbé Guy Gilbert

Les pieds dans les plats
Après 22 ans, la cuisine de sa communauté n’était pas assez grande pour propager ce feu intérieur venu l’habiter au début des années 1970. Le père Jean-Paul Regimbal, conférencier recherché et thaumaturge, qui a marqué la vie de l’Église universelle pendant une décennie, a grandement influencé sa vie.

« J’ai été touchée par tous ces miracles et ces guérisons. Ça m’a épatée un Dieu agissant, une Parole qui peut s’actualiser aujourd’hui. J’en ai tellement vus! Comment est-ce que je pourrais nier cela? Quand je témoigne de cette époque, je dis toujours : c’est le Dieu des miracles! J’ai moi-même été guérie aux intestins! J’étais tellement convaincue que je ne pouvais pas me taire! », raconte sœur Marie Lemire.

Celle qui a amené le renouveau charismatique dans la région de Sherbrooke ajoute : « Ce qui m’a épatée aussi, c’est la Parole de Dieu et Vatican II qui venait de sortir. J’y ai appris que la Parole de Dieu est vérifiable; elle dit d’imposer les mains aux malades et ils guériront! C’est écrit! Puisque c’est noir sur blanc, je me disais : on va faire comme la Parole demande! Dieu répondait à nos prières! »

Enfance
Née le 17 janvier 1932 à Martinville, à 15 km de Sherbrooke, Marielle Lemire a vécu une enfance normale et heureuse. Elle est la troisième d’une famille de quatre marmots. Les petits de Yvonne et Félix Lemire portent les prénoms de Félicienne, Benjamine, Marielle et Gabriel.

« Mon père ne voulait pas que j’entre en communauté. Il m’a dit : Si tu me demandes la permission, je vais te dire non. Mais je te dis, si tu veux y aller, vas-y, ça va faire plaisir à ta mère! Cependant, je suis sûr que tu ne resteras pas là! Il m’appelait « ma petite guidoune! » J’étais un peu « flyée » ! Il disait : elle est assez têtue! Si elle se met dans la tête qu’elle va y rester, elle va y rester! Ça ne l’intéressait pas que j’entre en communauté parce qu’il fallait donner 300 piastres! Nous étions assez pauvres! »

Elle était une jeune autonome. Elle gagnait 25$ par semaine a l’usine. Elle remettait le montant à son père et, en échange, il lui donnait 25 cents pour aller voir des films au cinéma une fois par semaine.

Elle entre en communauté le 7 septembre 1949.

Il n’y a pas un jeune adulte qui découvre Dieu de la même manière. Sœur Marielle Lemire l’a appris malgré elle en étant un instrument de l’Esprit saint.

(Revue Sainte Anne, mars 2000, p. 108)

En ce 5 janvier 2025


SOCIÉTÉ : C’est aujourd’hui l’Épiphanie, mieux connue sous le vocable de fête des rois

DÉMOCRATIE: Mark Carney songe sérieusement à se présenter pour remplacer Justin Trudeau
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2130604/mark-carney-justin-trudeau-parti-liberal

DÉMOCRATIE: Pierre Poilievre dévoile ses objectifs dans une entrevue accordée à Jordan Peterson
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2130579/pierre-poilievre-objectifs-entrevue-jordan-peterson

AUJOURD’HUI DANS L’HISTOIRE : Le 5 janvier 1985 est fondée la communauté des Franciscains de l’Emmanuel.

AUJOURD’HUI DANS L’HISTOIRE : Le 5 janvier 2023 ont lieu les funérailles du pape Benoit XVI. Il est décédé au Vatican le 31 décembre 2022, à l’âge de 95 ans

La municipalité de Saint-Jacques

La circonscription de Rousseau

Saint-Jacques, dans la circonscription électorale québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.



ARTICLE DU JOUR: Saint Alfred Bessette, le « bon frère André »

Saint Alfred Bessette

Par Benoit Voyer

5 janvier 2025

En 1832, une année après leur mariage, Isaac Bessette et Clothilde Foisy s’installent sur ce qu’est devenu l’intersection de la montée et du rang du Grand-Bois, du 3e et du 4e Rang Nord, a Mont Saint-Grégoire. Il s’agit d’une pointe de terre située à 3,22 km du village.

Il est facile de s’y rendre. On emprunte la sortie 37 de l’autoroute 10, on prend la route 227 en direction sud et Google Map indique le reste du chemin à suivre.

De nos jours, sur le terrain se trouve une immense croix en pierre, bien évidemment une statue de saint Joseph, un monument nous rappelant la maison natale d’Alfred et un tas de pierres, vestiges du solage de la cabane de la famille Bessette. Elle est faite en bois et ne contient qu’une pièce de 20 pieds par 17.

Dix des douze enfants Bessette naissent dans cette très modeste maison. Alfred est le huitième bambin. Il nait le 9 août 1845.

Craignant pour sa vie, parce qu’il est très maigre, le bébé est baptisé le lendemain. Le curé Pierre-Albert Sylvestre procède au rituel.

La famille Bessette quittera cette maison en 1850. Alfred a 4 ans. Ils s’établiront à Farnham.

A l’âge de 12 ans, Alfred devient orphelin.

Intelligent, mais de santé délicate, il fréquente très peu l'école. Il apprend à lire, mais pas à écrire. Et il peut à peine signer son nom.

Alfred est travaillant. Il sera boulanger, cordonnier, homme de ferme.

Comme plusieurs canadiens, il œuvre dans les usines de textile de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis. Il revient au Canada en 1867.

Optimiste de nature, malgré sa faible santé et des difficultés qu’il traverse, il ne se plaint jamais.

Sa foi et sa confiance en Dieu donnent du sens à sa vie. Celles-ci viennent de sa mère. Elle lui a inculqué une grande confiance en saint Joseph, l'artisan discret de Nazareth. Il s’abandonne à son intercession.

L'abbé André Provençal, curé de la paroisse catholique de Saint-Césaire, remarque sa piété et son esprit de service. Il lui recommande d'entrer dans la communauté de Sainte-Croix. Ils viennent de fonder un collège pour les garçons au village.


A 25 ans, Alfred est homme à tout faire, quasi analphabète et de santé fragile, on hésite à l'accepter en communauté. On finira par le garder parce qu'il « prie très bien ».

Chez les Pères de Sainte-Croix, il portera le prénom du curé de Saint-Césaire: « le frère André».

Ces hommes instruits, tous des instituteurs, un peu bourgeois dans l’âme, le regardent souvent de haut, mais Alfred c’est l’humble gars de la communauté. Il effectue ses travaux – ceux que personne ne veut faire - avec entrain, humour et sans jamais se plaindre. Il devient portier, jardinier, commissionnaire, coiffeur, repasse le linge des religieux… Il mène une vie en apparence banale, une existence qui pense-t-on ne laisse pas de trace. Mais un feu l'habite.

En coupant les cheveux aux élèves, il leur parle de la prière et de l'importance de la communion fréquente.

Tous connaissent sa dévotion à saint Joseph.

Des rumeurs commencent à circuler: le frère André aurait guéri un élève à l'infirmerie. Au fil des ans, les « guérisons » se multiplient.

Homme d’écoute et de bons conseils, les gens se présentent au collège afin de se confier au « bon frère ». Il devient le confident d’un grand nombre de personnes.

C’est vers l’âge de 60 ans qu’il devient peu à peu un personnage public.

Après avoir longuement hésités, les autorités du Collège Notre-Dame achètent le terrain situé de l'autre côté de la rue.

En 1904, on y érige une petite chapelle. C’est la naissance de l'Oratoire Saint-Joseph.

Chaque matin, le frère André y monte pour accueillir les pèlerins qui sont de plus en plus nombreux.

Dans « son bourreau », comme il dit, le confident reçoit de 200 à 300 personnes par jour. Pour lui ces longues heures d'écoute sont souvent pénibles.

Le frère André n'est pas un magicien, ni un charlatan. C’est un homme qui parle avec son coeur de son expérience personnelle: prière, confiance en Dieu, dévotion à saint Joseph…


Le frère André meurt le 6 janvier 1937, à l'âge de 91 ans. L’humble oratoire est en voie de devenir une basilique. Le toit et le dôme seront complétés l'année suivante.

La semaine qui suit son entrée dans la gloire éternelle, un million de personnes, dit-on, passent lui rendre hommage. Ils viennent de partout en Amérique du Nord.

Montréal a connu un grand saint. Il est l’exemple parfait de ce que doit être un cheminement spirituel authentique : « Devenir grand en se faisant petit »[1].

La fête liturgique de saint Alfred Bessette, allias « le bon frère André » est le 6 janvier.

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[1] Dans sa chanson « Te ressembler », Patrice Vallée illustre bien qu’aurait pu chanter Alfred Bessette : « Te ressembler chaque jour un peu plus. Te continuer dans nos maisons nos rue. Être ton corps qui revit aujourd’hui à chaque endroit ou servent tes amis. Devenir grand en se faisant petit, en s’abaissant pour mieux donner sa vie, en se penchant sur un malade ami, sur un enfant qui pleure dans la nuit. Être un servant à l’autel de la vie. Donner son sang comme toi tu le fis. En s’oubliant pour celui qui gémit, pour le souffrant ou celle qu’on oublie. Donner son temps comme on donne le pain, en oubliant le geste de la main, en s’arrêtant à celui qui le tient, reconnaissant les traits de Dieu qui vient. »

Aimer, c'est avoir mal aux autres